<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" standalone="yes"?>
  <rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">
    <channel>
      <title>Dernières actualités</title>
      <link>https://eccap.fr/?</link>
      <description>eccap.fr</description>
      <language>fr-FR</language>
      <copyright>Copyright (c) 2026 eccap.fr</copyright>
      <lastBuildDate>Mon, 16 Mar 2026 00:38:44 +0100</lastBuildDate>
      <docs>http://www.stervinou.com/projets/rss/</docs>
      <category>Economie Sociale et Solidaire</category>
      <managingEditor>contact@yeswiki.net (Mr YesWiki)</managingEditor>
      <webMaster>contact@yeswiki.net (Mr YesWiki)</webMaster>
      <ttl>60</ttl>
      <image>
        <title>Dernières actualités</title>
        <url>https:#yeswiki.net/themes/margot/images/favicon.png</url>
        <link>https://eccap.fr/?</link>
      </image>
    <atom:link href="https://eccap.fr/?BazaR/rss&amp;id=7" rel="self" type="application/rss+xml" />
      <item>
        <title>Olivéri Nicolas</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?OliveriNicolas]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?OliveriNicolas]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Olivéri Nicolas</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Olivéri        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Nicolas        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Biographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Nicolas Oliveri est un enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication.  Ces travaux portent sur les impacts sociétaux des technologies numériques. Il est le co auteur (avec Laurie Augé) du livre « Les risques technosociaux. Comprendre le syndrome d&apos;épuisement technologique au travail ». L’Harmattan, 2022.        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-1" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion1">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-id_fiche="DispositifNumerique" data-date_creation_fiche="2026-03-13 18:09:51" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="OliveriNicolas" data-bf_initiatives="DictatureDuNumerique,EconomieNumeriqueDeLattentionEtManipulati" data-date_maj_fiche="2026-03-13 18:09:51" data-owner="DacheuxEric" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse1_5_DispositifNumerique"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Dispositif numérique </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse1_5_DispositifNumerique" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Dispositif numérique</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?OliveriNicolas/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Olivéri Nicolas">Olivéri Nicolas</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3><img style="width: 474px;" src="files/DispositifNumerique_7e1df0f15119eb4d7ac8_20260313170951_20260313180951.png"><br></h3><h3>Definition simple et courte</h3><p>Le dispositif numérique peut être défini comme un ensemble structuré qui articule des éléments humains et non-humains autour d’une finalité de communication ou d’information, à travers des technologies numériques configurant des cadres d’expérience, de pouvoir et de sens. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Définition plus fouillée</h3><p>Dans le sillage de Michel Foucault, le terme de dispositif renvoie d’abord à un ensemble hétérogène de composantes (acteurs, règles, espaces, objets matériels, discours), mises en relation de manière stratégique, pour produire certaines conduites, certains savoirs ou certains rapports de pouvoir. Un dispositif n’est donc pas seulement un outil ou une infrastructure technique, mais un montage d’éléments disparates qui se stabilisent dans une forme relativement cohérente, au service d’objectifs explicites ou implicites (contrôler, éduquer, divertir, organiser, etc.). Dans cette perspective, la dimension stratégique est centrale : le dispositif configure des positions (celui qui voit, celui qui est vu, celui qui parle, celui qui est silencieux) et distribue un « régime de visibilité » (Deleuze, 1986) et d’énonciation, pour reprendre la formule deleuzienne. Les SIC ont largement repris et reconfiguré cette notion, en l’appliquant à des objets variés : dispositifs médiatiques, pédagogiques, organisationnels, techniques, numériques. Dans ce champ, parler de dispositif revient à mettre l’accent sur les agencements d’éléments humains et non-humains, sur les relations de pouvoir qu’ils instaurent mais aussi et surtout sur les dynamiques communicationnelles qu’ils rendent possibles ou impossibles. Le dispositif devient ainsi une sorte d’opérateur d’analyse des conditions de production, de circulation et d’interprétation des informations, en tenant ensemble les dimensions matérielles, symboliques, institutionnelles et interactionnelles. L’expression « dispositif numérique » marque l’inscription de ces agencements dans un environnement associé aux technologies de l’information et de la communication (TIC), fondées sur le numérique (réseaux informatiques, interfaces logicielles, plateformes, objets connectés, etc.). Un dispositif numérique ne se réduit donc pas à un ensemble de machines ou de codes : il comprend également les pratiques d’usage, les compétences mobilisées, les normes d’appropriation, les modèles économiques ainsi que les imaginaires qui entourent ces technologies. Il s’agit d’un espace de relations configuré par des choix de conception (architecture informationnelle, ergonomie, options de paramétrage, formats de données), qui orientent les parcours possibles des usagers et encadrent leurs marges d’action et de réflexivité. Dans une approche communicationnelle, les dispositifs numériques sont envisagés comme des scènes (au sens de Goffman) où se rejouent, à travers des médias variés, les questions de pouvoir, de contrôle, d’autonomie et de participation. Les structures sociotechniques de ces dispositifs comme le design d’une plateforme sociale, les algorithmes de recommandation ou les modalités d’inscription et d’authentification, contribuent à définir qui peut prendre la parole, qui peut voir quoi, comment les traces sont conservées et exploitées. Les SIC s’intéressent alors aux tensions entre les promesses d’ouverture, de coopération ou de créativité associées au numérique et les logiques de surveillance, de normalisation ou de marchandisation qui se cristallisent dans les dispositifs. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Invitation aux dèbats</h3><p>Ainsi, les dispositifs numériques sont à la fois des instruments de traitement de l’information, des environnements cognitifs et des formes de médiation symbolique. Ils participent à l’organisation des connaissances, à la transformation des formes d’expression et à la reconfiguration des pratiques culturelles et professionnelles. Cette triple dimension (cognitive, instrumentale, sémiotique), conduit à penser les dispositifs numériques comme des milieux de vie et de travail, traversés par des enjeux sociétaux tels que l’inclusion, l’accessibilité, l’éducation, l’émancipation ou au contraire, la dépendance et les inégalités. Finalement, un dispositif numérique est un écosystème sociotechnique hétérogène, inscrit dans un cadre institutionnel et historique, qui tente d’articuler technologies numériques, acteurs, normes et discours, afin d’organiser des situations de communication et d’information par la distribution de positions, de possibilités d’action ou de régimes de visibilité. Cette définition insiste sur l’indissociabilité de la technique et du social, du matériel et du symbolique, de l’architecture logicielle et des usages situés. Elle invite en outre à analyser chaque dispositif numérique à partir des relations qu’il configure et des transformations qu’il opère sur les pratiques d’information-communication, plutôt qu’à partir de ses seules caractéristiques fonctionnelles ou technologiques, vision trop étriquée et déterministe de la réalité sociale.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Agamben, G. (2007). Qu’est-ce qu’un dispositif ?, Payot & Rivages.<br>Appel, V., Boulanger, H., & Massou, L. (dir.). (2010). Les dispositifs d’information et de communication. Concepts, usages et objets. De Boeck.<br>Collet, L. (2016). Dispositifs numériques de formation et transformation socio-économique de l’école : de la fiction portée par l’éducation nationale à la science pratique des enseignants, Revue française des sciences de l’information et de la communication, 9.<br><br>Beuscart, O., & Peerbaye, A. (2006). Histoires de dispositifs. Terrain et Travaux, 2, 3‑15.<br>Cardon, D. (2010). La démocratie Internet. Promesses et limites. Seuil.<br>Dalbavie, J., Da Lage, É., & Gellereau, M. (2016). Faire l’expérience de dispositifs numériques de visite et en suivre l’appropriation publique : vers de nouveaux rapports aux œuvres et aux lieux de l’expérience ?, Études de communication, 46, 109-128.<br>Jacquinot‑Delaunay, G., & Monnoyer, L. (dir.). (1999). Le dispositif. Entre usage et concept. Hermès, 25. CNRS Éditions.<br>Kovacs, S. (2023). Analyses dispositives en Sciences de l’information et de la communication. Le cas de la culture informationnelle. Approches Théoriques en Information‑Communication, 7, 67‑80.<br>Larroche, V. (2018). Le dispositif. Un concept pour les sciences de l’information et de la communication. ISTE Éditions.<br>Proulx, S. (2015). La sociologie des usages, et après ? Revue française des sciences de l’information et de la communication, 6.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?DictatureDuNumerique/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Dictature du numérique">Dictature du numérique</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EconomieNumeriqueDeLattentionEtManipulati/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Economie numérique de l’attention et manipulation">Economie numérique de l’attention et manipulation</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DispositifNumerique">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-id_fiche="RisquesTechnosociauxRts" data-date_creation_fiche="2026-03-13 17:48:01" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="OliveriNicolas" data-bf_initiatives="DictatureDuNumerique,EconomieNumeriqueDeLattentionEtManipulati,LanthropoTechnocene,RefaireLeMondeDeDemainCestSeDefaireDe,VersUnNouvelImaginaireTechnique" data-date_maj_fiche="2026-03-13 18:20:32" data-owner="DacheuxEric" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse1_5_RisquesTechnosociauxRts"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Risques Technosociaux (RTS) </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse1_5_RisquesTechnosociauxRts" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Risques Technosociaux (RTS)</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?OliveriNicolas/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Olivéri Nicolas">Olivéri Nicolas</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3><img style="width: 240px;" src="files/RisquesTechnosociauxRts_d634be1c4a965287df67_20260313172032_20260313182032.png"><br></h3><h3>Définition simple et courte</h3><p>Les risques technosociaux (RTS) désignent, l’ensemble des atteintes physiques, psychiques et relationnelles susceptibles d’affecter un collaborateur lorsque son activité professionnelle se déploie dans un environnement de travail fortement imprégné par les technologies de l’information et de la communication (TIC). </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Définition plus fouillée</h3><p>Ancrés dans la filiation des risques psychosociaux, les RTS mettent en lumière la manière dont les dispositifs numériques, devenus centraux dans l’organisation contemporaine du travail, configurent de nouvelles formes de contraintes, de vulnérabilités et de souffrances au sein des collectifs. Dans la continuité des travaux sur les risques psychosociaux, les RTS prolongent l’idée que la santé au travail ne peut être pensée indépendamment des conditions concrètes d’exercice de l’activité, des modes de management et des régimes de prescription qui pèsent sur les salariés. Alors que les risques psychosociaux ont contribué à rendre visibles le stress, le harcèlement, le burnout ou la violence au travail, les RTS proposent de déplacer le regard vers l’écosystème numérique dans lequel ces phénomènes se recomposent, s’intensifient ou prennent de nouvelles formes. Ce déplacement n’abolit pas la responsabilité managériale, mais souligne que celle-ci s’exerce désormais à travers des dispositifs techniques qui organisent les rythmes, les flux d’information et les modalités de contrôle de l’activité. Les RTS renvoient ainsi à des troubles qui trouvent leur origine dans l’articulation spécifique entre organisation du travail et médiations numériques : interruption permanente des tâches par les notifications, surcharge informationnelle, injonction à la disponibilité continue, renforcement du contrôle à distance, brouillage des frontières entre sphère professionnelle et sphère privée, isolement relationnel lié à la médiation par écran. Ces phénomènes se traduisent à la fois par des atteintes physiques déjà identifiées (fatigue visuelle, troubles musculo-squelettiques, troubles du sommeil) mais également par des atteintes psychologiques (technostress, sentiment d’urgence permanent, perte de sens, épuisement professionnel). Les RTS s’inscrivent donc au croisement des dimensions matérielles, cognitives et symboliques des TIC, en soulignant la manière dont celles-ci structurent la charge mentale et émotionnelle des travailleurs. Du point de vue des SIC, les TIC au travail ne sont pas de simples outils neutres, mais des dispositifs sociotechniques porteurs de normes, d’idéologies et de promesses d’efficacité, de flexibilité ou d’autonomie. La diffusion massive de ces dispositifs dans les organisations est accompagnée de discours qui valorisent l’innovation, la mobilité et la collaboration, tout en minimisant les effets de saturation, de fragmentation et de contrôle qu’ils induisent dans les pratiques ordinaires. Les RTS permettent précisément de problématiser cette dimension idéologique du numérique, en montrant comment la valorisation sociale de la connectivité permanente peut masquer une forme de violence numérique : injonction à répondre vite, à être joignable partout, à intégrer sans cesse de nouveaux outils et interfaces. Les RTS ne doivent cependant pas être réduits à une essence technique des technologies car ils renvoient à des configurations d’usage contextuelles, façonnées par des décisions organisationnelles, des politiques de ressources humaines ou encore, par des dispositifs de régulation plus ou moins explicites. Autrement dit, si les TIC constituent le milieu d’émergence des RTS, ces derniers résultent d’une coproduction entre architectures techniques, cadres réglementaires, cultures managériales et pratiques des acteurs.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Invitation aux débats</h3><p>Cette approche invite à dépasser l’alternative entre technophobie et technophilie, en pensant les dispositifs numériques comme des opérateurs de structuration du travail qui peuvent autant soutenir l’activité et la coopération que générer une surcharge et un épuisement technologique. Dans cette perspective, les risques technosociaux désignent un champ d’analyse et d’action qui vise à rendre visibles les effets parfois invisibilisés de la numérisation intensive du travail et à interroger les conditions d’un usage éthique et soutenable des TIC en organisation. Ils appellent à la mise en place de cadres de régulation et de formation permettant aux managers comme aux collaborateurs de comprendre les mécanismes de la surcharge numérique, d’identifier les limites acceptables de disponibilité, de préserver des espaces de déconnexion et de reconstituer des collectifs de travail au‑delà des seules médiations via écrans. On peut ainsi proposer la définition suivante : les risques technosociaux (RTS) sont l’ensemble des troubles physiques, psychiques et relationnels qui émergent des configurations sociotechniques de travail où les dispositifs numériques occupent une place structurante, lorsque leur conception, leur pilotage et leurs usages ne sont pas encadrés par une réflexion éthique et organisationnelle garantissant la soutenabilité de l’activité et la qualité de vie au travail. Enfin, à l’heure du déferlement abrupt et massif de l’IA dans le monde du travail, les questionnements sur la réception de cette technologie de rupture et les nouvelles formes de vulnérabilité qui en découlent, n’ont jamais été aussi saillants. Aussi, face aux transformations des pratiques professionnelles (plateformisation, télétravail, coworking, etc.), des besoins de formation et d’adaptation aux nouveaux outils, des politiques managériales dites « responsables » ou encore, des processus décisionnels de la gouvernance, c’est toute l’organisation qui chaque jour, risque un peu plus la désorganisation en contexte numérique, réifiant et actualisant in situ le concept de risques technosociaux (RTS), trop souvent dilué par les usages, parfois verbalisé par les collaborateurs mais rarement traité par les services RH.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Benedetto-Meyer M. & Klein N. (2017), Du partage de connaissances au travail collaboratif : portées et limites des outils numériques, Sociologie Pratiques, 1 (34), 28-38.<br>Bobillier Chaumon, M.-É., & Dubois, M. (2009). L’adoption des technologies en situation professionnelle : quelles articulations possibles entre acceptabilité et acceptation ? Le Travail Humain, 72(4), 355‑382.<br>Carayol, V., Laborde, A., & Cousserand-Blin, I. (dir.). (2025). Fabrique des vulnérabilités et communication organisationnelle. Communication & Professionnalisation, 17.<br>Carayol, V., & Laborde, A. (dir.) (2019). Les organisations malades du numérique. Communication & Organisation, 56.<br>Casilli, A. (2019). En attendant les robots. Enquête sur le travail du clic. Seuil.<br>Oliveri, N. (2025). Dispositifs numériques des organisations et risques technosociaux (RTS). Pour une éthique des TIC au travail. Journal international de bioéthique et d’éthique des sciences, 36(3), 89-100.<br>Oliveri, N. & Augé, L. (2022) Les risques technosociaux. Comprendre le syndrome d’épuisement technologique au travail. L’Harmattan.<br>Oliveri, N. (2022). De la violence symbolique à la violence numérique. Les collaborateurs à l’épreuve des risques technosociaux (RTS). Communication & Professionnalisation, 13, 161-177.<br>Oliveri, N. & Pélissier, N. (2019). Repenser les dispositifs numériques des organisations au prisme des risques technosociaux (RTS). Identification, évaluation, prévention. Les Cahiers du Numérique, 15(4), 87-111.<br>Popovic, N., & Galibert, O. (2025). Vulnérabilité et inégalités numériques au travail : le cas d’une collectivité territoriale. Communication & Professionnalisation, 17, 89-110.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?DictatureDuNumerique/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Dictature du numérique">Dictature du numérique</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EconomieNumeriqueDeLattentionEtManipulati/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Economie numérique de l’attention et manipulation">Economie numérique de l’attention et manipulation</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?LanthropoTechnocene/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche L’anthropo-technocène">L’anthropo-technocène</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RefaireLeMondeDeDemainCestSeDefaireDe/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Refaire le monde de demain, c’est se défaire des habitudes numériques d’aujourd’hui">Refaire le monde de demain, c’est se défaire des habitudes numériques d’aujourd’hui</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?VersUnNouvelImaginaireTechnique/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Vers un nouvel imaginaire technique">Vers un nouvel imaginaire technique</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?RisquesTechnosociauxRts">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?OliveriNicolas">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 13 Mar 2026 17:45:18 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Volat Geoffrey</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?VolatGeoffrey]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?VolatGeoffrey]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Volat Geoffrey</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Volat        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Geoffrey        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Biographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Maitre de conférences en sciences de l&apos;information et de la communication à l&apos;université de Grenoble. Membre du réseau interuniversitaire des chercheurs en ESS. Ces recherches portent sur la co-construction des politiques publiques (en particulier celle de l&apos;ESS), sur l&apos;utilisation de la recherche action participative pour renforcer la résilience territoriale et sur la médiation scientifique.        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Code Postal</span>
                <span class="BAZ_texte">
            63000        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Ville</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Clermont-Ferrand        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-2" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion2">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-id_fiche="CoConstruction" data-date_creation_fiche="2026-03-04 11:35:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="VolatGeoffrey" data-bf_initiatives="DemocratieLocaleAKingersheim,DemocratieLocaleASaillans,LeCollectifNosServicesPublicsRenoveLaRef" data-date_maj_fiche="2026-03-13 20:40:13" data-owner="DacheuxEric" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse2_5_CoConstruction"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Co-construction </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse2_5_CoConstruction" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Co-construction</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?VolatGeoffrey/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Volat Geoffrey">Volat Geoffrey</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><img style="width: 50%;" src="files/CoConstruction_f194654040e0d7bd385e_20260313194013_20260313204013.png"><br></p><p>La co-construction désigne un processus démocratique par lequel plusieurs acteurs — institutionnels, professionnels, citoyens, usagers — élaborent conjointement un diagnostic, des orientations ou des décisions relatives à une action collective. Elle implique un déplacement du centre de gravité de la décision, d’un modèle vertical vers une dynamique délibérative et coopérative.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Définition courte et simple</h3><p>Dans son acception la plus générale, la co-construction renvoie à une modalité d’action collective fondée sur la production conjointe de sens et de perspectives d’action. Elle dépasse des formes plus limitées d’interactions, comme la consultation ou la concertation. Il ne s’agit pas seulement de recueillir des avis, mais d’intégrer différents acteurs sociaux au sein d’un processus délibératif commun. Elle suppose ainsi une interaction structurée entre des acteurs porteurs de ressources hétérogènes — savoirs d’expertise, savoirs d’usage, légitimité élective, capacité d’action, ancrage territorial etc.</p><h3>Définition plus fouillée</h3><p>Plus spécifiquement, dans le champ de l’action publique, la co-construction s’inscrit dans le prolongement des travaux sur la démocratie participative. Elle peut désigner des réalités variées, allant de dispositifs formalisés (conventions citoyennes, conseils de développement, budgets participatifs) à des pratiques plus informelles de travail partenarial (élaboration d’une feuille de route, comité de suivi d’une action publique, élaboration d’un appel à manifestation d’intérêt etc.). Ainsi, selon les contextes, elle peut être mobilisée comme méthode de gestion de projet, comme principe normatif de démocratisation ou comme instrument d’innovation publique.<br>Trois dimensions permettent d’en saisir la complexité.<br>Premièrement, la dimension épistémique : la co-construction repose sur l’idée que la connaissance pertinente pour l’action n’est pas exclusivement détenue par l’expertise scientifique ou administrative. Elle émerge de l’interaction entre différents registres de savoirs. Dans cette perspective, le processus vise autant la production d’actions et de solutions que l’élaboration d’un cadre partagé d’interprétation des enjeux et des problèmes.<br>Deuxièmement, la dimension politique : la co-construction implique une redistribution démocratique des capacités d’influence sur la décision. Elle interroge les rapports de pouvoir, les formes de légitimité et les frontières entre représentants et représentés. Cette redistribution peut être substantielle — lorsque les participants disposent d’un pouvoir réel d’arbitrage — ou symbolique, lorsque la participation demeure consultative. La co-construction ne constitue donc pas en soi une garantie d’émancipation démocratique ; elle peut aussi être instrumentalisée à des fins de légitimation, en particulier dans le champ de l’action publique.<br>Troisièmement, la dimension organisationnelle et relationnelle : la co-construction requiert des dispositifs, des règles du jeu, des médiations. Elle suppose un travail de traduction entre des univers professionnels et culturels distincts, ainsi qu’un cadre sécurisant permettant l’expression des désaccords. <br>Sans ingénierie communicationnelle et sans confiance minimale entre acteurs, la co-construction tend à se réduire à une juxtaposition de points de vue ou à se réduire à une forme d’homogénéité de points de vue -on parle alors de co-construction corporatiste.<br>Il convient enfin de distinguer la co-construction d’autres notions proches. Elle se différencie de la co-production, qui renvoie davantage à la mise en œuvre conjointe d’un service ou d’une politique, et de la concertation demeure consultative et asymétrique. Elle se rapproche en revanche de la notion de gouvernance collaborative, tout en conservant une dimension normative plus marquée : celle d’un idéal de partage de la définition même de l’intérêt général.<br>En somme, la co-construction peut être définie comme un processus structuré d’élaboration collective de l’action, reposant sur la reconnaissance de la pluralité des savoirs et des légitimités, et visant la production de décisions plus robustes, plus légitimes et potentiellement plus adaptées aux contextes territoriaux.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Invitation aux débats</h3><p>La co-construction ne se décrète pas : elle se construit dans la durée, au croisement de dispositifs formels et de relations interpersonnelles. Elle ouvre ainsi une série de questions décisives : jusqu’où partager le pouvoir de définir l’action publique ? Comment articuler légitimité élective et légitimité participative ? Quels garde-fous instituer pour éviter l’instrumentalisation ? Autant d’interrogations qui invitent à considérer la co-construction non comme un modèle stabilisé, mais comme un chantier démocratique permanent.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>NSELL Chris & GASH Alison, 2008, « Collaborative Governance in Theory and Practice », Journal of Public Administration Research and Theory, vol. 18, n°4, p. 543-571.<br>CALLON Michel, LASCOUMES Pierre & BARTHE Yannick, 2001, Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris, Seuil.<br>DEWEY John, 1927, The Public and Its Problems, New York, Henry Holt.<br>FRAISSE Laurent, 2018, La co-construction de l’action publique : définitions, enjeux, discours et pratiques, Paris, Fondation Maison des Sciences de l’Homme, 69 p.<br>GASH Alison & ANSELL Chris, 2008, voir ANSELL & GASH 2008.<br>OCDE, 2020, Innovative Citizen Participation and New Democratic Institutions: Catching the Deliberative Wave, Paris, OECD Publishing.<br>OSTROM Elinor, 1990, Governing the Commons: The Evolution of Institutions for Collective Action, Cambridge, Cambridge University Press.<br>ROSANVALLON Pierre, 2008, La légitimité démocratique. Impartialité, réflexivité, proximité, Paris, Seuil.<br>VAILLANCOURT Yves, 2019, « De la co-construction des connaissances et des politiques publiques », SociologieS, Dossiers.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?DemocratieLocaleAKingersheim/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Démocratie locale à Kingersheim">Démocratie locale à Kingersheim</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?DemocratieLocaleASaillans/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Démocratie locale à Saillans">Démocratie locale à Saillans</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?LeCollectifNosServicesPublicsRenoveLaRef/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Le Collectif Nos Services Publics rénove la réflexion sur le fonctionnement des services publics">Le Collectif Nos Services Publics rénove la réflexion sur le fonctionnement des services publics</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?CoConstruction">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?VolatGeoffrey">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Wed, 04 Mar 2026 11:43:42 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Combes Josette</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?CombesJosette]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?CombesJosette]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Combes Josette</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Combes        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Josette        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Biographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Co présidente du mouvement pour l&apos;économie solidaire (MES). Coordinatrice communication Ripess (Réseau intercontinental de promotion de l&apos;économie sociale et solidaire).        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-3" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion3">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-id_fiche="EcofeminismE" data-date_creation_fiche="2026-02-13 09:33:21" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="CombesJosette" data-bf_initiatives="FeminismeQuelquesCitations,LeFuturDuTravailDesFemmes" data-date_maj_fiche="2026-02-13 19:40:32" data-owner="DacheuxEric" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse3_5_EcofeminismE"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Ecoféminisme </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse3_5_EcofeminismE" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Ecoféminisme</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CombesJosette/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Combes Josette">Combes Josette</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>L’écoféminisme est un courant de pensée critique de l’économie dominante qui rassemble les pensées féministes et écologistes.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Le mouvement écoféministe repose sur trois piliers. Tout d’abord il est né de la mobilisation contre les dégâts causés par l&apos;androcapitalocène (Catherine Albertini, 2021, p. 14). Le capitalisme s&apos;est imposé grâce à une privatisation généralisée des biens communs (les enclosures en Angleterre), transformant les paysans et artisans autonomes en employés d&apos;entreprises. C&apos;est une manière de marchandiser le vivant. Pour les écoféministes, c&apos;est le premier pilier.<br></p><p>Le deuxième pilier est l&apos;esclavage et la prédation des ressources des pays du Sud, avec un discours méprisant et un comportement destructeur envers les cultures indigènes. <br>Le troisième est l&apos;exploitation du travail des femmes, qu&apos;il soit gratuit dans la sphère privée ou sous-payé dans la sphère publique. C&apos;est pourquoi les femmes refusent d&apos;être tenues responsables du désastre qui a été prédit, puisqu&apos;elles n&apos;ont pas eu voix au chapitre depuis leur exclusion de la scène politique à la Renaissance. À cette époque, les femmes étaient brûlées comme sorcières afin de les écarter de leurs fonctions, de vaincre leur résistance ou de punir une liberté jugée contraire aux bonnes mœurs (Le sexocide, D&apos;Eaubonne 1999).</p><p><br>Françoise d&apos;Eaubonne est considérée comme l&apos;inventrice du terme écoféminisme avec un titre radical « L&apos;écoféminisme ou la mort » (1974), mais le terme a été utilisé à la fois en Inde, notamment par Vandana Shiva et Maria Mies (1998), et aux États-Unis, d&apos;où il est revenu en Europe,  voir en particulier le recueil Reclaim (Hache, 2016), une compilation de textes d’écrivaines écoféministes.</p><p><br></p><p>En France, l&apos;œuvre de Françoise d&apos;Eaubonne n&apos;a pas été reprise par le mouvement féministe matérialiste (Delphy, 1975) ni par le mouvement universaliste, qui considéraient que le recours à la référence « nature » constituait un retour en arrière vers la sanctification de la mère et l&apos;écologie radicale, un danger pour les droits des femmes. Les matérialistes sont essentiellement orientées vers le « rattrapage » de la situation sociale des hommes (salaires, accès à l&apos;emploi, partage du fardeau mental des activités reproductives, etc).</p><p><br></p><h3>Réviser les valeurs virilistes</h3><p>Les écoféministes veulent réviser les paradigmes qui définissent l&apos;être humain et souhaitent organiser un monde où les valeurs dites « viriles » telles que l&apos;usage de la force, les luttes de pouvoir, l&apos;extractivisme et la domestication de la vie sont toxiques et devenues obsolètes. Cette « viriarchie » (Gazalé, 2017) a un coût social extrêmement élevé : en France, (Peytavin, Haes 2025) les hommes sont responsables de la grande majorité des comportements asociaux : ils représentent 84 % des auteurs d&apos;accidents mortels de la route, 92 % des élèves sanctionnés pour des actes de violence contre les biens et les personnes dans le secondaire, 90 % des personnes condamnées par les tribunaux, 86 % des suspects de meurtre, 97 % des auteurs de violences sexuelles, etc.</p><p><br>Il en coûte 95,2 milliards d&apos;euros chaque année pour compenser la virilité (toxique) masculine, en services policiers, judiciaires, médicaux et éducatifs pour y faire face. Sans compter le coût indirect pour la société, qui doit répondre aux souffrances physiques et psychologiques des victimes, et subit des pertes de productivité et des destructions matérielles. </p><p><br></p><h3>L&apos;action avant tout</h3><p>Les coalitions de femmes qui se reconnaissent sous ce terme défendent soit des territoires pour empêcher leur pillage, soit développent des terres pour promouvoir l&apos;autonomie alimentaire, soit s&apos;opposent à des projets extractivistes et bellicistes, soit encore créent des communautés de vie comme le faisaient les Béguines dès la fin du XIIe siècle en Europe (Panciera, 2021). </p><p><br>L&apos;écoféminisme se préoccupe avant tout d&apos;actions pragmatiques visant à mettre en œuvre une autre façon d&apos;organiser la vie quotidienne, en donnant la priorité à la souveraineté alimentaire, à la prise en charge des enfants et des organismes vivant sur leur territoire, et à la promotion de relations dépourvues de combativité et de compétition au profit de l&apos;entraide et de la coopération. Certaines  écoféministes développent une spiritualité déconnectée des dogmes patriarcaux qu’on peut apparenter à des pratiques panthéistes, réhabilitant la figure de la sorcière maîtrisant des connaissances sur le soin par les plantes médicinales. Ainsi  Vandana Shiva a créé en Inde une banque de semences pour restaurer la richesse qui préexistait avant que la colonisation anglaise n’interdise et éradique les plantes que les Indiens utilisaient dans leur médecine traditionnelle. Elle dirige la Fondation de la recherche pour la science, les technologies et les ressources naturelles. Les écoféministes luttent pour empêcher le pillage des ressources phytologiques et le brevetage du vivant.  </p><p><br>L&apos;écoféminisme ne désigne pas tous les hommes comme coupables (certains le sont évidemment), mais comme des personnes envahies par l&apos;idéologie patriarcale, au même titre que les femmes qui peuvent elles-mêmes encourager la figure du père, du mari/compagnon, du fils dans les injonctions d&apos;un modèle qui présente la violence masculine comme une caractéristique incontournable de la virilité. </p><p><br></p><h3>Que faire ?</h3><p>Ainsi, les paramètres suivants devraient intervenir dans la définition de l&apos;approche économique :<br>Quels besoins (biologiques, sociologiques, individuels, collectifs) sont des nécessités (survie) par rapport à leur légitimité (éthique) ?<br>Quelles contraintes sont supportables (nécessaires, acceptables) ?<br>Quels équilibres faut-il rechercher dans la définition et la mise en œuvre des dimensions suivantes : <br>1. l&apos;articulation de la satisfaction des besoins et de la place du travail dans le système de production; <br>2. les modes de régulation et de répartition des systèmes de production;<br>3. la fonction de l&apos;autonomie dans le maintien du désir, et donc de la vitalité, et le respect de l&apos;intériorité des personnes ; <br>4. le rôle de l&apos;interaction dans le système des relations sociales et de la vigilance collective;<br>5. En politique, remplacer la figure de l&apos;homme providentiel au profit d&apos;assemblées délibératives où les projets d&apos;intérêt collectif sont élaborés avec les citoyens et où s&apos;effectue une réflexion sur ce qui relève du public et du privé (Dacheux, Goujon, 2020). <br>6. Reconnaître le rôle fondamentale de l’économie reproductive, revoir l&apos;échelle des valeurs, la hiérarchie des tâches dites « nobles » par opposition à celles qui seraient dégradantes, assurées par une population sous estimée, en particulier les soins aux autres confiés aux femmes. Avec, bien sûr, une révision de l&apos;échelle des salaires.<br>7. La situation climatique, si préoccupante, exige que les décisions n&apos;appartiennent plus à un club de décideurs principalement masculins, mais à l&apos;ensemble des citoyens. <br>8. S&apos;opposer à l&apos;hypercroissance, à l&apos;extractivisme et à la destruction des terres arables. <br>Ce sont tous ces paramètres qui doivent être modifiés pour faire évoluer le monde, et en particulier celui de la démocratie économique. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Les écoféministes postulent que le monde ne peut évoluer que si les hommes comprennent qu&apos;ils sont eux-mêmes prisonniers d&apos;un modèle qui les prive de leur partie dite « féminine », tout comme il empêche les femmes d&apos;accéder à leur partie dite « masculine ». Ce dualisme sert le capitalisme en associant l&apos;argent, le prestige et la dépense d&apos;énergie aux valeurs viriles, adossés à la compétition  et la modestie, l&apos;effacement de soi et la gestion du quotidien aux valeurs féminines, la compétition portant cette fois sur le façonnage du corps dont les normes sont édictées pour convenir aux dictats masculins.<br>L’écoféminisme s’inscrit dans un ensemble plus vaste d’alternatives au capitalisme patriarcal. En effet, les mouvements de lutte contre le capitalisme associent en général la recherche d’égalité entre les humains et la lutte contre les discriminations. Au sein même de l’écoféminisme existe l’approche intersectionnelle qui souligne que les femmes racisées ont une vision du féminisme différente de celle des femmes blanches. Par ailleurs l’économie solidaire inclut le féminisme dans son approche voire en fait une condition absolue pour la définition de l’ESS (c’est le cas du REAS espagnol https://reas.red. Les alternatives en général telles que le mouvement des communs ou de la transition écologique considèrent l’égalité femme homme comme un incontournable, même s’ils ne focalisent pas leur action sur cet aspect. Enfin il existe une commission Egalité Femmes Hommes au sein d’ESS France qui a émis un rapport sur l’égalité femmes hommes dans l’ESS.<br>Le capitalisme est à la fois,  un système et un gaspillage qui engendre la violence contre les êtres dits « faibles », compensant les frustrations générées par le sentiment de ne rien décider réellement dans sa vie. Le capitalisme exploite le travail en réduisant les possibilités d&apos;action et d&apos;emploi. Il s&apos;agit désormais de redonner à chacun la plénitude de son potentiel dans un élan de solidarité qui n&apos;est pas une injonction pieuse, mais une observation pure et simple de notre interdépendance.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>CHOLLET, M., Sorcières. La puissance invaincue des femmes, Zones.<br>D&apos;EAUBONNE, F., (1974), Le féminisme ou la mort, Pierre Horay. <br>D’Eaubonne, F.,(1999), Le sexocide des sorcières, L’esprit frappeur.<br>FEDERICI, Silvia.,(2016) Caliban et la sorcière Entremonde <br>GAZALE, Olivia, (2019), Le mythe de la virilité. Un piège pour les deux sexes, Pocket Agora.<br>GUERIN, I., HERSENT, M., FRAISSE, L., (2011), Femmes , économie et développement. Entre résistance et justice sociale, Erès / IRD <br>HACHE,E., Reclaim. recueil de textes écoféministes, Cambourakis editions <br>MIES, M., SHIVA,V., (1993), Ecoféminisme, l&apos;Harmatan, <br>PANCIERA, S.,(2021), Les Béguines, une communauté de femmes libres, Almora<br>PEYTAVIN,L. HAES F. (2025) , Le coût de la virilité, Michel Lafon<br>STARHAWK (2015) Rêver l&apos;obscur. Femmes, Magie et Politique. Cambourakis. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?FeminismeQuelquesCitations/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Féminisme. Quelques citations.">Féminisme. Quelques citations.</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?LeFuturDuTravailDesFemmes/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Le futur du travail des femmes">Le futur du travail des femmes</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EcofeminismE">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?CombesJosette">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 13 Feb 2026 09:45:24 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Collectif Danser l&apos;orage</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?DanserLOrageCollectif]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?DanserLOrageCollectif]]></guid>
        <dc:creator>GarlotFlorine</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Collectif Danser l&apos;orage</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Collectif        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Danser l&apos;orage        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Biographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Danser l’orage est un collectif qui a pour objet de créer des espaces d’échange de pratiques, de réflexions et de questionnements pour co-construire des voies de métamorphoses de nos organisations de transformation sociale et<br />
environnementale et être à la hauteur des défis massifs du siècle.<br />
<br />
Nos actions sont sous-tendues par 2 axes de transformations complémentaires :<br />

<ul>
<li> La nécessité de prendre en compte les basculements en cours,pour faire en sorte d’y résister et d’embrasser l’orage.</li>
<li> Le souhait de continuer à évoluer pour incarner et infuser le changement que l’on veut voir dans ce monde à travers des concepts et pratiques inspirants (joie militante, subsistance, commun,…),</li>
</ul>

pour ne jamais cesser de danser.<br />
<br />
Composé de membres de diverses structures de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), Danser l’orage est porté par le Collectif Laboratoire International des Pratiques Utopiques (CLIP), laboratoire de recherche,d’expérimentation et d’éducation populaire qui vise à favoriser l’émergence et accompagner l’appropriation de pratiques innovantes pour l’épanouissement des individus et des organisations du secteur non marchand à partir des<br />
mutations du monde en cours.        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-4" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list"><div class="alert alert-info">Il y a  0 fiche.</div></div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DanserLOrageCollectif">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Sat, 17 Jan 2026 15:55:45 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Lukacs Philippe</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?LukacsPhilippe]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?LukacsPhilippe]]></guid>
        <dc:creator>GarlotFlorine</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Lukacs Philippe</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Lukacs        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Philippe        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Biographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Diplômé d’HEC, Philippe Lukacs a étudié l’ethnologie avec Robert Jaulin, puis la sociologie de la science avec Serge Moscovici. Après avoir été l’adjoint du DRH du groupe Thomson, il a créé le Laboratoire du Futur où il a eu l’occasion de travailler, notamment, avec l’équipe de Muhammad Yunus, avec le créateur de Max Havelaar, avec les initiateurs mondiaux de monnaies complémentaires. Professeur de management de l’innovation à Centrale Paris, il a créé un incubateur pour des start-ups à potentiel mondial, et il est l’un des fondateurs d’ENGAGE, association qui a pour mission d’aider les citoyens et les entreprises à se saisir des grands défis du XXIème siècle.        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-5" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion5">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-id_fiche="AlliancE" data-date_creation_fiche="2025-11-16 10:39:31" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="LukacsPhilippe" data-date_maj_fiche="2025-11-16 10:45:27" data-owner="GarlotFlorine" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse5_5_AlliancE"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Alliance </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse5_5_AlliancE" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Alliance</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?LukacsPhilippe/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Lukacs Philippe">Lukacs Philippe</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>L’alliance, c’est le partage avec un autre différent de soi où du commun est crée. C’est la logique du vivant.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Les actions nécessaires pour réussir l’urgente transition entraîneront des réductions matérielles douloureuses. Elles ne pourront être acceptées, et donc menées, que si elles peuvent être immédiatement mises en regard d’une contrepartie affectivement gratifiante.<b> Chercher à adapter notre économie ne suffira donc pas</b>. Il nous faut, plus largement, chercher à avancer vers une <i>oikonomia</i>, une « logique selon laquelle nous construisons notre maison », qui puisse être vécue comme souhaitable. A ce jour, nous avons « construit notre maison » sur une logique d’échange. Tout y devient marchandise. Notre aveuglement à ce qui est au delà des marchandises, notamment au climat, à la biodiversité, en est une conséquence.</p><p>Au lieu de chercher à augmenter les biens, cherchons à favoriser les alliances [ndlr : le partage avec un autre différent de soi où du commun est crée]. Voilà un cap en rupture avec la logique mortifère actuelle et qui offre des perspectives attirantes. Ce cap invite à développer des relations d’alliance sur l’ensemble de ce qui constituerait une « maison souhaitable » : à l’intérieur de chaque personne, entre les individus et les groupes, avec tout ce qui nous entoure. D’une part, à favoriser l’épanouissement des personnes en permettant à chacun d’allier et de déployer les multiples dimensions qui le constituent. D’autre part à favoriser les relations de partage entre les personnes et les groupes. Enfin à partager avec la nature, ce qui est tout autre que seulement la préserver, et à favoriser la sensibilité à ce qui est au delà des chiffres et du clic de l’instant présent. Ces trois axes d’action forment système, se soutiennent mutuellement. Ce cap, c’est en fait ce qui est au cœur des multiples mouvements qui, dans des domaines différents, dans et hors l’entreprise, émergent aujourd’hui pour aller vers un futur souhaitable : RSE, Entreprise régénérative, Économie Sociale et Solidaire, innovations « open source », permaculture … Cette simultanéité est le signe, à la fois, de la nécessité et de la possibilité de cette évolution. Avoir conscience de ce cap commun permet de mieux faire converger les actions, permet de réaliser des alliances entre acteurs différents, donne ainsi plus de force à l’action collective.</p><p><br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Ce cap peut aussi guider l’action que chaque femme ou homme en position de responsabilité, dans une entreprise, une association, un organisme public, peut mener dans son activité professionnelle. Chacun peut être à l’origine d’une initiative qui va dans cette direction, donnant ainsi plus de sens à son travail. Les actions contribuant à la mutation en sont démultipliées. Par ailleurs, l’alliance, c’est aussi le moyen sur lequel s’appuyer pour avancer dans cette direction. Car pour réussir la nécessaire mutation, avancer au plus vite sur un chemin qui nous est nouveau, il ne suffira plus de gérer, de passer des contrats. Il nous faut créer des dynamiques autour de buts partagés.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>LUKACS Philippe, 2024<i>. Vers une économie de l&apos;alliance pour déjouer les dérèglements du monde</i>, Erès. </p><p>Définition de l&apos;Alliance, publiée dans BONNIFET Fabrice (dir), 2024, <i>Les 101 mots de la responsabilité sociale des entreprises à l&apos;usage de tous</i>, Archibook.</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?AlliancE">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LukacsPhilippe">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Sun, 16 Nov 2025 10:45:03 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Cérézuelle Daniel</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?CerezuelleDaniel2]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?CerezuelleDaniel2]]></guid>
        <dc:creator>CardonaPierreAlain</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Cérézuelle Daniel</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Cérézuelle        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Daniel        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-6" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion6">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2019-12-14" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LautorehabilitationAccompagneeDuLogement" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,la_possibilite_d_une_renaissance" data-bf_auteur="CerezuelleDaniel2,RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-15 12:10:49" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse6_6_LautorehabilitationAccompagneeDuLogement"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              L’autoréhabilitation accompagnée du logement </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse6_6_LautorehabilitationAccompagneeDuLogement" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>14/12/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">L’autoréhabilitation accompagnée du logement </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CerezuelleDaniel2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cérézuelle Daniel">Cérézuelle Daniel</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema la_possibilite_d_une_renaissance">
                      Pratiquer une autre économie  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br /></div><div><br />Les inventions démocratiques peuvent concerner des actes du quotidien apparemment minuscules et donc négligées, alors qu’elles sont d’une grande importance, comme nous allons le montrer. On voit se multiplier des chantiers d’autoréhabilitation accompagnée du logement (ARA), dans lesquels ce sont les maîtres d’ouvrage qui avec l’aide des professionnels réalisent une partie -parfois très importante - des travaux. L’ARA favorise la coopération avec des voisins, des parents, des professionnels. Déjà des territoires ont compris que la mobilisation de l’apport en industrie des ménages dans le cadre de chantiers hybrides sera la clé de la rénovation énergétique et de la remise en état d’une partie du parc de logements.</div><div><br /></div><div></div><h3><strong>La réhabilitation énergétique des logements : un enjeu de justice sociale et de solidarité planétaire.</strong></h3><div>On sait que la production de gaz à effet de serre (GES) et de CO2 en particulier est une des principales causes du réchauffement climatique. Pour en limiter les conséquences la diminution de notre consommation en énergie est essentielle. Il faut donc agir sur les secteurs les plus gourmands en énergie et notamment le bâtiment. En Europe, le bâtiment représente 40% de la consommation totale et 36% des émissions de GES. Nous vivons, pour la majorité d’entre nous, dans des passoires à calories et un ménage sur 5 est désormais en situation de précarité énergétique. En outre, l’insalubrité liée à l’absence de chauffage entraîne également une dégradation de la santé des occupants des logements concernés et le délabrement du bâti lui-même. </div><div>La rénovation énergétique du logement constitue non seulement un des principaux axes d’action pour la maîtrise collective du changement climatique, c’est aussi un enjeu majeur de justice sociale. C’est aussi un enjeu de solidarité planétaire puisque ce sont les habitants du sud qui pâtiront le plus des conséquences des émissions de GES. Il est donc très important que tous ceux qui occupent un logement-passoire puissent s’engager dans la rénovation énergétique de leur logement.</div><div><br /></div><div> </div><div></div><h3><strong>L’obstacle du passage à l’acte de la rénovation</strong></h3><div>La conjonction du marché et des aides publiques ne permettra pas d’atteindre les objectifs du Plan de Rénovation Energétique de l’Habitat (PREH). Les mesures prises pour réhabiliter les logements se heurtent à une difficulté majeure : le passage à l&apos;acte des maîtres d&apos;ouvrage privés. Qu&apos;ils soient propriétaires bailleurs ou propriétaires occupants, ils rechignent à lancer les travaux nécessaires, malgré les conseils et les aides financières dont ils peuvent disposer. Les objectifs fixés (500 000 logements à rénover par an) sont très loin d&apos;être atteints et le marché relatif à la réhabilitation reste, pour l&apos;essentiel, à l&apos;état de potentiel. Les raisons peuvent être diverses : coût trop élevé des travaux, manque de solvabilité, retour sur investissement trop long, absence de garantie sur l&apos;efficacité attendue des travaux, manque de confiance à l’égard des entreprises du bâtiment. Ces réticences tiennent aussi au fait que les solutions proposées consistent d&apos;abord à faire pour plutôt que faire avec les personnes concernées en les reléguant au seul rôle de signer les devis des dépenses à engager et de régler les factures. Le rapport Berrier, du CGEDD sur la Contribution de l&apos;auto-réhabilitation accompagnée au plan de rénovation énergétique de l&apos;habitat (2014), constate l’impossibilité du secteur marchand à pourvoir seul aux besoins. Il conclut : « Un changement d’échelle s’impose donc, qui rend nécessaire et pertinent de solliciter davantage l’apport en industrie des ménages et l’entraide pour rénover leur logement.» (p.23). Le rapport Chirat et Denisart, Nouvelles dynamiques de rénovation de logements. publié par le Plan Bâtiment Durable (2016), recommande lui aussi d’encadrer et d’accompagner l’autorénovation », pratique qui a déjà une importance considérable (p.48, 50,54).</div><div></div><div><strong><br /></strong></div><h3><strong>Ne plus considérer les gens comme des charges mais comme des ressources</strong></h3><div>L’expérience montre qu’en associant davantage les maîtres d’ouvrage au montage de ce qui doit être et rester leur projet et en les accompagnant tout au long de sa mise en œuvre (et souvent jusqu’au pied du mur) il est possible de lever un des freins majeurs au développement de la réhabilitation énergétique du logement et de faire ainsi de l&apos;ARA un levier essentiel pour créer de l&apos;activité et de l&apos;emploi et pour construire une autre politique énergétique. Dès maintenant bien sûr certaines personnes compétentes aidées par des voisins ou des membres de leur famille réhabilitent leur logement elles-mêmes. Mais d’autres n’ont pas les connaissances voulues ou n’ont pas confiance en elles. En les accompagnant, on ne les considère plus comme des charges qu’il faut subventionner, mais comme des ressources qui peuvent contribuer à la vie économique de leur territoire. Une expérience originale (voir http eccap.fr. Obtenir un diplôme en rénovant son logement) constate que des habitants d’un même quartier qui ne se parlaient pas, qui étaient dans une situation de précarité importante déclaraient ensuite : « Cela m’a permis de rencontrer d’autres personnes » ou « c’est tellement appréciable de se dire que l’on en est capable ». </div><div></div><div><strong><br /></strong></div><h3><strong>Une pratique qui se diffuse </strong></h3><div>Plusieurs études récentes attestent de l’importance des pratiques d’autoréhabilitation. Le rapport Open ADEME 2015 et le rapport TREMI ADEME 2017 qui portent sur les travaux d&apos;amélioration énergétique réalisés signalent que d’ores et déjà 39% des travaux sont réalisés en autoréhabilitation autonome ou en « chantiers hybrides ». Les professionnels déjà engagés dans ces pratiques d’accompagnement se sont fédérés en 2015 au sein de la FEDAC (Fédération des Accompagnateurs) qui regroupe des artisans, des maîtres d’œuvre, et des architectes. Leur objectif est de consolider les compétences de ceux qui pratiquent ce métier d’accompagnateur à l’auto réhabilitation du logement, afin de garantir la qualité des travaux, la pérennité du bâti, la sécurité des personnes  il s’agit aussi de mieux sécuriser les chantiers au plan assurantiel  enfin ils cherchent à favoriser la reconnaissance et l’intégration de l’ARA dans les politiques publiques de l’habitat. Des groupes de travail ont été organisés avec des assureurs et des juristes pour préciser les responsabilités et les enjeux juridiques de l’accompagnement.</div><div><br /></div><div> </div><div></div><h3><strong>Des formations se mettent en place</strong></h3><div> L’université du Littoral Côte d’Opale (ULCO) a créé un Diplôme Universitaire « Autoréhabilitation Accompagnée ». Cette formation de 72 heures aborde les thèmes suivants :</div><div>« Connaître et comprendre ce qu’est l’ARA  appréhender les modèles économiques de l’ARA  accompagner les habitants : analyse, médiation et conseil  dialoguer avec les habitants autour des questions d’isolation, d’étanchéité à l’air  monter un projet de rénovation (de l’analyse au choix de matériaux à l’estimation économique du projet)  gérer la relation avec le maître d’ouvrage dans le « faire avec » : gestion des conﬂits et postures professionnelles ». La formation s’adresse à toute personne connaissant l’activité du bâtiment et de la construction : chef d’équipe, chef de chantier, artisan, diagnostiqueur ou conseiller en rénovation, assistant à maîtrise d’ouvrage, maîtres d’œuvre, demandeurs d’emploi avec des qualiﬁcations dans le bâtiment. Vers novembre 2019 c’est une quatrième promotion qui suivra cette formation  et lorsqu’il fut question de la décentraliser en partenariat avec l’Université d’Avignon, ce fut une cinquantaine de candidats qui se firent rapidement connaître.</div><div><br /></div><div></div><h3><strong>Des territoires s’engagent</strong></h3><div>Cela fait cinq ans que Lille métropole soutient un programme d’ARA. C’est aussi un des objectifs du programme européen Interreg FAIRE qui associe la région Hauts de France et la Wallonie. Des parcs naturels régionaux tels que Cap et Marais d’Opale, ou celui de Millevaches promeuvent l’ARA. Certes, que des politiques publiques de l’habitat reconnaissent et soutiennent l’implication des maîtres d’ouvrages dans la conception et la réalisation des travaux du bâtiment, c’est une petite révolution culturelle et il convient de s’y engager avec prudence et rigueur. Sur la légitimité de l’autoproduction en matière de production du logement, nous n’en sommes pas encore au stade du gouvernement des Pays-Bas qui a décidé en 2010 qu&apos;un tiers des habitations néerlandaises devait être auto-construit d&apos;ici à 2040. . Toutefois il convient de rappeler qu’en 2009 le Conseil d’Etat dans son rapport Droit au logement, droit du logement recommande de « Promouvoir l’autoconstruction et l’autoréhabilitation des logements par les habitants ». La légitimité de l’ARA ne se pose plus  reste la volonté politique de faciliter sa diffusion.</div><div><br /></div><div></div><h3><strong>De la nécessité d’un soutien public</strong></h3><div>Pour le moment l’autoréhabilitation du logement n’est mise en œuvre que par des maîtres d’ouvrage particulièrement dynamiques. Un accompagnement professionnel bien préparé est indispensable pour favoriser le passage à l’acte d’un public beaucoup plus large qui peut mobiliser son temps et sa force de travail mais qui manque de confiance en soi, de compétences techniques ou de réseau relationnel. Il est nécessaire que cet accompagnement soit financièrement pris en charge par la puissance publique. Plus généralement, pour faciliter la diffusion de l’ARA dans de bonnes conditions, le Rapport Berrier faisait 14 recommandations. Nous n’en évoquerons ici que quelques-unes :</div><div>-     Donner un régime juridique, social et fiscal à l’autoproduction et à l’entraide dans le secteur de la construction.</div><div>-     Etudier avec les Ministères de l’Education Nationale et du Travail, et les organisations professionnelles, la création d’une filière de l’accompagnement à l’autoréhabilitation.</div><div>-     Ouvrir des discussions entre les assureurs et les parties prenantes pour une juste appréciation du risque à assurer.</div><div>-     Rendre éligibles aux aides de l’Etat les travaux de rénovation énergétique réalisés en autoréhabilitation et répondant à des critères d’éco-conditionnalité.</div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LautorehabilitationAccompagneeDuLogement">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?CerezuelleDaniel2">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 15 Sep 2025 11:45:43 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Corneloup Jean</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?CorneloupJean]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?CorneloupJean]]></guid>
        <dc:creator>GarlotFlorine</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Corneloup Jean</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Corneloup        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Jean        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Biographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <ul class="fake-ul">
<li>Sociologue. Chercheur à l’UMR Pacte à Grenoble, maître de conférences en sociologie des cultures récréatives, et responsable du master Management du sport à l’université de Clermont‑Ferrand. Il est aussi directeur de rédaction de la revue Nature & Récréation.</li>
</ul>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Code Postal</span>
                <span class="BAZ_texte">
            63670        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Ville</span>
                <span class="BAZ_texte">
            La Roche-Blanche        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-7" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list"><div class="alert alert-info">Il y a  0 fiche.</div></div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?CorneloupJean">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 11 Apr 2025 18:08:40 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Grenier Corinne</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?GrenierCorinne]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?GrenierCorinne]]></guid>
        <dc:creator>GarlotFlorine</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Grenier Corinne</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Grenier        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Corinne        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Biographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Professeure d’Innovation en santé, Kedge Business School        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-8" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list"><div class="alert alert-info">Il y a  0 fiche.</div></div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?GrenierCorinne">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 28 Feb 2025 14:39:45 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Viveret Patrick</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?ViveretPatrick]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?ViveretPatrick]]></guid>
        <dc:creator>GarlotFlorine</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Viveret Patrick</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Viveret        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Patrick        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Biographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Patrick Viveret est philosophe, ancien conseiller référendaire à la Cour des comptes, cofondateur du Forum pour d’autres indicateurs de richesse et initiateur des rencontres internationales Dialogues en humanité.        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-9" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion9">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-id_fiche="BrutalismE" data-date_creation_fiche="2025-02-21 20:01:55" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="ViveretPatrick" data-date_maj_fiche="2025-02-21 20:06:23" data-owner="GarlotFlorine" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse9_5_BrutalismE"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Brutalisme </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse9_5_BrutalismE" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Brutalisme</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ViveretPatrick/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Viveret Patrick">Viveret Patrick</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Le brutalisme dépasse la seule critique du capitalisme (dans les courants socialistes ou communistes) ou de l’Etat (par exemple dans les courants libéraux ou anarchistes) ou du productivisme (par exemple dans les courants écologistes). En fait on peut caractériser un élément commun à ces systèmes fondés sur la domination et la discrimination. Cet élément c’est la brutalité sociale dans le cas du capitalisme, la brutalité politique dans le cas des formes autoritaires ou totalitaires du pouvoir, la brutalité à l’égard de la nature et du vivant dans le cas du productivisme.         </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Cette brutalité se constate aussi dans d’autres domaines. Le racisme et l’antisémitisme qui récuse autrui du fait de son origine ou de sa couleur de peau, mais aussi les dominations et discriminations liées à la sexualité et au genre, aux croyances (religieuses, animistes, athées, agnostiques) et dans les comportements mêmes (sectarisme, dogmatisme, arrogance…).
Le terme de « brutalisme » est né en architecture mais repris et élargi par Achille Membe (cf « le Brutalisme ») puis par Julie Chabaud et Patrick Viveret (cf « la Traversée »). Il permet de rassembler ces différentes formes de domination, d’exploitation ou de brutalité et d’éviter de ne se focaliser que sur l’une d’entre elles. C’est ainsi que nombre de mouvements anticapitalistes et anti-impérialistes ont pu se montrer complaisants à l’égard de pouvoirs despotiques (ou le devenir eux mêmes lors de révolutions) ; que des luttes anti coloniales ont pu être menées par des hommes masculins défendant le patriarcat ou que des courants communistes ou socialistes ont pu être aussi productivistes que le capitalisme qu’ils combattaient.        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            L’alternative au brutalisme peut être celle portée par le convivialisme et ses principes de commune naturalité, commune humanité , commune socialité , légitime individuation et d’opposition maîtrisée face aux logiques de démesure. Elle recoupe en grande partie la notion défendue par Edgar Morin d’un « humanisme régénéré » et peut être précisée, afin d’en montrer l’importance écologique, par le terme d’éco-convivialime proposé par Julie Chabaud et Patrick Viveret.        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Mbembe Achille, //Brutalisme//, La découverte, 2020.
Chabaud Julie, Viveret Patrique, //La Traversée//, Les liens qui libèrent, 2023        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?BrutalismE">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-id_fiche="SocieteCivileSocieteCivique" data-date_creation_fiche="2025-03-07 15:33:21" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="ViveretPatrick" data-date_maj_fiche="2025-03-07 15:36:08" data-owner="GarlotFlorine" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse9_5_SocieteCivileSocieteCivique"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Société civile/Société civique </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse9_5_SocieteCivileSocieteCivique" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Société civile/Société civique</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ViveretPatrick/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Viveret Patrick">Viveret Patrick</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            La « société civile » est un ensemble très large et composite qui inclut l’ensemble des acteurs n&apos;appartenant ni à la « société militaire » ni à la « société politique », cette dernière entendue au sens restreint du terme (partis politiques, élus, État). Ainsi, la société civile comprend aussi bien les entreprises que des associations qui n’ont ni objectifs transformateurs, ni intégration des enjeux politiques (au sens global du terme) dans leurs projets. Dans l’ordre politique (entendu au sens de l’organisation de la délibération et des choix d’orientation et de gouvernance des sociétés), il est donc vain d’opposer société civile et société politique. En revanche il est essentiel de caractériser ce que l’on peut appeler une « société civique» qui allie potentiellement trois composantes : la société civile transformatrice (a), la société politique qui porte une démocratie continue (b), la société médiatique (c).        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            **a) la société civile transformatrice** : la partie du mouvement syndical, des associations, des entreprises, des mouvements culturels et éducatifs qui inscrivent leur projet et leur action dans une perspective transformatrice (de mutation écologique, de justice sociale, de développement démocratique) et prend en compte les enjeux politiques dans cette perspective. Il s’agit d’un rapport au pouvoir qui est en « pouvoir de » création démultiplié par la coopération, plutôt qu’un « Pouvoir sur» de conquête et de domination qui génère de la dépression. 
A ce titre une bonne partie des ONG de type Cimade, Singa, Attac, Oxfam etc. font partie de cette société civique, ainsi que des grandes plateformes collaboratives telles que le Pacte du pouvoir de vivre initié par la CFDT et la Fondation pour la Nature et l’Homme ou l’alliance écologique et sociale (suite de « Plus jamais ça » initié à l’origine par la CGT et Greenpeace) ou le « Collectif des Transitions citoyennes », initié à l’origine par Colibris et Attac. On peut aussi y inclure la partie transformatrice de l’économie et des entreprises (par exemple l’économie sociale et solidaire). Les Archipels tels que hier « osons les Jours heureux », ou aujourd’hui l’archipel des Confluences (avec en leur sein Utopia, le mouvement des convivialistes, Ecosol)  en font bien sûr partie. 
Il est clair que cette « société civique » est traversée par des divergences tout comme la société politique classique mais son rapport différent au pouvoir peut lui permettre de dépasser un certain nombre de contradictions liées à la société politique organisée autour de la compétition et d’un pouvoir à prendre lors de temps discontinus (élections le plus souvent , parfois révolutions ou coups d’état.)

**b)** au sein de **la société politique** traditionnelle (partis, élus, État) il existe un nombre croissant d’acteurs qui comprennent que le politique ne peut plus répondre aux grands défis de la période s’il s’organise principalement en vue de la compétition pour le Pouvoir entendu comme Pouvoir de domination générant des comportements de soumission (ou de dépression) chez les autres acteurs. Cette approche d’un « Pouvoir sur » génère une « démocratie discontinue » (le plus souvent réduit aux temps de compétition électoraux,  et faible en participation citoyenne et en qualité de délibération.
C’est avec les actrices et acteurs de la société politique qui comprennent cet enjeu et sont prêts à s’inscrire dans une vision d’exigence écologique et de justice sociale mais aussi de transformation démocratique telle qu’une démocratie continue, à haut niveau de participation et de délibération qu’une alliance privilégiée est possible et souhaitable. 

**c)** un troisième acteur clef est celui de « **la société médiatique** » où se joue un conflit majeur non seulement d’opinions et de projets (aujourd’hui par exemple les médias soutenus par les courants d’extrême droite) mais aussi de statuts (public en recul face aux privatisations croissantes) et de comportements (appui à l’information et la délibération ou réduction à la manipulation comme ce peut être le cas par exemple dans nombre de réseaux sociaux).        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Cette alliance ne recouvre que partiellement celle des partis politiques de la gauche et de l’écologie. D’abord parce que ces partis, en tant que tels, peuvent avoir un rapport d’indifférence ou, pire, d’instrumentation à l’égard de cette société civique.  Ensuite parce que nombre de leurs dirigeants ou élus restent centrés sur un rapport de pouvoir à prendre et à conserver et non un pouvoir de création. Cette contradiction s’exprime par la faible qualité démocratique d’organisations politiques qui se prétendent par ailleurs transformatrices. Il est donc important de mettre en évidence d’autres concepts et distinctions pour approfondir la nature de cette alliance.        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?SocieteCivileSocieteCivique">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ViveretPatrick">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 21 Feb 2025 20:05:37 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Cardona Pierre-Alain</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2]]></guid>
        <dc:creator>MelanieMichel</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Cardona Pierre-Alain</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Cardona        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Pierre-Alain        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-10" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion10">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2022-11-02" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="ContributionCitoyenneAuProjetUrbain" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_participative_en_progression" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-05-09 11:15:13" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_ContributionCitoyenneAuProjetUrbain"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Contribution citoyenne au projet urbain </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_ContributionCitoyenneAuProjetUrbain" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/11/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Contribution citoyenne au projet urbain </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><strong>Entre projet politique urbain et contraintes techniques,</strong></div><div><strong>quelle est la place de la contribution citoyenne ?</strong></div><div><br /></div><div>Suite aux articles précédents sur l’histoire des dernières mobilisations sur le quartier de Noailles<a href="#_ftn1">[1]</a> et sur la mise en place récente d’un projet partenarial d’aménagement (PPA) dont l’enjeu est la réhabilitation de l’habitat indigne à Marseille à l’échelle du centre ville<a href="#_ftn2">[2]</a>, nous interrogeons les conditions de mobilisation des premiers concernés dans la Fabrique de la ville.</div><div>Commençons par préciser notre définition de cette Fabrique. Elle n’est pas uniquement la fabrique urbaine d’un territoire avec les outils normatifs, juridiques et politiques. Richard Trapitzine en a bien expliqué les ressorts et les limites dans ces deux articles dans l’Eccap<a href="#_ftn3">[3]</a>. Elle est d’abord une fabrique de la démocratie.</div><div>La ville est un espace de relation entre des personnes qui y logent, qui y travaillent, ou qui y sont seulement de passage. Leurs interactions contribuent déjà à la transformation de leur territoire par leurs usages et initiatives.</div><div>Comment une transformation urbaine institutionnelle prend-elle en compte ces usages, vertueux ou en conflit ? Peut-on alors penser en processus de transformation et pas uniquement en dispositif (Un problème = un dispositif = une solution).</div><div>Comment alors permettre au plus grand nombre de contribuer à ce processus ?</div><div>L’opportunité actuelle d’un grand projet urbain à l’échelle de l’ensemble du centre ville de Marseille (PPA – Plan partenarial d’aménagement) nous permet de questionner la façon de fabriquer la ville. Le fonctionnement en silo de nos politiques publiques comme de nos administrations est souvent critiquée, mais jamais réellement questionnée au-delà d’un discours convenu sur l’innovation. Mobiliser les premiers concernés nécessite d’abord de questionner les manières de fabriquer la ville au sein des institutions.</div><div><br /></div><h3><strong>Comment penser autrement les pouvoirs ?</strong></h3><div>Ces dernières années, au sein des institutions locales, nous avons pu découvrir nombre d’expérimentations mobilisant le design de service, l’intelligence collective ou des approches transversales ayant vocation à transformer « les pratiques des institutions ». Si elles sont utiles pour appuyer des agents publics à penser autrement leur relation entre eux, elles ne questionnent que des pratiques et des postures professionnelles mais pas « les pratiques des institutions ».</div><div>Nos institutions sont fondées sur la conception d’un « pouvoir sur » : sur la capacité de décider, d’exercer une action sur les autres, de produire de la norme pour la légitimer. Ce pouvoir est autant source de transformation que de domination.</div><div>Ne pas questionner l’organisation du pouvoir, et ne pas reconnaître la présence de pouvoirs au pluriel, c’est refuser fondamentalement de questionner le principal levier de transformation et donc, in fine, de ne faire que de la communication, ou bien transformer une domination dans une forme d’autoritarisme masqué derrière des normes et des « obligations » légales.</div><div>Depuis presque 20 ans, une autre dimension commence à apparaître, le pouvoir d’agir<a href="#_ftn4">[4]</a>. Le « pouvoir de », c’est le pouvoir de faire par soi-même, de sortir d’une dépendance. Il devient un pouvoir génératif qui permet de s’exprimer puis de transformer, soi-même puis les autres. Le « pouvoir de » est lié au « pouvoir avec ».</div><div>Ces deux pouvoirs permettent ainsi de donner corps à la notion de pouvoir d’agir. En Amérique latine, les acteurs parlent de puissance d’agir.</div><div>Afin que cette puissance transforme collectivement une situation, il est indispensable d’ouvrir des espaces de délibération pour animer ce processus. C’est ce que nous appelons des Tiers Espaces<a href="#_ftn5">[5]</a>, en s’inspirant de la pensée du Tiers paysage de Gilles Clément et de la symbolique du Tiers-Etat.</div><div>Ces espaces permettent d’articuler et de réguler ces trois pouvoirs afin de les mettre au service d’une vision collective. Selon Hugues Bazin : « Le tiers-espace aménage des formes écosystémiques : diversité (écodéveloppement), interdépendance (transaction), régulation (micropolitique). La forme écosystémique indique que la réponse est dans le système, dans sa capacité à créer du lien en termes d’intelligence sociale. »<a href="#_ftn6"><strong>[6]</strong></a></div><div>Ces espaces doivent permettre d’accueillir autant des techniciens dans leurs diversité de métiers (et d’usage de la ville, certains y habitent) que des habitants et des habitués, dans leur diversité d’usages (mais aussi techniques, la plupart y travaillent). Ce sont les conditions de ces dialogues des savoirs qui peuvent permettre de transformer des regards, accéder à de l’analyse plus complexe et commencer à transformer.</div><div>Enfin, exprimer son pouvoir d’agir, le confronter aux autres savoirs dans un Tiers-Espace permet de coproduire de la stratégie pour coconstruire des politiques publiques.</div><div><br /></div><h3><strong>Un contexte et un moment marseillais qui permet de coconstruire</strong></h3><div>Le pouvoir d’agir est une notion diffusée dans de nombreux champs professionnels notamment les acteurs de l’intervention sociale et de l’éducation populaire. C’est pourquoi, il est utile de mobiliser cette notion afin de mobiliser ces acteurs à contribuer à la Fabrique de la ville.</div><div>Depuis quelques années au sein des quartiers du centre-ville de Marseille, cette culture commune se diffuse autour d’une nouvelle posture des acteurs. Chacun mesurant les limites de son intervention, de sa place, de son pouvoir, et de sa posture. Souvent professionnel, dans des associations ou des institutions, et de nombreux habitants du centre ville, s’investissent ensemble pour articuler leurs savoirs et coproduire des stratégies.</div><div>Ainsi la Fabrique de la ville s’est créée dans le faire et sans le dire. Le tiers-espace s’est ouvert sans le nommer et même l’instituer. Et le processus est déjà en cours sans pouvoir en dater son origine, ses sources sont nombreuses. L’image des confluences peut être utile pour penser cette forme émergente qui se révèle peu à peu. Elle agit d’abord en souterrain, par des liens aussi fins que des cheveux. Peu à peu, par capillarité les relations se tissent et à un moment, une forme apparaît, une conscience qu’il existe une puissance d’agir, une conscience qu’il peut être possible de travailler, de penser et de produire des politiques publiques sans être obligatoirement, ni technicien, ni élu, à l’image de la Charte pour le relogement votée par le conseil municipal de Marseille à l’unanimité le 17 juin 2019. Aujourd’hui, cette fabrique de la ville se révèle dans les travaux en cours autour du CoMU.</div><h3><br /></h3><h3><strong>Le collège des maîtrises d’usage (CoMU), un espace en/de transformation</strong></h3><div>Au sein du PPA, le collège des maîtrises d’usage (CoMU) est un espace de mobilisation, d’expression et de transformation, autonome et animé par un collectif regroupant, activistes, associations et habitant.e.s non organisé.e.s.</div><div>Il se construit sur deux échelles. La première est au niveau macro, de l’ensemble du PPA et en lien avec les techniciens, l’AMO (assistance à maîtrises d’ouvrage) et les élus au sein du comité de pilotage. L’autre échelle se situe au niveau des quartiers. Cette échelle est une priorité car elle déterminera la capacité du CoMU à rester ancrer sur les territoires, en lien constant avec les premiers concernés et dans l’exigence de les accueillir régulièrement au sein du CoMU.</div><h3><br /></h3><h3><strong>Une mobilisation des premiers concernés facilitée par des espaces de proximité</strong></h3><div>A l’échelle du quartier, la mobilisation des premiers concernés est à la fois plus simple mais aussi plus riche en interaction. Simple, car en proximité des sujets et des questions exprimées par les habitants. Ils sont autant locataires de rares bailleurs sociaux du centre-ville ou souvent de marchands de sommeil que propriétaires « de bonne foi », terme qui les différencie de ces multi-propriétaires de taudis marseillais. Leur mobilisation part de leur situation singulière, souvent de leur colère ou exaspération. Leur mobilisation est donc plus simple à mener mais vers quoi ?</div><div>Riche en interaction car leurs intérêts sont divergents et touchent, en partie, des domaines de l’intime : le rapport à son logement révèle des dimensions affectives, psychologiques, financières ou simplement utilitaristes, en proximité de son travail. Comment alors reconnaître que le premier intérêt est d’abord un intérêt personnel et même pécunier ? Cela étant dit, comment alors passer d’un légitime intérêt personnel à un intérêt collectif et comment cette question d’intérêt peut être un levier et non un frein. Première tension à mettre en travail face à des institutions qui invoquent souvent, en préalable, la nécessité de ne reconnaître que la dimension d’intérêt général. </div><h3><br /></h3><h3><strong>Passer du légitime intérêt individuel à un intérêt collectif</strong></h3><div>Commençons alors par questionner le processus qui permettra à des habitants ou habitués, de passer de la défense d’un intérêt individuel à une dimension collective. C’est l’un des premiers enjeux du Collège des Maîtrises d’Usages. Le CoMU est un espace ouvert, délibératif où l’animation des relations en son sein est le premier moteur de la dynamique. Cette animation est fragile comme la difficulté de créer les conditions d’un dialogue des savoirs, entre des savoirs académiques et techniques et des savoirs expérienciels et d’usages. Nous avons donc initié une première démarche pour rendre visible les ressources et savoirs que chacun peut partager.</div><div><br /></div><h3><strong>Un dialogue des savoirs qui reconnaît d’abord les savoirs expérientiels</strong></h3><div>La fabrique de la ville s’inscrit nécessairement dans une dimension où la norme a une place prépondérante. Comment créer un processus où l’approche technique n’écrase pas tout ? <br /></div><div>Il y a donc des enjeux d’espace et de temps pour animer ces processus afin de ne pas laisser le dernier mot aux techniciens, qui au final, « ont notre confiance ! ». Or, malheureusement, dans les projets actuels ce temps manque cruellement. </div><div>Arrive ici, le second enjeu qui est aujourd’hui un frein plus qu’un levier : le temps et notre disponibilité. Questionner le temps, les interactions, les espaces, les relations et les savoirs permettront de transformer ces possibles freins en leviers et en puissance d’agir.</div><div>Le CoMU sollicite des moyens matériels pour faciliter le travail, et tente de mieux s’organiser pour « optimiser » les disponibilités. Il travaille avec des écoles et universités pour s’appuyer sur des savoirs permettant de comprendre les enjeux et produire des rendus de qualités afin de mieux interpeler les institutions.</div><div>Tout cela est en cours et il est nécessaire de conserver une démarche réflexive.</div><div>Les premiers risques sont de tomber soit dans le syndrome du « con-craie » (faire, et souvent faire-faire, par ce qu’il y a des urgences et plus le temps à faire de al philosophie, faire avec de la craie, et voir disparaître très vite les premiers écrits) ou du « des faits » (lister les actions comme des ré-actions, chacun dans son champ de « savoirs » et ne pas prendre le temps de les relier pour penser une stratégie).</div><h3><br /></h3><h3><strong>Vers une démarche de capitalisation</strong></h3><div>Le CoMU est une illustration d’une manière de fabriquer la ville, c’est à la fois une ambition démocratique, une innovation technique, et nous allons consacrer du temps à en analyser la boîte noire. Le processus est en cours. Il est passionnant car l’ensemble des parties prenantes, les institutions et maîtrises d’ouvrage, maîtrises d’œuvres et les nombreux partenaires sont conscients qu’il faut entrer vite dans une démarche de capitalisation où les savoirs de cette expérience sont les ressources de la transformation en cours. </div><div>A suivre donc, dans les prochains épisodes.</div><div><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] https://eccap.fr/article/noailles-entre-ombres-et-lumieres/625af6897e1e7c00167ce5bc<br />[2] https://eccap.fr/article/le-projet-partenarial-damenagement-ppa-en-centre-ville-de-marseille-une-opportunite-pour-coconstruire-la-ville-avec-ses-habitants/62c2fd54534a400016e6a2f4<br />[3] https://eccap.fr/article/deverrouiller-la-conception-urbaine/62c2fe92534a400016e6a2f7<br />[4] Bacqué, Marie-Hélène, et Carole Biewener. L’empowerment, une pratique émancipatrice ? La Découverte, 2015<br />[5] Hugues Bazin, Les figures du tiers-espace : contre-espace, tiers-paysage, tiers-lieu, Edifier le Commun, https://revues.mshparisnord.fr:443/filigrane/index.php?id=717<br />[6] Ibid</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ContributionCitoyenneAuProjetUrbain">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2024-02-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="CultureInstitutionnelleEtCultureActiviste" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-07-16 17:35:30" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_CultureInstitutionnelleEtCultureActiviste"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Culture institutionnelle et culture activiste, des retours d’expériences pour imaginer de nouvelles alliances ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_CultureInstitutionnelleEtCultureActiviste" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/02/2024</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Culture institutionnelle et culture activiste, des retours d’expériences pour imaginer de nouvelles alliances ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2024/02/archipel.webp" alt="class=wp-image-2279/" />    <p>Lors de la journée de l’archipel des Confluences le 27 janvier dernier, nous avons pu confronter des cultures de mobilisation et de transformation sociale différentes.</p>    <p>D’un côté, une approche plus institutionnelle, issue des collectivités, à partir de savoirs techniques portés par des élus ou des agents, c’est la Fabrique des Transitions<a href="#_ftn1">[1]</a> et d’autres réseaux comme l’UNADEL<a href="#_ftn2">[2]</a> ou l’IRDSU<a href="#_ftn3">[3]</a>. Ces deux derniers réseaux mobilisent ensemble de nombreux professionnels dans le Carrefour des métiers, des métiers de l’ingénierie territoriale, si utile aujourd’hui pour appuyer les initiatives de transition.<a href="#_ftn4">[4]</a></p>    <p>De l’autre, une approche activiste, souvent plus jeune, plus «agile;» et utilisant tous les codes des mobilisations, gestion de base de données et organisation structurée tout en maîtrisant les enjeux institutionnels pour créer des stratégies et faire levier.</p>    <p>Cette approche activiste prend différentes formes. De la plus « efficace et ciblée;» du collectif Riposte alimentaire, anciennement Dernière rénovation<a href="#_ftn5">[5]</a>, à celle ancrée sur un parcours inspirant;comme Camille Etienne par exemple<a href="#_ftn6">[6]</a>, ou alors croisant avec la sphère électorale avec l’équipe de La Primaire populaire en 2021-2022. Benjamin Ball<a href="#_ftn7">[7]</a> est l’un des pionniers et il contribue aujourd’hui aux dynamiques de confluences pour tisser des liens entre ces cultures militantes et les croiser enfin;! Sa prochaine initiative est l’appel à des marches de l’alimentation le 16 octobre 2024.<a href="#_ftn8">[8]</a></p>    <p>Il y a un enjeu de stratégie qui vont traverser toutes nos rencontres durant cette année 2024. Nos retours d’expériences, les « retex;» comme beaucoup les appellent dorénavant, deviennent des réflexes et c’est une très bonne chose. C’est pourquoi, lors de la rencontre du 27 janvier à Paris dans les locaux de la Fondation pour le progrès de l’Homme, nous avions invité Mathilde Imer et Floraine Jullian, issues de la Primaire populaire, et dans un autre domaine, plus institutionnel, Jean-François Caron, initiateur de la Fabrique des transitions. Leur présentation a été riche et des perspectives concrètes ont pu se dessiner.</p>    <h3 class="wp-block-heading">Un Retex de la Primaire populaire pour de nouvelles victoires populaires ?</h3>    <p>Floraine Jullian, issue du mouvement Coexister, a animé la dernière étape de la Primaire populaire et est devenue depuis l’une des initiatrices de leur nécessaire retour d’expérience<a href="#_ftn9">[9]</a>. Ce mouvement a mobilisé en janvier 2022 plus de 500 000 personnes pour choisir un candidat aux élections présidentielles d’avril 2022. Le choix de Christine Taubira puis leur soutien à Jean-Luc Mélenchon, a provoqué beaucoup de réactions. Avec courage et persévérance, ils ont pris le temps de l’analyse et du partage de ces expériences, 19000 personnes y ont contribué, 3 séminaires mobilisant le cœur des organisateurs de 20 à 40 personnes (sources, salariés, volontaires) et bientôt un livre paraîtra pour donner envie à d’autres de reprendre le flambeau. Un appel pour sa publication sera bientôt diffusé.</p>    <p>La grande lucidité de cette équipe a résonné avec notre propre intention : il est indispensable que nos expériences, et nos échecs, ne renforcent pas notre impuissance mais bien une étape pour questionner notre capacité de faire autrement alliance, dynamique, coalition, mouvement, bascule;?</p>    <h3 class="wp-block-heading">Un labo des partis pour imaginer d’autres formes ?</h3>    <p>Mathilde Imer, à l’initiative de la Primaire populaire avec un collectif de jeunes activistes issus d’un premier mouvement « La rencontre des justices;», est investie aujourd’hui dans un projet appelé « le labo des partis;»<a href="#_ftn10">[10]</a>. Se présentant comme « un centre d’étude et de transformation des partis politiques;», elle contribue à une étude dont l’objectif est de publier au printemps 2024, plusieurs modèles du « parti du futur;». Cette expérience de recherche-action mixant savoirs citoyens et militants, savoirs techniques et académiques, doit contribuer à éclairer un des points aveugles de notre démocratie : comment les partis peuvent imaginer un fonctionnement permettant de renouer des relations respectueuses avec les acteurs de la société civique.</p>    <p>Il y a urgence en effet, dans un champ des partis, de plus en plus étroit, de passer du « je t’aime moi, moi non plus;» ou du « fais-moi mal, Johnny, Johnny, fais-moi mal;» à un rapport consentant et conscient, équilibré et respectueux, où la domination des mâles alpha doit laisser place à de réels espace de délibération et de coproduction de la transformation sociale.</p>    <p>Que chaque acteur, chacun à la place qu’il trouve utile et opportun, contribue à la transformation politique de la société, du local, au planétaire, qu’il soit élu, technicien, salarié ou bénévole, jeunes ou vieux, associatifs et retraités, mais aussi « blanc;» ou « racisé;».</p>    <h3 class="wp-block-heading">Faire mouvement, c’est savoir se dépasser et faire alliance ?</h3>    <p>Souvent, la nécessité de faire alliance est partagée mais les actes et les postures ne le sont pas encore totalement, car la conscience est souvent de façade.</p>    <p>Il y a une nécessité que tous ces acteurs, autant de la société civique, activistes ou plus institutionnels, que les responsables des appareils politiques se questionnent et produisent un autre imaginaire institutionnel. C’est un des enjeux du travail aujourd’hui de Mathilde Imer au sein du Labo des partis, et leur travail peut nourrir les prochaines étapes d’une stratégie nécessairement coconstruites pour « faire gagner la justice sociale environnementale et la démocratie;», objectif partagé.</p>    <p>C’est aussi la volonté de Jean-François Caron quand il a créé la Fabrique des transitions suite à son expérience de maire de Loos-en-Gohelle.</p>    <p>Les fondamentaux de la Fabrique sont de 3 ordres : une entrée par les territoires, une entrée par le désir de faire ensemble, et une posture de leadership de service en appui à un processus qui doit nous dépasser toutes et tous. Ils ont analysé les « 4 fantastiques;» de la Transition des territoires;comme 4 acteurs qui font levier : Les élus, les agents des collectivités, les acteurs de terrain et les services déconcentrés de l’Etat.</p>    <p>Leur objet commun est de transformer le cadre de pensée des politiques publiques locales à partir de leur impensé et de les mettre en travail avec de l’idéation et du design de services. Mais cette approche nécessairement « auto-centrée;» sur les enjeux institutionnels rencontre aujourd’hui l’enjeu d’une alliance bien plus large avec des acteurs plus activistes, plus jeunes notamment sur ces questions.</p>    <p>Lors de cette rencontre des Confluences, nous avons pu réaliser l’une de nos premières ambitions, créer des liens et des ponts entre ces réseaux. Ainsi Jean-Baptiste du Collectif des associations citoyennes<a href="#_ftn11">[11]</a> a proposé à la Fabrique des Transitions de rejoindre l’Observatoire des libertés associatives et la Coalition<a href="#_ftn12">[12]</a> car la place des institutions locales est primordiale dans l’appui aux associations.</p>    <p>J’ai pu évoquer l’enjeu de leur présence lors de la prochaine réunion organisée par le Collectif pour la Transition citoyenne le 14 mars prochain sur les questions d’animation de l’espace public et politique par les acteurs d’une société civique qui s’autoriseraient enfin à faire de la « Politique;» ou pas;?</p>    <h3 class="wp-block-heading">Des 4 Fantastiques au 5ème élément.</h3>    <p>Même si ces références cinématographiques ne sont pas d’aujourd’hui et ancrent nos générations dans une époque, j’ai pu partager à Jean-François Caron la nécessité d’imaginer comment mobiliser un Tiers Espace associant les 4 fantastiques au 5ème élément. Ce 5ème élément incarne « le peuple;», celles et ceux pour qui toutes ces politiques publiques sont pensées et produites, c’est un électorat pour certains, des usagers, bénéficiaires, publics pour d’autres, ce sont nos voisins, les petits et les précaires comme évoqués par un intervenant depuis les Comores en visio. Il nous a rappelés aussi qu’ils étaient présents dans les quartiers populaires, urbains et ruraux, mais aussi dans les territoires d’outre-mer.</p>    <p>L’enjeu est donc bien là aussi, faire mouvement c’est aussi mobiliser le plus grand nombre. Cela ne se fera pas en un jour, en un point de bascule, mais dans un processus qui doit être bien rythmé, bien articulé, mais en situation de toucher au-delà de nos cercles.</p>    <p>Nous avons besoin de consolider notre cartographie des tisserands, celles et ceux qui font ces liens nécessaires; notre agenda « politique;» partagé pour ouvrir et animer ces espaces publics qui nous manquent tant et catalyser ces liens, et initier un appel à contributions le plus large possible pour initier un mouvement qui puisse dessiner ensemble un avenir en communs<a href="#_ftn13">[13]</a>. En ce sens, la rencontre des Confluences du 27 janvier a été un point d’étape utile. Vous pouvez y <a href="https://share.mindmanager.com/#publish/LYeL66KaO7j7krwV1Bd45UU3ujoHvFObqxTCw0sq" target="_blank" rel="noreferrer noopener">retrouver ma prise de note en format heuristique</a>;!</p>    <p><a href="#_ftnref1">[1]</a> <a href="https://fabriquedestransitions.net/index_fr.html">https://fabriquedestransitions.net/index_fr.html</a></p>    <p><a href="#_ftnref2">[2]</a> <a href="https://unadel.org/">https://unadel.org/</a> - Depuis 30 ans l’unadel rassemble et met en réseau les personnes, les collectivités et les organisations qui, dans les territoires, pays, communes et intercommunalités, œuvrent à la construction d’un “autre” développement local, plus ouvert, plus respectueux de l’humain et de la planète</p>    <p><a href="#_ftnref3">[3]</a> <a href="http://www.irdsu.net/">http://www.irdsu.net/</a> - Inter-Réseaux des professionnels du Développement Social et Urbain, le réseau des professionnels de la politique de la ville</p>    <p><a href="#_ftnref4">[4]</a> <a href="https://unadel.org/actions-chantiers/le-carrefour-des-metiers-du-developpement-territorial/">https://unadel.org/actions-chantiers/le-carrefour-des-metiers-du-developpement-territorial/</a></p>    <p><a href="#_ftnref5">[5]</a> <a href="https://www.nouvelobs.com/ecologie/20240128.OBS83817/huit-choses-a-savoir-sur-riposte-alimentaire-le-collectif-ecolo-qui-a-asperge-la-joconde.html">https://www.nouvelobs.com/ecologie/20240128.OBS83817/huit-choses-a-savoir-sur-riposte-alimentaire-le-collectif-ecolo-qui-a-asperge-la-joconde.html</a></p>    <p><a href="#_ftnref6">[6]</a> <a href="https://www.linkedin.com/posts/camille-etienne-activiste-climatique_apr%C3%A8s-tant-de-rebondissements-le-parlement-activity-7161641522575171584-pF2F/?originalSubdomain=fr">https://www.linkedin.com/posts/camille-etienne-activiste-climatique_apr%C3%A8s-tant-de-rebondissements-le-parlement-activity-7161641522575171584-pF2F/?originalSubdomain=fr</a> – un exemple de sa dernière mobilisation entre mobilisation populaire massive et une stratégie institutionnelle contre les lobbys à Bruxelles.</p>    <p><a href="#_ftnref7">[7]</a> <a href="https://www.streetpress.com/sujet/1448648139-benjamin-ball-militant-jedi-indignes">https://www.streetpress.com/sujet/1448648139-benjamin-ball-militant-jedi-indignes</a></p>    <p><a href="#_ftnref8">[8]</a> <a href="https://www.bioconsomacteurs.org/agir/se-mobiliser/vers-des-marches-de-l-alimentation-le-16-octobre-2024">https://www.bioconsomacteurs.org/agir/se-mobiliser/vers-des-marches-de-l-alimentation-le-16-octobre-2024</a></p>    <p><a href="#_ftnref9">[9]</a> <a href="https://www.primairepopulaire.fr/">https://www.primairepopulaire.fr/</a></p>    <p><a href="#_ftnref10">[10]</a> <a href="https://www.lelabodespartis.fr/">https://www.lelabodespartis.fr/</a></p>    <p><a href="#_ftnref11">[11]</a> <a href="https://www.associations-citoyennes.net/">https://www.associations-citoyennes.net/</a></p>    <p><a href="#_ftnref12">[12]</a> <a href="https://www.lacoalition.fr/">https://www.lacoalition.fr/</a></p>    <p><a href="#_ftnref13">[13]</a> <a href="https://www.archipel-confluences.org/WikiAdC/?PirogueRefaireSocieteDocs">https://www.archipel-confluences.org/WikiAdC/?PirogueRefaireSocieteDocs</a></p>         
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?CultureInstitutionnelleEtCultureActiviste">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2024-03-17" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="DeBaseUneSerieSurLeTravailQuiSeTrava" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-07-16 17:38:15" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_DeBaseUneSerieSurLeTravailQuiSeTrava"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              De Base, une série sur le travail, qui se travaille ensemble ! </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_DeBaseUneSerieSurLeTravailQuiSeTrava" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>17/03/2024</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">De Base, une série sur le travail, qui se travaille ensemble ! </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <img src="https://cdn.helloasso.com/img/photos/pour%20bagnere%201920%20x%20250_1331-c09f730075f54933b7a204d2d607756c.jpg" alt="/" />    <p>L’association de production et d’éducation à l’image <a href="https://la-trame.org/">La Trame</a> est à l’initiative d’une série documentaire portant sur le revenu de base, l’occasion d’interroger la place du travail et celle du temps de loisir dans nos vies.</p>    <h3 class="wp-block-heading">Les liens entre l’encyclopédie du changement de cap et l’association La Trame</h3>    <p>La question du travail est au cœur des enjeux portés par l’Eccap et son fondateur Guy Roustang. Investi au sein d’Utopia, c’est lors de l’université d’été en 2022 que j’ai rencontré Vincent Glenn, documentariste et investi sur les questions sociales et écologiques depuis des années contribuant aussi à l’animation de l’Archipel Écologie et Solidarités depuis ses origines. Il est aussi l’un des piliers de l’association La Trame.</p>    <p>C’est durant cette université d’été qu’a été lancé la dynamique de l’Archipel des Confluences. A cette époque, nous partagions le même constat et les mêmes désirs de partir de nos colères et de nos impuissances pour tenter de bifurquer.</p>    <p>L’Eccap qui s’est lancée dans les Confluences et qui documente ses étapes, ses rencontres, tente de mettre en lumière ses ressources par l’écrit et quelques premières tentatives de nouvelles écritures n’a eu de cesse de cheminer avec Vincent pour croiser et peut être renforcer une stratégie commune.</p>    <p>C’est pourquoi, nous avons souhaité diffuser et soutenir l’appel de l’association <a href="https://la-trame.org/">La Trame</a>, animée par Boris Claret, Isabelle Dario et Vincent Glenn</p>    <p>Tous trois sont investis dans un projet au long cours en mobilisant deux qualités que nous partageons, ils sont tous trois des tisserands mais aussi des catalyseurs avec leur savoir-faire pour produire des imaginaires à partir de récits et d’images, des monteurs où le fil n’est pas que;leur;pellicule mais bien les rencontres et les idées qu’ils tissent.</p>    <p>De Base, est une série autour du travail et du revenu de base. Ce sujet s’est nourri d’échanges autour des controverses. Le revenu de base a été une de nos premières controverses repérées et testées par Florine Garlot et Eric Dacheux, tous deux impliqués dans l’Eccap. Ils se retrouvent avec de nombreux autres intervenants dans les extraits de la série, d’ores et déjà visionnables <a href="https://www.helloasso.com/associations/la-trame/collectes/de-base">en ligne</a>.</p>    <p>Autant pour l’Eccap, il fallait d’abord préciser les définitions et les stabiliser avant d’entrer en controverses. C’est pourquoi, cette année 2024 sera pour nous, une année autour des questions du travail. Autant pour Isabelle, Vincent et Boris, co-réalisateurs, l’enjeu est d’abord de rendre visibles et lisibles les arguments de celles et ceux qui contribuent aux débats publics sur le sujet, si essentiel, de la place du travail dans notre société, ses formes de rémunération, en salaires mais pas que.</p>    <p>C’est pourquoi l’approche du documentaire est si complémentaire et nécessaire pour la diffusion et l’animation de débat public. Autant d’épisodes qui incarneront;des réalités et des savoirs différents et si importants à entendre « en même temps » ! Nous apprenons autant d’un philosophe, d’un ergonome, que d’un travailleur, ou d’une personne en recherche d’emploi, au chômage, précarisé et dominé.</p>    <p>C’est la force et l’importance de cette initiative, cette tentative que nous appelons à soutenir pour construire dans la durée des opportunités de se rencontrer, de développer un propos, de ménager des espaces de réflexivité pour toutes et tous.</p>    <h3 class="wp-block-heading">En savoir plus sur la série documentaire De base initiée par l’association La Trame</h3>    <p>De base, commence sa narration à partir du vote de la loi Travail-Dussopt qui, depuis novembre 2023, conditionne l&apos;allocation du RSA à de « l’activité obligatoire... A partir de là, les chemins sont pavés des meilleures intentions comme autant de questions : pourquoi avoir fait ça, est-ce qu&apos;il n&apos;y a pas autre chose à imaginer s&apos;agissant d&apos;encourager les personnes éloignées de l&apos;emploi à revenir sur le marché du travail ? Quelles ont été les grandes étapes, les conquêtes sociales, qui ont conduit au RMI puis au RSA? etc.</p>    <p>Cette série documentaire a été conçue pour parcourir collectivement notre histoire et inviter à réfléchir au futur. Le film comme principe actif. Cette forme permet une exploration large (partant de la notion revenu de solidarité jusqu&apos;aux propositions de revenu d&apos;existence en passant par des enjeux économiques, écologiques, fiscaux) et l&apos;implication d&apos;une grande diversité d&apos;acteurs et actrices. </p>    <blockquote class="wp-block-quote"> <p>« On nous demande parfois si ça va être une collecte de recueil de paroles d&apos;experts ou d&apos;intellos. On répond qu&apos;il y en aura parmi les acteurs (sociologues, historiens, syndicalistes, élus...) mais que nous comptons aussi beaucoup sur les contributions de gens qui savent pratiquement ce que signifie vivre quand on est au RSA, chômeur de longues durée, étudiant ou encore petit paysan en galère. Il s&apos;agit d&apos;une mise en récit, d&apos;un télescopage de témoignages et de réflexions sur ce qui est et ce qui pourrait s&apos;améliorer. Mettre en chantier cette série, c&apos;est créer une communauté d&apos;enquêteurs (pour reprendre le terme de John Dewey) susciter des discussions, des controverses, mais aussi, l&apos;émergence de certaines évidences, établir une forme d&apos;expertise collective. Le cinéma n&apos;est pas la vérité, mais un outil de connaissance, d&apos;investigation, un outil pour révéler certaines choses, créer des moments d&apos;attention partagée (lors des tournages comme lors des projections). »</p> </blockquote>    <p>Cette série est une occasion de relier toutes sortes de militances, de parcourir collectivement notre histoire et notre modèle social, une forme d’arpentage non pas au travers des feuilles d’un livre mais de morceaux de nos vies. Isabelle, Vincent et Boris, co-réalisateurs comme autant de monteurs-relieurs donnent à voir ce qui émerge de nos colères, ce qui forge nos désirs de mobilisation, ensemble « face au traitement des précaires par le macrono-darmanisme. »</p>    <blockquote class="wp-block-quote"> <p>« Notre désir est donc bien de faire preuve d’un récit porteur d’une exigence formelle (avec le recours à de possibles archives audiovisuelles, un graphisme travaillé, un traitement sonore et musical approfondi) sans négliger les moyens d’obtenir une diffusion conséquente (avec organisation des débats, coordination trans-réseaux, attaché de presse, diffusion sur internet, circulation des films dans les salles etc.). Voilà pourquoi nous avons décidé de viser une somme conséquente, permettant tout simplement de rémunérer des professionnels en proportion de ce qu’un tel chantier nous semble demander. »</p> </blockquote>    <h3 class="wp-block-heading">Pour aller plus loin et contribuer</h3>    <p>Un seul geste utile pour commencer, aller sur le site d’Hello Asso pour soutenir ce projet et découvrir les extraits : <a href="https://www.helloasso.com/associations/la-trame/collectes/de-base">https://www.helloasso.com/associations/la-trame/collectes/de-base</a></p>    <p>Vous y trouverez aussi l’ébauche d’un récit et la note d’intention qui démontrent d’abord le désir de faire de nombreuses personnes les coproducteurs de cette série. Une attention à être transparent sur le cheminement qui a dessiné les grandes lignes du projet. Une intention autour de 12 points qui correspondront aux 12 épisodes (de 20 à 30 minutes) et qui nous permettront d’aborder ces questions avec un bon degré de nuances mais avec aussi la nécessité que chacun pourra être vu indépendamment des autres, avec une introduction commune à chaque fois. Une autonomie des épisodes qui permettra ainsi de faire vivre cette série dans les lieux où la parole circule, les engagements collectifs se construisent et les leviers de transformations se co-produisent !</p>    <p>Nous vous tiendrons au courant, dans le fil de nos aventures partagées, des premières mises à l’eau de ces épisodes.</p>    <p>Pierre-Alain CARDONA</p>         
 
