09/05/2025

Le Collectif pour la Transition Citoyenne en 2025, une année de bascule ?

Une démocratie pour vivre ensemble Une démocratie participative en progression

Membre de l'ECCAP, qui est membre de l’Archipel des confluences (Collectif de tisserands au service de tous les initiatives), lui-même membre du Collectif pour une Transition citoyenne (CTC). C'est donc à plusieurs titres et dans une posture de tisserand que je vous partage l'actualité du CTC.

Et elle est dense car le CTC se transforme.


Mais tout d’abord, précisons ce qu’est le CTC. 

C’est un réseau de 34 organisations engagées pour une société plus écologique, sociale et démocratique, réunies autour d’un objectif : renforcer la transition citoyenne et promouvoir ses alternatives. Dans sa Déclaration de principe, discutée et validée en mai 2013 à Cluny, nous avons affirmé : « Nous, organisations qui œuvrons, chacune dans notre domaine, à cette transition écologique sociale et humaine, croyons qu’il est temps d’amplifier ce mouvement et de lui donner la puissance nécessaire à un profond changement de société. Afin d’encourager cette dynamique, nous créons aujourd’hui, le Collectif pour une Transition Citoyenne. Montrant ainsi qu’il est indispensable d’unir nos forces, de coopérer et de sortir des logiques de chapelles. Nous entendons ainsi rassembler nos compétences, nos ressources, nos réseaux afin d’optimiser l’impact de nos actions individuelles et collectives. Nous relier pour nous soutenir mutuellement. »

Depuis, nous avons appris à travailler ensemble, mener des combats communs comme le Pacte pour la Transition en 2020 et organiser des moments en liens sur les territoires comme la Fête des possibles, chaque année en septembre. Nous avons pu initier des dynamiques qui se sont épanouies après avoir été soutenu au sein du CTC comme les Licoornes (le réseau des coopératives de transition) ou Coop Média (le réseau d'appui des médias indépendants), il y a quelques mois.

Après une année 2024 marquée par deux temps forts, l’un voulu, l’autre subi, le CTC a décidé de réagir. Après un séminaire fin janvier, nous finalisons un travail déjà initié autour de la gouvernance que nous incarnons dans un projet opérationnel : le déploiement du Pacte pour la transition pour 2026 !

Deux temps forts du CTC en 2024

Le premier temps fort de l’année 2024, le 14 mars, a marqué notre volonté de nous ouvrir davantage sur d’autres organisations afin de tisser des alliances pour faire levier. Nos échanges depuis l’Université d’Utopia et l’Archipel des Confluences résonnent avec beaucoup d’acteurs sur leur place et leur rôle dans les prochaines années et notamment dans la perspective de 2026 et 2027. Le plaidoyer devenant de plus en plus limité, c’est le moment de questionner notre stratégie. Ce fut tout l’enjeu de cette journée du 14 mars 2024 intitulé : Quelle stratégie des mouvements de la société civile pour porter politiquement une société juste et écologique ? En invitant de nombreux acteurs, membres du CTC et au-delà, La Primaire Populaire, Fréquence Commune, Pacte du Pouvoir de Vivre, Tous Élus, Parties Prenantes, Démocratiser la Politique, On est Prêt, Terres de Luttes, Labo de l'ESS, Démocratie Ouverte, Vox Public, L.A. Coalition, Changer De Cap, Attac, Réseau Action Climat et bien d'autres. Cette date a été une étape importante pour initier un virage culturel du CTC : A partir de ce moment, nous avons pu nous assumer de devenir des acteurs politiques autonomes d’une Démocratie continue qui doit vivre chaque jour, animée et portée, par cette multitude d’organisations collectives, dans une relation mature avec les acteurs-partis politiques. 

Quelques semaines après, l’actualité nous a mis à l’épreuve ! 

Le second temps fort subi, la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024. Le risque de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir a obligé le CTC, réuni en copil le 20 juin, à devoir se positionner : appel à voter ? pour qui ? pour quoi ? Le résultat vu un appel à voter contre l’extrême droite, en rejoignant la Coalition 2024 et en valorisant nos propositions proches de celle du Nouveau Front Populaire. Pourtant, nous avons refusé de passer ce cap d’appeler à votre NFP. Ces échanges ont été riches car nous avons pu vivre la diversité de nos organisations et sa difficulté à pouvoir trouver un point d’équilibre. Mais ce moment a été un pas important dans notre processus de conscientisation collective de ce que devrait être le CTC. 

En parallèle, nous avons pu accueillir aussi le Collectif Transiscope qui nous a rejoint et il est un appui important dans le développement des Lieux de la transition, déclinaison locale du CTC.


