Brutalisme
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Introduction synthétique
Le brutalisme dépasse la seule critique du capitalisme (dans les courants socialistes ou communistes) ou de l’Etat (par exemple dans les courants libéraux ou anarchistes) ou du productivisme (par exemple dans les courants écologistes). En fait on peut caractériser un élément commun à ces systèmes fondés sur la domination et la discrimination. Cet élément c’est la brutalité sociale dans le cas du capitalisme, la brutalité politique dans le cas des formes autoritaires ou totalitaires du pouvoir, la brutalité à l’égard de la nature et du vivant dans le cas du productivisme.
Développement didactique
Cette brutalité se constate aussi dans d’autres domaines. Le racisme et l’antisémitisme qui récuse autrui du fait de son origine ou de sa couleur de peau, mais aussi les dominations et discriminations liées à la sexualité et au genre, aux croyances (religieuses, animistes, athées, agnostiques) et dans les comportements mêmes (sectarisme, dogmatisme, arrogance…).
Le terme de « brutalisme » est né en architecture mais repris et élargi par Achille Membe (cf « le Brutalisme ») puis par Julie Chabaud et Patrick Viveret (cf « la Traversée »). Il permet de rassembler ces différentes formes de domination, d’exploitation ou de brutalité et d’éviter de ne se focaliser que sur l’une d’entre elles. C’est ainsi que nombre de mouvements anticapitalistes et anti-impérialistes ont pu se montrer complaisants à l’égard de pouvoirs despotiques (ou le devenir eux mêmes lors de révolutions) ; que des luttes anti coloniales ont pu être menées par des hommes masculins défendant le patriarcat ou que des courants communistes ou socialistes ont pu être aussi productivistes que le capitalisme qu’ils combattaient.
Conclusion dialogique
L’alternative au brutalisme peut être celle portée par le convivialisme et ses principes de commune naturalité, commune humanité , commune socialité , légitime individuation et d’opposition maîtrisée face aux logiques de démesure. Elle recoupe en grande partie la notion défendue par Edgar Morin d’un « humanisme régénéré » et peut être précisée, afin d’en montrer l’importance écologique, par le terme d’éco-convivialime proposé par Julie Chabaud et Patrick Viveret.
Bibliographie
Mbembe Achille, //Brutalisme//, La découverte, 2020.
Chabaud Julie, Viveret Patrique, //La Traversée//, Les liens qui libèrent, 2023
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