  <h3>Notes</h3>
    <h3><br /></h3>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DeBaseUneSerieSurLeTravailQuiSeTrava">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2023-11-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="DeRetourDeLuniversiteDutopiaSeRelier" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="enchanter_nos_mondes" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-08-05 11:07:40" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_DeRetourDeLuniversiteDutopiaSeRelier"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              De retour de l’Université d’Utopia : se relier manifestement ! (Episode 1) </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_DeRetourDeLuniversiteDutopiaSeRelier" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/11/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">De retour de l’Université d’Utopia : se relier manifestement ! (Episode 1) </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema enchanter_nos_mondes">
                       <a href=?enchanter-nos-mondes>Enchanter nos mondes </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <br /><p><i><b>Cet article est le premier épisode d’une longue série qui va documenter les moments grands et petits, les petites choses captées, les regards croisés de 4 journées riches en rencontres et au service d’une dynamique de confluence où l’équipe de l’Eccap en Commun a été motrices et facilitatrices.</b></i></p>    <p>Du 26 au 29 octobre à Sète, la seconde Université du mouvement Utopia coconstruite avec le mouvement des convivialistes et l’Archipel des confluences a rassemblé plus de 300 personnes.</p>    <p>Sur le thème, des colères à l’émancipation, nous avons pu croiser de nombreux acteurs et questionner les conditions des alliances à construire. En effet, le constat partagé a été conforté par des regards experts sur les enjeux climatiques, et ses premiers dérèglements.</p>    <p>La première journée a permis de reprendre le fil de nos actions…</p>    <p>Celles d’Utopia autour du livre collectif : « culture de la paix, idées reçues et propositions;» comme celles de l’Archipel des Confluences après une première année de tissages.</p>    <p>Le premier croisement doit-il se faire à partir des Manifestes, celui d’Utopia vient de paraître dans sa 3ème édition et après le second manifeste convivialiste, un prochain est en préparation. Après des échanges, il a été convenu que nous devions conserver « l’identité racine;» de chaque mouvement mais développer des formes de diffusion plus accessible. La Maison d’édition d’Utopia produira sur le modèle des « tracts Gallimard;» des petites productions permettant de porter ensemble des analyses et propositions.</p>    <p>L’enjeu est bien de produire une dynamique collective. Mais qu&apos;est ce qui nous met en mouvement ensemble ? Sur cette question, il a été convenu que les écrits, livres et manifestes ne suffisent plus. Comment mobiliser les émotions pour avancer ? Ce sujet a permis de questionner les enjeux des rencontres, qui seules, peuvent créer ces liens et relations de confiance.</p>    <p>Notre approche longtemps trop intellectuelle ne mobilise que la raison. Il faut savoir aussi dépasser le discours raisonnable, entrer en résonance comme l’exprime si bien Harmut Rosa.</p>    <p>« Ce qui est intéressant, c’est de construire nos désaccords d&apos;abord entre nous;». Dans la même démarche, le question des conflits n&apos;est pas travaillée et notamment les points aveugles.</p>    <p>Assumer nos désaccords est aussi un préalable à notre capacité de se relier et de tisser des liens de confiance entre nous.</p>    <h3><a>Se relier, d&apos;abord, manifestement !</a></h3>    <p>La première étape a été de revenir vers l’ensemble des initiatives qui favorisent ces liens et qui nourrissent aujourd’hui les Confluences. Il est important de partir de ce qui existe déjà et qu’il faut renforcer. Nous avons pu ainsi revenir sur les retours d’expériences autour <a>Terra</a>, la pirogue initiée au sein des confluences, le projet du <a>Transiscope</a><a href="#_ftn1">[1]</a> qui va se déployer bientôt dans une version 2 avec des agendas partagés, le Collectif de la transition citoyenne<a href="#_ftn2">[2]</a> (CTC) qui est la plateforme la plus utile au tissage de plus d’une trentaine d’organisations. Nous avons partagé aussi l’actualité de l’Eccap en Communs et Julie Chabaud a pu partager l’expérience du labo furtif<a href="#_ftn3">[3]</a> comme Marin Maufrais, le projet des arbres de l’imaginaire<a href="#_ftn4">[4]</a>.</p>    <p>Se relier passe par nous renforcer en s’appuyant sur nos espaces et actions. Mais se relier passe aussi par s’ouvrir et ne pas hésiter à aller vers celles et ceux qui ne pensent ou n&apos;agissent pas comme nous.</p>    <p>Aller vers des personnes pour coconstruire nos savoirs partagés.</p>    <p>Pour cela, nous devons favoriser les espaces où les expériences s’expriment et se croisent. Ces savoirs chauds sont aussi des analyses et pas uniquement des témoignages que l’on pourrait retenir comme n’étant pas « légitimes » au regard d’un savoir scientifique surplombant.</p>    <p>C’est autour de cet enjeu de la coproduction des savoirs et du lien à tisser entre sciences et société qu’une des deux séances du vendredi après-midi s’est organisée. Autour du dernier livre de Jean-Louis Laville « la fabrique de l’émancipation », nous avons pu démontrer que la praxis est tout aussi importante que le savoir académique. Cette praxis contribue à la transformation de la société à partir de ce qu’elle est, la réalité qui se vit dans l’instant à la condition d’ouvrir des espaces réflexifs pour coproduire ces retours d’expériences. Ils deviennent alors des savoirs et leur expression nous rendent puissants !</p>    <p>L’expression de nos fabriques de l&apos;émancipation croisant économie solidaire et écologie sociale tant dans nos villages que dans les quartiers populaires de nos villes.</p>    <h3>A partir de nos histoires</h3>    <p>En partant de l’associationnisme et des premiers collectifs auto-organisés au milieu du XIXème siècle, Jean-Louis Laville a rappelé la puissance du collectif et des luttes, puis Patrick Farbiaz a évoqué des grands moments de cette histoire oubliée et des premières luttes écologiques croisant habitants et travailleurs, ouvriers ou paysans, en Espagne ou à Détroit, au Brésil ou en Afrique. Malheureusement, il n’y a eu que peu de traduction politique malgré l’existence de nombreuses confédérations paysannes partout dans le monde. En France, le mouvement des gilets jaunes a permis d’imaginer de nouvelles alliances à partir des pratiques et des premiers besoins vitaux : des logement décents, de l&apos;eau potable, des transports contraints dans la ruralité et des enjeux de précarité énergétique partout. L’entraide et le droit à une vie bonne et digne sont devenus des pratiques et des expressions collectives. Le RIC est la continuité de cette réalité comme un nouveau droit à décider par nous-mêmes : face au mépris des classes dominantes, il y a l’expression d’un respect et d’une dignité, comme le préalable à tout espace de délibération collective.</p>    <p>Fathi Bouaroua, qui contribue au projet de l’Après-M<a href="#_ftn5">[5]</a> à Marseille, a partagé aussi son expérience depuis ces premiers engagements sur les questions du mal logement. Il a contribué à la création de la Fondation Abbé Pierre et de nombreuses associations d’entraide à Marseille, mais aujourd’hui, avec le projet de l’Après-M, il croise les enjeux historiques de l’économie solidaire comme elle a pu se produire à ses origines. A partir d’un espace de travail et de luttes sur leurs conditions de travail au sein du MacDo de Saint Marthe, avec une intervention importante de la puissance publique dès l’origine avec la zone Franche, les salariés ont pu conquérir des droits et ont gagné aussi leur réputation de leurs collègues (CDI pour tous, 13ème mois, le retour en taxi après minuit…). Aujourd’hui, ce LIEU (lieu d&apos;initiatives et d&apos;entraide urbaine) est devenu une plateforme alimentaire permettant à près de 100 000 habitants de manger lors du Covid.</p>    <p>La lutte de Kamel Guemari et de ses collègues, par leur occupation avec les habitants a permis de renforcer ce lien entre eux, avec leurs voisins, et d’entrer en résonance avec d’autres combats menés à Marseille et ailleurs. La personnalité de Kamel comme de Fathi ont permis aussi une incarnation du mouvement qu’ils ont su habilement organiser. Aujourd’hui, il existe une réelle volonté de transformation sociale par la création d&apos;une SCIC croisant un restaurant, la distribution de colis, une entreprise d&apos;insertion et deux entités porteuses : une association la part du peuple et une société civique immobilière (SCI) pour bénéficier d’un auto-financement et d’une ressources publique et de donations.</p>    <p>Leur objectif est de consolider le projet qui donnera une cohérence au site et une perspective politique : le projet de VIE, village des initiatives d&apos;entraide. Le frein demeure aujourd’hui son modèle économique : comment inventer notre modèle à partir d&apos;une organisation de MacDo qui avait le soutien de fonds publics en investissement sur les travaux et la zone franche pour l’aide au contrat. Aujourd’hui, avec le contournement par la L2 en plus, le modèle économique ne fonctionne pas. Il est à coconstruire avec les institutions.</p>    <p><a></a><a>Des histoires ancrées et incarnées</a></p>    <p>Après ces deux parcours où l’histoire des luttes a été ancrée et incarnée, Assia Zouane et Magida Bel Abbès ont pu partager leur engagement plus récent. Assia à Noailles, quartier populaire de Marseille, venant du Maroc, de Rennes, et des collines du Var et Magida à Encagnane, quartier populaire d’Aix, venant d’Algérie puis de Gap dans les Alpes.</p>    <p>Toutes deux ont incarnée aussi par leur pratique les liens entre l’écologie populaire et les enjeux sociaux où la question des inégalités est une réalité quotidienne.</p>    <p>Chacune a choisi un chemin, Assia avec des mamans d’une école en créant l’Université populaire des parents et Magida en ouvrant des espaces d’expression avec le Théâtre Forum aux habitants et notamment aux jeunes du quartier. Ces expériences d’auto-organisation permettent de questionner le regard des institutions sur les parents et les jeunes, et inversement bien sûr.</p>    <p>Et pour l’ensemble des participants de cet après-midi, la richesse et la diversité de ces expériences partagées ont permis de rendre visible une puissance d’agir, une énergie et une dynamique qui nous engage à tisser et à se renforcer.</p>    <p>A bientôt au prochain épisode avec Samir Akacha, jeune activiste et globe trotter, un micro et une caméra en main;!</p>    <p>Pierre-Alain CARDONA</p><hr class="wp-block-separator" /><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] https://transiscope.org/<br /><br />[2] https://transition-citoyenne.org/<br /><br />[3] https://labofurtif.xyz/?PagePrincipale<br /><br />[4] https://larbredesimaginaires.fr/<br /><br />[5] https://www.apresm.org/</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DeRetourDeLuniversiteDutopiaSeRelier">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2024-04-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="DesActeursDeLaSocieteCiviqueQuestionnent" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-08-05 11:13:11" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_DesActeursDeLaSocieteCiviqueQuestionnent"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Des acteurs de la société civique questionnent leur place « en Politique »  ! </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_DesActeursDeLaSocieteCiviqueQuestionnent" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/04/2024</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Des acteurs de la société civique questionnent leur place « en Politique »  ! </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Derrière ce titre destiné à attirer votre attention, il y a une question qui traverse l’ensemble des organisations de la société civique: Quelle influence avons-nous réellement dans les orientations politiques de nos institutions et comment pouvons nous inscrire dans la durée des expériences nombreuses et utiles qui peuvent être diffusées, et faire levier?</p>    <p>Jusqu’à maintenant, la posture la plus courante a été le plaidoyer. Terme issu des ONG, il est diffusé largement dans le champ des organisations aujourd’hui et il regroupe toutes les formes d’influence sur les pouvoirs publics, du plus discret auprès des cabinets ministériels ou au Parlement au plus visible dans l’espace médiatique ou dans l’espace public. Aujourd’hui, la position du gouvernement est claire : il ne reconnaît pas les corps intermédiaires dans leur capacité de coconstruire des politiques publiques ou d’en être à l’initiative. Les éléments de langage de nombreux élus et responsables expriment souvent l’inverse et c’est, en ce sens, une instrumentalisation qui ne trompe plus personne mais qui accentue l’épuisement et la défiance de nombreux acteurs dont les nouvelles générations.</p>    <p>Au sein du Collectif de la transition citoyenne<a href="#sdfootnote1sym">1</a> (CTC), qui rassemble 33 organisations, ce constat est partagé et la question a été posée à l’occasion d’une grande journée intitulée : Quelle stratégie des mouvements de la société civile pour porter politiquement une société juste et écologique ?</p>    <h3 class="wp-block-heading"><strong>Le CTC, c’est quoi?</strong></h3>    <p>Le Collectif pour une transition citoyenne (CTC) est un réseau de 33 organisations engagées pour une société plus écologique, sociale et démocratique, réunies autour d’un objectif : renforcer la transition citoyenne et promouvoir ses alternatives. Le CTC encourage les synergies entre acteurs afin d&apos;engager une transition systémique vers une société plus juste et durable. Pour cela, il soutient l&apos;engagement citoyen et l&apos;action collective à travers des projets de sensibilisation (Fête des Possibles), de plaidoyer citoyen auprès des élu·es locaux et nationaux (Pacte pour la Transition Municipale, Pacte pour la Transition Législative) et de convergence locale (Lieux de la Transition). Le CTC constitue également un espace d&apos;échange entre organisations membres pour se renforcer et de réflexion pour penser et diffuser les alternatives citoyennes auprès des institutions et du grand public.</p>    <p>C’est aujourd’hui le plus grand réseau associatif qui rassemble les plus grands acteurs de la transition et sous toutes ses formes (de la forme de militance la plus jeune et activiste à des acteurs plus institutionnels et en restant attentif à une dimension inter-générationnelle). C’est pourquoi, au sein de l’Archipel des Confluences, nous avons souhaité investir cet espace pour le consolider et renforcer sa mission d’animation des relations entre réseaux nationaux mais aussi leur déclinaison locale. C’est en ce sens que le projet Transiscope s’est rapproché du CTC.</p>    <h3 class="wp-block-heading"><strong>Retours sur la journée du 14 mars</strong></h3>    <p>Nos échanges depuis l’université d’Utopia résonne avec beaucoup d’acteurs sur leur place et leur rôle dans les prochaines années et notamment dans la perspective de 2026 et 2027. Le plaidoyer devenant de plus en plus compliqué, c’est le moment de questionner ses modes de faire et sa stratégie. C&apos;était tout l&apos;enjeu de la journée du 14 mars dernier.</p>    <p>Son objet a été posé dans le titre de la journée : Quelle stratégie des mouvements de la société civile pour porter politiquement une société juste et écologique ?</p>    <p>En invitant de nombreux acteurs, membres du CTC mais allant aussi bien au-delà, avec notamment le Pacte pour la Transition, Alternatives Territoriales, la Primaire Populaire, Fréquence Commune, Pacte du Pouvoir de Vivre, Tous Élus, Parties Prenantes, Démocratiser la Politique !, We Are Multitudes, On est Prêt, Terres de Luttes, Labo de l&apos;ESS, Démocratie Ouverte, Vox Public, L.A. Coalition, Changer De Cap, Attac, Collectif Nourrir, Le bruit qui court, Mouvement Utopia, Colibris, Mouvement pour une Économie Solidaire, Réseau Action Climat, Enercoop, et bien d&apos;autres...cette journée devenait ainsi un des rendez-vous que nous avions repéré le 27 janvier dernier comme une date importante de « rebonds;» sur laquelle nous avions investi de l’espoir pour une mobilisation politique plus consciente et en lien avec d’autres mouvements.</p>    <p>En effet, pour l’Archipel des confluences dans lequel l’Eccap est investie, elle s’inscrit dans une série de rendez-vous en 2024 qui pourrait dessiner ce que pourrait être une implication de la société civique dans les prochaines années sur les questions de coopérations pour renforcer nos alliances avec d’autres et principalement au niveau des territoires et questionner notre rôle en politique et non, dans la politique. Cette nuance doit clarifier le fait que nos organisations ne souhaitent pas s’engager en remplaçant les partis politiques durant les échéances électorales mais questionner notre place dans la stratégie et l’organisation d’un projet politique, de sa construction et de la mobilisation en appui d’une coalition de partis. Cette journée a permis d’avancer mais n’a pas pu déboucher sur des engagements et des prochains pas concrets.</p>    <p>C’est une étape qui a été riche d’interactions et de contributions.</p>    <p>Le matin, des retours d’expériences ont pu être partagés avec le témoignage de La Primaire populaire puis autour de 3 tables rondes :</p>    <ol> <li>Dialogue avec les élus et crise de la démocratie</li>    <li>Parité et inclusion : quel entre-soi dans nos organisations ?</li>    <li>Enjeux de mobilisation et impacts de nos récits.</li> </ol>    <p>Chaque débat a permis d’aborder des sujets divers et le compte rendu sera bientôt diffusé. Kevin Vacher a pu ainsi présenter le travail de recherche-action qu’il mène actuellement avec Démocratiser la politique sur les enjeux d’inclusion et de diversité. Il reste encore des freins à la représentation des quartiers populaires dans les partis mais aussi parmi les acteurs de la société civique.</p>    <p>L’après-midi, nous nous sommes retrouvés en atelier afin de creuser 6 sujets en atelier « en même temps;» :</p>    <ol> <li>Comment faire gagner nos idées : quel positionnement de notre écosystème par rapport aux temps forts électoraux, aux partis, à la prise de pouvoir ?</li>    <li>Quelle parité sociale et inclusivité dans nos organisations et dans nos actions ?</li>    <li>Comment organiser et faire vivre une démocratie permanente ?</li>    <li>Face à l&apos;extrême droite et la montée des discours réactionnaires : quel positionnement, quels récits, quelle stratégie ?</li>    <li>Les réseaux d&apos;organisations et leur rôle dans le plaidoyer institutionnel : combien, pourquoi, pour qui ?</li>    <li>Comment agir dans un contexte de criminalisation et d&apos;attaques contre le mouvement associatif et militant ?</li> </ol>    <p>Sur l’atelier pour une démocratie permanente, nous avons pu partager de nombreuses expériences mais aussi des désaccords. Le plus important a été sur la nature de notre démocratie : doit-elle rester représentative et institutionnelle car « les gens ne veulent pas participer;» ou bien les formes de leur contribution doivent-elles être revues;?</p>    <p>Il y a là une alerte sur l’amorce d’un fatalisme voir d’un cynisme. Et c’est ce qui m’a le plus marqué au-delà des formes d’animation qui ont fait la part belle aux méthodes et techniques en ayant bien trop d’ambition sur le nombre des thématiques et d’intervenants. Ce fut riche mais les interactions moindres sauf bien sûr l’après-midi en atelier.</p>    <p>Mais de ces échanges, il est resté de nombreuses contributions de plus de 70 personnes présentes mais cela n’a pu se terminer par une synthèse et une restitution afin de dégager des prochains pas. C’est pourquoi, les prochains rendez vous seront importants pour poursuivre la dynamique de rebonds, le suivant s&apos;est tenu les 29 et 30 mars à Marseille autour du Transiscope et de la nécessité de le développer pour être au service de ces alliances.</p><p>Pierre-Alain CARDONA</p>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p><br /><br />1 https://transition-citoyenne.org/</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DesActeursDeLaSocieteCiviqueQuestionnent">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2024-02-02" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="DesConfluencesEnMouvementCatalyserVersDe" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-08-05 11:23:18" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_DesConfluencesEnMouvementCatalyserVersDe"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Des confluences en mouvement, catalyser vers des mesures basculantes ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_DesConfluencesEnMouvementCatalyserVersDe" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/02/2024</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Des confluences en mouvement, catalyser vers des mesures basculantes ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    L&apos;archipel des Confluences s&apos;est réuni ce samedi 27 janvier au siège de la Fondation Charles Leopold Mayer à Paris pour consolider les liens entre tisserands et organisations de la société civique. La journée a rassemblé plus d&apos;une cinquantaine de personnes autant en visio qu&apos;en présentiel.<p>Elle a commencé par un moment en petit groupe de 4 afin que nous prenions le temps de l&apos;accueil et de l’interconnaissance. En effet, nous voulions ne pas lancer un tour de table qui aurait pris la matinée tout en restant attentif à la qualité de l’accueil. Accueillir est une marque de respect pour les personnes que l&apos;on invite.</p>    <p>Afin de poursuivre dans cette même posture accueillante, une partie de l&apos;équipe qui anime l&apos;archipel des confluences depuis un peu plus d&apos;un an a présenté l&apos;intention que nous portions à plusieurs voix démontrant ainsi la diversité de nos parcours mais aussi la lucidité sur nos ambitions. </p>    <h3 class="wp-block-heading">Un projet mégalodeste : comment construire une campagne qui dit Non au défaitisme ?</h3>    <p>A partir du texte d&apos;Edgar Morin en préface du dernier Manifeste d&apos;Utopia et de son titre, Résister et créer, nous pouvons être dans une ambivalence. Doit-on résister puis créer ou créer puis résister ?</p>    <p>A l&apos;Horizon de 2026 et 2027, nous rencontrons deux postures, de nombreuses personnes se préparent déjà à la victoire d&apos;une coalition droite-extrême droite et à mener une résistance. D&apos;autres affirment que cette période historique peut nous donner l&apos;occasion de créer une nouvelle forme de mobilisation qui questionne les rôles et les places des acteurs de la démocratie.</p>    <p>Au sein de l&apos;Archipel, nous avons choisi de se donner les moyens d&apos;explorer ses formes, et les réseaux qui existent et foisonnent en France dans les marges de notre démocratie malade. Après l&apos;exploration, il y a la nécessité de relier, de tisser, ce sont les tisserands que nous repérons et sont nombreux mais souvent isolés dans leur territoire ou leur silo thématique. Isolés car ne mobilisons pas suffisamment leurs réseaux dans la nécessité de ces relations. C&apos;est pourquoi, en 2024, au sein des confluences, nous nous fixons une priorité : explorer, tisser mais surtout catalyser<a href="#_ftn1">[1]</a>, «c&apos;est-à-dire contribuer à accélérer des évolutions qui nous paraissent positives ou à réorienter d’autres qui nous paraissent insuffisantes ou moins souhaitables;» En effet, la posture du catalyseur, permet de repérer les conditions de faire levier de transformation. Cette dimension plus stratégique a été l&apos;objet de nos échanges durant cette journée.</p>    <h3 class="wp-block-heading">Rendre visible nos prochains rendez-vous ne suffit pas</h3>    <p>Lors du travail par petits groupes, deux dimensions se sont dégagées.</p>    <p>La première autour d&apos;Alain Caillé et d&apos;Antoine Valabrègue, ce groupe a proposé de lancer un grand mouvement de mobilisation citoyenne. Leur ambition est de reconstruire un projet de société avec les citoyens<a>.</a></p>    <p>La seconde a été de consolider la dynamique de tissage en repérant des événements durant l’année 2024 qui permettent des rencontres. Et la place des tisserands, durant ces rencontres, doit permettre les liens et les rebonds entre ces différentes.</p>    <p>Comment articuler ces deux dimensions;?</p>    <p>Le premier atelier veut aller vite. Ils ont proposé un plan d&apos;actions en plusieurs étapes. En février : formaliser et rédiger le projet sur la base d&apos;un appel à contribution citoyenne puis contacter des réseaux. En mars, mobiliser des personnalités publiques qui soutiennent la démarche et constituer une équipe opérationnelle avec un réseau de soutien. Au second trimestre, créer un site web et développer des contacts internationaux.</p>    <p>Quels sont les moyens d&apos;animation de cette initiative;? Alain Caillé le premier a évoqué la nécessité d&apos;avoir 2 à 3 personnes qui en font leur affaire. L&apos;appel est lancé et la question des moyens est un des premiers sujets pour les prochaines rencontres. Cette proposition a une dimension plus opérationnelle et met en mouvement une dynamique. Le seul fait d’inscrire des dates sur un calendrier ne fait pas récit, ni ne précise quels sont nos communs.</p>    <p>Le chemin peut se dessiner mais pour mobiliser, il faut donner quelques signaux plus clairs d’un projet politique de transformation. C’est sur ce point que cette proposition s’articule avec nécessité avec la stratégie initiale des confluences autour des explorateurs, tisserands et catalyseurs.</p>    <p>C’est en ce sens que la première dimension du « mouvement;» peut s’articuler avec la seconde dimension de la reliance et de la catalyse. L’un peut vite s’épuiser et s’isoler quand l’autre peut relier sans catalyser, sans transformer, sans mettre en mouvement.</p>    <h3 class="wp-block-heading">Des enjeux communs et la nécessité de mobiliser toutes les énergies sur des mesures basculantes ?</h3>    <p>Ainsi, nous pourrions imaginer que cette articulation entre la dynamique des tisserands et l’ambition de mobiliser le plus grand nombre passe par des mesures basculantes. Est-ce que le fait de mettre en débat ces mesures sont susceptibles de mobiliser et de catalyser des dynamiques locales et nationales. La condition serait qu’elles soient en nombre très réduites afin d’éviter des « listes à la Prévert;» et très ambitieuses tout en étant iconoclastes.</p>    <p>Le prochain rendez-vous est fixé le 14 mars pour une rencontre du Collectif de la transition citoyenne. Le thème est un rebond à notre rencontre, il porte sur la place des citoyen·nes et des organisations de la société civile dans les temps forts électoraux. A cette occasion, nous attendons des dizaines de participants, investis dans des actions locales et réseaux nationaux, une majorité questionne la nécessité de retrouver une autre place dans notre démocratie. Le plaidoyer ne suffit plus. Quelles formes sont à inventer pour que notre démocratie puisse vivre sur d’autres rythmes que celui des élections;?</p>    <p>Après le 14 mars, nous nous retrouverons à Marseille le 29 et 30 mars afin de creuser les enjeux de la cartographie, outils au service de la reconnaissance avec le soutien de <a href="https://transiscope.org/">transiscope</a>.</p>    <p>Ainsi, l’archipel des confluences a décidé de « hacker » avec bienveillance les événements de nos alliés et les inviter/inciter/inspirer à sortir de leur couloir de nage, faire ce que tout le monde dit;! « Sortir de nous-même pour aller à la rencontre de l’autre;», cet Autre porte des convictions et des expériences qui ne sont pas exactement ce que je porte : est-ce un problème ou une chance;?</p>    <p>Deux enjeux s’ouvrent à nous : faire apparaître les fils entre nous donne de l&apos;énergie et de la force à l&apos;ensemble des personnes et des organisations mais se donner des temps pour partager nos retours de ces rencontres est tout aussi indispensable.</p>    <p>Au-delà d&apos;un calendrier de rencontres dans lesquelles nous allons utiliser la stratégie du coucou, il nous faut poursuivre l&apos;organisation de temps pour partager ce que l&apos;on ramène de ces moments et en quoi, étape après étape, rencontre après rencontre, cela tisse un projet, un récit commun.</p>    <p>Sortir de nos cercles très typés principalement blancs et âgés, intellectuels diront certains, pleins d&apos;expériences et de relations à partager diront d&apos;autres, est d’abord un impératif. Nous savons que nous n’en avons pas les moyens seuls. Cette nécessité nous engage donc à devoir tisser des alliances et surtout à les favoriser. S’allier, ce n’est ni rejoindre, ni phagocyter, ni fusionner. Mais tisser le lien ne suffit plus, la catalyse suppose aussi de débattre et de se mettre d’accord sur des enjeux de fonds, des mesures basculantes. Est-ce suffisant;? C’est peu probable mais nous allons expérimenter si cette proposition résonne avec d’autres acteurs et personnes investies.</p>    <p>Sur le prochain article, je reviendrai sur la seconde partie de cette journée du 27 janvier autour des retours d’expériences de la Primaire populaire, du labo des partis et de la fabrique de la transition.</p>    <hr class="wp-block-separator" />    <p><br /></p>         
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] https://www.archipel-confluences.org/WikiAdC/?Attitudes</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DesConfluencesEnMouvementCatalyserVersDe">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2024-01-14" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="En2024TisserDesLiensPourCatalyserLesR" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_participative_en_progression" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-08-05 17:34:39" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_En2024TisserDesLiensPourCatalyserLesR"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              En 2024,  tisser des liens pour catalyser les rencontres et faire levier de transformation </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_En2024TisserDesLiensPourCatalyserLesR" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>14/01/2024</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">En 2024,  tisser des liens pour catalyser les rencontres et faire levier de transformation </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    L’équipe de l’Encyclopédie du changement de cap est investie dans la dynamique de l’Archipel des Confluences. Depuis la dernière Université d’Utopia à Sète, une rencontre s’est tenue à Paris le 16 décembre dernier afin d’en faire le bilan et de tracer les perspectives pour 2024.<h3><strong><br /></strong></h3><h3><strong>Après Sète, quel temps et quels espaces en 2024?</strong></h3>    <p>Si le bilan de l’Université de Sète a été très positif, avec de nombreuses rencontres, il reste à consolider de nouvelles alliances entre réseaux d’acteurs. La prochaine étape est cruciale, elle nécessite de poursuivre notre rôle de tisserand afin de catalyser ces alliances pour espérer que les prochaines années ne glissent pas vers une élection présidentielle gagnée par un axe droite/extrême-droite.</p>    <p>Au sein de cet espace de confluences, nous partageons deux dimensions essentielles à articuler : le temps et l’espace.</p>    <p>Le temps, car le premier enjeu est la coproduction d’un agenda stratégique nous permettant de repérer les différentes étapes et les « séquences;» comme l’expriment les communicants, pour mobiliser, consolider, diffuser et faire levier.</p>    <p>L’espace, car au-delà de l’espace public qu’il faudra animer et faire vivre, il y a d’abord les espaces à ouvrir pour accueillir et croiser de nombreux réseaux qui, trop souvent, restent « dans leur couloir de nage;» ou rattrapés par leur identité racine et la « survie;» de leur organisation ou raison d’être.</p>    <h3><strong><br /></strong></h3><h3><strong>Un projet mégalodeste dans un contexte inflammable;!</strong></h3>    <p>Le projet présenté notamment par Patrick Viveret est à la fois mégalo et modeste<a href="#_ftn1">[1]</a>.</p>    <p>Il présente l’enjeu d’organiser « la grande alliance des Forces de vie;».</p>    <p>Mégalo, car il s’appuie nécessairement sur une analyse systémique et planétaire et à cette échelle, nous mesurons notre influence relative.</p>    <p>Notre monde glisse vers des peurs et des replis, de notre intimité aux voisinages, de notre territoire local au national et jusqu’aux dimensions planétaires qui ne peuvent être oubliées tant sur les enjeux climatiques, écologiques et économiques que sur les enjeux diplomatiques et géopolitiques avec la situation à Gaza qui, à la fois, catalyse et fige les désirs de paix car la colère nous envahit.</p>    <p>Cette colère et cette émotion, du 7 octobre en Israël aux jours d’après, sont révélatrices du sentiment d’impuissance qui peuvent nous envahir et de la nécessité d’agir ensemble pour ouvrir, là encore des espaces et du temps à l’expression de notre humanité. C’est pourquoi, nous avons pris l’initiative d’ouvrir des « Places à l’Humanité;»<a href="#_ftn2">[2]</a> à Sète et que nous engageons chacune et chacun, là où il peut, à affirmer que la paix, par une solution politique est le seul chemin. En attendant, que peut-on faire, à notre échelle;? Comment agir et se mobiliser au-delà des manifestations;?</p>    <h3><strong>Un projet mégalodeste expliqué en quelques mots</strong></h3>    <p>C’est pourquoi, il est utile de se rappeler que si tout est lié, tout ne dépend pas de notre action. Le temps et l’espace sont aussi des données pour chacune et chacun d’entre nous. Notre disponibilité a donc ses limites et c’est pourquoi il est si nécessaire de se sentir lié, relié, à un écosystème qui nous porte comme nous le portons. Cet écosystème a besoin d’une vision partagée, le côté mégalo mais aussi d’un ancrage dans l’action quotidienne, le côté modeste;!</p>    <p>Assumant à la fois notre côté mégalo et modeste, nous avons conscience qu’il faut expliquer en quelques mots notre inspiration, notre intention, notre intuition et notre attention pour tenter de mobiliser au-delà de nos cercles et de nos voisinages.</p>    <h4><strong>Une inspiration</strong></h4>    <p>Une inspiration de l’Archipel et de l’imaginaire d’Edouard Glissant autour de la tension créatrice entre l’identité racine et de l’identité relation.<a href="#_ftn3">[3]</a></p>    <p>L’archipel existe tout autour de nous. Il est puissant et multiple. Il peut dégager un sentiment de puissance et de richesse comme un sentiment d’impuissance et d’émiettement. C’est pourquoi, il est indispensable de soutenir les personnes qui portent cette identité-relation et font vivre ainsi les interactions.</p>    <h4><strong>Une intuition</strong></h4>    <p>Nous considérons que la dimension relationnelle est portée par ces individus assumant un rôle d’explorations, de tisserands et de catalyseurs<a href="#_ftn4">[4]</a>. C’est donc autour de ces individus que nous devons travailler à des stratégies de catalyse. Or, les tisserands sont souvent exposés à multiplier leurs relations et à s’épuiser s’ils ne trouvent pas de leviers pour catalyser et transformer modestement leur environnement de vie et d’engagement. Nous devons donc renforcer ces postures essentielles à la vie d’un archipel.</p>    <h4><strong>Une intention</strong></h4>    <p>L’Archipel des confluences s’est fixé comme intention d’ouvrir un espace à ces tisserands afin de renforcer les liens entre les réseaux et organisations qui tentent de changer de cap. C’est pourquoi, l’équipe de l’Eccap s’est investie dès son lancement en octobre 2022 dans cette aventure. Il y a un enjeu important de documentation de ce processus complexe autant pour contribuer à l’écriture d’un récit commun que capitaliser aussi les nombreuses expériences passées qui méritent d’être analysées. Ces retours d’expériences sont un des premiers matériaux coproduits dans ces espaces relationnels.</p>    <h4><strong>Une attention</strong></h4>    <p>Afin de développer notre capacité de tissage et donc de catalyse, nous devons d’abord être attentif à deux exigences individuelles : se questionner et travailler nos propres postures. L’un des premiers freins analysés dans les retours d’expériences des précédentes initiatives des archipels, c’est la difficulté de questionner paradoxalement nos postures vis-à-vis des autres. Pour des personnes se reconnaissant comme des tisserands, cela peut apparaître surprenant. C’est totalement normal tant nos habitus, nos réflexions devenant des réflexes, il est plus simple de questionner les postures des autres que la sienne. Cela est un processus engageant et qui fonctionne mieux car le collectif de travail, les relations de confiance, l’inter-connaissance ont consolidé notre capacité de faire ce pas de côté nécessaire.</p>    <p>Inspiration, intuition, intention et attention s’inscrivent dans le temps et dans l’espace pour imaginer un autre horizon pour 2026, 2027 et 2030. C’est l’enjeu d’une Autre campagne à imaginer ensemble.</p>    <p><br /></p><hr class="wp-block-separator" /><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] https://www.archipel-confluences.org/WikiAdC/?AdC-Rencontre270124-1<br /><br />[2] https://www.archipel-confluences.org/WikiAdC/?Gaza0<br /><br />[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Glissant<br /><br />Identité Racine : L&apos;identité racine, selon Glissant, renvoie à l&apos;ancrage identitaire d&apos;un individu dans ses origines, ses racines culturelles et ethniques. C&apos;est la partie de l&apos;identité qui est souvent associée à la stabilité, à la permanence, et à la recherche d&apos;une essence fixe. Glissant critique cette conception figée de l&apos;identité, soulignant que l&apos;humanité est caractérisée par une diversité dynamique plutôt que par des essences immuables.<br /><br />Identité Relationnelle : L&apos;identité relationnelle, en revanche, est liée à la manière dont les individus interagissent, se connectent et se métissent avec d&apos;autres cultures. C&apos;est une conception de l&apos;identité en constante évolution, influencée par les rencontres, les échanges et les relations interculturelles. Glissant encourage à embrasser cette dynamique, à reconnaître la complexité des influences mutuelles entre les cultures, plutôt que de se fixer sur des frontières strictes.<br /><br />Pour Glissant, l&apos;identité relationnelle est essentielle pour comprendre et vivre dans un monde marqué par la mondialisation et la cohabitation de multiples cultures. (texte édité suite à une requête sur https://chat.openai.com, vérifié et relu par PA Cardona)<br /><br />[4] https://www.archipel-confluences.org/WikiAdC/?Attitudes</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?En2024TisserDesLiensPourCatalyserLesR">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2022-06-14" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="RegardsDeJeunesMarseillaisSurLeurVille" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,eduquer_et_enseigner_autrement" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-09-16 04:55:06" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_RegardsDeJeunesMarseillaisSurLeurVille"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Graphite : regards de jeunes marseillais sur leur ville </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_RegardsDeJeunesMarseillaisSurLeurVille" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>14/06/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Graphite : regards de jeunes marseillais sur leur ville </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema eduquer_et_enseigner_autrement">
                      Eduquer et enseigner autrement 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h3>Du lycée aux quartiers, regards de jeunes sur leur ville<strong></strong></h3><div><br />Comment impliquer les jeunes marseillais dans la fabrication de leur ville ? Comment les premiers concernés par de multiples politiques publiques ne sont pas objet d’étude mais bien acteurs de leur devenir. C’est le pari d’une équipe d’enseignants en géographie de l’Université et du lycée qui s’est concrétisé dans une recherche-action au long cours : GRAPHITE comme « Géographie prospective des territoires urbains ». C’est une démarche participative d’urbanisme de proximité et de formation construite au sein d’Aix Marseille Université, du LPED (Laboratoire Population Environnement Développement) en lien avec la Région et le Rectorat(1), et pilotée par Elisabeth Dorier, professeure d’université en géographie. Suite à cette expérience depuis 2015, auprès de 2000 jeunes de 14-17 ans, élèves de 19 lycées, de tous quartiers et milieux sociaux de la région Sud, un rapport d’étude intitulé « <a href="https://graphite.lped.fr/rapport-scientifique/">Les jeunes et la ville </a>» et une série d’outils ont été produits et mis en ligne en 2021 sur le site ressource du projet, un espace de Communs d’une connaissance à partager.(2)</div><div><br />Ce vendredi 3 juin 2022 au matin, au sein de l’amphithéâtre de sciences naturelles à la faculté Saint Charles, près d’une soixantaine de lycéens de seconde et de première du Lycée Diderot présentent leur projet d’amélioration des espaces urbains de leur quartier, au nord de Marseille. Cette restitution est une première reconnaissance d’un travail mené au sein du lycée et en lien avec des acteurs du territoire et des habitants. C’est le regard d’une génération tout comme des regards singuliers sur leur propre quartier.</div><div><br />Ce sont 15 projets qui sont présentés à partir de leur analyse et de leur choix : autour de l’aménagement des parcs comme Font Obscure le Petit séminaire ou l’Espérance dans le 14ème , du marché aux puces avec des projets autour de la création d’un centre pour SDF ou un marché pour les Biffins sur des terrains aujourd’hui libres mais en intégrant dans leur réflexion la nécessité d’une mixité d’usages au cœur du futur projet d’éco-quartier de Bouygues. La dimension critique n’est jamais loin de leur proposition, que ce soit avec un projet de requalification de la copropriété du Mail ou de la prise en compte des enjeux environnementaux du Carrefour Le Merlan ou bien la reconstruction de la Cité Bassens en y intégrant des équipements publics croisés et des liens plus structurants avec la zone industrielle qui l’entoure.<br /><br /></div><div><h3>Une géographie qui s’ancre dans la relation aux territoires<strong></strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>Le projet a pris aujourd’hui un nouvel élan avec le partenariat entre La ManuFabrik et le LPED (AMU). L’enjeu est de consolider un double ancrage entre acteurs des établissements du secondaire (enseignants et élèves) et acteurs des quartiers alentour (centre social, associations sportives et culturelles, collectifs d’habitants, conseils citoyens ou tables de quartier…). Il s’agit d’établir des passerelles entre Université/établissements scolaires/institutions et acteurs des territoires pour contribuer à la fabrique de la ville. Comment les jeunes, dans leur diversité, pratiquent-ils et appréhendent-ils leurs territoires urbains et comment leur vision et leur approche se confrontent avec d’autres, habitants, acteurs associatifs, commerçants ou entrepreneurs ?<br /><br /></div><div>Pour y répondre, il s’agit pour les élèves de « faire » activement de la géographie et de mener une analyse territoriale en produisant eux-mêmes des connaissances et en apprenant à les transmettre. Cela permet d’aborder notions et compétences des programmes de géographie et d’enseignement moral et civique des collèges et lycées, en s’appuyant sur des protocoles méthodologiques, inspirés de la géographie universitaire et de l’urbanisme.<br /><h3><br />Un processus long et bien rythmé<strong></strong><br /><strong></strong></h3></div><div><br /></div><div>Durant plusieurs mois, ils se sont investis dans le temps scolaire, en cours de géographie et d’enseignement moral et civique. En utilisant une application dédiée, ils ont cartographié leurs lieux d’habitat et d’habitudes puis les ont partagés en classe. Ce premier temps collectif de « débriefing » est révélateur des singularités comme des communs du groupe. Le rapport aux usages des espaces publics peut être différent en fonction du genre notamment, du rapport aux réseaux et aux trafics, des heures de passage, du choix de telle ligne de bus, autant de discussions intéressantes en classe afin d’analyser la réalité de leurs ressentis, comme la diversité de leurs besoins et réactions. Une confirmation de plus, qu’il n’existe pas une jeunesse mais bien des jeunesses.<br /><br /></div><div>Ensuite, à partir de leurs usages, ils se sont mis en groupe pour choisir un projet d’amélioration d’un espace public et ont mené un diagnostic sur le terrain, pris des photos, interrogé des habitants et contribué à l’organisation d’un parcours permettant à toute la classe de découvrir et ce, en lien avec des associations intervenantes dans ces quartiers.<br /><br /></div><div>Ces deux journées de parcours, les 24 et 31 mai, ont été l’occasion de rencontres passionnantes. Les échanges entre les propositions des élèves et les réactions de certains habitants ont été vifs pour certains et riches d’interaction à chaque fois. Quelque fois avec l’émotion de partager son quotidien, un bout de son histoire, notamment à Félix Pyat quand le président de l’association des locataires présente la lutte contre la destruction de la Tour B ou des habitants de Bassens évoquent la grande solidarité des habitants de la Cité.<br /><br /></div><div>Enfin, ces parcours ont permis à ces groupes de mieux préparer leur rendu. Tous les savoirs, ainsi reconnus ont pu circuler pour nourrir une analyse plus complexe des propositions notamment quand l’idée d’un city stade doit se concevoir en questionnant les nuisances que pourraient subir certains habitants. Est-ce possible alors de concilier les points de vue, de mettre en dialogue ces polarités  faire société commence par faire quartier.<br /><br /></div><div>Le travail de préparation de la restitution leur permet enfin de travailler la forme de leur rendu et de réfléchir tout autant à la forme de leur proposition : du son, des images, des textes, un diaporama classique ou sonore, des dessins avec des calques pour « montrer à voir » par des images les futurs usages ? Enfin, une présentation qui leur permettra de s’exprimer à l’oral et de défendre devant leurs collègues et des personnalités extérieures leurs propositions.<br /><br /></div><div><h3><strong>Un soutien des Cités éducatives</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>Ce projet a été mené dans le cadre d’un nouveau dispositif appelé « Les Cités éducatives » et notamment celle de Malpassé-Corot(3). Cela nous a paru une évidence tant les objectifs sont proches et les ressources complémentaires.<br /><br /></div><div>Cette nouvelle dimension du projet permettra de mobiliser l’ensemble des parties prenantes (institutions locales, bailleurs sociaux, éducation nationale, acteurs socio-culturels, entreprises…) et d’arriver à une mise en œuvre concrète de certains projets initiés en classe par des élèves du lycée. L’objectif est à terme de faire des liens entre ces projets portés par les jeunes et des espaces de contribution citoyenne comme les Tables de quartier(4) et les Conseils citoyens.<br /><br /></div><div>En effet, du stade de l’idée en classe, le chemin vers sa réalisation implique une connaissance des politiques publiques notamment de la politique de la ville et ni les élèves, ni leurs professeurs, ne sont au fait de la complexité de ces politiques mobilisant de nombreux acteurs institutionnels et associatifs.<br /><br /></div><div><h3><strong>Un dialogue des savoirs qui transforme autant les habitants que la ville ?</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>En ce sens ce projet est, avant tout, un processus de dialogue des savoirs permettant un apprentissage des conditions d’une fabrique de la ville. L’année prochaine, nous mobiliserons, au-delà de la géographie qui reste centrale au travers du programme porté par les enseignants, des regards d’architecte, d’urbaniste, de sociologue ou d’anthropologue, et ce, au côté de regards d’autres professionnels issus des centres sociaux et leurs partenaires (CAF, Ville et Département), des bailleurs sociaux et enfin, des collectifs d’habitants qui restent nos cibles privilégiées. En effet, cette dynamique autour de l’expression des lycéens a vocation à nourrir et à documenter des actions portées par des collectifs d’habitants qui tentent de s’organiser afin de coconstruire les politiques publiques qui les concernent.<br /><br /></div><div>Cette démarche s’accompagnera d’un processus de capitalisation afin de rendre visible l’ensemble des dynamiques d’apprentissage. Ce projet ne vise pas uniquement un seul « public » mais bien tous les usagers de la ville, les habitants et les habitués de ces quartiers. Ainsi la Fabrique de la ville peut se consolider avec la participation de ces jeunes, peu présents dans les « instances » plus classiques de participation. Articuler ces démarches devient alors une nécessité.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Dans le cadre d’AAP Les fabriques de la Connaissances</p><p>[2] <a href="https://graphite.lped.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://graphite.lped.fr/</a><br />[3] https://www.marseille.fr/education/les-cites-educatives<br />[4] https://laligue13.fr/les-tables-de-quartier</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?RegardsDeJeunesMarseillaisSurLeurVille">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2023-07-02" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LaFabriqueDeLemancipationVersDeNouveaux" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,quel_capitalisme_en_crise,la_possibilite_d_une_renaissance" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-09-15 11:31:03" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_LaFabriqueDeLemancipationVersDeNouveaux"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              La fabrique de l’émancipation, vers de nouveaux rapports entre science, action et démocratie. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_LaFabriqueDeLemancipationVersDeNouveaux" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/07/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">La fabrique de l’émancipation, vers de nouveaux rapports entre science, action et démocratie. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema quel_capitalisme_en_crise">
                      Capitalisme(s) en crise  
                     </span>
                 <span class=" cadre thema la_possibilite_d_une_renaissance">
                      Pratiquer une autre économie  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p><img src="https://ref.lamartinieregroupe.com/media/9782021484878/grande/148487_couverture_Hres_0.jpg" alt="/" /></p><p>Jean-Louis Laville et Bruno Frère ont entrepris il y a quelques années un travail précieux. Leur ouvrage commun est ambitieux[1]. Il est à la fois une contribution dense autour des penseurs de la théorie critique au service de celles et ceux qui expérimentent et agissent sur le terrain des transitions démocratiques, sociales, économiques et écologiques. Il leur permet notamment de rendre accessible ces analyses auprès d’acteurs qui n’ont que peu de temps à consacrer à cette dimension théorique pourtant essentielle.</p><p><br /></p><h3>Faire dialoguer les savoirs expérientiel et théorique, dans une relation égalitaire, sans surplomb est un enjeu épistémologique et politique. </h3><p></p><p><br />Les auteurs analysent durant 4 chapitres, les écrits de la théorie critique et ce, depuis ses débuts, des écoles de Francfort à Bourdieu puis avec une attention au tissage, ils relient, mettent en tension, leurs accords et désaccords, en actualisant sur les dernières années avec les apports critiques de Luc Botlanski et Bruno Latour.<br />« L&apos;attention portée aux absences et aux émergences par les épistémologies du Sud parce qu&apos;elle assume le pari de la confiance faite aux acteurs, prolonge l&apos;identification des espaces publics autonomes chez Habermas, comme le souci de la description des actions collectives chez Latour; en ajoutant que certaines des épreuves repérées par Boltanski dans la confrontation aux institutions peuvent donner naissance à une modification du cadre institutionnel comme le défend Honneth. »[2]<br />Ce paragraphe est un exemple de l’exercice de relecture et de reliance entre auteurs. Après cette première partie très riche et dense autour des théoriciens de la critique sociale et de leurs apports respectifs, en respectant le moment de leur écriture et donc des apports de chacun au fil de l’histoire du XXème siècle, les auteurs, au chapitre 5, s’appuient sur les épistémologies du sud, à partir de la sociologie des absences et des émergences, pour interroger la pensée occidentalo-centrée de la critique du capitalisme.<br />C’est l’autre dimension intéressante et utile de cet ouvrage : nous décentrer d’une lecture, certes critique du capitalisme mais une critique occidentalo-centrée. Ce monde occidentalo-centré est celui que nous avons imaginé et ancré profondément depuis des siècles. Cet imaginaire, nous l’avons expliqué et déployé par une « domination culturelle et intellectuelle » !<br />Cet apport permet d’ouvrir des perspectives très utiles sur les conditions de production des savoirs et de leur croisement, à partir des expériences de solidarité face aux injustices.<br />A quelles conditions, elles deviennent alors sources de transformation ? </p><p>Une transformation de la réalité sociale et sociétale pour celles et ceux qui expérimentent mais tout autant une transformation possible des manières d’analyser et de théoriser ces pratiques.<br />Au chapitre 6 et 7, ils portent l’ambition d’une nouvelle sociologie critique au service des acteurs et notamment celles et ceux qui agissent dans le champ de l’économie solidaire et sociale. Avec les savoirs croisés des deux auteurs, la question de la transformation et sa dimension institutionnelle devient un enjeu stratégique et politique. Comment il est possible alors de rendre vivante et puissante une démocratie ancrée sur des dynamiques locales complémentaires des réponses classiques de nos institutions publiques.<br />Les auteurs sont au service de la reconnaissance d’un nouvel espace de transformation, croisant les formes de savoirs, d’écriture et d’agir au service d’une émancipation, enfin possible car fabriquer par les premiers concernés.<br />En ce sens, c’est à partir des expériences démocratiques, écologiques et solidaires que l’émancipation se fabrique et plus uniquement dans le regard que porte le sociologue sur des personnes « à émanciper » : regard surplombant souvent, extractivisme des données et des paroles quelques fois pour alimenter des ouvrages et des travaux de recherche sans une attention à la restitution et au dialogue des savoirs.</p><p><br /></p><h3>Au-delà du livre, ouvrir des espaces pour dialoguer et imaginer la poursuite de ce travail.</h3><p>Afin de poursuivre ce travail au-delà d’un livre, Jean-Louis Laville et Bruno Frère ont souhaité dialoguer avec des personnalités issues autant du monde de la recherche et de l’université que des acteurs investis dans des domaines ou territoires où s’inventent chaque jour des manières de faire, d’élaborer des stratégies de transformation sociales, économiques ou sociétales.<br />Dans un monde « en transition », les expériences sont sources de savoirs, et les espaces de production de ses savoirs en action ne sont plus isolés, ils se croisent, se frottent, peuvent s’hybrider et féconder à leur tour de nouvelles énergies, le plus souvent à partir d’un besoin de solidarités et d’organisations collectives comme les associations. Cette journée organisée au CNAM le 2 juin dernier est un premier rendez-vous qui en appelle d’autres.<br />Dans sa présentation, cette journée est « construite autour de commentaires formulés par des auteurs ayant abordé des thématiques proches et de réactions émanant d’acteurs de mouvements sociaux, de responsables du mouvement associatif, de l’éducation populaire, de l’économie sociale et solidaire. L’accent mis sur le croisement des savoirs académiques et expérientiels appelle de nouveaux liens entre mobilisations, pouvoir d’agir et changements institutionnels. D’où la mise en place de recherches participatives et un nouveau regard porté sur l’émancipation. »<br />La journée a été d’une très grande densité. Elle a vu se succéder de nombreux dialogues avec des apports très riches de la critique négative à cette nouvelle posture de critique constructive pour faire écho à la réflexion de ces auteurs. En s’appuyant sur l’apport des pragmatistes et des épistémologies du sud, ils ouvrent un nouveau champ de renforcement des résistances invisibilisées ou des luttes actuelles.<br />Se sont succédés à la tribune Didier Raciné, rédacteur en chef de la Revue AltersMédia, Jean-Claude Ruano Borbalan, titulaire de la Chaire médiation des techniques et des sciences en société au Cnam; Arnaud Macé – professeur d&apos;histoire de la philosophie ancienne à l’Université de Franche-Comté; Christian Laval, professeur émérite de sociologie à l’Université Paris Nanterre, auteur de Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle, (avec Philippe Dardot); Yves Sintomer, professeur à l&apos;Université de Paris 8 et chercheur au Cresppa, Quentin Deluermoz - historien, professeur à l&apos;Université Paris Cité, spécialiste d&apos;histoire sociale et culturelle des ordres et désordres au XIXe siècle (France, Europe, empire); Sylvaine Bulle, professeure de sociologie, ENSA Val de Seine. Luiz Martinez Andrade – chercheur-philosophe - Université catholique de Louvain - Genauto Carvalho de França Filho – professeur en sciences de gestion à l’Université, auteur de Solidarité et organisation. Penser une autre gestion.</p><p><br />Au côté de ces universitaires, des acteurs et praticiens ont pu apporter leur regard à partir de leur expérience, source de savoirs : Claire Thoury, présidente du Mouvement associatif et Michel Jezequel, Vice-président d’ESS France; Caroline Besse - directrice d’une association d’éducation populaire et Anne-Claire Devoge – militante de l’éducation populaire; Gustave Massiah - membre fondateur de l&apos;aitec (association internationale des techniciens, experts et chercheurs) et du cedetim (centre d&apos;études et d&apos;initiatives de solidarité internationale) en dialogue avec votre serviteur, où j’ai pu ainsi partager l’expérience que nous menons à Marseille autour des enjeux d’une fabrique de la ville dans des espaces autonomes, des tiers espaces, comme peut l’être le Collège des maîtrises d’usage (CoMU) au sein du quartier de Noailles à Marseille. La journée s’est conclue avec des acteurs culturels qui ont ainsi pu présenter les enjeux de mobilisation d’un secteur soumis aux contraintes budgétaires et à la rationalisation des moyens de production. Luc de Larminat – co-directeur d’Opale (Pôle Ressources Culture &amp ESS) et Cécile Offroy – chargée de recherche, Opale - Iris (Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeuxsociaux) ont fait un retour sur un itinéraire de coopération entre acteurs et chercheurs. Enfin, Marie-Catherine Henry – Cause Comune, Patricia Coler – Union fédérale d’intervention des structures cultuelles, Anne-Laure Federici – Réseau des territoires pour l’économie solidaire, et Marianne Langlet, Collectif des associations citoyennes avec Carole Orchamp, Réseau national des maisons des associations ont partagé leur expérience d’espace acteurs-chercheurs.</p><p><br />Comment alors rendre compte avec précision de cette journée tant elle fut riche ? Il est prévu prochainement une diffusion des contributions de chaque intervenant. Cette rencontre est une première et elle en appelle d’autres tant les enjeux sont essentiels.<br />C’est en permettant ce dialogue entre savoirs et entre continents mais aussi entre nos mondes et nos imaginaires souvent cloisonnés que le changement de Cap sera possible. L’encyclopédie du changement de cap en commun que nous poursuivons s’inscrit dans cette perspective.</p>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Frère et Laville, La fabrique de l’émancipation. Repenser la critique du capitalisme à partir des expériences démocratiques, écologiques et solidaires. Edition Le Seuil. 2022<br />[2] Ibid. page 207.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LaFabriqueDeLemancipationVersDeNouveaux">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2023-09-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LeccapEnCommunUneDynamiqueEnConfluences" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_participative_en_progression" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-09-15 11:38:50" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_LeccapEnCommunUneDynamiqueEnConfluences"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              L’Eccap en commun, une dynamique en confluences : rendez-vous à l’Université d’Utopia du 26 au 29 octobre 2023 à Sète ! </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_LeccapEnCommunUneDynamiqueEnConfluences" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/09/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">L’Eccap en commun, une dynamique en confluences : rendez-vous à l’Université d’Utopia du 26 au 29 octobre 2023 à Sète ! </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Il y a un an, le 31 août 2022, l’association Echanges et Savoirs pour un Changement de Cap (ESCCAP) et son fonds de dotation étaient créés pour organiser et pérenniser le projet initié par Guy Roustang en 2016.<br /><br />Avant l’été 2023, nous avons réuni le premier comité d’orientation de l’Eccap composé de Florine Garlot, Jean-Louis Laville, Bernard Perret, Jacques Perrin, Patrick Viveret, Guy Roustang et Pierre-Alain Cardona. Nous nous sommes retrouvés, il y a quelques jours à Grenoble, afin de déterminer quels seront les axes de travail de l’Eccap en Commun et les priorités de l’association comme du fonds de dotation. Un compte-rendu exhaustif sera communiqué prochainement à celles et ceux qui souhaitent rejoindre la démarche engagée.<br /><br />L’année 2023-2024 va voir se réaliser des changements importants que nous préparons depuis plus d’un an, depuis notre présence à l’Université du mouvement Utopia à Sète en octobre 2022. A cette occasion, l’Eccap est devenu un commun, l’Eccap en Commun s’inscrit au sein de l’Archipel des confluences[1], dans les liens tissés avec d’autres organisations et individus.<br /><br /></p><h3>Un prochain site de l’Eccap inscrit dans la communauté YesWiki.</h3><br />L’Eccap en commun[2] a poursuivi sa mue, en privilégiant l’usage d’une technologie open source, utilisée par de nombreux acteurs des communs numériques comme le portail des Communs[3], le mouvement des Colibris, l’Assemblée virtuelle[4], ou le réseau Animacoop[5]. Cette technologie, appelée le YesWiki[6], permettra, avec l&apos;aide d&apos;Olivier Picot, le lancement prochain du site de l’Eccap en Commun dans une version beaucoup plus contributive. Mais avant d’être une technologie, c’est une communauté de développeurs et d’acteurs qui l’ont construit peu à peu. S’inscrire dans cette communauté entre en cohérence et en résonance avec le projet politique porté par l’Eccap et Guy Roustang depuis l’origine: contribuer à un changement de cap, en s’inspirant de la dynamique collective du site Wikipedia. Enfin, YesWiki est aussi le choix de privilégier l’inter-opérabilité des données et des contributions entre les réseaux et acteurs s’inscrivant dans les Confluences[7]. C’est dans le même sens que nous tissons du lien avec le réseau Transiscope[8], le portail des alternatives de la transition écologique et sociale.<br /><br /><h3>La prochaine Assemblée Générale de l’Eccap à Sète fin octobre 2023 au sein de l’Université d’Utopia.</h3><p><br />Cela nous permet de proposer à nos lecteurs et contributeurs de s’y retrouver et de pouvoir accueillir de nouvelles énergies présentes, intéressées par le développement des projets de l’Eccap en commun et les tissages nécessaires entre mouvements et organisations.<br />Cette Assemblée générale nous permettra de renforcer notre gouvernance collégiale, de valider les propositions de notre comité d’orientation notamment sur la priorité donnée aux définitions. Il est important dans ce contexte que les acteurs et activistes puissent s’appuyer sur des définitions solides, en lien avec notre orientation. Cette démarche de clarification des définitions permet de les enrichir par le croisement d’apports théoriques et d’expériences documentées et analysées. Cette orientation de l’Eccap est un préalable à l’animation de controverses, et elle peut mobiliser un réseau autant d’intellectuels que de praticiens avec cette même attention au tissage.<br /><br />Organiser à Sète, dans ce lieu de rencontre, notre Assemblée générale devenait pour nous une évidence tant elle entre en résonnance avec l’appel d’Edgar Morin « nous sommes innombrables mais dispersés;».<br /><br /></p><h3>L’appel d’Edgar Morin, lancé il y a quelques années à Sète, fait écho</h3><br />Edgar Morin était présent il y a quelques années à Sète pour lancer un appel à la convergence de toutes les organisations de la société civile pour « changer de voie, changer de vie;». Depuis, des initiatives se sont lancées et expérimentées, épuisées pour certaines, relancées pour d’autres, Sète est à la confluence du mouvement des convivialistes, des archipels Ecologie et solidarité et Osons les Jours Heureux !<br /><br />Cet appel se retrouve aujourd’hui dans le second Manifeste d’Utopia, sortie en juillet dernier. Préfacé par Edgar Morin, l’enjeu des confluences des forces de vie est de nouveau affirmé : « En effet, nous sommes innombrables mais dispersés à supporter de plus en plus difficilement l’hégémonie du profit, de l’argent, du calcul (statistiques, croissance, PIB, sondages) qui ignorent nos vrais besoins ainsi que nos légitimes aspirations à une vie à la fois autonome et communautaire. Nous sommes innombrables mais séparés et compartimentés à souhaiter que la trinité Liberté, Égalité, Fraternité devienne notre norme de vie personnelle et sociale et non le masque à la croissance des servitudes, des inégalités, des égoïsmes. »<br /><br /><h3>Des convergences aux Confluences, le mouvement Utopia dans son rôle de tissage ouvre à Sète un espace de rencontres et d’éducation populaire.</h3><br />Le Mouvement Utopia, né il y a plus de 25 ans à partir d’un petit groupe de tisserands et d’utopistes (dont votre serviteur) est aujourd’hui une association citoyenne agréée Jeunesse et Éducation Populaire qui vise à élaborer un projet de société solidaire et convivial, écologiquement soutenable, dont l’objectif est le « Buen Vivir;». L’association a également pour objet d’agir comme un trait d’union, une passerelle, entre les acteurs de la société civile, du monde politique et institutionnel, du monde intellectuel, artistique et culturel. Le réseau du Mouvement Utopia a été constitué depuis des années pour partager les expériences, s’enrichir mutuellement et inventer d’autres futurs possibles. L’élaboration du « Buen Vivir » implique un engagement fort pour une écologie solidaire. En ce sens, les publications des Éditions Utopia sont le reflet de ces nouveaux regards, de ces nouvelles humanités.[9]<br /><br />Cette Université du Mouvement Utopia est devenue un rendez-vous incontournable pour les personnes et les organisations qui souhaitent questionner, analyser, proposer et coconstruire des stratégies afin d’accompagner notre société, du village à la planète Terre, à bifurquer et changer son modèle de production et de développement.<br /><br /><h3>Rendez-vous toutes et tous du 26 au 29 octobre 2023 à Sète;![10]</h3><br />Lors de la prochaine édition de l’Université du 26 au 29 octobre, nous nous retrouverons autour du thème : « des colères à l’émancipation;». Nous serons nombreux, issus « d’innombrables initiatives;», pour partager et analyser ces colères, leurs origines, mais aussi et surtout imaginer comment elles pourraient se transformer en politiques émancipatrices.<br /><br />Ce rendez-vous sera aussi un espace-temps utile au croisement et aux rencontres d’acteurs, d’intellectuels, d’activistes, autant des institutions que des associations ou collectifs, pour travailler aussi les conditions de nos confluences. L’Eccap en Commun devient un projet inscrit dans cette dimension bien plus large, en relation avec d’autres mouvements et initiatives citoyennes en cours, croisant les savoirs académiques, techniques et expérienciels. Son organisation se précise, une association de contributrices et contributeurs de bonnes volontés et, à ses côtés, un fonds de dotation qui permettra de financer et d’appuyer des expérimentations concrètes. Il ne manque que vous ?        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] https://www.eccap.fr/article/intentions-et-engagements<br /><br />[2] https://www.eccap.fr/article/lencyclopedie-du-changement-de-cap-en-commun-ou-en-sommes-nous<br /><br />[3] https://lescommuns.org/<br /><br />[4] http://www.virtual-assembly.org/<br /><br />[5] https://animacoop.net/<br /><br />[6] https://yeswiki.net/?AccueiL<br /><br />[7] https://www.archipel-confluences.org/WikiAdC/?PagePrincipale<br /><br />[8] https://transiscope.org/<br /><br />[9] Présentation du mouvement dans sa seconde édition du Manifeste, penser et agir pour un mode habitable. Editions Utopia, 2023.<br /><br />[10] https://mouvementutopia.org/site/2023/08/05/inscrivez-vous-a-luniversite-utopia/<br /><br />[11] https://www.helloasso.com/associations/mouvement-utopia/evenements/universite-2022-du-mouvement-utopia-agir-pour-un-monde-habitable-2?_ga=2.137686512.1942464786.1689693410-1706726019.1656448898</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LeccapEnCommunUneDynamiqueEnConfluences">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2023-05-18" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LencyclopedieDuChangementDeCapEnCommun" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_participative_en_progression" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-09-15 11:54:12" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_LencyclopedieDuChangementDeCapEnCommun"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              L’Encyclopédie du changement de cap en Commun : où en sommes-nous ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_LencyclopedieDuChangementDeCapEnCommun" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>18/05/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">L’Encyclopédie du changement de cap en Commun : où en sommes-nous ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Depuis l’automne, et particulièrement les rencontres initiées lors de l’Université d’été d’Utopia et des convivialistes à Sète en octobre 2022, l’Archipel des Confluences[1] a été lancé. Au sein de cette dynamique, une équipe de travail s’est mise à l’œuvre afin de questionner comment notre projet de l’Eccap pourrait s’articuler avec cette volonté de tisser des liens et catalyser des initiatives.</p>    <h3><strong>Un projet inscrit dans les Confluences et les Communs<strong>[2]</strong>!</strong></h3>    <p>En novembre, un groupe de travail composé des animateurs de l’Eccap, Guy Roustang, Florine Garlot et Pierre-Alain Cardona en lien avec des acteurs investis dans le champ des Communs numériques, dont Didier Fradin et Claude Henry s’est lancé. Premier réflexe de tout processus autour de la construction d’un Commun : documenter toutes les étapes du processus. Un site wiki a été lancé<a href="#_ftn3">[3]</a>. Il est en « construction;» et n’a pas vocation à devenir un site internet vitrine.</p>    <p>Cela permet de rendre compte de l’avancement du projet et de son processus. Cette approche est une dimension importante des Communs : permettre à chaque nouvelle personne de pouvoir rejoindre le projet, de le rendre ainsi accueillant à toutes nouvelles énergies.</p>    <p>A l’origine, Guy Roustang avait évoqué l’Eccap comme un Wikipedia du changement de cap. Un Site internet permettant de relier et connecter de la connaissance et donc des contributeurs, au service d’un dessein bien plus ambitieux : la nécessité de changer de cap, de modèle économique comme d’imaginaire institutionnel pour faire une référence à un auteur inspirant, Cornelius Castoriadis[4]. Ce changement de cap ne peut s’inscrire uniquement dans le cadre d’un espace numérique unique mais bien dans un archipel d’initiatives déjà à l’œuvre.</p>    <h3><strong>Un texte rédigé à plusieurs mains présente de manière synthétique notre intention !</strong></h3>    <p>« Les incertitudes d’ordre écologiques et économiques, la perte de confiance continue dans nos institutions, l’infobésité, les fake news… sont facteurs d’instabilité et génèrent des antagonismes, comme en témoignent la violence qui s’installe jour après jour dans nos échanges, et l&apos;entre-soi amplifié par le fonctionnement en algorithmes des réseaux sociaux. Cependant ce contexte peut aussi être le déclencheur d’une bifurcation nécessaire, nous ramenant à la nature complexe du monde auquel nous appartenons.<br /><br />Une telle rupture demande que la place du politique devienne centrale, en particulier face aux pouvoirs économiques et financiers. Des expériences existantes montrent l&apos;intérêt d&apos;un élargissement du « pouvoir politique » au-delà du corps des élus (et des institutions), c’est à dire à l’ensemble du corps social organisé reliant toustes les act.eurs|rices qui contribuent à faire et à penser la société. Et pour que ce corps social puisse créer les conditions d’une transformation de la société, il va en premier lieu devoir s&apos;attaquer aux « objets en tension » auquel il est confronté.<br /><br />A partir de l&apos;expérience de l’Encyclopédie du Changement de Cap, nous nous proposons de contribuer à nourrir, en relation avec l’ensemble des agrégateurs de connaissance existants, les conditions d’un dialogue des savoirs, intergénérationnel, hors des binarités politiciennes, tenant compte de la place de l’individu, des collectifs de travail, des organisations et institutions.</p><p><br /></p><h3>Nos quatre intentions correspondants à des niveaux d’investissement :</h3><p><br />1. Collecter, organiser, éventuellement accompagner la création de contenus (articles, podcast, vidéos), sur un serveur ouvert à l’interopérabilité des données.<br />2. Mettre en évidence les tensions et interactions entre les contenus collectés pour alimenter des échanges contradictoires : <strong>des controverses</strong>, qui ne sont ni des polémiques, ni des pugilats, ni des clash.<br />3. Donner à voir des méthodologies de mise en controverses expérimentées dans les différents espaces et/ou théorisées<br />4. Tisser des relations vivantes entre auteurs, initiatives, lectorat, en concevant une architecture et une sémantique des liens en relation avec les autres acteurices du secteur, une façon de créer le « désir d’archipel », en le rendant visible.<br /><br /><strong>Il s’agit de constituer ensemble un espace contributif de ressources et de partage des savoirs, dans la diversité des points de vue, de façon à faciliter pour chacun la construction de ses opinions, et de se saisir de moyens d’agir individuels et collectifs.</strong></p>    <p>Les contributeurs de ce texte (Claude Henry, Florine Garlot, Pierre-Alain Cardona, Didier Fradin, Olivier Picot et Guy Roustang) souhaitent élargir ainsi la mission de l’Eccap pour initier des premières alliances.</p>    <h3><strong>Une première alliance : le Collectif des associations citoyennes<strong>[5]</strong>.</strong></h3>    <p>Ce Collectif appelé le CAC, est une plateforme de mobilisation des associations citoyennes qui se reconnaissent dans leur dimension de transformation sociale. Olivier Picot, l’un de ses animateurs actifs et spécialiste des outils numériques au sein du CAC a rejoint l’équipe de l’Eccap en Commun. Il devient le « connecteur » avec le monde des outils numériques libres et en communs.</p>    <p>La relation avec le CAC nous permet de mettre en œuvre aujourd’hui un objet important : rendre visible et audible des controverses. Le prochain exercice s’organise autour du Service national universel. Mais d’autres contreverses sont en préparation : non-lucrativité et néolibéralisme, travail, revenu d&apos;existence…</p>    <p>Nous avons repéré aussi des liens à tisser avec d’autres plateformes ou réseaux avec qui nous aimerions pouvoir travailler : Transiscope, le Collectif de la transition citoyenne, Rispostes Creatives, Alternatiba, le Mouvement des Colibris, Remix the Commons, le Pacte du Pouvoir de vivre…</p>    <h3><strong>Une initiative intéressante à soutenir : l’appel de Bastien Sibille du réseau des Licoornes</strong><strong>[6]</strong><strong>.</strong><strong></strong></h3>    <p>Il y a quelques semaines, Bastien Sibille, fondateur de la SCIC Mobicoop et coprésident des Licoornes, a lancé un appel mobilisant les forces vives de la Transition et le grand public pour s’engager dans une dynamique de transformation avec comme levier la création d’un fonds d’un milliard d’euros pour accélerer la transition et le modèle des 9 coopératives, plateforme numérique, alternatives des grandes plateformes numériques et structurant des offres dans le domaine de la mobilité, de l’énergie, des télécommunications ou de l’achat local et les circuits courts. Cet appel<a href="#_ftn7">[7]</a> est à relayer et un plan d’action est en cours de création.</p>    <p>Si vous le souhaitez, n’hésitez pas à rejoindre la dynamique de l’Eccap en Commun !</p>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Un site wiki permet de voir l’avancement du projet : https://archipel-confluences.org/WikiAdC/?PagePrincipale<br /><br />[2] Le monde des Communs se relie dans le cadre d’Assemblée : https://assemblee.lescommuns.org/<br /><br />[3] https://ferme.yeswiki.net/ProtoWiki2ECCAP/?PagePrincipale<br /><br />[4] Cornelius Castoriadis, l’Institution imaginaire de la société. Editions du Seuil, 1975.<br /><br />[5] Collectif des Associations Citoyennes. http://www.associations-citoyennes.net/<br /><br />[6] Les Liccornes sont le rassemblement de 9 coopératives ayant le statut de SCIC engagées dans le champ de la transition : https://www.licoornes.coop/<br /><br />[7] https://www.linkedin.com/posts/bastien-sibille_appel-innovationsociale-transformation-activity-7053962873609310208-3UVe/?utm_source=share&utm_medium=member_desktop</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LencyclopedieDuChangementDeCapEnCommun">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2022-07-02" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LeProjetPartenarialDamenagementPpaEnCe" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,pour_un_logement_accessible" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-09-15 12:00:36" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_LeProjetPartenarialDamenagementPpaEnCe"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Le projet partenarial d’aménagement (PPA) en centre ville de Marseille, une opportunité pour coconstruire la ville avec ses habitants ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_LeProjetPartenarialDamenagementPpaEnCe" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/07/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Le projet partenarial d’aménagement (PPA) en centre ville de Marseille, une opportunité pour coconstruire la ville avec ses habitants ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema pour_un_logement_accessible">
                      Pour un logement accessible 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>A la lecture en juin 2019 de l’ambition du PPA (projet partenarial d’aménagement) présenté par l’Etat et la Métropole, personne n’avait la moindre idée de sa mise en œuvre. Ce projet a été la réponse des pouvoirs publics suite aux effondrements des immeubles de la rue d’Aubagne et les nombreuses révélations sur le scandale des marchands de sommeil pourtant connus depuis bien longtemps. L’Etat, représenté à l’époque par le Ministre du logement Denormandie, a mis la pression nécessaire sur une administration en fin de règne.<br /><br /></div><div><h3><strong>Un contexte extrême qui a marqué une rupture dans les processus de décision.</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>Les situations extrêmes vécues par les milliers de délogés après le 5 novembre 2018 ont été un électrochoc, l’enjeu de résorber l’habitat indigne à Marseille est devenu alors une priorité. Le PPA est un des plus grands projets d’urbanisme à l’échelle d’un centre ville d’une métropole européenne. Ce sont plus de 1000 ha couvrant les 1er, 2ème et 3ème arrond et une partie des 4ème, 5ème et 6ème et un horizon de travaux et d’aménagement sur deux décennies.<br /><br /></div><div>Mais entre 2019 et 2021, rien n’a réellement bougé, les élections municipales et le règlement des urgences ont mobilisé toutes les parties prenantes. Durant cette période, le collectif d’association et d’habitants, appelé, l’inter-co (ou inter-asso) a porté le projet d’une Charte pour le relogement, co-écrit par les acteurs concernés, et portée par une mobilisation croisant activisme politique et institutionnel, pétition, et marche populaire.<br /><br /></div><div>Cette dynamique a obligé les élus, dont la plus mobilisée, Arlette Fructus, adjointe au logement de l’ancienne municipalité Gaudin, à inscrire l’adoption de cette Charte au conseil municipal du 17 juin 2019. Son vote à l’unanimité des élus a été le premier symbole d’une capacité d’intervention d’acteurs organisés et d’habitants sur la production de décision publique.<br /><br /></div><div>La décision d’un maire est d’abord la décision d’un conseil municipal, qui est issue d’un processus décisionnel, longtemps obscur dans la boîte noire de l’ingénierie municipale mais aujourd’hui, en situation d’être exprimé, analysé et délibéré par le plus grand nombre. <br /><br /></div><div>Il y a donc là un chemin d’une possible co-construction de politique publique comme outil producteur de droit, à l’échelle d’une municipalité et dans des formes de mobilisation croisant culture institutionnelle et activiste.<br /><br /></div><div><h3><strong>D’un projet partenarial d’aménagement à une fabrique commune de la ville ?</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>L’objet prioritaire du PPA est la résorption de l’habitat indigne mais le réel enjeu demeure la capacité de « fabriquer la ville sur la ville » selon les termes des urbanistes. Au-delà du logement, c’est bien l’habiter qui est au cœur de ce projet : conserver la nature populaire et multifonctionnelle du centre-ville. Ce projet ne peut alors partir que des usages, nombreux et divers (habitants, habitués, clients de nombreuses enseignes, touristes, …) mais aussi des besoins évidents en logements accessibles. <br /><br /></div><div>Cette question est centrale car la transformation des quartiers s’inscrit dans un temps long et dans un contexte où la densité nécessite une intervention fine, îlot par îlot. Les process classiques de l’ANRU ne peuvent correspondre : il y a très peu de bailleurs sociaux, un habitat dégradé diffus, le plus souvent en copropriété avec une présence de marchands de sommeil mais aussi de propriétaires souvent âgés et ayant peu de moyens pour entretenir leurs biens. <br /><br /></div><div>Ce sont autant d’obstacles qui peuvent devenir des opportunités : celles d’imaginer de faire autrement. Est-il possible que l’institution puisse dépasser les propres règles qu’elle a édictées ? <br /><br /></div><div>Notre enjeu est de faire appel à un autre imaginaire institutionnel en y impliquant toutes les parties prenantes. Une fabrique commune de la ville nécessite aussi de partager une culture commune. Celle-ci se construit dans la capacité de s’exprimer clairement, sans faux semblants pour mieux analyser les polarités, et les contradictions légitimes. Elle peut être ce « tiers espace » défini par Hugues Bazin qui « favorise les processus de résilience. C’est une manière de s’en sortir face à l’adversité, d’absorber une perturbation et de retrouver ses fonctions dans un nouvel équilibre ». Un espace nécessaire aujourd’hui à expérimenter.<br /><br /></div><div><h3><strong>Une fabrique de la ville pour ménager ou aménager ?</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>Une culture commune, c’est partager des inspirations communes. Penser le « ménagement » plus que l’aménagement de la ville, c’est agir autant sur le bâti que sur les relations des futurs habitants et habitués, c’est imaginer la ville à partir de ses vides, de ses places et espaces publics, c’est laisser advenir des usages à partir d’une connaissance fine du quartier, de son histoire et de son patrimoine matériel et immatériel.<br /><br /></div><div>« Thierry Paquot nous invite à un ménagement des êtres, des choses et des lieux. Cultivant une disposition à la disponibilité, promouvant une attention intentionnée, pratiquant le cas par cas, le sur-mesure et le avec les habitants et le vivant, le ménagement ne se substitut pas à l’aménagement, il est d’une autre nature et appartient à une autre logique qui se fonde sur une éthique, celle de la Terre. ». <br /><br /></div><div><h3><strong>Questionner nos cultures, c’est questionner la circulation de nos savoirs et enfin, questionner le pouvoir.</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>Le pouvoir reste le savoir, et le savoir technique et institutionnel domine encore puissamment les processus de décisions dans le champ urbain. Mais il existe aussi un autre pouvoir, sans doute plus puissant mais moins visible : les promoteurs et investisseurs privés qui commandent les productions urbaines aux architectes et urbanistes, et influencent les élus et leurs collaborateurs. <br /><br /></div><div>La ville est d’abord une production privée et les enjeux de ces maîtres d’ouvrage sont rarement questionnés dans leur nature profonde, à savoir une rentabilité financière rapide et si possible à deux chiffres avec des conséquences connues sur le choix des matériaux, la diminution des superficies habitables et l’usage de sous-traitants sous pression des prix. Derrière les mots et les concepts, une communication et une sémantique choisies, nous les oublions presque. Pourtant, ce n’est pas uniquement la règle qui produit l’urbanisme, ce sont aussi les moyens financiers des maîtres d’ouvrage, et le système bancaire qui les soutiennent. <br /><br /></div><div>Il y a donc nécessité de laisser exprimer les polarités de celles et ceux qui fabriquent la ville en n’oubliant personne et de mobiliser chacun dans sa capacité de mettre carte sur table : de l’habitant ou de l’habitué du quartier, aux institutions, élus et techniciens, en passant par les multiples métiers de celles et ceux qui fabriquent et bâtissent, animent les liens une fois les espaces publics et bâtiments livrés et au bout de cette chaîne, les pouvoirs publics en devoir de réparer des années après les conséquences d’un modèle qu’il faut aujourd’hui réinventer.<br /><br /></div><div>La ville est une démocratie, et sa fabrique est une occasion, continuellement de repenser son processus. Comment imaginer alors concrètement une place de la maîtrise d’usage, au côté de la maîtrise d’œuvre et de la maîtrise d’ouvrage ?<br /><h3><br /><strong>Le CoMU, la première pierre d’une nouvelle fabrique de la ville ?</strong><br /><strong></strong></h3></div><div><br /></div><div>Le vote de la Charte pour le relogement et son suivi depuis 2019 a renforcé la légitimité de l’inter-co. Après l’installation de la nouvelle majorité en juillet 2020, il a proposé de créer un espace de co-construction au sein du PPA. Conscients du contexte très particulier, d’une émotion toujours présente et de la responsabilité devant les victimes, décédées avant et durant le 5 novembre, et des milliers de délogés depuis, comme de l’existence à Marseille de ces dynamiques d’organisation collective, les élus et techniciens ont répondu favorablement en juillet 2021, à la proposition de créer cet espace, appelé aujourd’hui Collège des maîtrises d’usages (CoMU).<br /><br /></div><div>Maintenant tout est à coconstruire et, en premier lieu, consolider les 3 collèges (inter-co, asso et habitants) du CoMU à partir de ses propres ressources, expériences et savoirs techniques. Le premier défi est de mettre en place une organisation qui puisse s’adapter aux réalités d’habitants et d’acteurs associatifs, en s’inscrivant dans la durée. <br /><br /></div><div>Le prochain article entrera dans la boîte noire de cette co-construction originale qui a vu son officialisation (et non son institutionnalisation) en juin 2022. <br /><br /></div><div><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    Pierre-Alain Cardona, dans le souci de documenter le long processus de co-construction de la ville de Marseille (après « Noailles, entre ombres et lumières »), illustre parfaitement cette tension évoquée par Richard Trapitzine entre la règle et l’usage. Ces expériences partagées sur l’Eccap nous permettent de mettre en question cette « tension » et de tracer des pistes utiles pour penser un changement de cap.        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LeProjetPartenarialDamenagementPpaEnCe">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2023-04-02" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LeTransiscopeUneCartographieDesAlternativ" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-09-16 03:51:46" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_LeTransiscopeUneCartographieDesAlternativ"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Le Transiscope, une cartographie des alternatives </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_LeTransiscopeUneCartographieDesAlternativ" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/04/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Le Transiscope, une cartographie des alternatives </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h3><strong>Rendre visible les alternatives pour les relier</strong></h3>    <p>Depuis des décennies, et peut être même des siècles, les dynamiques de coopération amènent les communautés à tisser des liens et des réseaux. Ces liens sont rendus visibles par des dessins, des schémas et de la cartographie. Avec l’arrivée des outils numériques et notamment de leurs usages coopératifs, sur un fond de carte google ou libre comme <a href="https://www.openstreetmap.fr/">OpenStreetMap</a>, les cartographies d’acteurs commencent à se multiplier.</p>    <p>Chaque association crée sa carte des partenaires et des réseaux nationaux et rendent visibles leurs adhérents ou alliés. Le Mouvement des Colibris par exemple lance la carte <a href="https://presdecheznous.fr/"><strong>Près de chez vous</strong></a><strong>.</strong></p>    <p>A l’échelle des territoires, certains collectifs ont tenté d’y répondre en mutualisant une cartographie des outils numériques. Une tentative a eu lieu à Marseille en 2015 mais elle n’a pas trouvé les ressources et disponibilités humaines nécessaires pour se concrétiser.</p>    <p>En 2017, un collectif de 10 associations et réseaux partage le constat que la multiplication des cartes peut donner le sentiment de dispersion des forces et énergies au service pourtant d’une même ambition: recenser et rendre visible les alternatives citoyennes.</p>    <p>Son projet politique est clair : « Transiscope est un projet politique dont la finalité est l&apos;engagement du plus grand nombre dans des alternatives au système actuel écocide, climaticide et inégalitaire issue d&apos;une société thermo-industrielle, productiviste et capitaliste. Pour transformer nos sociétés, il faut que ces alternatives soient accessibles, reliées, crédibles et fortes, c&apos;est en ce sens que Transiscope veut agir. »</p>    <h3><strong>Transiscope est un archipel d’acteurs et de sources</strong></h3>    <p>C’est d’abord un collectif de 10 associations ou réseaux nationaux (<a href="https://alternatiba.eu/">Alternatiba</a>, <a href="https://www.colibris-lemouvement.org/">les Colibris</a>, <a href="https://www.virtual-assembly.org/lassemblee-virtuelle-quelques-mots/">l’Assemblée virtuelle</a>, le <a href="https://animacoop.net/">réseau Animacoop</a>, le <a href="https://www.ripess.org/">RIPESS- Réseau intercontinental de promotion de l’économie sociale solidaire</a>, <a href="https://mouvementutopia.org/site/">le Mouvement Utopia</a>, <a href="http://www.associations-citoyennes.net/">le CAC-Collectif des associations citoyennes</a>, <a href="https://www.le-mes.org/">le MES-Mouvement de l’économie solidaire</a> et <a href="https://www.asterya.eu/">Asterya</a>) qui ont décidé de s’allier en 2017 autour d’un objet de coopération concret : faciliter les liens entre les cartes. En langage technique, cela s’appelle l’inter-opérabilité ! Cet objectif de les rassembler sur une même carte a été possible en s’appuyant sur des outils numériques libres et grâce à ces technologies, rassembler sur une seule carte ne signifie plus forcément fusionner.</p>    <p>Transiscope est un projet politique au-delà de l’outil mis en place. Cette communauté tente de « tenir » une cohérence entre son organisation, sa gouvernance et les étapes nécessaires à une culture coopérative et son objectif initial : être au service de la visibilité des alternatives citoyennes avec l’appui d’une technologie numérique qu’elle expérimente.</p>    <p>Cette communauté est un archipel au sens de l’imaginaire d’Édouard Glissant. Un archipel d’îles comme autant d’initiatives dont le principe d’action est de respecter l’identité racine de chacune et en l’état, leur propre cartographie mais de permettre de faire vivre les liens, l’identité relation, afin que cet archipel devienne une communauté au service de la coopération et non, le symbole d’un éclatement des forces et donc des énergies.</p>    <h3><strong>Des alternatives citoyennes qui fabriquent du Commun</strong></h3>    <p>Nourrie de cet imaginaire, les initiateurs de Transiscope fabrique de la coopération à partir de la fabrique d’un outil. Ils ont écrit ensemble une <a href="https://transiscope.org/charte/">charte</a> qui inscrit la raison d’être, les objectifs, les principes de fonctionnement au sein de cette communauté et pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent la rejoindre. Cette communauté de sources cartographiques des alternatives qui acceptent de s’inter-connecter.</p>    <p>Dans la Charte, il est défini ce que nous attendons par le sens de cette notion d’« alternative : « Ces alternatives constituent des;réponses concrètes à une crise systémique, que ce soit au niveau local ou au niveau global. Qu’il s’agisse de manière non-exhaustive du changement climatique, des crises sociales ou de solidarités ou encore de la crise du modèle économique capitaliste, ces enjeux sont envisagés comme interconnectés. Elles;cherchent à;réaliser un ou plusieurs communs. Elles doivent témoigner par leur gouvernance, leur modèle économique, leur organisation du travail ou leurs choix d’investissement qu’elles visent l’intérêt commun et non la réalisation d’un intérêt particulier.» </p>    <h3><strong>Concrètement, des Transiscothon pour se voir et faire ensemble !</strong></h3>    <p>La semaine dernière, le 24 et 25 mars à Paris s’est tenu un Transiscothon. Ce format permet des rencontres en présentiel pour se voir en vrai après trop d’usages de la visio et ouvrir des espaces d’échanges sur le projet aux contributeur·ices ne faisant pas partie du comité de pilotage.</p>    <p>Aujourd’hui, cette communauté rassemble une cinquantaine de sources et recense 36000 données visibles sur la carte.</p>    <p>Lors de ces journées, il a été question des 3 axes de la stratégie 2021-2023 pour en faire le bilan et définir la suite.</p>    <ul> <li>Dynamiser des alternatives sur les territoires</li>    <li>Renforcement du projet</li>    <li>Renforcement de la coopération</li> </ul>    <p>Nous étions présents avec Olivier Picot, mobilisé au CAC, pour partager aussi l’expérience en cours de l’Eccap en commun. Cette évolution du projet vers son articulation auprès des acteurs du numérique des communs nous permet de vérifier notre intuition : il y a un enjeu d’inter-opérabilité entre nos sites, ressources et données.</p>    <p>Aujourd’hui le projet Transiscope se donne deux nouveaux objectifs :</p>    <ol> <li>Tisser des liens entre les sources pour mutualiser des ressources, les soutenir et les aider à se développer afin de continuer la visibilisation des initiatives citoyennes</li>    <li>Lancer l’agrégation d’un nouveau type de données : les événements. Le but est de donner des RDVs pour rencontrer toutes ces initiatives, afin d’aider ces alternatives à se développer.</li> </ol>    <p>Loin de vouloir développer « dans notre coin » l’Eccap, nous nous connectons à Transiscope pour partager leur expérience numérique et sur les agrégations de ressources sémantiques. Ainsi, nous contribuons à la dynamique des confluences.</p>    <p>Son prochain développement autour du projet Archipelago permettrait d’outiller les territoires et les acteurs pour connecter les personnes, les événements et d’autre ressources et faciliter leur lien.</p><p>A partir de ces liens, comment imaginer possible la création d’un « espace;» où les controverses peuvent se clarifier, en mobilisant notamment des outils de cartographie pour les rendre visibles et en « tension » ? C’est un enjeu pour demain.</p>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>1 https://presdecheznous.fr/<br /><br />2 La Charte de transiscope : TRANSISCOPE agrège des alternatives citoyennes. Elles sont à l’initiative d’individus ou de groupes d’individus qui prennent leurs décisions indépendamment de toute administration, parti politique ou institution religieuse.<br /><br />3 https://transiscope.org/charte/</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LeTransiscopeUneCartographieDesAlternativ">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2022-04-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="NoaillesEntreOmbresEtLumieres" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,pour_un_logement_accessible" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-09-15 12:04:09" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_NoaillesEntreOmbresEtLumieres"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Noailles, entre ombres et lumières </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_NoaillesEntreOmbresEtLumieres" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/04/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Noailles, entre ombres et lumières </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema pour_un_logement_accessible">
                      Pour un logement accessible 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Cet article n’a pas vocation à analyser dans les détails les enjeux politiques, urbains, sociaux et économiques des enjeux de l’habitat dans le centre-ville de Marseille.</div><div>Il est un premier partage d’une expérience de vivre et fabriquer la ville, entre urgences, violences institutionnelles, auto-organisation, émotion et tentatives d’organisation collective pour tracer un chemin vers une coconstruction de nos espaces de vie et d’habiter. </div><div>C’est aussi le désir aussi pour l’auteur de commencer à prendre la plume pour contribuer à un récit dont les conditions de sa co-écriture sont au cœur de la transformation de Marseille, en tentant de mettre en dialogue des savoirs et des expériences. </div><div>C’est enfin, pour l’Encyclopédie du changement de Cap, le choix de documenter les expérimentations et de s’inscrire comme un espace, au côté d’autres, de recherche-action croisant des pratiques, des auteurs, des questions et renouveler une énergie qui, à certains moments, peut s’épuiser. </div><div>Cet article est donc le premier d’une série qui souhaite participer à la mémoire vivante de la fabrication d’un quartier, chaque jour, sous nos yeux et par nos liens.<br /><br /><h3><strong>Marseille et son centre-ville pour tous.</strong></h3></div><div><br />Marseille est l’une des grandes capitales régionales en Europe qui conserve un centre-ville populaire et d’une grande mixité sociale et d’usages. Pourtant, la municipalité durant des années n’a eu de cesse de vouloir le transformer afin qu’il soit au service d’une économie touristique entre « grands événements » et croisières. Les habitants devaient donc partir. La première lutte a été à Belsunce puis, la plus longue et emblématique, celle de la rue de République au début des années 2000. C’est ainsi qu’un groupe de citoyens engagés dans des associations de défense des droits humains (La Cimade, Ligue des droits de l’homme…), des urbanistes, architectes, économistes et artistes ont créé l’association Centre-ville pour tous. Elle a été une des premières à mener la lutte en mobilisant des savoirs pluriels, techniques, juridiques, politiques et en partant d’abord des premiers concernés, pour ce premier combat, les habitantes et habitants de la Rue de la République. Par un processus d’enquêtes et une démarche en recherche-action, la mobilisation a pu ainsi à la fois, répondre à des enjeux d’urgence de chaque habitant traité lors des permanences hebdomadaires, s’allier à des techniciens et experts pour mener la bataille juridique en s’appuyant sur le droit administratif et le droit au logement et enfin mobiliser l’opinion publique par l’organisation de manifestations et l’interpellation des élus.</div><div>De la Rue de la République, à Belsunce ou Noailles, et dans de nombreux quartiers, l’association a été reconnue comme une force sur laquelle des habitants pouvaient s’appuyer.<br /><br /></div><div>Depuis plus de 20 ans, sur ces traces, de multiples acteurs et habitants se sont mobilisés pour penser les conditions de maintien de ce centre-ville pour tous à Marseille. D’abord pour y conserver une fonction d’accueil millénaire des populations immigrées et des plus fragiles croisant des classes moyennes, des jeunes, de nouveaux arrivants, voir certains « venants » comme le terme utilisé par Hadrien Bels dans son roman « Cinq dans tes yeux ». Cette autofiction sur Marseille et son évolution depuis 30 ans est un plaisir à lire, entre nostalgie, lucidité et un humour corrosif.<br /><br /><h3><strong>Le quartier de Noailles entre habitants et habitués</strong></h3></div><div><br />Un quartier en particulier incarne cette diversité d’usages et donc ces frottements entre clients, habitants, commerçants et quelques luttes sourdes pour occuper l’espace public entre les vendeurs de cigarettes et les « biffins », récupérateurs vendeurs de tous produits avec les nouveaux usages de la végétalisation des rues. Ce quartier devenu le « Bouillon de Noailles » a vécu plusieurs vies mais toujours dans des tentatives d’auto-organisation, où la culture de la marge est devenue un mode de vie. Ainsi, durant 18 ans, le festival du Soleil a rythmé le quartier, avec le « Mille pattes » et l’association circassienne Artriballes. La Rage du peuple, mouvement urbain, né en 2004 à Noailles, cofondé par Keny Arkana a contribué aux mouvements des révoltes des quartiers populaires en 2005. Ce quartier a vécu aussi la seule expérience institutionnelle d’un conseil de quartier, au sens de la loi Démocratie de proximité de 2002 et ce, malgré le refus de la municipalité mais avec le soutien du maire de secteur de l’époque.<br /><br /></div><div>Quelle que soit la finalité d’animation, de contestation, de mobilisation et même d’institutionnalisation, les dynamiques du quartier ont toujours été lancées dans une culture de l’expérimentation. C’est dans cet esprit qu’en 2006, des habitants autour de Dalila Ouanes créent l’association Destination Familles afin de rassembler des mères de familles et répondre à leurs besoins d’animation et de soutien scolaire pour leurs enfants. Aujourd’hui, elle est au cœur de la dynamique de coopération du quartier et souhaite conserver cette dimension instituante, entre le cadre d’une politique d’animation sociale réglementée et l’appui à toutes initiatives des habitants, jusqu’à l’interpellation politique pour revendiquer un espace de co-construction des politiques publiques.</div><div><br /></div><div>Mais pour co-construire, la question de l’espace d’interaction est importante. La forme du collectif a souvent été privilégiée pour rassembler les énergies, les compétences et la diversité des parcours. C’est dans cette approche que l’Atelier Feuillants a été cocréé entre l’association Centre Ville Pour Tous, un jeune collectif d’architecte, l’Atelier sans tabou, et des habitants et habitués du quartier. Cette première expérience de coconstruction à l’occasion de la vente d’un ilôt public, l’ilôt Feuillant, entre la Canebière et Noailles, a permis aussi d’imaginer ensemble l’aménagement d’un lieu en questionnant la multitude des besoins et des usages. Dans son Manifeste, le collectif affirme « La véritable motivation de notre action consiste, pour les citoyens que nous sommes, à entrer dans le débat politique par la grande porte en nous appuyant sur nos expertises du quotidien et celles de la réhabilitation du centre-ville. Il ne s’agit pas de nous substituer aux autres acteurs du projet qu’ils soient du côté de la maîtrise d’ouvrage ou de la maîtrise d’œuvre. Notre démarche fait référence à la notion d’exercice de la « maîtrise d’usage », concept salvateur de la bonne conduite en matière d’initiatives urbaines publiques. »<br />En 2012, cette première affirmation d’une maîtrise d’usage pour refuser la vente d’un bien communal et en proposer un usage commun est une première pierre d’un long processus qui aujourd’hui questionne les conditions de la fabrique de la ville, en l’occurrence la fabrique de Marseille. <br /><br /><h3><strong>Noailles en colère !</strong></h3></div><div><br /></div><div>Le 5 novembre 2018 à 9h05, les 63 et 65 rue d’Aubagne s’effondrent. 8 marseillais meurent. Ce drame devient alors le point zéro d’une mobilisation qui ne faiblit pas aujourd’hui.</div><div>L’émotion partagée des habitants, habitués, associations ou commerçants du quartier nous appellent, à chaque commémoration, à notre responsabilité collective en mémoire des disparus et des délogés qui ont dû quitter le quartier. </div><div><br /></div><div>A partir de cette date, et autour du Collectif du 5 novembre et de Destination Familles, alliés avec le Conseil citoyen du 1er et 6ème arrondissement, Centre-Ville Pour tous, La Ligue des Droits de l’Homme, et la Fondation Abbé Pierre, les dynamiques d’auto-organisation ont permis de coconstruire une stratégie avec une diversité d’acteurs, dans des temps et des espaces, des outils et des leviers, différents mais complémentaires. Le processus initié l’a été, une nouvelle fois, avec une culture partagée de l’enquête et de l’expérimentation, et en tension la culture activiste à celle plus institutionnelle. De la marche blanche le 10 novembre, à la marche de la colère le 14 novembre puis à l’ensemble des marches les samedis suivants, au côté des gilets jaunes et des syndicalistes, pour le droit à la ville et contre le mal logement, la mobilisation a permis de créer un contexte permettant des marges de manœuvres.</div><div><br /></div><div>De la création de la première Agora de Noailles le 24 novembre 2018 à la rédaction d’une Charte pour le relogement, votée le 17 juin 2019 à l’unanimité du conseil municipal de Marseille, il s’est passé des jours et des luttes, des moments puissants où le collectif de travail que nous avions inventé s’est profondément transformé, ensemble et dans la singularité.</div><div><br /></div><div>Les enjeux travaillés, comme les relations consolidées, seront partagés dans les prochains articles comme autant d’épisodes pour mieux saisir ce temps long et appréhender la nécessité d’espace de réflexivité pour penser ses actions et panser ses émotions. Ce temps enfin, pour se ressourcer et produire à notre tour une ressource à partager.</div><div><br /></div><div>Nous évoquerons dans les prochains épisodes la coproduction de la Charte pour le relogement, l’animation de ce Tiers Espace qu’est L’Agora de Noailles, les enjeux de coopération et de co-construction jusqu’à la mise en œuvre d’un Collège des maîtrises d’usages au sein du Projet partenarial d’aménagement, outil stratégique pour mettre la question du logement et de l’habitat au cœur des priorités marseillaises.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>Ce premier article inaugure un cycle pour documenter un long processus de co-construction de la ville avec un focus sur le quartier de Noailles, le ventre de Marseille.</p><p>1 Un récit de la première lutte à Belsunce https://www.cairn.info/revue-vacarme-2019-4-page-44.htm<br />2 Le site de l’association est très bien documenté sur ces enjeux urbains https://centrevillepourtous.fr/informazioni/<br />3 Enquête ENCRE 2016 https://encre.hypotheses.org/ et l’ensemble des ressources pour mieux comprendre les enjeux et accéder à de nombreuses données brutes ou analysées. https://encre.hypotheses.org/ressources<br />4 “C’est un mot que j’ai pris à ma femme qui est sénégalaise. À Pikine, dans la banlieue de Dakar, c’est comme ça qu’on qualifie tous les gens qui viennent d’ailleurs. Cela me permet d’échapper à bobo, ce mot fascisant que tout le monde met à toutes les sauces. Pour moi, le venant est celui qui s’approprie la ville comme on porte un sac “solidarité Noailles » https://marsactu.fr/hadrien-bels-le-venant-de-marseille-de-la-rentree-litteraire/<br />5 https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Rage_du_peuple<br />6 https://atelierfeuillants.wordpress.com<br />7 Dossier déposé et intention du collectif : https://atelierfeuillants.files.wordpress.com/2012/05/20120420-noticeallegee-1.pdf<br />8 Lien pour lire la Charte pour le relogement https://charte.collectif5novembre.org/<br />9 Le document final de présentation des intentions et des premières organisations du PPA https://www.ampmetropole.fr/sites/default/files/2019-12/PPA_final_contrat_de_projet.pdf?fbclid=IwAR0a-tB15QeLSNiE2h8UK2RG6GUqpKXglDS9x_XPdb6Fdc4SezJwvFNcHnA</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?NoaillesEntreOmbresEtLumieres">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2024-01-14" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="NonAuDefaitismeUneAutreCampagneAImagin" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_participative_en_progression" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-09-16 04:04:47" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_NonAuDefaitismeUneAutreCampagneAImagin"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              NON au défaitisme ! Une Autre campagne à imaginer ensemble vers une démocratie continue. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_NonAuDefaitismeUneAutreCampagneAImagin" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>14/01/2024</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">NON au défaitisme ! Une Autre campagne à imaginer ensemble vers une démocratie continue. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>En ce début d&apos;année, le moment des vœux peut nous amener à une forme d&apos;impuissance et de fatalisme tant les crises se succèdent. L&apos;atmosphère est saturée de violences et de peurs et l&apos;horizon est sombre. Mais la lucidité permet aussi de regarder ce qui est en germe et ce qui se transforme déjà.</p>    <p>Il faut se donner les moyens de coconstruire un récit du côté de la vie, de la justice et de la liberté, du local au mondial, ni plus, ni moins ! Et nous avons déjà de nombreux éléments de ces récits, des chemins et des scenarios avec Négawatt[1] et Solagro[2], et leurs déclinaisons dans des expériences concrètes et durables sur nos territoires, des acteurs et des réseaux qui se croisent, de l’urbain au rural au sein notamment des États généraux du post-urbain, des premiers espaces partagés entre des acteurs issus des quartiers populaires et les nombreuses mobilisations sur le climat et les transitions.</p>    <p>Il y a un enjeu de partager et diffuser ces expériences et ces savoirs et notamment à partir d’une cartographie. C’est la raison de notre implication dans le projet du collectif Transiscope[3]. C’est une première étape afin de rendre visible ces acteurs. La seconde étape est d’ouvrir des espaces d’animations locales de cette communauté. Le 29 et 30 mars prochain à Marseille, un collectif s’est constitué pour animer un réseau d’acteurs afin de coconstruire une carte des initiatives et mouvements d’habitants, reliant quartiers populaires et alternatives de transition.</p>    <p>Retours d’expériences et cartographie sont des premiers jalons d’une campagne de long terme pour une démocratie permanente.</p>    <h3><strong>Une campagne permanente pour une démocratie continue...</strong></h3>    <p>Nous avons une démocratie fondée sur une division du travail démocratique entre parti, syndicat et société civile. Durant des années jusqu’à maintenant, chaque organisation devait rester à sa place avec une domination forte des appareils politiques et de leurs professionnels, élus ou techniciens, au pilotage seul des calendrier électoraux.</p>    <p>Aujourd’hui, notre démocratie représentative est en crise profonde, ce constat partagé doit nous interroger dans notre imaginaire institutionnelle et notre façon de considérer aussi une campagne. Elle n’est pas qu’électorale. Elle doit se situer le plus en amont afin d’inscrire un autre calendrier et doit se vivre après chaque échéance pour conserver vivante les espaces démocratiques ainsi ouverts.</p>    <h3><strong>...Qui s&apos;inscrit en 2024 dans une perspective sur 6 ans</strong></h3>    <p>6 ans car nous nous situons dans la perspective des objectifs de développement durable de l’ONU de 2030 mais nous n’oublions pas le calendrier électoral national avec les européennes le 9 juin 2024, les municipales en mars 2026, la présidentielle en avril 2027 et les législatives en juin 2027, puis les départementales et les régionales en mars 2028.</p>    <p>Nousmesurons que le temps peut devenir un allié dès l’instant où nous l’intégrons dans une stratégie et que nous l’articulons avec des espaces pour permettre de catalyser les énergies mobilisées.</p>    <p>Poser des premiers jalons d’une année 2024, où les rencontres doivent se relier, comme autant de rebonds et contribuer à écrire un récit commun.</p>    <p>Le 26 janvier : « Droit de Cité;»[4] Journée du Mouvement associatif[5] à la Cité internationale à Paris.</p>    <p>Le 27 janvier : un espace ouvert par l’Archipel des confluences[6] aux tisserands pour initier un début de catalyse autour rendez-vous de l’année 2024.</p>    <p>Le 14 mars : journée du Collectif pour une transition citoyenne[7] (CTC) autour de son identité publique et politique.</p>    <p>Les 29 et 30 mars : Deux jours avec Transiscope[8] à Marseille et croisement avec les travaux de la pirogue Terra[9] de l’Archipel des confluences et de nombreux réseaux marseillais dont Alternatiba[10], l’Arbre des imaginaires[11], Massalia Vox[12]…</p>    <p>Les 26-27 et 28 avril 2024 : Séminaire à Villarceaux du Mouvement pour une économie solidaire[13] (MES) avec une trentaine d’organisation impliquée dans les transitions pour imaginer ensemble une stratégie commune.</p>    <p>Du mois de juin à septembre, le Tour Alternatiba, partout en France avec une clôture du 4 au 6 octobre à Marseille[<a>5</a>].</p>    <p>5, 6 et 7 Juillet :  Les rencontres des Dialogues en Humanité[14] à Lyon</p>    <p>De septembre à octobre, des centaines de rencontres partout en France autour des 10 ans de la Fête des possibles initiée par le Collectif pour une Transition citoyenne.</p>    <p>En novembre, l’Université du mouvement <a>Utopia</a>[15]</p>    <p>En décembre, l’Assemblée des alliés de la Fabrique des transitions[16]</p>    <h3>Autant de formes pour imaginer une campagne de nos rêves !</h3>    <p>C’est le processus engagé qui peut créer une contagion positive car il n’y pas une organisation centralisée mais de multiples initiatives qui se passent la balle de date en date et qui assument ainsi un leadership croisé.</p>    <p>Pour ce faire, nous devons compter sur les tisserands présents dans chaque organisation, celles et ceux qui ont une attention à la relation et donc à leur posture de coopération ouverte<a href="#_ftn17">[17]</a>, une intention de relier leurs savoirs, leurs contacts, de tisser pour catalyser.</p>    <p>Nous nous retrouverons le samedi 27 janvier 2024 à Paris au siège de la Fondation pour le progrès de l’Homme - Charles Leopold Mayer<a href="#_ftn18">[18]</a> pour imaginer ensemble les leviers de cette transformation, ces prochaines dates comme autant d’occasion de catalyser nos ressources.</p>    <p>Cette année 2024 permettra l’ouverture de cet espace pour les tisserands qui souhaitent expérimenter de nouvelles formes de catalyse afin de faire levier. Nous sommes convaincus que notre démocratie doit se consolider en dépassant le seul rythme des élections. Notre perspective est une démocratie continue, permanente et qui se vit dans des espaces institutionnels, renouvelés lors des échéances électorales, mais aussi et surtout dans des multiples espaces, institués ou non, formels ou informels, à partir de nos quartiers et des solidarités de voisinage jusqu’au niveau national, européen et international. De l’intime au planétaire selon l’expression de Patrick Viveret, des liens se tissent, déployons les occasions de catalyser ces énergies.</p>    <p>Nous devons imaginer ensemble dans les prochaines semaines notre stratégie, inscrite dans les prochaines rencontres de cette année 2024, une stratégie renforçant les tisserands mais qui doit toucher ces millions de citoyens inquiets de glisser vers un abime de notre démocratie. Face à des médias, metteurs en scène de nos colères et de nos peurs, nous devons écrire un récit à plusieurs mains, à plusieurs fils, mais suffisamment désirable et puissant pour mobiliser et faire levier de transformation.</p>    <p>Une année 2024 comme une année bascule, pour mobiliser la société civique, et préparer ensemble les prochaines échéances, 2026, 2027 et 2030. Cette intuition est la nôtre, elle peut nécessairement évoluer et se consolider si vous nous rejoignez ?</p>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] https://negawatt.org/index.php<br /><br />[2] https://afterres2050.solagro.org/decouvrir/scenario/<br /><br />[3] www.transiscope.org<br /><br />[4] https://www.droitdecite.org/<br /><br />[5] https://lemouvementassociatif.org/<br /><br />[6] https://www.archipel-confluences.org/WikiAdC/?PagePrincipale<br /><br />[7] https://transition-citoyenne.org/lecollectif/<br /><br />[8] https://transiscope.org/<br /><br />[9] https://www.archipel-confluences.org/WikiAdC/?PirogueTerraPresentation<br /><br />[10] https://alternatiba.eu/<br /><br />[11] https://larbredesimaginaires.fr/<br /><br />[12] https://massaliavox.fr/<br /><br />[13] https://www.le-mes.org/<br /><br />[14] https://dialoguesenhumanite.org/<br /><br />[15] http://www.mouvementutopia.org/<br /><br />[16] http://fabriquedestransitions.net/index_fr.html<br /><br />[17] https://www.innovation-pedagogique.fr/article12297.html<br /><br />[18] https://www.fph.ch/index_fr.html#contenu</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?NonAuDefaitismeUneAutreCampagneAImagin">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-12-30" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="PasSansNous" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,la_possibilite_d_une_renaissance" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-09-16 07:30:04" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_PasSansNous"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Pour une dynamique d’économie solidaire dans les quartiers populaires - L&apos;Appel de Pas Sans Nous </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_PasSansNous" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>30/12/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Pour une dynamique d’économie solidaire dans les quartiers populaires - L&apos;Appel de Pas Sans Nous </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema la_possibilite_d_une_renaissance">
                      Pratiquer une autre économie  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h3>À l’issue du 1er Forum national « Économie Solidaire et Quartier Populaire », organisé le 25 novembre 2017 à Villeneuve-la-Garenne, Pas sans nous a souhaité lancer cet appel qui s’appuie sur un constat et sur une méthode. </h3><p>Depuis 40 ans, les politiques de développement économique mises en place dans le cadre de la politique de la ville échouent à résoudre le chômage endémique et les processus de marginalisation sociale qui en découlent dans les quartiers populaires. Il faut y voir les limites de politiques qui restent sectorisées et ne s’appuient pas ou peu sur les potentialités et sur les dynamiques locales. L’économie sociale et solidaire, qui est de plus en plus convoquée par les pouvoirs publics en tant qu’approche innovante des rapports entre économie et société, permet d’ouvrir de nouvelles perspectives. Encore faut-il ne pas la considérer comme une recette miracle et ne pas entretenir les ambiguïtés dont certaines de ses acceptions sont porteuses. Pour nous, il est clair que l’ESS n’est pas un sous-secteur public qui avaliserait la dégradation des conditions de vie par le recul des grandes institutions républicaines et leur remplacement par des prestations précarisées. L’ESS que nous voulons relève du droit commun et non d’une exceptionnalité pour les banlieues. L’ESS que nous construisons ressort de la solidarité démocratique.  Le constat  Il existe déjà des formes d’économie populaire et des tentatives d’économie solidaire dans les quartiers. Trop souvent occultées, elles ont été invisibilisées par un récit productiviste qui a assimilé l’économie contemporaine au seul capitalisme marchand. En lien avec cette conception, s’est installée l’idée selon laquelle la participation des habitants en matière de politique de la ville n’aurait pas d’efficience. Le retour d’expériences sur plusieurs décennies montre que le principal manque tient à l’absence de confiance institutionnelle envers les initiatives des habitants. Sans cesse renvoyées à leurs insuffisances, elles n’ont jamais fait l’objet d’une politique de soutien appropriée et à la hauteur des enjeux. Malgré ce mépris et l’épuisement de leurs porteurs, de multiples initiatives témoignent encore de leur persistance et de leur foisonnement. Or la diminution des inégalités et la transformation sociale ne peuvent être conquises qu’en mettant au cœur du processus les citoyens directement concernés.  La méthode  Pour avancer, il convient donc de partir des connaissances réunies à la fois par les habitants, par les acteurs de terrain et par les chercheurs, travaillant en dialogue constant avec la société civile  de soutenir leurs initiatives, de consolider leurs mobilisations. Les formes d’économie populaire et les autres expériences déjà en œuvre sont les germes de l’économie solidaire de demain. On le voit dans d’autres pays, sur d’autres continents, en particulier en Amérique du Sud, les programmes développés nous montrent que l’économie populaire peut devenir une économie solidaire de droit commun transformant une tactique de résistance en une stratégie favorisant le bien vivre dans les quartiers, si celle-ci bénéficie d’un véritable appui à l’investissement immatériel et matériel.  Propositions  Cette démarche inédite doit se traduire par des innovations institutionnelles. Plusieurs propositions structurantes peuvent d’ores et déjà être évoquées et méritent d’être approfondies comme les preuves d’un dialogue régénéré entre habitants des quartiers et institutions publiques. L’élargissement des expérimentations des « tables de quartiers » qui permettent de faire émerger des idées et des suggestions de celles et ceux qui possèdent une expertise de vie et d’usage, indispensable pour concevoir des actions pertinentes. La création, sous forme de prototypes, d’incubateurs solidaires destinés à mettre en place sur plusieurs territoires de nouvelles modalités d’accompagnement pour les initiatives en mutualisant des ressources de façon transversale ou par secteurs d’activités, comme des compétences venues de l’Université et de la recherche. La mise en place d’un fonds pour les initiatives citoyennes doté d’au moins 5 % du montant total du budget consacré annuellement au fonctionnement de la démocratie représentative nationale. </p><p>Pour une dynamique d’économie solidaire dans les quartiers populaires, il est donc urgent de ré-intriquer mouvement social et activité économique, pratiques citoyennes et recherches scientifiques.  (1) Signataires : Pour la coordination nationale Pas sans Nous : Mohamed Mechmache, président fondateur  Nicky Tremblay et Fatima Mostefaoui, co-présidentes  Claude Sicart, président du Pole.S  Pour le Mouvement pour l’Économie Solidaire, Patricia Coler, co-présidente  Marie-Hélène Bacqué, professeure d’études urbaines, université Paris Ouest Nanterre  Jean-Louis Laville, titulaire de la chaire Économie solidaire au CNAM, chercheur associé au Collège d’études mondiales.  </p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?PasSansNous">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2021-11-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="QuellesConditionsPourUnDialogueDesSavoirs" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,questionner_le_travail" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-09-16 04:59:37" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_QuellesConditionsPourUnDialogueDesSavoirs"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Quelles conditions pour un dialogue des savoirs  à visée transformatrice ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_QuellesConditionsPourUnDialogueDesSavoirs" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/11/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Quelles conditions pour un dialogue des savoirs  à visée transformatrice ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema questionner_le_travail">
                      Questionner le travail et la production 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Dans un moment particulier où les conditions du débat public ne sont pas réunies : la place de la polémique est centrale, les échanges sont construits dans une polarité binaire : pour/contre. Alors que la connaissance et les ressources en savoirs sont accessibles au plus grand nombre comme jamais. Notre démocratie devient malade, asséchée, épuisée et épuisante. Combien d’initiatives existent et émergent mais ne font pas encore leviers au-delà des premiers concernés ? </div><div><br /></div><div>De nombreux acteurs affirment leur besoin de « faire », d’être dans le « concret », de vivre les transformations. Ces « savoirs chauds », de l’expérience et de l’expérimentation ont besoin de se relier, de se diffuser pour infuser, d’être visibles dans une cartographie pour être repérés et inspirer. De nombreux acteurs s’y emploient et des sites les référencent. De nouveaux médias et des formats s’inventent. De nouvelles formes d’écriture aussi. Comment s’inscrire dans ce mouvement ?</div><div><br /></div><div>D’autres acteurs issus du monde de la recherche, académiques ou institutionnelles, du monde technique ou professionnel, produisent des savoirs institués, des ressources théoriques et conceptuelles, ces « savoirs froids » sont nécessaires pour questionner nos pratiques, accéder à des données et des analyses « objectivées ». </div><div><br /></div><div>Trop souvent, ces deux typologies de savoirs et souvent d’acteurs, se font face : le « concret » face à la « théorie », les « opérationnels » face aux « intellectuels ». Dans quelles conditions le dialogue est possible et quel levier ?</div><div><br /></div><div>L’encyclopédie du changement de cap peut être un de ces espaces de production et de diffusion de ces savoirs en dialogue. Comment peut-on imaginer son développement pour qu’elle puisse se mettre au service d’espaces d’expressions, de réflexions et d’actions dans les territoires ? Pour initier cette ambition, il faut partir de soi, rester ancré avec les réalités de nos parcours, de nos vies, de nos colères comme de nos espoirs. Quelques mots alors d’où je parle pour mieux comprendre ainsi mes motivations et mon approche. </div><div></div><div><strong><br /></strong></div><h3>Un premier parcours entre institutions et autonomie des acteurs.<strong></strong></h3><div>Mes premiers engagements dans le syndicalisme étudiant et dans un mouvement politique de jeunesse m’ont amené à considérer l’action publique comme un levier de transformation politique et sociale et non comme une catégorie d’une science de gestion. Le droit, puis la science politique, m’ont permis d’en saisir les leviers, mais d’en mesurer aussi les freins institutionnels et culturels au sein de nos organisations, notamment politiques déjà très professionnalisées. J’ai pris la mesure d’un « monde à part », ses codes et ses rites, les processus bureaucratiques de nos institutions et la gestion de ce temps politique que les médias et les communicants découpent en « séquences ». Le rythme des rendez-vous électoraux structure une démocratie représentative épuisante et épuisée. </div><div>Cette expérience m’a consolidé dans ma première voie, l’engagement bénévole dans l’éducation populaire sans doute pour inscrire dans la durée des transformations complexes. Administrateur national d’une grande fédération d’éducation populaire sur les questions de jeunesses, puis investi dans une association d’éducation aux médias à Marseille, je me suis inscrit dans le nouveau courant des SCOP d’éducation populaire politique qui propose une autre voie d’émancipation que la gestion d’équipements sociaux, sous contrainte de plus en plus forte d’institutions. </div><div><br /></div><div></div><h3>Une expérience au sein de l’institution, au croisement du politique et du technique.<strong></strong></h3><div>Durant 3 ans, j’ai pu exercer le rôle de directeur de cabinet à Vitrolles. Au-delà de mes missions de dircab, cette ville, son histoire, notre responsabilité collective m’a conduit à m’engager dans des projets de participation des habitants. Cette expérience construite par des rencontres et des « tentatives », volontairement dans une posture d’expérimentation a mobilisé, en interne dans les services d’abord, car ce fut le premier pari puis vis-à-vis des associations et des habitants ensuite. Cela a généré des désirs et du plaisir et ce sont bien ces énergies qui nous permettent de dépasser les tensions qui font jour. L’inconfort des postures nous rend peut-être plus fragiles, mais cela nous pousse à rester en veille et en éveil aux relations et aux opportunités. Dans le cadre d’une politique publique, la norme nous engage souvent à s’autocensurer, mais des marges pourtant existent bien et la circulation de ces savoirs et expériences devient un enjeu. L’Eccap peut en être un levier comme un espace aussi d’échanges de ces expériences concrètes, ces savoirs investis, ces savoirs « chauds ».</div><div><br /></div><div></div><h3>Une approche du territoire comme un milieu.<strong></strong></h3><div>Le territoire d’une commune est un espace idéal pour questionner les transformations, elles sont faciles à repérer, à tisser, à questionner même si les modes de gestion en silo et les légitimités des « compétences techniques » peuvent freiner quelques fois la coopération. </div><div>Cette dimension m’est apparu une évidence à la suite de l’expérience initiée en 2011 appelée Vitrolles Echangeur[1]. En lien avec Bruit du Frigo, un collectif d’architecte de Bordeaux et son fondateur, Gaby Farage, aujourd’hui décédé, nous avions imaginé une proposition politique, sociale et culturelle qui a redonné une place centrale à Vitrolles au sein de la métropole (notamment autour du chemin de grande randonnée GR2013 dont le cœur de la boucle est sur le plateau de Vitrolles). Même si la réalisation en 2013 en a montré les limites, ce fut pour moi, une des premières approches territoriales multidisciplinaires, avec l’apport d’architecte-artiste-urbaniste-paysagiste au côté des agents publics comme des associations. De nombreux collectifs ont ainsi fait de Vitrolles leur terrain d’expérimentation (Collectif ETC, Collectif Exyst, Bellastock…). Là encore, avec du recul, je mesure les liens et les savoirs acquis au fur et à mesure de ces missions, savoirs investis et savoirs institués, rapport au territoire et à son histoire, au patrimoine bâti comme au patrimoine immatériel. </div><div><br /></div><div></div><h3><strong>Une posture de tiers, facilitatrice d’un dialogue des savoirs.</strong></h3><div>Aujourd’hui, je poursuis mon engagement militant sur les enjeux urbains et le droit à la ville au sein de l’association Un Centre-Ville Pour Tous, et dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville au sein de l’association La ManuFabriK où je questionne l’animation des conseils citoyens, comme un espace de coproduction de savoirs et d’animation territoriale. Mais pour cela, la posture de « Tiers facilitateur » ou « d’animateur de milieux » est utile. Ce « tiers » résonne avec la posture d’ingénierie sociale et l’approche ergologique. Hugues Bazin poursuit dans le même texte : « Trois points d&apos;appui sont nécessaires au levier comme force de transformation sociale. Ce chiffre « trois » est une façon de nommer l’accueil de l’Autre sans condition dans son altérité et la sortie de l&apos;opposition binaire pour atteindre une complexité, celle des processus vivants. Ce sont ces transformations qui sont au cœur de la recherche-action. Acteur-chercheur n’étant ni une profession ni un statut, il s’agit de négocier en permanence des espaces qui peuvent jouer le rôle d’interface et valider ces processus et les compétences mobilisées en situation. »<a href="#_ftn2"><strong>[2]</strong></a></div><div>Suite à mes travaux de recherche, j’ai proposé une lecture de ce terme comme un acronyme nous permettant de repérer les enjeux à questionner pour créer les conditions d’un véritable dialogue des savoirs qui transforment, le TIERS comme 5 enjeux : (Besoin de)<strong>T</strong>emps, (Assumer une) <strong>I</strong>ncertitude, (Ouvrir des) <strong>E</strong>spaces, (Attentif aux) <strong>R</strong>elations et (Produire et documenter les) <strong>S</strong>avoirs.</div><div>Cela m’amène à rester enthousiaste pour ce nouveau challenge au sein de l’équipe de l’Eccap, une encyclopédie comme un tiers espace de dialogue des savoirs à visée transformatrice.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] https://ateliermoustier.com/Vitrolles-Echangeurs / https://www.cnap.fr/sites/marseille/Vitrolles.html<br />[2] Hugues Bazin. La centralité populaire des tiers-espaces, in L’observatoire No 52, Observatoire des Politiques culturelles, 2018, pp 91-93        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?QuellesConditionsPourUnDialogueDesSavoirs">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2023-12-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="SamirEtMarinTisserandsExplorateursEtCat" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-09-16 04:01:35" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_SamirEtMarinTisserandsExplorateursEtCat"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Samir et Marin, tisserands, explorateurs et catalyseurs au service des Confluences. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_SamirEtMarinTisserandsExplorateursEtCat" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/12/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Samir et Marin, tisserands, explorateurs et catalyseurs au service des Confluences. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Suite à l&apos;université d’Utopia à Sète, nous avons pu commencer à rendre compte de la dynamique forte vers plus de confluence entre des acteurs issus des quartiers populaires et des acteurs mobilisés au sein de villages. Cette relation entre les mondes urbains et les milieux ruraux devient aujourd’hui un enjeu majeur. A l’opposé du marketing territorial, où les territoires se transforment en acteurs dans un jeu concurrentiel fondé sur l’attractivité, il devient essentiel de repenser les dynamiques de coopération et la nécessité de relier les territoires, par les liens tissés d’abord par des organisations et des personnes.</p>    <h3><strong>Sète, un espace de Confluence</strong></h3>    <p>Ce fut la réussite de la dernière Université de Sète: rassembler des premiers tisserands. Les initiatives pour changer de cap sont portées par des dynamiques collectives mais aussi par des personnalités, des parcours engagés et engageant, croisant économie solidaire, enjeu climatique et justice sociale. Ces parcours, incarnés et ancrés, sont tout aussi inspirants quand ils cheminent ensemble et non côte à côte. Et l’une des rencontres que nous avons pu initier à Sète avec Guy a été celle de Samir et Marin.</p>    <h4><strong>Des liens entre des personnes et des parcours</strong></h4>    <p>Elle a commencé un matin tôt, dans une voiture, en covoiturage pour partir à Sète ! Plusieurs générations dans un même véhicule, et quelques heures pour faire connaissance. Samir et Marin sont deux personnalités qui ne passent pas inaperçues ! Certes, un peu plus jeune que nous, leurs parcours n&apos;auraient jamais pu se croiser et pourtant ils se croisent !</p>    <p>Cette énergie décuplée quand cela se produit, c’est toute l’ambition de notre projet de l’Eccap en Commun, inscrit dans l’archipel des confluences. De ces rencontres, il se produit des étincelles et c’est l’expérience que nous souhaitons vous faire partager. De notre posture de tisserand, nous poursuivons notre mission d’explorateur et catalyseur.</p>    <p>Il n&apos;y a pas d&apos;engagement sans conviction, il n&apos;y a pas de conviction sans une incarnation dans un parcours, des expériences, des désirs, des doutes et des utopies concrètes.</p>    <h4><strong>Samir et son regard de voyageur entre des mondes</strong></h4>        <p>Samir devenu voyageur, après avoir été étudiant en « tourisme universitaire », découvrant chaque année une nouvelle discipline comme il l’a expliqué avec humour et lucidité. Son rapport aux savoirs, non académique, il l’a découvert par hasard en répondant à une petite annonce dans un journal. Admis à une formation en journalisme dans le cadre d’une association d’éducation populaire, il suit durant un an, des cours du soir avec des enseignants de l’école de journalisme de Marseille désireux de contribuer à diffuser leur savoir à des jeunes, souvent issus des quartiers populaires, dont le chemin académique a pris des détours. De cette porte d’entrée, et une soif d’apprendre et de découvrir, un monde s’est ouvert à lui à partir des premiers interviews, des premières rencontres, des premiers reportages. Sa vie change de cap, il s’engage dans l’éducation populaire et par les voyages, il découvre d’autres mondes, au-delà des frontières mais aussi au-delà de nos propres frontières mentales, culturelles, religieuses.</p>    <p>Par la découverte de ces autres mondes, des différents et très inégaux quartiers de Marseille, aux villes européennes jusqu’au tour de monde des initiatives interreligieuses qu’il co-organise avec Coexister et ses 3 autres compagnons de route. Ce qui les amène à Londres, Tunis, Jerusalem, Beyrouth, Kigali, Le Cap, Oulan Bator, Tokyo, Seoul, New York, Addis Abeba, Mexico…</p>    <p>Ce besoin de vivre ces expériences et d’en laisser trace devient son fil rouge. Conserver des traces pour lui, comme un désir d’en faire durer le plaisir, et documenter pour les autres, comme un désir de leur transmettre son énergie et sa curiosité. Ce besoin est devenu un métier, videaste, « podcasteur », auteur de fanzine, autant de médias pour relier, tisser, et ainsi contribuer à la transformation. C’est aussi avec ce savoir-faire qu’il a rejoint l’université de Sète et la dynamique de l’Eccap en commun pour contribuer à produire du contenu audio et vidéo.[1]</p>    <h4><strong>Marin, entre l’arbre et le métier à tisser</strong></h4>        <p>Marin, a évolué dans un autre monde et après un parcours académique exemplaire mais classique pour le milieu dans lequel il a grandi, il décide de bifurquer après une première expérience professionnelle chez Danone. Il a d’ailleurs pu l’expliquer à Emmanuel Faber lui-même, patron à l’époque qui avait voulu rencontrer ce jeune homme impertinent qui lui a envoyé sa lettre de démission face aux incohérences du modèle d’entreprise, face aux urgences climatiques.</p>    <p>Impertinent et doté d’une sacrée dose de confiance en soi, transmis aussi par une bonne dotation en capital social et culturel, il décide de faire le chemin inverse de Samir, en vivant l’expérience d’une colocation solidaire à Saint Mauront, et travaillant à Felix Pyat, l’un des quartiers les plus pauvres de France. Ce sont alors autant de rencontres et d’expériences qui ont marqué aussi les certitudes d’un jeune homme « bien comme il faut ».</p>    <p>Cela aurait pu suffire à diversifier un CV, et entretenir une illusion de l’altérité, souvent bien instrumentalisés par des entrepreneurs sociaux en mal de pauvres à « sauver;». Ce n’est pas la posture ni le choix de Marin.</p>    <p>« Avec sa gueule de droite;» comme il exprime avec beaucoup d’auto-dérision, il a conscience d’être un passeur entre des mondes qui se croisent finalement assez peu et surtout à Marseille. Aujourd’hui, investi sur l’accompagnement aux « transitions », il développe un projet qu’il présente comme un nouveau récit à coconstruire à partir de l’allégorie de l’arbre. En s’appuyant sur l’image de l’arbre et de ses composants (les racines, la sève, l’écorce, les feuilles, les fruits…), il décline une série de questions qui peut appuyer des processus de transformation autant individuel, que collectif, dans le champ de l’entreprise ou du monde associatif, dans une dimension micro-locale ou plus ambitieuse, systémique et profondément politique. Son idée est « incubée» pour tester cet outil-posture et imaginer sa forme et son déploiement et en faire, pourquoi pas, une création d’activité. De l’arbre des imaginaires à la forêt des possibles, il expérimente un usage avec des personnes et des collectifs les plus divers possibles[2].</p>    <h3><strong>Penser, créer et transformer notre économie</strong></h3>    <p>Mais alors comment concilier un engagement politique, social et sociétal et une dimension professionnelle ? C’est bien l’un des enjeux de cette génération et une dimension souvent méconnue et invisibilisée par les générations précédentes.</p>    <p>Il était commun de voir des « militants;» politiques, issus du milieu des fonctionnaires (le jour) et militant (le soir), des militants syndicaux, en partie déchargés de leurs fonctions professionnelles, être disponibles pour structurer les organisations et mobilisations collectives. Tout ce monde, et ces profils souvent masculins, ont longtemps animé les débats publics et politiques. Or, aujourd’hui, ce n’est plus le cas dans les mouvements militants de jeunesse notamment, la question économique n’est plus un tabou.</p>    <p>Comment penser alors « son économie » au service de son engagement pour changer de cap ? Cette question devient centrale pour des générations qui refusent d’aller mettre leurs compétences au service de banques comme Paribas ou de groupes industriels qui n’intègrent pas la nécessité de changer de modèle productiviste. Elle devient centrale autant pour des raisons pratiques (vivre dignement de son engagement) que pour des raisons éthiques (vivre en cohérence entre métier et valeurs). Mais restons attentifs aussi à préciser que cette dimension ne peut devenir un principe d’action car dans de nombreux cas, cela n’est possible. Il faut se méfier des postures morales portées par des personnes qui ont les moyens de cette ambition. Cette attention est importante car elle peut être un frein aux alliances entre des milieux et des militants, des quartiers populaires et des acteurs de la transition.</p>    <h3><strong>Une cartographie et un premier rendez-vous au printemps</strong></h3>    <p>C’est autour de ces enjeux que Samir et Marin croisent leurs expériences et fertilisent leur dynamique commune. Ce sont deux personnalités qui incarnent l’enjeu des alliances et le croisement des mondes à Marseille notamment. C’est autour de leur énergie, et celle de bien d’autres qu’un mouvement se construit pour rendre visible une première cartographie des mouvements d’habitants et des alternatives de transition en lien avec Transiscope.org.</p>    <p>Ce projet de cartes, nourri par des expériences de luttes et d’organisation collective en mode vidéo et podcast, a comme premier objectif : être présenté lors du prochain rendez-vous national du réseau Transiscope, le Transiscothon à Marseille au printemps prochain. Un premier rendez vous qui en appelle d’autres en 2024, dont la clôture du Tour Alternatiba 2024 à Marseille, du 4 au 6 octobre 2024, autour des enjeux de l’écologie populaire, l’écologie pirate comme l’exprime si bien Fatima Ouassak[3].</p>    <p>Participer d’un même combat, concret et mobilisateur autour de la lutte contre la précarité qui augmente avec les charges et l’état des bâtiments, dont les passoires énergétiques nombreuses dans l’habitat social et les copro dégradées, il y a là, des alliances à consolider et des solutions à imaginer, pourquoi pas l’auto-réhabilitation accompagnée[4] ?</p>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Lumos Maris Production (SARL)<br /><br />[2] https://larbredesimaginaires.fr/projet/<br /><br />[3] Fatima Ouassak. Pour une écologie pirate. Ed. La Découverte. 2023.<br /><br />[4] D.Cérézuelle et G.Roustang. L’autoproduction accompagnée. Un levier de changement. Ed. Erès.2010.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?SamirEtMarinTisserandsExplorateursEtCat">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2024-06-14" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="TransiscothonEnBandeOrganiseeAMarseille" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-09-16 04:38:24" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_TransiscothonEnBandeOrganiseeAMarseille"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Transiscothon en bande organisée à Marseille : un premier espace ! </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_TransiscothonEnBandeOrganiseeAMarseille" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>14/06/2024</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Transiscothon en bande organisée à Marseille : un premier espace ! </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h3><img src="https://transiscope.org/wp-content/uploads/2024/06/IMG_20240330_134006-1536x1152.jpg" alt="/" /></h3>    <h3><span style="font-weight:normal;"><span style="font-weight:normal;">Transiscope</span></span> est le portail web des alternatives </h3><p>Initié par une première communauté d’organisations nationales il y a quelques années, ce commun coproduit et animé par une collégialité exemplaire souffre d’une animation des données fragile. En effet, fonctionnant dans une culture d’archipel, ce sont les sources engagées qui mettent à jour leurs contacts, or, cela demande beaucoup d’énergie car de contacts à relancer et de liens à tisser.</p>    <p>C’est pourquoi, avec le même souci de faire évoluer le projet en fonction de ses retours d’expériences, le comité de pilotage de Transiscope a décidé de s&apos;engager dans l&apos;appui aux dynamiques locales considérant que c&apos;est la bonne échelle pour animer les sources et permettre de diffuser l&apos;usage d&apos;une cartographie utile pour les militants et personnes engagées sur leur territoire.</p>    <p>Cette nouvelle stratégie se décline dans une implication plus forte au sein du Collectif pour la Transition citoyenne (CTC) afin que Transiscope devienne un outil au service des 33 organisations membres du CTC avec prochainement le développement d’un agenda partagé qui leur permettra de croiser des dates et des rendez-vous locaux.</p>    <h3>L&apos;organisation des Transiscothons : nourrir nos liens sur un territoire</h3><p>Ces rendez-vous du Transiscope sur les territoires sont une occasion de se rencontrer en vrai, ses membres impliqués comme des acteurs repérés sur la carto mais aussi pouvoir accueillir de nouvelles dynamiques locales. Depuis 2021, il y en a eu 9, de Paris à Nantes, de Lyon à Strasbourg, de Quimper à Marseille. Ce 9ème transiscothon, baptisé «Transiscope en bande organisée;» (référence utile pour les non marseillais, vous pouvez cliquer sur les liens pour les amateurs de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=-CVn3-3g_BI">Jul</a> ou de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=iAIwk6Vxkl0">carottes</a>) a été organisé à Marseille les 29 et 30 mars dernier.</p>    <h4>L’intention partagée</h4>    <p>A Marseille, notre intention a été présentée aux collectifs et acteurs du territoire que nous considérons comme des tisserands ou des catalyseurs;! </p>    <p>« Marseille est une ville archipel, riche d&apos;initiatives et de dynamiques collectives. Depuis des années, certain·e·s se retrouvent dans des luttes contre l&apos;habitat indigne ou la gentrification, pour le droit à la ville, et l&apos;accès aux services publics dans une ville qui reste l&apos;une des plus inégalitaires en France. D&apos;autres s&apos;engagent dans des transformations de leur cadre de vie, autour de questions de mobilité, d&apos;accès aux ressources naturelles ou de lutte contre la pollution. Des lieux s&apos;ouvrent, des terrains se cultivent, le foncier devient un enjeu Commun. Il existe aussi des espaces de mobilisation plus ou moins organisés, plus ou moins institutionnels ou autonomes. Depuis longtemps, des collectifs tissent des liens, produisent des cartographies pour les faciliter mais il reste encore du chemin pour diffuser une culture de la coopération et dépasser un système qui a trop joué sur les concurrences et la compétition. Le Tour Alternatiba qui se terminera début octobre à Marseille peut être une occasion de se fixer un objectif commun : relier les enjeux sociaux et écologiques en démontrant que l&apos;écologie populaire s&apos;ancre dans des réalités marseillaises. »</p>    <p>C&apos;est l&apos;intention d&apos;une première communauté qui s’est réunie dans les locaux de <a href="https://massaliavox.fr/">Massalia Vox</a> et du Comptoir de la Victorine, à l’invitation de <a href="https://www.facebook.com/p/Cie-LArt-de-Vivre-100036409287143/">l’Art de vivre</a>.</p>    <h4 class="wp-block-heading">Une rencontre pour renforcer les liens à Marseille entre « tisserands»</h4>    <p>Il y a eu une quarantaine de participants sur les deux jours venus de différents réseaux marseillais mais aussi nationaux, des organisations du Copil de Transiscope : le MES (mouvement pour l&apos;économie solidaire), le CAC (Collectif des associations citoyennes), Alternatiba, le Mouvement Utopia, le réseau Animacoop, l&apos;Assemblée virtuelle, les Colibris mais aussi des réseaux et collectifs marseillais. La liste des inscrits est partagée sur le site yeswiki du transiscothon ainsi que les prises de note et compte rendu en carte mentale. Tous les temps et ateliers ont été documentés au fil de l’eau par les participants.</p>    <p>Le choix de l’animation a été volontairement très ouvert. Nous avons proposé un espace sur un mode de forum ouvert afin de permettre à chacun de contribuer et d’apporter sa pierre à l’édifice. En effet, créer des liens et les consolider nécessite une volonté mais aussi une confiance. Pourquoi vouloir apparaître dans une cartographie, avec qui et dans quels objectifs communs ? Cette confiance se construit par une meilleure interconnaissance et un partage de valeurs et de principes d’actions.</p>    <p>Après avoir débuté par un petit exercice ludique pour mieux se situer et se connaître, Bruno Lasnier du MES et Florent Gaudin en charge de la coordination ont présenté le projet Transiscope, ses origines, ses évolutions et ses enjeux actuels.</p>    <h3>Echanger autour de la Charte</h3><p>C&apos;est d&apos;abord échanger autour des valeurs et principes d’action de notre communauté. Des premiers ateliers ont pu ainsi la questionner et proposer de l’améliorer, elle doit rester un objet de coopération, elle a vocation à clarifier notre posture et ainsi à être notre premier commun. Les nombreuses interventions ont permis de creuser certains enjeux politiques mais aussi stratégiques.</p>    <p>La Charte est aussi un processus. Elle est une Charte qui questionne plus qu’elle ne donne la voie ou la norme à respecter. Quelles sont alors les lignes rouges et ce qui nous permet de se sentir lier ?</p>    <p>Par exemple, il y a eu la nécessité d’éclairer certains termes et concepts utilisés tant il est possible que nous ne mettions pas le même sens dans les mots : pourquoi pas une proposition de glossaire;? D’autres parties ont suscité des échanges, sur les luttes non-violentes, sur la vigilance à l’égard d’organisations d’extrême droite qui commencent à récupérer des sujets écolos, sur le fait qu’une carte n’est pas la réalité et donc, notre capacité de rester toujours humble et accueillant à de nouvelles alternatives.</p>    <p>Alors quelle est la validité des données, qui est garant de ces données ? C’est l’un des sujets importants car il démontre la nécessité de consolider notre communauté. Il n’y pas de garantie au sens juridique, ni au sens politique d’ailleurs. La situation de nos données est liée à l’information fournie à un temps T. Cette information peut évoluer, la source pointée peut avoir disparu ou même changé de point de vue ou de de statut.</p>    <p>C’est pourquoi il est important de considérer ce projet comme un processus de production d’une connaissance partagée. Cette plateforme doit assumer une posture modeste. Elle ne souhaite pas devenir une plateforme exhaustive, ni d’ailleurs « grand public;» même si la carte est naturellement accessible et diffusable. Cela demanderait une économie et des moyens de communication et de diffusion sur de multiples plateformes, et cette diffusion pourrait révéler des contradictions fortes.</p>    <p>Il est privilégié la qualité des liens et non leur quantité. Si nous avions l’espoir au début de visibiliser les alternatives, nous avons compris qu’aujourd’hui, le premier temps est de consolider une dynamique d’archipel pour renforcer d’abord les liens entre tisserands et organisations au niveau local.</p>    <h3><strong>A Marseille, le lancement d’une démarche</strong></h3>    <p>Même s’il reste encore beaucoup de chemin, une voie a été tracée et des prochaines rencontres s’organiseront à l’occasion de l’accueil du Tour Alternatiba pour sa dernière étape du 5 au 7 octobre 2024 sur les enjeux de l&apos;écologie populaire. Un projet de carte est en cours de production, un espace pour développer des usages du yeswiki est ouvert et un projet d’une formation animacoop sur Marseille commence à prendre corps.</p>    <p>D’autres sujets ont pu être partagés dans une dizaine d’ateliers durant ces deux journées en mode forum ouvert. Les prises de notes sont accessibles sur le yeswiki mais un prochain article reprendra quelques échanges importants : la démarche VIVE des associations de voisins, les enjeux de visibilité de l’écologie populaire à Marseille, le labo furtif et le prendre soin dans nos collectifs, les enjeux d’invisibilité et d’invisibilisation, les questions économiques de nos actions ou comment penser une économie de notre démocratie, le projet d’un framalivre sur le transiscope.</p>    <p>Ce transiscothon n’a pas été uniquement un espace d’ateliers, nous avons pu rire de nos contradictions;! Face à notre désir de coopérer, nous sommes issus de cultures différentes, avec souvent des postures fortes, évoluant dans des couloirs de nage diraient certains. Laurent Marseault que nous avons invité à présenter sa <a href="https://www.notele.be/si115-media142015-conference-au-loci-conference-gesticulee-et-basculante-de-laurent-marseault.html">conférence gesticulée</a> le vendredi soir, privilégie le regard du pompier volontaire qu’il est;! Et au-delà des rires et du plaisir, il questionne aussi la manière de faire ensemble, de s’organiser et de se fixer quelques règles communes ! </p><p>A Marseille, et pas uniquement dans les Calanques, le chemin reste caillouteux.</p><hr class="wp-block-separator" />    <p></p>         
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?TransiscothonEnBandeOrganiseeAMarseille">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2023-01-04" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="UneJourneePourRendreVisibleDesConfluenc" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_participative_en_progression" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-09-15 12:09:29" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_UneJourneePourRendreVisibleDesConfluenc"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Une journée pour rendre visible des « confluences  » : de nos expériences à notre raison d’être, pour autant de raisons de faire ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_UneJourneePourRendreVisibleDesConfluenc" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>04/01/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Une journée pour rendre visible des « confluences  » : de nos expériences à notre raison d’être, pour autant de raisons de faire ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>A la suite de l’université d’Utopia qui avait initié en octobre une rencontre entre divers mouvements[2], une journée de rencontre a eu lieu le 17 décembre à Paris. Cette nouvelle étape a rassemblé près de 50 personnes, la moitié était présente, l’autre en visio conférence. Une journée débutant avec des doutes et qui se termina avec espoir, désir et engagements !<br /><br /></div><h3><strong>Analyse croisée</strong> de nos partages d’expériences</h3><br /><div><b>Bernard Blondin</b><strong> </strong>a introduit cette matinée. Engagé à<strong> </strong>Nouvelle Donne et au sein de l&apos;Archipel Ecologie et solidarité[3]. Il a mis en valeur un des enjeux du retour d’expérience : analyser les initiatives de politique autrement de ces dernières années dans le champ électoral : « Nous avons repéré une inefficacité chronique si un petit groupe de personne n&apos;est pas en appui, s’il n&apos;existe pas des moyens de financement. Quelle stratégie pour déborder les partis politiques sans les dévaloriser, pour mobiliser les jeunesses et faire de la politique en dehors des partis ? ».</div><div><br /></div><div>Une autre intervention a été celle de <strong>Loïc Blondiaux</strong>, professeur de science politique à l’université de Paris 1, il est membre du Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Démocratie et participation. Leur site est une base de ressources extrêmement riche (https://www.participation-et-democratie.fr/) et il existe aussi un dictionnaire critique et interdisciplinaire sur la participation, la démocratie et la citoyenneté. Loïc Blondiaux a affirmé être « totalement étranger » à nos mouvements réunis à Sète et inversement, certains ne le connaissaient pas. Pourtant, depuis quelques années, sur les questions démocratiques et notamment sur les mobilisations locales et initiatives citoyennes, il a contribué à animer le débat public. Cela souligne combien il reste à faire pour tisser des relations entre des mondes qui contribuent à accompagner la nécessité d’une transition systémique mais à partir de son point de vue, de son identité racine.</div><div><br /></div><div><strong>Mathilde Imer</strong> est ensuite intervenue pour partager l’expérience de la Primaire Populaire qui avait réussi à mobiliser un grand nombre de soutiens et des moyens financiers importants pour choisir un candidat à l’élection présidentielle. Mais la Primaire Populaire avait sous-estimé la volonté des partis politiques de mettre leur survie au-dessus de toute autre considération. La question se pose pour cette nouvelle génération : est-il possible de faire de la politique sans passer par les partis politiques ? Et sur quel fonctionnement pour ne pas reproduire des pratiques critiquées et sources aujourd’hui d’une défiance forte de nos concitoyens ? </div><div><br /></div><div><strong>Bastien Sibille</strong> est ensuite intervenu. <strong>Il est fondateur de la coopérative Mobicoop</strong><strong>[4]</strong><strong>et coprésident du collectif des Licoornes, les coopératives pour la transition</strong><strong>[5]</strong><strong>. </strong>Il rassemble 9 sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC) : Citiz, Commown, CoopCircuits, Enercoop, Label Emmaüs, Mobicoop, la Nef, Railcoop et TeleCoop soit 127 000 sociétaires. Leur posture est claire : ensemble pour agir ensemble et non pour se représenter ! Leur action est de plus en plus entendue notamment par les jeunes et leur ancrage territorial leur permet d’être en lien avec les collectivités locales. Ce lien avec le politique est au cœur de leur alliance : « une transition radicale ne peut se faire que si nous réinterrogeons frontalement notre rapport au capital et notre rapport à la croissance. » Leur objectif est la transformation du marché : « Nous sommes la norme de demain ». Mais tout est à faire car il ressent un plafond de verre. « Nous avons près d’un million de consommateurs, mais il en faudrait 10 millions pour assurer un véritable changement. » Les Licoornes se posent alors des questions stratégiques : Quelle régulation politique et comment l’influer pour faire levier ? Bastien Sibille s’est déclaré intéressé pour cheminer avec nous sur cet enjeu des confluences et peut nous partager leur expertise sur les enjeux économiques et d’organisation en mode coopératif.<br /><br /></div><div>Enfin, <strong>Pierre-Alain Cardona</strong> a pu partager l’expérience d’une « certaine fabrique de la ville » à Marseille autour des expérimentations portées par des collectifs d’associations et d’habitants notamment à Noailles ou au sein du Collège des maîtrises d’usages. Expériences déjà partagées au sein de l’Eccap[6]. Cette expérience marseillaise, se réclame d’une culture municipaliste ou communaliste. Transformer la société ne passe pas uniquement par la conquête d’un pouvoir électif et ne s’inscrit pas nécessairement dans un calendrier électoral. La co-construction des politiques publiques peut permettre de réaliser des transformations dans une relation plus mature entre élus, techniciens et une société civique autonome. Cette approche politique est complémentaire de la démocratie partisane mais il y a la nécessité de la relier à bien d’autres initiatives locales qui font sens mais pas encore système. <br /><br /></div><div><strong>De nombreuses contributions dans la salle</strong> ont évoqué le besoin d’une ingénierie démocratique croisant technique et militance pour aboutir à un récit commun car le nombre de projets est considérable. Comment alors arriver au point de bascule ? Avec une vitrine commune, avec une réflexion autour de leadership collectif et avec qui allons-nous le faire : le salariat, les milieux populaires ?<br /><br /></div><div>Patrick Viveret a conclu en rappelant que c’est bien la première fois qu’une tentative de retours d&apos;expériences est lancée à cette échelle. « La pirogue REX doit se poursuivre : nous devons continuer cette analyse avec d&apos;autres réseaux et de nouveaux regards comme celui porté par Loïc Blondiaux. Quels liens avec les tentatives du courant autogestionnaires des années 70, avec les expériences de Nuit Debout, des Gilets jaunes et des nombreuses tentatives internationales ? »<br /><br /></div><div><h3>Le besoin de confluence est réel mais il suppose une organisation qui permette de passer de l’intention aux actes. </h3><br /></div><div>Cela a été le programme d’une après-midi très attendue ! Introduite par Indirah Osumba qui a rappelé le processus d’élaboration de cette raison d’être à partir du texte co-écrit à Sète. « Il a été nécessaire de mieux partager cette raison d’être et de lever un certain nombre de doutes depuis Sète ». Un premier dialogue s’est tenu entre Patrick Viveret et Laetitia Delahais, du mouvement des Colibris sur la raison d’être d’un espace de reliance pour agir ensemble, avec enthousiasme et désir.<br /><br /></div><div><strong>Patrick Viveret a rappelé ce qui fait sens dans cette initiative :</strong> « Nous questionons alors un nouveau rapport au vivant, au social, au politique, avec changement de rapport au pouvoir. L’alliance des forces de vie à toutes les échelles, locales, nationales, européennes et internationales doit nous permettre de sortir d’une logique de domination et de prédation pour créer une puissance créatrice démultipliée par la coopération. Les confluences doivent nous peermettre de nous penser, non en surplomb mais dans une logique de service, au service des initiatives existantes et notamment des nouvelles générations.<br /><br /></div><div><strong>Laetitia Delahais a présenté la nouvelle dynamique en cours au sein du mouvement des Colibris</strong> en rappelant que nous partageons le même constat : de multiples initiatives mais peu de reliance. Alors que si on agit en relation avec une diversité d’acteurs (élus, professionnel, entreprises, citoyens organisés ou non) nous constatons l’accélération du projet de bascule et de transformation. » Cette dimension au sein des Colibris a été analysée aussi par une recherche-action en cours qui a permis de trouver les espaces de reflexivité nécessaires.<br /><br /></div><div>C’est pourquoi la campagne Nouvelle (R)[7] dont Patrick est parrain permet de questionner le changement d’échelle. « Il faut le massifier dans une perspective de bascule systémique et radicale » en s’appuyant sur des projets de monnaies locales, alimentaires, démocratiques… Appelé Territoires d&apos;expérimentations, cette campagne s’inscrit à la fois dans le temps long (5 ans) et s’ancre sur des territoires : 6 territoires pour commencer afin d’y relier les initiatives et de mobiliser la plus grande diversité d’acteurs. « Nous avons besoin de nous relier, c’est pourquoi je suis ici avec vous » dit-elle. Comment alors penser à l’animation de cette confluence ? Les Colibris se proposent d&apos;y contribuer avec nous. Elle conclue par ces mots : « Nous sommes partants pour nous relier à la dynamique en place, nous organisons un grand festival les 6, 7, 8 mai 2023 (où vous êtes toutes et tous les bienvenu.es ) où il y aura des espaces de co-construction des défis ! A nous de le faire ensemble ! »<br /><br /></div><div>Les échanges qui ont suivi ont été riches de partage d’expériences et d’analyses. Et mes notes ne peuvent avoir aucune prétention à l’exhaustivité. Des enjeux de circulation de l’information ont été abordés, d’organisation, de documentation de nos processus sans omettre toutes les échelles. Certains témoignent de leur engagement dans la campagne des Colibris, là où ils vivent et expriment ce besoin d’ancrage pour agir. D’autres évoquent aussi la situation internationale et la montée des populismes et des extrêmes droites partout dans le monde. Les convivialistes questionnent la démocratie du faire pour sortir les citoyens de leur désarroi.<br /><br /></div><div>Comment mobiliser des personnes au-delà de nos cercles ? Comment utiliser aussi d’autres formes d’écritures et d’expression ? « De la poésie, de la culture, de l’éduc pop, des initiatives sauvages ? ». Comment organiser des échanges autour de nos points aveugles avec la difficulté de les traiter sans faire polémique ?<br /><br /></div><h3><strong>Après avoir partagé et clarifié notre raison d’être, nous nous sommes donnés ensuite des raisons de faire !</strong></h3><div>Des pirogues comme autant d’ateliers de travail. </div><div><br /></div><div>Des premières mises à l’eau : autour du nucléaire civil et militaire, poursuivre l’analyse des d’expériences, développer notre vision de « l’écoosystème »<a href="#_ftn8">[8]</a>, ou bien le projet de l’Eccap en communs.<br /><br /></div><div>Des premiers rendez-vous en 2023 dans une logique de contribution :<br /><br /></div><div>- Le festival des Colibris les 6, 7, 8 mai 2023. <br /><br /></div><div>- Le Festival des idées et les dialogues en humanité en juillet 2023.<br /><br /></div><div>- L&apos;université d&apos;Utopia en octobre à Sète.<br /><br /></div><div>- Les rendez-vous de Cluny, rencontre des pensées écologiques, à l’automne.<br /><br /></div><div>Des premiers rendez-vous en 2023 dans une logique de catalyse à initier dans une dynamique de confluences. Elles ne pourront se faire que si nous sommes en capacité d’ouvrir un espace accueillant aux échanges et invitant réseaux et personnes qui ne pourraient se retrouver autrement. <br /><br /></div><div>- Une journée sur les enjeux européens autour de la question d&apos;une nouvelle géopolitique avec des partis et mouvements qui ont des désaccords « supposés » sur ce sujet.<br /><br /></div><div>- Une journée sur les projets d&apos;ecoosystème : organiser concrètement ce que nous réclamons (de nouvelles formes d&apos;échanges, de nouvelles formes démocratiques). Un enjeu pour faire le point avec les acteurs investis, le collectif pour la transition citoyenne (CTC) et des institutions locales.<br /><br /></div><div>- Une journée autour des cahiers d&apos;avenir partagé en lien avec l’association des maires ruraux, les Colibris ou le Pacte du pouvoir de vivre. <br /><br /></div><div>Et enfin, et ce n’est pas la moindre ambition, un navire-atelier qui va tenter de faire le lien et de questionner ses moyens pour que nos intentions deviennent des actes inscrits dans le temps long… Vous êtes les bienvenus !</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>A la suite de l’université d’Utopia qui avait initié en octobre une rencontre entre divers mouvements , une journée de rencontre a eu lieu le 17 décembre à Paris. Cette nouvelle étape a rassemblé près de 50 personnes, la moitié était présente, l’autre en visio conférence. Une journée débutant avec des doutes et qui se termina avec espoir, désir et engagements !</p><p>[1] Le terme Confluence est utilisé en Espagne par le mouvement municipaliste pour désigner les convergences entre mouvements citoyens contribuant à des transformations politiques et sociales : Lire notamment l’article d’Élisabeth DAU, « L’expérience municipaliste. Un autre possible politique depuis les villes et les villages », Revue du MAUSS, 2019/2 (n° 54), p. 69-79. DOI : 10.3917/rdm.054.0069 SMASH<br />[2] https://eccap.fr/article/retour-de-sete-leccap-prend-la-mer-au-sein-de-larchipel-des-confluences/636299867e90240016e3cdfa<br />[3] https://archipel.ecolosolidaire.org/<br />[4] https://www.mobicoop.fr/<br />[5] https://www.licoornes.coop/<br />[6] https://eccap.fr/article/le-projet-partenarial-damenagement-ppa-en-centre-ville-de-marseille-une-opportunite-pour-coconstruire-la-ville-avec-ses-habitants/62c2fd54534a400016e6a2f4<br />[7] https://colibris-lemouvement.org/nouvelle-r/?PagePrincipale<br />[8] https://transition-citoyenne.org/lecoosysteme/</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?UneJourneePourRendreVisibleDesConfluenc">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2023-07-14" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="1MilliardEtMoiEtMoiEtMoidesAlliances" data-date_creation_fiche="2024-11-26 01:43:17" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,la_possibilite_d_une_renaissance,repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,renforcer_les_solidarites" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2026-01-26 20:08:08" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_1MilliardEtMoiEtMoiEtMoidesAlliances"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Un milliard et moi, et moi et moi…des alliances essentielles pour bifurquer ! </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_1MilliardEtMoiEtMoiEtMoidesAlliances" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>14/07/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Un milliard et moi, et moi et moi…des alliances essentielles pour bifurquer ! </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema la_possibilite_d_une_renaissance">
                      Pratiquer une autre économie  
                     </span>
                 <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema renforcer_les_solidarites">
                      Renforcer les solidarités 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    En avril dernier, Bastien Sibille, fondateur de la SCIC Mobicoop et coprésident des Licoornes, avait lancé un appel pour la création d’un fonds d’un milliard d’euros pour accélérer la transition et permettre aux acteurs déjà engagés de s’organiser. 3 mois et un millier de signataires plus tard, un premier rendez-vous a été fixé le 6 juillet dernier à Paris. Rentré à Marseille, je vous en propose un retour à chaud;!    <p>Nous avons commencé des centaines éparpillées, nous nous sommes retrouvés près de 500 personnes à assister à cette journée, accueillis au sein du collège des Bernardins ou bien en mode visio !</p>    <p>La journée a démarré par une séquence inspirante, la lecture d’une lettre de Claude Alphandéry. Claude nous a rappelé dans quelles conditions Jean Moulin lui demanda, en 1943, d’organiser pour la Drôme un travail de réunification des réseaux de la Résistance. C’est aussi le moment d’accueil et formation de centaines de jeunes, décidés à rejoindre la résistance en refusant le Service de travail obligatoire. Ce moment particulier de notre histoire a démontré qu’il a été possible de s’allier et de s’accepter malgré des histoires personnelles, des cultures politiques ou des croyances différentes. Cela a été possible car de nombreux jeunes étaient réunis dans un même lieu et avec beaucoup de temps pour échanger, partager, s’organiser, apprendre ensemble, et surtout vivre ensemble;!</p>    <p>Cet espace-temps de quelques mois a forgé des amitiés, des combats et des convictions qui se sont retrouvés dans le programme national de la Résistance, « Les Jours Heureux;». Cette histoire est la nôtre, elle a rassemblé des communistes et des intégristes catholiques, des militants politiques comme des personnes qui ne s’étaient jamais engagés dans un cadre collectif. Claude, en nous rappelant cela dans sa lettre introductive à nos travaux, a mis la barre très haute, et à poser une exigence pour les nouvelles générations. Il a été possible durant cette période de débattre et de travailler nos désaccords quand une vision, une urgence, une force de vie deviennent essentielles.</p>    <h3><strong>« Qu’est ce qui est essentiel ? » </strong></h3>    <p>Cette question traverse nos générations.<strong> </strong>Les conditions sont différentes mais la période que nous traversons doit questionner notre capacité de nous allier, non pour se lever face à l’occupant, mais pour bifurquer face à un système capitaliste et financier qui tue à grande échelle notre écosystème terrien.</p>    <p>Bastien dans son ouverture des travaux, rappelle que les fumées des grands feux canadiens sont arrivées chez nous, au moment où d’autres feux se sont allumés dans des quartiers périphériques suite à l’assassinat du jeune Nahel. Ce lien permet de rappeler qu’il n’y aura pas de transition écologique et climatique sans justice sociale. Cette première alliance est une exigence, elle est aujourd’hui portée par les nouvelles générations. Comment alors créer les conditions de ces alliances qui permettront de faire levier. Le milliard d’euros du fonds est un appel pour démontrer que nos savoir-faire et expériences sont aujourd’hui en mesure de relever le défi mais cette aventure s’inscrit bien au-delà.</p>    <h3><strong>Elle est une aventure qui ne sait pas exactement où elle va, et c’est tant mieux !</strong></h3><p>Elle est construite, pas après pas, en articulant projet, vision et actions. Après des témoignages inspirants en matinée, 8 ateliers de travail ont pu s’exercer en 1h30 à produire des propositions. Ces ateliers ont permis à la fois de découvrir la diversité des participants et d’articuler des approches pour porter des propositions de chaque groupe. Un compte rendu détaillé sera partagé durant l’été et un second rendez-vous sera programmé à l’automne afin de fixer ensemble une méthode, une gouvernance et des premières actions.</p>    <p>Nous avons co-animé avec Patrick Viveret et Vaia Tuuhia l’atelier 6 : <strong>« Comment expérimenter les formes économiques, écologiques et démocratiques que nous réclamons ?</strong> ». Un atelier qui a pu rassembler plus d’une vingtaine de personne très diverses et se connaissant peu.<a> </a>« Il y a au bas mot 2 millions de personnes qui adhèrent à la transition juste mais cela ne fait pas système et levier de transformation ». Nous sommes partis des expériences qui existent déjà. « Il y a quantités de choses qui se font mais comment cela constitue un ensemble articulé qui permettrait au milliard de renforcer ces initiatives ? » : que ce soit sur le forum des indicateurs de richesses, la comptabilité care en triple capital, le DONUT d’Oxfam, les monnaies locales avec le Mouvement Sol, les monnaies-temps avec les Accorderies, la monnaie-fiscale, les Licoornes comme les associations et SCIC sur nos territoires. </p>    <p>Un milliard, pour faire quoi et comment ? Quels liens avec l&apos;économie de marché et comment la dynamique de ce milliard permet de soutenir des initiatives en dehors de l&apos;économie marchande ? Cela passe nécessairement par résister à la novlangue. Patrick Viveret rappelle les définitions que nous devrions défendre de termes aujourd’hui transformés : Valeur, force de vie ou valor is money ? Bénéfices comme activités bénéfiques et bénévolat, comme orientation bénéfique de la volonté ? Ces mots peuvent appuyer la création d’un nouveau récit, contribuent à un langage commun et nourrissent des alliances. Par exemple, un participant exprime le fait que l’on « ne cherche pas 1 milliard, mais on a déjà 100 milliards si on raconte une nouvelle histoire ! ». Des difficultés pour s’allier au sein de l’ESS « souvent dans des guerres de chapelle » ? Animer des polarités et faire vivre des controverses qui nous renforcent en assumant nos tensions comme autant de richesses ?</p>    <h3><strong>Quelle stratégie pour dépasser l’approche uniquement monétaire du milliard ?</strong></h3>    <p>Sur cette question, les participants sont revenus sur les expériences issues d’une analyse critique des règles comptables actuelles : Mieux reconnaitre <a>l</a>es externalités négatives car, en les transformant, elles deviennent des sources considérables sur les budgets de nombreuses organisations publiques ou privées.<a> </a>Un autre participant nous partage son expérience des marchés financiers et propose d’Hacker le système financier, ni plus, ni moins ! Cela nous démontre que s’allier avec des personnes et des mondes si peu « familiers » peut nous ouvrir de nouvelles pistes et de nouveaux imaginaires. Il faut penser un autre système fondé sur un « retraitement de notre comptabilité » affirme Patrick Viveret : pourquoi ne pas imaginer des points verts et des points noirs pour qualifier de nouveaux indicateurs en différenciant ce qui est « bénéfique » et ce qui est « destructeur » ?</p>    <p><strong>Cela devient alors un enjeu de délibération démocratique.</strong> Qu&apos;est ce qui a de la valeur dans notre comptabilité actuelle ? Qui et comment fixer ces points et ces choix ? Quelle dimension concrète et visible pour chaque citoyen ? C’est le sens du projet d’une nouvelle carte vitale prenant en compte la dimension globale de la santé au sens de la définition de l’OMS : « un état de complet bien-être physique, mental et social ». Chaque citoyen prendrait la mesure de ce que cette carte lui permettrait de faire, de reconnaître mais aussi de simplement « être ».</p>    <h3><strong>Une partie du milliard en monnaie locale pour faire levier et soutenir l’écosystème territorial</strong></h3>    <p>Nous devions retenir une proposition à remettre dans la synthèse de la séance plénière : Il a été choisi de renforcer les monnaies locales en demandant à ce qu’une partie du milliard mobilisé puisse être distribué en monnaie locale afin de renforcer les écosystèmes locaux. Une étude a été menée qui démontre que 1000 euros sous forme de monnaie locale déploie entre 1,25 à 1,55 fois plus de ressources sur le territoire en infusant les réseaux de commerce et de services de proximité. De plus, pour appuyer la cohérence de nos pratiques et de nos discours, il est demandé aux SCIC et associations engagées dans notre processus de payer leurs salariés, sur une part, en monnaie locale si elle existe bien sûr ! Il reste alors au Mouvement Sol de développer l’inter-opérabilité des monnaies locales afin de pouvoir les utiliser sur tout le territoire. Là encore, Guillaume, cofondateur de l’Assemblée virtuelle, a rappelé qu’ils ont pu développer des systèmes numériques en soutien à ces acteurs, du Transiscope au réseau social décentralisé, bientôt Archipelago. Sur ce sujet des monnaies et bien d’autres, les alliances entre acteurs se fondent aussi sur des compétences complémentaires qui, ensemble, démontrent la puissance et l’innovation de notre réseau.</p>    <h3><strong>Des nouvelles alliances entre territoires populaires, urbains et ruraux</strong></h3>    <p>La première contribution que nous souhaitons apporter à ce tissage est le lien entre acteurs des quartiers urbains populaires et des quartiers plus ruraux, tous marqués par les inégalités. Il n’y aura pas de transition écologique sans lutte contre les inégalités. Notre prochain pas est de diffuser auprès des réseaux d’acteurs associatifs et institutionnels, des bénévoles comme de nombreux professionnels, cet appel et cet enjeu de sortir de nos « espaces de représentation;» ou les silos façonnés par une approche techniciste de nos métiers ou de nos engagements. Les Colibris, le Collectif de la transition citoyenne, le Mouvement pour l’économie solidaire (MES), le Collectif des associations citoyennes (CAC) le font déjà. Il faut poursuivre vers des réseaux plus institutionnels mais tout autant engagés, par exemple, l’UNADEL comme l’IRDSU qui travaillent déjà ensemble doivent se relier à cette dynamique (et non se rallier).</p>    <p>« Ce qui se fait sans nous, se fait contre nous;», nous devons aussi créer les conditions de la rencontre pour tisser les liens avec les associations et collectifs issus des quartiers populaires qui doivent porter par eux-mêmes leur voix. A l’approche de la signature des nouveaux contrats de ville à la fin de 2023, il faut que la question écologique et sociale en deviennent la colonne vertébrale. De nouvelles alliances, comme de nouvelles conditions de la rencontre et de la délibération, permettraient de donner un autre horizon à une société qui se transforme déjà mais qui se fissure tout autant.</p>    <h3><strong>Le 6 juillet marque le début d’une aventure, une aventure qui doit tenir dans le temps</strong></h3>    <p>Pour cela, elle a besoin de rythme : le rythme de nos rencontres comme des occasions de faire ensemble, de transmettre entre générations, de partager des expériences. Le 6 juillet a été ce premier temps;et il y en aura d’autres avant le prochain grand rendez-vous fixé à l’automne.</p>    <p>Inscrire nos actions dans la durée, c’est aussi les rythmer par des pettes actions individuelles. La première proposée est d’élargir le cercle à 3 personnes de notre entourage;! Nous sommes près de 1000 premiers signataires, nous devons être 3000 après la période estivale. Pour signer c’est ici : <a href="https://0yhgi.mjt.lu/lnk/AVMAAB3iK-AAAckEjoQAASajvl8AAYCtl0IAnaKkACSGHgBkq7YSNmULJWblQoW4U6h30Ey3UgAiLGc/3/ZLB2NxmzmrcrJGAMJ6fVTQ/aHR0cHM6Ly9mcmFtYWZvcm1zLm9yZy8xLW1pbGxpYXJkLWRldXJvcy1wb3VyLWxhLXRyYW5zaXRpb24tanVzdGUtMTY4ODIyMjAzNg" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://framaforms.org/1-milliard-deuros-pour-la-transition-juste-1688222036</a></p>    <p>Du rythme, des rencontres, des petites actions, nous avons besoin aussi d’espaces et de lieux pour le rendre possible. Un atelier a travaillé à cet enjeu et a commencé à repérer des alliances avec plusieurs dizaines de lieux sur les territoires pour le permettre.</p>    <p>Des temps pour se voir, des lieux, de l’énergie, autant de belles ressources rassemblées pour poursuivre et se relier. L’Eccap y contribuera comme l’Archipel des confluences :<strong> </strong>être au service des acteurs et des espaces où se tissent les liens, et nourrissent la confiance pour changer de cap.</p>         
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?1MilliardEtMoiEtMoiEtMoidesAlliances">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2024-06-14" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="VillarceauxUnRendezVousImportantPourDeve" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_participative_en_progression" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2025-05-07 09:37:58" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_VillarceauxUnRendezVousImportantPourDeve"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Villarceaux, un rendez-vous important pour développer nos convergences / confluences ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_VillarceauxUnRendezVousImportantPourDeve" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>14/06/2024</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Villarceaux, un rendez-vous important pour développer nos convergences / confluences ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>A l’initiative du <a href="https://www.le-mes.org/">Mouvement de l’économie solidaire</a> (MES) et du <a href="https://www.associations-citoyennes.net/">Collectif des associations citoyennes</a> (CAC), près d’une quarantaine d’organisations se sont retrouvées à Villarceaux (Val d&apos;Oise) du 21 au 23 mai 2024.</p>    <h3><strong>Une liste des participants comme une première cartographie de tisserands?</strong></h3>    <p>Des réseaux de réseaux comme le Collectif pour la transition citoyenne, le Mouvement d&apos;économie solidaire, le Collectif des associations citoyennes,  l’UFISC; des réseaux comme le Mouvement Sol, le Réseau des cantines et cafés culturels associatifs, le réseau national des ressourceries MIRAMAP qui fédère les AMAP, Habitat participatif France, Les Petits Débrouillards, le CRID, la Fédération Artisans du monde; des acteurs qui interviennent dans des postures très différentes comme les États généraux du Post Urbain, le Mouvement Utopia, le Mouvement des régies, la Maison commune de la décroissance ou le Labo de l’ESS; des collectifs en lutte dans le monde rural ou urbain, le Collectif Reprise de terre ou la Coordination Pas Sans Nous, des coopératives comme la Coop des Communs, la Coop des milieux  des médias comme la revue Altermédias ou des espaces de documentation et de ressources comme Remix the commons; des associations qui prennent soin comme le Planning familial mais aussi l’association Allumeuses qui travaille les enjeux du soin face à l’épuisement, le mouvement Danser l&apos;orage qui imagine des parcours apprenants pour tisser autrement du lien entre personnes et organisations; des fondations autour de notre hôte, la FPH-Charles Leopold Mayer, la Fondation Crédit Coopératif, Terres solidaires, la Fondation pour le climat puis des contributeurs de l’Archipel des confluences et des tisserands comme Patrick Viveret ou Lorenzo Favia. Cette brève présentation permet de situer la richesse et le potentiel de ce séminaire. Nous avons pu ainsi rassembler autant de diversité de personnes et d’organisations, dans un temps et un espace de qualité : 3 jours, 2 nuits + 1 grand espace isolé et agréable, serait-ce des ingrédients indispensables;?</p>    <h3><strong>Un programme pensé avant, pendant et après ?</strong></h3>    <p>Autour du réseau du MES et de ses membres, associations régionales et thématiques dont l’UFISC, la co-construction du programme a été ouverte très tôt afin d’imaginer ensemble les besoins comme les enjeux des participants. C’est aussi pour l’Eccap, une occasion de s’y investir en lien avec la dynamique de l’archipel des Confluences avec notamment l’implication de Patrick Viveret et sa posture de tisserand, de Florine Garlot et de moi-même.</p>    <p>Ces 3 journées s’inscrivent dans les « rebonds;» que nous avions identifié le 27 janvier dernier lors de notre rencontre des Confluences à Paris au siège de la FPH. Cette même Fondation qui a financé et accueilli ce séminaire dans sa bergerie de Villarceaux. Une fondation comme quelques une présentes qui ont cette attention à la coopération interacteurs, cette intention de soutenir les Tisserands.</p>    <p>Mais le programme a laissé de la place aux propositions et aux collaborations imaginées sur site. En s’inspirant du forum ouvert, des ateliers ont été proposés et même co-organisés à partir des intentions. Enfin, ce programme a laissé un espace lors de la dernière journée pour imaginer la suite et s’engager sur des axes comme des premiers pas. Cet enjeu a été relevé dès les premiers échanges. Nous avons vécu trop de rencontres riches et passionnantes qui, souvent, le lendemain, n’ont pas permis de rebondir. Mais pour rebondir, il faut savoir revenir sur son métier à tisser.</p>    <h3><strong>Tisser des relations entre organisations passe par des femmes et des hommes</strong></h3>    <p>Tisser à était le maître mot de ces 3 journées même si le nom retenu autour des convergences avait une couleur plus ancienne. Tisser des liens entre nos organisations passe nécessairement par une meilleure connaissance des femmes et des hommes qui les font vivre au quotidien.</p>    <p>C’est pourquoi le temps et le déroulé a permis de multiplier des espaces dédiés à ces relations, autour de moments en plénière ou d’ateliers de travail où de nombreux sujets ont pu être partagés, de repas et de pauses informels, si important pour débriefer ou partager des expériences et des bouts de nos vies, du temps pour une marche matinale pieds nus dans l’herbe mouillée, du temps pour jouer, du temps pour visionner un documentaire, et même du temps pour vivre une scène ouverte où chacune et chacun a pu laisser exprimer ses talents. C’est d’ailleurs à cette occasion que nous avons vécu un moment puissant avec un extrait de la conférence gesticulée jouée par Marie Laure Guislain sur le burn-out et les conditions de travail dans le champ des associations et des ONG en luttes pour les droits humains.</p>    <p>Tisser des liens entre nous repose aussi sur un cadre de confiance et de parole qui a été présenté en introduction;par Alice, une des salariés du MES et en charge de la coordination de ces 3 journées : « proposer un cadre qui permette de faire grandir la confiance collective et individuelle, pour que chacun·e se sente légitime à prendre sa juste place (en minimisant les;rapports de domination), organiser la construction d&apos;une parole collective et la participation de tous à la réalisation de ce séminaire. »</p>    <h3><strong>Prendre soin du collectif, c’est penser le groupe et ne pas faire que le panser !</strong></h3>    <p>Prendre soin du collectif est une des conditions d’un savoir faire de coopération et de respect dans un contexte où les alliances nécessitent de devoir travailler et s’engager avec des personnes et des organisations qui n’ont pas la même histoire, la même culture de travail et de lutte, le même rapport aux institutions, les mêmes références idéologiques mais aussi le même âge;! Il y avait durant ces 3 jours à Villarceaux une très grande diversité de personnes et de profils même si cela reste encore majoritairement blanc et de professions intellectuelles, le faire ensemble nécessite des efforts de chacune et de chacun mais aussi de temps et d’espaces qui le facilitent. En ce sens, ces trois jours ont répondu positivement à ce premier enjeu.</p>    <p>Plus d’une quarantaine d’organisations et de réseaux permet de rendre visible les forces et les ressources mis à la disposition d’un changement de cap mais il a fallu aussi articuler des besoins et des attentes quelques fois différentes.</p>    <p>Cela a été possible car les ateliers ont su partir des besoins et le programme a été, en partie, coconstruit dans l’instant. Ce fut notamment autour des questions de stratégies et de moyens mises en œuvre, de postures comme d’outils à partager mais aussi en sachant articuler les différentes échelles de mobilisation et de luttes, du micro-locale à l’échelle d’un quartier ou d’un village aux luttes contre les multinationales avec le contentieux stratégique présenté par le <a href="https://www.associations-citoyennes.net/fiche-droit-mouvements-sociaux-lien-association-et-avocat-e/">collectif Droits et mouvement sociaux</a> initié par le CAC, Sciences citoyennes et le collectif Allumeuses.</p>    <h3><strong>Des ateliers partagés entre expériences et stratégies</strong></h3>    <p>A chaque atelier, les temps ont été consacrés à partager les expériences, réussies ou pas, avec toujours une intention de repérer les manières de se renforcer et de mieux réfléchir à des stratégies concertées. Ainsi, que ce soit sur la manière de repenser nos plaidoyers, les façons d’articuler luttes et animation du débat politique, les questions de nos vulnérabilités et l’enjeu de se renforcer collectivement, ces échanges ont suscité des constats mais aussi des restitutions en plénière. Ils se sont déroulés en prenant le temps d’écouter chacun et si, quelques fois, de la frustration était ressentie et exprimée, le résultat a permis de laisser place à chacune et chacun.</p>    <p>Un atelier a retenu particulièrement mon attention et mon investissement : comment articuler nos différentes formes de luttes face notamment à l’alliance extrême droite et néo-libéralisme;? Dis autrement pour ne pas laisser penser que c’est une stratégie défensive : Comment accompagner les alternatives à se structurer en articulant local/national et en assumant mieux la nature politique de nos actions;? Dis plus clairement encore : la société civique doit assumer de coproduire un projet politique de transformation sociale, au côté des partis et des syndicats, pas à leur service;!</p>    <p>Ce changement de posture a suscité de réels échanges et si le débat est ouvert, une majorité de participants a conscience que le temps est venu d’autoriser à « faire;» de la politique sans forcément « se présenter à des élections;». C’est autour d’une conception d’une démocratie continue, et non pas uniquement sur courant alternatif, tous les 5 ou 6 ans;!</p>    <h3><strong>Les conditions d’une démocratie continue ?</strong></h3>    <p>Comment faire vivre une démocratie continue à partir des alternatives expérimentées depuis des années et dans des champs et territoires très différents ? Cela passe par rendre visible pour nous et renforcer nos liens avec notamment le réseau Transiscope et le Collectif pour la transition citoyenne. Comment notre posture doit dépasser le plaidoyer et le Pacte pour la transition citoyenne doit se renouveler dans sa forme comme dans son écriture;? Comment nous devons aussi questionner la place des institutions et imaginer aussi des formes instituantes permettant de partir d’un déjà là : l’expérience des soulèvements de la terre a été citée comme de nombreuses initiatives issues notamment de l’économie solidaire.</p>    <p>La dernière journée a été consacrée aux suites et aux prochains pas. Elle a mobilisé autant un échange avec les fondations présentes que l’opération Milliard avec Bastien Sibille qui a pu présenter l’enjeu du financement ambitieux d’un secteur qui est à la fois, économique mais aussi de transformation sociale et démocratique, répondant à l’enjeu d’une transition juste.</p>    <h3><strong>Donner une suite à la dynamique de Villarceaux : c’est maintenant ou jamais !</strong></h3>    <p>C’est en ces termes, que le collectif s’est séparé autour d’une liste de missions et de d’axes de travail où chacune et chacun s’est inscrit. Dans le document présentant la liste de nos engagements (pad de prise de notes), il est écrit : « Bien sûr le titre est un peu exagéré, nous avons tous néanmoins plus ou moins conscience que, sur ce genre d&apos;évènement, si nous ne battons pas le fer tant qu&apos;il est chaud, nous allons tous être très vite repris par nos urgences légitimes et habituelles et que les perspectives de travaux communs risquent de rester lettres mortes ou, du moins, se mettre trop lentement et laborieusement en place;».</p>    <p>Une cellule souche a été initié pour tenir le fil et le lien sur 3 registres :</p>    <ol class="wp-block-list"> <li>La mise en place d&apos;outils communs pour faciliter le travail collectif</li>    <li>La mise en place de méthodes de travail partagés entre nous</li>    <li>La réflexion de fond sur la manière de concevoir et de formuler des avenirs désirables : réflexions partagées sur nos plaidoyers et la manière dont on les porte (notions-clés, stratégies de présentation etc)</li> </ol>    <p>Il existe d’ores et déjà des espaces pour faciliter ces liens, dont le CTC : le prochain copil en juin sera le premier rebond de ces 3 jours qui ont permis de donner force et énergie à des tisserands trop souvent sollicités et quelques fois épuisés. Prendre soin a été souvent exprimé, il commence par notre capacité de s’autoriser à prendre du temps pour se ressourcer et renouveler notre énergie et nos identités relations.</p>         
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?VillarceauxUnRendezVousImportantPourDeve">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2023-01-31" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="Vitrolles19932023RetourSurDesExperien" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_representative_en_question" data-bf_auteur="CardonaPierreAlain2" data-date_maj_fiche="2024-12-01 19:02:15" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse10_6_Vitrolles19932023RetourSurDesExperien"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Vitrolles 1993 - 2023 : Retour sur des expériences d’hier pour des questions d’aujourd’hui </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse10_6_Vitrolles19932023RetourSurDesExperien" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>31/01/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Vitrolles 1993 - 2023 : Retour sur des expériences d’hier pour des questions d’aujourd’hui </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_representative_en_question">
                      Une démocratie représentative en question 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Nous sommes en 2023, et le Rassemblement National est aujourd’hui « en place » comme dirait les plus jeunes ! A la tête de nombreuses municipalités, présents en nombre dans les conseils régionaux au bénéfice d’un mode de scrutin et depuis juin 2022, un groupe parlementaire de 88 députés, record historique pour l’extrême droite. Depuis son entrée au Palais Bourbon en 1986, il n’a fait que se renforcer même s’il a connu une évolution de son électorat. « Il s’inscrit dans des évolutions de longue durée, devant davantage aux transformations de la société française et du corps électoral qu’au renouvellement affiché du leadership frontiste » l’explique Joël Gombin, un des spécialistes du vote d’extrême droite<a href="#_ftn1">[1]</a>, de sa sociologie comme de sa géographie.</div><div>Un vote d’extrême droite à l’image donc d’une société française qui s’est profondément transformée durant ces 30 dernières années. Les manières de lutter et de s’engager face à lui. Il est utile d’en partager des moments clés pour questionner aujourd’hui.</div><div></div><div><strong>Nous sommes en 1993</strong>, jeune étudiant et militant des jeunes socialistes dans une organisation devenu autonome de ses aînés, nous sommes à Vitrolles, engagés à l’époque dans la lutte contre le FN. La candidature de Bruno Mégret aux législatives de 93 dans cette circonscription donne à ce combat une dimension symbolique forte et son choix de se porter candidat aux municipales de Vitrolles en 1995 focalise alors l’attention sur notre département et particulièrement autour de l’étang de Berre, Marignane et Vitrolles. Face à cette réalité et une montée d’un électorat, nous nous engageons dans la ville, sur les marchés et dans les quartiers. Nous menons des campagnes d’information et de sensibilisation sur les risques de l’extrême droite au pouvoir. Nous mobilisons alors des arguments historiques et moraux, la montée des fascismes et du nazisme entre les deux guerres, et une posture de « résistants » qui, à défaut de convaincre nos interlocuteurs, galvanise « nos troupes ».</div><div>Or, la première réponse du Maire sortant face à la montée de l’extrême droite est de renforcer sa politique sécuritaire : augmentation de la police municipale et caméra de vidéosurveillance (ville pionnière et leader dans la région à l’époque). La peur change de camp et elle est devient le levier de mobilisation de ce « progressiste ». Il est vrai que son entourage de l’époque est constitué de proche de Manuel Valls, le cynisme était déjà à l’œuvre près de 30 ans avant qu’il ne devienne Premier Ministre. Gérard Perrier dans son livre « Vitrolles : un laboratoire de l&apos;extrême droite et de la crise de la gauche (1983-2002) »<a href="#_ftn2">[2]</a> le documente avec précision.</div><div></div><div><strong>Nous sommes en 1997</strong>, et nous vivons la victoire de Catherine Mégret à Vitrolles malgré une mobilisation populaire et culturelle, médiatique et politique unique à cette époque. Cette campagne a été pour nous, une leçon de vie, une leçon de vie politique, une leçon de vie politicienne. Nos premières interactions sur les marchés ou dans les halls des immeubles ont été douloureuses. Ne prenant aucune distance, conscient d’être dans le camp du bien, nous récitions notre argumentaire bien rodé, moralisateur et culpabilisateur. Après des semaines d’une campagne, violente en tous points, ultra-médiatique et devenu un objet politique national, « notre résistance » a mobilisé « notre électorat » mais pas majoritairement les vitrollais. Toutes les recettes de manipulations de l’opinion ont été expérimentées dans les deux camps. Aucun espace n’était possible aux échanges et aux controverses, aucune place n’a été donnée aux enjeux de fond et aux questions politiques, sociales, culturelles. Dans une élection sous tension, cela est souvent la règle. Elle a nourri notre conviction, le combat ne peut être qu’électoral, il est culturel et politique dans une démocratie permanente.</div><div></div><div><strong>Nous sommes en 1999</strong>, nous sommes une petite dizaine à fonder le mouvement Utopia. Nous nous inscrivons dans un objectif de remobilisation des abstentionnistes. Derrière la montée de l’extrême droite, il y a d’abord la montée d’une abstention. Et elle n’a fait que s’aggraver. Le vote du FN dans les années 90 a masqué une crise profonde de notre démocratie représentative et des acteurs qui l’animent, les partis politiques. Cette bataille culturelle nous engage à porter une politique de transformation sociale, de lutte contre les inégalités. Elle nous engage aussi à refonder notre rapport à l’économie, au travail, à la croissance, à la consommation, au vivant. Nous aurions pu imaginer un autre chemin qui pourtant s’est dessiné de 1997 à 2000. Sous le gouvernement de Lionel Jospin, des mesures sociales fortes ont été portées et l’animation de « la gauche plurielle » a permis de rendre possible des polarités dans une majorité parlementaire. De plus, la scission en 1999 entre Mégret et Le Pen a failli être fatale au FN. En 2000, l’horizon était alors plus serein, et face aux conservateurs, l’assurance d’une gauche au pouvoir s’est muée en mépris. </div><div></div><div><strong>Nous sommes le 21 avril 2002</strong>, la culture de la « gestion » et la « communication » politiques ont été bien plus puissants. Cette date a soldé la fin d’une génération politique, en préparant l’arrivée, seule, de la génération « des professionnels de la politique ». Loin de questionner le modèle des partis et la crise démocratique, cette génération de gestionnaire des collectivités locales, majoritairement à gauche, a professionnalisé les partis. L’institutionnalisation a fait le reste, uniformisant les profils comme les méthodes de celles et ceux qui ont décidé d’en faire leur « métier ». Devenu un métier, l’engagement politique ne questionne plus la démocratie : prendre place, c’est la conserver. La crise démocratique devient un objet de débat comme un autre, mais plus une réalité à transformer, juste un élément de langage.</div><div></div><div>C’est donc à l’extérieur, durant les années 2000, que de nombreux militants s’éloignent « des institutions » politiques, syndicales et associatives pour inventer dans d’autres espaces, et notamment l’espace public, des façons d’entrer en relation, en débat, en confrontations. A l’image des adhérents du Mouvement Utopia : de moins en moins d’adhérents des partis, et de plus en plus de personnes engagées sur leur territoire. C’est durant cette décennie qu’émergent de nouvelles SCOP d’éducation populaire<a href="#_ftn3">[3]</a>, le festival Débattons dans les rues<a href="#_ftn4">[4]</a> à Tours avec le STAJ Touraine, dans des mouvements dits « alternatifs », les idées foisonnent, les pratiques s’inventent, les questions se posent et peu à peu, des marges. L’éducation populaire retrouve une dimension politique. Des lieux s’ouvrent autour de cafés associatifs ou de cantines culturelles, le réseau des CREFAD se structure. Au sein des quartiers populaires des collectifs s’organisent, et après les révoltes urbaines de 2005, leurs paroles sont enfin entendues et le lien avec la gauche n’est plus automatique ni instrumentalisé. Ulysse Rabaté dans son ouvrage Politique Beurk Beurk<a href="#_ftn5">[5]</a> évoque l’autonomie comme un « système de possibles » dans un contexte celui de Corbeil Essonnes où il a dû exister entre le poids du PC et celui de Dassault !</div><div></div><div>Durant ces années, Vitrolles a changé de maire, Guy Obino, médecin de centre-droit est élu en 2002 et impose une « grande réconciliation ». Vitrolles veut retrouver l’anonymat, elle soigne ses plaies. Et la ville refuse la contre bataille culturelle. La place de Provence, ancienne Place Nelson Mandela ne retrouvera jamais son nom de baptême.</div><div></div><div><strong>Nous sommes le 24 mai 2012</strong>, à Vitrolles. Nous apprenons le décès de Gabi Farage. Fondateur de l’association Bruit du Frigo<a href="#_ftn6">[6]</a>, il accompagnait Vitrolles à prendre place dans une capitale culturelle de 2013, devenue un objet de marketing territorial. Dans le regard de Gabi, la ville était belle entre l’étang de Berre et le plateau de l’Arbois. Qu’allions nous faire de cette autoroute qui la traverse, cette cicatrice entre deux mondes, zone industrielle et zone du dortoir ? C’est simple, un nouvel équipement culturel avec une jauge quotidienne de milliers de personnes. Ce changement de regard, ce nouvel imaginaire nous a profondément marqué. Il a apporté une autre manière de penser et de faire la ville, en s’autorisant à rêver, en testant des usages, en hybridant des savoirs, en ouvrant des espaces publics, en permettant des liens, du lien. Il reste aujourd’hui sur le plateau de l’Arbois, le cœur de la boucle du Grand 8 du chemin de grande randonnée, le fameux GR13, un lien entre ville et biodiversité. Ces expériences à Vitrolles ont fondé mon attention aux conditions de la fabrique de la ville mais aussi à sa fragilité.</div><div></div><div><strong>Nous sommes en 2022</strong>. Après une élection présidentielle qui voit pour la seconde fois de suite Marine Le Pen au second tour, et une abstention record, la dérive démocratique se poursuit. La France insoumise a professionnalisé ses cadres en un temps record, les profils sont « presque » identiques à l’exception de quelques têtes d’affiches, marqueurs de diversités sociales et culturelles. Les appareils ne mobilisent que peu de monde. </div><div>Quelle alternative se dessinent dans les villes et territoires ruraux ? L’intention et l’attention ne suffisent pas. Il y faut de la permanence, de la persévérance, de la patience aussi…et donc de l’institution ? Nous devons imaginer d’autres façons de nous relier, d’entrer en relation et de tisser un lien. Nous devons mobiliser d’autres imaginaires institutionnels comme l’avait si bien analysé Carnelius Castoriadis.<a href="#_ftn7">[7]</a></div><div></div><div>N&apos;oublions pas alors que la première condition pour entrer en relation est la reconnaissance. Rester dans notre entre soi de militant ou d’intellectuel ne permettra pas de mobiliser plus largement celles et ceux qui ont fait d’autres choix. Agathe Cagé l’exprime très bien dans son essai <strong>Respect !</strong><a href="#_ftn8"><strong>[8]</strong></a> : « Ce combat sera difficile. C’est le poison de l’indifférence qu’il s’agit de repousser. De la facilité du mépris qu’il faut se débarrasser. Des décennies de mauvaises pratiques politiques à renverser. C’est la course infernale du toujours moins - d’attention aux autres, de services publics, de fraternité - qu’il faut arrêter. C’est un combat social. Nous avons besoin d’une nouvelle manière de faire société, fondée sur la reconnaissance des autres et non sur l’enfermement dans nos bulles de défiance et de mépris. Dépasser les peurs, les haines, les préjugés, les incompréhensions. »</div><div></div><div>Respect et reconnaissance, attention et intention, permanence et patience, espace et disponibilité, autant de signaux qui peuvent éclairer un chemin. </div><div></div><div><br /><br /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Joël Gombin. ” Nouveau ” FN, vieille carte électorale ? : Les territoires du vote pour le Front national de 1995 à 2002. Congrès de l’Association française de science politique, Juil 2013, Paris, France. halshs-00849332<br /><a href="#_ftnref2">[2]</a> Gérard Perrier. Vitrolles : un laboratoire de l&apos;extrême droite et de la crise de la gauche (1983-2002). Editions Arcane17 – 2014.<br /><a href="#_ftnref3">[3]</a> Retrouver les ressources du Pavé sur le site des éditions du commun : <a href="https://www.editionsducommun.org/collections/interstices/products/cahier-du-pave-n-1-le-projet">https://www.editionsducommun.org/collections/interstices/products/cahier-du-pave-n-1-le-projet</a><br /><a href="#_ftnref4">[4]</a> <a href="http://crajepcentre.fr/wp-content/uploads/DDLR%202010%20(2).pdf">http://crajepcentre.fr/wp-content/uploads/DDLR%202010%20(2).pdf</a><br /><a href="#_ftnref5">[5]</a> Ulysse Rabaté, Politique Beurk Beurk, les quartiers populaires et la gauche : conflits, esquives, transmissions. Editions du Croquant. 2021<br /><a href="#_ftnref6">[6]</a> <a href="https://bruitdufrigo.com/">https://bruitdufrigo.com/</a><br /><a href="#_ftnref7">[7]</a> Cornélius Castoriadis, l’institution imaginaire de la société, Editions Seuil, 1975.<br /><a href="#_ftnref8">[8]</a> Agathe Cagé, Respect !, Editions des Equateurs, 2021, p.11.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    Nous sommes en 2023, et le Rassemblement National est aujourd’hui « en place » comme dirait les plus jeunes ! A la tête de nombreuses municipalités, présents en nombre dans les conseils régionaux au bénéfice d’un mode de scrutin et depuis juin 2022, un groupe parlementaire de 88 députés, record historique pour l’extrême droite.        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?Vitrolles19932023RetourSurDesExperien">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 18 Nov 2024 16:50:15 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Bouffartigue Paul</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?BouffartiguePaul]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?BouffartiguePaul]]></guid>
        <dc:creator>MelanieMichel</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Bouffartigue Paul</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Bouffartigue        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Paul        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-11" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion11">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2023-01-14" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="SyndicalismeEtEnvironnement" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,questionner_le_travail" data-bf_auteur="BouffartiguePaul" data-date_maj_fiche="2025-10-14 17:00:00" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse11_6_SyndicalismeEtEnvironnement"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Syndicalisme et environnement </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse11_6_SyndicalismeEtEnvironnement" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>14/01/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Syndicalisme et environnement </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?BouffartiguePaul/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Bouffartigue Paul">Bouffartigue Paul</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema questionner_le_travail">
                      Questionner le travail et la production 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Cet article est un condensé d’une conférence de Paul Bouffartigue à l’Université Populaire du Pays d’Aix le 12 décembre 2022. <br /><br /></div><div>Nous sommes en 1965, aux USA. Walter Reuther secrétaire général du puissant syndicat des travailleurs de l’automobile appelle à « une mobilisation massive des citoyens [...]non seulement pour l’eau propre, mais aussi pour nettoyer l’atmosphère, les autoroutes, les dépotoirs et les bidonvilles et pour créer un environnement de vie total digne des hommes libres ? <a href="#_ftn2">[1]</a> De telles déclarations sur l’environnement sont rares car ce qui a dominé c’est une 1adhésion du syndicalisme au productivisme, qui peut être défini comme le culte du progrès technique, vu comme condition de l’accroissement des biens et du bien-être.<a href="#_ftn3">[2]</a> Ce culte accompagne la révolution industrielle. Il va de pair après la seconde guerre, avec le consumérisme, c’est-à-dire la promotion – notamment par une publicité envahissante - de la consommation de masse de biens matériels. Au passage, dans cette acceptation du fordisme, l’expérience soviétique joue un rôle important car les dirigeants ont vite repris les méthodes tayloriennes d’organisation du travail.<br /><br /></div><div>On traite ici du syndicalisme ouvrier en France, CGT, FO et CFDT. Mais il existe un syndicalisme paysan, dont une orientation, certes minoritaire, la Confédération paysanne se singularise par sa contestation du modèle agricole agroindustriel dominant et son engagement ancien sur les enjeux écologiques.<br /><br /></div><div>Quand on examine de près l’histoire du mouvement syndical et ouvrier, on y trouve des éléments de critique et de contestation du progrès technique. Dès les débuts de la révolution industrielle, la classe ouvrière sait intuitivement que sa survie est en jeu. D’abord par les conséquences du machinisme, ensuite par l’apparition des maladies professionnelles comme la silicose ou celles liées au plomb, l’amiante, le phosphore… qui la touche directement, enfin dans les conséquences sur l’écosystème urbain qui entoure les usines et les mines dans lesquels les ouvriers, leurs familles et leurs proches vivent. Dans la petite enfance de ce mouvement, il y a eu le refus des nouvelles machines, comme celui des machines à tisser par les ouvriers du textile qui les brisent car ils considèrent qu’elles les concurrencent et les privent de leur gagne-pain. C’est le cas des « luddistes » au Royaume Uni. Plus tard ce sont les luttes contre l’usage de produits nocifs dans la production : le mercure, la céruse à base de plomb utilisé dans la peinture, le phosphore dans la fabrication des allumettes. Ces luttes ne déboucheront qu’après des décennies sur l’interdiction de quelques-uns de ces produits dangereux et sur la reconnaissance des premières maladies professionnelles.<br /><br /></div><div>Le droit du travail qui s’édifie à partir de la loi de 1898 sur les accidents du travail, acte la subordination salariale. Et ce droit du travail est nettement séparé du droit de l’environnement. Cette frontière sera un frein considérable et durable à la rencontre entre les luttes qui naissent dans l’entreprise et celles qui se développent en dehors de ses murs. <br /><br /></div><div>Pourtant si le travailleur n’est pas citoyen dans son entreprise, il ne peut pas vraiment l’être dans la cité. D’ailleurs, aujourd’hui encore, moins ils sont autonomes dans le travail, plus les salariés s’abstiennent aux élections politiques.<a href="#_ftn4">[3]<br /></a><br /></div><div>Les années 1960/1970 sont celles de premiers craquements. L’onde de choc du mouvement de 68 bouscule les syndicats, et certaines composantes du syndicalisme incorporent alors un questionnement sur les dégâts du progrès technique. Un livre intitulé « Les dégâts du progrès » paraît en 1977, suite à un colloque du même nom organisé par la CFDT, sous-titré « Les travailleurs face aux changements techniques ». Il est préfacé par Edmond Maire, alors secrétaire général de la confédération qui écrit : « C’est de l’intérieur, à partir des situations qu’ils vivent (…), que des travailleurs – militants de la CFDT – ont tenté de dégager toute la dimension sociale du progrès technique et de l’organisation du travail. Ils montrent comment ces techniques intègrent l’exploitation, la domination, la séparation, la dépersonnalisation. Et ils tentent de dégager des pistes pour changer les modèles dont ils ont fait éclater l’apparente neutralité (…) le travailleur est le seul véritable expert de son travail (…) La tradition syndicale n’est pas scientiste, elle n’est pas inconditionnelle d’un progrès technique modelé par le ciseau du profit ». <br /><br /></div><div>Avec la crise économique et celle de l’emploi, ce type de préoccupations recule dans l’agenda syndical tout au long des années 1980. Mais il se peut que nous assistions depuis peu à une évolution, allant dans le sens d’une prise en compte plus forte des enjeux écologiques. Depuis les années 1990, avec probablement une accélération depuis 2019 et la crise du COVID, on observe des<strong> </strong>avancées, certes encore fragiles. On peut y voir les implications d’un triple aiguillon : celui de la mondialisation – avec la montée du mouvement altermondialiste ; la multiplication des arènes internationales sur les questions d’environnement impliquant les syndicats  celui de la multiplication de scandales sanitaires et de catastrophes<a href="#_ftn5">[4]</a> industrielles et écologiques (AZF-Toulouse, Volkswagen, Lubrizol-Rouen, Lactalis, EPR-Flamanville)  et celui du choc de la pandémie du COVID, associé à la prise de conscience plus large de l’urgence climatique.<br /><br /></div><div>La pandémie du COVID – et la prise de conscience de l’urgence climatique - a déclenché un nouveau cycle de rapprochements entre syndicats et mouvements écologiques.<br /><br /></div><div>Deux appels ont été lancés au cours de cette pandémie, l’un avec la CFDT, l’autre avec la CGT, la FSU, l’Union Syndicale Solidaires et la Confédération paysanne :<br /><br /></div><div>- Le « Pacte pour le Pouvoir de vivre » : le 5 mars 2019, 19 organisations (60 aujourd’hui), se présentant comme des « acteurs majeurs dans la protection de l’environnement, la lutte contre la pauvreté, le soutien aux migrants, le monde étudiant, le monde du travail, de l’éducation populaire, de l’économie sociale et solidaire et de la mutualité ». Depuis, ce « pacte » se traduit principalement par des activités de communication, de formation, et d’interpellation des candidats et des élus.</div><div></div><div>- Le collectif « Plus jamais ça » : le 18 janvier 2020, un collectif associant au départ 8 organisations : syndicats (CGT, Solidaires, FSU, Confédération paysanne) et associations (Attac, Greenpeace, Amis de la terre, Oxfam) publie un « plan de sortie de crise » de 34 mesures dites « alternatives au capitalisme néolibéral, productiviste et autoritaire. » Ce collectif est devenu depuis l’« Alliance écologique et sociale » : « face aux plans de relance du gouvernement, qui ne font que relancer un système profondément insoutenable, nous en appelons … à des mesures courageuses, permettant une reconversion sociale et écologique de la production agricole, industrielle et de services, pour à la fois créer des centaines de milliers d’emplois de qualité et cesser les activités les plus néfastes pour les populations et la planète ».<a href="#_ftn6">[5]<br /></a><br /></div><div>Reste à savoir dans quelle mesure ces initiatives prises au niveau des directions syndicales seront réellement et rapidement appropriées par les équipes syndicales des entreprises et des territoires.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />[1] Cité par Michèle Descolombes, « Syndicats et transition écologique. Un paysage (partagé) de travail », Ecologie et Politique, n° 50, 2015-1, pp. 11-22.<br />[2] Serge Audier, L’âge productiviste. Hégémonie prométhéenne, brèches et alternatives écologiques, La Découverte, 2019. Cet auteur voit dans l’imprégnation culturelle profonde du productivisme la raison qui explique que, malgré la montée des signaux d’alarme écologiques, les défenseurs de la cause écologique peinent à convaincre.<br />[3] Thomas Coutrot, Libérer le travail. Pourquoi la gauche s’en moque et pourquoi ça doit changer ? Paris, Seuil, 2018.<br />[4] Renaud Bécot invite à préférer celui de désastre, car catastrophe restreint les effets à l’immédiat, alors qu’ils sont différés, les responsables industriels et les autorités cherchant à maquiller ces derniers : « Au croisement des luttes environnementales et sociales » Entretien donné à la revue en ligne Ballast, 15 février 2022. https://www.revue-ballast.fr/au-croisement-des-luttes-environnementales-et-sociales-rencontre-avec-l’historien-renaud-becot/<br />[5] L’alliance écologique et sociale a été rejointe par de nombreuses autres organisations dont Alternatiba, Youth for climate, UNEF, France Nature Environnement.        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?SyndicalismeEtEnvironnement">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?BouffartiguePaul">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 18 Nov 2024 16:50:15 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Roustang Guy</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?RoustangGuy]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?RoustangGuy]]></guid>
        <dc:creator>MelanieMichel</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Roustang Guy</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Roustang        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Guy        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-12" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion12">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2023-01-04" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="AdresseAuxAmisConvivialistes" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_participative_en_progression" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-02-28 17:49:16" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_AdresseAuxAmisConvivialistes"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Adresse aux amis convivialistes </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_AdresseAuxAmisConvivialistes" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>04/01/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Adresse aux amis convivialistes </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><strong>Adresse aux amis convivialistes</strong><a href="#_ftn1"><strong>[1]<br /></strong></a><br /></div><div>Suite à la réunion du 17 décembre à Paris, j’ai souhaité diffuser une adresse à mes amis convivialistes qui peuvent contribuer aux dynamiques de confluences.<br /><br /></div><div>Voilà quelques axes à partager ensemble et plus largement. Merci de vos retours<a href="#_ftn2">[2]<br /></a><br /></div><div><h3><strong>Notre raison d’être. Rendre crédible un autre avenir possible</strong>. </h3><br /></div><div>« La désinformation et les fantasmes prospèrent dans des sociétés en crise… Ils créent des mythes précisément où nous aurions besoin de dessiner un futur désirable et atteignable collectivement ».<a href="#_ftn3">[3]</a> C’est sans doute une condition nécessaire si nous voulons éviter que des électeurs qui votaient autrefois pour les communistes ou les socialistes et votent aujourd’hui Rassemblement National, votent à nouveau « à gauche »<a href="#_ftn4">[4]</a>. Condition nécessaire aussi pour persuader les abstentionnistes que cela vaut la peine d’aller voter à gauche. <br /><br /></div><div>Pour ce faire il est souhaitable de travailler sur les « mesures basculantes » proposées par A. Caillé dans son texte « Si j’étais candidat » et de les comparer aux 10 propositions de Paul Magnette <a href="#_ftn5">[5]</a>, de les comparer aussi au « Manifeste juste, ouvert et féministe » d’Oxfam France du 9 déc. 2021, pour une autre législation concernant les droits d’héritage<a href="#_ftn6">[6]</a> , de reprendre les propositions qui permettent de ne pas laisser à 10 milliardaires français la main mise sur les médias etc.<br /><br /></div><div>La préparation d’un programme rendant crédible un autre avenir possible supposerait de ne pas avoir peur de mettre sur la table et de débattre des questions qui divisent la gauche : le nucléaire, l’immigration, le revenu universel, les ventes d’armes. Ces questions pourraient donner lieu à des débats entre nous. Les questions géostratégiques sont d’autant plus importantes qu’elles obligent à affronter le Rassemblement National qui est aux portes du pouvoir et à discuter sur l’idée que l’on se fait de l’Europe avec la France Insoumise par exemple. <br /><br /></div><div>Il y a donc tout un travail à envisager pour élaborer des documents adaptés à divers publics qui tous auraient pour objectif de « rendre crédible un autre avenir possible » et qui serviraient à de futurs candidats aux élections. Autrement dit, sans nous engager directement dans les échéances politiques qui relèvent des partis, nous pourrions contribuer efficacement à orienter leurs programmes. <br /><br /></div><div>C’est l’un des enjeux exprimés le 17 décembre : comment organiser des temps de rencontres autour de ces sujets, points aveugles ou impensés, avec la plus grande diversité de points de vue et des polarités en conditions intelligibles d’expression : les principes d’action des convivialistes en actes.<br /><br /></div><div><h3><strong>1 -</strong> <strong>Etablir une cartographie des mouvements s’orientant vers un changement de cap</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>C’est une des actions importantes partagées depuis quelques mois. Un groupe s’est engagé le 17 décembre. La première étape entreprise est de relier déjà les initiatives similaires et donc les énergies et les expériences. Avec cette cartographie, nous pourrions rendre visible et lisible leurs moyens, leurs forces, leurs objectifs et ce qui leur manque pour progresser (moyens financiers et humains, règlementation etc.). Quels champs couvrent-ils ? Dans quelle mesure s’orientent-ils vers un changement de cap ? Une telle cartographie représente un travail considérable, à vrai dire si gigantesque que l’on a peine à imaginer ce qu’il pourrait être. Il n’y a pas de « livrable final », cela restera un processus en cours, et d’abord un excellent prétexte pour créer du lien, utile dès les premiers instants et le plus longtemps que nos ressources le permettront. <br /><br /></div><div><h3><strong>2 -</strong> <strong>Définir des cibles. Pour qui et avec qui, nous nous mobilisons ?</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>Nous avons déjà noté : ceux qui autrefois votaient socialistes ou communistes et qui votent aujourd’hui Rassemblement National  ainsi que les abstentionnistes. Il faudrait aller beaucoup plus loin dans la définition de cibles. Comment toucher par exemple les jeunes ou moins jeunes tentés par l’islamisme en leur montrant tout l’intérêt de la conception de la laïcité en France ? Comment concerner les enseignants ? Sur certains sujets, tenir compte du fait que les clivages politiques ne jouent pas ou sont secondaires. Voir par exemple le rapport sur la pornographie signé par quatre sénatrices d’horizons politiques opposés, ou un ancien rapport sur la Seine St Denis qui dénonçait les inégalités dont souffrait la population dans l’accès aux services publics.<br /><br /></div><div>Il est probable que nos formations actuelles ne permettent pas de toucher un public populaire. Et pourtant cette cible est indispensable car au-delà de nous sortir de nos zones de confort, ce sont les premiers concernés par les inégalités sociales et territoriales. Des expériences nombreuses existent, comme la coordination Pas Sans Nous, les projets d’Ulysse Rabaté, le Bondy Blog, le RECCA (Réseau des Cafés Culturel et Cantines Associatifs), des initiatives comme les Tables de quartiers à Marseille… Quelles alliances pourrait-on alors envisager ?<br /><br /></div><div><h3><strong>3 -</strong> <strong>Définir les moyens financiers et moyens de diffusion</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>Si nous nous engageons dans un processus, nous devons alors imaginer les moyens de le documenter pour le diffuser et pour qu’il puisse être un objet constant de partage d’expérience : quels moyens écrits ou audio-visuels, des films, bandes dessinées, des plateformes numériques comme le projet de l’ECCAP en communs, des tribunes dans des quotidiens : Le Monde, Libération, La Croix, dans des hebdomadaires et revues. Envisage-t-on de diffuser dans les réseaux sociaux, et dans quelle mesure ose-t-on affronter la question des influenceurs ? Quelles sont les formations ou lieux de débat qui existent dans nos réseaux ? Peut-on envisager un ou des programmes de formation au service de notre ambition ? Quels publics touchent les formations dans nos réseaux ? <br /><br /></div><div>Nous ne pouvons pas sur chaque thème réunir une convention citoyenne, ce serait trop coûteux, mais pourquoi ne pas passer commande à des chercheurs ou leur demander de faire la synthèse de leurs travaux ? La force des convivialistes est son réseau universitaire, comment réfléchir à en optimiser son potentiel de relais, d’influence et de leviers ?<br /><br /></div><div><h3><strong>4 -</strong> <strong>Sur la place des convivialistes</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>Depuis quelques mois, nous partageons un même constat sur la place des convivialistes dans le débat public et leur capacité d’influer sur les décisions politiques et les politiques publiques. Nous regrettons de rester dans une forme d’entre soi d’intellectuels alors que notre volonté est bien de développer nos idées au-delà de nos cercles et de diffuser les principes convivialistes.<br /><br /></div><div>Les diffuser à qui, pourquoi et comment ? Il me semble que nous commençons à y répondre en partageant cette exigence avec d’autres et l’initiative initiée avant Sète, puis le texte issu de cette rencontre de l’Université d’été d’Utopia comme les suites définies le 17 décembre à Paris vont dans le bon sens. <br /><br /></div><div>Pour reprendre l’imaginaire d’Edouard Glissant, il y a la nécessité de conserver notre identité racine de convivialistes au regard de notre Second Manifeste mais il y a aussi une urgence à déployer nos identités relations. Et là-dessus, bien plus que tous les autres réseaux réunis, nous avons un réseau relationnnel riche, dense et j’imagine aussi, très différent en fonction autant des disciplines dans lesquelles nous exerçons que sur les territoires dans lesquels nous vivons et nous nous engageons. Le label convivialiste répond d’abord à notre identité racine, il me semble que nos savoirs et nos expertises sont reconnues. Affirmer que chacune et chacun agit et pense dans une inspiration convivialiste est utile mais à la condition de la mettre au service de quelque chose de plus grand que nous.<br /><br /></div><div>Nous l’avons exprimé et écrit : nous devons être au service des plus jeunes générations. Nous devons maintenant réfléchir aux conditions concrètes de cette transmission. Il me semble qu’elle peut être triple :<br /><br /></div><div>- Une transmission de savoirs et d’expériences, et le travail engagé depuis Sète doit se poursuivre autour des retours d’expériences alimentées par des savoirs plus théoriques dont nous pouvons imaginer des formes de diffusion moins académiques et plus dans un esprit d’éducation populaire et dans des codes accessibles aux plus jeunes, un sacré défi !</div><div></div><div>- Une transmission de notre capital relationnel et d’influence. Nous avons tous un carnet d’adresse, certes il se croise pour beaucoup mais si nous commencions par cartographier nos propres réseaux, nous serions agréablement surpris. Et ce capital est aujourd’hui dense mais sa richesse se perd jour après jour, c’est la loi de la vie et du grand remplacement ! Comment, pour qui, à quelles conditions, sur quel objet concret de coopération, nous devons nous mettre à disposition des initiatives émergentes qui ne demandent qu’à se renforcer. Nous pouvons avancer là-dessus très vite. Mais comment ? C’est l’enjeu de la troisième transmission. </div><div></div><div>- Une transmission d’un capital économique, un patrimoine plus classique dirait certains. Au-delà des deux premiers patrimoines immatériels, de savoirs et relationnel, nous avons aussi les moyens de lancer une campagne pour mobiliser du patrimoine matériel, ce que nous appelons plus prosaïquement, des sous ! Mathidle Imer l’a bien exprimé à Sète, la Primaire populaire s’est déployée aussi en mesurant bien cet enjeu. Il ne doit pas avoir de sujet tabou sur cette question. Cela est d’autant plus vrai aujourd’hui que de nouvelles générations pensent autrement leurs conditions d’existence et leur rapport à leurs besoins. Beaucoup s’engagent en inventant leur métier, et leur modèle économique. Ils mettent en œuvre ce que nous avons défendu depuis des années autour de la pensée de Karl Polanyi. Une économie plurielle croisant, moyens financiers, moyens relationnels, solidarité, don contre don…<br /><br /></div><div>Au sein de l’Eccap, j’ai pris l’initiative avec Florine et Pierre-Alain, de créer un fonds de dotation afin de rendre concret la possibilité de recueillir des moyens financiers pour organiser le développement de notre projet. Depuis Sète, l’Eccap est devenu une pirogue, et nous l’avons appelé « l’Eccap en communs » pour mettre ce projet au service des confluences et nous allier avec d’autres réseaux qui agissent déjà et souhaitent partager nos réflexions et nos actions pour expérimenter ensemble.<br /><br /></div><div>Ce fonds peut être un outil avec d’autres pour imaginer l’organisation et l’animation des futurs temps de rencontres à organiser ensemble. Les propositions et les pistes de travail exprimées depuis quelques mois dans le cadre de l’archipel des confluences me paraissent suffisamment intéressantes, coproduites avec épreuves et nombre d’étapes dont la dernière le 17 décembre. Elles pourraient suffire à remplir notre année 2023 et permettre aux convivialistes de trouver des perspectives collectives, concrètes et utiles.<br /><br /></div><div>Nous avons un engagement avec les autres réseaux mobilisés me semble-t-il depuis quelques mois, et dont le 17 décembre a été une étape. Le lien tissé avec les Colibris, le réseau des Licoornes, et d’autres initiatives doit se poursuivre car nous devons être utile au renforcement de ces nombreuses initiatives locales de transition qui expérimentent déjà une société que nous désirons pour nos enfants. <br /><br /></div><div>Nous mesurons leur force dans leur nombre, leur richesse et leur dynamique mais aussi leur faiblesse dans un risque d’épuisement si cette multitude ne produit pas un changement plus systémique. Un changement radical indispensable aussi pour les premiers concernés par les inégalités et la pauvreté, au sein de nos quartiers populaires urbains comme dans nos campagnes isolées.<br /><br /></div><div>En tant que convivialistes, nous devons aujourd’hui plus qu’hier se mettre « au service de » : mettre en acte le don contre don comme nos principes d’actions du Second Manifeste.<br /><br /></div><div>Ce sont mes vœux partagés pour cette année 2023, une année utile à nos combats.<br /><br /></div><div>Convivialement,</div><div>Guy Roustang.</div><div><br /></div><div><br /><br /><a href="#_ftnref1">[1]</a> <a href="https://convivialisme.org/">https://convivialisme.org/</a><br /><a href="#_ftnref2">[2]</a> Alain Caillé, leader des convivialistes a répondu : « Merci cher Guy, tes propositions me paraissent totalement judicieuses et bienvenues ».<br /><a href="#_ftnref3">[3]</a> Constat de A. Mansuy, in AOC, 30 nov.2022<br /><a href="#_ftnref4">[4]</a> Voir les analyses de F.Ruffin : « Je vous écris du front de la Somme » Ed. Les liens qui libèrent, sept. 2022, et Paul Magnette : « La vie large », Ed. La Decouverte, oct.2022, p.167. <br /><a href="#_ftnref5">[5]</a> Voir les dix propositions « qui n’ont d’autre ambition que d’ouvrir le dialogue » de Paul Magnette, p.253. <br /><a href="#_ftnref6">[6]</a>;Voir Clément Dherbecourt : Comment réformer la fiscalité des successions, in France-Stratégie.Janvier 2017.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    Suite à la réunion du 17 décembre à Paris, j’ai souhaité diffuser une adresse à mes amis convivialistes qui peuvent contribuer aux dynamiques de confluences. Voilà quelques axes à partager ensemble et plus largement.        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?AdresseAuxAmisConvivialistes">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-02-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N22AffaireMilaEtDeclarationDabouDabi" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_demoncratie_laique_en_tension,reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 10:04:27" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N22AffaireMilaEtDeclarationDabouDabi"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Affaire Mila et déclaration d’Abou Dabi  </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N22AffaireMilaEtDeclarationDabouDabi" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/02/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Affaire Mila et déclaration d’Abou Dabi  </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_demoncratie_laique_en_tension">
                      Une démocratie laïque en tension 
                     </span>
                 <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Mila est cette lycéenne de l’Isère qui répondait à des propos homophobes dans une vidéo diffusée sur Instagram. Elle critiquait la religion musulmane et, après avoir déclaré que la religion « c’est de la merde », concluait : Dieu « on lui met un doigt dans le trou du cul, merci, au revoir ». Visée par d’innombrables menaces de mort et de viol, elle a dû quitter son lycée. Cette affaire est grave et en dit long sur l’état de notre société. Elle mérite qu’on s’y arrête pour tenter de clarifier les choses.<br /><br />Clarification qui s’impose d’autant plus que Nicole Belloubet, notre ministre de la justice, a dû faire amende honorable après avoir déclaré au cours d’une interview : « L’insulte à la religion, c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience ». Elle a reconnu que s’exprimer ainsi était inexact car « juridiquement l’insulte à la religion n’existe heureusement pas dans notre République. Seules sont réprimées les injures faites à autrui en raison de son appartenance à une religion déterminée, comme celles adressées à une personne en raison de ses origines, de ses orientations sexuelles, de son sexe… » [1] . </div><div><br /></div><div>Ce que l’avocat de Charlie Hebdo exprime à sa façon : « La jurisprudence est très ferme et elle est pérenne : la critique, voire l’injure, contre la religion n’est pas répréhensible. Ce qui est condamnable c’est d’injurier les personnes en raison de leur religion. C’est aussi simple que cela. Mais si par peur, lâcheté ou calcul politique, on considère que toute critique de la religion met en cause les fidèles, alors on franchit un cap et on rétablit le délit de blasphème ». [2] L’avocat de Charlie Hebdo en veut à ceux qui craignent d’être traités d’islamophobes compte tenu de la « susceptibilité particulière chez certains musulmans. Mais pas tous évidemment ! Je reçois des messages de soutien à Mila de nombreux musulmans qui n’en peuvent plus de l’image que donnent d’eux les débiles anonymes qui passent leur vie à dénoncer tout le monde tout en se présentant comme des victimes. Être dans le déni et ne pas vouloir voir cela, c’est dangereux et dévalorisant à l’égard des centaines de milliers de musulmans qui défendent les valeurs républicaines ».<br /><br />Alors que Mila déclare : “Contrairement à eux, je n’ai insulté personne, ni menacé, ni appelé à la violence envers qui que ce soit. Ce que j’ai fait, c’est du blasphème, c’est une critique générale des religions, et rien d’autre.” Toujours est-il que la situation est dramatique : c’est Mila qui doit se cacher alors que ceux qui la menacent le font en toute impunité.</div><div><br />Notre ministre de la justice en faisant amende honorable écrit : « A l’occasion de cette polémique, je me suis replongée dans un petit texte de Jaurès, paru en 1904 dans l’Humanité, puis dans le Populaire en 1930, et heureusement republié récemment, muni d’une belle préface. Il s’intitule : « Le martyr d’un libre-penseur, Etienne Dolet ». Cet humaniste fut brûlé en 1546 pour crime d’impiété. Jaurès rend hommage à ce « blasphémateur »…en fustigeant « l’ineptie des inquisiteurs » et « la niaiserie des bourreaux ». Les buchers sont aujourd’hui virtuels, ils n’en sont pas moins intolérables et menaçants, car nous savons aujourd’hui, cinq ans après l’attentat de Charlie Hebdo, que les mots tuent aussi. La bêtise, l’ignorance nous guettent à chaque pas et ne nous lâchent pas, avec une force démultipliée sur les réseaux sociaux. Une adolescente en a fait la terrible expérience et nous devons tous contribuer à la protéger et lui permettre de retrouver le fil d’une vie normale, celle d’une jeune adulte qui s’ouvre au monde »<br /><br />Les élèves français adhèrent largement à la laïcité, selon une enquête dont rend compte Le Point le 29 janvier 2020. Enquête réalisée entre mars et mai 2018 auprès de 16 000 élèves de troisième et terminale d’établissements publics et privés sous contrat, par le Conseil national dévaluation du système scolaire. Il reste que 28% des élèves en lycée professionnelle et 14% en lycées généraux estiment que les règles de vie prescrites par la religion sont plus importantes que celles de la République. Il faudrait bien comprendre ce que signifient ces chiffres, mais ils donnent à penser que la laïcité à la française a encore beaucoup à faire pour être unanimement partagée.<br /><br /><h3><strong>Déclaration d’Abou Dabi en 2019. La fraternité humaine. Pour la paix mondiale et la coexistence commune.</strong><br /><strong></strong></h3><br />Nous recommandons vivement à Mila et à ses accusateurs (empêtrés les uns et les autres dans les échanges lamentablement violents des réseaux sociaux) la lecture de cette déclaration d’Abou Dabi. Elle est le fruit d’une véritable amitié entre le pape François et le grand Imam Ahmad Al Tayeb. Cette déclaration semble relativement peu connue. L’appel à une large diffusion était pourtant le suivant : « Al-Azhar et l’Eglise catholique demandent que ce document devienne objet de recherche et de réflexion dans toutes les écoles, dans les universités et dans les instituts d’éducation et de formation, afin de créer de nouvelles générations qui portent le bien et la paix et défendent partout les droits des opprimés et des derniers ».<br />Voici quelques extraits de cette courte déclaration qui mérite d’être lue intégralement.<br />« Au nom de la « fraternité humaine » qui embrasse tous les hommes, les unit et les rend égaux.<br />…Au nom de cette fraternité déchirée par les politiques d’intégrisme et de division, et par les systèmes de profit effréné et par les tendances idéologiques haineuses, qui manipulent les actions et les destins des hommes …<br />…De même nous déclarons – fermement- que les religions n’incitent jamais à la guerre et ne sollicitent pas des sentiments de haine, d’hostilité, d’extrémisme, ni n’invitent à la violence ou à l’effusion de sang. Ces malheurs sont le fruit de la déviation des enseignements religieux, de l’usage politique des religions et aussi des interprétations de groupes d’hommes de religion qui ont abusé – à certaines phases de l’histoire- de l’influence du sentiment religieux sur les cœurs des hommes pour les conduire à accomplir ce qui n’a rien à voir avec la vérité de la religion, à des fins politiques économiques mondaines et aveugles ».<br />…Le dialogue, la compréhension, la diffusion de la culture de la tolérance, de l’acceptation de l’autre et de la coexistence entre les êtres humains contribueraient notablement à réduire de nombreux problèmes économiques, sociaux, politiques et environnementaux qui assaillent une grande partie du genre humain.<br />…Le concept de citoyenneté se fonde sur l’égalité des droits et des devoirs à l’ombre de laquelle tous jouissent de la justice…<br /><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Nicole Belloubet. Le crime de lèse-Dieu n’existe pas. Le Monde 9/10 février 2020.<br />[2] Charlie Hebdo, 5 février 2020. </p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N22AffaireMilaEtDeclarationDabouDabi">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2023-09-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="AProposDuLivreDabdenourBidardLeGenie" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="penser_faire_mondialite" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-02-27 13:58:27" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_AProposDuLivreDabdenourBidardLeGenie"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              A propos du livre d’Abdenour Bidard : le Génie de la France. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_AProposDuLivreDabdenourBidardLeGenie" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/09/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">A propos du livre d’Abdenour Bidard : le Génie de la France. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema penser_faire_mondialite">
                       <a href=?penser-faire-mondialite>Penser / Faire mondialité </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2023/09/Screenshot-2023-09-15-at-16.59.23.png" alt="class=wp-image-2046" />    <p>Cet article s’adresse tout à la fois :</p>    <ul> <li>;A ceux, qui sont;nombreux dans les jeunes générations, et qui pensent que la France n’a aucun rôle particulier à jouer dans une mondialisation respectueuse de tous.</li>    <li>A ceux qui défendent une identité française qui existerait depuis toujours et qui serait menacé par le risque du grand remplacement.</li> </ul>    <p>Le livre d’Abdenour Bidar, Français croyant musulman, intitulé : « Génie de la France;» mériterait d’être lu par les uns et les autres.</p>    <p><strong>« Génie de la France;» est donc le titre provocateur de ce livre. </strong>Le premier chapitre est intitulé : « Le pays qui dit non;». Il rappelle l’étymologie de « franc;» qui a donné France, c’est l’étymologie de frei en allemand et de free en français, les deux termes se traduisant également par libre<a href="#_ftn1">[1]</a>. Bidar écrit : « Depuis 1789, toute personne qui lutte quelque part sur la planète pour conquérir la reconnaissance de ses droits ne se sent-elle pas, par identification, un peu française;? »<a href="#_ftn2">[2]</a></p>    <p>Bidar voit dans l’Appel de de Gaulle le 18 juin 1940, alors qu’il était sans armée, encore sans soutien politique d’une puissance alliée, l’héritier lointain du chevalier Bayard qui « au temps de Louis XII et de François Ier, personnifia une chevalerie française se battant héroïquement jusqu’au sacrifice, « sans peur et sans reproche;». Rappelons que la première phrase des Mémoires de guerre de de Gaulle est la suivante : « Toute ma vie je me suis fait une certaine idée de la France;».</p>    <p>Pour justifier le titre du premier chapitre, « Le pays qui dit non;», Bidar cite entre autres Descartes, ce « cavalier français qui partit d’un si bon pas;»<a href="#_ftn3">[3]</a> et qui « entreprit de douter ni plus ni moins que de la totalité du réel;», Jean-Paul Sartre qui affirme « que l’homme existe d’abord et avant tout comme liberté absolue…;», les « modernes Michel Foucault ou Jacques Derrida, en passant donc par Descartes, des esprits hyper critiques; de grands « déconstructeurs;». Sans oublier Blaise Pascal « pourtant chrétien si fervent;» qui prit « autant de soin à désacraliser tout ce que nous sacralisons;».</p>    <p>Ce premier chapitre du livre ne va pas sans mise en garde. « Nous nous sommes trahis hier, gravement, et nous devons avoir l’humilité de le reconnaître;». Sont évoqués par exemple : « l’iniquité colonialiste et esclavagiste;» « l’iniquité actuellement de notre commerce d’armes;» « l’iniquité enfin de politiques qui, désormais, lentement mais sûrement, deviennent de plus en plus autoritaires, sécuritaires, liberticides…;»<a href="#_ftn4">[4]</a>.</p>    <p><strong>Ce livre est écrit par un Français musulman.</strong></p>    <p>Pour lever toute ambiguïté, Bidar souhaite que le pouvoir politique passe de la parole aux actes dans la lutte contre l’islamisme, par exemple : « la fermeture de tous les lieux de culte dont l’imam ne parle pas le français et n’a pas suivi de formation aux valeurs de la République;» <a href="#_ftn5">[5]</a>. Il rappelle aussi qu’il y a déjà cent ans, Charles Maurras déclarait : « Il s’agit de savoir si nous sommes chez nous en France ou si nous n’y sommes plus;». Il n’a donc pas fallu attendre Eric Zemmour pour parler de grand remplacement et de la crainte de voir la France mourir compte tenu de l’excès d’immigration. François Héran pour sa part s’élève <strong>contre</strong> <strong>la prétention à la</strong> <strong>continuité historique</strong> revendiquée comme un droit fondamental par Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Le Pen, Alain Finkielkraut, Eric Ciotti etc… Il écrit :« La vérité est que, migrations ou pas, les populations de la France n’ont jamais eu droit à la continuité historique et ce, quelle que soit l’époque considérée…Pas plus qu’un autre, le peuple français n’a eu droit à la continuité historique. L’essor de l’immigration ne fait que s’insérer dans la longue série de ces mutations…et le génie national n’a pas consisté à les rejeter mais plutôt à en tirer parti, comme l’a rappelé l’Histoire mondiale de la France animée par Patrick Boucheron, qui a tant chagriné les adorateurs du temps immobile. » <a href="#_ftn6">[6]</a></p>    <p>Ce livre, dont nous n’avons évoqué que quelques aspects, est un acte de foi dans le génie de la France qui saura grâce à la laïcité amener l’Islam à reconnaître la liberté religieuse. Ce qu’il ne fait pas « quand il interdit l’apostasie ou criminalise comme blasphème l’atteinte à la divinité;». Alors que l’Eglise catholique aurait reconnu cette liberté religieuse, au moins en partie, depuis Vatican II. Et pour le judaïsme, Bidar cite la rabbine Delphine Horvilleur qui se réjouit de la laïcité pour l’exercice de son ministère. Cet espoir de voir l’Islam reconnaitre la liberté religieuse repose selon Bidar « sur la foi profonde que j’ai en mon pays, et la vision que je fais de notre terre comme cimetière de toute ambition de pouvoir du religieux. Je m’en réjouis, autant d’ailleurs comme musulman que comme français;»<a href="#_ftn7">[7]</a>.</p>    <hr class="wp-block-separator" />    <p><a href="#_ftnref1">[1]</a> A.Bidar ajoute ce commentaire : « Voulez-vous savoir si dans les veines de tel ou tel de nos chefs politiques d’aujourd’hui souffle l’esprit français;? Estimez le à la puissance de son « non;» et, à l’inverse, au nombre de ses complicités, notamment avec l’ordre libéral mondial;»</p>    <p><a href="#_ftnref2">[2]</a> A.Bidar, p.21</p>    <p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Cette formule citée de Charles Péguy se trouve dans le tome 3 des Œuvres complètes en prose de Péguy, p. 1280.</p>    <p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Page 46</p>    <p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Voir le livre « Génie de la France;» p.101.</p>    <p><a href="#_ftnref6">[6]</a> François Héran. Immigration : le grand déni. Ed.du Seuil, 2023, p.96.</p>    <p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Page 134.</p>         
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?AProposDuLivreDabdenourBidardLeGenie">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-02-09" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="AuDelaDeLemploiQuellesActivites" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,questionner_le_travail" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-02-27 14:04:46" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_AuDelaDeLemploiQuellesActivites"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Au-delà de l’emploi, quelles activités ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_AuDelaDeLemploiQuellesActivites" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>09/02/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Au-delà de l’emploi, quelles activités ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema questionner_le_travail">
                      Questionner le travail et la production 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <strong>L</strong>’appel des 150 personnalités de mai 2016 pour remettre au cœur du débat public la réduction de la durée du travail y voyait non seulement un moyen de réduire le chômage mais aussi de vivre mieux et de « reprendre la marche en avant du progrès social et sociétal en favorisant des modes de vie plus équilibrés et plus respectueux de l’environnement ».  « Au-delà de l’emploi », était le titre d’un rapport pour la Commission des communautés européennes publié en 1999 dont Alain Supiot était le rapporteur général. Il considérait que des tâches non professionnelles (éducation, tâches domestiques, vie communautaire) devaient être considérées comme de vrais « travaux ».  Il soulignait que les formes non marchandes de travail étaient les plus vitales pour l’humanité : « la société ne pourrait survivre plus de quelques jours à l’interruption du travail, qui dans la sphère domestique, assure la vie quotidienne » (p.86). Une page Idées du Monde du 5 janvier 2017 était intitulée « Le travail au-delà de l’emploi » en indiquant que sur 100 heures travaillées la moitié s’effectue sous des formes domestiques, associatives ou collaboratives.  La question de l’emploi doit être resituée dans une problématique plus générale. Prenons enfin au sérieux la mise en garde d’Hannah Arendt qui date d’une soixantaine d’années à propos de la montée de l’automation. « C’est une société de travailleurs que l’on va libérer du travail, et cette société ne sait plus rien des activités plus hautes et plus enrichissantes pour lesquelles il vaudrait la peine de gagner cette liberté ».  Les anciens considéraient qu’avoir des esclaves permettaient d’être libérés des tâches imposées par les nécessités du quotidien pour se consacrer à la vie de la cité, à l’action avec les autres ou au loisir (l’otium pour les latins ou la skolé pour les grecs). Mais ne nous y trompons pas, il n’y a aucune tonalité de frivolité dans ce loisir, il faut s’y préparer. Selon le dictionnaire Bailly grec-français, la skolè signifie proprement arrêt, d’où le sens notamment de repos, loisir, occupation studieuse, étude, lieu d’étude, école. Hannah Arendt rappelait que K.Marx n’était pas loin de cette pensée des anciens. Il considérait qu’il faudrait que le travail soit aboli pour que le domaine de la liberté supplante le domaine de la nécessité, car la liberté ne commence que lorsque cesse le travail déterminé par le besoin. Et elle écrit : « Le modèle de cette espérance chez Marx était sans aucun doute l’Athènes de Périclès qui dans l’avenir, grâce à la productivité immensément accrue du travail humain n’aurait pas besoin d’esclaves et deviendrait réalité pour tous les hommes ».  Quant à Keynes dans sa « Lettre à ses petits-enfants » il avait bien vu la difficulté que nous aurions à ne plus faire de l’emploi, du travail salarié le centre de notre vie. En 1930, Il considérait qu’un siècle plus tard, (nous n’en sommes pas loin) grâce au progrès technique et à la productivité du travail, il suffirait de 3 heures par jour ou de 15 h. par semaine pour satisfaire nos besoins essentiels. Mais écrivait-il « la lutte pour sa subsistance a toujours été jusqu’à présent le problème le plus absorbant de la race humaine… nos impulsions et nos instincts les plus profonds se trouvent tournés vers la solution des problèmes économiques ». Si bien que « l’homme moyen devra se débarrasser en quelques décades de ce qui lui fut inculqué au cours de générations multiples... Ne faut-il pas s’attendre alors à une dépression nerveuse collective ? »  Keynes espérait cependant que nous saurions honorer « ceux qui sont capables de nous apprendre à cueillir chaque heure et chaque jour dans ce qu’ils ont de meilleur et avec le plus de vertu, les personnes adorables, qui savent jouir de toutes choses, des lys des champs qui ne peinent pas… ».  Pour sa part, Charles Péguy distinguait le travail nécessaire à la vie corporelle de la cité et le travail désintéressé. Face au mauvais infini de la croissance et de la consommation indéfinie, si nous suivons son utopie dans « Marcel, De la cité harmonieuse », nous attacherons toute l’importance voulue au travail désintéressé « puisque le travail à faire, individuel ou collectif, en art, en science et en philosophie est indéfini ».  Pour l’instant la traduction en politique des utopies de Marx, Keynes ou Péguy ont été éphémères. Après les accord Matignon de juin 1936, le ministre de l’Économie nationale exprimait ainsi l’esprit des lois fixant la durée hebdomadaire du travail à 40 heures et instaurant 15 jours de congés payés : « faire bénéficier les travailleurs des progrès des sciences et de la technique…leur assurer ainsi…à coté de leur vie de travail…une vie de loisir, c’est-à-dire une vie de liberté, d’art, de culture, une vie plus humaine et plus belle ».  Voici aussi ce que disait le ministre éphémère du temps libre de 1981 : « Si la révolution technologique n’est pas compensée par une volonté politique volontariste, déterminée, puissante et à long terme, touchant au temps libéré… alors nos sociétés démocratiques s’affaibliront, et les exclus – jeunes et anciens – pourraient bien n’avoir d’autre recours que dans la violence ou dans les thèses d’extrême droite avec leur cortège de racisme et d’antisémitisme ».  On se soucie à juste titre de voir l’Éducation Nationale préparer à la vie professionnelle afin que chacun ait un emploi qui lui assure de quoi vivre. Mais à une époque où les machines et les robots peuvent faire le travail qui était imposé aux esclaves dans l’antiquité, il est grand temps de reconnaître que l’éducation doit préparer tout autant au vivre ensemble dans la cité, à la politique. Ce qui suppose que l’école veille « à ce que chacun apprenne à s’écouter, à débattre, à respecter la parole de l’autre, à coopérer pour édifier une société porteuse de plus de civisme et d’humanité » voir Alain Caillé/Les convivialistes. Eléments d’une politique convivialiste. P.105.  ;        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?AuDelaDeLemploiQuellesActivites">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2021-06-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="AuDelaDuDualismeEtatMarchePourUneAutre" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,une_autre_economie" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-08-05 16:41:14" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_AuDelaDuDualismeEtatMarchePourUneAutre"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Au-delà du dualisme Etat-marche pour une autre conception de l’économie </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_AuDelaDuDualismeEtatMarchePourUneAutre" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/06/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Au-delà du dualisme Etat-marche pour une autre conception de l’économie </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_autre_economie">
                      Repenser la science économique 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><strong><br /></strong><br /></div><div>Au 20ème siècle, une certaine conception de l’économie reposait sur le dualisme Etat - marché. Les affrontements gauche-droite tournaient autour de plus ou moins d’Etat-Providence. Cela alimentait l’individualisme de l’homo economicus qui intervenait sur le marché et celui du bénéficiaire de l’Etat-Providence.</div><div><br /></div><h3>Pour une diversité institutionnelle au-delà du dualisme Etat-Marché</h3><div>Le concept de commun, au-delà du dualisme Etat/marché permet de rendre compte de multiples initiatives de solidarité et de mutualisation des ressources, qui manifestent la volonté d’un nombre croissant de citoyens de reprendre en mains leur destin<a href="#_ftn1">[1]</a>. <br /><br /></div><div>Pour dépasser également le dualisme Etat/marché, Jean-Louis Laville montre comment la répression de juin 1948 a occulté ce qu’a été l’associationnisme et les pratiques populaires novatrices qui prolongeaient la démocratie politique dans la vie sociale et qui allait à l’encontre de la séparation entre politique et économie <a href="#_ftn2">[2]</a>. <br /><br /></div><div>C’est donc à un passage de l’individualisme à l’individuation que nous appelle Jacques Perrin<a href="#_ftn3">[3]</a>. Autrement dit passer de l’individualisme qui oppose une tendance à ne penser qu’à soi (avec l’affirmation de Margaret Thatcher : « la société n’existe pas ») à l’individuation, à l’idée que l’individu est relationnel. <br /><br /></div><div>Dans le petit livre « Quel monde associatif demain ?- Mouvements citoyens et démocratie »<a href="#_ftn4">[4]</a>, chercheurs et acteurs associatifs présentent deux scénarios, le premier qui analyse les diverses entraves au développement du monde associatif, le second qui montre les dynamiques à mettre en œuvre pour aboutir à une autre construction de l’action publique. Notamment en réunissant les potentialités du monde associatif, des communs et de l’économie sociale et solidaire. <br /><br /></div><div><h3>Pour une critique radicale du courant dominant de la théorie économique</h3><br /></div><div>Dans le livre qu&apos;il publie avec Felwine Sarr – <a href="https://3kwcu.r.ag.d.sendibm3.com/mk/cl/f/Yk5jg9RV8EiqSOkZUbr1JMe4wOJggs2Th2RD46cdranc5-OnOct2MoODepjpOyW8n4TF0V6PU4qfeKEWOB9SnT0u3QEv-lkLl0yqp5HWvnaop1y42FBQNu1fulqeBiWstONd8i26c25dej2D4WjRVgnxF08zfPRW1Ow8GNSsusjOugh5U52eCVG7L7QQdEkOnYygviqEofZU_GjJwQproAQyyOWReFx3l17lRFwDUNLE6EjePrbDa2dBQXfyRXauN-zwRVZFAkK2oyNUvSs">L’économie à venir</a> – Gaël Giraud insiste : « En réalité, nous sommes dans des économies de la mal-croissance, fondées sur un faux système comptable qui omet de comptabiliser ses vrais coûts et nomme inadéquatement ses actifs et ses passifs (…) Une économie du vivant serait fondée sur une réévaluation de l’utilité de tous les secteurs de la vie économique au regard de leur contribution à la santé, au soin, au bien-être, à la préservation du vivant et à la pérennisation de la vie, à la cohésion sociale. »<br /><br /></div><div>Gaël Giraud est président d’honneur de l’Institut Rousseau qui souhaite « promouvoir des modes de gouvernance plus collectifs, soucieux d’impliquer les citoyens et de garantir leur confiance dans le temps, en même temps qu’il nous faut un regard neuf sur les phénomènes naturels, politiques et sociaux qui nous entourent ». <br /><br /></div><div><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Voir l’article de Jean-Benoit Zimmermann sur ce site. Voir aussi l’article de Guy Roustang sur le livre de P.Dardot et C.Laval.<br />[2] Voir dans l’eccap, l’article de J.L.Laville : L’association, de l’histoire à l’actualité.<br />[3] Voir in eccap, article de Jacques Perrin, individualime et Individuation.<br />[4] Ed. Erès, avril 2021.         
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?AuDelaDuDualismeEtatMarchePourUneAutre">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-id_fiche="AutoproductioN" data-date_creation_fiche="2025-05-09 15:33:19" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-05-09 15:35:08" data-owner="GarlotFlorine" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_5_AutoproductioN"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Autoproduction </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_5_AutoproductioN" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Autoproduction</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            L’Autoproduction renvoie à des pratiques de la vie quotidienne : cuisiner, bricoler, cultiver des légumes dans son jardin etc.         </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            L’autoproduction, qui ne donne pas lieu à des échanges monétaires, n’est pas prise en compte dans le produit intérieur brut (PIB), qui prétend mesurer les richesses produites au cours d’une année. Actuellement, l’évolution du PIB et sa croissance tendent à monopoliser toute l’attention des politiques et de l’opinion comme mesure du bien-être, au risque d’occulter complètement le rôle de l’autoproduction. Pourtant lorsqu’on a cherché à estimer la valeur de cette autoproduction en affectant un prix aux heures consacrées à des activités d’autoproduction, on a constaté qu’il faudrait augmenter le PIB de 35 à 75% selon les conventions de calcul retenues. L’enquête budget-temps de 1974 considérait en effet que 48 milliards d’heures ont été consacrées au travail domestique et 41 milliards au travail rémunéré. L’écart entre 35% et 75% s’explique par les différences de valeurs affectées au travail domestique, selon qu’on choisit pour évaluer le travail domestique le prix d’un manœuvre ou celui d’une personne qualifiée. 

« La production domestique ne corrige pas la faiblesse des ressources monétaires des plus pauvres, elle semble plutôt améliorer le niveau de consommation des classes moyennes. En effet, ceux qui en ont les moyens, s&apos;ils en ont envie, s’engagent dans des pratiques d’autoproduction. Ils produisent des légumes ou des fleurs, bricolent dans leur logement pour le rendre plus confortable et plus agréable. » (Extrait de l’article de D.Cérézuelle et G.Roustang dans livre //L’économie solidaire en mouvement// Ed.Erès 2022). C’est pourquoi nous proposons de développer l’autoproduction accompagnée pour aider les personnes qui n’ont pas l’outillage voulu et les moyens de se le procurer, ou le savoir-faire nécessaire. Actuellement il est beaucoup question de mieux isoler les logements pour faire des économies d’énergie, mais les objectifs d’isoler quelques centaines de milliers de logements chaque année ne sont jamais atteints, faute d’accompagner les propriétaires ou locataires.

Cela suppose que l’on sorte l’autoproduction accompagnée du cadre très social qui est actuellement le sien pour faire de l’autoproduction accompagnée « tous publics » un outil ordinaire de la politique du logement, comme le recommandent le Conseil d’Etat et le Conseil Général du Développement Durable. Mais on attend toujours l’application de ces recommandations.

Faire avec les gens ne s’improvise pas. Intégrer les personnes qui n’ont pas appris à jardiner dans un jardin familial suppose de les accompagner. Pour améliorer ou isoler son logement, tout le monde ne dispose pas de l’outillage, des savoir-faire ou de la confiance en soi nécessaires. C’est pourquoi il faut mettre en place au niveau des territoires des programmes d&apos;accompagnement à l&apos;autoproduction ou des ateliers de quartier. Ceux-ci doivent proposer un soutien technique et parfois social non seulement aux ménages en difficulté, mais aussi à tous ceux qui sont désireux d’acquérir ou de consolider des savoir-faire pratiques. Ainsi ils pourront développer un mode de vie plus autonome et participer aux échanges économiques et sociaux locaux.        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            C’est un retournement de perspective qui s’impose. F.Braudel  dans son œuvre « Civilisation matérielle, économie et Capitalisme » distingue trois niveaux : l’économie du rez-de-chaussée, au 1er étage le secteur concurrentiel de l’économie de marché, au 2ème étage les grandes entreprises et institutions financières capables de s’abstraire de la concurrence. Des produits standardisés se sont substitués à ce que précédemment les gens fabriquaient par eux-mêmes, encouragés aussi bien par des régimes politiques opposés par ailleurs comme le capitalisme ou le communisme soviétique (Illich, 1977, pp 16/17). Peut-être assistera-t-on à un retournement, car, comme le dit Bernard Perret : « En matière d’alimentation (jardins familiaux) et de logement (auto-réhabilitation accompagnée) le recours à l’autoproduction offre des possibilités encore largement ignorées. Du point de vue écologique, son intérêt est de développer des réflexes de parcimonie, d’autosuffisance, de recherche de durabilité et d’entretien en rupture avec le réflexe pavlovien qui consiste à répondre à un besoin par la production d’un bien ou la fourniture d’une prestation ». De plus les échanges sociaux dans l’économie du rez-de-chaussée se font sur la base de la réciprocité, des dons et contre-dons, si bien qu’une société « qui pousserait jusqu’au bout la logique de la marchandisation des échanges s’exposerai à un énorme déficit éducatif ».        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            In J. Combes, B.Lasnier, J.L.Laville L’économie sociale en mouvement. Eres 2022.  D.Cérézuelle et G.Roustang : L’autoproduction (PP. 87 à 90)

D.Cérézuelle et G.Roustang L’auotproduction accompagnée. Ed Erès. 2010, 208 pages.

In Dictionnaire de l’autre économie. Sous la direction de J.L.Laville et A.D.Cattani. Desclée de Brouwer, 2005.  Article Economie non-monétaire de Guy Roustang	

B.Perret. Pour une raison écologique. Paris, Flammarion, 2011.

F.Braudel, 1980, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, tome 1, 2011 p.8. 

D.Cérézuelle. 2000, p.179.

Conseil D’Etat : Droit au logement, droit du logement. La documentation française 2009. P255 à 257.

Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable : Contribution de l’auto réhabilitation accompagnée au plan de rénovation énergétique de l’habitat. Rapport établi par Hervé Berrier. Juin 2014.        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?AutoproductioN">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2023-03-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="AvecLeDebatSurLesRetraitesUnImmenseGac" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-02-27 14:17:38" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_AvecLeDebatSurLesRetraitesUnImmenseGac"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Avec le débat sur les retraites, un immense gâchis et le Rassemblement national aux aguets. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_AvecLeDebatSurLesRetraitesUnImmenseGac" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/03/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Avec le débat sur les retraites, un immense gâchis et le Rassemblement national aux aguets. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2023/03/Le-FN-et-la-societe-francaise.jpeg" alt="class=wp-image-1805" width="248" />    <p>Le Pacte civique, association de citoyens prudente et mesurée, affirmait dans son flash info de fin janvier intitulé Conflit sur les retraites, quelle issue? qu’on assistait à un immense gâchis. Depuis, avec les débats dans les Assemblées, ce diagnostic n’a fait qu’empirer et le Pacte civique propose une analyse qui donne une synthèse bien utile pour tous ceux qui se perdent dans les controverses et qui veulent y voir clair <a href="#sdfootnote1sym">1</a>.</p>    <h3 class="has-large-font-size"><strong>Maître des horloges ou garçon d’ascenseur ?</strong></h3>    <p>Mais pourquoi donc le Président Macron s’entête et refuse de recevoir les syndicats unanimes, au risque comme le dit Laurent;Berger d’un déni de démocratie. C’est que le président veut être le maître des horloges, celui qui décide et qui, quoi qu’il en coûte, veut faire passer sa réforme en tenant bon, en l’imposant à une société qui n’en veut pas. Au risque d’être un apprenti sorcier et d’être le garçon d’ascenseur qui fait monter Marine;Le;Pen dans les étages, c’est-à-dire dans les différentes étapes du suffrage universel.</p>    <p>Car comme le rappelle à nouveau E. Plenel dans son dernier livre : « L’appel à la vigilance;»<a href="#sdfootnote2sym">2</a>, c’est bien par les urnes que Mussolini puis Hitler sont arrivés au pouvoir. Or André;Koulberg dans son livre;Le FN et la société française;- L’extrême droite banalisée paru en 2017, aux éditions Utopia, montre comment la progression du Front national, devenu le Rassemblement national, dépend des vicissitudes de la société française.</p>    <p>Le 6 mai 1987, Jean-Marie;Le;Pen à l’Heure de vérité devant des millions de téléspectateurs dénonce les « sidaïques;» accusés de propager la maladie. La campagne menée par ce qui était alors le Front national a complètement échoué parce que « toutes les voix qui comptaient;» ont manifesté leur désaccord. « Ainsi, lorsque les frontistes ne trouvent aucun relais à leur discours de peur et à leurs fantasmes autoritaires ils échouent lamentablement;». « En septembre 1987, la déclaration sur les chambres à gaz, « point de détail de l’histoire de la guerre mondiale;», suscite de nouveau une désapprobation unanime;». C’est justement ce genre de déclaration que Marine Le Pen s’efforce d’éviter pour banaliser le Rassemblement National, supprimer le plafond de verre et l’emporter aux prochaines élections.</p>    <p>Malheureusement sur les thèmes de l’immigration et de l’insécurité, le Front national aujourd’hui Rassemblement national trouve des relais auprès de nombreux hommes politiques, médias, essayistes et pamphlétaires et cela explique ses succès électoraux<a href="#sdfootnote3sym">3</a>. La pléthore de textes législatifs ces dernières années sur ces questions est l’illustration de cette agitation autour des idées du RN.</p>    <p>Citons encore André Koulberg : « Les succès du Front national ne sont, pour l’essentiel, pas imputables à celui-ci, mais aux dysfonctionnements qui touchent la société française dans son ensemble…Le Front national est notre créature;». Et l’analyse qu’il fait de la montée des votes des Le Pen est éclairante : « Les variations des résultats frontistes à des moments où les espérances politiques s’infléchissent brusquement (confortées ou déçues) sont souvent observables;».</p>    <p>Est-il encore possible d’espérer un sursaut d’Emmanuel;Macron, qui ne serait ni maître des horloges, ni garçon d’ascenseur, mais Président des Français, dont l’écrasante majorité est opposée au projet actuel sur les retraites;? Il pourrait alors ouvrir une large négociation non seulement sur les retraites mais sur des sujets autrement plus urgents et importants comme le réchauffement climatique.</p>    <h3 class="has-large-font-size"><strong>Nécessité d’un projet écologiste et socialiste</strong>.</h3>    <p>Si l’on prend au sérieux le constat d’André Koulberg : ;« les succès du Front national (aujourd’hui Rassemblement national) sont dus aux dysfonctionnements de la société française dans son ensemble;», alors il est urgent de montrer aux électeurs du RN et aux abstentionnistes qu’un autre avenir est possible. C’est à quoi s’emploiera l’ECCAP avec bien d’autres.</p>    <p><a href="#sdfootnote1anc">1</a> Voir sur le site du Pacte Civique : « Retraites, une réforme nécessaire mais pas nécessairement urgente;».</p>    <p><a href="#sdfootnote2anc">2</a> E.Plenel. L’appel à la vigilance. Face à l’extrême droite. Ed. La Découverte 2023.</p>    <p><a href="#sdfootnote3anc">3</a> Les clarifications de François Héran, professeur au Collège de France, sur l&apos;immigration sont très importantes et l’ECCAP s’efforcera d’en parler.</p>         
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?AvecLeDebatSurLesRetraitesUnImmenseGac">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2023-07-13" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="CeQueNousDitUneMereDesQuartiersPopulair" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-07-16 17:24:14" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_CeQueNousDitUneMereDesQuartiersPopulair"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Ce que nous dit une mère des quartiers populaires </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_CeQueNousDitUneMereDesQuartiersPopulair" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>13/07/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Ce que nous dit une mère des quartiers populaires </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <img src="https://www.interforum.fr/images/DEC/P3/9782348059377.jpg" alt="/" />    <p>En référence aux émeutes de 2005, F.Ouassak écrivait dans son premier petit livre La puissance des mères paru en 2020 :<br />« Si des voitures ont brulé après la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré, c’est la faute de leurs parents, et non de la police, pourtant directement responsable de leur mort. Ils auraient dû tenir en laisse leurs fils – en laisse ou scotchés devant la télévision, peu importe mais ces sauvageons n’avaient pas à circuler librement le soir;»<a href="#cfca20bc-3282-416a-97dd-81c47fd9ab12">1</a>. <br />On en est donc toujours au même point…</p>    <p>Il est difficile de se mettre à la place de cette mère, on est « dérangé;» parfois. Cela a été mon cas. Par exemple quand F.Ouassak échange avec une responsable pour que la cantine accepte que sa fille ne mange pas de viande, ou quand elle rend visite à une pédiatre alors que son fils vient d’être circoncis. La pédiatre croit que le bébé n’est pas propre alors que c’est du « henné qu’il a sur les mains et sur les pieds;». Lisez et vous me direz si vous aussi vous êtes « dérangés;».</p>    <p>F.Ouassak est diplômée de Sciences Po Lille en 1998. Elle nous dit « J’ai travaillé il y a une quinzaine d’années à la politique de la ville, et ensuite comme consultante en politiques publiques;». Ses ambitions et sa radicalité;s’expriment ainsi : « Reprendre le pouvoir qui nous a été confisqué en tant que mères, et prendre plus largement encore le pouvoir politique dans son ensemble »<a href="#a7c3e753-da3e-4ae1-93cc-f78a507abfd3">2</a> et l’ont amené à contribuer à créer le « Front de mères;». Mais sa radicalité n’exclut pas le dialogue, bien au contraire. Dans la préface inédite de la réédition de son premier livre, elle écrit que :<br />« La sortie du livre a été l’occasion d’échanges riches et enthousiasmants, partout en France comme à l’étranger, dans les quartiers populaires comme en centre-ville, dans les milieux institutionnels, universitaires ou très militants. Quelle fierté d’y porter un point de vue ancré dans les quartiers populaires, ce point de vue que l’on entend si rarement;».</p>    <p>Le second petit livre de F.Ouassak a pour titre Pour une écologie pirate paru en mai 2023. Comme pour le premier livre, c’est une mère à l’écoute de ses enfants qui écrit tout en politisant la question. Elle y parle de Verdragon à Bagnolet, première maison de l’écologie populaire, qui vise à réunir les habitantes et habitants des quartiers populaires autour de l’écologie. Portée en commun par Alternatiba et le Front des mères, Verdragon a connu l’opposition de la gauche et de l’extrême droite :<br />« la violence de la campagne visant à nous chasser du lieu…traduit selon moi l’obsession raciale des cadres des partis de gauche, qui parlent d’une réalité qu’ils ne connaissent que de loin car aucun n’habite les quartiers populaires ». L’autrice écrit également : « Nous avons aussi été soutenus par nombre de personnalités, notamment écologistes, et Alternatiba a été remarquable de fraternité…en menant à nos côtés la lutte pour sauver Verdragon »<a href="#66b7fb8c-5d54-4b42-b8cc-3068feca8ea6">3</a>. <br />Écoutons cet appel :« les luttes des quartiers populaires doivent trouver leur place dans le patrimoine écologiste. Mais ce qu’il faut pour rejoindre le nécessaire front contre le désastre climatique, c’est un projet précis, pensé depuis les quartiers populaires »<a href="#8e9c4c1a-d3a3-4a5c-a205-6a0a34797df0">4</a>.</p>    <p>Tout le monde perçoit bien la gravité des émeutes et des pillages avec destructions de lieux publics qui vont affecter souvent la vie quotidienne des habitants. De multiples commentaires contradictoires se sont exprimés et les détestations réciproques vont bon train. C’est bien notre société qui est malade comme notre démocratie. Certains convivialistes<a href="#821d98c7-2ed2-4d4d-b6ad-5acaad39cbc4">5</a> proposent ce qui pourrait tenir lieu en quelque sorte de thérapie collective. Il s’agirait de prévoir dans la durée des émissions de télévision et de radio qui théâtraliseraient les points de vue divergents des uns et des autres, aussi bien les jeunes révoltés que les policiers ou les éducateurs et bien d’autres acteurs. Avec l’espoir de lutter ainsi contre les préjugés.</p>    <p>Fatima Ouassak annonce « un prochain livre qui mettra un point final au triptyque avec la question de l’organisation de la société;». Nous l’attendons.</p>           
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?CeQueNousDitUneMereDesQuartiersPopulair">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2020-09-13" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N34ChangementDeCapEtEffondrement1508" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="ne_sais_pas" data-bf_auteur="RoustangGuy,GarlotFlorine2" data-date_maj_fiche="2025-09-29 10:55:07" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N34ChangementDeCapEtEffondrement1508"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Changement de cap et effondrement  </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N34ChangementDeCapEtEffondrement1508" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>13/09/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Changement de cap et effondrement  </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?GarlotFlorine2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Garlot Florine">Garlot Florine</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema ne_sais_pas">
                       <a href=?ne-sais-pas>Je ne sais pas </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>« Encyclopédie du changement de cap » signifie bien que nous plaidons pour un changement fondamental d’orientation si l’on veut vraiment relever les défis énoncés dans notre avant-propos et notre Lettre n°1. Mais la notion d’effondrement donne une tonalité plus tragique au changement. C’est ce que l’on ressent en lisant le livre : « L’effondrement de l’empire humain ». Les auteurs des dix interviews[1] écrivent que « la réalité de grands bouleversements actuels et à venir s’est imposée dans nos esprits. Et pourtant, la classe politique et le monde économique continuent très majoritairement de s’en remettre aux dieux de la croissance, ignorant les limites physiques de notre planète et les lois naturelles qui garantissent la prospérité du vivant. Il y a urgence à comprendre ce qui se prépare ».</div><div><br />La pandémie de la Covid 19 met à mal le monde entier et donne un avant-goût de ce qui s’annonce. Depuis des décennies, les prévisions des scientifiques concernant le réchauffement climatique se sont avérées justes et de plus en plus précises, sans pour autant que l’on puisse prévoir des dates ni les enchaînements des évènements.<br />Impossible de se rassurer en pensant que nous savons ce dont il s’agit en observant les canicules actuelles. Jean Jouzel[2] nous dit « Nous sommes dans une trajectoire de réchauffement de 3% d’ici la fin du siècle même si l’Accord de Paris de 2015 est respecté…Les gens ne se rendent pas compte. Ils pensent que le réchauffement climatique correspond à ce qu’ils sont en train de vivre. Mais ce dont nous parlons, avec les + 3°C ou + 4°C, n’a absolument rien à voir avec la situation actuelle » (p.39). Une augmentation de 3°C pour l’ensemble de la terre entraînera des bouleversements sans commune mesure dans divers domaines : mouvements migratoires, effondrement de la biodiversité, fonte des glaciers et montée des océans, risques sanitaires venant du dégel du permafrost.</div><div><br />Les 10 personnes interviewées dans le livre sont d’accord pour penser que sans changement radical de nos modes de vie, de notre façon de produire, de consommer et d’habiter nous courons à la catastrophe.<br />Les responsables des interviews de 10 spécialistes écrivent : « De nos rencontres et nos échanges avec dix penseurs éclectiques aux perceptions variées émergent une véritable polyphonie de l’effondrement qui nous éclaire…Toutes et toutes ont su nous apporter matière à réflexion…Notre souhait est qu’il en soit de même pour vous ».<br />Yves Cochet dit ce qu’il entend par effondrement « j’entends un phénomène qui, en matière démographique, verrait environ la moitié de la population mondiale disparaître en moins de dix ans…et dans tous les autres domaines de la vie individuelle et collective, l’ampleur du bouleversement serait du même ordre. En d’autres termes un effondrement comme jamais l’espèce humaine n’en a connu, jusqu’à être confrontée à sa disparition ». (p. 90). Il considère que la survie de l’espèce humaine est en jeu (p.93). Et selon lui, le seul combat qui vaille consiste à « minimiser le nombre de morts ». Selon lui certains de ses amis collapsologues se font des illusions quand ils pensent qu’en informant on va pouvoir mobiliser et éviter le pire. Et il en veut pour preuve que dans le passé, les mises en garde de plus en plus précises n’ont pas entraîné des décisions à la hauteur des défis à relever.</div><div>N.Hulot est de ceux qui se réservent une marge d’erreur et pensent que rien n’est inéluctable. Il explique pourquoi il n’exprime guère ses inquiétudes personnelles depuis sa démission du gouvernement, car « il est sonné… Et je suis sonné parce que j’ai vu les verrous. Je pourrais lister pendant une demi- heure tout ce qui empêche la société de passer à l’acte » (P.117).</div><div><br />A l’avenir, il y a bien sûr le risque de guerres, à propos par ex. de l’accès à l’eau, le risque que les gens s’entretuent pour accéder au nécessaire. Mais il y a aussi la conviction de certains que cela pourrait être une incitation à plus d’entraide et de bienveillance. C’est le cas de Pablo Servigne[3]. Quand on lui pose la question « Auriez-vous un conseil à donner à ceux qui prennent conscience de la perspective de l’effondrement ? ». Il répond : « La clé c’est l’amour. Il y a un livre magnifique de Carolyn Baker qui s’intitule « Love in the Age of Ecological Apocalypse ». Sagesse et compassion, l’une avec l’autre ensemble…Et l’amour est le ciment de tout. Si nous le perdons, nous perdons tout ». Caroline Baker est une des 10 personnes interviewées. Elle nous dit : « Tout comme les empires ont colonisé des populations, nous avons été colonisés par la civilisation industrielle. Nous avons intériorisé l’avidité, le profit, la guerre. Nous devons travailler à nous décoloniser nous-mêmes et à devenir des êtres humains à part entière… nous devons essayer de nous soigner collectivement. Une grande partie de mon travail porte sur ce processus de reconstruction ».</div><div><br />L’eccap fait le pari qu’il est encore possible d’éviter le pire, mais le déni des menaces auquel on se heurte est redoutable. L’eccap pour sa modeste part s’efforcera de contribuer à suivre les conseils donnés par Arthur Keller « Créez des groupes de conversation, de réflexion et d’action là où vous vivez, organisez-vous collectivement, unissez-vous, rejoignez des collectifs, réseaux et mouvements s’il y en a » (p.71). Arthur Keller donne un conseil aux dirigeants politiques et économiques : « Plutôt que de vouloir tout décider, donnez aux gens les moyens de redevenir citoyens et de s’organiser, faites jouer l’intelligence collective… ».</div><div></div><div>Pour répondre à cet objectif d’éducation populaire, l’espace numérique qu’est l’eccap doit pouvoir s’adosser à des espaces physiques d’échanges, de débats et d’actions collectives (en particulier, les cafés associatifs). De cette manière, les connaissances majoritairement universitaires collectées par l’eccap pourront être mises en débats, expérimentées et donc alimentées par des citoyens déjà militants ou non. Ici, le parti pris est que c’est par la participation citoyenne que tout un chacun peut développer sa capacité à former des jugements sur des problèmes publics (Dewey, 1927). Cette collaboration entre l’eccap et des cafés associatifs s’effectuent dans un contexte où ces derniers tentent de formaliser les connaissances partagées dans ou hors leurs murs[ [4] De façon à articuler ces espaces (numériques et physiques) en vue d’une éducation civique, Florine Garlot, chercheuse en sciences de l’information et de la communication dans le milieu associatif, conduira à partir d’octobre une recherche-action collective visant à proposer des méthodologies et outils.</div><div><br /><br /></div><div><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Manon Commaret et Pierrot Pantel. L’effondrement de l’empire humain. Ed. Rue de l’échiquier. 2020.<br />[2] Jean Jouzel a été Vice-président scientifique du groupe d’experts intergouvernemental su l’évolution du climat (Giec) de 2002 à 2015 avec lequel il obtient le prix Nobel de la paix en 2007, il est le principal auteur des 2ème et 3ème rapports.<br />[3] P.Servigne dit notamment qu’il s’interroge sur la question du féminin et nous avons reproduit ses réflexions dans la rubrique féminisme de l’eccap.<br />[4] Exemple du café associatif grin et de ses podcasts : https://legrin.fr/nos-podcast.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N34ChangementDeCapEtEffondrement1508">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2023-03-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="ComprendrePourquoiOnNeSeComprendPas" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_participative_en_progression" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-08-05 15:23:06" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_ComprendrePourquoiOnNeSeComprendPas"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              « Comprendre pourquoi on ne se comprend pas » </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_ComprendrePourquoiOnNeSeComprendPas" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/03/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">« Comprendre pourquoi on ne se comprend pas » </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <a href="https://www.cnrseditions.fr/catalogue/sciences-politiques-et-sociologie/comprendre-pourquoi-on-ne-se-comprend-pas/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><img src="https://www.cnrseditions.fr/wp-content/uploads/2023/01/9782271145307.jpg.webp" alt="width=250" /></a>    <p>Cet article est une recension du livre d&apos;Eric Dacheux[1] intitulé Comprendre pourquoi on ne se comprend pas.</p>    <p>La communication entre personnes ne va-t-elle pas de soi? Pourquoi se compliquer la vie et faire appel aux « sciences de l’information et de la communication » comme le fait Eric Dacheux dans ce 260ème petit volume de la collection Biblis du Centre National de la Recherche Scientifique<a href="#_ftn2">[2]</a>?</p>    <p>Est-il bien nécessaire de se « compliquer la vie » en utilisant des termes abscons comme « communication phatique » qui obligent à consulter le dictionnaire? ou en ergotant pour confronter la communication à d’autre formes de mises en lien : persuasion, diffusion, transmission etc.</p>    <p>Ce livre de vulgarisation demande un effort. Mais le jeu en vaut la chandelle si l’on reconnaît l’ambition qui est derrière. Ni plus, ni moins que «refaire la démocratie » pour reprendre une partie du titre d’un autre livre d’Eric Dacheux et Daniel Goujon : «Défaire le capitalisme, refaire la démocratie – les enjeux du délibéralisme »<a href="#_ftn3">[3]</a>. Dans cet autre texte, le délibéralisme est défini comme nouvelle conception du vivre ensemble. Autrement dit : « nous serons véritablement en démocratie quand les personnes concernées par un problème auront la possibilité de le résoudre elles-mêmes<a href="#_ftn4">[4]</a> ». Ce qui est le point commun des initiatives d’économie solidaire : « ce sont toutes des organisations démocratiques qui agissent suite à une délibération interne ».<a href="#_ftn5">[5]</a></p>    <p>Pour « Comprendre pourquoi on ne se comprend pas » il est alors fructueux d’entrer dans les distinctions subtiles auxquelles nous engage ce petit livre. Alors que la communication est « une mise en lien qui vise la co-construction de sens entre altérités libres et égales » (p.46), elle n’est jamais à l’abri de l’ambivalence avec d’autres manières de mettre en lien les humains : la persuasion, la transmission de connaissances etc. Alors que la communication est « le fruit incertain d’une élaboration humaine complexe qui sera interprétée de manière différente d’un individu à l’autre », elle « est aussi une danse relationnelle, la recherche de la bonne distance entre le même et l’autre…régie par des règles culturelles et sociales qui offrent un cadre sécurisant permettant aux danseurs de rentrer en contact sans se heurter violemment »(p. 148).</p>    <p>Le dernier chapitre explique pourquoi les outils numériques sont « un remède pire que le mal ». Les outils numériques « sont de formidables machines permettant de nous connecter à distance, d’accéder à un potentiel quasi infini d’informations…ce ne sont pas des machines à communiquer. Communiquer en effet, nous l’avons montré tout au long de cet ouvrage, réclame du temps et de l’espace » (p.179).</p>    <p>« Les outils numériques que nous utilisons appartiennent à des multinationales regroupées sous le titre de GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) » (p.180). Ces outils, «<strong> loin de tenir les promesses d’une compréhension plus forte entre les hommes, représentent un danger pour nos sociétés démocratiques »</strong>. Les GAFAM plus puissantes que bien des États utilisent nos données personnelles et nous incitent à rester dans notre bulle de confort. « Or, … communiquer ce n’est pas rester chacun dans sa bulle, c’est prendre le risque de bâtir une bulle commune. De même construire une démocratie, ce n’est pas simplement laisser chacun explorer sa manière de voir le monde, c’est construire à partir des singularités, une vision commune, un intérêt général qui n’est pas réductible à la somme des intérêts particuliers » (p.184).</p>    <hr class="wp-block-separator" /><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Eric Dacheux. Comprendre pourquoi on ne se comprend pas. CNRS Editions. Coll. « Biblis;». Paris 2023. Avec en exergue la citation suivante de Dominique Wolton :: «Royaume du malentendu, des quiproquos, des mélancolies, la communication n’est jamais assurée d’être efficace. Impossible de s’en passer; difficile d’en être heureux ! »<br /><br />[2] Cette petite collection de vulgarisation aborde tous les sujets.<br /><br />[3] Eric Dacheux, Daniel Goujon. Défaire le capitalisme, refaire la démocratie. Les enjeux du délibéralisme. Ed. Erès, février 2020.<br /><br />[4] E.Dacheux se réfère au philosophe John Dewey<br /><br />[5] Sous la direction de Josette Combes, Bruno Lasnier, Jean-Louis Laville. L’économie solidaire en mouvement. Ed. Erès. Nov. 2022, p.64.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ComprendrePourquoiOnNeSeComprendPas">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2023-07-02" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="ConstruireNotreRecitCommun" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_face_a_toute_les_formes_de_domination" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-05-07 11:19:42" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_ConstruireNotreRecitCommun"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Construire notre récit commun </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_ConstruireNotreRecitCommun" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/07/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Construire notre récit commun </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_face_a_toute_les_formes_de_domination">
                      Une démocratie face à toute les formes de domination 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <br /><p>A la suite de la proposition de plan d&apos;action de Bastien Sibille, visant à :<br />- nous relier (construire <strong>notre récit commun</strong> et de la confiance)<br />- nous renforcer (créer un fonds citoyen visant 1 milliard d&apos;euros)<br />- étendre notre capacité d&apos;action (Documenter, former, accompagner les initiatives naissantes  Gagner en visibilité  Préparer l&apos;extension du réseau). </p>    <p>Guy Roustang a rédigé la note suivante pour contribuer à la réflexion sur le récit commun à construire. </p><p><br /></p>    <p>Selon Patrick Viveret, Laurent Berger posait la question : « Que ferions-nous si nous étions aux manettes ? » Pour répondre à cette question, il est essentiel de présenter un projet désirable et crédible qui permette de lutter contre les abstentions avec la menace de voir le Rassemblement National arriver au pouvoir après la politique néolibérale désespérante d’E.Macron<a href="#_ftn1">[1]</a>. Un projet qui soit écologique, sociale et démocratique<a href="#_ftn2">[2]</a> et qui permette de satisfaire une grande partie de la population.</p>    <p>Projet à diffuser chaleureusement avec le plaisir d’alimenter les combats des jeunes générations, de transmettre ce que nous savons. Tirer les leçons des échecs et ridiculiser les nantis qui utilisent les jets privés. Avoir une diversité d’argumentaires. Admirer l’intérêt du souci de la nature et des animaux, se rallier à de nouvelles façons de sentir (Descola et Mbembé) et respecter (voir le petit livre d’Agathe Cagé « Respect »). <br /></p>    <p>Denis Clerc devrait être fier d’avoir créé Alter Eco plutôt que de perdre espoir, et Alain Caillé fier du convivialisme au lieu de se désoler que « rien ne marche ». Peut-être est-il temps de passer la main<a href="#_ftn3">[3]</a>, de considérer que c’est aux jeunes de reprendre le flambeau, qu’ils sont « le monde de demain ». C’est ma façon d’interpréter ce que nous dit Dorothée Browaye : « Il y a assez de jeunes générations engagées dans cette démarche pour les rejoindre, plutôt que de croire à un ralliement à nos idées ! »<a href="#_ftn4">[4]</a>. Intéressant de constater aussi que Bastien Sibille nous propose un « plan d’action » sans en rester au niveau des idées en espérant que nous pouvons faire confiance à son charisme d’entrepreneur. Le « récit commun » est la première étape de ce plan, dont nous ne pouvons pas savoir ce qu’il donnera. Comment s’organisera la réunion du 6 juillet aux Bernardins ? Je me le demande bien en notant par exemple que nous sommes 80 à nous être inscrits dans le projet de récit commun.</p>    <p><strong>Nous ne nous mettons pas à la place des partis politiques</strong> et ne prétendons pas agir à leur place mais il me semble que nous sommes en amont des luttes électorales, que nous préparons le terrain aux partis de gauche en agissant de telle façon qu’ils aient tout intérêt à s’inscrire dans ce que nous aurons préparé.</p>    <p><strong>Assurer la diffusion de ce que nous proposons</strong> par de multiples canaux, notamment la Revue dessinée, éd. du Seuil, qui a créé des bandes dessinées sur « Capital et Idéologie » d’après le livre de T.Piketty, ou « On leur vend des armes »…et le pire c’est qu’ils s’en servent ». Pour diffuser largement notre récit commun, pourrait-on aboutir à un opuscule de quelques dizaines de pages ?</p>    <p>Sur certains sujets, il devrait être possible d’intéresser des <strong>gens de bonne volonté</strong> et de dépasser les oppositions gauche-droite. Je pense par exemple à un rapport parlementaire signé par diverses tendances politiques qui avaient souligné la honte du sous équipement des services publics en Seine St Denis, de même un rapport de 4 sénatrices de divers partis qui dénonçaient la diffusion de la pornographie. Sur la régulation des Gafam gauche et droite ne pourraient-elles pas s’unir etc. etc.</p>    <p>Une question importante selon moi : ne doit-on pas <strong>envisager des formations</strong>;autour de nos propositions ? Des formations par l’université numérique ? Par les divers canaux d’éducation populaire ? <br /></p>    <p>Ne pas se contenter d’un public déjà acquis et surtout <strong>s’intéresser à ceux qui s’abstiennent</strong> parce qu’ils ne croient plus que des politiques pourraient changer leur situation. D’où l’intérêt de textes comme ceux d’Ulysse Rabaté (La politique beurk,beurk) du Bondy blog ou des livres de Fatima Ouassak<a href="#_ftn5">[5]</a>. </p>    <p>Voici quelques thèmes à privilégier (parmi beaucoup d’autres) que je me contente de lister pour l’instant<a href="#_ftn6">[6]</a>, puisque je ne sais pas sous quelle forme sera rédigé le récit commun, 1ère cible du Plan d’action de Bastien Sibille.</p>    <ul> <li><strong>Réchauffement climatique</strong> voir les alliés du compte Carbonne individuel avec Pierre Calame.</li>    <li><strong>Comment entendre ce que nous dit Fatima Ouassak</strong> : « l’écologie politique et électorale n’est pas du tout implantée dans les quartiers populaires » bien plus « le rapport de domination politique exercé par les classes moyennes supérieures blanches au nom de l’écologie risque de s’exacerber avec la crise climatique;» (pp. 80/81 de son livre « Ecologie pirate »)</li>    <li><strong>Financement de la politique</strong>. Dans son livre « Le prix de la démocratie » Julia Cagé soutient, chiffres à l’appui, que l’argent a un rôle déterminant dans le résultat d’une élection. Pire : l’État subventionne davantage les orientations politiques des plus aisés, favorisant ainsi les partis de droite. Les plus pauvres paient pour satisfaire les préférences politiques des plus riches (voir son interview dans Libération reproduit dans ECCAP, auteur ECC). Des propositions remédiant à cette question « oubliée » s’impose absolument.</li>    <li><strong>Assurer l’indépendance des médias</strong> aujourd’hui sous la coupe d’une dizaine de milliardaires.</li>    <li>Le manifeste fiscal, juste et féministe d’Oxfam du 9 décembre 2021 montrait <strong>comment</strong> <strong>une autre fiscalité permettrait de mieux financer les services publics</strong>. Intéressant de noter au passage qu’Oxfam participe aussi bien au « Pacte Pouvoir de vivre » appuyé par la CFDT, qu’à « Plus jamais ça » soutenu par la CGT.</li>    <li><strong>Pour éviter une société d’héritiers</strong>, voir la note de France Stratégie de Clément Dherbicourt de janvier 2017. Parmi les suggestions : « On peut imaginer par exemple que l’État verse un capital au dix-huitième anniversaire de tous les individus ».</li>    <li><strong> « Pour rompre avec l’élitisme monarchique français</strong>…élargir considérablement l’aire de recrutement de nos élites en mettant (réellement en synergie) les classes préparatoires, les grandes écoles et l’université ». Voir Alain Caillé « Si j’étais candidat » p.47.</li>    <li><strong>Etc.</strong></li> </ul>    <hr class="wp-block-separator" /><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Loin d’être le « maître des horloges », E. Macron est le garçon d’ascenseur qui fait monter Marine Le Peine aux étages supérieures.<br /><br />[2] Plusieurs textes ont servi de base à la rédaction de cette note, citons plus particulièrement : Paul Magnette : « La vie large »; F. Ruffin : « Le temps d’apprendre à vivre » et « Je vous écris du front de la Somme »; le  « Second manifeste des convivialistes »; A.Caillé :  « Si j’étais candidat » etc..<br /><br />[3] Peut-être est-ce plus facile pour moi de « passer la main », moi qui suis d’une génération plus âgée que la plupart d’entre vous, par exemple qu’Hugues Sibille père de Bastien. Je peux reprendre ce que disait Véronique Decker directrice d’école pendant un quart de siècle en Seine St Denis : « Si je m’interroge sur les résultats de nos luttes, le bilan est maigre. On n’a pas beaucoup avancé, mais ça m’a bien occupée ».<br /><br />[4] Courriel de D. Browayes dans le débat des convivialistes le 13 juin 2023 à 16 h 39. Voir aussi « Dialogue entre deux générations » Ed. Les petits matins 2022 de Bastien Sibille et Hugues Sibille.<br /><br />[5] Fatima Ouassak a déjà écrit deux livres : « La puissance des mères » La Découverte 2020; « Pour une écologie pirate-Et nous serons libre ;» La Découverte 2023. Un troisième est annoncé qui traitera de " L&apos;organisation de la société ».<br /><br />[6] Alain Caillé parle de « mesures basculantes ».</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ConstruireNotreRecitCommun">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2021-04-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="ContributionALEchangeMMerchierAKoulber" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-07-16 17:31:36" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_ContributionALEchangeMMerchierAKoulber"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Contribution à l&apos;échange M.Merchier - A.Koulberg </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_ContributionALEchangeMMerchierAKoulber" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/04/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Contribution à l&apos;échange M.Merchier - A.Koulberg </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Dans la lettre 46 de l’eccap, Maurice Merchier critiquait le fait qu’une nouvelle idéologie se diffuse dans le corps social autour d’un « ensemble relativement cohérent » : antiracisme, néo-féminisme, cause LGTB, décolonialisme, islamo-gauchisme. Selon lui, cette nouvelle idéologie serait en train de gagner la bataille de l’hégémonie culturelle en s’infiltrant dans les syndicats, les associations, les ONG, les partis politiques et les administrations.<br /><br /></div><div>A la suite de cette lettre, les réactions ont été diverses. Certaines réactions y voyaient des aspects positifs, d’autres étaient très critiques et se demandaient même si l’eccap ne faisait pas un tête à queue. André Koulberg<a href="#_ftn1">[1]</a> a bien voulu exprimer ses inquiétudes. Cela a entraîné la décision de M.Merchier de ne plus collaborer, alors qu’il était avec moi la cheville ouvrière de l’eccap depuis un certain temps, alors que nous avions signé l’un et l’autre le « Second manifeste convivialiste », que nous sommes l’un et l’autre opposés au néo-libéralisme dominant, aux dangers de l’homme augmenté, que nous rêvons tous les deux de ce que serait un monde débarrassé d’une publicité envahissante etc… Cette séparation est donc un échec en ce sens que nous n’avons pas pu poursuivre le dialogue. Elle caractérise la difficulté de discuter sereinement, chacun ne communiquant plus qu’à l’intérieur de son groupe d’appartenance. <br /><br /></div><div>Je prends acte de la décision de Maurice Merchier de ne plus collaborer comme il le faisait à l’eccap. Il dit qu’il a choisi son camp, qu’il défendra ses idées ailleurs. Il s’exprime déjà dans Causeur. </div><div></div><div>Il est important de dire que je ne doute pas de la possibilité qu’a M.Merchier de se mettre à la place des autres. Je le crois quand il écrit : « Je suis offensé, je suis blessé quand on considère qu’un homme ne peut pas comprendre les violences que subit une femme ». Il prend lui-même au sérieux la formule de Kant : « L’inhumanité infligée à l’autre détruit l’humanité en moi. » Il se sent agressé si l’on doute que lui-même est affecté quand tout humain subit des violences, quelle que soit sa race, son sexe, son âge. Il a raison de dire que c’est une régression terrible de considérer que « seule une femme puisse défendre les femmes, qu’un « non blanc » puisse défendre les « non blancs », qu’un musulman puisse défendre les musulmans, qu’un descendant d’un peuple colonisé puisse mettre en cause la colonisation, qu’un homosexuel puisse défendre un homosexuel. ». <br /><br /></div><div>Je partage le rêve de M.Merchier quand il écrit : « La société dont je rêve est celle dans laquelle le « vivre ensemble » fonctionne « vraiment », c’est-à-dire dans laquelle des gens différents se côtoient, dialoguent, se « mélangent » oserais-je même dire…. Plus globalement j’ai la conviction qu’il faut combattre l’orientation générale vers le communautarisme, et qu’il faut défendre notre République laïque qui offre un modèle unique au monde et exemplaire de ce vivre-ensemble ».</div><div></div><div>Mais je suis moins d’accord quand il écrit : « Je ne peux donc admettre des réunions « non mixtes » sexuellement ou racialement ». Bien sûr de telles réunions sont critiquables si elles considèrent que seules les femmes peuvent défendre les femmes ou que seuls les immigrés peuvent défendre les immigrés, mais je pense qu’il se peut aussi que des femmes aient besoin d’être entre elles pour s’exprimer librement. <a href="#_ftn2">[2]<br /></a><br /></div><div>Nous sommes bien d’accord aussi pour lutter contre le communautarisme, contre le risque de séparatisme <a href="#_ftn3">[3]</a>. <br /><br /></div><div>Maurice Merchier, dans sa réponse à A.Koulberg, a l’air de penser que l’eccap pourrait tomber dans le communautarisme ou ne pas reconnaître toute la valeur de la laïcité à la française. Il n’en est pas question. Mais je refuse par exemple une conception rigide de la laïcité qui amènerait à ne pas accepter que des femmes musulmanes portent le voile dans la rue<a href="#_ftn4">[4]</a>. Nous regrettons que certains veuillent remettre en question les positions équilibrées défendues par « L’observatoire de la laïcité ». <br /><br /></div><div>Peut-être en définitive que le départ de Maurice Merchier était inéluctable en raison de divergences plus importantes. Je pense notamment à son manque d’intérêt pour la démocratie participative telle qu’elle s’est exprimée par la Convention Citoyenne pour le Climat, à son approbation de la tribune publiée dans le Monde par Blanquer et quelques universitaires<a href="#_ftn5">[5]</a>, à son opposition dans la dernière lettre<a href="#_ftn6">[6]</a> de la position défendue par de nombreux économistes, dont Gaël Giraud et Thomas Piketty, pour envisager une annulation de la dette contractée par la Banque Centrale Européenne. <br /><br /></div><div>En tous les cas, voilà qui donne une idée de la difficulté dans laquelle nous sommes pour chercher à débattre sans nous écharper, de la difficulté de déterminer quand les débats sont fructueux et quand ils sont inutiles parce que les points de vue sont trop différents.<br /><br /></div><div>A ce propos, nous ne pouvons que recommander la lecture du texte d’A.Caillé intitulé L’urgence d’un modérantisme radical. S’émanciper sans s’étriper<a href="#_ftn7"><strong>[7]</strong></a>, qui écrit : « À l’occasion de débats plus ou moins récents entre convivialistes, j’ai écrit trois petits articles d’abord destinés à clarifier mes propres idées. Face à l’échauffement généralisé des esprits (animaux) et à l’intolérance et la haine qu’on sent s’exacerber un peu partout, j’ai cru bon de les réunir et de les compléter dans un petit livre ».<br /><br /></div><div><br /><br /></div><div><br /><br /><a href="#_ftnref1">[1]</a> André Koulberg avait participé aux premières réflexions autour de la création de l’eccap et a rédigé deux articles pour l’eccap.<br /><a href="#_ftnref2">[2]</a> <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/25/je-ne-peux-m-empecher-de-voir-dans-l-actuel-deferlement-de-haine-contre-l-unef-un-vertigineux-retour-en-arriere_6074382_3232.html">https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/25/je-ne-peux-m-empecher-de-voir-dans-l-actuel-deferlement-de-haine-contre-l-unef-un-vertigineux-retour-en-arriere_6074382_3232.html</a><br /><a href="#_ftnref3">[3]</a> Au lieu de suspecter trop largement l’ensemble des musulmans de séparatisme, le gouvernement ferait mieux de s’attaquer au séparatisme de ceux qui fuient l’impôt en France en bénéficiant des paradis fiscaux, de lutter contre le désarroi de certaines banlieues. <br /><a href="#_ftnref4">[4]</a> Comme le rappelle A.Caillé dans le texte que je cite à la fin, il y a plusieurs significations du port du masque par les femmes musulmanes. <br /><a href="#_ftnref5">[5]</a> Alors que je partageais le point de vue exprimée par la tribune de J.L.Laville le lendemain également dans Le Monde. <a href="http://www.jeanlouislaville.fr/wp-content/uploads/2020/11/tribune-La-the%CC%81orie-de%CC%81coloniale.pdf">Article disponible ici</a> : http://www.jeanlouislaville.fr/wp-content/uploads/2020/11/tribune-La-théorie-décoloniale.pdf<br /><a href="#_ftnref6">[6]</a> Voir son article « De quoi la blockchain est-elle le nom ? ».<br /><a href="#_ftnref7">[7]</a> http://www.journaldumauss.net/spip.php?page=imprimer&id_article=1577</div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ContributionALEchangeMMerchierAKoulber">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2024-02-29" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="DeLaDemocratieDansLeTravailPourSauverLa" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-07-16 17:41:34" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_DeLaDemocratieDansLeTravailPourSauverLa"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              De la démocratie dans le travail pour sauver la démocratie </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_DeLaDemocratieDansLeTravailPourSauverLa" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>29/02/2024</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">De la démocratie dans le travail pour sauver la démocratie </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <img src="https://www.babelio.com/couv/CVT_Le-mal-travail-un-choix-francais--comment-en-sort_1827.jpg" alt="/" />    <p>Ce titre est la dernière phrase du livre de <strong>François Ruffin</strong>: « Mal travail - Le choix des élites;». Il résume bien l’essentiel du message de deux autres livres récemment parus : celui de <strong>Laurent Berger</strong> : Du mépris à la colère – Essai sur la France au travail et celui de <strong>Paul Magnette</strong> : L’autre moitié du monde – Essai sur le sens et la valeur du travail.</p>    <p>F.Ruffin est député de la Somme, Laurent Berger était secrétaire général de la CFDT de 2012 jusqu’au mois de juin 2023, Paul Magnette est professeur de théorie politique et président du Parti socialiste belge. La parution coup sur coup de ces trois livres sur le travail doit attirer notre attention. Le titre de cet article est une tentative de réponse à cette phrase de Jean-Jaurès « La Révolution a fait du Français un roi dans la cité et l’a laissé serf dans l’entreprise;».</p>    <p>Le travail, écrit Laurent Berger, représente un enjeu démocratique fondamental. Et <strong>« à l’inverse le chômage, la précarité, le mépris, les bas salaires créent du ressentiment – une tendance sur laquelle l’extrême droite progresse allégrement;» </strong><a href="#_ftn1">[1]</a>. </p>    <p>Le titre du livre de Paul Magnette;L’autre moitié du monde vient d’une citation du Pantagruel de François Rabelais : « …il est bien vrai ce que l’on dit, que la moitié du monde ne sait comment l’autre vit ». Ce qui est sans doute notre cas en tant que lecteur de la lettre de l’ECCAP. Nous qui avons applaudi les premiers de corvée lors de l’épidémie du Covid sans connaître le plus souvent leurs véritables conditions de travail. D’où l’intérêt de lire ces trois livres qui nous parlent des conditions de travail.</p>    <p>L.Berger secrétaire général, allait chaque semaine à la rencontre des salariés d’une entreprise pour discuter, écouter. Et ce qu’il entendait d’abord c’était <strong>la fierté</strong> du travail réalisé quelle que soit sa diversité. Mais souvent s’exprimait l’absence de reconnaissance des compétences et du désir de bien faire son boulot. L.Berger écrit : Dans le débat public, le travail est un « sujet extraordinairement mal traité;». Pourtant comme le souligne Paul Magnette, qui cite souvent dans son livre la philosophe Simone Weil : « On a toujours besoin pour soi-même de signes extérieurs de sa propre valeur;».</p>    <p>Le livre de François Ruffin abonde de rencontres avec des travailleurs qui relatent leurs expériences. Citons le cas de Valérie, trente ans de caisse chez Continent devenu Carrefour qui dit : « ça peut vous paraître bizarre, mais mon métier de caissière, je l’aimais bien. ». Mais l’obligation de s’en tenir avec le client à SBAM, c’est-à-dire : « Sourire- bonjour-au revoir-merci;»; ou avoir entendu un jour le chef dire à un client : « C’est terminé, les caissières ne parlent plus à personne;» l’a fait craquer, perdre l’envie.</p>    <h3 class="wp-block-heading">Un mal français</h3>    <p>Cinquante et un pour cent des salariés en France ont le sentiment de pouvoir influencer les décisions importantes de l’entreprise qui les concernent contre 85% dans les pays scandinaves<a href="#_ftn2">[2]</a>. « Sur le travail, dans toutes les enquêtes européennes, la France est distancée par les voisins qui lui ressemblent, au profil social et économique proche;»<a href="#_ftn3">[3]</a>. Pour ne prendre qu’un exemple parmi bien d’autres : en France il y a 4,5 accidents mortels au travail pour 100.000 salariés par an, c’est-à-dire que parmi une vingtaine d’autres pays, seules la Lituanie, Malte et la Lettonie ont de plus mauvais résultats que nous. La sociologue Marie-Jeanne Dujarier propose un néologisme : les « planneurs;» pour qualifier ces concepteurs de dispositifs qui précisent règles et process qui s’imposent aux exécutants sans avoir eux-mêmes expérimentés. Et l’article d’Alternatives Économiques Enquête sur le management ;à la française;le caractérise comme « autoritaire, technocratique, vertical;». Alors que chez tous les salariés, « on entend désormais la même aspiration à la reconnaissance, à l’autonomie, au respect, la même volonté de pouvoir s’exprimer sur son travail, d’être écouté;»<a href="#_ftn4">[4]</a>.</p>    <hr class="wp-block-separator" />    <p><a href="#_ftnref1">[1]</a> « Que sait-on du travail;? » rassemble 37 contributions de 60 chercheurs. Bruno Palier, qui a rédigé l’introduction, a été auditionné et a déclaré : « « Le ressentiment privé, dans l’entreprise, lorsqu’on s’y trouve maltraité, méprisé, rejaillit en ressentiment public, où l’on subit des dirigeants le même mépris. C’est manifestement un ressort, sinon un moteur du vote RN. »</p>    <p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Voir Alternatives économiques, février 2024, page 29.</p>    <p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Livre de F.Ruffin, p.40.</p>    <p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Livre de Laurent Berger, p.25.</p>         
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DeLaDemocratieDansLeTravailPourSauverLa">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-11-13" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="DeLagricultureIndustrielleALagroEcologie" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-07-16 17:43:37" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_DeLagricultureIndustrielleALagroEcologie"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              De l’agriculture industrielle à l’agro-écologie. Reconquérir la souveraineté alimentaire des territoires. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_DeLagricultureIndustrielleALagroEcologie" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>13/11/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">De l’agriculture industrielle à l’agro-écologie. Reconquérir la souveraineté alimentaire des territoires. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    Entre 2000 et 2010, 127 000 exploitations agricoles ont disparu en France et la population active agricole représente moins de 3% de la population active totale. Dans l’Union européenne entre 2003 et 2013, c’est un peu plus de 4 millions d’exploitations qui ont disparu (1). Autrement dit : on est prisonniers d’une conception du progrès favorable à des exploitations de plus en plus grandes, très mécanisées, utilisant peu de main d’œuvre mais beaucoup d’engrais et de pesticides. Les méfaits de ce soi-disant progrès sont de plus en plus évidents : dégradation des sols et de la biosphère, pollution des espaces naturels et spécialement des rivières, désertification de certains territoires, maladies professionnelles des exploitants, dispersion dans l’alimentation humaine de produits nocifs pour la santé. On est arrivé au bout d’une rationalité économique étroite avec la recherche de la production maximale par hectare et par homme au travail, encouragée à coup de subventions par l’Etat et l’Europe et en dernier ressort à la charge du contribuable. Il s’agit de changer de modèle, de changer de logique et d’en finir avec le mythe de l’agriculture, le pétrole de la France. « …il ne faut pas oublier qu’un milliard de francs de céréales exportées correspond à peu près à un milliard de subventions » (2)   La prise de conscience progressive par la population des dangers encourus, le souci de bien se nourrir, l’intérêt croissant pour les produits biologiques, la volonté de certains agriculteurs de remettre en question le modèle productiviste et le passage à une autre agriculture se heurtent à la fois aux représentations dominantes et à la puissance des institutions syndicales et coopératives qui encadrent les agriculteurs.  Concernant les représentations dominantes, voici un exemple. Un agriculteur converti à l’agriculture raisonnée faisait remarquer que ses voisins parlaient toujours de rendements à l’hectare, mais qu’il avait le plus grand mal à les faire parler de la marge dégagée en prenant en compte le coût d’équipements très sophistiqués (par exemple des tracteurs parés de tous les instruments informatiques possibles) des engrais et des pesticides.  Concernant la puissance des institutions syndicales et coopératives encadrant les agriculteurs, l’article « Pourquoi la FNSEA est-elle accro au glyphosate ? » est éclairant (voir www.bastamag.net). Sophie Chapelle y donne l’exemple de Triskalia la plus grande coopérative agricole de Bretagne qui a son siège à Landerneau. Elle emploie 4800 salariés et fédère 16000 agriculteurs. Son conseil d’administration est géré par des agriculteurs membres de la FNSEA. En 2016, son chiffre d’affaires est de 1,9 milliards. Serge le Quéau de l’Union régionale Solidaires constate que la vente de pesticides constitue, avec l’alimentation destinée aux animaux d’élevage, le principal levier de profits de Triskalia, sans commune mesure avec ce que lui rapporte la commercialisation des produits agricoles (lait, céréales, œufs...). Triskalia s’appuie sur 120 techniciens spécialisés qui apportent des conseils aux agriculteurs. Ils vont de ferme en ferme « vendre des semences de plus en plus productives mais aussi de plus en plus sensibles. Ils fournissent dans la foulée des produits chimiques, au lieu de faire de la prévention, et de proposer des méthodes alternatives » déplore René Louail ancien conseiller régional Europe Ecologie les Verts en Bretagne et membre du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest. Sophie Chapelle constate que cette pratique est commune à nombre de coopératives gérées par des représentants de la FNSEA et que les pesticides sont une machine à cash pour les grosses coopératives agricoles. Interdire le glyphosate, c’est se priver de plusieurs centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires. Et Serge Le Quéau note que la stratégie de la coopérative se concentre alors sur le marché des produits chimiques. « Ceux qui siègent dans les conseils d’administration de ces coopératives ont des leviers politiques et financiers très puissants…C’est un État dans l’État, ils sont incontournables. ». On est loin des premières coopératives paysannes initiées par des agriculteurs à la fin du 19ème siècle. En effet les coopératives actuelles connaissent une très forte concentration : 10 % d’entre elles réalisent les trois quarts du chiffre d’affaires global, évalué à près de 86 milliards d’euros. A l’occasion des Etats généraux de l’alimentation réunis à l’automne 2017, une plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire s’est constituée qui regroupe une cinquantaine d’organisations agricoles, rurales, environnementales, de santé, de solidarité internationale. Elle a détaillé les priorités qu’elle souhaitait faire adopter dans le cadre de ces Etats Généraux de l’Alimentation. La transition agro-écologique et alimentaire devrait assurer un juste revenu aux agriculteurs, préserver leur santé et celle des consommateurs, adapter l’agriculture française au changement climatique et appuyer cette transition dans les pays du Sud.   Parmi les demandes que la plateforme fait au gouvernement, il y avait celle-ci : « avoir le courage politique d’acter que tous les modèles agricoles ne se valent pas et que la transition agro-écologique est nécessaire. Le message « tous les modèles agricoles ont leur place et doivent être aidés » ne peut plus être d’actualité si l’on veut une vraie transition de nos modèles agricoles. Le Président de la république assurait il y a quelques mois : Pour moi, il n&apos;y a pas un modèle agricole, c&apos;est un faux débat (...) il y aura toujours plusieurs agricultures, il y aura toujours une agriculture intensive qui exporte à côté d&apos;une agriculture qui cherche la différenciation par les AOC ou par la qualité. Pourtant, si l’on veut qu’une réelle transition agro-écologique soit engagée pour la société dans son ensemble, permettant de résoudre les enjeux liés à la santé, à l’environnement, à l’emploi et à la rémunération des agriculteurs, il est nécessaire de faire des choix dans les financements, l’enseignement agricole, les priorités de la recherche. Les Etats généraux de l’alimentation doivent être l’occasion d’accompagner l’ensemble des agriculteurs vers une transition agro-écologique qui favorise une alimentation durable, et assure la résilience de nos agricultures face aux changements climatiques. Nous demandons à ce que le gouvernement fasse le choix d’une orientation claire et pose les bases d’une nouvelle gouvernance agricole et alimentaire en France qui tienne compte des attentes des consommateurs et des besoins des agriculteurs. Il est nécessaire que l’Etat s’engage à soutenir nos agricultures dans la transition et donner aux agriculteurs la visibilité nécessaire pour s’y engager ». Selon René Louail ancien porte-parole de la Confédération paysanne : « A un moment où l’on rediscute la politique agricole commune, où chaque contribuable donne 140 euros par an à la politique agricole, il faut une conditionnalité plus forte des aides au niveau social et environnemental. Ce n’est pas possible de laisser une poignée d’acteurs imposer leur politique agricole en France. » Tous les acteurs doivent bouger en même temps : les consommateurs, les producteurs, la distribution, la réglementation, la recherche qui doit associer dans toute la mesure du possible tous ceux qui sont concernés par la transition nécessaire. Face à l’urgence et à la complexité de cette mutation nécessaire « mieux vaut disposer d’une feuille de route précise tenant compte de toutes les parties prenantes et fixant un objectif réaliste. Tel est l’objectif du scenario Afterres 2050 élaboré par Solagro. » (3). Le scénario Afterres 2050 a été présenté à une table ronde : « Bien manger en respectant la nature » des journées de la fondation Carasso le 8 février 2017 par Sylvain Doublet. Il s’agit de nourrir la population française en partant d’une nourriture mieux équilibrée (plus de fruits et légumes, moins de viande et de lait) d’exporter vers les pays qui en ont besoin, de respecter la nature (question de l’eau, de la fertilité des sols, de la biodiversité). Afterres converge avec les analyses du scénario négaWatt pour l’énergie. La collaboration s’impose dans la mesure où la chaîne de production alimentaire représente 30% des rejets des gaz à effet de serre en France, et parce que l’agriculture peut contribuer à la demande d’énergies renouvelables avec la biomasse. La construction du scénario Afterres est d’une grande complexité : il s’agit de compiler des données aussi variées que des habitants, des rendements, des hectares, des assolements, des têtes de bétail, des tonnes de céréales, des sous-produits, etc. Un effort de régionalisation du scénario est en cours. Pour Afterres, le secteur agricole « doit s’orienter autant que possible vers une agriculture biologique et le développement de filières locales évitant le transport des marchandises sur de longues distances par la relocalisation de certaines productions comme les légumineuses » (3).  Phlippe Desbrosses qui a fait de son exploitation un centre de formation en agroécologie « appelle au déploiement d’un réseau d’universités dans tout le pays, véhiculant les savoir-faire agroécologiques propres aux régions où elles se trouvent ».         
 