2025 : Impliquer les membres du CTC pour faire ensemble et agir politiquement

Après cette année riche, nous avons décidé de réunir un séminaire des organisations du CTC sur deux jours à Villarceaux le 29 et 30 janvier 2025. Il était devenu important de se retrouver entre organisations pour répondre à ces trois questions : ce que je peux apporter au CTC, ce que peut m’apporter le CTC et ce que nous pouvons faire comme pas concret ensemble ?

Facilité par l’Université du Nous, nous nous sommes réunis pour préparer une année 2025, comme une année de bascule. Plus de 10 ans après notre déclaration de Cluny, la situation s’est aggravée entre déni du changement climatique et retours des empires, notre horizon est sombre et si nos résistances deviennent des évidences, le faire ensemble, le comment et le quand restent en question.

C'est pourquoi, depuis février, une petite équipe travaille aux suites de cette rencontre de Villarceaux. La prochaine étape est sa validation lors du comité de pilotage du 5 juin avec deux enjeux majeurs : la mise en œuvre d’une nouvelle gouvernance afin de ré-investir les organisations membres et le lancement du nouveau Pacte pour la Transition.

La gouvernance partagée a été dans notre ADN mais elle demande de la méthode, du temps et des espaces pour l’animer. La première étape a été la ré-activation d’une coordination élargie au sein du CTC afin d’impliquer les organisations qui le souhaitent au-delà des 3 copils annuels. Cette coordination a toujours été prévue mais elle n’a jamais réellement fonctionné. C’est le pari qui a été lancé lors de notre première réunion le 10 avril dernier. Dans la suite de notre séminaire, ce premier pas doit se consolider dans une coordination plus politique et stratégique et au service du projet structurant de cette année 2025 : le Pacte.

Il est important de penser la gouvernance au-delà des intentions et des textes. C’est pourquoi, le copil du 5 juin va délibérer le matin sur une proposition clarifiée de notre gouvernance et l’après-midi, nous allons pouvoir la mettre en œuvre en travaillant à notre stratégie autour du Pacte en croisant les groupes projets des lieux de convergence et de la fête des possibles. Cette stratégie va devoir préparer les prochaines étapes, en interne avec la mobilisation de l’équipe salariée et son articulation avec les organisations membres dans une feuille de route où chacune et chacun aura une place et un rôle, en permettant des liens dans des espaces et du temps dédiés.

Agir avec l’Archipel des confluences et Transiscope pour faire le lien entre réseaux nationaux et associations locales.

A la suite de ce Copil, le CTC organisera une journée de mobilisation le 19 juin à l’Académie du Climat afin de présenter le Pacte et de la coconstruire avec d’autres organisations alliées du CTC. Cette journée du 19 juin 2025 s'inscrit dans l'histoire de celle du 14 mars 2024 et nous espérons pouvoir renforcer les liens pour renforcer les territoires dans lesquels nous avons vocation à nous investir.

Faire ensemble est la meilleure façon de produire une culture de la coopération, et pas uniquement une culture de coopérateur. C’est en cela la force et la faiblesse de notre coalition du CTC : articuler la culture entrepreneuriale des coopératives plus pragmatique et la culture politique des associations plus laborieuse mais tellement plus présente et mobilisatrice quand on regarde un peu leur nombre et leur vivacité au plan local !

C’est en cela tout l’enjeu de réussir ce pari car l’année 2025 sera décisive. Nous y sommes mobilisés car le CTC est aujourd’hui la plus grande coalition civique qui rassemble les grands acteurs de la transition et sous toutes ses formes (de la forme de militance la plus jeune et activiste à des acteurs plus institutionnels tout en restant attentif à une dimension inter-générationnelle). C’est pourquoi, au sein de l’Archipel des Confluences (note), nous avons souhaité investir cet espace pour le consolider et renforcer sa mission d’animation des relations entre réseaux nationaux mais aussi leur déclinaison locale. C’est en ce sens que le projet Transiscope s’est rapproché du CTC.

L’Archipel des confluences, dans lequel l’Eccap s’est investie, s’inscrit dans une série de rendez-vous en 2025 qui pourrait dessiner ce que pourrait être une implication de la société civique dans les prochaines années. Demain, l'ECCAP cheminera aussi vers cette coalition. Pour l'instant, il poursuit sa "transition" vers le yeswiki pourra interagir, produire et diffuser des points de vues et analyses mais aussi des retours d'expérience Avec son travail autour des définitions et des desaccords, l'Eccap contribuera à clarifier pour gagner du temps en malentendu. Vous pouvez découvrir toutes ces dates comme autant de rebonds sur le site de l’Archipel des confluences et peut être organiser vos vacances autour de ces moments pour découvrir la France et ses territoires, ces territoires et leurs alternatives, ces alternatives et les habitantes et habitants qui organisées collectivement contribuent à transformer la société en faisant ensemble, avec de la colère et de la joie !


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