  <h3>Notes</h3>
    <p> 1)Voir Quelles alternatives écologiques agricoles ? Sophie Chapelle, journaliste à Bastamag.net in En quête d’alternatives économiques, l’Etat du monde 2018. Ed. La découverte 2017, pages 107 à 112.</p><p>2)C’est ce qu’écrivait Denis Clerc d’Alternatives économiques que je citais dans « Démocratie : le risque du marché » DDB 2002, p.70. La situation n’a probablement pas beaucoup changé depuis. 3)(R)évolutions-Pour une politique en actes. Ed. Actes Sud 2012 p.43 et ss. </p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DeLagricultureIndustrielleALagroEcologie">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-07-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N32DemocratieDeLabstentionDangerQu" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_representative_en_question,reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 10:51:16" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N32DemocratieDeLabstentionDangerQu"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
               Démocratie de l’abstention. Danger ! Quelques défis à relever </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N32DemocratieDeLabstentionDangerQu" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/07/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre"> Démocratie de l’abstention. Danger ! Quelques défis à relever </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_representative_en_question">
                      Une démocratie représentative en question 
                     </span>
                 <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br />Au second tour des élections municipales, la chute du taux de participation a amené une professeure de science politique à déclarer : « Un cap est franchi dans le basculement vers les démocraties de l’abstention »[1]. Dit autrement, c’est l’avenir de notre démocratie qui est en danger si les citoyens s’en désintéressent [2]. D’autant plus que l’environnement international amènera peut-être la publication prochaine d’un livre « La fin des démocraties », trente après « La fin de l’histoire » de Fukuyama qui prédisait le triomphe des démocraties. Mais quarante ans de néolibéralisme sont passés par là.<br />Le taux d’abstention augmente d’année en année mais il est plus marqué chez les jeunes et dans les quartiers défavorisés. S’il a été en moyenne de 60% toutes tranches d’âge confondues au second tour des municipales, il a été de 72% selon un sondage pour les jeunes de 18 à 34 ans. Et ce sont les quartiers les plus populaires qui ont connu les taux d’abstention les plus élevés. On a moins voté à la Seine St Denis qu’ailleurs en France. La Seine St Denis le département le plus pauvre de France.<br />Face aux défis de l’abstention plus marquée dans les quartiers défavorisés et chez les jeunes, nous pouvons évoquer plus spécialement trois défis à relever pour sauver notre démocratie : la situation des quartiers défavorisés, la laïcité, la police.<br /><br /><h3><strong>Pour un plan massif de soutien aux quartiers populaires</strong></h3>Dans une lettre précédente  nous faisions état du rapport à l’Assemblée Nationale le 31 mai 2018 remis par deux députés (l’un du Parti Républicain, l’autre de la République en marche) « sur l’évaluation de l’action de l’Etat dans l’exercice de ses missions régaliennes à La Seine St Denis ». Ce rapport impressionnant, consternant et passionnant listait les injustices et les torts causés au département le plus pauvre de France, il comprenait toute une série de propositions. Aujourd’hui c’est le rapport du Conseil National des Villes placé auprès du premier ministre qui plaide pour un plan de soutien massif aux quartiers populaires. Sa vice-présidente Fabienne Keller nous dit : «La crise a agi comme un révélateur des grandes fragilités et de l’urgence d’agir dans les quartiers. Avant la crise, les disparités étaient déjà criantes : un taux de chômage 2,7 fois plus élevé que la moyenne nationale, un tiers des jeunes de 16 à 25 ans sans emploi ni formation, 42 % de la population sous le seuil de pauvreté, indigence des équipements et des services publics… Avec la crise, elles ont explosé. A la pauvreté s’ajoute la pauvreté. Au chômage s’ajoute du chômage. Aux discriminations s’ajoutent des discriminations. Dans ces conditions s’ajoutent le découragement, la colère mais aussi la violence »[3]. Et devant l’abandon dont ils sont victimes, des jeunes et des moins jeunes peuvent être tentés de s’identifier à une conception rassurante de la religion.<br /><br /><h3><strong>La laïcité</strong> </h3><br />Le 10 juin dernier, un documentaire sur la chaîne LCP permettait à Salman Rushdie de relater son histoire, trente ans après que la fatwa de Khomenei ait appelé tous les musulmans à le tuer. Dans le débat qui a suivi ce documentaire, on ressentait un certain malaise. Il apparaissait que Mohamed Sifaoui ne pouvait plus intervenir à la Sorbonne, comme si ceux qui avaient pris cette décision craignaient simplement d’être traités d’islamophobes. Ce qui fait penser à l’affaire Mila (voir <a href="https://eccap.fr/article/affairemila/5e596769d98b05001511628d">Lettre 22</a>), cette jeune lycéenne qui a dû quitter son lycée suite à des milliers de message qui la menaçaient. Après une intervention d’Usul sur Mediapart, Gil Gosseyn a fait le commentaire suivant le 17 février 2020 : « Mediapart se réveille et de la pire des manières en sous-entendant que seuls les fachos sont indignés par cette affaire » ce qui est selon lui regrettable et révélateur d’une certaine attitude d’une partie de la gauche, qui craint d’être accusée d’islamophobie. Quelqu’un rappelait récemment que les catholiques s’étaient bien ralliés à la laïcité et à la République, et qu’il convenait de reconnaître que si une large majorité de musulmans étaient à l’aise dans la République, il convenait de ne pas s’en laisser compter en craignant d’être accusés d’islamophobie. L’islamisation qui suppose de laisser les lois religieuses empiéter sur les lois de la République n’est pas de mise.[4] <br /><br /><h3><strong>Pour une police de la confiance pour le bien de la police et de la population</strong> </h3><br />C’est ce que souhaite notamment F.Ruffin. En effet, il n’est pas bon que les policiers aient la peur au ventre dans certains quartiers et que les jeunes soient systématiquement hostiles à leur égard. Pour Jacques Toubon qui vient de quitter sa fonction de défenseur des droits, l’un des moyens de restaurer la confiance serait de relancer une vraie discussion sur la traçabilité des contrôles d’identité, qui avait été promise par François Hollande en 2012 et ne s’était jamais concrétisée. Ces contrôles ne sont pas anodins et sont perçus par les jeunes comme une humiliation. En 2017, une étude avait montré que les jeunes « perçus comme noirs ou arabes » avaient 20 fois plus de chances d’être contrôlés que les autres.<br />Cette hostilité entre police et jeunes des banlieues n’est pas inéluctable, si l’on en juge par les souvenirs de Ladj Ly, réalisateur des Misérables [5], qui se souvient qu’adolescent il jouait au foot avec des policiers. C’était au temps de la police de proximité créée en 1998 par Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’intérieur dans le gouvernement Jospin, qui la définissait ainsi : « c’est une police qui est à la fois préventive, dissuasive et répressive ». Et Ladj Ly témoigne qu’avec ces policiers il y avait des échanges et que l’on pouvait communiquer et discuter. Cette police de proximité a été supprimée par N.Sarkosy, alors Ministre de l’intérieur, qui avait déclaré : « la police n’est pas là pour organiser des tournois sportifs, mais pour arrêter les délinquants, vous n’êtes pas des travailleurs sociaux » et il promettait de nettoyer au karcher la cité des 4000 à La Courneuve et de débarrasser le quartier des canailles. Propos déplacés si l’on veut éviter de mettre de l’huile sur le feu. Il serait important qu’une large concertation entre toutes les parties concernées puisse définir les conditions d’une politique de la confiance entre police et citoyens.<br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Pages Idées du Monde du 3 juillet 2020.<br />[2] La dernière lettre n°31 sur la convention citoyenne pour le climat a suscité des réactions diverses. Elle était écrite par les deux responsables actuels de l’eccap, qui n’étaient pas d’accord entre eux. Ce sera l’occasion d’ouvrir un débat sur l’intérêt ou non des conventions citoyennes pour contribuer au renouveau de nos démocraties. Nous ferons état de ce débat prochainement.<br />[3] Voir le rapport du CNV et Le Monde du 2 juillet 2020.<br />[4] Voir les débats autour du livre « Inch ’Allah. L’islamisation à visage découvert de G.Davet et F.Lhomme. Enquête sur la Seine St Denis. Ed. Fayard 2018.<br />[5] Interviewé par Guillaume Erner lors des matins de France Culture le 15 novembre 2019.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N32DemocratieDeLabstentionDangerQu">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-10-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N37DeNouvellesPistesPourLEccap15102" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="RoustangGuy,GarlotFlorine2" data-date_maj_fiche="2025-09-16 06:55:35" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N37DeNouvellesPistesPourLEccap15102"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              De nouvelles pistes pour l&apos;eccap  </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N37DeNouvellesPistesPourLEccap15102" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/10/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">De nouvelles pistes pour l&apos;eccap  </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?GarlotFlorine2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Garlot Florine">Garlot Florine</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Dans la lettre 34, nous rappelions l’enjeu pour l’espace numérique – principalement académique - qu’est l’eccap de s’adosser à des espaces physiques de débats et d’actions collectives – tels que les cafés associatifs - , afin de répondre à un objectif commun d’éducation populaire. Dans cette lettre 37, après un rapide point de situation de l’encyclopédie, nous vous présentons l’espace physique – le Grin - avec lequel une coopération se construit. </div><div>Cette coopération se matérialise par un premier appel à participation des lecteurs et lectrices de l’eccap autour de la thématique « <strong>changement de cap et travail ».</strong></div><div><br /><h3><strong>Point de situation de l’eccap : comment contribuer à une prise de conscience collective ?</strong></h3> </div><div>Destruction du monde naturel, humanité augmentée, extinction du politique, marchandisation de la société, société de surveillance sont autant de constats, développés dans la toute première lettre de l’eccap, qui ont amené à la création de l’encyclopédie. L’eccap fait le pari qu’un sursaut citoyen d’ampleur permettrait d’éviter le pire. Pour cela, elle se veut outil de formation et d’information citoyenne. Ainsi, depuis 2017, une centaine de contributions (articles et lettres) permettent d’identifier des dérives de nos pratiques et de rechercher différents chemins pour un autre cap.<br />De la matière, précieuse, est construite. Elle est rendue visible par le site Internet de l’eccap et par sa lettre bimensuelle. Cette première étape, nécessaire, ne suffit pas à une prise de conscience collective. En effet, la mise à disposition de contenus ne signifie ni accessibilité – dans la profusion d’informations – ni formation. De plus, ces contenus ne sont pas débattus, ni en dehors de l’eccap ni entre les contributeur∙rices[1]. Or, il nous semble que c’est par la participation que les citoyen∙nes se sentant concerné∙es par un sujet peuvent développer leur capacité à former des jugements sur des problèmes publics (Dewey, 1927). Autrement dit, l’eccap, en cohérence avec son projet social, pourrait nourrir les débats et l’action collective dans les espaces publics de proximité de la société civile et en retour s’enrichir des réflexions citoyennes. C’est dans cette optique que nous proposons d’expérimenter une collaboration avec un premier espace physique : le café associatif « Grin ».<br /><br /><h3><strong>Une coopération avec un espace physique : le Grin</strong></h3>Le Grin est le nom que l’on donne au Mali à ces groupes de personnes qui se plaisent à défaire et refaire le monde autour du thé. Le Grin[2] à Clermont‑Ferrand est un espace public de proximité : un espace de causeries construit autour des trois thés du Grin traditionnel. Le premier, amer, symbolise l’étonnement vis-à-vis des opinions et connaissances que l’on a adoptées  le deuxième, fort, la construction de savoirs à partir de l’expérience collective  le troisième, sucré, l’ouverture à la multiplicité des façons de penser de tout un chacun. Le Grin se veut aussi grain de sable : il ne s’agit pas de se complaire dans des certitudes mais de les mettre en débat. Avant d’être un espace physique, le Grin est un idéal en travail : il s’agit de créer et partager des savoirs et des visions du monde pour avancer ensemble.<br />Le Grin s’appuie sur ces trois thés pour explorer avec son public, pendant un trimestre, une question de société par le prisme de plusieurs mondes - sciences, sports, arts, spiritualités etc. - et de plusieurs sens - les sensations (les cinq sens ou le corps), les significations (la raison), la sensibilité (l’émotion). Jusqu’à la fin du mois de décembre, c’est la thématique du travail qui est abordée, intitulée « Bosser Bosser » : défaire et refaire le mot travail, faut-il travailler pour avoir un revenu, le travail intérieur, le travail de création…. sont autant de façons pour le Grin d’appréhender la thématique.<br />Nous proposons plus spécifiquement aux ancien∙nes et futur∙es contributeurs et contributrices de l’eccap de se pencher sur la thématique « changement de cap et travail » : écriture d’un article, témoignage, propositions musicales, illustrations graphiques, participation à un podcast (via un entretien téléphonique avec un membre du Grin), participation à une causerie au Grin etc.… votre participation alimentera la rubrique « travail »[3] de l’eccap, voire ses débats, et sera confrontée aux publics du café associatif « Grin ».<br />Voici donc une première proposition très concrète permettant, en accord avec le projet social de l’eccap, de diversifier les formats des contributions et de favoriser l’intelligence collective autour du changement de cap, sur une thématique – le travail - en cours d’exploration dans un espace public de proximité – le Grin.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Un débat sur la convention citoyenne est né cet été (2020). Il est visible en ligne ici.<br />[2] Le Grin est initialement porté par l’association franco-malienne Kodon. Le Grin a plusieurs activités en son sein : librairie et bibliothèque des Afriques, café et production de jus, média (causeries et podcasts). Plus d’informations sur le site du Grin.<br />[3] La rubrique travail de l’eccap compte à ce jour les articles suivants :Au-delà de l’emploi, quelles activités ? par Guy Roustang<br />Le travail, instrument de domination, par Guillaume Borel<br />La RTT, béquille du productivisme ou porte d&apos;un nouveau monde ? par Maurice Merchier</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N37DeNouvellesPistesPourLEccap15102">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-03-16" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N24DeuxSujetsDactualiteCoronavirusE" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 10:28:53" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N24DeuxSujetsDactualiteCoronavirusE"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Deux sujets d’actualité : Coronavirus et Elections municipales </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N24DeuxSujetsDactualiteCoronavirusE" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>16/03/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Deux sujets d’actualité : Coronavirus et Elections municipales </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br /><h3><strong>I - Nos politiques au pouvoir sont-ils « convertis » par le Coronavirus ???</strong><br /><strong></strong></h3><br />Invité le 9 mars à France Inter, Bruno Le Maire notre ministre des finances a déclaré : Il y aura dans l’histoire de l’économie mondiale un avant et un après coronavirus. Selon lui, cela nécessitera de repenser notre système économique mondial. Je pense qu’il faut que nous tirions sur le long terme toutes les conséquences de cette épidémie sur l’organisation de la mondialisation. Il faut réduire notre dépendance vis à vis de certaines grandes puissances comme la Chine. On ne peut pas avoir aujourd’hui 80 % des principes actifs d’un médicament produits à l’étranger.</div><div><br />Quant à notre Président il va plus loin en déclarant le 9 mars : « il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, interroger les faiblesses de nos démocraties ». E.Macron qui, par ses choix économiques, est fidèle au néo-libéralisme initié par R.Reagan et Mme Tatcher en 1981, annonce-t-il ainsi une « conversion » ? On pourrait l’espérer quand depuis plus de cinquante ans, on tire la sonnette d’alarme en critiquant le modèle de développement dans lequel notre monde s’est engagé, avant même la révolution néo-libérale du début des années quatre-vingt [1] .</div><div><br />;Malheureusement, il faut probablement plutôt s’inquiéter une fois de plus du fossé entre de belles paroles et les choix politiques effectifs. Bien sûr, il est émouvant d’entendre les déclarations vibrantes de notre président rendant hommage au dévouement des personnels soignants. On peut aussi s’étonner d’assister à une reconnaissance des bienfaits de l’Etat-Providence et des services publics par le Président. En effet il a déclaré « Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans conditions de revenu, de parcours ou de profession, notre Etat-Providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors du marché ». Mais alors quel contraste entre ces belles paroles et le manque d’écoute de ceux qui, depuis des années, et plus spécialement ces derniers mois, tirent la sonnette d’alarme en constatant que nos services publics de santé sont en danger, que les hôpitaux qui en sont le cœur sont à bout de souffle[2] et que la pandémie du coronavirus les ébranle dangereusement. Comment aussi ne pas être étonné d’avoir vu E.Macron demander à Madame Buzins, ministre de la Santé, d’abandonner un chantier prioritaire pour se porter à la candidature de la mairie de Paris et tenter de sauver La République en Marche à la suite de l’abandon de Mr Griveaux ?<br /><br /><h3><strong>II - Elections municipales. Espoirs et craintes</strong><br /><strong></strong></h3><br />C’est en 1790 qu’ont été organisées les premières élections municipales françaises et c’est à ce niveau que s’imposent progressivement les idées républicaines [3] . Que dire des élections municipales des 15 et 22 mars 2020 ? Ce sont les mairies qui, à la base de notre démocratie, peuvent jouer un rôle essentiel pour repenser « le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour » pour reprendre les termes d’E.Macron. Dans un très grand nombre de petites communes, le maire pour une indemnité dérisoire, consacre beaucoup de temps à régler mille petits problèmes et joue le rôle de première assistante sociale de la commune. Comme le dit Jo Spiegel, le maire est un « ouvrier du vivre ensemble ». Lui qui a été maire de Kingersheim (Voir dans l&apos;ECCAP: <a href="https://eccap.fr/article/democratie-locale-a-kingersheim/5b46a3fcfb5df6001410fed4">Démocratie locale à Kingersheim</a> voir aussi <a href="https://eccap.fr/article/democratie-locale-a-saillans/5b46a3fcfb5df6001410febf">Démocratie locale à Saillans</a>) et qui est actuellement président de Place publique espère que ces élections municipales pourront poser les bases d’un renouveau politique, d’une éthique nouvelle de l’agir public.</div><div><br /> Des associations ont compris que l’échelon local était primordial pour la transition écologique, sociale et démocratique. Le Collectif pour une transition citoyenne qui regroupe une quarantaine d’associations a demandé dans certaines communes aux listes de candidats, dans quelle mesure elles prévoyaient dans leur programme d’appliquer 35 mesures (dont la protection des ressources en eau, l’approvisionnement local pour la restauration collective, le développement des transports en commun, la préservation du foncier agricole etc, etc.) En fonction des réponses ils ont établi un classement des listes, mais il ne semble pas qu’il y ait eu en temps voulu une information suffisante pour éclairer les électeurs. Il n’empêche que c’est une nouvelle forme de renouveau démocratique.Mais il y a aussi de sérieuses raisons d’être inquiets si l’on écoute l’interview de Didier Daeninckx à France Inter le dimanche 16 février 2020. Il était interviewé suite à la parution de son texte « Municipales. Banlieue naufragée »[4] lui qui a vécu 70 ans dans la banlieue rouge.</div><div><br /></div><div> Le contraste est pour lui saisissant entre la période ancienne où tous les aspects de la vie sociale étaient pris en charge par des associations dépendantes peu ou prou du parti communiste. Il se souvient de l’époque où à 15 ans en 1965 il vendait avec ses copains des billets au porte à porte pour aller au théâtre voir des pièces de Bertolt Brecht. Maintenant où peu de gens sont inscrits sur les listes électorales et où il y a 70% d’abstention, le maire élu représente une part infime de la population. Et dans le pire des cas que Didier Daeninckx connaît bien et qu’il décrit précisément certains politiques sont dépendants des trafiquants ou de courants salafistes dans des territoires ghettoïsés. A la question posée par l’interviewer : vous pensez que nous n’échapperons pas en France au communautarisme ? Daeninckx répond que la pression est de plus en plus forte dans certaines communes.<br /> Les écrits et l’expérience personnelle de Didier Daeninckx méritent d’être pris en compte pour éviter les oppositions simplistes ou les accusations trop faciles d’islamophobie quand on reconnaît que le danger communautariste est bien réel. Quand le journaliste de France Inter demande si une reconquête républicaine des territoires ghettoïsés ne serait pas importante, Daeninckx répond que l’Etat a une responsabilité en effet, mais que s’il a laissé faire c’est que « les situations sont tellement fragiles. Le film Les Misérables le montrent vraiment » .<br /><br /><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] « La seconde société industrielle » Etudes coordonnées par Guy Roustang. Ed. Economie et Humanisme.1967. Les articles de ce livre montraient « comment le raisonnement économique ne suffit pas à éclairer l’ensemble des problèmes du bien-être social » p.65.<br />[2] Parlant des centres hospitaliers universitaires Stephane Velut écrit : « Le mal est profond ». Et il dénonce : « le dessein de faire de l’hôpital une nouvelle industrie, au mépris de son humaine justification. Un dessein indicible, qui rêve de fondre le soin dans la technicité abstraite et gestionnaire de notre société ».<br />[3] Voir l’article « La révolution municipale » dans la revue Projet février/ mars 2020 p.34.<br />[4] Tracts Gallimard, février 2020.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N24DeuxSujetsDactualiteCoronavirusE">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2021-06-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="EccapEtEconomieSocialeEtSolidaire" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="RoustangGuy,GarlotFlorine2" data-date_maj_fiche="2025-05-09 11:28:21" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_EccapEtEconomieSocialeEtSolidaire"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Eccap et Economie sociale et solidaire </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_EccapEtEconomieSocialeEtSolidaire" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/06/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Eccap et Economie sociale et solidaire </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?GarlotFlorine2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Garlot Florine">Garlot Florine</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Une rencontre a eu lieu à Clermont-Ferrand les 21 et 22 mai 2021 à l’invitation du Réseau Interuniversitaire de l’Economie Sociale et Solidaire (RIUESS) qui a permis de présenter l’encyclopédie du changement de cap à des acteurs et chercheurs de l’Economie Sociale et Solidaire. Cette rencontre présentait deux nouveautés pour l’Eccap.<br /><br /></div><div>1)   Jusqu’à présent l’Eccap s’est développée à partir de contacts individuels avec des personnes susceptibles d’être intéressées personnellement soit à consulter ou à contribuer. A Clermont-Ferrand il s’agissait de savoir si l’Eccap pouvait intéresser le groupe des militants de l’Economie sociale et solidaire. Opération réussie semble-t-il, puisqu’il a été décidé que la lettre de l’Eccap serait transmise à la gestionnaire du site <a href="http://socioeco.org/index_fr.html">http://socioeco.org/index_fr.html</a>‌ et qu’une information sur l’Eccap serait faite dans la prochaine newsletter du RIPESS EU (<a href="https://ripess.eu/en/news/newsletters/?email_id=123">https://ripess.eu/en/news/newsletters/?email_id=123</a>). Le Réseau Intercontinental de Promotion de l’Economie Sociale et Solidaire est un réseau de réseaux à l’échelle intercontinentale dont le RIPESS Europe est le représentant européen. C’est une première étape dans l’espoir que l’Eccap réunisse à l’avenir les réseaux favorables à un changement de cap.</div><div>2)  Jusqu’à présent également ce sont des individus qui, grâce à l’outil numérique, prennent connaissance des lettres et des différents articles de l’eccap. Alors qu’à Clermont-Ferrand, à l’invitation du café associatif et culturel « Le Grin », une vingtaine de personnes ont discuté et échangé collectivement sur la situation de l’Eccap et de son avenir. C’est un premier pas dans le sens d’une appropriation collective de l’Eccap.<a href="#_ftn1">[1]</a> </div><div><br /><br /></div><div>La discussion collective au Grin a permis de poser quelques questions à propos de l’avenir de l’eccap et de faire des suggestions.<br /><br /></div><div>- Questionner le positionnement et les usages de l’Eccap concernant le numérique. <br /></div><div>- Tenir compte des expériences passées de même type et collaborer, sinon cela risque d’être un projet de plus.</div><div>- L’horizon, l’idéal, l’utopie de l’Eccap mériteraient d’être précisés.</div><div>- A propos de la technique, éviter le débat stérile entre technophiles et technophobes.</div><div>- A propos de la spiritualité, il y aurait danger à oublier son caractère intime et personnel.</div><div>- Plutôt que de parler d’éducation civique, qui évoque la verticalité des sachants vers les ignorants, parler d’éducation populaire en partant de l’expérience des personnes concernées, comme le fait ATD ¼ Monde. Éviter l’entre-soi des intellectuels et militants. </div><div>- Pour favoriser les contributions à l’Eccap et l’accessibilité des contenus, il faut varier les moyens de diffusion : expression écrite académique, poétique, sons, etc.<br /><br /></div><div>La nécessité de créer une association semble s’imposer. Cela suppose de demander l’avis des personnes qui dès le début ont appuyé la création de l’Eccap et qui ont contribué à son développement. Faut-il envisager un comité de rédaction dont les prérogatives devraient être précisées ?<br /><br /></div><div>Parmi les présents à Clermont-Ferrand plusieurs se sont proposés pour écrire des articles.<br /><br /><br /></div><div>Florine Garlot, Guy Roustang<br /><br /></div><div><br /><br /></div><div><br /><br /></div><div><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Dans l’excellent petit livre « Quel monde associatif demain ? » paru en avril 2021, le chapitre « Les communs numériques : coopérer par l’information » analyse les bienfaits et les limites de l’usage du numérique.<br />Dans ce petit livre il y a un article qui devrait intéresser les militants de l’ESS présents à Clermont-Ferrand. Il commence ainsi : « Pendant le XXème siècle, les débats se sont focalisés sur le dualisme marché-Etat. Ce raisonnement binaire commence à s’épuiser. Les communs tout autant que l’économie sociale et solidaire (E.S.S.) stimulent le débat en visibilisant un troisième pôle constitué à partir de la société elle-même »;        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EccapEtEconomieSocialeEtSolidaire">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2021-09-04" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="ElectionPresidentielleDavril2022EtPrimair" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_representative_en_question" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-08-05 17:26:23" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_ElectionPresidentielleDavril2022EtPrimair"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Election présidentielle d’avril 2022 et Primaire populaire </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_ElectionPresidentielleDavril2022EtPrimair" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>04/09/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Election présidentielle d’avril 2022 et Primaire populaire </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_representative_en_question">
                      Une démocratie représentative en question 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Pour éviter un 2ème tour des élections présidentielle avec un nouveau tête à tête Macron-Le Pen, les appels à une candidature unique de la gauche et des écologistes ne manquent pas. Depuis l’appel des mille<a href="#_ftn1">[1]</a> jusqu’à la procédure initiée par la Primaire Populaire, et plus récemment l’appel de 178 élus<a href="#_ftn2">[2]</a>.<br /><br /></div><div>La tentative la plus aboutie pour avoir une candidature unique de la gauche et des écologistes est celle de la Primaire Populaire (PP)<a href="#_ftn3">[3]</a>. Elle a obtenu le soutien d’une grande diversité de personnalités qui sont connues pour leur compétence dans les combats contre le changement climatique, les inégalités sociales et pour un renouveau démocratique. Les trois piliers d’un socle commun qui devraient être acceptés par les candidats à la PP. Celle-ci propose une procédure qui devrait aboutir à un vote pour choisir le candidat unique qui se présenterait à l’élection. <a href="#_ftn4">[4]</a><br /><br /></div><div>L’une des responsables de la PP lorsqu’on lui objectait que divers candidats n’avaient pas l’intention de se plier à cette procédure, répondait qu’ils changeraient d’avis devant l’énorme vague des soutiens à la PP et à la procédure du choix d’un candidat unique qu’elle proposait. A l’heure actuelle, les 78.000 soutiens à la PP progressent lentement. On est donc loin de la vague espérée, qui allait convaincre les partis de se plier à la procédure de la PP pour un candidat unique.<br /><br /></div><div>Pour l’instant au moins, on assiste à une multiplication des candidatures à gauche et parmi les écologistes. Si bien que les derniers sondages prévoient pour E.Macron et Marine Le Pen autour de 25% de votants, alors que les autres candidatures annoncées à gauche et parmi les écologistes tournent au mieux autour de 10%. Ce qui laisse prévoir l’affrontement au 2ème tour en avril 2022 entre E.Macron et M.Le Pen. <br /><br /></div><div>Pour ma part, après avoir misé sur la PP en plaidant par exemple auprès des amis convivialistes pour appuyer la PP et obtenir qu’Alain Caillé se joigne désormais aux soutiens<a href="#_ftn5">[5]</a>, j’entends mieux maintenant les objections de B.Perret qui nous dit que la primaire populaire est une fausse bonne idée<a href="#_ftn6">[6]</a>. En effet selon lui, les 10 propositions du socle commun, que devraient accepter les candidats au vote de la primaire populaire, aboutissent à des contradictions et sont irréalisables sans changement radical de nos modes de vie<a href="#_ftn7">[7]</a>. Puisque ce changement n’est pas clairement annoncé par les promoteurs de la PP, B.Perret semble considérer que, compte tenu du faible courage dont font preuve la gauche et les écologistes pour soutenir les mesures nécessaires prises par le gouvernement pour faire face à la crise sanitaire, mieux vaudrait en définitive Macron plutôt qu’un autre candidat qui serait incapable d’affronter des difficultés bien réelles. <br /><br /></div><div>Avec B.Perret nous sommes cependant face à une difficulté. En effet, dans son livre « Quand l’avenir nous échappe », le Président de la République explicite dans un discours imaginaire les transformations radicales à accomplir pour limiter le changement climatique, et dans la foulée, il démissionne et jette l’éponge en laissant la responsabilité à la société et à tout un chacun. La démission imaginaire du Président, qui arrive en conclusion du livre de B.Perret, est une échappatoire commode. Or la démission n’aura pas lieu et il y aura bel et bien des élections présidentielles en avril 2022. <br /><br /></div><div>Que pensent de tout cela, les promoteurs de la PP et leurs soutiens ? Ne leur faut-il pas reconnaître tout à la fois leur échec relatif avec seulement 78000 parrainages au jour d’aujourd’hui (alors qu’il en faudrait trois fois plus), et l’insuffisance de leur socle commun si l’on prend au sérieux les critiques de B.Perret. <br /><br /></div><div>Que faire alors ? Nous n’avons pas la réponse et notre seul désir est d’appeler les promoteurs de la PP et leurs nombreux soutiens, qui ont fait une remarquable tentative de renouvellement de notre vie politique, de reconnaître que la PP sous sa forme actuelle est sans doute une fausse bonne idée, et qu’il faut poursuivre les échanges avec les partis politiques, et bien d’autres acteurs. Par exemple les promoteurs de « Pouvoir de vivre » et les nombreuses associations qui le soutiennent.<br /><br /></div><div>Comment à la fois reconnaître l’intérêt de la PP dont Gaël Giraud disait : « Le processus engagé par La Primaire Populaire me semble extrêmement prometteur et intéressant pour notre démocratie » et tenir compte des objections de Bernard Perret ? Notamment quand il écrivait : « je suis persuadé que le socle de toute entreprise de transformation est la constitution d’une organisation partisane structurée, au sein de laquelle les débats internes permettront une réelle maturation des idées et des projets et l’émergence de leaders susceptibles d’entrainer une majorité derrière eux. Considérer la déshérence des partis comme une fatalité est une grave erreur ». <br /><br /></div><div>Aurons-nous le temps dans les semaines qui viennent de surmonter la contradiction entre ces deux points de vue ? Autrement dit d’engager des échanges entre partis politiques (limités par les ambitions personnelles et la simple volonté de survie) et dynamiques novatrices venant d’une nouvelle génération de jeunes et de toutes les forces vives de la société civile ? Faisons tout pour éviter le face à face désolant entre Macron-Le Pen. <br /><br /></div><div>Guy Roustang. <br /><br /></div><div><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Voir Mediapart 10 octobre 2020.<br />[2] Des élus de gauche et écologistes, locaux et nationaux, répartis sur tout le territoire et appelant de leurs vœux à une « primaire populaire » en novembre pour désigner un candidat commun à l’élection présidentielle de 2022. L’Obs. 30 juillet 2021. « Pour le climat, pour la justice sociale, pour la démocratie, pour la victoire en 2022, nous, élus et élues, vous appelons, collègues et camarades, à nous rejoindre pour soutenir et prendre part à la “primaire populaire” ».<br />[3] Voir leur site Primaire populaire.<br />[4] Le site de la PP explique les modalités du vote.<br />[5] Pour donner du poids à cette initiative remarquable, nous engageons tous les abonnés à l’eccap à participer à cette primaire populaire.<br />[6] Voir ci-joint le texte de B.Perret intitulé « Remarques sur la primaire populaire (PP) » qui considère que la PP est une fausse bonne idée.<br />[7] Voir ci-joint un autre texte de B.Perret, extrait de son livre et intitulé « Un changement nécessaire et radical de notre mode de vie » qui reproduit la déclaration imaginaire du Président de la République qui explicite ce que signifierait un changement de notre mode de vie. A la suite de quoi il démissionne en considérant que c’est à la société de prendre ses responsabilités.         
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ElectionPresidentielleDavril2022EtPrimair">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2022-04-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="ElectionPresidentielleEtChangementClimatiqu" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_representative_en_question" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-08-05 17:28:08" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_ElectionPresidentielleEtChangementClimatiqu"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Élection présidentielle et changement climatique </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_ElectionPresidentielleEtChangementClimatiqu" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/04/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Élection présidentielle et changement climatique </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_representative_en_question">
                      Une démocratie représentative en question 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br /></div><div>Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 10 avril, quelques jours après la diffusion de cette lettre de l’eccap. Il y aura dispersion des voix de la gauche. Certains voteront Jadot pour son engagement en faveur de l’environnement, d’autres voteront Mélenchon le mieux placé pour espérer figurer au deuxième tour, d’autres voteront Macron en pensant qu’il est le seul à avoir la stature voulue pour affronter les échéances internationales etc. Et il y a fort à parier qu’au deuxième tour ce sera bien E.Macron qui l’emportera pour cinq ans, malgré les mises en garde d’Alain Supiot(1) qui convergent tout à fait avec ce que nous dit F.Dosse(2) : si E.Macron est réélu, cela «nous conduira inévitablement à la catastrophe car la gestion d’une nation comme une start-up ne peut répondre aux exigences du nouvel âge dans lequel nous sommes entrés, celui de l’Anthropocène », c’est-à-dire cette nouvelle époque où l’activité humaine est la principale cause de changement de notre habitat terrestre.<br /><br /></div><div>Jusqu’à présent l’Etat français n’a pas été à la hauteur des défis à relever. Soutenues par une pétition qui avait recueilli 2,3 millions de personnes, quatre organisations non gouvernementales avaient réussi en février dernier à faire condamner l’Etat dans « l’Affaire du siècle » pour ses carences dans la lutte contre le changement climatique. Plus récemment, le 14 octobre 2021, le tribunal administratif de Paris a condamné l’Etat à réparer le préjudice écologique qu’il a causé en ne tenant pas ses engagements dans la lutte contre le changement climatique. <br /><br /></div><div><h3><strong>Les programmes des différents candidats ne sont pas à la hauteur. </strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>Le dernier rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts pour l’évolution du climat) paru en février montre que la plupart des tendances et des projections des précédents rapports du Giec ont été confirmées, ou ont été en dessous de la réalité. Les évènements extrêmes tels que sécheresse, inondations, tempêtes se sont multipliés. Il y a bien une prise de conscience générale des dangers encourus mais la réponse des politiques est insuffisante. <br /><br /></div><div>Le Réseau Action Climat (RAC) qui regroupe une trentaine d’ONG a analysé le programme écologique des candidates et candidats à l’élection présidentielle(3), et il en a été de même pour The Shift Project présidé par Jean -Marc Jancovici. Il en résulte que même si les programmes avancés par J.L.Mélenchon et Y.Jadot sont plus fournis, aucun candidat à l’Elysée ne propose « une approche systémique, articulée, précise et chiffrée nécessaire à la transition écologique ».</div><div><br /></div><div></div><div><h3><strong>Un plan de transformation de l’économie pour échapper à l’effondrement. </strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>Si les politiques ne sont pas à la hauteur pour affronter l’effondrement qui nous menace, compte tenu des conséquences du réchauffement climatique, nous avons certains signes de l’inquiétude largement partagée par l’opinion publique. Jean-Marc Jancovici milite depuis 20 ans pour attirer l’attention sur le changement climatique, et il intervient fréquemment à la radio comme à la télévision. La bande dessinée « Le monde sans fin » qu’il a réalisée avec Christophe Blain s’est déjà vendue à 150.000 exemplaires. The Shift Project qu’il préside dispose d’une dizaine de permanents et de centaines de bénévoles. The Shift Project a fait paraître en février dernier un livre intitulé « Climat, crises : Le plan de transformation de l’économie française »(4) accompagné des remerciements à une liste de noms de plusieurs milliers de personnes qui ont contribué au financement de ce travail. Jean-Marc Jancovici dit bien qu’il s’adresse en priorité aux électeurs dans l’espoir qu’à leur tour ils fassent pression sur les décideurs politiques. <br /><br /></div><div>Le Plan de transformation de l’économie française (PTEF) s’efforce de répondre à la question : « que faut-il faire pour mettre l’économie française en cohérence avec une baisse des émissions de gaz à effet de serre planétaires de 5% par an(5), compatible avec nos engagements climatiques, tout en permettant à chacun(e) de trouver un emploi ? » Chaque secteur est passé en revue : l’énergie, le logement, les transports, la santé etc. Y compris la culture à laquelle on ne penserait pas a priori. Les implications en matière d’emploi, de mode de vie et d’organisation de la société sont analysés. <br /><br /></div><div>Chacun des chapitres a fait l’objet de suggestions soumises à des personnes compétentes, qui ont apporté leur contribution. Mais les auteurs sont bien conscients que leurs propositions devront être discutées par des consultations citoyennes et précisées démocratiquement. Pour chacun des thèmes abordés, le souci de lutter contre les inégalités a été manifeste. La nécessité d’une cohérence et d’une coordination entre les différentes propositions est soulignée. Les évolutions de l’emploi seront importantes, des secteurs verront leur emploi diminuer et d’autres le verront augmenter. A cet égard les premiers contacts avec les organisations syndicales ont suscité un grand intérêt. <br /><br /></div><div>Ce PTEF précise bien qu’aucune nation ne s’est organisée pour l’instant à appliquer concrètement les accords de Paris. Si la France appliquait ce Plan au nom d’une « ardente obligation » ce ne serait pourtant qu’une goutte d’eau dans l’océan, puisque le réchauffement climatique est mondial. Ce n’est pas une raison pour baisser les bras. <br /><br /></div><div>Le premier chapitre du livre se termine par un coup de clairon : « La sortie des énergies fossiles est inexorable. Elle sera anticipée ou subie. La première nation qui ouvrira le passage marquera l’Histoire. Nous pouvons réussir, grâce à ce qui a fait la grandeur de ce pays : la raison et l’audace »<br /><br /></div><div><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    1 « Pour une fiscalité plus juste en faveur de l’Etat social ».<br />2 Voir F.Dosse, in AOC du 10 mars 2022, « Macron ou le peuple de gauche floué ». F.Dosse rappelle qu’il avait écrit un livre enthousiaste en 2017 « Le philosophe et le président ». Profondément déçu, il écrit : « je me suis senti un devoir déontologique de publier le livre critique : « Macron ou les illusions perdues. Les larmes de Paul Ricoeur » Ed. Le passeur.<br />3 Le Journal du Dimanche du 20 mars 2022 a donné le résultat de l’analyse du RAC et Le Monde du 30 mars a donné la synthèse de celle du Shift Project présidé par Jean-Marc Jancovici. .<br />4 The Shjft Project. Climat, crises : Le plan de transformation de l’économie française. Février 2022. Ed. Odile Jacob.<br />5 Les accords internationaux signés à Paris en 2015 prévoyaient que pour ne pas dépasser un réchauffement de plus de 2 degrés à la fin du siècle, l’humanité devait réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 5% par an.         
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ElectionPresidentielleEtChangementClimatiqu">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-12-17" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N17EspererMalgreTout17122019" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="ne_sais_pas" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 09:50:25" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N17EspererMalgreTout17122019"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Espérer malgré tout </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N17EspererMalgreTout17122019" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>17/12/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Espérer malgré tout </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema ne_sais_pas">
                       <a href=?ne-sais-pas>Je ne sais pas </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>La paralysie du pays manifeste un désarroi profond bien au-delà de la question des retraites. Méfiance généralisée à l’égard du pouvoir politique, à l’égard d’E.Macron notre Président. Bien sûr E.Macron n’avait recueilli que 24% des votes au premier tour des élections présidentielles, et son élection contre Marine Le Pen a été une élection par défaut. Mais il y avait quand même parmi ses électeurs beaucoup de gens qui espéraient un renouveau face à l’usure de la gauche et de la droite qui se partageaient le pouvoir depuis des décennies. Par exemple, ceux qui avaient pris au sérieux les déclarations d’E.Macron au Congrès de Versailles promettant de remédier à la fracture sociale, ont été consternés de voir avec quel mépris a été rejeté le rapport Borloo fruit d’un travail de concertation avec quelques maires et des associations, qui faisaient des propositions judicieuses. Ceux qui étaient enthousiastes à l’égard des critiques faites à la mondialisation à Davos devant les grands de ce monde, qui ont regretté que la France signe l’accord de libre - échange CETA entre l’Union Européenne et le Canada, ceux qui voulaient croire que l’on avait un Président philosophe et que la collaboration avec Paul Ricœur prouvait le sérieux de notre jeune Président ont dû déchanter. </div><div><br /></div><div>C’est le cas de François Dosse qui avait publié un livre en septembre 2017 intitulé : « Le Philosophe et le Président, Ricœur et Macron » pour attester de la proximité d’E.Macron avec Ricœur. F.Dosse s’est récemment adressé à E.Macron en l’appelant pas son prénom et en le tutoyant « au regard de l’amitié éprouvée…tout au long de nos « années Ricœur » ». Il écrit ceci : « Dans ce livre…je soulignais à quel point les positions philosophiques de Ricœur avaient été importantes pour toi, fécondant tes propositions sur l’Europe, la laïcité, la justice sociale, la revitalisation de la démocratie politique, la mémoire nationale…J’ai eu pour toi les yeux de Chimène, émerveillé par l’étendue de tes compétences et de ton savoir-faire ». Puis F.Dosse fait allusion aux déclarations d’E.Macron sur la nécessité d’ouvrir un débat sur l’immigration et sur l’orientation prise par son gouvernement. Il écrit : « La stigmatisation de la population immigrée comme source des problèmes que rencontre la société française, qui se situe aux antipodes des positions éthiques et politiques de Ricœur dont tu t’es réclamé, constitue pour moi un moment de rupture majeur ».</div><div><br />Il faut se rendre à l’évidence, Emmanuel Macron est bien le président des riches, le « grand manipulateur »[1] dans la ligne du néo-libéralisme.<br />Nos amis qui croient encore qu’E.Macron est le meilleur rempart contre Marine le Pen devraient déchanter, car le risque est bien de voir le mécontentement généralisé amener au pouvoir le Rassemblement National. Le « ni gauche, ni droite » de notre Président doit faire place à un autre slogan : ni Macron, ni Marine Le Pen  ni néo-libéralisme, ni repli identitaire.</div><div><br /></div><div><h3>Les ambitions de l&apos;ECCAP</h3>Mais l’ECCAP ne désespère pas. Elle ose espérer un changement d’envergure et veut apporter très modestement sa part avec les ambitions suivantes.<br />Elle se situe bien au niveau politique en espérant contribuer à une évolution de l’opinion, à un accord majoritaire pour des changements radicaux d’orientation  sans pour autant entrer dans le jeu de la recherche du pouvoir, qui n’est pas de son ressort. Après avoir explicité dans notre <a href="https://eccap.fr/">Avant-Propos </a>les dangers à affronter, et sans prétendre définir une nouvelle doctrine en « isme », il s’agit de contribuer à sortir du marasme et de la désespérance, car un autre horizon est possible. De multiples cheminements en cours donnent des raisons d’espérer.</div><div><br />Martin Luther King déclarait en 1967 : « Il est grand temps de passer d’une société orientée vers les choses à une société orientée vers les êtres ». D’autres diront qu’au lieu de se centrer sur les biens il faut se centrer sur les liens. Imaginons ce que serait une politique et un gouvernement qui, au lieu de mettre au centre du pouvoir le Ministère des finances et de l’économie, y mettrait le Ministère de la culture. Ce que serait une société qui mettrait l’éducation au cœur en allant à l’encontre d’un capitalisme qui « vit en épuisant les réserves anthropologiques constituées pendant les millénaires précédents. De même qu’il vit en épuisant les réserves naturelles »[2] .</div><div><br />Parler d’encyclopédie peut sembler bien prétentieux, mais il s’agit de souligner la multiplicité des sujets à aborder pour changer de cap. Nicolas Hulot qui s’adressait récemment à la Convention Collective pour le Climat souhaitait la bienvenue dans le monde de la complexité aux 150 citoyens, rassemblés pour proposer des solutions.<br />L’ECCAP veut constituer une base de données et de connaissances auxquelles les citoyens et tous ceux qui s’occupent d’information ou d’éducation populaire pourraient se référer. Il s’agit aussi de faire état des innombrables réalisations qui contribuent dès maintenant à « faire société autrement »[3].<br />Cela suppose d’étendre le nombre de contributeurs spécialistes d’un sujet qui l’exposent de manière pédagogique en quelques pages. Bien des personnes ont déjà rédigé des articles ou se sont engagés à le faire dans les prochains mois, dans un esprit d’éducation civique et citoyenne.<br />Il s’agit aussi de renvoyer à des sites spécialisés qui font un excellent travail, que ce soit par exemple sur les inégalités ou sur les questions environnementales. A cet égard, l’encyclopédie peut jouer un rôle de carrefour en permettant à des personnes ou des groupes, spécialisés dans une réflexion ou une action dans un domaine particulier, de prendre conscience que c’est un ensemble qui permettra un changement d’importance.<br />L’ECCAP devra préciser bientôt comment ouvrir des débats. Ceux-ci n’auront de sens que s’il y a accord préalable entre les uns et les autres sur la nécessité d’un changement de cap. Mais il y a place pour des débats entre personnes ou organisations qui partagent une visée commune. Rien ne serait plus inquiétant que la prétention de détenir une vérité à imposer. [4]</div><div><br />Peut-on espérer que la France (et l’Europe ?) joue un rôle de phare pour orienter autrement notre planète, alors même que les grands de ce monde nous amènent plutôt à être terriblement inquiets, qu’il s’agisse de Trump, de Poutine, ou de Xi-Jin-Ping ? Quitte à terminer sur un excès d’optimisme, citons ce qu’écrivait Bruno Viard dans un article de l’ECCAP : « De quelque façon qu’on les formule, les trois termes de la triade républicaine sont les guides qui doivent inspirer la transition à laquelle l’humanité est sommée de procéder à l’heure de la mondialisation »[5].<br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Marc Endeweld. Le grand manipulateur. Les réseaux secrets de Macron. Ed.Stock 2019.<br />[2] Cité par Alain Supiot dans sa leçon de clôture au Collège de France « Le travail n’est pas une marchandise ». juillet 2019.<br />[3] « Faire société autrement » est le titre du numéro 28 de la Nouvelle revue de Psychosociologie.<br />[4] Voir à ce propos la contribution d’Eugène Enriquez dans l’eccap intitulée « Psychosociologie et changement de cap ».<br />[5] Voir les articles de Bruno Viard dans l’eccap.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N17EspererMalgreTout17122019">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-10-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="EsquisseSurLesBesoins" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,une_autre_economie" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-08-05 16:21:06" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_EsquisseSurLesBesoins"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Esquisse sur les besoins. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_EsquisseSurLesBesoins" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/10/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Esquisse sur les besoins. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_autre_economie">
                      Repenser la science économique 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>La discipline économique prétend ne pas avoir à s’occuper de la question des besoins au nom de l’idée que ce qui se vend correspond bien évidemment à un besoin du consommateur. En réalité cela repose sur l’idéologie de l’homo oeconomicus, de l’individu libre de décider de ce dont il a besoin. Mais les choix du consommateur sont en réalité conditionnés par l’histoire de l’individu et son environnement social. Par exemple, l’absence de transports collectifs amène à prendre une voiture pour aller au travail  les règles du commerce international peuvent favoriser l’achat de biens bon marché produits à l’autre bout du monde par des salariés très mal payés  de même la publicité (article publié prochainement) oriente les choix du consommateur etc.Actuellement, les médias et l’opinion publique considèrent que l’augmentation du Produit intérieur brut (PIB qui mesure les richesses produites au cours d’une année) est évidemment une bonne chose. Pourtant le PIB ne dit rien de la qualité de la vie sociale (voir l’article de Bernard Perret De la critique du PIB aux nouveaux indicateurs de bien-être). De même un faible taux de chômage est considéré comme un bien en soi, alors qu’il peut résulter d’un très grand nombre de personnes découragées de chercher un emploi ou de bien d’autres facteurs. Cette sacralisation du PIB ou du faible taux de chômage contribuent à occulter la question des besoins : plus on consomme, mieux c’est. Cela augmente le PIB et crée des emplois. Peu importe ce qui est produit et consommé. Cet économisme dominant rend inutile de se poser des questions sur l’orientation de la production et de la consommation. Cependant certaines revendications telles que le droit au logement viennent timidement perturber cet économisme. Mais une véritable remise en question de cet économisme supposerait de prendre au sérieux Simone Weil qui nous dit « La première étude à faire est celle des besoins qui sont à la vie de l’âme ce que sont pour la vie du corps les besoins de nourriture, de sommeil et de chaleur. Il faut tenter de les énumérer et de les définir…L’absence d’une telle étude force les gouvernements, quand ils ont de bonnes intentions, à s’agiter, au hasard ». Et Simone Weil s’y est essayée. (L’enracinement. Folio essais). De même Maurice Bellet dans son livre « L’Europe au-delà d’elle-même » (Desclée de Brouwer 1996 p.156 et ss.).Voici ce que disait il y a quelques années le Manifeste pour l’économie humaine : « La seule finalité légitime de l’économie est la qualité de vie des hommes et des femmes, à commencer par celle des plus démunis. Par « qualité de vie il faut entendre la satisfaction équitable des aspirations humaines : pas seulement celles que procurent les consommations marchandes mais aussi l’ensemble des aspirations échappant à toute évaluation monétaire : dignité, paix, sécurité, liberté, éducation, santé, loisir, qualité de l’environnement, bien être des générations futures etc. » (J.Généreux in Revue Esprit 2001, p.141-170).Pour orienter la production et la consommation l’Etat dispose de divers moyens notamment les subventions à différentes activités et la fiscalité (voir <a href="https://eccap.fr/article/quel-nouveau-cap-pour-la-politique-fiscale/5b46a3fcfb5df6001410fef1">Quel nouveau cap pour la politique fiscale?)</a>.</div><div></div><ul><li>A lire : J.B. de Foucauld : L’abondance frugale, pour une nouvelle solidarité, Odile Jacob, Paris, 2010. Pierre Rabhi. Vers la sobriété heureuse ? Actes Sud 2010. </li></ul>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EsquisseSurLesBesoins">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2021-07-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="EtSiLabstentionSexpliquaitParLeManqueD" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_representative_en_question" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-08-05 17:45:11" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_EtSiLabstentionSexpliquaitParLeManqueD"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Et si l’abstention s’expliquait par le manque de respect ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_EtSiLabstentionSexpliquaitParLeManqueD" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/07/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Et si l’abstention s’expliquait par le manque de respect ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_representative_en_question">
                      Une démocratie représentative en question 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Deux électeurs français sur trois n’ont pas participé aux élections régionales et départementales des 20 et 27 juin derniers. D’élection en élection, l’augmentation des abstentions est inquiétante. Deux journalistes<a href="#_ftn1">[1]</a> qui ont enquêté à Aubervillers constatent : moins de service public et moins de qualité de vie entraînent plus d’abstention. Malgré les relances du porte à porte, une femme est bien décidée à ne pas voter. Elle n’attend plus rien des politiques, après avoir déposé il y a neuf ans déjà une demande pour un logement plus grand à l’office d’HLM. A Aubervillers comme ailleurs l’abstention est sociale et touche encore plus les pauvres. Alors que 88% des résidents en HLM se sont abstenus, il n’y en a eu « que » 75% parmi les habitants dans des logements privés. Dans un bureau de vote 95% des jeunes de 18 à 34 ans ne sont pas allés voter. Heureuse exception, un jeune est allé voter pour faire plaisir à son père, qui aurait tellement souhaité voter, lui qui ne pouvait pas en tant qu’étranger. Il faut rappeler en effet que Francçois Mitterrand, Nicolas Sarkosy et François Hollande avaient envisagé ou promis que les étrangers (qu’ils soient ou non membres de l’union européenne) puissent voter aux élections locales. <br /><br /></div><h3><strong>Une page est tournée</strong></h3><div>De moins en moins de gens considèrent que c’est un devoir de voter. On oublie que le vote a été une conquête essentielle de nos démocraties. La grève des urnes interroge tout spécialement la gauche. Dans beaucoup de villes et de quartiers populaires, il y avait un lien très fort entre la population et la gauche, grâce à ce que Maurice Thorez appelait « la gestion communale heureuse », avec des militants d’origine populaire qui animaient un tissu très dense d’associations dans tous les domaines de la vie quotidienne. Aux dernières élections départementales de juin, le Val de Marne, dernier bastion communiste de l’ancienne banlieue rouge est passé à droite.<br /><br /></div><div>Didier Daeninckx est né dans la banlieue et y a vécu. Il écrit<a href="#_ftn2">[2]</a> : « Dans ces vastes espaces prolétaires que géraient les organisations liées à la puissance révolutionnaire, le Parti n’est même plus l’ombre de son ombre ». Et ceci encore : « Dans ces villes ghettoïsées pour partie par le clientélisme, les arrangements communautaires, la misère n’a cessé de prospérer. On y évalue aujourd’hui à près de 50% la part des habitants qui vivent sous le seuil de pauvreté alors que la moyenne nationale flirte avec les 15%, trois fois moins. ». L’analyse de l’effondrement éthique et politique de ces banlieues est consternante. <br /><br /><br /></div><div><h3><strong>Pour une politique du respect</strong></h3><br /></div><div>Des solutions techniques ( la facilitation de l’inscription sur les listes électorales, le vote par internet…). ne suffiront pas à remédier au fléau de l’abstention. Bien sûr, il n’est pas inutile par exemple pour les élections locales de chercher à simplifier les mille feuilles des échelons administratifs pour que l’électeur comprenne mieux la signification de son vote. Mais le remède essentiel à l’abstention serait plutôt d’entendre le cri d’Agathe Cagé dans son petit livre « Respect »<a href="#_ftn3">[3]</a> ! <br /><br /></div><div>Elle considère que « nous avons besoin d’une nouvelle manière de faire société, fondée sur la reconnaissance des autres ». Ce combat pour le respect sera difficile car il s’agira de renverser des décennies de mauvaises pratiques sociales. Une autre manière de faire de la politique supposerait de renoncer à la démagogie et de « s’engager à conduire la société vers un cap et s’y tenir ». <br /><br /></div><div>A.Cagé évoque dans son livre ceux auxquels on a manqué de respect et qui se sentent méprisés. Voici quelques exemples parmi beaucoup d’autres. Dans les Ehpad, nous avons accepté lors du confinement que des personnes âgées soient condamnés à l’absolue solitude. En février 2020, 80 médecins-chefs hospitaliers du département de la Seine St Denis ont démissionné de leurs fonctions administratives et d’encadrement parce qu’ils manquaient de tout et que les patients étaient mal pris en compte. Autre exemple : les oubliés du numérique qui sont victimes de la dématérialisation des démarches administratives etc. etc. <br /><br /></div><div>Agathe Cagé cite le dernier rapport de Jacques Toubon, Défenseur des droits, publié en juin 2020 et intitulé « L’urgence d’agir » : « L’expérience répétée des discriminations et leur nature systémique ont des conséquences délétères sur les parcours individuels, les groupes sociaux concernés et plus largement sur la cohésion de la société française…Ces discriminations entament le rapport de confiance à la société et aux institutions ». <br /><br /></div><div>Agathe Cagé cite également un rapport du Conseil d’Analyse Economique, situé auprès du premier ministre, qui a fait le lien entre le mouvement des gilets jaunes et le relâchement du tissu des services publics, des commerces de proximité et des associations. Les milliers de personnes du mouvement des gilets jaunes ont relevé la tête et ont compris qu’elles n’avaient pas à avoir honte. Elles n’ont pas été entendues et le grand débat n’a été qu’une mascarade.<br /><br /></div><div>C’est la parole publique qui a perdu sa valeur avec les promesses faites et non tenues. Pas seulement par le pouvoir en place. Lors des primaires socialistes avant les élections présidentielles de 2017, Manuel Valls qui avait promis de soutenir le candidat qui en sortirait vainqueur, a trahi sa parole pour aller soutenir Emmanuel Macron. Ce qui a amené Arnaud Montebourg à déclarer dans un tweet : « Chacun sait désormais ce que vaut un engagement signé sur l’honneur d’un homme comme Manuel Vals : rien ». .Et c’est l’honneur du parti socialiste qui a été entaché.</div><div>L’un des derniers paragraphes de ce petit livre courageux est le suivant : « Nous avons besoin d’un projet de société. De nous donner un projet qui fasse sens et que nous atteindrons ensemble. Cet horizon, ce pourrait être la solidarité, la préservation de la planète, la qualité de vie, le partage de la richesse, un renouveau démocratique… ». </div><div><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Donatien Huet et Ilyes Ramdani in Mediapart 4 juillet 2021.<br />[2] Didier Daeninckx « Municpales. Banlieue naufragée ». Tracts Gallimard. N°13, février 2020.<br />[3] Agathe Cagé. Respect. Ed. Equateus. Mars 2021.        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EtSiLabstentionSexpliquaitParLeManqueD">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2019-04-02" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="FeminismeQuelquesCitations" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="ne_sais_pas" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-08-05 18:04:59" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_FeminismeQuelquesCitations"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Féminisme. Quelques citations. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_FeminismeQuelquesCitations" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/04/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Féminisme. Quelques citations. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema ne_sais_pas">
                       <a href=?ne-sais-pas>Je ne sais pas </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><h3><strong>1 - Et si le regard féminin changeait l&apos;économie </strong><br /><strong></strong></h3><strong>(Luigino Bruni dans Avennire du 7 otobre 2018)</strong><br /> <br />Économie est un mot grec qui décrit directement à la maison (oïkos nomos, règles pour gérer la maison), et donc la famille. Cependant l&apos;économie moderne, et plus encore l&apos;économie contemporaine, s&apos;est pensée comme un milieu régi par des principes différents et à de nombreux égards opposés aux principes et aux valeurs qui ont toujours régi et continue de régir la famille. Un principe qui fonde la famille, peut-être le premier et celui qui sous-tend tous les autres, c&apos;est celui de la gratuité… La famille est en effet le principal lieu où nous apprenons pour toute la vie et spécialement depuis l &apos; enfance ce que Pavel Florensky appelle «l&apos;art de la gratuité». C&apos;est là surtout en tant qu&apos;enfants, que nous apprenons aussi à travailler, car il n&apos;y a pas de travail bien fait sans gratuité. Notre culture, cependant,<br /><br />Dire gratuité signifie donc reconnaître qu&apos;un comportement doit être fait parce qu&apos;il est bon et non parce qu&apos;il est récompensé ou sanctionné. La gratuité nous sauve ainsi de la tendance prédatrice qu&apos;il y a en chaque personne, elle nous demande de manger les autres et nous-mêmes. C&apos;est ce qui distingue la prière de la magie, la foi de l&apos;idolâtrie, ce qui nous sauve du narcissisme, qui est la grande maladie de masse de notre époque, à cause de l&apos;absence de gratuité.<br /><br />Si la famille veut et doit cultiver la gratuité, elle doit faire très attention de ne pas importer dans son foyer la logique de l&apos;incitation qui prévaut aujourd&apos;hui partout… Si, en revanche, même au sein de la famille, on commence à mettre en pratique la logique et la culture de l&apos;incitation et que l&apos;argent devienne ainsi le «pourquoi» on fait ou ne fait pas les tâches et les petits travaux domestiques, ces enfants en tant qu&apos;adultes seront difficilement de bons travailleurs, car le travail bien fait de demain repose toujours sur cette gratuité qu&apos;on apprend surtout dans les premières années de la vie, et particulièrement à la maison…<br /><br />Ce n&apos;est certainement pas un hasard si l&apos;économie de la communion est née du regard d&apos;une femme (Chiara Lubich), si la première à théoriser les biens communs a été Catherine Coman (en 1911) et si Elinor Ostrom a été récompensée (seule femme jusqu&apos;à présent) par le prix Nobel d&apos;économie en raison de ses travaux sur les biens communs. Et ce sont deux femmes (Martha Nussbaum et Carol Uhlaner) qui sont à l&apos;origine des biens relationnels. Lorsque le regard féminin sur l&apos;économie fait défaut, les seules relations observées sont les relations instrumentales, où ce n&apos;est pas la relation qui est un bien, mais où les relations humaines et avec la nature sont des moyens utilisés pour se procurer des biens. <br /><br /><br /><br /><h3><strong>2 - Simone de Beauvoir interviewée en 1978 par Pierre Viansson-Ponté,</strong><br /><strong></strong></h3><br /><br /><b>Vous disiez en 1967, dans vos entretiens avec Francis Jeanson: «Le féminisme, c&apos;est une manière de vivre individuellement et de lutter collectivement». Vivre le féminisme individuellement, commentateur? Et lutter collectivement, commentateur? </b><br /><br />Je garderai toujours cette formule, c&apos;est-à-dire qu&apos;individuellement, on peut essayer de s&apos;affranchir des contraintes économiques qui pèsent contre la femme, on peut essayer d&apos;avoir un métier, de travailler au dehors, de faire une carrière. Cela dit c&apos;est dangereux, parce que notre but à nous, ce que nous appelons le féminisme radical, ce n&apos;est pas de prendre la place des hommes, pour retomber dans les mêmes défauts qu&apos;eux. (…). Nous ne souhaitons pas que les femmes prennent ce goût du pouvoir et tous les défauts des hommes.<br /><br /><b>Depuis quand vous définissez-vous comme «féministe radicale»? Depuis pas très longtemps au fond? <br /></b><br />C&apos;est-à-dire que j&apos;ai toujours dit que j&apos;étais féministe… dans la mesure où féministe, pour moi cela voulait dire que je réclamais une identité de situation entre l&apos;homme et la femme, et d&apos;égalité radicale entre l&apos;homme et la femme. Mais comme nous parlions tout à l&apos;heure de travail collectif, il n&apos;y avait pas de collectif de travail qui vraiment m&apos;intéressât.<br /><br />C&apos;est seulement depuis 1971 ou 1972 que j&apos;ai rencontré des jeunes féministes qui m&apos;ont contactée à propos des problèmes de l&apos;avortement, avec qui j&apos;ai commencé à travailler tout à fait en sympathie parce qu&apos;elles étaient féministes pas pour prendre la place des hommes, mais pour changer le monde tel qu&apos;il est fait par les hommes. Et cela est une chose beaucoup plus intéressante à mes yeux. <br /><br /><br /><h3>3 <strong>- Extraits d&apos;Olivier Rey: Homme-femme: heureuse différence ou guerre des sexes? Extraits de «La famille: héritage ou avenir?. Paris Editions Parole et Silence. 2011, p. 31-40.</strong><br /><strong></strong></h3><br /><br />«On ne saurait vraiment comprendre l&apos;activisme technique moderne, si souvent dénoncé, si on ne mesure pas à quel point ce matérialisme est la contrepartie d&apos;un spiritisme radical. Il ne s&apos;agit plus, comme dans les temps anciens d&apos;échapper à la matière par l&apos;esprit, il s&apos;agit de soumettre entièrement la matière à l&apos;esprit. Ernest Renan affirme, dans l&apos;Avenir de la science: «Le grand règne de l&apos;esprit ne commence que quand le monde matériel sera parfaitement soumis à l&apos;homme». On ne parle plus d&apos;âme. Cependant une autre entité métaphysique a pris sa place: une volonté impérieuse, impérialiste, revendicatrice, devant laquelle tout doit plier. De là l&apos;agressivité particulière à contre du donné, de tout donné, de tout ce qui pourrait paraître intangible ou indisponible: le passé, la tradition, la nature.<br /><br />Fatalement, ce mouvement d&apos;émancipation à l&apos;égard du donné en vient à se heurter à un donné fondamental: la différence sexuelle. Face à la réquisition générale du monde par la volonté, voilà un obstacle de taille: peut-être l&apos;obstacle suprême. Un obstacle qu&apos;on s&apos;emploie donc, par de multiples manières, à contourner, à saper, à dissoudre. <br /><br />… La nature n&apos;est plus une nature, elle est appréhendée comme une matière première infiniment malléable. Rien ne doit échapper à l&apos;emprise, pas même la différence sexuelle. Et pas même évidemment la différence sexuelle entre les humains.<br /><br />«L&apos;anatomie, c&apos;est le destin» disait Freud: pour refuser le destin, il devient donc nécessaire de démentir au besoin l&apos;anatomie. Soit en la modification, par la technique médicale, soit en la déclarant subsidiaire. A la catégorie de sexe, on préfère alors celle du «genre» -substitution à un donné, naturel et social, qui nous définit, d&apos;une identité choisie, par laquelle l&apos;individu entend se définir. Que les choses soient claires: il n&apos;est nullement question, here, de s&apos;en prendre, le moins du monde, aux personnes transsexuelles ou transgenres. Comme l&apos;a écrit Nietzsche, «il y a vraiment quelque chose à dire en faveur de l&apos;exception». Cela dit Nietzsche ajouté: «à condition que l&apos;exception ne veuille jamais devenir la règle». Ou c&apos;est de cela qu&apos;il est souvent aujourd&apos;hui question.<br /><br /><br /><h3><strong>4- La présidente de l&apos;Ethiopie dénonce une société profondément patriarcale. </strong><br /><strong></strong></h3><br /><br />Sahle-Work Zewde, seule femme aujourd&apos;hui à la tête d&apos;un Etat africain qui compte 105 millions d&apos;habitants a déclaré: «Il faut fondamentalement changer le statut de la femme. Toutes ces pratiques nocives liées à la culture, aux coutumes, ce n&apos;est pas la force de la loi qui peut les faire changer, ce sont les mentalités ». <br /><br /><h3><strong>5- Romain Gary, en 1975: «L&apos;absence de féminité dans notre civilisation est effrayante». </strong></h3><br />Pour son émission sur France Inter, Jacques Chancel disait à Romain Gary : <b>Parfois les hommes et les femmes ne veulent pas parler de ce qui touche leur cœur. </b></div><div>Ces problèmes sont simplement dus à des siècles et des siècles de préjugés, qui font que l&apos;homme doit conserver son image virile et supérieure, la femme doit conserver son image féminine, douce et soumise. Finalement, cette égalité dans l&apos;expression franche, ouverte, libre y compris des problèmes sexuels, leur est un tabou. Et cette absence de communication que j&apos;appelle l&apos;absence de «fraternité» entre les hommes et les femmes est un des grands drames du couple. <br /><br /><b>Vous accordez un intérêt extraordinaire aux femmes qui, à votre avis, ne sont pas assez satisfaits. Même en ce moment où on s&apos;occupe beaucoup d&apos;elles…<br /></b><br />Même sans s&apos;engager dans le domaine du féminisme proprement dit, il y a une absence de féminité dans notre civilisation qui est effrayante. Je ne veux pas me lancer dans des propos religieux, vérifier plus que je suis incroyant, mais si vous regardez la parole duc Christ, elle est essentiellement féminine. La voix du Christ était une parole de femme, du moins au sens traditionnel que l&apos;on donne à ce terme. Tendresse, pitié, amour, bonté, pardon. Mais ces vertus sont totalement absentes de deux mille et de notre civilisation. En dehors de l&apos;égalité hommes-femmes, qui est évidente, il faut une transformation des valeurs dites «masculines» en valeur féminines. C&apos;est pourquoi je ne comprends pas les mouvements féministes qui se réclament d&apos;une sorte de masculinité, à parts égales avec les hommes. Elles devraient au contraire se retrancher de plus en plus, et élaborer des valeurs féminines pour en féconder notre civilisation. Mais c&apos;est sans doute une vue un peu idéaliste des choses.<br /><br />Dans votre nouveau roman, «Au-delà de cette limite, votre ticket n&apos;est plus valable», vous rendez peut-être aux femmes leur juste valeur, mais vous remettez surtout les hommes à leur place. Qu&apos;est-ce qu&apos;ils prennent les hommes! On va vous dire que vous trahissez la caste…<br /><br /> Ca m&apos;a été dit. J&apos;ai reçu des lettres de ce genre. J&apos;ai reçu également des insultes d&apos;une dame qui m&apos;a affirmé que je minais la virilité de son mari, et que j&apos;étais un salaud d&apos;avoir écrit ce livre-là. Mais quelle est la critique que je fais, là-dedans? Je ne critique pas les hommes. Je critique deux mille ans de civilisation qui font peser sur l&apos;homme une hypothèque de fausse virilité et de fanfaronnade de coq, de manifestation extérieure d&apos;une virilité inexistante, ce qui est catastrophique.<br /><br />Après que Romain Gary ait déclaré qu&apos;il croyait profondément au couple, <b>Jacques Chanel lui a demandé : Et la fidélité?</b><br /><br />Oui, mais pas à la fidélité épidermique, quand même. La fidélité de dévouement profond de l&apos;un à l&apos;autre, qui peut se contenter très bien de quelque égarement en cas d&apos;absence. Je crois que la vérité des rapports de l&apos;homme et de la femme, c&apos;est le couple, et tout le reste de la crème chantilly. C&apos;est très bon, la crème chantilly, mais enfin la vérité et la profondeur, c&apos;est cette espèce d&apos;équipe à deux, de soudure profonde, de complicité, cette entente instinctive de tous les instants, ce partage de tous les buts dans la vie et de tout ce qu&apos;on veut faire, des rêves aussi, qui est absolument irremplaçable et qui a été l&apos;une des grandes beautés, l&apos;un des grands fleurons de la civilisation occidentale. Parce que c&apos;est nous, quand même, qui semble inventé.<br /><br /><h3><strong>6- 21 octobre 2019. Ecoféminisme. Extraits de l&apos;article de Catherine Vincent dans Le Monde du 17 octobre 2019.</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>Le terme qui postule un lien entre l&apos;oppression des femmes et la destruction de la nature, est apparu en 1974 sous la plume de la militante féministe Francine d&apos;Eaubonne. Née en 1920 d&apos;une famille bourgeoise désargentée, membre du PC jusqu&apos;en 1956, cette militante convaincue établissent très vite une synthèse entre lutte des classes et lutte féministe. «En postulant que la même matrice idéologique a conduit à la domination des hommes sur les femmes et au saccage de la nature [elle} dénonce non seulement l&apos;organisation sexiste de la société mais surtout lui impute la destruction de l&apos;environnement» résume » Caroline Goldblum auteure de «Françoise d&apos;Eaubonne et l&apos;écoféminisme» (Le passager clandestin, 2019, 132 pages, 10 euros).<br /><br /></div><div>La philosophe Emilie Hache, qui a dirigé sous le titre Reclaim (Cambourakis, 2016) un recueil d&apos;écrits états-uniens, insiste sur la dimension «expérimentale et créative du corpus écoféministe, trop souvent ignoré». Reclaim, terme emprunté au vocabulaire écologique, signifie ici le fait de «régénérer», de «réhabiliter» à la fois la nature et la féminité. Un objectif au cœur de l&apos;écoféminisme concernant les personnalités politiques elles-mêmes semblent ne pas être insensibles. Le 10 janvier Delphine Batho, Présidente de Génération Ecologie, affirmait ainsi à l&apos;Obs que «l&apos;expérience commune des femmes de la mise à disposition du pouvoir dans tous les domaines (…) les rend plus promptes à transformer ce pouvoir et à réinventer une relation positive au vivant ». Tandis que Ségolène Royal,<br /><br /><h3><strong>7- Voici ce qu&apos;a déclaré Ghaleb Bencheikh (islamologue franco-algérien, Président de la Fondation de l&apos;islam en France depuis 2018) au cours de son débat avec Alain Finkielkraut le 29 avril 2015.</strong></h3></div><div></div><div>Pour paraphraser Malraux si tant est qu&apos;il l&apos;eut dit un jour je pense que le XXI siècle finira par être féminin ou ne finira pas. Nous autres hommes, vir et pas homo, nous ne sommes que l&apos;espèce mâle de l&apos;humanité, et pas forcément la meilleure. Mais il se trouve aussi que la civilisation a été masculine. Depuis que la femme est sortie du gynécée grecque elle fut tournée à tour hétaïre, bacchante, bacchanale, odalisque, geisha et «meuf» dans nos banlieues mais jamais rendu intrinsèquement. Il faut peut-être arrêter avec cela.</div><div>Et je fais mienne cette belle parole de Rainer Maria Rilke quand dans sa correspondance avec Kappus écrit: « la femme qu&apos;habite une vie plus spontanée plus confiante et plus mûre est sans doute plus proche de l&apos;humain que l&apos;homme ce mâle prétentieux et impatient qui ignore la valeur de ce qu&apos;il croit aimer parce qu&apos;il ne tient pas à la vie comme la femme par le fruit de ses entrailles ».</div><div><br /></div><div><h3>8- <strong>Extrait de la déclaration d&apos;Abou Dabi de 2019 par le pape François et le Grand Imam Ahmad Al Tayyeb: «La fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune»</strong></h3><br /></div><div>C&apos;est une nécessité indispensable de reconnaître le droit de la femme à l&apos;instruction, au travail, à l&apos;exercice de ses droits politiques. En outre on doit travailler à la libérer des pressions historiques et sociales contraires au principe de sa foi et de sa dignité. Il est aussi nécessaire de la protéger de l&apos;exploitation sexuelle et du fait de la traiter comme une marchandise ou un moyen de plaisir ou de profit économique. Pour cela on doit cesser toutes les pratiques inhumaines et les coutumes courantes qui humilient la dignité de la femme et travailler à modifier les lois qui empêchent les femmes de jouir pleinement de leurs droits. <br /><br /><h3><strong>9- d&apos;Alain Badiou et Barbara Cassin: «Homme, femme, philosophie» chez Fayard, 2019 p.215.</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>… L&apos;expérience d&apos;être enceinte puis d&apos;allaiter est, a été, pour moi au moins, d&apos;un bonheur magique - j&apos;ai de la compassion pour les hommes en tant que l&apos;un d&apos;eux, je serais <a href="http://jaloux.se/">jaloux.se</a> de cette plénitude croissante d&apos;énergie épanouie anxiété dépossession folles, un absolu ininventable que les femmes ne demandent qu&apos;à partager. Toucher à la vie à la mort. Donner naissance, c&apos;est aussi mourir et donner mort. Il me semble qu&apos;enfant, petite, je comprenais autrement mieux cela que jeune fille, si emmêlée de désirs d&apos;hommes. La jeune fille nouvelle ou pas, n&apos;a pas envie d&apos;être grosse que je sache. Si elle est grosse c&apos;est d&apos;elle-même. Mais peut-être suis-je seulement jalouse qu&apos;il existe des jeunes filles et qu’elles aient encore à devenir et à être enceintes »</div><div><br /><h3><strong>10- Pablo Servigne, dans «« L&apos;effondrement de l&apos;empire humain - Regards croisés », Manon Commanet et Pierrot Pantel Editions rue de l&apos;échiquier, août 2020</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div><b>Quelle question aimeriez-vous que l&apos;on vous pose?</b><br /><br /></div><div>Ces derniers temps, Gauthier Chapelle et moi-même nous interrogeons beaucoup sur la question du féminin. Le féminin sacré, en lien avec l&apos;écoféminisme. Si nous voulons changer notre rapport au monde, il va être important de faire ressortir le féminin en chacun de nous. Chacun d&apos;entre nou
, homme ou femme, a une part masculine et une part féminine. Ce sont des archétypes qui, comme le yin et le yang, renvoient à deux polarités. Notre société s&apos;est fortement masculinisée. Pour la décloisonner, il faut que nous retrouvions sa part de féminin et développer notre intuition, nos émotions, notre imagination ... Un des grands drames de la Renaissance a été le massacre des sorcières et la destruction méthodique de ce qui était féminin, le mystère, l&apos;intuition, ainsi que des savoirs vernaculaires. Le masculin boursouflé, pathologique a tout détruit. La rationalité, le discours, le sens, la lumière ... ont écrasé le reste. Nous sommes toujours dans ce système de domination patriarcale qui se confond avec l&apos;oppression des hommes envers les femmes et de l&apos;homme envers la nature. C&apos;est un immense chantier! Il fait partie de ce chemin intérieur que nous avons évoqué, ce fameux changement de notre rapport au monde. Là réside le féminin, l&apos;intériorité. Si on garde le chemin extérieur (masculin), alors on perpétuera les mêmes travers. Ce sont des questions immenses qui touchent au cœur, au corps, à la psyché, à l&apos;inconscient, aux mythes. Les rationalistes et les scientistes vont me tomber dessus, mais je pense que c&apos;est précisément le rejet du mystère, de l&apos;intuition, de l&apos;obscurité qui pose problème. À eux de travailler leur intériorité! Développer la part de féminin en chacun de nous ne signifie pas pour autant réduire la part de masculin. Ce sont deux axes orthogonaux, complémentaires, sur compris, lorsque nous déployons chacun d&apos;entre eux, nous faisons grandir la surface totale. Il existe une interaction entre les deux. Un homme qui suit une voie spirituelle (comme un bouddhiste) a un féminin immense, et rien ne l&apos;empêche aussi de devenir un grand guerrier (la défense, la protection, le masculin sain). Nous avons besoin des deux. Gauthier Chapelle et moi avons conscience qu&apos;en France, ces questions sont délicates! <br /><br /><h3><strong>11- Quelques chiffres</strong></h3><br /><strong>La population carcérale</strong> est composée en très grande majorité d’hommes. Au 1er janvier 2016, d’après le Ministère de la justice, <strong>les femmes représentaient seulement 3,5 % des détenus.</strong></div><div>D’après une note de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) publiée en décembre 2020, <strong>sur 6737 personnes mises en cause pour des violences sexuelles incestueuses entre 2016 et 2018, 95% sont de sexe masculin.<br /></strong><br /></div><div><h3><strong>12- Extraits des interventions de l’émission sur Arte du 13 janvier 2020 à propos du livre de Camille Kouchner : « La familia Grande » Ed. du Seuil.</strong></h3><br /></div><div>L’inceste est un fléau beaucoup plus répandu qu’on ne le pense dans la société française. Les enfants sont les principales victimes des violences sexuelles, 80% sont des filles 20% des garçons. Une fille sur 5 et un garçon sur 13 subissent des violences sexuelles en France. La moitié des violences sexuelles sont des violences incestueuses intervenues à l’intérieur de la famille. Chaque année ce sont 135.000 filles et 35.000 garçons qui subissent des viols ou des tentatives de viols.<br /><br /></div><div>81% des violences sexuelles démarrent avant 18 ans, 51% avant onze ans, 21 % avant six ans.<br /><br /></div><div><br /><br /></div><div></div><div><br /><br /></div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?FeminismeQuelquesCitations">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-id_fiche="QuelNouveauCapPourLaPolitiqueFiscaleNbsp" data-date_creation_fiche="2025-10-14 14:53:39" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2026-02-02 14:56:14" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_5_QuelNouveauCapPourLaPolitiqueFiscaleNbsp"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Fiscalité : quel nouveau cap pour la politique fiscale ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_5_QuelNouveauCapPourLaPolitiqueFiscaleNbsp" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Fiscalité : quel nouveau cap pour la politique fiscale ?</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>La fiscalité est un moyen tout à la fois d’orienter la production et la consommation, et de lutter contre les inégalités. La lutte contre les évasions fiscales doit être renforcée et constitue une ressource indispensable pour réduire les déficits publics en France et dans les pays développés. Dans les pays du Sud elle dégagera des ressources pour l’amélioration du bien-être. Les mesures fiscales et budgétaires des premiers mois de la présidence Macron vont à l’encontre d’une politique de lutte contre les inégalités.  </p><h3><strong>Moyen d’orienter la production et la consommation</strong></h3><p><strong><br /></strong> C’est bien ce que fait N.Hulot, ministre de la transition énergétique et de la solidarité en 2017  lorsque par exemple il veut augmenter le malus des gros 4x4 les plus polluants. C’est le moyen préconisé par  Philippe Madinier (1) , ancien rapporteur général du Centre d’étude des revenus et des coûts (CERC) quand il plaide pour une discrimination positive en faveur des services.  C’est ainsi que la réparation des logements dispose d’un taux réduit de TVA, qui stimule l’emploi dans ce secteur. En accordant un taux de TVA plus faible à « l’ensemble des activités de réparation, on contribuerait efficacement à l’allongement, si souhaitable, de la durée de vie des biens ». Cela impliquerait une hausse compensatrice sur les biens. « Pourvu que cette divergence soit progressive et programmée, elle serait éminemment favorable à la fois au rétablissement du plein emploi et au freinage de la consommation d’énergie et de ressources naturelles don on reconnait de mieux en mieux la nécessité ».  Mais Philippe Madinier s’empresse d’ajouter « Cependant une activité de service particulière devrait être exemptée de ces faveurs fiscales : la publicité. Son développement démesuré n’est pas pour rien dans la frénésie de consommation…Elle pousse les consommateurs à remplacer prématurément les biens « durables » et « semi-durables ». Bref elle s’oppose à la sobriété qu’appellent impérieusement des menaces écologiques grandissantes. Il faudrait faire taire la publicité, en tous cas l’obliger à baisser le ton. Objectif ambitieux ? Utopique ? Peut-être. Il suppose d’affronter un lobby puissant, celui qui a mis sous sa dépendance la quasi-totalité des moyens d’information ». </p><h3> <strong>Lutte contre les inégalités</strong> <strong>de revenus et de patrimoine</strong></h3><p><strong><br /></strong>En septembre 2017, l’observatoire des inégalités en France (<a href="http://WWW.inegalites.fr">WWW.inegalites.fr</a>) constate :  « Depuis une vingtaine d’années, les inégalités de revenus augmentent. Les plus aisés s’enrichissent alors que le niveau de vie des plus pauvres stagne ». Comme l’écrit Jean Gadrey, il s’agit d’en finir avec des inégalités indécentes qui minent la société. Ce qui devrait amener à agir à la fois sur les minima  sociaux et à réduire les inégalités de revenus et de patrimoine.  « Plus personne ne devrait vivre avec les minima sociaux actuels, qui ont décroché de 25% par rapport au Smic horaire depuis 1990. Il faut réévaluer ces minima, ou les remplacer par un revenu de base nettement supérieur au montant actuel du revenu de solidarité active (RSA) par exemple 600 ou 700 euros mensuels pour une personne seule » (2).  Les écarts de rémunération entre salariés ont atteint à l’heure actuelle des proportions inadmissibles, avec des rémunérations parfois extravagantes.  Le salaire de Carlos Ghosn président de l’alliance Renault-Nissan sera en 2017 de 7 millions d’euros pour Renault et à peu près autant de Nissan. </p><p>En attendant un changement de la réglementation, Alain Caillé et les convivialistes souhaitent « jouer sur le ressort moral, et encourager vivement grands patrons ou vedettes du sport ou du show-biz à renoncer d’eux-mêmes à des rémunérations extravagantes, comme certains le font déjà ». Ils souhaitent que les autorités religieuses, spirituelles, morales, humanistes et scientifiques mondiales s’accordent pour déclarer que toute personne qui prétend mériter cent fois par exemple le salaire ou revenu de base dans son pays « s’exclut des normes de la commune humanité…et mérite opprobre à ce titre ».  Thomas Piketty interviewé en janvier 2015, auquel on faisait remarquer qu’il fallait bien rémunérer les talents et la réussite, répondait : « Je n’ai pas de problème avec l’inégalité…tant qu’elle reste dans des limites raisonnables … J’ai effectué des recherches avec des données d’entreprises. Quand vous payez un dirigeant 10 millions d’euros par an au lieu d’un million ou de 500.000 euros, obtenez-vous davantage de performances, de créations d’emplois ? Je n’ai pas pu le prouver. Il faut rémunérer les dirigeants correctement, mais vous n’avez pas besoin de les payer 50, 100 ou 200 fois le salaire moyen ».</p><p>  La loi sur l’économie sociale et solidaire de 2014 prévoit que des entreprises capitalistes peuvent demander un agrément Esus (Entreprise solidaire d’utilité sociale) pour bénéficier d’aides et de financement spécifique. Cet agrément ne leur sera donné que si l’une ou l’autre des deux conditions suivantes est satisfaite (voir décret du 25 juin 2014 article 2) :  - La somme moyenne versée, y compris les primes, aux cinq salariés ou dirigeants les mieux payés n’excède pas, sur une année et pour un temps complet, 7 fois la rémunération annuelle d’un salarié au smic ou au salaire minimum de branche si ce dernier est plus élevé   - La somme moyenne versée, y compris les primes, au salarié ou dirigeant le mieux payé n’excède pas, sur une année et pour un temps complet, 10 fois la rémunération annuelle d’un salarié au smic ou au salaire minimum de branche si ce dernier est plus élevé.  Mais les associations, fondations, coopératives et mutuelles ne sont pas concernées par cet agrément puisqu&apos;elles sont de droit dans l&apos;ESS, de par leur statut, Ce qui veut dire qu&apos;il s&apos;écoulera encore du temps avant que les mutuelles, les banques coopératives et les coopératives agricoles appliquent ce genre de règle…  </p><p>En définitive, pour réduire les inégalités, une majoration du taux de l’impôt sur les revenus élevés est indispensable, tout en sachant que la progressivité de l’impôt sur les revenus est en partie illusoire compte tenu des nombreuses niches fiscales.  En ce qui concerne <strong>les inégalités de patrimoine</strong>, il est surtout question en 2017 dans les débats publics de  l’impôt sur la fortune (ISF), alors qu’il faut élargir le débat. En effet l’ISF ne rapporte que 5 milliards à l’Etat alors que la taxe foncière rapporte 25 milliards. Le patrimoine total peut être estimé à 10 000 milliards, net de dettes. La moitié de la population française la plus pauvre en possède 5% et les 10% les plus riches en possèdent 60%. Quant au 1% de la population la plus riche elle en possède 25%.  (T.Piketty Le Monde 12 et 13 juin 2016 ). Les 10.000 milliards de patrimoine se composent ainsi : 5.000 milliards revenant à l’immobilier … 4.500 sont des actifs financiers et 500 sont des actifs liés à l’activité professionnelle des indépendants.  L’impôt sur l’ISF (5 milliards) et les taxes foncières (25 milliards) représentent respectivement   0,05% et 0,25% du patrimoine total, aussi ces deux impôts ne peuvent avoir qu’un effet très faible sur la répartition des patrimoines.  </p><p>Pour Philippe Madinier, c’est surtout l’impôt sur les successions qui peut avoir « un effet d’égalisation notable, tout en étant économiquement supportable…pourvu évidemment qu’il comporte des taux bien différents de ceux qui sont actuellement en vigueur en France ». A condition de prévoir un abattement à la base assez substantiel et à condition de ne pas imposer fortement les biens qui sont à usage personnel comme le logement ou qui sont à usage professionnel personnel comme une exploitation agricole ou une entreprise artisanale, les taux d’imposition pourraient croître « progressivement jusqu’à atteindre 100% sur la tranche la plus élevée ».  Michel Sapin ancien ministre des finances en déclarant « Ce n’est pas parce qu’on prend des « risques » qu’on devient riche mais d’abord et avant tout parce qu’on a hérité » (Libération 18 oct. 2017) justifie l’idée qu’il est juste de taxer les successions.  </p><p>La preuve qu’un impôt fortement progressif est possible, c’est que les E.U. l’ont fait à une certaine époque. Voici ce que rappelait T.Piketty dans Le Monde du  10 06 2017 : « Afin de contrer la montée des inégalités et la concentration excessive des fortunes (alors perçue comme contraire à l’esprit démocratique américain)…les Etats-Unis mettent en place dans les années 1910 et 1920 un niveau de progressivité fiscale inconnu dans l’histoire. Ce grand mouvement de compression des inégalités implique à la fois l’impôt sur le revenu (le taux appliqué aux revenus les plus élevés fut en moyenne de 82 % entre 1930 et 1980) et sur les successions (avec des taux atteignant 70 % sur les transmissions de patrimoines les plus importants).  <strong> </strong></p><h3><strong>Evasion fiscale</strong></h3><p><strong><br /></strong>  Grâce à l’OCDE, des progrès dans la lutte contre l’évasion fiscale ont été faits au niveau mondial après la crise financière de 2008. Beaucoup reste à faire.  Pour la France, « Une lutte efficace contre l’évasion fiscale illégale dans les paradis fiscaux permettrait de récupérer… une partie des trente à cinquante milliards qu’elle représente » (2).  Pour les pays du Sud, On estime que l’évasion fiscale des entreprises multinationales représente un manque à gagner de 125 milliards d’euros (voir les études du CCFD-Terre solidaire sur les paradis fiscaux).  Le directeur du Monde Jerôme Fenoglio écrivait le 7 novembre 2017 à propos des révélations des Paradise Papers : En France l&apos;histoire récente a montré...que l&apos;on pouvait supprimer un impôt sur la fortune en arguant du risque d&apos;exode du capital, sans suffisamment s&apos;attaquer aux paradis fiscaux qui nourrissent la tentation d&apos;évasion. C&apos;est à toutes ces formes de complaisance qu&apos;il faudra renoncer si l&apos;on veut mettre fin à ces pratiques qui conduisent nos démocraties à leur perte.  </p><h3><strong>Cadeau aux riches de monsieur Macron</strong></h3><p><strong><br /></strong>Guillaume Duval écrivait dans son éditorial d’Alternatives économiques d’octobre 2017, après quelques mois de la présidence d’E.Macron : « Du côté de la fiscalité, il a choisi de rendre en priorité 7 milliards d’euros aux plus riches en vidant l’ISF de sa substance et en baissant fortement l’impôt sur les revenus du capital. Rejoignant ainsi la théorie des adeptes de la théorie du ruissellement : si on laisse les riches devenir plus riches, ça finira bien par profiter aux pauvres...Une politique dont on a vu, en particulier aux Etats-Unis, qu’elle aggravait surtout les inégalités, minant la cohésion sociale et donc l’efficacité économique ».  Au cours de son interview à TFI  le 15 octobre 2017, E.Macron tout en affirmant qu’il ne partageait pas la théorie du ruissellement (3) a confirmé qu’il pensait que les riches allaient utiliser les milliards qu’ils allaient encaisser pour investir dans l’économie, ce qui serait favorable à la croissance, à l’emploi et en définitive à tous.  Il a même osé affirmer « La condition pour ne plus être dans l’ISF, c’est d’investir dans l’économie française », ce qui est faux dans la mesure où aucune condition n’a été mise pour bénéficier des milliards de cadeaux.  Un autre argument avancé pour justifier les nouveaux cadeaux aux riches est d’affirmer que l’ISF a fait fuir des Français riches à l’étranger.  Ce qui a fait dire à Michel Sapin, ministre des finances de François Hollande : « On connaît ce refrain. Certains contribuables partent, d’autres reviennent. Les derniers chiffres connus montrent un équilibre entre les deux mouvements ». (Libération du 18 oct. 2017).  </p><p>Michel Sapin avec 120 députés et sénateurs a demandé de rendre publics l’impact des mesures fiscales et budgétaires sur les contribuables les plus aisés, notamment les 0,1% et les 1% des Français qui concentrent le patrimoine français le plus important, ou sur les 100 français les plus riches. Ce ne serait pas enfreindre le secret fiscal puisque cette demande ne concerne pas les données individuelles. Faute de réponse précise de la part du gouvernement,  Vincent Eblé, président de la commission des finances du Sénat (Parti socialiste) estime que le gain cumulé de l&apos;instauration d&apos;un prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30% sur les revenus du capital et de la transformation de l&apos;impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI) peut être estimé à environ 1,5 millions d&apos;euros par an pour les cent premiers contribuables.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><br />    [1] Philippe Madinier. Une économie de services sans servilité. Préface de Jean Gadrey. L’Harmattan 2013.<br />    [2]Alain Caillé/Les convivialistes. Eléments d’une politique convivialiste. Ed. Le bord de l’eau 2016.<br />    [3]Voir Gaël Giraud in La Croix du 1er août 2017 : « Le mythe du ruissellement économique » et Zygmunt Bauman. Les riches font-ils le bonheur de tous ? Ed.Armand Colin  2013, notamment pp 61 et ss. .<br /><br /></p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?QuelNouveauCapPourLaPolitiqueFiscaleNbsp">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2022-09-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="ForcesEtFaiblessesDunRenouveauNecessaire" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_representative_en_question" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-08-06 18:19:10" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_ForcesEtFaiblessesDunRenouveauNecessaire"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Forces et faiblesses d’un renouveau nécessaire </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_ForcesEtFaiblessesDunRenouveauNecessaire" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/09/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Forces et faiblesses d’un renouveau nécessaire </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_representative_en_question">
                      Une démocratie représentative en question 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>C’étaient les derniers mots de notre lettre d‘avant les vacances. Depuis, La canicule de l’été a apporté son lot de désastres en France et dans le monde : sécheresse et feux de forêt, inondations…Espérons que maintenant la prise de conscience des dangers que nous fait courir le <strong>changement climatique</strong> est bien devenue générale. D’autant plus que les mauvaises nouvelles s’accumulent. Tout récemment une équipe internationale de chercheurs a souligné que même au niveau actuel de réchauffement (+ 1,1° C par rapport à l’ère préindustrielle), le monde risque de passer certains points de basculement. Un point de basculement est un seuil critique au-delà duquel un système se réorganise, souvent brutalement et/ou de manière irréversible. Selon la définition du Groupe d&apos;experts climat de l&apos;ONU (GIEC), ce sont des phénomènes « qui déclenchent de manière indépendante et inéluctable d&apos;autres conséquences en cascade »<a href="#_ftn1">[1]</a>. Cinq points de basculement seraient déjà probables, par exemple la disparition des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique de l’Ouest.<br /><br /></div><div>Indépendamment du réchauffement climatique, un renouveau de notre démocratie s’impose compte tenu des menaces que fait peser <strong>la montée du Rassemblement National</strong> de Marine Le Pen. Ses progrès entre les élections présidentielles de 2017 et 2022 sont spectaculaires et les 89 députés du Rassemblement National à l’Assemblée lui permettent un ancrage dans les territoires. La question est sérieuse : Marine Le Pen ne risque-t-elle pas de l’emporter en 2029 ? Bien des départements qui votaient majoritairement pour les partis socialistes ou communistes votent maintenant pour le Rassemblement national. C’est ce que rappelait Léa Salamé à France Inter<a href="#_ftn2">[2]</a> en invitant François Ruffin pour son dernier livre « Je vous écris du Front de la Somme ». Celui-ci écrit : « Le front de la Somme a craqué ». Bien sûr, F.Ruffin est fier d’avoir fait exception : « Et de toute la France, je suis l’insoumis qui relève le mieux le score de la gauche, médaille d’or toutes catégories, +11% comparées aux présidentielles ». Ruffin précise bien qu’il doit ce succès à une « campagne de feu et de fou » et sa crainte c’est que la gauche ne soit pas convaincue de la nécessité de reconquérir ceux qui votent Rassemblement National et qui sont « fâchés » mais pas « fachos ». Il en veut au think-tank Terra nova qui conseillait au parti socialiste à l’automne 2011 une stratégie centrée sur les valeurs avec « 1.les diplômés. 2.les jeunes.3.les minorités » en laissant les ouvriers au Front National. <a href="#_ftn3">[3]</a><br /><br /></div><div><strong>Dans la mesure où les hommes et les femmes soucieux d’égalité sont nombreux parmi les électeurs du Rassemblement National, alors que le RN n’en parle jamais, il y a selon Ruffin « une faille où nous pouvons nous engouffrer »</strong>. Même si aujourd’hui les inégalités sont moins apparentes qu’autrefois : lorsque les ouvriers sortaient de l’usine, ils voyaient les châteaux des riches, alors qu’aujourd’hui les propriétés de B.Arnault sont loin, à Courchevel ou à New-York… Avec le débat sur les jets privés la question des inégalités est venue sur le devant de la scène avec le constat qu’ils aggravent les émissions de CO2. Ceux qui ne la prennent pas au sérieux ont beau jeu de répondre que ces émissions sont négligeables puisque de l’ordre de 0,1 % des émissions totales. Mais comme le rappellent des chercheurs, les humains coopèrent à condition que les autres coopèrent. « Si certains sont autorisés à émettre dix fois plus de carbone pour des raisons de confort, alors pourquoi limiter sa consommation de viande, baisser la température de son thermostat ou limiter les achats de produits neufs ». <a href="#_ftn4">[4]</a> La question des inégalités tellement occultée par notre Président devrait être mise sur le devant de la scène, d’autant plus qu’elle est renouvelée par la prise en compte du changement climatique. En effet comme le rappelle Oxfam France : « 50% des émissions de CO2 sont produites par les 10% les plus riches de la planète, tandis que la moitié la plus pauvre de la population n’en émet que 10% ». <br /><br /></div><div>Le <strong>Conseil national de la refondation</strong>, initié par notre Président, qui s’est réuni le jeudi 8 septembre, permettra-t-il le dialogue entre personnes qui ne se parlent jamais comme l’Association des maires de France, la FNSEA , ou la Fondation Abbé Pierre ? Certains pourront être sceptiques, douchés par les médiocres résultats du grand débat national qui a suivi le mouvement des gilets jaunes ou par ceux de la Convention Citoyenne pour le Climat. Sur les 52 personnes invitées, 40 étaient présentes et en sont ressorties avec des avis mitigés. Laurent Berger, Secrétaire Général de la CFDT aurait dit : « C’était utile, exigeant, agaçant parfois, parce qu’on n&apos;est pas d’accord. Mais mine de rien, ça a avancé ». <br /><br /></div><div>On peut imaginer qu’E.Macron n’est plus du tout dans l’attitude triomphante qui a été la sienne en arrivant au pouvoir en 2017. Il n’a plus de majorité « godillot » à l’Assemblée, il ne pourra pas se présenter une troisième fois, il sait que plusieurs piaffent déjà de prendre sa place  rêvons alors qu’il veuille laisser le souvenir du rassembleur, loin de l’image de Président des riches qui lui colle à la peau pour de bonnes raisons. <br /><br /></div><div>Toujours est-il que <strong>l’ECCAP</strong>, pour sa très modeste part, va s’efforcer de donner la parole et de faire dialoguer tous ceux qui sont conscients de la nécessité de changer radicalement de cap. C’est à une nouvelle étape plus collaborative que nous voulons inviter ceux qui nous suivent et ceux qui ne nous connaissent pas encore et qui voudront bien inventer la gouvernance d’un outil numérique au service du changement radical qui s’impose au service de tous. <br /><br /></div><div><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Voir dans google « Seuil critique dans Science du 8 septembre » et Le Monde du 10 septembre, page 11.<br />[2] France Inter, 6 septembre.<br />[3] Page 25 de « Je vous écris du front de la Somme ». Voir in Le Monde,13 sept. 2022, p.14 « la sortie du Secrétaire National du PCF sur « la gauche des travailleurs » face « à la gauche des allocations et des minima sociaux » aura alimenté les débats entre les membres de la Nupes tout le w.e. à la fête de l’Humanité. Preuve que ce débat pas toujours très clair est d’actualité !<br />[4] « L’impact environnemental des jets privés est largement sous- In Le Monde,13 sept. 2022, p.34 « la sortie du Secrétaire National du PCF sur « la gauche des travailleurs » face « à la gauche des allocations et des minima sociaux » aura alimenté tout le w.e. à la fête de l’humanité estimé ».         
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ForcesEtFaiblessesDunRenouveauNecessaire">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2022-03-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="GeopolitiqueEtChangementDeCap" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="penser_faire_mondialite" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-08-06 18:27:41" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_GeopolitiqueEtChangementDeCap"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Géopolitique et changement de cap </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_GeopolitiqueEtChangementDeCap" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/03/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Géopolitique et changement de cap </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema penser_faire_mondialite">
                       <a href=?penser-faire-mondialite>Penser / Faire mondialité </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Parler de géopolitique peut paraître étrange à ceux qui pensent que le changement de cap concerne plutôt les initiatives de groupes qui font preuve de créativité au niveau local. Pourtant lorsque dans notre dernière lettre nous mettions en valeur le travail réalisé par des enseignants pour réfléchir avec les élèves à la question des migrants, cela concernait la question internationale des mouvements de population. De même quand nous évoquons notre volonté d’éducation populaire à partir notamment du réseau des cafés culturels et cantines associatifs (RECCCA) en France, nous avons en arrière-plan la question des solidarités internationales (1).</div><div><br /></div><div>Aujourd’hui nous sommes profondément bouleversés par l’attaque de Poutine contre l’Ukraine avec les bombardements des villes, qui visent souvent des hôpitaux et des écoles. Quelle réaction avoir sans mettre de l’huile sur le feu ? Comment les démocraties en France et en Europe peuvent-elles se situer par rapport aux dictatures russe et chinoise ? Quel renouveau s’impose en espérant que nos démocraties ne soient pas submergées par les dictatures ?</div><div><br /></div><h3><strong>1 - Les visées de Poutine et les réactions appropriées.</strong></h3><div><br /></div><div>Poutine est un pur produit du régime soviétique, formé à l’école du KGB, il considère que l’effondrement de l’empire soviétique a été une catastrophe et il rêve de le reconstruire. Son annexion de la Crimée en 2014 en violation du droit international en est l’illustration. Son attaque de l’Ukraine en est une autre. Il est dit aussi que Poutine est très religieux. C’est vrai en un sens très particulier, celui de ses liens étroits avec le patriarche de l’église orthodoxe de Moscou. Dimanche 6 mars le patriarche Cyrille de l’église orthodoxe de Moscou faisait un sermon stupéfiant qui justifiait la guerre contre l’Ukraine par la nécessité de défendre la « sainte Russie » face à un occident décadent. Il donnait comme exemple du rejet des valeurs fondamentales par l’occident, la tolérance à l’égard des parades gays. Cela n’avait pas empêché 233 prêtres et diacres de cette église orthodoxe russe de déclarer auparavant : « Nous déplorons l’épreuve à laquelle nos frères et sœurs d’Ukraine ont été soumis de manière imméritée ». Ces prêtres et diacres souhaitaient un cessez le feu immédiat et que le peuple ukrainien soit libre de faire ses propres choix.</div><div><br /></div><div>Aujourd’hui, compte tenu de la menace nucléaire brandie par Poutine, la position défendue par A.Caillé à la suite d’échanges entre membres du club des convivialistes semble judicieuse : « Il faut être et se montrer à la fois le plus fort et le plus souple possible. D&apos;une force qui ne pousse pas l&apos;adversaire à la folie furieuse, d&apos;une souplesse qui ne soit pas de la mollesse. Concrètement, cela veut dire : Accélérer et renforcer les livraisons d&apos;armes à l&apos;Ukraine ainsi que toutes les représailles économiques et financières, mais ne pas en rajouter sur le sentiment d&apos;humiliation de la Russie (qui est le moteur de son agression) en proposant immédiatement l&apos;intégration de l&apos;Ukraine dans l&apos;Europe ou dans l&apos;OTAN »</div><div><br /></div><h3><strong>2- Le réveil de l’Europe. Dans une tribune au journal Le Monde, la chercheuse allemande Daniela</strong></h3><div><br /></div><div>Schwarzer considère que la guerre en Ukraine transformera l’Europe, qui ne sera plus seulement une puissance économique mais qui pourrait devenir une puissance politique prenant en compte les problèmes de défense, alors qu’elle se contentait jusqu’à présent du parapluie américain et d’être un nain dans les rapports de force mondiaux. La décision de l’Europe de contribuer collectivement à aider militairement l’Ukraine est un premier pas en ce sens et on assiste à un renversement complet de l’attitude de l’Allemagne qui engage maintenant une forte augmentation des dépenses de défense. « Il s’agit en réalité d’une bataille pour l’âme et pour les valeurs fondamentales de l’Europe, la démocratie et la liberté » nous dit Daniela Schwarzer. « Dans le monde tel qu&apos;il est, il n&apos;y a pas de paix sans ordre, et pas d&apos;ordre qui ne repose sur un rapport de force » (2)</div><div><br /></div><h3><strong>3- Balayer devant notre porte et sortir du néocolonialisme (4)</strong></h3><div><br /></div><div>Poutine a envahi l’Ukraine parce qu’il ne pouvait pas supporter cet Etat voisin qui avait fait sa révolution démocratique sur la place Maïden de Kiev en 2014. Son rêve est de reconstituer ce qu’a été l’Union Soviétique. La Chine de Xi Jinping veut remplacer l’hégémonie américaine et étend son pouvoir dans tous les continents. Si la France et l’Europe, interlocuteurs des Etats-Unis, en tant que pays qui défendent les valeurs démocratiques veulent peser face à la Russie et à la Chine, encore faudrait-il en finir avec le néo-colonialisme, qui caractérise les rapports économiques mondiaux. (3) T.Piketty parle de « l’hypocrisie extrême qui entoure la notion même d’aide internationale » puisque l’aide publique au développement représente au total moins de 0,2% du PIB mondial alors que « les dommages climatiques causés aux pays pauvres par les émissions des pays riches représentent à eux seuls plusieurs points de PIB mondial ». Si la France et l’Europe sont à l’heure actuelle relativement peu concernés par le réchauffement climatique, ce sont des populations entières des pays du Sud qui voient leurs conditions de vie dégradées par exemple par la sécheresse ou par les inondations.</div><div><br /></div><div>Autrement dit, en tant que citoyen du monde, impossible de prôner un changement de cap là où nous sommes sans avoir en tête la géopolitique.</div><div><br /></div><div><br /></div><div><br /><br /></div><br /><div><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    1 Le livre de Florine Garlot qui a pour sous-titre : « (Re)penser la communication solidaire » a pour titre « Panser les solidarités internationales ». Ed. L’Harmattan, 2022.<br />2 Selon la formule de B.Perret au cours du débat entre convivialistes.<br />3 Voir le chapitre 9, de Thomas Piketty. Une brève histoire de l’égalité. Seuil, 2021.<br />4 Dans un précédent article, en réaction à une autre actualité, nous étions revenus sur les questions de décolonialité.        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?GeopolitiqueEtChangementDeCap">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2021-02-19" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="IncesteEtChangementDeCap" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_face_a_toute_les_formes_de_domination" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-08 12:15:57" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_IncesteEtChangementDeCap"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Inceste et changement de cap </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_IncesteEtChangementDeCap" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>19/02/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Inceste et changement de cap </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_face_a_toute_les_formes_de_domination">
                      Une démocratie face à toute les formes de domination 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><img src="https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F15fd9f264001efa0668072cabf04073d203e1c628b776e87506daf3661b832d6.gif%3Fe%3DewVQDFHYMr8PjgMSKSYlAFsCHpXTf_nuV1ew7ABah56i6cIffbMgRw6mP8vuF451PJBBSUi2VEtktqjRfk2-QlZmC9ZhOv1EGU4-o-olOjbdaIDqMZXmFFozLGusmcOftw6m19h9VQx6go7kTIWhbYYw8fnSrnfi5FrOhsxe8M5sPmr7-EhlLpEpEUM&t=1613721881&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f03-ac001201b200&sig=HnE3E9Utv0VC5hAyE2S9kQ--~D" width="20" height="38" alt="mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F15fd9f264001efa0668072cabf04073d203e1c628b776e87506daf3661b832d6.gif%3Fe%3DewVQDFHYMr8PjgMSKSYlAFsCHpXTf_nuV1ew7ABah56i6cIffbMgRw6mP8vuF451PJBBSUi2VEtktqjRfk2-QlZmC9ZhOv1EGU4-o-olOjbdaIDqMZXmFFozLGusmcOftw6m19h9VQx6go7kTIWhbYYw8fnSrnfi5FrOhsxe8M5sPmr7-EhlLpEpEUM&t=1613721881&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f03-ac001201b200&sig=HnE3E9Utv0VC5hAyE2S9kQ--~D" /><br /> <br /><img src="https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F3e3b86f60137623bf4b5d19bce41c3ae82bfea9cd223622e05a5e5aa64e702db.jpg%3Fe%3DTvrEfpo4e_wC4tyLa30-k_PCBuKtl8QP7dbhSQOsfdSV1DTkcE9wdDG6193uYzs8MFqFbAJ1iJDUt7kcb5rnkU6pTzV8OOtwL7MpRq3O2ak34vj8Fxrfc7CPdK51SljLo0ZfIMXCAjJiFQCqFNjWfYOH4-0s8yK8msBHH516nhGIm-DzFYInpBWaOwfKIcIvUKlHMyGS79x364Zee-vszFvTErz1XtED4I3Www&t=1613721881&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f03-ac001201b200&sig=XXz1jMqmiJ8KXPUYTmJ32g--~D" width="528" height="392" alt="mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F3e3b86f60137623bf4b5d19bce41c3ae82bfea9cd223622e05a5e5aa64e702db.jpg%3Fe%3DTvrEfpo4e_wC4tyLa30-k_PCBuKtl8QP7dbhSQOsfdSV1DTkcE9wdDG6193uYzs8MFqFbAJ1iJDUt7kcb5rnkU6pTzV8OOtwL7MpRq3O2ak34vj8Fxrfc7CPdK51SljLo0ZfIMXCAjJiFQCqFNjWfYOH4-0s8yK8msBHH516nhGIm-DzFYInpBWaOwfKIcIvUKlHMyGS79x364Zee-vszFvTErz1XtED4I3Www&t=1613721881&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f03-ac001201b200&sig=XXz1jMqmiJ8KXPUYTmJ32g--~D" /><br /> <br /><br />Par changement de cap nous entendons habituellement un changement d’orientation économique et politique qui concerne l’ensemble de la société. Or l’inceste ne concerne-t-il pas seulement quelques cas particuliers exceptionnels ? Mon hypothèse est au contraire la suivante : un changement d’attitude de notre société à l’égard de l’inceste serait essentiel.<br /><br /><h3><strong>L’inceste est un crime beaucoup plus répandu qu’on ne le croit</strong><br /><strong></strong></h3><br />Sur les 50 040 victimes de violences sexuelles (viols, agressions sexuelles et harcèlement sexuels) enregistrées par les services de police et de gendarmerie en France en 2018, plus de la moitié des victimes sont mineurs (54%), soit plus de 27 000 enfants et adolescents. Et 31% des violences sexuelles commises sur un mineur ont eu lieu au sein de la cellule familiale. Or d’après des sondages une personne sur dix seulement porterait plainte[1].<br />L’inceste concerne toutes les classes sociales. En 1933, l’affaire Noguère avait défrayé la chronique : une jeune fille de 18 ans avait empoisonné son père qu’elle accusait d’inceste[2]. Il était mécanicien des chemins de fer. En 2021 dans son livre « La Familia grande » Camille Kouchner dénonce les agissements sur son frère jumeau de son beau-père politologue puissant[3].<br />Aujourd’hui ce sont des membres du pouvoir qui sont concernés. A la suite de la publication du livre de Camille Kouchner, Olivier Duhamel a démissionné de toutes ses fonctions. Il était notamment Président de la Fondation Nationale de Sciences Po, et depuis 2019 président du club le Siècle. On trouve dans l’annuaire de ce club très select des ministres, des conseillers d’Etat, des grands patrons, des banquiers, des magistrats, des savants et journalistes etc. Il est intéressant de noter que Marc Guillaume, aujourd’hui préfet d’Ile de France et ancien secrétaire général du gouvernement d’Edouard Philippe, ainsi que Jean Veil viennent de démissionner du Siècle car eux aussi savaient. « Marc Guillaume a fini par reconnaître avoir été informé dès 2018. Pourtant, un an plus tard, il soutiendra sans sourciller la candidature d’Olivier Duhamel à la présidence du cénacle prestigieux » [4]<br />Tout récemment, le directeur de Sciences Po Paris, a fini aussi par démissionner de son poste à la suite du rapport des inspecteurs qui avaient été dépêché par la ministre de l’enseignement supérieur. Ce directeur avait auparavant été très critiqué par les représentants des étudiants. Aujourd’hui, indépendamment de l’affaire Olivier Duhamel, il a été prouvé que plusieurs plaintes d’étudiantes de Sciences Po. à Paris et en province n’avaient pas été suffisamment prises en compte par les directions. Le président de l’UNEF de Sciences Po Paris considère que le nouveau directeur de sciences Po Paris qui sera bientôt nommé devrait en faire un de ses principaux sujets de préoccupation.<br /><br /><h3><strong>L’inceste entraîne un traumatisme profond</strong><br /><strong></strong></h3><br />Les personnes victimes d’inceste ou ceux qui les ont écoutées évoquent un traumatisme profond et parlent « de l’atteinte au corps, à l’intime, à la confiance, à la joie de vivre » … « une agression de cet ordre ronge tout : le rapport que la personne entretient à la mémoire, à la confiance, à la sexualité » [5].<br /><br />Camille Kouchner n’a pas été directement concernée par un abus sexuel, elle écrit cependant : p. 124. « Ma culpabilité est celle du consentement. Je suis coupable de ne pas avoir empêché mon beau-père, de ne pas avoir compris que l’inceste est interdit ». Elle parle d’un serpent, d’une hydre qui la torture pendant trente ans. Elle est reconnaissante à son frère de lui avoir permis d’écrire et elle « tente d’empoisonner l’hydre en achevant ce livre » p. 204.<br /><br />Parmi les abus sexuels, l’inceste est particulier car il concerne la famille. Le titre du livre de C.Kouchner est « La familia grande ». L’inceste est signe d’un dysfonctionnement gravissime de la cellule familiale. Camille Kouchner écrit : « à 14 ans j’ai préféré me taire…j’ai préféré garder l’amour de mon beau-père plutôt que de m’en éloigner…Je suis coincée » (125). Et sa mère mise au courant n’a pas voulu entendre.<br /><br /><h3><strong>La parole peut libérer mais elle est difficile car elle met en cause la famille</strong></h3><br />A l’heure de #metooinceste, Flavie Flament, qui raconte dans son livre « La Consolation » avoir été violée à 13 ans par le photographe David Hamilton, met en garde : « Ces moments de libération de la parole sur les réseaux, c’est très beau, mais il faut faire attention…le silence est un poison, mais parler c’est extrêmement violent. On peut être confronté au déni familial, au rejet, devenir pestiféré. Il faut en être conscient »[6].<br /><br />Ces derniers temps, divers livres sont parus, des débats ont eu lieu, et la parole s’est partiellement libérée grâce notamment aux réseaux sociaux. On peut alors espérer que la législation qui a déjà évolué, par exemple pour allonger les délais de prescription, évolue encore.<br />La première ligne de défense de ceux qui sont poursuivis pour inceste est de dire : mais la victime était consentante. Or la notion de consentement n’a aucun sens pour une personne dépendante, sous emprise affective.<br />Au-delà de la pénalisation de l’inceste, les personnes compétentes nous disent qu’il convient de tout mettre à plat pour vraiment mener une politique de prévention de l’inceste, en commençant par une meilleure écoute et un meilleur accompagnement des victimes. Voilà un chantier important pour ceux qui prônent un changement de cap.<br /><br /><h3><strong>Patriarcat et cléricalisme[7].</strong><br /><strong></strong></h3><br />Dans son livre « Le berceau des dominations » Dorothée Dussy se penche sur les mécanismes complexes par lesquels l’inceste, en théorie interdit et condamné, est pratiqué dans l’intimité des foyers français. Ce sont cinq ans d’enquête, menée auprès d’enfants victimes d’un inceste devenus grands et de leurs familles, dont elle fait part dans ce premier livre qui devrait être accompagné de deux autres. Selon la présentation qui est faite du livre, l’inceste se révèle structurant d’un ordre social patriarcal. Cela mérite débat évidemment, mais comment entendre cependant Romain Gary qui constate : « L’absence de féminité dans notre civilisation est effrayante ». Et il ajoutait : « La voix du Christ était une parole de femme, du moins au sens traditionnel que l&apos;on donne à ce terme. Tendresse, pitié, amour, bonté, pardon. Mais ces vertus sont totalement absentes de deux mille ans de notre civilisation »[8].<br />Gageons que ces questions vont connaître à l’automne un rebondissement, à l’occasion de la remise du rapport de la CIASE (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise) fruit d’une vaste enquête en collaboration avec l’INSERM. Le rapprochement entre patriarcat au niveau de la société et cléricalisme au niveau de l’institution particulière qu’est l’Eglise catholique s’impose. Les déclarations officielles critiquant le cléricalisme au niveau même du pape François, risquent fort de paraître hors sol tant que ne sera pas vraiment affrontée la question de la place des femmes. Véronique Margron, présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France écrit sur la 4ème de couverture de son livre : « Je me suis décidée à écrire non pour enfoncer le glaive plus avant dans l’Eglise, mais pour proposer des voies afin de sortir de ce désastre ». Ou encore ceci p.146 : « Attaquer le cléricalisme ne se fera pas sans les femmes, sans la réelle place des femmes dans toutes les responsabilités »<br /><br />Guy Roustang<br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Lettre de l’observatoire national des violences faites aux femmes. N°14 novembre 2019<br />[2] Voir The Conversation. Une douloureuse révélation<br />[3] Camille Kouchner. La familia grande. Ed. Seuil. Janvier 2021<br />[4] Article in Le Monde du 10 février de Marie Béatrice Baudet sur l’affaire Olivier Duhamel.<br />[5] Veronique Margron. Un moment de vérité. Albin Michel. 2019 P.31 et 41.<br />[6] Dans le Magazine du Monde du 6 février 2021, l’article : « Parole libérée, la vie d’après » relate plusieurs témoignages.<br />[7] Il est intéressant de noter qu’au Moyen-Âge, l’interdiction de l’inceste incluait les parents par alliance et la famille élargie mais également le confesseur et sa pénitente. Voir : L’inceste au fil du droit : circonstance aggravante mais pas crime en soit<br />[8] dans Radioscopie de J.Chancel<br /><br /><br />        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?IncesteEtChangementDeCap">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2021-09-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="InegalitesEtDemocratie" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_face_a_toute_les_formes_de_domination" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-08 12:26:44" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_InegalitesEtDemocratie"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Inégalités et Démocratie </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_InegalitesEtDemocratie" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/09/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Inégalités et Démocratie </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_face_a_toute_les_formes_de_domination">
                      Une démocratie face à toute les formes de domination 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><i>Deux sources d’information ont alimenté cet article. Tout d’abord <strong>l’Observatoire des Inégalités</strong> qui est un organisme indépendant. La dernière édition 2021 de son Rapport sur les inégalités en France est paru en mai et 800 personnes ont contribué à son financement. « Soutenir l’Observatoire des inégalités, c’est participer à éclairer le débat public et aider les acteurs qui combattent la dégradation de notre modèle social ». L’Observatoire travaille en partenariat notamment avec la Fondation Abbé Pierre, la Macif, Alternatives économiques… Il met en lumière les inégalités sociales et constate que la plupart des médias redécouvre régulièrement ces inégalités « pour tout aussi vite les oublier. C’est justement ce qu’il faut éviter ». </i><br /></div><div align="center"><ol><li><i><br /></i></li></ol></div><div><div align="center"><i>Ensuite le livre « <strong>Une brève histoire de l’Egalité</strong> » de Thomas Piketty, qui présente en longue durée les évolutions des inégalités entre les classes sociales. Piketty veut mettre à la disposition du citoyen moyen, l’essentiel des gros livres qu’il a rédigés lui-même et aussi quantité de travaux internationaux. Il écrit dans la 4ème de couverture : « Les questions économiques sont trop importantes pour être laissées à une petite classe de spécialistes et de dirigeants. La réappropriation citoyenne de ce savoir est une étape essentielle pour transformer les relations de pouvoir ». Ce petit livre est à la portée de tout le monde avec notamment une quarantaine de graphiques très parlants et bien commentés. </i><br /></div><br /></div><div><h3><strong>Un mouvement de long terme vers l’égalité</strong>. </h3><br /></div><div>Piketty souligne qu’au début de 2020, la situation est moins injuste qu’en 1950 ou en 1900. Plus généralement, il pense « qu’il existe depuis la fin du XVIII -ème siècle un mouvement de long terme vers l’égalité » et qu’il s’agit aujourd’hui de poursuivre dans cette voie. La marche vers plus d’égalité s’est toujours faite grâce à des mouvements sociaux qui ont été à l’origine des changements importants : les révoltes paysannes de 1788/1789 ont mené à l’abolition des privilèges de la noblesse, et « c’est la révolte des esclaves à Saint Domingue en 1791 qui conduit au début de la fin du système esclavagiste atlantique ». « Au cours du XXème siècle, les mobilisations sociales et syndicales ont un rôle majeur dans la mise en place de nouveaux rapports capital-travail et dans la réduction des inégalités » mais les mouvements sociaux ne suffisent pas, encore faut-il créer de nouveaux dispositifs institutionnels qui doivent être le fruit de la délibération et de la confrontation des différents points de vue.<br /><br /></div><div><h3><strong>La grande redistribution de la période 1914-1980</strong>.</h3><br /></div><div>Au cours du vingtième siècle, la « grande redistribution » est intervenue au cours de la période 1914-1980. L’impôt progressif s’est imposé en quelques années. Aux Etats-Unis, l’impôt fédéral sur le revenu, « c’est-à-dire le taux applicable aux revenus les plus élevés, passe de 7% en 1913 à 77%en 1918, avant d’atteindre 94% en 1944… ». Il faut bien avoir en tête que sur la période 1932-1980, pendant près d’un demi-siècle, la moyenne est de 81%. Des évolutions spectaculaires ont lieu dans d’autres pays occidentaux (Royaume-Uni, Allemagne, France, Suède) non seulement avec l’impôt progressif sur le revenu mais aussi l’impôt progressif sur les successions. Grâce à quoi l’Etat social a pu se développer et entraîner des progrès spectaculaires dans le domaine de l’éducation, de la santé et de la protection sociale. T.Piketty écrit : « Historiquement, c’est le combat pour l’égalité et l’éducation qui a permis le développement économique et le progrès humain, et non pas la sacralisation de la propriété, de la stabilité et de l’inégalité ». <br /><br /></div><div><h3><strong>Le tournant Néo-libéral et la difficulté d’une nouvelle étape vers plus d’égalité et de démocratie. </strong></h3><br /></div><div>La Marche vers l’égalité a été stoppée par la révolution conservatrice et régressive des années 80. Margaret Thatcher au Royaume Uni, Reagan aux Etats-Unis, sont les principales figures du tournant néo-libéral qui a dominé les dernières décennies. La dérégulation économique et financière a favorisé l’accumulation des portefeuilles financiers et les inégalités de revenus sont reparties à la hausse. <br /><br /></div><div>Un prochain article précisera les conditions d’une nouvelle marche vers l’égalité et une démocratie renouvelée selon T.Piketty. <br /><br /></div><div>Guy Roustang<br /><br /></div><div><br /><br /></div><div><br /><br /></div><div><br /><br /></div><div><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    « Au cours du XX ème siècle, les mobilisations sociales et syndicales ont un rôle majeur dans la mise en place de nouveaux rapports capital-travail et dans la réduction des inégalités » mais les mouvements sociaux ne suffisent pas, encore faut-il créer de nouveaux dispositifs institutionnels qui doivent être le fruit de la délibération et de la confrontation des différents points de vue.         
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?InegalitesEtDemocratie">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2021-03-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="InformationEtDemocratie" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_face_a_toute_les_formes_de_domination" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-08 12:33:44" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_InformationEtDemocratie"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Information et démocratie </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_InformationEtDemocratie" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/03/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Information et démocratie </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_face_a_toute_les_formes_de_domination">
                      Une démocratie face à toute les formes de domination 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br /><br /><img src="https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F8f8ee4925b582845cee2119df9b3e2c6704afdc99dfe49a6d902b58baba9fd87.jpg%3Fe%3DB5t62hSdZKTeyynrDxMIAjZ3CrKkQko06uKVCFXSAXAEplSp3foiS5QQb-ztN1gp5tAiXczJSdBYPhkFc83yzI4grDIeXke_ABMXCE6naHcIDFRbxA2DBREPrROTxtrAK_zsSxtlOU_vSSVEKRGZ49yyjw4RHaDuPSKUeo5JkXjC_9bKvn5BYnnmvkdGWuMbi0olxE5UxTXERPWKLh290G9cElz7z7QkG27d4Q&t=1616050144&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f22-25001301b900&sig=LmzpBqWPTtFQJk5wEKxiNA--~D" width="231" height="362" alt="mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F8f8ee4925b582845cee2119df9b3e2c6704afdc99dfe49a6d902b58baba9fd87.jpg%3Fe%3DB5t62hSdZKTeyynrDxMIAjZ3CrKkQko06uKVCFXSAXAEplSp3foiS5QQb-ztN1gp5tAiXczJSdBYPhkFc83yzI4grDIeXke_ABMXCE6naHcIDFRbxA2DBREPrROTxtrAK_zsSxtlOU_vSSVEKRGZ49yyjw4RHaDuPSKUeo5JkXjC_9bKvn5BYnnmvkdGWuMbi0olxE5UxTXERPWKLh290G9cElz7z7QkG27d4Q&t=1616050144&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f22-25001301b900&sig=LmzpBqWPTtFQJk5wEKxiNA--~D" /><br /> <br /><br /><strong>Information et démocratie</strong><br /><br /><img src="https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F15fd9f264001efa0668072cabf04073d203e1c628b776e87506daf3661b832d6.gif%3Fe%3DjNc6NTWkpvSMWx6lUb5WKHAHeYyq6C_0QFcaXvP1OCR7dyQ-QOmvlChey50AInmdV7sZZxthlBN-OEz9kG_tFm1q0iIJ6GjMDv3XXrBtwEdirrcL8jbmho3uXkAn3iu4mfgs4qXfuIDQ3u4GiTA5a-Tfes-GC-moNH331qgZubSebmlmLGkTpiuEjEQ&t=1616050144&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f22-25001301b900&sig=UUOwmbOjZmi6eo19Z1bS_g--~D" width="20" height="30" alt="mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F15fd9f264001efa0668072cabf04073d203e1c628b776e87506daf3661b832d6.gif%3Fe%3DjNc6NTWkpvSMWx6lUb5WKHAHeYyq6C_0QFcaXvP1OCR7dyQ-QOmvlChey50AInmdV7sZZxthlBN-OEz9kG_tFm1q0iIJ6GjMDv3XXrBtwEdirrcL8jbmho3uXkAn3iu4mfgs4qXfuIDQ3u4GiTA5a-Tfes-GC-moNH331qgZubSebmlmLGkTpiuEjEQ&t=1616050144&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f22-25001301b900&sig=UUOwmbOjZmi6eo19Z1bS_g--~D" /><br /> <br /><br /><h3><strong>Information et démocratie. Il y a urgence</strong>.</h3>En 1944, le programme du Conseil National de la Résistance (CNR) sous le nom « Les jours heureux » prévoyait : « la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression, la liberté de la presse… son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ».<br />En 2021, l’indépendance des médias à l’égard des puissances d’argent n’est qu’un vieux rêve, puisque dix milliardaires contrôlent aujourd’hui 90% des quotidiens nationaux vendus, 55,3% des parts d’audience de la télévision et 44% des parts de la radio [1] .<br />Tout doit être fait pour que les ambitions du CNR reviennent sur le devant de la scène. Les échéances électorales sont une occasion à saisir et le livre « L’information est un bien public – Refonder la propriété des médias »[2] est une bonne base pour ouvrir un large débat. Malheureusement l’importance de cette question décisive pour l’avenir de notre démocratie est sous-estimée. C’est ainsi par exemple que le « Pouvoir de vivre » qui rassemble un très grand nombre d’associations de la société civile n’en parle pas dans ses 66 propositions pour un véritable changement[3].<br /><br /><h3><strong>Un milliardaire de moins ?</strong></h3>Demain les 10 milliardaires ne seront peut-être plus que neuf, car on s’attend à la vente par Arnaud Lagardère de ses derniers médias, bien qu’il ait déclaré il y a quelques jours n’avoir encore pris aucune décision concernant Europe 1 ou les deux titres de presse qui lui restent : « Le journal du dimanche » et « Paris Match ». Bernard Arnault est tenté par JDD et Paris Match, Vincent Bolloré par Europe 1. On peut craindre que Vincent Bolloré[4] fasse pour la radio Europe 1 la même opération que celle qu’il a faite à la télévision en passant de i Tele à <a href="http://c.news/">C.News</a>. L’un des fleurons de <a href="http://c.news/">C.News</a> imposé aux journalistes est Eric Zemmour, condamné pour incitation à la haine raciale en septembre 2019. Rappelons qu’au moment du rachat d’i Tele par V.Bolloré, les journalistes ont fait 31 jours de grève et il y eut 94 départs de journalistes dans une rédaction qui comptait 120 journalistes. Et le licenciement de Canal + en novembre 2020 de l’humoriste Sebastien Thoen donne la mesure du mépris de V.Bolloré à l’égard des journalistes[5].<br /><br /><h3><strong>L’urgence de relever les ambitions du CNR</strong></h3>Bien sûr, les politiques sont réticents à aborder ces questions en période électorale en craignant de déplaire aux détenteurs du pouvoir des médias. Espérons cependant que ceux qui sont favorables à un changement de cap reprennent le flambeau du CNR. Les ordonnances de 1944 dans le prolongement du programme du CNR manquaient d’une véritable volonté politique si bien qu’on en est arrivé à la domination des médias par les puissances d’argent [6]. Dans le livre « L’information est un bien public » les deux auteurs qui proposent de refonder la propriété des médias sont l’une politiste, l’autre juriste. Ils donnent les éléments pour ouvrir un débat « Pour une loi de la démocratisation de l’information ». Aucune réforme d’ensemble n’a eu lieu en France depuis les ordonnances de 1944. Il y a bien déjà des mécanismes de protection de l’indépendance des rédactions ou de limitation de concentration des médias, mais ces différents garde-fous sont insuffisants ou devenus obsolètes. Il est temps de s’atteler à une réforme d’ensemble. Pour ce faire les auteurs du livre se fondent sur une analyse approfondie des expériences françaises et étrangères pour en tirer les leçons, pour tenir compte tout à la fois des succès et des échecs. Bien sûr les journalistes sont les mieux placés pour en bénéficier, pour y trouver les moyens de préserver leur indépendance, mais cela nous concerne tous en tant que citoyens.<br /><br /><h3><strong>Propositions pour une loi de démocratisation de l’information.</strong></h3>Les règles proposées auraient « vocation à s’appliquer de la même façon aux publications de la presse papier, aux sites d’information en ligne et aux médias audiovisuels ».<br />Voici les principales règles que proposent les deux auteurs du livre pour ouvrir le débat :   ;- Dans les conseils d’administration ou de gouvernance, il faudrait prévoir au moins la moitié de représentants de salariés, parmi lesquels au moins deux tiers de journalistes. Peut-être conviendrait-il aussi d’imaginer une représentation des lecteurs/auditeurs/téléspectateurs.<br />- Toute cession de titres serait soumise à l’agrément du conseil d’administration paritaire.<br />- Transparence de la gouvernance et de l’actionnariat. Malgré les dispositions légales qui existent déjà, des journaux ne font pas figurer le nom de leurs actionnaires ou du directeur de la publication.<br />- Un investissement conséquent dans les rédactions pour garantir une information de qualité, pour rendre possible le travail d’enquête, d’investigation, au lieu du copié-collé. Pour empêcher aussi que des actionnaires prétendent produire plus d’informations avec moins de journalistes. Ce qui fut le cas récemment pour le Parisien et pour L’Equipe. Une proposition particulièrement marquante ambitionne de recréer un lien direct entre les citoyens et les médias pour sortir de la méfiance actuelle. Il s’agirait de remplacer toutes les aides de l’Etat à la presse, qui représentent de l’ordre de 8 euros par français adulte, par une contribution de 10 euros par adulte et par an que chaque citoyen pourrait affecter au média de son choix, à condition évidemment que ce média respecte les règles exposées ci-dessus. D’autres propositions importantes sont à découvrir par ceux qui voudront bien lire « L’information est un bien public ».<br /><br />Guy Roustang<br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />[1] Basta. Le pouvoir délirant des 10 milliardaires qui possèdent la presse française. Agnès Rousseaux. 5 avril 2017.<br />[2] Julia Cagé. Benoît Huet. L’information est un bien public. Refonder la propriété des médias. Seuil février 2021.<br />[3] Voir la liste des signataires et les 66 propositions du « Pouvoir de vivre ».<br />[4] Suite à une affaire de corruption au Togo, la juge du tribunal judiciaire a déclaré à Vincent Bolloré que les infractions ont « gravement porté atteinte à l’ordre public économique » et « à la souveraineté du Togo ». Elle a proposé qu’au regard de la gravité des faits « ils soient jugés par une juridiction correctionnelle ». Communiqué de l’AFP repris par l’Express le 27 février 2021.<br />[5] Pour plus de détails voir le livre « L’information est un bien public » p.185, note 1.<br />[6] Petite histoire des ordonnances de 1944 sur la liberté de la presse et de leur destin. Jean Pérès et Jérémy Fabre. Acrimed 26 juin 2017.        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?InformationEtDemocratie">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2021-03-18" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N47InformationEtDemocratie18032021" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_representative_en_question" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 11:10:09" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N47InformationEtDemocratie18032021"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
               Information et démocratie </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N47InformationEtDemocratie18032021" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>18/03/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre"> Information et démocratie </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_representative_en_question">
                      Une démocratie représentative en question 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><h3><strong>Information et démocratie. Il y a urgence</strong></h3>En 1944, le programme du Conseil National de la Résistance (CNR) sous le nom « Les jours heureux » prévoyait : « la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression, la liberté de la presse… son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ».<br />En 2021, l’indépendance des médias à l’égard des puissances d’argent n’est qu’un vieux rêve, puisque dix milliardaires contrôlent aujourd’hui 90% des quotidiens nationaux vendus, 55,3% des parts d’audience de la télévision et 44% des parts de la radio [1] .<br />Tout doit être fait pour que les ambitions du CNR reviennent sur le devant de la scène. Les échéances électorales sont une occasion à saisir et le livre « L’information est un bien public – Refonder la propriété des médias »[2] est une bonne base pour ouvrir un large débat. Malheureusement l’importance de cette question décisive pour l’avenir de notre démocratie est sous-estimée. C’est ainsi par exemple que le « Pouvoir de vivre » qui rassemble un très grand nombre d’associations de la société civile n’en parle pas dans ses 66 propositions pour un véritable changement[3].<br /><br /><h3><strong>Un milliardaire de moins ?</strong></h3>Demain les 10 milliardaires ne seront peut-être plus que neuf, car on s’attend à la vente par Arnaud Lagardère de ses derniers médias, bien qu’il ait déclaré il y a quelques jours n’avoir encore pris aucune décision concernant Europe 1 ou les deux titres de presse qui lui restent : « Le journal du dimanche » et « Paris Match ». Bernard Arnault est tenté par JDD et Paris Match, Vincent Bolloré par Europe 1. On peut craindre que Vincent Bolloré[4] fasse pour la radio Europe 1 la même opération que celle qu’il a faite à la télévision en passant de i Tele à C.News. L’un des fleurons de C.News imposé aux journalistes est Eric Zemmour, condamné pour incitation à la haine raciale en septembre 2019. Rappelons qu’au moment du rachat d’i Tele par V.Bolloré, les journalistes ont fait 31 jours de grève et il y eut 94 départs de journalistes dans une rédaction qui comptait 120 journalistes. Et le licenciement de Canal + en novembre 2020 de l’humoriste Sebastien Thoen donne la mesure du mépris de V.Bolloré à l’égard des journalistes[5].<br /><br /><h3><strong>L’urgence de relever les ambitions du CNR</strong></h3>Bien sûr, les politiques sont réticents à aborder ces questions en période électorale en craignant de déplaire aux détenteurs du pouvoir des médias. Espérons cependant que ceux qui sont favorables à un changement de cap reprennent le flambeau du CNR. Les ordonnances de 1944 dans le prolongement du programme du CNR manquaient d’une véritable volonté politique si bien qu’on en est arrivé à la domination des médias par les puissances d’argent [6]. Dans le livre « L’information est un bien public » les deux auteurs qui proposent de refonder la propriété des médias sont l’une politiste, l’autre juriste. Ils donnent les éléments pour ouvrir un débat « Pour une loi de la démocratisation de l’information ». Aucune réforme d’ensemble n’a eu lieu en France depuis les ordonnances de 1944. Il y a bien déjà des mécanismes de protection de l’indépendance des rédactions ou de limitation de concentration des médias, mais ces différents garde-fous sont insuffisants ou devenus obsolètes. Il est temps de s’atteler à une réforme d’ensemble. Pour ce faire les auteurs du livre se fondent sur une analyse approfondie des expériences françaises et étrangères pour en tirer les leçons, pour tenir compte tout à la fois des succès et des échecs. Bien sûr les journalistes sont les mieux placés pour en bénéficier, pour y trouver les moyens de préserver leur indépendance, mais cela nous concerne tous en tant que citoyens.<br /><br /><h3><strong>Propositions pour une loi de démocratisation de l’information</strong></h3>Les règles proposées auraient « vocation à s’appliquer de la même façon aux publications de la presse papier, aux sites d’information en ligne et aux médias audiovisuels ».<br />Voici les principales règles que proposent les deux auteurs du livre pour ouvrir le débat :   - Dans les conseils d’administration ou de gouvernance, il faudrait prévoir au moins la moitié de représentants de salariés, parmi lesquels au moins deux tiers de journalistes. Peut-être conviendrait-il aussi d’imaginer une représentation des lecteurs/auditeurs/téléspectateurs.<br />- Toute cession de titres serait soumise à l’agrément du conseil d’administration paritaire.<br />- Transparence de la gouvernance et de l’actionnariat. Malgré les dispositions légales qui existent déjà, des journaux ne font pas figurer le nom de leurs actionnaires ou du directeur de la publication.<br />- Un investissement conséquent dans les rédactions pour garantir une information de qualité, pour rendre possible le travail d’enquête, d’investigation, au lieu du copié-collé. Pour empêcher aussi que des actionnaires prétendent produire plus d’informations avec moins de journalistes. Ce qui fut le cas récemment pour le Parisien et pour L’Equipe. Une proposition particulièrement marquante ambitionne de recréer un lien direct entre les citoyens et les médias pour sortir de la méfiance actuelle. Il s’agirait de remplacer toutes les aides de l’Etat à la presse, qui représentent de l’ordre de 8 euros par français adulte, par une contribution de 10 euros par adulte et par an que chaque citoyen pourrait affecter au média de son choix, à condition évidemment que ce média respecte les règles exposées ci-dessus. D’autres propositions importantes sont à découvrir par ceux qui voudront bien lire « L’information est un bien public ».<br /><br /><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Basta. Le pouvoir délirant des 10 milliardaires qui possèdent la presse française. Agnès Rousseaux. 5 avril 2017.<br />[2] Julia Cagé. Benoît Huet. L’information est un bien public. Refonder la propriété des médias. Seuil février 2021.<br />[3] Voir la liste des signataires et les 66 propositions du « Pouvoir de vivre ».<br />[4] Suite à une affaire de corruption au Togo, la juge du tribunal judiciaire a déclaré à Vincent Bolloré que les infractions ont « gravement porté atteinte à l’ordre public économique » et « à la souveraineté du Togo ». Elle a proposé qu’au regard de la gravité des faits « ils soient jugés par une juridiction correctionnelle ». Communiqué de l’AFP repris par l’Express le 27 février 2021.<br />[5] Pour plus de détails voir le livre « L’information est un bien public » p.185, note 1.<br />[6] Petite histoire des ordonnances de 1944 sur la liberté de la presse et de leur destin. Jean Pérès et Jérémy Fabre. Acrimed 26 juin 2017.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N47InformationEtDemocratie18032021">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2021-04-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="ItinerairE" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="ne_sais_pas" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-15 10:07:28" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_ItinerairE"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Itineraire </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_ItinerairE" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/04/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Itineraire </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema ne_sais_pas">
                       <a href=?ne-sais-pas>Je ne sais pas </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Je reprends mon itinéraire. D’où je viens, mes combats, mes espoirs, mes déceptions, ce pourquoi je continue à me battre, avec une grande inquiétude pour mes petits-enfants dont j’admire les engagements. Dans quel monde vont-ils vivre ?<br /><br /></div><div>Je suis né dans un petit village de la Meuse où il y avait une vie rurale, des cultivateurs, des artisans, une paroisse, un curé, un médecin. J’étais d’une famille bourgeoise puisque mes parents avaient créé une fromagerie à partir de rien à la fin de la première guerre mondiale. Tous les habitants du village se connaissaient et je crois pouvoir dire que malgré les différences de classe nous étions solidaires. Nostalgie de ce qu’était ce village, devenu village-dortoir. J’ai toujours été proche de ma famille, admirant notamment l’esprit d’entreprise, l’attachement aux origines modestes et paysannes. Tout en faisant des choix politiques différents qui me semblaient fondés par le désir de plus de justice sociale.<br /><br /></div><div>J’ai fait mes études secondaires dans un collège de jésuites à Reims. Pensionnaire à 9 ans et demi avec retour au village seulement pour les vacances. Mon collège, novateur, nous préparait à des engagements sociaux et civiques. Nous étions entre garçons bien évidemment. Après une licence de philosophie à La Sorbonne, j’ai eu de mauvaises fréquentations qui m’ont amené à entrer en relation avec des militants ouvriers. Je me suis engagé au service du Mouvement de Libération du Peuple (Eh oui on n’avait pas peur des mots !). Nous étions quelques-uns seulement d’origine bourgeoise, admiratifs de tous ces camarades engagés, dévoués et formés par la JOC. J’ai vendu le journal « Monde Ouvrier » à la criée à Denfert Rochereau en ne souhaitant pas trop croiser des membres de ma famille ! J’ai été au secrétariat général du MLP, responsable de la petite revue ronéotée Perspectives ouvrières, devenue Perspectives socialistes. Nous avons aussi sorti quelques numéros de « Perspectives rurales » en collaboration avec René Dumont chez lequel nous nous réunissions rue Vauquelin.<br /><br /></div><div>L’itinéraire qui suit s’appuiera essentiellement sur les publications qui sont des traces écrites indiscutables pour pallier une mémoire défaillante qui me rend jaloux quand je pense à celle d’un ami. <br /><br /></div><div>Jacques Viard avait été mon professeur au collège en 4ème et 3ème, il avait ensuite passé l’agrégation de Lettres et était professeur d’hypokhâgne à Marseille. Il a rédigé pour le MLP, auquel nous collaborions l’un et l’autre, la brochure <strong>« Pour un renouveau du socialisme » en 1956</strong>. Ce texte critiquait les prétentions du parti communiste à assurer seul le pouvoir au nom de la dictature du prolétariat. Selon nous, construire une France socialiste n’aurait rien à voir avec ce qui s’était passé en Russie, pays non démocratique, car ce serait dans la fidélité à nos traditions nationales et démocratiques. Il s’agirait d’une réforme révolutionnaire pour « rendre au producteur, au consommateur, à l’usager, à l’électeur toute la place qui leur revient » grâce à la planification de l’économie. A cette époque le MLP multipliait les contacts avec la Nouvelle Gauche (Claude Bourdet, Gilles Martinet …) la Jeune République (J.Delors) l’Union progressiste dans l’espoir de constituer une nouvelle force politique à côté de la SFIO et du PC. Quand nous rencontrions Michel Rocard nous espérions toujours qu’il allait déchirer sa carte de la SFIO  ce qu’il a fini par faire. J’ai participé à Citoyens 60, branche politique de Vie nouvelle, avec J.Delors et R.Pucheu.<br /><br /></div><div>Puisque je rêvais de la planification économique qui remplacerait le capitalisme, j’ai voulu étudier un pays d’économie planifiée qui avait été industrialisé auparavant pour voir ce que cela pourrait donner en France. Je n’ai pu que constater l’anarchie bureaucratique de la République Démocratique Allemande qui n’avait rien à voir avec la planification idéalisée par Charles Bettelheim dans ses cours à l’EPHE. Ce dernier était président du jury qui m’a décerné en 1960 le diplôme de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes pour le livre <strong>Développement économique de l’Allemagne orientale. SEDES Paris. 1963.</strong> Collection publiée sous la direction d’André Piatier. <br /><br /></div><div>Le dernier chapitre de ce livre sur « les méthodes de planification » précise que faute de laisser aux entreprises une certaine autonomie, les administrations centrales prétendent tout contrôler et dicter aux entreprises, ce qui aboutit à une énorme bureaucratie inefficace. Dans une revue économique, des économistes âgés, qui avaient eu l’expérience du capitalisme, faisaient des propositions de réforme. Ils refusaient la prétention illusoire de piloter tout dans le détail à partir du pouvoir central. L’un d’eux écrivait « Il est absurde au lieu d’éliminer les fondements de la bureaucratie, de combattre seulement les défauts des bureaucrates ou les effets de la bureaucratie ». Mais W.Ulbricht, secrétaire du comité central du parti, était intervenu brutalement pour dire que les réformes proposées étaient inspirées de la Yougoslavie et qu’appliquer les idées de ces économistes réformateurs menaient tout droit à « la liquidation de l’Etat ouvrier et paysan ». Le numéro de la revue dans laquelle ces économistes exposaient leurs idées avait été retiré de toutes les bibliothèques. <br /><br /></div><div>En 1960, au début du système d’indemnisation du chômage créé le 31 décembre 1958 sous l’impulsion du général de Gaulle, je suis rentré à l’UNEDIC à une période où il y avait très peu de chômage. J’étais responsable des études. J’espérais que le paritarisme allait permettre au patronat et aux syndicats de se préparer ensemble à l’augmentation prévisible du chômage. Illusion complète. Incapables de vision, les uns et les autres étaient dans les petits arrangements de court terme. J’ai tout juste eu la possibilité en lien avec l’INSEE d’utiliser les données recueillis par le système, de produire des statistiques et d’organiser un meilleur accueil des chômeurs dans les ASSEDIC. <br /><br /></div><div>Déçu par l’UNEDIC, cette prison dorée, j’ai pu rentrer au CNRS en 1965. Prison dorée car j’étais bien rémunéré et à l’aise dans une petite équipe de direction très cordiale. <br /><br /></div><div>A la fin de 1962, le premier ministre de l’époque avait constitué un groupe chargé « d’étudier, sous l’angle des « faits porteurs d’avenir » ce qu’il serait utile de connaître dès à présent de la France de 1985 » comme le rappelait Pierre Massé dans l’Avant-Propos de « Réflexions pour 1985 » publié en octobre 1964 à la Documentation Française. La lecture de ce document rédigé par nos meilleures têtes m’a consterné. Il est désespérant de relire aujourd’hui ma conclusion du livre paru en 1967, qui critiquait « Réflexions pour 1985 »<a href="#_ftn1">[1]</a>, car un demi-siècle plus tard, un lecteur peut dire aujourd’hui : il n’y a pas grand-chose à changer à l’analyse critique et à l’espoir d’un changement radical qui s’exprimait. Autrement dit, malgré ma méconnaissance crasse à l’époque des défis environnementaux et grâce à mes lectures de Péguy, de Bernanos (La France contre les robots), de Simone Weil (L’enracinement), d’Hannah Arendt (Conditions de l’homme moderne), de P.Ricoeur in Esprit, d’E.morin (Les fondements d’une politique de l’homme) j’avais le sentiment de voir le dilemme : soit la planification était mise « au service d’un épanouissement humain et social  ou bien ces interventions de l’Etat allaient se mettre au service de la gigantesque machinerie en se souciant de lui fournir des producteurs et des consommateurs, de modifier les institutions et les mentalités pour que la machinerie puisse tourner plus vite, avec le moins de heurts possibles…jusqu’au grand éclatement probable de tout le système ». <br /><br /></div><div>Ayant en arrière-plan une utopie de ce que pourrait être une bonne société (voir par exemple de Péguy, Marcel, De la cité harmonieuse) j’ai été amené à poursuivre ensuite des objectifs limités.<br /><br /></div><div>Dans la ligne des indicateurs sociaux prônés par Jacques Delors et pour éviter que le PIB ne soit le seul critère de réussite d’une société, en prenant en compte la qualité de vie au travail, avec une petite équipe nous avons proposé en collaboration avec les ergonomes une amélioration des conditions de travail des ouvriers spécialisés<a href="#_ftn2">[2]</a>. Analyse qui a été reprise par l’UIMM, le syndicat patronal le plus puissant de l’époque. <br /><br /></div><div>Toujours dans la lignée d’auteurs comme H.Arendt, Karl Polanyi, Louis Dumont, parution en 1982 de « Le Travail autrement » chez Dunod. Dans sa préface, P. Rosanvallon écrit : « Voilà l’idée centrale autour de laquelle nous sommes quelques-uns à tâtonner aujourd’hui : passer d’une interrogation sur la crise dans l’économie à une crise de l’économie ». Autrement dit analyser ce qu’une certaine conception et organisation de l’économie entraînait sur le mode de vie (rapport de l’emploi rémunéré aux autres activités, aménagement des temps sociaux, de l’espace etc.). Après publication du livre « Le travail autrement », j’ai reçu un appel du Commissariat du Plan pour participer à un groupe de travail « Comment vivrons-nous demain ? » dont je suis devenu le rapporteur général<a href="#_ftn3">[3]</a>. Quelques années plus tard, Jean-Baptiste de Foucauld alors commissaire adjoint du plan a accepté de créer à ma demande un groupe de travail sur l’emploi. On y trouvait notamment : J.M. Charpin, J.L. Laville, B. Perret, P. Viveret. Il s’agissait de mettre en question nos modes de pensée et, pour reprendre une formule de Régis Debray que nous citions, considérer « que la culture est première par rapport à la politique, elle-même plus importante que l’économie ». Mais le rapport <a href="#_ftn4">[4]</a> paru en juin 1991 à la Documentation française, sous le cachet du Commissariat Général du Plan avec l’autorisation de Martine Aubry, alors ministre du travail, n’a pu paraître qu’à condition que ce soit signé à titre personnel par Guy Roustang. Pourtant je n’avais jamais participé à une commission du Plan avec tout au long de l’élaboration du rapport un tel consensus entre tous les participants. <br /><br /></div><div>Avec Bernard Perret nous avons publié en 1993 : L’économie contre la société<a href="#_ftn5">[5]</a>. Puis avec les amis fondateurs de l’économie solidaire (J.L. Laville et B. Eme) ainsi que B. Perret et J. Gautrat (alias Daniel Mothé) : « Vers un nouveau contrat social » (1996). Nous avions espéré une préface de Jacques Delors mais après examen du projet (l’avait-il lu ou passé à un collaborateur ?) il m’a dit que nous étions à « des années-lumière » de ce qu’il pouvait penser. Il aurait été intéressant d’approfondir les raisons de ce refus. <br /><br /></div><div>Dans la collection Alternatives économiques de Denis Clerc, un livre paru en 1997<a href="#_ftn6">[6]</a> insistait sur l’importance de distinguer dans les activités du secteur tertiaire ce qui était standardisable et ce qui ne l’était pas, pour attirer l’attention sur un changement d’époque. Alors que « le Progrès » avait été centré sur les gains de la productivité du travail source de la croissance, n’était-il pas temps de constater que l’on changeait d’époque et qu’il convenait d’attacher toute l’importance qui leur était dû aux activités de soin et de la relation à productivité du travail constante. <br /><br /></div><div>B. Malon écrivait en 1891 : « Dans sa dynamique même le capitalisme corrompt l’esprit public et les vertus civiques ». Cette citation dans un nouveau livre<a href="#_ftn7">[7]</a> illustrait le danger de croire qu’une fois satisfaits les besoins élémentaires on allait tout naturellement se tourner vers la culture et l’accomplissement de soi, comme la pyramide Maslow le suggère. Bien au contraire, le capitalisme culturel joue contre la culture et l’individualisme du consommateur joue contre la démocratie. On passe de l’économie de marché à la société de marché. Ce nouveau livre analysait ce qu’aurait pu être une autre agriculture, une autre mondialisation etc. en appelant au débat citoyen sur ces questions. <br /><br /></div><div>Convaincu que « le bien-être dépend autant du faire que de l’avoir »<a href="#_ftn8">[8]</a>, que la qualification sociale ne résulte pas seulement de l’emploi, mais aussi des tâches domestiques, des engagements civiques, des activités artistiques ou d’autoproduction, j’ai travaillé avec Daniel Cérézuelle, disciple de J. Ellul, pour la création du PADES (Programme autoproduction et développement social), avec la volonté de développer les jardins familiaux, l’autoréhabilitation du logement etc. Avec un slogan : « Faire et en faisant se faire »<a href="#_ftn9">[9]</a>. <br /><br /></div><div>Tous ces plaidoyers pour une autre société ont été faits sans véritable conscience que les questions de l’environnement arrivaient sur le devant de la scène. Ces plaidoyers sont-ils alors obsolètes ? Je ne crois pas, car l’idée que la culture est au-dessus de la politique et que la politique est au-dessus de l’économie reste centrale. Et peut-être que le formidable défi soulevé par les limites que nous impose l’exploitation inconsidérée de la nature imposera des changements radicaux que nous n’avions pas réussi jusqu’à présent à faire prendre en compte. <br /><br /></div><div>Si je m’interroge sur les résultats de nos luttes, le bilan est maigre. Ma conclusion provisoire sera de reprendre ce que disait Véronique Decker directrice d’école pendant un quart de siècle en Seine St Denis : « On n’a pas beaucoup avancé, mais ça m’a bien occupée »<a href="#_ftn10">[10]</a> .<br /><br /></div><div>Je peux parler d’un dernier combat (un dernier rêve ?) : faire de l’encyclopédie du changement de cap (eccap.fr) un outil au service du changement souhaitable radical qui s’impose. L’avenir dira si l’eccap pourra être un moyen de faire se rencontrer les débats plus théoriques dans des cercles intellectuels avec les actions menées par les militants dans d’innombrables associations. L’ambition de l’eccap est de faire le pont entre intellectuels et actions de terrain, de contribuer à l’éducation civique, de favoriser la convergence entre de multiples réflexions ou réalisations<a href="#_ftn11">[11]</a>. Il s’agit de construire un commun du type wikipedia, mais au lieu d’afficher la neutralité, affirmer au contraire qu’un changement de cap s’impose et qu’il est possible d’espérer un monde plus fraternel. <br /><br /></div><div>Je reprendrai pour conclure une citation de mon frère François un tantinet provocatrice, dans l’interview qu’en a publié La Revue du Mauss : « Si vous pouvez vous mettre en marche vers un but qui n’existe pas, si vous pouvez ne pas chercher de moyens parce qu’il n’y en a pas alors vous êtes sur la bonne voie… ». Avec l’eccap nous n’avons pas devant nous un projet de société bien construit avec les moyens à mettre en œuvre pour l’atteindre, nous appelons simplement à cheminer ensemble, à construire. <br /><br /></div><div><br /></div><div> <br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>
</p><div><br /></div><div>[1] « La seconde société industrielle » livre paru en 1967 aux éditions Economie et Humanisme qui comprenait des articles d’auteurs américains, de Bertrand de Jouvenel, de Jacques Delors, avec lequel j’avais collaboré à Citoyens 60, branche politique de Vie nouvelle.
</div><div>[2] Les conditions de travail ouvrier dans l’entreprise. A.Colin. 1975.
</div><div>[3] Rapport du groupe long terme « Changement des modes de vie » Préparation du IXème plan 1984-1988. La Documentation Française.
</div><div>[4] Emploi, croissance, société. Rapport de M. Guy Roustang. La Documentation française. Commissariat Général du Plan.Juin 1991.
</div><div>[5] B.Perret,G.Roustang. L’économie contre la société. Affronter la crise de l’intégration sociale et culturelle. Seuil 1993.
</div><div>[6] L’emploi un choix de société Ed. Syros. 1997.
</div><div>[7] Démocratie, le risque du marché. Desclée de Brouwer. 2002.
</div><div>[8] C’était le titre du chapitre 2 du livre « Démocratie le risque du marché ».
</div><div>[9 Publication avec Daniel C. de « L’autoproduction accompagnée » en mars 2010 chez Erès, coll. de JL Laville.</div><div>[10] Gérard Davet et Fabrice Lhomme « Inch’Allah » p.53.
</div><div>[11] Au début du projet, j’avais consulté quelques amis pour savoir si le jeu en valait la chandelle. Et parmi eux Alain Caillé qui m’avait encouragé. Pourra-t-on avec les convivialistes cheminer ensemble avec pourquoi pas une ambition internationale ?</div><div>
</div>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ItinerairE">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2019-07-20" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N3JusticeFiscale14042019" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="ne_sais_pas" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-24 09:11:09" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N3JusticeFiscale14042019"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
               Justice fiscale  </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N3JusticeFiscale14042019" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>20/07/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre"> Justice fiscale  </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema ne_sais_pas">
                       <a href=?ne-sais-pas>Je ne sais pas </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div></div><div><br /><br /></div><div>Les idées défendues dans l’article qui suit font l’objet d’un large consensus et vont malheureusement à l’encontre des positions exprimées par M. Macron (aujourd’hui mais pas hier [1]) . Dans les jours qui viennent nous saurons si le grand débat national a fait bouger les positions du gouvernement.<br /><br /></div><div>Le large consensus concerne la demande de plus de justice sociale portée notamment par le Pacte civique et sociale co-signé par 19 organisations et appuyées par Nicolas Hulot et Laurent Berger longuement interviewés à cette occasion par Le Monde. Ce pacte comporte une partie « Engager une réforme de la fiscalité ». Des demandes provenant de députés macronistes de la majorité sont allés dans le même sens mais elles ont été rejetées par E.Macron. Cette demande de plus de justice sociale était très présente dans les différentes manifestations des gilets jaunes.<br /><br /></div><div>J’ai eu l’occasion de participer à une des nombreuses séances du débat national. Elle était organisée par des membres LRM qui mettaient sur la table de nombreuses données chiffrées pour préparer le débat. Il était rappelé que notre système était redistributif et permettait aux plus aisés d’aider ceux qui l’étaient moins, que le taux de prélèvement obligatoire de la France était plus élevé que dans les autres pays, qu’il convenait de réduire la dette publique, que le gouvernement souhaitait réduire l’impôt sur les sociétés en le ramenant à 25% pour réduire la différence avec d’autres pays et améliorer notre compétitivité internationale. Tous ces éléments aboutissaient à suggérer soit une baisse des impôts, soit une baisse des dépenses publiques, soit les deux. Le participant aux discussions était amené à choisir dans une perspective comptable, celle que déplorait E.Macron avant de chercher à prendre le pouvoir (voir la note [1]). Il me semblait que les dés étaient pipés car les choix politiques, qui permettraient de retrouver des marges de liberté et de sortir d’une certaine perspective comptable n’étaient pas envisagés. Ces choix politiques pour plus de justice sociale devraient porter notamment sur les questions suivantes :<br /><br /></div><div><h3><strong>1 – Lutter contre la fraude fiscale</strong></h3><br /></div><div>Dans le numéro de la revue très officielle Gestion et finances publiques de mai-juin 2018, l’ancien directeur des impôts André Barilari estime que la fraude fiscale est de l’ordre de 80 à 100 milliards d’euros. Comme le dit Christian Chavagneux « Une lutte sans merci contre ces pratiques remplirait les caisses et renforcerait le consentement à l’impôt » [2]. Ce sont les particuliers les plus fortunés et les grandes entreprises qui recourent aux conseils de cabinets spécialisés pour échapper à l’impôt. En février 2019, la sanction de 4,5 milliards d’euros infligée par le tribunal correctionnel de Paris à l’Union des Banques Suisses qui démarchait systématiquement de grandes fortunes françaises pour les inciter à la fraude (par exemple à recourir aux paradis fiscaux) a fait sensation. Mais cette heureuse décision ne doit pas pour autant cacher une réalité : le parquet national financier créé après le scandale Cahuzac et les huit juridictions inter régionales spécialisées chargées notamment des infractions financières ne peuvent se charger que d’une infime partie des dossiers. La Cour des comptes a attiré l’attention du gouvernement sur la faiblesse des moyens consacrés à la lutte contre la délinquance financière. Autrement dit, il n’y a pas à l’heure actuelle de véritable volonté politique de lutter contre la fraude fiscale.<br /><br /></div><div><h3><strong>;2 - Augmenter le caractère redistributif des impôts</strong></h3><br /></div><div>La part du revenu des 1% les plus riches est passée de 7,7% en 1983 à 11% en 2014, donc avant l’arrivée au pouvoir d’E.Macron. Et depuis, la tendance à favoriser les hauts revenus s’est accentuée (voir mon article dans l’eccap <a href="https://eccap.fr/article/quel-nouveau-cap-pour-la-politique-fiscale/5b46a3fcfb5df6001410fef1">Quel nouveau cap pour la politique fiscale</a>). Pour lutter contre les inégalités croissantes des revenus, il serait donc nécessaire d’augmenter les impôts sur les tranches de revenus les plus élevés et donc de rendre les impôts sur le revenu plus progressifs pour assurer une meilleure redistribution.<br /><br /></div><div>Gerald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics propose lui-même de revenir sur les niches fiscales qui ont coûté 100 milliards d’euros à l’Etat en 2018. Pour que ces niches fiscales ne nuisent pas à la progressivité de l’impôt, il s’agirait non seulement de les plafonner (c’est le cas actuellement puisqu’un ménage ne peut bénéficier que de 10 000 euros d’avantages fiscaux par an) mais de les accorder sous condition de ressources. C’est ainsi que madame Cariou, députée LRM notait que « sur les 4 milliards de niches fiscales de service à la personne, plus de un milliard bénéficie à des contribuables qui perçoivent plus de 100 000 euros par an ». Est-ce bien nécessaire ?<br /><br /></div><div><h3><strong>3- Revoir les droits de succession</strong></h3><br /></div><div>Dans son livre « Révolution » p.87, E.Macron déclarait qu’il préférait une fiscalité qui récompense la prise de risques plutôt que la rente. Et pourtant, lorsque Christophe Castaner délégué général de LRM, avant de devenir ministre de l’intérieur, avait voulu « une réflexion sans tabou » pour « lutter contre les inégalités de naissance », cela lui avait valu « un sérieux retour de bâton de l’Elysée qui ne souhaitait pas alimenter le « ras-le-bol fiscal » (Le Monde 9 mars 2019).<br /><br />Alors que le pouvoir en place magnifie la méritocratie et le travail, les inégalités de patrimoine s’accentuent depuis 1980, si bien que les « revenus qu’on peut tirer du patrimoine deviennent plus élevés que ceux qu’on peut tirer du travail » [3] et la formule de Beaumarchais en 1778 : « Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus » retrouve tout son sel. Les inégalités de patrimoine sont beaucoup plus importantes que les inégalités de revenus. Si l’on compare la situation des français les 10% les plus riches aux 10 % les moins riches, en 2015, les écarts de revenus vont de 1 à 6,8, et de 1 à 627 pour le patrimoine.<br /><br /></div><div>Le think tank Terra nova propose de réformer l’impôt sur les successions et de revoir les tranches d’imposition qui rapporterait 3 milliards de recettes fiscales supplémentaires tout en réduisant la contribution des héritiers qui recevraient 150 000 euros en héritage. De quoi peut-être rassurer l’écrasante majorité des français qui sont opposés à une augmentation des droits de succession, mais qui sont en même temps très mal informés, car quand on les interroge, ils surestiment les droits de succession à payer à l’heure actuelle. <br /><br /></div><div><h3><strong>4- Les Etats-unis nous donneront-ils l’exemple ? </strong></h3><br /></div><div>Les États-Unis ont été les premiers à  instaurer un impôt progressif sur les personnes physiques en 1913. Si un président démocrate succède à Trump en 2020, il se peut que les E.U. nous montrent la voie d’une fiscalité favorable à la justice sociale. Le futur président ne sera pas Alexandria Ocasio-Cortez, appelée AOC et élue au Congrès, car elle a 29 ans alors qu’il en faut 35 pour se présenter. Mais c’est elle qui a proposé de taxer à 70% les revenus des 16 000 américains les plus riches ceux qui gagnent plus de 13 millions de dollars, soit 8,2 millions d’euros par an. AOC est diplômée d’économie et a le soutien du prix Nobel d’économie Paul Krugman. Elisabeth Warren sénatrice du Massachusetts et candidate aux primaires démocrates a proposé un impôt de 2%  sur les patrimoines supérieurs à 50 millions et de 3% sur les patrimoines supérieurs à 1 milliard de dollars. Quant à Bernie Sanders, lui aussi candidat, il souhaite un impôt sur les successions de 45% à partir de 3,5 millions et de 77% au-delà de 1 milliard. <br /><br /></div><div>Il semble qu’il y ait dans l’électorat américain une réelle aspiration à plus de justice sociale. C’est ainsi que la proposition de E.Warren « recueille globalement 61% d’approbation et même 51% auprès de l’électorat républicain selon un sondage réalisé en février par SurveyMonkey pour le New York Times…tandis que 62% des américains pensent que le gouvernement doit s’attaquer à la réduction des inégalités[4] ».<br /><br /></div><div><br /><br /><br /><br /></div><div><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] « La fiscalité est - et doit être – un sujet idéologique au sens propre et noble du terme. Cela ne peut se réduire à un débat technique, quelles qu’en soient les délices intellectuels. Savoir s’il faut prendre le risque de taxer les hauts patrimoines qui pourraient être tentés de quitter le territoire national revient à se demander si la finalité du système fiscal est de préserver la compétitivité du pays, son attractivité pour les investisseurs ou les grandes fortunes, ou d’assurer une redistribution stricte et consacrer un pacte républicain dans les faits (les plus riches acceptant de payer plus, les possédants acceptant d’être taxés parce que leur adhésion au pacte social, à la collectivité le justifie). Faire du débat fiscal un débat technique, d’analyse purement rationnel et mathématique, c’est déjà prendre un biais idéologique en décidant que l’impôt n’est pas politique et n’a rien à voir avec un contrat social, une volonté d’être dans la cité ». Ce texte est d’E.Macron dans la revue Esprit de mars 2011 à une époque où il allait se placer dans le sillage du candidat François Hollande.
<div>[2] Alternatives économiques janvier 2019
</div><div>[3] Alternatives économiques, février 2019.
</div><div>[4] Le Monde 26 02 2019.</div>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N3JusticeFiscale14042019">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-10-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N36JusticeSocialeEtJusticeClimatique0" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,renforcer_les_solidarites,penser_faire_mondialite" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 10:58:37" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N36JusticeSocialeEtJusticeClimatique0"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Justice sociale et justice climatique  </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N36JusticeSocialeEtJusticeClimatique0" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/10/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Justice sociale et justice climatique  </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema renforcer_les_solidarites">
                      Renforcer les solidarités 
                     </span>
                 <span class=" cadre thema penser_faire_mondialite">
                       <a href=?penser-faire-mondialite>Penser / Faire mondialité </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><img src="https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F15fd9f264001efa0668072cabf04073d203e1c628b776e87506daf3661b832d6.gif%3Fe%3DBDyS2NBD4kYz_rqxma20ka1tSbdxOgGHweYXK-zKgHwNbm8nIyQ-b6i-AVpztzB1XHPKKtavKWU-ImD7KlO3IJJvUl9zqBI0bajQXUdp1Y8oDmhPOths3ibBWxh-e55_wyvdMA18Xk3R3NvvhNxYOQ0O8mKG_AHA1i7fKPNZGHBz149WyEthIvOhnDE&t=1602326389&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f8b-78002b01ee00&sig=r06AWpTl.FCXzPra1qxAcQ--~D" width="20" height="20" alt="mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F15fd9f264001efa0668072cabf04073d203e1c628b776e87506daf3661b832d6.gif%3Fe%3DBDyS2NBD4kYz_rqxma20ka1tSbdxOgGHweYXK-zKgHwNbm8nIyQ-b6i-AVpztzB1XHPKKtavKWU-ImD7KlO3IJJvUl9zqBI0bajQXUdp1Y8oDmhPOths3ibBWxh-e55_wyvdMA18Xk3R3NvvhNxYOQ0O8mKG_AHA1i7fKPNZGHBz149WyEthIvOhnDE&t=1602326389&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f8b-78002b01ee00&sig=r06AWpTl.FCXzPra1qxAcQ--~D" /><br /> <br /><img src="https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2Faa514f3c8c6bb09e26322e9ec093b97781b496ad4fe63ae89590d66a4cc73bd3.jpg%3Fe%3DGSX07mzf4Q0apxY3nGF4_QOH8T3vvyqQLCtecW1uY5f8tEqh0K5depo0-WOo8dzUk-Da8__XmVOlDnFaiy8sfoM0GrpsqxAjpJIjtilr5vxpPq_SY0H9ct86fKZ7uz4M6tkkiDYwStl58XysdhyqRSZRKWIjLT-sMdXHITUmRhCMg03Ectz-YtdQmNt4IcKrDzotc3yFvT9U57Y1cvmFL9tPqApdxuuGj8eUGg&t=1602326389&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f8b-78002b01ee00&sig=Lv58LBbhK4BAIQUnRgRv.A--~D" width="584" height="387" alt="mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2Faa514f3c8c6bb09e26322e9ec093b97781b496ad4fe63ae89590d66a4cc73bd3.jpg%3Fe%3DGSX07mzf4Q0apxY3nGF4_QOH8T3vvyqQLCtecW1uY5f8tEqh0K5depo0-WOo8dzUk-Da8__XmVOlDnFaiy8sfoM0GrpsqxAjpJIjtilr5vxpPq_SY0H9ct86fKZ7uz4M6tkkiDYwStl58XysdhyqRSZRKWIjLT-sMdXHITUmRhCMg03Ectz-YtdQmNt4IcKrDzotc3yFvT9U57Y1cvmFL9tPqApdxuuGj8eUGg&t=1602326389&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f8b-78002b01ee00&sig=Lv58LBbhK4BAIQUnRgRv.A--~D" /><br /> <br /><br /><h3><strong>Les inégalités de revenu et de patrimoine</strong></h3></div><div><br /></div><div>L’observatoire des inégalités, organisme indépendant fondé en 2003 vient de faire paraître en juin la première édition de son « Rapport sur les riches en France », grâce à plus de mille personnes qui ont contribué à son financement[1]. Le rapport a été largement repris dans la presse. Le président de l’Observatoire des inégalités note qu’il y a beaucoup plus d’études sur les pauvres que sur les riches. Il écrit : « Pour vivre heureux, vivons cachés ». Il faut bien dire que les riches ont avantage à ce qu’un brouillard soit maintenu pour éclipser leurs privilèges… Favorables à la concurrence et à la liberté économique en paroles, ils libèrent très difficilement l’information sur leur situation. ».<br />L’Observatoire des inégalités ne prétend pas détenir la vérité, il veut ouvrir le débat. Certes, il constate « une distribution des richesses souvent trop inégale pour être juste. La pauvreté est le résultat de cette situation. On ne peut pas à la fois déplorer le dénuement des uns sans mettre en cause les privilèges dont jouissent les autres. Et en matière de privilèges, chacun doit balayer devant sa porte plutôt que de pointer du doigt ceux qui sont encore plus riches que lui ». (souligné par nous).<br />En vingt ans entre 1996 et 2017, en France, les 10% les plus riches ont vu augmenter leurs revenus et leur patrimoine par rapport aux classes moyennes.[2] Et depuis l’arrivée au pouvoir d’E.Macron « Les mesures prises par la nouvelle majorité ont été très favorables aux plus aisés »[3].</div><div><br /><h3><strong>Les inégalités concernant les atteintes à l’environnement</strong></h3>Les chiffres publiés tout récemment (le 21 septembre 2020) par Oxfam et l’Institut de l’environnement de Stockholm[4] sont bouleversants : en 25 ans, entre 1990 et 2015, le 1% le plus riche de la population mondiale ( 63 millions de personnes) est responsable de 15% de la pollution par le carbone, alors que la moitié la plus pauvre de l’humanité (3,1 milliard de personnes) n’est responsable que de 7% de cette pollution.<br />En France, les inégalités sont aussi très marquées. De 1990 à 2015, les 10% les plus riches ont été responsables de plus d’un quart des émissions de CO2 soit presque autant que la moitié la plus pauvre de la population.</div><div><br /><h3><strong>Pour une conception élargie de la justice : des quota d’émission de CO2 par individu</strong></h3></div><div>Aux Etats-Unis, c’est le 3 février 1913 que le vote du 16ème amendement à la constitution a permis la création d’un impôt progressif sur le revenu, après des décennies d’échec. Depuis lors, tout Etat moderne dans le monde y a recours.<br />Aujourd’hui, un siècle plus tard, face à l’urgence écologique et climatique la proposition d’attribuer à chacun des quota d’émission de gaz à effets de serre mérite toute notre attention. « Pour respecter nos engagements internationaux vis-à-vis du changement climatique, il faut que l’empreinte carbone totale associée à notre mode de vie soit plafonnée et que ce plafond s’abaisse de 6 à 7 %par an…La seule manière équitable de le faire en laissant à chacun la responsabilité de ses choix de vie est d’allouer des quotas d’émission de dioxyde de carbone égaux pour tous, diminuant de 6 à 7% par an ».[5]<br />Dans leurs propositions pour « Un retour sur terre » après le Covid-19, Dominique Bourg et ses collègues (dont Pablo Servigne fait partie) ont aussi une proposition n°4 qui concerne des quotas par individu[6]. Quand Pierre Calame tente de répondre à la question : Comment ça marchera ? voilà ce qu’il écrit : « La mise en place effective de quotas alloués annuellement à tous les citoyens supposera de nombreux calages nécessitant une délibération démocratique mais on peut se faire une idée assez précise du mécanisme : le « compte carbone », enregistré sur une carte magnétique à la manière d’un porte-monnaie électronique et correspondant en début d’année à l’allocation annuelle, sera débité à chaque achat, comparable au « compte sucre » d’un diabétique libre de ses choix de consommation mais dont chaque achat se traduit par une réduction de son compte restant »[7] .<br />De nombreuses questions se posent : comment ces quotas seront - ils fixés ? Seront-ils échangeables ? Quel impact sur les échanges internationaux ? Le chantier est immense et devra donner lieu à des débats démocratiques, mais il faut relever le défi.<br />Les quotas individuels attirent l’attention sur les responsabilités personnelles  en parallèle il est essentiel de souligner la dimension collective, comme le fait la « Fabrique des transitions » dans une tribune signée par plus de cent organisations et réseaux et publiée le 7 avril dans le journal « La Croix »[8]. « Face à la nécessité de faire évoluer de façon radicale nos systèmes de pensée, nos modèles économiques, nos institutions, nos trajectoires de développement, les territoires au sens de communautés humaines tissées de relation, sont appelés à devenir des acteurs décisifs de la transition à conduire ».<br /><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Rapport sur les riches en France. Observatoire des inégalités. 104 pages. En vente sur inégalités.fr : 10 euros.<br />[2] Pour les revenus : en 1996, l’écart entre le niveau de vie médian de la population et le niveau de vie moyen des plus riches était de 27.800 euros annuels. En 2017 il était de 36.000 euros. Pour ce qui est du patrimoine, le seuil d’entrée dans les 10% les plus fortunés a plus que doublé : il est passé de 533.000 euros à 1,2 million entre 1998 et 2010 hors endettement.<br />[3] Voir dans l’eccap.fr : Quel nouveau cap pour la politique fiscale ? Guy Roustang, 16-10-2017<br />[4] Rapport de l’ONG Oxfam et du think tank Stockholm Environment Institute.<br />[5] Voir la pétition signée notamment par Pierre Calame, Dominique Méda, Michèle Rivasi députée européenne Europe-Ecologie-Les Verts dans Le Monde du 13 août 2020,<br />[6] Dominique Bourg et alii. Retour sur terre.<br />[7] Reçu de Pierre Calame à propos de notre débat sur La convention citoyenne pour le climat.<br />[8] La Fabrique des transitions. La Croix du 7 avril 2020.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N36JusticeSocialeEtJusticeClimatique0">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-10-17" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N13LaConventionCitoyennePourLeClimat" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 09:41:56" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N13LaConventionCitoyennePourLeClimat"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
               La convention citoyenne pour le climat, un anti grand débat </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N13LaConventionCitoyennePourLeClimat" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>17/10/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre"> La convention citoyenne pour le climat, un anti grand débat </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <br /><div>La convention citoyenne pour le climat qui a démarré le premier week-end d’octobre 2019 est un grand défi.<br /><br />Elle vient compléter notre démocratie représentative (Assemblée Nationale, Sénat) par une dose de démocratie participative. En effet, 150 citoyens ont été tirés au sort qui sont représentatifs de la répartition par âge, formation, lieu d’habitation etc. de l’ensemble de la population française. Une France en petit. Bien sûr il y a un biais, dans la mesure où l’acceptation de participer à six week-ends au cours des mois à venir suppose d’être intéressé par la question à laquelle il va falloir répondre : comment réduire de 40% en 2030 les émissions de gaz à effet de serre de la France par rapport au niveau de 1990 en respectant la justice sociale ? Autre preuve de biais : quand on a demandé aux 150 personnes, qui se sont réunies pour la première fois le 4 octobre, si la question posée les intéressait, ou encore s’ils avaient cherché à s’informer sur le climat pour se préparer à ces week-ends, une grande majorité a manifesté que oui.<br /><br />L’origine de cette réunion de 150 personnes tirées au sort est venue de personnes ou de groupes conscients de la gravité des défis à relever concernant l’environnement. E.Macron a accepté de lancer cette convention citoyenne pour le climat (CCC) et s’est engagé à ce que les propositions qu’elle ferait seraient soumises soit au vote du Parlement, soit à un referendum, soit traduites en mesures réglementaires.<br /><br />L’organisation même de cette convention semble donner des garanties sur le sérieux du déroulement des débats et la possibilité d’aboutir à des propositions argumentées. La convention se réunit au Palais d’Iéna, siège du Conseil économique et social, 3ème assemblée de la République. Des personnes compétentes vont suivre tout au long les échanges pour en garder la trace. Au cours du premier week-end, des spécialistes sont déjà venus apporter les connaissances de base nécessaires pour alimenter les débats et aider plus tard à la formulation de propositions, qui seraient rédigées avec l’aide d’un groupe de juristes. Au cours du premier week-end, des experts du climat ont répondu aux questions posées par les participants qui souhaitaient avoir des compléments d’information. Si les participants considèrent que les informations qui leur sont données sont biaisées, ils pourront demander à avoir le point de vue d’autres spécialistes. Les séances plénières seront ouvertes à la presse et les participants sont encouragés à consulter leur environnement social entre les sessions. Loïc Blondiaux (professeur à Sciences Po qui travaille depuis 15 ans sur les enjeux de la démocratie participative) est l’un des trois membres du comité de gouvernance. Il disait à France Inter le 8 octobre qu’il s’agissait d’emmener toute la France derrière les membres de la convention.<br /><br />Un collège de trois garants suivra l’évolution de la convention. Parmi eux, Cyril Dion réalisateur du film «Demain » et auteur du « Petit manuel de résistance contemporaine »<a href="http://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5qmtn.html?hl=fr#_ftn1">[1]</a>. Il a été avec d’autres à l’origine de cette convention et il a dialogué avec E.Macron sur les raisons d’être de cette convention et ses modalités d’organisation. Interrogé par un journaliste sur les risques de voir le pouvoir politique orienter les débats et leurs conclusions, C.Dion a prévenu qu’il démissionnerait évidemment et le ferait savoir.<br /><br />A un tournant civilisationnel décisif, peut-être que cette convention sera un grand moment dans notre histoire républicaine ? Peut-être qu’elle viendra contredire la formule célèbre de Jacques Chirac : la maison brule et nous regardons ailleurs ? Peut-être que la France sera avec cette convention un modèle pour les autres nations ? Malgré la difficulté de l’environnement international dominé par le néo-libéralisme, sans parler des climato-sceptiques du genre Trump et Bolsonaro.<br /><br />Au contraire, peut-être que cette convention sera une nouvelle déception et qu’elle se perdra dans les sables, compte tenu des puissances d’argent<a href="http://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5qmtn.html?hl=fr#_ftn2">[2]</a>, de la difficulté d’aller à l’encontre de ce qui fait la dynamique de nos sociétés : la recherche par chacun du toujours plus, la croissance du PIB et des valeurs marchandes qui vont de pair avec la destruction de la nature. Il y a aussi fort à parier qu’E.Macron aura bien du mal à abandonner son rêve d’une France Start-up nation, et que la majorité présidentielle aura peur de prendre des mesures courageuses et difficiles, très difficiles.<br /><br />Quoi qu’il en soit, on peut espérer que les travaux de cette convention, ses débats, ses controverses sur les solutions envisagées, sera un bouillon de culture. Occasion pour chacun d’entre nous, pour les responsables à tous les niveaux, pour les partis politiques, de regarder en face l’effondrement qui nous menace, si l’on poursuit la fuite en avant. Et si, par malheur, le pouvoir politique actuelle se déjugeait, en ne prenant pas au sérieux les propositions que cette convention devra faire pour répondre à une question qui nous concerne tous, il perdrait toute crédibilité.<br /><br /><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Collection Domaine du possible, Actes Sud.<br />[2] Voir l’interview de 31 minutes de Jérémy Désir in Le Media du 20 septembre 2019 : Un ex-banquier révèle l’imposture de la finance. Pour calmer l’opinion et rassurer certains investisseurs, les banques font mine de prendre au sérieux le risque climatique. C’est une mascarade nous dit J.D. qui a démissionné en juillet 2019 de la HSBC faute d’avoir pu persuader sa hiérarchie de la gravité de la situation. Nous recommandons vivement cette interview.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N13LaConventionCitoyennePourLeClimat">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-07-06" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LaCultureUnThemeQuePrivilegieraLeccap" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_culturelle_en_gestation" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-15 10:17:55" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_LaCultureUnThemeQuePrivilegieraLeccap"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              La culture, un thème que privilégiera l’eccap. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_LaCultureUnThemeQuePrivilegieraLeccap" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>06/07/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">La culture, un thème que privilégiera l’eccap. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_culturelle_en_gestation">
                      Une démocratie culturelle en gestation 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div></div><div>Françoise Nyssen invitée d’Augustin Trapenard à France Inter le 5 juin 2019 a lu ce texte sur la culture<br /><br /></div><div>La société est en crise. En chinois ‘‘crise’’ signifie à la fois danger et opportunité. </div><div>Crise du matériel, de l’économique à tout prix, crise écologique, crise du politique, crise de la confiance à tous les niveaux. </div><div>Plus que jamais se pose la question du lien et de son importance. La société n’a jamais été aussi connectée mais aussi peu reliée. </div><div>La Nature nous montre l’exemple et pourtant nous la détruisons. </div><div>La symbiose est dans la Nature, partout émerge la nécessité de plus de coopération. </div><div>Fonctionner en écosystème cohérent permet de résister aux prédateurs et ce dans tous les domaines. </div><div>Ma conviction est que la culture par essence peut permettre, peut amener ce lien. </div><div>L’art permet de donner forme à quelque chose au fond de nous, une émotion, un geste, une interrogation. Ce qui n’a pas de forme, d’expression envahit tout et empêche de vivre. </div><div>L’art c’est rendre vivable les choses les plus difficiles. Ce que font les artistes. Cela ne fait pas disparaitre la souffrance mais permet de vivre avec, de transformer. </div><div>L’art permet de s’émerveiller et on a besoin d’enchantement. </div><div>Et l’art permet de partager : ce qui est confus, diffus devient par la création partageable. </div><div>Et ainsi nait la possibilité du lien avec les autres. C’est pourquoi la pratique artistique est si fondamentale pour avancer, pour être acteur de sa vie. </div><div>Elle doit être au cœur de l’école, l’éveil au sensible est une question de santé « culturelle ». </div><div>Et elle se fait par les mots, l’écriture, la lecture, la musique, le chant, le théâtre, la danse, la musique, les arts plastiques…</div><div>Cela ne peut être la cerise sur le gâteau, le supplément d’âme mais constitutif du parcours de chacun dès le plus jeune âge. </div><div>Et ceci en ouverture au monde. </div><div>L’Europe c’est s’ouvrir au monde. La culture doit aussi permettre l’accueil, l’hospitalité, la FRATERNITE. </div><div>Connaître l’autre par sa culture, ses pratiques artistiques, sa langue, c’est s’enrichir du monde et vivre dans le monde avec les autres. </div><div>La langue de l’Europe c’est la traduction écrit Umberto Eco et Paul Veyne conclut son livre sur Palmyre en écrivant que vivre sous une seule culture est comme vivre sous un étouffoir. </div><div></div><div>Pendant ses 17 mois au Ministère de la Culture (de mai 2017 à octobre 2018), elle s’est sentie soutenue par E. Macron, mais ignorée par E. Philippe. <br /><br /></div><div>Yves Michaud, philosophe, interviewé par Le Monde du 4 juillet 2019, note que depuis Jack Lang seul Frédéric Mitterrand est resté Ministre de la culture plus de deux ans. Autrement dit le temps leur a manqué pour faire autre chose que suivre la bureaucratie de leur ministère. Cette instabilité signifie que les Présidents de la République « se moquent de la politique culturelle ». <br /><br /></div><div>Yves Michaud considère que diverses études montrent que « la politique culturelle volontariste menée depuis 1981 a amélioré la vie culturelle des personnes déjà initiées, mais n’a pas joué en faveur des défavorisés ou des exclus de la culture ». Lui-même remarque qu’il peut se payer pour 240 euros une bonne place à l’Opéra Bastille, alors qu’à New-York ou Los Angeles sans subventions, il devrait la payer 500 euros. Tout aussi grave selon lui : « il y a non seulement les défavorisés de la culture, mais aussi toutes les nouvelles générations dont le rapport à la culture passe par des canaux totalement différents du passé (Netflix, YouTube, Facebook, Instagram etc. ) » En un sens ils n’ont pas besoin d’une politique culturelle ils ont la leur. <br /><br /></div><div>Toujours selon Yves Michaud : « L’idée du Pass culture de Macron était la fausse bonne idée par excellence : pourquoi encore donner de l’argent public aux GAFA ? En revanche, la bonne question est de se demander comment les attirer vers une culture dont ils ignorent parfois tout : lecture, arts plastiques, musique non synthétique, théâtre. Et là je ne vois qu’une solution, une seule, commencer très, très tôt, dès l’école par des après-midi entiers de pratiques artistiques et culturelles ». <br /><br /></div><div>L’eccap reviendra sur toutes ces questions qui nous paraissent centrales. Dès maintenant on peut consulter l’article sur les orchestres à l’école qui relate l’expérience de Gardanne et St Brieuc. Cet article sera bientôt actualisé par ce qui s’est passé ces deux dernières années. Bruno Viard fera un article sur l’enseignement de la littérature etc. </div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LaCultureUnThemeQuePrivilegieraLeccap">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2023-05-18" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LaFraudeDesPlusPuissantsEstImpardonnabl" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-15 10:47:01" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_LaFraudeDesPlusPuissantsEstImpardonnabl"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              « La fraude des plus puissants est impardonnable » </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_LaFraudeDesPlusPuissantsEstImpardonnabl" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>18/05/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">« La fraude des plus puissants est impardonnable » </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <br /><p>Ce n’est pas moi qui le dis, mais un ministre, Gabriel Attal, ministre délégué aux comptes publics. Un vrai projet de lutte pour la justice sociale et plus d’égalité est-il en cours qui permettrait à Emmanuel Macron de sortir de son impopularité? Quoi qu’il en soit, goûtons notre plaisir de voir une question importante mise sur le devant de la scène.</p>    <p>Le Président de la République a donc demandé à son ministre Gabriel Attal de présenter un plan de lutte contre la fraude fiscale. Il s’agit « de faire payer ce qu’ils doivent aux ultrariches et aux multinationales qui fraudent;»<a href="#_ftn1">[1]</a>. Comme l’indique le ministre : « chaque fraude est grave, mais celle des plus puissants est impardonnable;». Quelle est l’ampleur de cette fraude;? « Certains parlent de 30 milliards, d’autres de 100 milliards;». Les 4000 emplois qui ont été supprimés au cours des dix dernières années dans les services de contrôle n’aident pas à clarifier la situation. Mais le gouvernement envisage de recruter 1500 emplois en faveur du contrôle fiscal d’ici à 2027. Gabriel Attal veut aussi renforcer les sanctions pour les fautes les plus graves « par exemple lorsqu’il y a dissimulation d’avoirs à l’étranger…Nous travaillons avec Eric Dupont-Moretti à une sanction d’indignité fiscale et civique;». Si bien qu’un fraudeur pourrait être même condamné à des travaux d’intérêt général. « En plus de payer son amende, le gros fraudeur ira repeindre le centre des impôts;». Vraiment;? Nous attendons des preuves.</p>    <p>Il semble que Gabriel Attal ait obtenu du Président Macron la possibilité de chercher à créer une COP (conférence des parties) fiscale au niveau international sur le modèle des COP climatiques « Le gouvernement en attend de nouvelles avancées en matière de transparence fiscale dans le prolongement du travail réalisé par l’OCDE pour combattre les paradis fiscaux<a href="#_ftn2">[2]</a>;».</p>    <p>Le livre : « Offshore. Dans les coulisses édifiantes des paradis fiscaux;»<a href="#_ftn3">[3]</a> de Renaud Van Ruymbeke, juge d’instruction pendant vingt ans, aujourd’hui retraité, nous montre l’ampleur et la complexité des questions de la fraude fiscale. Dans la préface de ce livre, le journaliste Christophe Boisbouvier parle des paradis fiscaux comme le « vrai scandale du siècle;». Et il nous met devant les choix qui sont devant nous : « Au moment où les services d’urgence des hôpitaux sont démunis, faute de ressources, la lutte anticorruption est plus nécessaire que jamais;». « Du Luxembourg à l’Etat du Delaware (Etats-Unis), de Hong Kong à Singapour, cet ouvrage détruit la réputation d’Etats qui annoncent en fanfare la création d’une « task force anticorruption;» mais qui en réalité font tout pour protéger le secret bancaire;». Et encore ceci : « Au fil de la lecture, on apprend comment, du temps de François Mitterrand et de Jacques Chirac, deux de leurs lieutenants les plus fidèles, Michel Charasse et Jean Toubon, ont tenté d’intimider le juge emblématique qu’était déjà Van Ruymbeke, premier magistrat en France à perquisitionner le siège d’un parti politique, celui du Parti socialiste;». Pour bien marquer que la fraude fiscale est universelle, le premier chapitre du livre est intitulé « Un certain M.Poutine;» et parle du Shéhérazade, un yacht de luxe avec deux pistes d’hélicoptère que les membres d’équipage appellent « le navire de Poutine;», surnommé aussi le « kremlin aquatique;». Bien difficile d’établir qui est vraiment le propriétaire « car le yacht est immatriculé aux îles Caïmans, paradis fiscal notoire, et la société qui le possède, baptisée Beilor, serait enregistrée aux Iles Marshall en Micronésie, également réputées pour leur opacité. Deux Etats confettis spécialisés dans le blanchiment de l’argent sale;».</p>    <p>Le livre de Ruymbeke se termine sur une lueur d’espoir : « Je suis convaincu que malgré l’ampleur des difficultés et les montants astronomiques en jeu, les Etats finiront par se réveiller…C’est à mon sens une évolution inéluctable à terme;». Mais il est conscient aussi des difficultés. « C’est là une réforme longue et difficile à mettre en œuvre, mais inévitable si les Etats veulent recouvrer les sommes considérables dont ils sont spoliés…Ces fonds pourraient être aussi utilisés pour financer les mesures coûteuses que les Etats vont devoir engager, de toute urgence, pour lutter contre le réchauffement climatique et la préservation de notre environnement;».</p>    <p>Seule une régulation à l’échelle mondiale permettrait d’éliminer les paradis fiscaux. Plus modestement peut-on penser qu’Emmanuel Macron comprenne qu’il doit vraiment lutter contre la fraude fiscale;?</p>    <p><br /></p>    <hr class="wp-block-separator" />    <p><br /></p>         
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Le Monde, 10 mai, p.7.
</p><p>[2] Le Monde 11 mai, p.9. Dans le livre de Van Ruymbeke, p.191 il est question du G 20 et de l’OCDE qui ont tenté de remédier aux paradis fiscaux.
</p><p>[3] Livre paru en novembre 2022 aux éd. « Les liens qui libèrent;»</p><p>
</p><p>
</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LaFraudeDesPlusPuissantsEstImpardonnabl">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-11-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N39LaiciteEtIslam15112020" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_demoncratie_laique_en_tension" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 11:04:49" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N39LaiciteEtIslam15112020"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
               Laïcité et Islam  </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N39LaiciteEtIslam15112020" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/11/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre"> Laïcité et Islam  </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_demoncratie_laique_en_tension">
                      Une démocratie laïque en tension 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br />A la rentrée scolaire du lundi 2 novembre, suite à l’assassinat de Samuel Paty, tous les enseignants ont lu une lettre de Jean-Jaurès datée de 1888 adressée aux instituteurs et institutrices. Cette lecture signifiait la volonté de l’éducation nationale de faire de chaque élève un individu capable de former son propre jugement, en se rattachant à une tradition humaniste. Pour engager le dialogue avec les élèves, les enseignants ont bien senti le poids qui pesait sur eux et beaucoup se trouvent encore bien démunis malgré les efforts rappelés par Jean-Paul Delahaye[1]. En effet en 2013 une Charte de la laïcité voulue par Vincent Peillon a été inaugurée par Robert Badinter. Et il y a eu continuité d’un ministre de l’Education Nationale à un autre pour accompagner les éducateurs dans l’enseignement de la laïcité, enseignement de la liberté. Mais il reste beaucoup à faire car certains enseignants se sentent encore bien démunis et une petite minorité s’autocensure. Il reste que le témoignage de Wahida El Mansour que nous citions dans une lettre précédente montre bien comment musulmane maghrébine, elle est devenue française de cœur grâce à tous les professeurs comme Samuel Paty qu’elle a pu rencontrer.</div><div><br />La loi de 1905 instaurant la séparation entre Eglise et Etat a été élaborée après des années de discussion et de débat. Aujourd’hui la question est de savoir si cette loi qui avait réussi, après de très longues confrontations, à pacifier les rapports avec les fidèles de l’Eglise catholique aura la même réussite avec tous les musulmans français. N’oublions pas ce que rappelle Marcel Bernos, dans l’article de l’eccap « <a href="https://eccap.fr/article/heureuxcommelalaicite/5f4f48db8b0b8e00154d442b">Heureux comme la laïcité en France </a>» : le Vatican romain a mis du temps « à découvrir les Droits de l’homme qui lui semblaient mettre en question les « droits de Dieu » (Cf. les 80 propositions du Syllabus de Pie IX, en1864, condamnant « les principales erreurs de notre temps », dont la 55e porte sur la séparation de l’Église et de l’État).<br />Si l’on en croit certains témoignages, la situation est de plus en plus tendue avec des musulmans dans certains secteurs comme l’hôpital ou des activités sportives. Comme le note Jean-Louis Bianco : « On voit de plus en plus des formes de religion très archaïques, littéralistes, éloignées de l’égalité entre la femme et l’homme. Il y a effectivement une offensive et un combat à mener...mais il ne faut pas se tromper de diagnostic. Ce n’est pas tout le temps et partout. En beaucoup d’endroit la laïcité fonctionne bien. Beaucoup de problèmes se résolvent par le dialogue »[2]<br /><br /><h3><strong>Des raisons d’espérer</strong><br /><strong></strong></h3><br />Eva Janadin[3], imame écrit : « Si l’Islamisme est un danger pour la République, il l’est tout autant pour l’islam…La théologie et la jurisprudence islamiques classiques telles qu’elles sont transmises depuis le Moyen Age jusqu’aux instituts de formation actuels ne sont plus adaptées pour faire face aux défis contemporains. L’ère du suivisme aveugle des théologiens et juristes du passé…doit s’achever en ce XXI ème siècle pour rouvrir les portes de l’interprétation des textes…Le travail est titanesque ». Et encore ceci : « Il est temps d’oser débattre sur les questions les plus épineuses de l’islam » y compris nous dit-elle sur « l’interprétation des textes sur l’égalité homme-femme ».<br />Dans la déclaration d’un collectif d’intellectuels musulmans intitulée : « Il faut cesser le boycott de la France »[4], on trouve ceci : « Qui pourrait raisonnablement dire que la France maltraite ses citoyens de confession musulmane ? Personne, hormis peut-être ceux qui voudraient instiller des germes de discorde au sein de la communauté nationale française ». A propos de la déclaration du président Macron, voici ce que dit ce collectif : « contrairement à ce qu’il a été dit ici ou là, ce discours ne critique pas l’islam. Il critique l’islamisme qui est une déformation de l’Islam…Et il est respectueux d’une tradition française instaurée par une loi de 1905 : la séparation de l’Eglise, des Eglises et de l’Etat … Également et surtout, il a insisté sur la nécessité de construire un islam en France, islam des Lumières, libéré des influences étrangères, structuré et transparent dans ses financements, et intégrant pleinement la part culturelle de l’Islam-civilisation , sans empiéter d’un pouce sur l’islam-religion ».<br /><br /><h3><strong>Lutter contre un terreau favorable au djihadisme</strong><br /><strong></strong></h3><br />Comme le dit O.Roy « Si vous enseignez aux enfants d’un collège de banlieue que les valeurs de la République, c’est l’égalité et la fraternité, ils éclatent de rire »[5]. Autrement dit il est vraiment trop difficile d’enseigner les valeurs de la République quand la réalité vécue des élèves les contredit. L’islamisme radical est alors une issue perverse. Parallèlement à l’effort d’éducation s’impose la nécessité de lutter contre les inégalités croissantes, contre l’abandon de certains quartiers. Selon l’article 1 de la constitution, la République est « indivisible, laïque, démocratique et sociale ». « Les trois sont nécessaires pour éviter le communautarisme » nous dit Jean-Paul Delahaye.</div><div><br />Plus de cent maires, membres du PC comme de la droite, viennent d’adresser au chef de l’Etat <a href="https://fr.scribd.com/document/484263503/Lettre#download&from_embed">une lettre</a> pour « renforcer la République » et « instaurer un nouveau pacte de confiance ». Le 14 novembre 2017 (c’est un anniversaire) Macron prononçait un discours à Tourcoing dans lequel il appelait à une « mobilisation nationale pour les villes et les quartiers ». Jean-Louis Borloo appelé à la rescousse a remis son rapport le 22 mai 2018 après avoir consulté élus, responsables associatifs etc. Le 2 octobre de cette année, E.Macron a prétendu que les trois-quarts des propositions du rapport avaient été mises en œuvre. Enorme mensonge qui a fait « tomber du placard » la maire divers droite (DVD) de Chanteloup les Vignes. Et André Laignel maire socialiste d’Issoudun, 1er vice-président de l’association des maires de France dit que c’est un mensonge si énorme que l’on ne peut pas laisser passer[6].<br /><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Voir entretien avec Jean-Paul Delahaye, ancien directeur général de l’enseignement scolaire, co-auteur du rapport Obin de 2004, in Le1, n°320 du 28 oct. 2020.<br />[2] Le Monde, 1er et 2 nov.2020.<br />[3] Eva Janadin, Imame, Déléguée générale de l’association L’Islam au XXIème siècle, imame de la mosquée Simorgh, à Paris, cofondatrice des associations Voix d’un islam éclairé et Association pour la renaissance de l’islam mutazilite. Voir Le 1 n°320 « Face à l’islamisme ».<br />[4] Le Monde, mardi 3 nov. 2020 p.25.<br />[5] Le 1, n°320.<br />[6] Le Monde 15/16 novembre 2020.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N39LaiciteEtIslam15112020">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2020-01-29" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LautonomieDuSystemeTechnique" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-15 11:40:31" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_LautonomieDuSystemeTechnique"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              L’autonomie du système technique </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_LautonomieDuSystemeTechnique" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>29/01/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">L’autonomie du système technique </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div style="text-align:center;"><b><i>L’autonomie du système technique (Extrait de Nouvelle Revue de Psychosociologie N°28, automne 2019.</i></b></div><div><br /></div><div><br /></div><div>Daniel Cérézuelle écrit que Jacques Ellul et Bernard Charbonneau « ont été probablement parmi les premiers, bien avant Heidegger, à donner à la technique un rôle central dans la transformation du monde moderne et en faire une critique radicale au nom d’une exigence de liberté » (Cérézuelle, 2019, p. 80). Dans un texte de 1935, ces deux auteurs constatent que la technique domine l’homme et toutes ses réactions et que la politique est impuissante à la contrer. « L’autonomie [de la technique] se manifeste à l’égard de la morale et des valeurs spirituelles. La technique ne supporte aucun jugement, n’accepte aucune limitation… Elle peut donc tout faire. Elle est vraiment autonome » (Ellul, 1954, p. 121). La technique, ce ne sont pas seulement les machines mais la recherche dans tous les domaines de la méthode la plus efficace. La technique nous soumet à un processus de transformation sociale que nous ne maîtrisons pas. Daniel Cérézuelle (2019, p. 80) écrit : « La technicisation du monde, tout comme le déploiement de la logique capitaliste, s’effectue hors de notre maîtrise… selon un processus qui a sa logique propre. » Il n’y a jamais eu de débat pour savoir si l’agriculture industrielle était préférable à l’agriculture paysanne traditionnelle. Au nom de la recherche de l’efficacité maximale on a introduit au fur et à mesure, sans en apprécier les multiples conséquences, toutes les techniques concernant la mécanisation, les engrais, les pesticides qui font système et augmentent la productivité par homme au travail en entraînant une dévastation des sols (par les entrants chimiques et la mécanique lourde), l’empoisonnement des consommateurs, le ravage des paysages et la désertification des campagnes. D’innombrables autres exemples pourraient être pris de l’introduction de nouvelles techniques au nom de l’efficacité dans un domaine particulier sans prise en compte de leurs effets d’ensemble.</div><div></div><div>Daniel Cérézuelle, dans sa présentation des travaux de Jacques Ellul, indique que le premier versant sociologique de son œuvre « est consacré à la contradiction entre d’un côté les valeurs chrétiennes de liberté, d’autonomie et de responsabilité et, d’un autre côté, les orientations productivistes, étatistes et technicistes qui caractérisent la société de son temps » (Cérézuelle, 2019, p. 78). Éric Sadin, en 2016, dans son livre La silicolonisation du monde, se réclame d’Ellul et souligne qu’en son temps il n’y avait pas encore la soumission du scientifique aux entrepreneurs et aux puissances financières. Il souligne aussi le conflit des valeurs : « […] ce sont les principes fondateurs de l’humanisme européen, affirmant l’autonomie du jugement et le libre choix et introduisant […] le principe de responsabilité et le droit des sociétés à décider en commun de leur destin, que l’esprit de la Silicon Valley a détruits en l’espace d’une génération et à une vitesse exponentielle » (Sadin, 2016, p. 30). </div><div></div><div>Cependant, il n’y avait aucun fatalisme chez Ellul. Quand il parlait de l’autonomie de la science et de la technique, il ne signifiait pas leur indépendance. Leur autonomie actuelle est un fait social, qui dépend des attitudes et des valeurs de notre époque. Il n’en a pas toujours été ainsi. D’autres modèles sont concevables. Alors qu’aujourd’hui la recherche de l’efficacité maximale est le critère dominant, on peut espérer que science et technique soient demain soumises à des considérations éthiques ou spirituelles.</div><div></div><div><br /><br /><br /></div><div></div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LautonomieDuSystemeTechnique">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2019-12-14" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LautorehabilitationAccompagneeDuLogement" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,la_possibilite_d_une_renaissance" data-bf_auteur="CerezuelleDaniel2,RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-15 12:10:49" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_LautorehabilitationAccompagneeDuLogement"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              L’autoréhabilitation accompagnée du logement </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_LautorehabilitationAccompagneeDuLogement" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>14/12/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">L’autoréhabilitation accompagnée du logement </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CerezuelleDaniel2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Cérézuelle Daniel">Cérézuelle Daniel</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema la_possibilite_d_une_renaissance">
                      Pratiquer une autre économie  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br /></div><div><br />Les inventions démocratiques peuvent concerner des actes du quotidien apparemment minuscules et donc négligées, alors qu’elles sont d’une grande importance, comme nous allons le montrer. On voit se multiplier des chantiers d’autoréhabilitation accompagnée du logement (ARA), dans lesquels ce sont les maîtres d’ouvrage qui avec l’aide des professionnels réalisent une partie -parfois très importante - des travaux. L’ARA favorise la coopération avec des voisins, des parents, des professionnels. Déjà des territoires ont compris que la mobilisation de l’apport en industrie des ménages dans le cadre de chantiers hybrides sera la clé de la rénovation énergétique et de la remise en état d’une partie du parc de logements.</div><div><br /></div><div></div><h3><strong>La réhabilitation énergétique des logements : un enjeu de justice sociale et de solidarité planétaire.</strong></h3><div>On sait que la production de gaz à effet de serre (GES) et de CO2 en particulier est une des principales causes du réchauffement climatique. Pour en limiter les conséquences la diminution de notre consommation en énergie est essentielle. Il faut donc agir sur les secteurs les plus gourmands en énergie et notamment le bâtiment. En Europe, le bâtiment représente 40% de la consommation totale et 36% des émissions de GES. Nous vivons, pour la majorité d’entre nous, dans des passoires à calories et un ménage sur 5 est désormais en situation de précarité énergétique. En outre, l’insalubrité liée à l’absence de chauffage entraîne également une dégradation de la santé des occupants des logements concernés et le délabrement du bâti lui-même. </div><div>La rénovation énergétique du logement constitue non seulement un des principaux axes d’action pour la maîtrise collective du changement climatique, c’est aussi un enjeu majeur de justice sociale. C’est aussi un enjeu de solidarité planétaire puisque ce sont les habitants du sud qui pâtiront le plus des conséquences des émissions de GES. Il est donc très important que tous ceux qui occupent un logement-passoire puissent s’engager dans la rénovation énergétique de leur logement.</div><div><br /></div><div> </div><div></div><h3><strong>L’obstacle du passage à l’acte de la rénovation</strong></h3><div>La conjonction du marché et des aides publiques ne permettra pas d’atteindre les objectifs du Plan de Rénovation Energétique de l’Habitat (PREH). Les mesures prises pour réhabiliter les logements se heurtent à une difficulté majeure : le passage à l&apos;acte des maîtres d&apos;ouvrage privés. Qu&apos;ils soient propriétaires bailleurs ou propriétaires occupants, ils rechignent à lancer les travaux nécessaires, malgré les conseils et les aides financières dont ils peuvent disposer. Les objectifs fixés (500 000 logements à rénover par an) sont très loin d&apos;être atteints et le marché relatif à la réhabilitation reste, pour l&apos;essentiel, à l&apos;état de potentiel. Les raisons peuvent être diverses : coût trop élevé des travaux, manque de solvabilité, retour sur investissement trop long, absence de garantie sur l&apos;efficacité attendue des travaux, manque de confiance à l’égard des entreprises du bâtiment. Ces réticences tiennent aussi au fait que les solutions proposées consistent d&apos;abord à faire pour plutôt que faire avec les personnes concernées en les reléguant au seul rôle de signer les devis des dépenses à engager et de régler les factures. Le rapport Berrier, du CGEDD sur la Contribution de l&apos;auto-réhabilitation accompagnée au plan de rénovation énergétique de l&apos;habitat (2014), constate l’impossibilité du secteur marchand à pourvoir seul aux besoins. Il conclut : « Un changement d’échelle s’impose donc, qui rend nécessaire et pertinent de solliciter davantage l’apport en industrie des ménages et l’entraide pour rénover leur logement.» (p.23). Le rapport Chirat et Denisart, Nouvelles dynamiques de rénovation de logements. publié par le Plan Bâtiment Durable (2016), recommande lui aussi d’encadrer et d’accompagner l’autorénovation », pratique qui a déjà une importance considérable (p.48, 50,54).</div><div></div><div><strong><br /></strong></div><h3><strong>Ne plus considérer les gens comme des charges mais comme des ressources</strong></h3><div>L’expérience montre qu’en associant davantage les maîtres d’ouvrage au montage de ce qui doit être et rester leur projet et en les accompagnant tout au long de sa mise en œuvre (et souvent jusqu’au pied du mur) il est possible de lever un des freins majeurs au développement de la réhabilitation énergétique du logement et de faire ainsi de l&apos;ARA un levier essentiel pour créer de l&apos;activité et de l&apos;emploi et pour construire une autre politique énergétique. Dès maintenant bien sûr certaines personnes compétentes aidées par des voisins ou des membres de leur famille réhabilitent leur logement elles-mêmes. Mais d’autres n’ont pas les connaissances voulues ou n’ont pas confiance en elles. En les accompagnant, on ne les considère plus comme des charges qu’il faut subventionner, mais comme des ressources qui peuvent contribuer à la vie économique de leur territoire. Une expérience originale (voir http eccap.fr. Obtenir un diplôme en rénovant son logement) constate que des habitants d’un même quartier qui ne se parlaient pas, qui étaient dans une situation de précarité importante déclaraient ensuite : « Cela m’a permis de rencontrer d’autres personnes » ou « c’est tellement appréciable de se dire que l’on en est capable ». </div><div></div><div><strong><br /></strong></div><h3><strong>Une pratique qui se diffuse </strong></h3><div>Plusieurs études récentes attestent de l’importance des pratiques d’autoréhabilitation. Le rapport Open ADEME 2015 et le rapport TREMI ADEME 2017 qui portent sur les travaux d&apos;amélioration énergétique réalisés signalent que d’ores et déjà 39% des travaux sont réalisés en autoréhabilitation autonome ou en « chantiers hybrides ». Les professionnels déjà engagés dans ces pratiques d’accompagnement se sont fédérés en 2015 au sein de la FEDAC (Fédération des Accompagnateurs) qui regroupe des artisans, des maîtres d’œuvre, et des architectes. Leur objectif est de consolider les compétences de ceux qui pratiquent ce métier d’accompagnateur à l’auto réhabilitation du logement, afin de garantir la qualité des travaux, la pérennité du bâti, la sécurité des personnes  il s’agit aussi de mieux sécuriser les chantiers au plan assurantiel  enfin ils cherchent à favoriser la reconnaissance et l’intégration de l’ARA dans les politiques publiques de l’habitat. Des groupes de travail ont été organisés avec des assureurs et des juristes pour préciser les responsabilités et les enjeux juridiques de l’accompagnement.</div><div><br /></div><div> </div><div></div><h3><strong>Des formations se mettent en place</strong></h3><div> L’université du Littoral Côte d’Opale (ULCO) a créé un Diplôme Universitaire « Autoréhabilitation Accompagnée ». Cette formation de 72 heures aborde les thèmes suivants :</div><div>« Connaître et comprendre ce qu’est l’ARA  appréhender les modèles économiques de l’ARA  accompagner les habitants : analyse, médiation et conseil  dialoguer avec les habitants autour des questions d’isolation, d’étanchéité à l’air  monter un projet de rénovation (de l’analyse au choix de matériaux à l’estimation économique du projet)  gérer la relation avec le maître d’ouvrage dans le « faire avec » : gestion des conﬂits et postures professionnelles ». La formation s’adresse à toute personne connaissant l’activité du bâtiment et de la construction : chef d’équipe, chef de chantier, artisan, diagnostiqueur ou conseiller en rénovation, assistant à maîtrise d’ouvrage, maîtres d’œuvre, demandeurs d’emploi avec des qualiﬁcations dans le bâtiment. Vers novembre 2019 c’est une quatrième promotion qui suivra cette formation  et lorsqu’il fut question de la décentraliser en partenariat avec l’Université d’Avignon, ce fut une cinquantaine de candidats qui se firent rapidement connaître.</div><div><br /></div><div></div><h3><strong>Des territoires s’engagent</strong></h3><div>Cela fait cinq ans que Lille métropole soutient un programme d’ARA. C’est aussi un des objectifs du programme européen Interreg FAIRE qui associe la région Hauts de France et la Wallonie. Des parcs naturels régionaux tels que Cap et Marais d’Opale, ou celui de Millevaches promeuvent l’ARA. Certes, que des politiques publiques de l’habitat reconnaissent et soutiennent l’implication des maîtres d’ouvrages dans la conception et la réalisation des travaux du bâtiment, c’est une petite révolution culturelle et il convient de s’y engager avec prudence et rigueur. Sur la légitimité de l’autoproduction en matière de production du logement, nous n’en sommes pas encore au stade du gouvernement des Pays-Bas qui a décidé en 2010 qu&apos;un tiers des habitations néerlandaises devait être auto-construit d&apos;ici à 2040. . Toutefois il convient de rappeler qu’en 2009 le Conseil d’Etat dans son rapport Droit au logement, droit du logement recommande de « Promouvoir l’autoconstruction et l’autoréhabilitation des logements par les habitants ». La légitimité de l’ARA ne se pose plus  reste la volonté politique de faciliter sa diffusion.</div><div><br /></div><div></div><h3><strong>De la nécessité d’un soutien public</strong></h3><div>Pour le moment l’autoréhabilitation du logement n’est mise en œuvre que par des maîtres d’ouvrage particulièrement dynamiques. Un accompagnement professionnel bien préparé est indispensable pour favoriser le passage à l’acte d’un public beaucoup plus large qui peut mobiliser son temps et sa force de travail mais qui manque de confiance en soi, de compétences techniques ou de réseau relationnel. Il est nécessaire que cet accompagnement soit financièrement pris en charge par la puissance publique. Plus généralement, pour faciliter la diffusion de l’ARA dans de bonnes conditions, le Rapport Berrier faisait 14 recommandations. Nous n’en évoquerons ici que quelques-unes :</div><div>-     Donner un régime juridique, social et fiscal à l’autoproduction et à l’entraide dans le secteur de la construction.</div><div>-     Etudier avec les Ministères de l’Education Nationale et du Travail, et les organisations professionnelles, la création d’une filière de l’accompagnement à l’autoréhabilitation.</div><div>-     Ouvrir des discussions entre les assureurs et les parties prenantes pour une juste appréciation du risque à assurer.</div><div>-     Rendre éligibles aux aides de l’Etat les travaux de rénovation énergétique réalisés en autoréhabilitation et répondant à des critères d’éco-conditionnalité.</div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LautorehabilitationAccompagneeDuLogement">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2022-11-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LaVieLargeManifesteEcosocialiste" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,pour_des_transitions_energetique" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-15 11:53:23" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_LaVieLargeManifesteEcosocialiste"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              La vie large-manifeste écosocialiste </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_LaVieLargeManifesteEcosocialiste" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/11/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">La vie large-manifeste écosocialiste </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema pour_des_transitions_energetique">
                      Pour des transitions énergétique 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div style="text-align:center;"><strong>« La vie large - manifeste écosocialiste » est le titre d’un livre écrit par Paul Magnette, qui a été Ministre de l’Energie et du Climat au sein du gouvernement fédéral belge et ministre-président de la Wallonie et depuis 2019 Président du Parti socialiste belge.</strong></div><div><strong><br /></strong></div><div><h3><strong>Une lueur d’espoir.</strong></h3><br /></div><div> Ce livre remarquablement documenté et de lecture facile vient donc d’un professeur de théorie politique à l’Université libre de Bruxelles qui est aussi un homme politique. Autrement dit, un livre à lire si l’on veut reprendre espoir, avoir un projet politique crédible et ne pas être paralysé par l’analyse de la situation actuelle. Celle-ci est désespérante, puisque les accords de Paris en 2015 avaient retenu l’objectif de ne pas dépasser 1,5 °C d’augmentation des émanations carbone à la fin du siècle par rapport à l’ère préindustrielle. Alors que les engagements climatiques actuels des différents Etats du monde mettent notre planète sur une trajectoire de réchauffement catastrophique de 2,5°C. Cet été, avec les inondations, les incendies et la canicule, nous avons eu un avant-gout de ce que serait un avenir catastrophique, alors que nous en sommes seulement à une augmentation de 1,2°C par rapport à l’ère préindustrielle. <br /><br /></div><div>On peut douter que la COP 27, réunie actuellement en Egypte, puisse dégager l’horizon. Sont présents plus de 6OO lobbyistes favorables aux énergies fossiles et en face les militants écologistes pèsent bien peu. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Gutterez a été clair, l’humanité a un choix : soit un pacte de solidarité climatique, soit un pacte de suicide collectif. <br /><h3><br /><strong>Pour un compte carbone</strong>. </h3></div><div><br /></div><div>« Les 10% les plus riches de la population mondiale sont responsables à eux seuls de près de la moitié des émissions (de gaz à effet de serre), alors que la moitié la plus pauvre de l’humanité ne produit que 12% des émissions globales ». Quant à une toute petite minorité de 1%, elle émet à elle seule plus de carbone que la moitié la plus pauvre du monde. Et en France le 1% le plus riche émet quarante fois plus que les 10% les plus pauvres. Il n’y aura pas de lutte contre le réchauffement climatique sans lutte contre les inégalités. <br /><br /></div><div>Pour répondre au défi climatique, Pierre Calame nous a envoyé le message suivant : « Avec les alliés, de plus en plus nombreux de « compte carbone », <a href="https://comptecarbone.cc/">https://comptecarbone.cc/</a>, nous sommes arrivés à la conviction que seule l’allocation à tous d’un quota égal d’émissions annuelles de gaz à effet de serre répondait au défi climatique ». Pour que chacun comprenne ce dont il s’agit, nous reproduisons son texte : « A question radicale, solution radicale »<a href="#_ftn1">[1]<br /></a><h3><br /><strong>« Nous ne sommes pas des ascètes. Il nous faut la vie large ».</strong></h3></div><div><br /></div><div>C’est cette citation de Jean Jaurès que Paul Magnette met en exergue de son livre. Il écrit notamment : « Soumettre la sphère de la production et de la consommation à la délibération démocratique, n’est-ce pas la manière de se poser enfin les questions trop longtemps éludées, « que produire et comment produire » pour répondre aux besoins humains<a href="#_ftn2">[2]</a>, tout en respectant les limites physiologiques des humains et les limites de notre environnement naturel ?<a href="#_ftn3">[3]</a>». Pour nous inciter à consommer toujours davantage les moyens sont énormes : « aux Etats-Unis, le budget annuel alloué par les entreprises à la publicité commerciale équivaut au double des dépenses d’enseignement »<a href="#_ftn4">[4]</a>. <br /><br /></div><div>Au contraire, « Il nous faut la vie large ! Toute perspective de transition climatique devrait démontrer que le monde à venir améliorera le bien-être et le plaisir d’une immense majorité de la population. Plutôt que de faire le portrait des cercles de l’enfer où nous plongera le réchauffement climatique, il faut dépeindre…les plaisirs et la beauté d’un monde sans carbone, un monde apaisé, où l’insécurité de l’existence recule sans cesse, où chacun accède à la santé, à l’éducation, à une alimentation et un logement sains, où la jouissance de la nature n’est plus un privilège… »<a href="#_ftn5">[5]</a>. <br /><br /></div><div>A condition de mener une autre politique, il s’agit de convaincre une partie de la population tentée aujourd’hui par un repli identitaire mortifère qu’un autre avenir est possible avec la « vie large ». Paul Magnette pour ouvrir le dialogue fait quelques propositions. L’ECCAP, avec d’autres, s’engage dans les mois à venir à ouvrir des débats sur ce que pourrait être une autre politique. </div><div><br /><br /></div><div><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Voir dans l’ECCAP, Pierre Calame : A question radicale, solution radicale.
<div>[2] Questions souvent posées par différents articles de l’ECCAP : voir par exemple Guy Roustang : Esquisse sur les besoins.
</div><div>[3] P.188 du livre. Nous recommandons vivement également l’interview de Paul Magnette à France Inter le 11 octobre 2022.
</div><div>[4] P. 78 du livre. Dans un article du Monde des 6/7 nov. 2022, intitulé « Régulons enfin la publicité » un économiste et un politiste écrivent : « Alors qu’Emmanuel Macron annonce « la fin de l’abondance », les quelque 34 milliards d’euros de dépenses annuelles en publicité et marketing promotionnel - un montant comparable à l’effort des entreprises françaises en matière de recherche et développement - continuent de doper des modèles économiques fondés sur la surconsommation et incompatibles avec les limites planétaires ».
</div><div>[5] P. 256</div>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LaVieLargeManifesteEcosocialiste">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2022-10-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LecoleDeLaReconciliation" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,eduquer_et_enseigner_autrement" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-15 14:51:19" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_LecoleDeLaReconciliation"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              L’école de la réconciliation </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_LecoleDeLaReconciliation" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/10/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">L’école de la réconciliation </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema eduquer_et_enseigner_autrement">
                      Eduquer et enseigner autrement 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div style="text-align:center;"><b><i>Nous parlons  d’une réalisation impressionnante relatée par son promoteur Jérémie Fontanier dans le livre « L’école de la réconciliation »<a href="#_ftn1" style="background-color:rgb(255,255,255);">[1]</a>. L’ECCAP a eu déjà l’occasion de souligner la nécessité de changer l’école pour sauver notre démocratie dans un article de F.Dubet, dans les articles de B.Viard</i></b>.</div><div><br /></div><div>Les différentes étapes de cette réalisation impressionnante sont analysées par l’auteur. Impressionnante parce que les progrès sont remarquables dans un quartier défavorisé où les élèves ont souvent intériorisé qu’ils ne sont pas capables de réussir. Alors que dans le lycée, de 2002 à 2012, un tiers des élèves de Terminale Economique et Social échouait au bac, il y a eu de 2018 à 2022, 100% de réussite, cinq années de suite. De tels résultats ne se sont pas faits sans mal. L’auteur nous décrit les différentes étapes de la méthode qu’il a lui-même progressivement découverte et élaborée. <br /><br /></div><div>Il commence par un état des lieux de l’école dans les quartiers populaires et rappelle quelques faits. « Au lycée, le taux de bacheliers est aujourd’hui de 50% chez les enfants d’ouvriers, alors qu’il est de 90% chez les enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures… Il souligne la sous-dotation en moyens humains des départements les plus modestes de France : « en Seine St Denis…il y a « moins de tout » (policiers, magistrats ou, à l’école, médecins et enseignants) et le sous-investissement public est tel qu’il est possible d’affirmer que l’Etat fait des économies « sur le dos » des élèves et des familles des quartiers populaires »<a href="#_ftn2">[2]</a>. Les enseignants qui accueillent les élèves les plus défavorisés sont aussi les plus jeunes et les moins expérimentés et plus souvent des contractuels. Autrement dit c’est « la faute du système » constate l’auteur<a href="#_ftn3">[3]</a>. Mais il n’en reste pas là et parle tout d’abord de Gaëlle qui avait la volonté de bien faire mais dont les prises de note étaient incohérentes. Le professeur a alors pris conscience qu’il avait « trop souvent fait des sous-entendus et eu recours à des raccourcis dans les connexions logiques ». Constatant la bonne volonté de Gaëlle et avec l’accord de sa mère, le professeur a consacré bien des heures à travailler avec elle à la médiathèque de Gagny pour « tout recommencer, revenir sur les idées, réexpliquer les liens logiques…Gaëlle ne subissait plus, elle devenait capable de compréhension fine du cour…Gaelle retrouvait le goût d’apprendre, l’envie ». « Me voici donc du haut de mes six semaines d’expérience dans l’Education Nationale, rejoignant la grande famille « des profs qui font des choses en plus » ». <br /><h3><br /><strong>Les étapes pour assurer la réussite de tous</strong></h3></div><div><br /></div><div>« Si un monde nouveau s’était ouvert avec Gaëlle, alors pourquoi n’en irait-il pas de même pour Hugo, Asna, Jayson, Clémentine, Hilem ou Sidrah ? » Il est impossible de résumer en quelques lignes le cheminement et la prise de conscience progressive de l’auteur du livre « L’école de la réconciliation », mais il est possible de rappeler sèchement quelques étapes de ce qui a permis la réussite de tous au baccalauréat. L’auteur a pris conscience que si les élèves « ne voulaient pas et semblaient ne pas pouvoir travailler plus que cela, peut-être fallait-il les brusquer un peu. Alors je suis devenu sévère ». Au lieu de faire un contrôle par mois il a fait un contrôle tous les mardis avec 20 questions dans un Questionnaire à Choix Multiple portant sur la semaine qui précédait. « La consigne était clair : 30 à 45 minutes par jour de relecture à la maison ». <br /><br /></div><div>Puis l’auteur a décidé un jour une nouvelle règle : « en dessous de 4/10 au QCM j’appelle les parents ». C’était du jamais vu, compte tenu des relations habituellement très lâches de l‘école avec les parents. N’était-ce pas un coup de bluff très risqué ? Il s’est avéré que « de l’autre côté de ces froids numéros de téléphone se trouvaient de nouveaux alliés que j’allais pouvoir rencontrer…J’avais l’impression de découvrir un nouveau continent ». <br /><br /></div><div>Au sein de l’Education Nationale, non seulement la coopération avec les familles est habituellement limitée, elle l’est aussi entre les professeurs. Avec David, professeur de mathématiques, qui voyait les progrès des élèves avec son collègue Jérémie, une collaboration a commencé à s’instaurer. Chacun assistait parfois au cours de l’autre. David est devenu « un frère d’armes ». « Echanger régulièrement entre collègues, c’était s’obliger à rompre avec la posture confortable et même flatteuse…de l’enseignant qui travaille de façon isolée…Plus nous unissions nos efforts, plus nous étions forts ». Progressivement la collaboration avec les autres professeurs et les familles s’est affirmée et alors « rien ne pouvait plus nous empêcher de faire réussir tous les élèves ». <br /><br /></div><div>Le terme « réconciliation » s’est imposé à l’auteur. Tout d’abord réconciliation des élèves avec eux-mêmes. « David et moi avons le sentiment de n’être que de simples miroirs, plaçant les élèves face à leur propre puissance intellectuelle, morale, esthétique. « Monsieur, j’y arrive ! » » Réconciliation aussi entre membres de la même équipe pédagogique et entre l’école et les familles. Enfin une quatrième grande réconciliation « celle des professeurs avec l’école, celle des enseignants avec eux-mêmes » et fiers du métier d’enseignant. <br /><br /></div><div><h3><strong>Est-ce généralisable ? </strong></h3><br /></div><div>La médiatisation de cette réalisation a commencé. Et « durant l’année scolaire 2021-2022, une dizaine de collègues ont décidé de s’inspirer de la méthode élaborée à Drancy…Pour les collègues qui nous rejoignent les débuts sont forcément chronophages ». Mais l’auteur nous dit qu’en période de croisière, ni lui, ni son collègue David ne travaillent plus que leurs collègues.<br /><br /></div><div>L’auteur écrit : « si nous avons eu besoin de dix ans afin d’élaborer la méthode et de la rendre suffisamment efficace pour la faire connaître, une décennie supplémentaire semble nécessaire afin de constituer un groupe de collègues partants pour expérimenter la co-éducation telle que nous l’avons imaginée à Drancy. D’une dizaine de collègues en 2021, nous pensons qu’il est possible d’être une centaine dans quelques mois et un millier à l’horizon 2030 ». <br /><br /></div><div>Quel sera l’impact du Conseil national de la refondation (CNR) lancé par le gouvernement le 3 octobre ? Pour le ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye, l’objectif est de « donner plus de liberté d’innovation aux équipes » et de « créer dans chaque territoire, une dynamique autour de l’école en associant les parties prenantes ». Il souhaite insuffler « une nouvelle culture » et mise sur un « effet d’entraînement » entre les établissements lorsque les premiers projets verront le jour<a href="#_ftn4">[4]</a>. Terrible question devant nous : le renforcement de l’autonomie va-t-il entraîner une aggravation des inégalités, au nom de l’idée que « quand on veut, on peut » comme si la méritocratie n’était pas une chimère dans le système actuel<a href="#_ftn5">[5]</a>, ou au contraire va-t-on faire de l’école de la réconciliation un exemple à suivre ? <br /><br /></div><div><br /></div><div></div><div><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] La réconciliation. Un professeur à Drancy. Ed. Les liens qui libèrent, 2022.
<div>[2] « Evaluation de l’action de l’Etat dans l’exercice de ses missions régaliennes en Seine St Denis » rapport de l’Assemblée nationale, 2018.
</div><div>[3] L’auteur s’inquiète du risque d’instrumentalisation politique possible : puisque des professeurs sans moyens supplémentaires réussissent, pourquoi ne pas poursuivre « la politique d‘austérité budgétaire touchant l’école en France ». Voir p.167.
</div><div>[4] Le Monde du 6 oct.2022, p.16.
</div><div>[5] Voir « La Croix-l’hebdo, 24/25 sept. p.34 ». Jérémie Fontanieu interviewé déclare : « les éléments de langage du gouvernement continuent d’entretenir le mythe du « quand on veut, on peut » ».</div>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LecoleDeLaReconciliation">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-05-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N28LeMondeDApres15052020" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 10:37:25" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N28LeMondeDApres15052020"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Le monde d&apos;après  </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N28LeMondeDApres15052020" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/05/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Le monde d&apos;après  </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h3><strong>L’hôpital français a tenu</strong></h3><div><br />L’écrivain Sylvain Tesson qui a plongé dans les coulisses de l’hôpital parisien La Pitié Salpêtrière nous dit ceci : Si l’hôpital français a tenu « c’est grâce à une troupe de soutiers inconnus… A la Pitié chacun confirme que l’inventivité des personnels hospitaliers a permis d’absoudre l’impréparation des personnels politiques ». Selon un infirmier réanimateur : « Les français sont ainsi faits » « qu’ils rivalisent de génie dans la débrouille ». Un cadre technique raconte : « Avec les 125 techniciens, on a dû tout inventer. Il fallait reconfigurer les salles, convertir des véhicules en ambulances de fortunes. Pour une fois on n’était pas astreints aux normes ! ». Un collègue ajoute « On a eu l’impression de faire quelque chose de grand, les chauffagistes aidaient à l’électricité, les électriciens transportaient des planches, personne ne mouftait, c’était le branle-bas ». Des bénévoles sont venus prêter main-forte. Un polytechnicien en troisième année pousse un diable chargé d’une cargaison de filtres (0). Le contraste est saisissant entre ceux qui, à tous les étages, ont permis aux hôpitaux de tenir et le cafouillage des politiques. Mais d’où vient l’impréparation des personnels politiques ?</div><div><br /><h3><strong>Comment a-t-on pu en arriver là ?</strong></h3></div><div><br />C’est ce que se demande Vincent Lindon, en simple citoyen[1]. Et il répond « Au-delà de la santé, c’est l’ensemble du secteur public qui subit depuis des décennies les coups de boutoir des présidents qui se succèdent avec toujours la même obsession : réduire la place de l’État dans l’économie. La recette est simple : privations pour ce qui coûte (l’éducation, la justice, la police, l’armée, la santé…) et privatisations pour ce qui rapporte.</div><div><br />Tandis que les budgets des ministères régaliens sont comprimés et les salaires de leurs fonctionnaires bloqués, la grande braderie est ouverte. Villepin solde les autoroutes, Nicolas Sarkozy fait absorber Gaz de France par un groupe privé, Suez, et enfin François Hollande, sous la férule de Macron, démembre Alstom pour le plus grand profit de l’américain General Electric.</div><div><br />Avec l’arrivée d’Emmanuel Macron, la fête continue. Deux entreprises publiques, la Française des jeux (FDJ) et Aéroports de Paris (AdP), sont très rentables ? Vendez-les ! »<br />Mais pourquoi V.Lindon s’inquiète puisqu’E.Macron a déclaré récemment. « Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché » [2]. E.Macron, et tous les tenants du néolibéralisme qui nous ont menés là où nous en sommes, seraient-ils « convertis » ? On peut en douter.</div><div><br /><h3><strong>Le monde d’après : le même, en un peu pire ? Ou bien un autre monde ?</strong></h3></div><div><br />Comment ne pas être optimiste, puisque nous croulons sous les appels au changement et constatons de multiples réalisations. Par exemple la création de nombreux réseaux d’approvisionnement alimentaire de proximité. De très nombreuses déclarations plaident pour lutter contre les inégalités et le réchauffement climatique, pour la rénovation de nos démocraties : celles de « Pouvoir de Vivre » ou de « PourLejourDaprès » qui regroupent un grand nombre d’associations et de syndicats, celles d’Alternatiba et de Place publique par exemple, les déclarations de nombreuses personnalités : N.Hulot, Laurent Berger, D.Bourg etc. etc.</div><div><br />Houellebecq aurait donc tort de déclarer : « Nous ne nous réveillerons pas, après le confinement, dans un nouveau monde  ce sera le même, en un peu pire »[3].</div><div><br />A moins qu’il soit lucide, si nous ne réussissons pas à surmonter des obstacles redoutables. Notamment les trois suivants : les inégalités, le pouvoir de la finance qui dirige le monde, et celui des géants du numérique.</div><div><br /><h3><strong>Les inégalités</strong></h3></div><div><strong><br /></strong>Les richesses des 1 % les plus riches de la planète correspondent à plus du double des richesses cumulées de 6,9 milliards de personnes. [4] Mais attention de ne pas se focaliser uniquement sur les très, très riches. Je fais partie personnellement (et comme sans doute beaucoup de lecteurs de l’eccap) des 10% les plus riches qui consomment 50% des richesses mondiales. Sommes-nous prêts vraiment à une réforme fiscale qui serait « révolutionnaire », comme l’a été celle de F.D. Rooesevelt avec le new deal, en taxant fortement les hauts revenus et les successions, en luttant plus efficacement contre l’optimisation ou la fraude fiscale [5]. Sommes-nous prêts à une taxe qui tiendrait compte de notre empreinte écologique, qui serait aussi révolutionnaire que l’a été l’introduction de l’impôt progressif sur le revenu[6]. Taxe qui soulève les mêmes objections que celles qui étaient faites au moment de la création de l’impôt sur le revenu en 1914.</div><div><br /></div><h3><strong>Les financiers qui dirigent le monde</strong></h3><div><br /></div><div>Il est conseillé à tous ceux qui croient possible un autre monde de consacrer une heure trente de leur loisir à regarder le film de Tom Ockers intitulé : « Black Rock. Ces financiers qui dirigent le monde ». Ils prendront alors la mesure de la difficulté d’envisager un autre monde.</div><div><br />Black Rock est le plus grand financier du monde avec 6000 milliards d’actifs qui appartiennent à de gros investisseurs mais aussi à des millions de petits épargnants. En regardant le film on comprend comment Black Rock et d’autres peuvent influencer les entreprises, les responsables politiques et les Etats.</div><div><br />Larry Finck, Président de Black Rock a été le premier dirigeant financier à être reçu par E.Macron après son élection et il aimerait profiter d’une évolution de notre régime des retraites.[7] Suite à une rencontre avec Larry Fink, Lopez Obrador nouvel élu à la tête du Mexique a probablement renoncé à nationaliser certains secteurs touchant à l’énergie dans lesquels Black Rock avait de gros intérêts. Quant aux belles déclarations de Black Rock en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, elles ont tout juste valu un diplôme d’imposture décerné par dérision à Larry Fink. La compétence de Black Rock pour conseiller les individus ou les institutions sur les risques d’un placement est incontestable. Les moyens qui fondent cette compétence sont colossaux. Il n’est donc pas étonnant que la Banque centrale européenne ait eu recours à ses services pour évaluer la fiabilité des banques européennes. Mais ses critères d’évaluation sont financiers. Ils ne se soucient pas de répondre à la question de savoir si les investissements sont éthiques ou non. Encore moins de savoir si les investissements de Mr Al Gore dans l’énergie verte sont destructeurs des forêts ou non[8].</div><div><br />Un seul livre est paru sur Black Rock en allemand : « BlackRock: Eine heimliche Weltmacht greift nach unserem Geld » (« Une puissance mondiale cachée met la main sur notre argent »).. Pour le rédiger Heike Buchter a recueilli des témoignages d’anciens salariés de Black Rock qui tous ont voulu rester anonymes de peur de voir leur carrière compromise.</div><div><br /><h3><strong>Du capitalisme industriel au capitalisme numérique</strong></h3></div><div><strong><br /></strong>Quand nous avons rédigé la lettre n° 27 nous n’avions pas connaissance de l’action menée par le collectif franco-espagnol Ecran total et Ecologistas en accion, ni de sa contribution « Ne laissons pas s’installer le monde sans contact »[9]. Avec le confinement, le numérique est devenu notre mode privilégié de rapport au monde et aux autres. Rien d’étonnant alors à ce que les valeurs en bourse des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) soient en hausse depuis les débuts de la pandémie, alors qu’en moyenne les autres valeurs baissent.[10] Le 4 mai les GAFAM étaient estimées 4.800 milliards d’euros alors que les 40 plus grandes sociétés françaises du Cac40 valaient 1400 milliards.</div><div><br />Au temps du capitalisme industriel, les démocraties ont su lutter contre les dangers des concentrations excessives[11], il est grand temps qu’aujourd’hui elles limitent les pouvoirs des GAFAM.</div><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[0] Le Monde du 29 avril 2020..<br />[[1] Vincent Lindon a proposé à Mediapart sa déclaration le 6 mai 2020<br />[2] Le Monde 14 mai 2020<br />[3] Lundi 4 mai sur France Inter.<br />[4] Rapport Oxfam Inégalités 2020.<br />[5] Un article de l’eccap rendra compte prochainement du livre récemment paru de G.Zucman et E.Saez « Le triomphe de l’injustice ».<br />[6] Voir Propositions pour un retour sur terre, signé par Dominique Bourg et alii.<br />[7] Retraites: BlackRock souffle ses conseils pour la capitalisation à l’oreille du pouvoir. 9 DÉCEMBRE 2019 PAR MARTINE ORANGE.<br />[8] Voir le film de Michael Moore et Jeff Gibbs La Planète des Humains dont voici le lien:https://www.youtube.com/watch?v=Zk11vI-7czE<br />[9] https://www.terrestres.org/2020/04/27/ne-laissons-pas-sinstaller-le-monde-sans-contact/<br />[10] Dans Marianne du 5 mai 2020 : « depuis le début de l’année, nonobstant la crise du coronavirus, les cinq titres sont en hausse de 10%, alors que les 495 autres valeurs du S&P 500 baissent de 13% en moyenne ».<br />[11] La première loi anti-trust aux Etats-Unis date de 1890.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N28LeMondeDApres15052020">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2019-09-14" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N10UnAutreAvenirPossible1092019" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="ne_sais_pas" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 09:40:14" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N10UnAutreAvenirPossible1092019"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Le projet de l&apos;eccap rendre un autre avenir possible  </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N10UnAutreAvenirPossible1092019" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>14/09/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Le projet de l&apos;eccap rendre un autre avenir possible  </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema ne_sais_pas">
                       <a href=?ne-sais-pas>Je ne sais pas </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Nous voudrions faire de l’eccap un outil de réflexion, de formation, ouvert à tous ceux qui souhaiteraient participer et qui partagent nos convictions (voir eccap, lettre n°1 et avant-propos).<br /><br /></div><div><br />La notion même de changement de cap amène à prendre acte des bouleversements en cours, y compris au niveau mondial. Après la fin de la guerre froide et la chute du mur de Berlin, le livre de F. Fukuyama paru en 1992 intitulé « La fin de l’histoire et le dernier homme » pouvait donner à penser que la suprématie de la démocratie et du libéralisme était définitivement assurée. Mais les pays du G7 réunis récemment à Biarritz ( France, Allemagne, Italie, Royaume Uni, , Etats-Unis, Canada, Japon) ne représentent plus que 40% de la richesse mondiale mesurée par leur PIB contre 70% il y a 45 ans. Avec l’arrivée de Trump à la présidence de la démocratie la plus ancienne, on ne peut que s’inquiéter de la fragilité des institutions démocratiques. Et si les Etats-Unis sont incontestablement la première puissance militaire, Trump dans sa volonté de s’en tenir étroitement aux intérêts des Etats-Unis, affiche un certain repli par rapport au reste du monde. Ce qui contraste de manière saisissante avec les ambitions de Xi-Jin Ping de faire à nouveau de la Chine la première puissance mondiale, grâce notamment aux multiples partenariats que permettent les nouvelles routes de la soie<a href="https://mail.aol.com/webmail-std/fr-fr/suite?lang=fr&amplocale=FR#_edn1">[1]</a>. L’importance actuelle et à venir de la Chine, qui n’est pas un modèle de démocratie, nous entraîne bien loin de Fukuyama.<br /><br /></div><div><br />Ceci étant, les résultats du G7 représentent sans doute, grâce à la politique menée par E.Macron, l’optimum de ce que l’on pouvait en espérer. Qu’il s’agisse d’éviter une coupure grandissante entre les Etats-Unis et l’Europe en calmant quelque peu les foucades de Trump, du refus de signer le Mercosur en l’état actuel, de l’intérêt porté à la protection de la forêt amazonienne, avec les modestes perspectives de reforestation, en opposition à la politique catastrophique menée par le président brésilien Bolsonaro. Qu’il s’agisse aussi des avancées concernant la fiscalité des multinationales du numérique sur laquelle nous reviendrons.<br /><br /></div><div><br />Les opposants à E.Macron ont évidemment raison de souligner que la volonté de ne pas signer le traité Mercosur en l’état est bien tardive et qu’il ne fallait pas signer le traité CETA avec le Canada qui présente des dangers évidents.<br /><br /></div><div><br />Plus généralement, l’eccap considère qu’un véritable changement de cap suppose de remettre en question toute une idéologie qui tourne autour de la volonté de faire de la France une start-up nation, ou qui ambitionne de voir le plus de français possible devenir millionnaire ou milliardaire... L’eccap veut apporter sa pierre à la lutte en cours contre un capitalisme néo-libéral qui s’inquiète lui-même de son avenir (tant les dégâts qu’il entraîne sont gravissimes), contre les risques de la numérisation, de l’homme augmenté etc. avec la conscience du tragique de notre situation. Un article récent du Monde du 17 août 2019 était titré « Ecologie, climat : l’effondrement n’est pas inéluctable ». Nous partageons l’analyse des six chercheurs signataires qui considèrent que « la panique de la collapsologie est tout aussi paralysante que la certitude des climatosceptiques » Ces chercheurs plaident pour une mobilisation concertée alliant militance citoyenne, décideurs politiques et entreprises.<br /><br /></div><div><br />Nous poursuivons donc notre effort en collaboration (avec tous ceux qui le veulent bien) pour les changements radicaux qui s’imposent en envisageant un autre avenir possible. En sachant que l’avenir se joue aussi bien au niveau des idées que des réalisations innovantes si modestes soient-elles parfois.<br /><br /></div><div><br /><br /><br /></div><div><a href="https://mail.aol.com/webmail-std/fr-fr/suite?lang=fr&locale=FR#_ednref1"><br /></a><br /><br /></div><div><br /><br /><br /></div><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Peter Frankopan. Les nouvelles routes de la soie. 2018.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N10UnAutreAvenirPossible1092019">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2024-06-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LeReveEuropeen" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="enchanter_nos_mondes" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-22 10:49:54" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_LeReveEuropeen"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Le rêve européen </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_LeReveEuropeen" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/06/2024</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Le rêve européen </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema enchanter_nos_mondes">
                       <a href=?enchanter-nos-mondes>Enchanter nos mondes </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h2 class="wp-block-heading"><br /></h2>    <p>C’est avec ce titre « Le rêve européen;» que Jeremy Rifkin, auteur à succès américain a fait paraître en 2004 son livre <a href="#_ftn1">[1]</a>. Le ressortir 20 ans après grâce à une voisine qui se débarrasse d’une partie de sa bibliothèque ne manque pas de sel ! Est-il prémonitoire ou est-ce un rêve? Toujours est-il que le numéro de printemps 2024 de la revue trimestrielle Zadig a pour titre « Rêver l’Europe».</p>    <p>En complément de son titre « le rêve européen;» en page de garde, J.Rifkin précisait : « comment l’Europe se substitue peu à peu à l’Amérique dans notre imaginaire». Et dans Zadig qui a pour titre du n° de printemps 2024 « Rêver l’Europe;» l’ukrainien A.Kourkov déclare : « Vous savez, sous l’URSS, nous croyions tous dans l’American Dream. Mais après la chute du mur, les Ukrainiens l’ont remplacé par l’European Dream». Et à titre d’exemple, selon la presse, aujourd’hui 80% des géorgiens choisissent l’Europe et s’opposent à leur gouvernement tenté d’imiter la Russie de Poutine. </p>    <p>J.Rifkin est américain et s’il avait eu à choisir il y a 20 ans, il aurait choisi à nouveau d’être américain. Il n’empêche qu’il considère que l’Europe telle qu’elle était il y a 20 ans, lui semblait présenter pour l’avenir du monde des qualités susceptibles d’être un modèle pour le monde supérieur à l’esprit américain. Il cite Romano Prodi alors Président de la Commission Européenne qui déclarait : « Nous (les européens) apportons au monde l’exemple réussi d’une méthode pour la paix».</p>    <h3><strong>A la croisée des chemins</strong></h3>    <p>Ce « rêve européen» peut paraître dérisoire quand on voit le « sud profond» qui s’écarte de l’occident, quand on voit les difficultés de la France en Afrique de l’ouest. Déclin de l’Occident selon Poutine? Ou au contraire l’avenir est-il porté par les géorgiens et tous ceux qui ont fui la Russie de Poutine?</p>    <p>Mais Abderrahmane Sissako nous dit :  « Nous, africains, nous avons le sentiment que l’Europe a toujours un regard condescendant, qu’elle ne juge pas à égalité les autres culture »<a href="#_ftn2">[2]</a>. Et dans ce même numéro remarquable de la revue trimestrielle Zadig du printemps 2024, Hartmut Rosa, penseur allemand, nous met en garde. Il écrit : <strong>« l’Europe doit se mettre à l’écoute du monde » </strong>plutôt que dominer, il lui faut résonner. A travers les concepts de démocratie et de droits de l’homme et du citoyen, elle a en même temps fait une puissante promesse :<b> </b>que les citoyens et citoyennes puissent entrer ensemble dans une relation de résonnance, une relation dans laquelle leurs différentes voix pourront trouver une écoute…»<a href="#_ftn3" style="font-weight:bold;"><strong>[3]</strong></a></p>    <hr class="wp-block-separator" />    <p><br /></p>    <p></p>         
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Jeremy Rifkin. Le rêve européen. Librairie Arthème Fayard pour la traduction française. 2005.
</p><p>[2] Numéro « hors-série» de la revue trimestrielle Zadig, printemps 2024 en collaboration avec Arte, intitulé « Rêver l’Europe» p.82
</p><p>[3] Dans ce même numéro p.191.</p><p>
</p><p>
</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LeReveEuropeen">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-01-29" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N20LesResponsabilitesPartageesDuneSoc" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,renforcer_les_solidarites,reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 09:57:56" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N20LesResponsabilitesPartageesDuneSoc"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Les responsabilités partagées d’une société de la ségrégation </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N20LesResponsabilitesPartageesDuneSoc" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>29/01/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Les responsabilités partagées d’une société de la ségrégation </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema renforcer_les_solidarites">
                      Renforcer les solidarités 
                     </span>
                 <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Le succès du film « Les Misérables » incite à revenir sur la question des banlieues, alors même qu’elles ne sont pas actuellement sur le devant de la scène, comme l’ont été les gilets jaunes et comme le sont les grèves et manifestations contre le projet du gouvernement sur les retraites. Ladj Ly, le réalisateur du film enraciné depuis 30 ans à Montfermeil nous dit que rien n’est inventé dans ce face à face entre policiers de la BAC (Brigade anti-criminalité) et jeunes de Montfermeil, commune de la Seine St Denis. C’est l’illustration d’une société de la ségrégation pour reprendre le titre d’un article d’Eric Vuillard « Les Misérables est un film universel sur une société de la ségrégation ». [1]</div><div><br />L’écrivain Alex Jenni commente ainsi le film dans le journal La Croix du 26 novembre 2019 : « tous les personnages sont doubles : à la fois ce qu’ils pourraient être et ce que la violence de la banlieue a fait d’eux … Dans cette ambivalence de chacun se trouve la solution potentielle : s’ils sont ce que la banlieue a fait d’eux, d’autres conditions les rendront différents ». La projection du film se termine par la citation suivante de Victor Hugo tiré de son roman Les Misérables : « Mes amis, il n’y a pas de mauvais hommes ou de mauvaises herbes, il y a juste de mauvais cultivateurs”. Mais qui sont ces mauvais cultivateurs ? Ne sommes-nous pas tous peu ou prou de mauvais cultivateurs en tolérant l’inertie de ceux qui nous gouvernent, en ne voyant pas la gravité du mal ? Dans Le Monde du 4 janvier 2020, Eric Vuillard écrit un article intitulé : « Les Misérables est un film universel sur une société de la ségrégation ».</div><div><br /><h3><strong>Le n’importe quoi de notre président</strong></h3>D’après La Croix, notre président a vu le film et il été « bouleversé par sa justesse, et a demandé au gouvernement de se dépêcher de trouver des idées et d’agir pour améliorer les conditions de vie dans les quartiers. » Ce qui amène le commentaire suivant d’Alex Jenni : « Avec tout le respect que l’on doit à sa fonction, on peut s’étonner de la surprise de celui qui l’occupe. Il ne savait vraiment pas ? Il serait bien le seul. Et puis cette réaction de trouver très vite des idées… On traîne le problème depuis trente ans, et il faudrait trouver très vite des idées ? Mais là, heureusement c’est facile. L’année passée, Jean-Louis Borloo avait produit un rapport sur l’état des banlieues, plein d’idées pour l’améliorer.<br />Rapport enterré par le susdit président, car : « Que deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers s’échangent un rapport… Cela ne marche plus comme ça. » Façon contemporaine de dire : qu’ils se débrouillent ».[2]</div><div><br /><h3><strong>Les responsabilités de ceux qui nous gouvernent depuis des décennies</strong></h3></div><div><br /></div><div>Mais si au niveau de notre président, c’est le n’importe quoi, impossible pour autant d’en faire un bouc émissaire car rien de sérieux et de décisif ne s’est fait au cours des dernières décennies, aucune politique cohérente et articulée venant de la gauche ou de la droite n’a été menée. Ce qui a évidemment à voir avec ce que sont les élites françaises (voir l&apos;article de Gaël Giraud <a href="https://eccap.fr/article/surleselitesfrancaises/5e1cc772f06c740015d5e3cd">Sur les élites françaises</a> dans l&apos;eccap).<br />Un rapport déposé à l’Assemblée Nationale le 31 mai 2018 par deux députés (l’un du Parti Républicain, l’autre de la République en marche)[3] « sur l’évaluation de l’action de l’Etat dans l’exercice de ses missions régaliennes à La Seine St Denis » est impressionnant, consternant et passionnant. Ce rapport très fouillé liste les injustices et les torts causés au département le plus pauvre de France. Toute une série de propositions accompagnent ce rapport qui est à l’honneur de notre démocratie. Les deux députés rappellent que « parce qu’ils sont représentants de la Nation et concourent par l’exercice de leur mandat à la définition de l’intérêt général, les parlementaires sont légitimes pour questionner l’exécutif sur l’efficience de l’action publique ».</div><div><br /><h3><strong>Des responsabilités largement partagées</strong></h3>Ce rapport très fouillé note par exemple : « comme les agents chevronnés ne demandent pas à y aller - ou très peu - les besoins en moyens humains de ce territoire difficile sont essentiellement couverts par des personnels inexpérimentés, ce qui pèse sur l’action de l’Etat dans le département ». Les recrutements des policiers, des magistrats, des enseignants se font à la « sortie d’école ». Si l’on y ajoute le constat des déserts médicaux, on prend conscience que lutter contre la ségrégation de notre société supposerait un sursaut de bien des professions et peut-être de tout un chacun. </div><div><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p><br />[1] Le Monde 4 janvier 2020.<br />[2] Julien Lenormandie, ministre chargé de la ville et du logement, malgré toute sa bonne volonté , a du mal à convaincre que le gouvernement a pris au sérieux les recommandations du rapport Borloo. Voire son débat avec Mohamed Mechmache « Quartiers populaires : une politique invisible.<br />[3] Un complément au rapport a été rédigé par madame Sylvie Charrière, députée LREM de Seine St Denis.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N20LesResponsabilitesPartageesDuneSoc">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2021-01-17" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N43LeTriompheDeLInjustice15012021" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,questionner_les_leviers_de_la_redistribution,repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,renforcer_les_solidarites" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 11:07:37" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N43LeTriompheDeLInjustice15012021"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Le triomphe de l&apos;injustice </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N43LeTriompheDeLInjustice15012021" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>17/01/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Le triomphe de l&apos;injustice </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema questionner_les_leviers_de_la_redistribution">
                      Redistribuer les richesses 
                     </span>
                 <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema renforcer_les_solidarites">
                      Renforcer les solidarités 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><img src="https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F15fd9f264001efa0668072cabf04073d203e1c628b776e87506daf3661b832d6.gif%3Fe%3DelhS-fsGmyEtSl_JlDkLtAroddcgnyXrOp4WQduEM1_UNjz2uY4Bl_96WOeVKNICPaQLA9TztrhfuDhmceHrK63kJSQfvZ_cIh0aemz1V_QXC2gYjWGbx9rLWg1LO8Tl12YPbXQypEX8lPkrYTB1EIzSsnF1js-XS25-NT1tn_snmamZubqZI5nVf_s&t=1610913623&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f58-49001601cb00&sig=5mRaBwV9uTDHrY7c0fShBw--~D" width="20" height="38" alt="mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F15fd9f264001efa0668072cabf04073d203e1c628b776e87506daf3661b832d6.gif%3Fe%3DelhS-fsGmyEtSl_JlDkLtAroddcgnyXrOp4WQduEM1_UNjz2uY4Bl_96WOeVKNICPaQLA9TztrhfuDhmceHrK63kJSQfvZ_cIh0aemz1V_QXC2gYjWGbx9rLWg1LO8Tl12YPbXQypEX8lPkrYTB1EIzSsnF1js-XS25-NT1tn_snmamZubqZI5nVf_s&t=1610913623&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f58-49001601cb00&sig=5mRaBwV9uTDHrY7c0fShBw--~D" /><br /> <br /><img src="https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F6ae2eae50267cb9f62b30384b5a97596494b6c9fcea170c955594e069987d8e6.jpg%3Fe%3DFlluHJamtHR9dpnpkaCdhUbNFrqPQwC50T1bP_w3mbNGLNIHL6vBW9p-XyRIbt9eYDKuiEhROSFgOKOsO7mdIC-OLh6Ls38cO8c35bA_7uIStyVLXpUxmFopaHRf4bjHzQCpOOJffWGrBE2GrOe1i01Tgx0BhDDqmbMRpIqv2Ep2BqW60OBIhvnZj-g1NE-w8dEaAb1bUMdT930wvtfbs05zFzOtB4AwuRgi9w&t=1610913623&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f58-49001601cb00&sig=jYZ7QhAxNs_4gFHMeckQOA--~D" width="279" height="420" alt="mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F6ae2eae50267cb9f62b30384b5a97596494b6c9fcea170c955594e069987d8e6.jpg%3Fe%3DFlluHJamtHR9dpnpkaCdhUbNFrqPQwC50T1bP_w3mbNGLNIHL6vBW9p-XyRIbt9eYDKuiEhROSFgOKOsO7mdIC-OLh6Ls38cO8c35bA_7uIStyVLXpUxmFopaHRf4bjHzQCpOOJffWGrBE2GrOe1i01Tgx0BhDDqmbMRpIqv2Ep2BqW60OBIhvnZj-g1NE-w8dEaAb1bUMdT930wvtfbs05zFzOtB4AwuRgi9w&t=1610913623&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f58-49001601cb00&sig=jYZ7QhAxNs_4gFHMeckQOA--~D" /><br /> <br /><br /><strong>Le triomphe de l&apos;injustice  est </strong>le titre du livre publié d’abord en anglais de deux économistes français, professeurs à Berkeley en Californie, qui ont contribué à l’élaboration de programmes électoraux de certains candidats démocrates à la présidence des Etats-Unis. Le sous-titre de leur livre est : « Richesse, évasion fiscale et démocratie ». Leur introduction s’intitule « Réinventer la démocratie fiscale » Dans le livre, les allusions à la France ne manquent pas, sans compter leurs interviews dans les media français.<br /><br /><h3><strong>1 - Fiscalité et démocratie. La richesse c’est le pouvoir</strong><br /><strong></strong></h3><br />Les deux auteurs nous préviennent : si l’on veut éviter de s’enfoncer « dans la dérive inégalitaire et oligarchique qui a amené Trump au pouvoir » il serait sage d’étudier l’histoire des impôts aux Etats-Unis. Le père de la constitution américaine déclarait en 1792 : « le grand objet |des partis politiques] devrait être de combattre le mal…en ne permettant pas …à quelques-uns d’accroître l’inégalité des biens par une accumulation de richesses immodérée[1] ». En France, 7 milliardaires possèdent plus que les 30 % les plus pauvres et les 10% les plus riches possèdent 50 % des richesses, selon le rapport d’Oxfam en janvier 2020.<br />Si des milliardaires français souhaitent contrôler les médias (presse écrite, télévisions, radios) ce n’est pas parce ces secteurs leur rapportent beaucoup mais pour influencer l’opinion. Pour toute personne qui veut s’informer sur le contrôle des médias par quelques milliardaires français, il y a abondance d’information.<br />Gaël Giraud dans une interview reproduit dans l’eccap déclarait : « Quand vous êtes une banque qui gagne plusieurs milliards d’euros chaque année, vous pouvez acheter tous les économistes qui passent dans le débat public…quand vous multipliez votre salaire par dix en allant travailler un jour par semaine dans une banque, vous n’avez absolument pas envie de donner une interview dans un journal pour dire du mal des banques ».<br />Et pour montrer la difficulté de contrôler le secteur financier, Gaël Giraud poursuivait : « regardez les cinq premiers postes de toutes nos grandes banques, ce sont des anciens inspecteurs généraux des finances, à tel point que l’ancien PDG de BNP Paribas aime répéter qu’il y a plus d’inspecteurs généraux des finances à BNP Paribas qu’au service de l’Etat. Cela vous dit quelque chose de cette espèce de collusion complètement incestueuse entre la finance privée et la haute administration des finances publiques, qui devrait travailler pour l’intérêt général. »[2]<br />Dans son livre « Le prix de la démocratie » (Ed. Fayard) Julia Cagé montre comment des questions en apparence techniques ont un rôle dans le sentiment d’abandon des classes moyennes et populaires, et dans la montée des populismes[3]<br /><br /><h3><strong>2- Une réforme fiscale est possible</strong><br /><strong></strong></h3><br />Les auteurs du livre ont fait un travail remarquable de rassemblement des données en collaborant avec d’autres économistes et notamment Thomas Piketty. Pour analyser l’évolution du revenu national et sa répartition pour chaque catégorie sociale, ils tiennent compte de tous les impôts aux divers niveaux administratifs. Il en résulte que pour les Etats-Unis :  - de 1946 à 1980 il y a eu une croissance forte et équitable du revenu national grâce à des taux d’imposition marginaux quasi confiscatoires,  -par contre de 1980 à 2018 les classes populaires ont été exclues de la croissance. De 1980 à 2018, les 1% les plus aisés (ceux qui touchent plus de 500.000 dollars aujourd’hui) ont vu leur revenu augmenter fortement. Pour une infime minorité, la croissance a été exponentielle : pour les 0,1% les plus fortunés les revenus ont augmenté de 320%, et pour les 0,001 (soit les deux mille trois cents américains les plus riches) de plus de 600%. Durant la même période les classes populaires, c’est-à-dire la moitié de la population qui perçoit les revenus les plus bas, n’ont pratiquement bénéficié d’aucun gain de revenu réel.<br />Il ne faut donc pas oublier que le taux marginal supérieur d’imposition des hauts revenus a été aux Etats-Unis de « 78% entre 1930 et 1980, dépassant même les 90% entre 1950 et 1963 ». C’est donc un retournement spectaculaire qui a été introduit par Ronald Reagan président des E.U. durant son second mandat en 1986. Après trois semaines de débat au Congrès, la nouvelle loi prévoyait le taux marginal supérieur d’imposition de 28%, soit le taux le plus bas de tous les pays développés. Et au Sénat la loi avait été adoptée par 97 voix contre trois. « Les démocrates Ted Kennedy, Al Gore, John Kerry et Joe Biden avaient tous voté « oui » dans un bel élan d’enthousiasme »[4] et les auteurs ajoutent : « Bien que peu populaire auprès des citoyens, cette réforme fiscale suscitait la ferveur dans les hautes sphères politiques et intellectuelles ». C’était le tournant néo-libéral qui amenait Margaret Thatcher à déclarer « La société n’existe pas, seuls les individus existent ». Et les auteurs de « Triomphe de l’injustice » constatent que pour les économistes qui enseignent dans les universités américaines enseigner les bienfaits du virage de Reagan « relève quasiment du devoir professionnel ».<br />Joe Biden nouveau président des E.U. n’a pas retenu (contrairement à Mme Warren qui était aussi candidate démocrate pour la présidence des E-U), les suggestions des auteurs du livre « Le triomphe de l’injustice » pour imposer davantage les grandes fortunes. Il est probable cependant que Joe Biden reviendra sur la décision de Trump d’abaisser l’impôt sur les sociétés.<br /><br /><h3><strong>3 - Réforme fiscale et élections présidentielles de 2022</strong><br /><strong></strong></h3><br /><strong>En France, le gouffre</strong> entre les plus riches et la classe moyenne au cours des 40 dernières années a été moindre qu’aux E.U. mais un débat démocratique est cependant essentiel pour qu’un candidat favorable à la lutte contre les inégalités nous prépare à la transition écologique et à une politique d’amélioration des services publics.<br />Il n’y a rien à attendre d’E.Macron, lui qui a été sourd jusqu’à présent :     ;- A toutes les demandes de rétablissement de l’impôt sur la fortune.<br />     - Aux demandes qui ressortaient du grand débat national à la suite du mouvement des gilets jaunes, c’est-à-dire la demande d’une meilleure répartition de l’effort fiscal qui pèse trop à l’heure actuelle sur les classes moyennes.<br />     - Au fait que 76% de la population interrogée par le baromètre Odoxa sur le moral économique des français réalisé pour BFM Business, Challenges et Aviva soutiennent l’instauration d’un nouvel impôt spécifique pour les plus aisés. Une mesure qui convainc une majorité de français, qu’ils soient sympathisants de gauche (86%), de LR (60%) ou de LREM (57%).<br />Alors qu’ E.Macron recevait le 29 juin 2020 les 150 membres de la Convention Citoyenne pour le Climat, leur demande d’une taxe de 4% sur les dividendes distribués figurait déjà parmi les trois demandes qu’il refusait sur les 149 propositions contenues dans le rapport. En s’appuyant sur les travaux des économistes français qui ont inspiré certains candidats démocrates pour les élections présidentielles aux E.U., nous avons les arguments et les outils pour relever les défis de l’évasion fiscale, assurer une meilleure coordination entre pays, passer de la course au moins disant à la course au mieux-disant.<br /><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Emmanuel Saez, Gabriel Zucman. Le triomphe de l’injustice. Ed. du Seuil. Traduit des E.U. Ed du Seuil. 2020, p.227.<br />[2] Dans la rubrique Finance de l’eccap.fr Régulation financière et pantouflage Extrait d’une conférence de Gaël Giraud.<br />[3] Voir dans l’eccap « La démocratie et l’argent » selon Julia Cagé, octobre 2018.<br />[4] Le triomphe de l’injustice p.82.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N43LeTriompheDeLInjustice15012021">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-11-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N15MigrationsEtFuturesElectionsPresiden" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 09:43:58" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N15MigrationsEtFuturesElectionsPresiden"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Migrations et futures élections présidentielles 2022 </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N15MigrationsEtFuturesElectionsPresiden" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/11/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Migrations et futures élections présidentielles 2022 </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br /></div><div>E.Macron a bouleversé le jeu politique bipartisan et face au Front national a pu remporter le 2ème tour des présidentielles de 2017, grâce au slogan : ni gauche, ni droite. Il souhaite reproduire la même opération en 2022. C’est dans cette perspective qu’il a lancé le débat sur l’immigration pour couper l’herbe sous les pieds du Rassemblement National (nouveau titre choisi par Marine Le Pen) et montrer que lui aussi prenait cette question au sérieux.<a href="http://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5q2ny.html?hl=fr#_edn1">[1]</a><br /><br /></div><h3><strong>Les contre-vérités d’E.Macron concernant l’immigration</strong></h3><div><strong><br /></strong>Malheureusement cela se fait au prix de contre-vérités relevées par F.Héran, professeur de la chaire Migrations et Solidarités du Collège de France dans une interview à France Inter du 5 octobre 2019.<br /><br />Selon le pouvoir en place, la France serait un pays très attractif pour les migrants. Un argument massue utilisé par le gouvernement (qui a été repris par messieurs Cioti, Hortefeux et d’autres) serait que les demandes d’asile ont augmenté en France de 50% en 2017, alors qu’elles baissaient en Allemagne. Ce à quoi F. Héran répond qu’il s’agit d’un rééquilibrage. La France, loin d’être le pays le plus attractif pour les demandes d’asile, se situe au 11ème rang en Europe, si l’on rapporte les demandes d’asile à l’importance de la population de chaque pays. Et au moment de la crise de 2015, 2016, la France était même au 15ème rang. Si, de plus, on tenait compte du revenu par habitant le rang de la France serait encore plus mauvais. Selon F.Héran, on raconte n’importe quoi quand on donne à penser que la générosité de la politique d’accueil de la France serait exceptionnelle. Si l’on compare aux autres pays, nous serions en passe de rejoindre la moyenne européenne.<br /><br />Quant à la prétention que notre politique doit devenir humaine et efficace, F.Héran considère que ce n’est pas nouveau et que c’est la politique théoriquement menée par la France depuis les années 1970.<br /><br />F.Héran manifeste dans l’interview du 5 octobre une certaine irritation. Selon lui, les chercheurs sont agacés d’être considérés comme de belles âmes peu soucieuses des réalités. Il refuse l’angélisme comme le cynisme. Il n’y a pas la morale d’un côté et la politique de l’autre. Il n’y a pas l’ouverture des frontières qui serait morale et la fermeture qui serait politique. Il faut mener de front morale et politique, c’est-à-dire la responsabilité et la prise en compte des données réelles. Si les autorités persistent à prétendre que nous sommes le premier pays pour les demandes d’asile et que nous sommes sous la pression du monde entier, alors il faudra en conclure qu’elles le font délibérément en connaissance de cause et il continuera, lui et les spécialistes à dénoncer fermement ces contre-vérités.<br /><br />Le gouvernement laisse aussi penser qu’avec l’AME (aide médicale d’Etat), la France ferait un effort exceptionnel pour soigner les immigrés, mais F.Héran souligne que la France est le seul pays à avoir isolé dans un compte spécial les dépenses consacrées aux sans-papiers, ce qui n’empêche pas les autres pays de soigner les demandeurs d’asile.<br /><br />Personne ne devrait contester qu’il faut des règles et que la France ne peut pas accepter selon la formule de Rocard « toute la misère du monde »<a href="http://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5q2ny.html?hl=fr#_edn2">[2]</a>. L’eccap ne manquera pas de revenir sur la politique d’immigration, question importante, controversée et complexe. Mais aujourd’hui on ne peut que s’élever contre l’utilisation de cette question à des fins bassement politiques. Quand E.Macron prétend faire barrage à Marine le Pen et à ses idées, on peut au contraire considérer qu’il joue les faire-valoir, et qu’il cherche à détourner l’attention pour ne pas affronter les vrais problèmes : les questions du climat, de notre démocratie, de la justice sociale et fiscale.<br /><br /><h3><strong>Ni Macron, ni Marine le Pen</strong><br /><strong></strong></h3><strong><br /></strong>La question des migrations n’était pas mise en avant par les gilets jaunes sur les ronds-points et ce sont les questions de justice sociale, de politique fiscale, d’évolution du climat, de représentation démocratique qui préoccupent le plus les français.<br /><br />Il faut se rendre compte que 30 ans après la chute du mur de Berlin, alors que l’on croyait à l’époque au triomphe « d’une conception du monde structuré par la marché »<a href="http://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5q2ny.html?hl=fr#_edn3">[3]</a>, la mondialisation actuelle, la financiarisation des économies, l’aggravation des inégalités entraînent dans le monde entier des soulèvements, des protestations.<br /><br />Pour les futures élections présidentielles de 2022, il faut substituer au « ni gauche, ni droite » un « Ni Macron, ni Marine Le Pen » avec l’espoir qu’en France une force politique pourra se dégager qui refusera le repli nationaliste que favorise la mise en avant de la question migratoire, qui affrontera les défis que sont l’évolution du climat, l’aggravation des inégalités sociales, et l’appauvrissement de notre vie démocratique.<br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Sauf que cette fois il pourrait bien perdre compte tenu des mécontentements dus aux inégalités sociales que sa politique a aggravées.<br />[2] F.Héran souligne du reste que ce ne sont pas les plus pauvres qui cherchent à immigrer, mais ceux qui le peuvent.<br />[3] Voir l’éditorial du Monde du 9 novembre 2019.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N15MigrationsEtFuturesElectionsPresiden">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-01-18" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="MystiqueEtPolitique" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_demoncratie_laique_en_tension" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-24 08:50:15" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_MystiqueEtPolitique"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Mystique et politique </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_MystiqueEtPolitique" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>18/01/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Mystique et politique </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_demoncratie_laique_en_tension">
                      Une démocratie laïque en tension 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div style="text-align:center;"><b><i>Ce texte est composé de deux éléments différents : un extrait de : Nouvelle Revue de psychosociologie 2019/2 Visionnaires et imaginaire social : pour un autre avenir et une lecture (après la publication de cet article) du livre de François Ruffin : « Il est où le bonheur » Editions Les liens qui libèrent. 2019.</i></b></div><div>
</div><div><br /></div><div><br /></div><h3>Un idéal pour garder le cap</h3><div>Tous les visionnaires cités avaient une religion ou une spiritualité ou un idéal (on peut hésiter sur le choix des termes) qui leur a permis de garder le cap. Le plus éclairant est sans doute ce que dit Péguy des relations entre mystique et politique (Riquier, 2017). L’émotion qui saisit Péguy au moment de l’affaire Dreyfus était de l’ordre de la mystique qu’il a vue se dégrader en politique. Cette dégradation menace ceux qui considèrent que la justice et la vérité sont des moyens d’action valables tant que l’on n’a pas le pouvoir et qui peuvent être répudiés quand on s’en approche.</div><div><br /></div><div></div><div>Pour Jacques Ellul, on a vu que sa critique de la technique dans notre monde moderne reposait sur l’idée qu’elle entrait en contradiction avec la liberté, l’autonomie, la responsabilité. Dans sa préface à l’anthologie, Bruno Viard pense que la position centrale que Pierre Leroux accorde à la fraternité permet de surmonter ce que peuvent avoir de stérile les oppositions liberté/égalité, droite/gauche, marché/État. La culture de la fraternité constitue dans la République le point d’insertion de la religion, telle que Leroux la conçoit, lui qui pense que l’on fait fausse route en inventant un enfer et un paradis dans l’au-delà. Selon lui, les promesses de fraternité de l’évangile ont vocation à se réaliser sur terre.</div><div><br /></div><div></div><div>Ces questions autour de religion, de mystique ou de spiritualité ont toute leur place dans les réflexions à mener pour un autre monde possible. Il est frappant, du reste, de constater qu’elles paraissent primordiales à certains qui sont engagés activement dans la recherche d’un autre monde possible. C’est ainsi que Cyril Dion termine son Petit manuel de résistance contemporaine (2018) en soulignant, en écho à Charbonneau, qu’il n’est pas indifférent que notre corps soit soumis à tel ou tel environnement. Il écrit : « Nous avons besoin de silence » et, sollicités par un flux continu d’informations, « nous ne nous sommes que très peu tournés vers l’intérieur de nous-mêmes » (Dion, 2018, p. 134). « À la manière de l’hygiène quotidienne, de l’activité physique, cette hygiène de la conscience m’apparaît plus que jamais cruciale pour affronter les décennies à venir et trouver la ressource de penser « en dehors de la boîte » » (ibid., p. 136), c’est-àdire en dehors de nos repères habituels et de nos conditionnements.</div><div><br /></div><div> </div><div></div><div>Quant à Raphaël Glucksmann, il affirme : « En remplaçant la quête du bien par celle du bien-être, nous affaiblissons la République. » Socrate nous dit dans le Phédon que philosopher, c’est s’exercer à la mort. « Réapprendre à mourir à soi-même est la condition sine qua non d’une sortie de la société de solitude. » « Pareille ascèse ouvre la possibilité d’une quête commune, d’une délibération collective sur les fondements de la cité » (Glucksmann, 2018, p. 130). Et André Lévy écrit, dans la présentation de son livre récemment paru, En quête de sens. Voies de la connaissance (2018) : « En ce siècle d’incertitudes croissantes, la question du sens revêt une particulière acuité. Qui sommes-nous ? Que devons-nous faire pour répondre à notre devoir d’homme libre parmi les hommes ? […] Tout comme le sens, la connaissance ne se donne pas, elle se construit. Elle est une astreinte, une exigence, une tension permanente et ne s’éprouve que partagée. »</div><div><br /></div><div></div><div>L’école aurait à jouer un rôle central pour la venue d’une autre société. Paul Ricoeur déplorait que son rôle soit « très aseptisé : on ne parlera pas à l’école de religion, sauf très marginalement à travers la littérature ou l’histoire, etc. L’école est un foyer de totale neutralisation des convictions. On ne doit pas s’étonner de trouver comme résultat une société sans conviction, sans dynamisme propre qui va tout demander à l’État » (Ricoeur, 1991). Plus récemment, Alain Bentolila, dans son livre L’école contre la barbarie (2017), propose un dernier chapitre intitulé « L’école doit réconcilier laïcité et spiritualité ». Il considère que l’étude des récits qui, de Zeus à Yahvé, à Jésus ou Allah se répondent les uns aux autres pourra participer à l’élévation spirituelle ouverte et tolérante de nos élèves. « Aucun texte, fût-il sacré, n’échappera au questionnement et à l’interprétation des élèves. Bien au contraire, ils les soumettront à leur compréhension. » La dernière phrase de ce chapitre est la suivante : « Si l’école renonçait à donner un sens laïc à la spiritualité elle laisserait s’avancer, de plus en plus nombreux, cachés sous le masque du sacré, recruteurs et marchands de mort » (Bentolila, 2017, p. 195).</div><div></div><div><br /><h3><br /><strong>François Ruffin</strong>. Mon rôle est spirituel. </h3><br /></div><div>Nous avons lu le livre de François Ruffin : « Il est où le bonheur » Editions Les liens qui libèrent. 2019. Petit livre qui mérite d’être lu en entier. En voici quelques extraits <br /><br /></div><div>En exergue du livre dont F.Ruffin nous dit que ce n’est que l’ébauche d’un livre plus important qu’il préparait, il a mis deux textes. Le premier de Bartolomé de Las Casas dans la controverse de Valladolid. « Depuis les tout premiers contacts, les Espagnols n’ont paru animés et poussés que par la soif de l’or. C’est tout ce qu’ils réclament : de l’or, de l’or, de l’or. Au point qu’en certains endroits, les habitants des terres nouvelles disaient : Mais qu’est-ce qu’ils en font de tout cet or ? Ils doivent le manger. Tout est soumis à l’or, tout. » Le second d’Hannah Arendt in « Nous autres réfugiés » « Cet optimise forcené, voisin du désespoir ». <br /><br /></div><div>Page 163. « Partout les syndicalistes blâment le « manque de moyens ». Derrière ces discours, j’entends un au-delà, ou un en-deçà, qui se murmure, qui s’esquisse. Encore plus que les moyens, quelle est la « fin » ? Le pire, peut-être, c’est le « manque de fin », le manque de sens. Quelle reconnaissance ? Quelle est notre place dans ce système ? <br /><br /></div><div>Même, ou surtout, chez les Gilets jaunes<a href="#_ftn1">[1]</a>. Certes il y avait la taxe gasoil. La TVA à 0%, l’impôt de solidarité sur la fortune, les milliards du CICE, certes, il y a la peine à vivre, à payer son mazout, ses factures…Certes. Mais à chaque rond-point traversé, chez tous ces hommes et ces femmes, j’ai toujours ressenti une quête souterraine. Une quête allons-y métaphysique. Que faisons-nous ensemble ?... Ceux qui confusément, espèrent un au-delà de l’iPhone 7… »<br /><br /></div><div>Page 164. « J’assume désormais.<br /><br /></div><div>J’assume l’au-delà.<br /><br /></div><div>Quel est ma mission aujourd’hui ? Disons-le mon rôle est spirituel.<br /><br /></div><div>Je vais partout répétant : « Mon adversaire, c’est la finance, mais c’est surtout l’indifférence. » Et même parodiant Jean-Paul II : « N’ayons plus peur. » Je m’efforce de ranimer les cœurs, sans pouvoir budgétaire ni ministère. Seulement le verbe. « Au commencement était le verbe », et au commencement de notre combat contre la résignation, également, il y a le verbe. Je m’efforce à cela : avoir une parole libérée et qui libère. Quand ai-je gagné, sinon la guerre, du moins une bataille ? Quand une dame, comme ce matin, me glisse : « ça nous fait du bien, comme un bol d’air. Vous nous faîtes respirer. »<br /><br /></div><div>…Et s’adressant aux jeunes, F.Ruffin écrit : « Mais vous n’êtes pas les comptables d’un monde qui meurt. Vous êtes les prophètes d’un monde qui vient ». Ne laissez pas l’écologie aux « moyens » et aux « techniciens ». N’abandonnez pas la « fin », le sens, le bonheur. Délivrez l’espérance en vous pour délivrer alentour, à tous ces hommes, à toutes ces femmes, en rouge, en jaune, en vert, qui crèvent de ne plus espérer. »<br /><br /></div><div><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1]Voici ce que nous dit un ami Eric Prédine. En Dordogne le mouvement des gilets jaunes a été celui des petites gens. Les ronds-points étaient des lieux d&apos;abord de rencontres, puis d&apos;échanges et de conscientisation politique. Le phénomène de médiatisation des violences urbaines a estompé nettement cette mobilisation. En effet le gros des troupes de gilets jaunes, avec beaucoup de femmes, ne s&apos;identifie pas du tout à la notion d&apos;émeutier. Aujourd&apos;hui encore, le moindre drapeau jaune à un carrefour provoque des manifestations de soutien.
</p><p>J&apos;ai fréquenté deux fois un tel rassemblement. J&apos;ai été témoin de conversations étonnantes qui ont brisé beaucoup de mes préjugés sur le glissement populaire vers le rassemblement national. En fin de compte les préoccupations sociales se mêlent étroitement avec celles écologiques. J&apos;en conclue que la radicalité fascisante n&apos;est pas inéluctable (bien que profondément inquiétante même dans nos villages périgourdins). Elle est, j&apos;en suis convaincue, le résultat de plusieurs décennies de politique c&apos;est comme cela, on ne peut rien changer, soyez raisonnable et faite confiance à l&apos;élite libérale.
</p><p>Chaque éclairage qui démontre qu&apos;un changement de politique est possible sans passer par la violence donne un véritable espoir</p><p>
</p><p>
</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?MystiqueEtPolitique">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-07-26" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N7NouvellesVoiesQuiSeCherchentEnFaveur" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 09:27:32" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N7NouvellesVoiesQuiSeCherchentEnFaveur"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Nécessité de traduire sur le plan politique les nouvelles voies qui se cherchent en faveur de l’écologie et de la lutte contre la fracture sociale </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N7NouvellesVoiesQuiSeCherchentEnFaveur" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>26/07/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Nécessité de traduire sur le plan politique les nouvelles voies qui se cherchent en faveur de l’écologie et de la lutte contre la fracture sociale </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br />La percée réalisée par Macron et LREM qui détiennent tous les pouvoirs a été possible compte tenu de la fragilité de la gauche et de la droite. La gauche en se ralliant au libéralisme économique et à la mondialisation financière s’est coupée de sa base. Gauche et droite ont déçu et favorisé la prise de distance par rapport à nos institutions ainsi que l’abstention et la montée du Rassemblement National comme principale opposition. Le mouvement des gilets jaunes a manifesté la difficulté des canaux traditionnels à exprimer les revendications et le désir de changement. Mais il n’a pas été à même de s’organiser, d’exprimer des revendications en se contentant du dégagisme. Le résultat des élections européennes est un espoir même si le mauvais clivage LREM/RN est dominant. Espoir en ce sens que les préoccupations écologiques sont sur le devant de la scène et que dans certains pays les socialistes ont résisté.</div><div><br />Compte tenu du manque de perspective de la gauche et de la droite, <strong>LREM a pu s’imposer avec le slogan ni gauche, ni droite</strong> et l’espoir d’une politique raisonnable qui prendrait le meilleur des uns et des autres. De plus, le discours « humaniste » de Macron a pu séduire de larges pans de l’opinion, indépendamment du fait qu’il apparaissait comme le seul à pouvoir contrer le Front National. Moi-même j’ai été trompé à l’écoute du discours du président Macron devant le congrès réuni à Versailles. Ses propos m’avaient séduit et donné à penser qu’il prendrait très au sérieux les risques de l’exclusion et de la marginalisation d’une partie de la population. La collaboration ancienne de Macron à la revue Esprit, son aide apportée à Paul Ricoeur pour un de ses ouvrages, différentes publications comme par exemple le livre de Brice Couturier : « Macron, un président philosophe » etc. etc. ont créé un halo de sympathie et entretenu l’illusion. Bien sûr, tout n’est pas à rejeter en bloc dans les intentions affichées par le pouvoir en place, si l’on pense par ex. au rapport d’Erick Orsena sur les bibliothèques, ou encore à l’appui maintenu par F.Nyssen à E.Macron malgré son départ du Ministère de la culture. Appui qu’elle a manifesté lors de son interview à France Inter le mercredi 5 juin avec un bel éloge de la culture.</div><div><br /><h3><strong>Mais en dernier ressort quelle est l’idéologie du macronisme ?</strong></h3></div><div><strong><br /></strong> Le livre de Brice Couturier sur E.Macron affirmait en bandeau : « Aucun de ses mots n’est le fruit du hasard ». Ce qui est peut-être vrai à condition de l’interpréter à la lumière du livre de Marc Endeweld : « Le grand manipulateur »<a href="https://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5vhmu.html?hl=fr#_ftn1">[1]</a>. Il est vivement recommandé d’écouter l’interview de ce journaliste par Denis Robert le 13 mai 2019. Indépendamment de l’effondrement des partis de gauche et de droite qui s’étaient partagés les pouvoirs au cours des dernières décennies, Macron a pu s’installer au niveau de l’Etat grâce à une mobilisation habile et méthodique des réseaux de pouvoir et d’argent dominants. C’est ce que montre Marc Endeweld grâce à un long travail d’enquête. Pour ce journaliste, en dernier ressort, E.Macron est un néo-libéral convaincu qui rêve de voir la France imiter la Silicon Valley. Sa personnalité remarquable est sa force et sa faiblesse : il n’a pas d’amis ni d’états d’âme. Après avoir séduit et utilisé, il n’hésite pas à jeter. Son mépris désinvolte pour le rapport Borloo, son refus de répondre à une demande générale de plus de justice fiscale m’ont guéri de mes illusions. Indépendamment du choix de Macron en faveur de l’adaptation à la mondialisation, la verticalité du pouvoir le rend incapable d’écouter le malaise populaire et de faire place aux corps intermédiaires, syndicats et associations  contrairement à ce qui est dit et répété par le gouvernement. Au point, par exemple, que la négociation sur la santé au travail entraîne un front uni du patronat et des syndicats qui ont l’impression d’être menés en bateau.</div><div><br />Le pouvoir de Macron est plus fragile qu’il n’y parait, car si sa légitimité institutionnelle est incontestable, sa légitimité politique est en train de s’éroder. Son image confirmée de président des riches, et le renforcement du vote populaire en faveur du rassemblement national, qui devient la principale opposition et qu’E.Macron a lui-même encouragée, pourrait bien inquiéter une partie de ceux qui le soutiennent, y compris parmi les parlementaires de LREM. Les élections européennes ont contribué à mettre sur le devant de la scène les questions écologiques. Tout l’enjeu des mois à venir est de savoir si la conjonction des inquiétudes sur l’évolution du climat et de la biodiversité alliées à la volonté de lutter contre les inégalités et les injustices sociales et fiscales aura une traduction politique. Tout va dépendre en effet de savoir si le ni gauche, ni droite (qui n’est que le camouflage d’une adaptation à la dynamique d’une certaine mondialisation) fera place à une force politique décidée à affronter en même temps le défi écologique et la fracture sociale et territoriale. Les regroupements souhaitables amèneraient les supports actuels de Macron à choisir, car le vrai clivage n’est pas ni gauche, ni droite pour l’adaptation au monde de la finance et de l’économisme, mais le choix entre la silicolonisation du monde<a href="https://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5vhmu.html?hl=fr#_ftn2">[2]</a>et un véritable changement de cap (voir la charte de l’eccap dans la lettre d&apos;information n°= 1 et l’article de Maurice Merchier « <a href="https://eccap.fr/article/il-faut-changer-de-cap/5b46a3fcfb5df6001410ff0d">Il faut changer de cap</a> »).</div><div><br />De nouvelles voies se cherchent qui allient lutte pour la justice sociale et pour l’écologie. Voici deux exemples :<br />- le pacte écologique et social appuyé par 19 associations (dont les grandes associations du secteur social et de la lutte pour la transition énergétique). Nicolas Hulot et Laurent Berger figures reconnues de l’écologie et du mouvement social ont appuyé ce pacte dans la presse.<br />- La recherche « pour un big bang de la gauche » porté par un millier de signatures. (Voir <a href=&apos;&apos; target="_blank" rel="noreferrer noopener">www.pourunbigbang.fr).</a></div><div><br />La traduction politique de ces nouvelles voies n’existe pas pour l’instant. Noël Mamère recommandait récemment à Yannick Jadot de ne pas se laisser griser par son succès aux élections européennes avec son score de 13,5% des suffrages avec la liste Europe Ecologie Les Verts. Il l’engageait à ne pas ignorer les autres forces de gauche « pour redonner du souffle et de l’espoir à toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas se résigner à un face à face Macron-Le Pen »<a href="https://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5vhmu.html?hl=fr#_ftn3">[3]</a>.</div><div><br />L’encyclopédie du changement de cap pourrait être à l’avenir un outil au service de tous ceux qui sont à la recherche d’un véritable renouveau. L’eccap est éminemment politique bien évidemment. Mais elle ne se situe pas au niveau de l’action politique avec les choix, les alliances, les compromis qui seront de la responsabilité de ceux qui devront rechercher le pouvoir de décider dans les différentes institutions du local à l’international. Elle se situe en amont avec l’ambition de contribuer à un autre imaginaire social et à la prise en compte de l’extrême multiplicité des questions à aborder.<br /><br /><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Marc Endeweld « le grand manipulateur ». Stock 2019<br />[2] Eric Sadin. « La silicolonisation du monde. L’irrésistible expansion du libéralisme numérique » L’Echappée, 2016.<br />[3] Noël Mamère. L’écologie identitaire, un rêve irresponsable. Le Monde, 7 juin 2019.         
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N7NouvellesVoiesQuiSeCherchentEnFaveur">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-07-21" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N5NouveauCapitalismeEtEurope1505201" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,quel_capitalisme_en_crise" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 09:20:28" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N5NouveauCapitalismeEtEurope1505201"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Nouveau capitalisme et Europe   </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N5NouveauCapitalismeEtEurope1505201" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>21/07/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Nouveau capitalisme et Europe   </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema quel_capitalisme_en_crise">
                      Capitalisme(s) en crise  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><b>Tableau 1. Les plus grandes firmes mondiales en terme de capitalisation boursière en 2000</b><br /><br />| <strong> Rang   | Firme                        | Secteur                                   | pays           I  Capitalisation milliards $ 28/02/2000</strong><br /> |   1     I Exxon Mobile                      |  Hydrocarbures                         | Etats-Unis              |  262,53<br /> |   2  | General Electric                | Conglomérat                              | Etats-Unis              |  348,45<br /> |   3 | Microsoft                            | Tech/logiciel                              | Etats-Unis              |  279,02<br /> |   4 | Citigroup                            | Finance                                        | Etats-Unis              |   230,93<br /> |   5  | BP                                      | Hydrocarbures                            | Royaume-Uni        | 225,93<br /> |   6  | Royal Dutch Shell            | Hydrocarbures                           | Etats-Unis               | 203,52<br /> |   7   | Procter &amp Gamble   | produits ménagers, soins         | Etats-Unis                | 197,12<br /> |   8  | HSBC Group                     | Finance                                        | Etats-Unis               | 193,32<br /> |   9 |   Pfizer                                | Pharmaceutique                          | Etats-Unis              | 192,05<br /> |10| Wal Mart                             | Commerce                                   | Etats-Unis              | 188,86<br /><br /><b>Tableau 2. Les plus grandes firmes mondiales en terme de capitalisation boursière en 2018 (FT com & Bloomberg)</b><br /><br /> <strong>| Rang  | Firme             | Secteur | pays | Capitalisation milliards $ 8/02/2018</strong><br /> |   1   | Apple                                  | Tech/hardware                           | Etats-Unis                 | 809,51<br /> |   2 | Alphabet                           | Tech/media                                 | Etats-Unis                  | 730,91<br /> |   3  | Microsoft                          | Tech/logiciel                               | Etats-Unis                  | 691,3<br /> |   4 | Amazon                             | Tech/commerce                         I Etats-Unis                 | 682,71<br /> |   5 | Facebook                           | Tech/media                                 I Etats-Unis                | 523,42<br /> |   6| Tencent                              | Tech/commerce                         | Chine                         I 507,25<br /> |   7 | Berkshire Hathaway         | Finance                                         | Etats-Unis                 | 494,68<br /> |   8| Alibaba                                | Tech/commerce                         | Chine                         | 461,78<br /> |   9 | JP Morgan                          | Finance                                         | Etats-Unis                 | 391,63<br /> |   10  | Johnson & Johnson         | Santé                                             | Etats-Unis                 | 353,06<br /><br /></div><div> <br /><h3><strong>Nouveau capitalisme et Europe.</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div> <br />La position en pointe de la France pour imposer plus sérieusement les géants du numérique appelés GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) ou GAFA est un premier pas vers ce qui devrait mener à une politique de contrôle beaucoup plus rigoureuse de ces entreprises géantes. En 1890, les Etats-Unis avaient précisé les premières règles anti-trust pour lutter contre les dangers que des monopoles faisaient courir à la démocratie. Aujourd’hui la montée en puissance de ces géants du numérique est saisissante comme le montre le tableau précédent. Alors qu’en 2000, seul Microsoft figurait parmi les 10 entreprises les plus riches en capital, en 2018 les cinq entreprises les plus puissantes dans le monde sont des entreprises du numérique. A noter qu’Alphabet est la maison-mère de Google et que l’importance de la capitalisation boursière des géants du numérique est très supérieure à celle des autres entreprises.<br /><br />Au-delà de la perspective comptable et de la récupération de quelques centaines de millions grâce à une meilleure imposition de ces géants, on doit affronter les dangers sociaux et politiques qu’entraîne ce nouveau technocapitalisme qui nous fait passer d’un capitalisme de concurrence de marché à un capitalisme monopolistique. (Voir dans l’eccap l’article de Renaud Vignes « <a href="https://eccap.fr/article/Et-si-on-s-etait-trompes/5c88d394dc5218001417ce4f">et si nous nous étions trompés ?</a><a href="https://eccap.fr/auteur/5c88d3fcdc5218001417ce50"> »</a>)<br /><br />Les conséquences sociales en sont redoutables et il est significatif que les salariés d’Amazon venant de 15 pays se soient réunis lundi 29 avril à Berlin pour protester contre les bas salaires et contre des conditions de travail détestables. Un syndicaliste polonais du mouvement Solidarnosc a expliqué que les gestes des employés sont chronométrés « à la seconde », et que les employés jugés trop lents sont immédiatement licenciés. Sur une grande banderole on pouvait voir que les salariés sont «Traités comme des robots» Dans un article intitulé « Le mirage salarial de la Silicon Valley » ( journal Les Echos du 15 octobre 2018) Lucas Mediavilla montre qu’ « en vingt ans les salaires de neuf salariés sur dix ont diminué dans le pôle américain de la « tech » et que la richesse se concentre autour d’une petite minorité de travailleurs ultra-qualifiés dans la recherche et la conception des produits ». <a href="http://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5t71l.html?#_edn1">[1]</a><br /><br />Mais ce technocapitalisme va de pair avec l’homme consommateur que nous sommes tous à divers titres : celui qui se précipite pour acheter le smartphone dernier cri, celui qui prend l’avion pour aller visiter l’autre bout du monde dès qu’il en a le temps et les moyens, celui qui accepte que ses enfants passent autant de temps devant les écrans qu’à l’école. Autrement dit enfants victimes de l’immédiateté et des énormes moyens mis en œuvre pour capter leur attention et les rendre disponibles aux flash publicitaires. Le consommateur aussi qui recherche les meilleurs prix grâce à Amazon, et qui bénéficie des services quotidiens de Google, Apple, Facebook.<br /><br />Ces géants de l’information, qui captent nos données et accumulent des connaissances innombrables sur ce que nous sommes, nous manipulent. Voilà un cas limite : le documentaire d’Arte du 9 octobre 2018 a relaté de manière très précise comment les données personnelles recueillies notamment par Facebook ont permis de cibler des électeurs et de favoriser l’élection de Trump en 2016.<br /><br />Ce nouveau capitalisme est porté par un groupe relativement restreint de personnes qui détiennent un pouvoir démesuré et partagent l’utopie d’un avenir radieux grâce aux progrès illimités avec en perspective l’homme augmenté. (voir l’article de Maurice Merchier sur<a href="https://eccap.fr/article/le-transhumanisme-un-homme-augmente-une-humanite-mutilee/5b46a3fcfb5df6001410fee5"> l’homme augmenté)</a><br /><br />Face à ces défis c’est effectivement un changement révolutionnaire, un changement de cap qui s’imposerait. Vendredi 3 mai, Régis Debray était interviewé à France Inter. Un auditeur lui a posé la question : « En tant qu’ancien révolutionnaire que pensez-vous de la révolution des gilets jaunes ? ». R.Debray a répondu qu’il reconnaissait l’importance de cette protestation des dominés à l’égard des dominants mais que, selon lui, la révolution c’est une promesse alors que la révolte est une colère et qu’il ne voyait guère de perspective à cette colère des gilets jaunes, ni de stratégie. Pour lui le fond de l’air c’est qu’on ne sait plus où il serait souhaitable d’aller. On ne sait plus où est notre futur. Selon Régis Debray, l’affaiblissement du mouvement ouvrier et du syndicalisme, comme le ralliement du socialisme officiel au capitalisme financierlaisse un vide.<br /><br /><h3><strong>Dix-neuf organisations environnementales, de solidarité et d’éducation proposent de combler ce vide </strong><br /><strong></strong></h3><strong><br /></strong>par un pacte écologique et social suivi de 66 propositions. Nicolas Hulot et Laurent Berger ont ensemble défendu ce pacte au cours d’une interview dans Le Monde. Ces deux personnalités illustrent bien la nécessité de fonder une politique à l’avenir sur la transition écologique et la lutte contre les inégalités sociales. Mais il n’y a pas de traduction des ambitions de ce pacte écologique et social au niveau politique. A l’heure des élections pour le Parlement européen, nous pouvons au moins privilégier les candidats qui affichent clairement cette double ambition écologique et social. Et rêvons que l’Europe soit un rempart contre les géants du numérique,en effet, prenons au sérieux ce que nous dit le lanceur d’alerte Eric Sadin : « … ce sont les principes fondateurs de l’humanisme européen, affirmant l’autonomie du jugement et le libre choix et induisant … le principe de la responsabilité et le droit des sociétés à décider en commun de leur destin, que l’esprit de la Silicon Valley a détruit en une seule génération et à une vitesse exponentielle » <a href="http://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5t71l.html?#_edn2">[2]</a>.<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Renaud Vignes. L’impasse. Ed. CitizenLab, p.157. 2018.<br />[2] Eric Sadin. La silicolonisation du monde. L’irrésistible expansion du libéralisme numérique. 2016. Ed. L’échappée.         
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N5NouveauCapitalismeEtEurope1505201">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2021-11-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="PolitiqueEtReligionLaicite" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_demoncratie_laique_en_tension,reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-30 18:16:38" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_PolitiqueEtReligionLaicite"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Politique et religion. Laïcité. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_PolitiqueEtReligionLaicite" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/11/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Politique et religion. Laïcité. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_demoncratie_laique_en_tension">
                      Une démocratie laïque en tension 
                     </span>
                 <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div align="center"><b><i>De nombreuses questions d’actualité plus ou moins dramatiques concernent la laïcité ou plus généralement les relations religion-politique. En vrac : Le procès des djihadistes du 13 novembre 2015 au Bataclan  la candidature probable de Zemmour, lui qui a été condamné pour racisme antimusulman et qui est l’allié objectif des islamistes pour mettre le feu au pays<a href="#_ftn1">[1]</a> le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan qui interdit aux jeunes femmes d’aller à l’école  l’anniversaire de l’assassinat de Samuel Daty  le rapport de la commission Sauvé sur la pédophilie dans l’Eglise catholique  le livre d’Abdennour Bidar qui vient de paraître : « Génie de la France- Le vrai sens de la laïcité » etc…</i></b></div><div><br /></div><div><br /></div><div></div><div><br /></div><div>A propos du rapport de la commission Sauvé, le billet « la messe est dite » de Sophia Aram à France Inter du 5 octobre est à réécouter. L’humoriste notait que l’église catholique n’était pas avare de conseils sur la famille, sur la façon de faire des enfants, sur ce qu’elle considère comme des relations contre-nature, mais qu’elle avait contribué à dissimuler des crimes pédophiles, compte tenu d’une organisation dédiée au pouvoir du clergé. Sophia Aram pensait que si l’église catholique considérait vraiment que les lois de Dieu sont supérieures à celles de la République, l’une des solutions serait de dissoudre l’église comme organisation criminelle et séparatiste. Elle concluait qu’après le rapport de la commission Sauvé, il n’était plus possible de noyer tout cela dans la prière, les pleurs et le vin de messe. </div><div><br /></div><div></div><div>L’anniversaire de l’assassinat de S.Paty a été l’occasion pour les enseignants d’aborder la question de la laïcité et, pour nous tous, de prendre conscience qu’un certain nombre d’enseignants se censurent parce qu’ils subissent la pression de l’islamisme dont les dangers sont évidents. Dans l’article de l’eccap « Menace de l’islamisme », nous analysons deux livres qui montrent les risques de l’islamisme et ses progrès dans un certain nombre de quartiers. Il ne peut pas être question de sous-estimer cette question. Mais encore faut-il trouver les bons moyens de lutter contre l’islamisme. </div><h3><br /></h3><h3><strong>Le saut périlleux de Michel Blanquer</strong></h3><div></div><div>Pour éviter que les enseignants ne se censurent par crainte d’affronter de jeunes musulmans qui interprètent mal la laïcité en pensant qu’elle est antireligion, il est essentiel de mieux les aider et de leur donner les moyens d’échanger avec leurs élèves. Mais la politique menée par notre ministre de l’éducation nationale semble inappropriée quand il lie défense de la laïcité et dénonciation du courant « woke », en faisant « un saut périlleux »<a href="#_ftn2">[2]</a>. Pour les américains, « woke » signifie « éveillé », celui qui est prêt à lutter contre les discriminations qui concernent la couleur de la peau, l’orientation sexuelle ou la religion. Diaboliser, comme le fait Jean-Michel Blanquer, les militants et intellectuels qui luttent contre ces discriminations et lancer son « Laboratoire de la République » à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat de Samuel Paty est mal venu. C’était un moment de recueillement à respecter sans le mêler à une initiative partisane. </div><div>A propos de la campagne de communication sur la laïcité lancée à la rentrée scolaire par le ministre de l’Education Nationale, voici ce qu’écrit Télérama : « Jean-Michel Blanquer avait déjà obtenu, en mai dernier, aux côtés notamment de Marlène Schiappa (ministre déléguée chargée de la Citoyenneté), la <a href="http://www.telerama.fr/debats-reportages/en-france-la-guerre-de-la-laicite-aura-t-elle-lieu-6839120.php">disparition du très pédagogue Observatoire de la laïcité</a>, commission indépendante créée en 2007 et accusée régulièrement de laxisme envers l’islamisme. Avec cette campagne douteuse, il ajoute aujourd’hui du trouble au lieu d’apporter des éclaircissements. Pas de quoi rassurer, surtout si la formation systématique des enseignants annoncée – et bienvenue – repose sur ce salmigondis, au mieux maladroit et incompréhensible, au pire stigmatisant et contre-productif »<a href="#_ftn3">[3]</a>.</div><h3><br /></h3><h3><strong>Enseigner les religions à l’école</strong></h3><div></div><div>Récemment Télérama relatait dans un article « Enseigner les religions à l’école, c’est laïque »<a href="#_ftn4">[4]</a> une réalisation intitulée kaléidoscope, qui concerne des classes de cinquième de plusieurs établissements de la Côte d’or. C’est le professeur d’histoire-géo et d’enseignement moral et civique (EMC), Mme Lévêque, qui en a eu l’idée. « Une fois par mois, des collégiens d’univers différents se rencontrent. Pour prendre conscience de ce qu’ils ont en commun, l’objectif est de permettre à ces élèves âgés de 12-13 ans, qui grandissent dans des environnements différents, de se rencontrer. Leur donner, au rythme d’une journée par mois consacrée à des entretiens, des conférences ou des ateliers, l’occasion de se mélanger tout au long de l’année. Afin de former un kaléidoscope humain et de réfléchir ensemble à la notion de laïcité – garante des valeurs républicaines. Le fait religieux ? L’expression désigne les faits historiques et civilisationnels relatifs aux religions, qu’il s’agit d’appréhender en tant que phénomènes socioculturels. L’approche est donc scientifique et non pas confessionnelle. « Cette vision transversale et globale permet seule de comprendre à quel point les religions – en particulier les trois grands monothéismes – sont liées, rappelle Solenne Lévêque. Les élèves, qu’ils soient agnostiques, croyants ou athées… sont imprégnés de préjugés. Pour déconstruire leurs idées reçues, il faut commencer par déstabiliser leurs clichés inter quartiers ».</div><div></div><div><a href="https://www.albin-michel.fr/peut-on-parler-des-religions-a-lecole-9782226326645">Isabelle Saint-Martin</a>, ex-directrice de l’Institut d’étude des religions et de la laïcité (Irel), à Paris, venue à Dijon pour aborder ces questions dit : « Il est faux de croire qu’un tel enseignement est une entorse à la laïcité. Au contraire, une approche contextualisée et distanciée des faits religieux est en soi une démarche laïque… L’absence d’un tel enseignement est propice aux peurs et aux séparatismes. En aidant à comprendre la diversité des représentations du monde, il peut au contraire contribuer à des liens sociaux plus respectueux et pacifiés ».</div><div><br /></div><div></div><h3><strong>Laïcité et spiritualité</strong></h3><div></div><div>On trouvera dans l’eccap plusieurs articles qui donnent le recul voulu à cette réalisation remarquable en Côte d’or. Qu’il s’agisse de l’article « Originalité de la laïcité française selon R.Debray » ou de « Pour une laïcité qui entretienne la confrontation entre des convictions diverses » selon P.Ricœur ou encore les articles « Mystique et politique » ou « Laïcité selon Bentolila ». Un chapitre du livre d’A.Bentolila était intitulé « L&apos;école doit réconcilier laïcité et spiritualité » C’est bien l’ambition du livre récemment paru d’Abdenour Bidar<strong> </strong><a href="#_ftn5">[5]</a><strong>. </strong>Dans la conclusion, on trouve ceci : « Certains, à n’en pas douter, s’étonneront qu’un musulman ait ainsi osé s’emparer de ce thème prodigieux du « génie de la France. D’autres, à n’en pas douter non plus, s’émouvront que je livre de ce génie une vision aussi spirituelle, aussi inséparablement mystique et politique…Et surtout, quel comble, en centrant cette mystique sur la laïcité ! » Aux objections qui ne manqueront pas, Abdennour Bidar répond ce que répondait jadis François Mauriac: « je suis engagé dans ces problèmes d’en bas, pour des raisons d’en haut ».</div><div></div><div></div><div><br /></div><div><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Article de Frédéric Salat-Baroux in Le Monde des 17-18 octobre 2021, p.27<br />[2] Voir l’article « De Samuel Paty au « wokisme » le saut périlleux de Blanquer » in Le Monde du 22 octobre p.32.<br />L’autrice de cet article écrit aussi : « En arrière-plan flottent les pires excès d’une cancel culture qui va jusqu’à pousser des écoles de l’Ontario à brûler des exemplaires d’Astérix et les Indiens…Cette cancel culture ne s’embarrasse pas de nuances, mais semble autoriser en retour, la diabolisation de militants et intellectuels qui cherchent à faire disparaître les discriminations envers les minorités ».<br />[3] Télérama, 27 aout 2021. Voir aussi une tribune du journal Le Monde, du 8 avril 2021, dans laquelle 119 universitaires avaient mis en garde contre les menaces qui pesaient sur l’Observatoire de la laïcité et contre la tentation de faire de la laïcité « un outil répressif, de contrôle et d’interdiction, en contradiction totale avec la loi de 1905 ».<br />[4] Telerama 15 octobre 2021.<br />[5] Abdennour Bidar. Génie de la France. Le véritable sens de la laïcité. Albin Michel 2021. Voir dans l’eccap le billet de Bernard Ginisty du 19 octobre qui présente ce livre.         
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?PolitiqueEtReligionLaicite">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2019-07-27" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N8PossibiliteDUneRenaissance01072019" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,quel_capitalisme_en_crise" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 09:36:19" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N8PossibiliteDUneRenaissance01072019"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              possibilité d&apos;une renaissance </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N8PossibiliteDUneRenaissance01072019" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>27/07/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">possibilité d&apos;une renaissance </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema quel_capitalisme_en_crise">
                      Capitalisme(s) en crise  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div></div><div><br />Certes, cette renaissance apparait a priori difficile  d’abord en raison de la prégnance du néolibéralisme dans notre société. Le décès de Michel Serres, le 1er juin, est l’occasion pour Maurice Merchier d’une réflexion dans l’eccap sur un des thèmes chers au philosophe, et qui a été l’objet d’un de ses derniers livres « c’était mieux avant ! »  idée reçue selon lui, qu’il n’a cessé de tenter de réfuter. Au-delà des précautions méthodologiques qu’il faut examiner, il y a pourtant bien des raisons de penser au contraire que cette formule n’est pas dénuée de pertinence. </div><div>C’est que les politiques néolibérales ont institué des normes qui sévissent dans tous les domaines, non seulement de l’économie, des entreprises, des modes de consommation, mais aussi de l’ensemble de la vie sociale, des administrations, des associations en tout genre, jusqu’à la gestion des personnes par elles-mêmes. Ces normes se résument à la valorisation du capital, (capital humain inclus). Cette imposition d’une « raison néolibérale » se traduit mécaniquement par une perte de la qualité de la vie, une détérioration des relations sociales, et une dissipation de la simple joie de vivre, qui échappe à toute statistique. <br /><br /><br />Il est difficile d’attendre d’un sursaut politique cette renaissance. En effet, nous sommes dans « l’année zéro de la gauche française », pour reprendre le titre d’un article du Monde du 25 juin.</div><div>Le monde associatif est lui-même dans un grand désarroi, ainsi que le montre dans l’eccap Philippe Langevin, président de l’ARDL Association Régionale pour le développement local en Provence-Alpes Côte d’azur)  dans un environnement politique dominé par une pensée libérale, les collectivités territoriales n’accordent plus la même attention aux structures de l’économie sociale et solidaire.</div><div><br /></div><h3> C’est dans le dernier chapitre d’un livre sur lequel nous voudrions attirer l’attention qu’il faut chercher l’espérance de cette « possibilité de renaissance » [1]..</h3><div><br />La situation politique est aujourd’hui bloquée par l’affrontement entre le pouvoir macroniste et le Rassemblement National. Tous ceux qui rejoignent le macronisme, pour éviter le pire, devraient s’inquiéter puisque l’incapacité du gouvernement à affronter l’injustice sociale amène des couches de plus en plus importantes de la population à rejoindre le Rassemblement national de Marine Le Pen. C’est un autre pari qu’il faut faire : celui d’une renaissance qui paraît difficile, bien sûr, puisque nous sommes dans « l’année zéro de la gauche française » pour reprendre le titre d’un article du Monde du 25 juin, Parmi les espoirs d’un renouveau il faut noter cependant deux hirondelles :<br />- Le pacte écologique et social porté par 19 organisations environnementales, de solidarité et d’éducation, mutuelles et syndicats, concernées par le souci de l’’environnement, de la justice sociale et du renouveau démocratique. Ces organisations s’engagent dans la durée et doivent se retrouver à l’automne pour un premier bilan concernant leurs 66 propositions. Nicolas Hulot et Laurent Berger s’en sont faits les promoteurs dans la presse nationale.. <br />- Un millier de signataires « Pour un bing bang de la gauche » appellent à « construire une espérance » autour des exigences sociales et écologiques éloignée des accords de circonstance, des logiques de ralliement et de « la haine pour moteur ». Une première rencontre est prévue le 30 juin à Paris Porte Maillot sans les leaders des formations politiques, comme si un mouvement venu des militants pouvait ébranler les ego de certains dirigeants.<br /><br />Le livre sur lequel nous voudrions attirer l’attention converge avec les orientations de notre encyclopédie du changement de cap (eccap) et nous semble faire le tour d’une critique du « Triomphe de l’ordre marchand » pour orienter vers ce que pourrait être une renaissance.<br />Ce livre est à lire pour comprendre la difficulté d’échapper à cet ordre marchand. Car la notion même d’ordre marchand nous interdit de penser que le renverser serait un jeu d’enfant. Qu’il suffirait d’un peu de bonne volonté et de bons sentiments pour nous débarrasser des vilains méchants riches qui nous dominent et détiennent le pouvoir. Dans le « dégagisme » il y a cette croyance qu’il suffirait d’éliminer nos élites pour connaître des jours radieux. Bien sûr, l’ordre marchand n’est pas totalitaire car il n’y a pas de parti unique, la violence est régulée etc. mais il n’empêche que sa prégnance est très forte. Il tend à nous isoler les uns des autres si bien que l’une des vertus du mouvement des gilets jaunes aura été de permettre à des personnes isolées de se parler. En tant qu’’homo mercantilis, je paie donc je suis. La publicité est envahissante et la plupart de nos journaux en dépendent, aussi l’autocensure des journalistes est réelle. « L’ordre marchand présente des traits totalitaires, sans pour autant l’être, et s’en trouve d’autant plus difficile à combattre ». Hervé Hutin cite Tocqueville qui prévoyait les risques d’un despotisme qui viendrait s’emparer des régimes démocratiques : « je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme ». <a href="https://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5ii8l.html?hl=fr#_edn1">[</a>2]<br /><br />Ceux qui voudront bien lire le livre « Le triomphe de l’ordre marchand » y trouveront des développements sur le fait que l’ordre marchand entraine la réduction de la sphère publique ce qui a pour conséquence l’accroissement des inégalités et des exclusions, sans compter la mise à sac de la planète terre.<br />En définitive deux conceptions du monde s’opposent. « D’un côté un monde marchand, où l’impératif financier surdétermine les décisions économiques sans autre considération que l’argent, gage d’efficacité, où les États comme les individus sont classés par rang de richesses, où l’accomplissement passe par la possession et où le social, le culturel ou l’écologique existent de façon accessoire, sans nécessité… De l’autre, un monde où l’homme s’accomplit par la culture, la société par la solidarité, où le commerce peut être équitable, où produire et consommer n’équivaut pas à saccager et gaspiller, où les moyens sont orientés davantage vers une utilisation raisonnable et non excessive ». « Devant ces enjeux, choisir son camp est une nécessité : celui de l’ordre marchand et de la passivité dont il se nourrit … ou celui de la résistance active pour rétablir d’autres priorités ».<br /><br />Hervé Hutin écrit : « Sortir de la logique de l’ordre marchand est possible malgré les contraintes qui assurent sa cohésion et sa force dès lors que les moyens adéquats sont utilisés avec détermination dans le cadre de stratégies pertinentes ». Et dans la dernière partie de son livre il fait toute une série de propositions pour desserrer l’étreinte économique et financière, sortir les médias de l’ordre marchand, moins d’espace pour la publicité et plus d’espace pour respirer, pour protéger les biens communs de l’humanité, pour favoriser la culture et l’éthique face au désarroi du monde.<br /><br />L’eccap pour sa modeste part s’efforcera de mettre en valeur les diverses tentatives qui cherchent à sortir de l’ordre marchand, de les confronter entre elles, de contribuer en amont à susciter une ligne politique porteuse d’une renaissance.<br /><br /><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Hervé Hutin. Triomphe de l’ordre marchand. L’Harmattan 2011.<br />[2] En écho voici ce qu’écrivait Daniel Mothé à propos de l’augmentation du temps libre qu’il avait constaté au cours de sa vie militante grâce à la réduction de la durée du travail : « …si les militants de l’éducation populaire ont été évincés du terrain du temps libre par les marchands c’est parce que ceux-ci ont proposé des biens et des services plus faciles, moins austères donc plus attractifs. La culture, la connaissance, les arts exigent des efforts. Le temps libre, nouvelle formule, a pris une toute autre signification : le rejet de toute contrainte ». D.Mothé. Le temps libre contre la société » p.50. Desclée de Brouwer. 1999.<br /><br />        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N8PossibiliteDUneRenaissance01072019">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2021-10-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="PourSauverNosDemocratiesReprendreLaMarch" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,questionner_les_leviers_de_la_redistribution,une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_face_a_toute_les_formes_de_domination,repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,renforcer_les_solidarites" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-30 19:03:34" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_PourSauverNosDemocratiesReprendreLaMarch"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Pour sauver nos démocraties, reprendre la marche vers l’égalité </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_PourSauverNosDemocratiesReprendreLaMarch" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/10/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Pour sauver nos démocraties, reprendre la marche vers l’égalité </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema questionner_les_leviers_de_la_redistribution">
                      Redistribuer les richesses 
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_face_a_toute_les_formes_de_domination">
                      Une démocratie face à toute les formes de domination 
                     </span>
                 <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema renforcer_les_solidarites">
                      Renforcer les solidarités 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div align="center"><b>Guy Roustang revient ici sur les conditions d’une nouvelle marche vers l’égalité et une démocratie renouvelée selon T.Piketty</b></div><div><br /></div><div><br /></div><div>Entre 1914 et 1980, il y eut de grands progrès vers l’égalité grâce notamment à l’impôt progressif sur les revenus qui a permis le financement de l’Etat social dans les pays occidentaux, avec un développement spectaculaire des moyens consacrés à l’éducation, à la santé et à la protection sociale. Le tournant néo-libéral depuis les années 1980 a entraîné dans les quarante ans qui ont suivi une remontée des inégalités aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis.<br /><br /></div><div>Sauver nos démocraties occidentales suppose la reprise de la marche vers plus d’égalité. En effet la montée des inégalités et de la pauvreté favorise abstention, désespérance, complotisme et risque de pouvoirs forts. Mais, dira-t-on, nous sommes en démocratie avec le suffrage universel  nous n’en sommes plus au pouvoir censitaire qui limitait le droit de vote aux plus riches. Ce sont donc bien les électeurs qui sont responsables et qui choisissent ceux qui nous gouvernent. Raisonner ainsi c’est oublier que malgré le suffrage universel, l’argent et le pouvoir des riches perturbent nos démocraties. Que trop d’inégalités amènent un nouveau pouvoir censitaire pour deux raisons. <br /><br /></div><h3><strong>Argent et information des électeurs</strong></h3><div><strong><br /></strong>L’indépendance des médias à l’égard des puissances d’argent n’est en France qu’un vieux rêve du Conseil National de la Résistance de 1944, puisque dix milliardaires contrôlent 90% des quotidiens nationaux vendus, 55,3% des parts d’audience de la télévision et 44% des parts de la radio<a href="#_ftn1">[1]</a>. La mainmise des milliardaires sur une grande partie des médias ne permet pas d’informer les citoyens sur les véritables enjeux électoraux <a href="#_ftn2">[2]</a>. Quand Gaël Giraud admirait que les 150 membres de la Convention Citoyenne pour le Climat aient pu aboutir à des propositions intéressantes, dont avaient été incapables nos hauts fonctionnaires, il soulignait que c’était grâce à une bonne information de ces 150 citoyens. Et il pointait ainsi les carences générales de notre système d’information. <br /><br /></div><div><strong>Argent et financement des élections</strong>. Voici ce que nous écrivions dans notre article « <a href="https://eccap.fr/article/la-democratie-et-largent/5bcad42404238a0013a688d6">La démocratie et l’argent selon J.Cagé </a>» : « Dans son dernier livre « Le prix de la démocratie » (Ed. Fayard. 2018), Julia Cagé montre, chiffres inédits à l’appui, que l’argent a un rôle déterminant dans les résultats d’une élection. L’Etat subventionne davantage les orientations politiques des plus aisés, favorisant ainsi les partis de droite. Les plus pauvres paient pour satisfaire les préférences politiques des plus riches ». <br /><br /></div><div><strong>Pour reprendre le mouvement vers plus d’égalité</strong> qui a été abandonné depuis le tournant néo-libéral des années quatre-vingt, il faut examiner les insuffisances du mouvement antérieur, notamment la concentration de la propriété qui était restée importante. Certes les 40% en dessous des 10% les plus riches avaient profité de l’évolution de 1914 à 1980 et une classe moyenne était apparue, mais les 50% les plus pauvres n’en avaient pas profité. <br /><br /></div><div>T.Piketty fait alors des propositions précises pour renforcer l’Etat social, c’est-à-dire les domaines de l’éducation, de la santé, de la culture, des transports ou de l’énergie «qui ont vocation à être produits en dehors de la sphère marchande ». La plus originale de ces propositions concerne sans doute la redistribution de l’héritage, qui permettrait à l’ensemble de la population de recevoir un héritage minimal. En 2020, en Europe la part des 50% les plus pauvres dans l’héritage total est de 6%. Elle est de 55% pour les 10% les plus riches. Après redistribution de l’héritage la part des 5O% les plus pauvres passerait de 6% à 36% et celle des 10% les plus riches passerait de 55% à 19%. Cette nouvelle répartition de la propriété serait possible grâce à une augmentation de l’impôt sur les revenus, sur les successions, et à l’introduction d’un véritable impôt sur la fortune qui ne serait pas limité à la fortune immobilière. <br /><br /></div><div>Une nouvelle marche vers plus d’égalité supposerait de lutter contre certaines injustices. Pour ne prendre qu’un exemple, celle de l’éducation est particulièrement criante puisque les ressources publiques sont « trois fois plus importantes par étudiant pour les élèves accédant aux filières sélectives (classes préparatoires, grandes écoles) que pour ceux allant dans les filières universitaires de droit commun ». D’autres injustices seraient à combattre : les inégalités de rémunération entre les hommes et les femmes, les discriminations à l’embauche, les inégalités concernant les services publics dans les quartiers les plus pauvres etc. <br /><br /></div><div>Les perspectives révolutionnaires de T.Piketty pourraient donner à penser qu’il s’inscrit dans la lignée de ce qu’a été une idéologie dominante socialo-communiste comptant sur l’Etat et la planification centralisée pour lutter contre les inégalités, avec la conviction que tout propriétaire pouvait cacher un petit capitaliste en puissance. Au contraire il se réclame d’un « socialisme démocratique, autogestionnaire et décentralisé, fondé sur la circulation permanente du pouvoir et de la propriété ». <br /><br /></div><div><strong>T</strong>.Piketty souligne que tout mouvement vers plus d’égalité est toujours le fruit de mouvements sociaux importants. Selon lui, les deux causes les plus probables d’une nouvelle marche vers plus d’égalité seraient le réchauffement climatique et la rivalité géopolitique avec la Chine<a href="#_ftn3">[3]</a>. <br /><br /></div><div>En effet, le réchauffement climatique et les catastrophes récurrentes pourraient entraîner une volonté de changement du système économique en faveur de plus d’égalité, puisque ce sont les individus et les pays les plus riches qui sont à l’origine des émissions de gaz à effet de serre et dont l’empreinte écologique est la plus dommageable. <br /><br /></div><div><br /><br /></div><div><br /><br /></div><div><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Basta. Le pouvoir délirant des 10 milliardaires qui possèdent la presse française. Agnès Rousseaux. 5 avril 2017.<br />[2] Mon article « Information et démocratie » du 15 mars 2021 présente le livre de J.Cagé et B.Huet « L’information est un bien public-Refonder les médias ». Signalons à cette occasion que J.Cagé est l’un des soutiens de la primaire populaire. Depuis la lettre 57, le nombre de soutiens à la P.P. a fait un bond (passant de 78 000 à 121 000), nous nous permettons de suggérer à tous nos lecteurs de prendre part à cette PP.<br />[3] Thomas Gomart écrit dans Guerres invisibles, Ed. Tallandier 2021 : « la mondialisation donne désormais lieu à une profonde divergence entre deux modèles de capitalisme : d’un coté un modèle occidental qui repose sur une séparation des pouvoirs et, de l’autre, un modèle chinois qui repose sur une fusion des pouvoirs au bénéfice exclusif du PCC ». Expliquer pourquoi cette rivalité entre deux systèmes pourrait favoriser la marche vers l’égalité devrait être développé dans un autre article.        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?PourSauverNosDemocratiesReprendreLaMarch">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2022-02-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="PourUneFiscalitePlusJusteEnFaveurDeLet" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,renforcer_les_solidarites" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-30 19:26:16" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_PourUneFiscalitePlusJusteEnFaveurDeLet"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Pour une fiscalité plus juste en faveur de l’Etat social </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_PourUneFiscalitePlusJusteEnFaveurDeLet" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/02/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Pour une fiscalité plus juste en faveur de l’Etat social </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema renforcer_les_solidarites">
                      Renforcer les solidarités 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br /></div><div><h3><strong>Une bombe à retardement</strong></h3><br /></div><div>Emmanuel Faber, ancien PDG de Danone, était interviewé samedi 29 janvier à France Inter à la suite de la sortie de son livre « Ouvrir une voie ». Il constatait que, d’après les indices boursiers internationaux, les dirigeants gagnaient 300 fois plus que le salaire moyen de leurs salariés. Il n’arrivait pas à justifier de tels écarts et considérait que c’était une <strong>bombe à retardement</strong>. <br /><br /></div><div><h3><strong>Un big bang pour une fiscalité plus juste et plus écologique</strong>. </h3><br /></div><div>Au moment où cet article est écrit, les résultats du vote à la Primaire Populaire ne sont pas encore connus. Souhaitons que dans la perspective du changement de cap, un big bang pour une fiscalité plus juste et plus écologique soit mis en œuvre. C’est une des mesures prévues par le « socle commun » de la Primaire Populaire qui s’impose à tous les candidats. Plus de justice fiscale et moins d’inégalité s’inscrirait dans un mouvement de long terme vers plus d’égalité, mouvement interrompu depuis quarante ans par le néo-libéralisme. Souhaitons que les élections présidentielles soient l’occasion d’un retournement.<br /><div align="center"><b><i>Cet article fait état de quelques propositions de réforme fiscale qui permettraient de sauver l’Etat Social en danger sous la présidence d’E.Macron.</i></b></div></div><div><br /></div><div><br /></div><div>Parmi les nombreuses propositions pour un nouveau système fiscal plus juste, le manifeste d’Oxfam-France, préparé en consultation avec des experts, propose 15 réformes concrètes et lisibles, chiffrées et applicables dès le prochain quinquennat<a href="#_ftn1">[1]</a>.Parmi ces mesures : une taxation des super héritages, une surtaxe aux millionnaires les plus polluants, un impôt sur le revenu plus lisible, plus progressif ou encore une réforme de la fiscalité des pensions alimentaires pour que les femmes soient moins perdantes. Le chiffrage des gains estimé à 65 milliards permettrait de financer l’Etat social et notamment les hôpitaux, l’éducation et la recherche, ainsi que la transformation du système productif pour affronter le changement climatique. </div><div><strong><br /></strong><h3><strong>Pourquoi repenser l’héritage aujourd’hui</strong>. </h3><br /></div><div><br />Une note passionnante du Conseil d’analyse économique<a href="#_ftn2">[2]</a> intitulée <strong>« Repenser l’héritage »</strong> vient  conforter les nombreux plaidoyers pour une réforme fiscale d’importance. Cette note fait la synthèse des travaux réalisés par une grande diversité d’économistes. Elle montre comment <strong>la situation actuelle entraîne un</strong> « <strong>dérèglement profond de l’égalité des chances, valeur cardinale des sociétés démocratiques et condition de leur possibilité d’existence à long terme</strong> ». Voici comment cette note présente ses principaux objectifs :<br /><br /></div><div><br />« Cette Note propose une réforme en profondeur de la taxation de l’héritage s’appuyant sur quatre piliers. Le premier pilier est l’amélioration du système d’information actuel, sans lequel aucune réforme et aucun pilotage ne sont envisageables. Le deuxième est la mise en place d’une politique de taxation sur le flux successoral total perçu par l’individu tout au long de sa vie afin de réduire les inégalités de patrimoine issues de l’héritage. Un tel système permettrait d’éliminer les distorsions quant au séquencement des transmissions et de traiter de manière identique les héritages en lignes directes et indirectes. Le troisième pilier consiste en une refonte de l’assiette des droits de succession : réduire voire éliminer les principales exemptions ou exonérations dont la justification économique est limitée. Ceci permettrait d’instaurer des taux nominaux plus bas mais réellement progressifs, en particulier en haut de la distribution des patrimoines, tout en réduisant la taxation sur les classes moyennes. Enfin, pour réduire les inégalités les plus extrêmes dans le bas de la distribution, la création d’une garantie de capital pour tous constitue le quatrième pilier ». La recommandation n°4 amènerait à verser à chaque personne à sa majorité de 10.000 à 40.000 euros selon les scénarios. <br /><br /></div><div><strong><br /></strong><h3><strong>Pour un renouveau de l’Etat social</strong>, <strong>grâce à une fiscalité plus juste</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div><br />Nous assistons, depuis l’arrivée d’E.Macron qui dirige l’Etat comme une start-up, à l’Etat contre l’Etat, c’est-à-dire à la destruction de l’Etat par lui-même<a href="#_ftn3">[3]</a>. Alain Supiot parle à ce propos du démantèlement prévu d’EDF, comme de tous les statuts professionnels (statut salarial, fonction publique, cheminots, préfets, diplomates, universitaires…) et de la paupérisation de tous les services publics (police, tribunaux, hôpitaux, tribunaux, écoles ou université). Et il conclut sa tribune ainsi : « Alors que depuis 1946, c’est l’invention de l’Etat social qui avait instauré la légitimité de l’Etat et la victoire des démocraties. S’employer à le défaire méthodiquement au lieu de le réformer démocratiquement ne peut conduire qu’à la violence ».<br /><br /></div><div><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Oxfam France. Manifeste fiscal, juste, vert et féministe : quelle réforme pour un modèle fiscal moins inégalitaire ?<br />[2] Le Conseil d’analyse économique est un lieu de réflexion pluraliste qui conseille le premier ministre.<br />[3] Alain Supiot, juriste, professeur émérite au Collège de France, dans Le Monde du 31 janvier 2022.</p><p><br /></p><p><br /></p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?PourUneFiscalitePlusJusteEnFaveurDeLet">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-10-17" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="PouvoirDeVivreEtEncyclopedieDuChangement" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_participative_en_progression" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-30 19:43:38" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_PouvoirDeVivreEtEncyclopedieDuChangement"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Pouvoir de vivre et encyclopédie du changement de cap </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_PouvoirDeVivreEtEncyclopedieDuChangement" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>17/10/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Pouvoir de vivre et encyclopédie du changement de cap </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br /><a href="https://eccap.fr/article/necessitedetraduire/5d3b4a2f09415d0015b48fc3">La lettre n°7</a> de l’eccap était intitulée : De nouvelles voies se cherchent qui allient lutte pour la justice sociale et l’écologie. Nous parlions alors du pacte écologique et social (Pacte pouvoir de vivre) appuyé par 19 associations, notamment les grandes associations du secteur social et de la lutte pour la transition énergétique. Nous notions que Nicolas Hulot et Laurent Berger figures reconnues de l’écologie et du mouvement social avaient appuyé ce pacte dans la presse. En un certain sens, ce pacte est pris au sérieux par le gouvernement puisque le 27 août 2019 le Premier Ministre et cinq ministres ont échangé avec les 19 organisations. </div><div><br /></div><div>Parmi ces organisations, le Pacte civique, qui était représenté par J.B.de Foucauld, nous a transmis un compte-rendu que nous citons. Cette réunion « constituait une reconnaissance du rôle possible du Pacte du pouvoir de vivre… la considération était là, le changement de méthode réel, l’écoute présente, la compétence évidente, l’invite à participer aux consultations à venir clairement exprimée. Mais aucune perspective de mise en œuvre concrète n’a été donnée à l’égard des 8 propositions qui avaient été faites, comme l’accélération de l’obligation de mise aux normes des passoires thermiques avant location, comme le rattrapage du RSA vis-à-vis du SMIC, comme l’évaluation systématique de l’impact des lois sur les 10 % les plus pauvres, comme la possibilité pour les migrants de présenter leur demande d’asile en France et pas seulement dans les pays de premier accuei"l. </div><div><br /></div><div>Cette attitude interroge. Un changement de gouvernance clairement affirmé suite au grand débat qui ne se traduit pas par des décisions positives correspondant à des demandes légitimes et patiemment construites de la société civile organisée pose problème. Gouverner autrement, c’est aussi décider autrement. Il est possible que cette situation s’explique en partie par la lourdeur des contraintes budgétaires. Tant il est vrai qu’il est impossible de tout à la fois baisser les impôts et faire face aux besoins sociaux et écologiques tout en visant l’équilibre budgétaire. Cela supposerait de se soucier de justice fiscale ce que ne fait pas le gouvernement .</div><div><br /></div><div>Pour donner à chacun le pouvoir de vivre et pour montrer qu’il était possible de gouverner autrement, le Pacte civique et social fait 66 propositions que l’eccap partage et contribuera à promouvoir. L’eccap cherchera à évoquer ces propositions en les détaillant au fur et à mesure des articles qui seront diffusés. L’eccap cherchera aussi à attirer l’attention des promoteurs de ce pacte sur certaines questions qui nous semblent importantes et qui n’apparaissent pas dans les 66 propositions. Par exemple, et ce n’est qu’un exemple, l’intérêt de voir les pouvoirs publics encourager l’autoproduction accompagnée en favorisant la création de jardins familiaux ou l’auto réhabilitation des logements. Sur ces deux derniers sujets, qui peuvent paraître marginaux mais qui ne le sont pas, l’eccap publiera prochainement des articles pour en montrer non seulement l’importance et l’intérêt écologique et social, mais aussi combien ils peuvent favoriser les relations interpersonnelles et lutter contre les inégalités.<br /><br /><br /></div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?PouvoirDeVivreEtEncyclopedieDuChangement">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2022-01-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="Presidentielle2022UnEspoirDeChangementD" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-10-01 17:18:36" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_Presidentielle2022UnEspoirDeChangementD"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Présidentielle 2022 : un espoir de changement de cap ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_Presidentielle2022UnEspoirDeChangementD" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/01/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Présidentielle 2022 : un espoir de changement de cap ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><strong>Des amis me disent que pour la prochaine élection présidentielle, mieux vaut Macron</strong> que l’extrême droite ou qu’un(e) inconnu(e) qui n’aurait pas la stature voulu pour affronter les défis du Covid, la situation financière incertaine, ou encore la capacité de représenter la France dans une situation internationale confuse et périlleuse. L’incapacité de la gauche et des écologistes à se mettre d’accord sur un candidat suffit à montrer qu’il n’y aurait pas d’autre solution que de se rallier à Macron pour cinq nouvelles années.<br /><br /></div><div><strong>Je ne partage pas l’avis de mes amis qui voient dans Macron un moindre mal. </strong>;En reprendre encore pour 5 ans avec E.Macron ne donne aucune chance d’affronter les défis à notre porte, qu’il s’agisse de la crise climatique<a href="#_ftn1">[1]</a>, de la révolution agricole qui s’impose pour passer de l’agriculture industrielle à l’agroécologie, d’une réforme fiscale nécessaire car, au cours du quinquennat d’E.Macron, les riches sont encore devenus plus riches et les pauvres plus pauvres etc. En définitive, le pouvoir vertical de notre président s’inscrit bien dans le néo-libéralisme : par son mépris de la prise en compte des conclusions de la Convention Citoyenne pour le Climat ou du grand débat national qui a suivi le mouvement des gilets jaunes, par son mépris aussi à l’égard de ceux qui voulaient sérieusement discuter de l’intérêt d’introduire la 5G, par sa proximité avec les réseaux qui lui ont permis d’accéder au pouvoir <a href="#_ftn2">[2]</a> ou avec ceux que certains appellent la mafia d’Etat<a href="#_ftn3">[3]</a>qui détient les pouvoirs économique, administratif et politique. Tout cela favorise le délitement de notre démocratie et l’abstention. <br /><br /></div><div><strong>Il y a bien un bouillonnement qui oriente vers ce que devrait être un changement de cap. </strong>Dans une lettre de début septembre nous avions pu parler d’un demi-échec de la primaire populaire qui rassemblait seulement 75.000 signatures, alors qu’elle en espérait 300.000, pour inciter la gauche à choisir un candidat unique. Ce demi-échec amenait à penser que cette primaire populaire était une fausse bonne idée et que les partis politiques étaient le passage obligé pour construire une politique. Mais il y a eu un rebond et la primaire populaire a rassemblé 300.000 personnes, c’est-à-dire beaucoup plus que ce que les partis politiques ont pu réunir pour choisir leur candidat, qu’il s’agisse des verts ou du parti républicain. Ce sont des jeunes qui sont à l’origine de la primaire populaire et la liste des personnalités compétentes et d’origines diverses qui les soutiennent est impressionnante. Ce sont aussi des jeunes qui sont massivement conscients de l’urgence d’affronter le changement climatique. Récemment ce sont de jeunes agronomes en formation qui considéraient que l’application par la France de la politique agricole commune européenne était une impasse<a href="#_ftn4">[4]</a>. La collusion actuelle entre le ministère de l’agriculture et la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitation Agricole est consternante. <br /><br /></div><div>Anciens partis, gauche et droite, syndicats et patronat jouaient un rôle central lorsque l’augmentation de la richesse économique et son partage étaient primordiaux. Aujourd’hui si la vie politique est à son plus bas, c’est peut-être que l’on refuse de voir que les problèmes se sont déplacés. Il y a passage de témoin<a href="#_ftn5">[5]</a>. A cet égard, « Le pouvoir de vivre »<a href="#_ftn6">[6]</a> est sans doute prometteur de ce changement avec ses 90 propositions. Il réunit le principal syndicat des salariés, les grandes associations d’aide aux plus démunis, les associations environnementales et bien d’autres associations encore.<br /><br /></div><div>Les propositions raisonnées en faveur des changements ne manquent pas. Citons par exemple l’Institut Rousseau (le laboratoire d’idées de la reconstruction écologique et républicaine) dont le président d’honneur est <a href="https://eccap.fr/article/regulation-financiere-et-pantouflage/5b46a3fcfb5df6001410fece">Gaël Giraud que nous avons cité plusieurs fois dans l’eccap</a>, notamment à propos des élites françaises actuelles. L’institut Rousseau fait des analyses approfondies sur les sujets les plus variés par exemple sur la suppression des pesticides, sur l’avenir des finances publiques, sur le bitcoin etc.  Sur la réforme fiscale qui s’impose, le Manifeste fiscal d’Oxfam France est très argumenté. Diffusé début décembre, il vise à mettre une réforme fiscale au cœur de la campagne présidentielle, alors qu’elle y manque de manière surprenante. Ce manifeste montre comment dégager les moyens de financer l’éducation nationale et la recherche, les hôpitaux et la justice. Citons également les propositions des convivialistes <a href="#_ftn7">[7]</a>. Les nombreuses personnalités qui soutiennent la Primaire populaire ont largement de quoi proposer un changement de cap. Par exemple <a href="https://eccap.fr/article/informationetdemocratie/6052fa0c87d5df0015b2a681">Julia Cagé propose dans un livre</a> les moyens de revenir sur la main mise d’une dizaine de milliardaires sur une grande partie des médias. <a href="https://eccap.fr/article/la-democratie-et-largent/5bcad42404238a0013a688d6">Et dans un autre livre</a> elle montre la possibilité de libérer du pouvoir de l’argent le financement des élections. <br /><br /></div><div><h3><strong>Une candidature possible : Christiane Taubira</strong></h3><br /></div><div>Christiane Taubira a annoncé une éventuelle candidature qu’elle pourrait confirmer à la mi-janvier. Des sondages la donnent déjà devant Yannick Jadot et Anne Hidalgo. Elle a affirmé qu’elle ne serait pas une candidate de plus  ce qui semble vouloir dire qu’elle ne se maintiendrait que si sa candidature s’imposait comme une évidence. Il est très rassurant de penser qu’elle peut faire sa vie ailleurs que dans la politique. Ses premiers déplacements ont été à La Seine St Denis et à Cergy Pontoise, un symbole. Christiane Taubira est cependant critiquée sur deux points : s’être maintenue au 2ème tour des élections présidentielles de 2002 et avoir ainsi contribué à l’échec de Jospin devant Chirac  avoir tardé à déclarer que le vaccin était la seule barrière crédible devant la pandémie. Mais elle n’appartient pas à ce que certains appellent la mafia d’Etat. Il est possible que le vote organisé par la primaire populaire du 27 au 30 janvier vienne conforter cette candidature. « Même ses détracteurs ( ils sont nombreux) reconnaissent qu’elle a un souffle, une voix, un truc différent. Ce qu’on appelle le charisme »<a href="#_ftn9">[8]</a>. Peut-être est-ce nécessaire pour réaliser un changement de cap ?<br /><br /></div><div><br /></div><div><br /><br /></div><div><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Dans sa dernière conférence de presse du 9 décembre qui a duré deux heures, E.Macron n’a pas dit un mot sur l’environnement.
<div>[2] Marc Endeweld. Le grand manipulateur. Ed.Stock 2019
</div><div>[3] Vincent Jauvert. La mafia d’Etat. Ed. du Seuil 2021.
</div><div>[4] Plus généralement voir « Le manifeste étudiant pour un réveil écologique » signé par plus de 30.000 étudiants de 400 établissements d’enseignement supérieur et donnant lieu à des actions concrètes, par exemple pour que l’enseignement supérieur intègre dans ses programmes le changement climatique.
</div><div>[5] Voir « Mémo sur la nouvelle classe écologique » de Bruno Latour et Nicolas Schultz. Les empêcheurs de penser en rond, à paraître le 6 janvier 2022.
</div><div>[6] Voir le site « Le pouvoir de vivre » et ses 90 propositions.
</div><div>[7] « Demain un monde convivialiste, il ressemblerait à quoi ? ». Revue du MAUSS, 1er trim.2021.
</div><div>[8] In « Femmes puissantes » de Léa Salamé. Les Arènes et France Inter. Paris, 2020.</div>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?Presidentielle2022UnEspoirDeChangementD">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2021-05-16" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="ProjetPourUnePresentationDeLeccapAuRese" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="RoustangGuy,GarlotFlorine2,PotierElwis" data-date_maj_fiche="2025-08-05 12:01:08" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_ProjetPourUnePresentationDeLeccapAuRese"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Projet pour une présentation de l’eccap au Réseau interuniversitaire de l’économie sociale et solidaire (RIUESS) </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_ProjetPourUnePresentationDeLeccapAuRese" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>16/05/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Projet pour une présentation de l’eccap au Réseau interuniversitaire de l’économie sociale et solidaire (RIUESS) </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?GarlotFlorine2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Garlot Florine">Garlot Florine</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PotierElwis/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Potier Elwis">Potier Elwis</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>L’encyclopédie du changement de cap<a href="#_ftn1">[1]</a> rassemble déjà des contributions qui donnent une orientation et suscitent de la part de nos abonnés un certain intérêt.</div><div>Mais le chemin à parcourir reste considérable si l’on ambitionne d’être incontournable<a href="#_ftn2">[2]</a> :</div><div>- pour tous ceux qui sont conscients qu’un changement radical d’orientation s’impose aujourd’hui avec urgence. </div><div>- pour tous ceux qu’il faut convaincre de l’impérieuse nécessité d’un changement de cap et qui cherchent un nouvel horizon</div><div>- pour clarifier les défis à relever et inciter chacun et tous à agir en s’appuyant sur tout ce qui se cherche modestement en vue d’une toute autre orientation. <br /><br /></div><div>Les dangers qui nous menacent sont immenses et exigent un changement de cap. </div><div>- Celui du réchauffement climatique est le plus évident, car il faut croire les scientifiques qui nous disent que si nous ne changeons pas radicalement d’orientation dans les dix ans qui viennent, nous serons victimes de bouleversements incontrôlables. Il y a bien une certaine prise de conscience des risques encourus mais les politiques mises en œuvre restent dérisoires. </div><div>- Les démocraties sont fragiles. Alors que nous aurions grand besoin d’ouvrir des débats sur d’innombrables sujets, du local à l’international, pour faire appel à l’intelligence collective<a href="#_ftn3">[3]</a> et discuter des changements qui s’imposent, alors même que les médias sont trop dépendants des milliardaires pour nous y aider. Il s’en est fallu de peu que la démocratie américaine ne sombre dans le trumpisme et, en France, nous avons du mal à échapper à l’affrontement entre le courant néo-libéral porté par E. Macron et le repli national de Mme Le Pen. Le risque est grand de voir les démocraties incapables d’affronter les défis à relever alors que les régimes autoritaires dominent déjà en Chine, en Russie et dans bien d’autres pays. <br />- En 20 ans, les géants du numérique (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) sont devenues les 5 premières firmes mondiales en termes de capitalisation boursière <a href="#_ftn4">[4]</a>. Ces géants n’ont pas d’autre finalité que la puissance financière. Comme le dit Thomas Gomart : « la technologie ne pense pas, elle façonne » <a href="#_ftn5">[5]</a>. Ces géants du numérique, qui rivalisent de pouvoir avec les Etats, façonnent en effet nos modes de vie. Ils sont souvent un passage obligé quand nous avons besoin de nous informer, d’entrer en relation avec d’autres, de procéder à un achat. Ils contrôlent le travail d’un nombre croissant de travailleurs<a href="#_ftn6">[6]</a>.<br />Il y aurait trente-six autres possibilités d’exprimer en quoi un changement de cap s’impose ou de préciser les défis que nous avons à relever (effondrement de la diversité biologique, risque de nouvelles pandémies, d’une humanité augmentée<a href="#_ftn7">[7]</a>, etc.). Mais il convient surtout de préciser nos orientations pour préparer l’avenir, rassembler davantage de contributeurs pour couvrir davantage de sujets, multiplier le nombre d’abonnés et favoriser la consultation fréquente de l’<strong>eccap.fr.<br /></strong><br /></div><div>Pour caractériser nos orientations, nous choisissons de citer longuement un texte de R. Debray de 1989 : « Libéralisme et marxisme ont communié pendant un siècle dans le même présupposé, à savoir que dans la hiérarchie des choses sérieuses, l’économie occupe la première place, avant la politique, suivie elle-même par la culture (ouvrage de dames et de gentils impresarii). Le jour n’est pas loin où l’on s’apercevra, dans notre monde post-industriel, que l’ordre des préséances et des préoccupations devrait se lire en sens inverse. Que la culture est première par rapport à la politique, elle-même plus importante que l’économie. <strong>Les groupes humains veulent d’abord être eux-mêmes - parler leur langue, pratiquer leurs croyances, nourrir leur mémoire dans un milieu de vie préservé</strong>. Ils veulent pouvoir participer à la chose publique, en citoyens responsables d’eux-mêmes. Et enfin produire suffisamment et distribuer équitablement »<a href="#_ftn8">[8]</a>.<strong></strong></div><div>Changer de cap, c’est considérer<strong> « que la culture est première par rapport à la politique, elle-même plus importante que l’économie ». </strong>Ce terme de culture(s) doit s’entendre au pluriel et ne se limite évidemment pas en l’occurrence à l’acception limitée du domaine des arts et des lettres.</div><div>Les longues citations, ou allusions, que nous faisons d’articles déjà parus ou de réseaux existants, manifestent combien nous sommes convaincus que l’avenir de l’eccap dépend de sa capacité à rassembler, à favoriser l’interconnaissance et le débat entre tout ce qui se cherche pour un changement de cap.  </div><div></div><div><strong>1)</strong>  <strong>;Le culturel<br /></strong><br /></div><div>Dans la rubrique « Culture » de l’eccap, nous reprenions l’éditorial de la revue Projet sur la culture<strong> : </strong>« <strong>S</strong>ouhaite-t-on vraiment la participation de toutes et de tous à la vie culturelle ? Celle-ci, en un sens, recèle un véritable pouvoir de subversion. Joseph Wresinski, fondateur du mouvement ATD Quart Monde en 1957, en était convaincu ». « La culture est ce bien fou qui permet d’exister aux yeux des autres et de les faire exister en nous. Lire Molière ou participer à un atelier d’écriture, apprivoiser la langue, traduire d’une langue à l’autre, c’est aussi se doter d’outils pour mieux organiser sa pensée, pour comprendre le monde dans lequel on vit, pour défendre ses idées et ses droits… <strong>Ce qui se joue à travers les droits culturels, c’est le droit de chacune et de chacun de prendre place individuellement et collectivement comme acteur de la cité</strong> ». <br /><br /></div><div>Le culturel est donc premier en ce qu’il fait exister la différence et l’altérité entre les humains dans une même société mais encore faut-il reconnaître le droit à la diversité culturelle et préserver « les fleurs fragiles de la différence » (C. Lévi-Strauss). Aujourd’hui, il est fait peu de cas du ministère de la culture, rêvons un moment à ce que pourrait signifier la centralité d’un ministère de la culture qui prendrait la place actuelle du ministère de l’économie et des finances <a href="#_ftn9">[9]</a>? <strong>Il lui faudrait dialoguer avec tous les autres ministères pour qu’ils contribuent à la qualité du vivre ensemble, à la capacité pour chacun d’être un citoyen actif, apte au dialogue pour décider en commun</strong>, que ce soit dans l’habitat, l’emploi, l’éducation, le sport… autrement dit participer à l’organisation de la cité et de la vie quotidienne, y compris en choisissant ceux qui ont la charge du pouvoir politique. Ce ministère aurait à s’interroger sur les relations avec les autres nations, à propos aussi bien des ventes d’armes, que du type d’échanges commerciaux. Pour mettre en cause, par exemple, les importations de soja pour nourrir le bétail dans nos exploitations agro-industrielles, ce qui favorise le déboisement au Brésil et en Indonésie notamment. <br /><br /></div><div><strong>L’une des questions à affronter est celle du temps libéré, grâce à une remarquable progression de la productivité du travail avec le progrès technique</strong>.<br /><br /></div><div>Une remarque préalable : si nous mettons en avant aujourd’hui cette question, cela ne signifie pas pour autant que nous oublions dans l’eccap d’autres questions tout aussi importantes. Par exemple : <br /><br /></div><div>-    De quoi avons-nous réellement besoin ?<a href="#_ftn10">[10]</a><br />-    Comment améliorer la qualité de vie pour tous et la qualité du travail pour chacun ?<br />-    Comment reconnaître à leur juste place les métiers du soin et plus largement du « prendre soin » (care), au centre du tertiaire ? <br /><br /></div><div>Les anciens considéraient qu’avoir des esclaves permettaient d’être libérés des tâches imposées par les nécessités du quotidien pour se consacrer à la vie de la cité, à l’action avec les autres ou au loisir (l’otium pour les latins ou la skolé pour les grecs). Mais ne nous y trompons pas, il n’y a aucune tonalité de frivolité dans ce loisir, il faut s’y préparer.<a href="#_ftn11">[11]</a>Selon H. Arendt, Marx considérait qu’il faudrait que le travail soit aboli pour que le domaine de la liberté supplante le domaine de la nécessité, car la liberté ne commence que lorsque cesse le travail déterminé par le besoin. Et elle écrit : « Le modèle de cette espérance chez Marx était sans aucun doute l’Athènes de Périclès qui dans l’avenir, grâce à la productivité immensément accrue du travail humain n’aurait pas besoin d’esclaves et deviendrait réalité pour tous les hommes ». C’est ce même espoir qu’exprime, Charles Péguy, en 1898, dans Marcel, de la cité harmonieuse, lorsqu’il considère qu’une fois assurés les besoins corporels de la cité par le travail contraint, <strong>le travail à faire en art, en science et en philosophie est infini</strong>. On pourrait ajouter que le travail de solidarité entre les groupes et les générations, pour prendre soin des autres et de la nature, est également infini.<br /><br /></div><div>Et en 1930, Keynes dans une lettre à ses petits-enfants avait bien vu la difficulté que nous aurions à ne plus faire de l’emploi, du travail salarié le centre de notre vie. En 1930, Il considérait qu’un siècle plus tard, (nous n’en sommes pas loin) grâce au progrès technique et à la productivité du travail, il suffirait de 3 heures par jour ou de 15 h. par semaine pour satisfaire nos besoins essentiels. Mais, écrivait-il, « la lutte pour sa subsistance a toujours été jusqu’à présent le problème le plus absorbant de la race humaine… nos impulsions et nos instincts les plus profonds se trouvent tournés vers la solution des problèmes économiques ». Si bien que « l’homme moyen devra se débarrasser en quelques décades de ce qui lui fut inculqué au cours de générations multiples... Ne faut-il pas s’attendre alors à une dépression nerveuse collective ? »<br /><br /></div><div>H. Arendt était pessimiste, en écrivant en 1961 dans Condition de l’homme moderne : « C’est une société de travailleurs que l’on va libérer des chaînes du travail et cette société ne sait plus rien des activités plus hautes et plus enrichissantes pour lesquelles il vaudrait la peine de gagner cette liberté ». <br /><br /></div><div>Ce que disait André Henry, ministre éphémère du temps libre en 1981, n’a toujours pas été entendu :« Si la révolution technologique n’est pas compensée par une volonté politique volontariste, déterminée, puissante et à long terme, touchant au temps libéré… alors nos sociétés démocratiques s’affaibliront, et les exclus – jeunes et anciens – pourraient bien n’avoir d’autre recours que dans la violence ou dans les thèses d’extrême droite avec leur cortège de racisme et d’antisémitisme ». <br /><br /></div><div>Aujourd’hui, nous avons laissé les plus grandes multinationales occuper le « marché de l’attention ». Changer de cap voudrait dire aller à l’encontre de ce constat désabusé :« La société numérique rassemble un peuple de drogués hypnotisés par l’écran ».<a href="#_ftn12">[12]</a> Et le « marché de l’attention » va de pair avec la tendance à ne rechercher dans les écrans que ce qui va conforter nos opinions.<br /><br /></div><div>D’où l’importance de la question soulevée par Paul Ricoeur qui interroge notre conception de la laïcité : « <strong>On ne peut se contenter de faire abstraction des convictions, ne serait-ce que pour alimenter le débat public sur les grands choix de société. »</strong> (Voir à ce propos les articles de l’eccap sur « être en Yoga », sur la méditation, sur l’intérêt qu’il y aurait à enseigner les religions dans l’Education Nationale en suivant les propositions de R. Debray<a href="#_ftn13">[13]</a>). <br /><br /></div><div><strong>2)</strong> <strong>La politique<br /></strong><br /></div><div><strong>L’eccap </strong>n’a aucune prétention à créer un nouvel « isme », (libéralisme, socialisme, communisme, anarchisme, convivialisme…) ou à décrire une utopie, elle est simple appel à cheminer ensemble dans la bonne direction.</div><div>L’eccap n’a aucune prétention non plus à participer à la recherche du pouvoir politique, elle se situe au niveau de l’éducation civique.</div><div><br /><strong>Les différentes formes deDémocratie</strong>. La Convention Citoyenne sur le Climat (CCC) a suscité un immense intérêt. Elle a amené Gaël Giraud à déclarer : « La Convention citoyenne c’est, de mon point de vue, un véritable miracle démocratique qui montre que vous tirez au hasard 150 citoyens, vous leur donnez les moyens de se former convenablement pendant 9 mois et ils vous pondent in fine un programme de transition écologique pour la France qui est plus intelligent que ce que la haute fonction publique a conçu depuis 20 ans. »<a href="#_ftn14">[14]</a></div><div>Bien avant le lancement de cette CCC, l’eccap avait rendu compte en février 2017<a href="#_ftn15">[15]</a>, du livre de J. Testart (2015), L’humanitude au pouvoir. Comment les citoyens peuvent décider du bien commun ? qui porte sur les conventions citoyennes et qui précise à quelles conditions elles doivent fonctionner : il expliquait comment des citoyens informés et qui dialoguent sont à même de modifier leurs points de vue et de prendre en compte l’intérêt général. </div><div><strong></strong>La démocratie représentative qui repose sur le choix de ceux que nous envoyons à la chambre des députés et au Sénat ne sera vivante qu’à condition d’être complétée par la démocratie participative qui peut prendre de multiples formes (comme nous en faisons déjà état au niveau communal dans des articles sur Saillans et Kingersheim). Et c’est dès l’école qu’il convient d’apprendre à tout un chacun de participer à la prise de décision. Le monde associatif dans sa diversité est aussi le gage d’une participation active à la vie de la cité. </div><div><br /><strong>La laïcité ou</strong> <strong>la politique libérée de la religion</strong>. Gaël Giraud explique dans la vidéo : « Après la privatisation du monde » vers la 35ème minute, comment le pape Grégoire 7 au 11ème siècle a prétendu que le pape était l’interprète de la volonté de Dieu pour organiser la cité. Alors même que Jésus avait dit au cours de son procès : mon royaume n’est pas de ce monde. La tendance cléricale, qui s’est imposée, explique la difficulté qu’a eu l’église catholique à admettre la laïcité<a href="#_ftn16">[16]</a>. Pour l’Islam, Ghaleb Bencheikh défend dans El Watan la position suivante : personne n’est habilité à interpréter la volonté de Dieu et c’est aux hommes de décider de l’organisation de la cité<a href="#_ftn17">[17]</a>. </div><div>Le débat sur la laïcité a été permanent depuis la loi de 1905. Les responsables actuels de l’ECCAP rejoignent la position équilibrée défendue par l’Observatoire de la laïcité <a href="#_ftn18">[18]</a></div><div><br /><strong>Les dangers de l’autonomie du système technique</strong><strong>. </strong>J. Ellul<strong> </strong>écrivait en 1954 :«<strong> </strong>La technique ne supporte aucun jugement, n’accepte aucune limitation…Elle peut donc tout faire. Elle est vraiment autonome »<a href="#_ftn19">[19]</a>. La technique, ce ne sont pas seulement les machines mais la recherche dans tous les domaines de la méthode la plus efficace. La technique nous soumet à un processus de transformation sociale que nous ne maîtrisons pas. Daniel Cérézuelle écrit : « La technicisation du monde, tout comme le déploiement de la logique capitaliste, s’effectue hors de notre maîtrise…selon un processus qui a sa logique propre » <a href="#_ftn20">[20]</a>. Par exemple il n’y a jamais eu de débat pour savoir si l’agriculture industrielle était préférable à l’agriculture paysanne traditionnelle. Au nom de la recherche de l’efficacité maximale on a introduit au fur et à mesure sans en apprécier les multiples conséquences, toutes les techniq
es concernant la mécanisation, les engrais, les pesticides qui font système et augmentent la productivité par homme au travail en entraînant une dévastation des sols (par les entrants chimiques et la mécanique lourde) l’empoisonnement des consommateurs, le ravage des paysages et la désertification des campagnes. </div><div>Eric Sadin en 2016, dans son livre La siliconisation du monde, se réclame d’Ellul et souligne qu’en son temps, il n’y avait pas encore la dépendance des scientifiques aux lobbies et aux puissances financières. Il souligne aussi le conflit des valeurs : « …ce sont les principes fondateurs de l’humanisme européen, affirmant l’autonomie du jugement et le libre choix et introduisant […] le principe de responsabilité et le droit des sociétés à décider en commun de leur destin, que l’esprit de la Silicon Valley a détruits en l’espace d’une génération et à une vitesse exponentielle » <a href="#_ftn21">[21]</a></div><div>Quand la Convention Citoyenne pour le Climat a demandé un moratoire sur l’introduction de la 5G, E. Macron s’est contenté d’ironiser comme si on lui demandait d’épouser le point de vue des amish ou de retourner à la bougie et à la lampe à huile. </div><div><br />Pas de progrès envisageable de la démocratie sans <strong>remédier à la coupure actuelle entre ceux qui se considèrent comme des élites et le reste de la population</strong>. Un tiers de la population diplômé est coupé des deux autres tiers. Gaël Giraud n’hésite pas à déclarer que le gouvernement actuel gouverne « pour une toute petite élite et, pour les autres, semble n’avoir rien d’autre à proposer que la violence et le mépris de classe »<a href="#_ftn22">[22]</a>. Selon l’Observatoire des inégalités, depuis les élections de 2017, il n’y a pour ainsi dire plus de représentants des milieux populaires au Parlement <a href="#_ftn23">[23]</a>. </div><div><strong>Argent et démocratie</strong>. On pourrait penser qu’en France le contrôle exercé sur les dépenses des candidats évite que l’argent joue un rôle important, mais il n’en est rien. Julia Cagé dans son livre Le prix de la démocratie (Ed. Fayard) montre que l’argent a un rôle déterminant dans le résultat d’une élection. Qui plus est, le rôle exercé par quelques milliardaires dans les media contribue à rendre plus difficile une information de la population sur les changements d’envergure qui s’imposent pour un véritable changement de cap<a href="#_ftn24">[24]</a>. </div><div>L’évaluation des politiques publiques devrait faire l’objet d’un exercice permanent d’apprentissage collectif, de confrontation continue entre les décisions prises par les politiques et les administrations avec les résultats obtenus.<a href="#_ftn25">[25]</a></div><div></div><div><strong>3)</strong> <strong>L’économique</strong></div><div><br />Pour les auteurs que nous avons cités précédemment (Ch. Péguy, Keynes, H. Arendt…), la priorité qu’ils voulaient donner à la culture par rapport à la politique et à l’économie relevait de choix philosophiques<strong>. Aujourd’hui, ce sont les menaces de destruction du système-terre qui impose un « tournant de civilisation »</strong> selon l’expression du texte « pour un retour sur terre » après le confinement rédigé par Dominique Bourg et quelques collaborateurs dont Pablo Servigne : « Nous devrons métamorphoser les modes de vie des pays les plus riches, dont le nôtre, tout simplement parce que les causes des destructions du système-Terre ne sont autres que nos niveaux de consommation de ressources énergétiques, minérales, halieutiques, de surfaces, d’eau, de biomasse, etc. Un seul exemple, les 10 % les plus riches de la population mondiale émettent la moitié des gaz à effet de serre, alors que la moitié la plus pauvre de la population n’émet que 10 % de ces mêmes gaz ».</div><div>Alors que tout notre système économique continue d’être orienté par l’incitation à consommer toujours plus avec comme principale visée, l’augmentation du produit intérieur brut,<a href="#_ftn26">[26]</a> la prise en compte de notre rapport à la nature exigerait la sobriété<a href="#_ftn27">[27]</a>. Dans l’eccap, divers articles <strong>dénoncent les inégalités actuelles de revenus et plaident pour une réforme fiscale</strong> et la lutte contre les paradis fiscaux. Pour parvenir à décarboner l’économie mondiale et maintenir l’augmentation de la température de la terre autour de 2°C, il est impératif de <strong>ré-encastrer l’activité financière dans l’économique</strong>, et cette dernière dans le social.<a href="#_ftn28">[28]</a>, ce qui va dans le sens du développement d’une économie sociale et solidaire. T. Lagoarde Segot qui avait écrit plusieurs articles dans l’eccap expose la nécessité de développer une nouvelle théorie écologique financière <a href="#_ftn29">[29]</a>. </div><div>Parallèlement à la nécessité de remédier aux inégalités de revenu s’impose la nécessité de remédier aux inégalités dans l’empreinte écologique. Aussi l’eccap relaye l’appel des Assises du climat publié par Pierre Calame dans Ouest-France du 10 nov. 2020 : « Un changement radical de notre modèle de vie et de développement s’impose ». <strong>Instaurer une comptabilité matière/énergie et des quotas d’énergie/matière par individu</strong> serait aussi révolutionnaire que l’a été l’introduction de l’impôt sur les revenus<a href="#_ftn30">[30]</a>. </div><div>Récemment, Hugues Sibille, président du Laboratoire de l’économie sociale et solidaire écrivait dans un échange entre convivialistes : « le limogeage d’Emmanuel Faber, patron humaniste, pour imposer l’axiome du capitalisme financier : un seul but, le résultat financier, une seule partie prenante, l’actionnaire auquel on sert son dividende, est une colossale défaite pour ceux qui tentent de faire évoluer l’entreprise de capitaux dans un sens progressiste » et il appelait « à <strong>une vision élargie des parties prenantes à la gouvernance des entreprises</strong>, au-delà des actionnaires et des salariés. Dans l’entreprise défendue par les convivialistes, les consommateurs, les représentants du territoire, les représentants des générations futures...devraient figurer dans la gouvernance ». </div><div>Jean-Benoit Zimmermann présente dans l’eccap son dernier livre « Les communs - Des jardins partagés à Wikipedia » Il écrit :« A l’heure de la mondialisation économique et financière…Le modèle de l’État-Providence… peine à remplir ses fonctions tant l’État, aspiré dans la spirale néo-libérale, se trouve incapable d’assumer pleinement ses fonctions ». <strong>Le commun représente une troisième voie hors de la dualité Etat /marché</strong>  c’est un mode d’action collective gérée pour le bénéfice de tous et assurant un meilleur niveau de satisfaction individuelle. Pour J.-B. Zimmermann : « Que les communs soient un moteur de changement et de renouveau en profondeur de nos sociétés en ce début de XXIème siècle, cela ne fait aucun doute…La multiplication des communs de toute nature et leur implication dans des réseaux susceptibles de mailler nos sociétés toutes entières constitue l’émergence d’un contre-pouvoir citoyen susceptible de contrebalancer les excès d’un capitalisme mondial débridé et de poser les bases d’une nouvelle démocratie ».<br /><br /></div><div><strong>4)</strong> <strong>Le changement de cap contre la neutralité de Wikipedia.</strong> <br /><br />Léo Joubert, qui a fait une thèse très riche pour analyser l’évolution de Wikipedia et sa situation actuelle, veut bien nous conseiller. L’une des questions difficiles est la suivante : Comment réaliser une encyclopédie du changement de cap qui tournerait le dos à la neutralité affirmée haut et fort par Wikipedia ? Au cours d’un échange, Léo Joubert avait noté avec ironie que l’évolution de Wikipedia n’avait pas été tendre à l’égard des fondateurs de Wikipedia et des principes qu’ils défendaient. Ils avaient été mis de côté. Et en effet, une certaine neutralité d’apparence ne s’impose-t-elle pas logiquement dès lors que l’on ouvre à tout un chacun la possibilité d’intervenir ? N’est-elle pas consubstantielle à un « commun numérique de masse »? Donc, <strong>comment maintenir une certaine ligne éditoriale qui prône un changement de cap sans céder à une pseudo-neutralité et au repli sur soi</strong> ?<br /><br /></div><div>En interne, l’eccap se donne pour objectif de maintenir une ligne éditoriale qui prône un changement de cap sans sectarisme sur le fond et, sur la forme, dans le respect des positions des uns et des autres. Il faudra donc centrer les analyses sur les débats qui sont les plus fructueux. <br /><br /></div><div>En externe, l’eccap favorisera les échanges entre revues et réseaux qui sont favorables à ce changement de cap. Grâce au numérique, elle pourrait être un point de ralliement et d’échanges (sans du tout avoir la prétention d’unifier). L’eccap est aussi un lieu de débat car tous les objectifs visés par ce changement de cap ne sont pas compatibles, et des choix, des arbitrages, devront être faits  des équilibres, des compromis, seront à trouver. L’eccap se donne aussi pour mission de les faire advenir démocratiquement. C’est dire qu’il y a du pain sur la planche. <br /><br /></div><div><strong>5)</strong> <strong>L’eccap se veut outil de formation et d’information citoyenne</strong>. </div><div>Ainsi, depuis 2017, une centaine de contributions (articles et lettres) permettent d’identifier des dérives quant aux manières qu’ont les humain∙es d’être au monde et de rechercher différents chemins pour un autre cap. Ces contenus sont visibles sur le site Internet de l’eccap et dans la lettre bimensuelle. Cependant, cette première étape, bien que nécessaire, ne suffit pas. En effet, la mise à disposition de contenus ne signifie ni accessibilité – dans la profusion d’informations – ni formation. De plus, ces contenus ne sont pas (ou peu) débattus, ni en dehors de l’eccap ni entre les contributeur∙rices. Pourtant, il nous semble que <strong>c’est par la participation que les citoyen∙nes se sentant concerné∙es par un sujet peuvent développer leur capacité à former des jugements sur des problèmes publics</strong> (Dewey, 1927). Autrement dit, l’eccap, en cohérence avec son projet social, pourrait s’enrichir des réflexions et des pratiques citoyennes et en retour nourrir les débats et l’action collective dans les espaces publics de proximité de la société civile (comme les cafés associatifs).</div><div>• C’est dans cette optique que l’eccap se rapproche du Réseau des Cafés et Cantines Associatives Culturelles. Une première coopération a été mise en œuvre avec le café associatif le Grin, à Clermont-Ferrand, sur la thématique du Travail (cf. lettre 50). La rubrique travail s’est ainsi vu enrichie de nouveaux contenus mais aussi de formats moins « académiques » et plus sensibles (podcasts, poésie). Tout l’enjeu de cette démarche est de croiser des savoirs et des formes (sons, littératures, articles scientifiques, etc.) sur des thématiques qui pourraient nourrir des pistes pour un changement de cap. </div><div><br /><br /></div><div><br /><a href="#_ftnref1">[1]</a> eccap.fr<br /><a href="#_ftnref2">[2]</a> Comme l’est Wikipedia, pour tout un chacun qui cherche un renseignement.<br /><a href="#_ftnref3">[3]</a> Voir l’article de Renaud Vignes « le monde d’après » dans l’eccap.fr<br /><a href="#_ftnref4">[4]</a> Voir eccap Lettre n°5. Nouveau capitalisme et Europe<br /><a href="#_ftnref5">[5]</a> T.Gomart. Guerres invisibles. Ed. Tallandier. 2021.<br /><a href="#_ftnref6">[6]</a> Voir l’article dans AOC en avril 2021, qui s’appuie notamment sur le travail mené par Odile Chagny et Florian Forestier dans leur article « Contrebalancer les asymétries de pouvoir nées de la société numérique : vers un droit social de l’algorithme ? », à paraître dans le Cahier du CIEP.<br /><a href="#_ftnref7">[7]</a> Voir art. de Maurice Merchier « Le transhumanisme : un homme augmenté, une humanité mutilée »<br /><a href="#_ftnref8">[8]</a> Le Monde du 17 novembre 1989. <br /><a href="#_ftnref9">[9]</a> Depuis J.Lang , nous avons connu onze ministres de la culture en 20 ans.<br /><a href="#_ftnref10">[10]</a> C’était le titre d’un n° de l’été 2008, de la revue Mouvement des idées et des luttes. Thierry Paquot y faisait notamment mention des détracteurs de la société de consommation. <br /><a href="#_ftnref11">[11]</a> Voir dans l’eccap l’article de G.R. « Au-delà de l’emploi quelles activités ? »<br /><a href="#_ftnref12">[12]</a> Bruno Pattino. La civilisation du poisson rouge. Petit traité sur le marché de l’attention. Ed. Grasset, p.24. <br /><a href="#_ftnref13">[13]</a> Dans la rubrique laïcité, voir l’article « Originalité de la laïcité française » selon R. Debray. Voir aussi l’article de G.Roustang, « Mystique et politique ». <br /><a href="#_ftnref14">[14]</a> Interview de G. Giraud par D. Robert le 29 sept.2020. A noter cependant que l’eccap a tenu à faire partager les critiques formulées par Pierre Calame sur la méthode suivie pour organiser la CCC, voir la lettre 48.<br /><a href="#_ftnref15">[15]</a> Dans la rubrique Démocratie, voir l’article Conventions citoyennes, recension du livre de J.Testart. <br /><a href="#_ftnref16">[16]</a> Voir article de Marcel Bernos à la rubrique laïcité de l’eccap.fr<br /><a href="#_ftnref17">[17]</a> Voir dans la rubrique laïcité son interview « Séparer le politique et le religieux » in El Watan que nous reproduisons dans l’eccap.<br /><a href="#_ftnref18">[18]</a> Voir la tribune « Menaces sur l’observatoire de la laïcité » dans Le Monde du 8 avril 2021. <br /><a href="#_ftnref19">[19]</a> J. Ellul. La technique ou l’enjeu du siècle. Paris 1954. Librairie A. Colin. <br /><a href="#_ftnref20">[20]</a> Article in Futuribles n°429, 2019. <br /><a href="#_ftnref21">[21]</a> E.Sadin. La silicolonisation du monde. L’irrésistible expansion du libéralisme numérique. Paris, 2016, L’échapée. <br /><a href="#_ftnref22">[22]</a> Voir la rubrique Elite de l’eccap. <br /><a href="#_ftnref23">[23]</a> Mediapart présente un dossier très documenté intitulé « Un coup de bluff » à propos de la déclaration récente d’E. Macron (8 avril 2021) de supprimer l’ENA. A cette occasion la rédaction de Mediapart, en partageant l’analyse de Marc Bloch dans « L’étrange défaire », reprend un historique des origines de l’ENA et cite plusieurs livres dont celui de Mauduit, intitulé « La caste »<br /><a href="#_ftnref24">[24]</a> Article de l’ECCAP « La démocratie et l’argent » selon Julia Cagé et l’article de G.Roustang « Information et démocratie, il y a urgence »<br /><a href="#_ftnref25">[25]</a> Nous espérons bénéficier pour un ou plusieurs articles de l’expérience de Bernard Perret qui a été membre du Conseil National de l’évaluation. Voir son livre « L’évaluation des politiques publiques. Ed. La découverte,2001.<br /><a href="#_ftnref26">[26]</a> Article de B.Perret : « De la critique du PIB aux nouveaux indicateurs de bien-être »<br /><a href="#_ftnref27">[27]</a> Voir « Le choix des sobriétés » du Pacte civique, Ed. de l’atelier, 2021. Voir art. de M.Merchier « Conte de Noël : un monde sans publicité ».</div><div><a href="#_ftnref28">[28]</a> Article de Maurice Merchier : Finance et soutenabilité : de l’idéologie à l’utopie d&apos;après Thomas Lagoarde- Segot et Bernard Paranque</div><div><a href="#_ftnref29">[29]</a> Voir son interview du 22 mars 2021 sur You Tube. Voir aussi le départ de G. Giraud à Washington pour créer un centre de recherche universitaire interdisciplinaire entre économie, sciences sociales, biologie etc. </div><div><a href="#_ftnref30">[30]</a> Cette proposition figure aussi dans « Propositions pour un retour sur terre » de D. Bourg et alii. Voir aussi « De la taxe carbone à la carte carbone : faire entrer le rationnement dans l’imaginaire collectif » par J.B.de Foucauld in « Le choix des sobriétés ». Pacte civique. Ed. de l’atelier 2021</div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ProjetPourUnePresentationDeLeccapAuRese">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2022-07-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="QuelAvenirAvecCetteNouvelleAssembleeNatio" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-10-14 14:38:51" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_QuelAvenirAvecCetteNouvelleAssembleeNatio"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Quel avenir avec cette nouvelle Assemblée Nationale ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_QuelAvenirAvecCetteNouvelleAssembleeNatio" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/07/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Quel avenir avec cette nouvelle Assemblée Nationale ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><strong><br /></strong><br /></div><div><h3 align="left"><span style="font-weight:normal;">Le fait marquant est évidemment la perte de la majorité absolue pour E.Macron, qui rendra bien difficile la poursuite d’une présidence jupitérienne</span></h3><br /></div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>Les principales évolutions de la composition de la nouvelle</strong> A<strong>ssemblée Nationale : l </strong>’augmentation de la proportion de femmes élues que l’on constatait d’une assemblée à une autre a été stoppée. Il n’y a pas eu régression mais maintien à un pourcentage de 37%. Un certain rajeunissement a eu lieu puisqu’un quart des députés a moins de 40 ans  ce rajeunissement venant des élus du Rassemblement National et de la France Insoumise. Comme pour l’Assemblée précédente on constate une majorité d’élus de catégories socio-professionnelles supérieures. Cette fois cependant, il y a quelques ouvriers et membres des classes moyennes venant aussi du R.N. et de la F.I. <br /><br /></div><div><strong>Deux raisons d’être inquiets : l’abstention et l’ancrage du Rassemblement National à l’Assemblée Nationale et dans les territoires. </strong>Le niveau de l’abstention n’a fait que croître aux élections législatives depuis 2002 pour atteindre 57,4 % au second tour des élections de 2017. Ce pourcentage a été un peu moindre, 53,8% en 2022. Nos élus sont mal élus, puisque plus de la moitié du corps électoral s’abstient. Ce qui est bien inquiétant pour notre démocratie. D’autant plus que cette abstention a été particulièrement importante chez les jeunes et les personnes défavorisées. <br /><br /></div><div><div align="left">Avec 89 députés, le Rassemblement National a augmenté considérablement le nombre de ses élus à l’Assemblée, ce qui lui permettra de gagner cinq millions d’euros et de recruter 300 collaborateurs<a href="#_ftn1">[1]</a>. Il peut ainsi prétendre se notabiliser. Michaël Taverne, policier député R.N. du Nord « s’épanche sur le « changement radical » vécu au RN : ça y est, nous sommes dans la cour des grands » <a href="#_ftn2">[2]</a>. Soulignons au passage le scandale moral qui entachent E.Macron, sa première ministre et plus généralement leurs soutiens. Ils ont joué la carte du front républicain contre Marine Le Pen quand il s’agissait d’attirer les voix de la gauche pour l’élection présidentielle et pour les législatives, après quoi ils n’ont eu de cesse d’affirmer qu’il fallait renvoyer dos à dos les extrêmes du Rassemblement National et de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (NUPES). Cette utilisation du front républicain à géométrie variable<a href="#_ftn3">[3]</a> a contribué à faire élire des députés du RN. Maintenant le RN est installé à des postes clés de l’Assemblée nationale et pour la première fois il a pu obtenir deux vice-présidences. Le déplacement depuis plusieurs décennies d’une partie du vote populaire vers le Rassemblement national<a href="#_ftn4">[4]</a> mérite aussi d’être souligné. <br /></div><br /></div><div><h3><strong>J.L.Mélenchon cheville ouvrière de la Nouvelle Union Populaire Sociale et Ecologique</strong></h3><br /></div><div>Pour « sauver les meubles », le Parti Communiste français, le Parti Socialiste et Europe Ecologie les Verts ont été amenés à se soumettre à la stratégie initiée par J.L.Mélenchon, qui n’a cependant pas réussi à obtenir la majorité pour s’imposer comme premier ministre. <br /><br /></div><div>La place manque ici pour analyser l’affaiblissement du Parti communiste et celle du Parti socialiste. Ce serait pourtant souhaitable pour reconstruire sur des bases solides un nouveau récit, c’est-à-dire expliciter les perspectives d’un renouveau mobilisateur adapté aux défis actuels, en tirant les leçons du passé. Toujours est-il que le leadership actuel de Mélenchon n’est pas sans soulever des inquiétudes. Voici le témoignage du politologue Thomas Guénolé à France culture<a href="#_ftn5">[5]</a> : Je suis arrivé à la maison Mélenchon par conviction, par enthousiasme… mais une fois que vous êtes dedans, en tout cas, moi, c&apos;est ce qui m&apos;est arrivé, ce que j&apos;ai découvert petit à petit, c&apos;est une machine dictatoriale, orwellienne. (...) l&apos;individu doit s&apos;effacer devant la parole du parti (...) on affiche certaines valeurs et on pratique en interne très exactement le contraire. Maud Le Rest, journaliste, spécialiste de l’histoire féministe, indique aussi : il y a une minorité de gens qui sont autour du leader charismatique qui décide de tout en fait, sans que les militants n&apos;aient jamais leur mot à dire ». Impossible de ne pas prendre au sérieux ces jugements sévères, tout en reconnaissant que des jeunes compétents entourent J.L.Mélenchon, et qu’une voix reconnue de la France Insoumise comme celle de F.Ruffin a sa propre autonomie. <br /><br /></div><div>La déclaration de politique générale d’E.Borne devant l’Assemblée Nationale ne peut qu’inquiéter ceux qui souhaitent que le second quinquennat d’E.Macron marque un infléchissement par rapport au premier. En effet E.Borne a énoncé, sur un ton martial, un catalogue de bonnes intentions qui pourraient faire rêver, si elle n’avait pas pris soin de répéter tout au long de sa déclaration qu’il s’agirait de continuer sur la lancée du premier quinquennat. Or c’est bien ce quinquennat qui a nourri la montée du mécontentement et la désespérance de beaucoup qui expliquent le succès du R.N. et la persistance des abstentions. <br /><h3><br /><strong>Le pire n’est pas toujours sûr</strong></h3></div><div><br /></div><div>Malgré les multiples raisons de s’inquiéter pour l’avenir et pour éviter tout simplisme, on doit faire état de quelques interrogations. Quel est le sens de l’arrivée de Pap Ndiaye comme Ministre de l’Education Nationale<a href="#_ftn6">[6]</a> ?. Il est conscient que « « l’école a du mal avec les pauvres » parce qu’elle ne corrige pas assez les inégalités de naissance et peine à enrayer la reproduction sociale<a href="#_ftn7">[7]</a>. S’il affronte cette difficulté et réussit à mettre au cœur de nos préoccupations l’éducation nationale et la place centrale que devrait avoir les enseignants, alors un grand pas dans la bonne direction serait franchi.<a href="#_ftn8">[8]</a> Autre source d’interrogation, dans le second gouvernement E.Borne, Olivier Klein est devenu ministre de la ville et du logement. Or il est co-auteur du rapport de l’Institut Montaigne : « L’avenir se joue dans les quartiers populaires ». Ce rapport fait le récit de 24 heures dans la vie d&apos;habitants des quartiers populaires, et contient 31 propositions opérationnelles afin d&apos;améliorer leurs conditions de vie au quotidien. Quant à la nouvelle ministre de la culture Rima Amul-Balak, dont Jack Lang dit du bien, elle qui a été traitée un jour « de sale arabe », aborde dans Le Point le « risque de morcellement identitaire » auquel elle oppose « un projet civilisationnel »<a href="#_ftn9">[9]</a>.<br /><br /></div><div>En définitive c’est un nouveau récit qui doit être élaboré non plus centré sur une opposition frontale concernant les moyens de production et le partage de la richesse, mais la recherche en commun des moyens de lutter contre le changement climatique, pour une autre agriculture, une autre industrie, une autre façon d’habiter etc. Les vacances du mois d’août seront bien utiles pour faire le point et essayer le  1er septembre d’apprécier les forces et faiblesses d’un renouveau nécessaire.<br /><br /></div><div><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] La Croix du 24 juin 2022.<br />[2] Cité dans Le Monde 26/27 juin, p.9.<br />[3] Pap Ndiaye, nouveau ministre de l’Education Nationale avait déclaré dans un tweet : « Quelle que soit la configuration, aucune voix ne doit aller au Rassemblement National. Le combat contre l’extrême droite n’est pas un principe à géométrie variable ».<br />[4] Voir le livre de Renaud Dély : Anatomie d’une trahison. Ed. De l’Observatoire. Avril 20022, p. 129 et ss. qui cite Pascal Perrineau : « Cette France de gauche qui vote Front National » Le Seuil 2017.<br />[5] https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/signes-des-temps/comment-etre-de-gauche-en-france-aujourd-hui-6284250<br />[6] Voir article de Bruno Viard dans cette lettre de l’eccap.<br />[7] Voir la double page de l’article : .« Réconcilier la nation » de Nicolas Truong in Le Monde du 25 juin 2022 . Dans ce même article Pap Ndiaye affirme qu’E.Macron est « le premier président à avoir compris l’importance de refonder les liens avec l’Afrique ».<br />[8] Sur les défis à relever, voir l’étude de l’Institut Rousseau : « Un sursaut pour l’école de la République » par E.Picard et V.Barel, 24 mars 2022.<br />[9] Le Monde, 9 juillet, p.29, article de Michel Guerrin qui a pour titre « La ministre osera-t-elle ? ».         
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?QuelAvenirAvecCetteNouvelleAssembleeNatio">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2023-12-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="QuelAvenirAvecLintelligenceArtificielle" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-10-14 14:41:24" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_QuelAvenirAvecLintelligenceArtificielle"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Quel avenir avec l’Intelligence artificielle ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_QuelAvenirAvecLintelligenceArtificielle" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/12/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Quel avenir avec l’Intelligence artificielle ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
     <p>Il y a des questions importantes que l’on hésite à aborder si l’on n’est pas un spécialiste. C’est pour moi le cas de l’Intelligence artificielle (IA): faute d’avoir trouvé un spécialiste pour en parler, nous nous contentons donc de faire état de la question à partir d’une documentation limitée. Seule certitude : le sujet est important pour notre avenir et nous voulons commencer à l’évoquer pour nos lecteurs.</p>    <p>Rien d’étonnant à ce que le journal Le Monde ait consacré une double page à l’affaire Sam Altman<a href="#397e7401-4a96-46eb-ae29-bea8d551e9eb"> [1</a>], inventeur de Chat GPT dans son entreprise Open AI. Directeur général, licencié par le Conseil d’administration de son entreprise, il a connu un retour triomphal quelques jours plus tard, soutenu par 700 employés sur 770. Comme E. Musk, Sam Altman croit dans le potentiel immense de l’Intelligence artificielle. E. Musk déclarait déjà en 2014 que l’IA est « potentiellement plus dangereuse que les bombes nucléaires ». Ne serait-ce que les conséquences sur les suppressions d’emploi que pourrait entraîner une généralisation de l’IA. Et pour souligner l’importance de l’inventeur de Chat GPT le journaliste du Monde écrit : « En mai…il fait une tournée digne d’un chef d’État, passant par Washington, Toronto, Rio, Lagos, Séoul, Varsovie, Londres, ou Paris, où il est reçu par Emmanuel Macron ».</p>    <p>Selon l’article du Monde le licenciement tout provisoire de Sam Altman était justifié parce qu’il « cherchait à avancer et à lancer des produits à un rythme trop rapide, dans un but jugé trop commercial et contraire à la politique de sûreté d’Open AI;» qui construit une IA qui bénéficie à toute l’humanité. Son retour est interprété de la manière suivante dans un autre article du Monde : </p>    <p>« Open AI a clairement tranché entre éthique et profit en faveur de ce dernier. Ce dénouement montre que les bonnes intentions ne seront pas suffisantes pour préserver l’IA générative d’une logique économique classique»<a href="#39de05f7-6f05-4f6a-bb97-52ead22fc81b">[2</a>].</p>    <p>Avant d’écrire cet article j’ai demandé à quelques amis ce qu’ils pensaient de l’IA. L’un d’eux m’a répondu :</p>    <p>« J&apos;avoue avoir été assez convaincu par les explications du PDG de Microsoft sur internet, qui disait à peu près la chose suivante : oui, il y a des risques, oui il faut de la régulation, mais la situation n&apos;est pas fondamentalement différente de celle que l&apos;on a connu après l&apos;invention de l&apos;électricité. On s&apos;est aperçu qu&apos;on risquait des incendies et autres accidents graves si l&apos;on ne mettait pas partout des disjoncteurs et des interrupteurs. Pour l&apos;IA, c&apos;est pareil, nous ne serons pas assez fous pour créer des systèmes susceptibles de prendre des décisions à notre place sans dispositifs de sécurité permettant de les débrancher à tout moment. Mais il faudra bien-sûr que les autorités publiques s&apos;en mêlent. J&apos;avoue que cela m&apos;a paru assez cohérent et sensé. Les promesses étant immenses, notamment en matière de santé (diagnostic médical), on ne bloquera pas la recherche, mais je crois que tous les gens un peu responsables sont conscients du fait qu&apos;il faudra des garde-fous;».</p>    <p>Mais un autre ami qui ne partageait pas ce point de vue considérait que l’IA était beaucoup plus inquiétante que l’invention de l’électricité :</p>    <p>« Les potentialités de l&apos;IA sont immenses et étonnantes. Certains de ses effets peuvent être dévastateurs en matière d’emplois (cf. les grèves des comédiens et des scénaristes à Hollywood), de désinformation et de manipulation de l&apos;information, de l&apos;évolution du cerveau humain (on le voit déjà sur les impacts de certains algorithmes sur les capacités d&apos;attention des individus) etc.  Il est temps de mettre en place un système de régulation au niveau des États comme a commencé à le faire l&apos;Europe avec l&apos;IA Act. Une structure du type GIEC, serait aussi une bonne idée pour confronter les points de vue des experts et pour exposer les enjeux de leurs débats en impliquant des cogniticiens, des neuroscientifiques, des politologues, des sociologues, des psychologues;».</p>    <p>Dès avril 2021, la Commission européenne a proposé que des systèmes d&apos;IA qui peuvent être utilisés dans différentes applications soient analysés et classés en fonction du risque qu&apos;ils présentent pour les utilisateurs, ce qui impliquera plus ou moins de réglementation. Une fois approuvées, ces règles seront les premières au monde sur l&apos;IA. Les pourparlers vont maintenant commencer avec les pays de l&apos;UE au sein du Conseil sur la forme finale de la loi.</p>    <p>Selon une information de Mediapart du 1er décembre, la position de la France serait la suivante après le départ de Cédric O du gouvernement et sa nouvelle embauche par Mistral AI, fleuron de l&apos;intelligence générative : </p>    <p>« Comme Secrétaire d’État chargé du numérique, Cédric O défendait la régulation de l’intelligence artificielle. Il conseille à présent l’inverse à Élisabeth Borne, en tant que lobbyiste du secteur, au nom de la principale start-up française». </p>    <p>Avec l’Intelligence artificielle nous avons donc un sujet important et la façon dont notre société va l’aborder conditionne en partie notre avenir.</p>           
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?QuelAvenirAvecLintelligenceArtificielle">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2024-05-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="QuelAvenirPourLeurope" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-10-14 14:47:10" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_QuelAvenirPourLeurope"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Quel avenir pour l’Europe ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_QuelAvenirPourLeurope" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/05/2024</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Quel avenir pour l’Europe ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>L’Europe démocratique est menacée de l’intérieur par la montée dans divers pays des mouvements d’extrême droite, et spécialement en France par la montée du Rassemblement national. Elle est aussi menacée de l’extérieur par le régime de Poutine qui ne lésine pas avec ses campagnes de désinformation, ou par Tik Tok, instrument de la politique chinoise<a href="#_ftn1">[1]</a>. </p>    <p>En définitive nous sommes confrontés à un immense défi entre des régimes dictatoriaux comme la Russie actuelle et la Chine de Xi JinPing et les pays démocratiques considérés par Poutine comme décadents. Alors quel avenir, les régimes dictatoriaux ou les démocraties ? N’est-ce pas le régime de Poutine qui est décadent ?</p>    <p>Au cours de la dernière décennie, l’extrême droite a progressé dans l’ensemble des pays européens.  Et les sondages annoncent une large avance de Bardella tête de liste du R.N. sur les autres listes. Si le parti de Marine Le Pen, instruit par l’expérience de la Grande Bretagne, n’envisage plus de sortir de l’Europe, <strong>il est à craindre que les partis d’extrême droite « ne cherchent plus à quitter l’Union européenne mais à la transformer de l’intérieur ».</strong>  Ces partis « ont tendance à coopérer sur les sujets d’identité, d’immigration et d’islam, sur lesquels ils sont d’accord »<a href="#_ftn2">[2]</a>. Et si l’extrême droite progresse au Parlement à la suite des élections du 9 juin, elle influencera la prochaine Commission européenne et le Conseil européen qui réunit les chefs de gouvernement des Etats membres. </p>    <p>En lien avec la question d’identité, qu’entend-on par souveraineté ? Les partis d’extrême droite font grand cas de la souveraineté nationale. Céline Spector, spécialiste notamment de Montesquieu et de Rousseau, interroge la notion de souveraineté nationale à la lumière de l’Union européenne[3]. Elle considère que la souveraineté nationale est une illusion, compte tenu notamment de l’inscription de chaque nation dans un tissu de nombreuses contraintes et de la mondialisation des économies, compte tenu aussi des GAFAM qui rivalisent avec la puissance des États. Pour Céline Spector l’Europe serait le bon niveau à condition qu’elle apprenne le langage du pouvoir, qu’elle devienne une puissance « vouée à entrer dans le champ des rivalités avec la Russie, la Turquie, l’Iran, la Chine, voire les États-Unis ». Et Céline Spector, avec d’autres, décrit l’évolution souhaitable des institutions européennes pour que l’Europe n’apparaisse pas comme un pouvoir lointain et bureaucratique qui favorise l’abstention aux élections. Cela passe par un renforcement de la place du Parlement européen chargé « d’animer un espace public européen : il n’est pas de démocratie sans lieux de formation des opinions politiques, sans arène médiatisée d’échanges rationnels ». « Peut-on clarifier l’identité de ce que le député européen représente : sa circonscription, son parti, son pays, le demos européen tout entier » . Il s’agit de « personnaliser » le Parlement européen pour en faire le véritable gardien des intérêts du peuple »… « Aussi faut-il accroître le budget du Parlement, conférer à l’Union des ressources propres et lui donner le droit de lever un impôt progressif ». « D’un point de vue institutionnel, il faut…contrer le démantèlement de l’État social et amorcer « une révolution fiscale » à l’échelle européenne destinée à financer la transition écologique ».</p>    <p>Les analyses du dossier «Le projet européen à l’épreuve;» du dernier numéro de la Revue Esprit convergent avec le numéro de la revue « L’économie politique;» de février 2024 qui a pour titre « Quelle Europe face au désordre mondial;?». L’éditorial s’intitule « Donnons à l’Europe les moyens d’agir» et différents chapitres analysent ce qui permettrait à l’Europe de progresser avec cette inquiétude : « L’Europe politique risque de s’affaiblir davantage au moment où nous avons le plus besoin d’elle».</p><hr class="wp-block-separator" /><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Voir Le Monde du 28 avril 2024, p.28<br /><br />[2] Article de Hans Kundnani in Esprit, avril 2024, p.75.<br /><br />[3] Voir son interview sur son livre;« No Demos;» dans le cadre des conférences de la librairie Mollat qui peut être écoutée en podcast. Céline Spector a écrit avec la directrice de la Revue Esprit l’éditorial du numéro d’Esprit d’avril 2024 et a écrit également un article dans ce numéro. Dans son livre elle s’interroge sur la notion de souveraineté à la lumière de l’Union européenne.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?QuelAvenirPourLeurope">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="definition" data-bf_date_publication="2017-10-16" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="QuelNouveauCapPourLaPolitiqueFiscale" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,renforcer_les_solidarites" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-10-14 14:53:39" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_QuelNouveauCapPourLaPolitiqueFiscale"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Quel nouveau cap pour la politique fiscale ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_QuelNouveauCapPourLaPolitiqueFiscale" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>16/10/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Quel nouveau cap pour la politique fiscale ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema renforcer_les_solidarites">
                      Renforcer les solidarités 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>La fiscalité est un moyen tout à la fois d’orienter la production et la consommation, et de lutter contre les inégalités. La lutte contre les évasions fiscales doit être renforcée et constitue une ressource indispensable pour réduire les déficits publics en France et dans les pays développés. Dans les pays du Sud elle dégagera des ressources pour l’amélioration du bien-être. Les mesures fiscales et budgétaires des premiers mois de la présidence Macron vont à l’encontre d’une politique de lutte contre les inégalités.  </p><h3><strong>Moyen d’orienter la production et la consommation</strong></h3><p><strong><br /></strong> C’est bien ce que fait N.Hulot, ministre de la transition énergétique et de la solidarité en 2017  lorsque par exemple il veut augmenter le malus des gros 4x4 les plus polluants. C’est le moyen préconisé par  Philippe Madinier (1) , ancien rapporteur général du Centre d’étude des revenus et des coûts (CERC) quand il plaide pour une discrimination positive en faveur des services.  C’est ainsi que la réparation des logements dispose d’un taux réduit de TVA, qui stimule l’emploi dans ce secteur. En accordant un taux de TVA plus faible à « l’ensemble des activités de réparation, on contribuerait efficacement à l’allongement, si souhaitable, de la durée de vie des biens ». Cela impliquerait une hausse compensatrice sur les biens. « Pourvu que cette divergence soit progressive et programmée, elle serait éminemment favorable à la fois au rétablissement du plein emploi et au freinage de la consommation d’énergie et de ressources naturelles don on reconnait de mieux en mieux la nécessité ».  Mais Philippe Madinier s’empresse d’ajouter « Cependant une activité de service particulière devrait être exemptée de ces faveurs fiscales : la publicité. Son développement démesuré n’est pas pour rien dans la frénésie de consommation…Elle pousse les consommateurs à remplacer prématurément les biens « durables » et « semi-durables ». Bref elle s’oppose à la sobriété qu’appellent impérieusement des menaces écologiques grandissantes. Il faudrait faire taire la publicité, en tous cas l’obliger à baisser le ton. Objectif ambitieux ? Utopique ? Peut-être. Il suppose d’affronter un lobby puissant, celui qui a mis sous sa dépendance la quasi-totalité des moyens d’information ». </p><h3> <strong>Lutte contre les inégalités</strong> <strong>de revenus et de patrimoine</strong></h3><p><strong><br /></strong>En septembre 2017, l’observatoire des inégalités en France (<a href="http://WWW.inegalites.fr">WWW.inegalites.fr</a>) constate :  « Depuis une vingtaine d’années, les inégalités de revenus augmentent. Les plus aisés s’enrichissent alors que le niveau de vie des plus pauvres stagne ». Comme l’écrit Jean Gadrey, il s’agit d’en finir avec des inégalités indécentes qui minent la société. Ce qui devrait amener à agir à la fois sur les minima  sociaux et à réduire les inégalités de revenus et de patrimoine.  « Plus personne ne devrait vivre avec les minima sociaux actuels, qui ont décroché de 25% par rapport au Smic horaire depuis 1990. Il faut réévaluer ces minima, ou les remplacer par un revenu de base nettement supérieur au montant actuel du revenu de solidarité active (RSA) par exemple 600 ou 700 euros mensuels pour une personne seule » (2).  Les écarts de rémunération entre salariés ont atteint à l’heure actuelle des proportions inadmissibles, avec des rémunérations parfois extravagantes.  Le salaire de Carlos Ghosn président de l’alliance Renault-Nissan sera en 2017 de 7 millions d’euros pour Renault et à peu près autant de Nissan. </p><p>En attendant un changement de la réglementation, Alain Caillé et les convivialistes souhaitent « jouer sur le ressort moral, et encourager vivement grands patrons ou vedettes du sport ou du show-biz à renoncer d’eux-mêmes à des rémunérations extravagantes, comme certains le font déjà ». Ils souhaitent que les autorités religieuses, spirituelles, morales, humanistes et scientifiques mondiales s’accordent pour déclarer que toute personne qui prétend mériter cent fois par exemple le salaire ou revenu de base dans son pays « s’exclut des normes de la commune humanité…et mérite opprobre à ce titre ».  Thomas Piketty interviewé en janvier 2015, auquel on faisait remarquer qu’il fallait bien rémunérer les talents et la réussite, répondait : « Je n’ai pas de problème avec l’inégalité…tant qu’elle reste dans des limites raisonnables … J’ai effectué des recherches avec des données d’entreprises. Quand vous payez un dirigeant 10 millions d’euros par an au lieu d’un million ou de 500.000 euros, obtenez-vous davantage de performances, de créations d’emplois ? Je n’ai pas pu le prouver. Il faut rémunérer les dirigeants correctement, mais vous n’avez pas besoin de les payer 50, 100 ou 200 fois le salaire moyen ».</p><p>  La loi sur l’économie sociale et solidaire de 2014 prévoit que des entreprises capitalistes peuvent demander un agrément Esus (Entreprise solidaire d’utilité sociale) pour bénéficier d’aides et de financement spécifique. Cet agrément ne leur sera donné que si l’une ou l’autre des deux conditions suivantes est satisfaite (voir décret du 25 juin 2014 article 2) :  - La somme moyenne versée, y compris les primes, aux cinq salariés ou dirigeants les mieux payés n’excède pas, sur une année et pour un temps complet, 7 fois la rémunération annuelle d’un salarié au smic ou au salaire minimum de branche si ce dernier est plus élevé   - La somme moyenne versée, y compris les primes, au salarié ou dirigeant le mieux payé n’excède pas, sur une année et pour un temps complet, 10 fois la rémunération annuelle d’un salarié au smic ou au salaire minimum de branche si ce dernier est plus élevé.  Mais les associations, fondations, coopératives et mutuelles ne sont pas concernées par cet agrément puisqu&apos;elles sont de droit dans l&apos;ESS, de par leur statut, Ce qui veut dire qu&apos;il s&apos;écoulera encore du temps avant que les mutuelles, les banques coopératives et les coopératives agricoles appliquent ce genre de règle…  </p><p>En définitive, pour réduire les inégalités, une majoration du taux de l’impôt sur les revenus élevés est indispensable, tout en sachant que la progressivité de l’impôt sur les revenus est en partie illusoire compte tenu des nombreuses niches fiscales.  En ce qui concerne <strong>les inégalités de patrimoine</strong>, il est surtout question en 2017 dans les débats publics de  l’impôt sur la fortune (ISF), alors qu’il faut élargir le débat. En effet l’ISF ne rapporte que 5 milliards à l’Etat alors que la taxe foncière rapporte 25 milliards. Le patrimoine total peut être estimé à 10 000 milliards, net de dettes. La moitié de la population française la plus pauvre en possède 5% et les 10% les plus riches en possèdent 60%. Quant au 1% de la population la plus riche elle en possède 25%.  (T.Piketty Le Monde 12 et 13 juin 2016 ). Les 10.000 milliards de patrimoine se composent ainsi : 5.000 milliards revenant à l’immobilier … 4.500 sont des actifs financiers et 500 sont des actifs liés à l’activité professionnelle des indépendants.  L’impôt sur l’ISF (5 milliards) et les taxes foncières (25 milliards) représentent respectivement   0,05% et 0,25% du patrimoine total, aussi ces deux impôts ne peuvent avoir qu’un effet très faible sur la répartition des patrimoines.  </p><p>Pour Philippe Madinier, c’est surtout l’impôt sur les successions qui peut avoir « un effet d’égalisation notable, tout en étant économiquement supportable…pourvu évidemment qu’il comporte des taux bien différents de ceux qui sont actuellement en vigueur en France ». A condition de prévoir un abattement à la base assez substantiel et à condition de ne pas imposer fortement les biens qui sont à usage personnel comme le logement ou qui sont à usage professionnel personnel comme une exploitation agricole ou une entreprise artisanale, les taux d’imposition pourraient croître « progressivement jusqu’à atteindre 100% sur la tranche la plus élevée ».  Michel Sapin ancien ministre des finances en déclarant « Ce n’est pas parce qu’on prend des « risques » qu’on devient riche mais d’abord et avant tout parce qu’on a hérité » (Libération 18 oct. 2017) justifie l’idée qu’il est juste de taxer les successions.  </p><p>La preuve qu’un impôt fortement progressif est possible, c’est que les E.U. l’ont fait à une certaine époque. Voici ce que rappelait T.Piketty dans Le Monde du  10 06 2017 : « Afin de contrer la montée des inégalités et la concentration excessive des fortunes (alors perçue comme contraire à l’esprit démocratique américain)…les Etats-Unis mettent en place dans les années 1910 et 1920 un niveau de progressivité fiscale inconnu dans l’histoire. Ce grand mouvement de compression des inégalités implique à la fois l’impôt sur le revenu (le taux appliqué aux revenus les plus élevés fut en moyenne de 82 % entre 1930 et 1980) et sur les successions (avec des taux atteignant 70 % sur les transmissions de patrimoines les plus importants).  <strong> </strong></p><h3><strong>Evasion fiscale</strong></h3><p><strong><br /></strong>  Grâce à l’OCDE, des progrès dans la lutte contre l’évasion fiscale ont été faits au niveau mondial après la crise financière de 2008. Beaucoup reste à faire.  Pour la France, « Une lutte efficace contre l’évasion fiscale illégale dans les paradis fiscaux permettrait de récupérer… une partie des trente à cinquante milliards qu’elle représente » (2).  Pour les pays du Sud, On estime que l’évasion fiscale des entreprises multinationales représente un manque à gagner de 125 milliards d’euros (voir les études du CCFD-Terre solidaire sur les paradis fiscaux).  Le directeur du Monde Jerôme Fenoglio écrivait le 7 novembre 2017 à propos des révélations des Paradise Papers : En France l&apos;histoire récente a montré...que l&apos;on pouvait supprimer un impôt sur la fortune en arguant du risque d&apos;exode du capital, sans suffisamment s&apos;attaquer aux paradis fiscaux qui nourrissent la tentation d&apos;évasion. C&apos;est à toutes ces formes de complaisance qu&apos;il faudra renoncer si l&apos;on veut mettre fin à ces pratiques qui conduisent nos démocraties à leur perte.  </p><h3><strong>Cadeau aux riches de monsieur Macron</strong></h3><p><strong><br /></strong>Guillaume Duval écrivait dans son éditorial d’Alternatives économiques d’octobre 2017, après quelques mois de la présidence d’E.Macron : « Du côté de la fiscalité, il a choisi de rendre en priorité 7 milliards d’euros aux plus riches en vidant l’ISF de sa substance et en baissant fortement l’impôt sur les revenus du capital. Rejoignant ainsi la théorie des adeptes de la théorie du ruissellement : si on laisse les riches devenir plus riches, ça finira bien par profiter aux pauvres...Une politique dont on a vu, en particulier aux Etats-Unis, qu’elle aggravait surtout les inégalités, minant la cohésion sociale et donc l’efficacité économique ».  Au cours de son interview à TFI  le 15 octobre 2017, E.Macron tout en affirmant qu’il ne partageait pas la théorie du ruissellement (3) a confirmé qu’il pensait que les riches allaient utiliser les milliards qu’ils allaient encaisser pour investir dans l’économie, ce qui serait favorable à la croissance, à l’emploi et en définitive à tous.  Il a même osé affirmer « La condition pour ne plus être dans l’ISF, c’est d’investir dans l’économie française », ce qui est faux dans la mesure où aucune condition n’a été mise pour bénéficier des milliards de cadeaux.  Un autre argument avancé pour justifier les nouveaux cadeaux aux riches est d’affirmer que l’ISF a fait fuir des Français riches à l’étranger.  Ce qui a fait dire à Michel Sapin, ministre des finances de François Hollande : « On connaît ce refrain. Certains contribuables partent, d’autres reviennent. Les derniers chiffres connus montrent un équilibre entre les deux mouvements ». (Libération du 18 oct. 2017).  </p><p>Michel Sapin avec 120 députés et sénateurs a demandé de rendre publics l’impact des mesures fiscales et budgétaires sur les contribuables les plus aisés, notamment les 0,1% et les 1% des Français qui concentrent le patrimoine français le plus important, ou sur les 100 français les plus riches. Ce ne serait pas enfreindre le secret fiscal puisque cette demande ne concerne pas les données individuelles. Faute de réponse précise de la part du gouvernement,  Vincent Eblé, président de la commission des finances du Sénat (Parti socialiste) estime que le gain cumulé de l&apos;instauration d&apos;un prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30% sur les revenus du capital et de la transformation de l&apos;impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI) peut être estimé à environ 1,5 millions d&apos;euros par an pour les cent premiers contribuables.</p>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p><br />    [1] Philippe Madinier. Une économie de services sans servilité. Préface de Jean Gadrey. L’Harmattan 2013.<br />    [2]Alain Caillé/Les convivialistes. Eléments d’une politique convivialiste. Ed. Le bord de l’eau 2016.<br />    [3]Voir Gaël Giraud in La Croix du 1er août 2017 : « Le mythe du ruissellement économique » et Zygmunt Bauman. Les riches font-ils le bonheur de tous ? Ed.Armand Colin  2013, notamment pp 61 et ss. .<br /><br /></p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?QuelNouveauCapPourLaPolitiqueFiscale">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2017-11-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="RapprocherMedecinesConventionnellesEtAltern" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,investir_pour_etre_en_sante" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-10-14 15:05:24" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_RapprocherMedecinesConventionnellesEtAltern"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Rapprocher médecines conventionnelles et alternatives. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_RapprocherMedecinesConventionnellesEtAltern" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/11/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Rapprocher médecines conventionnelles et alternatives. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema investir_pour_etre_en_sante">
                      Investir pour être en santé 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p align="center"><b><i>C’est le titre d’un des chapitres du livre ( R ) Evolutions – Pour une politique en actes- de la collection Domaine du possible chez Actes Sud. Dans ce chapitre, Thierry Janssen fait part de son expérience et plaide pour une médecine intégrative. </i></b></p><p><br /></p><p>On peut écouter par internet différentes conférences dans lesquelles il explique son itinéraire. Après avoir pratiqué la chirurgie en urologie, gynécologie, pendant une douzaine d’années à Bruxelles et à Paris, et alors qu’il allait accéder aux responsabilités qu’il briguait dans le système hospitalier, il a éprouvé la nécessité de changer de voie, conscient qu’il était des limites du formatage de la médecine conventionnelle qu’il avait reçu au cours de ses études. Il a alors suivi pendant quatre ans aux E.U. des cours à la Barbara Brennan School for Healing fondée par une physicienne. Ces cours « ne se résumaient ni à la transmission d’une théorie, ni à une formation intellectuelle. Ils étaient avant tout expérientiels ». L’encadrement était assuré par « des professeurs aux méthodes très variées : des psychothérapeutes…des approches psycho-corporelles…des art-thérapeutes, des professeurs de qigong et de yoga ainsi que des chamans et toutes sortes de guérisseurs traditionnels ». </p><p>Thierry Janssen nous dit qu’il a été déstabilisé par cette approche. « Mais la réputation mondiale de cette école et la reconnaissance officielle du diplôme qui sanctionnait ce cursus ont contribué à me rassurer ».  Il a été frustré de ne pas pouvoir relier sa culture médicale analytique, scientifique et les approches non conventionnelles. Par exemple il ne pouvait pas faire lien entre le vocabulaire très précis de la médecine chinoise et son propre langage scientifique. Il a souhaité alors « faciliter un rapprochement entre les médecines non conventionnelles et la médecine allopathique, en créant des ponts et un vocabulaire commun afin de jeter les bases d’une « médecine intégrative » ».  La médecine conventionnelle, très analytique avec une hyperspécialisation se développe souvent au détriment d’une vue d’ensemble. Elle gagnerait à s’enrichir « des intuitions plus holistiques des médecines non conventionnelles ».</p><p>  Quant aux médecines complémentaires et alternatives elles sont aussi « le plus souvent fermées sur elles-mêmes ».  Des études ont montré que les trois quarts des patients qui recourent à des médecines alternatives n’osent pas à en parler à leur médecin généraliste. « Cela pose un problème grave : en l’absence de concertation, les stratégies des différents thérapeutes peuvent s’avérer incompatibles, voir opposées, alors même qu’elles pourraient s’enrichir mutuellement et créer une synergie ». Médecine conventionnelle et approches thérapeutiques non conventionnelles « sont avant tout complémentaires : chacune possède ce qui manque à l’autre dans bien des domaines ».  </p><p>Thierry Janssen donne l’exemple d’un malade du cancer pour lequel le recours à la médecine intégrative est bénéfique. « Outre la combinaison habituelle de la chirurgie, de la chimiothérapie et de la radiothérapie, la médecine intégrative veut aussi aider le patient grâce à un accompagnement global incluant entre autre la diététique, l’exercice physique, la relaxation, le massage, l’acupuncture, la méditation ainsi qu’un suivi psychologique. Ce dernier considéré comme accessoire par certains est en fait crucial pour la réussite d’un traitement ».  L’organisation d’un hôpital où chaque service est consacré à un organe sans lieu de rencontre ne favorise pas le plus souvent la prise en compte des relations entre différents symptômes, entre  diverses parties du corps.  Thierry Janssen pense que les patients, les élus, comme les professionnels de la santé peuvent favoriser la création de centre de médecine intégrée où l’on peut rencontrer des praticiens de culture thérapeutique différentes. « Plus de quatre-vingts facultés de médecine ont déjà créé ce genre de centres aux Etats-Unis ». Il parle également du centre de santé Marylebone à Londres auquel collabore Leon Chaitow, l’un des pionniers de la médecine intégrative.</p><p> Le livre (R)évolutions renvoie également au Centre de santé de Colombier en Suisse près de Neuchâtel fondé par le docteur Nathalie Calame. Si l’on cherche à s’informer sur elle, on trouve une interview de juillet/août 2014. Elle y raconte comment elle craignait de se faire mettre des œillères et de se conformer à un point de vue unique : « J’ai donc déjà pendant mes études de médecine à Lausanne, suivi des cours de massage, d’acupuncture, de naturopathie, d’homéopathie et fait personnellement l’expérience de plusieurs méthodes thérapeutiques. J’ai également collaboré avec un collectif de thérapeutes bénévoles au suivi d’un lieu de vie pour enfants autistes, je me suis donc intéressé aussi aux courants psychanalytiques et à l’antipsychiatrie dans les années 70. Puis j’ai eu la chance d’aller rencontrer des médecins traditionnels au Japon, en Inde, en Chine, avant l’âge de trente ans et d’être enseignée par eux ». </p><p>Le centre de santé et prévention qu’elle a créé fonctionne sur trois axes : Informations et formation (au public et aux professionnels de santé), documentation, et consultations médicales thérapeutiques « Nous avons fonctionné depuis le début sur ces trois axes, et partagé nos savoirs et compétences au service de nos usagers, en partageant également les dossiers des patients, avec leur accord bien sûr. Ce qui permet d’intégrer ce que les autres thérapeutes ont proposé ou travaillé, et de créer une synergie au bénéfice des principaux intéressés, les usagers eux-mêmes ».  L’interview du docteur Nathalie Calame se terminait sur une question : quelle est la recette du succès du centre de Santé et de Prévention de Colombier, quels conseils pour créer un CSP en France ? Voilà  la réponse du Dr Nathalie Calame : « Le CSP est comme un petit village helvète résistant ! Nous sommes conscients de notre originalité mais aussi de notre petite taille…Nous n’avons aucune aide officielle, et cela nécessite beaucoup de bénévolat et de volonté pour poursuivre notre mission. Le système de santé suisse est sans aucune doute plus permissif et ouvert aux médecines complémentaires que le système français, mais nous savions que nous ne devons compter que sur nos propres forces. La recette du succès du CSP : la force de volonté de quelques personnes, et le fait que cela réponde à un réel besoin de la population, en particulier de la population désireuse de prendre sa santé en mains ! Je ne peux pas donner une recette pour la France, si ce n’est de constituer une équipe solide pour démarrer et de faire attention d’avoir un but commun plus important que les égos individuels ! ». </p><p> T.Janssen, à la fin du chapitre de (R)évolutions, souligne que la logique participative qui préside au fonctionnement du CSP de Colombier « déteint naturellement sur le patient qui se sent actif et responsabilisé dans son processus de guérison ». Le centre met à la disposition des usagers toute une documentation et propose des conférences portant sur l’éducation à la santé.  Mais la création de centres du type de celui créé par N.Calamme n’est pas le seul moyen de rapprochement entre médecines conventionnelle et médecines alternatives et complémentaires. Il suffit de rechercher sur un moteur de recherche « Hôpitaux et médecine alternative » pour constater que  « Acupuncture, auriculothérapie, homéopathie, hypnose, sophrologie pour ne citer que les plus pratiquées, les <strong>médecines alternatives et complémentaires</strong>, les MAC, font doucement mais sûrement leur entrée à l’hôpital».  </p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?RapprocherMedecinesConventionnellesEtAltern">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2017-10-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="RevolutionDuXxiemeSiecleLeCommunPourSo" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,la_possibilite_d_une_renaissance" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-10-22 11:12:49" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_RevolutionDuXxiemeSiecleLeCommunPourSo"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Révolution du XXIème siècle ? Le commun pour sortir de la société de marché </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_RevolutionDuXxiemeSiecleLeCommunPourSo" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/10/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Révolution du XXIème siècle ? Le commun pour sortir de la société de marché </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema la_possibilite_d_une_renaissance">
                      Pratiquer une autre économie  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><div align="center"><b><i>Cet article a été  a été publié le 22 mai 2017 par Garrigues et Sentiers, il a été  écrit la suite de la lecture du livre Commun de Pierre Dardot et Christian Laval, Ed. La découverte 2014 <a href="#_edn1">[1]</a>. Sauf autre indication, les citations proviennent de ce livre.</i></b><br /></div><br /></div><div><h3>Une grande ambition</h3>Les divers travaux sur la notion de commun explorent la possibilité de nous orienter vers un autre avenir que celui de nos sociétés de marché. Dans ces sociétés, le marché outrepasse sa fonction d’organisation des activités productives, car l’argent qui s’insinue dans toutes les relations sociales, contamine toutes les valeurs</div><div><a href="#_edn2">[2]</a> et met en danger nos démocraties gouvernées par l’argent. Rappelons à cet égard la déclaration lucide de François Hollande, alors candidat à l’élection présidentielle le 22 janvier 2012 : « Je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire c’est le monde de la finance;». Ces belles paroles sont restées de belles paroles. Elles n’ont pas entraîné une politique courageuse de régulation de la finance. Bien au contraire <a href="#_edn3">[3]</a>, et le monde de la finance a continué à gouverner pendant le quinquennat qui s’achève en 2017, entraînant en France (comme dans bien d’autres pays) la progression des populismes qui prospèrent parce qu’une partie de la population se sent et se sait abandonnée par l’oligarchie au pouvoir.<br /><br />Le « commun » est-il susceptible de nous faire échapper à la marchandisation croissante et de rénover nos démocraties grâce à une démocratie participative qui serait un heureux complément de la démocratie représentative ? C’est bien l’ambition affichée par le livre;Commun;qui a pour sous-titre « Essai sur la révolution au XXIesiècle ».<br /><h3><br />Quelle est la signification de « commun » ?</h3></div><div>Le commun est un principe et non une chose, ou une qualité propre à une chose ou à un ensemble de choses. Un principe est ce qui vient en premier et qui fonde tout le reste. « </div><div>Le grec archè a le double sens de commencement et de commandement : archè c’est la source dont tout le reste dérive;». Le commun est « le principe d’un nouveau droit destiné à refonder toute l’organisation de la société, et c’est alors le droit de propriété qui doit être radicalement remis en cause;». Le commun politique est radicalement;hors propriété;parce qu’il n’est pas un « bien » et que seul un bien peut être approprié. S’il peut y avoir des « biens communs;», le commun lui n’est pas un bien que l’on pourrait acquérir et dont on pourrait disposer. C’est l’agir commun qui est au principe de tout commun. Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie en 2009 que tout le monde cite comme à l’origine d’un renouveau de la notion de commun, a analysé les règles de fonctionnement, les formes institutionnelles, les règles juridiques qui permettent à des populations de gérer « en commun » des ressources partagées en dehors du marché et de l’Etat. C’est ainsi que certains « communs » agricoles en Suisse ou au Japon, ou des systèmes d’irrigation en Espagne ou aux Philippines «montrent que des communautés humaines sont tout à fait capables de mettre au point des règles collectives d’engagement, d’utilisation et de surveillance efficaces et pérennes;»<a href="#_edn4">[4]</a>.<br /><h3><br />Des exemples de « commun »</h3></div><div>La revue de la Ligue des Droits de l’Homme <a href="#_edn5">[5]</a> donne comme exemple Framasoft qui est un réseau français d’éducation populaire consacré principalement au logiciel libre qui n’est la propriété de personne et qui évolue constamment grâce aux améliorations apportées en permanence par les utilisateurs. Autre exemple : le troc des semences abandonnées organisé par une plateforme internet. Cette plateforme axe son projet autour des biens communs naturels fondés sur la biodiversité et le libre partage du vivant. La plateforme compte en 2014 environ 1800 troqueurs et recense 1800 variétés de graines. Wikipedia est un autre exemple. Cette encyclopédie qui a un rayonnement mondial ne fait pas l’objet d’une appropriation. Ni privé, ni public, Wikipedia s’est donnée des règles de fonctionnement, respecte une déontologie et évolue en permanence. Autre exemple donné dans le livre;Commun, la remunicipalisation de la gestion de l’eau à Naples qui a donné lieu à la création d’un établissement spécial de droit public (Aqua Bene Comune Napoli) qui prévoit qu’au conseil d’administration il y a des représentants des usagers, des écologistes, des mouvements sociaux et des organisations de salariés. Voilà donc un exemple de démocratie participative qui vient compléter la démocratie représentative.<br /><br />Le livre de Gaël Giraud, L’illusion financière, paru en 2012, avant donc la publication du livre Commun, plaide aussi pour une société de biens communs. Cela prouve que cette approche n’est pas limitée aux marges de la société mais peut concerner ce qui est au cœur de son fonctionnement, c’est-à-dire la finance. La crise de 2007-2008 a eu des conséquences catastrophiques pour bien des ménages aux Etats-Unis et dans le monde. Faute d’une régulation suffisamment rigoureuse du système financier par les pouvoirs politiques, de nouvelles crises sont devant nous. G. Giraud rappelle que la monnaie a notamment deux qualités, la première est la liquidité qui autorise à acheter n’importe quoi et n’importe quand, la seconde, qui s’identifie au crédit, permet d’emprunter à l’avance sur la foi d’une promesse de richesse ultérieure. Dans une société où les échanges marchands sont la norme, il est essentiel que tout un chacun puisse bénéficier de la liquidité et de l’accès au crédit. Or la dérégulation des marchés financiers depuis les années Thatcher-Reagan a permis « une appropriation privée de la liquidité en Europe ». Autrement dit, certains ont pu échapper et même tirer bénéfice de la crise de 2007-2008, alors que d’autres étaient ruinés à la suite des krachs boursiers. De même, nous dit G. Giraud, « on peut relire la construction européenne comme une vaste tentative pour privatiser l’accès au crédit : d’abord en décidant de l’indépendance de la banque centrale, qui permet de la tenir à l’écart des autorités politiques en charge du bien public  ensuite en laissant le pouvoir de création monétaire aux banques commerciales. » Pour éviter à l’avenir le retour de crises majeures, c’est « vers une société de biens communs;» qu’il faut donc s’orienter en refusant de faire comme si la monnaie était une marchandise<a href="#_edn6">[6]</a>;et en la soumettant à une régulation politique au nom de l’intérêt général. La monnaie n’est pas par nature un bien commun, la monnaie ne peut devenir un commun que par une décision politique.<br /><br />Parler d’agir commun, c’est parler de l’action de citoyens qui instituent le commun et le prennent en charge dans la durée. Cela amène à refuser aussi bien l’appropriation indue que la bureaucratisation fréquente dans les administrations (aussi bien au niveau des collectivités territoriales que le d’Etat national ou de l’Europe) souvent submergées par une réglementation très lourde et opaque pour le citoyen. Autant dire que le conflit privé-public qui a si longtemps structuré les débats politiques est dépassé.<br /><br />L’agir commun suppose que les citoyens puissent consacrer une partie de leur temps à la gestion des affaires communes et qu’ils soient, dès l’école, encouragés au dialogue et à la prise de responsabilité.<br /><br /></div><div><h3>Et maintenant ?</h3>Le livre Commun est historique et principalement théorique mais il est précieux dans la mesure où il fonde ce qui pourrait être une nouvelle orientation. Sa faiblesse vient de ce qu’il ne peut guère s’appuyer sur des exemples suffisamment convaincants pour justifier son sous-titre « Essai sur la révolution au XXIe siècle », ce qui l’amène à faire des propositions sous la forme d’un vœu : « il faut …». Nous sommes sur un chemin de crête et bien malin celui qui prétendrait connaître l’avenir. Soit le capitalisme financier poursuit sa marche et aggrave des crises de tous ordres, soit nous nous engageons dans l’agir commun en nous appuyant sur toute une série de réalisations originales qui pourraient faire un jour système.<br /><br />Parmi les nombreuses questions qui mériteraient débat, citons en deux à propos des auteurs du livre Commun. Dans sa recension du livre, Fabrice Flipo écrit : « En héritiers de la tradition marxiste, ils s’engagent essentiellement du point de vue du producteur, et non de celui du consommateur, des finalités, qui se trouvent régulièrement renvoyées au « spiritualisme », à une dimension théologique. Pourtant le spirituel c’est d’abord ce que Hegel appelait la vie de l’esprit, la culture;»<a href="#_edn7">[7]</a>. Contestable aussi ce point de vue exprimé par les auteurs de Commun : « Aucune appartenance – l’ethnie, la nation ou l’humanité, etc. – ne peut constituer en elle-même le fondement de l’obligation politique. Il en résulte également que cette obligation n’a aucun caractère sacré ou religieux, ce qui implique que toute source transcendante, toute autorité extérieure à l’activité doivent être récusées. L’obligation politique procède entièrement de l’agir commun, elle tire toute sa force de l’engagement pratique liant tous ceux qui ont élaboré ensemble des règles de leur activité, elle ne vaut que relativement aux coparticipants d’une activité».<br /><br />Guy Roustang<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1]Bien d’autres livres concernant la notion de « commun » seraient cependant à citer. Par exemple : P. M., Voisinages et Communs, éd. L’éclat, 2016 de même : Le retour des communs. La crise de l’idéologie propriétaire, sous la direction de Benjamin Coriat, éd. Les liens qui libèrent, 2015.<br />[2]Michael J. Sandel. Ce que l’argent ne saurait acheter, Préface de Jean-Pierre Dupuy. Ed. du Seuil. Point, 2014.<br />[3]Voir l’article Régulation financière et pantouflage.<br />[4]Gaël Giraud, Illusion financière, Pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire. Ed. de l’Atelier, sept. 2012, p. 107.<br />[5]Ligue des droits de l’Homme, n°176, décembre 2016.<br />[6]Karl Polanyi, dans son livre, La grande transformation (traduit en français en 1983, éd. Gallimard, préfacé par Louis Dumont), montrait comment la prétention du libéralisme économique à faire comme si le travail, la terre et la monnaie étaient des marchandises, avaient eu cette terrible conséquence : « la société était devenue sur toute la ligne un appendice du march;» page 111.</p><p>[7]Analyse critique réalisée par Fabrice Flipo : Du communisme aux communs, Revue du MAUSS permanente, 21 juin 2014 [en ligne]. http://www.journaldumauss.net/?Du-communisme-aux-communs</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?RevolutionDuXxiemeSiecleLeCommunPourSo">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2024-02-02" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="SopposerEnProposantSurToutesLesGrandes" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_representative_en_question" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-10-22 12:09:32" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_SopposerEnProposantSurToutesLesGrandes"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              S’opposer en proposant, sur toutes les grandes questions politiques </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_SopposerEnProposantSurToutesLesGrandes" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/02/2024</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">S’opposer en proposant, sur toutes les grandes questions politiques </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_representative_en_question">
                      Une démocratie représentative en question 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Dans deux articles précédents de l’ECCAP (<a href="https://www.eccap.fr/article/non-au-defaitisme-une-autre-campagne-a-imaginer-ensemble-vers-une-democratie-continue">Non au défaitisme</a> et <a href="https://www.eccap.fr/article/en-2024-construire-un-levier-de-transformation-pour-construire-un-chemin-en-commun">Tisser des liens</a>) Pierre-Alain Cardona a exposé les conditions à remplir pour aboutir à une démocratie continue et renouvelée: des liens au plan local entre les nombreuses initiatives actives et favorables à un changement de cap. <strong>Mais encore faut-il que les partis politiques prennent le relais</strong> pour contribuer à modifier les règlements, les lois et les institutions. Or aujourd’hui, comme l’écrit Agathe Cagé;dans un article d’AOC :</p>    <p>« Les partis de gauche, quant à eux, paraissent avant tout focalisés… sur la promotion de leurs dissensions et de leurs désaccords. Ils font passer au deuxième plan l’opposition aux politiques portées par le gouvernement, et au troisième plan la mise en chantier de l’élaboration d’un projet solide et ambitieux à soumettre aux électrices et aux électeurs. »</p>    <p>Alors que François Dubet dans un autre article d’AOC souligne : « il est plus que temps pour la gauche, et sur toutes les grandes questions politiques, de s’opposer en proposant;», car <strong>on a bien du mal à savoir ce qu’elle ferait si elle arrivait au pouvoir.</strong> </p>    <p>Auparavant cette gauche était portée par un courant de pensée favorable aux progrès social, scientifique et technique, mais François Dubet écrit : « Les dégâts du progrès paraissent l’avoir emporté sur ses bénéfices et les lendemains qui chantent se sont plus encore éloignés. La destruction de la planète et la mondialisation donnent le sentiment de vivre dans un monde dangereux;». </p>    <p>Jusqu’à présent l’orientation de l’Europe a été favorable à la mondialisation; son obsession en faveur de la concurrence, de l’ouverture des marchés, de la limitation des déficits publics a entraîné une « hécatombe;» industrielle<a href="#_ftn1">[1]</a> et contribué, lors des élections, à une augmentation des abstentions et au vote en faveur de Marine Le Pen.</p>    <h3><strong>Remettre au cœur de la politique la question du travail</strong></h3>    <p>Parmi tous les sujets qu’il faudrait aborder pour un véritable changement de cap, la question du travail devrait avoir une place centrale. Concernant les accidents du travail en 2019, il y en a eu 783.600 dont 780 ont été mortels, ce qui donne un ratio de 3,5 accidents mortels pour 100.000 salariés, soit le double de la moyenne européenne. En rapportant le nombre de décès au nombre de travailleurs, nous obtenons un ratio de 3,5 accidents mortels pour 100 000 salariés. En comparant aux résultats des autres pays européens, nous dépassons le double de la moyenne européenne (1,7). Cela fait de la France, le pays européen ayant le plus fort ratio de décès du travail d&apos;Europe. La suppression du CHSCT (Comité d’hygiène et de sécurité et des conditions de travail) en 2020 sous prétexte de simplification<a href="#_ftn2">[2]</a>a été une catastrophe.</p>    <p>Laurent Berger, qui a été secrétaire général de la CFDT depuis 2012 et qui a quitté ses fonctions à la fin du mois de juin 2023, a écrit un livre intitulé Du mépris à la colère. Essai sur la France au travail en mai 2023. Il écrit :</p>    <p>« nous devons imposer un cadre politique qui mette ce sujet capital à sa juste place… Il faut redonner de la place au travail dans l’espace démocratique;» (p.113).</p>    <p>Il déplore que les politiques soient passés à côté (p.73). Paul Magnette, président du Parti socialiste belge fait exception. Il a écrit en janvier 2024 : L’autre moitié du monde. Essai sur le sens et la valeur du travail<a href="#_ftn3">[3]</a>.</p>    <p>Nos politiques feraient bien de s’inspirer de ces deux livres.</p><hr class="wp-block-separator" /><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Voir F.Ruffin « Je vous écris du front de la Somme;», Ed. Les liens qui libèrent, sept. 2022, p.35. voir aussi l’interview de Paul Magnette à France-Inter le 9 janvier 2024.<br />[2] Voir l’interview de Sophie Binet Secrétaire générale de la CGT et du Président de la FE/CGC à Mediapart.<br />[3] Voir son interview à France Inter le 9 janvier 2024.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?SopposerEnProposantSurToutesLesGrandes">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2022-06-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="SouveraineteNationaleEtEurope" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-10-22 12:18:49" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_SouveraineteNationaleEtEurope"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Souveraineté nationale et Europe </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_SouveraineteNationaleEtEurope" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/06/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Souveraineté nationale et Europe </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br /></div><div>Le deuxième tour des élections présidentielles, qui a opposé Marine Le Pen et Emmanuel Macron, nous a enfermé dans un duel mortifère entre une vision de la patrie fondée sur une défense d’un passé idéal et fantasmé(1) et une conception de l’économie qui, malgré des adaptations provisoires, considère qu’il n’y a pas d’autre alternative que la loi exclusive du marché(2).<br /><br /></div><div>Les élections législatives vont peut-être nous permettre de sortir de ce débat stérile si une opposition suffisamment importante amène Emmanuel Macron à tenir les promesses de changement par rapport au quinquennat précédent qu’il nous a annoncées. Cependant la crainte a été exprimée parfois de manière violente sur le risque encouru par la Nouvelle Union Populaire écologique et sociale (NUPES) du fait de la domination de J.L.Mélenchon et de la France Insoumise. Voici ce qu’écrivaient J.P.Besset, J.Bové et D.Cohn-Bendit dans une tribune du Monde des 8 et 9 mai 2022 en s’adressant à leurs amis d’Europe Ecologie Les Verts : « L’Europe est la victime collatérale de votre accord avec La France insoumise … en appelant à la « désobéissance » vis-à-vis des traités…vous engagez la guérilla contre l’Europe au nom du nationalisme … Avec cet accord indigne, vous exécutez un principe fondateur de nos sociétés, la démocratie et son extension l’Europe ». Sous une forme moins violente bien d’autres personnes ont manifesté leur crainte de voir J.L.Mélenchon et la France Insoumise menacer l’Europe en prônant la désobéissance à certaines règles européennes. Manon Aubry députée européenne la France Insoumise a voulu répondre à ces inquiétudes en montrant la nécessité de se battre pour infléchir certaines règles européennes néolibérales, qui rendent plus difficile de bifurquer vers une modèle agroécologique paysan. Elle donne un exemple de ce qui serait possible :« C’est en refusant de mettre en concurrence sa production d’eau potable que l’Allemagne a obtenu cette exemption pour toute l’Europe »(3). <br /><h3><br /><strong>« Quelle voie européenne pour une coalition de gauche ? »</strong><br /><strong></strong></h3></div><div><br /></div><div>C’est le titre d’un article(4) qui développe l’idée suivante : « Le cadre contraint des traités européens comme le programme d’intégration centré sur l’approfondissement du Marché unique et de l’euro ont longtemps piégé les ambitions réformatrices des gouvernements de gauche. Mais la succession des crises financière, sanitaire et géopolitique a bousculé l’Europe dans ses fondamentaux et créé des marges de manœuvre et des lignes de faille inédites(5) qui permettent d’aller au-delà du prisme de la « désobéissance européenne » ». Aussi les rédacteurs de l’article considèrent que c’est à tort que la « désobéissance européenne » fait figure de point clé du programme de gouvernement de la nouvelle coalition de gauche, car les exemples de désobéissance pavent la route de la construction européenne. Ne serait-ce que l’exemple de la désobéissance à l’égard des 3% de déficit et des 60% d’endettement qui avaient été élaborés collectivement. Et pourtant concluent les auteurs de l’article : « l’Europe fonctionne…et avance même ». Selon les auteurs, qui font une analyse des tensions qui parcourent les différentes institutions de l’Europe, « beaucoup de marges de manœuvre se sont réouvertes qui doivent permettre la bifurcation sociale et environnementale voulue par la coalition de gauche ». Parmi les suggestions des auteurs de l’article, nous retiendrons deux suggestions : celle d’une solidarité fiscale européenne, qui concernerait en priorité les grandes entreprises et les gros patrimoines, qui profitent le plus du marché intérieur, pour financer la politique de transformation sociale et écologique. La deuxième suggestion concerne la recherche d’un cadre politique qui permettrait de mieux articuler les espaces démocratiques nationaux à l’Union européenne, car aujourd’hui les processus de « décision européenne peinent à prendre en compte la voix des élus, des syndicats nationaux et transnationaux, des ONG, d’associations, d’acteurs de la société civile ». <br /><h3><br /><strong>La souveraineté</strong> <strong>nationale a-t-elle fait son temps ? </strong></h3></div><div><br /></div><div>A propos des aides de l’Europe à l’Ukraine, les réflexions suivantes sont à prendre en compte : « il est vain, et contraire aux intérêts essentiels des nations d’Europe, d’en appeler à la « souveraineté » d’autrefois comme on l’entend proclamer ici ou là chez les souverainistes de droite ou de gauche »(6) Selon Gérard Mairet, deux conclusions s’imposent : Il ne suffit pas que l’UE envoie seulement des soutiens militaires et moraux à l’Ukraine : elle est, de fait, mise en demeure de renforcer ses structures d’union, même si dans l’immédiat l’assistance militaire et humanitaire est à l’évidence prioritaire. L’événement du 24 février a suscité un mouvement en ce sens, de sorte que la tâche d’une affirmation de puissance devient une obligation pour les Européens.<br /><br /></div><div>Pour confirmer cette approche, voici une longue citation de Thomas Boccon Gibod : « Or si l’on veut que l’Europe soit une puissance, il faut savoir ce que cela peut signifier politiquement, quitte à en payer le prix financier (en matière d’armement notamment), mais aussi et surtout le prix symbolique. Cependant la puissance… n’a pas à être assimilée à l’impérialisme (et encore moins au nationalisme dans le cas européen). Elle doit aujourd’hui être définie à l’aune des aspirations à la démocratie et à la solidarité sociale, dont le peuple ukrainien montre aujourd’hui, avec tout l’éclat nécessaire, qu’elles sont tout sauf des faiblesses »(7).<br /><br /></div><div><br /><br /></div><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />[1] Voir au contraire l’article de Marc Humbert : « Une France multiple, libre, égale et fraternelle », paru dans Ouest-France du 16 décembre 2021 que nous reproduisons dans l’eccap.<br />[2]Voir Fabrice Flückiger in AOC 18 mai 2022 : « Eternité ou inévitabilité, une dangereuse alternative politique. » Cet auteur se réfère à Timothy Snyder dans The Road to Unfreedom qui développe deux concepts qui permettent de penser ce qui se joue dans l’opposition entre le « progressisme » macronien et l’« identité » lepeniste (ou zemmourienne)<br />[3] Le Monde, 8 et 9 mai 2022, p.30.<br />[4] AOC, 10 mai 2022, G.Sacriste et A.Vauchez.<br />[5] « Dans les crises, l’Union européenne a plus progressé en quelques mois qu’en trente ans ». c’est ce que déclaraient JEAN-DOMINIQUE GIULIANI (Président de la Fondation Robert Schumann) et PASCALE JOANNIN voir Question d&apos;Europe n°634 30, mai 2022 L’Europe dans la tempête parfaite<br />[6]AOC, 10 mai 2022. Guerre Ukraine :L’Union Européenne par-delà la souveraineté. Gérard Mairet.<br />[7] AOC, 28 mai 2022(        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?SouveraineteNationaleEtEurope">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-08-20" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N1DebatSurLaConventionCitoyenne20082" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_participative_en_progression" data-bf_auteur="EccaP,RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-16 07:36:31" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N1DebatSurLaConventionCitoyenne20082"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Sur la Convention citoyenne </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N1DebatSurLaConventionCitoyenne20082" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>20/08/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Sur la Convention citoyenne </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Nous lançons donc ce débat en résumant les arguments donnés dans la Lettre d&apos;information N ° 31: L&apos;appel des 150 citoyens de la Convention Citoyenne pour le climat publié le 03/07/2020, et dont vous pouvez retrouver l&apos;intégralité <a href="https://eccap.fr/article/lappeldescentcinquantecitoyensdelaconventioncitoyenne/5f1b01dd66554a0015998d04">ici</a> .</p><div><br /><h4><strong>Guy Roustang titre sa contribution: «Une convention citoyenne, heureuse contribution à notre démocratie. »</strong><br /><strong></strong></h4><br /></div><div>En voici les principaux éléments</div><div>Ces 150 citoyennes et citoyens qui ont travaillé pendant neuf mois. (..) Ils déclarent qu&apos;ils ne sont pas des experts mais des citoyennes et des citoyens comme les autres, représentatifs de la diversité de la société. (..) Voilà donc une expérience de démocratie participative qui vient compléter la démocratie représentative, celle d&apos;élus au suffrage universel dans les communes, les régions, à l&apos;Assemblée nationale et au Sénat. <br />;Dans leur adresse aux français, les 150 expliquent: «Nous sommes nourris d&apos;échanges avec des experts, et des représentants économiques, associatifs et publics, afin d&apos;être en capacité de rédiger des mesures concrètes, en connaissance de cause et en toute indépendance ».<br />Tout cela est sans doute étonnant pour les sceptiques à l&apos;égard de la démocratie participative? </div><div>Pas pour un lecteur assidu de l&apos;Eccap (!!!) qui y trouve une <a href="https://eccap.fr/article/conventions-citoyennes/5b46a3fcfb5df6001410fed6">interview de J.Testart. </a>qui déclare à un journaliste: « j&apos;ai été frappé de voir comment de simples citoyens, tirés au sort et investis sur plusieurs mois d&apos;une mission réelle, étaient capables du plus haut niveau d&apos;intelligence collective. Et d&apos;altruisme. Et d&apos;empathie. A moi qui suis plutôt pessimiste, cela a confirmé qu&apos;il y a chez tout un chacun un potentiel d&apos;humanité qui est gâché la plupart du temps. C&apos;est une expérience qui m&apos;a réconcilié avec l&apos;homme, et qui propose un vrai projet de société. Je le reconnais, je suis devenu un obsédé des conventions de citoyens! »(...) Parmi les réactions négatives, Marine Le Pen a été particulièrement virulente en considérant que la Convention citoyenne avait accouché de propositions plus loufoques les unes que les autres. (…) Patrick Martin (Pdt délégué du Medef), il considère que certaines propositions sont extrêmes (...) FXBellamy craint de voir le président de la République adopter un « virage authentiquement populiste » s&apos;il prenait au sérieux les principales propositions de la convention.</div><div></div><div><br /><h4><strong>Maurice Merchier titre la sienne: «Les illusions dangereuses de la Convention Citoyenne»</strong></h4></div><div><strong><br /></strong>En voici quelques éléments clés en résumé</div><div></div><div>Première constatation: on aurait pu attendre, pour le moins, que cette «convention citoyenne» fasse progresser le consensus en matière d&apos;action écologique. Premier échec: il est frappant d&apos;entendre ou de lire les commentaires, politiques ou journalistiques plus clivés encore avant…. (..)</div><div></div><div>La Convention Citoyenne n&apos;est pas un progrès du point de vue du fonctionnement de la démocratie.</div><div><strong>Le panel n&apos;est pas représentatif:</strong></div><div>Premier signe: la limitation à 110 kmh sur autoroute, approuvée par la Convention à 59,7% est massivement rejetée par 74% des français</div><div>Le tirage au sort ne concerne que les volontaires (par la possibilité de désistement)                                                                                                                                        ;<br />;Les participants ont été soumis à des conditions exceptionnelles, qui ont pesé sur l&apos;évolution de leurs opinions: présence d&apos;experts, et surtout effet de groupe, phénomène classique bien connu en sociologie</div><div>De ce fait, la Convention citoyenne est devenue un groupe intermédiaire «omme les autres», sans connexion particulière avec la masse des gens ordinaires</div><div><strong></strong></div><div>L&apos;espérance d&apos;un véritable changement de «l&apos;après Covid-19» est manquée.</div><div>Certes, il y a une liste pertinente de ce qu&apos;il faudrait changer mais jamais sur n&apos;aborde la vraie question, celle des motivations des consommateurs, de leur formation, de leur manipulation qui produit le type d&apos;économie et de société qu&apos;il faut remettre en cause. Les propositions concernant une limitation de la publicité sont de ce point de vue les plus intéressantes. Mais il faudrait aller bien plus loin, et réfléchir à une vraie mutation culturelle.</div><div>Faute de cette remise en cause, la seule solution est alors la multiplication des interdictions, dont les propositions regorgent en effet. Mais alors se renforce une tendance déjà existante, celle de la mise en place d&apos;une société de surveillance <br /><br /><h3><strong>Voici les premières réactions</strong></h3></div><div><strong></strong></div><div><strong><br /></strong><h4><strong>Renaud Vignes, le 5 juillet 2020</strong></h4><br /></div><div></div><div>Bonjour Messieurs,</div><div>Je retrouve dans votre controverse tout l&apos;intérêt de votre lettre. Je suis un fervent partisan d&apos;une démocratie qui laissera enfin une place à l&apos;intelligence collective (Guy Roustang), mais, il faut expliquer, inciter, former, faire participer et non interdire (Maurice Merchier).</div><div>Les participants à cette convention n&apos;ont pas d&apos;obligation d&apos;y aller, il serait paradoxal que ça débouche quasi exclusivement sur des injonctions et des interdits. Cette convention doit encourager la production localisée de l&apos;intelligence collective. Ce n&apos;est qu&apos;à cette condition que pourront émerger de nouveaux modèles.</div><div></div><div>Bravo et merci</div><div></div><div><br /><h4><strong>Pierre Calame, le 6 juillet 2020</strong></h4><br /></div><div></div><div>Bonjour les amis</div><div>J&apos;ai suivi de près la Convention sur le climat et envoyé plusieurs messages de mise en garde à son comité de gouvernance, sans aucun effet, soulignant que les membres de la Convention étaient mis dans une moulinette dont ils ne peuvent sortir. Le résultat est le fruit du contexte, du mandat et de la méthode. De ce point de vue je suis pmus proche de l&apos;avis de Maurice que de l&apos;avis de Guy. Ci joint la tribune que j&apos;ai publiée dans La Croix. Vous pouvez bien entendu le diffuseur à votre réseau.</div><div>Amitiés</div><div>Pierre</div><div></div><div><br /><h4><strong>Bernardette Cateau, le 8 juillet 2020</strong></h4><br /></div><div></div><div>Je n&apos;ai pas encore regardé attentivement les propositions mais je ne partage pas le point de vue de Maurice Merchier, surtout dans son expression: </div><div>- Voir les bancs clairsemés de l&apos;assemblée nationale, je pense qu&apos;il est bon que des citoyens peuvent être parfois autrement autrement.</div><div>- l&apos;intelligence collective n&apos;étant pas que la somme des intelligences individuelles, je trouve que le travail en groupe resserré est une expérience riche. </div><div>- lors d&apos;un procès est ce qu&apos;on conteste le verdict en invoquant les jurés qui ont refusé de siéger? </div><div>- lorsqu&apos;une mesure n&apos;est pas, par sondage, celle que souhaite la population                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           ;<br />;faut il y renoncer? Le populisme n&apos;est alors pas loin.</div><div>- les forces de la rue (gilets jaunes, retraites ..) me représentent-elles comme citoyenne davantage qu&apos;un groupe structuré? </div><div>- et les syndicats que représentent ils démocratiquement avec notre faible taux de syndicalisation? </div><div>- et oui il faudra interdire: nous ne sommes plus en 68. </div><div></div><div>Je trouve un certain mépris dans les propositions de MM pour les «non estampillés sachants» Le mot est un peu fort bien sûr. </div><div></div><div><br /><h4><strong>Guy Roustang, le 20 juillet 2020</strong></h4><br /></div><div><strong>Concernant le caractère représentatif.</strong></div><div>Personne n&apos;a contesté que les 150 participants étaient représentatifs selon l&apos;âge, selon le sexe, selon les professions et les lieux de résidence (rural-urbain). </div><div>Certains ont souligné qu&apos;il y avait un biais alors que ceux qui ont accepté de participer seraient des gens conscients du danger climatique, mais en fait ce biais est limité, car selon Stéphane Foucart (Le Monde 4 juillet 2020) une enquête des économistes de L &apos;école de Paris montre qu&apos;à propos du climat, les 150 de la CCC présentent pas des opinions très différentes de celles de l&apos;ensemble de la population. </div><div>Par contre il apprécie la validité de la critique de Marianne sur le fait que le tirage au sort des 150 a été réalisé à partir des listes électorales et des abonnés au téléphone, ce qui a pu générer un biais. Par exemple la sous-représentation de ceux qui ne s&apos;inscrivent pas sur une liste électorale. </div><div>Une objection de MM ne me semble pas valide: celle qui consiste à dire que les 150 performances pas représentatifs de tous les français puisqu&apos;ils ont adopté certaines mesures (par exemple la proposition de limiter la vitesse à 110 kms heure sur autoroutes) qui ne sont pas conformes à l&apos;ensemble des autres français. Objection non pertinente car ce type de conventions repose sur l&apos;idée que si les citoyens sont bien informés, ils changent d&apos;avis en prenant conscience de l&apos;intérêt général. <a href="#_ftn1">[1]</a></div><div>La question essentielle est celle de l&apos;intérêt ou non de compléter notre démocratie représentative par une démocratie délibérative (différentes appellations sont envisageables et sont à préciser). Nous ne prétendons pas clore le débat aujourd&apos;hui sur cette question. Mais il me semble que c&apos;est une question essentielle pour l&apos;avenir de nos démocraties. C&apos;est une question qui reviendra encore sur le devant de la scène avec un éventuel référendum, avec d&apos;autres conventions citoyennes sur d&apos;autres sujets comme l&apos;a envisagé E.Macron. </div><div>Maurice Merchier pense que ce genre de convention est une perte de temps, un «échelon supplémentaire dans la chaîne de décision» afficher va falloir utiliser en définitive au Parlement ou au référendum pour décider. Il pense donc que ce genre de convention est inutile. Ce n&apos;est pas du tout l&apos;avis de Pierre Calame, même s&apos;il a écrit à l&apos;eccap pour dire qu&apos;il était «plutôt de l&apos;avis de Maurice que de Guy». P.Calame marque son intérêt pour ce genre de convention, et se réjouit que «Pour la première fois, la France a pris la démocratie délibérative <a href="#_ftn2">[2]</a>au sérieux ». Il écrit «Dans un monde complexe, dominé par les technologies, la Démocratie délibérative est le pari que les citoyens peuvent maîtriser cette complexité associée à un processus d&apos;information adéquat et un temps de débat suffisant. Sans ce pari la démocratie est morte. L&apos;expérience prouve qu&apos;il est raisonnable. Mais la rigueur méthodologique est décisive ».</div><div>Donc il considère que ce genre de convention peut être de la plus haute importance même si sa crainte que ce soit en l&apos;occurrence un échec vient de la méthode car selon lui «les membres de la Convention étaient mis dans une moulinette dont ils ne peuvent sortir. Le résultat est le fruit du contexte, du mandat et de la méthode » <a href="#_ftn3">[3]</a> . Il faut revenir sur les critiques de P.Calame qui remarque que la méthode n&apos;a pas permis d&apos;aborder des questions de fond (la taxe carbone par ex.). Il faut aussi reprendre le point de vue de T. Pech qui peut paraître une réponse sur pourquoi les 150 citoyens ont évité la question de la taxe carbone. </div><div><br /></div><div><strong>Et pour l&apos;avenir? </strong></div><div>L&apos;eccap va-t-elle partager le scepticisme de MM qui considère que les conventions citoyennes du type de la CCC est inutile ou va-t-elle considérer comme Pierre Calame, Thierry Pech et bien d&apos;autres (ce n&apos;est pas parce que E.Macron en fait partie qu&apos;il faut rejeter ces conventions…) que c&apos;est un des enrichissements potentiels de notre démocratie?</div><div>Thierry Pech considère que cette «démocratie représentative d&apos;un nouveau type» pourrait par ex. porter sur la «question de la relation entre la police et la population». Ce qui était la conclusion de notre lettre 32. </div><div>Et pourquoi ne pas suggérer d&apos;autres sujets? Considérant que la démocratie ne peut être vivante avec des citoyens informés, pourquoi ne pas suggérer une convention sur la question: la presse écrite quotidienne si elle dépend trop d&apos;intérêts capitalistes n&apos;est-elle pas inadéquate pour assurer cette information? Cette note commence ainsi par une citation de MM: «Changer véritablement de cap doit de réfléchir aux moyens de faire évoluer la culture etc…». La question pour l&apos;eccap est donc la suivante: Des conventions citoyennes ne sont-elles pas un des moyens de contribuer à ce changement? Une condition, comme cela a été le cas pour le climat, qu&apos;une inquiétude soit si élargie que les décideurs au pouvoir acceptent d&apos;organiser et de répondre à une
suggestion, venant en l&apos;occurrence de Cyril Dion. Et moi vient à l &apos; esprit de très nombreux thèmes possibles, par ex. si le numérique mal utilisé fabrique des crétins, que faire? Si l&apos;obésité grandissante met à coup sûr en danger l&apos;équilibre de nos budgets sociaux, que faire? etc. </div><div></div><div><strong><br /></strong></div><div><h4><strong>Maurice Merchier, le 24 juillet 2020</strong></h4><br /></div><div></div><div>Est-il utile de recenser les lecteurs favorables ou défavorables? Qu&apos;ils soient parmi nos proches ou parmi les personnalités connues. On en trouve évidemment de chaque côté ... Ce sont les arguments qui comptent.</div><div>Je n&apos;en ai pas vus de nature à ébranler mes convictions ... Quant aux critiques de mon texte, le fait de considérer qu&apos;il est négatif, qu&apos;il n&apos;offre pas d&apos;espérance, etc (ce qui est une autre question) ne sont en rien une réfutation de mes arguments (que je n&apos;ai pas été le seul à exprimer, et qu&apos;on retrouve dans de nombreux articles et commentaires, sous des formes diverses). </div><div>Sur le fond ... je reviens sur deux de vos arguments, exposés en une phrase, que, de ce fait, je coupe en deux.</div><div></div><div>Une objection de MM ne me semble pas valide: celle qui consiste à dire que les 150 performances pas représentatifs de tous les français puisqu&apos;ils ont adopté certaines mesures (par exemple la proposition de limiter la vitesse à 110 kms heure sur autoroutes) qui ne sont pas conformes à l&apos;ensemble des autres français. </div><div></div><div>J&apos;ai voulu parler de signe, ou d&apos;illustration, ou à la rigueur de symptôme, à propos de cela. Ce ne sont pas mes arguments ... je les ai développés après ...</div><div></div><div>Mais en effet, votre argument important vient après, que vous empruntez à Thierry Pech .. et là, il y a en effet une discordance fondamentale entre nous ... </div><div></div><div>Objection non pertinente car ce type de conventions repose sur l&apos;idée que si les citoyens sont bien connus, ils changent d&apos;avis en prenant conscience de l&apos;intérêt général. [1]</div><div></div><div>Parce que raisonner comme cela implique qu&apos;il y ait une bonne solution, une solution rationnelle, en d&apos;autres termes, et que la formule Convention citoyenne est un moyen développé.</div><div>Nous sommes très proches de l&apos;argument technocratique! Et très loin de la démocratie! Cela autorise une minorité éclairée à opérer des choix au nom du peuple (cela nous rappelle certaines idéologies!). Faire le bien des gens malgré eux ... (j&apos;ai parlé aussi de risque de dérive illibérale!)</div><div></div><div>1- il n&apos;y a pas de bonne solution. Mais des choix à faire, qui ont des avantages, des inconvénients, privilégient le long terme ou le court terme, avantagent certains citoyens par rapport à d&apos;autres, etc .... C&apos;est cela, un choix politique!</div><div>2- je trouve franchement détestable la formule si les citoyens sont bien informés (vous parlez de mépris quand je parle des masses ... que dire ici?). On est bien dans l&apos;idéologie Terra Nova, celle qui considère qu&apos;il faut négliger l&apos;opinion des classes populaires pour élaborer des propositions progressistes .... (cela a été explicitement formulé par le prédécesseur de Thierry Pech, Olivier Ferrand</div><div>3- Plutôt que de faire l&apos;impasse sur la formation faible de la majorité de nos concitoyens, il faut se poser le problème de leur formation .... c&apos;est qui est en principe notre vocation avec l&apos;eccap. Et cela devrait s&apos;approcher bien plus de la démocratie directe que le (faux) tirage au sort proposé. </div><div>4- La vraie démocratie, selon moi, n&apos;est pas d&apos;avoir les bonnes solutions, mais des solutions dans s&apos;implique le corps social .. Là, c&apos;est complètement raté .. <br /><br /><h4><strong>Marc Durand le 23 août 2020 </strong><strong>A propos de la tenue de conventions citoyennes.</strong></h4></div><div></div><div></div><div>Je suis assez d’accord avec les critiques de Maurice Merchier, pas toutes cependant. Je ne partage pas son point de vue sur la représentativité ni sur le but de ces conventions. Et je suivrais Guy Roustang pour ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.<br />;Je n’ai aucune confiance en Macron ni son gouvernement (ni la majorité parlementaire!). Donc je n’attends pas grand-chose de bon de cette convention et je suppose que, tout comme a été organisé le « grand débat » pour des raisons politiciennes, étant bien entendu que tout serait enterré à la fin, je pense que là encore on est dans la même veine. Mais cette fois-ci les autorités ont pris un risque plus grand en permettant un vrai débat informé entre les participants (tout en s’arrangeant pour que les questions déterminantes ne soient pas abordées, il y avait un cadre).<br />;Gagne-t-on en démocratie ? Je pense que le b-a-ba serait d’abord de dialoguer vraiment avec les corps intermédiaires. Les syndicats, qui ont été torpillés (ils y ont mis du leur aussi!) depuis des années, les grandes associations, d’autres corps ne sont jamais écoutés, il n’y a aucune négociation sérieuse, on les convoque pour leur faire enregistrer le fait du prince en leur laissant un petit os à ronger pour ne pas les humilier totalement. Là est le premier problème de la démocratie.<br />;On n’a pas à les remplacer par ces conventions. A mon sens ces conventions ont l’intérêt de faire débattre sur des sujets autrement que par des slogans. Des citoyens ont la possibilité de s’informer, de se former, pour débattre sérieusement. Ils n’ont pas à être représentatifs, il ne s’agit pas d’un parlement bis. Alors que les syndicats ont des prés-carrés à défendre, le tirage au sort des citoyens des conventions a l’intérêt d’obliger ces conventions à un vrai pluralisme et donc d’approfondir les sujets pour obtenir des consensus qui dépassent les intérêts particuliers. Ils ont montré une grande intelligence collective tout en étant bridés, ce qui les a menés à des propositions « hors sol » car le sol leur avait été interdit. Qu’ils ne représentent pas la population ne me gêne pas, c’est à nos représentants officiels (je reconnais qu’ils nous représentent bien mal!) que reviennent les décisions. Les conventions fourniront des rapports qui peuvent vraiment enrichir les décisions, mettre sur la table ce qui est caché, étudier les conséquences des décisions proposées.</div><div>Le lien entre les conventions et la population sont à inventer. Je pense qu’il y a un rôle des medias qui devraient suivre mieux et populariser les débats. On pourrait imaginer que, retournés chez eux entre deux sessions, les membres participent à des débats locaux organisés par les autorités locales. Il y a tout à inventer, inventons plutôt que se détourner.<br />;Je ne suis pas choqué qu’on dise ou écrive que les citoyens de base ne sont pas formés pour comprendre les problèmes, c’est une réalité qui ne me choque pas. Ce qui m’importe est que ceux qui sont choisis aient les moyens de se former.<br />;Reste que les grandes questions sous-jacentes ont été éludées, et je pense que c’était voulu par les pouvoirs publics. Il faut pousser pour qu’il y ait des conventions sur les problèmes de fond. Evidemment le Pouvoir ne les suivra pas, mais les mettre sur la table est un premier pas nécessaire.</div><div></div><div>                                                     Marc Durand</div><div><br /></div><div>           <h4><strong> Pierre Bouchet, le 13 août 2020</strong></h4><br />               ;La dénomination « Encyclopédie du changement de cap» incite à approcher le sujet « convention citoyenne » dans la perspective complète de la <strong>participation institutionnelle du citoyen à la gouvernance de la France</strong>. L’observation de l’histoire récente permet de discerner ce qui est souhaitable aussi bien que ce qui est possible en France.</div><div>La « Convention citoyenne » n’est qu’un des hochets seulement consultatifs qu’agite le gouvernement actuel en réponse à la colère de certains citoyens. C’est tout de même un progrès innovant par rapport aux présidents précédents. Il exprime au moins une prise de conscience d’une attente des citoyens.</div><div>Continuer à franchir le gué vers une réelle participation nous revient à nous citoyens. </div><div><br /></div><div><strong></strong></div><div><strong>Qu’est-ce qui est souhaitable ?</strong></div><div></div><div>Les problématiques de notre temps</div><div>Le Sommet de la Terre de 1992, à Rio de Janeiro, a eu pour sujet : qu’est-ce qui est nécessaire pour résoudre les problématiques de notre temps, organisées en trois axes  la satisfaction des besoins des habitants, l’énergie, la préservation du climat, de l’environnement et enfin l’économie. C’est la conception du Développement Durable.</div><div>Le résultat, nommé « Acte 21 » a été décliné en France en guide pratique des « démarches Agenda 21 », disponible dans toutes les collectivités locales…et chez moi. </div><div><br /></div><div>Comme l’« Acte 21 », ce guide pose comme principes essentiels pour le succès que la démarche soit réalisée</div><div>·    sur les bassins de vie</div><div>·    avec la participation de tous les acteurs des territoires, les Habitants, leurs associations, les Syndicats, les Entrepreneurs, les Institutions.</div><div></div><div>Et la gouvernance de la France ?</div><div>Le Plan d’Aménagement du Territoire trace pour 10 ans les lignes de force des équipements dont la France va se doter pour construire son avenir. En 1995, le Ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, qui venait de réaliser l’exercice, a constaté que cette façon de faire était aberrante et qu’il fallait partir de l’expression de leur avenir pas les bassins de vie.</div><div>En 1999 furent définies les intercommunalités, couvrant un « bassin de vie », dotées d’un Conseil de Développement constitué des acteurs des territoires, habitants, associations, syndicats, entrepreneurs  le plan d’Aménagement du Territoire est depuis conçu ainsi : expression par les habitants dans les Conseils de Développement de leur vision de l’avenir et des équipements nécessaires, traitement de ce document par le Conseil Communautaire élu, consolidation par les Régions, puis par l’état central.</div><div></div><div>Le principe de succès pour résoudre les problématiques de notre temps est donc identique à celui indispensable pour tracer l’avenir de la France. Concrètement, les intercommunalités vont faire des Démarches Agenda 21 dont le résultat sera la base de l’élaboration du Plan d’Aménagement du Territoire. On développera la France en résolvant les problématiques de notre temps, avec la participation institutionnelle permanente des habitants.</div><div></div><div>Miracle ! Sauvés !!</div><div>Et non !</div><div><br /><br /></div><div></div><div></div><h3><strong>Pourquoi ? </strong></h3><div></div><div>Parce que cela ne faisait pas l’affaire des maires qui traitent les questions telles que l’eau, les déchets, à travers des syndicats intercommunaux qui brassent des masses financières énormes en toute opacité. Cela était transféré aux intercommunalités dans lesquelles siègent des citoyens.</div><div>Il y avait des prolongements tels que la fusion des départements et des régions, représentant une économie considérable et une efficacité accrue sur les questions de l’éducation, de l’emploi, de la voirie mais aussi la suppression de carrières, et de revenus pour la classe politique.</div><div>Et un questionnement du régime jacobin monarchique vers la séparation des pouvoirs et la décentralisation. </div><div></div><div>Traiter les problématiques de notre temps de même qu’élaborer « intelligemment » le Plan d’Aménagement du territoire exigent une refonte des Collectivités, que la France a parfaitement conçue mais qu’elle n’a été capable d’appliquer qu’a minima, à très grands frais et en ratant le Développement Durable.</div><div></div><div>Conseils de Développement et Conseils de Quartiers définissent une réelle participation citoyenne car elle est institutionnelle, donc permanente, ouverte à tous les habitants qui le souhaitent et qu’elle ouvre les dossiers de la gouvernance aux citoyens.</div><div>Malheureusement ces institutions sont occultées et muselées par la plupart des élus.</div><div>Les libérer pour qu’elles jouent pleinement leur rôle conduit à fusionner les départements et les Régions puis à questionner la monarchie jacobine pour « envisager » la séparation des pouvoirs. Cela apparaît à l’analyse attentive de la refonte des collectivités locales.</div><div>C’est dire la globalité du verrou qui est en fait la culture jacobine monarchique de la France.</div><div></div><div>C’est un enjeu de la Société Civile  des mouvements tels que l’Encyclopédie du Changement de cap ou certains partis politiques ne pourraient-ils pas initier une dynamique historique dans ce sens ?</div><div></div><div>On voit bien qu’on est très au-delà des démarches telles que la Convention Citoyenne, initiée ponctuellement, instrumentée, au service du pouvoir autoritaire sans respect pour les citoyens. Les subterfuges tels que le tirage au sort sont du goût de ceux qui aiment le pouvoir sans partage, qu’ils ne font qu’enjoliver ainsi de façon démagogique.</div><div>La question de la formation est vide car le besoin est rigoureusement le même pour les nouveaux élus. La solution est donc identique.</div><div>                                                                                                                                                                                                                                    ;</div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N1DebatSurLaConventionCitoyenne20082">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2019-10-29" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="TerritoireZeroChomeur" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,questionner_le_travail" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-08-05 15:27:39" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_TerritoireZeroChomeur"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Territoire zéro chômeur. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_TerritoireZeroChomeur" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>29/10/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Territoire zéro chômeur. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema questionner_le_travail">
                      Questionner le travail et la production 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>C’est déjà une longue histoire pour ATD quart monde, qui est à l’origine de cette réalisation en cours. Dans le 2ème bilan intermédiaire de l’expérimentation Zéro chômeur de longue durée, Louis Gallois (Président du conseil de surveillance de Peugeot et de la FNARS -Fédération Nationale des Acteurs de la Solidarité) affirme : </div><blockquote><strong>La triple conviction de départ est à nouveau vérifiée</strong> : nul n’est inemployable dès lors que l’emploi est adapté aux capacités et aux compétences des personnes. Les travaux utiles, non concurrents des emplois marchands et des emplois publics, sont d’une grande diversité autour des trois thématiques : la cohésion sociale et la lutte contre l’exclusion, la transition écologique et le développement du tissu économique local. Enfin les financements existent dès lors que l’on prend en compte le coût de la privation d’emploi de longue durée pour les collectivités publiques et les recettes générées par la mise à l’emploi au profit de ces mêmes collectivités.</blockquote><div></div><h3><strong>Historique de « Territoire zéro chômeur »</strong>. </h3><div>ATD ¼ monde a relancé en 2011 un projet qu’il murissait depuis longtemps.<strong> Le principe est de transformer des dépenses passives d’indemnisation des chômeurs en dépenses actives de rémunération</strong>. Au lieu de percevoir des indemnités de chômage, un chômeur devenu actif bénéficie d’un Contrat à durée indéterminée rémunéré au smic. </div><div>En 2014 un groupe de députés se réunit pour évaluer le projet. Et en février 2016, après plusieurs mois de débat, une proposition de loi est adoptée à l’unanimité par l’Assemblée Nationale. Quelques mois plus tard est créé un Fonds d’expérimentation territorial contre le chômage de longue durée qui va permettre de financer les expérimentations. Et en novembre 2016, dix territoires sont sélectionnés pour procéder à une expérimentation. </div><div></div><h3><strong>Partir des territoires, de leur énergie et de leurs besoins</strong></h3><div>Pour créer des services utiles, qui n&apos;étaient pas satisfaits par l&apos;économie marchande ou les emplois publics il faut avancer au rebours des habitudes.</div><div>Voici les informations que l’on trouve sur le site de Michel Berry « Le jardin des entreprenants ». Le projet Territoires zéro chômeur de longue durée e (TZCLD) est une variante audacieuse de l’activation des dépenses passives. Il s’agit de recruter des chômeurs de longue durée dans une entreprise à but d’emploi (EBE) qui équilibre ses comptes avec une subvention correspondant au montant des aides qui auraient été versés au chômeur. Cette idée ne résulte pas d’une politique publique venue d’en haut mais d’initiatives locales pilotées par des entreprenants inspirés et opiniâtres, en lien étroit avec leur territoire. Est relatée l’expérience de Pipriac et St Ganton (4150 habitants). Le comité local a rencontré élus, associations et entreprises. Un accord est intervenu sur l’interdiction à l’EBE de concurrencer les entreprises du territoire. Environ 170 chômeurs de longue durée ont été rencontrés. On leur a demandé ce qu’ils savent et ont envie de faire. Cela permet de trouver des idées : deux couturières donnent par exemple l’idée de créer une activité de tissus recyclés à laquelle personne n’avait pensé. Puis l’équipe rencontre de nouveau élus et chefs d’entreprise pour leur demander : si vous oubliez la question de l’argent, qu’y a-t-il d’utile à faire ? Plus de 300 idées sortent de ces rencontres. Aujourd’hui l’EBE a 75 salariés répartis en cinq sites et une trentaine d’activités : travail autour de palettes en bois, blanchisserie, tri des métaux, nettoyage des véhicules, commerce ambulant etc. Chaque site est encadré par un responsable. Il faut coordonner, planifier, gérer les congés, bref doter l’entreprise d’un encadrement. </div><div>L’engagement des personnes rencontrées montre les vertus de l’expérience. Un signe ne trompe pas : on voit les anciens chômeurs de longue durée se transformer physiquement lorsqu’on visionne les films relatant l’expérience. Cette expérience interpelle notre manière de concevoir le management et les politiques publiques. L’expérience concerne encore peu de monde et le passage à l’échelle est délicat : les pionniers sont en effet convaincus que l’on ne peut pas transposer telles quelles leurs solutions et que chaque expérience doit rester « à portée d’engueulade ».</div><div>Clémentine Hodeau, directrice générale du Fonds d’expérimentation (dont Louis Gallois est président) est toutefois optimiste : « Plus de 200 entreprenants sont venus nous voir pour développer quelque chose d’analogue dans leur territoire. Nous avons créé un centre de ressources et de développement et un organisme de formation pour les aider. Il faut une deuxième loi en 2021 pour poursuivre et développer l’expérience. Un comité de soutien parlementaire comprend 204 députés et sénateurs et des projets sont engagés dans 60 territoires. Plus de 2 millions de personnes ont vu sur M6 un reportage sur l’expérience de Mauléon et une pétition circule activement pour demander la nouvelle loi. »<br /><br /></div><div>La 2ème édition de l’université d’été de TZCLD a réuni 300 personnes le 31 aout 2019 dans la mairie du 18ème à Paris. </div><div></div><h3><strong>Quel avenir pour le dispositif Territoire zéro chômeur ? </strong></h3><div><strong></strong></div><div>Différentes évaluations du dispositif sont en cours suscitées notamment par la DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) du ministère du travail, et par l’IGAS (l’Inspection Générale des Affaires Sociales). Ces évaluations permettront de connaître les caractéristiques des 700 à 800 chômeurs qui ont bénéficié du dispositif, et quel est le coût réel du dispositif. Une controverse est engagée entre Pierre Cahuc, qui a écrit un article dans les Echos du 18 octobre 2019 pour montrer que le dispositif est plus coûteux qu’il n’y parait et les économistes atterrés qui ont répondu le 28 octobre 2019 dans leur blog.<strong> </strong>Ceux-ci écrivent : Hélas à aucun moment, les chiffres avancés par Pierre Cahuc ne sont étayés et on ne saura jamais si ces savants calculs tiennent compte des coûts évités en termes de désespérance sociale, de divorces, de violences, de maladies…</div><div>Espérons en effet que les députés, qui auront à décider dans une nouvelle loi de l’extension du dispositif à 50 nouveaux territoires, prendront en compte non seulement les aspects financiers mais aussi les avantages sociaux et politiques d’une mobilisation démocratique des territoires et d’une sortie du chômage de longue durée. </div><div></div><div><strong></strong></div><div></div><div><br /><br /></div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?TerritoireZeroChomeur">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-04-28" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N26tironsLesLeconsDuGrandMalheurActuel" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-29 10:33:25" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_N26tironsLesLeconsDuGrandMalheurActuel"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Tirons les leçons du grand malheur actuel </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_N26tironsLesLeconsDuGrandMalheurActuel" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>28/04/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Tirons les leçons du grand malheur actuel </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br /><br /><img src="https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2Fccc982e3a267ec07d676f9e6799fafe0ca48a5be2e3d7243f861caa396bc622b.jpg%3Fe%3DYVw4wyZKZxN2Pst-_nPvcakEy6hXmKoijf7JIDX5vV0cVxNTmOo_CBt4IIerFcN4bTbweTHu68z_KGuRvt6--5Yj6EhjtS1Lya7cuz-k2oevovVebUp9C3-78zVWD35v3AsRqecSRM124_JMYn9uhXXO3SqO2em0ivlKbp87mdXYsQbYePywCzWd4ZxpJgEbqW9DPs-q2vTtj6Gb8TF1ZSbPO1kkqnnY&t=1588098907&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f0c-b7000b01c800&sig=md4n47uEv8DC3wKG1MYe0A--~C" width="480" height="363" alt="mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2Fccc982e3a267ec07d676f9e6799fafe0ca48a5be2e3d7243f861caa396bc622b.jpg%3Fe%3DYVw4wyZKZxN2Pst-_nPvcakEy6hXmKoijf7JIDX5vV0cVxNTmOo_CBt4IIerFcN4bTbweTHu68z_KGuRvt6--5Yj6EhjtS1Lya7cuz-k2oevovVebUp9C3-78zVWD35v3AsRqecSRM124_JMYn9uhXXO3SqO2em0ivlKbp87mdXYsQbYePywCzWd4ZxpJgEbqW9DPs-q2vTtj6Gb8TF1ZSbPO1kkqnnY&t=1588098907&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f0c-b7000b01c800&sig=md4n47uEv8DC3wKG1MYe0A--~C" /><br /> <br /><br /> Bruno Latour a osé dire avec raison : « ce serait absolument terrifiant de ne pas profiter de cet arrêt général pour ne pas infléchir un système dont on sait … qu’il nous précipite vers une catastrophe par rapport à laquelle celle du virus actuel est un minuscule petit problème ». [1]: Il était conscient que ces propos pouvaient paraître indécents puisque la situation actuelle est dramatique pour certains : ceux qui meurent loin de leurs proches dans les EHPAD et les hôpitaux (et que famille et amis ne peuvent même pas accompagner dignement à leur dernière demeure comme on dit) les femmes et les enfants victimes de violence et tous ceux qui subissent le confinement à l’étroit dans un petit espace. Quand Bruno Latour évoque une catastrophe de beaucoup plus grande ampleur que celle du coronavirus, c’est de la mutation écologique en cours dont il parle, de l’augmentation de la température que notre société entièrement folle observe avec une certaine inconscience. Il y a donc deux catastrophes qui sont enchâssées l’une dans l’autre qui doivent nous amener à penser un autre avenir. C’est aussi l’avis de la convention citoyenne pour le climat (qui aurait dû rendre compte maintenant de ses travaux) qui nous dit : il ne faudrait pas que les mesures qui seront prises pour sortir de la situation sanitaire actuelle, nous amènent à accélérer le dérèglement climatique.</div><div><br /><h3><strong>E.Macron a déclaré lundi 13 avril : « Sachons nous réinventer, moi le premier ». Aidons le donc à se réinventer</strong></h3></div><div><strong><br /></strong><p>Si E.Macron a reconnu dans son allocution que le confinement avait des conséquences beaucoup plus lourdes pour les plus pauvres, il n’a pas pour autant annoncé la réforme fiscale qui s’imposerait. La politique qu’il a menée ces dernières années profite aux riches. Elle n’est nullement remise en cause, jusque là.</p>E.Macron avait vanté l’Etat-providence dans son allocution du 12 mars : « Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie c’est que la santé gratuite sans condition de revenu… ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché ». Ce qui amène Mediapart à écrire : « s’il voulait apporter la preuve de sa bonne foi, {il lui faudrait} annoncer que la privatisation rampante de La Poste – dont le grand meccano avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et la Caisse nationale de prévoyance (CNP) est le dernier épisode en date – est sur-le-champ arrêtée. De même que la privatisation rampante de la SNCF qui ne cesse de liquider le service public ferroviaire ».</div><div><br /><h3><strong>Pensons à nous réinventer nous-mêmes</strong></h3>Envisager des changements ne va pas de soi, car tous ceux qui sont aujourd’hui privés de travail et de revenus n’ont qu’une envie : retrouver la situation d’avant. Quant au président du Medef, il en rajoute en disant qu’il ne faudra pas hésiter à revenir sur certains acquis pour relancer la machine.<br />Cela ne doit pas empêcher de chercher à être lucide. Parmi les changements à opérer, le premier amène à relier crise de l’environnement et crise sociale. En effet ce sont les plus riches parmi nous qui ont l’empreinte écologique la plus élevée (voir dans l&apos;ECCAP l’article <a href="https://4e08x.r.a.d.sendibm1.com/mk/cl/f/Ihoe0MhwwMSzT6sKIgjzw0CCE-I4azJsUmvR1BqtEoIyGgyqymINBOzQK4EdDYGVCbKord4YyjyDq4KqxC2kwYAznXvdgRV8Zw6DWzXUOvVGiKpyI1G3G4f7w-v93gtnZp3vYw5CIKznqr_ivecwE0hIlZgI2594oeV44NQHbO8YYOIT4oaLRhMOtYV7JLWDCEy096tFiXhUExm9603D0f_R_hET_Q1Xlds">empreinte écologique selon WWF/Marin Harvey</a>). La crise de l’environnement exigerait que l’on prenne au sérieux les mises en garde des scientifiques de plus en plus précises et inquiétantes. Mais si les politiques ont fini par reconnaître le sérieux de ces mises en garde en signant en 2015 les Accords de Paris, les décisions qui seraient nécessaires pour les appliquer ne sont pas à la hauteur. Sans parler des Etats Unis qui se sont retirés des accords de Paris ou du Brésil qui poursuit allègrement la destruction de l’Amazonie. Nous sommes donc en bonne voie pour la catastrophe écologique.</div><div><br /><h3><strong>Faute de définir des finalités, nos politiques s’agitent au hasard</strong></h3>Simone Weil (voir dans l&apos;ECCAP <a href="https://4e08x.r.a.d.sendibm1.com/mk/cl/f/1rZLc3gSF4JfeHefVVLsb2EyPiPXrzyd4RKFL1E2LEa88ZCoK1saweMTkLmk9EZGRaz4m9f2ogEOelA9v55E3RuFq53PVmbpwg6EgxNwoQuwWXcALt4faZla2CJf_n2fn99zcrnBKfon2AzEUrtAF8eB-X3YiNodkiqDvnQJ9_mTfQ07zRIH5gdZ2EU-WtB5GUTKRD8NaHJUNIkN9a_xjKAKp81qgCJsOu53xNWk">esquisse sur les besoins</a>) écrivait dans l’Enracinement, à une époque où il s’agissait de reconstruire après la seconde guerre mondiale, et alors même que les problèmes de l’environnement n’étaient pas un souci : « la première étude à faire est celle des besoins qui sont à la vie de l’âme ce que sont pour la vie du corps les besoins de nourriture, de sommeil et de chaleur. Il faut tenter de les énumérer et de les définir…L’absence d’une telle étude force les gouvernements, quand ils ont de bonnes intentions, à s’agiter, au hasard ». Dans cette perspective et de manière très embryonnaire et désordonnée voici une liste de quelques propositions nécessaires pour changer de cap, pour nous réinventer et nous interroger sur ce dont nous avons vraiment besoin. Les changements qui s’imposent sont d’une telle ampleur qu’ils donnent le vertige. Mais il est impossible de se faire illusion. C’est l’organisation de l’économie mondiale qu’il faut mettre en question. Bruno Lemaire, notre ministre de l’ économie, déclarait récemment : Je pense qu’il faut que nous tirions sur le long terme toutes les conséquences de cette épidémie sur l’organisation de la mondialisation. Il faut réduire notre dépendance vis à vis de certaines grandes puissances comme la Chine. On ne peut pas avoir aujourd’hui 80 % des principes actifs d’un médicament produits à l’étranger.<br />- Il conviendrait de limiter strictement la publicité qui vise à « créer des besoins ». La publicité incite par exemple les enfants à consommer trop salé, trop sucré, trop gras. Ce qui favorise une obésité croissante et des maladies comme le diabète qui font exploser nos budgets sociaux.<br />- Au lieu de favoriser l’agriculture industrielle encouragée notamment par la grande industrie chimique, c’est l’agroécologie qu’il faut développer. Dans leur petit livre « L’agroécologie peut nous sauver » Marc Dufumier et Olivier Le Naire énoncent les cinq voies de la sagesse : lancer la révolution agroécologique, nourrir le monde, préserver notre santé et notre environnement, lutter contre les inégalités nord-Sud et résoudre les problèmes migratoires, réconcilier les villes et les campagnes.<br />- Les avions sont cloués au sol et le tourisme de masse est à l’arrêt. Les prévisions de croissance du trafic aérien dans les prochaines années sont un non-sens pour l’environnement. Allons-nous continuer de rêver que tous ceux qui en ont les moyens puissent parcourir le monde ?<br />- Les applaudissements à 20 heures pour les soignants sont un des signes d’une prise conscience que les métiers du soin (assurés majoritairement par des femmes), comme celui des éboueurs et autres métiers peu reconnus et mal rémunérés, mériteraient d’être mieux placés dans la hiérarchie des rémunérations. Va-t-on vraiment en tirer des conclusions ? Va-t-on dans la foulée revoir la situation des enseignants ? <br />- Pourra-t-on envisager la création d’un revenu minimum qui serait d’autant plus importante qu’il faudra aider les salariés qui perdront leur emploi, dans des secteurs comme l’aéronautique ou l’automobile par exemple dont on peut penser qu’ils seront moins importants à l’avenir.<br />- Deux « petites » questions pour finir : Comment reprendre barre sur les GAFAM dont les pouvoirs exorbitants sont dangereux pour nos démocraties ? Question annexe sur le numérique : est-il raisonnable de s’engager tête baissée dans la 5G ?<br />Si l’on refuse pour les prochaines élections présidentielles le face à face Macron-Le Pen, peut-on espérer qu’un candidat aura le courage d’affronter les questions que nous venons d’évoquer dans cette lettre et quelques autres avec ?<br /><br /><br /><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p><br />[1] Interview à France Inter le 3 avril 2020</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N26tironsLesLeconsDuGrandMalheurActuel">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-01-12" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="TravaillerMoinsPourTravaillerTousEtMieux" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,questionner_le_travail" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-10-14 16:50:25" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_TravaillerMoinsPourTravaillerTousEtMieux"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Travailler moins pour travailler tous et mieux </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_TravaillerMoinsPourTravaillerTousEtMieux" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>12/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Travailler moins pour travailler tous et mieux </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema questionner_le_travail">
                      Questionner le travail et la production 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Au lieu de rester sur les perspectives anciennes qui comptent sur des taux de croissance élevés du PIB pour lutter contre le chômage, il est temps de changer d’orientation. Ce n’est pas parce que ces perspectives anciennes font quasiment l’unanimité parmi les hommes au pouvoir, ou parmi ceux qui y prétendent, qu’elles sont plus crédibles. Non seulement il est illusoire de croire qu’un taux de croissance élevé du PIB est possible, mais plus fondamentalement il faut reconnaître que le PIB n’est pas un indicateur de bien-être. Autrement dit la politique économique ne peut tenir lieu de politique comme si tout en dépendait.  </p><p>Un changement d’orientation suppose bien sûr de reconnaître que l’emploi est un facteur d’intégration sociale et d’émancipation individuelle. La recherche du plein emploi s’impose donc.  A ce propos, un appel de 150 personnalités paru en mai 2016 dans Alternatives économiques veut remettre la réduction du temps de travail au cœur du débat public. En effet le chômage de masse mine depuis longtemps la société française. Il y avait  au printemps 2016, 2,6 millions d’inscrits à Pôle emploi en plus par rapport à 2008. L’appel constatait que « les perspectives de croissance sont limitées et le resteront. De plus, la révolution numérique et la robotisation pourraient bien, elles aussi, menacer de nombreux emplois ».  Certes « d’autres pays affichent un taux de chômage plus faible que la France. Le plus souvent ce résultat est atteint grâce à un vaste secteur de « travailleurs pauvres », via une croissance massive du travail à temps partiel féminin et un retour en force du travail indépendant. Ces personnes occupent bien un emploi, mais n’en ont pas moins les plus grandes difficultés à se soigner, à se loger, à éduquer leurs enfants…Bref, à mener une vie décente. </p><p>Ces politiques creusent de plus les inégalités entre les riches et pauvres et les écarts entre hommes et femmes »  « Si on veut éviter ces écueils tout en faisant reculer rapidement le chômage, il faut « travailler moins pour travailler tous et mieux ». Au tournant des années 2000 le passage aux 35 heures hebdomadaires avait eu un effet très positif sur l’emploi et l’activité, malgré certaines difficultés dans sa mise en œuvre, notamment en matière d’intensification du travail. Il faut d’urgence reprendre ce chemin, même s’il faut probablement s’y prendre autrement, et notamment ne plus raisonner seulement sur le temps de travail hebdomadaire ».  </p><p>L’appel des 150 personnalités poursuivait : « Nous avons pleinement conscience de la difficulté de l’exercice tant en termes de financements que d’organisation des entreprises, mais cette question doit revenir au cœur du débat public. Non seulement pour réduire le chômage, mais aussi pour reprendre la marche en avant du progrès social et sociétal en favorisant des modes de vie plus équilibrés et plus respectueux de l’environnement ». </p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?TravaillerMoinsPourTravaillerTousEtMieux">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2022-03-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="TroisDangersRechauffementClimatiqueIneg" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-10-14 16:42:29" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_TroisDangersRechauffementClimatiqueIneg"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Trois dangers : Réchauffement climatique – Inégalités sociales – Verticalité du pouvoir </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_TroisDangersRechauffementClimatiqueIneg" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/03/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Trois dangers : Réchauffement climatique – Inégalités sociales – Verticalité du pouvoir </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Avec la primaire populaire, certains d’entre nous ont pu espérer qu’un candidat unique à l’élection présidentielle s’imposerait pour favoriser la lutte contre le réchauffement climatique, contre les inégalités sociales insupportables et en faveur d’un renouveau démocratique. Malheureusement, Christiane Taubira élue par la primaire populaire sera simplement une candidate de plus, à supposer, ce qui est improbable, qu’elle puisse rassembler les 5OO parrainages nécessaires avant le 4 mars. Le vote de près de 400.000 votants à la Primaire Populaire n’a pas suffi à entraîner le retrait des nombreux candidats déclarés. La dispersion des voix sur les candidats susceptibles d’apporter des changements donne donc à penser qu’aucun ne sera au second tour de l’élection<a href="#_ftn1">[1]</a>. </div><div><strong>Tout porte à croire qu’Emmanuel Macron sera donc réélu pour cinq ans</strong>. C’est alors l’assurance vraisemblable qu’il n’y aura pas de lutte significative contre les inégalités sociales ni contre le réchauffement climatique<a href="#_ftn2">[2]</a>. Selon le rapport d’Oxfam et de Greenpeace : « Grands gagnants des politiques économiques et fiscales d’Emmanuel Macron, y compris dans le cadre du plan de relance consécutif à la pandémie, les milliardaires français ont aujourd’hui un impact négatif démesuré sur le climat … Alors qu’une partie de la population mondiale subit désormais régulièrement ses manifestations (sécheresses, inondations, tornades, vagues de chaleur, etc.), la majorité de la classe politique qui gouverne les pays riches se refuse à prendre les mesures nécessaires pour lutter contre la crise climatique ». Avec la réélection d’E.Macron pour 5 ans, il y a tout lieu de penser également qu’une conception verticale du pouvoir perdurera.<br /><br /></div><div><strong>Peut-on espérer que les résultats des</strong> é<strong>lections législatives de juin 2022 limitent le pouvoir présidentiel ?<br /></strong><br /></div><div>On avait pu espérer que les jeunes à l’origine de la primaire populaire engagent la relève de la représentation politique et bousculent les partis officiels. Il n’en a rien été et ces jeunes étaient eux-mêmes représentatifs de milieux privilégiés sans ancrage populaire<a href="#_ftn3">[3]</a>. Quant au parti socialiste, il n’a jamais connu non plus cet ancrage et il s’est encore plus embourgeoisé ces dernières années, alors que le quinquennat de F.Hollande a été fatal à la gauche. Et si l’on en croit les analyses de Rémi Lefebvre, les écologistes « en défendant des thèmes écologiques sans aucune radicalité économique » ne séduit pas les milieux populaires  quant à la France Insoumise, si elle militait au départ dans les quartiers, « elle est aujourd’hui coupée du terrain ». <br /><br /></div><div>Pour les élections législatives de juin, souhaitons que des accords puissent se nouer entre ceux qui souhaitent faire face aux trois dangers que sont : le réchauffement climatique, les inégalités sociales et la verticalité du pouvoir. Ce n’est pas du ressort de l’eccap (Encyclopédie du changement de cap) que d’agir directement au niveau des élections. Par contre l’eccap est concernée par une autre exigence affirmée par Remi Lefebvre : la nécessité « d’imaginer de nouvelles formes d’éducation populaire ». Elle rêve de devenir une sorte de Wikipedia du changement de cap, qui serait incontournable. Comment donner la parole, écouter et dialoguer avec ceux qui, dans les quartiers populaires, se sentent abandonnés, s’abstiennent aux élections et ne croient plus à la politique ? <br /><br /></div><div><br /><br /></div><div><br /><br /></div><div><br /><br /></div><div><br /><br /><a href="#_ftnref1">[1]</a> La dramatique invasion de l’Ukraine par Poutine amènera sans doute plus d’un électeur à réfléchir à deux fois avant de voter pour J.L.Mélenchon qui était le mieux placé d’après les sondages. <br /><a href="#_ftnref2">[2]</a> « Les milliardaires français font flamber la planète et l’Etat français regarde ailleurs » est le titre du rapport d’Oxfam France et de Greenpeace. Les préoccupations concernant les fins de mois et la fin du monde vont de pair. <br /><a href="#_ftnref3">[3]</a> Voir l’analyse de Rémi Lefebvre (<a href="https://www.xn--alternatives-conomiques-ncc.fr">https://www.alternatives-économiques.fr</a>) du 12 février 2022, qui sort un livre « Faut-il désespérer de la gauche ? » le 3 mars aux Ed. Textuel. </div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    Souhaitons que des accords puissent se nouer entre ceux qui souhaitent faire face aux trois dangers que sont : le réchauffement climatique, les inégalités sociales et la verticalité du pouvoir.        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?TroisDangersRechauffementClimatiqueIneg">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2018-04-12" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="UneFranceFractureeParLaCriseDuLogement" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,pour_un_logement_accessible" data-bf_auteur="ParetJeanPierre,RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-10-14 16:47:53" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_UneFranceFractureeParLaCriseDuLogement"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Une France fracturée par la crise du logement. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_UneFranceFractureeParLaCriseDuLogement" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>12/04/2018</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Une France fracturée par la crise du logement. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ParetJeanPierre/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Paret Jean-Pierre">Paret Jean-Pierre</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema pour_un_logement_accessible">
                      Pour un logement accessible 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p> La 22e édition du rapport annuel sur l’état du mal-logement de la Fondation Abbé Pierre dessine le portrait d’une <strong>France fracturée par la crise du logement</strong>. « Quatre millions de personnes sont sans abri, mal logées ou sans logement personnel. Outre ces situations les plus graves, 12,1 millions de personnes sont touchées à des degrés divers par la crise du logement. Effort financier excessif, précarité énergétique, risque d’expulsion locative, copropriétés en difficulté, surpeuplement... au total, sans les doubles comptes, près de 15 millions de personnes sont touchées, à un titre ou à un autre, par la crise du logement. À bien des égards,<strong> pour les pauvres, les classes populaires et moyennes, la situation tend à s’aggraver</strong>, en particulier depuis la hausse des prix de l’immobilier des années 2000 et le déclenchement de la crise économique en 2008 ». </p><h3><strong>Le nombre de constructions par an</strong></h3><p>D’après Le Monde du 1 12 2017 « les bétonnières tournent à plein avec 418 300 logements mis en chantier entre nov.2016 et oct. 2017, soit 17% de plus que l’année précédente ». La situation est très différente selon les territoires. Alors qu’il y aurait 500 000 demandes de logements sociaux en attente en Ile de France, il y aurait (selon le documentaire du 13 sept. 2017 sur la cinq) 130 000 logements sociaux vides en France. La ville de Vichy aurait été pénalisée de 172 000 euros pour n’avoir pas construit les 20% de logements sociaux imposés alors même que beaucoup de logements sociaux à Vichy ne trouvent pas preneurs. Des exemples de communes dans la même situation dans la région PACA pourraient être donnés. </p><h3><strong>Les dépenses de logement augmentent plus vite que les salaires</strong><br /><strong></strong></h3><p> En France « le décrochage avec les revenus est violent : de 1998 à 2017, les prix de l’immobilier ont été multipliés par 2,5 et les salaires par 1,5 seulement ». Voici ce que déclarait Patrick Artus dans une note du 5 octobre pour la banque Natixis : « C’est de là que provient le sentiment d’appauvrissement de beaucoup de salariés, car la France est l’un des pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) où ils ont continué de gagner du pouvoir d’achat mais pour l’engloutir dans le logement… Le renchérissement du logement opère un énorme transfert de richesses des pauvres vers les riches, des jeunes vers les vieux. » Le Monde 1er déc. 2017 : « La flambée des prix a pour 1ère conséquence l’éviction des habitants les moins aisés des métropoles, jeunes en tête » qui sont obligés d’aller se loger loin des zones d’activité et qui voient leurs frais de déplacement augmenter. Par ailleurs le dispositif Pinel, qui permet à un investisseur d’acheter un appartement destiné à la location avec des économies d’impôt importantes, serait une bonne chose si les loyers autorisés, étaient véritablement sociaux, si les plafonds de ressource des locataires concernés étaient correctement calculés. Ce serait bien le moindre pour des logements qui sont davantage aidés par l’Etat qu’un logement social classique. Cela supposerait des contrôles sérieux, ce qui n’est pas le cas. Les exonérations fiscales sont à limiter et mieux vaudrait attribuer cette manne importante, au moins en partie, aux logements très sociaux et réduire ainsi des loyers trop élevés. </p><p>Avec le dispositif Pinel, de nombreux investisseurs trompés par des promoteurs immobiliers indélicats qui croyaient réaliser l’affaire du siècle, se sont retrouvés pénalisés, voire ruinés, parce que l’appartement acheté ne trouvait pas de locataires dans un marché saturé. Les propriétaires devaient alors rembourser les exonérations. La carotte fiscale avait bien mauvais gout !!! L’aide personnalisée au logement (APL) initiée dans les années 70 a remplacé l’aide à la pierre, c&apos;est-à-dire qu’au lieu d’aider de manière importante la construction du logement, permettant des loyers plus bas, il a été décidé d’aider la personne et de ne pratiquement plus aider la construction, c’est-à-dire l’aide à la pierre. C’était encore les 30 glorieuses (1945 à 1975) et le logement social était considéré comme transitoire pour les ménages. Ce logement est progressivement devenu définitif pour les locataires les plus pauvres. A noter qu’à l’époque, seul le Parti Communiste était opposé à cette réforme. En définitive, la politique du logement n’a pas permis de loger des gens dans le besoin mais plutôt à faire tourner les entreprises du bâtiment. Selon Didier Cormuel économiste de l’immobilier cité par le journal Le Monde du 24 oct. 2017 « cette politique a alimenté une surproduction de logements car si le neuf trouve preneur, elle vide l’ancien dont la vacance s’accroit depuis dix ans même en région parisienne. » Et il ajoute « Pour assurer un logement décent à tous à un coût supportable pour la collectivité, il serait plus économique de réhabiliter l’ancien que de construire du neuf ». Bien sûr le diagnostic de pénurie de logements émane des acteurs du logement neuf qui n’hésitent pas à brandir le chantage à l’emploi. Concernant la politique du logement, nous sommes actuellement à un tournant. Espérons que la future loi ELAN (Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique) ne fera pas la part trop belle aux lobbies du BTP et aux exonérations fiscales et que les plus mal lotis du système actuel seront mieux pris en compte.</p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?UneFranceFractureeParLaCriseDuLogement">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2018-04-12" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="UnLogementSocialPourQui" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="ParetJeanPierre,RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-10-14 16:35:47" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_UnLogementSocialPourQui"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Un logement social, pour qui ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_UnLogementSocialPourQui" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>12/04/2018</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Un logement social, pour qui ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ParetJeanPierre/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Paret Jean-Pierre">Paret Jean-Pierre</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Pour pouvoir prétendre à l’attribution d’un logement H.L.M. les revenus des ménages doivent être inférieurs à un certain plafond de ressources. Les ressources à prendre en compte correspondent à la somme des revenus fiscaux de l’année N-2 de toutes les personnes composant le ménage, soit 2015 pour une attribution en 2017. (Des rumeurs laissent entendre que seraient pris en compte dès 2018  les revenus actuels.)  </p><p>Trois types de logements sociaux :  Les PLAI (Prêt locatif aidé d’intégration) destiné aux ménages les plus modestes  Les PLUS (Prêt locatif à usage social) le « classique »  Les PLS (Prêt Locatif Social) le « haut de gamme » du logement social.  Ainsi, pour une personne seule le plafond de ressources sera pour 2017  - de 12 733 Euros à Paris et de 11 067 Euros en province (hors Ile de France) pour un PLAI  - de 23 146 Euros à Paris et de 20 123 Euros en Province. (hors  IdF) pour un PLUS  -  de 30 090 Euros à Paris et de 26160 Euros en province (hors IdF) pour un PLS.  Pour une famille (4 personnes ou 1 personne avec 2 personnes à charge) le plafond de ressource sera  -de 29 781 Euros à Paris et de 21 575Euros en province (hors IdF) pour un PLAI  -de 54 141 Euros à Paris et de39 013 Euros en province (hors IdF) pour un PLUS  - de 70383 Euros à Paris et de 50 717 en province en province ( hors IdF) pour un PLS.  Au 1/1/2015 seulement 75 000 nouveaux logements sociaux  livrés (l’USH parle de  100 000  et dans Le Monde du. 27 09 17, 4ème col. Les HLM<strong> construisent</strong> 100 000 logements par an) dont 87% de neufs et parmi lesquels 20% en VEFA (Vente en Etat Futur d’Achèvement), achetés à des promoteurs privés. (Ce taux a fortement augmenté puisqu’il se situe aujourd’hui aux environs de 5O% voire 80% selon les organismes et les années de livraison)  A noter qu’il est très difficile de connaitre exactement le nombre de logements livrés, car parfois, on parle de logements financés ou autorisés et les organismes sociaux ont souvent tendance à gonfler à la fois le nombre de logements en cours de construction ainsi que ceux dont ils sont propriétaires  </p><p><strong>La répartition de ces nouveaux logements    </strong>  Ces plafonds de ressource permettent théoriquement à 75 % de la population française d’accéder à un logement dit social. Mais peut-on encore parler de logement social pour un PLUS sauf peut-être dans des zones extrêmement tendues où les loyers du privé sont très élevés. En réalité 80% des familles « <strong>entrantes</strong> » aujourd’hui logées par les organismes de logements sociaux ont des revenus inférieurs à 80% des plafonds et 20% des familles logées ont des revenus inférieurs à 20% des plafonds de ressource. Le logement social reste bien attribué aux familles modestes et compte tenu de la crise actuelle et du chômage, les demandeurs de logement ont des ressources toujours plus faibles.  <strong>Loyers et charges trop élevés.</strong>  Compte tenu du coût de la réalisation de ces logements, et de leurs financements, les loyers de tous ces logements sont trop élevés, notamment pour les logements récents. Ainsi, un loyer pour un T2 en province pourra atteindre 450 Euros par mois (dont 50 Euros de charges) pour un financement PLAI, avec plafond de ressource de 11 000 Euros imposable, soit un taux d’effort de 45% sans l’aide personnalisée au logement, ce qui est le cas lorsque le candidat est proche du plafond. Un T4 récent, toujours financement PLAI, aura un loyer de l’ordre de 500 Euros par mois (dont 60 Euros de charges sans chauffage collectif) pour un plafond de ressource du ménage de 21 575 Euros.  Un candidat locataire à environ 60% du plafond de ressource aura un taux d’effort de plus de 45% avant une éventuelle Aide Personnalisée au logement (APL).  Si un locataire voit ses revenus augmenter sensiblement, il lui sera pratiqué un supplément de loyer de solidarité (S.L.S.), dès que les revenus dépassent 25 à 35 000 Euros imposable pour une personne seule et selon le type de logement et 45 à 65 000 Euros de revenu annuel imposable pour 4 personnes résidentes ou 1 personne avec 2 personnes à charge.  <strong>Les charges locatives</strong> ont augmenté dans des proportions considérables.  Le coût du chauffage, de l’eau et de l’électricité surtout dans les immeubles anciens peut atteindre des demi-loyers.  Les bailleurs sociaux ont complètement laissé tomber le chauffage collectif (hors eau chaude), qui est beaucoup plus intéressant techniquement et économiquement, au profit des chaudières individuelles   gaz où l’abonnement est dû, même si l’occupant ne se chauffe pas ou se chauffe avec de mauvais poêles à pétrole dangereux pour les habitants et pour le bâti (condensations).  Les vendeurs d’eau, par ailleurs refusent, surtout dans les résidences importantes de poser des compteurs à proximité du logement (comme pour l’électricité) laissant à la charge des habitants les éventuelles fuites sur les canalisations entre le compteur général et les appartements.  <strong>A.P.L. </strong>Se greffe en diminution de  ces loyers trop élevés  l’aide personnalisée au logement (APL)  en fonction des revenus des familles. Une partie de cette aide est destinée à alléger les charges locatives. Avec la montée du chômage et de la précarité, l’aide à la personne a augmenté dans des proportions importantes et atteint aujourd’hui 40% des loyers  d’un organisme bailleur et parfois d’avantage selon la population logée. ...  Tous les gouvernements successifs depuis plus de 20 ans n’ont cessé de rogner cette APL. Et fin 2017, le gouvernement a décidé de baisser l’APL de 30 à 60 euros par mois. Pour que la mesure soit neutre pour les locataires, les bailleurs sociaux devront baisser les loyers de 30 à 60 Euros.  D’après Le Monde du 16 09 17, selon le périmètre retenu pour la baisse des loyers – les 5 millions de ménages locataires HLM ou les 2,5 millions qui touchent l’aide personnalisée au logement (APL) - la ponction dans les finances des bailleurs sociaux sera de 3 ou 1,5 milliard d’euros. L’Union sociale pour l’habitat qui fédère les 723 organismes HLM a réagi en ces termes le 13 sept. 2017 en fustigeant : « des baisses insoutenables de loyers pour compenser une volonté unilatérale de Bercy de baisser drastiquement les APL. Cela fait courir un risque majeur à un secteur qui loge 11 millions de personnes, produit plus de 100.000 logements sociaux par an et génère 300.000 emplois. »  Cela inquiète aussi les promoteurs immobiliers puisque le secteur social représente 30% de leur production.  Le gouvernement part du principe que les bailleurs sociaux ont des réserves importantes qui leur permettront de réaliser ces baisses de loyer sans grand dommage. Ce qui n’est pas évident. Certes la valeur des 4,5 millions de logements du secteur qui avoisine les 200 milliards d’euros est importante, mais la dette cumulée atteint 160 milliards d’euros en 2017. Et les trésoreries des organismes HLM sont très différentes les unes des autres. Les offices publics dans des territoires en déclin où les loyers baissent, où la vacance progresse n’ont aucune réserve. A l’opposé, un rapport de la Caisse des dépôts et consignations recense une trentaine d’offices ou sociétés HLM « dodus » qui disposent d’un gros potentiel financier.  Dès 2010 sous la pression du gouvernement de l’époque une péréquation des trésoreries avait été mise en place.  Le Monde du 4 nov. 2017 souligne l’injustice de l’art.52 du projet de loi de finances de 2018 « qui épargne le secteur privé alors qu’il consomme plus de la moitié des 18,5 milliards d’euros d’allocation logement » Malgré les protestations d’une vingtaine de députés qui demandaient la suppression de l’art. 52 il est passé. Ce qui a entraîné le commentaire suivant du député communiste de Seine St Denis : « on  a mis 120 ans à construire le modèle de logement social que toute l’Europe nous envie et il peut être défait en deux ou trois ans ».    Le slogan «<strong>Small is beautiful</strong> »<strong> , </strong>qui fit florès à la fin du siècle dernier est aujourd’hui  devenu caduc  dans le monde du logement social. Compte tenu de la volonté de l’exécutif de baisser l’APL et les loyers, les organismes sont maintenant obligés de se regrouper pour continuer à vivre et les plus riches doivent se marier avec les moins aisés. Cette course qui avait commencé déjà quelques années plus tôt aboutit à des sociétés ou des groupes dont le patrimoine dépasse les 100 ou 200 000 logements. Il est certain qu’il est alors possible de disposer d’une ingénierie très forte et efficace. En même temps une gestion sociale de proximité reste indispensable. Une transition numérique bien pensée permettra de changer de mode de gouvernance   pour aboutir à des structures en plateforme où l’information circulera sans entraves, et comme l’observe Michel Serres, où ce n’est plus la hiérarchie et les diplômes qui priment mais la compétence réelle. Tout cela suppose une véritable révolution passant par un rajeunissement des esprits. Cela prendra un peu de temps !  </p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?UnLogementSocialPourQui">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2017-01-11" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="UnMondeEconomiqueABoutDeSouffle" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,questionner_le_travail" data-bf_auteur="RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2026-01-26 20:03:41" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse12_6_UnMondeEconomiqueABoutDeSouffle"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Un monde économique à bout de souffle </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse12_6_UnMondeEconomiqueABoutDeSouffle" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>11/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Un monde économique à bout de souffle </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema questionner_le_travail">
                      Questionner le travail et la production 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h3><strong>Une dynamique économique et sociétale qui repose sur la productivité du travail et la croissance</strong></h3><p> Jean Fourastié avait publié en 1949 un livre intitulé sans barguigner « Le grand espoir du 20ème siècle ». Il y montrait que <u>la productivité du travail</u> était la source de l’augmentation des richesses économiques. Si une usine d’automobiles produit deux fois plus de voitures avec le même nombre de salariés la productivité du travail a doublé. Si un agriculteur produit deux fois plus de quintaux de blé à l’hectare, sa productivité a doublé. Grâce aux progrès scientifiques et techniques, on considérait que l’augmentation de la productivité du travail finirait bien par profiter à l’ensemble des hommes.  Jean Monnet qui avait appelé Jean Fourastié au commissariat du Plan écrit dans ses Mémoires  « Je fis confiance à Fourastié qui voyait clair et loin…C’est à travers le Plan et ses commissions de Productivité qu’il a pu faire passer dans la réalité sa conception d’un effort de production plus utile, plus rationnel et plus efficace qui libère l’homme des servitudes les plus pénibles ». Le livre a connu bien des rééditions. Dans celle  de 1989, quarante ans après la première parution, la présentation soulignait à juste titre  que les grandes tendances révélées dans le livre s’étaient bien réalisées, tout en reconnaissant que le bonheur attendu de l’augmentation du niveau de vie n’était pas au rendez-vous.  Parallèlement à la productivité du travail, la notion de <u>croissance du Produit Intérieur brut (PIB),</u> qui mesure les richesses économiques produites dans un pays au cours d’une année, a joué un rôle central dans l’idéologie économique, c&apos;est-à-dire les idées les mieux partagées par tout un chacun.  On a pu parler à juste titre de <u>religion du PIB</u> au sens où c’est bien la boulimie du toujours plus qui tient lieu de ciment dans notre société. Comme le dit Maurice Bellet dans son livre « La seconde humanité » ayant pour sous titre « De l’impasse majeur de ce qu’on appelle l’économie » « c’est la fuite en avant qui permet de tenir debout, c’est la boulimie d’innovation, de production, de vente, de chiffre d’affaires, de consommation qui est l’équilibre même de l’homme de l’écorègne<strong> ». </strong>  La religion de la croissance du PIB faisait à peu près l’unanimité au Nord qui dominait le monde, car les Etats providence assuraient dans un cadre national les progrès de l’éducation et de la santé avec un système de protection sociale performant. L’équilibre des forces entre capital et travail était assez bien assuré grâce aux syndicats. Durant cette période, l’augmentation des richesses économiques était la finalité dernière, mais le caractère néfaste de la primauté donnée à cette finalité n’apparaissait guère compte tenu des régulations exercées par les Etats nationaux, compte tenu du fait que tout le monde en « profitait » peu ou prou. Ceci étant, les valeurs du capitalisme triomphaient. Le communisme soviétique avait réduit ses ambitions à l’idée qu’il allait se montrer plus efficace que le capitalisme dans l’augmentation du niveau de vie. Le mouvement ouvrier français avait rangé au placard les valeurs qui étaient les siennes à l’origine du socialisme. Il se souciait principalement d’avoir sa part du gâteau de la croissance<strong>. </strong>  </p><h3><strong>La mondialisation comme nouvelle étape dans l’autonomisation de l’économie</strong></h3><p> On peut considérer que le triomphe du libéralisme économique promu  par Margaret Thatcher et Ronald Reagan dans les années 1980 n’a été qu’une nouvelle étape de cette autonomisation de l’économie par rapport au politique. On assiste alors à une dérégulation des économies et du système bancaire, à une mise en concurrence généralisée avec cette idée que l’abaissement des barrières douanières va entraîner des progrès pour tous. Mais jouer sur la mondialisation n’est pas à la portée de tout un chacun. Ce sont par définition les multinationales qui peuvent en profiter. Elles font du dumping social en recherchant les lieux de production où les salaires sont les plus faibles, elles font du dumping fiscal en installant leurs activités là où la taxation des entreprises est minimale et elles  profitent de toutes les facilités que leur offrent les paradis fiscaux<a href="#_ftn1">[1]</a>. C’est la loi de la jungle où les plus forts l’emportent. Les inégalités se creusent dans tous les pays entre ceux qui profitent du système et ceux qui en sont exclus, en Chine comme aux Indes. Quant à la France, c’est à partir du milieu  des années 1980 que les inégalités se sont accrues. La part du 1% les plus riches est passée de 7% à 9% du revenu national au cours des vingt dernières années<a href="#_ftn2">[2]</a>. La situation se détériore pour les plus démunis, mais grâce à notre protection sociale qui se maintient vaille que vaille, la France demeure après les pays nordiques parmi les pays les moins inégalitaires de la planète.  </p><h3><strong>Frivolité de la valeur<a href="#_ftn3">[3]</a></strong></h3><p>Il est important de souligner l’évolution de la « science » économique à partir du marginalisme qui considère que la valeur d’un bien ne dépend plus du volume de travail qu’il a fallu dépenser pour le créer, mais de la désirabilité du consommateur à l’égard de ce bien. Le mouvement d’abstraction, pourrait-on dire, a eu son parallèle dans l’évolution historique du capitalisme.   D’abord commercial, puis industriel, le capitalisme est devenu financier au cours des siècles. « La question de la valeur des choses est devenue obsolète sous toute autre forme que leur valeur monétaire telle qu’elle se présente sur le marché »<a href="#_ftn4">[4]</a>.Charles Péguy parlant de l’argent en juillet 1914, écrivait déjà : « …l’appareil de mesure et d’échange et d’évaluation a envahi toute la valeur qu’il devait servir à mesurer, échanger, évaluer. L’instrument est devenu la matière et l’objet et le monde…c’est un évènement aussi monstrueux que si l’horloge se mettait à être le temps… »<a href="#_ftn5">[5]</a>.  Ces dernières décennies, la finance internationale a créé de nouveaux objets financiers si compliqués que le banquier ne sait pas ce qu’il vend à « un client qui ne sait pas ce qu’il achète ». La dérégulation des banques et du secteur financier a entraîné une économie financière spéculative et il y a maintenant  « une finance de marché non contrôlée qui représente 20 à 30 fois la valeur de l’économie réelle »<a href="#_ftn6">[6]</a> </p><h3> <strong>Les actionnaires et les consommateurs font la loi</strong></h3><p>Cette autonomie de l’économie par rapport au politique fait système et le consommateur a pris le pas sur le citoyen.  Dans le supercapitalisme<a href="#_ftn7">[7]</a>  ce sont les consommateurs et les actionnaires qui font la loi. Robert Reich montre que les évolutions techniques rapides et la mondialisation ont entraîné une grande incertitude pour les entreprises, les amenant  à s’adapter constamment à un univers changeant. Les entreprises ne garantissent plus la stabilité de l’emploi à leurs salariés. Une compétitivité toujours plus féroce les amène à piloter à vue et à se comporter comme si les salariés étaient un moyen de production comme un autre, comme le sont les machines et les équipements. La grande distribution fédère les intérêts des consommateurs, ce qui lui permet  de faire pression sur les agriculteurs et les industriels pour qu’ils abaissent leurs prix. Si les producteurs régionaux ou nationaux ne veulent pas ou ne peuvent pas baisser leur prix, on achète à l’étranger grâce à la mondialisation, aux facilités de communication et de transport avec le pétrole bon marché. Le consommateur est gagnant. L’actionnaire aussi car il exige une rentabilité des capitaux de plus en plus élevé. Cela se fait aux dépens des salariés. Le salarié  est jetable<a href="#_ftn8">[8]</a>. Et pour permettre aux entreprises d’être plus compétitives, on tend à remettre en cause l’Etat providence, à réduire les charges sociales.  Au niveau mondial, comme  l’a souligné depuis longtemps  le Programme des Nations Unies pour le Développement, la croissance ne se fait pas au profit des besoins essentiels.  « L’augmentation de la consommation à l’échelle de la planète ne se fait pas en direction des plus nécessiteux. La consommation progresse rapidement  pour les riches mais plus d’un milliard de personnes en sont exclues ».  Pour plus d’un milliard de personnes une augmentation de la consommation serait vitale. Pour les nantis, en revanche, l’escalade de la consommation est devenue une drogue<strong>. </strong>La diffusion par la publicité de « normes de consommation » est favorable à la consommation de produits de luxe qui augmente plus vite que celle de la production des produits de première nécessité<a href="#_ftn9">[9]</a>.  De la publicité dépend en France l’équilibre économique des medias, on comprend alors qu’il est difficile de remettre en cause la publicité et toute la logique économique dont elle est l’instrument. </p><h3> <strong>Perte de sens de la productivité du travail et de la croissance</strong></h3><p>La productivité du travail a une signification relativement claire lorsqu’il s’agit de produire des biens agricoles ou industriels. Mais comment mesurer la productivité du travail d’un enseignant ou  d’un médecin ? Or les services représentent aujourd’hui les deux tiers de l’activité économique. Le rédacteur en chef d’Alternatives Economiques rendant compte du livre de Jean Gadrey « Services : la productivité en question » écrivait : « La définition du produit dans les services pose de difficiles problèmes méthodologiques qui rendent périlleux tout calcul des gains de productivité. Une catastrophe pour les économistes, car cette remise en cause conduit à contester…la notion même de croissance économique…: c’est la capacité même de la science économique à fournir des outils permettant de juger de l’efficacité du système économique qui est remise en cause »<a href="#_ftn10">[10]</a>.  Dans les pays riches, il n’y a plus corrélation entre augmentation du niveau de vie telle que nous le calculons avec le PIB et la qualité de la vie sociale. Si l’on prend l’exemple des E.U. un indicateur de « santé sociale » a été créé qui regroupe des indicateurs concernant les inégalités entre riches et pauvres, la mortalité infantile, la pauvreté infantile, le suicide des jeunes, les homicides, l’usage des drogues chez les adolescents, le chômage, la pauvreté des personnes âgées etc. Jusqu’au début des années 70, le PIB et l’indicateur de santé sociale ont progressé parallèlement, il y a eu ensuite un décrochage spectaculaire. Le PIB a poursuivi sa progression pendant que l’indicateur de santé sociale a chuté brutalement<a href="#_ftn11">[11]</a>.  Les critiques qui pouvaient être faites à l’économisme, c&apos;est-à-dire à la domination de la société par l’économie, ont été nombreuses et venaient d’horizons très différents. Elles ont été particulièrement marquées au tournant du 19ème et du 20ème siècle. La naissance de la sociologie peut-être interprétée comme une volonté de comprendre la société à une époque où la recherche par chacun de son intérêt personnel devenait un ferment de destruction du vivre ensemble. A cette même époque Charles Péguy écrivait ses textes sur l’argent. Mais toutes les analyses critiques et mises en garde sont restées sans effet. L’autonomie de l’économie par rapport à des finalités éthiques et politiques s’est accentuée pour aboutir au caractère démentiel de la crise actuelle. On est passé de l’argent roi à l’argent fou. </p><h3><strong>Les contraintes écologiques obligent à revoir nos modes de production et de consommation</strong></h3><p> Aujourd’hui le réchauffement climatique, la raréfaction de ressources non renouvelables comme le pétrole ou les minéraux, l’exploitation excessive des ressources renouvelables auxquelles on ne laisse pas le temps de se renouveler (les ressources de la pêche, les nappes phréatiques…) amènent à reconnaître qu’il faudra revoir radicalement nos modes de production et de consommation.  Le caractère néfaste des modes de calcul de la productivité du travail apparaît nettement. Lorsqu’un agriculteur produit deux fois plus de quintaux à l’hectare, on ne prend pas en compte les dégâts sur l’environnement qu’entraîne souvent l’agriculture industrielle : pollution venant de l’utilisation d’engrais et de produits phytosanitaires, dégradation des sols, épuisement des nappes phréatiques, réduction de la biodiversité. Un certain mode de calcul de l’efficacité comptait pour rien les ressources naturelles qui paraissaient surabondantes. L’économiste René Passet était bien isolé quand il critiquait une science économique qui amène « à développer une logique et à inspirer des actions qui s’inscrivent en contradiction formelle avec les mécanismes présidant à la reproduction du vivant »<a href="#_ftn12">[12]</a>.  </p><h3><strong>Prise de conscience que la croissance n’est pas le remède magique</strong></h3><p>Le petit livre de Jean Gadrey « Adieu à la croissance » paru en 2010 est représentatif du tournant pris par certains économistes. La croissance, écrit Jean Gadrey, était considérée comme « le remède magique à toutes les inégalités et injustices ». « Nous tenions tous de tels raisonnements…il y a quelques années ». Enfin presque tous. Quand certains d’entre nous critiquaient l’illusion de la croissance comme LA solution à tous nos maux, des amis de la revue Alternatives Economiques nous répondaient : « Peut-être avez-vous raison mais on ne sait pas faire autrement ». Ils cherchaient des réponses à l’intérieur de la logique économique du toujours plus de richesses économiques, sans remettre en question cette notion même de  richesse. Denis Clerc qui a fondé en 1980 le mensuel Alternatives économiques peut être fier du chemin parcouru puisque Alternatives économiques est un mensuel économique à fort tirage, reconnu pour sa qualité, qui s’est constamment battu pour plus de justice sociale et contre le dogmatisme du libéralisme économique. Mais Denis Clerc en octobre 2010 pour le numéro du trentième anniversaire<a href="#_ftn13">[13]</a> reconnaît qu’Alternatives économiques a participé au mythe de la croissance comme préalable à la solution à tous les problèmes. Il note « l’ambiguïté entretenue sur la question de la croissance, depuis le début du journal ». Tout en rappelant  que les questions de maîtrise de l’énergie, de pollution, de course au « toujours plus » ont été une thématique très présente dans le journal, il écrit : « Mais d’un autre coté, la liste des articles critiquant telle ou telle mesure au motif qu’elle ne favorisait pas la croissance, le pouvoir d’achat et l’emploi est infiniment plus longue ». Autrement dit, la croissance et ses effets bénéfiques pour l’emploi restaient en dernier ressort LA finalité. Le livre de Jean Gadrey a convaincu Denis Clerc qu’il faut cesser d’être chauve-souris et qu’il faut trancher : « On ne peut plus être favorable à la croissance dans le court terme et réservé ou critique dans le long terme ». Il considère qu’il faut articuler écologie et économie et que la tâche d’Alternatives Economiques pour les trente ans à venir sera de chercher un modèle viable pour nos petits enfants sans qu’aujourd’hui devienne invivable. </p><h3><strong>Articuler écologie et économie, certes, mais c’est insuffisant</strong></h3><p>Les modes de production et de consommation sont remis en question par les impasses écologiques. Est-ce que cela veut dire que l’économisme qui entraîne à l’heure actuelle misère et exclusion pour une grande partie de la population dans le monde va évoluer vers un système plus vertueux ? Rien n’est moins sûr. On peut craindre au contraire que les luttes pour contrôler les matières premières accentuent les conflits entre nations, que la guerre économique et la recherche de la compétitivité dans une économie mondialisée ne détruisent les systèmes de protection sociale. Nous sommes à la croisée des chemins comme l’exemple de l’Irlande peut l’illustrer. L’Irlande était vantée avant la crise pour sa réussite économique et sa forte croissance. Ses succès venaient
de ce qu’elle pratiquait le dumping fiscal en taxant peu les entreprises qui avaient tout intérêt à venir s’y installer. Aujourd’hui le déficit budgétaire de l’Irlande a atteint de telles proportions qu’elle ne peut plus emprunter qu’avec difficulté et à des taux très élevés. Pour combler le déficit, certains considèrent que l’Irlande doit augmenter le taux d’imposition des entreprises. Récemment un économiste considérait au contraire que c’est une mauvaise solution, et que l’Irlande pour rester compétitive doit maintenir un faible taux d’imposition des entreprises et tailler dans les dépenses sociales.  Pour espérer une évolution favorable plus soucieuse du bien commun, on ne peut pas s’en remettre à l’idée que les nécessités écologiques vont nous mettre sur la bonne voie. Non, il faut avoir en tête les critiques faites à l’économisme au nom d’une certaine idée de l’homme. Se convaincre avec Gandhi que la terre peut nourrir tous les hommes mais pas leur cupidité, ou encore qu’il faut vivre simplement pour que simplement les autres puissent vivre. Se convaincre avec Péguy  que c’est le travail individuel ou collectif à faire en art, en science, et en philosophie qui est indéfini et non pas l’accumulation de richesses matérielles. Au risque de paraître bien naïf, il faut poser la question : produire et consommer pour répondre à quels besoins ? Simone Weil considérait que, de même que les besoins de nourriture, de sommeil, de chaleur étaient nécessaires à la vie du corps, il fallait tenter d’énumérer les besoins de l’âme, faute de quoi les gouvernements étaient condamnés à s’agiter au hasard<strong>. </strong>Il faut ouvrir un débat à tous les niveaux pour discuter des finalités en fonction des besoins. Tout en étant  conscient de la difficulté de ce débat, car il faut se méfier de la prétention  de définir les besoins objectivement valables pour toutes les populations, tous les pays et tous les continents. Les mesures quantitatives sont intéressantes, comme le nombre de dollars disponibles par personne, mais elles sont souvent sans grande signification. Le livre de Majid Rahnema « Quand la misère chasse la pauvreté » critique la colonisation par le modèle occidental des esprits des riches et des pauvres, au Nord comme au Sud, à l’Est comme à l’Ouest<a href="#_ftn14">[14]</a>.  </p><h3><strong>Pour une économie qui serait au service des besoins essentiels</strong></h3><p>Remettre l’économie sur ses pieds serait la mettre au service des besoins essentiels à satisfaire. Pour les tenants de la « science » économique cette affirmation n’a pas de sens car ce qui se vend correspond évidemment à un besoin, et l’on ne voit pas pourquoi certains pourraient prétendre définir les besoins essentiels<a href="#_ftn15">[15]</a>. Il n’empêche que la communauté internationale a cru bon de définir ce que l’on appelle les objectifs du millénaire qui représentent bien une certaine idée des besoins essentiels à satisfaire. En 2000, à l’ONU, 189 pays avaient défini 8 objectifs à atteindre en 2015, notamment 1) Réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim 2) Assurer l’éducation pour tous 3) Promouvoir l’égalité des sexes et améliorer le sort des femmes  etc. Aujourd’hui il est clair que ces objectifs ne seront pas atteints et que l’économie  mondiale  ne  s’est pas organisée et réformée en conséquence.  Pour sa part, Alain Supiot<a href="#_ftn16">[16]</a>  rappelle que c’est le 10 mai 1944 qu’a été proclamée la première Déclaration internationale des droits à vocation universelle, qui définissait les buts et objectifs de l’Organisation internationale du travail (OIT). Il s’agissait d’une œuvre normative qui voulait tirer les leçons des désastres des deux guerres mondiales. La Déclaration de Philadelphie donnait une définition globale de la justice sociale : « Tous les êtres humains, quels que soient leur race, leur croyance ou leur sexe, ont le droit de poursuivre leur progrès matériel et leur développement spirituel dans la liberté et la dignité, dans la sécurité économique et avec des chances égales ». Et cette déclaration faisait de la réalisation de la justice sociale « le but central de toute politique nationale et internationale ». A.Supiot analyse le grand retournement qui a eu lieu depuis cette déclaration : « Au lieu d’indexer l’économie sur les besoins des hommes, et la finance sur les besoins de l’économie, on indexe l’économie sur les exigences de la finance et on traite les hommes comme du « capital humain » au service de l’économie » (25). </p><h3> <strong>Gagner ou perdre aujourd’hui et ici</strong></h3><p> Ce monde est à bout de souffle. Rien n’assure qu’il ne va pas poursuivre sur sa lancée mortifère. Il est terrifiant de constater que les principaux acteurs de la crise financière qui a ébranlé l’économie mondiale, ne sont nullement convaincus de la nécessité de réformes de grande ampleur pour ne pas retomber dans les mêmes errements<a href="#_ftn17">[17]</a>. Les opinions des pays occidentaux traumatisés par le ralentissement de l’accumulation de richesses économiques sont tentées par le populisme, la recherche de boucs émissaires et le rejet de l’autre. Nos démocraties sont fragiles. En Chine, si le politique domine l’économie c’est pour en faire un instrument de sa puissance et de son impérialisme. Bien d’autres arguments peuvent être avancés pour donner à penser que nous allons collectivement dans le mur et que l’accumulation des moyens de notre autodestruction est impressionnante.  Mais il faudrait aussi voir tout ce qui se cherche et qui permet d’espérer un autre avenir<a href="#_ftn18">[18]</a>. La place manque pour le faire.  Optimisme, pessimisme ? Nous n’avons pas le choix, il faut nous battre. Ce n’est pas « un combat  où on aura bien le temps…Il faut gagner ou perdre aujourd’hui et ici »<a href="#_ftn19">[19]</a>.</p><br /><p></p><p></p>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Voir l’étude du CCFD parue le 7 décembre 2010 sur les paradis fiscaux. Les 50 plus grandes entreprises européennes comptent 4700 filiales dans les pays les plus accueillants juridiquement et fiscalement. [2] Voir le Hors série N°86 d’Alternatives Economiques [3] Jean-Joseph Goux. Frivolité de la valeur. Essai sur l’imaginaire du capitalisme. Ed.Blusson. [4] Hugues Puel. Responsabiliser la finance. In Dossier : l’argent trompeur. Lumière et Vie. Avril-juin 2010. [5] Charles Péguy. Œuvres en prose complètes. Tome III, p.1456. [6] Hugues Puel, opus cité. [7] Robert Reich. Supercapitalisme. Ed. Vuibert 2008. [8] Bien sûr,  ceux qui ont une activité professionnelle sont à la fois salariés et consommateurs et la place manque pour analyser quelles catégories de la population souffrent plus spécialement aujourd’hui de ce supercapitalisme. Mais l’analyse de Robert Reich a l’intérêt de complexifier l’opposition trop simple entre travailleurs et capitalistes. Elle explique comment le supercapitalisme profite de la connivence du consommateur et de son aliénation. [9] Rapport mondial sur le développement humain. 1998 [10] Alternatives Economiques n°148, mai 1997. [11] Jean Gadrey. Adieu à la croissance. Bien vivre dans un monde solidaire. Ed.Les petits matins/Alternatives Economiques, août 2010, p.31 à 41. [12] René Passet. L’économique et le vivant. Ed.Payot. Paris 1979. [13] Alternatives Economiques. Octobre 2010, pp.78 et 79. [14] Voir la recension de ce livre sur le site www.garriguesetsentiers.org, dans les Rubriques, le dossier sur la pauvreté. [15] Voir les déclarations ambiguës de Jean Boissonnat in « L’évêque et l’économiste ». Presses de la renaissance p.228. [16] L’esprit de Philadelphie. La justice sociale face au marché total. Ed. Seuil. Janvier 2010. [17] Voir le film documentaire Inside Job sorti en novembre 2010 sur la dépression mondiale. [18] Pensons par exemple au succès considérable du film « Des dieux et des hommes », du petit texte de Stéphane Hessel « Indignez-vous ». [19] Charles Péguy. Œuvres complètes, tome III page 1460. </p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?UnMondeEconomiqueABoutDeSouffle">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?RoustangGuy">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 18 Nov 2024 16:50:15 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Charreyron Véronique</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?CharreyronVeronique]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?CharreyronVeronique]]></guid>
        <dc:creator>MelanieMichel</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Charreyron Véronique</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Charreyron        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Véronique        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-13" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion13">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2022-12-16" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="DesPetitesCantinesPourLutterContreLaSoli" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,de_la_terre_a_l_assiette" data-bf_auteur="CharreyronVeronique" data-date_maj_fiche="2025-08-05 11:28:59" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse13_6_DesPetitesCantinesPourLutterContreLaSoli"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Des Petites Cantines pour lutter contre la solitude urbaine </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse13_6_DesPetitesCantinesPourLutterContreLaSoli" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>16/12/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Des Petites Cantines pour lutter contre la solitude urbaine </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CharreyronVeronique/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Charreyron Véronique">Charreyron Véronique</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema de_la_terre_a_l_assiette">
                      De la terre à l&apos;assiette 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><strong>Ce sont de drôles de restaurant qui ont ouvert leurs portes depuis 2016 dans 9 villes de France. Pas de cuisiniers, pas de serveurs, mais une ou deux maitresses de maison. Pour dire vrai ce ne sont pas vraiment des restaurants même si on y sert à manger environ 30 à 40 convives tous les midis. Les Petites Cantines, puisque c’est d’elles qu’il s’agit se présentent comme un réseau de cantines associatives ouvertes sur leur quartier pour créer du lien social et lutter contre l’isolement. Certains viennent cuisiner le repas, d&apos;autres viennent juste déguster, échanger et participer dans une ambiance chaleureuse. Tout le monde est bienvenu. Les prix sont libres, chacun donne ce qu’il veut ou ce qu’il peut.</strong></div><div><br /></div><div><br />Les Petites Cantines reposent sur un concept simple : permettre à des habitants d&apos;horizons variés de se rencontrer autour de repas participatifs, durables pour contribuer à construire une société fondée sur la confiance. Les maitres mots sont entraide et intelligence collective. Ici tout le monde met la main à la pâte, les seules salariées de l’association sont des maitresses de maisons chargées de gérer et d’animer le lieu, s’occuper des approvisionnements et de faciliter les échanges. Le prix est libre afin d&apos;accueillir tout le monde sachant que la précarité est un facteur d’isolement relationnel. Pas de minimum, l’essentiel est de participer (après avoir réglé une adhésion annuelle, ici encore le tarif est libre). Le prix d&apos;équilibre est d’environ 13 euros. La solidarité vient faire la balance : ceux qui peuvent donner plus équilibrent ceux qui ont moins de moyens. </div><div><br />Les approvisionnements sont pensés dans une logique d’alimentation responsable privilégiant l’achat en vrac, les circuits courts et la récupération d’invendus afin d’éviter le gaspillage alimentaire.</div><div><br />La première Petite Cantine a vu le jour en septembre 2016 à Lyon-Vaise à l’initiative de la journaliste Diane Dupré la Tour et d’Etienne Thouvenot, ingénieur chez SEB et spécialiste de l’innovation sociale. Le succès est immédiat : en 8 mois elle enregistre plus de 3000 adhérents et près de 500 habitants rejoignent les équipes de cuisine participative. Depuis 9 autres cantines ont ouvert leurs portes à Toulouse, Paris, Montpellier, Villeurbanne, Oullins, Lille, Strasbourg, Grenoble, Annecy. Mieux, une dizaine de projets sont en cours. L’une des dernières nées à Grenoble vient de fêter ses 6 mois d’existence. Au compteur, plus de 2000 repas partagés, de 44 ateliers et de 900 adhérents. « Nous accueillons des personnes au parcours de vie, aux âges et aux milieux sociaux très différents : familles, actifs, personnes âgées, étudiants, personnes seules, en situation de précarité ou de handicap » souligne Sophie Fitte l’une des trois fondatrices. « Tous les jours elles nous disent combien ce lieu leur fait du bien. Et pas uniquement parce que les repas sont bons et équilibrés ». Des ateliers sont également proposés en couture, broderie, contes, jeux de société et le local peut être privatisé à la demande. « Pour monter le projet et jusqu’à son ouverture nous sommes allées chercher de l’argent. Il fallait trouver un local, faire des travaux, l’aménager, communiquer mais l’idée est d’être autonomes financièrement. C’est un équilibre fragile du fait du modèle économique audacieux du prix libre mais cela marche : depuis deux mois nous y arrivons ».</div><div><br />Avis aux amateurs : le réseau des Petites cantines organise régulièrement des ateliers de deux jours pour les porteurs de projets.</div><div><br /><br /></div><div><br /><a href="https://www.lespetitescantines.org">www.lespetitescantines.org</a></div><div><br /><br /></div><div><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DesPetitesCantinesPourLutterContreLaSoli">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?CharreyronVeronique">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 18 Nov 2024 16:50:15 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>ECCAP </title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?EccaP]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?EccaP]]></guid>
        <dc:creator>MelanieMichel</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">ECCAP </h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            ECCAP        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-14" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion14">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="definition" data-bf_date_publication="2017-02-10" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="AssembleeDuLongTermeExtraitsDUnArticleD" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-02-27 14:01:11" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_AssembleeDuLongTermeExtraitsDUnArticleD"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Assemblée du long terme </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_AssembleeDuLongTermeExtraitsDUnArticleD" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>10/02/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Assemblée du long terme </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Extraits d’un article de Dominique Bourg, in Le Monde – Idées du 14 janvier 2017, page 7. </p><p> « La catastrophe écologique actuellement à l’œuvre a pour cause essentielle l’incapacité de l’espèce humaine à raisonner sur le long terme, à anticiper les drames à venir ». Les changements redoutables en cours « laissent de marbre nos démocraties, parce que les impacts de ces changements sur nos vies se font encore peu sentir. Leur cahier des charges reste inchangé : permettre aux citoyens de produire et de consommer toujours plus. Tout ce qui renvoie au long terme apparaît comme une entrave à cette course à la croissance des activités économiques et des biens matériels »  Pour corriger notre myopie face au long terme, il faudrait introduire « dans notre machine démocratique une « assemblée du long terme ». « L’essentiel est de constituer une chambre non représentative, précisément pour ne pas retomber dans la défense des intérêts catégoriels et à court terme dont traitent essentiellement les élus. Cette assemblée de 200 membres serait composée pour partie de personnalités aux compétences reconnues, issues du monde associatif ou académique, et pour une autre de citoyens tirés au sort mais formés aux problématiques du long terme. Cette mixité permettrait d’éviter l’écueil d’une institution trop technocratique ».  Cette assemblée veillerait avant la promulgation d’une loi à respecter le principe de la finitude de la planète. « La France pourrait s’imposer, au prorata de sa population, de ne pas dépasser l’empreinte écologique d’une planète, autrement dit de ne pas consommer plus de ressources que la planète n’en produit en une année, et de ne pas émettre plus de « pollutions » que ce qu’autorisent les capacités de traitement du système naturel ».</p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?AssembleeDuLongTermeExtraitsDUnArticleD">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-date_maj_fiche="2025-02-27 14:01:11" data-statut_fiche="1" data-id_fiche="AssembleeDuLongTerme" data-bf_auteur="EccaP" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_5_AssembleeDuLongTerme"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Assemblée du long terme </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_5_AssembleeDuLongTerme" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Assemblée du long terme</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Extraits d’un article de Dominique Bourg, in Le Monde – Idées du 14 janvier 2017, page 7. </p><p> « La catastrophe écologique actuellement à l’œuvre a pour cause essentielle l’incapacité de l’espèce humaine à raisonner sur le long terme, à anticiper les drames à venir ». Les changements redoutables en cours « laissent de marbre nos démocraties, parce que les impacts de ces changements sur nos vies se font encore peu sentir. Leur cahier des charges reste inchangé : permettre aux citoyens de produire et de consommer toujours plus. Tout ce qui renvoie au long terme apparaît comme une entrave à cette course à la croissance des activités économiques et des biens matériels »  Pour corriger notre myopie face au long terme, il faudrait introduire « dans notre machine démocratique une « assemblée du long terme ». « L’essentiel est de constituer une chambre non représentative, précisément pour ne pas retomber dans la défense des intérêts catégoriels et à court terme dont traitent essentiellement les élus. Cette assemblée de 200 membres serait composée pour partie de personnalités aux compétences reconnues, issues du monde associatif ou académique, et pour une autre de citoyens tirés au sort mais formés aux problématiques du long terme. Cette mixité permettrait d’éviter l’écueil d’une institution trop technocratique ».  Cette assemblée veillerait avant la promulgation d’une loi à respecter le principe de la finitude de la planète. « La France pourrait s’imposer, au prorata de sa population, de ne pas dépasser l’empreinte écologique d’une planète, autrement dit de ne pas consommer plus de ressources que la planète n’en produit en une année, et de ne pas émettre plus de « pollutions » que ce qu’autorisent les capacités de traitement du système naturel ».</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?AssembleeDuLongTerme">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2021-11-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="AssembleeNationaleDesCommunsAMarseilleDu" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-02-27 14:02:49" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_AssembleeNationaleDesCommunsAMarseilleDu"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Assemblée nationale des communs à Marseille du 12 au 14 novembre 2021 : du soin aux relations ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_AssembleeNationaleDesCommunsAMarseilleDu" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/11/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Assemblée nationale des communs à Marseille du 12 au 14 novembre 2021 : du soin aux relations ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <div></div><div>Près de 200 personnes se sont réunies le week end dernier à Marseille, autour d’une accroche : Rendez-vous avec nos imaginaires ! Et ils sont nombreux les imaginaires autour des Communs. Certains se nomment « Communers », d’autres sont porteurs d’initiatives et animateurs de dynamiques locales dans des champs très variés, alimentation, médias, juridique, économie, numérique ou culturel. Beaucoup ont conscience de contribuer à un mouvement plus profond qui questionne la transformation de notre société et son organisation autour de la polarité public/privé. Tous se reconnaissent dans ce besoin de faire, d’agir sur des chemins de traverse, d’occuper des espaces ou des objets qu’ils ne leur appartiennent pas mais tant pis. Et si l’usage devenait producteur de normes ?</div><div></div><div><strong>Communs, de quoi parle-ton ?</strong></div><div>Mais avant de pouvoir présenter les principaux chantiers ouverts par l’Assemblée des communs de Marseille, de quoi parle-t-on ? </div><div><br /></div><div><img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2022/05/619feb031c8e0e13ba3241b8.jpg" width="267" height="216" alt="619feb031c8e0e13ba3241b8.jpg" /></div><div><br />Cette notion est encore très vaste et assemble des pratiques et théories quelques fois contradictoires, en fonction de son regard et de sa pratique. Pour poser un premier cadre, nous allons nous appuyer sur une définition produite par l’une des premières communautés autour d’un Commun planétaire et immaterielle : Wikipedia.<a href="#_ftn1">[1]</a></div><div></div><div>« Les communs sont des ressources partagées, gérées et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maintenance">maintenues</a> collectivement par une communauté  celle-ci établit des règles dans le but de préserver et pérenniser ces ressources tout en fournissant aux membres de cette communauté la possibilité et le droit de les utiliser, voire, si la communauté le décide, en octroyant ce droit à tous. Ces ressources peuvent être naturelles (une forêt, une rivière), matérielles (une machine-outil, une maison, une centrale électrique) ou immatérielles (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrimoine_informationnel_commun">une connaissance</a>, un logiciel). </div><div>Les communs impliquent que la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Propri%C3%A9t%C3%A9">propriété</a> n&apos;est pas conçue comme une appropriation ou une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Privatisation">privatisation</a> mais comme un </div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    Retours sur l’Assemblée nationale des communs qui s’est tenue à Marseille du 12 au 14 novembre 2021        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?AssembleeNationaleDesCommunsAMarseilleDu">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2017-02-08" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="BudgetsParticipatifsDansToutesLesCommunes" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-02-27 14:11:24" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_BudgetsParticipatifsDansToutesLesCommunes"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Budgets participatifs dans toutes les communes </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_BudgetsParticipatifsDansToutesLesCommunes" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>08/02/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Budgets participatifs dans toutes les communes </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    Yves Sintomer  propose de généraliser le principe du budget participatif tel qu’il existe à Paris, à Grenoble ou à Rennes. « Dans ces villes, la population participe à l’élaboration des projets municipaux grâce à des votes principalement effectués sur internet. Dans la capitale, 5% du budget d’investissement soit près d’un demi-milliard d’euros jusqu’en 2020, sont ainsi consacrés à des projets écologiques, culturels ou sociaux qui ont été proposés et discutés par les Parisiens…Cette généralisation de la participation démocratique a trois objectifs. Le premier c’est de redonner du pouvoir au citoyen et, ce faisant, de redonner de la crédibilité au politique. Le deuxième, c’est de faire en sorte que les services publics soient vraiment au service du public. Le troisième c’est de redonner la parole à des personnes qui, en règle générale, n’ont pas leur mot à dire sur la politique institutionnelle-ce qui ferait de la participation démocratique un instrument de justice sociale.» Le Monde 14 janvier 2017.          
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?BudgetsParticipatifsDansToutesLesCommunes">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-02-07" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="ChangementClimatique" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-05-07 09:56:21" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_ChangementClimatique"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Changement climatique </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_ChangementClimatique" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>07/02/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Changement climatique </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    Gaël Giraud économiste en chef de l’Agence Française de développement était interviewé à France Inter le 22 sept.2016 à 8 h 20. Il a indiqué qu’à la suite de la COP 21 qui a été un remarquable succès diplomatique, les engagements pris par les différents pays aboutiraient à une augmentation de la température de 3% à la fin du siècle très supérieure à l’objectif de 2%. Il y a même une chance sur dix que la température moyenne soit supérieure de 6%. « Sans trop d’emphase on peut dire que la survie de l’humanité est en jeu ».  Voici quelques-uns des constats de Gaël Giraud.  En France actuellement on est encore peu affecté par le changement climatique, mais le climat de Bordeaux sera dans une génération celui de Séville actuellement, donc le vin de Bordeaux ne se cultivera plus à Bordeaux. Dès maintenant, pour les pays du Sud la préoccupation centrale devient l’adaptation au changement climatique. Gaëlle Giraud était au Vietnam deux mois plus tôt. Le delta du Mekong a été recouvert par les eaux maritimes, le sel s’est répandu dans la terre la rendant impropre à l’agriculture, alors que le Mekong est le grenier à riz du Vietnam. Il va y avoir une crise majeure de la production au Vietnam et les problèmes sont les mêmes au Bangladesch. Il y aura aussi des problèmes colossaux en Amérique Latine liés à la fonte des glaciers dans les Andes. Autre exemple : à Amman en Jordanie on puise de l’eau à 4000 mètres sous la terre, ce qui suppose une infrastructure aussi considérable que pour puiser du pétrole. On prélève de l’eau à une vitesse supérieure à laquelle l’eau se régénère, ce qui veut dire que dans vingt as il n’y aura plus d’eau potable à Amman.          
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ChangementClimatique">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2017-02-05" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="ConventionsCitoyennesRecensionDUnLivreDe" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-07-16 17:32:34" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_ConventionsCitoyennesRecensionDUnLivreDe"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Conventions citoyennes recension d&apos;un livre de Jacques Testart </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_ConventionsCitoyennesRecensionDUnLivreDe" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>05/02/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Conventions citoyennes recension d&apos;un livre de Jacques Testart </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <strong>Comment les citoyens peuvent décider du bien commun ?</strong> C’est l’objet du livre de Jacques Testart (biologiste de la procréation) intitulé : « L’humanitude au pouvoir- Comment les citoyens peuvent décider du bien commun » Ed. du Seuil 2015. Son livre repose sur l’expérience et non sur de bons sentiments. « Il est des situations privilégiées, hélas fort peu fréquentes où les personnes impliquées dans une action de groupe particulièrement exaltantes semblent subir une mutation intellectuelle, affective et comportementale que je propose de nommer humanitude (37) ». « Il est  extraordinaire de constater qu’une poignée de personnes, prises au hasard mais volontaires pour être instruites, peut contredire ce que croient et votent les mêmes personnes tant qu’on essaie de les confiner à l’état de consommateurs des idées dominantes » « ce que proposent les gens, libérés des marchands d’illusions et placés en situation de responsabilité, comme il arrive dans les conférences/conventions de citoyens, c’est la solidarité plutôt que la compétitivité, la communauté de l’espèce humaine plutôt que le chauvinisme, le souci de l’environnement plutôt que la croissance, l’épanouissement durable plutôt que le productivisme »(60).  Dans son livre J.Testart définit avec une rigueur toute scientifique la méthodologie qui doit permettre à une convention de porter ses fruits. Il ne s’agit pas de n’importe quelle procédure dite participative.  « Loin des complicités de cuisine entre marchés, communicants et dirigeants, les conventions de citoyens sont capables de produire les choix qui contribuent le plus au bien commun. Elargies à l’international, ces mêmes procédures confrontant les avis des citoyens du monde pourraient aussi amener tous les pays à s’engager fermement dans le sauvetage de la planète, dans la coopération effective entre les peuples, dans la construction de modèles économiques et conviviaux, et siffler la fin du match stupide pour la compétitivité qui ne conduit qu’à la ruine de tous et du monde »(15).  <u>Les conférences citoyennes</u>. Le professeur Jean Claude Ameisen médecin et immunologiste a présidé pendant 4 ans le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE). Interviewé par Le Monde 7 janvier 2017, il déclare : « Le rôle du comité à mes yeux, n’est pas tant de faire des recommandations que d’aider la société à réfléchir collectivement : « lorsqu’on leur donne le temps et les moyens, les gens deviennent très intelligents collectivement ».  « Lors de la révision de la loi relative à la bioéthique, en 2011, le législateur a complété les missions du CCNE en précisant ceci : sur tout projet de réforme déposé au Parlement soulevant des questions de société dans les domaines de la biologie, de la médecine et de la santé, le comité doit organiser un débat public sous forme d’états généraux, puis établir un rapport sur ce débat. C’est ce que nous avons fait en 2013, en organisant « une conférence de citoyens » sur la fin de vie.  A partir de novembre 2013, 18 français tirés au sort par l’IFOP ont commencé à se réunir à huis clos. Ils se sont mobilisés de manière bénévole pendant quatre week-ends : deux pour auditionner une dizaine de personnalités retenues par le CCNE, un pour qu’ils entendent des personnes de leur choix (Robert Badinter par exemple), le dernier pour qu’ils rédigent leur avis, qu’ils ont rendu public à la mi-décembre 2013. Ces citoyens ont prôné le développement général des soins palliatifs (qui devaient à leurs yeux devenir une Grande Cause nationale) et se sont prononcés en majorité pour le droit de la personne en fin de vie à l’assistance au suicide. Tous ont dit par la suite avoir vécu une expérience extraordinaire, qui avait changé leur vie…c’était assez bouleversant. » D’autres réunions avaient été organisées par la commission Sicard dans plusieurs villes et « c’est l’ensemble de ces démarches qui a constitué les états généraux sur la fin de vie ». Sur un sujet qui aurait pu être très clivant, deux années de débat ont permis d’atteindre une certaine sérénité. « Le CCNE a conclu qu’il semblait y avoir un consensus dans la société française sur deux points : les directives anticipées (refus d’acharnement thérapeutique) doivent s’imposer au médecin, et les personnes qui le demandent ont droit à une sédation continue jusqu’au décès. Ce sont les deux points qui ont été repris dans la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, définitivement adoptée en janvier 2016. » J.C.Ameisen nous dit « Si une vingtaine de citoyens tirés au sort peuvent réfléchir et proposer une réflexion originale sur un sujet tel que  la fin de vie, cela veut dire que n’importe quel groupe de citoyens …sur n’importe quel thème peut contribuer à l’élaboration de notre futur commun. La délibération est une des façons de décliner une démocratie vivante… »        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ConventionsCitoyennesRecensionDUnLivreDe">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2018-04-09" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="ConventionsDeCitoyensExtraitDUneInterview" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-07-16 17:33:20" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_ConventionsDeCitoyensExtraitDUneInterview"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Conventions de citoyens Extrait d&apos;une interview de Jacques Testart. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_ConventionsDeCitoyensExtraitDUneInterview" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>09/04/2018</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Conventions de citoyens Extrait d&apos;une interview de Jacques Testart. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <strong>Extrait d&apos;une interview de Jacques Testart, Le Monde du 8/9 avril 2018</strong>  Pour définir le « bien commun » hors de toute influence des lobbys, vous prônez la mise en place de conventions de citoyens. N’est-ce pas ce que font actuellement les Etats généraux de la bioéthique avec leurs conférences citoyennes ?  Le principe est assez proche, mais les conventions de citoyens que je défends vont beaucoup plus loin. Je suis convaincu par ces conférences depuis que j’ai assisté à l’une d’entre elles, en 2002, sur le changement climatique. Là j’ai été frappé de voir comment de simples citoyens, tirés au sort et investis sur plusieurs mois d’une réelle mission, étaient capables du plus haut niveau d’intelligence collective. Et d’altruisme. Et d’empathie. A moi qui suis plutôt pessimiste, cela a confirmé qu’il y a chez tout un chacun un potentiel d’humanité qui est gâché la plupart du temps. C’est une expérience qui m’a réconcilié avec l’homme, et qui propose un vrai projet de société. Je le reconnais, je suis devenu un obsédé des conventions de citoyens !  Peut-être aviez-vous besoin d’espérance ?  Sans doute. J’ai peut-être trouvé là une forme de croyance…Mais comme pour le tri des embryons et mes craintes de dérive eugéniste, j’ai peu d’alliés. Ce que je trouve bizarre dans ma trajectoire, c’est que je défends des causes où je me retrouve seul. Comme si je m’entêtais à m’isoler davantage. Mais il faut bien que je croie en quelque chose. En une bataille politique.  Votre dernier ouvrage, « Au péril de l’humain », dénonce les risques que le <strong><a href="http://encyclopedie-changement-de-cap.fr/2017/08/11/le-transhumanisme-un-homme-augmente-une-humanite-mutilee/">transhumanisme</a></strong> fait peser sur notre espèce et sur la démocratie. Une nouvelle cause ?  Non, c’est la même ! Le <strong><a href="http://encyclopedie-changement-de-cap.fr/2017/08/11/le-transhumanisme-un-homme-augmente-une-humanite-mutilee/">transhumanisme</a></strong> c’est le nouveau nom de l’eugénisme. C’est l’amélioration de l’espèce par d’autres moyens que la génétique. C’est la perspective de fabriquer des humains plus intelligents qui vont vivre trois siècles, quand les autres deviendront des sous-hommes. Et cette perspective, qui créera des humanités à deux vitesses, est en passe d’être acceptée par la société        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ConventionsDeCitoyensExtraitDUneInterview">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2021-01-26" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N2DebatsSurLeDecolonialisme" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="penser_faire_mondialite" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-24 09:06:40" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_N2DebatsSurLeDecolonialisme"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Débats sur le décolonialisme </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_N2DebatsSurLeDecolonialisme" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>26/01/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Débats sur le décolonialisme </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema penser_faire_mondialite">
                       <a href=?penser-faire-mondialite>Penser / Faire mondialité </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><div style="text-align:center;"><b><i>La publication de la lettre d’information n°= 42, « la régression du décolonialisme », qui elle-même répondait à la lettre n°= 41 : « (dé)colonialité, tout à jeter ? » a suscité des réactions, et un débat qui est reproduit ici.</i></b></div><br /></div><h3><strong>Renaud Vignes le 3 janvier 2021</strong></h3><div>Voici un texte de grande qualité et courageux car, à notre époque, il n’est pas facile d’aller à contre-courant d’une pensée « racialiste » qui s’étend sur la planète. Il est extrêmement triste de voir à quel point tout ce qui a été construit par ceux qui nous ont précédés est en train de voler en éclat au profit d’une pensée qui ne peut conduire qu’à l’explosion des tensions entre communautés. Vision communautaire qui n’est d’ailleurs qu’un artefact social et qui, il y a encore 20 ans, n’existaient quasiment pas.</div><div>Il est vrai que M. Macron a montré la voie et espère sans doute en tirer un grand bénéfice…<br /><br /></div><h3><strong>Eric Dacheux le 5 janvier 2021</strong></h3><div>Merci pour cette lettre. Je trouve bien qu&apos;il y ait un début de construction des désaccords au sein d &apos;ECCAP. Pour sentir de la pensée unique rien de tel qu&apos;une controverse rationnelle sur des manières de penser différemment le monde.</div><div>Du coup, je voulais juste souligner l&apos;arme à double tranchant qu&apos;est le passage suivant :</div><div>On peut certes soutenir que tout cela n’est que l’expression caricaturale d’un courant théorique bien plus consistant, en s’intéressant davantage aux travaux d’auteurs évoqués dans la <a href="https://4e08x.r.a.d.sendibm1.com/mk/cl/f/suPTYeD1cZrSgsfHt11r8eXwEgzsg2501IS3H3ulPKqEOZvWFSKop_HbQoXUnsPfno-wudJe8s9maXUjDhZAD-2E_jqnSFhdeX0mgcxYl_xVVjasCAMHodykFkMzbM_FNLoL3pMoOJdRLjZ4aDJSIRJY0ff_LHWVfvMmzpjt_XuEUUvJQstQqjrxzsaW82--nMCcCf_LY70eEdNWQ_kCLIuLdXhTl3N-SwHLCAOjjKxPbg">lettre d’information 41</a>, comme Anibal Quijano ou Ramon Grosfoguel, ou en évoquant les textes d’Aimé Césaire. Ceci dit, séparer cette écume du mouvement décolonial de ces travaux plus sophistiqués ne signifie pas non plus dédouaner ceux-ci de l’influence nocive qu’ils peuvent exercer, justement en nourrissant et en légitimant de telles dérives. Il n’y a pas plus de rupture de continuité entre ces travaux fondateurs et ces outrances contemporaines, qu’il n’y en avait entre les théories de Marx et Engels, et ce qu’on qualifiait de « communisme primaire », à savoir les propagandes et slogans des partis communistes d’antan, ou les saillies de leurs leaders.</div><div>En effet, ce type de raisonnement est celui qu&apos;utilisent certains penseurs décoloniaux pour critiquer les Lumières au nom desquels s&apos;est développée la colonisation du monde. Dès lors, en toute logique, soit on accepte ce type de raisonnement et on ne peut qu&apos;être d&apos;accord avec la nécessité de dépasser l&apos;universalisme des Lumières, soit on considère qu&apos;il y a rupture entre les théoriciens et les intérêts politiciens et dans ce cas on ne peut pas jeter le bébé (la pensée décoloniale) avec l&apos;eau du bain (l&apos;essentialisation identitaire portée par certains indigènes de la république).<br /><br /></div><h3><strong>Maurice Merchier le 5 janvier 2021</strong></h3><div>Votre argument m&apos;a un peu surpris, j&apos;en conviens. Je n&apos;avais pas imaginé qu&apos;on puisse voir les choses sous cet angle...<br />Mais en y réfléchissant, je pense pouvoir le réfuter ...</div><div><br /></div><div>Y a-t-il la même continuité que celle que j&apos;ai affirmée pour deux autres sujets, entre la philosophie des Lumières et la colonisation ?<br />Je ne le crois pas.</div><div><br /></div><div>D&apos;abord, la colonisation a précédé très largement la philosophie des Lumières. Il est d&apos;ailleurs très significatif que dans les théories de la décolonisation, la date inaugurale est 1492...</div><div>Mais même si on applique votre assertion aux entreprises coloniales du XIXème, elle reste très discutable.</div><div>Il faut voir ce que vous voulez dire précisément par  les Lumières au nom desquels s&apos;est développée la colonisation du monde.</div><div>Je ne crois pas que ce soit cette philosophie qui ait été le moteur de ces entreprises. Là, il faudrait en faire l&apos;inventaire, chacune étant spécifique. Mais je ne pense pas que la colonisation soit en germe dans les philosophies du XVIIIème.</div><div>Par contre, je veux bien admettre qu&apos;elles aient servi de justification, souvent a posteriori, (c&apos;est très net pour l&apos;Algérie) surtout en France, notamment sous la IIIème République...</div><div>Donc, pour finir, je ne pense pas que l&apos;on puisse initier une critique des Lumières à partir de la face sombre de la colonisation, comme si elle en était le pur produit.<br /><h3><br />E<strong>ric Dacheux Le 6 janvier 2021</strong></h3></div><div>C&apos;est bien là le point : la colonisation n&apos;est pas pas le pur produit des Lumières, de même que l&apos;essentialisation culturelle n&apos;est pas le pur produit de la pensée décoloniale (qui, au passage, n&apos;a pas de lien avec l&apos;islam et encore moins avec l&apos;islamo gauchiste qui n&apos;est pas une pensée mais une étiquette politicienne qui se veut insultante), ou que Staline n&apos;est pas le pur produit de Marx.</div><div>Dès lors, tout est une affaire d&apos;appréciation soit : on juge ces liens suffisamment forts pour dénoncer une responsabilité des penseurs sur les propos tenus par les militants qui s&apos;en réclament (c&apos;est votre position sur la décolonialité et les indigènes de la République), soit on juge que les discours politiques simplificateurs qui s&apos;appuient sur des pensées complexes ne sont que des justifications rhétoriques qui n&apos;ont pas grand chose à voir avec le contenu effectif des théories (c&apos;est ma position et celle de J.L Laville sur cette question).<br /><h3><br /><strong>Maurice Merchier Le 6 janvier 2021</strong></h3></div><div>Nous pouvons tomber d’accord pour éliminer la notion de « pur produit » de tous ces cas. Je n’ai d’ailleurs pas employé cette expression dans mon article  j’ai juste écrit qu’il n’y avait pas de rupture de continuité  et j’aurais pu écrire, comme vous le suggérez « des liens suffisamment forts pour dénoncer une responsabilité ». </div><div>Nier ces liens revient tout simplement à nier les liens qu’il peut y avoir entre une théorie et sa vulgarisation. Il serait évidemment trop long d’en faire la démonstration, en montrant qu’un grand nombre d’arguments pratiqués par des auteurs comme Houria Bouteldja, ou certaines personnalités « médiatiques », jusqu’à certaines outrances de chanteurs de rap ont leur correspondance chez ces auteurs « fondamentaux » de ce courant.</div><div>Pour ne prendre que deux exemples :</div><div>L’analogie entre la colonisation et le nazisme, faite dans le livre « les blancs, les juifs, et nous » est directement reprise du « discours sur le colonialisme » d’Aimé Césaire, en le citant, d’ailleurs : «Le nazisme est une forme de colonisation de l’homme blanc par l’homme blanc, un choc en retour pour les Européens colonisateurs : une civilisation qui justifie la colonisation appelle son Hitler, je veux dire son châtiment. » . </div><div>Toute la première partie du livre tend à affubler les blancs d’une culpabilité structurelle. Comment pourrait-on ne pas voir le lien direct avec la notion de « colonialité », centrale dans ce courant de pensée. ?</div><div>De façon générale comment pourrait-on nier que la notion de « blanchité » chère au PIR n’est que le négatif de la notion de « négritude » que l’on trouve chez Césaire et Senghor ?</div><div>Non, il n’y a pas de frontière étanche entre les recherches universitaires, notamment outre-atlantique, et ces expressions politiques du décolonialisme. Houria Bouteldja est proche de Ramon Grosfoguel, sociologue portoricain rattaché à l’université de Berkeley, fondateur du Groupe Modernité/colonialité en 1998 et symbole du mouvement décolonial américain. Elle donne régulièrement des conférences à cette université.</div><div>Pour finir, vous évacuez de façon péremptoire la question de l’influence sur l’islamisme, en affirmant « il n&apos;a pas de lien avec l&apos;islam et encore moins avec l&apos;islamo gauchiste qui n&apos;est pas une pensée mais une étiquette politicienne qui se veut insultante »</div><div>Il ne faudrait pas que cette soi-disant « étiquette insultante » soit un moyen d’esquiver ce débat, de poser un interdit… Car les liens existent, à l’évidence. Et la chose est grave. Mais j’ai déjà été trop long. Nous y reviendrons si vous voulez.<br /><br /></div><div><h3><strong>Augustin Berque le 7 janvier 2021</strong></h3>Le rapport à la nature est un terreau fertile aux régressions épistémologiques de la postcolonialidad, où le politique et le scientifique sont allègrement confondus. La métonymie science moderne : colonialisme en fait tomber bon nombre dans un phénoménisme où la Terre de Husserl, qui ne bouge pas (die Ur-Arche Erde bewegt sich nicht, 1934), occlut totalement - n&apos;est-ce pas politically correct? - la Terre de Galilée (eppur, si muove, 1633). Ce dont nous avons besoin aujourd&apos;hui, ce n&apos;est pas de telles régressions, qui restent prisonnières du type même de pensée qui a fondé la modernité sur le principe d&apos;identité et son corrélat le principe du tiers exclu, mais au contraire d&apos;un dépassement de ce type de pensée, nous permettant de concevoir que les deux propositions sont compossibles, c&apos;est-à-dire que bien que contradictoires, elles sont vraies toutes les deux. Cela relève du tétralemme, mais pas seulement et pas n&apos;importe comment. Il y a du pain sur la planche pour qu&apos;on arrive à penser comme ça, mais un livre comme celui du philosophe japonais YAMAUCHI Tokuryû (1890-1982) Logos et lemme. Pensée occidentale, pensée orientale (CNRS, 2020 éd. or. 1974) peut y aider. </div><div></div><h3><strong><br /></strong><strong> Eric Dacheux 18 janvier 2021</strong></h3><div>Deux citations</div><div></div><div>a) Kant Observations sur le sentiment du beau et du sublime (Flammarion, 1990)</div><div></div><div>"Les nègres d&apos;Afrique n&apos;ont reçu aucun sentiment qui s&apos;élève au dessus de la niaiserie [...]Parmi les centaines de millions qui ont été chassés de leur propre pays vers d&apos;autres régions, bien que beaucoup d&apos;entre eux aient été mis en liberté, on ne pourrait pas en trouver un seul qui soit en art, soit en science, soit dans une autre discipline célèbre, ai produit quelque chose de grand".</div><div></div><div>b) Montesquieu, l&apos;esprit des lois (la pléiade, 1951)</div><div></div><div>"Les Carthaginois pour rendre les Sardes et les Corses plus dépendants, leurs avaient défendu, sous peine de la vie, de planter, de semer, et de ne rien faire de semblable il leur envoyaient d&apos;Afrique des vivres. Nous sommes parvenus au même point sans faire des lois si dures. Nos colonies des îles Antilles sont admirables".</div><div></div><div>Je suis tombé par hasard sur deux écrits de personnes clefs des Lumières. Certes, il faut replacer leurs propos dans le contexte de l&apos;époque, mais tout de même, on peut comprendre que les penseurs décoloniaux, qui ont lu ces textes, proposent de dépasser (et non de rejeter) les Lumières, tant les penseurs des Lumières (Condorcet mis à part) ont écrits des choses racistes. Il y a bien continuité entre colonialisme, esclavagisme et les Lumières comme d&apos;ailleurs le rappelle le livre de Laurent Estève :  Montesquieu, Rousseau, Diderot, du genre humain au bois d&apos;ébène».</div><div><br /></div><div>Vive le pluriversalisme qui est un universel pensé avec (la dignité humaine est un droit inaliénable) et qui dépasse les Lumières (pour tous et non pas uniquement pour ceux qui ont la même couleur de peau ou la même rationalité).</div><div></div><div>Merci pour cette construction rationnelle de nos désaccords qui permet à chacun d&apos;affermir son propos tout en comprenant mieux les arguments de l&apos;autre</div><div><br /></div><div></div><h3><strong>Réponse de Maurice Merchier 19 janvier 2021</strong></h3><div></div><div>Merci Eric pour cet échange qui est l’occasion de l’approfondissement de mes propres réflexions sur ce sujet, dont je ne suis guère spécialiste.</div><div></div><div>Replacer ces textes dans le contexte de leur époque, dites-vous. Mais vous n’appliquez pas ce sage précepte !</div><div>En effet on peut qualifier la suite de votre raisonnement d’anachronique, puisque vous affirmez encore la .«continuité entre colonialisme, esclavagisme et les Lumières », à l’aune des valeurs d’aujourd’hui.</div><div></div><div>La représentation du monde, que je qualifierais « d’archaïque » a dominé jusque tard dans le XXème siècle. Comment la synthétiser ?</div><div>Elle est basée sur un modèle de développement pensé comme incontournable, dans l’histoire. On enseignait en sciences économiques et sociales, dans les années 1970, « les étapes de la croissance économique » de WW Rostow, sans états d’âme, tant cette idée était (encore) admise qu’il y avait des stades du développement économique (même pas distingué de la « croissance ») par lesquels devaient passer nécessairement tous les pays du monde : révolution agricole, démarrage de l’industrie, etc…</div><div></div><div>A cette aune là, on qualifiait les pays du « tiers monde » (tout ce qui n’était pas encore au stade industriel) en fonction de leur degré d’avancement sur ce chemin balisé  ils étaient donc « en voie de développement » et même, en remontant encore les trente glorieuses, « sous-développés ».</div><div></div><div>Très logiquement, ce retard dans le développement était lié à un sous développement « culturel », et il n’y avait qu’un pas à franchir (en remontant le temps) pour que cela soit lié à une inégalité entre « races » (concept que l’on commençait à peine à remettre en cause). « Tintin au Congo » n’avait rien de scandaleux à l’époque !</div><div></div><div>A fortiori, au XIXème, lors de la deuxième vague de la colonisation, et plus encore, à l’époque des Lumières, cette représentation archaïque était de l’ordre de l’évidence. Mais peut-on pour autant lier de façon structurelle ce courant de pensée à l’esclavagisme et au colonialisme ?</div><div></div><div>Je crois que c’est ignorer la façon dont s’opèrent les progrès de la connaissance, et, plus globalement, les progrès de civilisation. </div><div></div><div>La philosophie des Lumières, même à l’intérieur de ce paradigme, par sa foi dans la raison et dans l’idée de progrès, par sa remise en cause d’une pensée religieuse dogmatique, a stimulé toutes les sciences, et notamment ce qu’on qualifiera plus tard de « sciences humaines », ou « sciences sociales ». Condorcet est en effet, une charnière déterminante de ce point de vue. Parmi ces disciplines, l’ethnologie, au XXème siècle, avec Levi-Strauss a amené à remettre en cause, et à dépasser cette représentation archaïque du monde qui venait de l’histoire. </div><div></div><div>Autrement dit, la vraie « continuité » dans laquelle s’inscrivent Les Lumières est celle des progrès de la pensée, qui vont permettre de briser la coquille idéologique dans laquelle ils se sont amorcés. </div><div>De la même façon que la pensée Grecque sous l’antiquité, malgré la pratique, là aussi « évidente » de l’esclavage a permis le développement de la pensée rationnelle, de l’idée d’égalité, et a pu être le berceau de la démocratie.</div><div>De la même façon que cette démocratie a pu se développer partout, accompagnant, comme l’a montré Tocqueville, la passion pour l’égalité, dans un contexte de domination masculine, considérée longtemps comme « naturelle », jusqu’à ce que sa propre logique amène à remettre en cause (tardivement, certes) cette domination, et donc à permettre aux femmes de prendre leur place dans la vie politique.</div><div></div><div>Il ne faut pas enfermer le mouvement de la pensée dans ses erreurs originelles. Par la force de leur courant, les fleuves finissent par élargir les rives qui les enserrent. </div><div></div><div></div><div></div><div></div><div></div><div></div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N2DebatsSurLeDecolonialisme">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-10-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="DialogueSurLaLaiciteAProposDeTocquevill" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_demoncratie_laique_en_tension" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-08-05 12:11:11" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_DialogueSurLaLaiciteAProposDeTocquevill"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Dialogue sur la laïcité, à propos de Tocqueville et d’ Abdennour Bidar.. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_DialogueSurLaLaiciteAProposDeTocquevill" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/10/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Dialogue sur la laïcité, à propos de Tocqueville et d’ Abdennour Bidar.. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_demoncratie_laique_en_tension">
                      Une démocratie laïque en tension 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>  <i><b>Répondant à l’invitation de Guy Roustang, Marc Durand et Maurice Merchier ont dialogué par écrit à propos des articles de Tocqueville et d’ Abdennour Bida</b></i>r..    </p><p>-MD : Sur Abdennour  Bidar, il me semble que je suis au clair. Pour le texte de Tocqueville, d&apos;une part je suis assez critique mais par ailleurs je me rends compte qu&apos;il faudrait aller beaucoup plus loin. </p><p>-MM : Par rapport au texte que j&apos;ai proposé de Tocqueville, je n&apos;ai a priori aucune réserve. Et il me semble que les arguments qu&apos;il expose sont très forts et - d&apos;une façon qui sera peu suivie - c&apos;est du point de vue de l&apos;intérêt de la religion qu&apos;il se place, plutôt que de celui de la société ou de l&apos;Etat.... Mais je suis tout disposé à lire vos objections...  J&apos;ai davantage de réserves vis-à-vis du texte d’ Abdennour Bidar. Dans une première lecture, je l&apos;ai trouvé roboratif du fait de la condamnation radicale du fondamentalisme qu&apos;il implique. Et cette qualité persiste à mes yeux. Mais si on se place d&apos;un point de vue plus général, en gommant la question de l&apos;Islamisme, et en se plaçant du  point de vue de n&apos;importe quelle religion, il me pose davantage problème. La position qu&apos;il prend me rappelle tout simplement les analyses de Weber sur l&apos;éthique protestante, c&apos;est-à-dire le fait pour les individus de se construire eux-mêmes leur religion, indépendamment des dogmes ou de  l&apos;intermédiation d&apos;un clergé. Or, l&apos;histoire a montré, et Marcel Gauchet théorisé (le désenchantement du monde) que cela débouchait sur la sortie de la religion, et surtout sur l&apos;individualisme possessif, c&apos;est-à-dire au bout du compte au capitalisme dans lequel nous pataugeons depuis plusieurs générations. En d&apos;autres termes, peut-on faire de la religion une affaire purement personnelle ? La religion n&apos;est-elle pas par définition une aventure collective ? Peut-on l&apos;émanciper de la notion de communauté ?  Je pense qu&apos;on ne peut pas penser en profondeur la question de la laïcité sans avoir à l&apos;esprit des réponses à ces questions.... </p><p>-MD :  Je relis le texte de Bidar. Nous sommes bien tous d&apos;accord que sa critique du fondamentalisme religieux est nécessaire. Mais il va plus loin lorsqu&apos;il prône la liberté absolue devant les dogmes et propose ainsi de se faire sa propre religion. Je pense que sous-jacente est l&apos;idée que l&apos;on se fait de ce qu&apos;est une religion avec la question récurrente foi vs religion. Il me semble qu&apos;une religion est le regroupement d&apos;un certain nombre de fidèles qui sont d&apos;accord sur des fondements et désirent mettre leur foi en acte en relation les uns avec les autres, que ce soit l&apos;action humaine ou l&apos;expression de leur relation à Dieu. La religion a donc obligatoirement une dimension collective, et si elle ne dispense pas d&apos;avoir une pensée et une recherche personnelle, elle exige de la confronter à la pensée des autres. A la limite le mystique pur sort de la religion, ce qui n&apos;abaisse pas sa foi. Si l&apos;on est d&apos;accord là-dessus, autant les oukases des autorités ne sont pas acceptables, autant la liberté de chacun n&apos;est pas de l&apos;ordre de c&apos;est mon choix. Les dogmes (pour parler comme tout le monde, il faudrait encore définir ce qu&apos;est un dogme, il y en a très peu) sont le résultat d&apos;une recherche de nos ancêtres et sont ainsi un substrat sur lequel nous asseyons nos recherches. Nous ne faisons pas table rase de la pensée antérieure et les autorités ont raison de nous rappeler cette pensée. Notre liberté de pensée est totale, y compris pour s&apos;opposer à certaines vérités, mais c&apos;est bien dans le fil d&apos;une tradition que nous réfléchissons. Et cette opposition à des vérités, si elle advient, doit être confrontée à la pensée ou l&apos;expérience des autres adeptes de notre religion. Ce qui est condamnable est l&apos;interdiction de penser, directe ou plus souvent insidieuse, comme dit Bidar il y a tous ceux qui croient être libres alors qu&apos;on a enfermé leur pensée dans un carcan. L&apos;autorité a pour rôle de rappeler le point où en est arrivée la religion et ce qu&apos;elle croit à présent, mais sans fermer la recherche ou la discussion. Il faudrait reprendre la critique de la notion de sacré (J. Ellul a écrit des choses intéressantes là-dessus) : l&apos;homme s&apos;est donné du sacré qui fait des tabous et interdit de penser. Le sacré est au service du pouvoir. Reste aussi toujours derrière cela la liberté absolue de quitter la religion (ce qui ne signifie pas toujours de renoncer à la foi) lorsque notre recherche nous met en opposition frontale avec le fondement de ce que croient les autres adeptes. On peut ne plus croire à la Résurrection, mais alors on sort du christianisme, ce qui ne signifie pas qu&apos;on perde notre relation de foi avec Dieu. Mais en restant dans le christianisme, on peut débattre avec les autres, étudier les Pères pour éclairer ce que signifie le concept de Résurrection et arriver à un accord minimal qui permet encore de célébrer ensemble. Bref je défends comme Bidar la liberté absolue de m&apos;opposer à ce que prône ma religion, mais en étant cohérent et en la quittant, et la liberté absolue de réfléchir en m&apos;appuyant sur toute une tradition et en débattant avec les autres pour éclairer ce que prône la religion, voire le modifier ou le contrer.    Le texte de Tocqueville est un plaidoyer pour la laïcité plein de bon sens. Par essence la religion devrait s&apos;adresser à tous les hommes et donc éviter de se faire prendre par tel ou tel parti (politique ou autre). Mais ses considérations sur la religion me laissent perplexe et tout n&apos;est vraiment pas clair pour moi.  La religion serait au cœur de tout homme parce que les hommes ont besoin d&apos;espérer un avenir meilleur. Oui, mais est-ce cela la religion qui nous intéresse? Je parlerais plutôt du sentiment religieux, pas loin de l&apos;illusion bienfaitrice. Devant le drame humain l&apos;homme s&apos;invente un salut dans l&apos;au-delà. Justement les Lumières se sont attaqué à ce type de croyance qu&apos;elles ont taxée d&apos;obscurantiste. La religion ainsi définie, si elle a apaisé les hommes, a permis aussi aux puissants de les dominer car l&apos;avenir radieux étant promis, ce qui se passait sur terre n&apos;avait plus beaucoup d&apos;importance. On comprend les fureurs d&apos;un Voltaire ou d&apos;un Diderot.  Que la religion s&apos;éloigne des pouvoirs en place pour garder son universalité, c&apos;est bien, mais très utilitariste. Il y a bien d&apos;autres motifs de laïcité, entre autres l&apos;illégitimité d&apos;imposer des lois qui sont issues de ce que nous croyons mais qui n&apos;est pas partagé par les autres (j&apos;insiste sur le mot imposer). Les lois doivent être fondées sur l&apos;accord général d&apos;une société sur ses valeurs, sa conception de l&apos;homme. Elles sont alors résultat de compromis divers, mais ne peuvent pas l&apos;être d&apos;oukases brandis au nom d&apos;un Dieu qui se trouve dans l&apos;au-delà. On pourrait égrener d&apos;autres motifs.  Du côté de la foi, je suis aussi gêné par le discours de Tocqueville. La foi doit être incarnée, la religion ne nous éloigne pas de ce qui se passe sur terre, elle ne peut pas l&apos;ignorer (vous êtes le sel de la terre, pas du ciel!). Donc si la religion doit renoncer au pouvoir, et c&apos;est un grand progrès quand cela se passe, elle doit en même temps se préoccuper de tout ce qui est terrestre. Nous ne connaissons d&apos;ailleurs Dieu qu&apos;à travers l&apos;expérience humaine, par des témoins humains. La pureté de la religion décrite dans le texte est une pureté sans bras. La religion ne doit avoir aucun pouvoir terrestre, mais les hommes, animés par leur foi, doivent totalement s&apos;engager et en ce sens la religion pourrait avoir un grand pouvoir : si tous les hommes s&apos;aimaient comme le Christ le demande, la face de la terre en serait changée, mais ce n&apos;est donc pas du même pouvoir qu&apos;on parle.  Je pense cette question très difficile : nous ne savons pas ce que notre religion personnelle, notre foi intime, dirige dans nos engagements de tous les jours. D&apos;ordinaire nous n&apos;agissons pas au nom de notre foi, mais elle est pourtant bien présente dans toutes nos actions, elle fait partie de nous, tout comme notre réflexion.  Finalement, tout-à-fait d&apos;accord sur la nécessaire séparation de l’Église et de l’État, sur la laïcité qui ôte tout pouvoir aux Églises dans la société. Mais en parallèle nécessité d&apos;un engagement total des adeptes des religions dans le monde : ils travaillent à le transformer sans renoncer à leur foi, elle doit être présente à toute leur action.</p><p>-MM : Je constate un très large accord sur le texte de Bidar. Il faut en effet insister que dans tous les cas de figure,  l’apostasie doit être une liberté totale. C’est une condition nécessaire de toute forme de laïcité. Et évidemment de sortir ou non de la foi, qui est une prérogative individuelle (sortant donc du champ de la laïcité, qui – j’y insiste car je constate souvent des approches erronées – est un principe d’organisation collective, une manière de vivre ensemble, et non une posture individuelle.)  Par contre, il y a un point sur lequel le texte de Bidar m’a surpris, mais sur lequel vous allez encore plus loin, et donc sur lequel je suis en désaccord assez radical avec vous, c’est la question du sacré.  L’affirmer comme vous le faites qu’il est « au service du pouvoir » me paraît adopter implicitement une définition très réductrice du sacré. Précision préalable (mais indispensable) : le sacré ne se confond pas avec la religion, il en déborde historiquement, socialement, politiquement…. (et donc lui aussi sort du champ de la laïcité). Le sacré n’interdit pas de penser, car il n’est pas de l’ordre de la pensée, mais de celui du cœur, de la partie émotive du consensus social  ce sur quoi on se rassemble (et qui – oui  - génère des interdits parce qu’il pose des valeurs dépassant celles de l’individu). Ce n’est pas (toujours) le pouvoir qui fabrique le sacré, mais la société, par son histoire, par ses activités collectives, qui le génère. Le sacré ne vient pas forcément « d’en haut », il peut venir « d’en bas » (il y a beaucoup de sacré dans les traditions ouvrières, comme dans les traditions paysannes…). Bref… il me faudrait des pages pour approfondir. Je dirais simplement qu’on peut concevoir une société sans religion  mais jamais une société ne « tiendra » sans sacré…    Pour Tocqueville… je suis aussi plutôt d’accord. C’est vrai que son approche est utilitariste (et c’est le cas de beaucoup d’autres analyses de Tocqueville). Mais il ne faut pas lui faire dire plus que ce qu’il dit. Il ne parle que de cette « utilité » sociale de la religion, sans chercher à disséquer les ressorts de la foi individuelle, qu’il ne fait qu’effleurer (avec ce refus de la finitude…). Je ne crois pas non plus qu’il préconise qu’elle se détache des objectifs terrestres  mais qu’elle doit se détacher des objectifs politiques, éphémères….  Et à l’époque des fondamentalismes que nous vivons, il me semble que ce message est essentiel.    Les considérations de la fin de votre texte sont très profondes. (et débordent manifestement de la question du commentaire de Tocqueville). Est-ce que la foi oriente l’action du croyant, même à son insu ? Peut-être. Mais je revendique alors la possibilité que d’autres forces que la religion peuvent orienter le non croyant (que je suis !) dans le même sens… Et que de la même façon, ces forces restent – au moins en partie – mystérieuses….    </p><p>-MD : Sur le sacré je ne m&apos;oppose pas tellement à vous, et je suis d&apos;accord pour dire qu&apos;il n&apos;y a pas de société sans sacré, et que ce n&apos;est pas le pouvoir qui le génère d&apos;habitude. Mais je pense que le pouvoir l&apos;utilise à son service, et j&apos;ai aussi bien peur qu&apos;il (le sacré) interdise souvent de penser. L&apos;intouchable devient l&apos;indiscutable... Enfin bien d&apos;accord avec vous, si la foi oriente l&apos;action du croyant, le non-croyant lui aussi est inspiré par d&apos;autres forces (je ne trouve pas d&apos;autre mot, mais il ne me convient pas vraiment) et croyants et non-croyants peuvent aller dans le même sens, j&apos;en fais l&apos;expérience tous les jours dans mon action. Je me sens en phase avec les incroyants que je côtoie souvent bien mieux qu&apos;avec les croyants!!!</p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DialogueSurLaLaiciteAProposDeTocquevill">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2023-11-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="EchangesPaysansDynamiquesDeCircuitsCourt" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,la_possibilite_d_une_renaissance,repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,de_la_terre_a_l_assiette" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-08-05 16:24:27" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_EchangesPaysansDynamiquesDeCircuitsCourt"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Échanges paysans : dynamiques de circuits-courts locales et translocales </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_EchangesPaysansDynamiquesDeCircuitsCourt" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/11/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Échanges paysans : dynamiques de circuits-courts locales et translocales </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema la_possibilite_d_une_renaissance">
                      Pratiquer une autre économie  
                     </span>
                 <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema de_la_terre_a_l_assiette">
                      De la terre à l&apos;assiette 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p><b><i>Cet article fait état des progrès réalisés depuis l’article de Benoit Roustang «<a href="https://www.eccap.fr/article/relocalisation-en-hautes-alpes">Relocalisation en Hautes Alpes</a>;» paru dans l’ECCAP en 2017.</i></b></p>    <p><br /></p><p>Dix ans après les premières livraisons, en octobre 2013, la plateforme de circuits courts Échanges paysans (EP05), à Gap a «bien grandi», dans tous les sens du terme : des clients professionnels, cantines scolaires, hébergements touristiques, qui se sont multipliés et des producteurs plus nombreux également. Les flux représenteront en 2023, 240 tonnes de fruits, légumes, produits laitiers, viandes, épicerie, issus de l&apos;agriculture locale pour un chiffre d&apos;affaires de 1,5 million d&apos;euros. A noter que depuis le départ, cette démarche de circuits courts s&apos;est associée avec le partenaire national Biocoop restauration pour proposer aux restaurateurs, des gammes 100% AB complémentaires. Le fonctionnement s&apos;est structuré grâce à une équipe de 9 salariés. Et le modèle économique est sain, puisque l&apos;entreprise dégage un petit résultat positif, hors subvention, chaque année. L&apos;intégration de nouveaux producteurs s&apos;est poursuivie avec deux engagements éthiques forts : matières premières issues de l&apos;agriculture locale et juste rémunération des paysans, y compris dans les situations de transformation par des artisans, fromagers, bouchers.</p>    <p>Avec le recul, nous pouvons témoigner que le chemin pour lancer et pérenniser cette démarche était étroit mais qu&apos;elle répond à de réels besoins du territoire : soutien aux agriculteurs et filières, environnement, emploi...</p><h3>Illustrations de notre contribution au changement de cap</h3>    <p>L&apos;illustration qui vient en premier pour montrer la contribution aux enjeux du territoire, est celle de la filière lait. Le bassin de production du lait de vache régional est concentré dans nos vallées de montagnes, à commencer par la vallée du Champsaur, point de départ d&apos;Échanges paysans. A sa création, le collectif avait compris que la consommation locale et régionale pouvait soutenir cette filière, qui vivait en plein paradoxe : des conditions de production contraintes par l&apos;altitude et des éleveurs dépendant de collecteurs industriels nationaux imposant une rémunération du lait, très insuffisante. Échanges paysans s&apos;est donc engagé dans la commercialisation des fromages et yaourts locaux vers les cantines scolaires, qui étaient peu touchées, alors. En 2023, c&apos;est plus de 400 000€ qui sont réalisées sur cette famille de produits. En sélectionnant les fromageries, qui par leur transformation locale apportaient une meilleure rémunération aux éleveurs, une forme de partage de la valeur ajoutée, EP05 s&apos;est inscrit dans une dynamique vertueuse. Cette vague de relocalisation de la filière, a d&apos;ailleurs été bien au-delà de nos espérances. Car le mouvement profond de renouveau de l&apos;intérêt des consommateurs pour les produits locaux a été général et s&apos;est appliqué dans les points de vente des fromageries, dans les grandes surfaces, les marchés, les magasins de producteurs... Sur une filière dont la production est très largement inférieure à la consommation régionale, l&apos;effet est marquant et a permis une complète recomposition : la totalité du lait est désormais transformé localement et bénéficie d&apos;une rémunération améliorée. EP05 aura été un des précurseurs dans cette perception de l&apos;opportunité et un des acteurs de sa mise en œuvre.</p>    <p>Pour servir cette « mission », le collectif Échanges paysans a eu une approche ouverte et maligne des différentes échelles du territoire: vallées, départements, région. Dans un monde imprégné de compétition, où les politiques des collectivités s&apos;arrêtent souvent à des frontières administratives, nous avons réuni les acteurs des vallées du Queyras, Champsaur ou Ubaye et travaillé en coopération avec des partenaires commerciaux régionaux. Cette logique s&apos;est imposée pour des aspects commerciaux et logistiques de proximité. C&apos;est avec la Plate-forme Paysanne Locale de Marseille, qui alimente des épiceries paysannes et restaurants de la métropole, que nous avons démarré ce genre de partenariat. Mêmes valeurs dans nos deux collectifs, nous pouvions naturellement articuler nos circuits courts, sans sur-marger, sans rapport de force. Cette logique de commerce coopératif s&apos;est encore déployée lors de la création de la plateforme régionale 100% AB, Manger Bio en Provence. Pour accélérer la valorisation des productions AB, maîtrisée par les producteurs, nous avons cofondé cette nouvelle organisation qui réunit le panier régional Bio (fruits, légumes, fromages, viandes...) et le valorise auprès des grands acteurs de la restauration collective régionale : villes, sociétés de restauration. En contribuant à cette création, nous avons à la fois augmenté nos débouchés, démultiplié la relocalisation, poussé les liens solidaires entre filières et territoires régionaux. Alors que, à priori, cette initiative pouvait apparaître comme concurrente.</p>    <p>Parmi les autres grandes étapes récentes d’Échanges paysans, il y a eu la transformation en SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif) en décembre 2021. Prévue depuis le départ, elle a permis une véritable appropriation de la coopérative par les producteurs qui sont détenteurs de la plus grande partie des parts sociales. Fortement soutenu par des citoyens depuis le départ, EP05 dispose maintenant d&apos;une gouvernance plus «mature» réunissant un collège producteurs (40% des votes), un collèges partenaires (20%), un collège client (20%) et un collège salariés (20%). Ce passage a été incontestablement réussi.</p><h3>Perspectives</h3>    <p>Il subsiste, de mon point de vue, un manque sur une réflexion collective renouvelée du projet coopératif, ses valeurs, son projet politique. D&apos;un côté les membres du collectif ont évolué, nouveaux producteurs, nouveaux salariés, même si le noyau initial subsiste, et d&apos;autre part l&apos;environnement extraordinairement chaotique de notre société actuelle. Tous deux nous imposent de revisiter les enjeux et notre stratégie. C&apos;est d&apos;autant plus vrai pour une structure commerciale dont le développement ou la gestion pourraient facilement prendre le pas sur le sens commun du projet. Pour maintenir notre identité, et même nos atouts commerciaux, nous devons conserver la logique d&apos;un commerce qui est au service du territoire et qui n’est pas une fin en soi. Cela passe par le maintien d&apos;une forte proximité avec les producteurs et la compréhension des enjeux agricoles et alimentaires du territoire. On peut rester confiant dans la capacité du collectif dans sa diversité à s&apos;engager sur ce chantier nécessaire. Il pourrait probablement être enrichi par des échanges avec des partenaires locaux, à commencer par les acteurs publics ou le réseau de l&apos;ESS local, dont nous sommes très proches. D&apos;ailleurs avec eux, nous avons ouvert depuis le Covid en 2020, un nouvel axe de travail en fournissant les associations d&apos;aide alimentaire. D&apos;autres perspectives nous attendent aussi dans les Alpes-de-Haute-Provence, où nous étendons nos actions.</p>    <p>Depuis la création d’Échanges paysans notre intention de « médiation commerciale d’intérêt territorial » a rencontré la question des Communs. Même modestement ces allers retours avec la recherche stimulent nos réflexions.</p>    <hr class="wp-block-separator" />           
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EchangesPaysansDynamiquesDeCircuitsCourt">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2017-01-28" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="EcoleUneIdeeFolleUnFilmDeJudithGrumb" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,eduquer_et_enseigner_autrement" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-08-05 17:15:29" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_EcoleUneIdeeFolleUnFilmDeJudithGrumb"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Ecole - Une idée folle, un film de Judith Grumbach </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_EcoleUneIdeeFolleUnFilmDeJudithGrumb" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>28/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Ecole - Une idée folle, un film de Judith Grumbach </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema eduquer_et_enseigner_autrement">
                      Eduquer et enseigner autrement 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    « Une idée folle » c’est celle d’une école qui permettrait de former des adultes capables de s’épanouir dans un XXIe siècle de changement global, et d’être les acteurs de ce changement.  En matière d’éducation, il n’existe pas de « martingale pédagogique », même si les médias braquent parfois leurs projecteurs sur tel ou tel pédagogue qui l’affirme. Par contre, les salles de classe fourmillent de pratiques originales, nées des nécessités du terrain, qui transforment la scolarité de certains enfants. Elles perdurent à bas bruit, connues seulement de quelques initiés. Comme le colibri du conte, elles font leur part dans la transformation de l’école. L’association Ashoka en connaît quelques unes et a demandé à Judith Grumbach de réaliser des clips de 3 minutes dans quelques écoles et collèges repérés pour leurs pratiques originales (« changemaker schools ») : c’est finalement un long métrage émerveillé qu’elle leur consacre, entremêlant parole d’adultes et d’enfants de tous les âges.  Qu’ont-elles d’extraordinaires ces écoles ? Rien qui soit franchement visible à l’œil nu (hormis cette école bretonne à l’architecture de rêve*) : un professeur et des élèves, une salle de classe…. Mais quand la caméra s’attache aux regards et aux gestes on comprend que c’est dans la philosophie des enseignants que réside l’essentiel. Pour chacun des professeurs et des chercheurs qui témoignent dans ce film, le rôle de l’école est bien de développer chez l’enfant des valeurs et surtout de les incarner : coopération, curiosité, créativité, confiance en soi… Car oui, on peut allier bienveillance et exigence dans les apprentissages. Oui, on peut diversifier les pratiques à tous les niveaux. Non, l’école ne peut plus, comme au XIXe siècle, être sanctuarisée et refermée sur elle même en dehors de tout ancrage géographique et social.  À voir ces bouilles d’enfants heureux à l’école, on rêve que tous les enfants de France puissent profiter d’une scolarité aussi épanouissante, ce qui est loin d’être le cas, au vu du nombre encore trop élevé de décrocheurs. Comment multiplier les colibris ? Comment mobiliser les collectivités territoriales, les institutions, les équipes pédagogiques ? Le film pose plus de questions qu’il n’en solutionne, même si on ressort de la projection un peu plus optimiste qu’on y est entré.  « Une idée folle », un long métrage réalisé par Judith Grumbach et produit par la fondation Ashoka**. Pas de sortie en salle prévue mais il est possible de contacter Ashoka pour organiser des projections dans ou en dehors d’un cadre scolaire (1).    <br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>1- On peut éEcouter en replay dans le 6/9 de France Inter le 12 mars 2017, l’interview de Judith Grumbach sur son film à 7 heures 22, à la 82ème minute de l’émission : quel rôle pour l’école du  XXIème siècle ?</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EcoleUneIdeeFolleUnFilmDeJudithGrumb">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="definition" data-bf_date_publication="2018-03-02" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="EmpreinteEcologiqueSelonWwfMarinHarvey" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="ne_sais_pas" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-08-05 17:31:32" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_EmpreinteEcologiqueSelonWwfMarinHarvey"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Empreinte écologique selon WWF/Marin Harvey. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_EmpreinteEcologiqueSelonWwfMarinHarvey" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/03/2018</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Empreinte écologique selon WWF/Marin Harvey. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema ne_sais_pas">
                       <a href=?ne-sais-pas>Je ne sais pas </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    Voici l’explication que nous en donne WWF/Marin Harvey. L’empreinte écologique est un outil développé par le Global Footprint Network qui permet de mesurer la pression qu&apos;exerce l&apos;homme sur la nature. L&apos;empreinte écologique mesure la quantité de surface terrestre bioproductive nécessaire pour produire les biens et services que nous consommons et absorber les déchets que nous produisons.   Imaginez que vous êtes un Robinson Crusöé isolé sur une île déserte : quelle devrait être la taille de votre île (terre, lagon et mer accessible compris) pour vous permettre de vivre en autarcie de façon durable et répondre à vos besoins en nourriture, chauffage, matériaux de construction, air pur, eau potable, absorption de déchets ?  Cette surface représente l&apos;empreinte écologique de notre Robinson Crusoé. On comprend intuitivement que si le mode de vie de notre naufragé exerce une pression trop forte sur son île (s&apos;il fait par exemple des grands feux de camp tous les soirs pour tromper sa solitude), c&apos;est-à-dire si son empreinte écologique est supérieure à la taille de son île, sa survie risque d&apos;être compromise à plus ou moins long terme...  Grâce à cet outil, nous sommes capables de quantifier la durabilité : nous pouvons évaluer la quantité existante de sols et d’espaces marins « bio-productifs » sur la Terre (la superficie capable de nous fournir en nourriture, carburant ou poisson, par exemple), et par conséquent calculer ce que serait un « juste partage » des ressources pour chaque être humain.  Nous sommes également capables de calculer grâce à cet outil la quantité de ressources naturelles consommée par différents pays, personnes ou entreprise, et ainsi évaluer si leur consommation rentre à l’intérieur de ce juste partage. Il y a environ 12 milliards d’hectares de sols et d’espaces marins bio-productifs – ce qui correspond environ à une allocation de 2 hectares par être humain. Pourtant, le mode de vie d’un Américain moyen requiert environ 10 hectares bio-productifs.   En d’autres mots, si chacun avait le même mode de vie qu’un Américain moyen, la population mondiale aurait besoin de 5 planètes bio-productives afin de nourrir, habiller et héberger chacun d’entre nous.  Extrait de l’intervention d’Alain Baraton le 16 décembre 2017 sur France Inter. L’humanité vit actuellement au- dessus de ses moyens et la situation s’aggrave. « En 1971, par exemple il fallait attendre le 23 décembre pour atteindre la date symbolique du dépassement des ressources. Vingt ans plus tard c’est deux mois plus tôt dans l’année, c’est le 13 octobre que l’on va atteindre ce seuil dramatique. Et aujourd’hui le dépassement débute dès les premiers jours du mois d’août. Vous vous rendez compte que quand on arrive au 7, 8 août cela veut dire que la planète a déjà consommé ce qu’elle aurait dû consommer sur 12 mois.  Question : Et cette empreinte écologique, diffère-t-elle selon les pays et les continents ? Oui bien sûr. En Afrique les spécialistes estiment qu’une personne (c’est une moyenne) utilise pour vivre un peu plus d’un hectare … sachant toutefois qu’un pays comme le Burundi n’emploie que 0,63 hectare. En Asie il est consommé en moyenne 2,2 hectares par personne, mais la situation évolue rapidement et dramatiquement.          
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EmpreinteEcologiqueSelonWwfMarinHarvey">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-date_maj_fiche="2025-08-05 17:31:32" data-statut_fiche="1" data-id_fiche="EmpreinteEcologiqueSelonWwfMarinHarvey2" data-bf_auteur="EccaP" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_5_EmpreinteEcologiqueSelonWwfMarinHarvey2"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Empreinte écologique selon WWF/Marin Harvey. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_5_EmpreinteEcologiqueSelonWwfMarinHarvey2" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Empreinte écologique selon WWF/Marin Harvey.</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Voici l’explication que nous en donne WWF/Marin Harvey. L’empreinte écologique est un outil développé par le Global Footprint Network qui permet de mesurer la pression qu&apos;exerce l&apos;homme sur la nature. L&apos;empreinte écologique mesure la quantité de surface terrestre bioproductive nécessaire pour produire les biens et services que nous consommons et absorber les déchets que nous produisons.   Imaginez que vous êtes un Robinson Crusöé isolé sur une île déserte : quelle devrait être la taille de votre île (terre, lagon et mer accessible compris) pour vous permettre de vivre en autarcie de façon durable et répondre à vos besoins en nourriture, chauffage, matériaux de construction, air pur, eau potable, absorption de déchets ?  Cette surface représente l&apos;empreinte écologique de notre Robinson Crusoé. On comprend intuitivement que si le mode de vie de notre naufragé exerce une pression trop forte sur son île (s&apos;il fait par exemple des grands feux de camp tous les soirs pour tromper sa solitude), c&apos;est-à-dire si son empreinte écologique est supérieure à la taille de son île, sa survie risque d&apos;être compromise à plus ou moins long terme...  Grâce à cet outil, nous sommes capables de quantifier la durabilité : nous pouvons évaluer la quantité existante de sols et d’espaces marins « bio-productifs » sur la Terre (la superficie capable de nous fournir en nourriture, carburant ou poisson, par exemple), et par conséquent calculer ce que serait un « juste partage » des ressources pour chaque être humain.  Nous sommes également capables de calculer grâce à cet outil la quantité de ressources naturelles consommée par différents pays, personnes ou entreprise, et ainsi évaluer si leur consommation rentre à l’intérieur de ce juste partage. Il y a environ 12 milliards d’hectares de sols et d’espaces marins bio-productifs – ce qui correspond environ à une allocation de 2 hectares par être humain. Pourtant, le mode de vie d’un Américain moyen requiert environ 10 hectares bio-productifs.   En d’autres mots, si chacun avait le même mode de vie qu’un Américain moyen, la population mondiale aurait besoin de 5 planètes bio-productives afin de nourrir, habiller et héberger chacun d’entre nous.  Extrait de l’intervention d’Alain Baraton le 16 décembre 2017 sur France Inter. L’humanité vit actuellement au- dessus de ses moyens et la situation s’aggrave. « En 1971, par exemple il fallait attendre le 23 décembre pour atteindre la date symbolique du dépassement des ressources. Vingt ans plus tard c’est deux mois plus tôt dans l’année, c’est le 13 octobre que l’on va atteindre ce seuil dramatique. Et aujourd’hui le dépassement débute dès les premiers jours du mois d’août. Vous vous rendez compte que quand on arrive au 7, 8 août cela veut dire que la planète a déjà consommé ce qu’elle aurait dû consommer sur 12 mois.  Question : Et cette empreinte écologique, diffère-t-elle selon les pays et les continents ? Oui bien sûr. En Afrique les spécialistes estiment qu’une personne (c’est une moyenne) utilise pour vivre un peu plus d’un hectare … sachant toutefois qu’un pays comme le Burundi n’emploie que 0,63 hectare. En Asie il est consommé en moyenne 2,2 hectares par personne, mais la situation évolue rapidement et dramatiquement.          </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EmpreinteEcologiqueSelonWwfMarinHarvey2">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-01-28" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="EnseignementDeLhistoireInterviewParMarie" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,eduquer_et_enseigner_autrement" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-08-05 17:42:53" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_EnseignementDeLhistoireInterviewParMarie"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Enseignement de l’histoire: interview par Marie Guenet de l&apos;académicien Pierre Nora, </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_EnseignementDeLhistoireInterviewParMarie" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>28/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Enseignement de l’histoire: interview par Marie Guenet de l&apos;académicien Pierre Nora, </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema eduquer_et_enseigner_autrement">
                      Eduquer et enseigner autrement 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p><b><i>Interview par Marie Guenet de l&apos;académicien Pierre Nora, historien, directeur des sept volumes Les Lieux de mémoire. Interview parue dans le JDD du 3 mai 2015.</i></b>    </p><p><strong>Les nouveaux programmes d&apos;histoire soulèvent des polémiques. Y a-t-il des raisons de s’inquiéter ?</strong></p><p><strong> </strong>  Ces programmes portent à l&apos;évidence la marque de l&apos;époque : une forme de culpabilité nationale qui fait la part belle à l’I’islam, aux traites négrières, à l&apos;esclavage et qui tend à réinterpréter l&apos;ensemble du développement de l’Occident et de la France à travers le prisme du colonialisme et de ses crimes. Faire de l&apos;humanisme et des Lumières un thème facultatif, alors qu&apos;il est central, est à cet égard très significatif.  Du coup, les critiques les plus violentes viennent des tenants de ce que l&apos;on appelle le « roman national ». Et pourtant le récit historique, presque mythologique, destiné à former naguère des citoyens et des soldats ne tient plus.</p><p>  <strong>La ministre traite les détracteurs de « pseudo-intellectuels »... </strong>  Je lui laisse la responsabilité de pareilles expressions.</p><p> <strong>Certains estiment que les nouveaux programmes privilégient l&apos;étude de l&apos;islam - obligatoire en cinquième- au détriment du christianisme... </strong></p><p>Ces reproches sont abusifs. Les élèves apprennent chronologiquement le judaïsme et le christianisme en sixième, en étudiant l&apos;Antiquité. Et ils enchaînent avec l&apos;islam et le début du Moyen Âge en cinquième. La place des différentes religions ne change pas par rapport à 2008. Ce que je reproche aux nouveaux programmes est bien plus grave...</p><p>  <strong>Que reprochez-vous à ces programmes ? </strong></p><p>L&apos;ensemble manque de cohérence. Il aurait fallu une déclaration d&apos;orientation intellectuelle et politique nette et claire. Les programmes ont une bonne inspiration : le retour à la chronologie, mais à l&apos;intérieur d&apos;une mosaïque de thèmes, qui ne forment pas une unité dynamique. Je ne jette pas la pierre au Conseil supérieur des programmes. Cette absence d&apos;orientation reflète la crise identitaire que traverse la France, une des plus graves de son histoire. C&apos;est l&apos;expression d&apos;une France fatiguée d&apos;être elle-même, d&apos;un pays qui ne sait pas trop où il va et ne sait donc pas dire d&apos;où il vient.  </p><p><strong>Que proposez-vous ?</strong></p><p>Je proposerais une orientation claire : expliquer ce que la France a apporté à l&apos;Europe et au monde et, inversement, ce qu&apos;elle a reçu de l&apos;Europe et du monde. Le cadre chronologique pourrait reprendre les identités françaises successives : féodale, royale, monarchique, révolutionnaire, nationale, républicaine, et aujourd&apos;hui démocratique. On mettrait l&apos;accent sur ce que notre pays a apporté de singulier au reste du monde : par exemple les cathédrales, l&apos;élan chrétien, ensuite et surtout le modèle de l&apos;Etat-nation, l&apos;absolutisme monarchique dans ce qu&apos;il a de glorieux - Versailles, le Roi-Soleil... - et de niveleur pour les minorités nationales, les Lumières, la langue française qui a régné sur l&apos;Europe du XVIII&apos; siècle, les droits de l&apos;homme, l&apos;expérience révolutionnaire dans ce qu&apos;elle a de positif et de négatif, une littérature extraordinaire, l&apos;expérience coloniale avec ce qu&apos;elle a pu également apporter au monde, y compris des armes pour s&apos;affranchir... </p><p> <strong>Si des sujets comme « Sociétés et cultures au temps des Lumières » ou « Une société rurale encadrée par l&apos;Église » restent facultatifs, ne risque-t-on pas de mettre à mal l&apos;unité de l’enseignement ? </strong></p><p>La vraie unité à trouver me paraît plutôt d&apos;articuler la France avec l&apos;Amérique, l&apos;Afrique, la Chine... Laisser une certaine liberté aux professeurs est une bonne chose, à condition qu&apos;elle ne veuille pas dire : en fonction de vos partis pris, politiques et idéologiques, faites ce que vous voulez.  <strong>À quoi sert l’histoire ?</strong>  Elle doit être à la fois utile et plaisante. Utile parce qu&apos;elle permet, de nous définir à partir de ce que nous ne sommes plus. Plaisante parce qu’elle doit être incarnée, aussi vivante que possible. L’histoire est au collectif ce que la mémoire est à l’individu. Si vous perdez la mémoire, vous perdez vos repères… </p><p> <strong>Si vous deviez retenir cinq thèmes à enseigner en histoire au collège… </strong>  </p><p>Je déclinerais le thème de la continuité et de la rupture. La France est le plus ancien Etat-nation du monde : qu’est-ce que cela veut dire ? Dans cette continuité, notre pays a connu de grandes ruptures : royauté absolue, révolution française. La plus grande est celle que la France a connu dans les années 1970 et 1980 et qui l’a fait passer d’un modèle de nation paysanne, chrétienne, étatiste, souveraine, à un autre qui se cherche dans la douleur. A cette métamorphose s’est ajoutée une immigration forte qui n’est pas l’élément principal de la crise, mais en est l’accélérateur. </p><p> <strong>En lisant l’ensemble des programmes, avez-vous d’autres inquiétudes ?</strong></p><p>Pour le français. On a beaucoup moqué le jargon ridicule qui paraît inspirer ces nouveaux programmes. Cette question peut paraître marginale, elle est en fait centrale. Enseigner le français dans toutes les disciplines est excellent. Mais il faut en finir avec cette langue anémiée et caricaturale comme avec cet apprentissage du français tragiquement réduit à l’analyse textuelle, qui règnent depuis trente ans. </p><p> <strong>Certains déplorent que le programme de français ne fasse pas référence aux auteurs.</strong> </p><p>L&apos;important n&apos;est pas là. En réalité, pour l&apos;étude du français, tout se joue avant le collège. Un enfant qui entre en sixième en disposant de 100 mots ou de 1.000 a déjà son avenir scolaire, social et intellectuel plié.  </p><p><strong>Que pensez-vous de la réforme du collège qui donne plus de place à l&apos;interdisciplinarité ?</strong>  </p><p>À l&apos;école primaire, les élèves ont en général un professeur. Quand ils arrivent en sixième, ils sont fortement dépaysés par la pluralité des disciplines. L&apos;idée de créer des passerelles peut être bonne. Mais travailler ensemble est tellement contraire aux habitudes des professeurs…. Il faudra cinq ans pour y arriver. Croire que ces mesures s’appliqueront à la rentrée 2016 est utopique. </p><p> <strong>Des programmes sur trois ans, est-ce une bonne idée ? </strong>  </p><p>Cette réforme, organisée par cycles de trois ans, peut dissimuler l&apos;intention de faire disparaître les redoublements. Je suis contre cette suppression. Faire passer tout le monde d&apos;une classe à l&apos;autre me paraît très inquiétant car la sélection se fait en bout de course, et vous risquez de niveler par le bas. Il faut casser l&apos;idéologie de l&apos;égalité formelle, car elle accentue l&apos;inégalité réelle.  </p><p><strong>Que pensez-vous du débat sur l&apos;enseignement des langues anciennes ?</strong></p><p><strong> </strong>  Je ne sais pas où en est le débat. Il me semble évident qu&apos;il faut garder le latin et le grec en option pour ceux qui veulent les apprendre. Cela dit, je ne crois pas que l&apos;enseignement du latin soit indispensable à l&apos;intelligence de la langue française, d&apos;autant plus qu&apos;il repose sur la connaissance d&apos;une grammaire désormais sacrifiée. S&apos;il est indispensable de comprendre l&apos;apport de l&apos;Antiquité grecque et latine à la civilisation, on peut lire Homère ou L&apos;Enéide en français. D&apos;ailleurs, je ne suis pas sûr que les élèves de licence sachent lire Lucrèce et Tacite dans le texte. J&apos;en suis un vivant exemple !</p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EnseignementDeLhistoireInterviewParMarie">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2017-09-12" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="FranceDenHautFranceDenBasSelonChrist" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_face_a_toute_les_formes_de_domination" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-08-06 18:24:20" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_FranceDenHautFranceDenBasSelonChrist"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              France d’en haut, France d’en bas. Selon Christophe Guilluy </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_FranceDenHautFranceDenBasSelonChrist" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>12/09/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">France d’en haut, France d’en bas. Selon Christophe Guilluy </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_face_a_toute_les_formes_de_domination">
                      Une démocratie face à toute les formes de domination 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Par ECC (GR) Septembre 2017<strong> </strong>  Christophe Guilluy a publié : « Le crépuscule de la France d’en haut » en septembre 2016, chez Flammarion. Deux autres livres l’ont précédé : « Fractures françaises » et « La France périphérique » (Champs 2013 et 2015). Dans son dernier livre, il reprend le concept de France périphérique, il explique pourquoi ses analyses sont souvent rejetées et enfin comment la domination de la France d’en haut est aujourd’hui fragilisée.  Guilluy refuse de limiter la question sociale aux banlieues des grandes villes, ce qui ethnicise l’origine de nos difficultés, il prend en compte une fracture beaucoup plus large entre la France d’en haut et la France d’en bas qui comprend à la fois les pauvres (généralement définis en France comme ceux qui disposent d’un revenu inférieur à 60% du revenu médian) et les populations fragilisées par la mondialisation économique.  « Piloté par une petite oligarchie (les riches, la banque) (note 1)le système capitaliste tient parce qu’il est soutenu par une importante classe supérieure et intellectuelle qui bénéficie des effets de la mondialisation et de la métropolisation. Ce sont ces catégories, cette nouvelle bourgeoisie (de droite comme de gauche), qui portent et soutiennent les choix économiques et sociaux de la classe dominante détentrice du capital économique et/ou culturel » (137).  Dans cette France d’en haut, on retrouve des gens de droite (Juppé à Bordeaux) ou de gauche (Collomb à Lyon) qui tiennent à l’occasion un langage critique de façade contre la finance.  Dans les partis politiques de gouvernement, d’avant la vague Macron, ceux qui auraient pu représenter les intérêts des classes populaires n’ont pas voix au chapitre. Les élus locaux conscients des difficultés sont sans pouvoir dans leur propre parti.  C.Guilluy oppose les quinze métropoles principales dans lesquelles vit la France d’en haut, où se trouvent les emplois très qualifiées et d’avenir, à la France périphérique. On trouve 40% de la population française dans les premières et 60 % dans la seconde. Bien sûr il y a des catégories populaires et des pauvres dans les métropoles mais elles sont minoritaires.         </p><p>Les classes populaires pourtant majoritaires en France sont devenues minoritaires dans les métropoles car elles en ont été progressivement exclues par le prix des logements dans le parc privé.  « Les classes populaires ne vivent plus là où se créent l’emploi et la richesse mais dans une « France périphérique » de plus en plus fragile socialement » (45). Quand les villes étaient industrielles, les ouvriers et catégories modestes pouvaient se loger dans le parc privé. Aujourd’hui « le marché de l’emploi, tourné vers des secteurs demandeurs d’une main d’œuvre très qualifiée, n’a plus besoin des catégories modestes, sauf dans quelques secteurs des services, du BTP ou de la restauration » (36) ce qui justifie le maintien d’un parc de logements sociaux structurellement minoritaire dans les métropoles où se concentrent les immigrés peu qualifiés. « Ce parc de logements où se concentrent les flux migratoires est évité par les classes populaires traditionnelles » (39). Quand on parle de péri-urbain, il est important de distinguer un « périurbain choisi » peuplé de catégories supérieures (les Yvelines par exemple) et un « périurbain subi » où se concentrent des catégories modestes (en Seine et Marne).  Les clivages sociaux entre la France d’en haut et les classes populaires s’accentuent du point de vue des revenus. Selon le « Rapport sur les inégalités 2015 » de l’Observatoire des inégalités, entre 2008 et 2012 les cadres supérieurs ont gagné 300 euros de revenus supplémentaires quand les ouvriers et employés en ont perdu 500, et depuis 2012 la situation s’est encore aggravée. De même les clivages s’accentuent en ce qui concerne la vulnérabilité au chômage qui touche les ouvriers et les employés beaucoup plus que les cadres.  C.Guilluy parle de « guerre des représentations ». Dans sa polémique avec un journalise du Monde il reproche à celui-ci de « réaffirmer la représentation dominante qui divise la société française entre les populations exclues des banlieues des métropoles et les autres territoires (du périurbain au rural) peuplés d’une classe moyenne intégrée » (156), il critique le mythe d’une classe moyenne majoritaire repris « par l’ensemble des médias et la quasi-totalité du monde universitaire » (142)  En déguisant les classes supérieures en classe moyenne , on confond classes supérieures et classes populaires ce qui contribue « à l’invisibilité d’une majorité des classes populaires ».  Selon cette représentation, ce sont seulement les pauvres des quartiers populaires issus de l’immigration qui sont à l’écart des bénéfices de la mondialisation. « Cette représentation permet opportunément aux classes supérieures d’évacuer la question sociale au profit d’une question ethno-culturelle », comme si l’on voulait circonscrire la question sociale aux seules banlieues. « Inversement, la description d’une France périphérique, celle des petites villes, des villes moyennes et des zones rurales où vit la majorité des classes populaires (donc de la population) rend visibles les perdants de la mondialisation » (143). </p><p>Il est intéressant de noter à cet égard que d’après l’enquête annuelle « Fractures françaises » réalisée en 2016 par IPSOS, près de 60% des français considèrent la mondialisation comme une menace, alors que les classes supérieures concentrées dans les métropoles y voient une opportunité, c’est le cas de 62% des cadres, mais seulement de 24% des employés et de 36% des ouvriers.  La France périphérique majoritaire existe bel et bien, même si l’on veut la faire disparaître des écrans radars pour camoufler l’échec du modèle économique de la mondialisation. Dans sa polémique avec des journalistes du Monde et de Libération, l’auteur souligne qu’il ne faut pas confondre « classes populaires » et « pauvres ». Les pauvres ne sont qu’une fraction des classes populaires dont beaucoup sont légèrement au-dessus du seuil de pauvreté, fragiles et pouvant basculer rapidement dans la pauvreté. L’indice de fragilité, qui a été conçu avec le géographe Christophe Noyé pour qualifier la fragilité sociale des territoires, est construit   à partir d’une série d’indicateurs concernant le rapport à l’emploi (chômage, CDD, intérim…), au logement (propriétaires occupants disposant de faibles moyens…), aux revenus.  Pour C.Guilluy, la typologie de l’INSEE, qui divise le territoire entre zones urbaines et zones rurales, permet de représenter des densités de population mais pas de décrire une réalité sociale. « Tous deux « urbains », le bobo parisien et l’ouvrier de Dunkerque ne vivent assurément pas dans la même société. En revanche l’ouvrier de Dunkerque partage avec le rural du département de l’Orne une même vision des effets de la mondialisation, une même insécurité sociale » (145).  L’INSEE définit les grandes aires urbaines comme celles comprenant 10 000 emplois  cela concerne 241 agglomérations et 83% de la population française. On y trouve les plus grandes agglomérations (Paris, Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille…) aussi bien que Guinguamp, Figeac, Bar-le-Duc etc. etc. Autrement dit C.Guilly demande quand on discute de ses travaux que l’on ne confonde pas  grandes aires urbaines et la quinzaine de métropoles qui retiennent son attention. </p><p> Depuis le referendum européen de Maastrich en 1992, « la véritable bipolarisation oppose désormais…les gagnants (ou les protégés) de la mondialisation aux perdants, la France des métropoles à la France périphérique » (85). Ce clivage n’est pas spécifique à la France et il s’impose sous différentes formes à l’ensemble des pays développés. Depuis le début des années soixante-dix, les classes populaires ont été « reléguées dans les territoires les moins connectés à l’économie monde ». « Ce grand basculement, qui aligne la France sur les normes libérales des sociétés anglo-saxonnes, n’est pas assumé par la classe politique » (87). La sortie des classes populaires de la classe moyenne est achevée, pourtant on continue de « maintenir le mythe d’une classe moyenne majoritaire, afin d’occulter l’émergence des nouvelles catégories populaires précarisées » (127).  Le titre du livre « Le crépuscule de la France d’en haut » se justifie dans la mesure où l’auteur considère que la France périphérique n’est plus complètement invisible (149) et surtout que les classes dirigeantes ne sont plus légitimes. La France d’en bas ne croit plus aux discours des hommes au pouvoir, il suffit de voir la montée des abstentions aux élections ou les votes en faveur du F.N. Mais ceux qui détiennent le pouvoir se prévalent d’une supériorité morale en réduisant toute critique des effets de la mondialisation à un repli craintif, ou à de fâcheux penchants racistes et fascisants. « De Bernard-Henri Lévy à Pierre Bergé, des médias (contrôlés par des multinationales), du Medef aux entreprises du CAC 40, de Hollywood à Canal Plus, l’ensemble de la classe dominante se lance dans la résistance de salon » (172) au fascisme. Cette opposition au F.N. oublie que « ce n’est pas le Front national qui influence les classes populaires mais l’inverse. Le F.N. n’est qu’un symptôme d’un refus radical des classes populaires du modèle mondialisé. L’antifascisme de salon ne vise pas le FN, mais l’ensemble des classes populaires qu’il convient de fasciser afin de délégitimer leur diagnostic » (174).  Faute de mettre en question le modèle de la mondialisation qui n’est pas durable, qui ne fait plus société, la classe dominante qui « est en train de perdre la bataille des représentations » (178) peut être tentée d’exclure les catégories modestes du champ de la démocratie. « Quand Alain Minc déclare (dans Marianne du 29 juin 2016) que le Brexit, « c’est la victoire des gens peu formés sur les gens éduqués » ou lorsque Bernard-Henri Lévy (dans Le Monde du 26 juin 2016) insiste sur la victoire du petit sur le grand, et de la crétinerie sur l’esprit » « la volonté totalitaire des classes dominantes se fait jour » (179). Elles « semblent de plus en plus tentées par l’option d’un totalitarisme soft » (247)  Si l’auteur parle du crépuscule de la France d’en haut c’est parce qu’elle soutient un modèle qui n’est pas durable. Dans son livre « La France périphérique » il considérait par exemple que « la mobilité pour tous est un mythe » que la mobilité de l’avion au TGV et à la fréquentation des autoroutes, que le monde nomade c’est celui des gagnants de la mondialisation. Au contraire la société populaire est attachée à son territoire, et « la sédentarisation des classes populaires apparaît comme un contre modèle à celui des élites, un modèle où les contraintes économiques sont fortes, mais qui, lui, est socialement et écologiquement « durable » » (231).</p><p> Mais si C.Guilluy est convaincant quand il écrit : « De la banlieue à la France périphérique c’est l’ensemble des milieux populaires qui s’affranchit d’un système politique, syndical et médiatique » ou lorsqu’il parle du « processus de désaffiliation culturelle définitif des classes populaires de ce monde d’en haut » (183) autant on a du mal à voir en quoi les classes populaires portent « l’ébauche d’une contre-société en tout point contradictoire avec le modèle économique et sociétal des classes dominantes » (181). On aimerait mieux comprendre ce que signifient certaines affirmations selon lesquelles « les classes populaires prennent en charge la réalité» (203), ou « les classes populaires n’ont pas d’autre choix que celui de résister à l’ordre dominant en prenant en charge le réel » (245) ou encore comment la sédentarisation des classes populaires contribue « à l’émergence d’une contre-société spontanément tournée vers un développement local » (240).     </p><ul>  <li>A propos de l’oligarchie, voici ce que disait Boris Vallaud collègue d’Emmanuel Macron à l’ENA et aujourd’hui député des Landes, à l’occasion d’une interview à Mediapart du 22 juillet 2017. A la sortie de l’ENA dit-il : « Je n’ai pas choisi le même boulot (que Macron), j’ai choisi d’être dans les territoires ». En effet Vallaud a travaillé en préfecture puis a été collaborateur d’Arnaud Montebourg en Saône et Loire. Il dit :« je n’ai remis les pieds à Paris qu’après 10 ans. Et, ce qui m’a frappé en y revenant c’est de constater un entre-soi inimaginable, c&apos;est comme si ce pays comptait 300 habitants… La France, c&apos;est plus que ça. Alors, oui, il y a quelque chose aujourd&apos;hui de « Bercy aux manettes » ». A Bercy siège du Ministère des finances, on trouve les inspecteurs des finances qui ne sont pas embauchés dans les banques (pas encore…). (Voir dans l’ECCAP l’article Régulation financière et pantouflage). Bien sûr il y a des inspecteurs des finances qui refusent le pantouflage.</li> </ul>           
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?FranceDenHautFranceDenBasSelonChrist">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2018-10-20" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="IlEstEncorePossibleDeReanimerLunionEuro" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-08 11:55:46" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_IlEstEncorePossibleDeReanimerLunionEuro"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Il est encore possible de réanimer l’Union européenne. Collectif </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_IlEstEncorePossibleDeReanimerLunionEuro" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>20/10/2018</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Il est encore possible de réanimer l’Union européenne. Collectif </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br /><div align="center"><i>A quelques mois des élections européennes, un collectif d’universitaires appelle, dans une tribune au « Monde » parue le 24 septembre 2018, à passer d’une Europe de la compétition à une Europe de la coopération.  Il nous a paru utile de le reproduire ici. En effet, vu l&apos;ampleur des défis, il ne semble pas qu&apos;il soit possible de les surmonter sans cette coopération entre les Etats européens.</i><br /></div><br />ECC<br /> <br /> <br />[Ce texte est le fruit d’une discussion collective, tenue dans le cadre du colloque « Revisiter les solidarités en Europe », qui s’est déroulé les 18 et 19 juin au Collège de France.] <br /> <br /><h3> La construction européenne peut-elle encore échapper à la dislocation ? </h3></div><div>Depuis 2005 et l’échec du projet de traité constitutionnel, des craquements de plus en plus inquiétants s’y font entendre, sans que rien ne semble pouvoir tirer ses dirigeants de leur sommeil dogmatique. <br />Ni les désaveux électoraux répétés, ni la fracture économique entre pays de la zone euro, ni le renflouement par le contribuable de banquiers irresponsables, ni la descente de la Grèce aux enfers, ni l’incapacité à trouver une réponse commune aux flux migratoires, ni le Brexit, ni l’impuissance face aux diktats américains imposés au mépris des traités signés, ni la montée de la pauvreté, des inégalités, des nationalismes et de la xénophobie n’ont permis d’ouvrir à l’échelle de l’Union européenne (UE) un débat démocratique sur la crise profonde qu’elle traverse et les moyens de la surmonter. <br />Il est vrai qu’en l’absence d’espace public européen, la question des politiques de l’Union ne peut être débattue qu’au niveau des Etats membres. Or ce niveau national n’étant pas celui où ces politiques sont définies, on ne peut y débattre que du point de savoir si l’on doit la « supporter » telle qu’elle dysfonctionne, ou bien en sortir. <br />Albert Hirschman a montré que trois possibilités s’ouvrent aux membres d’une institution en crise ou en déclin : la prise de parole de ceux qui la critiquent pour la réformer (voice), la défection de ceux qui la quittent (exit) ou le loyalisme de ceux qui hésitent à la quitter ou la critiquer, même s’ils n’en sont pas satisfaits (loyalty). Les véritables organes dirigeants de l’Union européenne (Commission, Cour de justice, Conseil, Banque centrale) se trouvant hors de portée de voix électorale, les citoyens européens ont le sentiment d’être privés de voice et de n’avoir plus dès lors le choix qu’entre le loyalty ou l’appel à l’exit. <br />Les « débats » nationaux sur l’Union européenne se réduisent ainsi de façon caricaturale à une joute entre pro et antieuropéens. Tous ceux qui critiquent le fonctionnement de l’UE se trouvant qualifiés d’« anti », le nombre de ces derniers ne cesse de grossir et, avec eux, celui des partis ou des gouvernements adoptant vis-à-vis d’elle un point de vue ethnonationaliste. <br />« EXCLUANT TOUTE POSSIBILITÉ DE RÉFORMER DÉMOCRATIQUEMENT L’UE, LE FAUX DILEMME ENTRE EUROLÂTRES ET EURONIHILISTES NE PEUT CONDUIRE QU’À SA LENTE DÉCOMPOSITION » <br />Nous jugeons cette logique binaire mensongère et suicidaire. Il est faux qu’il n’y ait pas d’alternative que de soutenir aveuglément les institutions européennes ou bien de les rejeter entièrement. Excluant toute possibilité de réformer démocratiquement l’Union européenne, ce faux dilemme entre eurolâtres et euronihilistes ne peut conduire qu’à sa lente décomposition. Or, sans même évoquer les tensions et violences identitaires qui accompagneraient une telle décomposition, nous avons plus que jamais besoin de solidarités européennes pour faire face aux interdépendances des Etats dans des domaines tels que l’écologie, les migrations, les nouvelles technologies ou les équilibres géopolitiques dans le monde. <br />Notre propos n’est pas celui d’experts faisant la leçon aux peuples ou à leurs dirigeants. Il est celui de chercheurs d’opinions politiques diverses qui, étudiant le fonctionnement de l’Union européenne depuis différents Etats membres, partagent sur son fonctionnement un même diagnostic alarmant. <br /><h3><strong>Trahison des valeurs </strong></h3>La raison première de la désaffection croissante pour l’Union européenne est le divorce entre les valeurs dont elle se réclame et les politiques qu’elle conduit. Ces valeurs sont celles proclamées par la Charte des droits fondamentaux, selon laquelle « l’Union se fonde sur les valeurs indivisibles et universelles de dignité humaine, de liberté, d’égalité et de solidarité  elle repose sur le principe de la démocratie et le principe de l’Etat de droit ». Leur trahison concerne au premier chef le principe de démocratie, mais il est aussi évident s’agissant du principe de solidarité. <br />Le danger que la construction européenne faisait courir à la démocratie avait été dénoncé dès 1957 par Pierre Mendès France : « L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement “une politique”, au sens le plus large du mot, nationale et internationale. » Les faits lui ont malheureusement donné raison. <br />En 2009, dans sa décision relative au traité de Lisbonne, la Cour constitutionnelle allemande a dénoncé à son tour en termes limpides le défaut de démocratie de l’UE. La démocratie, a-t-elle rappelé, est un régime dans lequel « le peuple peut désigner le gouvernement et le pouvoir législatif au suffrage libre et égal. Ce noyau dur peut être complété par la possibilité de référendums sur des questions de fond (…). En démocratie, la décision du peuple est au centre de la formation et de l’affirmation du pouvoir politique : tout gouvernement démocratique connaît la crainte de perdre le pouvoir en cas de non-réélection. » Rien de tel n’existe dans l’Union, qui ne connaît pas d’élections permettant à une opposition de se structurer et d’accéder au pouvoir sur un programme de gouvernement. <br /><strong>« Fédéralisme exécutif postdémocratique » </strong><br />Dans un livre récent, un ancien membre de la Cour constitutionnelle allemande, l’éminent juriste Dieter Grimm, attribue ce défaut de démocratie à l’inscription dans les traités de choix de politiques économiques qui devraient normalement relever de la délibération (et de l’alternance) politique. Il résulte de cette « hyperconstitutionnalisation » qu’à rebours des valeurs et principes qu’elle proclame, l’Union est livrée à ce que Jürgen Habermas a nommé un « fédéralisme exécutif postdémocratique ». <br />Ce régime est celui qu’appelait de ses vœux dès 1939 l’un des théoriciens du néolibéralisme, Friedrich Hayek, selon lequel une fédération d’Etats fondée sur « les forces impersonnelles du marché » serait l’institution la mieux à même de mettre ces forces à l’abri des « interférences législatives » des gouvernements démocratiquement élus dans ses Etats membres (notamment en matière monétaire, sociale et fiscale), en dissolvant toute espèce de sentiment de solidarité, qu’elle soit sociale ou nationale. <br />« LA PRIMAUTÉ AUJOURD’HUI ACCORDÉE EN EUROPE AUX “FORCES IMPERSONNELLES DU MARCHÉ” CONDUIT À VOIR DANS LA SOLIDARITÉ UNE ENTRAVE, QUI DOIT ÊTRE ÉLIMINÉE OU RESTREINTE » <br />De fait, la corrosion des systèmes de solidarités, qu’il s’agisse des services publics, du droit du travail ou de la sécurité sociale, est l’un des effets les plus visibles de l’intégration européenne, et le premier facteur de sa désintégration. L’Union européenne trahit là aussi les valeurs dont elle se réclame, puisque la proclamation du principe de solidarité, étendu à la protection de l’environnement, a été l’aspect le plus novateur de la Charte des droits fondamentaux de l’UE. <br />Mais dès la fin des années 1990, divers auteurs (Joseph Weiler, Fritz Scharpf) avaient mis en évidence l’asymétrie à l’œuvre dans la construction européenne, entre, d’une part, sa capacité à démanteler les solidarités nationales au nom des libertés économiques et, d’autre part, son incapacité d’édifier des solidarités européennes assurant à cette construction légitimité politique et cohésion sociale. La primauté aujourd’hui accordée en Europe aux « forces impersonnelles du marché »conduit à voir dans la solidarité une entrave, qui doit être éliminée ou restreinte. <br />D’autant plus soumise aux lobbys qu’elle échappe au contrôle démocratique, l’Union européenne poursuit ainsi sa course au moins-disant social, fiscal et écologique entre les Etats. Ayant renoncé à édifier une « Europe sociale » et trahi sa promesse d’« égalisation dans le progrès des conditions de vie et de travail », elle a abaissé ses ambitions au niveau d’un « socle social », filet minimal de protection destiné à sauver de la noyade les naufragés de la « flexibilisation des marchés du travail » qu’elle promeut inlassablement. <br />La seule solidarité qui semble fonctionner efficacement en Europe est celle qui a permis de sauver, sans le réformer sérieusement, un système bancaire en faillite en l’inondant de liquidités, en transférant ses pertes sur les contribuables européens et en plongeant des pays entiers dans la misère. Sans qu’à aucun moment on semble n’avoir songé à demander des comptes à celle – Goldman Sachs – qui, dans le cas grec, avait contribué au maquillage des comptes publics. Il est vrai que nombre de dirigeants européens de premier plan sont issus de cette banque, qui s’est assurée en retour les services d’un ancien président de la Commission européenne. <br /><h3><strong>Paix durable et justice sociale </strong></h3>Contrairement aux illusions néolibérales, aucune société humaine ne peut perdurer sans solidarité et sans autre projet commun que la compétition entre ses membres. Faute d’être instituées démocratiquement, les solidarités ressurgissent sur des bases identitaires, ethniques ou religieuses, ouvrant la voie aux démagogues et aux violences. Partout dans le monde, aux Etats-Unis comme en Inde, au Royaume-Uni ou dans les autres pays européens, ces démagogues imputent aux étrangers les injustices sociales sur lesquelles ils prospèrent, sans s’attaquer à leurs causes économiques, car ils partagent le même credo néolibéral que les partisans de « l’ouverture ». <br />Réciproquement, ces derniers regardent l’attachement à la diversité des héritages historiques et culturels comme un archaïsme et promeuvent un monde uniforme et liquide, dont ils seraient les missionnaires inspirés. <br />« LE DÉTOUR ÉCONOMIQUE, QUI DEVAIT ÊTRE UN MOYEN DE RÉUNIFICATION POLITIQUE DE L’EUROPE, EST DEVENU SA FIN PRIMORDIALE » <br />L’expérience sanglante des deux guerres mondiales avait conduit la communauté internationale à affirmer à deux reprises, d’abord dans la Constitution de l’Organisation internationale du travail en 1919, puis dans la déclaration de Philadelphie en 1944, qu’« une paix durable ne peut être établie que sur la base de la justice sociale ». Cette paix durable était aussi le but poursuivi par les fondateurs de la Communauté économique européenne. <br />Mais ils ont usé pour l’établir du détour de l’établissement d’un marché commun, censé faire advenir spontanément un « espace de liberté, de sécurité et de justice ». Ce détour économique, qui devait être un moyen de réunification politique de l’Europe, est devenu sa fin primordiale, et la consécration juridique tardive d’autres valeurs a échoué à ce jour à mettre l’économie au service de la société. <br />La question se pose donc de savoir si les principes de dignité, de démocratie et de solidarité consacrés par la charte et les traités sont de la poudre aux yeux, un maquillage juridique destiné à donner un visage humain aux « forces impersonnelles du marché », ou bien s’il est encore possible de canaliser ces forces, d’« encastrer » le marché dans la société européenne, en les subordonnant à ces principes. C’est cette question essentielle qu’il faudrait débattre durant les prochaines élections européennes. Nous voulons croire qu’il est encore possible de réanimer l’Union européenne en assurant la primauté des idéaux qu’elle proclame sur la dogmatique économique et monétaire qui la conduit à sa perte. <br /><h3><strong>Une Europe des projets </strong></h3>L’UE ne retrouvera son crédit et sa légitimité que dans la mesure où elle s’affirme comme une Europe de la coopération plutôt que de la compétition. Une Europe prenant appui sur la riche diversité de ses langues et de ses cultures, au lieu de s’employer à les araser ou les uniformiser. Une Europe des projets, œuvrant à la solidarité continentale pour répondre aux défis – et à ceux-là seulement – qu’aucun Etat ne peut relever isolément. Cette solidarité doit s’exercer à la fois sur le plan interne, entre les Etats membres, et sur le plan externe, par des accords de coopération avec d’autres pays partageant des objectifs communs, à commencer par ses voisins les plus proches. <br />Forte de son pouvoir de marché, l’UE est seule en mesure de lutter contre ce que Franklin Roosevelt nommait « l’argent organisé », de séparer les banques de dépôt et d’investissement et de limiter leur pouvoir de création monétaire. Elle seule peut imposer aux opérateurs économiques de toutes nationalités qui opèrent sur le continent des règles à la hauteur de la gravité des périls écologiques, de la flambée des inégalités, de la concurrence fiscale mortifère qui conduit à la dégradation des équipements et services publics et des infrastructures routières et ferroviaires. Elle seule peut créer un cadre juridique commun favorisant l’essor, entre les Etats et le marché, de l’économie sociale et solidaire, des biens communs et des multiples formes de la solidarité civile. <br />Dans le domaine technologique, elle seule est en mesure de soutenir des champions européens susceptibles de préserver les libertés publiques en luttant contre les monopoles aujourd’hui exercés par les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), et demain par des entreprises chinoises. Elle seule pourrait se doter d’un parquet ayant les moyens de répliquer à l’imposition extraterritoriale du droit américain aux entreprises européennes. <br />Elle seule a les moyens de conclure avec les pays d’Afrique un partenariat stratégique qui, au lieu de les engager de force dans les impasses écologiques et sociales du néolibéralisme, leur permette de définir eux-mêmes les voies d’un développement durable fondé sur le meilleur de leur héritage culturel. Elle seule peut, sur cette base, répondre de façon équilibrée à la question migratoire, d’une part en ne cédant rien aux démagogues sur le respect intransigeant de la dignité et des droits des migrants et des demandeurs d’asile, et d’autre part en œuvrant à la réalisation du droit, que l’on soit sénégalais, italien, malien, tunisien ou grec, à vivre décemment de son travail sans avoir à s’exiler. <br /></div><div><br /><h3><strong>Approfondissement de la démocratie </strong></h3>Une telle refondation de l’Union sur les principes qu’elle proclame et les traditions constitutionnelles communes aux Etats membres a pour condition première non seulement une restauration, mais aussi un approfondissement de la démocratie à tous les niveaux – local, national et européen – de la délibération politique. Des idées très stimulantes ont été avancées en ce sens, telles celles de Michel Aglietta et Nicolas Leron, qui, revenant aux sources mêmes de la démocratie représentative (no taxation without representation), proposent de doter l’Union de ressources budgétaires propres (notamment par une taxation des transactions financières) allouées à des objectifs de développement durable fixés et contrôlés par le Parlement européen, et de rendre symétriquement aux Etats leurs propres capacités budgétaires, sans lesquelles leur vie démocratique est privée de substance. <br />« SANS UNE TELLE RENAISSANCE DÉMOCRATIQUE, LES “ÉLITES DIRIGEANTES” CONTINUERONT DE SE COUPER DE LA VIE DES PEUPLES ET D’EN FAIRE LA PROIE DES DÉMAGOGUES » <br />Cette perte de substance affecte aujourd’hui par ricochet toutes les formes de démocratie locale et de démocratie sociale, dont les ressources sont asséchées par des gouvernements n’ayant d’autre boussole que la gouvernance par les nombres
qui régit l’Eurozone. Ainsi que l’a souligné Etienne Balibar, ce n’est donc pas un retour ou une restauration des formes traditionnelles de la démocratie qu’il faudrait viser, mais une véritable renaissance de cette dernière à tous les niveaux de la vie politique. Sans une telle renaissance démocratique, les « élites dirigeantes » continueront de se couper de l’expérience infiniment riche et diverse de la vie des peuples et d’en faire la proie des démagogues. </div><div><br /><strong>Signataires : </strong><br />Andrea Allamprese, professeur à l’université de Modène et Reggio Emilia  Irena Boruta, ancienne professeur à l’université Cardinal Stefan Wyszynski à Varsovie, ancienne membre du comité de négociateurs pour l’adhésion de la Pologne à l’Union européenne (1998-2001)  Laurence Burgorgue-Larsen, professeure à l’école de droit de la Sorbonne  Maria Emilia Casas Baamonde, ancienne présidente du Tribunal constitutionnel espagnol, présidente de l’Association espagnole de droit du travail et de la sécurité sociale  Christina Deliyanni Dimitrakou, professeure à l’université Aristote de Thessalonique, secrétaire du Centre de droit économique international et européen  Franciszek Draus, chercheur en sciences politiques  Gaël Giraud, directeur de recherche au CNRS  Ota de Leonardis, professeure à l’université de Milano Bicocca, directrice du Centre de recherche en sociologie de l’action publique Sui Generis  Paul Magnette, professeur de sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles, ancien ministre-président de la Wallonie Alexandre Maitrot de la Motte, professeur à l’université Paris-Est Créteil  Antonio Monteiro Fernandes, professeur à l’Institut universitaire de Lisbonne  Ulrich Mückenberger, professeur émérite à l’université de Hambourg, directeur de recherche à l’université de Brême  Béatrice Parance, professeure à l’université Paris-VIII-Vincennes Saint-Denis ;Etienne Pataut, professeur à l’école de droit de la Sorbonne  Alain Supiot, professeur au Collège de France (chaire Etat social et mondialisation : analyse juridique des solidarités)  Claude-Emmanuel Triomphe, conseiller du Haut-Commissaire à l’engagement civique français  Fernando Vasquez, ancien membre de la direction des affaires sociales de la Commission européenne, consultant en affaires européennes. <br /> <br /><br /></div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?IlEstEncorePossibleDeReanimerLunionEuro">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-01-27" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="InegalitesInsupportables" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,questionner_les_leviers_de_la_redistribution" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-08 12:29:07" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_InegalitesInsupportables"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Inégalités insupportables </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_InegalitesInsupportables" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>27/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Inégalités insupportables </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema questionner_les_leviers_de_la_redistribution">
                      Redistribuer les richesses 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    Le juge à la cour suprême des Etats-Unis Louis Brandeis (1856-1941) déclara à Franklin D.Roosevelt au début du New Deal : «Nous devons faire un choix. Nous pouvons avoir la démocratie, ou nous pouvons avoir une richesse concentrée entre les mains de quelques- uns. Mais nous ne pouvons pas avoir les deux. » cité par Lewis Lapham, dans un article du Monde du 7 janvier 2017 intitulé « Trump, le président d’une démocratie dévoyée ».  Le collectif Roosevelt dans son petit livre « Stop au chômage et à la régression sociale » de 2016 souligne que « l’économie française a doublé sa production (+113%) avec 4% de travail en moins (gains de productivité) entre 1974 et 2013 selon l’INSEE : on produit beaucoup plus de richesse avec moins de travail. Mais dans le même temps la population active est passée de 22,4 à 28,62 millions de personnes (+28%) ». Question : Si cette richesse n’a pas servi à combattre le chômage, où est-elle allée ? « Au niveau mondial, les inégalités économiques se sont fortement accrues ces quarante dernières années. Selon le rapport publié par l’association Oxfam en janvier 2016, qui s’appuie sur les estimations du Crédit suisse, les 1% les plus riches ont désormais accumulé autant de richesses que le reste de la population. En 2015, 62 personnes possédaient à elles seules les mêmes richesses que 3,5 milliards de personnes (soit la moitié la plus pauvre de l’humanité) Depuis le début du XXIème siècle, la moitié la plus pauvre de la population mondiale a bénéficié de seulement 1% de l’augmentation totale des richesses mondiales, alors que les 1% les plus riches se sont partagé la moitié de cette hausse »  « On constate que la France n’a pas échappé à cette tendance puisque, toujours selon l’organisation Oxfam, les 10% les plus riches ont accaparé 54% de l’augmentation des richesses entre 2000 et 2015. De 2008 à 2012 les revenus des 30% les plus riches ont progressé alors que ceux des 40% les plus pauvres ont diminué sous l’effet de la montée du chômage et de l’explosion des très hauts revenus ».  La part de richesses croissante que prélèvent les actionnaires explique également la recrudescence des inégalités en France. A la fin des années 1980, toutes les entreprises non financières (et donc pas seulement celles du CAC 40) distribuaient en moyenne 30% de leurs bénéfices en dividendes  en 2012 elles en reversaient 85% ! ».  Antoine Garapon, directeur de la rédaction de la Revue Esprit écrivait : « La globalisation génère d’immenses inégalités, ce qui rend crucial l’enjeu de la fiscalité et des commons (biens communs comme l’eau ou les forêts) » Fiscalité et communs seront des thèmes sur lesquels reviendra l’ECC.        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?InegalitesInsupportables">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2022-11-02" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="IntentionsEtEngagementsPartagesVersUnArch" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_participative_en_progression" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-08 12:37:43" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_IntentionsEtEngagementsPartagesVersUnArch"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Intentions et engagements partagés vers un archipel des confluences ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_IntentionsEtEngagementsPartagesVersUnArch" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/11/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Intentions et engagements partagés vers un archipel des confluences ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div></div><h3><strong>Intentions et engagements</strong></h3><div>Une cinquantaine de personnes réunies à Sète du 20 au 23 octobre 2022 durant l’Université d’Utopia, issues de nombreux réseaux et collectifs ont partagé durant 3 jours leurs expériences et enjeux. </div><div>Elles ont décidé d’adresser une invitation à créer un nouvel archipel dont voici le premier texte martyr, qu’elles proposent de partager et mettre au débat. </div><div><br /><h3><strong>Notre raison d’être</strong></h3></div><div>Face aux urgences du monde, multiples et inquiétantes, nous avons besoin que la société civique s&apos;organise pour rendre visible les multiples initiatives et leur donner force et puissance, les faire confluer, opérer une bascule en faisant système. </div><div><br /><h3><strong>Un nom provisoire et des premières confluences</strong></h3></div><div>Nous proposons de reconnaître un Archipel des confluences. </div><div>Des membres issus de l’archipel citoyen Osons les jours heureux, les convivialistes, l&apos;archipel de l&apos;écologie et des solidarités, le mouvement Utopia, et l’archipel des lucioles, s’engagent à lancer ce processus au sein de nos mouvements comme auprès d’autres collectifs, organisations, associations. </div><p>Nous sommes prêts à composer un premier équipage et à y accueillir des bonnes volontés dans chaque port. </p><div><br /><h3><strong>Pour faire quoi ? </strong></h3></div><div>Notre Archipel souhaite intervenir en tant que facilitateur, plutôt qu’organisateur, des confluences transformatrices de notre modèle de société. </div><div>Et d&apos;abord transmettre. </div><div>Transmettre nos savoirs, académiques, techniques ou expérientiels. </div><div>Transmettre nos retours d&apos;expériences singuliers et collectifs. </div><div>Transmettre enfin les liens et les relations que nous avons dans de nombreux réseaux d&apos;acteurs, internationaux, nationaux ou locaux. </div><div>Et se mettre à la disposition des nouvelles générations qui vivront et porteront demain un changement radical. </div><div>Inscrit dans une démarche d’éducation populaire, transmettre et recevoir permettront d’amplifier les confluences et de renforcer nos identités-relations comme nos identités-racines. Nous nous reconnaissons comme des tisserands, des explorateurs ou des catalyseurs. </div><div>Investis dans de nombreuses expériences, nous souhaitons soutenir et développer les initiatives qui procèdent d’une rationalité nouvelle fondée sur la préservation de l’habitabilité de la planète, une prospérité sobre et le développement humain équitable (féminisme, éco-syndicaliste, économie plurielle, défense du vivant et de la biodiversité, agroécologie et alimentation saine, nouvel imaginaire politique, dialogues en humanité et altermondialisme…). </div><div><br /></div><div>Les tisserands peuvent être à titre individuel investis dans des partis, des syndicats, des organisations de l’ESS, ou tout autre collectif. L&apos;Archipel des confluences en tant que tel, son lagon et son voilier-atelier n&apos;ont pas vocation à être un acteur direct de plus dans le champ des partis et des associations de terrain. </div><div>Nous contribuons au renforcement de la société civique, à sa visibilisation comme acteur politique animant des relations inscrites dans un récit partagé d&apos;écologie et de solidarités. </div><div>Ces confluences de pratiques citoyennes nourrissent localement des expérimentations anticipatrices de la société que nous voulons, questionnent des pratiques professionnelles et contribuent à des enjeux électoraux. </div><div>Elles contribueront à produire des stratégies de transformation, de conquête et d’exercice de tous pouvoirs y compris institutionnel. </div><div>Elles visent à faire circuler entre toutes les générations et tous les territoires, des expériences permettant d’être à la hauteur des enjeux pressants et dramatiques de la mutation civilisationelle que nous vivons. </div><div><br /><h3><strong>Comment ? </strong></h3></div><div>Nous proposons la forme d&apos;un archipel, un nouvel imaginaire pour nous organiser. </div><div>Il se situe dans un océan où affluent des courants d&apos;idées, de cultures, de savoirs. Ces confluences irriguent nos histoires, nos expériences, et nos luttes. </div><div>Cet archipel des confluences, ce sont des îles, des voiliers-ateliers et des pirogues. </div><div>Des personnes s’engagent à tisser les liens pour nourrir les identités relations, certains explorent pour connaître et reconnaître ces initiatives quand d&apos;autres souhaitent les catalyser pour les renforcer. </div><div>Tisserands, explorateurs et catalyseurs sont les premières fonctions nécessaires à animer cet Archipel des confluences. </div><div>Nos principes d&apos;action s’inspirent de ceux décrits dans le Second Manifeste convivialiste. </div><div>- Le principe de commune naturalité</div><div>- Le principe de légitime individuation</div><div>- Le principe de commune socialité</div><div>- Le principe de commune humanité</div><div>- Le principe d’opposition maîtrisée et constructive</div><div></div><div>Ces principes sont subordonnés à un impératif catégorique de lutte contre la démesure, l’hubris. </div><div><br /><h3><strong>Premiers engagements</strong></h3></div><div>A Sète, nous nous engageons dans le début d’un processus de confluence. </div><div>Nous nous engageons dans un état d’esprit fondé sur : </div><div>- L’écoute, le respect réciproque et la bienveillance</div><div>- L’équilibre des rapports de genre dans nos travaux</div><div>- L’utilisation d’un langage accessible à tous et empreint d’un nouvel imaginaire autour de l’Archipel. En s’appuyant sur la pensée d’Edouard Glissant, la poésie est un chemin qui donne aux mots à la fois un ancrage corporel et un horizon imaginaire, à la fois fois singulier et universel. </div><div></div><div>Pour nous donner de la puissance, nous nous engageons à contribuer à la cartographie de l&apos;ensemble de nos ressources, du quartier à la planète afin de créer notre premier commun. </div><div>A partir de ces liens, nous faisons apparaitre au sein de l&apos;Archipel de nouvelles îles ou lagons, de nouvelles organisations ou de nouvelles alliances. </div><div>A partir de ces alliances, nous lançons une pirogue pour imaginer une campagne autour de Cahiers d&apos;espérance en y invitant nos mouvements comme bien d’autres, le mouvement des Colibris, le Labo de l&apos;ESS, le Collectif de la transition citoyenne, le Pacte du pouvoir de vivre, l’Alliance écologique et sociale, la Fabrique des transitions, l’Association des maires ruraux de France…</div><div>Pour rendre possible cette intention, nous lançons un processus permettant la confluence de nos ressources et de nos moyens humains, juridiques et financiers. Même si notre objectif est de révéler l’existence d&apos;autres formes économiques que celle du marché, l&apos;argent n&apos;est pas pour nous un tabou. Il peut être un levier, parmi d&apos;autres, pour concrétiser notre raison d&apos;être. </div><div>En questionnant le rapport moyens objectifs, nous prenons l&apos;initiative de mettre à l&apos;eau nos premières pirogues : </div><div>- Nos retours d&apos;expériences</div><div>- Points aveugles</div><div>- Les risques nucléaires civils et militaires</div><div>- L&apos;écosystème</div><div>- La question européenne</div><div>- L&apos;Encyclopédie du changement de cap</div><div></div><h3><strong>A Sète, qui prend la mer ? </strong></h3><div>A Sète, le 23 octobre 2022, un premier navire atelier prend la mer, composé de tisserands, d’explorateurs et de catalyseurs, qui souhaitent intégrer l’équipage ? </div><div><br />Venez nous rejoindre en nous contactant sur</div><div><strong>contact@archipel-confluences.org<br /></strong><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?IntentionsEtEngagementsPartagesVersUnArch">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2018-10-20" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LaDemocratieEtLargentSelonJuliaCage" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_representative_en_question" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-15 10:21:25" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_LaDemocratieEtLargentSelonJuliaCage"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              La démocratie et l’argent selon Julia Cagé </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_LaDemocratieEtLargentSelonJuliaCage" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>20/10/2018</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">La démocratie et l’argent selon Julia Cagé </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_representative_en_question">
                      Une démocratie représentative en question 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><div style="text-align:center;"><i>Cet article est une reproduction de l&apos;article paru dans Libération, le 7 septembre 2008, comportant l&apos;Interview de Julia Cagé, par Sonya Faure,</i></div><i></i><div style="text-align:center;"><i><i>Il nous a semblé utile de le reproduire ici en effet cette réflexion éclaire le fait que le changement de cap implique d&apos;autres orientations en matière de démocratie. En effet, cet ouvrage démontre que la logique néolibérale de l&apos;argent-roi gangrène au-delà de l&apos;économie l&apos;ensemble de la société, et, singulièrement, notre système politique.</i></i></div><i></i><br /><br /><br /><br />Dans son dernier livre Le prix de la démocratie (Ed. Fayard), Julia Cagé soutient, chiffres inédits à l’appui, que l’argent a un rôle déterminant dans le résultat d’une élection. Pire : l’Etat subventionne davantage les orientations politiques des plus aisés, favorisant ainsi les partis de droite. Les plus pauvres paient pour satisfaire les préférences politiques des plus riches.<br />Après avoir étudié le financement des médias (Sauver les médias, Le Seuil, 2015), l’économiste, professeure à Sciences-Po Paris, poursuit son exploration des ressorts et des inégalités de notre système représentatif. A partir d’une base de données inédite des financements publics et privés de la vie politique, aux Etats-Unis, en France ou ailleurs en Europe, elle démontre dans son dernier livre, le Prix de la démocratie (Fayard), que ces questions, en apparence techniques, pourraient bien avoir leur rôle dans le sentiment d’abandon des classes moyennes et populaires, et dans la montée des populismes (1). Car, non seulement l’expression politique est capturée par les intérêts privés des plus riches, mais cette confiscation peut avoir un sacré impact sur le résultat des élections. En France, depuis les années 90, le financement de la vie politique est fondé sur quelques grands principes : les dons des particuliers sont encadrés (pas plus de 7 500 euros pour les partis par individu et par an, pas plus de 4 600 euros par élection)  les entreprises ne peuvent verser des fonds aux candidats  en contrepartie, l’Etat finance une grande partie de la vie politique. Un système bien imparfait, révèle Julia Cagé, qui subventionne en réalité les préférences politiques des plus riches et favorise donc les partis de droite.<br /><br /><strong>«Qui paie gagne», écrivez-vous : en France aussi, l’argent fait l’élection. Cela explique l’improbable accession au pouvoir d’Emmanuel Macron, candidat sans parti ni élu ?<br /></strong>C’est un cas exemplaire. J’ai commencé à travailler sur le financement de la vie politique en 2014. L’une de mes hypothèses était qu’il fallait une réforme urgente du système de financement public des partis politiques, car il favorise l’immobilisme : l’argent donné par l’Etat aux candidats dépend des résultats obtenus aux dernières législatives. Ça ne permet pas l’émergence de nouveaux mouvements… sauf à attirer suffisamment de dons privés pour compenser ce handicap. Ce n’était encore jamais arrivé en France. C’est exactement ce que Macron a réussi à faire. Fin 2016, En marche !, né en avril, a déjà réuni 4,9 millions d’euros de dons privés. Contre 7,45 millions d’euros pour Les Républicains et seulement 676 000 euros pour le PS. L’innovation politique ne peut pas naître sans être financée. Or, dans toutes les démocraties occidentales, les dons privés vont d’abord aux partis conservateurs qui prônent une politique économique favorable aux plus aisés.<br /><br /><strong>Quel est le profil des donateurs ?<br /></strong>On pourrait imaginer que les classes populaires donnent massivement, même pour de faibles montants. Ce n’est pas le cas. En France - comme aux Etats-Unis, en Italie ou en Grande Bretagne -, ce sont les plus aisés qui financent la vie politique. Ils ne sont d’ailleurs pas nombreux. Chaque année, seuls 290 000 foyers fiscaux français font un don, 0,79 % des Français adultes. Mais si on regarde parmi les 0,01 % des Français aux revenus les plus élevés, on s’aperçoit que 10 % d’entre eux font un don. Et ces 0,01 % des Français les plus riches versent en moyenne 5 245 euros par an. Les 50 % des Français les plus pauvres donnent, eux, quand ils donnent, seulement 120 euros par an en moyenne. Mais le scandale, c’est que les dons privés des plus aisés sont financés par l’ensemble des citoyens.<br /><br /><strong>Pourquoi ?<br /></strong>Il existe trois formes de financements publics de la démocratie. La première, c’est celui des partis politiques, déterminé tous les cinq ans en fonction des résultats aux législatives : il s’élève à 63 millions d’euros. La deuxième, c’est le remboursement des dépenses de campagnes : 52 millions d’euros par an en moyenne. Et la troisième, dont on ne parle jamais, ce sont les déductions fiscales : votre don à un parti politique est remboursé à 66 %, par le biais d’une réduction d’impôt. Ces réductions représentent 56 millions d’euros par an pour les seuls dons aux partis politiques ! 56 millions d’euros offerts à seulement 290 000 individus qui ont choisi de financer un parti ? Même pas ! Car on ne peut bénéficier de déductions d’impôt… que si on paie l’impôt sur le revenu, ce qui n’est le cas que d’un Français sur deux. Pour le dire autrement si vous êtes parmi les 10 % des Français les plus fortunés, et que vous faites un don de 7 500 euros, celui-ci vous reviendra au final à 2 500 euros. Et le coût de votre don pour l’ensemble des citoyens sera de 5 000 euros. Mais, si vous êtes smicard, étudiant ou travailleur précaire, et que vous donnez 600 euros à un parti, votre générosité vous reviendra à… 600 euros, puisque vous n’êtes pas imposable sur le revenu. Bref, en France, les plus pauvres paient pour satisfaire les préférences politiques des plus riches.<br /><br /><strong>Le financement de la vie politique expliquerait la «droitisation» des gauches occidentales ?<br /></strong>Si tous les partis et les candidats recevaient autant de financements privés, ce ne serait pas forcément problématique. Mais ce n’est pas le cas. Les Républicains touchent en moyenne, en France, 11 fois plus de dons privés que le Parti socialiste. On retrouve exactement le même déficit dans les autres pays. Or, on s’aperçoit qu’au Royaume-Uni avec Tony Blair, aux Etats Unis avec Hillary Clinton, en Italie avec Renzi, les partis de gauche se sont engagés dans une course aux financements privés. Ils abandonnent leur électorat populaire pour promouvoir des politiques économiques favorables aux plus aisés.<br /><br /><strong>Un parti peut-il vraiment «acheter» les électeurs ?<br /></strong>J’ai analysé, avec Yasmine Bekkouche, doctorante à l’Ecole d’économie de Paris, toutes les élections municipales et législatives en France depuis 1993. Le résultat est net : statistiquement, en moyenne, les candidats les plus dotés et qui dépensent le plus remportent les élections. Bien sûr il y a des exceptions - le cas de Benoît Hamon à la présidentielle le prouve. J’ai estimé le prix d’un vote à 32 euros. Si un candidat met 32 euros de plus que son concurrent dans une campagne, il récolte une voix de plus. Au fond, ce n’est pas très cher un vote…<br /><br /><strong>Comment expliquer que l’argent ait un tel rôle ?<br /></strong>Les meetings coûtent chers, comme les frais de transports, les conseils en communication et toutes les stratégies qui reposent sur l’utilisation des big datas. Cette utilisation des réseaux sociaux a d’ailleurs un effet pervers. Dans un monde où un candidat pourrait cibler ses électeurs, et si quelques milliardaires peuvent aider une campagne plus sûrement que des milliers d’électeurs, c’est sur cette poignée de personnes qu’il ciblera sa campagne. Encore une fois, les politiques risquent de se couper des classes populaires et moyennes.<br /><br /><strong>Vous dites que les donateurs de Macron «en ont eu pour leur argent» avec la suppression de l’ISF. N’est ce pas un peu rapide ?<br /></strong>Derrière la formule, il y a une évidence : une personne soumise à l’ISF qui a donné 7 500 euros à la République en marche, ce qui lui est revenu à 2 500 euros, et qui voit l’ISF supprimé a effectivement fait un bon investissement. Le politiste américain Martin Gilens a comparé les souhaits des citoyens américains exprimés dans les sondages depuis 1950 (sur la politique économique, étrangère ou sociale), à leur niveau de revenus, et aux politiques effectivement mises en œuvre. Il montre que lorsqu’il y a divergence entre les Américains les plus riches et la majorité des citoyens, les gouvernements tranchent systématiquement en faveur des 1 % les plus riches.<br /><br /><strong>Que proposez-vous pour y remédier ?<br /></strong>Certainement pas de supprimer tout financement public des partis. La démocratie a un prix. Si ce coût n’est pas porté de manière égalitaire par l’ensemble des citoyens, il sera capturé par les intérêts privés. Il faut au contraire renforcer le financement public de la démocratie. Je propose la création de «Bons pour l’égalité démocratique». Il ne s’agit pas de dépenser plus, mais autrement : tous les ans, en cochant une case sur sa feuille d’impôt, chaque citoyen aura la possibilité d’allouer 7 euros au mouvement politique de son choix. Il ne les sort pas de sa poche, mais il demande à l’Etat de donner 7 euros du fonds pour le financement des partis à celui de son choix.<br /><br /><strong>Et quand on est abstentionniste ou antiparti ?<br /></strong>Alors vos 7 euros sont donnés en fonction des résultats aux dernières législatives. C’est une manière de favoriser l’émergence de nouveaux mouvements, et c’est égalitaire : un même montant fixe est alloué à chaque citoyen.<br /><br /><strong>Vous supprimez les dons privés ?<br /></strong>Je les limite à 200 euros par an, c’est déjà beaucoup par rapport au revenu moyen français. Si on cherche l’égalité politique, on ne peut pas permettre aux citoyens de donner 7 500 euros à un parti puisque c’est un geste impossible à beaucoup.<br /><br /><strong>Vous prônez également la création d’une « Assemblée mixte » où seraient mieux représentés les ouvriers et les employés. Comment sera-t-elle élue ?<br /></strong>Le Congrès américain compte moins de 5 % d’ouvriers et d’employés alors qu’ils représentent la moitié de la population. Aucun ouvrier ne siège aujourd’hui à l’Assemblée nationale française. Je propose de laisser inchangées les règles de l’élection des deux tiers des députés. Mais qu’un tiers de l’Assemblée soit élu à la proportionnelle intégrale, par scrutin de liste, où sera imposée une moitié de candidats ouvriers, employés, chômeurs ou travailleurs précaires. Comme pour la parité entre hommes et femmes il faut se saisir des outils de l’Etat de droit pour imposer l’égalité démocratique.<br /><br />(1) Voir aussi le site Leprixdelademocratie.fr, où sont recensées toutes les données du livre et où l’on peut «tester» les hypothèses de Julia Cagé sur son propre député.<br /><br /><br /></div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LaDemocratieEtLargentSelonJuliaCage">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2017-08-11" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LaiciteSelonAlainBentolila" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_demoncratie_laique_en_tension" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-15 10:50:31" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_LaiciteSelonAlainBentolila"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Laïcité selon Alain Bentolila </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_LaiciteSelonAlainBentolila" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>11/08/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Laïcité selon Alain Bentolila </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_demoncratie_laique_en_tension">
                      Une démocratie laïque en tension 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h2>Laïcité</h2> Alain Bentolila est un linguiste professeur a l&apos;universite Paris Descartes. Il dédicace son livre L&apos;école contre la barbarie (First éditions 2016) à ses amis chercheurs associés au Centre International de Formation à Distance de Paris Descartes qui se battent à ses côtés pour une école plus juste et plus résistante. Il est l&apos;auteur d&apos;une vingtaine d&apos;ouvrages concernant notamment l&apos;illettrisme des jeunes adultes. Il considère que l&apos;école peut retirer des bénéfices considérables de la différenciation pédagogique en termes de justice et d&apos;efficacité. Il donne l&apos;exemple d&apos;un dispositif qui fonctionne aujourd&apos;hui dans plus de vingt mille classes et qui permet aux enseignants de procéder  à une analyse régulière des acquis de chaque élève. &gt Nous voulons attirer l&apos;attention sur un chapitre de ce livre au titre provocateur : L&apos; école doit réconcilier laïcité et spiritualité. Dans ce chapitre, l&apos;auteur considère que la question du divin par l&apos;étude objective de ses textes devra avoir toute sa place en se distinguant clairement de l&apos;instruction religieuse.L&apos; étude des récits qui de Zeus à Yahve, à Jésus ou Allah se répondant les uns aux autres, pourront participer à l&apos;élévation spirituelle ouverte et tolérante de nos élèves. Aucun texte, fut-il sacré, n&apos;échappera au questionnement et à l&apos;interprétation des élèves. Bien au contraire ils les soumettront à leur compréhension. L&apos;école devra permettre de soumettre tous les textes à l&apos;analyse et à  l&apos;interprétation. Citons la dernière phrase de ce chapitre. Si l&apos;école renonçait à donner un sens laïc à la spiritualité&apos;, elle laisserait s&apos;avancer, de plus en plus nombreux,cachés sous le masque du sacré, recruteurs et marchands de mort .         
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LaiciteSelonAlainBentolila">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2017-09-19" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LaNecessaireSeparationDeLaReligionEtDuP" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_demoncratie_laique_en_tension" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-15 10:59:06" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_LaNecessaireSeparationDeLaReligionEtDuP"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              La nécessaire séparation de la religion et du pouvoir politique selon Tocqueville </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_LaNecessaireSeparationDeLaReligionEtDuP" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>19/09/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">La nécessaire séparation de la religion et du pouvoir politique selon Tocqueville </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_demoncratie_laique_en_tension">
                      Une démocratie laïque en tension 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    Dans le second tome de la démocratie en Amérique, dans un passage du chapitre des principales causes qui rendent la religion puissante en Amérique, Tocqueville expose les raisons pour lesquelles la religion doit rester séparée du pouvoir politique.     Lorsqu&apos;une religion ne cherche à fonder son empire que le désir d&apos;immortalité qui tourmente également le cœur de tous les hommes, elle peut viser à l&apos;universalité mais quand elle vient à s&apos;unir à un gouvernement, il lui faut adopter des maximes qui ne sont applicables qu&apos;à certains peuples. Ainsi donc, en s&apos;alliant à un pouvoir politique, la religion augmente sa puissance sur quelques-uns, et perd l&apos;espérance de régner sur tous.  Tant qu&apos;une religion ne s&apos;appuie que sur des sentiments qui sont la consolation de toutes les misères, elle peut attirer à elle le cœur du genre humain. Mêlée aux passions amères de ce monde, on la contraint quelquefois à défendre des alliés que lui a donnés l&apos;intérêt plutôt que l&apos;amour et il lui faut repousser comme adversaires des hommes qui souvent l&apos;aiment encore, tout en combattant ceux auxquels elle s&apos;est unie. La religion ne saurait donc partager la force matérielle des gouvernants, sans se charger d&apos;une partie des haines qu&apos;ils font naître.  Les puissances politiques qui paraissent le mieux établies n&apos;ont pour garantie de leur durée que les opinions d&apos;une génération, les intérêts d&apos;un siècle, souvent la vie d&apos;un homme. Une loi peut modifier l&apos;état social qui semble le plus définitif et le mieux affermi, et avec lui tout change.  Les pouvoirs de la société sont tous plus ou moins fugitifs, ainsi que nos années sur la terre ils se succèdent avec rapidité comme les divers soins de la vie et l&apos;on n’a jamais vu de gouvernement qui se soit appuyé sur une disposition invariable du cœur humain, ni qui ait pu se fonder sur un intérêt immortel.  Aussi longtemps qu&apos;une religion trouve sa force dans des sentiments, des instincts, des passions qu&apos;on voit se reproduire de la même manière à toutes les époques de l&apos;histoire, elle brave l&apos;effort du temps, ou du moins elle ne saurait être détruite que par une autre religion. Mais quand la religion veut s&apos;appuyer sur les intérêts de ce monde, elle devient presque aussi fragile que toutes les puissances de la terre. Seule, elle peut espérer l&apos;immortalité liée à des pouvoirs éphémères, elle suit leur fortune, et tombe avec les passions d&apos;un jour qui les soutiennent.  En s&apos;unissant aux différentes puissances politiques, la religion ne saurait donc contracter qu&apos;une alliance onéreuse. Elle n&apos;a pas besoin de leur secours pour vivre, et en les servant elle peut mourir.            
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LaNecessaireSeparationDeLaReligionEtDuP">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-07-03" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N31LappelDes150CitoyensDeLaConventi" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-29 10:48:34" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_N31LappelDes150CitoyensDeLaConventi"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
               L’appel des 150 citoyens de la Convention Citoyenne pour le Climat  </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_N31LappelDes150CitoyensDeLaConventi" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>03/07/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre"> L’appel des 150 citoyens de la Convention Citoyenne pour le Climat  </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br />Nous nous devions de prendre position sur les conclusions de la Convention Citoyenne, et les perspectives ouvertes dans l’avenir. Ce fut l’occasion pour nous de constater qu’un accord sur la direction générale qu’il faut prendre pour aller vers un autre cap n’empêchait pas des désaccords sur le chemin qui y mène. C’est le cas cette fois, et c’est pourquoi nous vous proposons, séparément, l’analyse de chacun des responsables actuels de l’ecap, Guy Roustang et Maurice Merchier. Nous reviendrons sur ce désaccord qui soulève la question de l’intérêt ou non de ces conventions citoyennes dont E.Macron a annoncé qu’il y en aurait d’autres. Nous accueillerons bien volontiers les points de vue de ceux qui souhaiteraient s’exprimer à cet sujet. <br /><br /><h3><strong>Une convention citoyenne, heureuse contribution à notre démocratie</strong> </h3><br />Ces 150 citoyennes et citoyens qui ont travaillé pendant neuf mois viennent de remettre leur rapport de 600 pages au gouvernement. La question qui leur était posée était la suivante : « Comment réduire d’au moins 40% par rapport à 1990 les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2030, dans le respect de la justice sociale ? » c’est-à-dire avec une attention particulière pour les plus fragiles.<br />Dans leur introduction qui s’adresse à tous les français, ils déclarent qu’ils ne sont pas des experts mais des citoyennes et des citoyens comme les autres, représentatifs de la diversité de la société : 150 femmes et hommes âgés de 16 à 80 ans, de toutes origines et professions. Durant neuf mois, au cours d’une demi-douzaine de W.E. prolongés, ils nous disent qu’ils ont vécu « une expérience inédite et intense, qui nous a amenés à prendre conscience de l’impérieuse nécessité d’un changement profond de l’organisation de notre société et de nos façons de vivre. Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique : la Terre peut vivre sans nous, mais nous ne pouvons pas vivre sans elle ». Ils souhaitent que tous les français prennent conscience comme eux des dangers et des enjeux du réchauffement climatique.<br />Voilà donc une expérience de démocratie participative qui vient compléter la démocratie représentative, celle d’élus au suffrage universel dans les communes, les régions, à l’Assemblée Nationale et au Sénat.</div><div><br />Dans leur adresse aux français, les 150 expliquent : « Nous nous sommes nourris d’échanges avec des experts, et des représentants économiques, associatifs et publics, afin d’être en capacité de rédiger des mesures concrètes, en connaissance de cause et en toute indépendance ».<br />Tout cela est sans doute étonnant pour les sceptiques à l’égard de la démocratie participative ? Pas pour un lecteur assidu de l’Eccap (!!!) qui y trouvera une <a href="https://eccap.fr/article/conventions-citoyennes/5b46a3fcfb5df6001410fed6">interview de J.Testart.</a> Lorsque le journaliste lui dit « Pour définir le bien commun hors de toute influence des lobbys, vous prônez la mise en place de conventions citoyennes ». J.Testart répond : « j’ai été frappé de voir comment de simples citoyens, tirés au sort et investis sur plusieurs mois d’une réelle mission, étaient capables du plus haut niveau d’intelligence collective. Et d’altruisme. Et d’empathie. A moi qui suis plutôt pessimiste, cela a confirmé qu’il y a chez tout un chacun un potentiel d’humanité qui est gâché la plupart du temps. C’est une expérience qui m’a réconcilié avec l’homme, et qui propose un vrai projet de société. Je le reconnais, je suis devenu un obsédé des conventions de citoyens ! »[1]<br />De même le professeur J.C.Ameisen, médecin et immunologiste qui a présidé pendant 4 ans le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) a déclaré à propos de la conférence des citoyens sur la fin de vie que tous les participants avaient dit : « avoir vécu une expérience extraordinaire, qui avait changé leur vie…c’était assez bouleversant. » J.C.Ameisen poursuit : « Si une vingtaine de citoyens tirés au sort peuvent réfléchir et proposer une réflexion originale sur un sujet tel que la fin de vie, cela veut dire que n’importe quel groupe de citoyens … sur n’importe quel thème peut contribuer à l’élaboration de notre futur commun. La délibération est une des façons de décliner une démocratie vivante… »[2]<br /></div><div><br /></div><div>Parmi les réactions négatives, Marine Le Pen a été particulièrement virulente en considérant que la Convention citoyenne avait accouché de propositions plus loufoques les unes que les autres, sans conscience des réalités économiques et sans aucune pertinence sociale et écologique. Peut-être qu’elle préfère s’adresser à des électeurs qui n’ont pas découvert leur propre capacité d’empathie et d’altruisme pour reprendre les termes de J.Testart.Quant à Patrick Martin (Pdt délégué du Medef), il considère que certaines propositions sont extrêmes et il évoque à ce propos l’interdiction de certains vols intérieurs « surtout quand on connaît la situation d’Air France ». N’est-ce pas une réaction typique de ceux qui croient que poursuivre comme avant est possible sans aller vers la catastrophe. F.X.Bellamy eurodéputé, chef de file des républicains aux dernières élections législatives, qui craint de voir le président de la République adopter un « virage authentiquement populiste » s’il prenait au sérieux les principales propositions de la convention.<br /><br /> <br /><h3><strong>Les illusions dangereuses de la Convention Citoyenne</strong><br /><strong></strong></h3><strong><br /></strong>Première constatation : on aurait pu attendre, pour le moins, que cette « convention citoyenne » fasse progresser le consensus en matière d’action écologique. Premier échec : il est frappant d’entendre ou de lire les commentaires, politiques ou journalistiques plus clivés encore qu’auparavant…. Cela va de la gratitude enthousiaste à la démolition hargneuse ou ironique. Cette ligne de clivage va jusqu’à séparer ici les deux responsables de l’eccap, pourtant en accord sur la quasi-totalité des sujets. <br /><br /><h4><strong>La Convention Citoyenne n’est pas un progrès du point de vue fonctionnement de la démocratie</strong> </h4><br />Les promoteurs de cette séquence de démocratie participative ont insisté sur le soin avec lequel le panel de citoyens a été constitué pour être représentatif de la population française. On peut douter du résultat lorsque l’on constate que l’une des recommandations les plus commentées, la limitation à 110 kmh sur autoroute, approuvée par la Convention à 59,7 % est massivement rejetée par 74% des français.[3] Notre Président s’est évidemment dispensé de la retenir.<br />Pourquoi ce panel n’est-il pas représentatif ? D’abord parce que le tirage au sort ne concerne, en pratique, que les volontaires. En effet, ceux qui ne le sont pas se récusent… (comme les jurés des cours d’assises). On se retrouve dès le départ avec des gens bien plus sensibles aux questions écologiques, bien plus motivés que la moyenne de la population, et donc bien plus prédisposés à des arbitrages problématiques que beaucoup de leurs concitoyens…<br />Ensuite, et surtout, les opinions ont forcément évolué pendant le déroulement de cette convention… le fait de former un groupe vivant une expérience exceptionnelle, de se trouver portés sur le devant de la scène médiatique, d’être un peu choyés par les organisateurs, l’impression de vivre un moment historique, (amplifié par ce contexte de la pandémie) etc. Ce sont des phénomènes connus de longue date par les sociologues, généralement nommés « effets de groupe ». Les convictions se sont galvanisées  comme s’est renforcée l’idée d’être investis d’une « mission ». La solidarité à l’intérieur du groupe s’est également consolidée il est d’ailleurs question qu’il se pérennise sous forme d’une association.<br />Les experts avec lesquels ils ont pu travailler ont évidemment pesé dans le même sens. Il semble que les orientations de ces experts n’étaient pas particulièrement diversifiées… Bref, la distance par rapport au véritable état de l’opinion s’est creusée tout au long du processus. Elle est probablement devenue aussi grande que celle qui sépare les gens ordinaires des politiciens professionnels. Les « citoyens » sont devenus des représentants comme les autres. D’ailleurs, 4 français sur 10 n’ont pas entendu parler de la Convention. [4]<br />De cette absence, au bout du compte, de singularité, on peut aussi déduire qu’il y a eu perte de temps et d’énergie  la Convention constitue un échelon supplémentaire dans la chaine de décisions. Détour inutile, donc, si au bout du compte tout cela débouche sur des débats parlementaires, ou, a fortiori, sur un referendum à choix multiples (puisqu’il semble que ce sera la formule adoptée). De plus, le Président a usé plus qu’il ne l’avait annoncé de ses « jokers ». [5] <br /><br /><h4><strong>L’espérance d’un véritable changement de « l’après Covid-19 » est manquée</strong> </h4><br />Changer de cap en matière d’environnement et de transition climatique implique de véritables changements au niveau des mentalités, des représentations, du système de formation des désirs de l’ensemble de la population. Les « citoyens » se sont-ils posé cette question ? Elle n’apparaît pas souvent, et deux exemples sont symptomatiques de cette béance.<br />Une véritable régulation de la publicité est préconisée, et cela va assurément dans ce sens souhaitable d’un travail sur les désirs (ou sur leur protection…). On reste cependant dubitatif sur certaines recommandations, comme : « Interdire les panneaux publicitaires dans les espaces publics extérieurs, hors information locale et culturelle ainsi que les panneaux indiquant la localisation d’un lieu de distribution », si le « lieu » en question n’a pas changé et regorge de gadgets aussi coûteux qu’inutiles et addictifs ! C’est « cacher ce centre commercial que je ne saurais voir » ?<br />De nombreuses mesures sont adoptées pour freiner le développement du transport aérien : « Interdire la construction de nouveaux aéroports et l’extension des aéroports existants », « Taxer davantage le carburant pour l’aviation de loisir « , « Agir sur les vols internationaux, qui sont une source très importante d’émissions de CO2 », «éviter ou atténuer les effets néfastes du transport aérien »…Mais il n’est jamais question de s’attaquer à la racine du problème, qui est celui de l’engouement du public pour les transports aériens, et le tourisme plus précisément. Il faut pour cela comprendre que les voyages sont devenus un élément du prestige social des personnes, et de leurs jeux de rivalité : on s’oppose dans les conversations à coups de destinations lointaines accomplies, un peu comme les anciens militaires exhibaient leurs décorations. [6]<br />De façon générale, il est souvent proposé de soigner la fièvre en brisant le thermomètre. Changer véritablement de cap implique de réfléchir aux moyens de faire évoluer la culture, de changer le système de motivation, pour détourner les masses du productivisme, de réaliser la décroissance matérielle, pour assurer la croissance conviviale et culturelle… Il est symptomatique que la mesure qui allait le plus significativement en ce sens, à savoir la réduction de la durée du travail à 28 heures, est la seule qui ait été rejetée par 65% des voix. En fait, cette « avancée » de la démocratie pourrait devenir son fossoyeur. <br /><br /><h4><strong>Les conclusions de la Convention Citoyenne induisent au contraire le risque d’un glissement vers la démocratie illibérale</strong><br /><strong></strong></h4><strong><br /></strong>L’effet pervers de cet ensemble de mesures, conçues de cette façon, pourrait être redoutable. Si les comportements « vertueux » sont imposés à une population qui n’est pas mentalement préparée à les appliquer, il faut les imposer. Et avec cette convention, on s’oriente résolument vers ce qui est qualifié avec pertinence « d’écologie punitive ».<br />Petite recherche lexicale : dans le texte, on peut dénombrer 119 mots formés par « interdit » (interdire, interdiction, etc) et 303 autour de « obliger ». Quand ces injonctions s’adressent aux entreprises, seuls les partisans du néolibéralisme s’en offusquent  mais elles font parfois « froid dans le dos » quand elles s’adressent aux particuliers. C’est le cas par exemple pour « l’obligation faite à tous les ménages d’isoler thermiquement le foyer », mais plus encore quand on peut lire « D’ici à 2030, notre assiette devra comporter 20 % de viande et de produits laitiers en moins ». Et que dire de cette proposition de créer un « haut conseil » qui aurait un droit de veto placé au-dessus du Parlement ? Le fantôme du big brother d’Orwell se profile à l’horizon.<br />C’est au fond, compte tenu de l’exaltation produite par les conditions de constitution et de fonctionnement de cette Convention évoquée plus haut une sorte de simulacre des Etats généraux de 1789 auquel se sont livrés ces « citoyens », avec, toute proportion gardée, les risques que cette évocation impliquent, et tout cela s’intègre davantage dans la société du spectacle que dans une véritable avancée de la démocratie. Un véritable changement de cap ne peut se faire que par un énorme travail de prise de conscience collective des impasses vers lesquelles nous mènent les politiques suivies depuis un demi-siècle.<br /><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] J.Testart, biologiste de la procréation a écrit un livre intitulé« L’humanitude au pouvoir- Comment les citoyens peuvent décider du bien commun » Ed. du Seuil 2015. Son livre repose sur l’expérience et non sur de bons sentiments. Et les propositions qu’il énonce pour organiser une convention de citoyens sont d’une rigueur toute scientifique.<br />[2] Le Monde 7 janvier 2017.<br />[3] . Étude menée auprès d&apos;un millier de Français les 24 et 25 juin par Odoxa pour Le Figaro et France Info.<br />[4] Selon l’affirmation de Pierre Maurer, dans le Figaro du 25 juin.<br />[5] Voir Antoine de Ravignan : Convention citoyenne : Macron retoque les mesures qui fâchent Alternatives économiques.<br />[6] Voir sur ce point Olivier Rey Causeur six milliards de touristes et moi et moi et moi, sur le site de Causeur.<br /><br /></p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N31LappelDes150CitoyensDeLaConventi">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2017-01-25" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LeNucleaireUneTechnologieInsoutenableExt" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-16 06:40:53" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_LeNucleaireUneTechnologieInsoutenableExt"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Le nucléaire : une technologie insoutenable : article de Frederick Lemarchand </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_LeNucleaireUneTechnologieInsoutenableExt" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>25/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Le nucléaire : une technologie insoutenable : article de Frederick Lemarchand </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h4>Dans la revue trimestrielle « L’économie politique » n°72 d’octobre 2016, Frederick Lemarchand a écrit un article « Le nucléaire : une technologie insoutenable ». </h4><p>En voici quelques extraits.  « Le nucléaire, c’est-à-dire l’ensemble du dispositif humain, technique et institutionnel qui vise à exploiter l’énergie atomique sous forme d’armes et/ou d’énergie électrique est une question d’abord politique. Cette technologie, notamment sous sa forme dite « civile », parachève un état de développement des sociétés industrielles que l’anthropologue Alain Gras a fort justement qualifié de « thermo-industriel » au sens où les sociétés occidentales ont au début du XIXème siècle, fait le « choix du feu », c’est-à-dire d’axer tout leur déploiement industriel et technique autour de la seule énergie produite par la chaleur : machine à vapeur, moteur à explosion, réacteur nucléaire ».  Selon F.Lemarchand «… tout choix technologique s’inscrit profondément dans un imaginaire social et historique particulier. Ainsi, le nucléaire incarne le mode de production d’énergie  des sociétés productivistes du XXème siècle et témoigne, dans son usage militaire, de l’abandon fait par l’Occident du souci d’humanité qui avait fondé le projet des Lumières…La maîtrise de l’atome fut,  dès l’origine, un projet politique destiné à renforcer la puissance de l’Occident, transformant les détenteurs de la « bombe » en « grandes puissances » industrielles qui pourraient alors exploiter le potentiel énergétique de l’uranium et du plutonium ».  A propos des risques d’accident nucléaire, l’auteur écrit « Certes le discours tenu sur le nucléaire civil a changé au sein des autorités compétentes depuis les années 1970 passant d’« Il n’y a aucun risque » à « le risque zéro n’existe pas ». « Mais il est maîtrisé », s’empresse-t-on d’ajouter ce qui confine au même déni de réalité, cela permettant juste d’inclure la survenue statistique des accidents réalisés ».  Soit un accident grave tous les vingt ans.  L’auteur déplore qu’aucune information publique ne soit donnée à la société notamment en ce qui concerne le démantèlement des centrales ou le stockage des déchets. « Doublement couverte par le secret industriel et par le secret défense, l’industrie nucléaire bénéficie d’une impunité qui, accumulée à une histoire maillée de dissimulations, de mensonges et de rétention d’informations, n’est plus compatible avec les exigences de transparence et de droit à l’information d’une société politiquement libérale ».  </p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LeNucleaireUneTechnologieInsoutenableExt">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2017-01-26" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LimpostureEconomique" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-16 07:07:15" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_LimpostureEconomique"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              L’imposture économique </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_LimpostureEconomique" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>26/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">L’imposture économique </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h4>Voici quelques extraits de la présentation que faisait Dan Israël, journaliste à  Mediapart du livre de Steve Keen « L’imposture économique » paru aux Editions de l’Atelier en 2014.  </h4><p>Les économistes néoclassiques ne vivent pas dans le monde réel, mais dans un univers parallèle, basé sur des hypothèses hasardeuses et non démontrables, qui empêchent une vraie réflexion sur l&apos;état de nos sociétés. Telles sont les conclusions ravageuses de L&apos;Imposture économique, un livre iconoclaste de l’économiste australien Steve Keen, qui retourne contre la pensée dominante les armes de l&apos;analyse économique la plus traditionnelle.  Il s’y emploie à dynamiter méthodiquement les bases de la théorie néoclassique, la pensée économique qui sous-tend toute l’idéologie néolibérale contemporaine. Un par un, Steve Keen examine les axiomes de la micro- économie, censés décrire le fonctionnement des consommateurs et des entreprises. Il ne le fait pas à coup de méthodes extravagantes ou en faisant appel à des théories farfelues. Au contraire, il les expose à la lumière de certains des auteurs classiques de la discipline et les analyse avec les armes mêmes de la pensée économique la plus traditionnelle. Après avoir été passées à ce crible, ces théories, parfois aussi centrales que les « lois » de l’offre et de la demande, ne tiennent plus guère debout. « La prétendue science économique est un agrégat de mythes qui fait passer l’ancienne conception géocentrique du système solaire de Ptolémée pour un modèle puissamment sophistiqué », balance, cruel, l’auteur. « L’une des nombreuses raisons qui ont permis aux économistes de réussir à prendre le contrôle des politiques sociales, c’est l’affirmation d’une certaine légitimité intellectuelle face à quiconque s’oppose à leurs recommandations, rappelle-t-il. L’objet de ce livre est de montrer que cette affirmation est fallacieuse. »  Au fil de son ouvrage, l’économiste australien déplore que la formation des économistes les empêche presque totalement de déceler les erreurs qui parsèment la théorie qui leur est inculquée, puis que le système même fasse triompher cette « pédagogie paresseuse ». Pour un universitaire, il est en effet extrêmement risqué en terme de carrière de critiquer l’école néoclassique dominante. Keen pointe aussi « la nature mensongère des manuels d’économie » les plus connus, pour leur propension à masquer les faiblesses théoriques des thèses qu’ils défendent : « Les économistes sont si engagés en faveur de leur méthodologie de prédilection qu’ils ignorent ou banalisent les points où leur analyse dévoile ses plus grandes faiblesses. Pour que l’économie mérite vraiment la noble appellation de “science sociale”, ces échecs devraient la conduire à abandonner cette méthodologie et à en rechercher une autre, plus solide. » Steve Keen cache à peine son ambition de bouleverser le monde de l’analyse économique avec la même amplitude que l’a fait Keynes dans les années 1930. Pour l’instant, on en est loin. Malgré ses échanges musclés avec certains économistes, son travail a été, au moins dans un premier temps, largement ignoré par les spécialistes de la discipline. Mais depuis la crise financière démarrée en 2008, son statut évolue, et pour cause. « Dans la première édition, je faisais remarquer à plusieurs reprises qu’une telle crise était probable dans un futur proche, et le facteur que je citais comme la cause – l’éclatement d’une bulle spéculative financée par la dette – est effectivement ce qui l’a provoquée, raconte-t-il. Mes idées ont aujourd’hui plus de valeur parce que l’événement que je pronostiquais est arrivé. » Les dernières pages de son livre sont consacrées à la présentation de diverses écoles de pensée alternatives, toutes critiques de la théorie dominante. Aujourd’hui, force est de constater qu’elles ne s’imposent pas dans les discours, académiques ou politiques.« Elles auront plus de succès quand une seconde crise adviendra dans les pays anglo-saxons ou lorsqu’une première crise éclatera en Chine », rétorque Keen, qui prévoit une nouvelle crise majeure dans les cinq à dix ans, « parce que le niveau de la dette est toujours trop haut, et que le renouveau de ces économies fait une fois de plus grimper le niveau de la dette privée. » L’économiste se veut optimiste : « Il n’y a pas de messie en économie, mais il y a de nombreuses autres écoles de pensée à partir desquelles une théorie économique décente pourrait être bâtie, et je pense que leur heure arrivera dans la prochaine décennie. »  Voici ce que déclarait Gaël Giraud qui a préfacé le livre de Steve Keen.  </p><h4><strong>Il y a au moins deux niveaux qui émergent des travaux de Steve Keen et des miens. </strong></h4><p>D’une part, la nécessité d’une refonte assez radicale de l’économie comme telle. Pour prendre un exemple, le travail de Thomas Piketty est important en ceci qu’il dénonce à juste titre l’explosion des inégalités de revenus et de patrimoine. Mais la théorie sous-jacente au travail de Piketty est la bonne vieille économie néolibérale. Rien d’étonnant, dès lors, s’il se contente de proposer un impôt mondial, dont il sait très bien la portée utopique, lequel ne fait que corriger ex post les inégalités sans aucunement intervenir sur le mode primaire de distribution des richesses. Il faut donc aller beaucoup plus loin, et pour cela repenser l’économie comme telle. Keen y contribue de manière décisive. Ensuite, des mesures de politique économique peuvent être prises dès à présent sans attendre la refonte que j’évoquais à l’instant : réformer l’euro et remodeler l’Union européenne, sans quoi la divergence entre économies du Sud et du Nord provoquera tôt ou tard son éclatement  séparer banques d’investissement (de véritables bombes à retardement) et banques de crédit-dépôt  amorcer la transition énergétique. Ce dernier chantier est immense, créateur d’emplois, permet de réduire notre dépendance aux énergies fossiles et nos émissions de gaz à effet de serre. Il constitue à mes yeux un authentique projet de société pour aujourd’hui et demain.<strong></strong>  </p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LimpostureEconomique">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2023-12-29" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LoiImmigrationSOpposerAuSabordageDesVa" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,penser_faire_mondialite" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-16 07:32:03" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_LoiImmigrationSOpposerAuSabordageDesVa"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Loi immigration : S&apos;opposer au sabordage des valeurs de la République </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_LoiImmigrationSOpposerAuSabordageDesVa" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>29/12/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Loi immigration : S&apos;opposer au sabordage des valeurs de la République </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema penser_faire_mondialite">
                       <a href=?penser-faire-mondialite>Penser / Faire mondialité </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h3>Communiqué publié le 20/12/2023 par la commission exécutive de la CFDT</h3>        <p><strong>Le texte adopté hier soir par l’Assemblée nationale et le Sénat restera dans l’histoire comme une tache sur notre démocratie.</strong></p>    <p>L’extrême droite a soufflé les mots et les idées de la loi sur l’immigration votée par les parlementaires. Une loi qui porte atteinte aux droits fondamentaux de citoyens étrangers vivant de façon régulière sur le sol français, qui attaque le droit du sol, rétablit le délit de séjour irrégulier, durcit l’accès aux titres de séjour… Qu’en est-il de la promesse d’un texte équilibré reprise ironiquement dans le titre de la loi: « Contrôler l’immigration, améliorer l’intégration;»;?</p>    <p>Le Rassemblement national ne s’y est pas trompé. Il a salué « une victoire idéologique;». <strong>Les digues édifiées contre le nationalisme d’extrême droite ont été largement fissurées par les mots et les expressions prononcés dans les assemblées pendant la période des débats.</strong>;Ce 19;décembre, <strong>elles se sont effondrées</strong>.</p>    <p>Dans le respect des engagements qu’il a pris au lendemain du second tour de l’élection présidentielle, la CFDT demande au Président de la République de<strong>ne pas promulguer cette loi qui fait honte à notre pays.</strong></p>    <p>Les mots, les actes et les valeurs de l’extrême droite centrés sur le rejet de l’autre et le repli sur soi n’offrent aucune perspective positive pour les citoyens et notamment les plus fragiles.</p>    <p><strong>La CFDT appelle toutes les forces humanistes et de progrès à s’opposer à la diffusion et à la banalisation du projet de l’extrême droite</strong>. Les prochaines semaines seront cruciales.</p>         
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LoiImmigrationSOpposerAuSabordageDesVa">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2022-02-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="ManifestePourUneEconomieDacteursCapable" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,une_autre_economie" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-16 07:22:34" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_ManifestePourUneEconomieDacteursCapable"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Manifeste pour une "écononomie d&apos;acteurs capables" </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_ManifestePourUneEconomieDacteursCapable" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/02/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Manifeste pour une "écononomie d&apos;acteurs capables" </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_autre_economie">
                      Repenser la science économique 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Dans l’imaginaire technocapitaliste si le présent est inquiétant, le futur sera « radieux » grâce à la réalisation de la grande promesse technoscientifique. Mais, tel un mirage dans le désert, le principe d’accélération qui la sous-tend semble nous éloigner toujours plus de ces « jours heureux ». Malgré les avancées techniques, la pression sur les ressources et les écosystèmes, les processus d’exclusion sociale apparaissent de plus en plus présents. Et l’on commence à douter de la durabilité d’une société « ultra-technologique » et encore plus de sa capacité à résister aux chocs des crises qui nous attendent.</div><div></div><div>S’inscrivant à rebours de ce progressisme infini supposé être capable de répondre à l’ensemble des défis auxquels nous sommes confrontés, nous prônons une nouvelle forme de développement capable d’apparaître comme une solution complémentaire voire alternative. Un développement qui interroge nos besoins réels afin de les satisfaire de la façon la plus simple, la plus proche, la plus sobre et la plus appropriable possible par le plus grand nombre. Une vision du futur qui nous invite à inventer une nouvelle façon de faire la ville, de se déplacer, d’accéder aux biens et services dont nous avons besoin, de produire et de s’engager pour tendre vers plus de simplicité et permettre à chacun de se sentir de nouveau partie prenante de son environnement. </div><div></div><div>Cette proposition part du constat que les défis environnementaux, sociaux et anthropologiques auxquels nous sommes confrontés se situent d’abord dans les villes. Si celles-ci occupent moins de 2% de la surface de la terre, elles représentent 78% de la consommation énergétique mondiale et 60% des émissions de gaz à effet de serre (ONU-Habitat). Par ailleurs, les villes centre sont au cœur des inégalités et de l’exclusion (Observatoire des inégalités). A défaut de se reposer sur la régulation de flux toujours plus rapides et volumineux par la seule technologie , nous soutenons un urbanisme qui, plutôt qu’augmenter la vitesse, privilégie la réduction de la distance. Cet urbanisme des proximités permet de rompre avec la vision économique d’un espace neutre et inactif et ouvre la voie à un processus d’autonomisation des habitants qui forme la condition première du changement. Riches et complexes, ces proximités formeront de nouvelles ressources cognitives au service de la créativité de leurs usagers et, plus largement, des habitants. C’est ainsi que cette forme urbaine sera un cadre favorable à l’évolution de nos modes de vie, de nos pratiques liées à nos déplacements, à la gestion de nos déchets, à nos consommations quotidiennes et à des modes de production novateurs en capacité de répondre, en partie, aux besoins élémentaires des populations (énergie, biens et services de première nécessité, habitat, etc.) tout en réduisant fortement les flux par la diminution des distances d’un côté et par le principe de circularité de l’autre. </div><div><br /></div><div></div><div>Ces centralités seront les lieux d’expérimentation de nouvelles formes économiques qui ancrent leur développement sur des réponses redonnant une place centrale au temps (marchand et non marchand), à la créativité humaine, aux capacités relationnelles et à des technologies proportionnées et soutenables. Cette « économie d’acteurs capables » participera à la relocalisation d’activités qui, articulée avec des filières locales compétitives de réemploi et de valorisation des déchets, créera une économie circulaire en prise directe avec la satisfaction des besoins des habitants (réparation, réemploi, réutilisation et, à défaut, recyclage). Cette nouvelle économie urbaine comblera le fossé entre lien social, réalité industrielle et urgence écologique. Par le développement des principes collaboratifs et de conception open-source, des manufactures de proximité verront le jour qui permettront aux entreprises artisanales et aux PMI locales de disposer de solutions proches pour concevoir et développer des outils simples, robustes et surtout réparables. Cette réappropriation de la fonction de réparation et de production sera un moteur de création de lien social, de montée en compétences, d’autonomie et d’un maintien de la performance économique.</div><div><br /></div><div></div><div>Cette programmation urbaine novatrice favorisera l’émergence de « pôles transitionnels » qui formeront les cœurs économiques de cet urbanisme des proximités. Ces pôles concentreront et irrigueront mutuellement des activités et acteurs convaincus par les principes d’une économie technologiquement proportionnée, collaborative et circulaire. Ils seront voulus comme des lieux de créativité au service de l’intelligence collective de leurs usagers au sens le plus large, leurs partenaires formeront une communauté de pratiques coopératives, et leur gouvernance pourra être construite collectivement. Vu comme un construit social, un lieu d’engagement, de participation civique, sociale et économique, ces pôles transitionnels accueilleront une diversité d’acteurs aux compétences variées dans un environnement encourageant les interactions sociales, le tout favorisant le passage d’un intérêt personnel initial à un intérêt collectif et c’est ce qui leur donneront leur capacité à créer cette économie d’acteurs capables. </div><div><br /></div><div></div><div>Cette démarche est systémique car elle se base sur une triple transformation : urbaine, économique, sociale. Elle est ancrée dans la proximité pour recréer du lien social et faciliter la coopération entre producteurs, consommateurs, habitants et puissance publique. Cette révolution d’une économie d’acteurs capables vise à répondre à la complexité d’un monde qui nous échappe et à contrebalancer la dépendance globale par la créativité locale. Au vu de l’ampleur de sa rupture avec le récit technocapitaliste cette proposition ne pourra se faire sans la participation massive des premiers concernés : les habitants. C’est pourquoi toutes les méthodes de programmation urbaine et de conception des pôles transitionnels devront privilégier l’intelligence collective et la participation. Dans cette perspective, et en s’inscrivant dans les mouvements de réappropriation des techniques et des savoir-faire cette approche mettra en lumière une nouvelle économie du temps adaptée au monde contemporain. Cette richesse insoupçonnée qu’est notre « revenu temps » se retrouvera dans des activités marchandes et non marchandes, participera au processus cognitif de ces espaces et ouvrira la perspective d’une nouvelle approche de la notion de richesse.</div><div><br /></div><div></div><div></div><div>Ainsi, cette économie d’acteurs capables ouvre la perspective d’une ville apte à répondre aux besoins élémentaires des habitants (énergie, réemploi des matériaux et déchets, biens et services de première nécessité, etc.) tout en ouvrant des voies nouvelles pour répondre aux enjeux démocratiques, sociaux et écologiques qui formeront le cadre dans lequel nous seront amenés à vivre.<br /><br /></div><div>David Ben-Haïm – Ingénieur, co-fondateur et directeur d’Ici Marseille</div><div>Valérie Decot – Architecte, fondatrice de Raedificare</div><div>Benjamin Denjean – Ingénieur, co-fondateur de Le paysan urbain</div><div>Jonathan Cacchia – Architecte, président de Thalassanté</div><div>Renaud Vignes – Économiste, membres de Nos Quartiers Demain</div><div>Éric Woloch – Sciences politiques, fondateur de Rezonanz</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    Dans le prolongement de l’appel d’A.Caillé à dessiner les « contours d’une société post-libérale et post croissantiste » ce manifeste d’entreprenants marseillais précise comment la ville pourrait relever les défis environnementaux, sociaux et anthropologiques auxquels nous sommes confrontés.        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ManifestePourUneEconomieDacteursCapable">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2020-12-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="MenaceIslamiste" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_demoncratie_laique_en_tension" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-16 07:27:16" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_MenaceIslamiste"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Menace islamiste après le meutre de Samuel Paty : Deux livres pour nous éclairer </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_MenaceIslamiste" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/12/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Menace islamiste après le meutre de Samuel Paty : Deux livres pour nous éclairer </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_demoncratie_laique_en_tension">
                      Une démocratie laïque en tension 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h3>Gérard Davet et Fabrice Lhomme - « Inch’Allah. L’islamisation à visage découvert. Une enquête Spotlight en Seine-Saint-Denis »</h3><h3>Bernard Rougier - « Les territoires conquis de l’islamisme »</h3><div><br /></div><div>Après la décapitation de Samuel Paty, Alain Caillé, à l’occasion d’un débat interne au Club des convivialistes, rappelait les données suivantes qui illustrent la rupture entre une partie des populations se réclamant de l’islam et les institutions et normes culturelles françaises.</div><div> Un sondage de l’IFOP publié le 8 septembre montre que cette rupture est considérable notamment chez les plus jeunes, plus radicaux que leurs aînés. 74 % des Français musulmans de moins de 25 ans affirment « mettre l&apos;islam avant la République ». Et 45 % des Français musulmans de moins de 25 ans pensent que « l&apos;islam est incompatible avec les valeurs de la société française ». Dans un article du Figaro du 22 octobre 2020 le directeur du département Opinion de l’IFOP, Jérôme Fourquet, estime à « environ 750.000 personnes la minorité des musulmans épousant la vision du monde véhiculée par les tenants de l’islamisme radical ». </div><div>Cela ne veut évidemment, et heureusement, pas dire que ces 750 000 personnes seraient prêtes à basculer dans l’action violente même si elles hésitent à la désavouer. Reste quand même un noyau activiste composé de ce que les pouvoirs publics appellent le «haut du spectre » – soit 1500 individus actuellement détenus soit pour appartenance ou pour lien avec une entreprise terroriste soit pour des faits de droit commun mais s’étant radicalisés en prison –, et une deuxième strate constituée de 10.000 à 15.000 personnes recensées dans différents fichiers pour radicalisation. Ces chiffres, nous dit J. Fourquet dans un utile rappel, sont comparables à ce qu’a connu l’Italie avec le terrorisme d’extrême-gauche durant « les années de plomb », de 1960 au début des années 1980, mais tout porte à croire que dans le cas présent l’aspiration à la violence risque de s’accroître fortement et de perdurer bien plus longtemps et profondément qu’en Italie. Tout cela, on le savait déjà plus ou moins mais sans vraiment savoir, sans vraiment vouloir savoir qu’on le savait. Désormais, après la décapitation de Samuel Paty, nul ne peut plus l’ignorer. <br /><br /></div><div><h3><strong>Deux livres viennent corroborer l’importance du défi à relever pour notre démocratie</strong>. </h3><br /></div><div><strong>Le premier sous la direction de Bernard Rougier a pour titre</strong><strong> « Les territoires conquis de l’islamisme »,</strong>il est paru aux Presses Universitaires de France en janvier 2020. Bernard Rougier est professeur des universités à Paris 3/Sorbonne nouvelle et directeur du Centre des études arabes et orientales. Ce n’est pas l’islam en soi qu’étudie ce livre mais une interprétation idéologique particulière : l’islamisme. <br /><br /></div><div>La première partie du livre intitulée « Idéologies » distingue quatre variantes de l’islamisme. « Ces réseaux religieux ont pour commune particularité de produire un islam en rupture avec la société française, qu’il s’agisse des valeurs constitutives de son pacte social - la République -, des principes de légitimation de son organisation politique et morale - la démocratie libérale - et la définition historique de son modèle de citoyenneté, avec relégation du religieux dans les frontières du privé ». Les représentants autoproclamés de ces réseaux « font également fonction de « contre-Eglise » dans leur critique récurrente des représentants officiels de l’islam de France ». Dans la première partie du livre on trouve également une analyse des livres que peuvent lire les musulmans francophones, un chapitre sur la « question décoloniale et l’islamisme » un autre sur mouvance jihadiste francophone et réseaux sociaux.<br /><br /></div><div>La deuxième partie de ce livre est constituée de monographies de quartiers dans la région parisienne, à Toulouse et à Bruxelles. Il est important de souligner que les auteurs de ce livre sont des étudiants du Centre d’Etudes arabes et Orientales de Sorbonne-Nouvelle (Paris3) et de la chaire Moyen-Orient Méditerranée  dans leur majorité les jeunes auteurs sont des Français d’origine maghrébine ou subsaharienne, eux-mêmes issus des quartiers populaires. « A ce titre, ils ont observé, mieux que quiconque, les modalités idéologiques et pratiques de la prise de pouvoir des islamistes sur l’expression de l’islam en France ». Au lieu de privilégier la dimension individuelle et psychologique, « les monographies présentées suggèrent la constitution de « territoires d’islam » qui mettent en résonance plusieurs « sites » de diffusion et de confirmation du message religieux –mosquées, écoles confessionnelles, marchés, salles de sport, commerces halal, librairies islamiques, réseaux numériques » <br /><br /></div><div><strong>Le deuxième livre sous la direction de Gérard Davet et Fabrice Lhomme</strong> est intitulé <strong>« Inch’Allah. L’islamisation à visage découvert. Une enquête Spotlight en Seine-Saint-Denis</strong> » Editions Fayard, octobre 2018. <br /><br /></div><div>Les auteurs du livre écrivent : Ce sont les déclarations de François Hollande dans notre livre « Un Président ne devrait pas dire ça… » (Stock 2016) qui nous ont incités à explorer ce terrain glissant et même miné. François Hollande déclarait : « Ce n’est pas l’islam qui pose problème dans le sens où ce serait une religion qui serait dangereuse en elle-même, mais parce qu’elle veut s’affirmer comme une religion dans la République. » Autrement dit ce n’est pas l’islam qui est l’objet de ce livre mais l’islamisme et l’islamisation dans le département que l’on surnomme le « 9-3 » c’est-à-dire la volonté d’appliquer la loi islamique dans divers secteurs de la vie publique et sociale. <br /><br /></div><div>Dans leur préface, les auteurs précisent leur point de vue. Ils affirment : « Non, vivre sa foi intensément n’est pas contradictoire avec ce fameux principe de laïcité sur lequel se fonde, en matière religieuse, la République française. Oui, établir un lien direct et automatique entre islam, islamisme et djihadisme relève du syllogisme malfaisant et, surtout, de la pure mauvaise foi. A l’inverse, nier que c’est au nom de l’islam qu’islamistes et djihadistes répandent, pour les uns leur idéologie rétrograde, pour les autres, le sang des innocents, s’apparente à de la malhonnêteté intellectuelle… Le débat, à l’évidence, n’est pas simple à mener. »<br /><br /></div><div>Les auteurs, qui veulent faire entendre une voix raisonnable, renvoient dos à dos les « ultra-laïcards » et islamophobes avec ceux qui sont souvent qualifiés d’« islamogauchistes ». Les deux ayant en commun « une ignorance du terrain, de la réalité quotidienne, en l’espèce de la vie dans les banlieues populaires ».<br /><br /></div><div>Aussi les deux journalistes ont piloté sur le terrain cinq jeunes en formation au Centre de formation des journalistes. « Avec une consigne, simple à expliquer mais difficile à mettre en œuvre : oublier tous les a priori, les clichés, les intox, et en revenir à ce qui fait l’essence même de notre métier : les faits. Décrire un phénomène en l’étayant de témoignages, chiffres inédits, documents et récits incontestables. » Le livre est le résultat de « Huit mois d’enquête en immersion…sur le terrain nuit et jour, des milliers d’heure de travail, presque deux cents entretiens menés auprès d’islamologues, hauts fonctionnaires, policiers, magistrats, responsables communautaires… »<br /><br /></div><div>Les différents chapitres du livre sont composés autour de 21 acteurs qui ont témoigné longuement sans se cacher derrière l’anonymat : Le guide qui peut parler de l’évolution au cours des dernières décennies, la préfète déléguée à l’Egalité des chances en Seine St Denis, le flic, la directrice d’école etc. etc. Les nombreux témoins, acteurs, spectateurs ou victimes illustrent l’islamisation en marche. Les auteurs écrivent que leur réponse est à la fois simple et complexe mais qu’il y a bien poussée intégriste, que « oui, l’islamisation est à l’œuvre en Seine-Saint-Denis.» Les journalistes dans leur préface écrivent : « Notre rôle est de documenter l’« avancée » d’un prosélytisme islamique en nous fondant sur des faits, rien que des faits ». Ils écrivent aussi : « Si la loi islamique gagne des parts de marché, c’est souvent pour combler un vide, pallier des carences inacceptables, remédier aux errements de la puissance publique, autant de maux dont souffre la population locale. »<br /><br /></div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?MenaceIslamiste">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-01-24" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="MondialisatioN" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="penser_faire_mondialite" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-24 08:40:09" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_MondialisatioN"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Mondialisation </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_MondialisatioN" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>24/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Mondialisation </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema penser_faire_mondialite">
                       <a href=?penser-faire-mondialite>Penser / Faire mondialité </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>« Les forces de l’internationalisation économique sont devenues plus fortes que la capacité de contrôle politique des Etats : c’est ce que nous appelons le capitalisme mondialisé » (Alternatives Economiques, hors-série n°101, 3ème trim. 2014. Mondialisation et Démondialisation p.19). </p><p>La suppression des règles qui encadraient les flux financiers, accompagné du développement des paradis fiscaux et des délocalisations industrielles dans des pays à moindre rémunération, ont entraîné une augmentation du chômage et des emplois précaires et une stagnation des revenus des classes moyennes dans les pays occidentaux industrialisés. « Parallèlement pour une petite minorité de dirigeants ou de rentiers, une hausse exponentielle des revenus. Le système financier, dont la partie spéculative est parasitaire, a pu augmenter très largement ses profits et donc ses rémunérations… Rappelez-vous en 1989, la révélation du salaire de Jacques Calvet (patron de PSA dans les années 1980 et 1990) : elle avait fait scandale. Il était payé 2 millions de francs par an. Aujourd’hui cela fait environ 300.000 euros. Alors que le salaire moyen des patrons du CAC 40 se situe actuellement autour de 3 à 4 millions d’euros annuels, plus de dix fois plus » (A.E.p.49).</p><p>  Pour le citoyen non spécialiste désireux de s’informer, il s’agira dans l’ECCAP de donner les principales caractéristiques et conséquences de la mondialisation que nous connaissons depuis quelques décennies. Cette mondialisation évolue. Patrick Artus pense pour sa part que la démondialisation des biens a commencé tandis que la mondialisation numérique et financière s’intensifie (Le 1, n°136). Il s’agira de rendre compte des progrès qui sont faits pour lutter contre l’évasion et l’optimisation fiscales par des organismes internationaux et par les ONG, de rendre compte par exemple du travail réalisé par le CCFD sur les paradis fiscaux, par l ’Observatoire des multinationales de Basta etc. Quelles sont les possibilités d’intervention en faveur d’une autre mondialisation au niveau national, européen, mondial ?</p><p> A propos des débats sur les traités commerciaux entre l’Union Européenne et le Canada ou les Etats-Unis, le ministre président de la Wallonie énonçait les trois principes qui devaient gouverner les négociations commerciales menées par l’Union : la transparence pour que les Etats membres puissent en délibérer  les priorités à accorder à la lutte contre le réchauffement climatique, la pauvreté et les inégalités  enfin s’assurer que les litiges seront réglés par des instances impartiales.  Concernant l’Europe, Erik Orsenna interroge : comment a-t-on pu créer en Europe un espace dit unique alors qu’on permet la course à l’optimisation fiscale ?... Avant de « démondialiser », réglons les problèmes au sein de l’Europe. On regarde au loin pour ne pas faire le ménage chez soi. A espace unique, règles du jeu communes ! Quand on joue au foot, a-t-on le droit de mettre les mains ou pas ? En Europe certaines équipes ont le droit de mettre les mains, les autres jouent seulement avec le pied » (le 1, n°136, 4 janvier 2017).  Comment surmonter la difficulté soulignée par Antoine Garapon dans un article « La gauche déboussolée par la mondialisation » : « Des expériences, il n’en manque pas à gauche, notamment chez les écologistes, mais comment se hisser à la hauteur du monde ? On dirait que plus les problèmes sont «macro » et augmentent d’échelle, plus les solutions sont « micro », convivialistes, locale, communautaires  plus les enjeux sont dramatiques et durs, plus les solutions sont douces, plus les questions sont techniques, plus les réponses sont incantatoires ». (Le Monde, 8 et 9 janvier 2017).  </p><p>C’est bien une question qui doit préoccuper l’ECCAP : les initiatives relatées sont-elles enkystées ou un pas vers une métamorphose ?  SelonThomas Piketty : « Il est temps de changer le discours politique sur la mondialisation : le commerce est une bonne chose, mais le développement durable et équitable exige également des services publics, des infrastructures, des systèmes d’éducation et de santé, qui eux-mêmes demandent des impôts équitables. Faute de quoi le trumpisme finira par tout emporter » . </p><p><b>En savoir plus</b> :</p><p> <a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/11/12/pour-une-autre-mondialisation_5029938_3232.html#kK5q8OuDGZedufjQ.99">http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/11/12/pour-une-autre-mondialisation_5029938_3232.html#kK5q8OuDGZedufjQ.99</a> </p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?MondialisatioN">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2019-07-18" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N1PresentationEtCharte11032019" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="ne_sais_pas" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-24 08:53:06" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_N1PresentationEtCharte11032019"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              n°= 1 Présentation et charte 11/03/2019 </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_N1PresentationEtCharte11032019" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>18/07/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">n°= 1 Présentation et charte 11/03/2019 </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema ne_sais_pas">
                       <a href=?ne-sais-pas>Je ne sais pas </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><h3><br /><strong>Présentation des lettres d&apos;information</strong></h3><br />Cette première lettre d’information a pour objet de présenter l’encyclopédie du changement de cap (eccap.fr) conçue par Guy Roustang, avec la collaboration technique de Jérémy Roustang, à qui s’est ensuite joint Maurice Merchier pour poursuivre son élaboration et assurer son fonctionnement. Les suivantes, au rythme d’une par quinzaine, seront l’occasion pour nous de signaler de nouveaux articles, ou d’attirer l’attention sur un thème déjà traité, éventuellement en lien avec des événements de l’actualité. <br />Il s’agit d’un outil d’information, de formation, et d’expression ouvert à toute personne se reconnaissant et approuvant la Charte constitutive de cet ouvrage collectif.<br />Le corpus d’articles, classés par rubriques, que l’on peut déjà consulter nous semble suffisant pour que nous tentions de la diffuser à une plus large échelle. Elle est appelée à être une création permanente  pour son fonctionnement, nous souhaitons la rapprocher du modèle « Wiki ». Cela signifie que cette lettre est en même temps un appel aux contributeurs, que ce soit pour commenter les articles existants ou en créer de nouveaux. <br />Ainsi que son nom l’indique, cette encyclopédie est clairement orientée vers la recherche d’un autre modèle de société, et d’une mutation profonde de notre système économique. Nous attendons des futurs rédacteurs d’articles qu’ils adhèrent aux grandes lignes de cette orientation  c’est dans cette intention que nous avons rédigé cette charte, lisible ci-dessous.</div><div><br /><h3><strong>Charte des citoyens pour un changement de cap</strong>.</h3></div><div><br />Nous refusons le type d’économie et de société dans lequel nous vivons, que les orientations de l’histoire récente autant que les perspectives d’avenir ne font que conforter. Nous avons conscience des catastrophes vers lesquelles s’achemine l’humanité, si une action politique vigoureuse n’opère pas ce changement de cap. En tête de ces catastrophes, il y a les défis du réchauffement climatique, de la dégradation de l’environnement, du ravage de la biodiversité. L’énormité de ces questions ne doit pas effacer un autre danger : la mutation anthropologique que le mouvement transhumaniste commence à accomplir. <br />Nous appelons de façon plus générale à la vigilance et au contrôle de l’application des innovations médicales sur et dans les corps, que la disparition du sens des limites dans nos morales sociales rend dangereuse pour notre espèce. <br />Nous déclarons indispensable la restauration de la puissance politique, requise pour opérer ces changements, alors qu’on constate au contraire son effacement progressif au profit d’instances non élues, le pouvoir (de fait) judiciaire, l’expertise, et, de plus en plus, des algorithmes masquant les vrais enjeux sociétaux des décisions prises. Ce retour nécessaire du politique ne saurait s’accomplir sans un rétablissement de la confiance du corps social envers ses représentants, qui elle-même dépend de la qualité de la démocratie, minée par les progrès du populisme et la désaffection d’une partie de la jeunesse. Cela requiert de ne pas s’illusionner sur les mirages des déclinaisons numériques de la démocratie participative, qui – si elles peuvent être utiles – ne dispenseront pas d’une réflexion sur les prérequis sociaux et culturels du bon fonctionnement de ce régime politique, qui reste pour nous indépassable. <br />Une démocratie vivante suppose une éducation à la participation dès l’école, une information indépendante et l’encouragement à la vie associative et à la discussion des affaires locales aussi bien qu’internationales. Les élections n’étant qu’un moment de la vie démocratique. <br />Nous refusons l’explosion des inégalités à laquelle nous assistons, et dénonçons la mystification de la théorie dite du « ruissellement », selon laquelle ces inégalités stimuleraient l’économie, et finalement profiteraient à l’ensemble de la population. Au-delà de l’évidente insulte à la justice sociale, ces inégalités produisent en fait l’accaparement d’une proportion effarante des richesses entre les mains d’une caste ultra-minoritaire, mais puissante, dont le destin ne s’inscrit plus dans le monde commun. <br />Nous refusons le système économique dont le qualificatif de néolibéral rend le mieux compte, c’est-à-dire un système dont l’impulsion première vient du système financier, qui impose sa logique (le court-termisme, la soif de profits disproportionnés, etc.) à l’ensemble des forces productives, et surtout la mise en concurrence systématique des acteurs économiques, qui déborde sur une multitude de comportements sociaux. <br />Nous refusons l’imposition de la logique de marché à l’ensemble des opérations économiques, évacuant totalement d’autres modalités traditionnelles de circulation des marchandises, comme l’échange ou le don. <br />Nous refusons plus encore l’extension du domaine de la marchandise à des pans entiers de la société, notamment l’école, la santé, la culture… Il est nécessaire de redéfinir des espaces dans lesquels la puissance publique l’emporte sur la logique marchande, faisant prévaloir l’intérêt collectif sur la compétition des intérêts individuels. Nécessaire aussi de redonner vie à la notion de commun, qui permet à des populations de définir des règles pour gérer en commun des ressources partagées en dehors du marché et de l’Etat. <br />Nous refusons la dégradation de la culture en « politique culturelle », à savoir l’extension de ce label à des formes de plus en plus triviales, voire vulgaires de divertissement, promues dans les médias, conformément à cet impératif de marchandisation générale de toutes les activités. Cette perversion explique aussi la déformation des représentations imaginaires, l’irruption du virtuel, l’invasion des « fake news », et finalement la dissolution du réel dans le spectacle généralisé. Eric Sadin dans son livre : « La silicolonisation du monde » critique l’irrésistible expansion du libéralisme numérique. Il parle de l’entreprise de désincarnation car l’éradication du sensible représente l’un des objectifs majeurs du programme siliconien. Pour Eric Sadin célébrer le sensible « C’est avant tout se soucier d’accorder une pleine attention à son milieu, aux autres, à soi. » <br />Nous sommes déterminés à remettre en cause l’invasion de la publicité dans tous les espaces communicationnels, et à déjouer la stratégie des grandes marques, qui s’insinuent dans la sphère culturelle en dissimulant leur véritable objectif, à savoir le renforcement de leur puissance marchande. <br />Nous sommes déterminés à remettre en cause le dogme de la croissance alimenté par la publicité, qui prétend, grâce à l’augmentation des désirs de consommer, favoriser la création d’emplois. Une autre logique s’impose, celle de satisfaire les besoins essentiels de tous, en économisant les ressources naturelles et en assurant à chacun les moyens d’exister. La qualification sociale, si elle repose en priorité sur l’emploi, doit s’inscrire dans une notion plus large, celle d’activité donnant toute sa place à la participation aux affaires publiques, au développement personnel et aux activités culturelles. <br />Nous sommes déterminés à empêcher la dérive vers une société de transparence, voire de surveillance généralisée par la cession aux nouvelles grandes puissances du numérique (les GAFAM) de nos données personnelles, revendues soit à des instances publiques ou privées douteuses, soit aux annonceurs, pour le plus grand profit des uns et des autres, mais aux dépens de nos libertés fondamentales. <br />Nous sommes déterminés enfin à nous poser la question de façon générale du ralentissement des évolutions économiques, sociales, culturelles et même scientifiques, car il faut prendre conscience que les femmes et les hommes peuvent difficilement s’épanouir dans un contexte de changements incessants et obsédants, qui disqualifient leurs ressources cognitives, relationnelles, ou sentimentales à un rythme qui rend impossible leur renouvellement, ou leur actualisation. Le terme à la mode de « disruption » convient peut-être aux processus numériques, mais sûrement pas aux évolutions humaines. <br /><br /></div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N1PresentationEtCharte11032019">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2017-01-23" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="NumeriqueEtComiteCitoyenDApresEricSadin" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-29 11:54:12" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_NumeriqueEtComiteCitoyenDApresEricSadin"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Numérique et comité citoyen d&apos;après Eric Sadin </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_NumeriqueEtComiteCitoyenDApresEricSadin" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>23/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Numérique et comité citoyen d&apos;après Eric Sadin </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Eric Sadin dans son livre « La siliconisation du monde – L’irrésistible expansion du libéralisme numérique » considère que « l’innovation » numérique est la nouvelle idole de notre temps.Elle « modifie et façonne selon sa mesure et sans débat public le cadre de la cognition, mais surtout celui de l’action humaine, ou de ce qu’il en reste. Mouvement industriel qui affaiblit la possibilité de l’action politique, entendue comme l’implication volontaire et a priori libre des individus à contribuer à l’édification du bien commun ». </p><p>Eric Sadin annonce dans Le Monde du 14 mars 2017 la création d’un comité citoyen sur le numérique. « Une structure fédératrice réunissant des collectifs d’enseignants, de médecins, d’ingénieurs, des associations, des syndicats. Soit des individus et des groupements unis par une même conviction : celle qui estime qu’au-delà des discours enjoliveurs, c’est de la réalité du terrain qu’il s’agit maintenant de témoigner ». Il souhaite que de solides contre-expertises remontent du terrain auprès de la puissance publique. </p><p>Certes la numérisation généralisée menace la vie privée mais plus largement « la sauvegarde des principes civilisationnels qui nous fondent ». Il poursuit : « Et si la France, sur des enjeux si déterminants, montrait l’exemple ? Si, plutôt que de dupliquer béatement le modèle de la Silicon Valley… notre pays entendait défendre un contre-modèle…de société fondé sur la juste aspiration des êtres à agir en pleine conscience et sur la célébration de la pluralité possible des styles d’existence…On peut sobrement mais avec une ferme conviction, appeler cela, en ces temps si troublés, une salutaire et impérieuse politique de nous-mêmes »</p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?NumeriqueEtComiteCitoyenDApresEricSadin">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-09-21" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="OriginaliteDeLaLaiciteFrancaiseSelonRegis" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_demoncratie_laique_en_tension,repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,eduquer_et_enseigner_autrement" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-29 12:17:25" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_OriginaliteDeLaLaiciteFrancaiseSelonRegis"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Originalité de la laïcité française selon Régis Debray </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_OriginaliteDeLaLaiciteFrancaiseSelonRegis" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>21/09/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Originalité de la laïcité française selon Régis Debray </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_demoncratie_laique_en_tension">
                      Une démocratie laïque en tension 
                     </span>
                 <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema eduquer_et_enseigner_autrement">
                      Eduquer et enseigner autrement 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><div align="center"><b><i>Extrait d’un article de Régis Debray  du Nouvel Observateur de 1995</i></b></div><div align="right"><br /></div><br /></div><div>"Depuis 1789, et plus exactement depuis 1793, lorsque des insensés eurent l’audace d’arracher à Dieu, pour la première fois, le gouvernement des hommes sur un canton de la planète, nous sommes marginaux et à contre-courant. Deux cents ans après et en dépit des apparences, notre République n’a pas en Europe de véritable équivalent. En 1889, il n’y avait que deux républiques sur notre continent : la France et la Suisse. Malgré quelques changements de noms, alentour, je me risquerai à soutenir que la situation, cent ans plus tard, n’a pas beaucoup changé. A l’Audimat planétaire, nous voilà encore plus à l’index. Dans un monde où sur quelque 170 Etats souverains plus de 100 peuvent être déjà qualifiés de religieux, les nations laïques forment une minorité en peau de chagrin. Dans la Communauté européenne qu’on dit sécularisée, la laïcité n’est nulle part un principe constitutionnel. Pas plus qu’elle ne l’est aux Etats-Unis d’Amérique (où le Premier Amendement ne stipule que la séparation des Eglises et de l’État), ou en URSS, où régna pendant soixante ans une religion d’Etat, le marxisme-léninisme (les Eglises n’ont évidemment pas l’exclusivité du cléricalisme). Les crucifix continuent de trôner, bien sûr, dans les écoles publiques d’Espagne. La déchristianisation n’empêche pas les petits Danois de commencer leur journée scolaire par un psaume. Ni le « God Save the Queen » de retentir en Grande-Bretagne où l’anglicanisme est d’Etat. Ni le Code pénal allemand (article 166) de sanctionner le blasphème, comme celui de la Hollande, patrie de la tolérance, où Rushdie n’a dû d’être publié qu’à l’article 147 dudit code qui punit les seules injures faites à Dieu mais non à ses prophètes. Rappelons qu’en France le blasphème a cessé d’être un délit en 1791".<br /><br /><strong>Régis Debray, Extraits du livre France Laïque Tracts en ligne Gallimard 2 décembre 2020</strong><br /><br />Pour la compréhension, le défunt dont il parle est son projet d&apos;enseignement du fait religieux, qui a été enterré par tous les ministres de l&apos;Education<br /></div><div>De quel défunt s’agissait-il ? D’une approche raisonnée des religions, au pluriel, comme des données de civilisation, faits de société (collectifs) et faits de mentalité (individuels) indissolublement liés, observables par quiconque à l’œil nu. Trois objectifs. </div><div>-Le premier, recoudre le tissu déchiré des mémoires hic et nunc, à défaut de quoi deux tiers du patrimoine culturel occidental – peinture, musique, architecture, littérature –, ainsi que les principaux repères de la vie sociale (calendrier, édifices, symboles) deviendraient lettre morte. Pour nous, une jouissance en moins. </div><div>-Le second, comprendre et replacer l’événement dans la longue durée qui seule peut en rendre raison. Reconnaître les traces que l’inconnaissable a inscrites tout au long des siècles dans nos paysages, nos jours fériés et nos hémicycles, depuis le calvaire breton jusqu’au bleu marial du drapeau européen avec les douze étoiles de l’Apocalypse de Saint Jean. </div><div>-Le troisième, permettre aux élèves de toutes origines de se respecter, en gagnant à la fois en estime de soi et en compréhension des autres. Ces cours d’histoire et de géographie étant naturellement confiés, non à des religieux habillés en témoin, cela va sans dire, mais aux professeurs des disciplines concernées, dans le cadre d’une formation permanente destinée à mieux les armer intellectuellement et professionnellement, formation assurée par les meilleurs spécialistes. Le rapport préconisait, à destination des enseignants stagiaires, un module « Philosophie de la laïcité et enseignement du fait religieux »</div><div>(…)</div><div>Vitale et décisive, la conjonction de coordination. La preuve du pudding, c’est qu’on le mange, et quelle meilleure illustration d’une laïcité en acte qu’un arpentage tranquille, distancié et méthodique d’un terrain réputé étranger ou hostile ? Pusillanime, inconséquente et tournant à vide serait une laïcité réduite à ses acquêts juridiques et de sonores affirmations de principe. C’est l’application concrète du principe qui lui donne vie et crédibilité. Dissocier les deux versants reviendrait à laisser aux religieux le monopole du discours sur la religion, et entretenir le face-à-face entre des religions sans culture, les plus nocives, et des cultures ignorantes des religions qu’elles trouvent ou croisent sur leur chemin. Quand la fin de la politique comme religion débouche sur la religion comme politique, il faut prendre la question à bras-le-corps. Si on me permet un aveu personnel, après avoir intitulé le manifeste dit des intellectuels lors de l’affaire de Creil2 (1989) « un Munich de l’école républicaine », après avoir demandé, dans la commission Stasi (2003), que l’interdiction des signes religieux ostentatoires dans les écoles fasse l’objet d’une loi et non d’un règlement (tout en respectant une courageuse opposition à cette décision), j’aurais eu le sentiment d’abandonner ce parcours à mi-chemin si ces mesures d’exclusion n’avaient pas pour complément logique l’inclusion des phénomènes religieux dans le champ des études. C’eut été s’en tenir à une laïcité de théâtre, qui débite son texte sur la scène sans descendre dans la salle.</div><div><br /></div><div>Nos autorités ont jugé plus confortable la bonne vieille division du travail : aux entrepreneurs religieux, en exclusivité, le Tout-Puissant (peu miséricordieux). Aux éducateurs laïques, une ferme ignorance des entreprises religieuses, anciennes et nouvelles. </div><div><br /></div><div>Le passage d’une laïcité d’incompétence (« le religieux ne nous regarde pas ») à une laïcité d’intelligence (« il serait peut-être temps d’aller y voir ») exigeait que fût étendu le travail des Lumières aux zones d’ombre de la modernité démocratique, d’après son injonction : aude sapere, « ose savoir ».</div><div><br /></div><div><br /></div><div><br /></div><div><br /></div><div><br /></div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?OriginaliteDeLaLaiciteFrancaiseSelonRegis">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2021-04-26" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="PodcastsDefaireEtRefaireLeMondeDuTrava" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="ne_sais_pas" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-30 18:11:51" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_PodcastsDefaireEtRefaireLeMondeDuTrava"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Podcasts : défaire et refaire le monde du travail </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_PodcastsDefaireEtRefaireLeMondeDuTrava" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>26/04/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Podcasts : défaire et refaire le monde du travail </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema ne_sais_pas">
                       <a href=?ne-sais-pas>Je ne sais pas </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div align="center"><b><i>Cette série BOSSER BOSSER propose une exploration dans les profondeurs du Travail. Et quel meilleur moment que cette crise que nous traversons, qui a vu entre autres se généraliser le télétravail, pour questionner ce mot d’un usage si courant qu’on finit par oublier d’en interroger le sens.</i></b></div><div><br /></div><div><br /></div><div>Le Grin est un studio de podcast mais aussi une librairie d&apos;occasion, une bibliothèque des Afriques, un Café, un lieu à Clermont-Ferrand qui accueille et prend au sérieux toutes les façons de penser et regarder le monde afin de mieux les questionner.<br /><br />Cette série de podcasts <a href="https://podcast.ausha.co/grin/playlist/bosser-bosser">BOSSER BOSSER</a> propose une exploration dans les profondeurs du Travail.<br />Et quel meilleur moment que cette crise que nous traversons, qui a vu entre autres se généraliser le télétravail, pour questionner ce mot d’un usage si courant qu’on finit par oublier d’en interroger le sens.<br /><br />Depuis la nuit des temps l’humain travaille…mais le travail a-t-il toujours eu la même signification pour lui ?<br /><br />L&apos;ensemble des podcasts est <a href="https://podcast.ausha.co/grin/playlist/bosser-bosser">disponible ici</a> :<br /> <a href="https://podcast.ausha.co/grin/playlist/bosser-bosser">BOSSER BOSSER #11- Le travail dans les sociétés traditionnelles, avec Slimane Rezki<br />BOSSER BOSSER #10 - L&apos;idéologie du travail, avec Guillaume Borel<br />BOSSER BOSSER #9 - L&apos;argent facile, avec David Desclos<br />BOSSER BOSSER #8 - Travail &amp Militantisme, avec Laura Nsafou<br />BOSSER BOSSER #7 - Quel futur pour le travail ? avec Denis Pennel<br />BOSSER BOSSER #6 - Entreprises libérées, délivrées ?<br />BOSSER BOSSER #5 - Le syndrome de stress post-traumatique<br />BOSSER BOSSER #4 - Faut-il travailler pour avoir un revenu ?<br />BOSSER BOSSER #3 - Causerie musicale Romane Santarelli x The Doug<br />BOSSER BOSSER #2 - Défaire et refaire le mot travail<br />BOSSER BOSSER #1 - L&apos;esclavage colonial, avec Françoise Vergès<br />BOSSER BOSSER #0 - Qu&apos;en disent les enfants ?</a><br /><br /></div><div>Crédits :<br />Musique : DreamWork by Anitek (licence Creative Common)<br />Visuel : Chooette Design</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?PodcastsDefaireEtRefaireLeMondeDuTrava">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2018-10-19" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="PourLutterContreLeRechauffementDeLaPlane" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="penser_faire_mondialite" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-30 18:57:41" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_PourLutterContreLeRechauffementDeLaPlane"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Pour lutter contre le réchauffement de la planète, il faudra aussi freiner la croissance démographique </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_PourLutterContreLeRechauffementDeLaPlane" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>19/10/2018</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Pour lutter contre le réchauffement de la planète, il faudra aussi freiner la croissance démographique </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema penser_faire_mondialite">
                       <a href=?penser-faire-mondialite>Penser / Faire mondialité </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><div align="center">I<b><i>l est difficilement envisageable de lutter contre le réchauffement climatique, sans en même temps freiner la croissance démograhique. C&apos;est l&apos;avis d&apos;un collectif qui s&apos;est exprimé dans le journal Le Monde, le 9 octobre 2018. Cette tribune est reproduite ci dessous. Toutefois, à l’encontre de la position fondée de ce collectif, nous signalons  le point de vue du pape François dans la lettre encyclique Laudato Si (au paragraphe 50 qui cite et reprend à son compte ce texte du Conseil Pontifical « Justice et paix » : « il faut reconnaître que la croissance démographique est pleinement compatible avec un développement intégral et solidaire ». Ce paragraphe 50 qui critique à juste titre le consumérisme extrême ne brille du reste pas par sa clarté. </i></b><br /></div><br /><br /></div><div><br />Ces dernières semaines, depuis la démission de Nicolas Hulot, les manifestes et articles dans les journaux se multiplient pour tirer la sonnette d’alarme et appeler les pouvoirs publics à engager une action vigoureuse et immédiate en faveur de l’environnement : réduire notre consommation d’énergie polluante et notre production de déchets, accroître l’efficacité environnementale de nos modes de production, etc. <br />Mais il est frappant de constater que la croissance démographique est la grande absente de ces prises de position : on fait comme si démographie et environnement étaient deux sujets séparés, alors qu’ils sont indissociablement liés. <br />En effet, si les efforts pour améliorer l’efficacité environnementale des pays développés restent la première priorité à court terme, à moyen et long terme, les effets combinés de la croissance à venir de la population et de l’augmentation inéluctable de la consommation par habitant (à la fois dans les pays développés et encore plus dans les pays en voie de développement) conduisent à une véritable catastrophe pour notre planète : destruction de la biodiversité, ressources en eau menacées, montée des eaux par fonte des glaciers, raréfaction des ressources halieutiques, épuisement et salinisation des terres cultivées, réchauffement de plus de 5 °C en 2100 en France avec des pointes à plus de 50 °C, déplacements massifs de populations. <br />Pour éviter cette catastrophe il faudra, donc, et avant tout dans les pays développés, réduire fortement nos émissions de gaz à effet de serre : c’est la transition énergétique. Mais on ne pourra pas faire l’impasse sur une réduction importante de l’accroissement de la population mondiale : c’est la transition démographique, non achevée dans bien des régions du monde. <br /><br /><h3><strong>11,2 milliards d’humains en 2100 ? </strong><br /><strong></strong></h3><br />La population mondiale a déjà crû de façon exponentielle : elle est passée de 2 à 7,6 milliards entre 1950 et 2017 ! Les dernières prévisions démographiques de l’ONU, qui datent de 2017 et qui font autorité en la matière, nous indiquent dans une hypothèse moyenne que la population mondiale atteindra 8,6 milliards en 2030, 9,8 en 2050 et 11,2 en 2100. Et il est intéressant de noter que ces projections moyennes ont une tendance nette à la hausse : en 2011, l’ONU prévoyait 10,1 milliards d’habitants en 2100… Tous les continents sont concernés, mais l’Afrique concentrera un peu plus de 50 % de cette croissance d’ici à 2050 et plus de 85 % d’ici à 2100 (le continent est supposé, toujours selon l’hypothèse moyenne, atteindre 4,3 milliards d’habitants en 2100). <br />En pleine COP23, qui se tenait à Bonn (Allemagne) en 2017, 15 000 scientifiques du monde entier ont publié un appel urgent concernant l’habitabilité de la planète. Il y est recommandé entre autres des mesures démographiques allant dans le sens d’une forte réduction du taux de fécondité. Cela concerne plusieurs régions du monde, mais nous prenons ici l’exemple de l’Afrique, de par sa proximité culturelle avec la France, et parce qu’il s’y est produit un événement important auquel nous proposons de réagir positivement. <br />Il s’agit de la conférence de Ouagadougou (Burkina Faso) de juillet 2017 au cours de laquelle les présidents des Parlements des 15 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) plus le Tchad et la Mauritanie ont élaboré une charte. Conscients qu’une trop forte démographie est un obstacle à leur développement économique, ils se sont engagés à œuvrer pour faire baisser leurs indices de fécondité respectifs à trois enfants par femme au plus d’ici à 2030. <br />Ils partent de l’idée que c’est aux femmes de décider combien elles veulent d’enfants, quand et avec qui. Mais il faut qu’elles soient éduquées, il faut des agents de santé qui aillent à domicile pour proposer une gamme de contraceptifs, il faut diffuser des messages audios à la communauté dans les différents dialectes, en utilisant par exemple les téléphones portables. <br />Lire aussi :  Pascal Bruckner : « Ne nous faisons pas croire que nous allons “sauver la planète” » <br />Tout cela est possible : certains pays, comme l’Ethiopie par exemple, ont dégagé des moyens et obtenu des résultats fort encourageants. <br /><br /><h3><strong>Se servir du financement de la COP21 </strong></h3><br />Tout cela coûte cher, mais peut être financé dans le cadre de budgets déjà décidés, sans engagements supplémentaires. Les signataires demandent que la France et l’Europe aident ces courageux Etats africains à mettre en place leur programme de baisse de la fécondité. Dans le cadre des accords signés lors de la COP21 à Paris en 2015, les pays riches se sont engagés à verser aux pays moins riches 100 milliards de dollars par an pour lutter contre le changement climatique. <br />Comme il est clair que la démographie a un impact direct sur les augmentations de dioxyde de carbone et sur le climat, il est parfaitement légitime de consacrer une part significative de cette aide aux programmes de « santé reproductive », terme utilisé pour désigner la contraception et le planning familial. Une telle politique offrirait aussi la possibilité d’améliorer le bien-être et la qualité de vie des femmes qui sont le plus souvent les premières à souffrir de la situation actuelle. <br />Il faut aussi tout faire pour favoriser le développement économique des régions pauvres à forte natalité, car c’est un des meilleurs moyens, grâce en particulier à l’éducation des femmes, de les amener à changer leurs comportements et à réduire le nombre de leurs enfants. <br />C’est sans doute le défi le plus important que nous ayons collectivement à résoudre dans les vingt prochaines années. Freiner la croissance de la population est une nécessité absolue pour sauver l’habitabilité de notre planète d’un désastre annoncé. Car il n’ y a pas de planète B. <br /><br /></div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?PourLutterContreLeRechauffementDeLaPlane">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2017-09-19" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="PourUneLaiciteQuiEntretienneLaConfrontati" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_demoncratie_laique_en_tension" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-30 19:27:14" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_PourUneLaiciteQuiEntretienneLaConfrontati"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Pour une laïcité qui entretienne la confrontation entre des convictions diverses selon Paul Ricœur </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_PourUneLaiciteQuiEntretienneLaConfrontati" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>19/09/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Pour une laïcité qui entretienne la confrontation entre des convictions diverses selon Paul Ricœur </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_demoncratie_laique_en_tension">
                      Une démocratie laïque en tension 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    « On ne peut se contenter de faire abstraction des convictions, ne serait-ce que pour alimenter le débat public sur les grands choix de société. Il faut donc prendre en compte le champ où se déploient les convictions, à savoir le champ de la société civile. Il y a ainsi à construire, à côté de la laïcité d&apos;abstention de l&apos;État, une laïcité de confrontation, de débat, qui est celle de la société civile, en tant que distincte de la puissance publique. Il faut redonner corps à cette idée d&apos;une laïcité vive, qui entretienne la confrontation entre des convic­tions diverses, elles-mêmes nourries de la diversité de nos héritages culturels, qui sont pour moi l&apos;héritage judéo-chrétien, celui des Grecs et des Romains, l&apos;héritage des Lumières et celui du socialisme du XIXe siècle, à qui il faut ajouter bien entendu aujourd&apos;hui aussi des traditions islamiques, et peut-être d&apos;autres encore... L&apos;école est un bon exemple des travers propres à la laïcité à la française, elle en fait les frais dans la mesure où l&apos;on considère que son rôle est de projeter sur la société civile la conception de la laïcité que nous avons attribuée à l&apos;État. D&apos;où le fait qu&apos;on a un enseignement très aseptisé : on ne parlera pas à l&apos;école de religion, sauf très marginalement à travers la littérature ou l&apos;histoire, etc. L&apos;école est un foyer de totale neutralisation des convictions. On ne doit pas s&apos;étonner de trouver comme résultat une société sans conviction, sans dynamisme propre qui va tout demander à l&apos;État... » <ol start="1991">  <li>Ricœur, in Esprit, janvier 1991.</li> </ol>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?PourUneLaiciteQuiEntretienneLaConfrontati">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2017-01-20" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="PrisonsCelluleOuverteContreComportementC" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-10-01 17:28:53" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_PrisonsCelluleOuverteContreComportementC"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Prisons : Cellule ouverte contre comportement citoyen </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_PrisonsCelluleOuverteContreComportementC" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>20/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Prisons : Cellule ouverte contre comportement citoyen </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p style="text-align:center;"><i><b>Changer de cap c&apos;est aussi penser autrement la prison. Extrait d&apos;un article paru sur leparisien.fr</b></i></p><h3><strong><br /></strong></h3><h3><strong>Cellule ouverte contre comportement </strong><strong>citoyen  </strong><strong>à la prison de Villepinte </strong>  <strong>Villepinte, juin 2016</strong></h3><p> <strong>L</strong>a prison de Villepinte s’apprête à vivre une expérience rarement tentée en France et jamais encore dans une maison d’arrêt. Dans quelques jours, 140 détenus regroupés au bâtiment E, bénéficieront d’un régime privilégié : la porte de leur cellule sera ouverte en journée, ils auront un accès facilité au sport… en échange d’un engagement de bonne conduite et de 25 heures d’activités par semaine, éducation civique comprise. C’est le module « Respecto », directement inspiré de programmes en cours en Espagne.  « Ce n’est pas un quartier de Bisounours », prévient Léa Poplin, l’énergique directrice de la prison et chef d’orchestre du dispositif. « Cette prise en charge alternative a pour but de lutter contre les violences et les incivilités, ce n’est pas un vain mot ici ! »</p><h3><strong>«L&apos;enjeu ? Que les détenus se lèvent le matin, qu&apos;ils se prennent en main»</strong></h3><p><strong> </strong>  En mai, un surveillant s’est fait casser le nez. L’an dernier, un prisonnier poignardait un gardien d’une lame dans le cou. « L’enjeu ? Que les détenus se lèvent le matin, se prennent en main. Il faut qu’on donne plus à ceux qui s’investissent, afin de leur apprendre ou réapprendre à être citoyens à part entière », poursuit la directrice. Dans le module Respecto, il faut se lever tôt, faire son lit, se tenir à un planning d’activités et de corvées de ménage, assumer un rôle de référent à tour de rôle pour prévenir les conflits.  Les détenus concernés ont été sélectionnés sur lettre de motivation et entretien avec les surveillants et personnels du Spip (le service pénitentiaire d’insertion et de probation), deux acteurs clés du module. Une cinquantaine de prisonniers ont été refusés et les « DPS », détenus particulièrement surveillés, sont d’office exclus. Ceux qui ont déjà été emprisonnés en Espagne se seraient montrés d’excellents promoteurs du dispositif. Il suffisait en tout cas de passer une tête en prison cet été, pour entendre que ce module Respect était attendu avec impatience par les prisonniers, les uns s’interrogeant sur la date de mise en oeuvre, les autres sur les possibilités d’y participer. </p><h3><strong>Période d&apos;essai de 6 mois</strong></h3><p><strong> </strong>  Lorsqu’on est enfermé à plusieurs dans 9 m², la contrepartie annoncée est tentante : on peut avoir d’autres perspectives que de regarder la télé à longueur de journée, quitter sa cellule de 7 h 30 à midi et de 13 h 30 à 17 h 30, bénéficier de goûters familiaux, en dehors des traditionnels parloirs. En cas d’écart, en revanche, pas de quartier. Il faudra s’expliquer devant un « comité technique » de surveillants et conseiller Spip, au risque de retourner dans son ancienne cellule. Même sanction en cas de violence, de trafic ou de détention de téléphone portable.  Dès le début de l’été, les 140 places étaient attribuées et une liste d’attente constituée. Une quarantaine de places supplémentaires restent ouvertes, à terme, aux nouveaux incarcérés. Ce chantier a nécessité une importante réorganisation  avec des déménagements en cascade et des travaux. Chez les surveillants, le consensus n’y est pas (lire ci-dessous). Mais qui dit expérimentation, dit période d’essai. Dans six mois, ce sera l’heure du premier bilan. </p><h3><strong>Les surveillants divisés </strong></h3><p><strong><br /></strong>  « Ce module Respect va permettre de réduire la violence et de canaliser l’agressivité » espère Blaise Gangbazo, élu CFTC pour les gardiens, un point de vue qui ne fait pas l’unanimité chez ses collègues. « C’est une détention à deux vitesses, et à plus de 1 000 détenus c’est une hérésie », fustige de son côté <strong>Philippe Kuhn (SPS)</strong>. Pour lui, l’expérience des Landes n’est pas transposable à la région parisienne. « La surpopulation est telle à Villepinte qu’il n’y aura plus de place pour remettre les détenus en détention normale si ça se passe mal », craint Erwan Saoudi (FO).  Conçue pour 588 détenus, la prison dépasse régulièrement depuis le mois de janvier 2016 le millier de prisonniers. Du jamais-vu en 25 ans.  La situation est d’autant plus préoccupante que l’intendance est toujours décriée. Depuis l’arrivée du nouveau prestataire, Gepsa, en janvier, des difficultés de cantine, ce système qui permet aux détenus de commander et de se faire livrer des produits de la vie courante, se répètent. Pour protester contre cette situation, les détenus ont plusieurs fois refusé de remonter de promenade, et les Eris, des unités spéciales, ont été appelées en renfort pour les faire remonter en cellule. L’administration pénitentiaire envisageait cet été des recours contre le prestataire et n’excluait pas de dénoncer le contrait. Mais rien de tel n’est encore annoncé.</p><h3><strong>L’expérience encourageante du centre pénitentiaire des Landes</strong></h3><p><strong> </strong>  « Une forte diminution des violences de détenus envers le personnel, des détenus plus occupés, des bâtiments plus calmes et plus propres, moins d’absentéisme chez les surveillants, une détention plus apaisée… »  Le bilan que dresse Alain Varignon de l’expérimentation « Respecto » à Mont-de-Marsan (Landes) laisse place à l’optimisme. Avant de prendre ses fonctions à Gradignan, il dirigeait le centre pénitentiaire des Landes, où l’expérience a été tentée le 26 janvier 2015, dans le cadre du plan national de prévention de la violence. « La directrice interrégionale avait créé un observatoire des violences, qui nous a conduits à nous intéresser à ce qui se pratiquait en Espagne. Nous sommes allés à Madrid pour rencontrer nos homologues et les quartiers pénitentiaires où ces modules avaient cours. Cela donnait plus d’autonomie aux détenus et redonnait du sens au coeur de métier des surveillants, qui ne sont pas que des porte-clés », se souvient André Varignon.</p><h3><strong>«C&apos;est mieux que de regarder la télé»</strong></h3><p><strong> </strong>  A Mont-de-Marsan, depuis janvier 2015, 250 à 260 détenus en moyenne participent à ce module, soit pas loin de 40 % de la population carcérale. 150 exclusions ont été prononcées entre janvier 2015 et avril 2016. Une trentaine de surveillants sont associés au projet. « Mais tous les surveillants ne veulent pas participer, c’est pareil pour les détenus, tous ne veulent pas être prêts à 7 h 30. Sont intégrés ceux qui veulent faire quelque chose de leur détention, c’est mieux que de regarder la télé », poursuit André Varignon, qui ne voit pas pourquoi cette expérience ne serait pas transposable ailleurs, au motif que les délinquants ne seraient pas les mêmes en Ile-de-France. « Il y a toujours quelques dizaines de détenus qui ont le profil », estime-t-il. Selon lui, ce module c’est « le pari de la confiance, mais ce n’est pas le Club Med », conclut-il. </p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?PrisonsCelluleOuverteContreComportementC">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2017-01-18" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="RegulationFinanciereEtPantouflageExtraitD" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,quel_capitalisme_en_crise,une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_representative_en_question" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-10-14 15:14:58" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_RegulationFinanciereEtPantouflageExtraitD"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Régulation financière et pantouflage Extrait d’une conférence de Gaël Giraud </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_RegulationFinanciereEtPantouflageExtraitD" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>18/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Régulation financière et pantouflage Extrait d’une conférence de Gaël Giraud </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema quel_capitalisme_en_crise">
                      Capitalisme(s) en crise  
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_representative_en_question">
                      Une démocratie représentative en question 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p align="center"><b><i>Régulation financière et pantouflage. Les politiques sont-ils impuissants à réguler les marchés financiers ?   Extrait d’une conférence de Gaël Giraud « Un ordre ancien s’en est allé » du 22 octobre 2014. </i></b></p><p><br /></p><p> « Derrière les marchés financiers, vous avez essentiellement un petit nombre de très riches particuliers, de grosses entreprises dont les surplus financiers sont investis sur le marchés financier, et une bonne partie de l’épargne du public. Dans les salles de marché, des jeunes gens sont sur les ordinateurs, ils font des opérations extrêmement sophistiquées, on les appelle des traders. Contrairement au mythe largement répandu, il n’y a pas besoin d’avoir fait polytechnique…mais il est vrai que nombre d’opérations mobilisent des mathématiques très sophistiquées. La plupart des traders ne les comprennent pas et leurs patrons non plus.  Les marchés financiers sont tellement plus lucratifs que n’importe quel investissement dans l’économie réelle, que vous pouvez être à peu près certain que votre épargne, si vous en avez, circule sur les marchés financiers, probablement à votre corps défendant. </p><p>J’en profite pour dire que vous avez tout à fait le droit de changer de banque. D’ailleurs c’est le seul moyen pour nous autres citoyens de faire pression sur nos banques c’est de retirer notre compte d’une banque qui ne nous plaît pas. Nous votons avec nos pieds.  A la question : peut-on réguler les marchés financiers ? Il y a plusieurs éléments de réponse. Il est vrai que réglementer les marchés financiers n’est pas une opération absolument triviale, c’est suffisamment compliqué pour qu’il faille faire attention, mais il y a une telle surenchère du côté des marchés financiers pour dire : attention ne cherchez pas à réguler car vous seriez comme des éléphants dans un magasin de porcelaine. Mais il ne faut pas exagérer, on sait à peu près ce qu’il faut faire… Quand vous discutez avec des professionnels honnêtes, vous arrivez assez facilement à la petite vingtaine de mesures qu’il faudrait prendre pour réglementer les marchés. On les a nous-même listés dans un livre que j’ai co-écrit qui s’appelle « Vingt propositions pour réformer le capitalisme ». Ce n’est donc pas aussi sorcier que cela. </p><p>La raison pour laquelle les mesures ne sont pas prises, c’est l’extraordinaire puissance du lobby bancaire, ce qui n’est pas difficile à comprendre.  Il faut se rendre compte que le bilan d’une banque comme BNP Paribas est supérieur à 2000  milliards d’euros, donc BNP Paribas pèse plus que le PIB français. Vous comprenez bien que lorsque le PDG de Paribas va voir le Président de la République…il est aussi riche que lui. Et s’il lui dit : Monsieur le Président, la loi que vous voulez voter, c’est vraiment une très mauvaise idée…elle va mettre ma banque en faillite. Le Président de la République est bien obligé d’en tenir compte. Lui-même n’a pas les moyens de vérifier qu’on ne lui raconte pas des carabistouilles…</p><p>Actuellement, les banquiers font un balai incessant auprès de l’Elysée et de Bercy en disant : vous savez, tout va mal, nous sommes tous au bord de la faillite, nous allons tous mourir demain, et la fin de la phrase c’est : « si nous mourons vous mourrez avec nous. Donc faîtes tout pour nous sauver ». Vous avez là un pouvoir de chantage lié à l’hypertrophie du secteur bancaire lié au fait que nos banques vont très mal, contrairement à ce qu’elles ne cessent de répéter dans le débat public. Parmi les observateurs indépendants il y en a un qui a dressé la liste des cinquante banques les plus sûres du monde, et bien dans ces cinquante banques, aucune des quatre premières banques françaises n’apparaît. Deux banques françaises y sont mais elles ne font pas partie des quatre premières banques françaises. </p><p>Inversement, vous avez un économiste américain… qui a essayé d’évaluer quelles sont les huit banques européennes les plus proches de la faillite. Parmi ces huit banques, vous trouvez les quatre premières banques françaises. Donc qu’on ne vienne pas nous dire que le ciel est bleu, qu’il n’y a pas un seul nuage à l’horizon. Compte tenu de cela, vous comprenez que lorsque les banques vont pleurer à l’Elysée ou à Bercy, elles ont une certaine crédibilité.  Il y a d’autres éléments à prendre en compte. Quand vous êtes une banque qui gagne plusieurs milliards d’euros chaque année, vous avez les moyens de payer très, très cher, un certain nombre de personnes, vous pouvez acheter tous les économistes qui passent dans le débat public. Donc, malheureusement, la plupart de mes camarades économistes qui s’expriment dans le débat public sont des conseillers des banques, comme je l’ai été moi-même avant de devenir jésuite. Heureusement que la compagnie m’a sauvé. </p><p>Vous comprenez qu’à partir du moment où vous êtes un chercheur en économie ou un professeur d’université, quand vous multipliez votre salaire par dix en allant travailler un jour par semaine dans une banque, vous n’avez absolument pas envie de donner une interview dans un journal pour dire du mal des banques.  Vous avez d’autres phénomènes du même type. Tous les membres de l’Inspection Générale des Finances à Bercy, au Trésor, savent qu’ils vont arriver à un plafond dans leur carrière entre 40 et 45 ans. C’est un grand problème de notre administration, nous ne savons pas gérer les fins de carrière de nos hauts fonctionnaires brillants, donc ils savent que vers quarante ans il faut qu’ils aillent « pantoufler ». Ils savent que s’ils vont pantoufler dans une banque, ils vont multiplier leur salaire par dix, vingt…, s’ils vont dans l’industrie, ils vont multiplier leurs salaires par 2, 3 ou 4. Il faut donc une sacrée colonne vertébrale spirituelle pour oser résister.</p><p> Et quand vous avez trente ans, que vous êtes un jeune énarque, inspecteur des finances, difficile de résister à la pression des banques qui viennent vous voir tous les jours dans votre bureau pour vous dire, mon brave garçon tu n’y connais rien, on va t’expliquer, et si tu fais bien ce que l’on te demande, quand tu auras quarante ans on va s’en souvenir. Ce jeune énarque sait très bien que s’il ne fait pas ce qu’on lui demande, à 40 ans on s’en souviendra aussi et il n’aura aucune chance de pouvoir pantoufler. Si vous regardez le parcours de nos brillants inspecteurs des finances, il faut regarder ce qu’ils deviennent. </p><p> Inversement, regardez les cinq premiers postes de toutes nos grandes banques, ce sont des anciens inspecteurs généraux des finances, à tel point que l’ancien PDG de BNP Paribas aime répéter qu’il y a plus d’inspecteurs généraux des finances à BNP Paribas qu’au service de l’Etat. Cela vous dit quelque chose de cette espèce de collusion complètement incestueuse entre la finance privée et la haute administration des finances publiques, qui devrait travailler pour l’intérêt général…  Pourquoi les pouvoirs publics ne réagissent pas plus ? Il y a un lobby bancaire extrêmement puissant., Vous l’avez vu à l’œuvre l’an dernier sur la loi bancaire (si vous avez suivi cette affaire) qui a été vidée de son contenu car elle ne sépare pas banque de dépôt et banque d’investissement. Et c’est même plus extraordinaire que cela encore. </p><p>Lorsque le commissaire européen Michel Barnier, qui n’est pas l’archétype du gauchiste, a sorti un projet de directive européenne qui va plus loin que la loi française qui ne sépare pas, le jour même, le gouverneur de la France s’est exprimé dans les journaux pour dire : vraiment Michel Barnier est un homme irresponsable, comment peut-il oser penser à la séparation ? Il est en fait téléguidé par les banques et une partie du gouvernement. Le gouverneur de la Banque de France qui est un haut fonctionnaire tenu par le droit de réserve en tant que fonctionnaire et qui en plus assume normalement la tâche de régulateur du système bancaire français. C’est tout de même très impressionnant. Ce sont de petits signaux qui montrent jusqu’où va la collusion. </p><p> Cela dit, je ne crois pas que le gouvernement soit impuissant, car on sait à peu près les mesures qu’il faut prendre. Michel Barnier essaye de le faire de son coté. La séparation des banques c’est la condition sine qua non, la première et il y en a d’autres. Mais si cela vous intéresse, il vaut mieux que vous alliez voir le petit livre « Vingt propositions pour réformer le capitalisme ».</p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?RegulationFinanciereEtPantouflageExtraitD">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2022-11-02" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="RetourDeSeteLeccapPrendLaMerAuSein" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_participative_en_progression" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-09-16 06:52:59" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_RetourDeSeteLeccapPrendLaMerAuSein"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Retour de Sète : L’Eccap prend la mer  au sein de l’Archipel des confluences ! </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_RetourDeSeteLeccapPrendLaMerAuSein" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/11/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Retour de Sète : L’Eccap prend la mer  au sein de l’Archipel des confluences ! </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h3><strong>Retour de Sète : L’Eccap prend la mer au sein de l’Archipel des confluences !</strong></h3><div>Durant le long week-end du 20 au 23 octobre à Sète, s’est tenue l’Université d’été du Mouvement d’Utopia<a href="#_ftn1">[1]</a> sur le thème : Agir pour un monde habitable. Cette année, pour répondre à l’appel d’Edgar Morin, adhérent d’honneur d’Utopia, à créer une convergence entre les acteurs de la société civique, plus de 200 participant∙es, de nombreuses personnalités, des associations comme des réseaux ont décidé de co-organiser avec Utopia des temps de travail afin de partager leurs réflexions, leurs propositions sur des mesures basculantes et d’imaginer la forme que pourrait prendre cette « convergence »<a href="#_ftn2">[2]</a>. L’Archipel citoyen Osons les jours heureux<a href="#_ftn3">[3]</a>, l’Archipel de l’écologie et des solidarités<a href="#_ftn4">[4]</a> et le mouvement convivialiste<a href="#_ftn5">[5]</a> ont contribué. Ce processus a commencé par le partage par certaines personnalités de leurs retours d’expériences, forcément singuliers et liés à la nature de leur engagement, mais après une analyse croisée, peuvent devenir des enseignements pour l’avenir. </div><div>Nous mesurons tout à la fois l’urgence de la situation de la planète et des besoins de bascule dans un autre système de valeurs mais aussi les difficultés de nos mouvements à provoquer un changement radical. Isolés, polarisés et souvent épuisés, pourtant ces mouvements travaillent la société en profondeur. Et au sein du mouvement Utopia, depuis plus de 20 ans, nous voulons aussi affirmer que cette société est de plus en plus à l’écoute des formes alternatives de transformation. Le premier objectif de ces journées a été de prendre le temps nécessaire à cette analyse croisée de nos expériences pour lancer un processus désirable, ambitieux dans sa vision, modeste dans son organisation et humble dans son animation. Serait-ce les conditions pour faire levier et bascule ?<br />Une cinquantaine de participant∙es aux ateliers ont pu ainsi contribuer et des premières personnalités ont partagé leurs expériences dès la première séance du jeudi 20 octobre. Parmi elles, Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS, Laetitia Delahaies, coordinatrice stratégique des Colibris, Patrick Viveret, philosophe et initiateur de l’Archipel Osons les jours heureux et parrain de la campagne Nouvelle R&apos; des Colibris, Alain Caillé, fondateur de la Revue du MAUSS et initiateur du mouvement convivialiste, Mathilde Imer, animatrice de la Primaire Populaire, Martin Rieussec-Fournier investi aussi au sein de la Primaire populaire, Thierry Salomon, fondateur de Negawatt, Didier Fradin, de la Belle Démocratie et engagé depuis des années sur les dynamiques de reliance entre archipel et monde des communs.</div><div><br /></div><div><h3><strong>Des échanges sur des premiers retours d’expériences</strong><br /><strong></strong></h3><strong>Alain Caillé</strong> rappelle le contexte dangereux entre néolibéralisme et extrême droite, accompagné par une atomisation de nos réseaux. « Pouvons-nous avancer dans la mise en place d&apos;un mouvement plus large mais pour faire quoi ? Cette bascule historique peut être accompagnée par un processus long d’Etats généraux et de cahiers d’espérances pour mettre en discussion des sujets transversaux ». Durant les échanges, cette idée s’est transformée en Cahiers d&apos;avenir partagé (CAP). A partir d’expressions recueillies au niveau local, une synthèse évolutive sur la base de ces expériences de terrains permettraient d’identifier ce qui dysfonctionnent et proposer des mesures basculantes à diffuser au niveau national. Ce projet a reçu un accueil favorable des représentants d’un certain nombre de réseaux comme le mouvement des Colibris, le Labo de l&apos;ESS, l’association des maires ruraux de France, à confirmer bientôt. Il pourrait être relayé par le Collectif de la transition citoyenne, le Pacte du pouvoir de vivre ou la Fabrique des transitions.</div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>Thierry Salomon</strong> rappelle le contexte de crise énergétique et la difficulté d&apos;entrer dans le détail sans s&apos;opposer. La dynamique se fait autour d&apos;individualités, avec des formes d’expertises très pointues donc reconnues, mais comment alors créer les conditions d’un dialogue des savoirs ? Comment dépasser ces premiers cercles souvent très engagés mais aussi vite épuisés et assez peu représentatifs des nouvelles générations comme des nouvelles formes d’engagement ? Il présente alors les 3 fonctions au sein de l’Archipel qui sont d’abord au service des liens et des interactions entre les îles et les projets : les explorateurs qui découvrent et reconnaissent des initiatives transformatrices, les tisserands qui relient et entretiennent les relations et les catalyseurs qui peuvent appuyer des projets et leur permettre d’accéder à des ressources pour les enrichir. </div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>Patrick Viveret</strong> évoque la nécessité de se situer aussi à l’échelle de la planète et de s’appuyer sur les ODD<a href="#_ftn6">[6]</a> (Objectifs de développement durables de l’ONU). Il présente deux cartographies qui peuvent se relier et se nourrir : le site Inform-e.net<a href="#_ftn7">[7]</a> et le site Transiscope<a href="#_ftn8">[8]</a>.</div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>Hugues Sibille</strong>, président du Labo de l’ESS<a href="#_ftn9">[9]</a> témoigne qu’il voit chaque jour des initiatives qui transforment la société mais cela ne fait pas système au niveau local et au niveau national. « L&apos;ESS ne transforme pas le système, il y a des enjeux de régulation et de retour du politique ». « Comment co-construire les politiques publiques ? Il faut questionner le retour de la planification et comment les citoyens peuvent s&apos;en saisir ? ». Investi dans la Fabrique de la transition qui rassemble des élus, des techniciens et des acteurs de la société civile, cet espace a vocation à questionner les nouvelles formes de production des politiques publiques.</div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>Laetitia Delahaies</strong>, coordinatrice stratégique des Colibris, a présenté la nouvelle campagne du mouvement appelé Nouvelle R’ et dont le parrain est Patrick Viveret. Après avoir développé le concept d’Oasis, à l’échelle d’une petite communauté autour des enjeux de l’habitat partagé, de l’éducation et d’une autonomie énergétique, la nouvelle orientation du mouvement est d’appuyer des projets de territoires, plus large, plus collectif et avec une dimension pluri-acteurs très forte.</div><div>Les 6 « territoires en expérimentation »<a href="#_ftn10">[10]</a> initiées depuis 1 an permettent de tester cette approche pluri-partenaire. Il y a un enjeu de capitalisation/mise en récit afin d’analyser et de valoriser l’approche et la méthode : comment font les acteurs pour faire ensemble ?<br /><br /></div><div>Enfin pour conclure ces premiers échanges, <strong>Mathilde Imer et Martin Rieussec-Fournier</strong>, ont croisé leurs retours sur la Primaire populaire dont ils ont été les principaux animateurs. La première a insisté sur le fait qu’ils ont « surestimé la volonté de gagner des partis politiques ou plutôt de ne pas perdre leur organisation, leur identité et leur économie. Cela est devenu pour ces partis un enjeu de survie ». Elle a aussi interrogé la place du pouvoir : « Quelle relation doit-on construire avec ces partis et comment questionner la place des pouvoirs dans notre démocratie ? « Le parti n&apos;est pas un astre mort ». « C&apos;est maintenant qu&apos;il faut préparer les échéances à venir mais se projeter en 2027, là aujourd’hui, j&apos;ai du mal ! » Elle conclut en retenant aussi des points positifs : « Il y a eu de belles choses quand même avec une mobilisation exceptionnelle en quelques mois à peine, et une équipe qui avait une moyenne d’âge de 25 ans. Ce fut aussi un espace où les militants FI/PS/EELV ont bossé ensemble au niveau local et enfin, nous avons levé 1 million d&apos;euros pour mener cette campagne ». En reconnaissant avoir manqué de temps et d’espace pour écouter des personnes plus expérimentées, elle évoque la nécessité de la transmission intergénérationnelle. « Pour l’avenir, il n&apos;y a pas qu&apos;une stratégie, créer un mouvement avec des alliés dans les partis et bosser sur le fond avec les acteurs politiques notamment sur trois points aveugles : le travail, le logement (l’habitat et l’habiter) et la sécurité ». Son ex-collègue Martin a insisté lui sur les moyens et la nécessité d’être décomplexés avec les questions d’organisation et d’argent. « L’argent ne doit plus être un tabou ». </div><div><h3>Une première synthèse pour avancer de nouveau ensemble ?<strong></strong><br /><strong></strong></h3>Le lendemain matin, Patrick Viveret a présenté une première synthèse : « On semble être d&apos;accord sur une vision de la transformation, avec quelques différences sur les moyens et les temporalités. » Bataille culturelle pour certains, bataille partisane et électorale pour d’autres, très vite les participant∙es ont pu exprimer leurs polarités mais les conditions de leur articulation est devenue pour toutes et tous un marqueur.</div><div>C’est pourquoi la forme d&apos;archipel avec son trépied : tisser, explorer et catalyser, a été reconnu comme une condition de la qualité de ces liens. Sa déclinaison sémantique (pirogues, lagon, voilier-atelier…) suscite encore quelques questionnements. La mutualisation des moyens logistiques devient aussi une évidence avec la nuance de ne pas devenir des « organisateurs et organisatrices ». Enfin, l’urgence de rester accueillant et de s’ouvrir à d’autres groupes d&apos;acteurs comme le Collectif pour la transition citoyenne<a href="#_ftn11">[11]</a>, la Fabrique des transitions<a href="#_ftn12">[12]</a>, le Pacte Pouvoir de vivre<a href="#_ftn13">[13]</a>. <br /><br /></div><div>Ce qui semble être encore la source de doutes est la question du rapport moyen-objectif. Nous avons listé le nombre d’intentions nombreuses et légitimes sur le fond, cohérentes avec notre raison d’être mais malheureusement pas à la mesure de nos moyens actuels. Par exemple, ont été cités, les projets d’archipel citoyen planétaire ou de parlement citoyen mondial. Autre question centrale dans les échanges et qui demeure une « tension » créatrice : la relation à la prise de pouvoir, et sous quelle forme. Le fait de gagner les élections est une perspective même si la dynamique de l’Archipel ne peut l’organiser directement. Elle peut contribuer à créer des relations permettant de dépasser notamment des logiques concurrentielles entre appareils politiques mais sous quelle forme ? Enfin, « le plus gros impensé » selon Patrick Viveret est le fait de pouvoir prétendre contribuer à un changement de politique au moment où « le degré de régression sera tel que même au pouvoir, il sera nécessaire de devoir « gérer » des pandémies et faire des choix plus complexes ». Après ces premiers échanges, la richesse de ces retours d’expérience a été telle qu’il est apparu nécessaire de le poursuivre et d’inviter de nouvelles personnes à y contribuer. Cette étape peut nous permettre de faire émerger un processus inscrit dans la durée. <br /><br /></div><div><h3><strong>Un texte, un nom, un prochain rendez-vous et un premier équipage.</strong><br /><strong></strong></h3>A partir du vendredi, le groupe s’est fixé alors des objectifs atteignables pour le week-end : un texte commun précisant les intentions collectives, une forme à définir avec un nom provisoire et un calendrier avec une prochaine date et une liste de personnes volontaires. <br /><br /></div><div>Le travail a pu ainsi se concentrer sur le vendredi et le samedi sur la co-écriture d’un texte martyr qui affirme la forme de l’archipel comme un nouvel imaginaire, qui ne souhaite pas « organiser » une coordination ou une fédération des initiatives existantes. Un imaginaire issu de la pensée d’Edouard Glissant<a href="#_ftn14">[14]</a> qui valorise plus les identités-relations, les individus ou mouvements dont l’énergie est plus relationnelle qu’identitaire. </div><div>Et c’est bien dans cette « tension » créatrice entre relation et identité que l’archipel trouve sa force. Chaque île, chaque organisation, chaque personne est reconnue dans ses identités et la nécessité de les conserver comme de les questionner. Cela n’est possible que si, tout autant, chaque île, chaque organisation, chaque personne s’investit dans la relation, tout aussi nécessaire, qu’elle tisse avec d’autres pour nourrir une raison d’être et un projet politique, coconstruire des alliances et mettre en œuvre des stratégies, à toutes les échelles, du local au planétaire.</div><div>Un texte a pu ainsi être validé samedi matin et présenté en assemblée plénière le samedi après-midi<a href="#_ftn15">[15]</a>. Il a reçu un accueil favorable même si la sémantique autour de l’imaginaire de l’archipel doit encore être mieux partagé et accessible.</div><div>Ce nouvel archipel se nomme donc aujourd’hui <strong>l’Archipel des confluences</strong>. Des confluences comme autant de courants d’idées et d’expériences se croisant. Un prochain rendez-vous a été fixé le 17 décembre pour une rencontre à Paris afin de préciser sa raison d’être et ses premiers engagements mais aussi accueillir de nouvelles énergies.<br /></div><h3><strong>Un enjeu de confluences des savoirs</strong></h3><div>D’abord mieux se connaître en partageant les textes fondateurs des mouvements et collectifs déjà présents, repérer les polarités pour les mettre en travail et en relations. Ce travail est d’abord un enjeu de circulation des savoirs, savoirs froids comme savoirs chauds, théoriques, techniques ou d’usages, ces savoirs circulent dans l’archipel. </div><div><strong>La transmission</strong> de ces savoirs devient alors le premier objectif des personnes initiatrices considérant, après les interventions de Mathidle Imer, Laetitia Delahaies et Hugues Sibille que ce groupe est principalement composé d’hommes âgés et qu’il doit être au service des nouvelles générations. </div><div>Enfin, la question de <strong>l’articulation entre initiatives locales et mobilisation nationale</strong> pour les rendre visible et les renforcer devient le second objectif de cet archipel.</div><div>Comment croiser réflexions, propositions de mesures basculantes et expériences concrètes ? Imaginer des espaces physiques et numériques où des liens se tissent et des controverses s’animent ? Cela résonne alors avec la nouvelle orientation de l’Encyclopédie du changement de cap.<br /></div><div>L’équipe de l’Encyclopédie du changement de cap a pris une place importante dans l’animation de par le fait qu’elle demeurait un peu extérieure aux expériences passées et aux relations interpersonnelles. Cette posture de tiers-facilitatrice a permis de trouver une animation croisant la prise de note en direct via l’usage de la carte heuristique, permettant la reconnaissance de chacun et la mise en visibilité des polarités comme des communs tout en proposant des chemins communs. Nous avons proposé d’animer un atelier pratique le samedi matin afin de créer une première cartographie des initiatives présentes et des acteurs mobilisés pour les rendre ainsi plus lisibles. </div><div>En ce sens, l’Encyclopédie du changement de cap a été reconnu comme un espace de travail utile au sein de l’Archipel. Notre nouvelle orientation<a href="#_ftn16">[16]</a> imaginée depuis quelques mois entre en résonnance avec les enjeux des mouvements et personnalités présentes à Sète.<br /><br /></div><div>L’Eccap s’inscrit pleinement dans l’Archipel des confluences et son outil numérique devient un objet de travail partagé avec le monde des communs du numérique que nous allons bientôt mobiliser. De nouveaux alliés nous rejoignent et ce rendez-vous à Sète nous a permis de prendre la mer avec beaucoup d’énergie et la volonté de rejoindre un équipage pour explorer, tisser et catalyser.<br /><br /></div><div>Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à nous contacter pour rejoindre l’équipage.<br /><br /></div><div>Courriel Encyclopédie du changement de cap : <a href="mailto:lettre@eccap.fr">lettre@eccap.fr<br /></a><br /></div><div>Courriel Archipel des confluences : contact@archipel-confluences.org</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Le Mouvement Utopia est une coopérative citoyenne d’éducation populaire : https://mouvementutopia.org/<br />[2] https://mouvementutopia.org/site/wp-content/uploads/2022/10/Programme-Universite-Utopia-2022-13.10.22.pdf<br />[3] http://osonslesjoursheureux.net/<br />[4] https://archipel.ecolosolidaire.org/<br />[5] https://convivialisme.org/<br />[6] https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/<br />[7] https://www.inform-e.net/fr/accueil/<br />[8] https://transiscope.org/<br />[9] https://www.lelabo-ess.org/<br />[10] http://territoires-dexperimentations.org/<br />[11] https://transition-citoyenne.org/<br />[12] https://fabriquedestransitions.net/index_fr.html<br />[13] https://www.pactedupouvoirdevivre.fr/<br />[14] http://osonslesjoursheureux.net/archipel-oljh/un-peu-dhistoire<br />[15] Le projet de texte présenté dimanche en clôture de l’Université d’été d’Utopia (lien)<br />[16] https://eccap.fr/qui-sommes-nous        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?RetourDeSeteLeccapPrendLaMerAuSein">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2021-05-16" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="RevenuUniverselSelonGaelGiraudInRevueEt" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,questionner_le_travail" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-10-22 11:06:00" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_RevenuUniverselSelonGaelGiraudInRevueEt"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Revenu universel selon Gaël Giraud, in Revue Etudes déc.2020. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_RevenuUniverselSelonGaelGiraudInRevueEt" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>16/05/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Revenu universel selon Gaël Giraud, in Revue Etudes déc.2020. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema questionner_le_travail">
                      Questionner le travail et la production 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><div align="center"><strong>Ce texte présente des extraits de l&apos;article de Gaël Giraud consacré au  Revenu universel publié dans la Revue Etudes déc.2020</strong>.<br /></div><br /></div><div><br /><br /></div><div>« [...] la campagne présidentielle de 2017 n&apos;a pas permis d&apos;aborder correctement la question du revenu universel au sein du débat public français. L&apos;une des raisons majeures de cet échec, à mon avis, tient à l&apos;erreur de diagnostic qui sous-tendait la prise de position du candidat du Parti socialiste. L&apos;introduction d&apos;un revenu universel en France était en effet motivée par la perspective d’une disparition du travail humain, rendu obsolète par la robotisation de nos sociétés. Cette perspective semble négliger entièrement l&apos;empreinte matérielle des machines. Pour remplir les services que nous exigeons de lui, un robot a besoin de minerais et d&apos;énergie. Or ce sont précisément les deux denrées qui vont devenir rares dans les années à venir. Cela implique-t-il que l&apos;utopie d&apos;un revenu universel soit elle-même obsolète ? Nullement. Mais il faut la considérer à partir d&apos;une autre perspective : non plus la disparition du travail mais la nécessité de garde-fous qui garantissent un travail humain décent au plus grand nombre, à contre-courant des formes déguisées d&apos;esclavage qui refont surface aujourd&apos;hui. »<br /><br /></div><div>Gaël Giraud considère que le revenu universel peut contribuer à répondre à l’explosion du chômage et à la misère sociale qui sera désormais la nôtre pour la décennie 2020. Il peut contribuer à résoudre l’énorme défi de la pauvreté dans le monde, à « contrecarrer la tentation d’abolir davantage encore le droit du travail, au motif qu’il faudrait en réduire le coût, pour in fine renouer avec des formes, non pas de robotisation du monde, mais d’esclavagisation des plus défavorisés ».<br /><br /></div><div>« Globalement, il faut toujours plus d’énergie et d’eau pour exploiter des métaux de plus en plus difficiles à extraire et il faut toujours plus de métaux pour produire de l’énergie…De même l’« électronisation » de nos vies, depuis une quarantaine d’années a profondément transformé notre dépendance aux minerais et aux métaux qu’ils contiennent ».<br /><br /></div><div>Alors que jusqu’aux années 1980, l’industrie mondiale reposait sur une trentaine de « grands métaux » (fer, aluminium, cuivre, zinc, plomb… qui continuent « de faire l’objet d’une exploitation en croissance exponentielle », aujourd’hui de « petits métaux » s’ajoutent aux grands (le gallium dans les diodes électroluminescentes, l’indium dans les écrans plats, le cobalt dans les batteries au lithium…) « de sorte qu’une soixantaine de métaux sont à présent couramment exploités. C’est le prix à payer de l’invasion de nos existences par l’électronique. Or les uns comme les autres connaîtront tôt ou tard des pics d’extraction ».<br /><br /></div><div>Cela amène G.Giraud à écrire : « Les contraintes écologique nous amènent donc une bifurcation d’un tout autre ordre que celle qui …est supposée accompagner la prise de pouvoir du monde par des machines intelligents : à rebours de la miniaturisation et de l’obsolescence programmée, il nous faut inventer une industrie low-tech, dont l’empreinte matérielle soit la plus faible possible, qui renonce, non à l’électricité, mais à la microélectronique partout où cela est possible… et qui s’organise autour de produits manufacturés très simples, faciles à réparer et à recycler »<br /><br /></div><div>« Il n’est pas inutile d’insister sur cet aspect matériel de nos existences parce qu’en moins de deux générations, leur « électronisation » a eu un puissant effet de déréalisation : beaucoup d’entre nous prennent leurs rêves numériques pour la réalité et préfèrent s’enfermer dans le déni d’un techno-optimisme sans fondement scientifique plutôt que d’interrompre le réveil éveillé où nous maintiennent nos écrans ». <br /><br /></div><div>« …Dans tous les cas, l’avenir n’est pas à la disparition du travail mais à son intensification. Raison pour laquelle il est plus que jamais urgent de réfléchir à ce que peut signifier un travail humain d’un point de vue anthropologique, juridique et économique ». La manière dont en France, à rebours des conclusions du rapport Borloo, nous semblons parier sur l’ubérisation de l’économie en guise de politique sociale dans les quartiers populaires où les jeunes adultes sont supposés « devenir entrepreneurs d’eux-mêmes » est un contre-exemple éloquent : face à la perspective de devenir des chauffeurs de VTC à la merci du démantèlement du droit du travail orchestré par les pouvoirs publics, les jeunes des quartiers se rebellent et servent de proie facile aux manipulations de l’islamisme politique. »<br /><br /></div><div>Gaël Giraud dans la suite de son article rappelle quelques caractéristiques du revenu universel. Il s’agit d’un paiement périodique sous forme monétaire qui est individualisé (et non au niveau du ménage ou du foyer fiscal) et qui n’est pas soumis à l’obligation de rechercher un travail.<br /><br /></div><div>Les chiffres qu’il avance ensuite se situent au niveau mondial. « En supposant un revenu minimal de 7,40 dollars par jour et puisqu’en 2018, 4,2 milliards de personnes vivaient encore en dessous de ce seuil : « Sans entrer dans le détail des calculs de parité de pouvoir d’achat ...cela coûterait moins de 13000 milliards de dollars. Cette somme paraîtra peut-être considérable à certains : elle est proche du produit intérieur brut (PIB) nominal de la Chine en 2018. Pourtant une étude de l’ONG Oxfam montre que la même année, le centile des individus les plus riches de la planète a perçu un revenu annuel de 56000 milliards de dollars (soit 80% du PIB mondial). Si l’on « prélevait » seulement un quart de ce revenu, cela permettrait de verser un revenu de base de 7,40 dollars par jour (et même davantage) pour la part de l’humanité qui en est privée ».<br /><br /></div><div>« Certes, un tel « prélèvement » est difficile à mettre en place…Toutefois, ces chiffres nous rappellent que, contrairement à une idée reçue, le problème d’un revenu de base ne provient pas d’un » manque d’argent » mais bel et bien d’un compromis politique » »<br /><br /></div><div>Dans la suite de son article, G.Giraud distingue deux types de « revenu universel » l’un disons de droite qui se substituerait à tous les autres types de transferts sociaux, l’autre de gauche qui serait additionnel (et non substituable) aux transferts sociaux déjà en place. La suite de l’article fait état d’objections qui ont pu être faites au revenu universel. Par exemple, un tel revenu ne fournirait-il pas un alibi pour ne plus travailler ? L’article fait état d’expérimentations réalisées au Canada, en Inde, en Alaska. Celle du Canada, en Ontario, initiée en 2018 a été interrompue par le parti conservateur nouvellement élu. G.Giraud commente : « Les expérimentations autour d’un salaire minimum (ou de son augmentation) ont montré bien souvent le contraire de ce qui était prédit par les économistes mainstream : une augmentation générale des salaires et du nombre d’heures travaillées ainsi qu’une réduction du chômage. Certains seraient-ils effrayés à l’idée que la démonstration puisse être faite in vivo qu’un revenu de base permettrait de relancer l’emploi ? »<br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?RevenuUniverselSelonGaelGiraudInRevueEt">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="definition" data-bf_date_publication="2024-07-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="SecuriteSocialeDeLAlimentationSsa" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-03-09 18:26:45" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_SecuriteSocialeDeLAlimentationSsa"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Sécurité sociale de l&apos;alimentation (SSA) </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_SecuriteSocialeDeLAlimentationSsa" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/07/2024</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Sécurité sociale de l&apos;alimentation (SSA) </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <p><strong>La Sécurité sociale de l&apos;alimentation (SSA)</strong> est une proposition politique visant à étendre les principes fondateurs de la Sécurité sociale au domaine de l&apos;alimentation. Elle défend un droit universel à l&apos;alimentation, financé par cotisation sociale et géré démocratiquement, pour garantir l&apos;accès de toustes à une alimentation de qualité tout en soutenant une production agricole qui prend soin de la paysannerie et de son milieu.</p>    <img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2024/07/SSA.jpg" alt="class=wp-image-2465/" />    <p class="has-text-align-center">*</p>    <p>La SSA s&apos;inspire du modèle de Sécurité sociale hérité des sociétés de secours mutuels du mouvement ouvrier (18 et 19è siècle) et développé au 20è siècle par le Conseil national de la résistance (CNR)<a href="#_ftn1">[1]</a>. Les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 fondent le système de sécurité sociale en France, avec tout d’abord trois branches: maladie, retraite et accidents du travail. A celles-ci ont été rajoutées la branche recouvrement (1967), famille (1978), puis autonomie (2022). Ainsi tout au long de son histoire la sécurité sociale a évolué. La proposition est qu’une branche alimentation soit créée au sein de la sécurité sociale, pour assurer un droit à l’alimentation.</p>    <p>La SSA repose sur <a href="https://securite-sociale-alimentation.org/la-ssa/les-trois-piliers-du-mecanisme-de-ssa/">trois piliers</a>, participant à une démocratie alimentaire :</p>    <ol start="1" class="wp-block-list"> <li>L&apos;universalité : chaque personne bénéficie d&apos;un droit à l&apos;alimentation, sans condition de ressources. Ce principe vise à envisager l’alimentation sous un autre prisme que celui de la précarité : créer les conditions d&apos;une démocratie alimentaire en revendiquant que l&apos;alimentation est un fait social total, qui concerne toutes et tous.</li>    <li>Le financement par cotisation sociale : un système basé sur la solidarité, où chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. Ce mode de financement s&apos;inspire directement du <a href="https://www.isf-france.org/articles/une-histoire-de-la-securite-sociale">fonctionnement historique de la Sécurité sociale</a>.</li>    <li>La gestion démocratique : les habitant·es participent directement à la définition des critères de conventionnement de la production, des aliments, des lieux de vente. Cette approche vise à redonner du pouvoir sur l’alimentation, à orienter la production vers des pratiques soutenables, à soutenir les métiers de la paysannerie dans un contexte où la profession agricole en France connaît aujourd’hui le plus fort taux de suicide et est sujette à des maladies liées à l’exposition à des substances chimiques type pesticides<a href="#_ftn2">[2]</a>.</li> </ol>    <p>Ces piliers sont en cours d’expérimentation sur des territoires, participant à démontrer que la SSA est faisable et pertinente, argumentant ainsi la création d’une septième branche à la sécurité sociale existante : l’alimentation.</p>    <p>Concrètement, les initiatives qui s’inspirent de la SSA proposent généralement une allocation mensuelle versée sur une carte vitale de l&apos;alimentation, utilisable uniquement pour l&apos;achat de produits conventionnés, au sein des lieux de vente conventionnés. Elles cherchent à répondre simultanément à plusieurs enjeux majeurs :</p>    <ul class="wp-block-list"> <li>Organiser la démocratie alimentaire</li>    <li>Construire une connaissance commune pour comprendre et interroger ce que sont les systèmes alimentaires</li>    <li>Lutter contre les inégalités d&apos;accès à une alimentation de qualité<a href="#_ftn3">[3]</a></li>    <li>Améliorer la santé publique en favorisant une alimentation plus saine</li>    <li>Soutenir les agricultures et les productions locales mises en difficultés par l’agro-industrie et la concurrence internationale</li>    <li>Promouvoir des pratiques agricoles respectueuses des productrices et des producteurs et de nos milieux de vie</li> </ul>    <p>La SSA s&apos;inscrit dans la continuité historique de la Sécurité sociale, dont les principes ont permis des avancées sociales majeures. Comme <a href="https://www.isf-france.org/articles/une-histoire-de-la-securite-sociale">l&apos;histoire de la Sécurité sociale </a>en témoigne, ce système a eu un impact considérable sur la vie de la population française, participant à l’augmentation significative de l&apos;espérance de vie et réduisant la mortalité infantile. Le projet de SSA reconnaît que le système alimentaire actuel est insoutenable, tant pour les écosystèmes que pour la santé humaine et la justice sociale. Plutôt qu’une aide alimentaire qui répond à l’urgence du manque mais qui, dans sa démarche caritative, n’agit pas sur l’ordre établi puisqu’elle s’appuie sur le système productiviste, la SSA vise au contraire à transformer le système agricole et alimentaire, en s’appuyant sur un principe de solidarité mutuelle : œuvrer ensemble pour un enjeu commun, celui de subvenir qualitativement et quantitativement à ses besoins alimentaires, dans le respect de la paysannerie et plus largement des habitant·es et des milieux de vie. <strong></strong></p>    <p class="has-text-align-center">*</p>    <p>Le <a href="https://securite-sociale-alimentation.org/">collectif pour une sécurité sociale de l’alimentation</a> répertorie <a href="https://securite-sociale-alimentation.org/les-dynamiques-locales/carte-des-initiatives-locales-de-la-ssa/">30 tentatives d’expérimentations en cours</a> sur le territoire métropolitain français, en date du 15 juillet 2024. En effet, des dynamiques locales se développent avec des associations, des collectivités territoriales et des collectifs informels qui réfléchissent à la mise en œuvre des trois piliers de la SSA à l&apos;échelle de leur territoire. Elles visent toutes à transformer notre système alimentaire.</p>    <p>Si la SSA offre une perspective stimulante pour repenser notre rapport à l&apos;alimentation et à l&apos;agriculture, dans l’optique d’une meilleure justice sociale et soutenabilité environnementale, des questions se posent, par exemple :</p>    <ul class="wp-block-list"> <li>Faut-il et comment changer d’échelle, entre projets expérimentaux locaux et proposition politique nationale;?</li>    <li>Des habitudes et des goûts se sont construits pour les produits transformés qui ne nécessitent pas d’être cuisinés, comment composer avec ceux-ci;?</li>    <li>Quelle place pour les désirs alimentaires au delà des besoins alimentaires;?</li>    <li>Que faire avec les agricultures aux prises avec l’agro-business;?</li>    <li>Quelles relations avec les dispositifs d’aide alimentaire;?</li> </ul>    <p>Autant de questions qui seront discutées puisque la SSA repose sur la délibération des habitant·es.</p>    <p class="has-text-align-center">*</p>    <p>Pour aller plus loin :</p>    <ol start="1" class="wp-block-list"> <li><a href="https://securite-sociale-alimentation.org/">Le collectif pour une Sécurité sociale de l&apos;alimentation</a> mène des réflexions et des actions depuis 2019. Des outils pédagogiques ont été développés : <ul class="wp-block-list"> <li>La Fresque de la SSA : un outil d&apos;éducation populaire pour comprendre les limites du système agro-alimentaire actuel et découvrir le fonctionnement de la SSA.</li>    <li>Des conférences gesticulées illustrant les enjeux du projet.</li>    <li>Des vidéos de présentation disponibles sur la chaîne YouTube du collectif.</li>    <li><a href="https://securite-sociale-alimentation.org/wp-content/uploads/2021/10/BD-SSA-BasseDef-1chapitre.pdf">BD accessible en ligne : ENCORE DES PATATES !? Pour une Sécurité Sociale de l’Alimentation</a></li> </ul> </li>    <li><a href="https://recherche-action.fr/democralim/clip/">Le collectif Démocratie alimentaire</a> et en particulier les travaux de l’enseignante-chercheuse Dominique Paturel.</li>    <li>Le mouvement <a href="https://www.socialter.fr/article/derniere-renovation-riposte-alimentaire-militantisme-actions-mediatiques">Riposte alimentaire</a> a lancé une campagne de désobéissance civile en janvier 2024 pour promouvoir la SSA.</li> </ol>    <p class="has-text-align-center">*</p>    <p>Cette définition est proposée par </p>    <ul class="wp-block-list"> <li>Angèle Dransart, salariée de la doume, monnaie locale du Puy-de-Dôme, qui a co-créé <a href="https://adml63.org/solidoume/">Soli&apos;doume</a>, projet inspiré de l&apos;idée d&apos;une Sécurité sociale de l&apos;alimentation.</li>    <li>Florine Garlot, l’une des animatrices de l’encyclopédie du Changement de cap, chercheuse engagée, elle s’intéresse notamment aux idées et expérimentations vers plus de justice sociale.</li> </ul>    <hr class="wp-block-separator" />    <p><a href="#_ftnref1">[1]</a> Dès les années 50, les principes de sécurité sociale ont été mis à mal : https://www.isf-france.org/articles/une-histoire-de-la-securite-sociale</p>    <p><a href="#_ftnref2">[2]</a> https://www.inserm.fr/expertise-collective/pesticides-et-sante-nouvelles-donnees-2021/</p>    <p><a href="#_ftnref3">[3]</a> en 2022, c’est 1 personne sur 6 qui déclare ne pas manger à sa faim, soit deux fois plus qu’en 2016.</p>         
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?SecuriteSocialeDeLAlimentationSsa">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-date_maj_fiche="2025-03-09 18:26:45" data-statut_fiche="1" data-id_fiche="SecuriteSocialeDeLAlimentationSsa2" data-bf_auteur="EccaP" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_5_SecuriteSocialeDeLAlimentationSsa2"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Sécurité sociale de l&apos;alimentation (SSA) </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_5_SecuriteSocialeDeLAlimentationSsa2" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Sécurité sociale de l&apos;alimentation (SSA)</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
             <p><strong>La Sécurité sociale de l&apos;alimentation (SSA)</strong> est une proposition politique visant à étendre les principes fondateurs de la Sécurité sociale au domaine de l&apos;alimentation. Elle défend un droit universel à l&apos;alimentation, financé par cotisation sociale et géré démocratiquement, pour garantir l&apos;accès de toustes à une alimentation de qualité tout en soutenant une production agricole qui prend soin de la paysannerie et de son milieu.</p>    <img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2024/07/SSA.jpg" alt="class=wp-image-2465/" />    <p class="has-text-align-center">*</p>    <p>La SSA s&apos;inspire du modèle de Sécurité sociale hérité des sociétés de secours mutuels du mouvement ouvrier (18 et 19è siècle) et développé au 20è siècle par le Conseil national de la résistance (CNR)<a href="#_ftn1">[1]</a>. Les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 fondent le système de sécurité sociale en France, avec tout d’abord trois branches: maladie, retraite et accidents du travail. A celles-ci ont été rajoutées la branche recouvrement (1967), famille (1978), puis autonomie (2022). Ainsi tout au long de son histoire la sécurité sociale a évolué. La proposition est qu’une branche alimentation soit créée au sein de la sécurité sociale, pour assurer un droit à l’alimentation.</p>    <p>La SSA repose sur <a href="https://securite-sociale-alimentation.org/la-ssa/les-trois-piliers-du-mecanisme-de-ssa/">trois piliers</a>, participant à une démocratie alimentaire :</p>    <ol start="1" class="wp-block-list"> <li>L&apos;universalité : chaque personne bénéficie d&apos;un droit à l&apos;alimentation, sans condition de ressources. Ce principe vise à envisager l’alimentation sous un autre prisme que celui de la précarité : créer les conditions d&apos;une démocratie alimentaire en revendiquant que l&apos;alimentation est un fait social total, qui concerne toutes et tous.</li>    <li>Le financement par cotisation sociale : un système basé sur la solidarité, où chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. Ce mode de financement s&apos;inspire directement du <a href="https://www.isf-france.org/articles/une-histoire-de-la-securite-sociale">fonctionnement historique de la Sécurité sociale</a>.</li>    <li>La gestion démocratique : les habitant·es participent directement à la définition des critères de conventionnement de la production, des aliments, des lieux de vente. Cette approche vise à redonner du pouvoir sur l’alimentation, à orienter la production vers des pratiques soutenables, à soutenir les métiers de la paysannerie dans un contexte où la profession agricole en France connaît aujourd’hui le plus fort taux de suicide et est sujette à des maladies liées à l’exposition à des substances chimiques type pesticides<a href="#_ftn2">[2]</a>.</li> </ol>    <p>Ces piliers sont en cours d’expérimentation sur des territoires, participant à démontrer que la SSA est faisable et pertinente, argumentant ainsi la création d’une septième branche à la sécurité sociale existante : l’alimentation.</p>    <p>Concrètement, les initiatives qui s’inspirent de la SSA proposent généralement une allocation mensuelle versée sur une carte vitale de l&apos;alimentation, utilisable uniquement pour l&apos;achat de produits conventionnés, au sein des lieux de vente conventionnés. Elles cherchent à répondre simultanément à plusieurs enjeux majeurs :</p>    <ul class="wp-block-list"> <li>Organiser la démocratie alimentaire</li>    <li>Construire une connaissance commune pour comprendre et interroger ce que sont les systèmes alimentaires</li>    <li>Lutter contre les inégalités d&apos;accès à une alimentation de qualité<a href="#_ftn3">[3]</a></li>    <li>Améliorer la santé publique en favorisant une alimentation plus saine</li>    <li>Soutenir les agricultures et les productions locales mises en difficultés par l’agro-industrie et la concurrence internationale</li>    <li>Promouvoir des pratiques agricoles respectueuses des productrices et des producteurs et de nos milieux de vie</li> </ul>    <p>La SSA s&apos;inscrit dans la continuité historique de la Sécurité sociale, dont les principes ont permis des avancées sociales majeures. Comme <a href="https://www.isf-france.org/articles/une-histoire-de-la-securite-sociale">l&apos;histoire de la Sécurité sociale </a>en témoigne, ce système a eu un impact considérable sur la vie de la population française, participant à l’augmentation significative de l&apos;espérance de vie et réduisant la mortalité infantile. Le projet de SSA reconnaît que le système alimentaire actuel est insoutenable, tant pour les écosystèmes que pour la santé humaine et la justice sociale. Plutôt qu’une aide alimentaire qui répond à l’urgence du manque mais qui, dans sa démarche caritative, n’agit pas sur l’ordre établi puisqu’elle s’appuie sur le système productiviste, la SSA vise au contraire à transformer le système agricole et alimentaire, en s’appuyant sur un principe de solidarité mutuelle : œuvrer ensemble pour un enjeu commun, celui de subvenir qualitativement et quantitativement à ses besoins alimentaires, dans le respect de la paysannerie et plus largement des habitant·es et des milieux de vie. <strong></strong></p>    <p class="has-text-align-center">*</p>    <p>Le <a href="https://securite-sociale-alimentation.org/">collectif pour une sécurité sociale de l’alimentation</a> répertorie <a href="https://securite-sociale-alimentation.org/les-dynamiques-locales/carte-des-initiatives-locales-de-la-ssa/">30 tentatives d’expérimentations en cours</a> sur le territoire métropolitain français, en date du 15 juillet 2024. En effet, des dynamiques locales se développent avec des associations, des collectivités territoriales et des collectifs informels qui réfléchissent à la mise en œuvre des trois piliers de la SSA à l&apos;échelle de leur territoire. Elles visent toutes à transformer notre système alimentaire.</p>    <p>Si la SSA offre une perspective stimulante pour repenser notre rapport à l&apos;alimentation et à l&apos;agriculture, dans l’optique d’une meilleure justice sociale et soutenabilité environnementale, des questions se posent, par exemple :</p>    <ul class="wp-block-list"> <li>Faut-il et comment changer d’échelle, entre projets expérimentaux locaux et proposition politique nationale;?</li>    <li>Des habitudes et des goûts se sont construits pour les produits transformés qui ne nécessitent pas d’être cuisinés, comment composer avec ceux-ci;?</li>    <li>Quelle place pour les désirs alimentaires au delà des besoins alimentaires;?</li>    <li>Que faire avec les agricultures aux prises avec l’agro-business;?</li>    <li>Quelles relations avec les dispositifs d’aide alimentaire;?</li> </ul>    <p>Autant de questions qui seront discutées puisque la SSA repose sur la délibération des habitant·es.</p>    <p class="has-text-align-center">*</p>    <p>Pour aller plus loin :</p>    <ol start="1" class="wp-block-list"> <li><a href="https://securite-sociale-alimentation.org/">Le collectif pour une Sécurité sociale de l&apos;alimentation</a> mène des réflexions et des actions depuis 2019. Des outils pédagogiques ont été développés : <ul class="wp-block-list"> <li>La Fresque de la SSA : un outil d&apos;éducation populaire pour comprendre les limites du système agro-alimentaire actuel et découvrir le fonctionnement de la SSA.</li>    <li>Des conférences gesticulées illustrant les enjeux du projet.</li>    <li>Des vidéos de présentation disponibles sur la chaîne YouTube du collectif.</li>    <li><a href="https://securite-sociale-alimentation.org/wp-content/uploads/2021/10/BD-SSA-BasseDef-1chapitre.pdf">BD accessible en ligne : ENCORE DES PATATES !? Pour une Sécurité Sociale de l’Alimentation</a></li> </ul> </li>    <li><a href="https://recherche-action.fr/democralim/clip/">Le collectif Démocratie alimentaire</a> et en particulier les travaux de l’enseignante-chercheuse Dominique Paturel.</li>    <li>Le mouvement <a href="https://www.socialter.fr/article/derniere-renovation-riposte-alimentaire-militantisme-actions-mediatiques">Riposte alimentaire</a> a lancé une campagne de désobéissance civile en janvier 2024 pour promouvoir la SSA.</li> </ol>    <p class="has-text-align-center">*</p>    <p>Cette définition est proposée par </p>    <ul class="wp-block-list"> <li>Angèle Dransart, salariée de la doume, monnaie locale du Puy-de-Dôme, qui a co-créé <a href="https://adml63.org/solidoume/">Soli&apos;doume</a>, projet inspiré de l&apos;idée d&apos;une Sécurité sociale de l&apos;alimentation.</li>    <li>Florine Garlot, l’une des animatrices de l’encyclopédie du Changement de cap, chercheuse engagée, elle s’intéresse notamment aux idées et expérimentations vers plus de justice sociale.</li> </ul>    <hr class="wp-block-separator" />    <p><a href="#_ftnref1">[1]</a> Dès les années 50, les principes de sécurité sociale ont été mis à mal : https://www.isf-france.org/articles/une-histoire-de-la-securite-sociale</p>    <p><a href="#_ftnref2">[2]</a> https://www.inserm.fr/expertise-collective/pesticides-et-sante-nouvelles-donnees-2021/</p>    <p><a href="#_ftnref3">[3]</a> en 2022, c’est 1 personne sur 6 qui déclare ne pas manger à sa faim, soit deux fois plus qu’en 2016.</p>         </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?SecuriteSocialeDeLAlimentationSsa2">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2021-01-31" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="SeparerLePolitiqueEtLeReligieux" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_demoncratie_laique_en_tension" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-10-22 11:49:15" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_SeparerLePolitiqueEtLeReligieux"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Séparer le politique et le religieux </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_SeparerLePolitiqueEtLeReligieux" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>31/01/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Séparer le politique et le religieux </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_demoncratie_laique_en_tension">
                      Une démocratie laïque en tension 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><div align="center">E<b><i>xtraits de propos recueillis par Nadjia BOUZEGHRANE pour El Watan qui précisait : Nos lecteurs le connaissent pour les nombreuses sollicitations d’El Watan auxquelles il a toujours répondu positivement. </i></b><br /></div><br /></div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>A chaque crime commis au nom de leur religion les Musulmans sont sommés de se justifier comme s’ils en partageaient la responsabilité ou en étaient complices. N’est-ce pas une situation intenable ?<br /></strong>Nous sommes arrivés, à vrai dire, à cette situation – sans autoflagellation aucune ni haine de soi – à cause des atermoiements et de la pusillanimité des hiérarques musulmans. Ceux-ci, au début du surgissement de la violence qui s’abattait au nom de l’islam, n’ont pas su, n’ont pas pu ou n’ont pas voulu condamner avec force et avec vigueur l’ignominie qui pervertissait leur religion et flétrissait ses préceptes. Nous ne les avons pas suffisamment entendus lorsque le terrorisme d’essence islamiste a commencé à sévir. Je pense aux terribles exactions des GIA en Algérie lors de la décennie noire, aux abus de la Jamaat islamiya en Égypte, aux crimes de Boko Haram au Nigeria, aux forfaitures d’Abou Sayaf sur l’île de Jolo aux Philippines. Les préceptes islamiques de bonté, d’amour, de miséricorde et les messages de paix et de fraternité ont été bafoués depuis longtemps et avilis par les djihadistes extrémistes sans qu’il y ait une réaction à la mesure du désastre. Cela a laissé dans l’esprit de nombreux non-musulmans, comme un soupçon de complicité tacite. Ensuite, il est vrai, devant l’horreur qui allait crescendo, ces mêmes hiérarques ont commencé à condamner les attentats en assortissant les condamnations de la fameuse expression « halte à l’amalgame », ceci n’a rien à voir avec l’islam, c’est une religion d’amour et de paix. Sauf que cela n’était pas suffisant. Parce que le spectacle affligeant de la terreur a, malheureusement, à voir avec l’islam. Ce n’est pas tout l’islam, certes et heureusement, mais une certaine compréhension fallacieuse et captieuse des sources et des référents islamiques. Les auteurs assassins revendiquent leurs crimes au nom de Dieu et au nom de la tradition islamique, textes à l’appui !</div><div><br /><strong>Les facettes du fondamentalisme islamique et ses modes opératoires sont multiples. Par quel bout le combattre ? </strong></div><div>… La riposte immédiate doit être toujours d’ordre sécuritaire et de renseignement, bien évidemment. Puis viendra le contre-discours qu’il faut opposer à celui des djihadistes extrémistes. Un contre-discours puisé dans la tradition dans sa version standard, celle qui magnifie la mansuétude, le pardon, la magnanimité, l’amour, la bonté et la miséricorde. Ensuite les réponses éducatives, culturelles et sociales doivent prendre en charge toute une jeunesse laissée à la dérive. Cette jeunesse a colmaté ses failles identitaires par le recours à la donne religieuse face à une citoyenneté qui lui est déniée. Elle s’est réfugiée dans une autre citoyenneté supranationale miroitée par les doctrinaires sermonnaires islamistes. C’est à la République de nourrir et d’instruire tous ses enfants, tous, quels qu’ils soient… Enfin, la réaction au niveau de la refondation de la pensée théologique relève d’une nécessité impérieuse. Les chantiers à entreprendre sont titanesques : ceux de la liberté de conscience, de l’égalité ontologique et juridique des êtres humains, de la désacralisation de la violence, de l’autonomisation du champ du savoir et de la connaissance par rapport à celui de la révélation et de la croyance. Enfin, il y a lieu d’émanciper le sujet humain musulman. Il croule encore sous des pesanteurs sociales terribles. <br /><br /></div><div><strong>Pour ce faire quelle en est la part des institutions musulmanes de France ? </strong></div><div>Les institutions islamiques doivent assumer leurs responsabilités. L’incurie organique qui les caractérisait a laissé la part belle à l’activisme des fondamentalistes islamistes mieux organisés et bien structurés. Il est temps de laisser place à des jeunes cadres religieux compétents, sérieux, probes et intègres. Je déplore que nous n’ayons pas vu ces trois dernières décennies des colloques d’importance ni des congrès internationaux ni des séminaires nationaux en France pour clamer haut et fort la réprobation absolue de la violence et de sa condamnation par les hiérarques musulmans ainsi qu’un travail qui dépasse le simple aggiornamento. <br /><br /></div><div><strong>Comment prémunir les enfants et les jeunes musulmans de l’emprise de l’idéologie salafiste et wahabite? </strong></div><div>Les meilleurs antidotes contre l’emprise de cette idéologie mortifère demeure toujours dans les maîtres-mots : éducation, instruction, acquisition du savoir, culture et connaissance, ouverture sur le monde et altérité confessionnelle avec une inclination pour les valeurs esthétiques. Ce sont les humanités, les belles lettres et les beaux-arts qui immuniseront cette jeunesse des méfaits du salafisme et du wahhabisme. Nous ne pouvons pas nous attendre à quelque chose de bon de la part de celui qui n’est pas sensible à la poésie ou à la musique. </div><div>A côté de cela, une préparation du citoyen musulman à l’esprit critique afin de passer par le filtre de la raison les billevesées et les fadaises que peuvent débiter certains imams autoproclamés, est fondamentale. La pensée magique, le merveilleux, le fabuleux et l’extraordinaire mélangés dans l’histoire occasionnent beaucoup de dégâts dans la psychè de la jeunesse musulmane. <br /><br /></div><div><strong>…N’est-ce pas l’une des missions de la Fondation de l’islam de France, créée au lendemain des attentats de novembre 2015 et que vous présidez ? </strong></div><div>Les missions stratégiques de la Fondation de l’Islam de France sont de dirimer les thèses fondamentalistes, de pourfendre l’idéologie wahabite et de contrecarrer la doctrine salafiste. Afin d’endiguer l’islamisme radical la FIF agit dans les domaines éducatif, culturel, social et philanthropique. </div><div>Elle donne des bourses à des étudiants en thèse de doctorat en islamologie savante. Il faut bien que cette discipline recouvre ses lettres de noblesse et devienne une discipline de prestige à l’université. La FIF aide à la formation civique des imams, des aumôniers, des prédicateurs et des cadres religieux. Elle enrichit son campus numérique Lumières d’Islam de tous ce qui a trait à la civilisation et aux cultures à travers les trois grands empires des dynasties ottomane, safavide et moghole. Elle a instauré une université populaire itinérante qui va de ville en ville pour apporter le débat afin d’exorciser les hantises, d’apprivoiser les peurs et de domestiquer les angoisses. La circulation des idées et leurs confrontations par des arguments rationnels permettent une thérapie de et par la parole. L’importance de l’éducation populaire est capitale et le débat entre musulmans et non musulmans relève d’une nécessité impérieuse. Autant qu’il soit canalisé dans un contexte serein et propice à l’échange. Des expositions et des activités culturelles et artistiques relatives au fait islamique sont initiées et exercées. Enfin, une attention particulière est portée à des jeunes gens qui voulant fuir la délinquance épousent une forme de militance. Sauf que celle-ci les fait tomber de Charybde en Scylla, alors nos les extrayons de leurs milieux hostiles pour les inscrire dans des internats afin de sanctuariser leur scolarité. </div><div><br /></div><div><strong>Pourquoi selon vous la laïcité heurte-t-elle les fondamentalistes musulmans qui la rejettent et la combattent violemment ?</strong></div><div>Ils sont encore dans un registre politique éculé où l’on doit gérer les affaires de la Cité par des préceptes religieux. Nous sommes effarés de constater l’anachronisme de leur vision du monde. C’est une vision passéiste, rétrograde et obscurantiste voire attentatoire à la dignité humaine. </div><div>La séparation des ordres politique et religieux est un acquis de la modernité. C’est une conquête de l’esprit humain. Les fondamentalistes musulmans pâtissent d’une réelle indigence intellectuelle. L’arriération mentale qu’ils donnent à voir est affligeante. Ils sont encore dans une approche intégraliste comme celle qu’avait l’Eglise catholique lors des débats houleux et emportés au moment de la promulgation de la loi dite de Séparation en 1905. </div><div>Sait-on que les oulémas algériens s’étaient déplacés en métropole pour plaider auprès du conseil d’Etat l’application de la loi de Séparation ? Parce qu’ils y avaient vu l’intérêt et l’importance pour l’islam de l’affranchir de la tutelle politique…</div><div>Il est temps d’expliquer que la laïcité n’est qu’un principe juridique sans densité doctrinale. C’est un principe de liberté et de neutralité de l’Etat quant aux options métaphysiques et religieuses des administrés. L’Etat n’a pas de confession. Ce sont les citoyens qui librement choisissent d’en avoir ou non…</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?SeparerLePolitiqueEtLeReligieux">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-08-20" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N1DebatSurLaConventionCitoyenne20082" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_participative_en_progression" data-bf_auteur="EccaP,RoustangGuy" data-date_maj_fiche="2025-09-16 07:36:31" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_N1DebatSurLaConventionCitoyenne20082"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Sur la Convention citoyenne </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_N1DebatSurLaConventionCitoyenne20082" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>20/08/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Sur la Convention citoyenne </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Nous lançons donc ce débat en résumant les arguments donnés dans la Lettre d&apos;information N ° 31: L&apos;appel des 150 citoyens de la Convention Citoyenne pour le climat publié le 03/07/2020, et dont vous pouvez retrouver l&apos;intégralité <a href="https://eccap.fr/article/lappeldescentcinquantecitoyensdelaconventioncitoyenne/5f1b01dd66554a0015998d04">ici</a> .</p><div><br /><h4><strong>Guy Roustang titre sa contribution: «Une convention citoyenne, heureuse contribution à notre démocratie. »</strong><br /><strong></strong></h4><br /></div><div>En voici les principaux éléments</div><div>Ces 150 citoyennes et citoyens qui ont travaillé pendant neuf mois. (..) Ils déclarent qu&apos;ils ne sont pas des experts mais des citoyennes et des citoyens comme les autres, représentatifs de la diversité de la société. (..) Voilà donc une expérience de démocratie participative qui vient compléter la démocratie représentative, celle d&apos;élus au suffrage universel dans les communes, les régions, à l&apos;Assemblée nationale et au Sénat. <br />;Dans leur adresse aux français, les 150 expliquent: «Nous sommes nourris d&apos;échanges avec des experts, et des représentants économiques, associatifs et publics, afin d&apos;être en capacité de rédiger des mesures concrètes, en connaissance de cause et en toute indépendance ».<br />Tout cela est sans doute étonnant pour les sceptiques à l&apos;égard de la démocratie participative? </div><div>Pas pour un lecteur assidu de l&apos;Eccap (!!!) qui y trouve une <a href="https://eccap.fr/article/conventions-citoyennes/5b46a3fcfb5df6001410fed6">interview de J.Testart. </a>qui déclare à un journaliste: « j&apos;ai été frappé de voir comment de simples citoyens, tirés au sort et investis sur plusieurs mois d&apos;une mission réelle, étaient capables du plus haut niveau d&apos;intelligence collective. Et d&apos;altruisme. Et d&apos;empathie. A moi qui suis plutôt pessimiste, cela a confirmé qu&apos;il y a chez tout un chacun un potentiel d&apos;humanité qui est gâché la plupart du temps. C&apos;est une expérience qui m&apos;a réconcilié avec l&apos;homme, et qui propose un vrai projet de société. Je le reconnais, je suis devenu un obsédé des conventions de citoyens! »(...) Parmi les réactions négatives, Marine Le Pen a été particulièrement virulente en considérant que la Convention citoyenne avait accouché de propositions plus loufoques les unes que les autres. (…) Patrick Martin (Pdt délégué du Medef), il considère que certaines propositions sont extrêmes (...) FXBellamy craint de voir le président de la République adopter un « virage authentiquement populiste » s&apos;il prenait au sérieux les principales propositions de la convention.</div><div></div><div><br /><h4><strong>Maurice Merchier titre la sienne: «Les illusions dangereuses de la Convention Citoyenne»</strong></h4></div><div><strong><br /></strong>En voici quelques éléments clés en résumé</div><div></div><div>Première constatation: on aurait pu attendre, pour le moins, que cette «convention citoyenne» fasse progresser le consensus en matière d&apos;action écologique. Premier échec: il est frappant d&apos;entendre ou de lire les commentaires, politiques ou journalistiques plus clivés encore avant…. (..)</div><div></div><div>La Convention Citoyenne n&apos;est pas un progrès du point de vue du fonctionnement de la démocratie.</div><div><strong>Le panel n&apos;est pas représentatif:</strong></div><div>Premier signe: la limitation à 110 kmh sur autoroute, approuvée par la Convention à 59,7% est massivement rejetée par 74% des français</div><div>Le tirage au sort ne concerne que les volontaires (par la possibilité de désistement)                                                                                                                                        ;<br />;Les participants ont été soumis à des conditions exceptionnelles, qui ont pesé sur l&apos;évolution de leurs opinions: présence d&apos;experts, et surtout effet de groupe, phénomène classique bien connu en sociologie</div><div>De ce fait, la Convention citoyenne est devenue un groupe intermédiaire «omme les autres», sans connexion particulière avec la masse des gens ordinaires</div><div><strong></strong></div><div>L&apos;espérance d&apos;un véritable changement de «l&apos;après Covid-19» est manquée.</div><div>Certes, il y a une liste pertinente de ce qu&apos;il faudrait changer mais jamais sur n&apos;aborde la vraie question, celle des motivations des consommateurs, de leur formation, de leur manipulation qui produit le type d&apos;économie et de société qu&apos;il faut remettre en cause. Les propositions concernant une limitation de la publicité sont de ce point de vue les plus intéressantes. Mais il faudrait aller bien plus loin, et réfléchir à une vraie mutation culturelle.</div><div>Faute de cette remise en cause, la seule solution est alors la multiplication des interdictions, dont les propositions regorgent en effet. Mais alors se renforce une tendance déjà existante, celle de la mise en place d&apos;une société de surveillance <br /><br /><h3><strong>Voici les premières réactions</strong></h3></div><div><strong></strong></div><div><strong><br /></strong><h4><strong>Renaud Vignes, le 5 juillet 2020</strong></h4><br /></div><div></div><div>Bonjour Messieurs,</div><div>Je retrouve dans votre controverse tout l&apos;intérêt de votre lettre. Je suis un fervent partisan d&apos;une démocratie qui laissera enfin une place à l&apos;intelligence collective (Guy Roustang), mais, il faut expliquer, inciter, former, faire participer et non interdire (Maurice Merchier).</div><div>Les participants à cette convention n&apos;ont pas d&apos;obligation d&apos;y aller, il serait paradoxal que ça débouche quasi exclusivement sur des injonctions et des interdits. Cette convention doit encourager la production localisée de l&apos;intelligence collective. Ce n&apos;est qu&apos;à cette condition que pourront émerger de nouveaux modèles.</div><div></div><div>Bravo et merci</div><div></div><div><br /><h4><strong>Pierre Calame, le 6 juillet 2020</strong></h4><br /></div><div></div><div>Bonjour les amis</div><div>J&apos;ai suivi de près la Convention sur le climat et envoyé plusieurs messages de mise en garde à son comité de gouvernance, sans aucun effet, soulignant que les membres de la Convention étaient mis dans une moulinette dont ils ne peuvent sortir. Le résultat est le fruit du contexte, du mandat et de la méthode. De ce point de vue je suis pmus proche de l&apos;avis de Maurice que de l&apos;avis de Guy. Ci joint la tribune que j&apos;ai publiée dans La Croix. Vous pouvez bien entendu le diffuseur à votre réseau.</div><div>Amitiés</div><div>Pierre</div><div></div><div><br /><h4><strong>Bernardette Cateau, le 8 juillet 2020</strong></h4><br /></div><div></div><div>Je n&apos;ai pas encore regardé attentivement les propositions mais je ne partage pas le point de vue de Maurice Merchier, surtout dans son expression: </div><div>- Voir les bancs clairsemés de l&apos;assemblée nationale, je pense qu&apos;il est bon que des citoyens peuvent être parfois autrement autrement.</div><div>- l&apos;intelligence collective n&apos;étant pas que la somme des intelligences individuelles, je trouve que le travail en groupe resserré est une expérience riche. </div><div>- lors d&apos;un procès est ce qu&apos;on conteste le verdict en invoquant les jurés qui ont refusé de siéger? </div><div>- lorsqu&apos;une mesure n&apos;est pas, par sondage, celle que souhaite la population                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           ;<br />;faut il y renoncer? Le populisme n&apos;est alors pas loin.</div><div>- les forces de la rue (gilets jaunes, retraites ..) me représentent-elles comme citoyenne davantage qu&apos;un groupe structuré? </div><div>- et les syndicats que représentent ils démocratiquement avec notre faible taux de syndicalisation? </div><div>- et oui il faudra interdire: nous ne sommes plus en 68. </div><div></div><div>Je trouve un certain mépris dans les propositions de MM pour les «non estampillés sachants» Le mot est un peu fort bien sûr. </div><div></div><div><br /><h4><strong>Guy Roustang, le 20 juillet 2020</strong></h4><br /></div><div><strong>Concernant le caractère représentatif.</strong></div><div>Personne n&apos;a contesté que les 150 participants étaient représentatifs selon l&apos;âge, selon le sexe, selon les professions et les lieux de résidence (rural-urbain). </div><div>Certains ont souligné qu&apos;il y avait un biais alors que ceux qui ont accepté de participer seraient des gens conscients du danger climatique, mais en fait ce biais est limité, car selon Stéphane Foucart (Le Monde 4 juillet 2020) une enquête des économistes de L &apos;école de Paris montre qu&apos;à propos du climat, les 150 de la CCC présentent pas des opinions très différentes de celles de l&apos;ensemble de la population. </div><div>Par contre il apprécie la validité de la critique de Marianne sur le fait que le tirage au sort des 150 a été réalisé à partir des listes électorales et des abonnés au téléphone, ce qui a pu générer un biais. Par exemple la sous-représentation de ceux qui ne s&apos;inscrivent pas sur une liste électorale. </div><div>Une objection de MM ne me semble pas valide: celle qui consiste à dire que les 150 performances pas représentatifs de tous les français puisqu&apos;ils ont adopté certaines mesures (par exemple la proposition de limiter la vitesse à 110 kms heure sur autoroutes) qui ne sont pas conformes à l&apos;ensemble des autres français. Objection non pertinente car ce type de conventions repose sur l&apos;idée que si les citoyens sont bien informés, ils changent d&apos;avis en prenant conscience de l&apos;intérêt général. <a href="#_ftn1">[1]</a></div><div>La question essentielle est celle de l&apos;intérêt ou non de compléter notre démocratie représentative par une démocratie délibérative (différentes appellations sont envisageables et sont à préciser). Nous ne prétendons pas clore le débat aujourd&apos;hui sur cette question. Mais il me semble que c&apos;est une question essentielle pour l&apos;avenir de nos démocraties. C&apos;est une question qui reviendra encore sur le devant de la scène avec un éventuel référendum, avec d&apos;autres conventions citoyennes sur d&apos;autres sujets comme l&apos;a envisagé E.Macron. </div><div>Maurice Merchier pense que ce genre de convention est une perte de temps, un «échelon supplémentaire dans la chaîne de décision» afficher va falloir utiliser en définitive au Parlement ou au référendum pour décider. Il pense donc que ce genre de convention est inutile. Ce n&apos;est pas du tout l&apos;avis de Pierre Calame, même s&apos;il a écrit à l&apos;eccap pour dire qu&apos;il était «plutôt de l&apos;avis de Maurice que de Guy». P.Calame marque son intérêt pour ce genre de convention, et se réjouit que «Pour la première fois, la France a pris la démocratie délibérative <a href="#_ftn2">[2]</a>au sérieux ». Il écrit «Dans un monde complexe, dominé par les technologies, la Démocratie délibérative est le pari que les citoyens peuvent maîtriser cette complexité associée à un processus d&apos;information adéquat et un temps de débat suffisant. Sans ce pari la démocratie est morte. L&apos;expérience prouve qu&apos;il est raisonnable. Mais la rigueur méthodologique est décisive ».</div><div>Donc il considère que ce genre de convention peut être de la plus haute importance même si sa crainte que ce soit en l&apos;occurrence un échec vient de la méthode car selon lui «les membres de la Convention étaient mis dans une moulinette dont ils ne peuvent sortir. Le résultat est le fruit du contexte, du mandat et de la méthode » <a href="#_ftn3">[3]</a> . Il faut revenir sur les critiques de P.Calame qui remarque que la méthode n&apos;a pas permis d&apos;aborder des questions de fond (la taxe carbone par ex.). Il faut aussi reprendre le point de vue de T. Pech qui peut paraître une réponse sur pourquoi les 150 citoyens ont évité la question de la taxe carbone. </div><div><br /></div><div><strong>Et pour l&apos;avenir? </strong></div><div>L&apos;eccap va-t-elle partager le scepticisme de MM qui considère que les conventions citoyennes du type de la CCC est inutile ou va-t-elle considérer comme Pierre Calame, Thierry Pech et bien d&apos;autres (ce n&apos;est pas parce que E.Macron en fait partie qu&apos;il faut rejeter ces conventions…) que c&apos;est un des enrichissements potentiels de notre démocratie?</div><div>Thierry Pech considère que cette «démocratie représentative d&apos;un nouveau type» pourrait par ex. porter sur la «question de la relation entre la police et la population». Ce qui était la conclusion de notre lettre 32. </div><div>Et pourquoi ne pas suggérer d&apos;autres sujets? Considérant que la démocratie ne peut être vivante avec des citoyens informés, pourquoi ne pas suggérer une convention sur la question: la presse écrite quotidienne si elle dépend trop d&apos;intérêts capitalistes n&apos;est-elle pas inadéquate pour assurer cette information? Cette note commence ainsi par une citation de MM: «Changer véritablement de cap doit de réfléchir aux moyens de faire évoluer la culture etc…». La question pour l&apos;eccap est donc la suivante: Des conventions citoyennes ne sont-elles pas un des moyens de contribuer à ce changement? Une condition, comme cela a été le cas pour le climat, qu&apos;une inquiétude soit si élargie que les décideurs au pouvoir acceptent d&apos;organiser et de répondre à une
suggestion, venant en l&apos;occurrence de Cyril Dion. Et moi vient à l &apos; esprit de très nombreux thèmes possibles, par ex. si le numérique mal utilisé fabrique des crétins, que faire? Si l&apos;obésité grandissante met à coup sûr en danger l&apos;équilibre de nos budgets sociaux, que faire? etc. </div><div></div><div><strong><br /></strong></div><div><h4><strong>Maurice Merchier, le 24 juillet 2020</strong></h4><br /></div><div></div><div>Est-il utile de recenser les lecteurs favorables ou défavorables? Qu&apos;ils soient parmi nos proches ou parmi les personnalités connues. On en trouve évidemment de chaque côté ... Ce sont les arguments qui comptent.</div><div>Je n&apos;en ai pas vus de nature à ébranler mes convictions ... Quant aux critiques de mon texte, le fait de considérer qu&apos;il est négatif, qu&apos;il n&apos;offre pas d&apos;espérance, etc (ce qui est une autre question) ne sont en rien une réfutation de mes arguments (que je n&apos;ai pas été le seul à exprimer, et qu&apos;on retrouve dans de nombreux articles et commentaires, sous des formes diverses). </div><div>Sur le fond ... je reviens sur deux de vos arguments, exposés en une phrase, que, de ce fait, je coupe en deux.</div><div></div><div>Une objection de MM ne me semble pas valide: celle qui consiste à dire que les 150 performances pas représentatifs de tous les français puisqu&apos;ils ont adopté certaines mesures (par exemple la proposition de limiter la vitesse à 110 kms heure sur autoroutes) qui ne sont pas conformes à l&apos;ensemble des autres français. </div><div></div><div>J&apos;ai voulu parler de signe, ou d&apos;illustration, ou à la rigueur de symptôme, à propos de cela. Ce ne sont pas mes arguments ... je les ai développés après ...</div><div></div><div>Mais en effet, votre argument important vient après, que vous empruntez à Thierry Pech .. et là, il y a en effet une discordance fondamentale entre nous ... </div><div></div><div>Objection non pertinente car ce type de conventions repose sur l&apos;idée que si les citoyens sont bien connus, ils changent d&apos;avis en prenant conscience de l&apos;intérêt général. [1]</div><div></div><div>Parce que raisonner comme cela implique qu&apos;il y ait une bonne solution, une solution rationnelle, en d&apos;autres termes, et que la formule Convention citoyenne est un moyen développé.</div><div>Nous sommes très proches de l&apos;argument technocratique! Et très loin de la démocratie! Cela autorise une minorité éclairée à opérer des choix au nom du peuple (cela nous rappelle certaines idéologies!). Faire le bien des gens malgré eux ... (j&apos;ai parlé aussi de risque de dérive illibérale!)</div><div></div><div>1- il n&apos;y a pas de bonne solution. Mais des choix à faire, qui ont des avantages, des inconvénients, privilégient le long terme ou le court terme, avantagent certains citoyens par rapport à d&apos;autres, etc .... C&apos;est cela, un choix politique!</div><div>2- je trouve franchement détestable la formule si les citoyens sont bien informés (vous parlez de mépris quand je parle des masses ... que dire ici?). On est bien dans l&apos;idéologie Terra Nova, celle qui considère qu&apos;il faut négliger l&apos;opinion des classes populaires pour élaborer des propositions progressistes .... (cela a été explicitement formulé par le prédécesseur de Thierry Pech, Olivier Ferrand</div><div>3- Plutôt que de faire l&apos;impasse sur la formation faible de la majorité de nos concitoyens, il faut se poser le problème de leur formation .... c&apos;est qui est en principe notre vocation avec l&apos;eccap. Et cela devrait s&apos;approcher bien plus de la démocratie directe que le (faux) tirage au sort proposé. </div><div>4- La vraie démocratie, selon moi, n&apos;est pas d&apos;avoir les bonnes solutions, mais des solutions dans s&apos;implique le corps social .. Là, c&apos;est complètement raté .. <br /><br /><h4><strong>Marc Durand le 23 août 2020 </strong><strong>A propos de la tenue de conventions citoyennes.</strong></h4></div><div></div><div></div><div>Je suis assez d’accord avec les critiques de Maurice Merchier, pas toutes cependant. Je ne partage pas son point de vue sur la représentativité ni sur le but de ces conventions. Et je suivrais Guy Roustang pour ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.<br />;Je n’ai aucune confiance en Macron ni son gouvernement (ni la majorité parlementaire!). Donc je n’attends pas grand-chose de bon de cette convention et je suppose que, tout comme a été organisé le « grand débat » pour des raisons politiciennes, étant bien entendu que tout serait enterré à la fin, je pense que là encore on est dans la même veine. Mais cette fois-ci les autorités ont pris un risque plus grand en permettant un vrai débat informé entre les participants (tout en s’arrangeant pour que les questions déterminantes ne soient pas abordées, il y avait un cadre).<br />;Gagne-t-on en démocratie ? Je pense que le b-a-ba serait d’abord de dialoguer vraiment avec les corps intermédiaires. Les syndicats, qui ont été torpillés (ils y ont mis du leur aussi!) depuis des années, les grandes associations, d’autres corps ne sont jamais écoutés, il n’y a aucune négociation sérieuse, on les convoque pour leur faire enregistrer le fait du prince en leur laissant un petit os à ronger pour ne pas les humilier totalement. Là est le premier problème de la démocratie.<br />;On n’a pas à les remplacer par ces conventions. A mon sens ces conventions ont l’intérêt de faire débattre sur des sujets autrement que par des slogans. Des citoyens ont la possibilité de s’informer, de se former, pour débattre sérieusement. Ils n’ont pas à être représentatifs, il ne s’agit pas d’un parlement bis. Alors que les syndicats ont des prés-carrés à défendre, le tirage au sort des citoyens des conventions a l’intérêt d’obliger ces conventions à un vrai pluralisme et donc d’approfondir les sujets pour obtenir des consensus qui dépassent les intérêts particuliers. Ils ont montré une grande intelligence collective tout en étant bridés, ce qui les a menés à des propositions « hors sol » car le sol leur avait été interdit. Qu’ils ne représentent pas la population ne me gêne pas, c’est à nos représentants officiels (je reconnais qu’ils nous représentent bien mal!) que reviennent les décisions. Les conventions fourniront des rapports qui peuvent vraiment enrichir les décisions, mettre sur la table ce qui est caché, étudier les conséquences des décisions proposées.</div><div>Le lien entre les conventions et la population sont à inventer. Je pense qu’il y a un rôle des medias qui devraient suivre mieux et populariser les débats. On pourrait imaginer que, retournés chez eux entre deux sessions, les membres participent à des débats locaux organisés par les autorités locales. Il y a tout à inventer, inventons plutôt que se détourner.<br />;Je ne suis pas choqué qu’on dise ou écrive que les citoyens de base ne sont pas formés pour comprendre les problèmes, c’est une réalité qui ne me choque pas. Ce qui m’importe est que ceux qui sont choisis aient les moyens de se former.<br />;Reste que les grandes questions sous-jacentes ont été éludées, et je pense que c’était voulu par les pouvoirs publics. Il faut pousser pour qu’il y ait des conventions sur les problèmes de fond. Evidemment le Pouvoir ne les suivra pas, mais les mettre sur la table est un premier pas nécessaire.</div><div></div><div>                                                     Marc Durand</div><div><br /></div><div>           <h4><strong> Pierre Bouchet, le 13 août 2020</strong></h4><br />               ;La dénomination « Encyclopédie du changement de cap» incite à approcher le sujet « convention citoyenne » dans la perspective complète de la <strong>participation institutionnelle du citoyen à la gouvernance de la France</strong>. L’observation de l’histoire récente permet de discerner ce qui est souhaitable aussi bien que ce qui est possible en France.</div><div>La « Convention citoyenne » n’est qu’un des hochets seulement consultatifs qu’agite le gouvernement actuel en réponse à la colère de certains citoyens. C’est tout de même un progrès innovant par rapport aux présidents précédents. Il exprime au moins une prise de conscience d’une attente des citoyens.</div><div>Continuer à franchir le gué vers une réelle participation nous revient à nous citoyens. </div><div><br /></div><div><strong></strong></div><div><strong>Qu’est-ce qui est souhaitable ?</strong></div><div></div><div>Les problématiques de notre temps</div><div>Le Sommet de la Terre de 1992, à Rio de Janeiro, a eu pour sujet : qu’est-ce qui est nécessaire pour résoudre les problématiques de notre temps, organisées en trois axes  la satisfaction des besoins des habitants, l’énergie, la préservation du climat, de l’environnement et enfin l’économie. C’est la conception du Développement Durable.</div><div>Le résultat, nommé « Acte 21 » a été décliné en France en guide pratique des « démarches Agenda 21 », disponible dans toutes les collectivités locales…et chez moi. </div><div><br /></div><div>Comme l’« Acte 21 », ce guide pose comme principes essentiels pour le succès que la démarche soit réalisée</div><div>·    sur les bassins de vie</div><div>·    avec la participation de tous les acteurs des territoires, les Habitants, leurs associations, les Syndicats, les Entrepreneurs, les Institutions.</div><div></div><div>Et la gouvernance de la France ?</div><div>Le Plan d’Aménagement du Territoire trace pour 10 ans les lignes de force des équipements dont la France va se doter pour construire son avenir. En 1995, le Ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, qui venait de réaliser l’exercice, a constaté que cette façon de faire était aberrante et qu’il fallait partir de l’expression de leur avenir pas les bassins de vie.</div><div>En 1999 furent définies les intercommunalités, couvrant un « bassin de vie », dotées d’un Conseil de Développement constitué des acteurs des territoires, habitants, associations, syndicats, entrepreneurs  le plan d’Aménagement du Territoire est depuis conçu ainsi : expression par les habitants dans les Conseils de Développement de leur vision de l’avenir et des équipements nécessaires, traitement de ce document par le Conseil Communautaire élu, consolidation par les Régions, puis par l’état central.</div><div></div><div>Le principe de succès pour résoudre les problématiques de notre temps est donc identique à celui indispensable pour tracer l’avenir de la France. Concrètement, les intercommunalités vont faire des Démarches Agenda 21 dont le résultat sera la base de l’élaboration du Plan d’Aménagement du Territoire. On développera la France en résolvant les problématiques de notre temps, avec la participation institutionnelle permanente des habitants.</div><div></div><div>Miracle ! Sauvés !!</div><div>Et non !</div><div><br /><br /></div><div></div><div></div><h3><strong>Pourquoi ? </strong></h3><div></div><div>Parce que cela ne faisait pas l’affaire des maires qui traitent les questions telles que l’eau, les déchets, à travers des syndicats intercommunaux qui brassent des masses financières énormes en toute opacité. Cela était transféré aux intercommunalités dans lesquelles siègent des citoyens.</div><div>Il y avait des prolongements tels que la fusion des départements et des régions, représentant une économie considérable et une efficacité accrue sur les questions de l’éducation, de l’emploi, de la voirie mais aussi la suppression de carrières, et de revenus pour la classe politique.</div><div>Et un questionnement du régime jacobin monarchique vers la séparation des pouvoirs et la décentralisation. </div><div></div><div>Traiter les problématiques de notre temps de même qu’élaborer « intelligemment » le Plan d’Aménagement du territoire exigent une refonte des Collectivités, que la France a parfaitement conçue mais qu’elle n’a été capable d’appliquer qu’a minima, à très grands frais et en ratant le Développement Durable.</div><div></div><div>Conseils de Développement et Conseils de Quartiers définissent une réelle participation citoyenne car elle est institutionnelle, donc permanente, ouverte à tous les habitants qui le souhaitent et qu’elle ouvre les dossiers de la gouvernance aux citoyens.</div><div>Malheureusement ces institutions sont occultées et muselées par la plupart des élus.</div><div>Les libérer pour qu’elles jouent pleinement leur rôle conduit à fusionner les départements et les Régions puis à questionner la monarchie jacobine pour « envisager » la séparation des pouvoirs. Cela apparaît à l’analyse attentive de la refonte des collectivités locales.</div><div>C’est dire la globalité du verrou qui est en fait la culture jacobine monarchique de la France.</div><div></div><div>C’est un enjeu de la Société Civile  des mouvements tels que l’Encyclopédie du Changement de cap ou certains partis politiques ne pourraient-ils pas initier une dynamique historique dans ce sens ?</div><div></div><div>On voit bien qu’on est très au-delà des démarches telles que la Convention Citoyenne, initiée ponctuellement, instrumentée, au service du pouvoir autoritaire sans respect pour les citoyens. Les subterfuges tels que le tirage au sort sont du goût de ceux qui aiment le pouvoir sans partage, qu’ils ne font qu’enjoliver ainsi de façon démagogique.</div><div>La question de la formation est vide car le besoin est rigoureusement le même pour les nouveaux élus. La solution est donc identique.</div><div>                                                                                                                                                                                                                                    ;</div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N1DebatSurLaConventionCitoyenne20082">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2017-01-14" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="TechniqueEtScience" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-10-14 16:55:57" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_TechniqueEtScience"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Technique et science :  Refonder notre système de recherche autour d’un véritable contrat entre sciences et société </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_TechniqueEtScience" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>14/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Technique et science :  Refonder notre système de recherche autour d’un véritable contrat entre sciences et société </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>1 ) Interviewé il y a quelques années par le journaliste Denis Tilliniac pour Le Figaro<strong>, Jacques Ellul</strong>  (1912/1994) l’auteur de « La technique ou l’enjeu du siècle » paru en 1954 analysait le fait que la technique impose des valeurs, des schémas culturels uniformes, exigeant de nous une adaptation permanente qui détruit notre identité, notre mémoire, notre environnement. Bien sûr, de tout temps, les hommes ont utilisé des techniques mais avant la révolution industrielle, dans toutes les sociétés humaines, la technique était subordonnée à des valeurs religieuses, politiques. L’homme fabriquait des objets techniques pour rendre sa vie plus facile, il n’était pas immergé dans un milieu technicien. Aujourd’hui devant une évolution permanente et quels qu’en soient les méfaits, on dit : c’est le progrès, on n’y peut rien.  Pour J.Ellul, refuser l’esclavage de la technique, « c’est revendiquer une certaine idée de l’homme. La mienne est fondée sur la liberté » . A la question : Qu’est-ce que la liberté ? J.Ellul répond : « Le refus de l’adaptation, contrairement à ce qu’on nous serine. L’homme ne s’est jamais adapté, il a toujours cherché à adapter son milieu. A présent le milieu technicien le plie à ses exigences, dès l’enfance ». « Chaque être humain est unique, il doit choisir sa vie. Tout ce qui tend à réduire sa liberté de choix est déplorable. Or il est clair que l’accumulation des gadgets le conditionne … Si nous sommes des machines plus ou moins adaptables à désirer, à consommer, je ne vois pas en quoi nous serions respectables ».  Est-il encore temps de réagir ? J.Ellul  l’espérait et considérait que si la menace est multiple (nucléaire, écologique, psychologique, esthétique) le  mal a une source unique : la démission face à la logique technicienne. Il nous disait : « Cessons d’être les esclaves des choses ». </p><p> 2) Voici quelques citations de <strong>Daniel Cérézuelle</strong> auteur en 2011 de « La technique et la chair », pages 248/249, éditions Parangon. « L’homme moderne, celui de la société technicienne …a essayé de se créer un environnement propre…en utilisant à son profit les propriétés de ce monde…de cette maîtrise il attend…la réalisation de son désir de dépasser sa condition, de surmonter sa naturalité et de s’ériger en absolu ». « Et moins l’homme arrive à assouvir son désir de changer de peau, de dépasser les limites de sa condition, plus il va transformer ses œuvres en une sorte d’absolu…On peut donc parler de la technique moderne comme d’une objectivation du désir humain, une sorte de fossilisation du besoin absolu de l’homme ».  « On voit donc pourquoi il y a des délires rationnels, des passions techniques. Il faut en faire inlassablement la critique, démasquer les manifestations de la mystification techniciste…Cette démythologisation est … la condition d’un usage raisonnable de nos techniques. Elle permet de reprendre maîtrise sur soi, sur ses désirs et de maîtriser aussi notre rapport technique au monde ainsi que de faire des choix. C’est sans doute très difficile, mais c’est la condition d’une modernité authentique, délivrée d’un rapport magique à la technique ». </p><p> 3) Dans son livre « L’humanitude au pouvoir. Comment les citoyens peuvent décider du bien commun » 2015,  Seuil, pp. 91à 93, <strong>Jacques Testart</strong> considère que depuis quelques dizaines d’années, le modèle de la recherche scientifique a été ébranlé par la multiplication des contrats avec les entreprises, la création de véritables marchés (brevets, entreprises « innovantes »), l’intrication de plus en plus étroite avec les industriels et les militaires. La recherche scientifique a largement quitté l’objectif de la connaissance et les priorités sont celles de la compétition entre les nations les plus riches ou les entreprises les plus ambitieuses, qui ne sont pas forcément les plus favorables au bien humain. <strong>« Il s’agit de refonder notre système de recherche, autour d’un véritable contrat entres sciences et société</strong> ». L’un des moyens serait de développer les conférences de citoyens qui doivent suivre des procédures précises. En effet, les avis élaborés par les conférences de citoyens confortent le plus souvent les arguments de ceux qui recherchent le bien commun et se distinguent des choix opérés par les industriels et les marchands. J.Testart en donne de nombreux exemples.  « C’est dire que la convention de citoyens n’est pas seulement une réponse circonstancielle à une question particulière, elle correspond potentiellement à un nouveau mode de gouvernement ».</p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?TechniqueEtScience">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2017-01-13" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="TransitionEnergetiqueEtProjetDeSociete" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-10-14 16:52:02" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_TransitionEnergetiqueEtProjetDeSociete"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Transition énergétique et projet de société </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_TransitionEnergetiqueEtProjetDeSociete" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>13/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Transition énergétique et projet de société </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    Pour lutter contre le changement climatique, un moindre recours aux énergies fossiles s’impose, mais il ne s’agit pas seulement d’un problème technique celui du remplacement d’énergies fossiles par des énergies renouvelables. Cela doit être l’occasion d’un débat politique. Non seulement entre spécialistes, mais avec la participation la plus large possible de l’ensemble de la population qui doit s’interroger sur le type d’économie souhaitable : quel type de consommation, comment renoncer à une société du jetable et des déchets, comment être plus respectueux de notre environnement naturel, comment remédier aux incroyables inégalités entre les « empreintes écologiques » des différents pays du monde ? Donald Trump, au lieu de construire un mur avec le Mexique devrait plutôt s’inquiéter du scandale suivant : il faudrait 5 planètes comme la nôtre pour étendre au monde entier le niveau de vie américain.  La transition énergétique nous impose de nous interroger sur le type de société que nous voulons pour nos enfants et petits-enfants. De mettre au cœur du débat : quel avenir voulons-nous ? En abandonnant la solution paresseuse qui veut faire du toujours plus de croissance la finalité dernière. C’est le débat autour du type de croissance qui s’impose.  Les travaux de Gaël Giraud (parmi d’autres) abordent tout à la fois les questions techniques et politiques de la transition énergétique. Avant de devenir jésuite, il a été consultant pour des banques d’investissement parisiennes, il est bien placé pour faire la critique de l’ «Illusion financière » (livre paru en 2012 aux Ed. De l’Atelier) et pour montrer comment il est possible de trouver les financements importants nécessaires pour assurer la transition énergétique. Voir les vidéos de ses conférences et son interview par Mediapart le 17 mars 2015.        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?TransitionEnergetiqueEtProjetDeSociete">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2023-03-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="UneEncyclopedieEnCommun" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2025-08-05 11:56:35" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_UneEncyclopedieEnCommun"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Une encyclopédie en commun ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_UneEncyclopedieEnCommun" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/03/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Une encyclopédie en commun ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Pour mener plus loin l&apos;encyclopédie du changement de cap, notre petite équipe s&apos;étoffe pour contribuer à l&apos;élaboration d&apos;une encyclopédie en commun. Cette présentation a été rédigée par des personnes impliquées dans le monde associatif, en particulier l&apos;éducation populaire et/ou les communs numériques..</p>    <p></p>    <p>Les incertitudes d’ordre écologique et économique, la perte de confiance continue dans nos institutions, l’infobésité, les fake news… sont facteurs d’instabilité et génèrent des antagonismes, comme en témoignent la violence qui s’installe jour après jour dans nos échanges, et l&apos;entre-soi amplifié par le fonctionnement en algorithmes des réseaux sociaux. Cependant ce contexte peut aussi être le déclencheur d’une bifurcation nécessaire, nous ramenant à la nature complexe du monde auquel nous appartenons.<br /><br />Une telle rupture demande que la place du politique devienne centrale, en particulier face aux pouvoirs économiques et financiers. Des expériences existantes montrent l&apos;intérêt d&apos;un élargissement du « pouvoir politique » au-delà du corps des élus (et des institutions), c’est à dire à l’ensemble du corps social organisé reliant tous les acteurs et actrices qui contribuent à faire et à penser la société. Et pour que ce corps social puisse créer les conditions d’une transformation de la société, il va en premier lieu devoir s&apos;attaquer aux « objets en tension » auquel il est confronté.<br /><br />A partir de l&apos;expérience de l’Encyclopédie du Changement de Cap, nous nous proposons de contribuer à nourrir, en relation avec l’ensemble des agrégateurs de connaissance existants, les conditions d’un dialogue des savoirs, intergénérationnel, hors des binarités politiciennes, tenant compte de la place de l’individu, des collectifs de travail, des organisations et institutions.<br />Se dégagent quatre intentions, correspondant à des niveaux d’investissement :<br /><br />1. Collecter, organiser, éventuellement accompagner la création de contenus (articles, podcast, vidéos), sur un serveur ouvert à l’interopérabilité des données.<br />2. Mettre en évidence les tensions et interactions entre les contenus collectés pour alimenter des échanges contradictoires : <strong>des controverses</strong>, qui ne sont ni des polémiques, ni des pugilats, ni des clash.<br />3. Donner à voir des méthodologies de mise en controverses expérimentées dans les différents espaces et/ou théorisées<br />4. Tisser des relations vivantes entre auteurs, initiatives, lectorat, en concevant une architecture et une sémantique des liens en relation avec les autres acteurs du secteur, une façon de créer le « désir d’archipel », en le rendant visible.<br /><br /><strong>Il s’agit de constituer ensemble un espace contributif de ressources et de partage des savoirs, dans la diversité des points de vue, de façon à faciliter pour chacun la construction de ses opinions, et de se saisir de moyens d’agir individuels et collectifs.</strong></p>    <p>Une association et un fonds de dotation en cours de construction pourront servir de supports à cette encyclopédie en commun. </p>         
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?UneEncyclopedieEnCommun">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2017-01-11" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="ViePriveeEtNumerisationSelonBenjaminBayar" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="EccaP" data-date_maj_fiche="2024-12-01 19:10:53" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse14_6_ViePriveeEtNumerisationSelonBenjaminBayar"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Vie privée et numérisation selon Benjamin Bayart </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse14_6_ViePriveeEtNumerisationSelonBenjaminBayar" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>11/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Vie privée et numérisation selon Benjamin Bayart </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccaP/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    « La vie privée doit le rester » c’est ce qu’écrivait Benjamin Bayart in Le Monde du 14 janvier 2017. Benjamin Bayart est président de la Fédération des fournisseurs d’accès à Internet associatif et cofondateur de l’association La Quadrature du Net. « Il devrait être interdit à qui que ce soit d’accéder à nos données intimes, nos e-mails, SMS ou informations privées, sans notre accord préalable explicite, éclairé et révocable à tout moment. Il faudrait donc interdire à la vente les services et appareils qui ne respectent pas ces principes ». Les solutions techniques existent, « ce sont les technologies de chiffrement de bout en bout, qui rendent un message illisible par toute autre personne que son émetteur et son destinataire – même votre fournisseur d’accès ou de messagerie ne peut le lire. » De bons spécialistes pourraient « créer un label attribué aux seuls outils qui protègent la vie privée » et interdire les autres. « Une telle interdiction ne pourrait être mise en place du jour au lendemain - aucun des géants du net ne propose des outils de communication qui respectent nos droits, il faudra les y contraindre. C’est justement pour cela que le législateur doit intervenir : une entreprise en position de force sert des intérêts privés, et c’est le rôle de l’Etat d’agir lorsqu’un citoyen ne peut pas se défendre ».        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ViePriveeEtNumerisationSelonBenjaminBayar">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EccaP">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 18 Nov 2024 16:50:15 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Merchier Maurice</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?MerchierMaurice]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?MerchierMaurice]]></guid>
        <dc:creator>MelanieMichel</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Merchier Maurice</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Merchier        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Maurice        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-15" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion15">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-08-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N33BouclesDeRecuperation01082020" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,quel_capitalisme_en_crise,reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 05:46:07" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N33BouclesDeRecuperation01082020"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Boucles de récupération </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N33BouclesDeRecuperation01082020" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/08/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Boucles de récupération </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema quel_capitalisme_en_crise">
                      Capitalisme(s) en crise  
                     </span>
                 <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Dans Le nouvel esprit du capitalisme ([1]), Luc Boltanski et Eve Ciapello ont montré comment le capitalisme se régénérait à partir des critiques émises contre lui. Par exemple, les critiques du taylorisme et de l&apos;étatisme par les experts de la nouvelle gauche, dans les années 70-80 du siècle dernier ont pu être détournées et utilisées au profit de la flexibilité, de la remise en cause du droit du travail , et l&apos;affaissement du syndicalisme. Où encore, le mouvement global d&apos;individualisation se traduisit par la valorisation de l&apos;autonomie, ce qui, dans l&apos;entreprise, aboutit à un contrôle accumulé par les paires, puis par les dispositifs informatiques, l&apos;individualisation des salaires, et la pression sur les performances individuelles en un mot vers un degré supérieur d &apos;aliénation.<br /><br />Ainsi, chaque mouvement de transformation sociale ou culturelle provoque ce que les auteurs ont appelé «boucles de récupération», permettant au capitalisme diffusé à une phase nouvelle. On peut se demander si ce n&apos;est pas ce qui est en train de se passer, avec la crise induite par le covid-19, absorbant elle-même en s&apos;y combinant la crise financière de la décennie précédente. De nombreux signes en sont perceptibles, qui font craindre que des simulacres de transformations ne cachent en fait une régénération du capitalisme. Ce qui est en jeu, ce sont les représentations, les discours, les valeurs tout se passe donc au niveau de la communication, dans la sphère des grandes marques, des agences médias des entreprises, des agences de publicité, et se cristallise élargie dans les secteurs du luxe et de la mode.<br /><br /><h3><strong>Des critiques se focalisant sur la publicité</strong><br /><strong></strong></h3><strong><br /></strong>La crise a exacerbé les critiques au système elles sont à l&apos;évidence une injonction de réaction par rapport aux dégâts induits par la logique du néolibéralisme, dont les relations avec la pandémie du coronavirus sont avérées, et surtout qui annoncent la catastrophe climatique liée aux sociétés peinent à répondre. Il est intéressant de constater que la publicité est devenue une des cibles privilégiées de ces critiques. Ainsi, en juin, 22 associations ont dénoncé dans un rapport influencé des dépenses publicitaires sur les comportements, en contradiction avec l&apos;impératif de la transition écologique ([2]). On y dénonce le fait que le secteur de l&apos;automobile est le premier investisseur publicitaire du pays, dopant les ventes des 4/4, pick-up, et SUV, comme les voyages courts en avion. Au dela,<br />De la même façon, la Convention citoyenne a émis dans ses conclusions d&apos;abondantes critiques de la publicité, et, comme le rapport cité, a émis beaucoup de propositions pour la limitation et la réglementation. Le ministre de l&apos;Economie Bruno Lemaire a lui-même annoncé que «le nouveau capitalisme nécessite une nouvelle publicité».<br />Ces critiques renforcent forcément la méfiance que les consommateurs nourrissaient déjà vis-à-vis des marques. Selon une étude Viavoice, 66% d&apos;entre eux pensent ainsi que ce que communiquent les marques ne correspondant pas à la réalité. De ce fait, il devient impératif pour les marques et les agences de publicité de modifier assez radicalement leurs stratégies de communication, afin de s&apos;adapter à l&apos;évolution des mentalités, ou, mieux, pour elles, de l&apos;exploiter pour en tirer parti et mieux rebondir. Il est intéressant de tenter de saisir les grandes directions dans cette communication. <br /><br /><h3><strong>L&apos;affichage d&apos;une nouvelle éthique face à la crise</strong><br /><strong></strong></h3><strong><br /></strong>Le mécanisme général de la communication des entreprises, par le truchement des agences médias, est de prendre acte des nouvelles contraintes induites par la crise, le covid-19 et les menaces climatiques pour initier de nouvelles pratiques, maquillées en progrès social, environnemental, culturel , ou humain, mais qui en fait ont pour véritable but de relancer les affaires, et, globalement, de faire advenir une nouvelle variante du capitalisme.</div><div>L&apos;affirmation d&apos;une volonté de changement, face à la crise, commence par l&apos;affichage de nouvelles stratégies internes aux entreprises. C&apos;est d&apos;abord le souci posé d&apos;une priorité au maintien de l&apos;emploi, alors que se multiplient les «plans sociaux». C&apos;est aussi l&apos;adoption du télétravail par celles qui peuvent le faire celles qui ont adopté en période de confinement vont s&apos;efforcer de le garder. Cette fois, ce n&apos;est plus la nécessité mais le souci de permettre un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée qui est mise en avant. Les soi-disant effets vertueux de cette nouvelle pratique dans de multiples domaines, comme l&apos;aménagement du territoire, sont amplement développés. La véritable motivation de ces entreprises est en fait de retrouver un haut niveau de productivité.</div><div><br />C&apos;est encore la mise à profit de la montée du numérique, consécutive à la pandémie. L&apos;aide qu&apos;ont pu fournir les techniques du numérique pour maintenir le lien social pendant cette période difficile est invoquée (ce qui n&apos;est pas faux), pour légitimer le numérique dans son ensemble, et amplifier les ressources que cela offre aux médias publicitaires, tout en masquant l&apos;énorme problème environnemental et énergétique que pose la 5 G, notamment. Le boom du e-commerce (hausse de 32% des transactions en ligne du fait du confinement) et la conversion de nombreux séniors à cette pratique sont pour les firmes autant de perspectives d&apos;amélioration de leurs résultats.</div><div><br />Les bonnes intentions sont proclamées partout dans ces secteurs le souci de sobriété amène les marques de luxe à annoncer la réduction du nombre de «Fashion Weeks» dans l&apos;année on y invoque des «défilés plus intimes». On y affirme à qui veut l&apos;entendre que le temps est révolu du bling et du tape-à-l&apos;œil, et on fait profil bas en annonçant un mode plus sobre, minimaliste, et plus couvert. Le groupe Kenig prône «un luxe durable». Pourtant, le succès de cette entreprise est fondé sur la volonté de distinction des élites par la consommation de produits de luxe, notamment dans les pays émergents. LVMH annonce renoncer aux «défilés croisières».<br /><br />Au-delà de la publicité traditionnelle, la stratégie des marques consiste à investir le champ de la culture, afin de se légitimer et de s&apos;ancrer dans les représentations. C&apos;est bien ce qui s&apos;opère en ce moment, de façon spectaculaire les stratégies de communication du marketing cohérent à en rajouter pour ce qui est de l&apos;adhésion à «l&apos;air du temps». <br />L&apos;air du temps est d&apos;abord celui de la réflexion, du débat de société, de la culture, précisément Prada pose chaque semaine des questions sur le monde dans «Possible Conversations» Dior diffuse des podcasts d&apos;entretiens sur l&apos;art et le féminisme des artistes engagés sont réquisitionnés pour ces démarches. Saint Laurent évoque Guillaume Appollinaire, Françoise Sagan et Marguerite Duras sur Instagram.<br />L&apos;inscription dans le «politiquement correct» est active, à propos des grands débats du moment. Plusieurs grands groupes ont apporté leur soutien au mouvement «Black Lives Matter» des entreprises comme Google invitent leur personnel à des séances de formation sur la diversité.<br />A l&apos;époque des «fake news», l&apos;impératif de vérité est abondamment convoqué les marques affirment leur volonté de reconquérir la confiance des consommateurs. La réalité doit l&apos;emporter en matière de prix, de conditions de travail, d&apos;écologie. Le parallèle avec l&apos;exigence de vérité pour le bon fonctionnement de la démocratie est parfois évoqué. Cela est attribué par les agences comme une exigence de la «publicité nouvelle». Cette volonté de reconquête de la confiance est évidemment sensible en ces temps de défiance. L&apos;importance de la presse dans ces perspectives est l&apos;occasion d&apos;affirmer le caractère incontournable de la publicité pour ce qui est de son financement. En effet, les recettes publicitaires se sont effondrées d&apos;environ 2/3.<br />En ces temps de fragmentation avérée du corps social ([3]), les valeurs civiques, la solidarité, l&apos;empathie sont abondamment sollicitées. Canal + a permis un moment d&apos;accès gratuit à sa chaîne, et la MAIF a restitué 100 millions d&apos;euros (économisés par la baisse du nombre d&apos;accidents) à ses adhérents, tout en invitant à les reverser vers des causes humanitaires. Les grandes marques se lancent, comme Chanel, dans la confection de masques, la fabrication de gel hydroalcoolique, ou le financement d&apos;imprimantes 3D. Elles n&apos;hésitent pas à appeler à l&apos;idée de «communauté» ou à évoquer les «communs» .Mais les directions géographiques vers cette générosité s&apos;oriente sont de nature à induire le soupçon que les soucis d&apos;expansion commerciale ne sont pas absents:<br />Ce positionnement «correct» peut aller, autre tendance connue, jusqu&apos;à l&apos;auto-flagellation et la repentance. Cela implique l&apos;adhésion au mouvement antiraciste. Le groupe Quaker Foods prend sa retraite l&apos;image de «mammy» (caricature de la nourrice noire) de ses publicités. La multinationale Mars qui acquiert la marque de riz Uncle Ben&apos;s s&apos;engage à faire évoluer sa marque. L&apos;Oréal renonce aux produits de dépigmentation destinés à blanchir la peau.<br />Plus encore, les communicants peuvent chanteur la rébellion antisystème. Là, on est au cœur de la «boucle de récupération». Au-delà du simple souci de sobriété évoqué plus haut, «la mode se rebelle contre la frénésie des Fashion week», titre l&apos;internaute (source AFP) du 26 mai. Ainsi cette pratique est vilipendée par leurs propres instigateurs! Saint Laurent Gucci annonce renoncer à ce rituel le directeur artistique italien de Gucci, Alessandro Michele dénonce la tyrannie de la vitesse, les deadlines imposées par les autres qui génèrent d&apos;humilier la créativité et la performativité excessive qui n&apos;a plus raison d&apos;être.<br />Les communicants vont jusqu&apos;à mettre les masques au service de la collapsologie, Marine Serre ou Balenciaga en proposant une esthétique inquiétante, évoquant des planètes interconnectées, des nouvelles communautés dans un univers en décomposition. Christa Bösch et Cosima Gadient font apparaître un monde postapocalyptique, avec des femmes aux tailleurs brûlés, et des combinaisons ou robes en maille semblant rescapées d&apos;une explosion. <br /><br />Ainsi les marques s&apos;approprient-elles les discours dominants du moment, y compris les discours protestataires, sans pour cela changer en profondeur leurs pratiques commerciales. Tout cela recouvre en fait la recherche de profitabilité. <br /><br /><h3><strong>Les masques: condensation de toutes ces boucles de récupération</strong><br /><strong></strong></h3><strong><br /></strong>La question des masques a rapidement débordé des simples considérations médicales. De façon flagrante la démarche consumériste se dissimule derrière des considérations éthiques ou sociales. La mode s&apos;est rapidement emparée de cette nouvelle production. Elle s&apos;est pour cela abritée derrière des considérations culturelles les allusions aux cultures orientales sont fréquentes la recherche esthétique s&apos;y combine avec les objectifs d&apos;efficacité hygiénique. En s&apos;inspirant des traditions asiatiques, les concepteurs de masques recherchent les façons de s&apos;exprimer et d&apos;interagir à travers eux. Le recours à la personnalisation est un moyen privilégié de ne pas remettre en cause le mouvement d&apos;individualisation.<br /><br />C&apos;est encore l&apos;occasion de s&apos;inscrire encore une fois dans «l&apos;air du temps», en valorisant le retour à l&apos;artisanat et à la création locale, ou au «do it yourself», en proposant des patrons pour que les gens se les fabriquent seuls.Il va de soi, enfin, que le masque connecté serait inventé c&apos;est fait: celui de Led Matrix intègre un écran destiné à afficher toutes sortes de messages ou d&apos;animations. Il se programme via une application pour smartphone. ([4])<br /><br />La préoccupation mercantile est évidente Virgil Abloh propose plusieurs types de masques à 86,95 € l&apos;unité. Le masque Fendi est à 190 euros, et s&apos;est trouvé en rupture de stock. La tentation d&apos;apposer un logo sur le masque est forte, et finira par l&apos;emporter si son usage obligatoire dure. De ce fait, le masque est probablement en train de devenir un marqueur social et identitaire, comme tout autre objet de consommation.<br /><br />Tout cela confirme que c&apos;est sur le terrain de la culture, au sens le plus large, que se joue l&apos;avenir des marques et de leur emprise sur la société. Cela renforce l&apos;argument que c&apos;est par la conquête de l&apos;hégémonie culturelle théorisée par Gramsci que se joue l&apos;avenir du monde. Il est à craindre que faute d&apos;une réelle prise de conscience de cela par les forces d&apos;opposition, ce combat, comme celui des années 70-80 analysé par l&apos;ouvrage de Boltanski ne soit perdu d&apos;avance.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Le nouvel esprit du capitalisme, avec Ève Chiapello, Paris, Gallimard, coll. «NRF essais», 1999<br />[2] rapport «Big corpo, Encadrer la pub et infliger des multinationales: un impératif écologique et démocratique» coordonné par Renaud Fossard<br />[3] Voir les travaux de Jérôme Fourquet, notamment L&apos;archipel français Seuil 2019<br />[4] 01NET 930 20 mai 20</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N33BouclesDeRecuperation01082020">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2018-05-05" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="BreveHistoireDuLuxe" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,quel_capitalisme_en_crise" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-05-07 09:47:10" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_BreveHistoireDuLuxe"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Brève histoire du luxe </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_BreveHistoireDuLuxe" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>05/05/2018</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Brève histoire du luxe </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema quel_capitalisme_en_crise">
                      Capitalisme(s) en crise  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Les grandes mutations du secteur Le luxe existait au moyen-âge à Venise aussi bien qu’à Constantinople, et déjà sous l’antiquité, à Rome, comme à Athènes. C’est dans le monde musulman que la parfumerie est née et s’est développée. La Chine ancienne, l’Inde, dès le troisième millénaire avant JC ont connu des civilisations somptueuses. On a retrouvé en Mésopotamie de remarquables céramiques, et, en remontant plus encore le temps on retrouve dans la préhistoire des objets de luxe.  Aux origines prédominaient les formes publiques du luxe. Il est alors le privilège du pouvoir impérial ou royal, avant d’être mis au service de la pompe républicaine. Très vite, cependant, ce sont les formes privées du luxe qui l’emporteront. Il a dès lors été un terrain de la rivalité entre des groupes sociaux dominants. Sous l’Empire romain, à l’époque des Antonins, les magistrats et sénateurs rivalisaient avec les « nouveaux riches », chevaliers, commerçants, banquiers, publicains… Pompéi a gardé les traces de ce luxe festif. Il est notoire également que s’il s’est globalement développé à la faveur de la croissance économique, il a été stimulé par les grandes crises : après la peste noire, au XIVème siècle, sous la Convention thermidorienne et le Directoire, en France, avec les « Merveilleuses » et les « Incroyables », après le tsunami au Japon plus récemment, mais aussi après notre crise de 2008… (1)</p><p>  Les historiens s’accordent pour situer la naissance du luxe moderne aux XVIIème, XVIIIème siècles, c’est-à-dire à l’époque du mercantilisme. A l’époque de Louis XIV, sous l’impulsion de Colbert, des manufactures comme les tapisseries des Gobelins ou les verreries de Saint-Gobain ont pour finalité l’exportation de leurs produits, afin de drainer vers la France les matières précieuses qui circulent depuis la découverte et l’exploitation des mines d’Amérique. Encore faut-il se méfier d’une histoire un peu mythologique très franco-centrée : l’Italie, l’Angleterre, l’Espagne, les Flandres ont aussi connu leur « âge d’or » du luxe. Dans cette brève histoire du luxe, il faut signaler un changement majeur qui se situe fin XVIIIème-XIXème siècle : cela devient une affaire essentiellement féminine. Ce changement est qualifié de « grande renonciation masculine » par le psychanalyste anglais John Carl Flügel. Les hommes abandonnent talons hauts, dentelles, perruques et robes, et les femmes bourgeoises dépensent deux fois plus que leurs maris pour leur habillement. Mais c’est tout le contraire d’une émancipation  il s’agit au contraire de l’assignation de la femme au devoir de plaire, et, comme il est montré dans la violence du luxe, d’être le signe de la réussite sociale de son mari. </p><p>L’âge d’or, dont l’épicentre est tout de même la France, se situe XIXème-milieu XXème… C’est dans cette période que s’est construite la représentation du luxe qui fonctionne encore aujourd’hui, alors que la réalité a assez radicalement changé. Pendant cette période se créent les « grandes maisons », qui vont devenir de grandes marques. C’est par exemple au XIXème qu’émergent Mauboussin (1827), Guerlain (1828), Hermès (1837),  Cartier (1847), ou Vuitton (1854). Les boutiquiers deviennent empereurs  ils ne vont plus au château ou chez le grand bourgeois, mais on se déplace pour aller chez eux. Leur statut s’assimile à celui de l’artiste.  Ils produisent des séries limitées d’articles de haute qualité, impliquant une quantité énorme d’heures de travail hautement qualifié, la « griffe » (2) attestant de leur exceptionnalité. Début XXème, Coco Chanel va bouleverser la mode féminine, et contribuer à construire l’image de la femme « libérée ». Dans les années 50, Christian Dior, dont la maison de couture est fondée par Marcel Boussac, règne sur le vêtement de luxe. Les marques et les maisons françaises, regroupées dans le Comité Colbert représentent alors le quart du luxe mondial. Avec l’évolution de la technique et des réseaux de communications, tout change vers la fin du XXème siècle. C’est d’abord la révolution du « prêt-à-porter », impliquant l’allongement des séries, et l’embauche de stylistes dont le nom ne correspond plus aux « griffes », qui cessent d’être confidentielles, et doivent s’adapter aux fluctuations de la mode. C’est aussi la diversification vers les accessoires, les parfums, la joaillerie,  les sacs, et toutes sortes d’objets. C’est surtout le passage des marques aux groupes, avec notamment la constitution de LVMH (3) construit à partir de l’empire de Boussac, héritant notamment de sa pépite : Dior. Ce groupe est présent dans le champagne, les vins, la mode, les parfums, la cosmétique, la joaillerie, les montres… mais aussi la distribution et la presse (groupe Les Echos)  il  contient une multitude de marques. Son grand concurrent, François Pinault a fondé Pinault-Printemps-Redoute, rebaptisé Kering en 2013  un peu moins étendu, ce groupe – après s’être dégagé de la distribution - est néanmoins présent dans la joaillerie, la mode, les articles de sport, les parfums. </p><p>La France concentre aujourd’hui la moitié des quinze marques les plus importantes. Un changement d’échelle s’opère  les techniques de commercialisation évoluent (vente par correspondance sur catalogue, puis par internet).  Ces groupes s’intègrent à l’industrie de masse, sont gérés selon une logique financière, et s’orientent résolument vers les marchés mondiaux. L’ouverture de la Chine aux produits de luxe dont sont amateurs touristes et « nouveaux riches » est d’ailleurs une des causes majeures de l’essor du secteur depuis quelques années. Ce pays est devenu l’eldorado pour le luxe, d’abord par ses achats, puis par son ouverture aux entreprises des grands groupes du secteur. Mais déjà commencent à se développer des marques autochtones, attisant la concurrence internationale. L’Inde va suivre cette voie, et des marchés africains se profilent déjà à l’horizon. C’est toute la géographie du luxe qui s’en trouve bouleversée. Les stratégies du secteur face aux exigences de la modernité Cette évolution est incompatible avec le maintien des traditions. Les grandes marques sont menacées par la perte d’identité. Les grands créateurs (Christian Dior, Coco Chanel, Givenchy…) sont morts et remplacés par des directeurs artistiques qui se discréditent parfois dans l’outrance et la provocation, comme Galliano (4).  Alexander McQueen se suicide en 2010. Mais, plus encore, les valeurs liées au luxe sont totalement contradictoires avec celles de la modernité.  La rareté des produits (impliquant la longueur des délais d’attente) est incompatible avec la communication de masse, et l’exigence d’immédiateté, constitutive du présentisme régissant les mentalités. Leurs prix exceptionnellement élevés sont impraticables compte tenu de la rationalité croissance des consommateurs, qui cèdent de moins en moins aux mirages de la consommation ostentatoire, s’en laissent de moins en moins abuser sur l’aptitude des produits à satisfaire leurs besoins, et usent sur internet des comparateurs de prix. Le prestige des marques est associé à leur durée, à leur immutabilité, voire à leur intemporalité. Or il faut maintenant transiger avec la mode, qui au contraire est basée sur un renouvellement rapide. Les collections se succèdent à un rythme accéléré. Il y a inflation du lancement de nouveaux produits  le nombre de nouveaux parfums a doublé ces dernières années. Les groupes doivent céder au cercle vicieux des promotions, qui aboutissent à banaliser encore un peu plus le produit. Mais surtout, le luxe – dans son authenticité – est <i>apriori  </i>radicalement impossible à une époque démocratique,  individualiste, et imprégnée d’un populisme dont l’anti-élitisme est la caractéristique première, aucune catégorie de la population ne pouvant tolérer son éviction de ce marché, ni ne pouvant admettre qu’une classe privilégiée puisse y avoir un accès exclusif. </p><p>La logique historique est celle d’une disparition du secteur. Pourtant, on l’a vu, l’industrie du luxe se porte bien. Elle surmonte cette contradiction  de plusieurs façons  la stratégie générale est simple : il s’agit d’occulter cette quasi-disparition du « vrai » luxe, ou plutôt sa submersion/banalisation par la grande industrie pour maintenir le prestige de la marque, condition de la prospérité des firmes qui en dépendent, et, au-delà, sauvegarde de cette arme de guerre symbolique qu’il est resté, comme l’explique l’article violence du luxe Cette occultation s’obtient pour commencer en recouvrant de la mystification d’une « démocratisation du luxe », parfait oxymore, ce qui est tout simplement une descente en gammes. C’est ainsi que l’on parle de « demi-luxe » , de « luxe abordable », de « nouveau luxe », de « super-premium » ou du néologisme « masstige » (5),  quand il s’agit de produits banals, mais conservant la « griffe » qui permet de vendre tout de même un peu plus cher que les produits standards. La mystification confine à l’imposture lorsque l’on va jusqu’à invoquer « le droit au luxe ». Elle devient mascarade quand Galliano fait une collection « inspirée » par l’inventivité des clochards, ou quand Alexander McQueen a fait défiler pour Givenchy des mannequins handicapés. En fait, l’industrie du luxe repose maintenant sur une segmentation rationnelle des marchés et des clientèles. Ensuite, par la vitrification du discours concernant le luxe. Cela débute par le déni du marketing (6) tout en le pratiquant méthodiquement (de façon certes plus subtile que la publicité de masse ordinaire, comme on va le voir). Cela se poursuit par l’invocation du maintien du travail hautement qualifié, qui n’est vrai que dans une petite minorité de cas, ou qui ne concerne que la finition de produits fabriqués par une main d’œuvre bon marché, en France ou sont sous-traités en Chine, au Maghreb, ou dans des zones franches. D’ailleurs, avant qu’elle ne soit patente, la profession a longtemps pratiqué le déni de la délocalisation.  Le recours à la société du spectacle est un autre vecteur de cette stratégie. On peut observer le phénomène de starisation des mannequins, dont le passage d’une maison à l’autre commence à être assimilable au mercato des footballeurs. Il faut voir aussi la vitrine du luxe qu’est le festival de Cannes. Tout est fait pour que les stars affichent leurs robes, leurs diamants, leurs sacs… Les vedettes du sport ou de la scène sont parfois invitées aux défilés de mode, voire y participent, et sont évidemment abondamment sollicitées pour les publicités classiques. </p><p>Un autre moyen de gommer la dimension mercantile de l’industrie du luxe est d’exhiber sa proximité avec l’art, et singulièrement l’art contemporain. L’interaction entre les deux mondes est ancienne. Déjà Louis Vuitton recevait chez lui Monet, Renoir ou Cézanne, au début de la IIIème République. Les couturiers, joaillers ou verriers sont présentés comme des artistes, et les créateurs sont souvent considérés – surtout par eux-mêmes – comme des génies. Les échanges vont dans les deux sens : les marques commanditent des œuvres, leurs dirigeants pratiquent le mécénat, les artistes promeuvent le luxe, et parfois même participent à la création de certains produits. Yves Saint Laurent a présenté des « robes Mondrian », et ses manteaux de soirée empruntaient des thèmes à Picasso, Braque, ou Van Gogh. Le champagne Pommery est partenaire de la FIAC à Paris, et assiste le centre Pompidou de Metz. L’aura de l’œuvre d’art rayonne ainsi frauduleusement dans le ciel du luxe. Il faut enfin évoquer le branding, c’est-à-dire la modalité sophistiquée du marketing, que pratiquent les grandes marques (pas seulement celles du luxe), et qui prolonge directement ce qui précède  il y a brouillage des frontières non seulement avec l’art, mais, de façon plus générale, avec la culture. Chaque grand groupe dispose de fondations, qui organisent des expositions. Il y a des musées de la mode, et des produits de luxe font l’objet de rétrospectives dans les musées d’art contemporain. Toutes ces démarches tendent à inscrire les marques dans une démarche patrimoniale, certes justifiée d’un point de vue historique, mais qui contribue à maintenir leur prestige, et leur fallacieuse exterritorialité par rapport au monde marchand. Ainsi le luxe traverse toutes les époques, en s’y adaptant, en se régénérant sans cesse tout en gardant la référence à son âge d’or, qui correspond à celui d’une classe dominante en mesure de s’en arroger l’exclusivité. Mais la raison essentielle de cette permanence est qu’il correspond à un trait présent dans toutes les sociétés, qui lui-même se transpose de l’une à l’autre sous des formes différentes : la violence prédatrice. C’est l’objet de l’article violence du luxe.</p><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p> 1- après avoir subi lourdement la crise en 2009-2010, l’industrie du luxe est en plein essor depuis 2012.<br /><br />2- inventée par Charles Frédéric Worth<br /><br />3- Louis Vuitton-Moët Hennessy, dirigé par Bernard Arnault depuis 1984<br /><br />4- qui fait scandale en créant une collection inspirée des clochards, et est éliminé en raison de provocations antisémites </p><p>5- contraction de masse et de prestige</p><p> 6- Chez Hermès on affirme « chez nous on ne fait pas de marketing ». Chez LVMH on prétend se démarquer de « ceux qi ne cherchent qu’à faire du marketing », notamment du « marketing à l’Américaine ». <br /></p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?BreveHistoireDuLuxe">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-06-29" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="CEtaitMieuxAvant" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-07-16 17:45:12" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_CEtaitMieuxAvant"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              c&apos;était mieux avant ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_CEtaitMieuxAvant" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>29/06/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">c&apos;était mieux avant ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <div></div><div></div><div>C’était mieux avant ? Phrase tellement entendue ! Michel Serres, disparu le 1er juin 2019, combattait ce qu’il considérait être une idée reçue, dans ses interventions et ses articles, et y avait consacré un de ses derniers livres<a href="#_edn1">[1]</a>. Alain Finkielkraut lui répondit, dans Le Figaro du 28 août 2018, sous la forme d’une longue litanie de faits infirmant la thèse du Papa Gentil de la Petite Poucette, et concluant à la légitimité de la nostalgie  à cet article répondait peu après dans le même journal celui de Luc Ferry, qui au contraire ratifiait, et même radicalisait l’argumentation du philosophe disparu. </div><div></div><h3><strong>Une réponse qui dépend du point de vue adopté par l’observateur</strong><strong></strong></h3><div></div><div>Ce débat a quelque chose de troublant du fait que, pris séparément, de chaque côté, les arguments semblent a priori irréfutables. Cela s’explique d’abord parce que le verdict, quel qu’il soit, ne peut s’exprimer qu’en termes de bilan. Les faits invoqués – le mieux, le moins bien, les progrès, les régressions etc – peuvent être distribués dans deux colonnes, et c’est la pondération qu’on leur applique implicitement qui fait pencher d’un côté ou de l’autre la balance. Cette pondération est évidemment le produit de la subjectivité de chacun, elle-même conditionnée par ses préférences idéologiques. En d’autres termes, on choisit l’une ou l’autre réponse par souci conscient ou inconscient de cohérence avec l’ensemble de ses opinions constituées. </div><div>Pour élucider complètement la démarche, il importe de bien distinguer de quel point de vue on se place dans ce questionnement. Dans son émission « Répliques » sur France Culture du 20 janvier 2018, Finkielkraut recevait Michel Serres pour débattre directement de tout cela. Constatant leur accord sur les faits, celui-ci faisait observer que son hôte se plaçait presque toujours d’un point de vue « local », alors que lui se situait à un niveau « global », en utilisant des arguments quasiment quantifiables, c’est-à-dire traduits, ou traduisibles en données statistiques. On peut en effet distinguer l’approche distanciée de l’observateur s’en tenant aux grandes tendances objectivables, comme les progrès de l’espérance de vie, les avancées médicales, l’absence d’une autre guerre mondiale, le recul de la pauvreté à l’échelle mondiale, les commodités offertes par les nouvelles techniques, etc, et l’approche en terme de « ressenti », soit à partir de son propre vécu, soit à travers la façon dont on interprète les faits dont nous avons connaissance, ou les événements dont on est spectateur et que, le plus souvent, nous rapportent les médias. Cette seconde démarche se justifie, dans la mesure où, par exemple, la diminution de la mortalité ne change rien à la façon de percevoir les choses des vivants, ou la diminution de la pauvreté dans des pays lointains n’affecte pas les sentiments des nantis d’autres contrées… Les statistiques n’ont jamais produit beaucoup de tristesse, ni davantage d’allégresse… </div><div>Les limites d’une approche globalisante tiennent aussi à l’équivocité de tout changement ; ce qui est progrès pour les uns l’est souvent au détriment du bien-être des autres, parfois pris dans le sens le plus égoïste, voire le plus misérable. La diminution de la mortalité routière a pour contrepartie des contraintes multiples pour l’ensemble des automobilistes (y compris ceux dont la vie a été épargnée grâce à ces mesures) qui ont anéanti le plaisir de conduire (idée qui paraît aujourd’hui incongrue, voire réactionnaire, et pourtant tellement répandue à la fin du siècle précédent !)  la régression du tabagisme n’a pas comblé de bonheur les fumeurs invétérés  l’érection de nouveaux appartements à loyers modérés ne transporte pas de joie les propriétaires des maisons résidentielles environnantes, etc. Cela est vrai même du point de vue symbolique  comme la bien-pensance l’emporte, s’il n’est plus possible de railler les homosexuels, ou de pratiquer des plaisanteries machistes, et cela ne fait pas l’affaire des humoristes, ou même des amateurs ordinaires de grivoiseries…. </div><div>Certes, les termes de telles comparaisons peuvent paraître disproportionnés, voire indécents, du point de vue moral, (c’est-à-dire encore une fois du point de vue des valeurs de l’observateur extérieur) ; cela n’empêche en rien le fait que c’est ainsi que les choses sont ressenties par l’immense majorité de nos contemporains, et ce sont des choses de ce niveau qui leur font dire que « c’était mieux avant »  la police de la pensée, l’autocensure, ou l’auto-répression de certains comportements, pour vertueuses qu’elles soient, ne peuvent être considérées comme des plaisirs. </div><div>Un signe à l’actif du bilan du « c’était mieux avant » : selon un sondage de la DREES de juillet 2016, en 2014 près de la moitié des personnes, qui probablement n’avaient pas lu Michel Serres, estimaient que la situation de leurs parents au même âge était meilleure, alors qu’ils n’étaient que 36% à le penser en 2004  et ils n’étaient que 29% à penser le contraire, contre 42% dix ans avant.</div><div></div><h3><strong>La détérioration du bien-vivre est la conséquence des politiques néolibérales,</strong></h3><div></div><div>Mais faut-il nécessairement se placer du point de vue du « ressenti » subjectif d’un grand nombre de nos contemporains pour valider la thèse du « c’était mieux avant » ? Il n’en est rien, car il y a de sérieuses raisons de penser que ce « mal-vivre » croissant est au contraire le produit d’évolutions tout à fait objectives, qui pour l’essentiel sont des conséquences de la livraison de notre monde aux politiques néolibérales. Wendy Brown reprend et actualise le concept de « raison néolibérale » de Michel Foucault.<a href="#_edn3">[3]</a> Cela aboutit au fait que le modèle général sur lequel s’alignent tous les mécanismes sociaux, les institutions, la consommation, les loisirs, les personnes elles-mêmes dans la gestion de leur existence est celui de l’entreprise, avec le but de valoriser le capital  Tout est organisé, géré sur le modèle économique  elle parle « d’économisation » de la société, qui déborde du concept de « marchandisation » parce que cela fonctionne même quand il n’y a pas de monnaie en jeu. La personne humaine est pensée comme un capital, qu’il convient de valoriser au maximum. La progression stupéfiante de la pratique du « quantified self » en est une manifestation spectaculaire : « les adeptes du quantified self comptent sur eux pour gagner en performance et en bien-être ».<a href="#_edn4">[4]</a> Grâce à des logiciels, ils peuvent suivre sur leur smartphone leur nombre de pas, leur tension cardiaque, mais aussi leur humeur, leur stress, leur consommation de café ; cela va jusqu’à l’anneau pénien connecté mesurant les prouesses sexuelles. </div><div></div><h3><strong>Le grignotage des petites libertés</strong></h3><div></div><div>Pour le dire simplement, l’efficacité devient l’impératif social catégorique  de là vient ce grignotage des petits plaisirs, des petites libertés, des petites combines parfois, voire des petites déviances qui finit par entamer la simple joie de vivre. Quand la raison néolibérale s’impose, tout doit être rationalisé, et cela contamine l’ensemble de la vie sociale  il ne peut plus y avoir de jeu (au sens mécanique du terme, c’est-à-dire du minuscule mouvement qui persiste entre deux pièces en contact) dans les rouages sociaux. Jeu entre légalité et illégalité (petits arrangements avec la règle…), dans le travail (fini les chahuts dans l’atelier… le temps est rationalisé !), dans les rapports avec l’administration (la RGPP est passée par là…), comme avec les entreprises de communication, l’interlocuteur peu rentable est remplacé par les touches de téléphone à frapper pour accéder au renseignement (ou, parfois, à la personne – en principe – compétente , après moult tentatives ratées), les enveloppes à affranchir au lieu des enveloppes « T », l’impossibilité de trouver un bout de terrain vague pour y laisser sa voiture la journée, (parking payant incontournable ! l’espace est aussi rationalisé !), la nécessité désormais de payer pour rêver sur la place Saint Marc à Venise, les voyages professionnels qui étaient remboursés et ne le sont plus, les tarifs de l’avion qui changent à chaque tentative par internet, l’impossibilité, quand on l’a raté, de prendre le train d’après avec le même billet….la carte du magasin qui vous déclenche un crédit que vous n’avez pas demandé… toutes ces petites choses qui sont le tissu de l’existence ordinaire… myriade de minables mesquineries qui vous polluent l’existence… et qui… oui, n’existaient pas « avant » !</div><div></div><h3><strong>L’insécurité psychique générée par l’ubérisation de la société</strong><strong></strong></h3><div></div><div>Un point mériterait d’être développé : dans le cadre de l’ubérisation générale de la société, on constate la substitution croissante de la location à la propriété. Elle est d’ailleurs privilégiée du point de vue immobilier (puisque n’entravant pas la mobilité des travailleurs, indispensable à ce capitalisme). Mais on retrouve cette substitution dans beaucoup de domaines : le streaming, pour la musique, ringardise non seulement les CD matériels, mais aussi l’achat de fichiers numériques. On commence à proposer des formules d’abonnement permettant de lire en ligne des ouvrages sans les acheter. Il est parfois difficile, dans les succursales de vente des grandes marques d’automobile, de connaître le prix des voitures, car seuls les prix de location sont affichés…. Là, comme ailleurs, les flux l’emportent sur les stocks. Or, il faudrait analyser en profondeur les conséquences de cette évolution sur les psychismes  certes la propriété est souvent décriée, jusqu’à paraître à la limite immorale (le marxisme est passé par là !). Il faudrait reconsidérer cette institution sous d’autres angles  à commencer celui du rapport aux objets. L’ethnologie, ou des travaux sur l’héritage<a href="#_edn5">[5]</a> et sur le don nous enseignent qu’ils sont parfois le support d’une inscription symbolique forte des personnes, comme sils renfermaient le souvenir, voire une partie de l’âme de leur possesseur  cette puissance symbolique confère une grande importance à leur transmission éventuelle. L’occultation de cette dimension contribue probablement au desséchement mercantile des relations humaines  que l’on pense de ce point de vue à l’horreur que constitue la revente massive par l’internet des cadeaux de Noël ! Plus simplement, il faut penser à ce que coûte, en termes de sécurité morale, cet abandon de la propriété : la location place le consommateur sous la dépendance du prestataire de service  une défaillance de sa part, ou un changement de logiciel – cas extrêmement fréquent sur l’internet – prive tout simplement le consommateur de la jouissance de l’objet (par exemple, les anciens CD- Rom ou DVD culturels de l’époque des premières versions de windows). </div><div></div><h3><strong>La société du piège permanent</strong><strong></strong></h3><div></div><div>Beaucoup de dimensions informelles des relations sociales se dissipent  à leur place s’imposent des relations utilitaires, le plus souvent marchandes. Et que dire des relations virtuelles ? De l’internet ? L’envahissement de l’écran par les sollicitations marchandes à chaque clic, et surtout les pièges, toutes sortes de pièges. Nous vivons dans une société du piège permanent : l’article sur une pathologie qui se présente comme une réflexion désintéressée, et se termine invariablement sur une proposition de vente de médicament, le logiciel gratuit qui vous sollicite en permanence de passer à la « version pro » (payante), la période d’essai de l’abonnement à un journal qui se transforme sans préavis en abonnement payant, (suivie du parcours du combattant pour se désabonner)… sans parler évidemment des boîtes mails piratées, et des messages frauduleux, dont les auteurs rivalisent d’ingéniosité pour amener le lecteur au clic fatal…</div><div>De ce fait, ce sont des moments de relâchement, de détente qui deviennent impossibles, parce que dangereux : insouciance interdite ! « Ce monde numérisé génère un « stress » social de grande ampleur » écrit Renaud Vigne dans <a href="https://eccap.fr/article/Et-si-on-s-etait-trompes/5c88d394dc5218001417ce4f">l’eccap</a> Le sentiment d’insécurité latente déjà évoqué nous envahit  alors évidemment, la posture qui s’impose à toute personne « normale » est celle de la méfiance, voire de la défiance, et une tension en résulte dans toutes les interactions. On peut lire dans le rapport 2017 de l’observatoire citoyen de la qualité démocratique : À la question : « en règle générale, pensez-vous qu&apos;il est possible de faire confiance aux autres ou que l&apos;on n&apos;est jamais assez méfiant ? » que seulement 22 % des Français répondent : « il est possible de faire confiance aux autres ». Michel Serres signale lui-même la dégradation de la convivialité, lorsqu&apos;il rapporte les paroles de son amie d’enfance, Yvette : « Oui, nous nous serions les coudes, nous nous parlions toute la sainte journée  maintenant, nous vivons seuls »<a href="#_edn6">[6]</a></div><div></div><div>Alors oui, c’était mieux avant. Mieux avant que la raison néolibérale n’impose ses normes  que l’âme des personnes soient reconfigurées, non pas à l’image de la cité, comme le supposait Platon, mais à celle de l’entreprise, de la start-up, ou de la société d’investissement. De ce point de vue, le prototype de l’homme parfait, celui qui est sommé d’advenir, c’est la créature totalement formatée à cette nouvelle logique, à savoir, le robot. </div><div>Le robot est l’avenir de l’homme. </div><div></div><div>Maurice Merchier</div><div><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Michel Serres c’était mieux avant ! Editions Le Pommier, 2017<br />[2] Il faut toutefois admettre que cette question est un peu plus étroite que celle du « c’était mieux avant »<br />[3] Wendy Brown Défaire le démos : le néolibéralisme, une révolution furtive Amsterdam (12 septembre 2018)<br />[4] Ils vivent sous assistance technologique 01NET n= 909 29 mai 2019<br />[5] Anne Gotman L’héritage PUF Que-sais-je ? 2006<br />[6] Michel Serres c’était mieux avant ! Editions Le Pommier, 2017, page 80</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?CEtaitMieuxAvant">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-12-31" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N19ConteDeNoelUnMondeSansPublicite" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 05:53:33" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N19ConteDeNoelUnMondeSansPublicite"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Conte de Noël: un monde sans publicité </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N19ConteDeNoelUnMondeSansPublicite" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>31/12/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Conte de Noël: un monde sans publicité </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Il sera une fois un gouvernement qui s’efforcera d’appliquer les valeurs et les idéaux qui furent jadis ceux de la gauche. Autrement dit, un gouvernement décidé à opérer un véritable changement de cap. Voici ce qui adviendra..</div><div><br />Soucieux de recentrer le système économique sur ses fonctions premières, ses experts consulteront de vieux manuels, dans lesquels l’économie est décrite comme étant la production et la distribution de biens et services destinés à la consommation, elle-même définie comme étant le moyen de satisfaire des besoins. Or, ils ont déjà constaté que, de façon évidente, et depuis longtemps, le capitalisme ne répond plus à ces définitions, mais est devenu une <strong>gigantesque machine à produire des besoins artificiels</strong>[1], à les exacerber, ou à inventer et imposer des réponses économiques à des besoins vitaux, relationnels, affectifs, informationnels, éducatifs, voire spirituels qui a priori sont hors de ce champ. Le marketing, la publicité, le sponsoring sont les moyens incontournables qu’utilisent les entreprises et les marques pour réaliser ces objectifs, et cela avec des outils de plus en plus sophistiqués, grâce aux ressources du numérique. Le gouvernement décidera alors d’une mesure simple et radicale : <strong>l’interdiction de la publicité</strong> non seulement des traditionnelles « réclames », mais aussi de toutes les techniques nouvelles de vente destinées à formater les individus pour en faire des consommateurs fébriles, tels ceux qui se bousculent ou même se battent lors du black friday. Cette mesure passera sans problème, les sondages d’opinion montrant clairement le peu de goût de nos concitoyens pour ladite publicité.<br />Les effets économiques en seront considérables… Les dépenses de publicité représentent dans le monde 580 milliards de dollars. En France  les recettes publicitaires sont de 14 milliards d’euros. Les dépenses des entreprises sont d’autant plus fortes que leurs produits sont superflus. Elles culminent pour les industries du luxe, où elles peuvent représenter jusqu’au tiers du chiffre d’affaire, alors que leurs produits ne servent qu’aux exhibitions provocantes d’un minuscule classe de privilégiés jouissant de richesses indécentes. Les économies ainsi réalisées se traduiront par des baisses substantielles de coûts, donc par la baisse du prix de nombreux produits, et donc par une hausse générale des niveaux de vie. Cette hausse sera d’autant plus sensible que disparaîtront du budget des ménages des dépenses en produits inutiles, qui n’avaient qu’une valeur d’ostentation. Ce sera du même coup beaucoup de frustrations en moins, donc de sérénité en plus. L’obsolescence programmée des objets n’aura plus de raison d’être. C’est le bien-être général qui s’en trouvera sensiblement amélioré.<br />Pour ce qui est de la fonction d’information des consommateurs, de l’évaluation et de la comparaison entre les produits, les moyens de l&apos;INSTITUT NATIONAL DE LA CONSOMMATION seront considérablement renforcés, ainsi que les ressources allouées aux organisations de consommateurs agrées. Leurs études seront diffusées par des revues distribuées gratuitement, et seront l’objet d’émissions diffusées par les médias et des sites internet contrôlés. Le financement de toutes ces mesures sera assuré par une taxe imposée aux entreprises, qui ne posera aucun problème puisqu’elle ne représentera qu’une petite partie de ce qu’étaient leurs dépenses en marketing.<br />La mise en œuvre de ces mesures se traduira très rapidement par des changements substantiels dans la vie quotidienne, et par une amélioration de l’atmosphère générale de la vie sociale. Nous serons libérés des dizaines de milliers de sollicitations commerciales quotidiennes auxquelles nous sommes soumis… L’absence de spots publicitaires dans les médias y fera régner une ambiance calme et reposante  nos boîtes aux lettres ne seront plus saturées de prospectus, et les affiches ne défigureront plus les espaces publics. Les murs du métro et les parois des abribus seront alors mis à la disposition d’artistes rémunérés par des fonds publics, qui auront pour seul projet d’embellir leur ville.<br />Sur l’internet seront frappés d’obsolescence les traqueurs, data brokers, ou les cookies, empêchant ainsi la constitution de bases de données sur les consommateurs, qui de plus mettent en cause nos libertés fondamentales. Google et Facebook seront contraints de laisser la place à des logiciels libres, conçus par des laboratoires publics ou associatifs indépendants. Tous les mails reçus seront des messages qui nous sont vraiment destinés, par des correspondants que nous connaissons, et non des pièges à clics faussement conviviaux au bout desquels, d’une façon ou d’une autre, le numéro de carte bancaire est sollicité.<br />La qualité de l’information se trouvera très substantiellement améliorée. Les journalistes de la presse écrite ou de la presse en ligne seront délivrés de la pression mortifère des marques, qui vont jusqu’à imposer des éléments de contenus de leurs articles, les contraignant ainsi à transiger avec l’éthique de leur métier. Ce chantage les oblige souvent à jouer le jeu de la course aux clics pour obtenir leur part indispensable du pactole publicitaire.<br />Les films à gros budgets, comme les vidéos d’amateurs circulant sur le net seront nettoyés des incrustations visuelles des annonceurs, et les artistes et sportifs ne seront plus incités à déshonorer leurs métiers en se vendant au profit de marques de sodas, de parfums, d’après-rasage, ou autres produits triviaux. La télévision sera libérée des interminables et lancinantes répétitions de ces séquences débilitantes, et aucun film, aucune émission ne sera désormais interrompue par des spots publicitaires. Les talents sollicités auparavant pour tout cela seront libérés pour s’orienter vers l’art pur, débarrassés de ces scories marchandes.<br />L’attention ne sera plus l’objet de techniques de captation, et la mise en action de savants algorithmes produisant de l’addiction n’aura plus de raison d’être. De ce fait, elle pourra se redéployer vers d’autres sujets, vers la conversation, permettre l’enrichissement et l’intensification de la vie sociale, vers l’art et la culture, vers des loisirs enrichissants, vers la vie associative et citoyenne. Les jeunes échapperont à la tentation de cette forme de prostitution moderne qu’est leur débauchage et leur transformation en « influenceurs » sur youtube ou sur instagram par les grandes marques.<br />De proche en proche, un souffle nouveau se fera sentir dans toute la vie économique et sociale. Cette respiration nouvelle oxygénera aussi bien la vie des entreprises que celle des administrations. Certes, les besoins évolueront encore, mais de façon très lente, et cette lenteur s’imposera à toutes les sphères de la vie sociale. L’affairement ne sera plus de mise… le ralentissement généralisé et la modération de la consommation rendront inopportuns les modes de financement et les montages spéculatifs  en d’autres termes, c’est le néolibéralisme qui amorcera sa décomposition de l’intérieur. Une telle société sera enfin bien mieux préparée à affronter le défi climatique. </div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N19ConteDeNoelUnMondeSansPublicite">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2021-03-28" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="DebatKoulbergMerchierAProposDeLaLettre4" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-07-16 17:39:58" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_DebatKoulbergMerchierAProposDeLaLettre4"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Débat Koulberg-Merchier à propos de la lettre 46 </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_DebatKoulbergMerchierAProposDeLaLettre4" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>28/03/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Débat Koulberg-Merchier à propos de la lettre 46 </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <div><strong>Lettre de André Koulberg à Maurice Merchier</strong><br /><br />Monsieur Merchier<br /><br /></div><div>Le projet de l&apos;Encyclopédie du changement de cap m&apos;a toujours intéressé et j&apos;ai un peu participé à son lancement. Nous insistions sur la dimension collective et pluraliste des contributions, la connaissance du terrain, l&apos;exigence critique... Or, en lisant votre lettre d&apos;information, il ne me semble rien retrouver de tout cela.</div><div>D&apos;abord, une personne seule qui exprime quelques unes de ses idées sur une thématique aussi riche et complexe, cela me semble très éloigné de ce que devrait être une encyclopédie. Ensuite sur le fond, je reste sur ma faim.</div><div>Vous faites des commentaires sur des faits, des concepts, des constats qui ne sont pas questionnés, et qui semblent donc aller de soi. Cela me fait aussitôt réagir !</div><div>A aucun moment vous n&apos;analysez ce que serait « l&apos;islamo-gauchisme », la « culture du viol », ce que vous nommez le « décolonialisme », etc... Cela paraît, à vous lire, évident. Ce sont quelquefois des débats qui ont duré des dizaines d&apos;années qui disparaissent ainsi sous l&apos;évidence. Vous dites bien à un moment qu&apos;il faudrait un vrai débat de fond, mais il n&apos;est nulle part.</div><div>Mieux,, non seulement vous commentez des évidences non problématisées, mais votre jugement de valeur est partout, substituant à l&apos;analyse une deuxième réduction à l&apos;évidence : celle de votre point de vue. Ainsi, on apprend que « l »antiracisme », le « néoféminisme » (lequel ?), « la cause LGBT »... sont seulement des « théories », pire encore, des « idéologies » qui s&apos;infiltreraient partout... Sans un mot d&apos;analyse sur ce qu&apos;est la situation des étrangers, des femmes, des homosexuels en France et sur les différents mouvements, associations, courants qui défendent le droit des étrangers souvent victimes de discriminations, le droit des femmes, le droit des homosexuels eux-mêmes victimes de nombreuses agressions en France. Si on élimine tout cela que reste-t-il de la réalité dont on est censé parler ? Les antiracismes, les féminismes, etc. ne sont pas que des idées pures, elles prennent racine dans un réel que l&apos;on ne peut laisser de côté.</div><div>Vous invoquez la neutralité axiologique de Max Weber, mais cela vaut-il pour vous-même ? Vous jugez immodérément. Au détriment de l&apos;étude de la réalité complexe et conflictuelle sur laquelle portent vos jugements. C&apos;est être très loin du terrain que de ne voir dans la défense de « la cause LGBT » qu&apos;une posture idéologique.</div><div>Prenons un autre exemple de ces jugements hâtifs. Selon vous, l&apos;expression « culture du viol » est ridicule. Mais d&apos;où sort-elle ? Qu&apos;est-ce qu&apos;elle signifie ? Même dans un exposé relativement court vous auriez pu répondre à ces questions, car sans y répondre on parle de quoi ?</div><div>La « culture du viol » est aujourd&apos;hui une expression mise en avant par des antiféministes pour suggérer que les féministes tiennent des propos déraisonnables, délirants et qu&apos;elles sont bien ces militantes extrémistes et hystériques dénoncées un peu partout. Mais d&apos;où vient ce terme ? En France, du livre de Valérie Rey-Robert : « Une culture du viol à la française » (Libertalia, 2019). Ce n&apos;est nullement l&apos;ouvrage d&apos;une féministe échevelée lançant des accusations délirantes, mais une étude sociologique précise et sérieusement argumentée.</div><div>Entre 50 et 80000 viols ou tentatives de viols, des centaines de milliers d&apos;agressions sexuelles en tout genre sont répertoriés en France chaque année... ce phénomène massif demande à être expliqué. Valérie Rey-Robert montre qu&apos;il ne peut s&apos;expliquer que par l&apos;existence d&apos;une mentalité, une « culture » beaucoup plus large que celle des délinquants sexuels incriminés par la justice, une culture banalisant les agressions « ordinaires » du quotidien, une mentalité sexiste...</div><div>Rien de délirant dans ces considérations. On peut toujours chercher à contester ces thèses en répondant aux arguments énoncés, mais se servir de la formule « culture du viol », sortie de son contexte, pour rééditer la vieille accusation d&apos;extrémisme et d’irrationalité portée contre les féministes est un acte de propagande : de propagande antiféministe.</div><div>En reprenant ces jugements sans analyse critique, on sert (« non intentionnellement », pour reprendre votre expression) cette propagande.</div><div>Pour ce qui est de « l&apos;islamo-gauchisme », l&apos;absence de distance critique et d&apos;analyse, est tout aussi fâcheuse. Un terme de combat destiné à discréditer ses adversaires idéologiques (les pamphlets de Pierre-André Taguieff, aussitôt suivis par de nombreux propagandistes, dans bien des cas totalement ignorants de ces questions) est brandi comme un fait avéré. Mais pour lui attribuer la dignité d&apos;un fait, il faudrait d&apos;abord vérifier que ces pamphlets sont des modèles d&apos;objectivité, qu&apos;ils n&apos;ont jamais été rigoureusement réfutés, que l&apos;action des « gauchistes » favorisent effectivement l&apos;islamisme, que ces « gauchistes », porteurs d&apos;une idéologie unique, existent...</div><div>Il n&apos;y a pas d&apos;évidences moins évidentes que ce genre de termes. Les reprendre tels quels, c&apos;est reproduire les discours dominants sans les questionner. Tant de magazines, d&apos;émissions de télévision, d&apos;idéologues le font ! Il n&apos;est pas nécessaire d&apos;y ajouter une encyclopédie de plus.</div><div>Tout au contraire, une encyclopédie riche de plusieurs voix, susceptible d&apos;encourager l&apos;approfondissement critique, aurait vraiment un rôle à jouer en cette période troublée. J&apos;espère qu&apos;après ce qui me semble être un faux pas, elle en prendra le chemin. Bonne continuation !<br /><br /><strong>Réponse de M Merchier</strong></div><div></div><div>Merci M Koulberg de votre commentaire<br /><br /></div><div>Pour satisfaire votre « faim », il me faudrait publier un véritable ouvrage ! Certes, je ne « questionne » pas tous les faits ni tous les concepts que j’utilise. Cela ne peut se faire dans le cadre d’un article général, dans lequel il y a forcément des références allusives. Il n’est d’ailleurs pas possible de faire autrement, et vous ne faites pas autrement vous-mêmes, en pratiquant également le jugement de valeur sans démonstration : le livre de Valérie Rey-Robert, correspondant à vos préférences idéologiques, est pour vous un authentique travail de sociologue, mais celui de Pierre-André Taguieff, qui n’y correspond pas, est un pamphlet. </div><div>Il me faudrait répondre point par point aux objections que vous formulez. Mon objectif dans cet article n’était pas d’argumenter pour toutes les déclinaisons de cette culture « woke », mais de montrer qu’elles forment un ensemble, et que l’on sous-estime son importance dans la mesure où elle s’imprime en profondeur dans les représentations, et cela dès l’école, ce que je me propose d’analyser dans de futurs articles, mais, rassurez-vous, ailleurs que dans l’eccap ou sa lettre d’information.</div><div>Plutôt que d’aller plus avant dans une vaine polémique, je vais tirer les leçons de cette discordance, qui m’oppose, je l’admets, à beaucoup d’autres contributeurs de l’eccap, y compris à son co-responsable et fondateur, que vous connaissez bien. </div><div>Il semble bien qu’ici, comme dans le débat public, une ligne de démarcation se renforce au fil du temps, jusqu’à devenir un véritable clivage, supplantant la vieille division droite/gauche, et divisant profondément des gens qui pourtant combattent ensemble le néolibéralisme.</div><div>Les raisons de ce paradoxe restent à analyser en profondeur. Là encore, c’est un chantier auquel je compte bien participer. En attendant, voici quelques raisons pour lesquelles j’ai « choisi mon camp », et que mon chemin va se séparer de celui de l’eccap, résolvant ainsi le trouble qu’ont pu susciter certains de mes textes, chez ceux qui participent ou adhèrent à la démarche de cette encyclopédie en ligne.</div><div>La société dont je rêve est une société du dialogue  le dialogue, c’est accepter le débat avec ceux qui ne sont pas d’accord : or de quel côté sont les empêchements de conférences, les pièces de théâtre interdites ? Les professeurs mis à l’index et désignés à la vindicte, comme à Grenoble ? Vous souhaitez une encyclopédie « riche de plusieurs voix »  mais apparemment à condition que ces voix soient d’accord sur tout, (et je me demande ce qu’est alors « l’approfondissement critique » ?) puisque vous considérez que mon article est un « faux pas », et souhaitez qu’il ne se reproduise plus (à savoir que je disparaisse de l’eccap).</div><div>La société dont je rêve est celle dans laquelle le « vivre ensemble » fonctionne « vraiment », c’est-à-dire dans laquelle des gens différents se côtoient, dialoguent, se « mélangent » oserais-je même dire. Je ne peux donc admettre des réunions « non mixtes » sexuellement ou racialement. Je ne peux admettre les « safe space » dans lequels on se réfugie entre gens qui pensent de la même façon. Plus globalement j’ai la conviction qu’il faut combattre l’orientation générale vers le communautarisme, et qu’il faut défendre notre République laïque qui offre un modèle unique au monde et exemplaire de ce vivre-ensemble.</div><div>Le présupposé implicite de ces comportements collectifs que je réprouve, c’est le déni de toute capacité d’empathie de l’être humain. Je suis offensé, je suis blessé quand on considère qu’un homme ne peut pas comprendre les violences que subit une femme. « L’inhumanité infligée à l’autre détruit l’humanité en moi. » disait Kant. Je ressens cela quand tout humain subit des violences, quelle que soit sa race, son sexe, son âge, et subis moi-même comme une agression le fait qu’on puisse en douter. Que seule une femme puisse défendre les femmes, qu’un « non blanc » puisse défendre les « non blancs », qu’un musulman puisse défendre les musulmans, qu’un descendant d’un peuple colonisé puisse mettre en cause la colonisation, qu’un homosexuel puisse défendre un homosexuel est une régression terrible. </div><div>Je réprouve l’ordre moral que cette idéologie est en train d’imposer. La police du langage, les mots interdits, l’évacuation de la caricature, de la moquerie, de l’humour – par incapacité de pratiquer le « second degré » - l’obligation de pratiquer l’auto-censure en permanence dans l’espace pubic (et donc privé puisqu’il n’y a plus de frontière entre les deux). Ordre moral étouffant qui conduit à évacuer de l’histoire tout ce qui ne s’y conforme pas, en déboulonnant les statues et en rebaptisant les noms de rue, en revisitant les contes pour enfants et en transformant des œuvres littéraires. </div><div>Je réprouve l’auto-dénigrement collectif que cet ordre moral encourage, la repentance obligée face aux heures sombres de notre passé. L’effondrement de l’histoire à l’école y est lié, comme l’a bien vu Charles Peguy : « une société qui n’enseigne pas est une société qui ne s’aime pas  qui ne s’estime pas  et tel est le cas de la société moderne. ». Comment maintenir un consensus social, comment donner l’envie aux immigrants de s’intégrer dans de telles conditions ? Certes ces heures sombres existent  il est légitime de les étudier, de les regretter, de nous mettre en garde collectivement contre leur éventuel retour. Mais il faut aussi les assumer, et ne pas en faire un fardeau de culpabilité reposant à jamais sur nos épaules et celles de nos enfants.</div><div>Les gens de ma génération, à laquelle appartiennent la plupart des contributeurs de l’eccap, devraient prendre conscience de la gravité de ce moment, et ont à mon avis le devoir de mettre en garde les plus jeunes contre les dérives de cette idéologie du « woke », plutôt que de se mettre paresseusement « dans le sens du vent » (« être dans le vent est un destin de feuille morte » comme a dit Jean Guitton), de chercher par de multiples « accommodements » intellectuels à garder leur contact, en feignant de « comprendre » et même « d’approuver » tous leurs errements, de peur sans doute d’être rejeté et disqualifié en tant que « boomer ». Parce que nous avons connu d’autres époques, et vécu d’autres épreuves, nous sommes mieux placés pour apprécier les dérives de celles-ci. Mais je sais que je ne serai pas entendu ici.<br /><br /></div><div>Maurice Merchier</div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DebatKoulbergMerchierAProposDeLaLettre4">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2021-02-06" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N44DemocratiesMenacees01022021" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 05:33:00" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N44DemocratiesMenacees01022021"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Démocraties menacées </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N44DemocratiesMenacees01022021" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>06/02/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Démocraties menacées </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Souvent, ce sont des petits événements, des hasards parfois, qui font basculer l’histoire. Le 19 brumaire 1799, par exemple, la réussite du coup d’Etat fomenté par Napoléon Bonaparte ne tient qu’à un fil. Les députés sont à Saint-Cloud, où ils ont été déplacés  ils refusent d’appliquer les volontés du futur Empereur, et veulent le mettre hors la loi. Celui-ci demande aux grenadiers de faire évacuer la salle dans laquelle siège le Conseil des cinq cents. Mais les soldats hésitent : survient alors le « coup de théâtre » (au sens propre !) : Lucien, le frère, pointe son épée sur le cœur de Napoléon : « je jure de percer le sein de cet homme s’il tente de porter atteinte aux libertés des Français ». Alors les grenadiers impressionnés entrent dans la salle, et les députés s’enfuient piteusement par les fenêtres… Le coup d’Etat a réussi.<br /><br />Le 6 janvier 2021, Donald Trump a également préparé un coup d’Etat. Il avait ses appuis  le mardi 10 novembre, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo avait affirmé « il y aura une transition en douceur vers une seconde administration Trump ». Des policiers chargés de protéger le Capitole étaient en fait prêts à faciliter l’opération. Il s’appuyait surtout sur des troupes hétéroclites qu’il avait chauffées à blanc par des salves de tweets  Qanon, communauté d’illuminés shootés à la théorie du complot, des militants néonazis, d’anciens membres du Ku Klux Klan, des Proud Boys, groupe violent antisémite et anti immigrants. Il avait son financement, il avait son plan, et il a essayé de l’appliquer. Il a échoué. Mais il faut avoir conscience qu’il y a eu ce même moment d’incertitude où tout peut basculer, où tout « ne tient qu’à un fil »<br />.<br />Le Vice-Président Mike Pence était un de ses fervents partisans, se montrait d’une parfaite docilité, et usait volontiers de la flagornerie : «Vous avez restauré la crédibilité américaine sur la scène mondiale (…) Vous avez libéré l’énergie américaine. Vous avez suscité dans ce pays un optimisme sans précédent. (…) Je suis juste - profondément honoré, en tant que votre vice-président, d’être en mesure d’être ici.» affirmait-il ainsi le 10 décembre. Il suivait le Président dans son refus de reconnaître la défaite. Une «pièce maîtresse » du dispositif, donc. Trump exerçait une forte pression sur lui : «J’espère que notre grand vice-président ne nous décevra pas. C’est un type formidable, mais s’il nous déçoit, je l’aimerai moins.» avait-il lancé en meeting en Géorgie.<br /><br />Le 6 janvier commence la session plénière du Congrès, c&apos;est la cérémonie du comptage des voix. C’est alors, vers 2 heures de l’après-midi, que la foule déchaînée envahit le Capitole. La séance est interrompue. Un peu comme en France lors du 19 brumaire, des députés s’enfuient, par des tunnels cette fois  certains se réfugient dans d’autres pièces, ou se couchent sous les travées. C’est le moment critique  on aurait pu croire que Mike Pence s’enfuirait aussi, et/ou qu’il refuserait de rouvrir la séance. Que se serait-il passé alors ? Il est tout à fait probable que Trump aurait repris le pouvoir, conformément à ses plans fous. Il aurait suffi de pas grand-chose… Mais Mike Pence choisit la constitution plutôt que Trump. «Nous reprenons le vote ce soir, dit-il, les voyous ne gagneront pas.» A 18 heures, le Congrès reprend ses travaux. Le coup d’état a échoué.<br /><br />Ce qui aurait pu se passer aux Etats-Unis pourrait un jour se passer en France. Les conditions qui ont rendu cela possible là-bas sont également réunies ici, avec peut-être un décalage de quelques années. L’explosion des inégalités, les déchirures sociales, la montée des populismes. Mais surtout le bouleversement de l’information…..<br /><br />Dans « notre jeunesse », Charles Peguy parle des effets de la modernité  « Ainsi dans le monde moderne tout est moderne, (...) C’est ainsi que quand il y a une éclipse, tout le monde est à l’ombre. (…) On fait beaucoup de bruit d’un certain modernisme intellectuel qui n’est pas même une hérésie, qui est une sorte de pauvreté intellectuelle moderne, un résidu, une lie, un fond de cuve, un bas de cuvée, un fond de tonneau, un appauvrissement intellectuel moderne à l’usage des modernes des anciennes grandes hérésies… »<br /><br />Aujourd’hui aussi, « il y a une éclipse, tout le monde est à l’ombre ». Le « modernisme intellectuel », c’est l’internet, ce sont les réseaux par lesquels depuis une dizaine d’année déjà se fabrique une grande part de l’information des individus. Ces réseaux qui rendent possibles les « vérités alternatives », qui rendent possibles l’invention de faits virtuels, et qui donc rendent impossible la démocratie, qui a besoin, au minimum, que les citoyens s’accordent sur les faits. Les dirigeants des GAFAM acquièrent de ce fait un véritable pouvoir politique, car de simples hébergeurs, les réseaux sont devenus éditeurs de contenus. La suppression des comptes de Trump est l’illustration spectaculaire de ce pouvoir exorbitant. Un changement de cap, pour ce qui est de la simple défense de la démocratie, implique une reprise en main publique du contrôle des mécanismes de formation de l’opinion<br />Pour fonctionner correctement, et même pour seulement exister, la démocratie a besoin que ses acteurs – les représentants du peuple - disposent de la confiance des citoyens  or la classe politique est elle aussi l’objet d’une énorme crise de confiance. Elle a besoin que ses institutions soient valorisées, voire sacralisées  or elles sont constamment remises en cause, par la base, mais parfois par les représentants eux-mêmes, et le recours à des « innovations » comme les Conventions ou autres mini-Collectifs tirés au sort renforce implicitement cette dévalorisation.<br /><br />Nous le savons maintenant  « la fin de l’histoire » comme on a pu le croire en lisant Francis Fukuyama dans les années 90, n’est pas l’accomplissement de la démocratie, mais la lente dérive vers la « démocrature », ou la « démocratie illibérale »… En invoquant Périclès, nous préparons le sacre d’un Erdogan. Selon les résultats d’un sondage Harris Interactive le président de la République Emmanuel Macron n’obtiendrait que 52 % des suffrages en cas de duel face à la présidente du RN Marine Le Pen (48 %) au second tour de la présidentielle 2022.</div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N44DemocratiesMenacees01022021">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2021-03-28" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N48DeQuoiLaBlockchainEstElleLeNom" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 05:09:17" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N48DeQuoiLaBlockchainEstElleLeNom"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              De quoi la blockchain est-elle le nom ?  </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N48DeQuoiLaBlockchainEstElleLeNom" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>28/03/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">De quoi la blockchain est-elle le nom ?  </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Les cryptomonnaies, bitcoin en tête, s’imposent peu à peu dans nos espaces monétaires. La blockchain, technologie numérique à base d’algorithmes, en assure la sécurité  du moins l’affirme-t-on. Cela s’accompagne d’un discours à consonance libertaire rappelant celui de la Silicon Valley aux débuts de l’informatique de masse. Un gourou plus ou moins mythique a inventé le bitcoin ([1]). </div><div><br /></div><div>Quelques geeks illuminés bricolent des ordinateurs dans leurs hangars ou leurs garages pour « miner » la nouvelle monnaie. L’absence totale d’intermédiaires est invoquée comme un pied de nez aux institutions, et à la classe des gouvernants. La mise à l’écart des banques lui confère une apparence anti-capitaliste, et la circulation sans entraves à travers les frontières est une façon pour tous les gars du monde de se donner numériquement la main. Le défi au système est tel que les partisans des cryptomonnaies n’hésitent pas à les invoquer en tant que valeurs refuges, de nature à supplanter l’or, contre les incertitudes des grandes monnaies internationales.<br /><br /></div><div>Une telle présentation occulte la réalité de ces innovations. D’abord, elle est plus que discrète sur les conditions aberrantes, du point de vue dépense d’énergie et dommages environnementaux (émission considérable de chaleur, nécessitant des dispositifs de refroidissement) de la production de ces pseudo-monnaies. Elles renforcent le pouvoir des GAFA, et des opérateurs internet, puisque c’est bien sur les réseaux existants que se font les transactions. PayPal a intégré le bitcoin comme moyen de paiement international en octobre 2020, et des fonds d’investissement comme Fidelity s’y intéressent. Ce discours valorisant masque aussi les seules vraies motivations des participants : la recherche du gain, avec l’espoir de plus-values exorbitantes, attisé par les considérables fluctuations du cours de ces cryptomonnaies  et cela dans des conditions parfaitement inégalitaires, l’essentiel des transactions étant concentré dans un très petit nombre d’opérateurs.<br /><br /></div><div>En fait de contestation du capitalisme, c’est de sa consolidation, ou de sa régénération dont il faudrait parler. Et la réelle défiance envers les institutions, et singulièrement envers les systèmes monétaires et les grandes monnaies mondiales, n’est pas porteuse d’une utopie révolutionnaire, mais plutôt de ce qu’on pourrait qualifier de populisme monétaire. La défiance envers les élites et envers les institutions est le trait commun de tous les populismes. Or, la monnaie requiert, quasiment par définition, la confiance  et en même temps la construit. Par les liens horizontaux et verticaux qu’elle opère, elle est un bien public, contribuant à « faire société », ainsi que le rappellent Michel Aglietta et Natacha Valla dans un livre récent ([2]). L’effacement de la monnaie adossée à des banques centrales en assurant la régulation serait une vraie menace pour l’ordre social.<br /><br /></div><div>Il est vrai que ce qui se passe depuis quelques années sur le front des grandes monnaies offre de quoi alimenter cette défiance. La question de la dette pose un redoutable défi à l’ordre monétaire. Début février, près de cent cinquante économistes, dont Thomas Piketty, ont signé un appel à l’annulation des dettes détenues par la banque centrale européenne. Certes, une telle opération est techniquement possible sans que personne ne soit lésé. Par la pratique intense du quantitative easing, depuis plusieurs années, la BCE a massivement racheté sur le marché financier des dettes souveraines, c’est-à-dire des titres émis par les Etats, dont, bien-sûr, l’Etat français, injectant en contrepartie d’énormes liquidités dans l’économie. Les Etats, par leurs banques centrales, étant actionnaires de la BCE, ils sont à la fois débiteurs et créanciers de cette partie de la dette. Il est donc possible de l’annuler. Le problème n’est pas technique ou économique, mais symbolique  c’est que justement, c’est cette confiance nécessaire du corps social dans les institutions monétaires qui risquerait d’en pâtir. C’est pourquoi une telle mesure relèverait plutôt de ce populisme monétaire, et serait au fond un encouragement à une transition vers des monnaies « automatiques ».<br /><br /></div><div>En fait, on assiste à la résurgence contemporaine d’une vieille utopie, née au XIXème siècle avec les théories libérales, celle le d’un capitalisme autorégulé, sans Etat. Les nouvelles technologies du numérique lui donnent une nouvelle jeunesse  Saint Simon rêvait de remplacer le gouvernement des hommes par l’administration des choses  les algorithmes vont peut-être permettre d’en faire notre réalité. Aucune société ne peut fonctionner sans un minimum de confiance. L’ordre politique ne parvient plus à l’assurer  mais la blokchain advient miraculeusement pour instaurer une confiance artificielle  celle d’une chaîne de blocs d’information reliés les uns aux autres, et dupliqués sur un très grand nombre d’ordinateurs, avec des cryptages tels qu’il n’est pas possible d’en modifier le moindre élément sans bloquer l’ensemble. Cette technique pourrait fonctionner dans un grand nombre de domaines de droit privé, ou commercial, ou public. On met déjà en œuvre des « smart contracts », c’est-à-dire des contrats s’accomplissant de façon automatique et irrévocable. Bref, cela peut fortement contribuer à l’instauration d’une société évacuant l’homme en tant que responsable et maître de notre destin collectif. C’est-à-dire en le transformant purement et simplement en robot.</div><div></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Satoshi Nakamoto, pseudonyme sous lequel se dissimulent plusieurs personnes, en février 2009<br />[2] Michel Aglietta et Natacha Valla, le futur de la monnaie, Odile Jacob, février 2021</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N48DeQuoiLaBlockchainEstElleLeNom">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-04-11" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N25EviterLErreurDAiguillage1042020" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 05:52:19" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N25EviterLErreurDAiguillage1042020"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Eviter l&apos;erreur d&apos;aiguillage </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N25EviterLErreurDAiguillage1042020" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>11/04/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Eviter l&apos;erreur d&apos;aiguillage </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Un leitmotiv s’impose : “rien ne sera jamais comme avant”. Il y a pléthore d’articles sur ce thème. </div><div>Le Président l’a affirmé dès le début de la crise, ajoutant Il nous faudra interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour ». Il y a pourtant lieu d’être fortement sceptique sur les chances d’un véritable changement de s’imposer. Par contre, il y a tout à craindre que son inverse, « tout sera comme avant » s’impose sous le déguisement de la «disruption ». Comment éviter cette erreur d’aiguillage ? </div><div><strong>Quelles raisons font craindre que rien ne va changer ?</strong> L’économisme de certains responsables au plus haut niveau, à commencer par celui du Président des Etats-Unis, fait que le souci de l’économie l’emporte sur celui de la santé, et sur celui des ravages du coronavirus. Ainsi, lundi 23 mars, Larry Kudlow, son conseiller économique, affirmait « nous ne pouvons pas fermer l’économie. Le coût est trop lourd pour les individus ». Trump surenchérissait : « Nous n’allons pas laisser cela se transformer en un problème financier de longue durée ». La hiérarchie des préoccupations est claire. ([1])<br />Malgré le fiasco de la théorie de l’efficience des marchés financiers en 2008, une grande partie des économistes restent convaincus que les mécanismes de marché sont pertinents pour résoudre n’importe quel problème, et pour obtenir l’indispensable infléchissement des comportements. Ainsi, Jean Tirole, prix Nobel d’économie 2014, tout en dénonçant le court-termisme et en affirmant la nécessité de changement, écrit discrètement « Cependant, nos efforts depuis trente ans pour changer la norme sociale en matière de climat sans introduire d’incitations financières suffisantes ont été vains » ([2]) Cette orientation vers des remèdes puisés dans l’arsenal du libéralisme classique semble déjà amorcée en France avec les toutes récentes ordonnances offrant aux entreprises toute latitude concernant le temps de travail, le chômage partiel et les congés payés…<br />Un autre facteur très puissant s’oppose à de véritables changements : le «solutionnisme», courant de pensée né dans la Silicon Valley, soutenant que tous les problèmes environnementaux ou sociaux peuvent être résolus par l’usage des nouvelles technologies. C’est également une prétention au changement, mais dans une direction qui ne mène qu’à l’impasse. Certes, ces nouvelles technologies sont d’un grand secours dans la crise actuelle  l’application Covidom est utile, des masques sont rapidement fabriqués grâce à l’impression 3D, Google aide financièrement les institutions de santé et les PME, et évidemment la sociabilité numérique se substitue aux relations sociales ordinaires. Mais ces « solutions » sont – en se situant dans le long terme – en même temps des causes de la désintégration du monde et de nos sociétés ([3])<br />De ce point de vue, l’organisation du travail, mais aussi les modalités de la communication sociale dans son ensemble pendant la période de confinement pourraient être prises pour les prototypes de ce qu’elles seront à l’avenir, voire être pérennisées. Les entreprises géantes du numérique pèseront lourdement en ce sens. Ainsi Luc Ferry, dans Le Monde du 27 mars écrit : « Je prends aussi le pari que l’avenir montrera vite que cette crise ne changera au final que très peu de choses. Certes, elle touchera durement des personnes et des entreprises, pas le système de la mondialisation libérale que consacre au contraire la logique des Gafa: jamais smartphones et tablettes n’ont autant servi !».<br />La pesanteur la plus forte s’opposant à l’orientation vers des changements réels vient du corps social lui-même. Bruno Latour écrit : « dans la mutation écologique : cette fois-ci, l’agent pathogène dont la virulence terrible a modifié les conditions d’existence de tous les habitants de la planète, ce n’est pas du tout le virus, ce sont les humains ! »([4]). L’intense et constant conditionnement par cette idéologie portée par ces maîtres du monde, diffusée par tout le système médiatique/numérique, à commencer par le tsunami publicitaire permanent, transforme le citoyen en homo numericus, addict aux nouvelles technologies de l’information. Si son attitude politique ne se borne pas à l’abstention, son vote aura toutes les chances de conforter les thuriféraires de cette nouvelle utopie techniciste. </div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>Les grandes pistes d’un véritable changement de cap</strong> </div><div>Toute l’ambition de notre encyclopédie du changement de cap est d’essayer d’esquisser les directions d’un véritable changement. Il faut absolument imposer – pour commencer - à nos gouvernants les orientations suivantes : <strong>Opérer une véritable dé-globalisation</strong>. Le terme « globalisation » est ici préféré à « mondialisation », mais peu importe les termes. Il est urgent de réorganiser les échanges sur une base territoriale à taille humaine, et de restaurer l’autonomie de ces espaces en ce qui concerne les produits de première nécessité, énergétiques ou stratégiques. Tout a été dit sur la nécessité d’en revenir à des circuits couts concernant l’alimentation.<br />Cela ne consistera pas en une clôture systématique des frontières, mais en une adaptation de l’échelle pertinente des espaces géographiques selon les produits. Cette échelle ira du local au mondial, en passant par la nation et l’Europe, et devra être le résultat de décisions politiques, au lieu d’être soumis aux seules lois des marchés.<br />II en ira de même des flux culturels  il ne faut pas renoncer à la richesse de la confrontation des idées, des informations, des œuvres d’art, des expériences de métissage culturel, et des cultures en général à l’échelle de la planète  mais il faut se délivrer de l’hégémonie des industries culturelles dont l’épicentre est aux Etats-Unis. </div><div><br /></div><div><strong>Amorcer la dé-marchandisation du monde</strong> La soumission générale de toutes les activités humaines à la logique du marché, qui est à la base du néolibéralisme est définitivement et spectaculairement disqualifiée avec cette pandémie, à commencer par la santé  la désintégration du système hospitalier par l’application de la logique financière à sa gestion en est le premier exemple tragique. Pour refaire société, il faut aussi délivrer du cancer marchand un certain nombre de secteurs, en tête desquels se trouvent le sport, l’art, l’information, la culture…<br />Sortir de la logique des marchés, c’est aussi introduire dans les décisions politiques (notamment locales) des critères comme la beauté de l’environnement, ou le respect du silence. </div><div><br /></div><div><strong>Opérer pour cela des processus de déprivatisation</strong>De tels objectifs impliquent de substituer à la propriété privée d’autres formes d’organisation de la production, de façon peut-être révisable, avec des modalités variables adaptées à chaque secteur. La restauration de services publics puissants et efficaces est impérative.<br />Il faudra étendre le champ de l’économie sociale, favoriser la vie associative ([5])</div><div><br />Trouver de nouvelles formules pour mettre en application l’idée des « biens communs », qu’il conviendra de définir démocratiquement.(6)<br />Ces orientations doivent être le produit de débats dans lesquelles s’engagent tous les citoyens, ce qui implique aussi une réflexion sur le bon fonctionnement de la démocratie. Car il est impensable d’imposer cet indispensable changement de cap par la coercition. Il nous faut absolument pour cela gagner d’abord le combat de l’hégémonie culturelle, pour le dire en termes gramsciens  ou, plus sobrement, en un mot : convaincre. Maurice Merchier<br /><br /><br />[1]« Coronavirus : les Etats-Unis paniquent face à leur économie en chute libre » Arnaud Leparmentier Le Monde du 24 mars 2020<br />[2] « Allons-nous enfin apprendre notre leçon ? » Jean Tirole, Le Monde 25 mars 2010<br />[3] Voir lettre d’information de l’eccap n°=21: <a href="https://eccap.fr/article/lasvegascapitale/5e5964e6d98b05001511628c">Las Vegas, capitale de la mystification</a> 31/01/2020<br />[4] « La crise sanitaire incite à se préparer à la mutation climatique » Bruno Latour, Le Monde 25 mars<br />[5] « <a href="https://eccap.fr/article/undefined/5d1717583b07b300144bda10">Le modèle des associations gestionnaires est il terminé</a> ? » Philippe Langevin, et <a href="https://eccap.fr/article/lassociationdelhistoirealactualite/5e7485fed85e3300150c201b">l&apos;association de l&apos;histoire à l&apos;actualité</a> Jean-Louis Laville dans l&apos;ECCAP[6] <a href="https://eccap.fr/article/revolution-du-xxieme-siecle-le-commun-pour-sortir-de-la-societe-de-marche/5b46a3fcfb5df6001410feec">Révolution du XXIème siècle ? Le commun pour sortir de la société de marché</a> Guy Roustang dans l&apos;ECCAP</div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N25EviterLErreurDAiguillage1042020">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2018-09-13" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="FinanceEtSoutenabiliteDeLideologieALu" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,une_autre_economie" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-08-06 18:16:56" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_FinanceEtSoutenabiliteDeLideologieALu"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Finance et soutenabilité : de l’idéologie à l’utopie d&apos;après Thomas Lagoarde-Segot et Bernard Paranque </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_FinanceEtSoutenabiliteDeLideologieALu" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>13/09/2018</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Finance et soutenabilité : de l’idéologie à l’utopie d&apos;après Thomas Lagoarde-Segot et Bernard Paranque </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_autre_economie">
                      Repenser la science économique 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <ul><li><i><b>Ce texte est le compte-rendu par Maurice Merchier d’un article rédigé par Thomas Lagoarde-Segot et Bernard Paranque à paraître dans la Revue de Philosophie Economique (décembre 2018) sous le titre « Finance et soutenabilité : quelle Utopie ? »</b></i></li></ul><div><br /></div><div>Pour parvenir à décarboner l’économie mondiale et maintenir l’augmentation de la température de la terre autour de 2°C, il est impératif de ré-encastrer l’activité financière dans l’économique, et cette dernière dans le social. Il ne faut pas percevoir la nature comme extérieure à nous : nous y appartenons. Il faut réorganiser les structures économiques selon une éthique du vivre ensemble fondée sur l’équité.<br />Cela se heurte à deux obstacles majeurs :<br />-   Les contraintes que fait peser la financiarisation des activités économiques sur les organisations et les sociétés. La finance a pris une importance considérable depuis une trentaine d’années, échappant largement aux régulateurs.</div><div>-    le développement de la finance académique a largement contribué à façonner le comportement des acteurs et le système juridico-technique dans lequel ils opèrent. La recherche de l’utilité individuelle devient le paradigme dominant des comportements. De ce fait, une redéfinition des normes et des outils utilisés par la profession financière, nécessiterait au préalable une refondation des représentations dans lesquelles sont imbriqués les acteurs. La théorie qui prévaut est celle qui affirme qu’à long terme la<br />maximisation de la valeur actionnariale permet d’atteindre le bien-être social.<br /><br />Il faut d’abord dévoiler les axiomes occultés sur lesquels s’appuient les acteurs. Il s’agit de « démasquer l’idéologie derrière la science » afin d’ouvrir un espace pour le renouvellement des théories et des pratiques de la finance. Passer à un autre régime d’échange financier implique de changer le lien social, et pour commencer de définir un espace social à l’intérieur duquel de multiples expérimentations basées sur une autre éthique permettront de desserrer l’étreinte de ce système financier.<br /><br /></div><div>La théorie de Paul Ricœur nous en montre le chemin : le maintien de la liberté humaine nécessite d’équilibrer l’imaginaire culturel en faisant dialoguer les forces mentales de conservation de l’ordre établi (l’«idéologie ») avec des forces de changement (l’ « utopie »). Il est ainsi possible de « nous extirper » de l’idéologie financière en la regardant de l’extérieur, depuis un « ailleurs » que nous intitulons la finance comme commun.<br /><br /></div><div>Nous imaginons ainsi un système où le taux de rémunération du capital - et donc son temps d’immobilisation - serait reconnecté au temps long des projets des communautés humaines, et où la liquidité et le crédit seraient gérés sur la base d’anticipation co-élaborées et co-pilotées dans le cadre d’une « Arène des choix collectifs », elle-même connectée au système bancaire. Ce projet s’incarne d’ores et déjà dans de multiples expérimentations internationales offrant des espaces d’actions solidaires. La consolidation de ces différentes initiatives en une «utopie » unique pourrait alors contribuer au nécessaire rééquilibrage de l’imaginaire culturel financier.<br /><br /><h3><strong>La financiarisation comme système de pouvoir</strong></h3><br /></div><div>Les pays occidentaux, puis la plupart des pays émergents, ont à partir des années 1980 engagé de profondes réformes de leurs systèmes financiers, en abandonnant leur pilotage au marché. La déréglementation et la libéralisation, les privatisations ont été mises en œuvre à l’échelle mondiale. Couplée au développement des capacités de calcul, de telles réformes furent suivies d’un essor phénoménal de la taille des marchés financiers, de l’accélération des transactions, de la complexification des produits financiers. <br /><br /></div><div>Ces mutations ont affecté les relations de pouvoirs entre États et territoires. Les centres de décisions se sont concentrés dans 5 métropoles gérant 50% des actifs mondiaux (Pékin, New York, Tokyo, Paris et Londres), les dix plus grandes bourses représentent 83% des échanges mondiaux, et les intermédiaires financiers des grandes places financières détiennent 40% de la valeur des multinationales.<br /><br /></div><div>La sphère financière et la sphère réelle partagent une même logique de performance financière à court terme, ce qui conduit à l’hypertrophie du secteur financier, la stagnation des salaires réels, la montée de l’endettement privé, et la hausse de la fragilité systémique. <br /><br /></div><div>Un ensemble d’études empiriques menées dans les pays industrialisés indique ainsi que la relation unissant la finance et la croissance économique prendrait la forme d’un U inversé, pour trois raisons :<br />· Premièrement, un développement financier excessif induit une mauvaise allocation des ressources humaines et financières, ce qui se traduit par une moindre croissance de la productivité des facteurs de production.</div><div>·    Les exigences de rentabilité financière de court terme induisent des choix managériaux (tels que les rachats par les entreprises de leurs actions pour en faire monter la valeur en bourse) qui amoindrissent les taux d’investissement dans le secteur réel. </div><div>·  Les secteurs financiers les plus développés sont soumis à des épisodes de crise plus fréquents et plus sévères, ces crises étant généralement associées à des récessions.<br /><br /></div><div>Enfin, ces modifications se font également sentir au sein des entreprises. La financiarisation produit une transformation de la gouvernance des entreprises, et les rend dépendantes des marchés financiers en vertu de la généralisation du principe managérial de « maximisation de la valeur actionnariale ». A la diversification des activités dans une logique conglomérale a succédé le recentrage sur un métier. Avec l’affirmation que seuls les actionnaires étaient légitimes, la société a été de fait réduite à un actif financier. Le développement conjoint du marché des fusions et acquisitions, l’accumulation capitalistique, l’adoption de la comptabilité<i> fair-value (</i>ou « juste valeur », qui revient à intégrer les mouvements spéculatifs dans l’estimation des résultats de l’entreprise), le fonctionnement du marché du travail aboutissent à une économie de rente, et à la déconnexion entre la<br />rémunération des grands dirigeants et la performance économique.<br /><br /></div><div>Cela s’accompagne de narratifs mettant en valeur la responsabilité individuelle, la prise de risque et l’importance de «l’éducation financière ». La relation débiteur-créditeur devient la forme dominante des relations sociales. Les individus sont transformés en sujets financiers.<br /><br /><h3><strong>Théorie financière et financiarisation</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>La scientificité des travaux des théoriciens de la finance n’est qu’une apparence  des thèses incompatibles entre elles sont reconnues par l’attribution du prix Nobel à leurs auteurs, ce qui n’est pas imaginable pour les sciences dures. Surtout, le choix du Prix Nobel – en fait « prix de la banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel » - est organisé par une Banque Centrale, et est de ce fait marqué par les représentations des acteurs du système financier. La finance académique est ainsi entre science et idéologie.<br /><br /></div><div>Cette idéologie est certes nécessaire pour assurer la cohésion du groupe et la cohérence des décisions  mais les analyses s’inscrivent dans le paradigme néoclassique, réduisant les décisions collectives aux processus de maximisation de l’utilité de l’agent individuel, négligeant ainsi de nombreuses dimensions cachées tenant aux rapports sociaux et aux phénomènes de pouvoir. Or, l’échange marchand n’est qu’une des modalités parmi d’autres de la circulation au sein d’une, ou entre communautés, comme le don, la réciprocité, ou l’échange non marchand.<br /><br /></div><div>La « rationalité » de la théorie financière contribue donc à façonner les rapports sociaux, notamment par le jeu de la formation dans les départements d’économie et les;business schools. Par les images qu’il véhicule, le langage financier circonscrit le périmètre de l’action humaine, excluant ses effets indésirables.<br /><br /></div><div>Ce langage exclut également toute valeur sociale qui ne s’exprime pas en valeur monétaire, qui elle-même se réduit à la part du revenu capté par les capitalistes. Ce qui revient à postuler la coïncidence entre l’intérêt des actionnaires et l’intérêt général.<br /><br /></div><div><h3><strong>Idéologie et imaginaire culturel</strong><br /><strong></strong></h3><br /></div><div>Selon Paul Bicœur, l’imaginaire culturel se situe dans un cadre à la fois intégrateur, et à la fois critique. Dans une acception culturaliste, l’idéologie, par les symboles qu’elle véhicule, contribue à la préservation de l’identité d’un groupe social. Dans une définition critique, elle donne à voir aux acteurs la réalité des rapports sociaux dans lesquels ils sont impliqués.<br /><br /></div><div>L’idéologie, tournée vers le passé, a pour fonction de légitimer ce qui est  elle est d’essence conservatrice. L’utopie, tournée vers l’avenir, permet de repenser la réalité dans un autre cadre. Sa distorsion est celle de la fuite de cette réalité, alors que celle de l’idéologie est sa dissimulation.<br /><br />Ce jeu de l’imaginaire, dans ses dimensions positives et négatives, offre un cadre pour « guérir » la théorie financière de ses travers idéologiques. <br /><br /></div><div>Les deux qualités requises de la finance pour qu’elle soit en mesure d’assurer ses fonctions sont la liquidité, c’est-à-dire « la possibilité d’acheter n’importe quoi, n’importe quand. » ainsi que la définit Gaël Giraud (Illusion financière. Les éditions de l’Atelier, 2012 p 108)<br /><br /></div><div>La « finance comme commun;» ouvrirait une voie à l’objectif de transition écologique et sociale, en même temps qu’elle rendrait possible des modalités d’échanges non marchands. Sa régulation se ferait dans l’Arène des choix collectifs, où se retrouveraient, non seulement les représentants des autorités monétaires, mais aussi salariés, représentants du personnel, usagers, citoyens, associations de consommateurs. Ce serait le lieu de construction de la confiance.<br /><br /></div><div>« La Mutuelle d’Avenir Territorial» sera la nouvelle institution qui définit les conditions de la collecte de l’épargne et la mobilisation du crédit auprès des autres institutions financières. <br /><br /></div><div>La « finance comme commun» propose une « Révolution Copernicienne » dans l’allocation des ressources financières. Le temps nécessaire au retour sur investissement sera évalué par référence au projet social retenu. La relation d’engagement se situera alors dans le temps long.<br /><br /></div><div>Pour fonctionner, la finance comme commun nécessitera une refondation des instruments de gestion financière  un nouveau langage comptable sera nécessaire pour s’adapter au changement des régulations financières, ce qui impliquera un effort considérable de formation des métiers de la finance.<br /><br /></div><div>La Mutuelle d’Avenir Territorial émettra une monnaie locale en finançant les investissements d’entreprise permettant de créer du lien inter et intra-générationnel  (par exemple, agriculture biologique, secteur culturel, artisanat, PME/TPE, produits manufacturés de l’économie sociale et solidaire, coopératives d’investisseurs éthiques, …)<br /><br /></div><div>La monnaie locale s’échangeant contre la production d’entreprises et des produits « labellisés » (y compris les produits financiers) sur un territoire donné, son émission permettra d’augmenter la liquidité (consommation) sur ce même territoire, tout en fléchant cette liquidité vers des entreprises à impact social et écologique positif. La monnaie locale restera liée à la monnaie-ancre (l’euro) par un taux de change fixe  elle sera émise en échange de dépôts des agents (ménages, collectivités publiques, banques et entreprises)<br /><br /></div><div>Un mécanisme de compensation entre les Mutuelles d’Avenir Territoriales peut également être envisagé.<br /><br /></div><div>La confiance dans la monnaie locale sera assurée par sa convertibilité en euros, par la supervision prudentielle de la Banque Centrale, et éventuellement par la possibilité pour les entreprises de s’acquitter d’une taxe sur leur pollution dans cette monnaie. <br /><br /></div><div><h3><strong>Conclusion</strong></h3><br /></div><div>La refondation de la discipline financière proposée, dans la perspective utopique de la finance comme commun semble de nature à permettre le ré-encastrement de la finance dans l’économique, (et de l’économique dans le social). Mais il est douteux que cela soit suffisant pour assurer la nécessaire transition écologique. Il faut pour cela poser la question de l’usage du pouvoir, en promouvant de nouvelles façons d’entreprendre, de coopérer, de faire vivre les organisations.<br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?FinanceEtSoutenabiliteDeLideologieALu">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-07-23" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N6FrancaiseDesJeuxLaPlusSignificative" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 06:10:43" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N6FrancaiseDesJeuxLaPlusSignificative"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Française des jeux: la plus significative des privatisations </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N6FrancaiseDesJeuxLaPlusSignificative" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>23/07/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Française des jeux: la plus significative des privatisations </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div></div><div>Le débat est intense pour ce qui est de la privatisation d’ADP. Il est plus discret pour ce qui concerne la Française des Jeux. Pourtant, elle en dit long sur les choix éthiques et les valeurs qui sous-tendent la politique actuelle. Cette privatisation est commentée (ou critiquée) dans les mêmes termes que les autres, comme si la Française des jeux était une entreprise « comme une autre ». On évoque sa croissance, sa rentabilité, on loue la créativité de ses dirigeants… Et on occulte en même temps ce qui fait sa spécificité, à savoir la relation directe à l’argent qu’elle implique, sans médiation, sans détour, ou, en d’autres termes, la confrontation brutale à la violence de la monnaie. (pour reprendre le titre d’un ouvrage marquant de Orléan et Aglietta).<br /><br />L’espérance d’un gain considérable du seul fait du hasard stimule dans l’être humain les pulsions les plus malsaines, les plus mortifères, et contribue à alimenter la rivalité généralisée et les frustrations concomitantes qui caractérisent nos sociétés néolibérales. De plus, les jeux d’argent et les paris perturbent parfois gravement l’équilibre psychologique des rarissimes gagnants. C’est que la notion même de valeur y est malmenée. Georg Simmel, en fait l’analyse «Nous appelons précieuses les choses qui font obstacle à notre désir de les obtenir. (…) les difficultés de son obtention, le travail et l&apos;attente qui se glissent entre le souhait et son accomplissement (…) L&apos;objet désiré ne prend davantage de valeur, ou même toute sa valeur, que par la quantité de sacrifice nécessaire pour l&apos;obtenir. C&apos;est d&apos;abord le plaisir de prouver sa force, de vaincre des difficultés, souvent aussi celui de la contradiction qui s&apos;exprime dans ce processus. Le détour indispensable pour obtenir certaines choses est souvent l&apos;occasion, mais souvent aussi la cause qui nous les fait ressentir comme précieuses ».[1] Il va de soi que le gain au jeu de hasard est aux antipodes de ces conditions. Pierre Bourdieu montre de son côté l’échec du « parvenu » qui dispose de la richesse, mais pas du code social qui l’accompagne chez les « vrais » riches, autrement dit de son « mode d’emploi » transmis lors de la reproduction sociale, indispensable à la reconnaissance recherchée.<br /><br />Bref. La loterie, c’est profondément immoral, c’est scandaleusement injuste socialement. D’ailleurs, dans l’histoire, les dénonciations et les interdictions prolifèrent : A la fin du XVIIe siècle, les papes bannissent la loterie de Rome  la révolution l’interdit le 15 novembre 1793 en la qualifiant de « fléau inventé par le despotisme ». Talleyrand la pourfend :  un tel jeu est à la fois, et au plus haut degré, injuste et immoral, et qu&apos;aucun prétexte ne peut le sauver d&apos;une entière proscription   elle est proclamée illégale en 1836, sauf pour les loteries de bienfaisance  Henri de Montherlant, dans un texte paru en 1943 que m’a signalé Guy Roustang qualifie la loterie de « comble de la bêtise » et ironise sur son qualificatif «nationale».<br /><br />Pourtant, elle aussi souvent rétablie… c’est que le jeu d’argent sollicite des ressorts extrêmement puissants, tels que la puissance publique ne peut résister à la tentation de les détourner à son profit. « Les vices privés font les vertus publiques » disait Mandeville. La loterie en fournit une éclatante illustration ! En effet, il est fréquent que les joueurs soient sollicités pour servir des causes qui ne mobiliseraient en aucune façon leur civisme ! Déjà les souverains chinois se servaient de la loterie pour financer la construction de la grande muraille  François 1er veut y recourir pour renflouer ses finances, Benjamin Franklin pour acheter des canons au service de la révolution américaine, George Washington pour financer la conquête de l’Ouest, et Thomas Jefferson pour rembourser les dettes de l’Etat. Parfois, les causes servies sont indiscutablement vertueuses : des universités se financent de cette façon  en France c’est ainsi qu’est fondée en 1758 ce qui allait devenir l’école militaire de Saint-Cyr, et aux Etats Unis au XIXème siècle une cinquantaine d’universités dont Harvard,, Yale, Columbia, ou Princeton. C’est d’ailleurs un élan de solidarité qui est à l’origine de la Loterie nationale, puisque c’est une association d’anciens combattants, « les gueules cassées » qui lance en 1930 une souscription dont le succès entraîne sa fondation trois ans après. Elle devient « Française des jeux » en 1976. Le dernier exemple le plus significatif, peut-être, c’est celui que la France de Macron nous fournit : le « loto du patrimoine », dont la « mission » a été confiée à un animateur de télévision. L’antinomie radicale des valeurs sollicitées par ces deux termes n&apos;a pas été un obstacle  pire, il semble qu’elle ne soit même pas perçue. En tous cas, cela s’inscrit logiquement dans la perspective néolibérale de la marchandisation totale de la société, y compris de ses éléments culturels, et de façon générale, illustre la prédominance assumée de l’intérêt individuel sur l’intérêt collectif.<br /><br />Avec la privatisation, un nouveau cap (pas le nôtre !) est allègrement franchi. Ces douteux ressorts vont se libérer, non plus pour financer des causes publiques, mais pour assurer de juteux rapports à des entreprises privées. Cette fois, plus ambiguïté, le vice privé sert le vice privé ! Inutile d’entrer dans les arcanes du projet de loi Pacte voté le 11 avril 2019, validé pour l’essentiel par le Conseil constitutionnel le 16 mai 2019 : ses finalités sont claires. Certes, sa présentation est enrobée dans des précautions verbales : il est affirmé que la puissance publique restera vigilante, qu’une nouvelle autorité supervisera l’ensemble des jeux, que l’Etat gardera suffisamment d’actions (avec le dispositif du vote double) pour contrôler la FDJ, etc. Outre le fait que, comme chacun sait, ce type d’engagements n’engage que ceux qui y croient<a href="https://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5t7rl.html?hl=fr#_edn2">[2]</a>, la logique économique de cette privatisation est incontournable : pour qu’elle rapporte à l’Etat, il faut valoriser au maximum les actifs, afin de faire miroiter aux acheteurs potentiels des dividendes futurs alléchants, ce qui implique l’introduction probable en bourse. Pour cela, il est envisagé d’inventer de nouveaux jeux, de les rendre plus attractifs en combinant lieux physiques et internet, de permettre les paris en cours de compétition, d’alléger les contraintes réglementaires, etc. En termes simples, il s’agit de maximiser le nombre de joueurs, et de les encourager à jouer toujours plus. Pour ce qui est des risques d’addictions, de la fraude et de la corruption mécaniquement générées, de l’effet délétère des paris sur le sport  des possibilités offertes pour le blanchissement, que l’on se rassure, l’Etat veille…. Les addictions au jeu font partie du dispositif général de prise en charge, comme pour la drogue ou l’alcool. Un plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 a été validé par le Premier ministre en décembre 2018. Il y est question de prévention, de repérage précoce, de renforcement des interdictions concernant la jeunesse, mais surtout de développement d’une politique médicale d’accompagnement et de développement de l’addictologie. Autrement dit, un peu de répression, de morale, et surtout de médicalisation du problème. Pour bien comprendre l’absurdité de l’ensemble, imaginons que l’on encourage les achats d’automobile (ce que font d’ailleurs les marques, ne lésinant pas sur la publicité), qu’on incite les conducteurs à rouler toujours plus, toujours plus vite, en supprimant toutes les entraves (limitations de vitesse, radars, etc), et que la sécurité routière soit orientée vers l’efficacité des secours, l’augmentation du nombre d’ambulances, l’amélioration du service d’accueil dans les hôpitaux, et dans les morgues, pour les familles des accidentés. Le cap vers lequel se dirige la politique néolibérale est identifié : c’est celui de la folie.<br /><br />En attendant, ce que Polanyi a analysé concernant le capitalisme autorégulé au XIXème, à savoir la catastrophe sociale que constitue la marchandisation généralisée entraînant la destruction des repères culturels de la société, est clairement en train de se reproduire aujourd’hui : cet exemple de la privatisation de la Française des jeux est une illustration spectaculaire de la contradiction entre les choix économiques et les valeurs fondamentales qui sont nécessaires à l’équilibre de la société.</div><div></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />[1] Georg Simmel, philosophie de l’argent PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE 3e édition (8 janvier 2014)<br />[2] On se souvient des assurances données par Sarkozy que l’entreprise publique GDF ne sera jamais privatisée elle est devenue GDF-Suez, puis Engie, dont l’Etat ne détient plus qu’un quart du capital.        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N6FrancaiseDesJeuxLaPlusSignificative">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2019-12-25" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N18HorsSerieLaVoieDEdgarMorin25122" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,une_democratie_pour_vivre_ensemble,reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 05:57:11" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N18HorsSerieLaVoieDEdgarMorin25122"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Hors série - La voie d&apos;Edgar Morin </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N18HorsSerieLaVoieDEdgarMorin25122" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>25/12/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Hors série - La voie d&apos;Edgar Morin </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><strong>Nous avons eu le plaisir de recevoir, en commentaire de notre lettre d’information, un message d’Edgar Morin. Il nous rappelle sa contribution à la recherche d’une autre voie, notamment dans </strong><strong>Politique de civilisation,</strong><strong> et </strong><strong>Terre Patrie</strong><strong>, et nous invite à utiliser son travail dans notre encyclopédie, qui, écrit-il « </strong><strong>correspond totalement à ce que je pense </strong><strong>». Il nous rappelle aussi la nécessité de «</strong><strong> penser autrement</strong><strong> » évoquant ses apports en la matière, notamment dans «</strong><strong> Les sept savoirs nécessaires à l&apos;éducation du futur</strong><strong> ». [1] Ce livre a été rédigé à la demande de l’UNESCO, et a été soumis à de nombreuses personnalités universitaires ou fonctionnaires internationaux « </strong><strong>de l’Est et de l’Ouest, du Nord et du Sud</strong><strong> » dont une vingtaine sont cités nommément. E.Morin écrit dans l’Avant-Propos : « </strong><strong>Nelson Vallejo-Gomez a été chargé par l’Unesco de retenir et d’intégrer leurs commentaires et propositions, et il a formulé ses propres apports. Le texte ainsi remanié a été agréé par moi-même </strong><strong>»<br />Ce petit livre d’E.Morin cité parmi bien d’autres est une ouverture vers le monde. Bien sûr, la très française ECCAP n’oublie pas que «</strong><a href="https://eccap.fr/article/identite-francaise-et-universalisme/5b46a3fcfb5df6001410fed3"><strong>L’universalisme fait partie de l’identité française</strong><strong> </strong></a><strong>» pour reprendre le titre de l’un de nos articles.<br />Maurice Merchier, pour assurer Edgar Morin de l’importance que sa pensée a pour nous, et de l’influence qu’elle a sur de très nombreux passeurs de savoir, évoque ici son itinéraire personnel, et montre comment Edgar Morin y a exercé une influence déterminante.<br />Guy Roustang</strong><br /><br /><br /><h3><strong>Sur la voie d’Edgar Morin</strong></h3>1981. Les socialistes s’installent au pouvoir en France  cela exacerbe l’enthousiasme de l’enseignant encore relativement jeune, que j’étais alors, et qui venait d’être nommé professeur de Sciences Sociales en classes préparatoires. Ayant à cœur d’être un peu moins indigne de cette nouvelle fonction, je ressentis alors l’urgence de combler quelques-unes de mes nombreuses lacunes.Or, 1981, c’est aussi la date de parution d’un livre d’Edgar Morin « Pour sortir du XXème siècle ». Il répondait à merveille à ma quête d’un maximum d’ouvertures condensé en un nombre raisonnable de pages. C’est tout un paysage intellectuel nouveau que je découvrais grâce à cet ouvrage, en même temps qu’un grand nombre d’auteurs dont à l’époque j’ignorais parfois jusqu’à l’existence. Il me donnait surtout un modèle de raisonnement, et me faisait prendre conscience de toutes sortes d’exigences nécessaires pour mieux comprendre le monde. Dès le premier chapitre de ce livre, une simple anecdote (et bien-sûr le traitement qui en est fait) m’ouvrait comme un nouvel horizon et me marquait à tel point que je l’ai adoptée, et en use encore parfois dans mes prestations de retraité actif, 38 ans après.En voici le résumé : Un motoriste est renversé par une automobile. Edgar Morin raconte qu’il en a été le témoin, qu’il a aidé la victime avec l’intention de témoigner en sa faveur, avant qu’il ne lui soit démontré que c’est au contraire lui, le motoriste, qui est responsable de l’accident, étant passé au feu rouge. Cela fournit l’illustration de l’idée développée ensuite, celle de « la composante hallucinatoire de la perception ». L’émotion met la raison en échec  le fait se déforme alors et se plie aux attentes mentales de l’observateur, désirant y voir « le gros contre le petit », le premier étant tenu comme forcément responsable….<br />Ce chapitre fut comme un déclic  si vraiment nos perceptions « concrètes » peuvent ainsi être biaisées par notre vision du monde, qu’en est-il de nos idées, de nos convictions, de nos connaissances dans le sens le plus large ? Ainsi était tracée la voie sur laquelle je m’engageais résolument : celle de la construction lente d’une pensée (modeste, et jamais totalement achevée) se mettant en permanence en garde contre elle-même, et s’efforçant de tenir compte des recommandations de la méthode. Cette voie serpentait entre des cimes, celles qu’Edgar Morin fut souvent le premier à me faire apercevoir dans ce livre, puis dans d’autres : Kuhn et sa théorie des révolutions scientifiques, Lakatos, Feyerabend et son anarchisme épistémologique, Castoriadis et son institution imaginaire de la société, Thom et sa théorie des catastrophes, etc…<br />Cette voie était aussi balisée par les argumentaires dénonçant la clôture sur elles-mêmes des disciplines universitaires traditionnelles, et en appelant à la transdisciplinarité, ou à l’interdisciplinarité, blindant ainsi des convictions employées un peu plus tard à participer à la défense d’une certaine conception des Sciences Economiques et Sociales en lycée, et des Sciences Sociales en classes préparatoires.<br />Bien d’autres aspects de l’œuvre d’Edgar Morin ont ainsi tracé l’itinéraire sur lequel s’est construite la pensée du professeur qui écrit ces lignes, qui elle-même, du moins je l’espère, a pu – au moins partiellement - servir de repère aux jeunes esprits en formation ayant traversé ses classes. Il ne fait aucun doute que bien d’autres parcours intellectuels ont été marqués de la même façon.<br /><br />Aujourd’hui, les catastrophes vers lesquelles s’achemine l’humanité, et dont <a href="https://eccap.fr/">l’avant-propos de l’ECCAP</a> fait un bref inventaire, conduisent à un pessimisme lourd, rendant crédible une approche collapsologique. C’est précisément ce à quoi répond la voie, cette fois tracée dans le livre d&apos;Edgar Morin paru en 2011 qui porte ce nom. On y trouve en deuxième partie, un chapitre sur la réforme de la pensée, et un autre sur la réforme de l’éducation. Il y aborde, encore et toujours, la question de la crise de la connaissance, constatant que – faute de cette (vraie) réforme – notre système éducatif produit surtout de l’ignorance, notre mode de pensée restant mutilé par le réductionnisme, le binarisme, le manichéisme, et une conception tronquée de la causalité, …<br />Rien d’étonnant, de ce fait, à la dévalorisation de la notion même de vérité, submergée par les fake news, et dominée par le débridement généralisé des émotions, exacerbées par la logique des médias, et de la communication à l’ère numérique. La composante hallucinatoire, loin d’être cantonnée à la perception, a au contraire rompu toutes les digues, et a contaminé de larges sphères de la pensée de beaucoup de nos contemporains, au point de devenir une sorte de norme valorisée  elle gangrène de ce fait une bonne partie du débat public.<br /><br />Nous ne nous sortirons des terribles défis du temps qu’en commençant par opérer cette réforme de la pensée, passant de façon incontournable par l’école, par la politique culturelle, et par la mise en cause des mécanismes sociaux de la formation des opinions. Cela fait aussi partie des objectifs de notre encyclopédie du changement de cap. La pensée d’Edgar Morin nous y aide.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Edgar Morin. Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur. Points-Essais, Ed du Seuil</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N18HorsSerieLaVoieDEdgarMorin25122">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-11-22" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="IlFautChangerDeCap" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,quel_capitalisme_en_crise" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-08 11:59:11" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_IlFautChangerDeCap"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Il faut changer de cap </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_IlFautChangerDeCap" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>22/11/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Il faut changer de cap </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema quel_capitalisme_en_crise">
                      Capitalisme(s) en crise  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    Il faut changer de cap. Notre monde s’enfonce toujours plus dans une crise de civilisation qui risque à terme de lui être fatal. Changer de cap implique d’abord qu’émerge dans les consciences d’une très grande majorité de nos contemporains cet impératif. Certes, l’énumération des composantes de cette crise est répétée partout jusqu’à se faire litanie : le réchauffement climatique, l’effondrement de la biodiversité, le défi démographique, la menace du terrorisme islamique, le repli identitaire, l’érection de murs symboliques ou réels séparant les communautés, les tentations populistes et nationalistes, le délitement du lien social, la défiance généralisée envers les politiciens, le discrédit de la démocratie représentative, etc. Mais en même temps, la faillite de l’enseignement, le délabrement de l’information, la diversion médiatique, la confusion des débats et l’irresponsabilité des jeux politiques font qu’une grande masse de nos contemporains ont plutôt tendance à se détourner de ces enjeux collectifs, à se bricoler quelque abri pour eux-mêmes et leurs proches, à y fermer portes et fenêtres pour ne pas voir le monde s’effondrer, en y substituant grands et petits écrans diffusant en continu le nouvel opium du peuple que constitue le divertissement sous ses multiples formes, et d’user encore de ces nouvelles technologies pour saturer leur temps libre et leurs pensées de pseudo-communications débilitantes. Cette nouvelle forme d’individualisme radical consistant à fuir le « vrai » monde est exacerbée par la révolution technologique que nous vivons, et dont de nouvelles élites organisent le déploiement à grande échelle. Comme le dit Eric Dupin, « brique après brique immatérielle, Google construit littéralement un univers parallèle au sein même de l’Internet. Cette planète numérique n’est rien d’autre, en définitive, que l’ombre informationnelle intégrale de notre terre et de ses savoirs depuis la nuit des temps. » Nouveau visage de la société du spectacle que dénonçait Guy Debord, ou encore version high tech de la caverne de Platon, nos représentations s’enferment dans ce monde artificiel que ses nouveaux maîtres, depuis la Silicon Valley, avec l’immense troupe de leurs alliés intéressés à ses retombées marchandes, réussissent à imposer comme le seul, évident et éternel. La prodigieuse force de ce pseudo-monde est d’y enfermer tous les ressorts de l’action humaine, de capter toutes les forces du corps et de l’esprit, d’offrir des objectifs aux énergies, aux imaginations, aux inventivités, des critères aux réussites collectives et individuelles, de prétendre trouver des solutions aux grands défis évoqués plus haut, de récupérer à son profit les grands projets, et même les forces de contestation. Pour le dire simplement, ce prétendu monde nouveau engendre un imaginaire et des comportements de masse qui le nourrissent, le renforcent et l’étendent. Ce qui caractérise enfin notre nouvelle terre-patrie 2.0, et qui découle mécaniquement de sa configuration, c’est sa dimension totalement marchande. Il n’en est point un atome qui ne se mesure en argent. Chaque initiative recèle une arrière-pensée mercantile, chaque communication véhicule en même temps une sollicitation commerciale, et les grandes marques exploitent à leur profit toutes les ressources et toutes les valeurs des nouvelles technologies de la communication. L’omniprésence de la publicité est telle que par accoutumance elle n’est même plus perçue, et imbibe les cerveaux de la même façon que des particules toxiques empoisonnent l’air que l’on respire. La question qui se pose est, plus que jamais, celle du « que faire ? ». Au fur et à mesure que s’accomplit ce qu’on ose encore parfois qualifier de « progrès », la maîtrise de ces changements nous échappe. Le fonctionnement ordinaire de la démocratie semble tourner à vide, la classe politique est toujours plus discréditée, et la citoyenneté s’étiole dans la mesure inverse du taux d’abstention aux élections. En fait, avec le recours à l’intelligence artificielle, il semble que de plus en plus, ce soit aux humains qu’échappent tous les pouvoirs. Les décisions en matière de finances, de gestion des villes et des entreprises, et même de la vie domestique, avec les smartphones et les objets connectés, sont prises par des algorithmes que personne ne maîtrise vraiment, y compris ceux qui les ont créés. Nous sommes embarqués dans un train fou, dont la cabine du conducteur est vide. Là encore les thuriféraires des nouvelles technologies en attendent le salut, en invoquant les ressources de l’internet en matière de démocratie, censées se concrétiser dans les « Civic Tech ». Là encore, il ne s’agit que de simulacres s’inscrivant dans la société du spectacle. L’internaute pseudo-citoyen pétitionnaire multirécidiviste en ligne n’a pas plus de pouvoir sur le cours des choses que l’enfant manipulant son volant dans la voiture du manège n’en a sur sa trajectoire. Changer de cap est donc une nécessité, mais en même temps un défi colossal. Comme Ulysse incapable de résister au chant des sirènes, beaucoup de citoyens honnêtes et généreux, y compris parmi les intellectuels, convaincus de la gravité de notre crise, et sincèrement désireux de sortir nos sociétés de leurs ornières, cèdent aux sortilèges de cette société du simulacre et aux fausses promesses du solutionnisme technologique qu’a dénoncé Evgeny Morozov. Entendons-nous bien. Il ne s’agit pas de verser à l’excès dans la technophobie, ni de renoncer aux facilités que nous offre cette révolution. Jacques Ellul affirmait « ce n’est pas la technique qui nous asservit aujourd’hui mais le sacré transféré à la technique ». C’est bien de cela dont il s’agit : le caractère quasi-religieux de la foi dans les nouvelles technologies fait que la nécessité de s’y soumettre acquiert la force du dogme. L’antienne de nos politiques de tous bords est que nous changeons DE monde, et qu’il faut nous y adapter. Nous proposons ici d’en revenir à la perspective humaniste, portée par plusieurs courants dans l’histoire encore récente : celle de changer LE monde, en fonction de valeurs et d’idéaux que nous nous choisissons.        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?IlFautChangerDeCap">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2023-06-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LaDerealisationDuMondeOuLeSyndromeDeDo" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_representative_en_question" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-15 10:28:48" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_LaDerealisationDuMondeOuLeSyndromeDeDo"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              La déréalisation du monde, ou le syndrome de Don Quichotte </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_LaDerealisationDuMondeOuLeSyndromeDeDo" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/06/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">La déréalisation du monde, ou le syndrome de Don Quichotte </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_representative_en_question">
                      Une démocratie représentative en question 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <br /><p>La réalité, le présent, l’avenir surtout sont plus que sombres… Aux angoisses métaphysiques éternelles (nous sommes des êtres mortels, limités, particuliers, etc) qui produisent depuis toujours, ainsi que le déplorait Pascal, une fuite vers le divertissement, s’ajoutent celles de l’époque.</p>    <p>Le défi climatique, environnemental, la crise de l’énergie, les projets de psychopathes dangereux car puissants qui nous préparent l’humanité augmentée, les dangers de l’intelligence artificielle, tout cela se combine avec la marchandisation croissante de la société, et enfin l’orientation vers la généralisation de la société de surveillance sur le modèle chinois (le projet de loi sur les jeux olympiques de 2024 en France en offre des prémices). Est-il nécessaire de rappeler qu’à tout cela vient s’ajouter la guerre, et les risques croissants d’embrasement du monde..</p>    <p>C’est pourtant bien dans la même galaxie que, lorsqu’on interroge nos contemporains en leur demandant s’ils sont heureux, et voient leur propre avenir avec optimisme, on obtient des chiffres impressionnants. Selon une enquête publiée en novembre 2021 par Elabe, l’Institut Montaigne en partenariat avec la SNCF et franceinfo, 78% des Français se déclarent heureux et 57% des Français envisagent leur avenir personnel avec optimisme<strong>. </strong>Ces chiffres sont respectivement en hausse de cinq et dix points par rapport à l’année 2018.</p>    <p>Comment interpréter ce paradoxe, sinon par le fait que la plupart ne voient plus la réalité telle qu’elle est, mais telle qu’ils l’hallucinent? Mais aussi que ces hallucinations sont – parfois volontairement –produites par le système capitaliste, et singulièrement par sa version néolibérale dans laquelle nous vivons.</p>    <p>Daniel Bell <a href="#_edn1">[1]</a> avait déjà montré que le capitalisme produisait des comportements incompatibles avec les valeurs et croyances traditionnelles, et se retournait en quelque sorte contre la culture qui l’a engendré. Par exemple, l’épargne, une vertu traditionnelle (« la cigale et la fourmi;»;!) , entre en collision avec l’invention du crédit à la consommation, qui permet d’accéder à la jouissance de l’objet, avant l’effort d’abstinence nécessaire pour se le procurer. Nous sommes à l’ère de la surconsommation. D’ailleurs l’épargne n’est plus encouragée par les pouvoirs publics; on constate au contraire la récurrente tentation de sanctionner fiscalement les gros épargnants.</p>    <p>Polanyi a montré <a href="#_edn2">[2]</a> que l’encastrement de la société dans l’économie , caractéristique du capitalisme, conduisait à des catastrophes sociales.</p>    <p>En fait, les injonctions contradictoires sont permanentes;; notamment entre les communications des pouvoirs publics, en matière de santé et d’énergie notamment, et la publicité. D’un côté le covoiturage, le vélo, les transports en commun, de l’autre des agences de tourisme invitant aux voyages lointains, et les constructeurs automobiles suggérant la puissance de leurs modèles… On pourrait multiplier les exemples.. Ce jeudi 25 mai encore, notre ministre Bruno Le Maire exaltait à Point-à-Pitre l’extension du grand port maritime de la Guadeloupe en stigmatisant la décroissance, et en incitant à développer les transports. On oppose en chacun le consommateur et le citoyen; notre société est devenue une machine à fabriquer de la schizophrénie.</p>    <p>On peut penser qu’on ne peut résoudre ces contradictions que par la fuite. Fuite dans les paradis artificiels ou le suicide, au pire, mais plus généralement fuite dans la fiction, solution la plus facile pour échapper à la folie. Mais dans une fiction qui ne se présente pas comme telle, mais au contraire tient lieu de réalité. Il se fait qu’en plus, l’évolution de nos technologies facilite considérablement cette bascule mentale en dehors de la réalité. .</p>    <p>Charles Péguy avait pressenti cette propension à sortir de la réalité, en affirmant « Il faut toujours dire ce que l&apos;on voit. Surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l&apos;on voit.</p>    <p>Dans son ouvrage « le réel et son double;», <a href="#_edn3">[3]</a> Clément Rosset évoquait la possibilité de cette transposition radicale, avec quelques exemples littéraires à l’appui.</p>    <p>Molière d’abord. . Le misanthrope voit bien que Célimène est une cocotte  mais il est aveugle, il n’accorde pas ses actes à sa perception.</p>    <p>Dans la pièce « Boubouroche;» de Courteline, le personnage portant ce nom surprend sa femme en flagrant délit d’adultère, mais refuse en quelque sorte d’admettre la situation, et accepte une explication invraisemblable de son épouse, détournant ensuite sa colère sur un voisin.</p>    <p>Proust, dans la recherche, nous donne deux autres exemples : Dans un amour de Swann<strong>, </strong>Swann donne de l’argent à Odett<strong>e</strong>, mais refuse de voir que c’est une femme entretenue  il distingue la femme aimée et la femme payée. Plus loin dans la recherche, Saint-Loup, un ami du narrateur aime Rachel; or celle-ci est une ancienne prostituée; elle est un moment apostrophée par d’anciennes « poules;» la connaissant; Saint-Loup n’en tient aucun compte.</p>    <p>Mais le plus instructif reste Don Quichotte.. Don Quichotte s’est fabriqué une réalité alternative, comme on dit maintenant, en dévorant tous les livres de chevalerie de son époque. Puis il s’est lancé sur les routes, avec son écuyer Sancho Panza, en transposant toutes les visions de la réalité pour les intégrer à son univers mental.</p>    <p>L’épisode des moulins à vent pris pour des géants à combattre est connu; mais cela fonctionne en permanence; une hôtellerie est vue comme un château, avec ses tourelles et ses chapiteaux, les filles perdues qui s’y trouvent sont de belles demoiselles. Dans la poussière, des troupeaux de moutons se transforment en armées, et le vin des outres transpercées devient le sang de géants terrassés. Mais c’est surtout la transformation d’une paysanne très ordinaire en Dulcinée « plus haute Princesse de la terre;» qui est exemplaire. Jamais ce ne sont de pures hallucinations, mais il y a toujours un composé subtil d’éléments réels et de fabrication imaginaire. Et face aux évidences éventuelles se mettent en marche des processus de rationalisation qui permettent de persister dans l’irréel : pour Don Quichotte, c’est l’enchanteur Frestron qui le persécute, et lui trouble les sens, en l’empêchant de voir la vérité, à savoir celle de son monde enchanté, de lui faire voir par exemple une pauvre paysanne à la place de Dulcinée..</p>    <p>De tels personnages existent dans la réalité contemporaine. Liz Truzz, première ministre britannique pendant six semaines, annonçait le 20 octobre 2022 sa démission. Fascinée dès l’enfance par Margaret Thatcher; petite fille âgée de sept ans, elle a joué le personnage de Margaret Thatcher dans une pièce de théâtre à l&apos;école. ;Elle s’habille comme elle, se fait photographier dans les mêmes postures, très souvent. Ses déclarations, puis son programme sont calqués sur le modèle de son idole… mais en complet décalage avec son époque, son échec est cuisant.</p>    <p>Le modèle s’applique aussi peut-être à Poutine, si on accepte l’hypothèse (crédible) qu’il est sincère. Son fantasme se construit à partir d’images de la grande Russie tsariste, et il se voit comme une réincarnation de Pierre le Grand, et produit les catastrophes que l’on sait.</p>    <p>Au-delà de phénomènes individuels que l’on pourrait qualifier de pathologiques, ce syndrome de Don Quichotte est quelque chose qui concerne en fait la très grande majorité de nos contemporains. Sans aller, comme l’évêque Berkeley au XVIIIème siècle, jusqu’à douter de l’existence de la réalité matérielle, il faut prendre conscience que non seulement, le monde extérieur n’est perçu qu’à travers nos perceptions, mais aussi que ces perceptions sont en même temps – plus que des reconstructions - des constructions de nos cerveaux. De plus, ces visions des choses et des gens de ce monde nous proviennent, dans leur immense majorité, à travers ces miroirs déformants que sont les écrans, petits ou grands. Ainsi, avec le développement des nouvelles technologies de la communication, la distance entre nos imaginaires et la réalité se creuse de façon inexorable, et les comportements que ces imaginaires induisent sont de moins en moins compatibles avec les impératifs d’une vie sociale apaisée, de moins en moins compatibles aussi avec le débat, lui-même indispensable à la démocratie.</p>    <p>Le déni du réel peut s’expliquer de différentes façons; pour Nietzsche, (dans « par delà le bien et le mal;»), l’orgueil l’emporte sur la mémoire : « voilà ce que j’ai fait dit ma mémoire; je n’ai pu faire cela, dit mon orgueil qui reste inflexible, et finalement, c’est la mémoire qui cède;»</p>    <p>Pour Michel Onfray, il est un des traits de la décadence, du retour au cerveau reptilien pour beaucoup de nos comportements, du fait de la déficience du système éducatif et de la remise en cause de toutes les formes d’autorité.</p>    <p>La psychanalyse considère que le déni est un phénomène de défense produit par des conflits , des angoisses, des malaises auxquels le sujet ne peut faire face consciemment.</p>    <p>Les neurosciences montrent que la réalité n’est perçue que de façon parcellaire, et que sa construction implique la mobilisation de nos images mentales; les réseaux sollicités dans le cerveau sont les mêmes, qu’il s’agisse de la réalité extérieure, ou de nos représentations. De ce fait nous ne pouvons rien percevoir sans en même temps construire du sens à ces perceptions. « Au cinéma intérieur, nous sommes les auteurs du film que nous percevons. Nous sommes la caméra, nous sommes présents au montage, nous sommes le projecteur, nous sommes la salle, nous sommes les spectateurs. <a href="#_edn4">[4]</a></p>    <p>Il faut donc comprendre comment se construisent ces images mentales, comment s’élaborent nos imaginaires, qui se projettent ensuite sur la réalité</p>    <p>Parfois la réalité alternative est volontairement produite par le pouvoir politique. On se souvient des « villages Potemkine;», du nom du ministre (et amant) de Catherine II qui faisait construire des décors de villages et payait des figurants pour lui laisser croire que tout allait bien et que la Russie profonde était prospère…. Ces pratiques n’ont pas vraiment disparu avec l’URSS. Les étrangers y étaient accueillis dans des sites « vitrines;», comme Stalino (aujourd’hui Donetsk), ou Arek, complexe de vacances situé sur la côte de la mer Noire, en Crimée. Aujourd’hui encore, on peut constater la distance qu’il y a entre les défilés de la place rouge, les armes mirobolantes brandies par Poutine pour terroriser l’Occident, sous forme de maquettes et d’exemplaires, tel le char Armata ou le fameux missile Sarmate, et l’état de délabrement des forces russes en Ukraine.</p>    <p>On sait également les nombreuses ingérences russes dans les élections de pays démocratiques, comme le scandale de Cambridge Analytica en 2018, ou encore le ciblage par des pirates informatiques du parti d’Emmanuel Macron en 2017.</p>    <p>La Chine, de Mao Tsé Tung à Xi Jinping n’est pas en reste pour ce qui est des mises en scènes fallacieuses.</p>    <p>Nos démocraties ne sont pas exemptes de tentatives de manipulation de l’opinion. Des acteurs étrangers ont été accusés d&apos;ingérence dans les élections en Allemagne, en Espagne et dans d&apos;autres pays européens. Selon enquête menée par un consortium de médias appelé Forbidden Stories, “Team Jorge;» est une entreprise israélienne utilisée pour des dizaines d’élections, notamment en Afrique.</p>    <p>C’est en même temps souvent par la voie de la théorie, philosophique, historique ou sociale que se construisent les dénis de réalité.</p>    <p>Sans parler des religions, beaucoup de théories sont devenues des dogmes, considérant que la réalité empirique n’est qu’une fallacieuse et trompeuse trace d’une vérité qui se trouve précisément dans la doctrine..</p>    <p>En affirmant, dans le manifeste du parti communiste, que toute l’histoire était l’histoire de la lutte des classes, le marxisme imposait une grille d’analyse de toute la réalité économique et sociale. Les difficultés de l’école, la domination masculine, le retard du tiers monde, les mauvaises conditions de travail, etc. tout s’expliquait par la domination de la bourgeoisie sur le prolétariat, et la nationalisation des moyens de production était ;le remède universel.</p>    <p>Dans le sillage du marxisme se sont développées d’autres théories holistes, comme le structuralisme, avant qu’on n’en revienne à des analyses prenant mieux en compte la réalité empirique, (comme celles d’Alain Touraine qui vient de disparaître), ou tenant de l’individualisme méthodologique, comme celles de Raymond Boudon.</p>    <p>[...]</p>    <p>Le schéma est toujours le même; la réalité empirique doit se conformer à la vérité, celle qui est dans la théorie, et elle pèse peu par rapport aux enjeux politiques ou universitaire qui amènent les acteurs à y jouer leur propre avenir.</p>    <p>La construction sociale de la réalité passe aujourd’hui, pour la plupart de nos contemporains, par de nouveaux moyens d’information et de communication, qui sont l’équivalent de ce qu’étaient les livres de chevalerie pour Don Quichotte.</p>    <p>Parfois de façon flagrante; les « bidonnages» en matière de presse écrite, (certains sont avérés au Spiegel en 2018, et dans le New York Time), comme dans l’audio-visuel ne sont pas rares..(des images de la destruction du barrage ukrainien d
 Kakhovka, les 5 et 6 juin, relayées par ;BFMTV et France 2 datent en fait de novembre 2022 ) De ce fait la confiance dans ces médias diminue et de plus en plus de personnes sont dans l’évitement de l’information (36% en 2023 contre 21% en 2017).</p>    <p>Mais il faut surtout évoquer le temps énorme passé devant les séries : 55 minutes par jour en moyenne pour les français (selon une étude réalisée en 2019 par Médiamétrie); elles jouent un rôle énorme en matière de formation politique, et les personnages et épisodes en sont discutés, et font l’objet de prises de position et de disputes par les particuliers, et même dans certaines émissions, exactement au même titre que la réalité.</p>    <p>Les actualités dans la plupart des médias sont traitées sous l’angle du divertissement, et réciproquement, elles s’introduisent dans les émissions de variétés, brouillant encore la frontière entre la réalité et son double.</p>    <p>La confusion est telle que parfois des séries ont un effet sur le comportement d’hommes politiques; ce fut le cas pour Game of Thrones qui a été utilisé par Pablo Iglesias, leader de Podemos, mais surtout, pour l’itinéraire politique stupéfiant de Zelinski, qui a reproduit très fidèlement dans la réalité ce qu’il avait d’abord produit en fiction (« serviteur du peuple;») pour parvenir au pouvoir en s’appuyant dessus..</p>    <p>Il faut enfin mentionner l’emprise des jeux vidéos. En France il y a 58% de joueurs réguliers en 2021, 73% des Français jouent au moins occasionnellement, soit plus de 38 millions de personnes, le smartphone étant le support le plus plébiscité. Comme pour Don Quichotte, il s’agit bien d’un univers enchanté, échappatoire aux limites de la condition humaine, synergie de l’archaïsme et du développement technologique. Outre leur instrumentalisation pour certaines campagnes d’intérêt public, cela est devenu pour les jeunes le principal vecteur d’apprentissage de l’histoire. Énormément de jeux ont pour thème des grands moments de l’histoire, qui sont traités en fonction de leur intérêt marchand, plutôt que par souci de vérité historique. Les grandes batailles et les massacres font évidemment vendre mieux que les évolutions longues ou les négociations.</p>    <p>Reste évidemment le rôle des réseaux dans la formation des représentations; tout a déjà été dit sur ce sujet (voir mon article sur les réseaux). Terreau favorable à la diffusion de l’idéologie de la Silicon Valley, à la propagation des fake news et des théories complotistes.</p>    <p>Le bouquet final aurait dû être celui des métavers, qui au fond, cumulent toutes les caractéristiques des médias précédents. Certes, celui de Zuckerberg semble avoir fait long feu  mais il serait prématuré d’y voir un échec définitif. Dans le cas d’un succès, c’est alors quasiment tout ce qui se fait dans la « vraie vie » qui pourrait prendre place dans cet univers virtuel. L’échec, au moins provisoire, de cette tentative est d’ailleurs explicable parce que précisément, on retrouve dans le métavers les mêmes vicissitudes que dans la réalité (par exemple des comportements violents, du harcèlement….). Preuve que ce qui est recherché est autre chose, une fuite de la réalité, un enchantement…</p>    <p>La crise que nous traversons est certes économique, sociale, écologique, institutionnelle…mais elle est d’abord une crise de notre rapport à la réalité. Elle est d’abord une colonisation par les grandes puissances de nos imaginaires. Il n’y aura pas de véritable changement de société si on ne trouve pas le moyen de les maîtriser. L’irruption de l’intelligence artificielle pourrait nous en donner les moyens, comme elle pourrait achever de nous couper de la réalité. C’est un enjeu politique considérable. Plutôt que de continuer à travestir la réalité, il importerait maintenant de la changer.</p>    <hr class="wp-block-separator" />    <p><br /></p>         
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] les contradictions culturelles du capitalisme 1976
</p><p>[2] la grande transformation 1944
</p><p>[3] le réel et son double; essai sur l’illusion Folio essais 1993
</p><p>[4] « le cinéma intérieur, projection privée au cœur de la conscience» Lionel Naccache Odile Jacob 2020.</p><p>
</p><p>
</p><p>
</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LaDerealisationDuMondeOuLeSyndromeDeDo">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-12-31" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N42LaRegressionDuDecolonialisme010120" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 05:37:26" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N42LaRegressionDuDecolonialisme010120"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              La régression du décolonialisme </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N42LaRegressionDuDecolonialisme010120" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>31/12/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">La régression du décolonialisme </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Non, décidément, les pétitionnaires de « Pour un savoir critique et émancipateur dans la recherche et l’enseignement supérieur », répondant au « manifeste des cent » ne peuvent convaincre de l’innocuité des théories décolonialistes. Ce texte évoque les «horreurs, violence coloniale, violence sociale et formes terribles de la répression » de l’histoire de France. S’il ne s’agissait que de « mettre au jour ces oppressions » pour mieux les combattre, il n’y aurait en effet rien à y redire. Mais ces théories impliquent bien plus que cela.<br /><br />Le débat public est alimenté par de véritables déclarations de guerre des races, tendant à se substituer à la lutte des classes, qui ne mobilise plus grand monde en dehors, peut-être, de quelques rescapés du mouvement des gilets jaunes. Citons, à titre d’exemples, les affirmations et écrits de Lilian Thuram, qui soutient que « la pensée blanche » est structurellement raciste, autrement dit que tout blanc est par définition un raciste qui s’ignore, ou les positions du Parti des Indigènes de la République, et de son égérie Houria Bouteldja, pour qui blancs et noirs sont deux blocs en lutte, « la blanchité est une forteresse, tout blanc est bâtisseur de cette forteresse » ([1]).Cet antiracisme virulent est l’occasion du déploiement fréquent du sentiment d’indignation, posture de moins en moins contournable, facile et efficace, et surtout propice à être mise en spectacle : l’interruption du match PSG-Basksehir, du fait de l’emploi du terme « négro » lors d’une querelle d’arbitrage, ou l’offrande aux caméras du rite du genou à terre des footballeurs en signe de protestation contre le racisme, en sont des exemples récents.<br /><br />On peut certes soutenir que tout cela n’est que l’expression caricaturale d’un courant théorique bien plus consistant, en s’intéressant davantage aux travaux d’auteurs évoqués dans la lettre d’information 41, comme Anibal Quijano ou Ramon Grosfoguel, ou en évoquant les textes d’Aimé Césaire. Ceci dit, séparer cette écume du mouvement décolonial de ces travaux plus sophistiqués ne signifie pas non plus dédouaner ceux-ci de l’influence nocive qu’ils peuvent exercer, justement en nourrissant et en légitimant de telles dérives. Il n’y a pas plus de rupture de continuité entre ces travaux fondateurs et ces outrances contemporaines, qu’il n’y en avait entre les théories de Marx et Engels, et ce qu’on qualifiait de « communisme primaire », à savoir les propagandes et slogans des partis communistes d’antan, ou les saillies de leurs leaders.<br /><br />La critique du mouvement décolonial peut se faire sous plusieurs angles. Pour rester dans le format requis, on se contentera ici de montrer que ce mouvement pourrait aboutir à une inversion du processus de civilisation tel que l’ont théorisé les grands noms de la sociologie : Durkheim, Weber, Tönnies, Marx, Elias…. Dans les termes du premier, le mode de solidarité, c’est-à-dire le type de lien entre l’individu et la collectivité, passait du «mécanique » à « l’organique ». Cela correspond au processus d’individuation  à savoir que la sphère des représentations collectives diminue au fur et à mesure que s’étend celle des représentations, donc des différences, individuelles.<br /><br />Pour le dire autrement, c’est (au moins jusqu’à présent) une sorte de loi de l’histoire, et qui devrait être revendiquée comme progrès vers un horizon universel souhaitable, que l’individu se libère peu à peu des assignations collectives. Echapper au conformisme étouffant du village, à la coercition de la paroisse, du quartier, puis de l’habitus induit par l’appartenance sociale, libérer les esprits de toutes les pesanteurs idéologiques, de toutes les déterminations, avec, là encore à l’horizon, l’idéal philosophique de «penser par soi-même», donc savoir s’ouvrir aux autres systèmes de valeurs, aux autres civilisations, et surtout, devenir capable, individuellement comme collectivement de se voir avec le regard des autres. C’est tout cela qui est remis en cause par les théories décoloniales.<br /><br />L’idée que les mentalités sont étroitement déterminées par les séquelles du passé colonial du pays auquel on appartient, ce qui dans ce courant est qualifié de «colonialité», correspond à une nouvelle assignation, à un nouvel enfermement de la pensée, (du moins si on accepte cette assignation). C’est prétendument un facteur qui s’impose dans notre construction identitaire, c’est une nouvelle « solidarité » obligée, nous liant de façon contraignante au (massif) groupe d’appartenance, une soumission de l’individu à un autre collectif, et surtout une production de mauvaise conscience déstabilisant autant les relations sociales que le psychisme des personnes. On se souvient que, dans une perspective marxisante lourde, le fonctionnaire, et notamment, l’enseignant des années de haute pression idéologique faisait, quelques soient ses opinions, le jeu du grand capitalisme, puisqu’il était au service de l’Etat capitaliste. De la même façon, le citoyen d’aujourd’hui devrait s’auto-désigner comme coupable structurel, puisque portant les crimes et les péchés gravés dans l’histoire de son pays. En d’autres termes, il y aurait à expier « le privilège blanc » comme vient de le dire notre Président, dans une séquence de son louvoiement habituel.<br /><br />Certes, il n’est pas question d’établir de hiérarchie entre les cultures. Certes, nous avons probablement beaucoup à apprendre, et à comprendre de nos errements politiques et sociaux en observant et en étudiant d’autres civilisations, lointaines dans le temps ou dans l’espace. Il est vrai que le mouvement d’individuation évoqué produit aussi, comme Durhkeim l’a théorisé, de l’anomie, et que nos sociétés peinent à inventer d’autres modes de solidarité. Mais c’est précisément le défi que nous avons à relever : celui de recréer sur d’autres bases un lien social solide, tout en permettant la poursuite du processus d’émancipation de l’individu de toutes les pesanteurs idéologiques, religieuses ou sociales, en même temps qu’il se libère de l’aliénation consumériste dans laquelle l’enferment nos politiques néolibérales actuelles. Et il est permis de souhaiter que cet idéal s’impose en tant que valeur universelle, comme une ligne directrice traversant la diversité des cultures.</div><div><br /></div><div>(NDLR : Les propos de Maurice Merchier n&apos;engage que son auteur. Il a quitté depuis le comité d&apos;animation)</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Les Blancs, les Juifs et nous vers une politique de l’amour révolutionnaire La fabrique éditions 2016</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N42LaRegressionDuDecolonialisme010120">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-06-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N29LaRttBequilleDuProductivismeOuPo" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,questionner_le_travail" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 05:47:49" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N29LaRttBequilleDuProductivismeOuPo"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              La RTT, béquille du productivisme ou porte d&apos;un nouveau monde ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N29LaRttBequilleDuProductivismeOuPo" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/06/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">La RTT, béquille du productivisme ou porte d&apos;un nouveau monde ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema questionner_le_travail">
                      Questionner le travail et la production 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>C’est une fois encore la question de l’après Covid-19 qui est l’objet de cette lettre d’information. Rien d’étonnant puisque nous avons fait du changement de cap l’axe de nos réflexions. Nous constatons que les oppositions qui se manifestent sur le temps de travail restent pour l’essentiel internes au système productiviste. Elles sont prisonnières de la nécessité de sortir de la crise économique sans précédent que la pandémie a causée. Alors que cette crise pourrait être l’occasion de prôner un changement d’envergure qui mettrait en question le principe d’une société structurée par l’emploi et le travail [i].</div><h3><strong>Augmenter ou diminuer le temps de travail ? un clivage captif du dogme productiviste</strong></h3><div>Le clivage semble clair. D’un côté, les partisans du libéralisme économique prônent, sans surprise, l’augmentation du temps de travail. Les vieilles querelles resurgissent, à propos de l’application des 35 heures à l’hôpital et Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef, en appelait le 18 mai à « travailler plus pour gagner plus ».<br />De l’autre côté, les opposants s’expriment dans un très grand nombre de tribunes, d’appels, de pétitions qu’il serait trop long d’énumérer. Des forces du champ politique se combinent avec d’autres de la société civile pour affirmer la nécessité de sortir du néolibéralisme et en appellent à la réduction du temps de travail. Or, cette volonté de rassemblement, bien compréhensible, occulte un autre clivage tout aussi fondamental. La même revendication peut déboucher sur la sortie du productivisme ou son renforcement. Le plus souvent elle est en fait l’instrument de la restauration du système qui est dénoncé.<br /><br />L’exigence de réduction du temps de travail s’exprime très majoritairement, et même quasiment exclusivement, dans la perspective d’un retour au plein-emploi. Dans la tribune « plus jamais ça » [ii] l’objectif est clair : « du travail pour tous », « la réduction et le partage du temps de travail » et « l’interdiction du licenciement dans les entreprises qui font du profit ». Il est souhaité que « le temps de référence soit les 32 h hebdomadaires, sans perte de salaire ni flexibilisation. ». « agner en qualité de vie » est certes évoqué dans la mesure 11, mais comme une retombée positive, secondaire, sans que ne soit précisée ou approfondie cette notion de « qualité de vie ». La «création massive d’emplois» est aussi un argument renforçant la nécessité d’investissements dans la transition écologique et énergétique.<br /><br />Les expériences invoquées en matière de réduction du temps de travail sont toujours des mesures micro-économiques, mises en œuvre au niveau d’une entreprise, et ont pour objectif de gérer une situation de crise en attente de la reprise.<br />C’est dans le but de sauver plusieurs milliers d’emploi que dans les années 90 Volkswagen avait instauré la semaine de 4 jours.<br />Le Kurzarbeit, c’est-à-dire le recours au chômage partiel, pratiqué en Allemagne, et pris parfois en exemple par des forces d’opposition (Pierre Larrouturou et Nouvelle Donne) a également pour objectif d’instaurer une réduction momentanée du temps de travail, au niveau d’une entreprise, afin d’éviter d’avoir à licencier, en période de basse conjoncture.<br />Plus récemment, Microsoft a expérimenté au Japon la semaine de 4 jours pendant 5 semaines auprès de 2300 employés, et revendique une hausse de 40% de la productivité obtenus par cette mesure.<br />La défense de l’emploi se conjugue souvent avec l’exigence stratégique de relocaliser de nombreuses activités en France . «Imaginez ce qui va se passer après la crise du Covid-19 si on ne met pas des lois en place pour sauver l&apos;industrie dans notre pays!» déclare Antony Guilloteau, délégué CGT de l&apos;usine Michelin de La Roche-sur-Yon, comptant 619 emplois et qui doit fermer d&apos;ici à la fin de l&apos;année.<br /><br />Il est difficile de voir à travers ces exemples une remise en cause du modèle productiviste de nos sociétés, puisque, presque toujours, c’est justement une augmentation de la productivité qui est l’avantage attendu. La réduction du temps de travail est soit pensée comme transitoire, soit comme façon d’assurer le plein-emploi, dans un contexte de réduction de la croissance économique. Mais jamais le principe d’une société structurée par le travail et l’emploi n’est questionné. Revendiquer la réduction du temps de travail dans ces conditions est au contraire une façon de sacraliser le travail salarié dans sa logique capitaliste. Il y a une liaison logique, incontournable entre recherche des gains de productivité, augmentation des revenus, et maintien du modèle consumériste.<br />L’orientation – nécessaire - vers la transition écologique pourrait avoir pour effet pervers de renforcer cette tendance : les revenus engendrés par les investissements dans la transition écologique, dans une logique keynésienne, seront dépensés en biens de consommation, d’où l’augmentation de la pression aux gains de productivité dans les secteurs les produisant, l’utilisation accrue du télétravail, des nouvelles technologies du numériques, etc… il est possible qu’on réinvente un modèle économique plus propre et moins énergivore, en même temps qu’on renouvelle et justifie le productivisme.</div><div><br /></div><h3><strong>Réduire le temps de travail pour retrouver le temps de vivre</strong></h3><div><br /></div><div>Une façon d’exprimer ce mauvais ajustement des revendications – dans l’optique d’un véritable changement de cap - est de l’exprimer en termes de rythme de vie. La productivité est par définition la maximisation des unités produites par unité de temps. Produire beaucoup implique de produire vite. Et produire en 4 jours, ou en 32 heures la même quantité de biens et de services qu’auparavant, implique d’aller encore plus vite, en se soumettant par ailleurs au rythme qu’imposent les robots, et autres outils numériques de communication. Cette accélération permanente devient norme, et se transmet forcément à l’ensemble des activités sociales, et même aux vies privées. «L’accélération sociale est sur le point de franchir certains seuils au-delà desquels les êtres humains deviennent nécessairement aliénés non seulement par rapport à leurs actions, aux objets avec lesquels ils vivent et travaillent, à la nature, au monde social et à leur être, mais aussi par rapport au temps et à l&apos;espace. » [iii]<br /><br />C’est dans une autre optique qu’il faut revendiquer la réduction du temps de travail, en la situant dans le long terme, et en en faisant l’outil d’un véritable changement culturel. La Nouvelle-Zélande nous montre partiellement la voie  la ministre Jacinda Ardern propose la semaine de 4 jours pour relancer le tourisme dans son pays. Certes, le tourisme de masse se situe clairement dans « l’ancien monde » et nous ne la suivrons pas sur ce point. Mais ce qui est novateur est l’idée qu’il faut s’intéresser à la réduction du temps de travail non dans l’optique productiviste, mais dans celle de l’utilisation du temps libre qu’elle dégage. La création d’un ministère du temps libre, confié à André Henry en 1981, avait entraîné la risée des esprits se croyant libres, à une époque ou la confusion entre liberté et libéralisme économique se répandait. I Pourtant, avec les 39 heures, la cinquième semaine de congés payés, et la réduction de l’âge de la retraite de 65 à 60 ans, les socialistes de cette époque avaient compris que c’était bien la question du temps de non-travail qui devenait primordiale. Aujourd’hui encore, c’est autour du ministère de la culture, plutôt qu’autour des ministères de l’économie et des finances que devrait se construire l’avenir.<br /><br />Sortir du productivisme, c’est d’abord substituer la notion d’activité à celle d’emploi[iv]. C’est aussi, de façon générale, admettre qu’un même volume de production de biens et de services s’étale sur des temps plus longs, autorisant un ralentissement du rythme général de la vie économique et sociale.[v] C’est donner du temps au temps, pour reprendre encore une expression utilisée par François Mitterrand. C’est permettre de retrouver l’otium des anciens, le temps de la méditation, de la lecture approfondie, de l’ouverture à la création, à la contemplation, à l’art, à la poésie, à la beauté. Le temps aussi de l’ouverture aux autres, de la conversation, du partage des émotions esthétiques. C’est la revalorisation du temps long, de la durée  durée des objets, d’abord, mais aussi durée des institutions, des constructions législatives, des régimes politiques et des gouvernements, durée des engouements personnels, des relations affectives, des engagements associatifs, politiques ou syndicaux.<br /><br />Il semble que le covid-19 et le long confinement qui a été imposé aient permis, comme retombée positive, en ralentissant le rythme de la vie économique, d’esquisser des comportements en ce sens. C’est ce qu’il faudrait préserver  il est malheureusement à craindre que l’impératif de retour à un niveau d’emploi plus acceptable n’induise une nouvelle accélération qui éteigne définitivement cette lueur d’espoir.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[i] Voir dans l’ECCAP Guillaume Borel. Le travail instrument de domination.<br />[ii] signée par 18 responsables d&apos;organisations syndicales, associatives et environnementales parmi lesquels Philippe Martinez (CGT), Aurélie Trouvé (Attac), Jean-François Julliard (Greenpeace) et Cécile Duflot (Oxfam) publiée le vendredi 27 mars, sur franceinfo<br />[iii] Harmut Rosa, aliénation et accélération, Découverte/Poche 2014 Chapitre 14)<br />[iv] voir sur ce point dans l’ECCAP Guy Roustang, Au-delà de l’emploi quelles activités?<br />[v] voir dans l’ECCAP Renaud Vignes, qui propose l’objectif de ralentir les flux d’échanges. Le monde d’après que ferons-nous de cette épreuve</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N29LaRttBequilleDuProductivismeOuPo">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-02-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LasVegasCapitaleDeLaMystification31012" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-15 11:39:02" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_LasVegasCapitaleDeLaMystification31012"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Las Vegas, capitale de la mystification 31/01/2020 </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_LasVegasCapitaleDeLaMystification31012" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/02/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Las Vegas, capitale de la mystification 31/01/2020 </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br />Dans quelle société vivrons-nous demain ? Comment, où, et par qui se fabrique la destinée collective des générations à venir ? Le salon de la High Tech (CES) qui, comme chaque année, s’est tenu à Las Vegas début janvier est un bon lieu d’observation pour trouver des éléments de réponses à ces questions.<br /></div><div><br /></div><h3>Une adhésion religieuse au numérique</h3><div><br />Malraux aurait affirmé : « le XXIème siècle sera mystique ou ne sera pas »[1]  on pourrait mieux dire aujourd’hui « sera numérique ou ne sera pas », ce qui en un certain sens, ne l’infirme pas, car l’adhésion à ces nouvelles technologies relève davantage de l’élan religieux que de la démarche rationnelle. Nouvelle religion séculaire, ou nouvelle utopie, peu importe, mais, mais à coup sûr, il s’agit d’une nouvelle forme d’aliénation  cette idéologie est nécessaire pour balayer toute résistance sociale, écologique, ou éthique au déploiement soi-disant irréversible de ces (plus vraiment) « nouvelles » technologies, et, en l’occurrence, de la 5G.<br /><br />Ce n’est rien moins qu’un autre monde, voire d’un autre univers, (l’espace est aussi concerné ! il est dans les projets d’Elon Musk[2] de coloniser la planète Mars, et d’explorer le système solaire) qui est en train de se mettre en place. Grâce à la 5G, 1000 fois plus rapide que la 4G, le nombre de terminaux sera multiplié par 1000  des dizaines de milliards d’appareils ou d’engins en tout genre seront connectés : les voitures autonomes, les panneaux de signalisation, les robots dans les usines, les appareils électroménagers dans les cuisines, les écrans, etc… Il va de soi que la façon de produire, comme la façon de consommer, les loisirs, mais aussi l’ensemble des relations sociales, et même les façons de penser en seront affectées. En plus de l’incertitude concernant la survie de nos sociétés face au changement climatique, il n’est pas assuré que ces « disruptions » ne leur soient pas fatales, car elles mettent en cause certains équilibres fondamentaux. Or, ce changement de monde s’opère sans que l’on puisse identifier clairement qui en a pris la décision, et, évidemment, sans que l’ombre d’un débat démocratique n’ait pu le ratifier. <br /><br />Pire encore, on peut penser que personne ne l’a vraiment décidé, et que ce qui s’accomplit est un processus aveugle dont aucun acteur n’a vraiment la maîtrise. Guy Roustang, dans un article de l&apos;eccap, a montré, de façon générale, l&apos;<a href="https://eccap.fr/article/autonomiedusystemetechnique/5e31def87caebf00158fe6e1">autonomie du système technique</a>. Le big bang à l’origine de ce nouvel univers est le combat de géants qui se livre pour sa domination. C’est le moment que nous vivons. Les protagonistes principaux en sont d’un côté les GAFAM[3], de l’autre leurs équivalents chinois, les BATX[4] et, compte tenu de la dimension géostratégique des enjeux, les Etats, Etats-Unis et Chine en tête, l’Europe – et ses nations - n’y jouant qu’un rôle subsidiaire. Il s’agit de conquérir les premières positions dans la réalisation de l’architecture de ce nouveau monde. Pour cela, il faut proposer toujours plus grand, toujours plus puissant, toujours plus rapide…. Et cela équivaut à des choix irréversibles, sans que leurs implications (consommation d’énergie, effets sur le climat, sur l’environnement, risques pour la santé, conséquences sur l’organisation du travail, atteintes aux libertés fondamentales, etc)[5] n’aient vraiment été prises en considération le cas le plus typique est celui de la voiture autonome qui correspond à une fuite en avant…. dans le brouillard.</div><div><br /></div><div><h3>L&apos;effet waouh</h3><br />Certes, il est des domaines dans lesquels on peut attendre de cette dataïsation du monde, comme on commence à la nommer, des progrès incontestables. C’est le cas notamment pour la médecine, la 5G permettant les interventions médicales à distance, ou la décentralisation des soins (encore qu’on puisse rester dubitatif sur la substitution de l’écran au médecin traditionnel). Dans les « villes intelligentes » , la gestion régulée des flux viendra à bout des embouteillages, les problèmes de parking seront résolus grâce à la géolocalisation, et la consommation d’énergie s’en trouvera optimisée. On pourrait prolonger la liste de cette colonne « progrès ».<br /><br />Mais le problème est que ces applications « utiles » ne suffiront pas à absorber l’énergie du processus. Rentabiliser ces énormes investissements implique d’y trouver d’autres débouchés en aval, vers les biens de consommation. C’est précisément la raison d’être du CES de La Vegas, comme son nom l’indique « salon annuel des technologies de grande consommation ». Les infrastructures du numérique se mettent en place, mais il faut déjà penser à ces autres débouchés, donc créer de toutes pièces des besoins qui n’existent pas. Joachim Renaudin, expert du numérique, note ainsi Difficile de prédire quels services et applications seront créés par les développeurs, entrepreneurs et éditeurs de logiciels, mais ce qui est certain est qu’ils exploiteront au maximum les nouvelles possibilités techniques de la 5G. « Construisez les tuyaux, nous les remplirons», comme l’affirmait l‘investisseur spécialiste du numérique Benedict Evans en janvier 2019.(6) Plus encore : les enquêtes montrent la nette réticence des consommateurs à se tourner vers les produits de ces innovations. Alors il faut les éblouir (l’effet waouh ), et déployer toutes les ressources de l’ « influençage », euphémisme pour qualifier l’entreprise de lavage de cerveaux, (publicité intrusive, entre autres) destinée à vaincre ces réticences. Il faudra pour cela, par exemple, convaincre la population que la substitution de la réalité virtuelle par le truchement d’un casque sur les yeux est éminemment préférable à la réalité « vraie », qu’avoir la possibilité d’intervenir sur un film pour en choisir la fin est plus excitant que de prendre le risque d’être confronté à un dénouement dérangeant. Il faudra convaincre que le gain de 24 ou 48 heures dans la livraison d’une commande, grâce aux drones, est un progrès existentiel majeur, et que pouvoir commander par la voix la mise en route de nos appareils ménagers, de l’éclairage ou de la télévision, voire de déléguer cette fonction à un petit robot, ou encore de voir les rideaux s’ouvrir ou se fermer seuls sont l’accomplissement d’un monde meilleur. Convaincre encore de l’incalculable félicité procurée par le fait qu’un robot puisse apporter dans le « petit coin» le rouleau de papier toilette oublié, et de l’apport décisif au bien-être animal que permettra le dossard qui détecte l’humeur des chiens. Qu’il sera plus facile aux femmes de rire de se voir si belles dans des miroirs intelligents leur donnant des conseils de maquillage et d’habillement... La « montre molle » de Salvador Dali n’a plus rien de surréaliste, comparée aux nouveaux écrans pliants… Bref… Ce qui ressort assurément de tout cela est la réduction substantielle de la distance entre l’innovation utile et le canular, comme le démontre la patate connectée avec laquelle on peut dialoguer.<br /><br />L’élaboration du concept de voiture autonome résume à lui seul cette problématique. La 5G permet de multiplier les capteurs indispensables pour qu’elle puisse rouler en toute sécurité  mais il reste à persuader les automobilistes, ou les sociétés de location à franchir le pas. Alors, pour cela, les startupers se soucient du divertissement des futurs passagers : transformation de toutes les surfaces du véhicule en écrans, possibilités d’y projeter des films en streaming, informations en temps réel sur les monuments aperçus, etc, cela éliminant le risque d’être tenté d’entamer une conversation avec le ou les co-passagers….<br /><br />« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », selon la célèbre formule de Rabelais. On peut aujourd’hui ajouter que « technologie sans démocratie n’est que ruine de l’humanité ». <br /><br /><br /><br />[<br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>1] Selon le journaliste André Frossard. Mais l’authenticité de la formule est incertaine[2] Patron et fondateur de SpaceX
</p><p>[3] Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft
</p><p>[4] Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi
</p><p>[5] L’Agence de sécurité sanitaire a remis un rapport préliminaire le 27 janvier, dans lequel elle note « un manque important voire à une absence de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires potentiels liés aux fréquences autour de 3,5 GHz». D’autre part, dans un appel lancé en septembre 2017, 260 chercheurs et médecins en appellent à un moratoire sur le déploiement de cette technologie. Enfin, d’autres chercheurs mettent en garde contre l’hyperconsommation numérique et énergivore entrant en contradiction avec l’impératif d’atténuation du changement climatique.(6) La révolution de la 5G nous réserve une hyperconsommation numérique énergivore Le Monde 19 novembre 2019</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LasVegasCapitaleDeLaMystification31012">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-12-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N40LeComplotismeProduitDuVideDeSens" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 05:40:19" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N40LeComplotismeProduitDuVideDeSens"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Le complotisme, produit du vide de sens </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N40LeComplotismeProduitDuVideDeSens" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/12/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Le complotisme, produit du vide de sens </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Le documentaire « hold-up », mis en ligne le 11 novembre, a été visionné par plus de 2 millions et demi de personnes, et il est fort probable qu’il a suscité l’approbation d’une très grande majorité d’entre eux. Il a été qualifié de « complotiste » par tous les commentateurs des médias, et des grands journaux, dont beaucoup en ont démonté les mécanismes et dénoncé les nombreuses erreurs et incohérences. ([1]) Des personnalités y ayant participé (Philippe Douste-Blazy, Monique Pinçon Charlot) s’en sont désolidarisés, et l’institut Pasteur, mis en cause, a déposé une plainte.<br />Sa thèse centrale – pour aller vite - est que le gouvernement a menti sur tout ce qui concerne la pandémie de Covid-19, (l’origine de l’épidémie, les masques, l’hydroxychloroquine, les vaccins, etc), afin de cacher le projet de quelques hommes d’affaires, et de quelques personnalités (John D. Rockefeller, Jacques Attali, Bill Gates…) d’établir leur dictature, et d’instaurer une société d’obéissance absolue, grâce à la 5G.<br />La question qui est posée ici n’est pas celle des motivations de ses auteurs (Pierre Barnérias et Christophe Cossé), ni celle des techniques de persuasion employées, mais celle du succès rencontré, et, au-delà de ce film, de la progression inquiétante de la vulnérabilité de l’opinion à tous les récits complotistes. 21% des français sont nettement réceptifs aux théories conspirationnistes, et ce chiffre tend à augmenter, du fait de l’adhésion plus fréquence des jeunes : 28% des 18-24 ans,. ([2])<br /><br /><h3><strong>La modernité : la raison plus forte que les passions</strong><br /><strong></strong></h3><br />Il y a toujours eu une tension entre la raison et les passions, entre les croyances, et la construction rationnelle des connaissances. Il y a toujours des éléments de vérité dans les religions, comme dans les idéologies, (il y en a d’ailleurs dans « hold-up »). Et la connaissance scientifique ne sera jamais totalement dégagée des affects, des émotions, des rivalités, et de la recherche d’avantages matériels ou symboliques par ceux qui la font progresser.<br />Pourtant, ce qui caractérise la modernité, avec la philosophie des Lumières au XVIIIème siècle, c’est justement la domination croissante de la raison, avec l’émancipation de la philosophie et de la science du carcan de la religion. Le processus de rationalisation du monde, en même temps que sa sécularisation s’accélèrent alors, se traduisant pas la progression des connaissances, des sciences, des innovations techniques, elles-mêmes impulsant la révolution industrielle des XVIIIème-XIXème siècles. Le progrès qui se poursuit est multidimensionnel  il est non seulement technique, économique, mais aussi social, avec recul de la misère, progression du niveau de vie, réduction des inégalités, et, surtout, pour ce qui concerne la réflexion présente, émancipation du fatalisme de masses croissantes de population dans le monde, grâce à la généralisation de l’instruction. C’est à l’ensemble des individus que s’étendent peu à peu les lumières, avec l’augmentation des taux de scolarité, l’enseignement secondaire de masse au XXème siècle, et l’ouverture croissante de l’enseignement universitaire aux classes populaires. Il est alors indiscutable que l’augmentation du nombre de diplômés correspond au fait que « le niveau monte » dans l’ensemble de la population. La faculté de discernement réduit peu à peu préjugés et superstitions, et, l’adéquation toujours plus étroite de la pensée à la réalité apparaît tangible et (surtout) souhaitable par tous.<br /><br /><h3><strong>Le retour de l’obscurantisme</strong><br /><strong></strong></h3><br />Tout cela bascule dans le dernier quart du XXème siècle, en même temps (« comme par hasard ») que se met en place le régime néolibéral, et que s’accomplit la révolution de la communication, avec l’internet. On constate depuis un mouvement de «désintellectualisation » du monde (l’expression est de Marcel Gauchet). Il serait inexact de parler de déclin général de l’intelligence  les progrès parfois stupéfiants dans le domaine scientifique, et les innovations souvent impressionnantes démontrent le contraire. Par exemple, Trump, récemment, en parlant des vaccins, affirmait qu’il s’agissait « de la plus grand prouesse médicale que le monde ait connue » (comme chacun sait, il dit toujours la vérité). L’intelligence des gens ordinaires, y compris celle de notre jeunesse, ne faiblit pas davantage  la question qui se pose est celle de son orientation, des domaines vers lesquels elle s’exerce, et, surtout des domaines qu’elle abandonne. L’absorption de l’attention par les jeux offerts sur les petits écrans, et par les discussions stériles et débilitantes des réseaux sociaux la rend indisponible, et incapable d’accomplir les efforts nécessaires pour comprendre les choses importantes de ce monde. Plus généralement, ce sont les cadres sociaux qui, en se lézardant, produisent des conditions propices à une remontée de l’obscurantisme. Sans pouvoir prétendre les exposer dans leur exhaustivité, on peut énoncer les principales, qui souvent sont repérables dans le documentaire en question.<br />Le populisme s’impose dans un nombre croissant de pays, à travers le monde, et le plus puissant d’entre eux vient d’en subir une cure de quatre ans, dont il gardera des séquelles irréversibles. En France, même s’il n’a pas (encore ?) été porté au pouvoir, il s’imprime déjà dans la vision du monde d’un très grand nombre – la majorité sûrement – de nos concitoyens. Or, on sait que la caractéristique principale de cette façon de penser est le rejet des élites, la suspicion systématique à leur égard, notamment en matière de probité, et même, plus radicalement, le refus de leur reconnaître quelque forme que ce soit de supériorité. Le documentaire « hold-up » est bien dans cette lignée  la compétence d’un chauffeur de taxi y apparaît comme supérieure à celle des professionnels de la santé. On peut y constater aussi l’assimilation générale des intellectuels à la classe dominante  les distinctions subtiles, à la façon de Bourdieu entre les fractions de cette catégorie sont totalement absentes. Les disqualifications d’aujourd’hui sont massives et ne s’embarrassent d’aucune nuance. Pour le populisme, l’intellectuel est proscrit.<br />Les modalités de construction des savoirs ordinaires subissent des changements significatifs. La dernière enquête sur <a href="https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Etudes-et-statistiques/L-enquete-pratiques-culturelles">les pratiques culturelles des français</a> révèle les changements importants s’accomplissant sur trois générations. Alors qu’environ la moitié des baby-boomeurs appartiennent à « l’univers de la culture classique ou patrimoniale » (lecture, théâtre, musique classique, musées, cinéma), les moins de 25 ans n’y sont plus que 4%…. Ceux-là sont au contraire immergés dans l’univers numérique, La pratique du jeu vidéo est en plein essor, et la consommation quotidienne de vidéos en ligne est devenue la pratique culturelle principale (59%) des 15-24 ans. La lecture de livres baisse régulièrement, du fait également d’une désaffectation massive des jeunes. Ces tendances sont implicitement ratifiées par le gouvernement, quand, pour les modalités du confinement, les librairies sont classées dans la catégorie des commerces « non essentiels ».<br />La sociologie nous a appris ([3]) que les opinions ne se construisent pas directement à partir des médias, mais à travers la pratique des débats sur les messages de ces médias, des « grands », comme des petits, au sein des groupes d’appartenance des individus (la classe sociale, la famille, les amis, l’atelier, le bistrot…). Or, l’affaiblissement tangible de la force de ces groupes, en d’autres termes, l’émergence de l’individualisme tyrannique ([4]) fait que ce débat n’existe plus, l’individu n’est plus confronté qu’à lui-même, et se conforte dans ses certitudes avec les discours-miroirs des réseaux sociaux, ou sur des sites internet dûment sélectionnés pour lui par les algorithmes.<br />Les médias traditionnels évoluent aussi. Les journalistes doivent faire face à la concurrence des réseaux, qui souvent les devancent sur l’événement. Ces canaux d’information sont mus par une logique marchande qui amène à privilégier, dans la diversité des faits et évènements, ceux qui suscitent une émotion, bien plus que ceux qui sont importants pour comprendre la réalité. Les images les plus sensibles tournent en boucle sur les chaines d’info en continu, attisant l’anxiété. Plus encore, ce sont des sentiments négatifs, l’indignation, le ressentiment, la hargne qui font vendre, et opèrent souvent des pseudo-rassemblements de larges franges de la population autour de ces « passions tristes ». Et comme dans les siècles éloignés, ces passions étouffent toute velléité de compréhension réelle du monde et de ses désordres.<br /><br /><strong>Les vérités alternatives<br /></strong><br />Pour aberrante qu’elle ait pu paraître alors, aux débuts de la période Trump, aux Etats-Unis, la notion de « vérité alternative » s’est pourtant, dans les faits, imposée, rendant possible l’existence et le succès d’un documentaire comme « hold-up ». Qu’on ne s’y trompe pas  la vérité alternative n’est pas le mensonge (qui n’est néanmoins pas toujours hors jeu). Le mensonge est un acte conscient et délibéré, et en ce sens, un « hommage à la vérité comme l&apos;hypocrisie est un hommage à la vertu.» (Gustave Thibon). La « vérité alternative » est une sorte de bifurcation vers une autre réalité, ou vers son double ([5]). En d’autres termes, elle obtient l’adhésion de l’individu. Il n’est d’ailleurs pas utile de douter de la sincérité des auteurs de « hold-up ». L’adéquation aux faits ne fait plus le poids par rapport au caractère désirable ou non désirable d’une explication. L’individu-roi d’aujourd’hui ne retient des faits et des raisonnements que ce qui conforte sa vision des choses déjà constituée. Il est devenu incapable de l’indispensable décentrement, de l’effort de voir les choses du point de vue d’un autre. En un mot, il ne croira que ce qu’il a envie de croire.<br />Pour conclure, ce qui permet le succès d’un tel film c’est qu’il offre, en dépit de ses incohérences, des éléments qui permettent aux spectateurs d’y confirmer leur vision  en d’autres termes  il est un pseudo-récit offrant en kit une théorie, des explications, des réponses dans une période d’incertitudes anxiogène. Ces réponses confortent les aprioris et les préjugés, au lieu de les remettre en cause. Cela souligne surtout l’absence d’un autre récit offrant de l’espérance, susceptible de rassembler, de construire un véritable lien entre les êtres humains. Cette absence produit ce vide, cette force aspirante, qui assure le succès de thèses délirantes. Le vide de sens. C’est le même diagnostic que dans une précédente Lettre, (numéro 38), qui tentait d’expliquer le succès des propositions islamistes.</div><div>(NDLR : Les propos de Maurice Merchier n&apos;engage que son auteur. Il a quitté depuis le comité d&apos;animation)</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p><br />[1] Voir par exemple dans Marianne Sources falsifiées, experts décriés : les recettes de Hold-Up pour nourrir sa théorie du complot<br />[2] Enquêtes de la Fondation Jean-Jaurès et Conspiracy Watch réalisées par l‘Ifop<br />[3] Voir les travaux pionniers de Paul Lazarsfeld<br />[4] Eric Sadin, L&apos;Ère de l&apos;individu tyran. La fin d&apos;un monde commun, Grasset, octobre 2020<br />[5] Clément Rosset, le réél et son double, Gallimard 1976</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N40LeComplotismeProduitDuVideDeSens">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-07-29" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N9LeLibra15072019" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,quel_capitalisme_en_crise" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 06:04:31" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N9LeLibra15072019"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Le libra </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N9LeLibra15072019" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>29/07/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Le libra </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema quel_capitalisme_en_crise">
                      Capitalisme(s) en crise  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div></div><div></div><h3>Alternative à la monnaie pour monde alternatif</h3><div><br />Le 18 juin, Facebook a annoncé pour le premier semestre 2020 la création du libra, une nouvelle cryptomonnaie<a href="http://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5ij4u.html?#_edn1">[1]</a>. Il faut saisir la portée de cette décision. Elle est présentée comme une innovation utile, allant dans le sens du progrès  des arguments pratiques sont invoqués en ce sens : sa facilité d’utilisation, son accessibilité à tous (il suffit d’avoir un smartphone), le fait qu’elle pourra servir à toutes sortes de transactions, l’absence de contraintes liées aux frontières… Plus encore, ses créateurs usent d’arguments sur un registre quasi-humanitaire, en affirmant qu’elle offrira des solutions aux citoyens de pays dont la monnaie est instable, à l’instar du Venezuela, pour les protéger de l’inflation galopante. Facebook adopte même la posture du désintéressement, affirmant que son but est « de donner du pouvoir à des milliards de personnes ».<br /><br /><h4><strong>Des arguments rassurants ?</strong><br /><strong></strong></h4><strong><br /></strong>Il s’agit pour les concepteurs de se démarquer de l’image carrément inquiétante des cryptomonnaies, en particulier du Bitcoin. Le libra est conçu pour inspirer la confiance  il ne risquera aucune dérive inflationniste, sa stabilité étant assurée par le fait qu’il sera adossé à une réserve, composée d’un panier d’actifs financiers, de devises et de bons du Trésor dans lequel dominera probablement le dollar. Sa sécurité sera assurée par un système de blockchain qui sera fermé, réservé aux partenaires du système Facebook, donc plus sûr, contrairement à celui d’autres cryptomonnaies dont la structure est publique. Accessoirement, il est signalé que ce système sera plus léger, donc beaucoup moins énergivore que celui du Bitcoin.<br /><br />Tous ces dispositifs rassurants, paradoxalement, rendent cette innovation plus inquiétante pour l’avenir  car c’est de son succès même que pourraient naître bien des dérives. C’est parce qu’il est resté un instrument de spéculation, que le Bitcoin ne parvient pas à s’imposer comme monnaie d’échange. Au contraire, en se répandant à très grande échelle, du fait de sa stabilité, le libra pourrait devenir tout autre chose  en fait il deviendra ce que ses utilisateurs en feront, et échappera de ce fait à tout contrôle.<br /><br />Certes, au départ, il ne s’agira pas d’une « vraie » monnaie. Il ne sortira pas du cadre du réseau social Facebook, (on ne paiera pas son boulanger ou son garagiste en libra), et il n’y aura pas d’obligation d’en accepter (caractéristique théorique d’une monnaie dans sa sphère légale). Surtout, il ne se multipliera pas, puisque toute émission aura en contrepartie une augmentation de la réserve, avec maintien de la parité d’un libra pour une unité de cette réserve.<br /><br /><h4><strong>L’évolution probable vers une véritable monnaie parallèle</strong><br /><strong></strong></h4><strong><br /></strong>L’association indépendante Libra, basée en Suisse, regroupant 28 entreprises internationales dont Visa, MasterCard, Paypal, Uber, Iliad… n’aura pas a priori le pouvoir de créer de la monnaie, du fait de cette parité, mais juste celui de transformer une monnaie existante, un peu comme on achetait des perles au club méditerranée, pour les menus achats à l’intérieur du camp. Mais – du fait de l’absence d’inscription territoriale – quelle instance extérieure, quelle juridiction, quel organisme de régulation prudentielle aura le pouvoir de vérifier le respect de toutes ces restrictions et précautions inscrites dans un livre blanc ? Qui pourra empêcher que ces règles soient contournées, ou tout simplement modifiées ? Déjà, certaines opérations de crédit ne sont pas exclues  il suffira alors – un peu plus tard – que ces crédits anticipent la transformation de vraies monnaies en libra, ou servent de gages à d’autres opérations pour que s’enclenche le mécanisme de multiplication, c’est-à-dire de création monétaire, sur modèle classique des banques commerciales. Bien que cette cryptomonnaie ait une vocation de circulation, et surtout si de grands Etats défaillent, qu’est-ce qui empêchera le libra de servir de monnaie de réserve (attribut classique d’une « vraie » monnaie), et au bout du compte instrument de spéculation, si la pression de sa demande déborde les mécanismes de son offre ?<br /><br />La probabilité de telles évolutions est d’autant plus forte que tout cela se situe dans le contexte de la disparition du « cash »<a href="http://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5ij4u.html?#_edn2">[2]</a> . Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a certes réagi en affirmant que le libra « ne doit pas devenir une monnaie souveraine, et que la monnaie doit rester l’attribut de la souveraineté des Etats…. ». Il est à craindre que cela ne soit que pure incantation, masquant l’impuissance à entraver ces innovations.<br /><br /><h3><strong>Un instrument de pouvoir au service des GAFA</strong><br /><strong></strong></h3><strong><br /></strong>En attendant, ce qui paraît difficile à contester, c’est que la motivation profonde de la création de cet instrument est d’étendre le pouvoir des GAFA, de Facebook en l’occurrence. Il est annoncé que, pour les entreprises, il pourrait y avoir des « récompenses » à celles qui l’utiliseront, et l’ouverture de services supplémentaires. Il sera donc un moyen de fidélisation (mode mineur de l’inféodation) de ces entreprises. Le renforcement de l’emprise sur les particuliers n’est pas moindre, puisque cela rendra nécessaire l’acquisition d’un smartphone, exacerbant encore les phénomènes d’addiction. Surtout, ce sera un moyen évident d’accroître encore le pillage des données, qui seront nécessairement fournies en abondance en contrepartie de l’acquisition de libras. Or, il est avéré que l’information est le premier vecteur du pouvoir, par de multiples voies. Enfin, les risques de dérives mafieuses, notamment du blanchiment d’argent, augmenteront proportionnellement à l’importance et à la sophistication de l’instrument financier.<br /><br /><h4><strong>L’ambition de devenir un quasi-Etat</strong><br /><strong></strong></h4><strong><br /></strong>On peut ainsi soupçonner Facebook de la velléité de recréer dans l’espace virtuel de l’internet l’équivalent d’une banque centrale, pour deux milliards et demi de personnes<a href="http://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5ij4u.html?#_edn3">[3]</a>. On sait aussi que le chiffre d’affaire cumulé des GAFA atteint le PIB d’un Etat moyen, et que le Danemark a déjà nommé un ambassadeur auprès de ces puissances du numérique. Plus récemment, Facebook a affiché l’intention de créer une sorte de cour suprême interne pour régler les litiges du réseau social. Puissance économique, pouvoir judiciaire, pouvoir diplomatique, pouvoir monétaire… Autant de pouvoirs régaliens dont Mark Zuckerberg prétend doter son entreprise, montrant ainsi le chemin aux autres membres des GAFA, qui, de ce fait, pourraient à l’avenir constituer une sorte de fédération de psseudo-Etats…<br /><br /><h4><strong>Un monde alternatif</strong><br /><strong></strong></h4><strong><br /></strong>Contrairement à une acception encore optimiste, les « vérités alternatives » qu’ont popularisées Trump ne sont pas des mensonges, mais des vérités d’un autre monde… S’y ajoutent des monnaies alternatives, des relations diplomatiques alternatives  c’est dans cet autre monde que se déploient les réseaux sociaux, que se déchaînent les tweets, que s’affichent les selfies, que se font et se défont des réputations, que s’exercent des chantages qui parfois brisent des vies… Un monde alternatif, donc.<br /><br />N’a-t-on vraiment aucun autre destin que de s’adapter à ce nouveau monde ?</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Une cryptomonnaie est une monnaie utilisable sur un réseau informatique décentralisé de pair à pair.<br />[2] Il est vraisemblable qu’à terme disparaissent tous les moyens matériels de paiement (billets, pièces, chèques…) au profit de la seule monnaie numérique<br />[3] soit le nombre de participants à Facebook        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N9LeLibra15072019">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="definition" data-bf_date_publication="2018-05-05" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LaViolenceDuLuxe" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,quel_capitalisme_en_crise" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-15 12:02:27" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_LaViolenceDuLuxe"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Le luxe : une énigme violente </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_LaViolenceDuLuxe" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>05/05/2018</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Le luxe : une énigme violente </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema quel_capitalisme_en_crise">
                      Capitalisme(s) en crise  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Le luxe est une énigme. Bourdieu en a clairement, et très simplement posé les termes : « Le couturier réalise une opération de transsubstantiation. Vous aviez un parfum de Monoprix à trois francs, la griffe en fait un parfum Chanel qui vaut 30 fois plus. Le mystère est le même avec l’urinoir de Duchamp, » (1) A cette interrogation générale s’en ajoute une seconde : le luxe, dans sa grande tradition, est incompatible avec les valeurs et les réalités économiques de la société contemporaine. Pourtant il perdure  Il faut donc élucider ce qu’est aujourd’hui la « nouvelle substance » dans laquelle cette activité conserve son dynamisme. Elle se situe manifestement dans une zone floue, voire inconsciente de l’imaginaire collectif. Premier symptôme de cette relégation aux confins de la conscience : il est impossible de trouver, chez les gens concernés, c’est-à-dire les professionnels, ou les praticiens du luxe, une tentative de définition de ce mot. On y substitue immanquablement une liste de comparatifs ou de superlatifs fumeux, (magie, mystère, merveille, charme, féerie, rêve, secret, prodige, etc) , ou on le définit… comme indéfinissable… Bref, on jette un écran de fumée, pour cacher le feu, qui est en l’occurrence, comme on va le montrer, la violence. Cette occultation est sensible également du côté de l’approche étymologique. </p><h3>Etymologie</h3><p>C’est ainsi qu’on l’attribue parfois à lux « lumière », ou à luceo « luire » (encore que cela pourrait rendre compte de sa dimension clinquante, pour ne pas dire bling-bling…) alors que la véritable origine est le latin luxus, issu du vocabulaire agricole, signifiant « pousser de travers ». Il faut donc inclure ce thème dans la famille « luxer », « déboiter », « tordre », mais aussi « luxure », proche de « excès » , « somptuosité », « débauche », « intempérance ». Cela indique la bonne voie vers l’élucidation… Sans prétendre trancher de la question de la nature de l’homme, ou de l’existence d’une telle nature, il faut admettre que la violence, liée à la rivalité, est une dimension fondamentale de nos sociétés, et le spectacle du monde suffit à convaincre qu’elle travaille encore les relations entre les individus et les groupes. Pour Norbert Elias, le « processus de civilisation » (2) est le développement historique de codes sociaux et de structures destinés à pacifier les relations sociales. Pour René Girard, la conjuration de cette violence est au fondement du phénomène religieux. (3)  Les anthropologues ont analysé certaines pratiques de sociétés traditionnelles qui relèvent aussi de cette conjuration de la violence, par transposition dans d’autres activités que la guerre de la rivalité fondamentale entre les groupes et leurs chefs. Malinowski, dans Les Argonautes du Pacifique occidental (1922) analyse le kula, système d’échange rituel pratiqué dans les îles Trobriand. Marcel Mauss prolonge ses recherches, en étudiant les sociétés à Potlatch  il qualifie ces pratiques de prestations totales de type agonistique. Autrement dit, il les considère  clairement comme des substituts à l’affrontement guerrier. Ces analyses suggèrent des rapprochements saisissants avec le luxe des sociétés plus avancées. Le prestige et l’honneur sont recherchés par des dépenses somptuaires  on s’échange des cadeaux, on s’invite à des festins. Des défis consistent en destructions de richesse. Il s’agit de dépasser les autres chefs, et en même temps d’instaurer la paix avec eux. Tout cela est relié à des croyances religieuses. Or, on retrouve dans le luxe les mêmes recherches de gaspillage, d’excès, de démesure, de croyances, de volonté de sidérer les autres pour construire une radicale différence hiérarchique. Thorstein Veblen nous aide à faire quelques pas de plus dans l’élucidation de l’énigme du luxe. </p><h3>L&apos;analyse de Veblen</h3><p>Il considère que dans les sociétés les plus anciennes, l’homme était plutôt pacifique, car dominait en lui « l’instinct artisan », mais avec l’évolution, la barbarie l’emporte, et domine alors « l’instinct prédateur », en même temps que se constitue une classe oisive, (4) qui correspond aux ordres dominants de la féodalité. Il est éclairant de réfléchir aux implications – assumées chez Veblen – de l’utilisation de ce concept de « prédation ». Dans le règne animal, cela renvoie clairement au meurtre, à la destruction d’un autre être vivant, dans l’optique de la propre survie de l’agresseur. L’analyse du comportement et des valeurs des individus composant cette « classe de loisirs » permet d’étayer cette analogie. Les activités considérées comme dignes, honorables, nobles sont celles qui autorisent la prouesse, l’exploit : le duel, le tournoi, la chasse, la guerre, qui impliquent la violence, la mort, l’affirmation de sa supériorité, donc la destruction de concurrents, par le moyen radical du meurtre de l’autre, ou sa transposition symbolique, comme dans le sport. Les fonctions de la classe de loisir, le gouvernement, la vie religieuse, forment le cadre de ces comportements prédateurs. On y retrouve la démesure, l’excès, le gaspillage  si la prédation n’est pas directement liée à la survie comme dans l’ordre animal, elle l’est indirectement car cette classe fonde sa propre existence, et sa pérennité sur ces activités.  Par opposition, sont considérées comme indignes toutes les activités qui relèvent du travail trivial, de la besogne, la corvée, l’industrie… En dehors de la prouesse, qui ne peut être qu’occasionnelle, l’oisiveté s’impose donc. Le lien avec les comportements des praticiens du luxe se resserre encore lorsqu’on considère ce trait caractéristique de la classe dominante : le loisir ostentatoire. Par définition, si la prouesse peut laisser quelques traces (le trophée, les titres, grades et insignes) le loisir ne produit rien  pour qu’il se donne à voir, il faut alors se livrer de façon spectaculaire à des occupations stériles en termes de production matérielle. L’apprentissage de codes arbitraires, comme ceux du savoir-vivre, mais aussi, selon Veblen, des langues anciennes, de la pratique religieuse, de l’art, ou d’autres éléments culturels inutiles du point de vue productif remplit cette fonction (mais que nous ne saurions réduire à cela !). Cela s’accompagne de l’idéologie du goût naturel, don du ciel aux classes privilégiées légitimant leur supériorité. Ce point sera d’ailleurs développé par Bourdieu, et appliqué aux fractions dominantes de la bourgeoisie, notamment dans la distinction (1979). Cette inutilité ostentatoire s’étend aux servants, valets de pied ou laquais, dont l’abondance est en elle-même signe de richesse et de puissance pour leurs maîtres.</p><p> On peut en rapprocher des activités de l’époque contemporaine comme celles que signale Yves Michaud (5) : le clubbing, les soirées et fêtes mondaines, les défilés de mode, dans lesquelles l’oisiveté s’affiche avec arrogance, et qui font partie des nouvelles formes constitutives du luxe.  Ici s’éclaire le fait que la mode et le luxe soient passés au cours du XVIIIème siècle du côté féminin. D’abord la femme, comme les servants, se doit d’afficher son abstention de tout travail utile, contribuant ainsi à l’affirmation de la richesse et de la puissance sociale de son mari. Le vêtement sert dans cette optique à démontrer qu’elle ne travaille pas  il est conçu de telle sorte qu’il lui est impossible de se livrer à quelque mouvement, donc à quelque exercice utile. Le corset n’a pas d’autre signification  il est une véritable mutilation, ôtant toute vitalité, et rendant inapte à quelque travail que ce soit. Le luxe contemporain est équivoque de ce point de vue  certes, Coco Chanel a accompagné le mouvement de libération de la femme en introduisant des vêtements confortables, et en légitimant pour elle le port du pantalon  mais ne peut-on pas retrouver cette tradition d’entrave à toute activité utile dans les accoutrements extravagants de la plupart des défilés de mode contemporains ? Poursuivons le cheminement de Veblen. Avec l’évolution des moyens de communication, l’urbanisation, donc l’immersion croissante des membres des classes privilégiées dans des environnements sociaux où ils sont moins connus, le loisir ostentatoire va céder la place à la consommation ostentatoire. </p><p>On retrouve ici des comportements que l’on peut rapprocher des pratiques exotiques évoquées précédemment, comme le potlatch. Il s’agit de consommer à discrétion des biens d’une valeur exceptionnelle, dans tous les domaines : nourriture, habillement, narcotiques, divertissement… A l’époque de Louis XIV, dépenser était pour les aristocrates une obligation. Cette consommation ostentatoire débouche, comme le potlatch toujours, sur le gaspillage ostentatoire. Être noble, selon Georges Duby, c’est « gaspiller, c’est l’occupation de paraître, c’est être condamné, sous peine de déchéance, au luxe et à la dépense ». Dans les sociétés aristocratiques, le luxe est une nécessité  il faut gaspiller, flamber les richesses. On retrouve cela dans le luxe contemporain : Karl Lagerfeld a déclaré par exemple « je déteste les riches qui ne dépensent pas leur argent ». Pour Veblen, la règle du gaspillage ostentatoire s’applique aux dépenses des églises. Les édifices sacrés, les immeubles du culte, les vêtements sacerdotaux s’inscrivent dans cette logique. Là encore, on peut en rapprocher des comportements contemporains des catégories privilégiées en mesure de s’adonner au luxe. Par exemple la possession de certains animaux domestiques sans aucune utilité, chiens ou chats de race,  perroquets, ou autres animaux exotiques  mais surtout, c’est la possession de chevaux de course qui est symptomatique de ce point de vue : en le faisant participer aux compétitions, le cheval est un moyen de rivalité efficace, assouvissant le besoin d’agression et de domination. L’équivalent dans un registre mieux adapté à leur horizon culturel est la possession par les stars du show-business de collections de voitures de luxe ou de compétition.</p><h3>Luxe et mode</h3><p> </p><p>Bien d’autres consommations des classes privilégiées seraient interprétables sur cette grille. La mode elle-même enfin, à laquelle le luxe doit céder, malgré l’antinomie fondamentale, comme on l’explique dans l’article brève histoire du luxe, dans son flux et reflux incessant est une autre illustration de la loi du gaspillage ostentatoire. Compte tenu des incompatibilités du luxe traditionnel avec la modernité, ou a fortiori avec la post-modernité, il a tendance aujourd’hui à investir d’autres domaines, et à s’orienter vers des expériences individuelles, comme l’analyse Yves Michaud, dans l’ouvrage cité. Beaucoup de ces expériences ne sont accessibles qu’à une clientèle ultra-privilégiée. Sont ainsi citées un voyage en fusée, un séjour dans une station spatiale internationale, la location d’un yacht à un oligarque, des relations avec une escort girl de haut vol, la location de villas somptueuses, les avions privés, les cotisations à des clubs fermés, etc. Pour vendre encore leurs produits, les grandes maisons du luxe organisent des parcours pour  les acheteurs, ressemblant à des parcours initiatiques, avec des étapes savamment organisées. C’est l’expérience de l’acheminement, de la visite et de l’achat qui devient l’élément clé du luxe. Vuitton multiplie dans le monde les salons privés. Il faut signaler encore les parfumeurs qui proposent de concevoir leurs flagrances sur mesures, avec des programmes de séances d’essayage. De façon générale, l’objet du luxe est passé du vêtement au corps lui-même, avec l’envolée des produits cosmétiques, la banalisation de la chirurgie esthétique  les joaillers de la place Vendôme proposent des déclinaisons de luxe du piercing. Les thalassothérapies, centres de soins et de remise en forme font le plein d’une clientèle riche, et les palaces deviennent des lieux de ressourcement, comme par ailleurs des formes de tourisme haut de gamme. </p><p>Ces  nouvelles formes du luxe sont congruentes avec le narcissisme contemporain. Comme avec le selfie, c’est sa propre image que l’individu post-moderne est invité à admirer  le nouveau luxe propose d’aider à jouir de soi-même. Ce n’est pas par hasard que la formule « parce que je le vaux bien» a un certain succès. Cela correspond aussi à l’obsession de l’authenticité : il importe d’être soi, avec l’illusion que ce « moi » est déconnecté de toute détermination sociale, et surtout qu’il ne doit rien à la société. Mais qu’en est-il alors de la rivalité ? Est-ce à dire que cette pulsion est évacuée de ces « expériences » du luxe, comme elle serait dépassée dans la vie sociale ? C’est bien évidemment tout le contraire. D’abord, on retrouve là tous les ingrédients du luxe traditionnel : le côté exorbitant du montant des dépenses, donc le gaspillage, la destruction de richesses,  l’ostentation, d’autant plus manifeste qu’elle est répercutée, et amplifiée par les nouveaux moyens de communication, la recherche de la prouesse, la manifestation également ostentatoire d’une forme d’oisiveté, (la frivolité de ces activités y équivaut), l’affirmation de sa puissance, etc. Mais la prédation, sous la forme du meurtre symbolique est également présente. Car y a-t-il une façon plus efficace de « tuer » l’autre que de l’ignorer complètement ? En d’autres termes, d’être totalement indifférent vis-à-vis de la masse des ratés, des invisibles, de ceux qui sont contraints de travailler pour survivre un peu décemment,  et qui n’ont pas de Rolex à cinquante ans. Sous la fallacieuse sophistication du luxe s’est toujours caché et se cache encore  l’instinct barbare de la prédation et du meurtre du rival. Le rêve, la féérie, l’enchantement auront évidemment toute leur place quand nous aurons collectivement avancé vers cet autre cap que nous appelons de nos vœux. Mais ils ne seront plus instrumentalisés par les acteurs du luxe comme outils de fascination des masses, c’est-à-dire transformés en armes de guerre au service de leur soif de puissance.</p><p><br /></p>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1]-Pierre Bourdieu. haute couture et haute culture, in questions de sociologie Editions de minuit1980.
</p><p>[2]-Paru en France en deux parties : la civilisation des mœurs Pocket Agora 2003 , et la dynamique de l’occident Pocket Agora 2003
</p><p>[3]-René Girard. La violence et le sacré Grasset 1972. </p><p>[4]-Thorstein Veblen. Théorie de la classe de loisirs 1899 </p><p>[5]-Yves Michaud. Le nouveau luxe : expériences, arrogance, authenticité stock 2013</p><p>
</p><p>
</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LaViolenceDuLuxe">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-date_maj_fiche="2025-09-15 12:02:27" data-statut_fiche="1" data-id_fiche="LeLuxeUneEnigmeViolente" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_5_LeLuxeUneEnigmeViolente"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Le luxe : une énigme violente </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_5_LeLuxeUneEnigmeViolente" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Le luxe : une énigme violente</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Le luxe est une énigme. Bourdieu en a clairement, et très simplement posé les termes : « Le couturier réalise une opération de transsubstantiation. Vous aviez un parfum de Monoprix à trois francs, la griffe en fait un parfum Chanel qui vaut 30 fois plus. Le mystère est le même avec l’urinoir de Duchamp, » (1) A cette interrogation générale s’en ajoute une seconde : le luxe, dans sa grande tradition, est incompatible avec les valeurs et les réalités économiques de la société contemporaine. Pourtant il perdure  Il faut donc élucider ce qu’est aujourd’hui la « nouvelle substance » dans laquelle cette activité conserve son dynamisme. Elle se situe manifestement dans une zone floue, voire inconsciente de l’imaginaire collectif. Premier symptôme de cette relégation aux confins de la conscience : il est impossible de trouver, chez les gens concernés, c’est-à-dire les professionnels, ou les praticiens du luxe, une tentative de définition de ce mot. On y substitue immanquablement une liste de comparatifs ou de superlatifs fumeux, (magie, mystère, merveille, charme, féerie, rêve, secret, prodige, etc) , ou on le définit… comme indéfinissable… Bref, on jette un écran de fumée, pour cacher le feu, qui est en l’occurrence, comme on va le montrer, la violence. Cette occultation est sensible également du côté de l’approche étymologique. </p><h3>Etymologie</h3><p>C’est ainsi qu’on l’attribue parfois à lux « lumière », ou à luceo « luire » (encore que cela pourrait rendre compte de sa dimension clinquante, pour ne pas dire bling-bling…) alors que la véritable origine est le latin luxus, issu du vocabulaire agricole, signifiant « pousser de travers ». Il faut donc inclure ce thème dans la famille « luxer », « déboiter », « tordre », mais aussi « luxure », proche de « excès » , « somptuosité », « débauche », « intempérance ». Cela indique la bonne voie vers l’élucidation… Sans prétendre trancher de la question de la nature de l’homme, ou de l’existence d’une telle nature, il faut admettre que la violence, liée à la rivalité, est une dimension fondamentale de nos sociétés, et le spectacle du monde suffit à convaincre qu’elle travaille encore les relations entre les individus et les groupes. Pour Norbert Elias, le « processus de civilisation » (2) est le développement historique de codes sociaux et de structures destinés à pacifier les relations sociales. Pour René Girard, la conjuration de cette violence est au fondement du phénomène religieux. (3)  Les anthropologues ont analysé certaines pratiques de sociétés traditionnelles qui relèvent aussi de cette conjuration de la violence, par transposition dans d’autres activités que la guerre de la rivalité fondamentale entre les groupes et leurs chefs. Malinowski, dans Les Argonautes du Pacifique occidental (1922) analyse le kula, système d’échange rituel pratiqué dans les îles Trobriand. Marcel Mauss prolonge ses recherches, en étudiant les sociétés à Potlatch  il qualifie ces pratiques de prestations totales de type agonistique. Autrement dit, il les considère  clairement comme des substituts à l’affrontement guerrier. Ces analyses suggèrent des rapprochements saisissants avec le luxe des sociétés plus avancées. Le prestige et l’honneur sont recherchés par des dépenses somptuaires  on s’échange des cadeaux, on s’invite à des festins. Des défis consistent en destructions de richesse. Il s’agit de dépasser les autres chefs, et en même temps d’instaurer la paix avec eux. Tout cela est relié à des croyances religieuses. Or, on retrouve dans le luxe les mêmes recherches de gaspillage, d’excès, de démesure, de croyances, de volonté de sidérer les autres pour construire une radicale différence hiérarchique. Thorstein Veblen nous aide à faire quelques pas de plus dans l’élucidation de l’énigme du luxe. </p><h3>L&apos;analyse de Veblen</h3><p>Il considère que dans les sociétés les plus anciennes, l’homme était plutôt pacifique, car dominait en lui « l’instinct artisan », mais avec l’évolution, la barbarie l’emporte, et domine alors « l’instinct prédateur », en même temps que se constitue une classe oisive, (4) qui correspond aux ordres dominants de la féodalité. Il est éclairant de réfléchir aux implications – assumées chez Veblen – de l’utilisation de ce concept de « prédation ». Dans le règne animal, cela renvoie clairement au meurtre, à la destruction d’un autre être vivant, dans l’optique de la propre survie de l’agresseur. L’analyse du comportement et des valeurs des individus composant cette « classe de loisirs » permet d’étayer cette analogie. Les activités considérées comme dignes, honorables, nobles sont celles qui autorisent la prouesse, l’exploit : le duel, le tournoi, la chasse, la guerre, qui impliquent la violence, la mort, l’affirmation de sa supériorité, donc la destruction de concurrents, par le moyen radical du meurtre de l’autre, ou sa transposition symbolique, comme dans le sport. Les fonctions de la classe de loisir, le gouvernement, la vie religieuse, forment le cadre de ces comportements prédateurs. On y retrouve la démesure, l’excès, le gaspillage  si la prédation n’est pas directement liée à la survie comme dans l’ordre animal, elle l’est indirectement car cette classe fonde sa propre existence, et sa pérennité sur ces activités.  Par opposition, sont considérées comme indignes toutes les activités qui relèvent du travail trivial, de la besogne, la corvée, l’industrie… En dehors de la prouesse, qui ne peut être qu’occasionnelle, l’oisiveté s’impose donc. Le lien avec les comportements des praticiens du luxe se resserre encore lorsqu’on considère ce trait caractéristique de la classe dominante : le loisir ostentatoire. Par définition, si la prouesse peut laisser quelques traces (le trophée, les titres, grades et insignes) le loisir ne produit rien  pour qu’il se donne à voir, il faut alors se livrer de façon spectaculaire à des occupations stériles en termes de production matérielle. L’apprentissage de codes arbitraires, comme ceux du savoir-vivre, mais aussi, selon Veblen, des langues anciennes, de la pratique religieuse, de l’art, ou d’autres éléments culturels inutiles du point de vue productif remplit cette fonction (mais que nous ne saurions réduire à cela !). Cela s’accompagne de l’idéologie du goût naturel, don du ciel aux classes privilégiées légitimant leur supériorité. Ce point sera d’ailleurs développé par Bourdieu, et appliqué aux fractions dominantes de la bourgeoisie, notamment dans la distinction (1979). Cette inutilité ostentatoire s’étend aux servants, valets de pied ou laquais, dont l’abondance est en elle-même signe de richesse et de puissance pour leurs maîtres.</p><p> On peut en rapprocher des activités de l’époque contemporaine comme celles que signale Yves Michaud (5) : le clubbing, les soirées et fêtes mondaines, les défilés de mode, dans lesquelles l’oisiveté s’affiche avec arrogance, et qui font partie des nouvelles formes constitutives du luxe.  Ici s’éclaire le fait que la mode et le luxe soient passés au cours du XVIIIème siècle du côté féminin. D’abord la femme, comme les servants, se doit d’afficher son abstention de tout travail utile, contribuant ainsi à l’affirmation de la richesse et de la puissance sociale de son mari. Le vêtement sert dans cette optique à démontrer qu’elle ne travaille pas  il est conçu de telle sorte qu’il lui est impossible de se livrer à quelque mouvement, donc à quelque exercice utile. Le corset n’a pas d’autre signification  il est une véritable mutilation, ôtant toute vitalité, et rendant inapte à quelque travail que ce soit. Le luxe contemporain est équivoque de ce point de vue  certes, Coco Chanel a accompagné le mouvement de libération de la femme en introduisant des vêtements confortables, et en légitimant pour elle le port du pantalon  mais ne peut-on pas retrouver cette tradition d’entrave à toute activité utile dans les accoutrements extravagants de la plupart des défilés de mode contemporains ? Poursuivons le cheminement de Veblen. Avec l’évolution des moyens de communication, l’urbanisation, donc l’immersion croissante des membres des classes privilégiées dans des environnements sociaux où ils sont moins connus, le loisir ostentatoire va céder la place à la consommation ostentatoire. </p><p>On retrouve ici des comportements que l’on peut rapprocher des pratiques exotiques évoquées précédemment, comme le potlatch. Il s’agit de consommer à discrétion des biens d’une valeur exceptionnelle, dans tous les domaines : nourriture, habillement, narcotiques, divertissement… A l’époque de Louis XIV, dépenser était pour les aristocrates une obligation. Cette consommation ostentatoire débouche, comme le potlatch toujours, sur le gaspillage ostentatoire. Être noble, selon Georges Duby, c’est « gaspiller, c’est l’occupation de paraître, c’est être condamné, sous peine de déchéance, au luxe et à la dépense ». Dans les sociétés aristocratiques, le luxe est une nécessité  il faut gaspiller, flamber les richesses. On retrouve cela dans le luxe contemporain : Karl Lagerfeld a déclaré par exemple « je déteste les riches qui ne dépensent pas leur argent ». Pour Veblen, la règle du gaspillage ostentatoire s’applique aux dépenses des églises. Les édifices sacrés, les immeubles du culte, les vêtements sacerdotaux s’inscrivent dans cette logique. Là encore, on peut en rapprocher des comportements contemporains des catégories privilégiées en mesure de s’adonner au luxe. Par exemple la possession de certains animaux domestiques sans aucune utilité, chiens ou chats de race,  perroquets, ou autres animaux exotiques  mais surtout, c’est la possession de chevaux de course qui est symptomatique de ce point de vue : en le faisant participer aux compétitions, le cheval est un moyen de rivalité efficace, assouvissant le besoin d’agression et de domination. L’équivalent dans un registre mieux adapté à leur horizon culturel est la possession par les stars du show-business de collections de voitures de luxe ou de compétition.</p><h3>Luxe et mode</h3><p> </p><p>Bien d’autres consommations des classes privilégiées seraient interprétables sur cette grille. La mode elle-même enfin, à laquelle le luxe doit céder, malgré l’antinomie fondamentale, comme on l’explique dans l’article brève histoire du luxe, dans son flux et reflux incessant est une autre illustration de la loi du gaspillage ostentatoire. Compte tenu des incompatibilités du luxe traditionnel avec la modernité, ou a fortiori avec la post-modernité, il a tendance aujourd’hui à investir d’autres domaines, et à s’orienter vers des expériences individuelles, comme l’analyse Yves Michaud, dans l’ouvrage cité. Beaucoup de ces expériences ne sont accessibles qu’à une clientèle ultra-privilégiée. Sont ainsi citées un voyage en fusée, un séjour dans une station spatiale internationale, la location d’un yacht à un oligarque, des relations avec une escort girl de haut vol, la location de villas somptueuses, les avions privés, les cotisations à des clubs fermés, etc. Pour vendre encore leurs produits, les grandes maisons du luxe organisent des parcours pour  les acheteurs, ressemblant à des parcours initiatiques, avec des étapes savamment organisées. C’est l’expérience de l’acheminement, de la visite et de l’achat qui devient l’élément clé du luxe. Vuitton multiplie dans le monde les salons privés. Il faut signaler encore les parfumeurs qui proposent de concevoir leurs flagrances sur mesures, avec des programmes de séances d’essayage. De façon générale, l’objet du luxe est passé du vêtement au corps lui-même, avec l’envolée des produits cosmétiques, la banalisation de la chirurgie esthétique  les joaillers de la place Vendôme proposent des déclinaisons de luxe du piercing. Les thalassothérapies, centres de soins et de remise en forme font le plein d’une clientèle riche, et les palaces deviennent des lieux de ressourcement, comme par ailleurs des formes de tourisme haut de gamme. </p><p>Ces  nouvelles formes du luxe sont congruentes avec le narcissisme contemporain. Comme avec le selfie, c’est sa propre image que l’individu post-moderne est invité à admirer  le nouveau luxe propose d’aider à jouir de soi-même. Ce n’est pas par hasard que la formule « parce que je le vaux bien» a un certain succès. Cela correspond aussi à l’obsession de l’authenticité : il importe d’être soi, avec l’illusion que ce « moi » est déconnecté de toute détermination sociale, et surtout qu’il ne doit rien à la société. Mais qu’en est-il alors de la rivalité ? Est-ce à dire que cette pulsion est évacuée de ces « expériences » du luxe, comme elle serait dépassée dans la vie sociale ? C’est bien évidemment tout le contraire. D’abord, on retrouve là tous les ingrédients du luxe traditionnel : le côté exorbitant du montant des dépenses, donc le gaspillage, la destruction de richesses,  l’ostentation, d’autant plus manifeste qu’elle est répercutée, et amplifiée par les nouveaux moyens de communication, la recherche de la prouesse, la manifestation également ostentatoire d’une forme d’oisiveté, (la frivolité de ces activités y équivaut), l’affirmation de sa puissance, etc. Mais la prédation, sous la forme du meurtre symbolique est également présente. Car y a-t-il une façon plus efficace de « tuer » l’autre que de l’ignorer complètement ? En d’autres termes, d’être totalement indifférent vis-à-vis de la masse des ratés, des invisibles, de ceux qui sont contraints de travailler pour survivre un peu décemment,  et qui n’ont pas de Rolex à cinquante ans. Sous la fallacieuse sophistication du luxe s’est toujours caché et se cache encore  l’instinct barbare de la prédation et du meurtre du rival. Le rêve, la féérie, l’enchantement auront évidemment toute leur place quand nous aurons collectivement avancé vers cet autre cap que nous appelons de nos vœux. Mais ils ne seront plus instrumentalisés par les acteurs du luxe comme outils de fascination des masses, c’est-à-dire transformés en armes de guerre au service de leur soif de puissance.</p><p><br /></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>[1]-Pierre Bourdieu. haute couture et haute culture, in questions de sociologie Editions de minuit1980.
</p><p>[2]-Paru en France en deux parties : la civilisation des mœurs Pocket Agora 2003 , et la dynamique de l’occident Pocket Agora 2003
</p><p>[3]-René Girard. La violence et le sacré Grasset 1972. </p><p>[4]-Thorstein Veblen. Théorie de la classe de loisirs 1899 </p><p>[5]-Yves Michaud. Le nouveau luxe : expériences, arrogance, authenticité stock 2013</p><p>
</p><p>
</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LeLuxeUneEnigmeViolente">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-12-14" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N16LePassCultureAbandonDeLaPolitique" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_culturelle_en_gestation" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 05:59:18" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N16LePassCultureAbandonDeLaPolitique"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Le pass Culture, abandon de la politique culturelle </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N16LePassCultureAbandonDeLaPolitique" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>14/12/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Le pass Culture, abandon de la politique culturelle </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_culturelle_en_gestation">
                      Une démocratie culturelle en gestation 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div></div><div>Le Pass culture a été présenté lors de la campagne électorale comme le « chantier prioritaire » de la politique culturelle du quinquennat Macron. Pour le ministre de la culture, Franc Riester, c’est « une clé vers la liberté pour les jeunes ». Ce dispositif, accompagné d’un crédit de 500 euros, est pour le moment l’objet d’une expérimentation dans 14 départements auprès de 10000 jeunes de 18 ans volontaires, et, à terme, est voué à s’étendre à tous les jeunes de cet âge, puis – sans que des crédits publics soient prévus– à l’ensemble de la population. Il est donc logique d’en inférer la conception de la culture de nos gouvernants, et singulièrement notre Président.<br /><br />Pour être direct, cette affaire est scandaleuse. Et cela d’un double point de vue. Sur le premier il n’est guère utile de s’attarder : cela a été l’occasion de conflits d’intérêts, et de « folles rémunérations », pour les responsables du dispositif, malgré l’échec patent dans la mission confiée, selon un article de Mediapart (1), ce qui a entraîné la démission et le remplacement avec réduction de rémunération de son président. Notons que cela suffit à montrer à quel point cette innovation « culturelle » s’inscrit d’emblée dans le contexte du néolibéralisme ambiant<br /><br />.Elle est scandaleuse surtout, par la conception de la culture qu’elle dévoile  ou, pour être plus exact, sur l’abandon d’une vraie politique culturelle. Il n’est pas possible ici de développer ce que, depuis la création du ministère de la culture en 1959 pour André Malraux, on entend par « culture », et l’ambition humaine et sociale que doit porter une politique culturelle. Nous renvoyons pour cela à la revue Projet d’octobre 2019, « la culture c’est pas du luxe » dont l’eccap a reproduit l’éditorial « la culture, un bien fou ».<br /><br />On y montre l’admirable travail d’ATD et de son fondateur, Joseph Wresinski, qui considérait la culture comme un bien premier, offrant aux démunis des livres avant même de leur dispenser l’aide alimentaire. Ces articles soulignent qu’elle offre des trésors de première importance, comme la musique ou la poésie. Elle donne les outils intellectuels de l’émancipation individuelle, ouvrant aux plus humbles de nouveaux horizons, et par là accéder véritablement à l’existence. Elle est en même temps l’occasion d’expériences collectives, d’émotions partagées, qui sont autant de façon de tisser du lien social.<br /><br />Le pass culture est aux antipodes de tels élans. Son fonctionnement s’inscrit dans le cadre d’une logique commerciale dont il faudrait justement se libérer. Dans l’élan du management typique de notre capitalisme high tech, une entreprise privée, (donc dotée de l’ « agilité » requise), promue pour cela « start-up d’Etat » est chargée de mettre en œuvre le concept. Juridiquement, il s’agit d’une SAS (société par actions simplifiées), structure publique (pour 70% de l’Etat, et 30% de la Caisse des dépôts). Dans la perspective générale du repli des financements publics, c’est le privé qui est sollicité pour financer l’expérience. Il est spécifié qu’il faut « envisager le développement d’activités commerciales permettant d’assurer une partie significative de son financement ». En plein régime, les 400 millions d’euros requis devraient être obtenus à 80% de fonds privés<br /><br />.En guise d’ouverture d’esprit vers d’autres horizons, l’expérience débouche sur le consumérisme ordinaire  c’est la culture en libre-service : toutes sortes de biens et services sont offerts, des livres, des abonnements à des journaux, à de la musique (quelle qu’elle soit), des jeux vidéos. Comme le montre l’enquête de Mediapart, « le livre arrive en tête des dépenses du pass mais se dirige surtout vers les classiques programmés dans le cadre scolaire, suivi de la musique, dont les trois quarts vont vers la plateforme de streaming Deezer ». Faut-il s’en consoler en regardant l’Italie, où, dans une expérience analogue, le « bonus cultura », les livres offerts sont revendus au marché noir.<br /><br />Alors que l’on pourrait penser qu’une politique culturelle cherche à éloigner les jeunes de l’emprise des nouvelles technologies de la communication, et des tendances à l’addiction, le smartphone est au contraire incontournable : une application est censée guider les jeunes dans leurs choix culturels. La logique du dispositif aboutit à les rendre encore plus captifs des opérateurs du numérique  en effet, pour suppléer l’absence de financement conséquent, ils sont sollicités pour offrir des abonnements gratuits, qui, comme chacun sait, se transforment de façon plus ou moins automatique en abonnements payants, pour le plus grand profit de ces offreurs.<br /><br />On aurait pu espérer que la politique culturelle dépayse les jeunes par rapport à l’univers des réseaux sociaux  au contraire, c’est en fait la culture qu’on y adapte : il faut cliquer selon ses goûts sur des propositions telles que « applaudir », « écouter », « jouer », « lire », « pratiquer », « regarder », « rencontrer »… on ne s’éloigne donc pas trop du « like »… Or, il est clairement établi que l’internet tend à replier ses utilisateurs sur une bulle cognitive, dans laquelle seules passent les informations désirées provoquant plaisir, surprise ou émotion, à l’exclusion de toute autre susceptible de développer l’esprit critique. Mais rassurons-nous, puisque l’algorithme est conçu pour « éloigner le jeune de sa zone de confort et de son horizon habituel»… En l’occurrence, il ne sera jamais très éloigné de son écran. Au lieu qu’elle permette l’ouverture sur les autres, il est largement admis au contraire que cela favorise la tendance croissante à la clôture sur soi-même, à la fermeture aux autres, à l’inaptitude à un véritable dialogue<br /><br />.Dernière antinomie entre ce dispositif et la véritable culture, le peu de place laissé à la création. Tout au plus peut-on imaginer qu’on y trouve des liens vers des groupes locaux ou des ateliers la pratiquant, mais ce n’est pas de ce côté que s’orientent les financements, ainsi que le regrette Patrick Bazin, ancien directeur de la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, dans un article du Monde (2)<br /><br />C’est un cas typique d’application de l’idéologie néolibérale, à savoir l’application de la logique de marché à des domaines où elle n’a pas sa place. Tous les éléments d’un marché de concurrence (presque) parfaite y sont  un grand nombre d’offreurs est mis en relation avec un grand nombre de demandeurs, et grâce au numérique ceux-ci bénéficient d’une bonne information sur ces offres. Mais justement, la théorie des marchés postule que les consommateurs sont déjà dotés de préférences  or, dans le cas présent, il n’en est pas d’autres, pour la plupart des jeunes, que celles que leur ont inculquées les industries culturelles, avec leurs produits de masses. Faut-il rappeler qu’un bien culturel n’est pas un bien comme un autre ? L’accès à une culture plus exigeante passe nécessairement par la construction d’une appétence, ce qui passe par l’éducation, et de façon générale par les relations humaines, que ne pourra jamais suppléer la communication numérique.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>(1) Le pass Culture procure surtout des passe-droits Mediapart 1er novembre 2019<br />(2) Patrick Bazin Le Pass culture aurait pu constituer une preuve de confiance dans la capacité d’expression de la jeunesse » Le Monde du 19 nov 2019</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N16LePassCultureAbandonDeLaPolitique">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-11-13" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N14LesEmeutesContestationOuAccompliss" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 06:01:02" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N14LesEmeutesContestationOuAccompliss"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Les émeutes: contestation ou accomplissement de la mondialisation libérale ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N14LesEmeutesContestationOuAccompliss" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>13/11/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Les émeutes: contestation ou accomplissement de la mondialisation libérale ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Chili, Liban, Hongkong, Algérie, Catalogne…..En cet automne 2019, des émeutes se multiplient aux quatre coins du monde. La simultanéité de ces explosions sociales nous interroge  il est difficile d’y voir un simple effet du hasard, et cela conduit à rechercher un dénominateur commun qui nous mette sur la piste d’une cause surplombant la diversité manifeste de ces mouvements.</div><div><br /></div><div>Chaque commentateur recherche ce facteur commun là où le conduisent ses propres convictions idéologiques  refus des inégalités économiques, rejet des taxes sur tel ou tel produit, protestation des classes moyennes contre la baisse de leur niveau de vie, aspiration à une démocratie débarrassée des corps intermédiaires confisquant le pouvoir, révolte contre la corruption des élites, etc.</div><div><br /></div><div>Aucune de ces suggestions ne résiste vraiment à l’analyse de détail. Ces facteurs, même s’ils sont relativement fréquents,  ne se séparent pas facilement de leur contexte local. Il semble que ce soit plutôt du côté de la façon dont ils se déclenchent et dont ils se déroulent qu’on puisse trouver des points de convergence moins discutables entre ces mouvements de révolte. Il y a d’abord la violence, même si elle est le fait de groupes minoritaires, et même si elle peut se plaider parfois comme réaction à la répression de manifestants se déclarant a priori non violents. Il y a surtout le recours, totalement généralisé cette fois, aux nouvelles technologies de la communication, dont les liens avec cette violence ne sont d’ailleurs pas absents.</div><div>Les pesanteurs idéologiques déjà mentionnées inciteront à n’y voir qu’une convergence formelle, considérant que les réseaux et autres modes de communication numériques ne sont qu’un nouveau mode d’expression favorisant, tout au plus, la mobilisation des militants et le déroulement des opérations. Ces technologies ne seraient qu’une écume, à la surface des choses, les vraies causes se situant dans les souffrances générées par la réalité économique sociale, et politique. Rien de vraiment « nouveau sous le soleil », donc, si on cède à ces interprétations traditionnelles.</div><div>Plutôt que de chercher ce dénominateur commun flou unissant ces mouvements, ne conviendrait-il pas au contraire d’isoler celui qui est peut-être le plus significatif, le plus marqueur d’avenir, à savoir celui du Liban, déclenché par une taxe sur la messagerie Whats’app ? Cela permet d’apercevoir qu’au contraire ces technologies sont au cœur de notre société mondialisée. Comme à l’origine du mouvement des gilets jaunes, la hausse de la taxe sur le carburant était insupportable aux catégories de la France périphérique dépendantes de leur véhicule, une taxe sur la messagerie en vogue, par sa commodité et son faible coût d’utilisation, est insupportable à l’immense population de ceux qui ont fait du smartphone un instrument agrégé à leur être comme une véritable prothèse.</div><div><br /></div><div>Il faut prendre conscience de la force structurante de ces nouvelles technologies de la communication. Philippe Delmas, dans un livre tout récent<a href="#_edn1">[1]</a>, parle de « granularité », pour montrer qu’elles ont des conséquences dans l’ensemble de la vie économique, sociale et politique. A travers elles, ce sont des modes de pensées, des représentations, des façons d’être ensemble qui se fabriquent en grande partie, et cela, de façon uniforme à travers la planète. Le village global de Marshall McLuhan, c’est-à-dire la même information pour tous, partout dans le monde, est ainsi réalisé par la révolution numérique. Plus que jamais se vérifie ce qu’Hannah Arendt écrivait déjà en 1968  « Pour la première fois dans l’histoire universelle, tous les peuples de la terre ont un présent commun. (…) chaque pays est devenu le voisin presque immédiat de chacun des autres et chaque homme éprouve le choc d’événements qui ont lieu de l’autre côté du globe »[2].</div><div><br /></div><div></div><div>De ce point de vue, ces émeutes sont le signe d’un échec d’une des dernières utopies, celle de la construction d’un lien social par la communication, structurant l’espace public, que l’on pouvait étayer avec une certaine lecture de Habermas. Car c’est plutôt une désagrégation de ce lien dont ces mouvements de révolte sont le signe. En paraphrasant Jaurès, on peut avancer que les nouvelles technologies portent la violence comme la nuée porte l’orage. Un autre signe significatif en ce sens est le port de masques, très répandu dans les émeutes, et, depuis les Anonymous et Occupy, évoluant en concomitance avec l’essor de l’internet. Le masque qui émerge rapidement, depuis le Liban, justement, à Hongkong, au Chili, et ailleurs, est celui issu du film « Joker » récemment sorti sur les écrans. L’ambiance générale du film est certes propice à ce rapprochement  mais comment ne pas noter que ce sont, comme celui-là, des symboles issus de la société du divertissement qui tendent à faire l’unanimité dans ces mouvements ?</div><div>En même temps apparaît l’impasse dans laquelle se déroulent ces révoltes  les contestations, pour légitimes qu’elles soient, se font de l’intérieur de la société marchande mondialisée. Des défis sont lancés aux pouvoirs politiques en place, des injustices dénoncées, etc, mais le tout est récupéré par les grandes firmes du consumérisme : les masques sont en vente sur Amazon, et les dénominations des mouvements eux-mêmes (gilets jaunes, nuit debout,#metoo, etc) deviennent des marques commerciales. Autrement dit, les agents dominants du néo-libéralisme engendrent les mouvements sociaux par les dysfonctionnements du système, mais, en même temps, ils encadrent ces mouvements en leur fournissant leurs armes que sont les outils de communication, et au bout du compte s’en nourrissent par les marchés dont tout cela leur offre l’opportunité.</div><div>Ainsi les émeutes en se déployant, referment sur leurs protagonistes l’étau qui les enserre. Il nous faut, pour changer de cap, trouver la voie par laquelle sortir de ce cercle vicieux. Elle passe par une maîtrise politique du développement des nouvelles technologies, à commencer par celles qui interviennent dans la formation et l’information.</div><div></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Philippe Delmas, un pouvoir implacable et doux la tech ou l’efficacité pour seule valeur Fayard[2] Cité par Pankaj Mishra L’âge de la colère, une histoire du présent Zulma essais 2019<br />[2] Cité par Pankaj Mishra L’âge de la colère, une histoire du présent Zulma essais 2019</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N14LesEmeutesContestationOuAccompliss">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-07-20" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N4LesInegalitesLesRetraites30042019" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 06:13:43" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N4LesInegalitesLesRetraites30042019"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Les inégalités, les retraités </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N4LesInegalitesLesRetraites30042019" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>20/07/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Les inégalités, les retraités </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div></div><div>La dénonciation des inégalités est un des sujets les plus sensibles, constamment au centre des revendications des gilets jaunes, et souvent abordé lors du grand débat qui vient de s’achever. Ce thème suscite une indignation quasi mécanique, et parler d’inégalités scandaleuses relève pratiquement du pléonasme. Pour les Français, « Huit personnes sur dix considèrent que la société française est plutôt injuste, que les inégalités ont plutôt augmenté au cours des cinq dernières années et que cela va continuer à être le cas à l’avenir»[1].Peut-on douter qu’un sentiment collectif d’une telle force soit justifié ? Assurément pas  pourtant, il faut prendre le soin de distinguer de la réalité le ressenti de la population, et saisir de façon précise les faits qui expliquent ce sentiment pour en comprendre exactement la signification. </div><div><br />En effet, s’il y a eu depuis dix ans dans notre pays un léger élargissement des revenus, c’est avant prélèvements sociaux, impôts et versements des prestations sociales, vaste mouvement de transferts qui réduisent considérablement les écarts. Avant redistribution, l’écart entre les 10% les plus aisés et les 10% les moins aisés en 2017 est ramené de 22,4 à 5,6, et de 8,4 à 3,9 pour l’écart entre les 20% les plus riches et les 20% les plus pauvres[2]. L’Etat-Providence réduit considérablement les inégalités, et ces écarts changent peu dans le temps.</div><div><br />Ce qui fonde l’indignation, c’est l’indécente envolée depuis quelques décennies des revenus d’une infime minorité de la population  ceux des 0,01% (6000 personnes), ou même des 0,001%, c&apos;est-à-dire les célébrités du sport, de l’art, du luxe, et les patrons du CAC 40  indignation renforcée par le comportement assumé de beaucoup de ces personnes, (dépenses pharaoniques, évasion fiscale, etc), dont l’ancien patron de Renault a offert un exemple typique. De tels agissements nourrissent de façon convaincante l’idée répandue d’une sécession des riches, à ceci près que, dans un certain sens,elle est fausse ! Car ils ne sont pas retranchés sur quelque planète lointaine, mais bien présents parmi tous ! Il n’y a qu’un seul monde (le « village global » de Mac Luhan), qui est celui des médias de masse, de la communication numérique, des réseaux, et de la mise en spectacle de l’ego  c’est dans ce monde que sévissent ces privilégiés, et qu’ils nous assènent leur luxe et leurs frasques en spectacle. </div><div><br />l est frappant que la récente compétition des grandes fortunes du pays pour financer la restauration de Notre-Dame a été complaisamment livrée aux médias (les dons auraient pu être discrets, sinon secrets), et à été l’objet d’un déluge de tweets. Le pouvoir de les rendre visibles multiplie les effets délétères des inégalités sur le corps social. Peut-on sérieusement penser que cette quête insatiable d’une richesse toujours croissante, alors qu’elle atteint des niveaux déjà ahurissants, a pour but d’améliorer le bien être ou de satisfaire des besoins réels de ses bénéficiaires? A l’évidence, ces gens-là sont saisis par l’hubris, c’est-à-dire qu’ils cherchent à assouvir un fantasme de toute puissance, à sortir de la condition humaine, devenir l’égal des dieux…et l’on sait que dans tout récit, il n’y a pas de dieux sans combats des dieux.Ils ont avant tout la fureur de vaincre, d’écraser, d’écœurer leurs contemporains, pour leur signifier cette toute puissance  de les tuer symboliquement, en quelque sorte<a href="https://xsgl8.mjt.lu/nl2/xsgl8/5t7t2.html?hl=fr#_ftn3">[3]</a>. En ce sens, cette indignation (mêlée de fascination) de leurs contemporains, ils la recherchent, ils la provoquent, ils s’en nourrissent.</div><div><br />Cela éclaire de façon différente la véhémence de l’indignation générale de la population devant les inégalités. Car c’est bien à ce jeu de recherche de la richesse individuelle que nous sommes conviés. Et c’est bien à ce jeu que s’adonnent les gilets jaunes, à quel niveau que ce soit  c’est dans un tel cadre que leurs revendications se justifient. Notre Président, lors de sa campagne affirmait qu’il serait bon que nos jeunes souhaitent devenir milliardaires. Tout, dans notre société, la publicité, la stratégie des marques, les séries télévisées, les comportements des animateurs médiatiques, etc, nous incite à surconsommer, et à céder à l’injonction d’acquérir des gadgets de haute technologie qui ne répondent à aucun véritable besoin, en liant le niveau et le genre de dépenses à l’affirmation de son identité. </div><div><br /></div><div>A ce jeu, la quasi-totalité des êtres humains est forcément perdante. Il en résulte un ressentiment très vif envers les riches : « On les jalouse, on les envie, surtout on ne les aime pas. » affirme l’historien Rainer Zitelman[4], et ce ressentiment ruisselle (bien mieux que la richesse !) sur l’ensemble des personnes qui réussissent mieux que soi. Il est significatif que toutes les catégories sociales estiment qu’elles devraient gagner beaucoup plus que ce qu’elles gagnent[5] (voir graphique 11 ci-dessus). La dénonciation des inégalités ne découle pas – pour la plupart – d’une vertueuse aspiration à une société juste  c’est du côté des théories de la frustration relative qu’il faut se tourner pour élucider finement les mécanismes psychologiques qui engendrent cette violence dans les rapports sociaux. </div><div><br />Si cette interprétation n’est pas erronée, elle fournit aussi les coordonnées du changement de cap. En plus d’une action politique volontariste et énergique pour limiter les inégalités et entraver la constitution de ces fortunes scandaleuses, et au-delà d’elle, dans un horizon plus long, il faut désamorcer cette compétition mortifère, en transformant peu à peu la culture dominante, par l’éducation, et par une maîtrise des médias et de la communication, en empêchant leur accaparement par les mêmes forces qui ont intérêt à cette frénésie généralisée de l’enrichissement personnel. L’envie n’a de sens que si l’envieux « prend » dans le système de motivation du gagnant. Imaginez le vainqueur d’un marathon courant seul, parce que les autres s’en foutent… de « gagnant » il devient ridicule… il n’en tire plus aucune gloire. Le jour où une grande partie de la population aura compris que les comportements de nos super-riches sont au fond ridicules, parce que les biens les plus désirables ne sont pas les biens économiques, la victoire aura changé de camp, et toute la dynamique sociale en sera bouleversée. <strong><br /></strong></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Baromètre d’opinion 2018 de la DREES n°=35 avril 2019<br />[2] Portrait social 2018 de la France[<br />3] Voir Maurice Merchier « la violence du luxe » dans l’eccap<br />[4] Pascale Krémer et Eric Collier, Le Monde du 19 avril 2019<br />[5] Baromètre d’opinion de la DREES .        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N4LesInegalitesLesRetraites30042019">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2019-10-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LesLendemainsNeChanterontPlus" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,une_autre_economie" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 05:04:27" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_LesLendemainsNeChanterontPlus"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Les lendemains ne chanteront plus </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_LesLendemainsNeChanterontPlus" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/10/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Les lendemains ne chanteront plus </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_autre_economie">
                      Repenser la science économique 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>La plupart des économistes s’accordent sur le fait qu’une nouvelle crise est inéluctable, même si on ne peut en prévoir ni le moment exact, ni le maillon faible par lequel elle adviendra.</div><div>Gaël Giraud, dans l’émission Quartier libre visible sur youtube[i], cite l’importance de l’endettement privé, l’énorme dette des étudiants américains, la bulle immobilière chinoise, rendant fragiles des grandes banques publiques de ce pays, ou la fragilité des banques européennes. Les désordres politiques, notamment en Italie, les tensions géopolitiques, les incertitudes liées au Brexit, la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis ne peuvent qu’aggraver ce risque  l’Allemagne semble déjà entrée en récession.Parmi les symptômes de cet état de pré-crise, tous s’accordent également sur les anomalies concernant le mouvement des taux d’intérêts. Leur niveau est anormalement bas, voire négatif, et la hiérarchie « normale » entre taux à long terme (normalement plus élevés) et taux à court terme se réduit, ou même tend à s’inverser  aux Etats-Unis, le taux des emprunts à 2 ans est supérieur au taux à 10 ans  en Europe, le taux des prêts aux banques est de 0%, et le taux des dépôts des banques à la BCE est négatif. En France, les taux sont négatifs pour toutes les échéances inférieures à 7 ans  le 5 septembre, l’Etat français a emprunté 1.5 milliards à – 00.3% pour 15 ans. En Allemagne et en Suisse, des pénalités sont appliquées par les banques commerciales sur les dépôts des gros clients.</div><div>De multiples articles débattent des raisons économiques de ces anomalies financières, et/ou de leurs conséquences. Il est plus rare d’examiner les correspondances de cet état de choses que l’on peut repérer dans d’autres sphères, dans la vie sociale, dans la culture, dans les comportements ordinaires. En effet, les phénomènes monétaires, n’en déplaise aux économistes orthodoxes, sont reliés au cœur des sociétés.[ii]</div><div>Les manuels d’économie définissent le taux d’intérêt comme étant le prix à payer pour compenser la préférence pour le présent  cent euros aujourd’hui sont préférés à la même somme promise dans un an, et plus encore à cette somme dans dix ans. C’est d’ailleurs la justification simple de cette hiérarchie des taux, entre le court et le long terme. Or, le « prix du temps » est aussi une valeur symbolique, qui certes, n’est pas mesurable, mais dont les changements peuvent être mis en relation avec son acception économique. Quelle correspondance peut-on établir aujourd’hui avec ces perturbations des taux d’intérêt ?L’effondrement des taux d’intérêts, le fait que les taux longs sont plus encore affectés, et l’aberration des taux d’intérêts négatifs sont la traduction économique de la dévalorisation générale du futur au profit du présent, que l’on qualifie souvent de « présentisme » , « d’immédiateté », de « courtermisme », ou de l’incapacité de s’inscrire dans la durée. L’incertitude concernant l’avenir se fait si forte qu’il s’efface dans les consciences et que seul le présent ou l’avenir tout proche sont pris en compte au moment des choix à opérer dans de multiples domaines.L’inversion de la hiérarchie du temps est sensible dans le domaine de la formation. Les filières courtes, mais sélectives sont de plus en plus choisies par les catégories favorisées plutôt que les anciennes ou nouvelles filières universitaires longues, aux débouchés incertains. Même les grandes écoles voient leur prestige s’évider (suppression ou réforme de l’ENA, suppression des concours remplacés par des sélections sur dossier, fin des épreuves de culture générale, etc)  les classes préparatoires ont peine à recruter.... n’est-ce pas le prélude au repli des élites sur des formations courtes ?Le domaine dans lequel cet aveuglement volontaire concernant l’avenir est le plus dramatique est évidemment la question écologique. Il semble cependant que compte tenu de l’évidence par le vécu, cette cécité soit en phase de guérison lente, et que la prise de conscience se fasse enfin massive, malgré la persistance de climato-sceptiques irresponsables.</div><div></div><div>La correspondance la plus tangible est celle qui concerne le rapport entre les générations, et, plus précisément, la valeur des connaissances dont elles sont censées être porteuses. Pour bien poser l’analogie, rappelons qu’en matière de finances, l’anomalie est telle que plus la durée du crédit s’allonge, moins l’emprunteur paye d’intérêts, au point qu’il soit parfois payé par le prêteur  de la même façon, on peut imaginer une configuration telle que plus la formation du professeur est longue, moins cher on est disposé à payer ses leçons, et qu’il arrive même que ce soit l’élève qui soit payé pour la recevoir. Idée farfelue ? En fait, nous y sommes  la parole de Greta Thunberg a plus de poids que celle d’un expert du GIEC, et un grand nombre de responsables politiques et même d’intellectuels « marchent » dans cette imposture.Plus généralement, un nouveau mythe manifeste spectaculairement ce dérèglement de la valeur temps : celui de la soi-disant supériorité de la jeunesse dans le domaine de la connaissance, dont Greta Thunberg n’est qu’un exemple. Il est courant d’entendre affirmer, même de la part de bons esprits, que la courroie de transmission des connaissances s’est inversée, et que désormais ce sont les jeunes qui apprennent aux anciens. Faut-il dire cette évidence que rien de ce que savent les jeunes n’a été découvert par eux-mêmes ? Le fait de manipuler avec dextérité un smartphone, ou de s’y retrouver rapidement dans les dédales de l’internet est le produit d’un entraînement (pour ne pas parler d’une addiction) précoce, et non d’un don tombé du ciel dans le berceau, comme le suggérerait l’expression « digital native ». Quant à la jeune suédoise, à l’évidence, contrairement au storytelling, elle ne dit pas un seul mot qui ne lui ait été soufflé  (Pascal Brukner l’a d’ailleurs qualifiée de « perroquet »). Le parallèle est ici saisissant entre cette dévalorisation de la connaissance et la dévalorisation de la valeur monétaire avec le temps…D’autres exemples pourraient être évoqués, comme le succès des jeux d’argent et des paris sportifs, qui confirment l’engouement pour les gains immédiats, aux dépens des détours que sont le travail et l’épargne. De façon générale, les flux ont plus de valeur que les stocks, et tout cela rejoint la notion de « société liquide » théorisée par Zygmunt Bauman. </div><div>Il faut conclure enfin que ces dispositions mentales sont en parfaite adéquation avec le capitalisme néolibéral contemporain, à tel point qu’elles sont encouragées par les pouvoirs publics. En effet, le mauvais traitement réservé à l’épargne traditionnelle (livret A, Assurance-vie, etc), donc le massacre organisé de l’image de l’épargnant (en général âgé) par les responsables politiques contribuent au formatage des individus afin de les rendre compatibles avec les turbulences du système économique, dont la crise imminente est le premier acte de mutations s’opérant par une nouvelle vague de destructions soi-disant créatrices dans de nombreux secteurs.On savait que les lendemains ne chanteraient plus  on n’imaginait pourtant pas qu’ils deviendraient superflus</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[i] https://www.youtube.com/watch?v=aZy2il2wGFQ<br />[ii] Michel Rocard avait écrit en 1975 avec Jacques Gallus un ouvrage dont le titre était « l’inflation au cœur », dans lequel il montrait que ce désordre monétaire était lié à des mutations sociales profondes.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LesLendemainsNeChanterontPlus">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-03-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LesMutationsDuJournalisme" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_culturelle_en_gestation" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 06:35:45" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_LesMutationsDuJournalisme"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Les mutations du journalisme </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_LesMutationsDuJournalisme" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/03/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Les mutations du journalisme </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_culturelle_en_gestation">
                      Une démocratie culturelle en gestation 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Jean Daniel est décédé le 19 février. Les hommages se sont multipliés, et le Président de la République a présidé une cérémonie d’hommage national aux Invalides vendredi 28. Jean Daniel avait une haute conception du journalisme, et l’a mise en œuvre en créant puis dirigeant le Nouvel Observateur, à une époque où la presse écrite exerçait un rôle déterminant dans le débat public. L’évoquer ne peut que souligner la dégradation manifeste de ce débat, du fait de transformations considérables du système d’information. Or, la qualité de la démocratie est liée de façon consubstantielle à la qualité de ce débat public.<br /><br />Il avait une attitude d’ouverture et d’exigence par rapport à l’évènement, assumant ce mot d’Emmanuel Mounier « l’évènement sera notre maître intérieur ». Cela résonne de façon étrange à l’époque des fake news, quand les faits ne sont plus retenus en fonction de leur vérité et de leur importance réelle, mais selon leur pouvoir de séduction, de sidération ou d’émotion.<br /><br />Il avait à cœur que le journalisme soit un vecteur de diffusion de la culture, et éclaire sous cet angle la vie politique. Toutes les rubriques en étaient imprégnées, et les grands intellectuels – Michel Foucault, Roland Barthes, Claude Roy, François Furet, Edgar Morin et bien d’autres, très proches de lui, participaient à l’aventure de ce nouveau journal. Les choses ont également bien changé de ce point de vue  l’impératif est aujourd’hui de divertir, les humoristes ont dans les émissions d’information une place de choix, jusqu’à les animer parfois, en prenant l’ascendant sur les journalistes, et les saltimbanques y sont les bienvenus.<br /><br />Il avait du débat, des convictions politiques et de leur relation à la vérité une conception telle que la démocratie ne serait pas en crise si de tels principes prévalaient. Non seulement il était à l’écoute des opinons de ses contradicteurs, mais il y accordait une grande importance, considérant qu’elles contenaient une part de vérité. « Le péremptoire n&apos;est plus supportable. J&apos;ai décidé, quant à moi, de m&apos;intéresser toujours aux raisons pour lesquelles on est en désaccord avec moi. » La recherche systématique de la nuance, la pratique du doute qu’il pratiquait sont des conditions propices au dialogue. Au contraire, on assiste aujourd’hui à une confrontation brutale des points de vue  des positions souvent dogmatiques s’opposent de façon tranchée les unes aux autres, et, surtout, comme des affaires d’actualité l’illustrent, c’est le discrédit de la personne qui est recherché, au-delà de ses opinions. Au contradicteur a succédé l’ennemi. Toute interpellation est perçue comme une agression.<br /><br />C’est que le journalisme est confronté aujourd’hui à des évolutions qui remettent en cause ses fondements, voire son existence même. Elles sont pour l’essentiel les conséquences du triomphe de l’individualisme narcissique, de la montée du populisme, imprégnant l’ensemble des mentalités, au-delà des courants d’opinion ainsi étiquetés, et du bouleversement technologique des communications, entraînant celui de l’économie de l’information.<br /><br />La presse écrite est reléguée pour ce qui est de la vitesse. Les chaînes d’information continue, puis la propagation par les réseaux et les tweets produisant de l’information en temps réel. Mais ce sont en même temps les fonctions de tri, de vérification, de hiérarchisation des nouvelles par le journaliste qui disparaissent. Les professionnels n’ont plus le monopole de l’information, qui dégorge de façon désordonnée par de multiples canaux, entraînant approximations et manipulations. La prolifération de détails souvent insignifiants, les rumeurs, les affirmations complotistes construisent dans les représentations un monde alternatif, dans lequel la réflexion est supplantée par la colère et l’indignation, postures bien plus efficaces pour obtenir le succès et la réputation dans cet univers virtuel. La lutte que se livrent les médias n’est plus celle de la formation des opinions, mais celle de la captation de l’attention.<br />La caractéristique principale du populisme, qui imprègne l’air du temps, est, comme le démontrent les sondages, la défiance envers les élites. Les médias, dont les acteurs sont perçus comme y appartenant, se trouvent relégués tout au fond du classement par les indices de confiance. Ce discrédit intègre de façon indistincte (alors qu’il s’agit de métiers très différents) la presse écrite, quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle, nationale ou locale, la radio et la télévision, les JT comme les chaines d’information en continu. On voit fréquemment que cela peut aller jusqu’à des agressions physiques contre des journalistes de terrain.<br /><br />Sous l’effet de la révolution numérique, le métier de journaliste se voit contraint d’évoluer. La presse écrite est en train de s’affaisser, malgré des aides publiques importantes, du fait de la baisse des tirages et de la hausse des coûts  les grands journaux sont contraints de migrer vers le numérique. Certains grands quotidiens parviennent à se maintenir à flot grâce à la croissance rapide de cette nouvelle forme de diffusion, et à la fréquentation de leur site  mais d’autres journaux sont voués à la disparition.<br />Pour opérer cette mutation, ce sont des milliardaires souvent venus de secteurs n’ayant rien à voir avec l’information qui apportent les capitaux indispensables, et se partagent la propriété des groupes de presse ou de télévision  cela s’accompagne de plans sociaux et les équipes rédactionnelles voient se réduire leurs moyens. Leur liberté d’expression est théoriquement assurée par des dispositifs réglementaires, mais il est difficile de croire en leur totale indépendance par rapport aux intérêts économiques des capitalistes dont elles dépendent.<br /><br />L’orientation vers le numérique signifie aussi l’augmentation du pouvoir des grandes plateformes en ligne (comme Google actualité) qui reproduisent les articles des journalistes pour obtenir des recettes publicitaires, sans leur rétrocéder une juste rémunération[1]. De façon générale, cette orientation renforce la logique capitaliste qui prévaut dans le secteur et produit une pénétration plus forte et plus insidieuse de la publicité. Celle-ci va jusqu’à s’insinuer dans le contenu même des journaux en ligne. Sur le site du journal Le Monde, par exemple, on trouve – sur le même plan qu’un article ordinaire – une annonce de baisse des prix sur les offres de box Internet et forfait mobile d’un grand opérateur téléphonique, avec au bout du pseudo-article la discrète mention « La rédaction n’a pas participé à la réalisation de ce contenu. »<br /><br />Karl Polanyi a montré que le capitalisme autorégulé du XIXème siècle – qui a débouché sur des catastrophes historiques – s’était construit à partir de la transformation en marchandises de la terre, du travail et de la monnaie. On peut prolonger et adapter sa problématique au XXIème siècle, qui ajoute à cela la marchandisation totale de l’information. D’autres catastrophes en découleront probablement, à commencer par l’effondrement de la démocratie. Il est indispensable que l’information soit considérée comme un bien commun, et qu’émergent pour cela de nouveaux types de sociétés dont les statuts permettent d’échapper aux puissances d’argent.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] La directive européenne sur les droits d’auteurs et les « droits voisins » votée en mars 2019 est un compromis avec les GAFAM dont l’effet reste très incertain</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LesMutationsDuJournalisme">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2022-12-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LesReseauxSociauxContribuentALerosionDes" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 06:34:20" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_LesReseauxSociauxContribuentALerosionDes"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Les réseaux sociaux contribuent à l’érosion des liens sociaux. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_LesReseauxSociauxContribuentALerosionDes" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/12/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Les réseaux sociaux contribuent à l’érosion des liens sociaux. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Nous sommes en train de changer de civilisation. Les causes en sont multiples, mais les réseaux sociaux y sont pour beaucoup. Pourtant, cette idée simple n’est pas souvent évoquée dans les débats que nous avons entre nous, malgré une abondante et convaincante littérature qui le démontre. <a href="#_ftn1">[1]</a> Cela s’explique probablement par le fait que les plus jeunes ont pratiqué ces réseaux dès leur enfance, et voient comme naturel d’y consacrer plusieurs heures par jour. C’est pour eux quelque chose de quasiment naturel, comme une évidence, aussi incontournable que de se vêtir, se loger et se nourrir, qu’il n’y a donc pas lieu de remettre en cause, ou même d’analyser. Les plus âgés, à l’inverse, peinent à remettre en cause leurs visions du monde, construites à une époque où ces réseaux n’existaient pas. La pesanteur habituelle du confort intellectuel les amène à considérer cela comme un épiphénomène, sans grande portée, ne remettant pas en cause leurs analyses fondamentales.</div><div>Pourtant, de multiples façons, les réseaux sociaux ont une large part dans l’érosion du lien social que nous pouvons constater.</div><div></div><div>Les réseaux se sont multipliés à partir de ce que l’on a qualifié de « web 2.0 », c’est-à-dire la possibilité pour les internautes d’être sur la toile en position d’acteurs, et non plus seulement de spectateurs d’auditeurs ou de lecteurs, vers la fin des années 90 du siècle dernier. Aujourd’hui, dans le monde, plus de quatre milliards d’individus y sont branchés, à raison de 2h25 par personne et par jour en moyenne. La France compte 61 millions d’internautes, passant en ligne 5 heures 34 par jour, dont 1 heure 46 sur les réseaux sociaux proprement dit. 95% de la population de plus de 13 ans les fréquentent. Bref, les français, en ont fait leur principale activité de loisirs, en y consacrant 15% de ce temps. En comparaison, le temps passé aux activités hors écran dans le domaine culturel est très faible (2 pour le cinéma, moins de 1% pour le théâtre) <a href="#_ftn2">[2]</a>. Cette emprise est évidemment encore plus forte sur les plus jeunes, l’addiction – par ailleurs volontairement produite par les GAFAM, au moyen de leurs algorithmes - étant devenue une pathologie courante. </div><div>Le développement des réseaux sociaux s’inscrivait à l’origine dans l’utopie des pionniers de la Silicon Valley, qui elle-même dérivait de la contre-culture américaine des années 1960. On y affirmait la possibilité, par la magie de la communication, d’abolir les hiérarchies en promouvant « l’horizontalité », de créer des communautés virtuelles dans lesquelles la liberté totale d’expression déboucherait sur la convivialité et l’épanouissement de chacun. Cela permettrait d’abolir les frontières spatiales, temporelles et sociales entre les hommes. Cette nouvelle modalité d’échanges permettrait l’avènement du « Peace and love » et l’aboutissement de la démocratie, les ordinateurs étant les outils de cette victoire de la contre-culture. C’est – en passant - toujours l’idéologie qui anime aujourd’hui Elon Musk dans sa prise de contrôle de tweeter.</div><div></div><div>Certes, il faut porter à l’actif des réseaux des avantages pratiques (forums sur l’usage des produits, sur la résolution de problèmes matériels, sur les voyages, etc.), mais aussi des réussites culturelles, en tête desquelles il y a wikipedia, mais aussi la mine d’informations culturelles et de vidéos pédagogiques que l’on trouve sur youtube. Le crowdfunding permet de financer des projets intéressants et généreux. On peut même aller jusqu’à admettre que des formes de solidarité nouvelles apparaissent, que des relations de proximité sont régénérées, (entre voisins par exemple), que le maintien de contacts avec des proches (affectivement) géographiquement éloignés est facilité, et surtout qu’ils permettent de pallier l’isolement de certaines personnes (notamment de personnes âgées).</div><div>Il faut aussi noter le pouvoir de mobilisation des réseaux, du « printemps arabe » en 2011, à l’Iran aujourd’hui. De ce point de vue, ils sont des instruments au service du progrès social et de la démocratie, et des outils précieux de résistance aux pouvoirs rétrogrades. Il faut reconnaître enfin que #Me Too – dont on pourrait par ailleurs discuter des excès – a débouché sur des avancées se traduisant dans la loi. <a href="#_ftn3">[3]</a></div><div></div><div>Pourtant, il faut bien se rendre compte que leur bilan global est négatif, pour ne pas dire désastreux.</div><div></div><div>On peut y voir la « dernière ruse du capitalisme ». Les données fournies par les internautes sont vendues aux agences publicitaires qui peuvent ainsi cibler leurs messages  cela finance 80% du chiffre d’affaires de Google et 95% de celui de Facebook, siphonnant ainsi les recettes publicitaires des médias traditionnels (la presse notamment) et remettant en cause leur modèle économique. Les sites marchands s’insinuent dans les réseaux, y diffusent des liens, des fiches de produits, des prescriptions de consommation sans que les membres du réseau en soient conscients. Beaucoup de jeunes sont exploités par les firmes, comme « influenceurs », éblouis par l’illusion de l’enrichissement auquel n’accède qu’une infime minorité d’entre eux.</div><div></div><div>Les dégâts occasionnés par les réseaux sont considérables. D’abord, sur le plan personnel, ils ont un impact négatif sur la santé (attesté par de nombreuses études) : troubles du sommeil, déclins cognitifs, troubles de l’attention, anxiété). Ces effets sont d’ailleurs assumés par les responsables, qui mettent délibérément en danger la santé mentale des jeunes pour gagner de l’argent, tout en feignant par d’autres dispositifs de les aider à s’en sortir.</div><div>Les réseaux incitent à l’exhibition de soi, à la recherche de la viralité, pour y trouver des marques de reconnaissance et tenter de s’y construire une notoriété. </div><div></div><div>Le lien social y est reconfiguré, pour ne pas dire désintégré. </div><div>L’amitié y est caricaturée (avoir des centaines d’amis sur Facebook n’a aucun sens), et les relations entre pairs s’y substituent en grande partie à la sociabilité familiale traditionnelle. Ainsi se pratiquent d’autres modalités de la construction de l’identité, convergentes avec l’hyper-individualisme qui s’impose aujourd’hui. </div><div>Les relations qui s’y construisent se déconstruisent aussi vite, car le grand avantage, pour les pratiquants, de ce type de lien est de pouvoir se dénouer très facilement, sans confrontation, sans explication, sans drames… la déliaison y devient plus caractéristique que la liaison. En un mot les réseaux séparent bien plus efficacement qu’ils n’unissent.</div><div>Les « liens forts » (l’amour, l’amitié, la fraternité militante…) s’y trouvent ravalés au niveau des « liens faibles » (ceux qui par exemple se nouent dans une salle de sport, un club de vacances, ou une réunion professionnelle).</div><div></div><div>Une des dimensions les plus graves de ces réseaux est le ravage des normes et des comportements sexuels d’un très grand nombre d’adolescents, ainsi qu’en atteste un rapport récent du Sénat[4]. Une pression s’exerce, notamment sur les jeunes filles pour qu’elles adoptent des pratiques dégradantes (comme le trio fellation-sodomie-éjaculation faciale). </div><div><br /></div><div>Elles y subissent ni plus ni moins qu’une nouvelle forme de domination masculine. Pour le coup, on se trouve aux antipodes des valeurs défendues par les féministes (y compris les « radicales »), et par le réseau #metoo. De graves dégâts psychologiques – jusqu’au suicide - peuvent résulter de chantages comme les sextings ou les « nudes » (divulgations de photos de parties intimes). </div><div>Les codes amoureux sont revisités (pour ne pas dire « dévastés »). Les abréviations dans les messages, les smileys, et les photos dispensant de l’effort d’inventivité du discours de séduction. Eva Illouz examine Tinder comme la matrice de cette sexualité nouvelle. Elle l’analyse comme le moyen de réduire l’amour au « just fuck », sans temps « perdu » à se faire la cour, sans gestion affective des conséquences de la relation sexuelle <a href="#_ftn5">[5]</a></div><div></div><div>La culture – si l’on ose dire – qui prévaut sur les réseaux est affligeante. La haine de la culture (savante) y est davantage pratiquée. Les croyances et autres fake-news balayent la recherche de vérité. L’émotion l’emporte sur la raison. La culture du partage (le « peer to peer ») dégénère en culture du piratage. On y reproduit en masse, on y produit rarement  les pastiches, sampling, remixages customisations, tunings y font office de création. Les « hackers » montrent la voie aux autres.</div><div><br /></div><div>L’humour – obligé – pratiqué est le « lol » (laughing out loud), ou le « lulz » , à savoir des formes de moqueries méchantes, une esthétique de l&apos;absurde, du cocasse et du grotesque qui par ailleurs a quelque chose à voir avec certaines publicités, ou même certaines pratiques de l’art contemporain. Pour résumer, disons que cette « culture » est le parti-pris pour la bêtise, qui s’y déploie sous de multiples formes.</div><div></div><div>Il serait trop long d’exposer encore les conséquences des réseaux sur l’information (ou la désinformation) qui compromet gravement la construction de l’esprit civique. Ils sont en fait la matrice du ressentiment, de la violence et de la haine dont on commence à voir les effets sur la société globale, et notamment sur la vie politique. L’aptitude au dialogue, à savoir au respect d’une opinion opposée à la sienne, laisse la place au rejet global de toute personne la défendant. C’est la « cancel culture », celle de l’effacement, du rejet de l’autre, de la négation de son existence. </div><div></div><div>Au–delà de l’indispensable régulation (lois contre la cyber-haine, comme la loi Avia en France, ou des dispositifs européens comme le Digital Market Act et le Digital Services Act ), il faudra un bouleversement profond de l’ordre capitaliste et néolibéral pour que les réseaux sociaux soient mis au service de l’intérêt collectif.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Par exemple :Bruno Patino La civilisation du poisson rouge, le livre de poche 2020, et tempête dans le bocal Grasset 2022, David Chavalarias , Toxic Data Comment les réseaux manipulent nos opinions, Flammarion.2022, Daniel Cohen ;Homo numericus, la civilisation qui vient Albin Michel (31 août 2022)<br />[2] étude Hobby One, réalisée par Vertigo Research en décembre 2021, auprès d’un échantillon de 14.000 personnes âgées de 11 ans et plus.<br />[3] La loi Schiappa du 3 août 2018 crée une nouvelle contravention, pour outrage sexiste. Celle du 28 décembre 2019, « visant à agir contre les violences au sein de la famille. Celle du 30 juillet 2020, « visant à protéger les victimes de violences conjugales » en août 2021, une nouvelle loi a élargi la définition du harcèlement sexuel dans le code du travail<br />[4] Rapport au Sénat du 27 sept. 2O22 intitulé « Porno : l&apos;enfer du décor » de quatre sénatrices, membres de l’Union du Centre, Les Républicains, du Parti Socialiste et du Parti Communiste.<br />[5] Eva Illouz, La fin de l&apos;amour. Enquête sur un désarroi contemporain, Paris, Seuil, coll. « La couleur des idées », 2020, 411 p., traduit de l&apos;anglais par Sophie Renaut, ISBN : 978-2-02-143034-9.        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LesReseauxSociauxContribuentALerosionDes">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-08-11" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LeTranshumanismeUnHommeAugmenteUneHuma" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 06:22:04" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_LeTranshumanismeUnHommeAugmenteUneHuma"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Le transhumanisme: Un homme augmenté, une  humanité mutilée. </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_LeTranshumanismeUnHommeAugmenteUneHuma" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>11/08/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Le transhumanisme: Un homme augmenté, une  humanité mutilée. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p></p><h3><span>Un processus historique déjà en marche.</span></h3> La marche vers le transhumanisme a déjà commencé. Car il est à l’horizon de deux mouvements historiques qui convergent, et tendent aujourd’hui à fusionner. Ce qui est remarquable, c’est que ces deux processus s’inscrivent sans contestation possible dans ce qu’on appelle « progrès ». Mais parce que nos sociétés n’ont absolument pas encore intégré l’indispensable notion de limites à respecter, ils sont en train, tout en se combinant, de franchir un seuil qui va faire basculer l’humanité dans une autre espèce. Beaucoup s’en réjouissent. <p>Nous pensons qu’il y a plutôt matière à s’alarmer.  Le premier de ces mouvements, c’est la médecine. En réduisant de façon radicale le fléau de la mortalité infantile, en éradiquant nombre de maladies, grâce notamment aux vaccins, et aux antibiotiques, elle a permis un allongement spectaculaire de l’espérance de vie, qui achève de nos jours à s’étendre à la totalité de la population mondiale, même si quelques signes inquiétants de régression sont parfois relevés. La vocation de la médecine est de guérir, donc de maintenir, ou de restaurer le « bon état » du corps et de l’esprit contre les assauts de toutes les espèces de maladies. Mais la frontière est impossible à tracer de façon nette avec la tentation d’améliorer cet état  naturel. La médecine préventive, les vaccins, et toutes sortes de traitements ont déjà pour objet de le renforcer, et implicitement d’augmenter les performances des femmes et des hommes. Le sport professionnel, dont la finalité est devenue marchande, plus qu’une illustration, en fournit maintenant une caricature. Les champions, dans toutes les disciplines, sont déjà des mutants. Le dopage scientifique déjoue toutes les velléités d’interdiction et de contrôle. </p><p>Comme le dit Michael J. Sandel:  « Au fur et à mesure que le rôle de l’augmentation/amélioration [enhancement] s’accroît, notre admiration pour les performances sportives s’estompe. Ou, pour mieux dire, elle passe des performances des joueurs à celles de leurs pharmaciens ! ». Les manipulations génétiques chez les sportifs sont imminentes, si elles ne sont pas encore pratiquées.    L’autre mouvement, c’est celui de la robotisation. Il vient de  beaucoup plus loin que ce que l’on imagine parfois. Car il n’y a pas de solution de continuité entre les étonnants robots d’aujourd’hui et ceux qu’on appelait dans d’autres siècles les « automates ». Déjà chez les grecs, au VIème siècle avant notre ère, le pythagocien Archytas de Tarente grand ami de Platon, avait conçu une colombe de bois capable de voler un peu. Des machines jouaient de la musique, et des  horloges à eau étaient d’une grande précision. Les jardins de Bagdad, vers 800 après Jésus-Christ étaient peuplés d’oiseaux et de créatures mécaniques. A partir du XIVème siècle, les  jaquemarts de plomb sonnent les cloches de nos églises. Le XVIIIème siècle est l’âge d’or des automates : Jacques de Vaucanson fait sensation avec un canard mécanique qui mange, digère, défèque, et la famille d’horlogers suisses Jaquet-Droz met au point un automate qui écrit de véritables textes. Avec Jacquard, on passe de l’automate au robot, avec le premier métier à tisser. L’électricité va permettre à ce mouvement de prendre une ampleur considérable. </p><p>Alors vient le temps de la robotique qui révolutionne les processus de production de façon continue, jusqu’à nos jours. La « robolution » commence dans les usines, dès les années cinquante du siècle précédent, avec ces grands bras articulés qui assemblent, soudent les carrosseries de nos automobiles et autres objets de notre consommation de masse. Elle se poursuit en gagnant tous les secteurs  durant la dernière  décennie, un cap impressionnant est franchi depuis qu’avec les progrès de l’intelligence artificielle, ces machines interviennent dans le tertiaire, avec une efficacité dépassant celle des hommes, même pour les métiers de haute qualification. </p><p>Dans quelques décennies, un avocat sur deux sera un robot. Les médecins, les chirurgiens, les psychologues, les enseignants risquent d’être massivement supplantés par des robots intelligents. L’impact cette révolution sur l’emploi est considérable, et sera abordé dans une autre rubrique. Signalons simplement que l’argument libéral classique des créations d’emplois nouveaux compensant l’inévitable  mouvement massif de destruction de postes – y compris de postes qualifiés – est totalement épuisé. Il n’y a pas de véritable précédent à un bouleversement de cette ampleur dans l’histoire, et son contexte est tout à fait inédit.    C’est à l’intersection de ces deux mouvements, en ce début de troisième millénaire qu’émerge le transhumanisme.  Avec les  robots connectés et mus par les algorithmes naissent les humanoïdes, à l’apparence quasi-humaine. Il y aurait d’ailleurs à s’interroger sur ce choix sans rationalité technique : des chenilles seraient faciles à concevoir et plus opérationnelles que des jambes articulées. Mais l’irrésistible anthropomorphisation démontre irrévocablement que des zones irrationnelles de nos représentations sont sollicitées. (Il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire sur la vogue des « love-dolls »). Dans certains cas, on combine des dispositifs numériques avec des éléments organiques (neurones de rats).  Les progrès de l’intelligence artificielle sont tels qu’après DeepBlue ayant vaincu Kasparov aux échecs, Alphago, conçu par Google,  a pu écraser le champion du monde du jeu de Go. Ainsi les robots  peuvent dialoguer, apprendre, se corriger, (le « deep learning ») et donc mieux s’intégrer dans un environnement humain. Les établissements d&apos;hébergement pour personnes âgées commencent à en introduire.  Parallèlement, les progrès de l’ingénierie génétique sont spectaculaires. La technologie CRISP/Cas9  permet d’intervenir sur le génome humain de la même façon qu’on utilise un traitement de texte, avec des copié/collé. Pour la première fois, en août 2017,  des gènes porteurs d&apos;une maladie héréditaire ont été corrigés dans des embryons humains par une équipe composée de scientifiques américains, chinois et sud coréens.  Enfin, les humains se dotent d’instruments numériques et d’objets connectés qui dopent leurs capacités et même déjà se font implanter des composants numériques miniaturisés dans leur organisme. L’agence digitale New Fusion a fait implanter une puce électronique sous la peau d’employés volontaires qui peuvent ainsi être identifiés sans codes ni mots clés pour ouvrir portes et ordinateurs. Des nanorobots circuleront bientôt dans le corps humain, notamment dans les artères, pour y effectuer certaines opérations.  Les neuronano-technologies vont permettre d’intervenir dans le cerveau, et il sera bientôt possible de fabriquer des cellules artificielles grâce à la biologie synthétique.  Le cyborg, créature mi-humaine, mi-artificielle, jusqu’ici fantasme alimentant romans ou films de science-fiction  est en passe de devenir réalité. Par l’hybridation entre l’homme et la machine, un être nouveau va naître. Ce n’est rien moins qu’une véritable mutation anthropologique qui commence à s’accomplir. Cette perspective est-elle inéluctable ? Est-elle souhaitable ? </p><h3><span>Un mouvement que rien ne semble devoir arrêter</span></h3><p> Le transhumanisme est promu par un mouvement déjà ancien, devenu très puissant. C’est dans une conférence à Dartmouth, dans le New Hampshire, en 1956, que John McCarty invente ce concept. L’année suivante, Julian Huxley (le frère de l’auteur du « meilleur des mondes ») affirme « L’espèce humaine peut, si elle le souhaite, se transcender ». Il revendique les valeurs de la contre-culture californienne des années 70, et peut être considéré comme le prolongement, ou la substitution au mouvement hippie de ces années-là, se réclamant de courants de pensée come l’hédonisme ou le libertarisme, justifiant la liberté de l’homme d’intervenir sur lui-même. Egalement en résonance avec le New Age, il se développe dans le cadre de l’Université de Californie de Los Angeles, et s’épanouit  aujourd’hui au cœur de la Silicon Valley.  Ray Kurzweill, prophétisant  la « singularité », c’est-à-dire le moment où l’intelligence artificielle dépassera l’humaine, aux alentours de 2045, en est une des figures les plus marquantes, ainsi qu’Elon Musk, créateur de Paypal, de la voiture électrique Tesla,  des fusées Space X, ambitionnant de fonder une colonie humaine sur Mars, et travaillant à l’hyperloop, train circulant à une vitesse supersonique dans une gaine. Mark Zuckerberg, créateur de Facebook, est de l’aventure, avec son projet de vaincre la mort, dans lequel il déclare vouloir investir trois milliards de dollars.  On voit bien qu’il ne s’agit pas d’élucubrations de quelque secte microscopique, ni d’illuminations de prétendus gourous isolés. Ces projets sont propulsés par la force motrice de la puissance financière des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) qui, on le sait, ont dépassé en termes de capitalisation les plus puissantes firmes industrielles. Les perspectives de profits futurs de ces activités leur ouvrent les  portes de tous les modes de financement. Leurs dirigeants font incontestablement partie des nouveaux maîtres du monde. On ne voit guère d’autres forces s’opposer à cette implacable conquête de positions inexpugnables au cœur de notre avenir. La quasi-absence de ces questions dans les agendas politiques, et leur marginalité en termes de débats posent question. Cela renvoie à la faillite de nos institutions politiques nationales, européennes et à l’absence d’une gouvernance mondiale digne de ce  nom, engluées dans le discrédit général, embourbées dans des polémiques misérables, incapables d’assumer les défis du long terme.  Mais surtout,  c’est le signe d’une conquête générale des esprits, d’un travail sur les représentations collectives, d’une sacralisation des prouesses technologiques qui ont acquis la force du dogme. On peut d’ailleurs faire l’hypothèse que cette fascination s’installe sur la place béante qu’ont laissée en se retirant les croyances religieuses, (ou s’y combinent de façon insolite dans le cas du radicalisme islamique). La véritable puissance des ces firmes est qu’en même temps, elles disposent des instruments par lesquels se construit la nouvelle vision du monde dont elles ont besoin pour se déployer. Face à la faillite des institutions qui devraient pouvoir leur résister, ou pire, à leur conquête (voir le caractère d’évidence qu’a acquis l’intrusion des instruments numériques à l’école, dont l’accord de partenariat du 30 novembre 2015 entre Microsoft et l’Education Nationale en France est un exemple typique).  Ce sont aussi des standards de consommation, s’inscrivant dans de nouveaux modes de vie qui se diffusent à travers les canaux mondiaux de communication et se généralisent. En d’autres termes, la force de ce mouvement est d’être capable de générer les comportements qui assurent sa progression. Le monde virtuel diffusé par les Smartphones, à l’instar des trous noirs dans l’univers, a une force d’attraction telle qu’il  absorbe toutes  les énergies. La colonisation des esprits s’opère, avec ces écrans dont le  pouvoir de fascination capture les regards au point de les détourner de toute autre forme de contemplation, et surtout du regard des autres, déglinguant ainsi toute velléité de convivialité authentique. </p><p></p><h3><span>Une perversion de l’idée de progrès  </span></h3> Certes, il est confortable d’énumérer les énormes avantages que l’humanité pourrait tirer de cette évolution. Les perspectives ouvertes à la médecine sont vertigineuses : la maladie d&apos;Alzheimer  pourrait être vaincue, et des greffes de neurones viendront à bout de la maladie de Parkinson. Des  nanorobots détruiront les virus et les cellules cancéreuses, et même certains, dotés de têtes et de flagelles, pourront suppléer aux spermatozoïdes défaillants, dans des opérations de fécondation in vitro. Des puces électroniques introduites dans le cerveau des handicapés leur permettront de mouvoir par la pensée leurs prothèses et comment ne pas s’émerveiller devant la possibilité de rendre la vue aux malvoyants, l’ouïe aux malentendants, et  la parole aux muets ?  Mais l’on sait d’avance que ces technologies dépasseront le stade de la guérison, ou de la restauration des organismes abîmés par les accidents de la vie. Les mêmes trouvailles technologiques ouvrent de tout autres perspectives. Aucun comité d’éthique n’est en mesure d’empêcher que quelque part dans le monde ne se multiplient les expériences tendant à « augmenter » l’humanité de capacités nouvelles. Le projet Neuralink, porté par Elon Musk, a pour objectif d’augmenter nos performances cognitives, par le biais d’implants dans nos cerveaux. Il s’agit précisément de doper les neurones en leur permettant l’accès aux bases de données et au cloud. D’autres innovations visent  à augmenter de façon artificielle la mémoire. Les projets de ce type prolifèrent.  Mais c’est peut-être la quête de l’immortalité qui nous interpelle le plus. Déjà des personnes fortunées ont recours à la cryogénie en vue d’une possible résurrection à l’aide des technologies futures. Google développe le projet Calico qui vise une augmentation substantielle de la durée de la vie humaine  des expériences menées à l’université de Rochester ont permis d’augmenter de 30% la vie de souris transgéniques. Plus stupéfiant encore : des chercheurs, comme Raymond Kurzweill envisagent rien moins que de séparer l’esprit du corps, en téléchargeant le contenu du cerveau sur un support artificiel. Cette réplique numérique pourrait ensuite être recopiée dans le corps de notre choix…  Il est temps d’alerter l’opinion sur les risques énormes que les thuriféraires de ces projets fous  ignorent, ou s’évertuent à nous cacher.  D’abord la voie est ouverte à un nouvel eugénisme ;  les bébés seront choisis sur catalogue : couleur des cheveux, des yeux, performances physiques, intellectuelles, etc, à des prix évidemment variables. En d’autres termes, l’humain devient un objet comme les autres, dont la qualité dépend de la valeur marchande. L’allongement substantiel de la durée de vie va dans le même sens. Il va de soi que tous ne pourront profiter de ces techniques médicales, et que la sélection se fera sur  des critères financiers. De plus, l’augmentation démographique qui en résultera – compte  tenu des limites connues de la planète – posera  le problème de la réduction des naissances, donc là encore de choix à caractère eugénique.  Les manipulations génétiques permises par CRISPR pourraient déboucher sur des catastrophes écologiques majeures, qu’elles soient appliquées aux hommes, ou à toute autre espèce. Des changements génétiques accidentels pourraient devenir héréditaires Il ne faut pas non plus négliger les risques de détournement de ces techniques par des terroristes..  On pourrait continuer l’énumération. De façon générale, d’énormes incertitudes pèsent sur ce futur présenté comme idyllique. Pour aller à l’essentiel, il faut déduire de tout cela les contours éthiques de la nouvelle société qui en émergerait, et les options philosophiques sous-jacentes.  Il s’agit d’une résurgence du  millénarisme, dans une nouvelle version numérique. C’est le rêve d’accomplissement du vieux fantasme prométhéen, de l’avènement d’un homme tout puissant, voire d’un homme-Dieu. Mais en fait cela ne pourra déboucher que sur la sortie de l’humanité. Il faut y insister  la perversion du projet, davantage qu’en l’intrusion de machines dans nos existences, tient en  la transformation – déjà amorcée par l’envahissement de nos prothèses numériques – de  l’homme en une machine perfectionnée.  Cette utopie numérique n’est en fait rien d’autre qu’une projection dans la réalité future de l’idéologie néolibérale  une construction issue de l’économisme qui prévaut aujourd’hui, c’est-à-dire de la vision étroitement économique de l’homme et de sa société. Ou, plus exactement, de ce à quoi le néolibéralisme tend à réduire l’homme,  et prétend voir fonctionner la société. <p>On peut illustrer cela en quelques traits </p><ul>  <li>Le réductionnisme rationaliste : considérer qu’à tout problème, même humain, social ou politique, il y a une solution rat
onnelle, mathématique, technique. Cela prolonge l’illusion technocratique exprimée par Saint-Simon au XIXème de substituer l’administration des choses au gouvernement des hommes. Dans le modèle néoclassique (Walras, Pareto…), substrat théorique de l’idéologie néolibérale, il existe un optimum théoriquement réalisable, optimisant le bien-être de chacun. Or, ce sont des états qui, dans la réalité, non seulement sont inaccessibles, mais encore sont totalement indéfinissables. L’accession au bonheur ne peut être assimilée à la résolution d’un système d’équations.</li>  <li>Une vision réductrice de la société qui n’est comprise que comme une agrégation d’individus libres et autonomes, mus par la seule recherche de leurs intérêts individuels, sans conscience collective. Les notions d’intérêt général, de biens communs, d’idéaux collectifs en sont totalement absentes.</li>  <li>Une vision monadique de l’homme, fermé à toute influence d’autrui, à tout courant d’idées extérieur, sans dette, sans devoirs, sans héritage, sans appartenance, sans passé le déterminant.</li>  <li>Le culte de la performance, dans lequel communient côte à côte les sportifs, les acrobates, les artistes (notamment « contemporains »), les managers, les traders, les hackers, les fraudeurs fiscaux, les terroristes, et qui s’impose comme norme jusque dans les relations ordinaires de la vie sociale, et dont il n’est nullement avéré qu’il lui soit indispensable.</li>  <li>L’absence de conscience, et cela dans deux sens : d’abord celui de Rabelais (« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »), c’est-à-dire l’indifférence radicale sur les dangereuses conséquences à long terme des choix accomplis, mais aussi dans le sens philosophique, à savoir la perception réflexive de soi-même comme être pensant, qui semble inaccessible (on ne peut malheureusement pas être définitif sur ce point) aux robots mus par l’inintelligence artificielle, Cette ultime distinction entre l’homme et la machine tend de toute façon à s’estomper, celui-ci évoluant vers celle-là, plus encore que l’inverse,  et est en tout cas superbement négligée par ces nouveaux maîtres du monde.</li> </ul> Il y aurait beaucoup à méditer enfin, sur cette stupéfiante perspective de l’immortalité, qui ignore qu’il y a une utilité de la mort, non pas au niveau de l’individu, mais au niveau de l’espèce (donc de l’humanité).  On pourrait le développer sur le terrain génétique, où elle s’avère indispensable à l’évolution, donc à l’adaptation à un environnement changeant, mais aussi sur le terrain de la création, notamment littéraire ou artistique : il n’est aucune passion, aucune transcendance sur lesquelles elle ne soit inscrite, si ce n’est qu’en « toile de fond ». <h3><span>Comment choisir un autre cap ?</span></h3> L’alerte a déjà été déclenchée en 2014 par un collectif de chercheurs, dont Stephen Hawking, et le physicien Max Tegmark, dans le Hiffington Post, en y affirmant que le transhumanisme serait un grand pas pour l’humanité, mais que ce serait le dernier. A ces avertissements ce sont joints, dans le rôle de pompiers pyromanes, Bill Gates et Elon Musk.  Il n’y a pas à rejeter en bloc toutes les avancées, dans une posture obscurantiste. Mais il est impératif de retrouver la maîtrise collective ce ces évolutions, de poser et d’imposer des limites clairement définies par la puissance publique, après des délibérations démocratiques dignes de ce nom. Il est possible d’en tracer quelques  grandes directions.  Puisque les robots dotés d’intelligence artificielle seront amenés à prendre des décisions, à opérer des choix, et à commettre certains actes, il faut dans leur programmation introduire des règles éthiques. Elles ont été esquissées dès 1942 par l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov. Il faut aller plus loin.  Il y a certains secteurs d’activité dont il faut carrément les bannir, du moins pour ce qui est des décisions finales : entre autres, la justice, la médecine, et surtout l’école qu’il faudrait même sanctuariser à cet égard  car il faudrait enfin admettre une évidence jusque là refoulée : les capacités transférées aux machines, désertent en même temps l’esprit des élèves, et déjà, des adultes. Plusieurs études ont relevé une tendance à la baisse du QI  comment ne pas y voir un lien ?<p>Il faudrait veiller aussi à ce que le recours aux algorithmes ne soit pas un biais permettant aux autorités politiques de s’exonérer de leurs responsabilités. Cette dérive est déjà largement entamée pour ce qui est de la gestion des villes.  Des limites doivent évidemment être imposées aux manipulations génétiques de tout ordre, en définissant le seuil au-delà duquel l’idée d’humanité, construite par plus de deux millénaires d’histoire et de réflexions scientifiques et philosophiques, serait remise en cause.  </p><p>Pour tout cela, il est nécessaire de procéder à des innovations institutionnelles. On ne peut se contenter pour cela d’obscurs comités d’éthiques consultatifs plus décoratifs qu’efficients. Il faut des instances de décision réellement démocratiques, avec un pouvoir politique réel. On peut imaginer pour cela une Assemblée du Long terme, comme il est suggéré dans la rubrique <a href="http://encyclopedie-changement-de-cap.fr/category/avenir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« avenir »</a>.  A plus long terme, justement… toutes ces mesures ne seront efficientes  que dans la mesure où cela s’inscrit dans un changement global de cap, notamment dans un processus de démarchandisation du monde, afin de libérer peu à peu nos sociétés du joug de l’idéologie néolibérale. Ce processus, qui ne produira ces effets que dans plusieurs générations, doit néanmoins être amorcé dès maintenant, parallèlement à la transition énergétique. Des initiatives politiques, sociales, publiques, privées, un réinvestissement des médias dominants seront nécessaires pour commencer ce travail de démystification massive des mirages de la société numérique marchande. </p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LeTranshumanismeUnHommeAugmenteUneHuma">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-11-02" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N38LeVideDIdealPropiceALIslamisme" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 05:42:30" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N38LeVideDIdealPropiceALIslamisme"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Le vide d&apos;idéal, propice à l&apos;islamisme </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N38LeVideDIdealPropiceALIslamisme" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/11/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Le vide d&apos;idéal, propice à l&apos;islamisme </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p><strong>Le vide d&apos;idéal, propice à l&apos;islamisme</strong><br /></p><div>« Ce qu&apos;il y a, en moi, d&apos;affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle » (Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, L&apos;Appel, Plon, 1954)<br />Le meurtre de Samuel Paty, peu après le lancement de la proposition de loi sur le séparatisme, a provoqué un choc tel que le débat sur l’islamisme s’enflamme. François Dubet, ([1]) en fait la synthèse, en montrant les deux camps qui s’opposent, l’un voyant dans « l’islam le terreau de l’islamisme », et l’autre qui le considère comme « la religion des opprimés ». C’est dans ce second camp que se situent ceux que l’on qualifie souvent d’islamo-gauchistes, dont la lecture de l’histoire récente reste inspirée de la problématique marxiste. Pour eux c’est le capitalisme (ou le néolibéralisme) et ses conséquences qui sont à l’origine du djihadisme, La politique impérialiste des Etats-Unis, les entreprises coloniales, la défense des intérêts des grandes firmes, etc, ont déstabilisé le Proche-Orient et préparé les réactions du monde musulman la situation économique et sociale faite aux immigrés depuis l’époque des trente glorieuses constitue le terreau sur lequel l’islamisme s’est développé.<br />Il est vrai que le néolibéralisme est le terrain propice au développement de l’islamisme.. Comme l’écrit A.Caillé au cours du débat entre convivialistes : « le néolibéralisme est aussi délétère pour les principes républicains que l’islamisme et…d’ailleurs ils vont largement de pair. Plus précisément : la destruction du public et des communs par le néolibéralisme ouvre un boulevard à l’islamisme. Autrement dit, la République trahit ses principes depuis des décennies en abandonnant ses enfants qui vivent dans les quartiers en difficulté devenus un terreau pour le djihadisme ([2]) Soyons justes, cela ne date pas de l’arrivée d’E. Macron à la présidence de la République, mais aujourd’hui le mépris à l’égard du plan Borloo d’avril 2018, le refus de la justice fiscale demandée très généralement et notamment après le grand débat national qui a suivi le mouvement des gilets jaunes nous angoisse. Pourtant, au-delà de ces raisons, la véritable cause du développement de l’islamisme se situe dans une autre sphère. On peut, on doit même combattre toutes les formes de racisme et toutes les discriminations. Mais la principale explication de l’islamisme n’est pas dans l’économie ce ne sont pas les injustices sociales et les discriminations (même si elles créent en effet ce terreau favorable) qui en sont à l’origine. Le fondamentalisme musulman qui imprègne maintenant dans notre pays la base de la pyramide, ou la partie immergée de l’iceberg, pour le dire comme Jérôme Fourquet, est le résultat – selon le même auteur - d’une « entreprise politique et idéologique claire ». ([3]). C’est ce qui a permis que s’amorce cette entreprise qu’il faut comprendre.<br />L’intégration des vagues d’immigrés depuis les trente glorieuses est un raté historique dont les conséquences sont graves. Au-delà de la relégation économique et sociale, par le travail à la chaîne et les foyers Sonacotra, puis par le chômage et la dégradation des HLM transformant de nombreux quartiers de banlieue en semi-ghettos, il y a des raisons idéologiques à cet échec la raison essentielle est l’incapacité de la société française à offrir un nouvel idéal à ces nouveaux arrivants… et pour cause, étant incapable de se le créer pour elle-même.. C’est le vide spirituel qui explique le renouveau du fondamentalisme, dans une version de pacotille, (peu de terroristes ont vraiment lu le Coran), exacerbée par des imams incultes manipulés de l’extérieur, et débilitée par les réseaux sociaux.<br />Avec le désenchantement du monde, c’est-à-dire l’affaissement des grandes religions, et l’échec des utopies communistes, rien n’est venu remplir ce vide. Durkheim, au début du siècle, avait compris le défi de la sécularisation du monde et de l’instauration de l’enseignement laïque. « Car, ne l&apos;oublions pas, nous ne pourrons instituer une éducation laïque que si nous pouvons assigner à l&apos;individu une fin qui le dépasse, que si nous pouvons donner quelque objectif à ce besoin de se dévouer et de se sacrifier qui est la racine de toute vie morale. Si la société n&apos;est qu&apos;une apparence, si, par suite, la réalité morale finit à l&apos;individu, a quoi celui-ci pourra-t-il s&apos;attacher, se dévouer, se sacrifier ? » ([4])<br />Comment fabriquer à nouveau de l’idéal ? Il n’est pas certain que le patriotisme soit à la hauteur de ce défi. Mais il est sûr que le dénigrement systématique de notre pays et de son histoire sape efficacement toute velléité de cohésion sociale. Un article de Hérodote, rédigé par son fondateur André Larané « aimer la France quoiqu’il en coûte » l’explique mieux qu’on ne saurait le faire ici. En voici juste deux citations<br />Ce n&apos;est donc pas en invoquant notre régime politique que nous inculquerons aux jeunes Français et immigrants le « désir de vivre ensemble » (dans cette expression d&apos;Ernest Renan, c&apos;est le mot « désir » qui est le plus important) mais en transmettant l&apos;amour de la France, de ses habitants, ses paysages, ses lettres et ses arts, son histoire et ses héros. Y sommes-nous encore disposés ?<br />(…) Quel enseignant osera reprendre l&apos;injonction d&apos;Ernest Lavisse : « Enfant, tu dois aimer la France, parce que la Nature l&apos;a faite belle, et parce que l&apos;Histoire l&apos;a faite grande »... Lequel sera prêt à chanter Ma France avec ses élèves sans craindre de heurter les imams salafistes, les intellectuels de salon qui assimilent la France à un État raciste et pire que nazi, et les bourgeois qui vomissent les « gars qui fument des clopes et roulent au diesel » ?<br />Cette piste est confirmée par certains témoignages d’intégration réussie. Voici par exemple ce que nous dit Wahida El Mansour, maghrébine arrivée en France en 1989 par le regroupement familial : « Samuel Paty, un de mes collègues enseignants, a été assassiné… C’était un collègue professeur qui accomplissait son travail quotidien comme des milliers de professeurs dans nos écoles, nos collèges, nos lycées et nos universités… Pour comprendre ce que ça signifie, j’aimerais vous raconter mon histoire d’amour avec l’École qui n’aurait pas pu avoir lieu sans des dizaines de Samuel Paty. Musulmane, femme, maghrébine de la première ou de la deuxième génération, je suis avant tout française de cœur et de raison par l’École et pour l’École. Je suis française de cœur parce que j’aime Olympe de Gouges, Louise Michel, Simone de Beauvoir, Victor Hugo, Jean Jaurès et tous les autres qui font ma France : libertaire, humaniste, dreyfusarde, résistante. Française de raison, car j’ai appris la liberté à l’école » ([5].)<br /><br />(NDLR : Les propos de Maurice Merchier n&apos;engage que son auteur. Il a quitté depuis le comité d&apos;animation)</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Attentat de Conflans : « Le piège de nos débats se referme sur notre vie démocratique » Le Monde du 21 octobre 2020<br />[2] Voir notre Lettre n°20 : Les responsabilités partagées d’une société de la ségrégation.<br />[[3] Jérôme Fourquet: «Comprendre la pyramide de l’islamisme radical» FigaroVox Publié le 21 octobre 2020<br />[4] Emile Durkheim, L’Education morale p 181 (Cours de sociologie dispensé à la Sorbonne en 1902-1903)<br />[5 Lire la suite dans AOC. 20 octobre 2020</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N38LeVideDIdealPropiceALIslamisme">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2021-03-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N46LiberteDExpressionPourTheoriesBiode" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 05:35:02" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N46LiberteDExpressionPourTheoriesBiode"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Liberté d&apos;expression pour théories biodégradables </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N46LiberteDExpressionPourTheoriesBiode" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/03/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Liberté d&apos;expression pour théories biodégradables </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><img src="https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F45c88f23829eda75ddc821cb29377f88b741b8dd6da6bd53b4126cd839da75df.jpg%3Fe%3DAx7Z8UeR48h2gjoz29t_jRf-9timRQLyXFuxkh2OQmoZwbj4CTZuQ3pfWbY8ROGvNmdY53YITujJm674q3cADh3y_wfjI36CD-DHLxc4yJ8qvWYavzGKgKD_cbtJmsY4pbheGV0CxW6uMi6aOoP37Pi02CA-0xsc9Nsr_WRtED6cblaKRBOepPOdmdN62J4Q-2Do4NJLYt-c_O61NkSw7xv23xJ4wHeFZGkfwQ&t=1615490373&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f57-50009e01bd00&sig=rxE2hNMD0vJLNF4sgZpzUQ--~D" width="550" height="393" alt="mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F45c88f23829eda75ddc821cb29377f88b741b8dd6da6bd53b4126cd839da75df.jpg%3Fe%3DAx7Z8UeR48h2gjoz29t_jRf-9timRQLyXFuxkh2OQmoZwbj4CTZuQ3pfWbY8ROGvNmdY53YITujJm674q3cADh3y_wfjI36CD-DHLxc4yJ8qvWYavzGKgKD_cbtJmsY4pbheGV0CxW6uMi6aOoP37Pi02CA-0xsc9Nsr_WRtED6cblaKRBOepPOdmdN62J4Q-2Do4NJLYt-c_O61NkSw7xv23xJ4wHeFZGkfwQ&t=1615490373&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f57-50009e01bd00&sig=rxE2hNMD0vJLNF4sgZpzUQ--~D" /><br /><br /><h3><strong>Des séquences récurrentes</strong><br /><strong></strong></h3><strong><br /></strong>La séquence est toujours la même. Après l’assassinat de Samuel Paty, Jean-Michel Blanquer dénonce une forme de « complicité intellectuelle du terrorisme », et regrette que « Notre société a été beaucoup trop perméable à des courants de pensées », au premier rang desquels « l’islamo-gauchisme ». Le 28 octobre, une centaine d’universitaires lui apporte son soutien, dénonçant à son tour l’islamo-gauchisme et « les ravages des «idéologies indigéniste, racialiste et décoloniale ». Le 4 novembre, ce sont environ deux mille chercheurs et chercheuses qui dénoncent, dans une tribune au Monde, l’appel à « la police de la pensée dans les universités ». Cette fois, ce sont les propos de Frédérique Vidal qui déclenchent la polémique, soutenus par Jean-Michel Blanquer, entraînant la réaction de la Conférence des présidents d’université faisant part de son « émotion » , puis une nouvelle tribune, le 19 février, signée par plus de 600 membres de l’enseignement supérieur, dénonçant la « chasse aux sorcières » menée par leur ministre de tutelle, et réclamant sa démission. <br /> <br /><h3><strong>Une mise en cause maladroite</strong> </h3><br />Le gouvernement, et singulièrement la ministre de l’enseignement supérieur ont eu la grande maladresse d’avoir des propos qui pouvaient être interprétés comme des remises en cause des libertés académiques, même si telles n’étaient pas leurs intentions. Ils ont donné ainsi l’occasion à ces universitaires de se placer dans la posture avantageuse de résistance à un supposé pouvoir autoritaire cherchant à masquer les injustices et les inégalités. De plus, les accuser d’islamo-gauchisme, c’est-à-dire de faire au bout du compte le jeu des terroristes, suscite forcément leur indignation, car il va de soi que si encouragement à la radicalité il y a, il n’est en aucun cas intentionnel. Cela devrait être l’objet d’un (vrai) débat de fond. <br /><br /><h3><strong>Les libertés académiques sont nécéssaires</strong><br /><strong></strong></h3><br />Alors, disons-le, la liberté de recherche doit être défendue, et toutes les théories ont le droit d’être enseignées, quand elles ne transgressent pas la loi. Max Weber faisait de l’éthique de la conviction la caractéristique principale du métier de savant ([1]). Cela implique, par définition, que la recherche de la vérité doit s’accomplir et s’exprimer quelles qu’en soient les conséquences. Ainsi, même s’il s’avère que ces théories de la domination blanche, de la persistance d’un inconscient colonisateur, d’un racisme d’Etat favorisent les entreprises islamistes, il faut les laisser s’exprimer. Les conséquences d’une théorie vraie ne sont pas forcément désirables. Cela sur le plan des principes : car – en pratique, dans le cas présent – il est possible de réfuter ces théories, et c’est ainsi, plutôt qu’en les interdisant, qu’on parviendra vraiment à les faire reculer. <br /><br /><h3><strong>Une nouvelle idéologie.....</strong><br /><strong></strong></h3><br />Il est tentant d’interpréter la récurrence de ces séquences en termes de clivage entre deux camps. C’est ce qu’on peut lire dans certains articles  le Monde titre « Islamo-gauchisme » : « Au secours, le clivage droite-gauche revient ! » une tribune d’un collectif de députés LRM et ministres du gouvernement. Pourtant il n’en est rien et il ne faut pas tomber dans le piège de cette apparente symétrie. Il ne s’agit pas de l’affrontement de deux idéologies opposées, comme en d’autres temps s’opposaient marxisme et libéralisme, ou en économie keynésianisme et monétarisme. Une seule est en train de se développer, de se répandre, et de gagner la bataille de l’hégémonie culturelle, sans que rien de consistant ne lui soit opposé, les idéaux issus de la philosophie des lumières, l’aspiration à l’universalisme, et la confiance dans la force d’émancipation de l’enseignement de masse étant en pleine déroute. <strong><br /><br /></strong><h3><strong>...se diffuse dans le corps social</strong><br /><strong></strong></h3><br />Les théories en cause : l’antiracisme, le néoféminisme, la cause LGTB, le décolonialisme, l’islamo-gauchisme, sont traversées par un certain nombre de traits qui les relient, qui en font un ensemble relativement cohérent. Quelle que soit la façon dont on la nomme, « politiquement correct », « wokisme », « cancel culture », « orthodoxie diversitaire » « différencialiste », ou « victimaire », il s’agit bien d’une idéologie. Le débat se focalise souvent sur l’enseignement supérieur  or elle se diffuse dans l’ensemble du corps social, probablement impulsée par la « génération surdiplômée » pour reprendre le titre d’un livre récent. ([2]) Elle s’infiltre dans les syndicats, les associations, les ONG, les partis politiques et les administrations. Elle imprègne le corps enseignant, jusqu’aux professeurs des collèges et des écoles, impose son style aux manuels scolaires, et diffuse dans l’univers médiatique, bien au-delà des universités. Cette idéologie formate la pensée, comme avait pu le faire l’idéologie marxiste jusqu’aux années 80 du siècle dernier  elle impose ses tournures de raisonnement, son vocabulaire  la pratique de l’écriture inclusive en est par exemple un signe manifeste.<br /><br /><h3><strong>L&apos;indispensable neutralité axiologique</strong><br /><strong></strong></h3><br />Il est clair qu’il faut changer de cap, la première ligne de front étant l’enseignement. Il semble nécessaire de se souvenir des avertissements de Max Weber (déjà cité) Il préconisait la « neutralité axiologique », affirmant que « le prophète et le démagogue n&apos;ont pas leur place dans une chaire universitaire ». Du fait que le professeur se trouve dans un rapport de force supérieur (du point de vue intellectuel, mais aussi parce qu’il est l’évaluateur de l’étudiant), il considère qu’il est « inexcusable de profiter de cette situation pour essayer de marquer ses élèves de ses propres conceptions politiques au lieu de leur être utile ». <br /><br /><h3><strong>Pertinence du critère de réfutabilité</strong><br /><strong></strong></h3><br />Cela signifie que, si, encore une fois, toute théorie peut être développée par les travaux de recherche, et doit pouvoir être enseignée partout, c’est en tant que théorie, et non comme un « progrès général de la connaissance », sorte de nouvelle révolution copernicienne des sciences humaines, incontestée et incontestable, s’imposant de façon exclusive. Elle doit, quelque soit le niveau d’enseignement, être présentée comme théorie, c’est-à-dire rester réfutable au sens de Karl Popper, être mise en concurrence avec d’autres thèses, être confrontée à d’autres modes de pensée, et être soumise au crible de l’esprit critique. De ce point de vue, il ne faut plus tolérer les entraves à la liberté d’expression qui sont bien connues maintenant, le boycott de certaines personnalités, l’empêchement de conférences, la réduction au silence de « l’ennemi », du mâle blanc, des hétérosexuels, du réactionnaire esclavagiste, etc… Il ne faut plus tolérer la destruction de notre patrimoine culturel, de nos statues, de nos noms de rue, de nos établissements scolaires, de nos commémorations, et encore moins la révision de nos œuvres littéraires ou lyriques. Le passé est ce qu’il est, avec ses lumières et ses ombres. On peut le juger, le condamner moralement, le regretter, mais en aucun cas le gommer. <br /><br /><h3><strong>Des théories biodégradables</strong><br /><strong></strong></h3><br />On peut penser pour conclure (sans être forcément suivi du lecteur), que si ces principes de liberté d’expression, de pluralité des points de vue, de confrontations entre les théories sont respectées, ces élucubrations idéologiques s’évaporeront avec le temps, Faisons ici le pari que les expressions du type « blanchité », « mâle blanc », «culture du viol », « racisme systémique », etc, apparaîtront dans vingt ou trente ans aussi ridicules qu’aujourd’hui les « il est interdit d’interdire », ou « jouissons sans entraves » des années 68, et que l’écriture inclusive disparaîtra comme ont disparu les «maths modernes » ou la « grammaire structurale » qui étaient les dogmes pédagogiques des années 70. Un produit biodégradable est un produit qui se décompose avec le temps. Tel est le destin souhaitable de ces nouvelles théories. </div><div><br /></div><div>(NDLR : Les propos de Maurice Merchier n&apos;engage que son auteur. Il a quitté depuis le comité d&apos;animation)</div><div><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Max Weber le savant et le politique, conférences de 1917 et 1919<br />[2] Monique Dagnaud, Jean-Laurent Cassely, Génération surdiplômée, les 20% qui transforment la France, Odile Jacob, janvier 2021</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N46LiberteDExpressionPourTheoriesBiode">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-09-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N35PourUnPlanDeRalentissement150920" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 05:44:19" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N35PourUnPlanDeRalentissement150920"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Pour un plan de ralentissement </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N35PourUnPlanDeRalentissement150920" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/09/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Pour un plan de ralentissement </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><img src="https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F15fd9f264001efa0668072cabf04073d203e1c628b776e87506daf3661b832d6.gif%3Fe%3DuF7ttNq_if7eHKXc6-cyYJKVVu4eNo4go3ioBA13z1FI0sclF8GckCeYYth9q6HpKaLH23k6r25_hj1mDk8tsITwpmQsBsxrnUyKQjYnhi-EOF8wp6g-tDxq8cCxP3GiQIw6XlJFEoGjXtj0ilAOBj04f659MWBOt7lKnwdwgz_ccKF8zjXuqqUR03Y&t=1602325872&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f8b-78002501ee00&sig=0YV2zEyH_9VqShpNo6qY4g--~D" width="20" height="20" alt="mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F15fd9f264001efa0668072cabf04073d203e1c628b776e87506daf3661b832d6.gif%3Fe%3DuF7ttNq_if7eHKXc6-cyYJKVVu4eNo4go3ioBA13z1FI0sclF8GckCeYYth9q6HpKaLH23k6r25_hj1mDk8tsITwpmQsBsxrnUyKQjYnhi-EOF8wp6g-tDxq8cCxP3GiQIw6XlJFEoGjXtj0ilAOBj04f659MWBOt7lKnwdwgz_ccKF8zjXuqqUR03Y&t=1602325872&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f8b-78002501ee00&sig=0YV2zEyH_9VqShpNo6qY4g--~D" /><br /> <br /><img src="https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F8c6fe93dd84a0bdac49bde6c0103430084033395810a50800fd2fab7c89ff167.gif%3Fe%3DOV3WqpuR4wkuN_C9CvX6IPZAbTY6U3yx7NTbphERjwz1ZMduyVG10VZPeb5OKPlIVECd3BApGuOQms96peOivjCYcjTn6DWTl4GSOybrtR9BBg8dz9Isia6K3cq6mDkypiBLGyVup811o4IjfFP2WM7N9KWHsKmU5M0KcVlB8f4DWQFBtdptPaU1rb7M_Sa3IFHmSXo0r_e5tXt2BnPDQCQ9b6ovNOcnOUhbRg&t=1602325872&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f8b-78002501ee00&sig=rZL8kNwrpqeVxsyIQBCK8g--~D" width="469" height="291" alt="mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F8c6fe93dd84a0bdac49bde6c0103430084033395810a50800fd2fab7c89ff167.gif%3Fe%3DOV3WqpuR4wkuN_C9CvX6IPZAbTY6U3yx7NTbphERjwz1ZMduyVG10VZPeb5OKPlIVECd3BApGuOQms96peOivjCYcjTn6DWTl4GSOybrtR9BBg8dz9Isia6K3cq6mDkypiBLGyVup811o4IjfFP2WM7N9KWHsKmU5M0KcVlB8f4DWQFBtdptPaU1rb7M_Sa3IFHmSXo0r_e5tXt2BnPDQCQ9b6ovNOcnOUhbRg&t=1602325872&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f8b-78002501ee00&sig=rZL8kNwrpqeVxsyIQBCK8g--~D" /><br /> <br /><br />Ainsi, le commissariat au Plan ressuscite. </div><div>Les réactions de presque tous les responsables politiques, en dehors de la majorité, comme celles de la plupart des journalistes et chroniqueurs économiques vont du scepticisme à l’ironie méprisante. Cette institution serait ringarde et marquée au sceau de l’opprobre de l’ancien monde. Il est vrai que l’annonce du responsable politique qui en aura la direction ne dit pas grand-chose sur l’essentiel, à savoir comment s’organiseront les instances de discussion entre les acteurs économiques, politiques, et les forces vives de la nation. Pire : cela accrédite l’interprétation en termes de manœuvre politique de rééquilibrage et de renforcement de la majorité.<br />Pourtant, le changement de cap qu’impose la gravité de la crise multidimensionnelle que subit le monde ne peut se passer d’institutions puissantes éclairant l’avenir, et préparant de nouvelles orientations économiques, sociales et culturelles pour le long terme. C’est par ailleurs une des préoccupations centrales de l’eccap ([1]). Jean Monnet voulait absolument reconstruire un monde différent de celui dont sa génération avait hérité. Cette volonté devrait être encore bien plus forte aujourd’hui. Or, l’inexistence de telles institutions compromet gravement les choix qui sont opérés actuellement : le plan de relance qui vient d’être décidé ne concerne que les deux années à venir, et, malgré les trente milliards d’euros affectés à la transition écologique, tout laisse à penser que la logique de notre développement ne sera pas remise en cause. ([2])<br />Puisqu’il est question de commissariat au Plan, abandonnons-nous à une fiction : qu’aurait-il pu se passer s’il existait aujourd’hui, et qu’il était encore missionné de « l’ardente obligation » que lui assignait le Général de Gaule, avant l’abandon généralisé de nos destins aux aléas du marché, à la fin du siècle précédent ? Des instances de planification vraiment responsables auraient probablement incité le gouvernement à concocter non un plan de relance, mais au contraire un plan de ralentissement….<br />Les conjoncturistes s’accordent pour prévoir une récession d’environ 10% de notre PIB cette année. Le gouvernement s’est donné comme objectif de retrouver dès 2022 le niveau d’avant la crise, et attend tout d’un retour de la croissance. Cette croissance est posée comme indispensable au financement des mutations économiques, et notamment des économies d’énergie qui s’imposent. Mais cela engendre une énorme contradiction avec les transformations qui seraient en fait indispensables  à tel point qu’on est tenté de parler de schizophrénie de nos responsables. C’est à une sorte de fuite en avant qu’on nous invite, qui va générer de nouveaux problèmes au fur et à mesure que les anciens seront plus ou moins solutionnés, comme le montre Antoine de Ravignan dans l’article déjà cité.<br />Ce commissariat au Plan imaginaire aurait au contraire préconisé de restructurer notre économie, et de préparer notre société à un autre mode de développement, en prenant acte de ce fléchissement de 10%. Transformer la crise en opportunité, n’est-ce pas ce que nos gouvernants, et beaucoup d’autres personnalités avaient annoncé ? En observant les statistiques, avec un calcul élémentaire, on constate que 10% en moins, cela nous ramène, en niveau de richesse par habitant, à l’année 2000, au tout début de notre siècle. Notre pays était-il alors dans le dénuement ? Etions-nous si malheureux ? C’était au contraire l’optimisme qui l’emportait, autour du premier ministre d’alors, Lionel Jospin, encensé par beaucoup aujourd’hui. Le choix de s’orienter vers une réduction du temps de travail, avec les 35 heures, contribuait de façon significative à une réduction du chômage, en dépit des critiques rageuses et souvent peu pertinentes que cette mesure a provoquées depuis, de façon récurrente. C’est d’une orientation comparable dont nous aurions besoin aujourd’hui.<br />Or, c’est au contraire sur la croissance que le plan de relance d’aujourd’hui repose pour réduire le chômage. L’idée d’une réduction du temps de travail n’est plus évoquée, même par certains de ses partisans d’antan. Pourtant, d’une part, en faisant le tri entre les objets dont nous avons vraiment besoin, et ceux qui ne sont qu’imposés par des techniques publicitaires de création de l’addiction, et d’autre part, en faisant le tri entre les travaux vraiment utiles et ceux qui justement n’ont pour fonction que de consolider ce système économique aliénant, cela serait parfaitement possible. . ([3]). En 1930, John Maynard Keynes prédisait qu’avant la fin du siècle il serait possible, grâce aux progrès de la technologie, de travailler 15 heures par semaine. Hélas, la réduction de la semaine à 27 heures, mesure qui allait en ce sens, a été la seule que la Convention citoyenne pour le climat n’a pas voté, dans sa cession finale. (Au grand soulagement général de la plupart des commentateurs de tout bord, qui l’ont même souvent qualifiée de « stupide », ou gratifiée d’appréciations équivalentes).<br />C’est donc bien l’ancien « nouveau monde » qui l’emporte. La fuite en avant dans les nouvelles technologies de la communication va continuer. Les fréquences de la 5G vont être distribuées, malgré la demande de moratoire de la Convention citoyenne, relayée par la pétition toute récente de 68 élus écologistes et de gauche. Non seulement les demandes de régulation de la publicité de la même Convention citoyenne seront ignorées, mais des horizons nouveaux seront ouverts à cette calamité : ainsi le gouvernement vient-il de permettre aux télévisions les premières formes de publicités ciblées, ce qui constitue un grand pas en avant vers un renforcement de l’aliénation des consommateurs. Le goût des paris et des jeux d’argent continuera à abrutir nombre de nos concitoyens, le groupe Barrière ayant – par exemple – décidé de se lancer dans les jeux en ligne avec une «plateforme dédiée dans un premier temps aux paris sportifs, puis à terme aux paris hippiques et au poker».<br />Un vrai commissariat au plan aurait peut-être pu inspirer les mesures révolutionnaires que la raison impose ([4]). Celui qui se met en place – il est déjà bien tard – n’en aura sûrement pas les moyens. C’est tout notre système de développement qu’il faut reconsidérer, en organisant dans le long temps, la réduction du temps de travail en même temps que la promotion d’autres activités individuellement et collectivement bien plus épanouissantes que la consommation effrénée et la régression autiste devant les petits ou grands écrans.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Voir l’ensemble des articles de la Rubrique « avenir » et « Assemblée du long terme extraits d&apos;un article de Dominique Bourg »<br />[2] voir antoine de Ravignan Les contradictions écologiques du plan de relance Alternatives Economiques, 14/09/2020<br />[3] Voir dans l’eccap, Guy Roustang. Au-delà de l’emploi quelles activités ? et voir Pourquoi ne travaillons-nous pas seulement trois heures par jour ? David Graeber Alternatives économiques Hors-série N°= 099<br />[4] voir Alternatives économiques du 05/09/2020 Aurélien Barrau : « Il va falloir être raisonnable, c’est-à-dire révolutionnaire »</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N35PourUnPlanDeRalentissement150920">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-07-19" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N2QuelNouveauCapPourLaDemocratie28" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 06:17:42" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N2QuelNouveauCapPourLaDemocratie28"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Quel nouveau cap pour la démocratie ?  </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N2QuelNouveauCapPourLaDemocratie28" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>19/07/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Quel nouveau cap pour la démocratie ?  </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div></div><div>La crise de la démocratie représentative est telle que cela justifie pleinement que soit retenu le thème «Démocratie et Citoyenneté » pour le Grand Débat National. Il est possible que cette consultation, en canalisant les énergies, et en offrant un exutoire aux tensions sociales du moment facilite la sortie de cette période de hautes turbulences. </div><div>Cependant, l’on peut douter de sa fécondité en matière de régénération de notre système politique.Plus est mise en question la démocratie représentative, plus s’affirme une interprétation dominante. C’est celle d’une inadaptation de nos institutions à ce que devrait être la démocratie participative moderne, compte tenu des attentes de la population, et des progrès des technologies de communication. L’absence d’évolution des institutions et des pratiques est alors imputée au manque de responsabilité - voire d’intégrité – du personnel politique, qui trouverait dans ce conservatisme le moyen de préserver toutes sortes d’avantages matériels et symboliques dont il jouirait. D’un tel constat naît la défiance, dont attestent de multiples sondages, et qui est analysée dans l’eccap par Jean-François Hutin<a href="http://eccap.herokuapp.com/article/desamour-croissant-entre-les-francais-et-leurs-dirigeants-politiques/5b46a3fcfb5df6001410fedd"> </a></div><div>Le désamour entre les français et leurs dirigeants politiques, que l’on peut lire dans la rubrique démocratie. Cette défiance dégénère en hostilité, voire en haine, comme l’illustrent les agressions, verbales et parfois physiques, dont ont été victimes des personnalités politiques à l’occasion des manifestations récentes.<br />De ces analyses découlent des pistes de réformes, à partir d’une abondance d’ouvrages diffusant des propositions reprises de façon simplifiée par les partis politiques, et de façon souvent caricaturée par des mouvements comme celui des gilets jaunes. Elles font souvent référence à des précédents historiques (comme l’Athènes antique), ou à des exemples plus proches (la Suisse référendaire) qui suggèrent des évolutions vers des formes de démocratie directe.C’est au fond ce type de représentations que sollicite la consultation du Grand Débat National (condition probablement pensée comme indispensable à sa bonne réception par l’opinion). Les propositions qui encadrent (et orientent) le questionnaire se présentent comme des réponses à ce diagnostic sommaire : réduction du nombre de parlementaires, mise en cause des cumuls dans le temps, introduction d’une dose de proportionnelle, augmentation du champ référendaire, introduction du tirage au sort pour certaines instances, etc, avant de s’orienter vers la question de la laïcité et de l’intégration, qui s’inscrivent dans une acception large de la question de la citoyenneté, et débordent de la question de la démocratie, stricto sensu.</div><div>Ces approches dominantes reposent en fait sur un postulat : celui du désir de participation des masses à la vie politique. Les personnes engagées dans la vie politique ou associative ont tendance à projeter leurs valeurs et leurs aspirations dans l’ensemble de la population. Malheureusement, les taux d’abstention à toutes les élections, l’insuffisante mobilisation de la population pour les expériences de démocratie locale, ou des études comme celle de Brice Teinturier [1] démontrent qu’il n’en est rien, et dévoilent l’inconfortable réalité : la crise de la démocratie est d’abord une crise de la citoyenneté.<br />En matière de démocratie participative, les propositions les plus fréquentes, exprimées notamment par Pierre Rosanvallon prennent leur parti de la défiance[2]. L’objectif recherché est que la démocratie s’exerce en continu, et de multiples formes de consultation des citoyens, et de leur association aux décisions sont imaginées. Mais beaucoup de ces propositions, cédant au populisme ambiant, tournent au fond autour de l’idée d’une surveillance serrée des représentants, sommés de rendre des comptes en permanence, et comptent sur les nouvelles technologies du numériques qui donneront à l’avenir la possibilité de les traquer en continu, jusque dans leurs activités les plus intimes.Faut-il se résigner à des réformes se bornant à faciliter l’exercice de cette défiance ? <br />Peut-on dans cette perspective parler de « changement de cap » ? Il nous semble plus ambitieux de s’inscrire dans le temps long, et de réfléchir à la façon de réhabiliter la démocratie représentative, et de restaurer la confiance dans le personnel politique. Montesquieu disait : « lorsqu&apos;une bonne chose a des inconvénients, il vaut mieux se débarrasser des inconvénients que de la chose ». Si ce système s’est imposé dans l’histoire, si, par exemple, le vote a été préféré au tirage au sort (une des idées très en vogue dans l’air du temps, mais typique de cette société de défiance), c’est assurément par ses avantages, et sa meilleure adéquation aux sociétés complexes. C’est incontestablement au niveau local que la démocratie participative est la plus prometteuse. C’est à ce niveau que la mise en œuvre de nouvelles formules est a priori pertinente. </div><div>On peut lire dans <a href="http://eccap.herokuapp.com/">l’eccap</a>, une description du fonctionnement de la Démocratie locale à Saillans, faite par Fernand Karagiannis, conseiller municipal, et l’interview de Jo Spiegel, sur celle de Kingersheim. <br />Pourtant, ce type d’expériences se heurte à deux limites, d’ailleurs intrinsèquement liées : celle de leur improbable généralisation à l’échelle nationale, et celle de la mobilisation de l’ensemble de la population concernée. L’insuffisance de la plupart des analyses de la crise de la démocratie est qu’elles enferment leurs raisonnements dans la sphère politique. Or, entre l’image que la plupart de nos contemporains ont de la politique et sa réalité, il y a le miroir déformant du complexe médiatico-numérique que constituent les GAFAM[3] les producteurs de séries (Netflix) et les chaînes d’information continue, qui lui se situe dans la sphère économique, sollicitant le consommateur. Plus généralement, Dominique Rousseau affirme « Le système libéral n’a pas davantage besoin de citoyens, il a besoin de travailleurs et de consommateurs. »[4] . C’est à travers les écrans que les individus ordinaires voient le monde, et c’est par les technologies de ces entreprises que s’opère l’essentiel de leur communication, s’y enferment même, en tombant dans le piège de l’addiction. En même temps se forgent des façons de voir, de penser, de juger, de réagir qui sont celles de cet univers économique, et qui ne correspondent pas du tout à ce que requiert l’exercice de la citoyenneté. <br />C’est à cela qu’il faut s’attaquer  il faut remettre en cause en ce sens le système de formation (l’école), en revalorisant les disciplines qui développent chez l’élève le sens critique et l’autonomie du jugement, et le système d’information, en le libérant des puissances d’argent qui ont intérêt au maintien de ces nouvelles formes d’aliénation, et de cet asservissement aux nouvelles technologies. Julia Cagé fait des propositions en ce sens [5] .<a href="http://eccap.herokuapp.com/"> L’eccap</a> reproduit dans la rubrique Démocratie son <a href="http://eccap.herokuapp.com/article/la-democratie-et-largent/5bcad42404238a0013a688d6">interview,</a> parue dans Libération, le 7 septembre 2018, à propos de son livre Le prix de la démocratie (Ed. Fayard). Dans la rubrique Démocratie de l’eccap.fr, J.Testart montre « <a href="http://eccap.herokuapp.com/article/conventions-de-citoyens/5b46a3fcfb5df6001410ff25">Comment des citoyens peuvent décider du bien commun </a>». Son optimisme sur les capacités de changement de tout un chacun, mis dans certaines conditions, est confirmé par l’expérience de J.C.Ameisen.André Koulberg dans l’eccap, (<a href="http://eccap.herokuapp.com/article/democratie/5b46a3fcfb5df6001410feba">La démocratie libérale, modèle insurpassable </a>?) montre que la réflexion sur la démocratie traverse l’histoire  bien loin d’être achevé, ce régime est au contraire en réinvention permanente, et doit être l’objet d’une réflexion constante.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] « plus rien à faire, plus rien à foutre » (Robert Laffont , février 2017)<br />[2] par exemple, voir La contre-démocratie. La politique à l&apos;âge de la défiance Poche – 10 avril 2014<br />[3] Google, Amazon, facebook, Apple, Microsoft<br />[4] Le Monde 23 février 2019[5] dans son ouvrage Sauver les médias. Capitalisme, financement participatif et démocratie (Le Seuil, 5 février 2015).        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N2QuelNouveauCapPourLaDemocratie28">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-05-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="N27VersUneSocieteSansContact0105202" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="MerchierMaurice" data-date_maj_fiche="2025-09-16 05:49:50" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse15_6_N27VersUneSocieteSansContact0105202"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Vers une société sans contact </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse15_6_N27VersUneSocieteSansContact0105202" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/05/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Vers une société sans contact </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Merchier Maurice">Merchier Maurice</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Dans les commentaires que l’on peut entendre ou lire, quelle qu’en soit l’origine politique, on trouve fréquemment l’idée que cette crise est l’occasion de la gestation d’un monde nouveau. La situation actuelle est par exemple comparée à la phase de «liminarité » des rites d’initiation, selon la théorie de Van Gennep ([1]). Si on accepte cette comparaison, cela signifie qu’il y a passage d’un monde ancien à un monde nouveau, radicalement distinct  et que le nouveau monde sera supérieur à l’ancien, comme l’adulte est supérieur à l’enfant. Si la crise est un moment terrible à passer, il y a donc matière à se consoler : « ce sera mieux après » ! En fait, si on laisse l’ensemble évoluer sous la domination des forces économiques, c’est le «nouveau monde» d’avant la crise qui nous est promis. Le changement ne sera qu’un simulacre.</div><div><br />Cette façon d’interpréter ce qui nous arrive est perceptible dans de multiples domaines, le travail, le sport, la culture, la convivialité ordinaire, dont on peut donner quelques exemples, et en faire une première critique. Le dénominateur commun de toutes ces activités, c’est l’émergence du «sans contact» comme type de rapport à l’autre. Le «sans contact» physique ne faisant que refléter le «sans contact» social.<br /><br />Le télétravail pourrait être largement pérennisé  selon une étude de la Dares, cela concernait en 2017 1.8 millions de salariés  actuellement, avec le confinement, ils sont 6.6 millions, et 55% des français sont favorables à cette idée. Certes, cela présenterait des avantages évidents du point de vue écologique, notamment par la réduction des transports, et des possibilités de rééquilibrage territorial, en désengorgeant les conurbations urbaines. Mais comment ne pas voir que cela se traduirait aussi par l’absorption de la vie privée par la vie professionnelle, autrement dit, par l’intrusion du marché jusqu’au sein de la famille ?<br /><br />Depuis longtemps déjà, les grands musées du monde peuvent être visités en virtuel, grâce à Google. Même le spectacle vivant fait irruption dans les foyers. L’opéra de Paris offre chaque semaine des spectacles en streaming, Nul besoin de réunir les musiciens pour former un orchestre  des grands concerts, à l’instar de l’opération One World Together orchestrée par Lady Gaga le week-end des 18 et 19 avril peuvent réunir des musiciens éparpillés aux quatre coins du monde.<br /><br />La salle de sport, coûteuse en entretien, devient superflue quand à travers les écrans des professeurs de yoga peuvent assurer leurs séances. Les manifestations sportives à huis-clos pourraient avantageusement se poursuivre, évitant ainsi tous les inconvénients des grands rassemblements de masses humaines dans les stades. Pour ce qui est de l’ambiance, côté joueurs, il y aura des effigies de spectateurs en carton dans les tribunes (cela se fait déjà en Allemagne au Borussia Mönchengladbach), avec des applications permettent aux téléspectateurs de faire entendre leurs applaudissements, cris et chansons, et à Taiwan, avec robots jouant du tambour<br /><br />La convivialité classique est bien-sûr assurée par les apéros-Skype, Messenger, Google Duo, ou autre…<br /><br />Comme le chantait Bécaud, «la solitude, ça n’existe pas»  la ressentir ne peut provenir que d’un défaut d’équipement numérique. L’ONG Equality Lab promet même, avec la réalité virtuelle, des expériences sociales plus riches que les rencontres ordinaires  imaginez : avec des lunettes VR, vous pouvez revoir votre pays natal, nager avec les dauphins, vous balader sur la Grande Muraille de Chine ou dans les pyramides…<br /><br />Grâce aux petits écrans et à tous les sortilèges des nouvelles technologies de communication, l’impression d’être ensemble est devenue suffisamment forte pour que l’on puisse envisager de s’en contenter à l’avenir.<br /><br />Le sans contact concerne jusqu’aux objets. Non seulement il devient proscrit de toucher les autres, mais il ne faut plus non plus toucher ce qu’ils ont touché. La possibilité de payer avec sa carte bancaire sans effleurer les petites touches est portée à 50 euros, comme on sait. En Chine, des dispositifs sophistiqués permettent d’utiliser les ascendeurs ou les distributeurs de billets sans toucher les boutons.<br /><br />Il faut démystifier tout cela. Certes, ces succédanés sont les bienvenus dans la période de confinement. Mais suggérer leur suffisance, ou comme parfois, leur supériorité est une imposture. Jamais ils ne pourront remplacer la présence réelle, la proximité physique, dans aucun domaine que ce soit.<br />L’exemple le plus sensible est celui du télé-enseignement. Le cours prodigué à distance, comme les instructions organisant le travail des élèves n’a rien à voir avec le fait d’avoir devant soi les élèves rassemblés, d’interagir avec eux de façon très fine, accélérer, ralentir, revenir en arrière, s’arrêter, reprendre une explication, tout cela en fonction des petites signes, rumeurs, expressions des visages, pertes d’attention perçues…<br />On peut en dire autant des réunions professionnelles qui ne peuvent pas s’accomplir de façon aussi productive en télé-travail, des télé-consultations médicales, ou des conférences internationales, dont on sait que l’essentiel se passe souvent au cours de rencontres informelles dans les couloirs. Cela n’est d’ailleurs pas pour rien dans l’inefficacité des instances européennes dans cette crise.<br />Pérenniser ces pratiques professionnelles et sociales, ce serait, enfin, et surtout accepter que la logique des algorithmes l’emporte définitivement sur l’appréciation des humains.<br /><br />Il faut prendre conscience que la nouvelle vision du lien social qui émerge ainsi n’est pas vraiment nouvelle, mais s’inscrit au contraire dans l’histoire longue de la solidarité. ([2]). On peut en saisir des indices dans le vocabulaire très généralement employé  le terme de «distanciation sociale» s’est naturellement imposé, alors qu’au sens strict, il aurait fallu dire «distanciation physique» ([3]). De la même façon, il est paradoxal de parler de «gestes barrières» (pas de serrements de mains, pas de bises) alors que précisément il s’agit de non-gestes ! Ce à quoi on assiste n’est pas la mise entre parenthèses des formes de sociabilité traditionnelles, mais l’émergence d’une nouvelle forme de sociabilité que l’on peut qualifier, si l’on peut dire, de solidarité du «sans contact».<br /><br />Autre symptôme : l’habitude de prendre ses distances physiques, de ne plus «se faire la bise» était déjà adoptée par un certain nombre de nos concitoyens bien avant le coronavirus. Qui n’a pas observé (ou ne s’est pas livré), au début de mars, à des manifestations de soulagement, ou même de satisfaction de voir cette norme être imposée ? Comme il s’éloigne le temps des slows langoureux dansés «joue contre joue» comme le chantait Aznavour ! Il n’en reste que quelques vestiges dans les banquets des aînés. Depuis longtemps la danse est devenue agitation individuelle, à distance les uns des autres… Ce serait une erreur de prendre tout cela pour anodin. Les très anciennes études de proxémique d’E.T.Hall démontrent que la façon de se situer dans l’espace les uns par rapport aux autres est constitutive d’une culture, et diffère d’une société à l’autre.<br />Les inconditionnels du progrès numérique balayent ces critiques, en alléguant qu’il est fort aisé d’inventer de nouvelles formes de marques de sympathie et de respect. Après tout, le progrès (comme les virus) ne vient-il pas des sociétés asiatiques ? On sait qu’elles n’ont jamais promu les contacts (encore que le sumo…) et que les saluts s’y prodiguent à distance. Et puis il ne va-il-pas de soi que les émoticônes et les emojis sont largement suffisants pour couvrir toute la palette des sentiments qui accompagnent les messages ?<br /><br />Marcel Gauchet avait dès 1998 repéré cette évolution ([4]). En parlant d’ un individualisme de déliaison ou de désengagement. Il montrait comment l’adhésion se lie à la possibilité de retrait, et comment l’individu occulte le fait de vivre en société. Il notait aussi la convergence de ce trait avec la place que prenait le marché dans l’ensemble de la société.<br /><br />Une nouvelle étape est aujourd’hui franchie, semble-t-il  les attitudes recommandées pour éviter la propagation de la pandémie sont celles qui de toutes façons étaient en train de gagner du terrain. La crise est de ce point de vue un catalyseur, un révélateur  un accélérateur, bien plus qu’une précaution provisoire. Dans le couple de Gauchet engagement/désengagement, le second terme a eu raison du premier. La défiance ne précède plus la confiance, mais l’exclut définitivement. Alors qu’en Inde, il ne s’agit que de la dernière caste, chez nous, demain la société entière sera celle des intouchables, au sens propre, comme au sens social  l’homme est un danger pour l’homme.<br /><br />Nous arrivons au point ultime de la destruction de la société, non par la pandémie, mais par elle-même. Même si – ce qu’il faut évidemment espérer – un médicament et/ou un vaccin viennent à bout du Covid-19, cette destruction continuera à s’opérer du fait de l’évolution économique et sociale, si on la laisse se dérouler, au gré des forces dominantes du marché. Il faut raisonner de façon un peu marxiste, en prenant conscience qu’il y a toujours des infrastructures qui déterminent des superstructures. Il ne faut plus chercher les premières du côté de l’industrie lourde, ou des industries extractives  elles ne se trouvent plus dans les modes de production matérielle, mais sont précisément aujourd’hui ces nouveaux modes d’interaction distante qui s’instaurent, dans les entreprises, dans le sport, dans les loisirs, dans la culture.<br /><br />Si l’on refuse cette société qui vient, il faut refuser la fuite aveugle dans le «tout numérique», ce qui ne signifie pas non plus s’opposer systématiquement à ce que ces technologies peuvent apporter de meilleur mais il faut que des forces politiques, après inventaire, imposent le tri dans ces nouvelles pratiques.</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Vanessa Oltra et Gregory Michel, Penser l’après : Le confinement, un rite de passage ? sur le site « the conversation »<br />[2] On pense ici à Durkheim, qui théorise le passage de la solidarité mécanique à la solidarité organique. Il conviendrait de le prolonger, car il y a eu d’autres mutations, jusqu’à celle d’aujourd’hui<br />[3] le premier ministre semble en avoir pris conscience, en faisant la rectification lors du débat au Parlement du 28 avril<br />[4] Marcel Gauchet : Essai de psychologie contemporaine I Un nouvel âge de la personnalité. Le débat 99, mars-avril 1998</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?N27VersUneSocieteSansContact0105202">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?MerchierMaurice">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 18 Nov 2024 16:50:15 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Browaeys Dorothée</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?BrowaeysDorothee]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?BrowaeysDorothee]]></guid>
        <dc:creator>MelanieMichel</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Browaeys Dorothée</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Browaeys        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Dorothée        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-16" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion16">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="alternative" data-bf_date_publication="2022-10-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="PourGarderLaTerreHabitableIlNousFautIn" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,une_autre_economie,politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="BrowaeysDorothee" data-date_maj_fiche="2025-09-30 18:39:04" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse16_6_PourGarderLaTerreHabitableIlNousFautIn"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Pour garder la terre habitable, il nous faut intégrer le vivant dans les comptabilités </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse16_6_PourGarderLaTerreHabitableIlNousFautIn" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/10/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Pour garder la terre habitable, il nous faut intégrer le vivant dans les comptabilités </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?BrowaeysDorothee/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Browaeys Dorothée">Browaeys Dorothée</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_autre_economie">
                      Repenser la science économique 
                     </span>
                 <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div align="center"><i><b>Il y a 3 ans, en septembre 2019, TEK4life a organisé un Tribunal très particulier intitulé « Changer de comptabilité pour sauver le vivant ? ». Plus de 350 personnes ont assisté à la mise en accusation de Jacques Richard, professeur de gestion à l’Université Paris Dauphine, pour subversion de l’ordre mondial, manipulation de la comptabilité et tentative de marchandisation de la nature.<br />Ce procès fictif a permis de comprendre qu’il y a véritablement un bug dans les rouages économiques. Et ce bug provient d’une ignorance délibérée : nos opérations comptables - censées refléter nos activités - ignorent les facteurs de production que sont la Nature et le tissu social et humain (sans lesquels aucune usine ne pourrait tourner). Dès lors, elles sont aveugles aux destructions induites par l’extraction, la transformation, le transport de nos produits. Ainsi, nous sabordons nos conditions d’existence et nos outils de pilotage ne nous l’indiquent pas !</b></i></div><div><strong></strong></div><div><strong><br /></strong></div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>"Nous devons décider la paix entre nous pour sauvegarder le monde, et la paix avec le monde afin de nous sauvegarder". </strong>Michel Serres, Le Contrat naturel, 1987.</div><div><strong></strong></div><h3><br /></h3><h3><strong>Se doter de systèmes de mesure d’impacts</strong></h3><div>Cette fuite en avant ne peut pas être stoppée sans un changement radical des outils de pilotage des dirigeants. C’est d’abord un enjeu de survie du business. Les dérèglements climatique et écologique exposent les entreprises à des risques systémiques : il est donc vital de quitter les activités, d’abandonner les actifs dont la valeur va s’effondrer. Plus fondamentalement, les entrepreneurs sont sommés de faire baisser leurs impacts. Cela requiert une batterie d’outils de mesure, apte à renseigner les décideurs sur les émissions de gaz à effets de serre (GES), les dégradations de l’eau, des sols, de la biodiversité liées à leurs propres activités. Ainsi, le business de demain ne se nourrira plus seulement de performances financières : il faudra attester attester de performances environnementales et sociales. </div><div>Déjà, les quota carbone poussent à réduire les émissions de CO2 qui réchauffent le climat. Toutes les notations d’entreprises (ESG, extrafinancier…), les scores sur les produits (Nutriscore, EcoScore Planetscore… les réglementations liées au Green Deal (CSRD, Taxonomie, SFDR…) contribuent à valoriser les performances écologiques et sociales des organisations. </div><div><br /></div><div></div><h3><strong>Faire de la comptabilité un sujet politique</strong></h3><div>Mais ce mouvement déjà amorcé par le « développement durable » prôné par le rapport Brundtland (1987) ne pourra réorienter le système productif que s’il atteint les finances de l’entreprise. Traduire comptablement les empreintes écologiques sera le gage d’une nouvelle économie apte à prendre en compte les limites des écosystèmes et à prévoir leur régénération. De même que l’on prévoit un amortissement des actifs financiers, il est ici question de provisionner les moyens pour maintenir les actifs naturels. En conséquence, nous pourrions stopper les « logiques d’externalisation » qui font peser sur des tiers les « dégâts collatéraux » des activités industrielles.</div><div><br /></div><div></div><h3><strong>La Comptabilité permet de responsabiliser les acteurs</strong></h3><div>Dans notre époque où la résilience va devenir vitale, la comptabilité « augmentée » (écologique et sociale) peut traduire l’alignement des entreprises avec cet enjeu. Elle permet d’intégrer l’extra-financier (les impacts) dans le pilotage et l’évaluation des entreprises. Mais cela inquiète car les entreprises comprennent bien qu’elles vont demain devoir payer des « coûts cachés » qu’elles n’assumaient pas : perte de biodiversité, dégradation de l’eau, pollutions… Des initiatives comme celle d’Axylia avec son indice Vérité50 montrent que les entreprises du CAC40 se retrouvent avec des dettes considérables dès lors qu’on leur impute le prix de leurs émissions carbone (avec la TeqCO2 à 100€).</div><h3><br /></h3><h3><strong></strong></h3><h3><strong>La comptabilité est une grammaire</strong></h3><div>La comptabilité n’est pas une simple affaire technique. C’est un langage, un système d’orchestration qui décrit les créations et les destructions de valeur. Ce rôle ne peut pas seulement concerner les acteurs économiques, mais doit pouvoir impliquer tout citoyen soucieux de dire « ce qui compte pour lui ». </div><div>On peut distinguer 4 grandes fonctions de la comptabilité : </div><div>- la première peut se traduire par la question « Que prendre en compte ? »  elle concerne les représentations, les catégories qui organisent pour chacun la valeur des choses. </div><div>- La seconde fonction a trait aux engagements et aux responsabilités et peut aussi se résumer par l’interrogation : « Que prendre en compte ? ». </div><div>- La troisième fonction cible le « contrat social », la raison d’être de la comptabilité en interrogeant : « A qui rendre compte et de quoi ? ». </div><div>- Enfin en quatrième lieu, la comptabilité sert enregistrer les données monétaires mais elle peut dorénavent « tenir compte » des capitaux naturels : il oblige à répondre à la question : « Que compter et comment ? »</div><h3><br /></h3><h3><strong>Modèles alternatifs</strong></h3><div>Les pratiques comptables sont normées et leur évolution va être longue si l’on veut qu’elles intègrent des valeurs monétarisées liées aux données climatiques et environnementales. En France des modèles alternatifs ont été élaborés et sont en phase de tests auprès d’entreprises cobayes. Le modèle Care-TDL (Comprehensive Accounting in Respect of Ecology) conçu par Jacques Richard et Alexandre Rambaud (Chaire de comptabilité écologique, AgroParisTech, Université Paris Dauphine) redéfinit les capitaux et généralise le principe d’amortissement aux capitaux naturels et sociaux. Il ne permet pas de compenser un capital par un autre en référence à la soutenabilité forte. Le modèle Lifts mit au point par Audencia Business School est conçu à partir des limites planétaires : il établit un quota pour chaque impact (carbone, biodiversité…) qu’il ne faut pas dépasser. </div><div><br /></div><div></div><h3><strong>Passons à l’action</strong></h3><div>Pour se repérer dans ce paysage en évolution rapide, TEK4life a publié en mars 2021 une <a href="https://tek4life.eu/index.php/comptabilite-ecologique/telechargez-la-cartographie">Cartographie des Enjeux, des Acteurs et des controverses d’une comptabilité multi-capitaux pour l’Anthropocène</a>. Elle a créé <a href="https://tek4life.eu/index.php/comptabilite-ecologique/alliance-comptaregeneration2020">l’Alliance ComptaRegeneration</a> quiréalise une veille, une acculturation, des expérimentations pour saisir les outils d’évaluation environnementale et les nouveaux modèles comptables. Au sein des sept collèges, on trouve des représentants de Danone, Veolia, La Poste, In Vivo, Mirova, Grant Thornton, Cerfrance… des acteurs académiques pouvoirs publics et ONG. Un parcours original de formation sur les comptabilités écologiques a été inauguré en 2022.</div><h3><br /></h3><h3><strong>Vers une conditionnalité du business</strong></h3><div>La perspective d’une comptabilité écologique converge avec d’autres tendances. On recherche un peu partout dans le monde de nouveaux référentiels de <strong>mesure du progrès </strong>au-delà du PIB : IDH<strong>, </strong>Nouveaux indicateurs de richesse de la loi Eva Sas (avril 2015), Rapport 2002 <strong>Reconsidérer la richesse</strong>, Patrick Viveret, conseiller référendaire à la Cour des Comptes. </div><div>Par ailleurs, on sent monter un mouvement pour installer durablement la « préférence écologique » qui donne de la valeur à qualité de vie, à la qualité agricole (aliments et sols vivant), à la santé des gens, à la biodiversité (équilibres). Des entreprises cherchent à devenir « contributives<a href="#_ftn1">[1]</a> » (ou à mission) en recherchant des business models régénérateurs. Avec le Green Deal et les logiques d’alignement aux trajectoires zéro carbone (Taxonomie), les entreprises vont devoir de plus en plus conditionner leurs activités à leurs performances écologiques. </div><div><br /></div><div><br /></div><div></div><h3><strong>Publications sur la question abordée</strong></h3><div><strong><br /></strong>- <a href="https://www.notre-environnement.gouv.fr/actualites/breves/article/integrer-l-environnement-dans-la-comptabilite-des-entreprises-3-questions-a?type-ressource=indispensable&lien-ressource=5209&theme-ressource=435&type-liaison=indispensable&ancreretour=ressources">Intégrer l&apos;environnement dans la comptabilité des entreprises</a>, Interview de Dorothée Browaeys sur le site RSE du Ministère de la transition écologique, 18 février 2022</div><div>- <a href="https://www.ladn.eu/entreprises-innovantes/parole-expert/comptables-services-financiers-changer-maniere-compter/?utm_source=newsletter_ladn&utm_medium=email&utm_campaign=news_ladn&utm_content=20191113">Pourquoi comptables et services financiers vont devoir changer leur manière de compter,</a> par Dorothée Browaeys dansL’ADN 13 novembre 2019.</div><div>- <a href="https://up-magazine.info/index.php/economie-de-linnovation-4/25713-soyons-comptables-du-vivant-face-aux-generations-futures/">Soyons comptables du vivant face aux générations futures, p</a>ar Dorothée Browaeys, UP’Magazine, 28 août 2019</div><div>- <a href="https://up-magazine.info/index.php/economie-de-linnovation-4/8404-pas-de-transition-ecologique-sans-transformation-comptable/">Pas de transition écologique sans transformation comptable,</a> par Alexandre Rambaud, Clement Feger, JP Karsenty et D. Browaeys, UP Magazine, 6 février 2019.</div><div>- <a href="https://www.linkedin.com/pulse/adoptez-la-comptabilit%25C3%25A9-%25C3%25A9cologique-pour-en-finir-avec-browaeys/?trackingId=Nq5htHevQqKh4uJWylT7Uw%3D%3D">Adoptez la comptabilité écologique pour en finir avec les coûts cachés, jamais réglés !</a> par Dorothée Browaeys, 7 mars 2022</div><div><strong><br /></strong><br /></div><div><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />[1] L’entreprise contributive, Fabrice Bonnifet et Celine Puff Ardichvili, Decitre, 2021.        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?PourGarderLaTerreHabitableIlNousFautIn">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?BrowaeysDorothee">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 18 Nov 2024 16:50:15 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Régent Léon</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?RegentLeon]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?RegentLeon]]></guid>
        <dc:creator>MelanieMichel</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Régent Léon</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Régent        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Léon        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-17" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion17">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2022-09-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="UnRevenuDExistenceDuNiveauDuRsaSerait" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,questionner_les_leviers_de_la_redistribution" data-bf_auteur="RegentLeon" data-date_maj_fiche="2025-02-27 13:39:29" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse17_6_UnRevenuDExistenceDuNiveauDuRsaSerait"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Un revenu d&apos;existence du niveau du RSA  serait-il un « changement de cap » ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse17_6_UnRevenuDExistenceDuNiveauDuRsaSerait" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/09/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Un revenu d&apos;existence du niveau du RSA  serait-il un « changement de cap » ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RegentLeon/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Régent Léon">Régent Léon</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema questionner_les_leviers_de_la_redistribution">
                      Redistribuer les richesses 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Léon Régent, ingénieur X-Télécom en retraite, marié et père de quatre enfants, a mené l&apos;essentiel de sa carrière professionnelle à France Telecom. Il l&apos;a terminée place Beauvau, où il a retrouvé, impuissant, les rigidités de gestion des PTT de 1970… en pire !</div><div>Il découvre le revenu d’existence en 2012 par la thèse de Marc de Basquiat. Pragmatique et non pas idéologue ou politique, il est séduit par la solidité et la simplicité de ce projet. Il adhère à l’AIRE en 2014. Il cherche concrètement comment, techniquement, le mettre en œuvre, et arrive à la conclusion qu’il faut commencer par les enfants pour éviter l’ambition trop grande de tout changer en même temps.</div><div>Il publie début 2018 « La face cachée des prestations familiales. Projet de simplification » aux éditions de l’AIRE. Site web : <a href="https://leonregent.fr/">leonregent.fr</a></div><div></div><div></div><div>A l’évidence, un revenu d’existence de 1000 € par mois financé par création monétaire serait un vrai changement de cap, une rupture. Mais que penser de la <a href="https://revenudexistence.org/wp/2ru/">proposition de l’AIRE</a> (Association pour l’Instauration d’un Revenu d’Existence) d’un montant d’environ 500 € par adulte financé classiquement par l’impôt : 30 % du revenu, remplaçant l’IR ?</div><div></div><div>Précision d’importance : les aides au logement demeurent, ainsi que d’autres avantages, comme la complémentaire santé. Un locataire inactif touche et continuera à toucher beaucoup plus que 500 €.</div><div></div><div>La redistribution financière actuelle prend des formes diverses : aides (RSA, prime d’activité…), allocations (familiales, handicap…) et impôts (sur le revenu, sur le patrimoine). Ces dispositifs, bardés de conditions et d’effets de seuils, gérés par différents ministères, produisent un résultat total auquel on s’intéresse rarement. Bien sûr, l’État majore le revenu des plus pauvres (aides) et réduit celui des plus aisés (impôts), mais de combien ? Voici le montant total de son action selon le salaire du foyer, hors APL et avantages divers, dans trois cas simples : un célibataire, un couple, un couple avec quatre enfants.<br /><br />;­<br /><img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2023/01/6321aeddec06a0394a0af0f7.png" width="496" height="318" alt="6321aeddec06a0394a0af0f7.png" /><br />­</div><div><br /></div><div>Pour un célibataire, la courbe noire ressemble fort à une droite, figurée en pointillés. Elle commence à 520 € (RSA et prime de Noël), et sa pente moyenne est de 30 %. Les irrégularités sont la conséquence de la multiplicité et de la complexité des dispositifs accumulés au fil du temps.</div><div>Pour les couples aisés sans enfants, la courbe est aussi une quasi droite, mais il y a un décrochement pour les couples pauvres : ils touchent un RSA bien inférieur à celui de deux célibataires. Cette injustice leur barre l’accès au mariage, ou les conduit à cacher un lien conjugal – l’administration traque les « tricheurs » par des questionnaires intrusifs et des enquêtes.</div><div>Pour un couple avec quatre enfants, on constate que l’État ajoute environ 900 € quel que soit le niveau de revenu. Cette somme (200 à 250 € par enfant) est l’addition d’une dizaine de causes : RSA et prime d’activité familialisés, allocations familiales, complément familial, prestation d’accueil du jeune enfant, allocation de rentres scolaire, quotient familial, décote de l’impôt sur le revenu…</div><div></div><div>La proposition de l’AIRE est une simplification radicale : passer des courbes en trait plein aux pointillés : 520 € par adulte dès 18 ans, 200 à 250 € par enfant selon l’âge, et un impôt de 30 % sur tous les revenus nets, remplaçant l’impôt sur le revenu.</div><div>Cette proposition n’engendre donc pas de coût supplémentaire, sauf pour les « oubliés » d’aujourd’hui : principalement les couples pauvres (le revenu d’existence est individualisé), les 18-25 ans, et bien sûr les « non-recours ».</div><div>Le champ de cette réforme est volontairement limité : on ne touche pas au logement, aux retraites, à la santé, au chômage, aux gardes d’enfants... L’AAH (handicapés) et l’ASPA (ex-minimum vieillesse) sont remplacés par un complément au revenu d’existence pour un effet équivalent.<br /><br /><a href="https://leonregent.fr/Pdf/La_Face_Cachee_Des_Prestations_Familiales.pdf"><strong>TOME 1 : ENFANTS</strong></a><img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2023/01/6321b0354d4a9f5d2428ecaf.png" width="85" height="123" alt="6321b0354d4a9f5d2428ecaf.png" /><br /><a href="https://leonregent.fr/Pdf/La"><strong>­TOME 2 : ADULTES</strong></a><img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2023/01/6321b08e2f84b951c302532f.png" width="85" height="123" alt="6321b08e2f84b951c302532f.png" /><br /> Concrètement, on pourrait procéder en deux étapes : d’abord remplacer les prestations familiales par une allocation familiale unique, puis passer aux adultes. <a href="https://leonregent.fr/Revenu_de_Base.htm">Deux livres librement téléchargeables</a> décrivent en détails chacune de ces étapes. Ils braquent volontairement le projecteur sur les points délicats et des variantes possibles.</div><div></div><div></div><div></div><div></div><div>Pourquoi changer, si la situation financière de la plupart des foyers ne s’en trouve quasi pas modifiée ? Pour deux raisons au moins !</div><div>Tout d’abord, le nouveau système coûterait à terme infiniment moins cher à gérer, côté administration mais aussi côté administrés : moins de démarches, moins de recours à des conseils.</div><div>Surtout, il y aurait un vrai changement : le passage de l’opacité à la transparence. Illustrons-le à partir du cas réel d’une personne qui s’est trouvée brutalement sans ressources. Il lui a fallu des heures pour faire et refaire sa demande de RSA. Une vingtaine de justificatifs ont été exigés !</div><div>Ce qu’elle touche enfin lui est notifié... avec des libellés incompréhensibles :</div><div><img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2023/01/6321b0be105a7d373132626e.png" width="369" height="164" alt="6321b0be105a7d373132626e.png" /><br />­<br /> Quel rapport entre ces montants et le chiffre d’affaire d’auto-entrepreneur de 604 € déclaré le trimestre précédent ? A quoi doit-elle s’attendre si son chiffre d’affaire change ? Il lui est impossible de le savoir. Les simulateurs officiels en ligne, eux-mêmes dépassés, sont en pratique inutilisables.</div><div>La CAF n’est pas responsable de cette maltraitance administrative. Pour expliquer, il lui faudrait remplacer ce relevé par trois pages de calculs !</div><div></div><div>Chacun ne peut connaître qu’un peu de ce qui le concerne. S’agissant par exemple des enfants, les familles pauvres sont sensibles à l’allocation de rentrée scolaire, et les familles aisées aux réductions d’impôts. Chacun défend ce qu’il connaît : l’opacité du système dresse les classes sociales les unes contre les autres.</div><div></div><div>Le gouvernement et les députés sont dépassés eux aussi. Quand il faut calmer des manifestations, ils votent une rustine de plus dans l’urgence. Ils multiplient ainsi les incohérences que l’administration cache dans des algorithmes opaques.</div><div></div><div>L’enjeu majeur du revenu d’existence de l’AIRE pourrait être la fraternité :<br />;un même dispositif pour tous, simple et transparent.</div><div></div><div></div><div></div><div>S’agit-il d’un « changement de cap » révolutionnaire ? Oui. En effet, ce projet réaliste, relativement facile à financer et à mettre en œuvre, est beaucoup plus radical qu’un rêve plus ambitieux qui ne verrait jamais le jour. Cette radicalité peut être perçue comme une menace, puisque le revenu d’existence menace les organisations dont la raison d’être est de gérer la complexité. Il menace les élus, qui ne pourront plus faire de promesses démagogiques ciblées sur leur électorat.</div><div></div><div>Où trouver le courage d’affronter ces obstacles ?</div><div>Dans la prise de conscience qu’on est arrivé au bout du bout de ce que le fonctionnement actuel peut produire de bon. Un système illisible condamne en effet les acteurs à des manifestations violentes pour réclamer plus, sans conscience ni de la faisabilité, ni des conséquences. L’exaspération est nourrie par la complexité et l’ineptie croissantes des lois et décrets. Si l’on ne change pas pacifiquement de cap, une « explosion » va se produire. Le résultat sera infiniment loin des rêves des utopistes : tous seront perdants.</div><div></div><div>Comment expliquer que la voie vers une société plus fraternelle aujourd’hui en France est la simplification et la transparence, et non plus une « générosité » plus grande ? Par la pratique ! Avec une « allocation familiale unique » ne dépendant ni des revenus du foyer, ni de sa composition, chacun pourrait voir, dans son quotidien, l’utilité d’une telle mesure.</div><div></div><div>Le succès de cette première réforme montrera la vraie place de l’État national : non pas traiter tous les cas particuliers avec des bases de données inquisitrices, mais fixer un cadre financier simple, universel, individuel et inconditionnel à l’intérieur duquel les acteurs locaux pourront agir de manière personnalisée. Il permettra de poursuivre avec d’autres réformes, plus sensibles : le revenu d’existence pour les adultes, les retraites, les cotisations sociales…</div><div></div><div>Libéré d’une bureaucratie étouffante, chacun pourra mieux vivre selon ses souhaits.</div><div></div><div></div><div></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    Que penser de la proposition de l’AIRE (Association pour l’Instauration d’un Revenu d’Existence) d’un revenu d’existence d’un montant d’environ 500 € ?        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?UnRevenuDExistenceDuNiveauDuRsaSerait">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?RegentLeon">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 18 Nov 2024 16:50:15 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Viard Bruno</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?ViardBruno]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?ViardBruno]]></guid>
        <dc:creator>MelanieMichel</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Viard Bruno</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Viard        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Bruno        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-18" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion18">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-01-28" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="EnseignementDeLaLitterature" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,eduquer_et_enseigner_autrement" data-bf_auteur="ViardBruno" data-date_maj_fiche="2025-08-05 17:38:27" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse18_6_EnseignementDeLaLitterature"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Comment sauver l’enseignement de la littérature ?  </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse18_6_EnseignementDeLaLitterature" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>28/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Comment sauver l’enseignement de la littérature ?  </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ViardBruno/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Viard Bruno">Viard Bruno</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema eduquer_et_enseigner_autrement">
                      Eduquer et enseigner autrement 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>La situation n’est pas fameuse. Le nombre des étudiants de Lettres diminue. La concurrence de l’image, du numérique et d’internet est rude. Le péché de colonisation jette une ombre sur la culture française, la mondialisation la relativise. L’Université a pourtant la responsabilité de conserver et de transmettre le patrimoine littéraire de la France, et maintenant de la francophonie, ainsi que de former les futurs professeurs des collèges et des lycées, lesquels formeront à leur tour la jeunesse. Le cours de Français est, au moins depuis Jules Ferry et l’école de la Troisième République, responsable de la qualité de la langue parlée dans notre pays ainsi que de la culture commune. Personne n’a encore contesté la place éminente occupée par la littérature dans la culture d’un peuple. À cela s’ajoute que si la laïcité oblige les professeurs à la neutralité en matière religieuse et politique, si toute partialité et propagande sont interdites dans les classes, c’est à une exception près, qui est de taille : l’école de la République a pour mission d’enseigner la République, c’est-à-dire justement la laïcité, la démocratie, les Droits de l’homme et du citoyen et, si on veut donner son sens plein au mot République, la question sociale.  Or la conception actuellement dominante à l’Université en matière de littérature prépare imparfaitement les futurs professeurs du secondaire à remplir convenablement leur tâche. En un mot, la littérature est considérée comme autonome et autoréférentielle bien plus que comme transitive. Au lieu d’être un chemin ou une fenêtre qui ouvre sur la vie, son enseignement est avant tout formaliste. On apprend aux étudiants à examiner comment écrivent les auteurs, chose parfaitement légitime, et on oublie d’écouter ce qu’ils disent. En d’autres termes, les étudiants apprennent ce que disent les professeurs beaucoup plus que ce que disent les auteurs.  Gustave Lanson à la fin du XIX° siècle avait réformé l’enseignement de la littérature en congédiant l’antique rhétorique intemporelle héritée des classiques au profit d’une dynamique d’inspiration républicaine appelée histoire littéraire. L’histoire littéraire fit les frais des bouleversements de mai 68.  La situation qui en résulta se signale par une confusion extrême. D’un côté, le marxisme et la psychanalyse freudienne entrées en critique littéraire ouvrirent d’immenses perspectives vers la politique et vers la psyché. Ces deux doctrines génétiques étaient d’ailleurs antinomiques dans la mesure où chacune prétendait à l’hégémonie, affirmant constituer la voie royale permettant de connaître enfin l’homme, respectivement par la lutte des classes et par le refoulement du sexuel au sein de l’inconscient. D’un autre côté, le structuralisme inspiré par la linguistique institua un nouveau formalisme en voulant décortiquer le texte, tout le texte, rien que le texte, de façon exclusivement synchronique. Ces trois théories incompatibles dominèrent l’université pendant les années 70 et 80. Elles ont complètement disparu aujourd’hui sans que personne ait pris la peine de dire pourquoi elles était caduques. L’inventaire n’a pas été fait.  On nommera poststructuraliste la situation qui prévaut depuis environ 25 ans. Ce qu’on appelle la théorie littéraire est un structuralisme assagi marqué par de nombreux travaux de grande qualité portant sur le fonctionnement interne de l’objet littéraire mais marqués par une limite infranchissable, un plafond de verre, rejetant le sens dans des ténèbres extérieures. En infraction avec la théorie saussurienne du signe, on dira que le signifiant a étouffé le signifié. Voilà pourquoi l’Université de la république n’enseigne plus la république, ni plus généralement la Vie.  On nous dira qu’il y a les cours d’histoire et d’instruction civique pour cela dans les écoles. On répondra que c’est vrai mais que distinctions disciplinaires ne sont justifiées que si on n’a pas conscience de leur caractère factice et provisoire. La réalité se présente, elle, comme un continuum et chaque discipline doit se soucier de réserver des points d’accroche avec les disciplines voisines. De toute façon, les étudiants en Lettres à l’Université ne font ni histoire ni psychologie. Les textes littéraires sont des mines en matière historique et psychologique mais ces mines sont complètement désaffectées.  Montaigne, Pascal, Rousseau, pour ne citer qu’eux, ont développé une riche psychanalyse qui place les vicissitudes de l’amour-propre au cœur de l’inconscient. Nos étudiants passent devant ces auteurs de leur programme sans se douter de l’immense débat qui pourrait s’engager avec le pansexualisme freudien<a href="#_ftn1">[1]</a>.  L’aveuglement est tout aussi grave en matière historique alors que la postmodernité que nous vivons actuellement accumule les points d’interrogation au dessus de nos têtes. Où en sommes-nous ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Quelles sont nos ressources ?  Ainsi, les études de lettres ne peuvent se passer d’une mise en évidence de la façon dont la source gréco-romaine et la source judéo-chrétienne se sont combattues et mêlées pour produire la culture française. Nos étudiants y ont-il jamais réfléchi, habitués qu’ils sont à étudier des points beaucoup plus que des lignes ?  L’histoire de la France moderne peut se résumer comme un long arrachement à l’ordre théologique et féodal médiéval. La Renaissance, la Réforme, la Révolution, la République, la Résistance, sont les étapes remarquables d’un processus d’arrachement à l’ordre ancien. La Liberté et l’Égalité sont les inspiratrices des 5 R. Il n’est d’ailleurs pas sûr que la difficulté à concilier ces deux valeurs rivales ne soit pas la cause de nos grandes inquiétudes.  Les grands textes littéraires depuis la Renaissance constituent un immense panoramique de l’avènement de la modernité. Les auteurs canoniques de notre enseignement littéraire sont bien les promoteurs de la liberté et de l’égalité : Rabelais et Montaigne, Molière, Descartes et La Fontaine, Voltaire et Rousseau, Stendhal et Hugo, Gide et Camus, etc. La France stupéfia le monde quand les intellectuels qu’on appelait à l’époque les philosophes se mirent à instruire un procès en règle de leur société comme nul ne l’avait jamais fait. Peu d’auteurs partisans de la tradition ont survécu dans le Panthéon scolaire républicain. On peut citer Chateaubriand avec des nuances. Barrès a été éliminé.  « Il y a des siècles, disait Péguy », désignant par là une succession de paliers. La modernité a mis 5 siècles à s’établir comme il y a 5 actes dans la tragédie racinienne. Il y a donc un 16°, un 17°, un 18°, un 19° et un 20° siècle, chacun avec sa couleur caractéristique. C’est là un phénomène typiquement français. Qu’est ce qui donne sa pente à l’histoire de la France et de l’Europe ? C’est avant tout la notion de liberté dans les domaines scientifique, politique, religieux, moral. C’est à une libéralisation généralisée qu’on a affaire depuis la Renaissance jusqu’à mai 68 et à la chute du mur de Berlin. Un long et progressif arrachement à l’ordre catholique et monarchique. Les études de lettres ne devraient pas être séparées d’une réflexion historico-sociologique sur ce que signifie le basculement des sociétés traditionnelles dans la modernité libérale. Cette réflexion n’a pas besoin d’être rajoutée : elle est au cœur des grands textes. C’est elle qui les fait palpiter.  La condition pour une revitalisation des études littéraires, c’est donc un décloisonnement, une ouverture vers les problématiques existentielles les plus diverses. Les textes sont un appel à la transitivité. Nous n’avons qu’à les écouter.<br /></p>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Sur ce sujet, notre livre Amour-propre. Des choses connues depuis le commencement du monde, Le Bord de l’Eau, 2015.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EnseignementDeLaLitterature">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-02-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="DeviseRepublicaineEtRessourcesCachees" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble" data-bf_auteur="ViardBruno" data-date_maj_fiche="2025-08-05 12:03:28" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse18_6_DeviseRepublicaineEtRessourcesCachees"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Devise républicaine et ressources cachées </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse18_6_DeviseRepublicaineEtRessourcesCachees" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/02/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Devise républicaine et ressources cachées </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ViardBruno/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Viard Bruno">Viard Bruno</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>  La guerre civile de juin 1848, le coup d’État du 2 décembre 1851 et la répression qui suivirent ont marqué une césure dans notre histoire sociale. Le socialisme républicain des années 1830 et 1840 fut réprimé et exilé avant d’être submergé par la vague marxiste et plus tard léniniste qui l’a emporté dans les trois premières Internationales. Une relecture de l’histoire est nécessaire maintenant que les économies planifiées se sont écroulées sans exception et au moment où la nécessité d’un changement de paradigme est plus urgente que jamais. Le socialisme républicain français fut moqué comme utopique, impuissant, sentimental et petit-bourgeois. Il y a sans doute beaucoup de folie dans le fouriérisme, dans le saint-simonisme, dans les improvisations du printemps 1848, il n’empêche que le foisonnement d’idées qui s’est produit sous la Monarchie de Juillet et sous la Seconde république mérite d’être réévalué à la hausse.  Les premières critiques de l’économie politique sont nées en France autour de 1830 dans l’Église saint-simonienne et dans les cercles néo-républicains, à peine précédées par les réflexions de Robert Owen en Angleterre.  Les saint-simoniens analysèrent dès 1825 la lutte de classes, l’exploitation des prolétaires par les propriétaires et inventèrent le socialisme, moins le mot, en remettant les moyens de production entre les mains d’un Parti connaissant la Vérité. Marx et Lénine sont leurs héritiers. Il manquait la Liberté. De leur côté, les Républicains de 1830 répudièrent les moyens violents dont avaient tellement abusé leurs ancêtres de 1793 et firent du suffrage universel leur drapeau. Il revient à Pierre Leroux d’avoir exhumé la Déclaration des Droits de 1793 ainsi que la devise Liberté, Égalité, Fraternité, et d’avoir fait la synthèse des deux courants de contestation du nouvel ordre bourgeois : le saint-simonisme planificateur et le républicanisme de la forme, et d’avoir, selon son expression, mis « le socialisme dans la république et la république dans le socialisme ».  Très méconnue, la synthèse réalisée par le mouvement initié par Pierre Leroux importait donc les Droits de l’homme, le suffrage universel et les formes constitutionnelles et législatives dans le socialisme. Réciproquement, le programme de la république démocratique et sociale importait le socialisme dans la république. Jaurès s’en souviendra qui qualifiait de socialiste l’œuvre de la Première République (propriété, école, famille, grands travaux).  Au printemps de 1848, la Commission du Luxembourg présidée par Louis Blanc avait jeté les bases de l’État Providence, de ce que nous appelons législation du travail et Sécurité Sociale, que Léon Blum et le général de Gaulle mirent en pratique un siècle plus tard.  Paru en 1840, le livre de Louis Blanc, Organisation du travail, est certainement le projet le plus abouti et qui eut un retentissement considérable, faisant l’objet de neuf rééditions en dix ans. Blanc proposait de mettre en concurrence la propriété privée avec des ateliers sociaux autogérés créés par des emprunts d’État, dont les bénéfices seraient répartis en trois parties : salaires des associés, secours social, réinvestissement. On voit donc que la propriété n’est pas supprimée et les associés des différents ateliers seraient intéressés aux bénéfices de façon individuelle. Blanc reprenait aux saint-simoniens l’expression organisation du travail mais il refusait la planification complète que ceux-ci prévoyaient un siècle avant Lénine. Blanc se battait sur un double front, contre les républicains du National qui ne s’intéressaient qu’aux mesures politiques et contre les communistes qui méprisaient les droits politiques. Les idées de Blanc et de Leroux ne sont pas sorties de deux cerveaux imaginatifs, mais d’un large mouvement collectif mis en marche à l’automne 1830, lui-même greffé sur les projets de la Première République, qui s’exprima dans des dizaines de journaux malgré la censure, et qui s’intéressait à maintes questions sociales, la gestion des chemins de fer par l’État,  la limitation du temps de travail, la réforme de la fiscalité et du crédit, le droit à l’association de production ou de secours, les grands travaux, l’éducation, le système pénitentiaire, la condition de la femme et le rétablissement du divorce, l’abolition de l’esclavage. Victor Schœlcher faisait partie de l’équipe.  Ajoutons que la devise Liberté Égalité à laquelle Robespierre avait ajouté Fraternité en 1790 était tombée en désuétude après la Terreur, l’Empire et la Restauration. Leroux en assura le sauvetage en 1834 mais il ne réussit pas, en 1848, à faire « mettre la Fraternité au centre ». L’anthropologie de Leroux repose en effet sur l’idée que le socialisme absolu est aussi contraire à la nature de l’homme que l’individualisme absolu<a href="#_ftn1">[1]</a>, « deux pistolets tournés l’un contre l’autre ».  Cette anthropologie réaliste et équilibrée trouvera une confirmation en 1924 dans l’Essai sur le don de Marcel Mauss, ce collaborateur de Jaurès. Observateur sympathisant de ce qui se passait à Moscou en 1917, Mauss avait exprimé dès 1921, la première critique de gauche du système soviétique, celle qu’on peut lire pour imaginer ce que Jaurès aurait pensé de la révolution bolchévique. Mauss critiqua sévèrement la suppression de la petite paysannerie, du petit artisanat et du petit commerce ainsi que des institutions villageoises vivantes en Russie. « Loin que le socialisme soit un adversaire de la propriété individuelle comme le communisme utopique l’a toujours été et l’est encore, écrit Mauss, il la suppose. »    La devise nationale française n’est donc pas un simple logo ornemental : son triangle équilatéral parfait est un programme politique complet : la liberté et l’égalité doivent s’équilibrer l’une l’autre et ne réussiront à le faire que dans une ambiance de fraternité qui n’est autre que l’esprit républicain.   </p><p>Bruno Viard</p><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Pierre Leroux, De l’Individualisme et du Socialisme dans Anthologie de Pierre Leroux inventeur du socialisme par Bruno Viard, Le Bord de l’eau, 2007.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DeviseRepublicaineEtRessourcesCachees">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2017-01-27" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="IdentiteFrancaiseEtUniversalisme" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="penser_faire_mondialite" data-bf_auteur="ViardBruno" data-date_maj_fiche="2025-09-08 11:43:07" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse18_6_IdentiteFrancaiseEtUniversalisme"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Identité française et universalisme </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse18_6_IdentiteFrancaiseEtUniversalisme" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>27/01/2017</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Identité française et universalisme </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ViardBruno/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Viard Bruno">Viard Bruno</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema penser_faire_mondialite">
                       <a href=?penser-faire-mondialite>Penser / Faire mondialité </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h3><strong>L’universalisme fait partie de l’identité française</strong>  </h3><p>Un débat manichéen perturbe la conscience nationale française. L’identité est devenue un sujet miné. D’un côté, les déconstructeurs jettent le soupçon sur la moindre revendication d’identité soupçonnée de nationalisme, si ce n’est de racisme. D’un autre, une droite chauvine refuse de regarder en face les errements de la France sous la colonisation et pendant l’Occupation. Nous savons pourtant que seule la vision binoculaire permet la sensation du relief. Nous savons aussi qu’un minimum de fierté et de confiance en soi est indispensable à toute action.  La discussion autour de l’identité française est mal partie du fait même de l’usage du singulier. Il existe en réalité deux identités françaises qui se combattent depuis 5 siècles. L’histoire de la France moderne peut se résumer comme un long arrachement à l’ordre théologique et féodal médiéval. La Renaissance, la Réforme, la Révolution, la République, la Résistance, sont les principales étapes d’un processus d’arrachement à l’ordre ancien. La Liberté et l’Égalité sont les inspiratrices des 5 R. L’idéal organique qui fut celui de l’Ancien régime et de l’Action française nourrit encore des nostalgies anti-individualistes, en particulier aux plans ethnique et familial. La moindre des choses serait donc de clarifier de laquelle des deux traditions françaises on se réclame et de ne pas tout embrouiller.  La Révolution et la République ont supprimé races, castes et tribus, et proclamé l’égalité de tous, blancs, noirs, juifs, protestants, catholiques, nobles, roturiers, bretons, provençaux, aînés, cadets. La Déclaration des Droits ne fait pas de différence entre les droits de l’homme et ceux du citoyens. Le cri Vive la Nation ignore superbement l’étymologie de nascor = naître. On dirait presque que l’esprit républicain français n’est pas français puisqu’il est d’abord arrachement à la tradition, à la religion catholique de l’époque, à l’esprit local, régional, folklorique, ce qui faisait dire à Thomas Jefferson : Tout homme a deux patries la sienne et la France.  Les auteurs canoniques de notre enseignement secondaire sont bien des promoteurs de la liberté et de l’égalité : Rabelais et Montaigne, Molière et La Fontaine, Voltaire et Rousseau, Stendhal et Hugo, etc. La tradition était dans la religion, dans la Province, dans la vie rurale, Chateaubriand, les romantiques, Barrès l’illustrent. Pour Hugo, Paris était la capitale du monde parce qu’elle était la capitale de la liberté.  La réalité ne fut pas toujours à la hauteur des principes. Napoléon entreprit d’exporter la Révolution à coup de canon. Il fut accueilli comme un libérateur en Italie mais se fit détester en Espagne, en Prusse, en Russie. Après avoir par deux fois aboli l’esclavage, la République entreprit de civiliser le monde. Tel était l’état d’esprit de Jules Ferry dont la silhouette restera ambivalente : Ferry et l’école obligatoire / Ferry-Tonkin, comme on le surnommait.  On peut faire du colonialisme un bilan en partie double et faire valoir à l’actif les écoles, les hôpitaux, les routes, les chemins de fer, etc., il restera toujours un vice de principe : on n’entre pas dans la maison des gens sans frapper, surtout pour y faire la loi sur un ton autoritaire et méprisant ! Raymond Aron disait à propos de l’Algérie : « Un empire édifié par un pays qui se réclame de la démocratie est à notre époque déchiré par une contradiction à laquelle il ne résistera pas longtemps. »    Ces constats indispensables n’enlèvent rien aux principes. Ce n’est pas moins mais davantage d’esprit républicain qu’il faut, tout simplement parce qu’il n’y en a pas de meilleurs. De quelque façon qu’on les formule, les trois termes de la triade républicaine sont les guides qui doivent inspirer la transition à laquelle l’humanité est sommée de procéder à l’heure de la mondialisation. Une réalité anthropologique est en effet contenue dans la triade puisque c’est toute relation humaine qui est par nature exposée à cheminer entre les deux bornes opposées de l’égalité uniformisante et de la liberté différentiatrice et que seul un esprit de fraternité permet de surmonter ce dilemme. </p><p>Bruno Viard</p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?IdentiteFrancaiseEtUniversalisme">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2018-02-11" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LaPlaceDeLaFraterniteDansLaDeviseRepubl" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="enchanter_nos_mondes" data-bf_auteur="ViardBruno" data-date_maj_fiche="2025-09-15 11:19:03" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse18_6_LaPlaceDeLaFraterniteDansLaDeviseRepubl"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              La place de la fraternité dans la devise républicaine </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse18_6_LaPlaceDeLaFraterniteDansLaDeviseRepubl" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>11/02/2018</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">La place de la fraternité dans la devise républicaine </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ViardBruno/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Viard Bruno">Viard Bruno</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema enchanter_nos_mondes">
                       <a href=?enchanter-nos-mondes>Enchanter nos mondes </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    Bien que Robespierre ait eu l’idée en 1790 de faire inscrire notre devise actuelle sur le drapeau des gardes nationales, la Première République n’eut pas de devise officielle. Le binôme Liberté-Égalité était parfois complété par ou la mort. Dès Thermidor, puis sous l’Empire et la Restauration, les symboles républicains furent détestés et désertés en raison de l’image terrible qui les connotait. Ils étaient presque oubliés sous Louis-Philippe lorsque ressurgit l’esprit républicain en réaction à la société d’argent qui se mettait en place.  « L’un des premiers, écrit Michel Borgetto, sinon le premier à avoir entrepris d’exhumer la célèbre devise fut le socialiste Pierre Leroux. Dès 1833, en effet, celui-ci s’attacha à la fois à réhabiliter et à revendiquer la devise républicaine. [...] Tant par sa constance que par la force avec lesquelles il la défendit, il reste sans aucun doute l’un de ceux qui auront le plus contribué au renouveau de la triade. »  C’est en réalité en 1834 que Leroux écrivit : « Nos pères avaient mis sur leur drapeau : Liberté, Égalité, Fraternité, que cette devise soit encore la nôtre. »  Il y avait à ce sauvetage des raisons très précises. Leroux savait que la liberté était la valeur fondamentale au nom de laquelle avaient été menées les révolutions de 1789 et de 1830 mais il avait été initié aux premières critiques de l’économie politique menées par les saint-simoniens. Il voyait bien depuis l’été 1830 que le libéralisme absolu aboutissait « à l’esclavage absurde et honteux de vingt-cinq millions d’hommes sur trente », et que la patrie des droits de l’homme ressemblait au « bagne de Toulon ». Il fallait donc corriger la liberté par l’égalité. Leroux était pourtant conscient des excès commis sous la Terreur au nom de l’égalité et, d’ailleurs, les saint-simoniens eux-mêmes prévoyaient une organisation systématique, pour ne pas dire totalitaire du travail et de la société. Le socialisme absolu pouvait très bien devenir un lit de Procuste transformant la société en un couvent ou une caserne. La liberté et l’égalité étaient donc deux valeurs fondamentales mais opposées, comme le remarquait Alexandre Soljenitsyne en 1973 :   La Révolution française s’est déroulée au nom d’un slogan intrinsèquement contradictoire, et irréalisable : liberté, égalité, fraternité. Mais dans la vie sociale, liberté et égalité tendent à s’exclure mutuellement, sont antagonistes : car la liberté détruit l’égalité, c’est même là l’un des rôles de la liberté, tandis que l’égalité restreint la liberté, car autrement, on ne saurait y atteindre. Quant à la fraternité, elle n’est pas de leur famille, ce n’est qu’un aventureux ajout au slogan : ce ne sont pas des dispositions sociales qui font la véritable fraternité, elle est d’ordre spirituel.  Soljenitsyne n’accepte pas le basculement de la société traditionnelle hiérarchique et religieuse dans la modernité démocratique. Il est vrai que c’est un pari de la part de la modernité que la liberté et l’égalité réussissent à se faire mutuellement contrepoids. C’est cette grande idée que Leroux veut voir dans la triade. Les deux premiers termes de la devise sont donc en tension, une tension dont il faut prendre acte à moins d’une régression dans une forme organique de société.  Reste la fraternité. Leroux reconnaît aussi son origine chrétienne, chronologiquement entre la liberté, cette invention grecque, et l’égalité, cette invention des Lumières. À la République de faire la synthèse. Il proposa de placer « la fraternité au centre », ce qui ne fut pas retenu, le 27 février 1848, quand Louis Blanc fit adopter la devise. Au delà du symbole, unir la liberté et l’égalité, l’idée est qu’il n’est pas de république sans sentiment républicain et que cet esprit sera un esprit de fraternité parce que c’est du sentiment commun qu’il dépend que la liberté et l’égalité n’empiètent pas l’une sur l’autre. Le réglage de leur équilibre relève de la morale autant que de la technique.         
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LaPlaceDeLaFraterniteDansLaDeviseRepubl">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-10-08" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LesEtudesDeLettresSontEllesSignifiantes" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,eduquer_et_enseigner_autrement" data-bf_auteur="ViardBruno" data-date_maj_fiche="2025-09-22 12:10:53" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse18_6_LesEtudesDeLettresSontEllesSignifiantes"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Les études de lettres sont-elles signifiantes ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse18_6_LesEtudesDeLettresSontEllesSignifiantes" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>08/10/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Les études de lettres sont-elles signifiantes ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ViardBruno/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Viard Bruno">Viard Bruno</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema eduquer_et_enseigner_autrement">
                      Eduquer et enseigner autrement 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Ce ne sont pas les seuls professeurs, c’est, en France, la nation entière, qui est intéressée par l’enseignement de la littérature, Or cet enseignement traverse une phase critique dont le meilleur indice est la baisse régulière d’année en année du nombre d’étudiants à l’université et de postes de professeurs. Le rayonnement de la recherche en littérature est faible. Le monde extérieur s’en désintéresse alors qu’une connaissance méthodique de notre littérature est un moyen privilégié́ d’acquérir une vision cohérente et approfondie de notre destinée personnelle et collective. Nous pensons à l’Université, et, en cascade, aux lycées et collèges, et à toute la jeunesse.</div><div><br /></div><h3>La faute au structuralisme</h3><div><br /></div><div>Cette situation anormale est due à notre sens à une double carence, à une double crevaison dans l’enseignement de la littérature : le défaut de perspective historique, le défaut de perspective psychologique. Il en résulte un grave manque de rebond. Résumables par l’expression théorie littéraire, les pratiques actuelles sont caractérisées par leur technicité́ et par leur quiétisme politique et moral. Le structuralisme à qui en revient la faute puisqu’il bannissait la dimension référentielle des textes au profit du langage a aujourd’hui disparu et les fenêtres commencent à s’ouvrir comme en témoignent les sujets proposés au concours du CAPES ou le colloque organisé en 2017 à Aix et Marseille par la Société d’études de la littérature de langue française des XX° et XXI° siècle et dont le titre est en même temps une confirmation de notre propos : Extension du domaine de la littérature. Mais un énorme retard a été accumulé et la sortie de la glaciation se produit en ordre dispersé, à tâtons, sans méthode, et sans qu’un inventaire critique des bases idéologiques dont on se déprend ait été fait. Il faut dire que ces bases idéologiques ont été importées de l’extérieur, depuis l’ethnologie, la sociologie ou la philosophie (Lévi-Strauss, Foucault) ce qui invite à la répétition davantage qu’à la réflexion critique.</div><div>Si les deux victimes du structuralisme, l’histoire et la psychologie, n’ont pas été vraiment relevées, nous croyons donc que c’est parce que l’usage du structuralisme dans les études de lettres a été abandonné sans qu’on dise pourquoi, que ses principes idéologiques n’ont pas été purgés en profondeur, soit parce qu’ils sont encore actifs, soit du fait de la vitesse acquise et des habitudes prises par la troisième génération d’enseignants-chercheurs depuis la grande rupture des années 60.</div><div>Le structuralisme en littérature se présente comme une approche fixiste venue bloquer le mouvement déclenché par les réformes de Gustave Lanson au début du XX° siècle. La rhétorique et son esthétique intemporelle héritée des Anciens régnait depuis la Renaissance : Gustave Lanson proclama son abolition et institua l’histoire littéraire  Roland Barthes abolit l’histoire littéraire et institua le structuralisme. Trois séquences, donc, et deux ruptures, dont Gustave Lanson et Roland Barthes restent les symboles. Objet de toutes les critiques de la vieille droite la révolution pédagogique lansonienne avait un contenu républicain. Lanson était même un collaborateur de Jaurès. Par plus d’un côté, la rupture structuraliste inspirée par la linguistique fut un retour à l’immobilité et au formalisme de l’antique rhétorique.</div><div>Nous nous heurtons ici à un grand paradoxe : ayant greffé la linguistique sur les études littéraires, le structuralisme d’un Roland Barthes, d’un Roman Jakobson, d’un Algirdas Greimas ou d’un Gérard Genette présente l’aspect d’une grande technicité et d’un quiétisme politique et moral complet. Nous savons bien pourtant que le structuralisme est un antihistoricisme et un antihumanisme qui contestent les fondements de la culture européenne depuis les Lumières. Il y a bien des raisons à cela. Il n’était que trop vrai au lendemain de la seconde guerre mondiale et au moment de la décolonisation que l’homme occidental avait démérité dans sa prétention à tenir lui-même le gouvernail des affaires humaines. Ces raisons de douter du progrès historique et de l’homme lui-même n’ont fait que se renforcer aujourd’hui où l’illusion communiste s’est écoulée et où la planète menace d’en faire autant…</div><div>Mais en disant cela, c’est le procès de l’historicisme, entendu comme une téléologie hégélienne, que l’ont fait. L’historicité, entendue comme recherche des causalités, n’aurait pas dû faire les frais du renoncement à l’historicisme. C’est pourtant ce qui est arrivé. Des cours d’histoire littéraire ont certes été réintroduits dans le cursus des étudiants, mais il s’agit surtout d’une histoire des genres sans véritable inscription dans le bain de la grande histoire en dehors des repères chronologiques d’usage.</div><div><br /></div><h3>L&apos;impasse sur l&apos;historicité</h3><div>Ce qui se jouait finalement lorsque fut renversée une histoire littéraire qui s’était à la vérité bien sclérosée, et que se répandit la froide approche linguistico-structuraliste des textes c’était, au plus profond, un bras de fer entre les valeurs républicaines et une radicalité double, trouvant sa source dans le marxisme d’une part, chez les grands déconstructeurs de l’époque que furent Claude Lévi-Strauss et Michel Foucault.</div><div>La radicalité avait bien des raisons de se défier de la République qui n’avait pas su empêcher Juin 40 et Vichy, et qui bafouait ses propres valeurs dans ses colonies. Mais le propre de la radicalité, c’est l’exaltation, cette protubérance disgracieuse qui disproportionne le jugement. La critique structuraliste des valeurs européennes n’est pas incongrue : elle est même indispensable. Mais il existe un seuil à partir duquel un jugement qui se radicalise perd sa pertinence et ne parle plus que de lui-même.</div><div>Quand Barthes proclama la Mort de l’auteur en 1968, il le fit pour deux raisons à la vérité contradictoires mais qui ont paru s’additionner : d’abord, l’auteur est un bourgeois et, en plus, il n’existe pas, puisque « c’est le langage qui parle ». Le motif révolutionnaire fait couple, tant bien que mal, avec la linguistique. Nous nous interrogerons donc sur la relation chez Roland Barthes entre sa façon de tordre le cou au sens, au signifié, au référent dans la lecture des textes d’une part et d’autre part sa fascination pour l’URSS, puis la révolution chinoise. Il pouvait dire en 1964 : « L’objet de la révolte, c’est la civilisation occidentale3. » Une telle généralisation signifie qu’une infrastructure de l’ordre du ressentiment inspirait le mécano structuraliste. </div><div>Ce que la priorité accordée au langage sur la parole a déconstruit, implicitement, mais efficacement, c’est l’esprit républicain. Or le prix à payer d’une position radicalement critique envers la démocratie fut une méconnaissance de sa fragilité et de la nécessité de la cultiver ainsi qu’une cécité souvent tenace devant les réalités du totalitarisme à l’Est. Les milliers d’étudiants et de professeurs qui ont répété la doxa barthésienne n’avaient sans doute pas à l’esprit de régler leur compte à la Raison, au Sujet, au Sens et à l’Histoire, il n’empêche que les sens interdits et les sens giratoires qui ont borné leur parcours sur maintenant trois générations ont fini par provoquer de facto une désertion de l’esprit républicain. Chez nous, il y a des choses dont on ne parle pas.</div><div>L’idée républicaine est pourtant au cœur de l’histoire littéraire française depuis que Jacques Amyot a traduit Les Vies des hommes illustres de Plutarque dont Montaigne, Rousseau et tant d’autres collégiens se sont imprégnés. L’enseignement des jésuites lui-même fut le cheval de Troie au sein duquel l’idée de république chemina à partir de la Rome antique pour aboutir à Paris en 1792. Les péripéties de l’histoire du XIX° siècle ne sont rien d’autre que le long et douloureux accouchement de la République. Au XX° siècle, le colonialisme, l’État Français en 1940, les 13 mai 58 peut-être, sont encore des péripéties de l’histoire républicaine dans ses malheurs autant que dans ses heurs. Au plan des valeurs, le principe de laïcité commande la neutralité en matière religieuse et politique. Neutralité sur tous les chapitres, sauf un : que la république enseigne ses propres principes, la démocratie, la constitutionnalité, la séparation des pouvoirs, la pondération réciproque de la liberté et de l’égalité, y compris sociale, la solidarité, l’égalité des sexes et des tendances sexuelles, la laïcité. Ces rappels sont-ils des enfonçages de portes ouvertes ? Il s’agit pourtant de faits et surtout de valeurs qui ne se disent guère dans les amphis de lettres où les postures critiques sont presque les seules à être de mise quand la littérature redevient transitive.</div><div><br /></div><h3>L&apos;impasse sur la psychologie</h3><div>Si la critique de l’historicisme a abouti à faire l’impasse sur l’historicité et spécialement sur l’historicité de la république, la critique de l’humanisme a conduit, à faire l’impasse sur toute psychologie. Barthes a prononcé la condamnation de l’auteur en 1968 dans le texte qui fut le plus ronéoté dans les amphis. Il est vrai que Freud a un temps été considéré comme l’allié de l’entreprise déconstructiviste aux côtés de Darwin, de Nietzsche et de Marx mais la psychanalyse a depuis longtemps déserté les cours de littérature. La confrontation d’un texte avec la biographie de son auteur est encore l’objet d’un tabou qui n’a pas chancelé ainsi que toute interprétation psychologique des œuvres. La littérature est pourtant, depuis Homère, une mine d’observations psychologiques offerte par les plus grands esprits. Il y a davantage : les grands textes de la tradition chrétienne de Saint Augustin à Pascal continués par Rousseau, Stendhal et Proust, pour rester en France, fournissent une analyse théorique des passions et une exploration de l’inconscient fondée sur l’orgueil et l’amour-propre. Ce serait un immense chantier que de débattre à partir du corpus littéraire préfreudien des mérites d’une psychanalyse fondée sur l’orgueil, la vanité et l’amour-propre plutôt que sur l’Œdipe et la castration.</div><div>Quel rapport pensera-t-on peut-être entre la République et une psychanalyse de l’amour-propre, entre une approche des textes qui aurait pour cadre le macrocosme historico-politique et une approche micro qui descendrait dans l’intime et dans les passions inconscientes, ce pléonasme ? Il s’agit du lien social dans les deux cas, malgré la différence d’échelle, et son étude n’aurait guère d’intérêt si elle n’était accompagnée d’un souci moral. Notre souhait est donc que le prochain tour de kaléidoscope qui révolutionnera les études de lettres commence par une franche réhabilitation de la dimension référentielle des textes pour se prolonger vers le souci moral indispensable à la tâche éducative, conformément au nom de notre ministère.</div><div></div><div></div><div></div><div></div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LesEtudesDeLettresSontEllesSignifiantes">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2022-07-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LesTroisFeesDeMonsieurNdiaye" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires,eduquer_et_enseigner_autrement,reactions_actualites_passees" data-bf_auteur="ViardBruno" data-date_maj_fiche="2025-09-22 12:28:38" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse18_6_LesTroisFeesDeMonsieurNdiaye"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Les trois fées de monsieur Ndiaye </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse18_6_LesTroisFeesDeMonsieurNdiaye" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/07/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Les trois fées de monsieur Ndiaye </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ViardBruno/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Viard Bruno">Viard Bruno</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema eduquer_et_enseigner_autrement">
                      Eduquer et enseigner autrement 
                     </span>
                 <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br /></div><div><strong></strong></div><div></div><div></div><div>Le paradoxe est irritant. D’un côté, la couleur de la peau et l’origine géographique d’un ministre (Beauce/Sénégal) n’a rien à faire avec les tâches immenses qui lui sont confiées, particulièrement s’agissant de l’éducation nationale. Les attaques de l’extrême droite sont complètement déplacées et ne méritent pas de longues discussions. Les buts exprimés par le ministre dans sa Lettre aux enseignants, lutte contre les inégalités sociale – renforcement des savoirs fondamentaux – accueil bienveillant de tous les élèves – écologie – salaire des professeurs, sont cent fois plus importants que le buzz médiatique provoqué par son origine ethnique.<br /><br /></div><div>D’un autre côté, la nomination de Pap Ndiaye comme ministre de l’éducation nationale est, toute proportion gardée, comparable à l’élection de Barack Obama Président des États-Unis. La portée symbolique, c’est-à-dire morale de l’événement, est de nature à faire évoluer, dans le bon sens on n’en doute pas, le climat de la France postcoloniale.<br /><br /></div><div>Pap Ndiaye n’est certes pas le premier noir à accéder aux plus hautes fonctions. On pense à Blaise Diagne, député et sous-secrétaire d&apos;État aux Colonies en 1914, à Gaston Monnerville, Président du Conseil de la République de 1947 à 1958 et du Sénat de 1958 à 1968, à Léopold Sédar Senghor, député et Ministre conseiller en 1959. Cette fois, nous sommes dans une autre configuration. La colonisation s’éloigne, la décolonisation aussi mais les vieilles blessures sont loin d’être cicatrisées. Lui-même historien et militant de la cause noire, Pap Ndiaye se revendique avant tout comme fils de la République, prend ses distances par rapport à une woke and cancel culture souvent sectaire et clivante et refuse de se laisser enfermer dans la polémique manichéenne qui oppose, selon ses mots, un « universalisme décharné » et un « communautarisme étroit ».<br /><br /></div><div>La République a manqué à ses valeurs fondatrices d’universalité et a reconstitué dans les colonies les castes qu’elle avait cru abolir sur son territoire. Ancien Directeur de la Cité nationale de l’immigration, Pap Ndiaye s’est employé à montrer combien l’universalisme porté par la Révolution française avait constitué un argument puissant dans le processus de décolonisation. Comment les peuples concernés l’avaient en quelque sorte retourné contre une France qui tournait le dos à ses propres valeurs. Le principe d’égalité était pris au pied de la lettre, ce qui n’enlève rien à la légitimité des identités ethniques ou religieuses, qui ne sont rien d’autre que le principe de liberté appliqué aux nations, disait Péguy. <br /><br /></div><div></div><div>Les références du Ministre en matière d’éducation, énoncées dans un article du Monde de Nicolas Truong du 25 juin dernier, sont Jules Ferry, Ferdinand Buisson et Jean Zay : une vraie carte d’’identité qu’on peut résumer par ces mots qu’il aime répéter : « L’école est le trésor de ceux qui n’en ont pas. » Pap Ndiaye s’inscrit évidemment dans la continuité du grand fondateur de l’école obligatoire, laïque et gratuite, mais le cas de Jules Ferry nous renvoie justement à la dualité qui nous occupe, éducation/race (Pap Ndiaye ne récuse pas le mot race), puisque Ferry « Tonkin », comme on le surnommait, soutenait que c’était le devoir « des races supérieures de civiliser les races inférieures ». Clemenceau le moucha à l’Assemblée nationale en lui rappelant que des savants allemands démontraient scientifiquement que la France devait être vaincue parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand. C’était en 1885… Pap Ndiaye ne cloue cependant pas Ferry au pilori et fait remarquer qu’il ne croyait pas au racisme biologique mais à la perfectibilité des peuples indigènes par l’éducation. <br /><br /></div><div>Le cas de Jean Zay touche aussi, mais d’une toute autre manière à la dualité pédagogie/racisme. Si Pap Ndiaye salue Zay, c’est bien sûr en raison de l’œuvre du Ministre de l’Éducation nationale en faveur des défavorisés sous le Front Populaire. C’est encore parce que pour Jean Zay, la République repose avant tout sur le civisme et l&apos;intelligence des citoyens, c&apos;est-à-dire sur leur éducation intellectuelle et morale. Mais c’est aussi par solidarité avec la victime de Vichy qui fut assassiné par la milice en 1944 en raison de ses origines juives. Pap Ndiaye, à la suite de Frantz Fanon, ne dissocie pas le racisme de l’antisémitisme ni d’une réflexion sur le totalitarisme en général.<br /><br /></div><div>Moins connu que Jules Ferry, Ferdinand Buisson fut son collaborateur intime. C’est ensemble qu’ils rénovèrent le système éducatif à partir de 1880. C’est lui qui a élaboré tous les projets de lois, tous les règlements, toutes les circulaires de cette réforme, comme, de 1902 à 1906 il supervisa le travail d’écriture et de conception des lois sur la laïcité. </div><div>Homme de conviction, Buisson refusa d&apos;enseigner la philosophie, pour œuvrer en faveur des enfants les plus pauvres. Le Dictionnaire de pédagogie et d&apos;instruction primaire dont il fut le maître d&apos;œuvre fut la bible de l’école laïque et républicaine mettant au centre la conscience morale. Avant cela, il s’était exilé volontairement en Suisse après le coup d’État du 2 décembre et refusa de prêter serment à Napoléon III. C’est là qu’il fit la connaissance de Pierre Leroux, exilé volontaire comme lui, fondateur du socialisme républicain.<br /><br /></div><div>Ferdinand Buisson n’était ni noir, ni juif : il était protestant, troisième catégorie de persécutés émancipés par la République dont ils devinrent souvent les meilleurs défenseurs. La III° république fut en effet largement fondée par des protestants. Buisson fut l’un des instigateurs du protestantisme libéral avec Francis de Pressensé et Gabriel Monod.<br /><br /></div><div>La figure de Ferdinand Buisson assure une continuité entre la Seconde et la Troisième République. La Seconde entama pour la première fois la mise en place d’un système de mutualisation professionnelle des risques liés à la maladie, au chômage et à la vieillesse, et jeta les bases de la législation du travail, la Troisième fonda l’école républicaine et la laïcité À l’écoute de la tradition du socialisme républicain transmise par Pierre Leroux (par différence avec le socialisme marxiste), Buisson fut un dreyfusard de la première heure, il collabora avec Péguy et Jaurès et reçut le prix Nobel de la paix en 1927 pour ses efforts en faveur d’une réconciliation franco-allemande.<br /><br /></div><div>Ferry, Buisson, Zay : Pap Ndiaye a lui-même choisi les trois meilleures fées qui puissent veiller sur le berceau de son nouveau ministère.<br /><br />Bonne chance à lui pour remobiliser les professeurs sur ce que Péguy appelait le plus beau métier du monde…</div><div></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LesTroisFeesDeMonsieurNdiaye">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2018-02-24" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="MarxProudhonPierreLeroux" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="ne_sais_pas" data-bf_auteur="ViardBruno" data-date_maj_fiche="2025-09-24 08:32:15" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse18_6_MarxProudhonPierreLeroux"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Marx, Proudhon, Pierre Leroux </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse18_6_MarxProudhonPierreLeroux" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>24/02/2018</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Marx, Proudhon, Pierre Leroux </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ViardBruno/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Viard Bruno">Viard Bruno</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema ne_sais_pas">
                       <a href=?ne-sais-pas>Je ne sais pas </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p style="text-align:center;"><i><b>Texte tiré du blog de Bruno Viard, 17 janvier 2018. </b></i></p><p><br /></p><p>  J’ai repris ces derniers jours le livre de Michel Winock, Les Voix de la liberté, paru en 2001, excellent livre à tous égards pour qui veut revisiter la participation des hommes de lettres aux grands combats politiques du XIX° siècle de 1815 à 1885. Les lectures de l&apos;auteur sont colossales mais il les résume à chaque fois d&apos;une formule qui va à l&apos;essentiel. Ce qui m’intéresse surtout, pour le moment, c’est la genèse des idées socialistes sur lesquelles nous vivons depuis deux siècles. Quand Karl Marx séjourne à Paris en 1844, il fait partie des jeunes hégéliens de gauche, c’est-à-dire libéraux, dont l’obsession est la critique de la religion. Feuerbach les oriente vers un athéisme radical. Cela fait une double différence avec les socialistes français. 1) parce que ces derniers ont découvert la lutte des classes depuis près de vingt ans, ce qui est sans équivalent en Allemagne  2) parce que leur critique de la religion est plus nuancée : ils combattent la réaction catholique mais respectent le sans-culotte Jésus, tiennent à l’idée d’un Dieu immanent et restent convaincus que l’avenir a besoin d’une religion nouvelle. Sur la question économique et sociale, Marx se met pour le moment à l’école des Français, des saint-simoniens, de Pierre Leroux, de Proudhon et de beaucoup d’autres. Mais la question religieuse demeurera le lieu d&apos;une incompatibilité insurmontable entre les socialismes français et allemand. Il me paraît important de revenir sur ces commencements, maintenant que nous connaissons la fin de l’histoire.</p><p> Au début, parmi les socialistes français, Proudhon a la préférence de Marx,  parce qu’il est athée, mais les deux hommes vont complètement diverger sur la question de l’État. Proudhon n’en veut pas ! Pour lui, le socialisme doit venir d’en bas : mutuellisme, autogestion. Cela aboutira vingt ans plus tard au grand duel, au sein de la Première internationale créée à Londres en 1864, entre le socialisme d’État défendu par Marx et l’anarchisme défendu par Bakounine disciple de Proudhon. Voilà qui paraît assez clair, mais totalement insatisfaisant, à mon sens ainsi qu&apos;au vôtre, certainement, cher lecteur. Ecoutons Bakounine : "La réglementation a été la passion commune de tous les socialismes d’avant 1848, moins un seul. Cabet, Louis Blanc, les fouriéristes, les saint-simoniens, tous avaient la passion d’endoctriner et d’organiser l’avenir, tous ont été plus ou moins autoritaires. Mais voici que Proudhon parut. […] Opposant la liberté à l’autorité contre ces socialistes d’État, il se proclama hardiment anarchiste et, à la barbe de leur déisme ou de leur panthéisme, il eut le courage de se dire simplement athée". (Cité par Winock, p. 439)   Bakounine relaye ici une erreur, pour ne pas dire un mensonge, qu’on trouve encore aujourd’hui chez François Furet, et que Tocqueville brandissait le 12 septembre 1848 à la tribune de l’Assemblée : "Une défiance profonde de la liberté  caractérise les socialistes de toutes les couleurs, de toutes les écoles. Babeuf, avec l’abolition de la propriété individuelle et l’établissement de la grande communauté nationale, est le grand père de tous les socialistes modernes. […] La démocratie et le socialisme ne sont pas solidaires l’un de l’autre. Ce sont des choses non seulement différentes, mais opposées. […] La démocratie étend la sphère de l’indépendance individuelle, le socialisme la resserre".(« Discours à l’Assemblée », Le Moniteur universel, 13 août 1848, p. 2232.)</p><p>   Il est pourtant facile de réfuter Tocqueville. Michel Winock cite par exemple Flora Tristan qui écrivait en 1844 dans son livre, L’Union ouvrière : "Ma douleur est grande de voir comment M. Enfantin comprend l’organisation du travail. Pourra-t-on le croire ? Aujourd’hui, pour M. Enfantin, l’organisation du travail consiste tout simplement à enrégimenter les ouvriers d’une manière régulière. Dans l’esprit de M. Enfantin, le mot organisation du travail a la même signification que organisation de l’armée. Une telle manière de voir est vraiment inqualifiable ! Oh ! que la classe la plus nombreuse périsse de misère et de faim plutôt que de consentir à se laisser enrégimenter, c’est-à-dire à échanger sa liberté contre la sécurité de la ration". (cité, p. 232)   Cette citation est importante car à travers Enfantin et le saint-simonisme, c’est Marx et Engels qui sont atteints par ricochet et qui l’ont bien senti car, dit Michel Winock, eux qui sont si prompts à honorer la mémoire de Saint-Simon et de Fourier ne disent mot de Flora Tritan. Mais il faut bien avouer que l’idée d’une planification systématique du travail et de la société est une idée française avant d’être devenue une idée allemande. L’auteur n’en est d’ailleurs pas Saint-Simon lui-même, mort en 1825, mais ses disciples, Enfantin en tête. Les mots de Flora Tristan ne sont pas isolés. Si l’expression organisation du travail appartient aux saint-simoniens, elle fut popularisée par l’ouvrage de Louis Blanc paru en 1840 justement sous le titre Organisation du travail, qui eut un retentissement considérable, faisant l’objet de neuf rééditions en dix ans. Blanc proposait de mettre en concurrence la propriété privée avec des ateliers sociaux autogérés créés par des emprunts d’État, dont les bénéfices seraient répartis en trois : salaires des associés, secours social, réinvestissement. On voit que la propriété n’est pas supprimée et que les associés des différents ateliers seraient intéressés aux bénéfices de façon individuelle. Blanc refusait la planification complète prévue par les saint-simoniens vingt ans avant Marx et un siècle avant Lénine. </p><p>Si le débat qui divisa la Première Internationale était très mal engagé, c’est pour deux raisons qui se rejoignent. 1-  Trop d&apos;État/Trop peu d&apos;État : c&apos;est un débat manichéen dont les deux termes sont aussi insatisfaisants l&apos;un que l&apos;autre  2- c&apos;est faire l’impasse sur un troisième socialisme capable de faire l&apos;équilibre entre le Tout État marxiste et le Zéro État bakouninien. Or ce socialisme existe en France depuis 1832. C’est ici qu’intervient Pierre Leroux. Michel Winock le connaît : il dit à juste titre de lui qu&apos;il n&apos;anticipe pas sur l&apos;avenir, mais j’avoue avoir été d’abord chiffonné quand il parle des dissertations de Leroux et de ses catéchismes. Puis, je me suis rendu compte qu’au fond de moi-même j’étais d’accord avec lui. Le meilleur Leroux, l’excellent, l’indispensable Leroux, c’est celui qui, après les expériences du Globe et du saint-simonisme dirige la Revue Encyclopédique et l’Encyclopédie nouvelle. Il est vrai que, par la suite, sa plume est souvent devenue pâteuse, répétitive, et quelque peu chimérique, hélas. Mais que nous importe ? Prenons le meilleur, l’excellent et l’indispensable. </p><p>Devant faire court ici, je me contente de renvoyer à mon Anthologie de Leroux et de faire quelques rappels. Le texte de Flora Tristan date de 1844. Mais c’est dix ans plus tôt que Leroux écrivait : "Le gouvernement, ce nain imperceptible [dans le système de l’individualisme absolu],  devient  [dans le système du socialisme absolu des saint-simoniens] une hydre géante qui embrasse de ses replis la société tout entière. L’individu, ce souverain absolu et sans contrôle [dans l’individualisme] n’est plus qu’un sujet humble et soumis. […] Le voilà devenu fonctionnaire, et uniquement fonctionnaire  il est enrégimenté, il a une doctrine officielle à croire, et l’Inquisition à sa porte. L’homme n’est plus un être libre et spontané, c’est un instrument qui obéit malgré lui, ou qui, fasciné, répond mécaniquement à l’action sociale, comme l’ombre suit le corps". (Anthologie, p. 147)   Leroux ne variera plus dans cette vision binoculaire acquise en 1832, colonne vertébrale de sa philosophie politique et même de son anthropologie. Article Culte de l&apos;Encyclopédie nouvelle, 1838 : "Le socialisme absolu, que plusieurs penseurs de nos jours essaient de remettre en honneur, et qu’ils opposent à la liberté absolue, n’est pas moins abominable ni moins absurde que l’individualisme dont nous venons de voir les déplorables effets  et l’on oublie que c’est parce que l’humanité était lasse de ce socialisme, qu’elle s’est précipitée dans la liberté absolue, tombant, comme on dit, d’un écueil dans un autre, de Charybde en Scylla. [...] Mais, grâce à Dieu, c’en est fait à jamais de ce prétendu droit absolu de la société sur la conscience de ses membres. Le socialisme, à force de tuer et de persécuter, s’est tué lui même. Il fit boire la ciguë à Socrate, et mit Jésus Christ sur la croix  il a brûlé Jean Huss et Jérôme de Prague  il a persécuté tous les sages, tous les hommes qui portaient l’amour de la vérité et l’amour des hommes dans leur cœur. Qu’il soit maudit et rejeté pour toujours Oui, s’il n’était possible d’avoir une religion et une société qu’à la condition de voir reparaître le socialisme, plutôt point de religion, plutôt point de société". (Anthologie, p. 189).</p><p>  En 1848, Leroux défendait à l’Assemblée la limitation de la journée de travail à dix heures à Paris et onze heures en province, par des mots qui auraient dû interdire à Tocqueville de dire 12 jours plus tard que Babeuf était le grand-père de tous les socialiste modernes. Leroux : "Il ne s’agit pas de faire intervenir l’État dans les relations sociales  mais entre l’intervention de l’État dans les relations sociales et la négation de toute médiation et de tout droit tutélaire de sa part, il y a un vaste champ où l’État peut marcher et doit marcher, sans quoi, il n’y a plus d’État, il n’y a plus de société collective, et nous retombons dans le chaos. L’État doit intervenir pour protéger la liberté des contrats, la liberté des transactions mais il doit intervenir aussi pour empêcher le despotisme et la licence, qui, sous prétexte de liberté des contrats, détruiraient toute liberté et la société tout entière. […] Deux abîmes bordent la route que l’État doit suivre  il doit marcher entre ces deux abîmes". (Anthologie, p. 347).</p><p>Voilà pourquoi le débat Marx/Bakounine est manichéen. Proudhon a raison de défendre société civile, autogestion, mutuellisme, coopératives, anti-autoritarisme, libertarisme, etc. D’ailleurs Leroux a mis l’association au cœur de sa pensée et de sa pratique. Mais comment ne pas voir que la société civile est aussi la proie des passions mauvaises, de l’hybris et de la rivalité, et que, souvent, le glaive de la Loi doit trancher, par exemple par la législation du travail. Ce qu’il faut, en vérité, c’est le triangle : marché, lieu par excellence de l’individualisme concurrentiel + État régulateur + vie associative. Tel est, aux yeux de Leroux, le contenu vrai de la devise républicaine qui met en tension trois termes incontournables.   Michel Winock conclut son ouvrage par ces mots :   Pour Hugo, la liberté n’est pas incompatible avec l’égalité, à condition que le troisième principe du triptyque républicain ne soit pas oublié, cette fraternité qu’il a toujours revendiquée, religieusement, non sans grandiloquence, mais comme le seul moyen de dépasser l’opposition entre la raison libérale et la raison égalitaire. (p. 599).</p><p> Fort bien. Mais ce que Hugo a commencé à concevoir au début des années 50, Leroux à qui nous devons justement le sauvetage de la devise républicaine, l’écrivait au début des années 30 : "Nos pères avaient mis sur leur drapeau : Liberté, Egalité, Fraternité. Que leur devise soit encore la nôtre". Voilà pourquoi le socialisme républicain est celui qui nous manque, mais qui devrait figurer dans un arbre généalogique correctement charpenté de la culture française de 1832 à 1848. Il avait déjà disparu dans la Deuxième Internationale avant que l’anarchisme soit à son tour balayé dans les Deuxième et Troisième Internationales…<br /></p>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?MarxProudhonPierreLeroux">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2022-01-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="RevolutionCulturelleDansLeSocialismeLeP" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle" data-bf_auteur="ViardBruno" data-date_maj_fiche="2025-10-14 17:04:12" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse18_6_RevolutionCulturelleDansLeSocialismeLeP"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Révolution culturelle dans le socialisme : le paramètre écologique au XIX° siècle </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse18_6_RevolutionCulturelleDansLeSocialismeLeP" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/01/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Révolution culturelle dans le socialisme : le paramètre écologique au XIX° siècle </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ViardBruno/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Viard Bruno">Viard Bruno</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>On croit l’écologie récente : première erreur. On la croit réactionnaire, anti-Lumières : deuxième erreur. </div><div>Les travaux de Serge Audier<a href="#_ftn1">[1]</a> constituent une somme qui bouleverse les idées acquises et inverse largement la relation entre socialisme dit utopique et socialisme dit scientifique. Il fait découvrir que le souci écologique est profondément enraciné dans la pensée républicaine et socialiste du XIX° siècle.</div><div></div><div>On retiendra d’abord une remise en cause de la thèse centrale de Marx et d’Engels, formulée 100 fois, que le capitalisme est la clé du communisme car le développement de la grande industrie sape la base même sur laquelle la bourgeoisie s’approprie les profits. « La chute de la bourgeoisie et la victoire du prolétariat, annonce le Manifeste du parti communiste, sont inéluctables. Le prolétariat, deviendra l’accoucheur d’une société encore plus productiviste. » Prolongeant le rationalisme forcené de Hegel, cette vision mécanique et déterministe de l’histoire partage finalement avec la bourgeoisie le prométhéisme industrialiste (et colonialiste) qui s’affichait dans les grandes Expositions universelles. L’histoire l’a invalidée puisque le capitalisme est devenu la loi de la mondialisation et que les révolutions qui se sont produites l’ont fait de façon volontariste et dans des pays peu développés, la Russie et la Chine.<br /> Augier note que Marx a manifesté une sensibilité environnementale aiguë à partir de 1860 mais qu’il considérait les réalités les plus détestables, misère ouvrière, travail des enfants, impérialisme yankee au Mexique ou britannique en Inde, comme des catastrophes fécondes, les conditions sine qua non du communisme, une ruse de la raison. Pour Marx, le socialisme utopique présentait l’irrémédiable défaut de correspondre à l’époque où le développement des forces productives et par conséquent la lutte des classes, condition de l’avènement des forces productives n’étaient pas encore assez mûrs. Dans ces conditions, la vie rurale n’est qu’abêtissement et l’indignation de William Morris<a href="#_ftn2">[2]</a> devant l’envahissement du monde par la camelote est « une rêverie sentimentale ». Cette raideur fut encore pire chez les disciples de Marx que furent Guesde en France, Bebel, Liebknetch, Kautski en Allemagne, partisans de la politique du pire.</div><div></div><div>La plus grande nouveauté se trouve peut-être dans une réévaluation très à la hausse du socialisme dit utopique à partir du critère écologique. Serge Audier exhume de l’oubli les divers socialismes français et anglais, les transcendantalistes américains, les populistes russes.</div><div>On découvre que Fourier, inventeur des phalanstères, était féministe et écologiste avant la lettre. Son influence fut très grande car il est le premier à avoir critiqué la société capitaliste et industrielle. Il était cependant naïf de croire pouvoir organiser des communautés grâce à l’harmonie des passions en faisant l’impasse sur la politique et sur la démocratie, en quoi Fourier reste bien un utopiste. Beaucoup plus stimulante à notre sens est la redécouverte par Serge Audier de la pensée anarchiste. Militants de l’association, Proudhon, Bakounine, Kropotkine firent le procès du collectivisme autant que de la privatisation des terres au détriment du « commun ». On découvre qu’ils furent des pionniers de la défense de la nature végétale et animale et qu’ils formulèrent une critique du culte de la science et des savants quand ils revendiquent la direction du monde comme le firent Platon, Hegel, Comte ou Marx. La figure d’Élisée Reclus retient particulièrement l’attention, libertaire, anti-esclavagiste, féministe, écologiste, partisan d’une architecture intégrée dans l’époque et le milieu. </div><div>Aux États-Unis, Audier ressuscite Walt Whitman, Henry David Thoreau, George Perkins Marsh, Henry George, John Muir, Emma Goldman, annonciatrice de l’éco-féminisme à la tête de la revue Mother Earth, George Catlin, peintre des Indiens, et Thomas Cole, peintre de la forêt. En Angleterre, Robert Owen, William Morris, John Ruskin, et même John Stuart Mill furent des défenseurs de la nature mise à mal par l’industrie. En Russie, à côté de Bakounine et du prince Kropotkine, on découvre Lavrov et Tchernychevski qui comptaient sur les communes rurales, les mirs (que Lénine détruisit au profit des kolkhoses), pour fonder le socialisme.</div><div><br /></div><div>L’une des figures principalement réhabilitées par cet ouvrage est Pierre Leroux, penseur autant que praticien du socialisme républicain, et la constellation de grands esprits qui gravitèrent autour de lui ou le prolongèrent, George Sand, Flora Tristan, Marie d’Agoult, Charles Andler, Luc Desages, plus tard, Théophile Thoré, Léon Bourgeois promoteur du solidarisme, Benoît Malon, directeur de la Revue socialiste, Jaurès, et tant d’autres… Admirateur de l’Inde comme Reclus, Michelet élargissait la solidarité, que Leroux préférait à la charité, aux animaux, insectes compris, aux plantes et à la terre. François Vidal, collaborateur de Leroux à la Revue indépendante, fut le précurseur de l’architecture inclusive. Émile Accolas soulignait « l’unité de substance et de composition des êtres naturels ». </div><div><br /></div><div>Leroux appelait circulus la loi qui s’applique à la biologie aussi bien qu’à la culture : les vivants se nourrissent des morts. La solidarité des êtres vivants commence par la nourriture puisque chaque génération tire sa substance des générations antérieures. Le socialisme n’intéresse donc pas seulement les contemporains mais aussi les générations successives. Là est la véritable immortalité, non pas dans le ciel…</div><div><br /></div><div></div><div><strong>Citations :</strong></div><div>- George Sand à qui nous devons la préservation de la forêt de Fontainebleau : « Si les appétits de l’homme ne s’imposent pas dans un temps donné une certaine limite, il n’y aura plus de proportion entre la demande de l’homme et la production de la planète… Ces arbres sont aussi sacrés que les nuages fécondants avec lesquels ils entretiennent des commerces incessants  ils doivent être protégés et respectés. […] Beaucoup disent : Après moi, la fin du monde. C’est le plus hideux et funeste blasphème que l’homme puisse proférer. C’est la rupture du lien qui unit les générations et qui les rend solidaires les unes des autres. » (La Forêt de Fontainebleau, 1872).</div><div>- Célestin Bouglé : « Nous devons sauvegarder pour ceux qui ne sont pas encore le patrimoine de ceux qui ne sont plus. » (1904)</div><div>- Joseph Reynard : « Lorsque nos ancêtres nous livrent un climat parfait, notre premier devoir est de le transmettre sans altération à nos descendants. S’il avait été détérioré par un déboisement exagéré, nous ne sommes pas libérés de cette partie de la dette sociale avant de l’avoir rétabli par une reforestation appropriée. » (1904)</div><div></div><div><br /></div><div>On lit dans la conclusion de La Société écologiste : « La solidarité intergénérationnelle qui suppose une transmission des legs culturels et naturels est tributaire dans ses idées mères du socialisme romantique de Pierre Leroux dont George Sand s’est inspirée et qui anticipe les visions contemporaines d’une véritable soutenabilité économique à long terme. » (p. 681)</div><div>Après la crise de 1930, les résistances au productivisme furent marginalisées dans la gauche, la poussée du communisme devint irrésistible. « La trajectoire du socialisme sembla abandonner ses sources pré-écologiques. Les vaincus de l’histoire voyaient pourtant plus loin que les vainqueurs. » (p. 697).</div><div></div><div></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Serge Audier, L’âge productiviste. Hégémonie prométhéenne, brèches et alternatives hégémoniques, Ed. La Découverte. 2019 et La Société écologiste et ses ennemis, La Découverte, 2017.<br />[2] W.Morris (1834-1896) fut un ardent défenseur de l’environnement et du patrimoine architectural.        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?RevolutionCulturelleDansLeSocialismeLeP">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="ne_sais_pas" data-bf_date_publication="2021-10-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="SommesNousDemunis" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="ne_sais_pas" data-bf_auteur="ViardBruno" data-date_maj_fiche="2025-10-22 12:05:55" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse18_6_SommesNousDemunis"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Sommes-nous démunis ? </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse18_6_SommesNousDemunis" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/10/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Sommes-nous démunis ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ViardBruno/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Viard Bruno">Viard Bruno</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema ne_sais_pas">
                       <a href=?ne-sais-pas>Je ne sais pas </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div></div><div align="center"><strong>Bruno Viard propose de s’appuyer sur les expériences de la Révolution française et les pratiques d’associations ouvrières, à l’origine du socialisme républicain, pour relever les défis écologiques et sociaux du siècle. </strong></div><div align="center"><strong><br /></strong></div><br /><div><strong></strong></div><div>Comme la banquise qui s’effondre par pans entiers, les fondamentaux de la civilisation européenne s’écroulent les uns après les autres sous nos regards hallucinés. Le patriarcat et la suprématie de la race blanche n’en finissent plus de se fissurer. En fond d’écran, la notion de progrès est critiquée de toutes parts. La religion catholique est de plus en plus désertée. Il ne reste rien de l’utopie communiste alors que les méfaits de la mondialisation discréditent toujours plus ce qu’on appelait le capitalisme. D’où notre question : sommes-nous réduits à l’improvisation comme les rejetons d’une race maudite ?</div><h3><br /></h3><h3>Sommes-nous complètement à poil pour affronter les défis du siècle, le défi écologique, la question sociale, la coexistence des peuples ? </h3><div>La question n’est pas d’arrêter la pioche de la déconstruction avant que n’aient été déblayées les parties gâtées de l’édifice. Le bon dentiste ne se doit-il pas d’éliminer tous les restes d’une carie avant de reconstruire ? En 1832, au moment où l’économie politique accédait pratiquement au pouvoir avec Louis-Philippe, Pierre Leroux appelait de ses vœux une « synthèse nouvelle » pour remplacer la « synthèse chrétienne » ébranlée par la Révolution<a href="#_ftn1">[1]</a>. En 1906, Charles Péguy appelait métaphysiques les deux visions du monde entre lesquelles la guerre faisait rage et qu’il renvoyait dos à dos, les scientistes laïcs et les catholiques. Entre temps, une nouvelle synthèse ou une nouvelle métaphysique, comme on voudra dire, était apparue en Europe au cours des deux Internationales des travailleurs en 1864 et 1889, la synthèse marxiste, bientôt marxiste-léniniste, etc. Elle s’est écroulée à son tour. La synthèse catholique ne s’est pas relevée malgré l’Encyclique Rerum novarum et le Concile Vatican II. </div><div>Les Européens se retrouvent-ils donc à poil par gros temps, sans qu’il soit sûr que les autres continents soient mieux armés ? Alain Caillé affirme que les principes du convivialisme « synthétisent les quatre grandes idéologies de la modernité : le communisme, le socialisme, l’anarchisme et le libéralisme ». Tentons d’y voir d’un peu plus près en commençant à bien s’entendre sur les mots.</div><h3><br /></h3><h3>Le socialisme républicain s&apos;enracine dans l&apos;expérience de la révolution et des associations ouvrières</h3><div>Charles Andler, maître aimé de Péguy, a reconnu en 1932 ce que ce dernier annonçait dès 1905 : la déviation du socialisme français sous l’effet du marxisme allait conduire « au naufrage de la plus grande espérance dont eût vécu le monde ». C’est à ce point de bifurcation ou plutôt de déviation que remonte Les Esprits fraternels montrant que la chute du mur de Berlin n’a pas provoqué les révisions en chaîne qui s’imposaient. Le socialisme républicain n’a pas été relevé dans toute sa richesse et demeure dans un angle mort de notre historiographie. La lourde charrette des socialistes qu’Engels qualifiait d’utopiste ne mérite certes pas davantage d’être réhabilitée que le socialisme qui s’autoproclamait scientifique.</div><div>Jacques Viard ne cesse d’insister sur le fait que le socialisme républicain n’est pas sorti du cerveau fécond d’un philosophe post-hégélien, mais qu’il est enraciné dans l’expérience de la Révolution française et dans la pratique d’associations ouvrières qui se multiplièrent à partir de 1830, relayées par des dizaines de périodiques écrits par des centaines de rédacteurs, lues pas des dizaines de milliers de lecteurs à Paris et en Province. </div><div>Pierre Leroux en fut le génial interprète mais certes pas l’inventeur comme j’ai pu l’écrire maladroitement dans le titre de l’Anthologie que je lui ai consacrée. </div><div><br /></div><div>Paru en 1834, le manifeste de ce socialisme républicain s’appelle De l’individualisme et du socialisme. Son titre énonce dès l’abord que le lien social n’est pas corruptible d’un seul mais de deux côtés. En même temps qu’il proclamait à l’ordre du jour la grande question du prolétariat, Leroux mettait en garde contre l’excès du principe de société : il n’avait pour cela qu’à tirer les leçons de l’histoire : l’Inquisition catholique, la Terreur et le démon saint-simonien de l’organisation. C’est pourquoi il écrivit : « Nos pères avaient inscrit sur leur drapeau Liberté, Égalité, Fraternité, que leur devise soit encore la nôtre ! » Tout le problème politique est d’équilibrer deux principes aussi précieux l’un que l’autre mais potentiellement contradictoires, la liberté et l’égalité. C’est à Leroux qu’on doit le sauvetage d’une devise complètement oubliée et son adoption par la Deuxième République en 1848.</div><div>Le socialisme républicain culmina en 1848 au sein de la Commission du Luxembourg qui jeta les bases, hélas éphémères, de notre État-Providence : Sécurité Sociale et législation du travail. Représentant du peuple, Pierre Leroux y siégea sous la présidence de son ami Louis Blanc. Ce dernier était fameux pour son Organisation du travail, ouvrage sans cesse réédité depuis 1840, proposant de mettre en concurrence la propriété privée avec des ateliers sociaux autogérés créés par emprunt d’État. </div><div><br /></div><div>Actif de 1830 jusqu’en 1851, le socialisme républicain subit un coup d’arrêt avec la terrible répression qui suivit le coup d’État de Napoléon III. Un durcissement, une sorte de manichéisme en résulta, opposant anarchisme et marxisme qui se retrouvèrent face à face en 1864 et en 1889 lors des deux premières Internationales. Le socialisme républicain passa à la trappe avant que l’anarchisme, misant tout sur les coopératives et les associations, fut à son tour avalé par l’étatisme marxiste. Le socialisme républicain tenait la balance égale entre l’État, sans qui rien ne se fait, et les associations, lieu d’expression de la société civile. Mais il connut une formidable résurrection au moment de l’Affaire Dreyfus. Péguy et Jaurès émergent parmi tant de figures magnifiques. Jaurès ne cessa de vouloir ancrer, c’est son mot, le socialisme dans l’histoire de la république sociale, répétant sans cesse, après Leroux, les termes de la Déclaration de Droits de 1793. 1914 et 1917 mirent tragiquement fin à cette entreprise et nous en sommes restés là.</div><div>Le socialisme républicain dépassait la seule question sociale pour se soucier de l’égalité des sexes, de l’égalité des peuples, de la solidarité des êtres vivants et de la solidarité des générations. Héritier du féminisme saint-simonien, Leroux disait : « Ève l’égale d’Adam », il s’attira la risée de l’Assemblée en réclamant le droit de vote pour tous et fut entouré de femmes admirables comme George Sand, Pauline Roland et Flora Tristan. </div><div>Je renvoie à mon livre Le Socialisme républicain et l’Orient (Mahomet, les Védas, Bouddha, le Tao) sur la question des civilisations. Pour Leroux, ce sont « les persécutions dont les juifs ont été les victimes qui ont causé l’esprit de lucre qui leur est reproché. La palme unique devrait être remise à ce peuple martyr parce que c’est lui qui connaît le mieux l’unité de l’espèce humaine à travers le mythe d’Adam. » Il est inutile de rappeler que Péguy et Jaurès furent à la pointe du dreyfusisme.</div><div><br /></div><div>La question de la solidarité des générations est essentielle et c’est un autre point de discrimination avec le marxisme. Il s’agit d’abord de résister à la métaphysique catholique qui « faisait fausse route » (Leroux) en plaçant la survie de l’humanité dans un autre monde, paradis ou enfer. Non : c’est seulement en s’engendrant les unes les autres que les générations se perpétuent. Il en va des identités nationales définissables comme la liberté des peuples. Elles doivent être respectées et cultivées plutôt que piétinées. Les religions en font évidemment partie. La fraternité républicaine apparaît dès lors comme la continuation de la fraternité chrétienne, Saint-Simon l’avait exprimé en 1825 dans le texte fondateur du socialisme, Nouveau Christianisme. Cela n’empêcha pas Leroux, Péguy, Jaurès de connaître les dangers du nationalisme et de critiquer vertement l’Église du temps pour ses péchés, Inquisition, compromissions avec les nantis, antisémitisme. </div><div><br /></div><div>L’attention aux racines ne s’entend pas seulement au plan culturel, mais aussi au sens propre. « Les vivants se nourrissent de morts », résumait Leroux, transformiste avec Lamarck et Geoffroy Saint Hilaire, attentif au circulus que nous nommons aujourd’hui écologique par lequel tous les êtres tirent leur substance vitale des dépouilles de leurs prédécesseurs. Michelet et Hugo furent les héritiers de cette vision naturaliste.</div><div>Voilà les raisons pour lesquelles la France possède la meilleure tradition révolutionnaire, cet oxymore, de portée universelle, pour armer les volontés et les cœurs sans lesquels rien ne se fera. </div><div><br /><br /></div><div><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?SommesNousDemunis">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2020-03-31" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="UneContinuiteDeuxHeresies" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="enchanter_nos_mondes" data-bf_auteur="ViardBruno" data-date_maj_fiche="2025-08-05 12:05:28" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse18_6_UneContinuiteDeuxHeresies"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Une continuité, deux hérésies </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse18_6_UneContinuiteDeuxHeresies" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>31/03/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Une continuité, deux hérésies </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ViardBruno/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Viard Bruno">Viard Bruno</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema enchanter_nos_mondes">
                       <a href=?enchanter-nos-mondes>Enchanter nos mondes </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Le socialisme est-il le prolongement du christianisme à l&apos;époque moderne ? Il me semble bien que oui. Je sais bien qu&apos;une pareille affirmation va provoquer beaucoup de scepticisme et même d&apos;hostilité de votre part, mon lecteur plein d&apos;esprit critique. Examinons quand même l&apos;espace de cette petite page.</div><div>Dans la cité antique, Jésus a institué un banquet fraternel auquel sont conviés même les esclaves, même les femmes, même les enfants et même les étrangers. Il a montré la nocivité de l&apos;égoïsme, de la jalousie, de la rivalité. Il a dit que Nul ne pouvait servir deux maîtres, Dieu et Mammon, c&apos;est-à-dire le Capital.</div><div>Il me semble qu&apos;on n&apos;est pas très loin de la réponse que les républicains les plus avancés ont faite à partir de 1830 contre l&apos;individualisme et l&apos;affairisme qui se répandaient à toute vitesse. Pierre Leroux par exemple et surtout, a proclamé à l&apos;ordre du jour la grande<strong> </strong>question du prolétariat, a assuré qu&apos;Ève était l&apos;égale d&apos;Adam et qu&apos;il n&apos;y avait pas de différence entre la race de Cham et la race de Japhet. En un mot la fraternité constitue le programme commun du christianisme et du socialisme tel qu&apos;il sortit de la devise républicaine en 1834.</div><div><br /></div><div>Je vois immédiatement trois objections :<br /><br /></div><div><strong>Première objection </strong>: y a pas besoin d&apos;aller chercher le christianisme. Il y a toujours eu des gens comme Bouddha, comme Socrate ou comme Ghandi qui ont enseigné la fraternité et la non-violence. C&apos;est parfaitement exact et Jésus lui-même fut certainement le disciple des sages de l&apos;Inde. Il n&apos;empêche que dans notre culture, c&apos;est l&apos;Évangile qui a, pendant des siècles, pris la défense des pauvres, des vieux, des simplets et des handicapés contre l&apos;esprit de domination et le système des castes.<br /><br /></div><div><strong>Deuxième objection :</strong> l&apos;Église catholique a trop souvent donné un exemple inverse. Elle s&apos;est alliée avec les classes dominantes, la noblesse avant la Révolution, la bourgeoisie après. Elle a écarté les femmes. Elle fut, de plus, largement antisémite et anti-dreyfusarde. C&apos;est parfaitement exact et c&apos;est pourquoi elle mérite d&apos;être qualifiée d&apos;hérétique, en gros jusqu&apos;au Concile de Vatican II. Par contre, il y eut des poussées d&apos;hérésie tout au long du Moyen- Âge dont l&apos;idée était de revenir à l&apos;esprit de l&apos;Évangile. Ces soit-disant hérésies constituaient en réalité la véritable orthodoxie.<br /><br /></div><div><strong>Troisième objection :</strong> le socialisme a provoqué les plus grandes catastrophes du XX° siècle sous le nom de marxisme-léninisme. Ne venez plus nous parler de cette vieille lune ! Entièrement d&apos;accord là encore et déclarons le marxisme-léninisme hérétique, lui aussi !</div><div><br /></div><div>Mais alors, direz-vous, nous sommes à poil si vous nous retirez nos plus grandes illusions religieuses et politiques en disant qu&apos;elles ne sont que des hérésies ! Sur quoi allons-nous nous appuyer pour résister à la mondialisation, au coronavirus, à l&apos;égoïsme, aux rivalités, etc. Qu&apos;allons-nous enseigner à nos enfants ? Que chacun n&apos;a qu&apos;à se débrouiller... ? Que l&apos;individu est bien assez digne de confiance pour se passer de modèles à imiter et de tradition à respecter ?</div><div>La situation est tout autre : nous sommes riches d&apos;un immense patrimoine moral et culturel. Encore une fois, c&apos;est du socialisme républicain que je vous parle, moi, qui respectait la liberté, la démocratie, la Constitution et même l&apos;Évangile, justement. Je vous renvoie à bon nombre de mes billets qui montrent que ce que nous avons de meilleur, ce sont les racines du christianisme et les racines du socialisme. Encore faut-il les retrouver et les cultiver.<br /><br /></div><div>Vous voyez autre chose ?</div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?UneContinuiteDeuxHeresies">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ViardBruno">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 18 Nov 2024 16:50:15 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Humbert Marc</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?HumbertMarc]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?HumbertMarc]]></guid>
        <dc:creator>MelanieMichel</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Humbert Marc</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Humbert        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Marc        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-19" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion19">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2022-06-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LaFranceMultipleLibreEgaleFraternelle" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="enchanter_nos_mondes" data-bf_auteur="HumbertMarc" data-date_maj_fiche="2025-09-15 10:45:11" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse19_6_LaFranceMultipleLibreEgaleFraternelle"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              La France, multiple, libre, égale, fraternelle </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse19_6_LaFranceMultipleLibreEgaleFraternelle" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/06/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">La France, multiple, libre, égale, fraternelle </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?HumbertMarc/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Humbert Marc">Humbert Marc</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema enchanter_nos_mondes">
                       <a href=?enchanter-nos-mondes>Enchanter nos mondes </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div style="text-align:center;"><b><i>Nous reproduisons l’article paru dans Ouest-France de Marc Humbert, l’un des animateurs des convivialistes, comme antidote à Marine Le Pen et Zemmour.</i></b></div><div><br /></div><div><br /></div><div>La France, c’est un pays, un territoire peuplé de Français, ceux qui y sont nés depuis des générations ou plus récemment et ceux qui y ont été accueillis.</div><div><br /></div><div>Ce n’est pas un territoire homogène. Il est extraordinairement divers, composé de tant de paysages aux beautés différentes qu’on ne peut se lasser de le parcourir en s’extasiant. Le climat y est – encore- tempéré même si la moitié est voit plus souvent la neige en hiver et que la région ouest est réputée plus tempérée et plus humide. </div><div><br /></div><div>Des montagnes, des plaines, des vallons, des côtes escarpées ou sablonneuses, avec des marées plus ou moins amples et parfois des tempêtes, des rivières majestueuses, des torrents et des gorges encaissées, des forêts denses, des plateaux presque désertiques, des plaines herbeuses ou céréalières. Une faune et une flore à remplir les appareils photos et les herbiers. </div><div><br /></div><h3><strong>Un magnifique creuset de cultures entremêlées</strong></h3><div><br /></div><div>Sur ce territoire sont venues des populations tout aussi diverses que les paysages. Après la dissémination des sapiens venus d’Afrique et la lente complexification des sociétés, beaucoup sont (re-)venues de l’est et du nord de l’Eurasie pour s’installer au cours des siècles d’une histoire mouvementée.</div><div><br /></div><div>Après la défaite de Vercingétorix (-52) nos ancêtres les Gaulois ont dû à César de devenir des Gallo-romains. La chute de Rome laissa entrer les barbares et les Francs de Belgique avec Clovis ont fini par donner leur nom à notre territoire. Celui-ci se constitua sur les dépouilles de l’empire formé par Charlemagne qui trônait à Aix-la-Chapelle, en Allemagne. Par le traité de 843, ses héritiers nous mirent en effet en Franconie. Elle s’étendra peu à peu en Hexagone.</div><div><br /></div><div>Les Bretons venus en Armorique au VIe siècle garderont leur indépendance jusqu’au rattachement définitif à la France au XVIe quand la langue française devint la langue de ce territoire et prospéra en littérature et en pratique. Elle ne deviendra à peu près commune au quotidien qu’au XXe siècle et alors que de multiples langues régionales restent parlées. Les Normands arrivés au IXe siècle du Grand Nord s’étaient francisés avant que nombre d’entre eux partent à l’incitation du Roi de France, pour coloniser les Angles et les Saxons (1066). Ils revinrent nous faire une guerre de cent ans, et mirent notre Jeanne d’Arc (1431) sur un bûcher.</div><div><br /></div><div>La suite des péripéties mouvementées et sanglantes survenues sur ce territoire est plus connue, les extensions ont touché les marches, le comté de Nice par exemple sera rattaché à la France en 1860, et l’outre-mer qui a projeté la France loin au-delà de l’Hexagone, dans les océans Atlantique, Indien, Pacifique.</div><div><br /></div><h3><strong>Une République démocratique et éthique</strong></h3><div><br /></div><div>Bref la France est un territoire riche par la diversité de ses paysages et des populations accueillies. Les traces de l’histoire et de cette diversité sont encore présentes dans la variété régionale des styles d’aménagement de l’espace, des habitats, des monuments, de la toponymie, de la cuisine. Au long des siècles, des Françaises et des Français ont marqué notre contribution à l’avancée de l’humanité dans différents domaines de la connaissance, de la littérature, des arts, du sport, de la paix, de la politique. Et parfois à des régressions, mais elle les a dépassées.</div><div><br /></div><div>Car la France a promu la mise en œuvre d’une organisation de la société sous la forme d’une République, articulant un système de pouvoir démocratique à une éthique avec les valeurs « Liberté, Egalité, Fraternité » au-dessus de toutes celles des individus et des communautés reconnus sur notre territoire. Des valeurs cardinales dont la plus importante aujourd’hui est la Fraternité.</div><div><br /></div><div>Les combiner est un défi permanent car elles sont à la fois antagonistes et inséparables (Edgar Morin). La liberté peut mettre en péril l’égalité, l’égalité peut détruire la liberté et la fraternité, la fraternité peut se faire au détriment de la liberté.</div><div><br /></div><div>La France c’est cela et elle invite, telle un phare, le monde entier à combiner ces trois valeurs afin d’assurer la solidarité internationale et la survie de l’humanité.</div><div><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LaFranceMultipleLibreEgaleFraternelle">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?HumbertMarc">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 18 Nov 2024 16:50:15 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Perrin Jacques</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?PerrinJacques]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?PerrinJacques]]></guid>
        <dc:creator>MelanieMichel</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id7">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Perrin Jacques</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Nom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Perrin        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-text" >
    <span class="BAZ_label">Prénom</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Jacques        </span>
    </div>  <div class="BAZ_rubrique field-listefiches" >
    <span class="BAZ_label">Contributions</span>
              <div id="bazar-list-20" class="bazar-list " data-template="liste_accordeon.tpl.html">
  <div class="list">        <div class="panel-group accordion-group no-dblclick" id="accordion20">
            <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="definition" data-bf_date_publication="2023-11-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="CestQuoiLaVieALaLumiereDesScience" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-date_maj_fiche="2025-08-05 11:18:43" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_6_CestQuoiLaVieALaLumiereDesScience"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              « C’est quoi la vie ?» à la lumière des sciences modernes </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_6_CestQuoiLaVieALaLumiereDesScience" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/11/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">« C’est quoi la vie ?» à la lumière des sciences modernes </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Dans l’article <a href="https://www.eccap.fr/article/du-sentiment-de-peur-au-desir-de-vivre">Du sentiment de peur au désir de vivre</a>, on concluait, à la lumière de Spinoza, que pour sortir de nos peurs (du changement climatique, de l’effondrement de la biodiversité, de la montée des discours haineux et des conflits armés, de la croissance des inégalités, des différentes formes de déclassement social,…), pour modifier en profondeur nos modes de vie, pour sortir de nos enfermements économique, culturel et politique, il nous fallait réanimer notre désir de vivre. On rappelait aussi que le désir de vivre, comme tout désir, mobilise la totalité de notre être (esprit et corps), c’est à dire nos capacités à la fois de raisonner et d’être en résonance par nos cinq sens avec nos milieux de vie matériel et immatériel (symbolique, imaginaire, culturel, spirituel, …). Plus fondamentalement, pour réanimer notre désir de vivre, il nous faut changer nos visions du monde et notre manière d’être au monde<a href="#9c79bf45-24ae-4bb3-9076-3cad6f9a5c8a">1</a>. Par rapport à cette quête existentielle, il est judicieux de remarquer que dans plusieurs disciplines scientifiques (biologie, astrophysique, neurosciences, anthropologie, éthologie,…) de nouveaux courants de pensée permettent d’apporter de nouvelles réponses au questionnement « c’est quoi vivre ? »<a href="#82a635fd-8a49-4771-accc-09c4906733e1">2</a>. Ces nouvelles connaissances scientifiques nous offrent l’opportunité d’imaginer d’autres manières d’être au monde, d’être en résonance et de vibrer d’une manière plus intense avec nos différents milieux de vie, c’est-à-dire de réanimer notre désir de vivre.</p>    <h3><strong>L’Univers est à l’intérieur de nous</strong></h3>    <p>Éveiller nos consciences à la magie de l’univers, c’est l’objectif que plusieurs astrophysiciens se sont donnés. On se souvient de la proposition d’Hubert Reeves : « nous sommes tous de la poussière d’étoiles ». Pour Trinh Xuan Thuan, « la cosmologie moderne a réenchanté le monde, en redécouvrant l’ancienne alliance entre l’homme et le cosmos ». Nos atomes d’hydrogène ont été fabriqués en moins de trois minutes, lors du big bang initial qui a eu lieu il y a 13,5 milliards d’années. Tous les autres atomes qui composent le corps humain, tels l’oxygène, le carbone, le calcium, le magnésium, etc.,  sont nés, soit de la fusion nucléaire au cœur des étoiles, soit dans les supernovae, explosions géantes résultant de la mort des étoiles massives . « Ainsi, les étoiles sont nos lointains ancêtres et nous partageons tous la même généalogie cosmique. Nous sommes les frères des lions de savane et les cousins des coquelicots des champs »<a href="#3a1dc765-4a56-44cd-b225-11e736f6aa7d">3</a>.</p>    <h4><strong>L’histoire de la vie est à l’intérieur de nous</strong></h4>    <p>Jean François Dortier, fondateur de la revue Sciences Humaines et de la revue Humanologue, en mobilisant les connaissances de l’astrophysique et de la biologie nous rappelle que : « Notre corps est composé de 65% d’eau. Cette eau vient des rivières, des lacs, des océans. Mais toute l’eau sur terre s’est formée aussi dans l’espace. Au fil du temps, c’est une pluie de météorites glacées qui ont formé les océans et les mers »<a href="#92a27ddf-37d9-4796-8800-1c1947bbcca1">4</a>. Et de rajouter : « La vie est née dans l’océan. Et pendant trois milliards d’années, elle y est restée. Puis les premiers organismes (des bactéries), des plantes, puis des animaux sont sortis des mers et ont colonisé la Terre. Nous autres, animaux terrestres, croyons avoir quitté notre océan primordial il y a bien longtemps. C’est faux. Nous restons des animaux marins. A la seule différence que nous transportons l’océan en nous ».</p>    <h4><strong>La symbiose, principal processus d’innovation du monde vivant</strong></h4>    <p>Dans son livre Jamais seul, ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations, le biologiste Marc André Selosse nous invite à découvrir que les symbioses microbiennes - qui ont émergé tardivement dans la biologie moderne- «envahissent aujourd’hui notre vision du vivant;». Cet ouvrage décrit comment les animaux (et donc les humains), mais aussi les plantes, sont intimement construits par les micro-organismes (des bactéries, des micro-champignons, des levures) qui les habitent, et les aident à accomplir des fonctions variées et souvent vitales.</p>    <p>La symbiose au sens large, c’est-à-dire vivre ensemble, est le principal processus d’innovation dans le monde vivant. Par exemple, la formation des cellules des plantes et des animaux (et donc les nôtres) qui constitue « une découverte majeure de la biologie moderne;», est le résultat d’un processus de symbiose entre plusieurs bactéries qui sont devenues à l’intérieur de nos cellules des composants vitaux pour la respiration et la photosynthèse.</p>    <h3><strong>Vivre, c’est inter-agir avec son milieu</strong></h3>    <p>S’appuyant sur les connaissances de la biologie et des neurosciences, le philosophe et anthropologue François Flahaut<a href="#d2797cd5-c23a-4e4f-b17a-a6991c15711d">5</a> propose de considérer l’écologie, comme une avancée scientifique qui consiste à penser le vivant avec ce qui le fait vivre, à penser l’organisme et  son biotope. Et de préciser : « Nous voyons bien que nous dépendons de la nourriture que nous mangeons, de l’air que nous respirons, l’alternance du jour et de la nuit : l’écologie physique  il nous est cependant plus difficile de prendre conscience de l’écologie psychique dont nous dépendons. Pour passer de l’ontologie substantialiste<a href="#0e0dd259-6ddf-4186-aba0-b84a5c1e7358">6</a> à une ontologie relationnelle, il nous faut intégrer et assumer le fait que nous dépendons de toutes sortes d’aléas qui ne dépendent pas de nous. On croyait pouvoir maîtriser et voilà qu’il nous « faut faire avec »<a href="#706bd841-d62e-46dd-ad03-d7f5aa2a29b5">7</a>. L’homme, en son activité psychique, est lui aussi soumis à la propension à vivre qui anime tous les vivants et aux contraintes de son environnement : « notre je est le fruit d’une symbiose complexe entre biologie, société et culture ». Il est urgent d’abandonner notre conception occidentale de l’individu :  un être autonome, auto-existant, indépendant. En concevant le sujet humain comme un être relationnel, qui déploie son désir d’exister en étant affecté par ce qui l’entoure. F. Flahault nous propose « une image nouvelle de ce que nous sommes ».</p>    <p>La science moderne, la science en train de se faire, qui relève principalement de la raison, nous offre l’opportunité de construire de nouveaux imaginaires, de nouvelles images de ce que nous sommes, et de pouvoir ainsi augmenter notre capacité d’entrer en résonance avec nos différents milieux de vie. On rejoint ainsi par la science une caractéristique universelle des êtres humains que d’autres civilisations ont expérimenté par intuition, à partir de leurs relations symbiotiques avec le tout existant. Selon le philosophe camerounais Achille Mbembé « dans les systèmes africains de pensée, le propre du vivant était son indétermination, c’est-à-dire sa capacité de prolifération, de métamorphose permanente et de résonance avec tout l’existant ou encore les forces du cosmos »<a href="#df188da1-6581-4e6f-97a2-434501c68603">8</a>. Dans son livre, Devenir vivants, la philosophe Kodjo-Grandvaux nous avertit qu’il ne suffit pas de se représenter le monde, encore faut-il l’éprouver pour le connaître. « L’individu moderne rationnel, doit réapprendre à laisser parler son corps et ne plus être uniquement dans un rapport d’extériorité aux choses pour renouer avec l’émotion et l’intuition, cette intelligence qui comprend le monde ». Et de préciser, étymologiquement comprendre c’est « saisir ensemble », c’est en d’autres termes être en relation symbiotique, en résonance avec le tout existant.</p>    <hr class="wp-block-separator" />      <p></p>         
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?CestQuoiLaVieALaLumiereDesScience">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-date_maj_fiche="2025-08-05 11:18:43" data-statut_fiche="1" data-id_fiche="CestQuoiLaVieALaLumiereDesSciences" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_5_CestQuoiLaVieALaLumiereDesSciences"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              «C’est quoi la vie?» à la lumière des sciences modernes </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_5_CestQuoiLaVieALaLumiereDesSciences" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">«C’est quoi la vie?» à la lumière des sciences modernes</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Dans l’article <a href="https://www.eccap.fr/article/du-sentiment-de-peur-au-desir-de-vivre">Du sentiment de peur au désir de vivre</a>, on concluait, à la lumière de Spinoza, que pour sortir de nos peurs (du changement climatique, de l’effondrement de la biodiversité, de la montée des discours haineux et des conflits armés, de la croissance des inégalités, des différentes formes de déclassement social,…), pour modifier en profondeur nos modes de vie, pour sortir de nos enfermements économique, culturel et politique, il nous fallait réanimer notre désir de vivre. On rappelait aussi que le désir de vivre, comme tout désir, mobilise la totalité de notre être (esprit et corps), c’est à dire nos capacités à la fois de raisonner et d’être en résonance par nos cinq sens avec nos milieux de vie matériel et immatériel (symbolique, imaginaire, culturel, spirituel, …). Plus fondamentalement, pour réanimer notre désir de vivre, il nous faut changer nos visions du monde et notre manière d’être au monde<a href="#9c79bf45-24ae-4bb3-9076-3cad6f9a5c8a">1</a>. Par rapport à cette quête existentielle, il est judicieux de remarquer que dans plusieurs disciplines scientifiques (biologie, astrophysique, neurosciences, anthropologie, éthologie,…) de nouveaux courants de pensée permettent d’apporter de nouvelles réponses au questionnement « c’est quoi vivre ? »<a href="#82a635fd-8a49-4771-accc-09c4906733e1">2</a>. Ces nouvelles connaissances scientifiques nous offrent l’opportunité d’imaginer d’autres manières d’être au monde, d’être en résonance et de vibrer d’une manière plus intense avec nos différents milieux de vie, c’est-à-dire de réanimer notre désir de vivre.</p>    <h3><strong>L’Univers est à l’intérieur de nous</strong></h3>    <p>Éveiller nos consciences à la magie de l’univers, c’est l’objectif que plusieurs astrophysiciens se sont donnés. On se souvient de la proposition d’Hubert Reeves : « nous sommes tous de la poussière d’étoiles ». Pour Trinh Xuan Thuan, « la cosmologie moderne a réenchanté le monde, en redécouvrant l’ancienne alliance entre l’homme et le cosmos ». Nos atomes d’hydrogène ont été fabriqués en moins de trois minutes, lors du big bang initial qui a eu lieu il y a 13,5 milliards d’années. Tous les autres atomes qui composent le corps humain, tels l’oxygène, le carbone, le calcium, le magnésium, etc.,  sont nés, soit de la fusion nucléaire au cœur des étoiles, soit dans les supernovae, explosions géantes résultant de la mort des étoiles massives . « Ainsi, les étoiles sont nos lointains ancêtres et nous partageons tous la même généalogie cosmique. Nous sommes les frères des lions de savane et les cousins des coquelicots des champs »<a href="#3a1dc765-4a56-44cd-b225-11e736f6aa7d">3</a>.</p>    <h4><strong>L’histoire de la vie est à l’intérieur de nous</strong></h4>    <p>Jean François Dortier, fondateur de la revue Sciences Humaines et de la revue Humanologue, en mobilisant les connaissances de l’astrophysique et de la biologie nous rappelle que : « Notre corps est composé de 65% d’eau. Cette eau vient des rivières, des lacs, des océans. Mais toute l’eau sur terre s’est formée aussi dans l’espace. Au fil du temps, c’est une pluie de météorites glacées qui ont formé les océans et les mers »<a href="#92a27ddf-37d9-4796-8800-1c1947bbcca1">4</a>. Et de rajouter : « La vie est née dans l’océan. Et pendant trois milliards d’années, elle y est restée. Puis les premiers organismes (des bactéries), des plantes, puis des animaux sont sortis des mers et ont colonisé la Terre. Nous autres, animaux terrestres, croyons avoir quitté notre océan primordial il y a bien longtemps. C’est faux. Nous restons des animaux marins. A la seule différence que nous transportons l’océan en nous ».</p>    <h4><strong>La symbiose, principal processus d’innovation du monde vivant</strong></h4>    <p>Dans son livre Jamais seul, ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations, le biologiste Marc André Selosse nous invite à découvrir que les symbioses microbiennes - qui ont émergé tardivement dans la biologie moderne- «envahissent aujourd’hui notre vision du vivant;». Cet ouvrage décrit comment les animaux (et donc les humains), mais aussi les plantes, sont intimement construits par les micro-organismes (des bactéries, des micro-champignons, des levures) qui les habitent, et les aident à accomplir des fonctions variées et souvent vitales.</p>    <p>La symbiose au sens large, c’est-à-dire vivre ensemble, est le principal processus d’innovation dans le monde vivant. Par exemple, la formation des cellules des plantes et des animaux (et donc les nôtres) qui constitue « une découverte majeure de la biologie moderne;», est le résultat d’un processus de symbiose entre plusieurs bactéries qui sont devenues à l’intérieur de nos cellules des composants vitaux pour la respiration et la photosynthèse.</p>    <h3><strong>Vivre, c’est inter-agir avec son milieu</strong></h3>    <p>S’appuyant sur les connaissances de la biologie et des neurosciences, le philosophe et anthropologue François Flahaut<a href="#d2797cd5-c23a-4e4f-b17a-a6991c15711d">5</a> propose de considérer l’écologie, comme une avancée scientifique qui consiste à penser le vivant avec ce qui le fait vivre, à penser l’organisme et  son biotope. Et de préciser : « Nous voyons bien que nous dépendons de la nourriture que nous mangeons, de l’air que nous respirons, l’alternance du jour et de la nuit : l’écologie physique  il nous est cependant plus difficile de prendre conscience de l’écologie psychique dont nous dépendons. Pour passer de l’ontologie substantialiste<a href="#0e0dd259-6ddf-4186-aba0-b84a5c1e7358">6</a> à une ontologie relationnelle, il nous faut intégrer et assumer le fait que nous dépendons de toutes sortes d’aléas qui ne dépendent pas de nous. On croyait pouvoir maîtriser et voilà qu’il nous « faut faire avec »<a href="#706bd841-d62e-46dd-ad03-d7f5aa2a29b5">7</a>. L’homme, en son activité psychique, est lui aussi soumis à la propension à vivre qui anime tous les vivants et aux contraintes de son environnement : « notre je est le fruit d’une symbiose complexe entre biologie, société et culture ». Il est urgent d’abandonner notre conception occidentale de l’individu :  un être autonome, auto-existant, indépendant. En concevant le sujet humain comme un être relationnel, qui déploie son désir d’exister en étant affecté par ce qui l’entoure. F. Flahault nous propose « une image nouvelle de ce que nous sommes ».</p>    <p>La science moderne, la science en train de se faire, qui relève principalement de la raison, nous offre l’opportunité de construire de nouveaux imaginaires, de nouvelles images de ce que nous sommes, et de pouvoir ainsi augmenter notre capacité d’entrer en résonance avec nos différents milieux de vie. On rejoint ainsi par la science une caractéristique universelle des êtres humains que d’autres civilisations ont expérimenté par intuition, à partir de leurs relations symbiotiques avec le tout existant. Selon le philosophe camerounais Achille Mbembé « dans les systèmes africains de pensée, le propre du vivant était son indétermination, c’est-à-dire sa capacité de prolifération, de métamorphose permanente et de résonance avec tout l’existant ou encore les forces du cosmos »<a href="#df188da1-6581-4e6f-97a2-434501c68603">8</a>. Dans son livre, Devenir vivants, la philosophe Kodjo-Grandvaux nous avertit qu’il ne suffit pas de se représenter le monde, encore faut-il l’éprouver pour le connaître. « L’individu moderne rationnel, doit réapprendre à laisser parler son corps et ne plus être uniquement dans un rapport d’extériorité aux choses pour renouer avec l’émotion et l’intuition, cette intelligence qui comprend le monde ». Et de préciser, étymologiquement comprendre c’est « saisir ensemble », c’est en d’autres termes être en relation symbiotique, en résonance avec le tout existant.</p>    <hr class="wp-block-separator" />      <p></p>         </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?CestQuoiLaVieALaLumiereDesSciences">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2023-11-01" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="DuSentimentDePeurAuDesirDeVivre" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="enchanter_nos_mondes" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-date_maj_fiche="2025-08-05 15:25:37" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_6_DuSentimentDePeurAuDesirDeVivre"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Du sentiment de peur au désir de vivre </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_6_DuSentimentDePeurAuDesirDeVivre" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/11/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Du sentiment de peur au désir de vivre </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema enchanter_nos_mondes">
                       <a href=?enchanter-nos-mondes>Enchanter nos mondes </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    Dans l’article «Ranimer le désir de démocratie;» publié dans l’Eccap<a href="#_ftn1">[1]</a>, on rappelait que pour Spinoza, la seule force qui peut véritablement nous faire changer, c’est le désir. Le désir mobilise la totalité de notre être (corps et esprit), quand la raison et la volonté ne mobilise que notre esprit. Il ne faut pas supprimer ou diminuer le désir, mais l’orienter par la raison. Et de préciser « Un sentiment ne peut être contrarié ou supprimé que par un sentiment plus fort que le sentiment à contrarier;» ainsi on ne supprimera pas une haine, un chagrin ou une peur simplement en raisonnant, mais en faisant surgir un amour, une joie, un espoir.<p>Dans une lettre écrite en juin 2023 dans la prison d’Evin en Iran, et publiée par le journal Le Monde (le 08/9/2023) la courageuse combattante des droits humains Nages Mohammadi, prix Nobel de la Paix en octobre 2023, nous donne une illustration de la justesse de la pensée de Spinoza. Cette journaliste de 54 ans a été condamnée en mai 2016 à seize ans de prisons pour ses activités en faveur des droits humains. Elle a écopé d’une nouvelle peine et de 154 coups de fouet pour avoir écrit au secrétariat général de l’ONU.</p>    <p>Au début de sa lettre, Nages Mohammadi précise l’objet de son propos : « donner un visage aux êtres humains qui, partout dans le monde, font l’objet d’un enfermement, qu’ils soient cernés par des murs d’acier ou par les murs de l’oppression, mais qui, envers et contre tout, aspirent à faire tomber ces « murs;» : ceux de l’ignorance, de l’exploitation, de la pauvreté, de la privation et de l’isolement;».</p>    <h3><strong>Coupables du désir de vivre</strong></h3>    <p>Dans sa lettre, Nages Mohammadi nous rappelle que « le gouvernement de la République islamique nie les droits fondamentaux tels que le droit à la vie, à la liberté de penser, à la liberté d’expression et de croyance, ainsi que le droit à pratiquer la danse, la musique, et même le droit à l’amour;». Elle interpelle notre attention : « Si vous regardez attentivement la société iranienne, vous verrez que chaque individu, à tout moment de sa vie et en tout lieu, est <strong>coupable du désir de vivre</strong>. Il encourt, pour ce crime, les pires sanctions, châtiments, humiliations, arrestations, et peut être emprisonné, voire exécuté, pour cela;».</p>    <p>Elle nous invite à entendre en Iran <strong>« le bruit sourd du mur de la peur qui se fissure</strong>;». Et de préciser « de part et d’autre des murs de fer d’Evin, où l’on nous a emprisonnées, nous ne sommes pas restées immobiles. En tant que femmes, parfois seules et sans soutien, souvent au milieu de flots d’accusations et des humiliations, nous avons brisé une par une nos chaînes jusqu’à ce que surgisse le mouvement révolutionnaire « Femme, vie, liberté;». Nous avons alors montré notre force au monde entier. [..] Nous avons été capables de faire émerger;le pouvoir des contestataires et la force de la contestation. Notre élan nous a hissés plus haut que les murs qui nous oppressent et nous sommes plus puissants et plus solides qu’eux. Si nos barreaux sont immobilité, silence et mort, nous sommes mouvement, écho et vitalité, et c’est là que se dessine la promesse de notre victoire;».</p>    <p>Mme Mohammadi termine en nous demandant de relayer son message d’espoir : « dites au monde que nous ne sommes pas derrière ces murs pour rien et que nous sommes à présent plus forts que nos bourreaux qui emploient tous les moyens pour faire taire notre société;».</p>    <h3><strong>Réanimer notre désir de vivre</strong></h3>    <p>Ce message de cette femme lauréate du prix Nobel de la Paix, qui se veut être la porte-parole de la société iranienne interpelle notre société française, bien que connaissant une situation économique et politique bien différentes. En effet la France, 7ème puissance économique du monde, est organisée autour des principes de la démocratie, de la reconnaissance des droits humains. Néanmoins, la société française est depuis quelques années traversée – comme la plupart des sociétés des pays industrialisés - par de nombreuses interrogations, de doutes et de peurs par rapport à son avenir. La dixième étude « Fractures françaises;»<a href="#_ftn2">[2]</a>, réalisée en 2023, par Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde, la Fondation Jean-Jaurès et le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), rend compte d’une partie des peurs qui s’expriment actuellement en France.</p>    <ul> <li>Pour 82% des français, le pays est en déclin et 34% d’entre eux pensent que ce déclin est irréversible (leur nombre progresse fortement :14 points depuis 2017).</li>    <li>Ayant à choisir « les deux enjeux qui vous préoccupent le plus à titre personnel;», il ressort que la préoccupation principale des français est le pouvoir d’achat<a href="#_ftn3">[3]</a> qui supplante toutes les autres (46;%) et traverse tous les électorats, viennent ensuite la protection de l’environnement (30%), l’avenir du système social (24%), l’immigration (24%), la délinquance (19%), la montée des inégalités sociales (12%), la guerre en Ukraine (10%), la dette et le déficits (8%), l’avenir du système scolaire (7%), le chômage (5%).</li>    <li>L’anxiété climatique gagne du terrain, y compris à droite. Les électeurs d’Emmanuel Macron et d’Europe Ecologie-Les;Verts (EELV), ainsi qu’un tiers de ceux du parti Les Républicains, citent la protection de l’environnement comme première préoccupation. Par contre, 61;% des Français seulement pensent que le changement climatique est principalement dû à l’activité humaine,les autres estimant notamment que c’est un « phénomène naturel;» (16;%) ou que l’on « ne peut pas savoir;» (8;%). Un résultat plutôt positif : ;69% des Français se disent prêts à « modifier en profondeur leur mode de vie;», mais en recul de 13;points par rapport à 2021.</li>    <li>Pour 82% des français, il faut à la France un pouvoir autoritaire, à travers « un vrai chef pour remettre de l’ordre;». Plus d’un tiers des Français pensent que d’autres régimes politiques peuvent être aussi bons que la démocratie.</li> </ul>    <p>Comment répondre à ce sentiment de déclin que vivent la grande majorité des français et qui s’expriment par la peur de ne plus pouvoir faire face à la montée des prix (de la nourriture, du logement, de la santé, de l’énergie,..) par la montée de l’anxiété climatique, par de fort doutes sur la démocratie comme régime politique pour organiser « le vivre ensemble;».</p>    <p>Soulignons que par rapport au changement climatique une majorité de français se dit prête à « modifier en profondeur leur mode de vie;» même si ce pourcentage a diminué par rapport à 2021. Mais il est aussi important de rappeler que le climat n’est pas le seul évènement qui remet en cause notre mode de vie, d’autres réalités telles que la chute de la biodiversité, l’artificialisation des sols, la limite des ressources minières disponibles, nous montrent que le mode de développement économique capitaliste, mis en œuvre par les pays industrialisés occidentaux – et donc notre mode de vie – ne peut pas se généraliser à l’ensemble du monde.</p>    <p>Pour modifier en profondeur notre mode de vie et pour sortir des peurs du déclinisme plusieurs processus doivent être doivent être impulsés et organisés. Premièrement il ne suffit pas de vouloir changer, il faut aussi mieux comprendre comment la pensée néo-libérale - qui organise la sphère économique et qui est aussi très active dans les domaines du politique, de la culture, des plateformes numériques - a pour objectif de diffuser et d’imposer une manière d’être au monde bien spécifique : un individualisme ego centré et consumériste. Pour percevoir les murs de ce type d’enfermement, il faut avoir bien sûr avoir envie de changer et savoir que d’autres manières d’être au monde, d’autres philosophies politiques sont possibles. C’est notamment la vocation des partis politiques. </p>    <p>Mais, plus encore, pour modifier en profondeur notre mode de vie, pour sortir de nos enfermements économique, culturel, politique, pour sortir de nos peurs il nous faut réanimer le désir de vivre. Selon les sociétés, ce désir de vivre va se manifester de manières différentes, le combat de Nages Mohammadi en Iran en est un exemple fort, dans un contexte politique bien spécifique. Pour les sociétés industrielles, qui ont peur du déclin des trente glorieuses, qui doivent envisager des changements profonds de mode de vie, retrouver le désir de vivre passe par des réponses aux questionnements « c’est quoi la vie;? » « c’est quoi vivre;? ». Vaste programme qui passe par l’élaboration de nouveaux récits qui donne sens et désir de vivre ensemble dans nos différentes sociétés et à l’échelle de la Planète Terre. En se rappelant que le désir mobilise la totalité de notre être (corps et esprit), ces nouveaux récits doivent mobiliser notre raison mais également éveiller les capacités de notre corps à se sentir en résonance avec les différentes manifestations de la vie sur Terre. Aujourd’hui mieux comprendre ce qu’est la vie devient un questionnement pour différents chercheurs tant en biologie, en écologie, en neuro-sciences, en éthologie, en physique qu’en sciences humaines et sociales et leurs apports sont importants pour élaborer les nouveaux récits dont nous avons besoin pour réanimer le désir de vivre ensemble. Les questionnements et les apports de quelques-uns de ;ces scientifiques de disciplines très différentes seront explicités dans d’un ;prochain article de l’eccap.</p><hr class="wp-block-separator" /><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Publié dans l’eccap le 30/09/2023<br /><br />[2] Cette étude « Fractures françaises;» est considérée comme étant un outil de référence en matière d’analyse de l’opinion et de ses évolutions. Cette onzième édition repose sur un échantillon national de 12 044;personnes représentatif de la population française âgée de 18;ans et plus, interrogées du 16;au 20;septembre, selon la méthode des quotas.<br /><br />[3] Il faut noter que les résultats de ce type d’enquête peuvent varier avec la conjoncture économique et politique du moment.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DuSentimentDePeurAuDesirDeVivre">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2023-02-19" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="EconomieNumeriqueDeLattentionEtManipulati" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,quel_capitalisme_en_crise" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-date_maj_fiche="2025-08-05 15:57:33" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_6_EconomieNumeriqueDeLattentionEtManipulati"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Economie numérique de l’attention et manipulation </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_6_EconomieNumeriqueDeLattentionEtManipulati" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>19/02/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Economie numérique de l’attention et manipulation </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema quel_capitalisme_en_crise">
                      Capitalisme(s) en crise  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p></p>    <p>Plusieurs ouvrages<a href="#_ftn1">[1]</a> ont tenté de rendre compte des enjeux de l’économie de l’attention telle qu’elle est organisée actuellement par quelques entreprises numériques principalement américaines, les GAFAM. Dans le présent article on a fait le choix de présenter les principales conclusions<a href="#_ftn2">[2]</a> d’un travail collectif réalisé dans le cadre du Conseil National du Numérique (CNN) et qui a donné lieu au rapport «Votre attention, s’il vous plait! Quels leviers face à l’économie de l’attention? » (Janvier 2022). Ce document est malheureusement peu connu.</p>    <h3><strong>Les enjeux de l’économie de l’attention</strong></h3>    <p>Le premier mérite du rapport du CNN est, dans son introduction, de présenter d’une manière claire les différents enjeux et les différents dangers de l’économie de l’attention en rappelant les deux dimensions de la notion d’attention : «une <strong>dimension psychique ou mentale</strong> tout d’abord (l’attention qu’on l’oppose à la distraction) et une <strong>dimension sociale</strong> ensuite (l’attention à l’autre ou à son environnement, telle qu’on l’associe au soin et qu’on l’oppose à la négligence - on peut alors parler d’attention conjointe, pour désigner cette dimension relationnelle de l’attention». Cette dimension sociale de l’attention est souvent oubliée ou minimisée.</p>    <table><tr><td><p></p><h3><strong>Le triple enjeu de l’économie numérique de l’attention :</strong> <strong>nos capacités psychiques, nos relations sociales, nos relations à l’environnement</strong> </h3><blockquote><strong> </strong> « Dès lors, poser la question de l’attention dans le contexte actuel revient à s’interroger sur un triple enjeu : qu’en est-il, dans les sociétés de plus en plus soumises à des dispositifs numériques au service d’une « économie de l’attention », de nos capacités psychiques, de nos relations sociales, et plus généralement, de nos relations à l’environnement ? Autrement dit, quelles sont les conséquences de l’économie numérique de l’attention pour l’«écologie», au sens très large que lui accordait Félix Guattari<a href="#_ftn3">[3]</a>, à savoir l’écologie mentale, l’écologie sociale et l’écologie environnementale ? En effet, pour le philosophe français, « les perturbations écologiques de l’environnement ne sont que la partie visible d’un mal plus profond et plus considérable, relatif <strong>aux façons de vivre et d’être en société</strong> sur cette planète ».  </blockquote></td></tr></table>    <h3><strong>L’économie numérique de l’attention : quels modèles économiques ?</strong></h3>    <p><br />Les GAFAM et autres géants du numérique ont fait de la captation de l’attention un modèle économique. « De fait, ce n’est pas celui qui est attentif qui détient le pouvoir, mais celui qui capte l’attention;» à partir principalement de plateformes numériques. Le terme de<strong> plateforme</strong> désigne « un service occupant une fonction d’intermédiaire dans l’accès aux informations, contenus, services ou bien édités ou fournis par des tiers;» Ainsi, une plateforme est un marché bi-voire multiface qui met en relation différents groupes d’utilisateurs, permettant ainsi à l’offre et à la demande d’un bien ou d’un service de se rencontrer. « Face à la masse exponentielle de contenus proposés sur les plateformes, celles-ci ont également acquis un rôle d’ordonnancement : elles influencent voire déterminent la façon dont le contenu est hiérarchisé et présenté aux utilisateurs par le biais d’outils algorithmiques<a href="#_ftn4">[4]</a>. Ces algorithmes sont nourris par les données collectées auprès des différents groupes d’utilisateurs. »</p>    <p><br />Les plateformes tirent leur valeur économique d’<strong>effets de réseau</strong>, c’est-à-dire que leur utilité croît avec le nombre des utilisateurs (exemple du réseau téléphonique). Ces effets de réseau ont pour conséquence la concentration des marchés dans lesquels les entreprises du numérique s’implantent, ainsi <strong>« un petit nombre de très grandes entreprises contrôle une énorme partie de l’attention mondiale et la convertit en profit»</strong>.</p>    <p>Le principal modèle économique des plateformes numériques est basé sur <strong>la publicité</strong> : le contenu est fourni à l’utilisateur sans contrepartie monétaire, grâce au financement d’espaces publicitaires par des annonceurs. « Loin d’être nouveau, ce modèle d’affaires était déjà utilisé par de nombreux médias, comme la presse écrite ou la télévision. Par rapport aux journaux, radios ou chaînes de télévision, les plateformes numériques ont la capacité de personnaliser les publicités affichées en fonction des données collectées sur la base des traces laissées par les consommateurs. On parle de « <strong>publicité ciblée</strong> ». Ce modèle économique en proposant un service gratuit facilite l’acquisition d’une masse critique d’utilisateurs déclenchant les effets de réseau. Le rapport du CNN donne une évaluation de ce que cette captation de l’attention peut représenter en termes de revenus pour les plateformes fonctionnant sur le modèle publicitaire. « Si l’on prend le réseau social Facebook, au deuxième trimestre 2018, le revenu moyen par utilisateur était d’environ 6 dollars au niveau mondial et, plus précisément, de 8,76 dollars en Europe;».</p>    <p>Dans le modèle économique dit « Freemium » : la plateforme laisse le choix à l’utilisateur soit de consommer le service gratuitement, ce qui l’expose en contrepartie à des publicités, soit de payer afin d’avoir accès à un service sans publicité. « En Europe, la mise en application du règlement sur la protection des données à caractère personnel (RGPD) a entraîné une augmentation des offres hybrides. « On voit ainsi se multiplier les bandeaux nous proposant soit d’accepter les cookies tels quels, soit de s’abonner au site ou de payer pour accéder au contenu. Certaines plateformes ont d’ailleurs fait le choix de ne reposer que sur un modèle payant, sous la forme d’abonnements hebdomadaires, mensuels ou annuels».</p>    <p>Le rapport du CNN souligne que « les jeux vidéo - bien que ne pouvant le plus souvent pas être considérés comme des « plateformes numériques » au sens économique du terme - jouent un rôle majeur dans l’économie numérique de l’attention. En effet, certains jeux vidéo sont proposés gratuitement, notamment sur les magasins d’applications de smartphones. Dans ce cas-ci, leur modèle économique repose sur une abondante publicité». </p>    <h3><strong>La « Captologie;» : La science des technologies persuasives</strong></h3>    <p>L’objectif des plateformes est de maximiser le nombre de leurs utilisateurs et, plus encore, l’engagement de ces derniers, c’est-à-dire qu’ils soient les plus actifs possibles.: « Tout l’enjeu de cette lutte pour capter le temps de cerveau disponible consiste à réduire à l’extrême les hésitations et les arbitrages conscients, pour créer une forme de naturalité qui ne pose pas de problème, qui semblera très économique sur le plan cognitif ». « Afin d’atteindre ces objectifs, les plateformes ont mis en place de nombreux dispositifs qui exploitent les mécanismes cognitifs et cérébraux les plus primaires ainsi que nos émotions « comme le montre la websérie « Dopamine » (Arte, 2019)».</p>    <p>Des technologies spécifiques ont été conçues (par exemple le «design digital comportemental») et « elles sont regroupées sous le terme de « captologie » ou science des technologies persuasives» c’est-à-dire « l’étude de l’informatique et des technologies numériques comme outil d’influence ou de persuasion des individus". Cette discipline est notamment enseignée « au Behavior Design Lab de l’université de Stanford, autrefois baptisé Persuasive Lab, où ont étudié de nombreux concepteurs de services numériques et qu’ils ont ensuite mise à profit pour créer des interfaces exploitant nos biais cognitifs, maximiser notre engagement en ligne et nous inciter à y revenir le plus vite et le plus rapidement possible».</p>    <h4><strong>« La captologie;» : exploiter les biais cognitifs humains</strong></h4>    <p>Pour stimuler la compulsion à consulter nos écrans, plusieurs mécanismes psychocognitifs sont mobilisés qui répondent à différents besoins de l’être humain. « En premier lieu : <strong>le besoin de popularité</strong> défini comme le « besoin d’être aimé et reconnu par le plus grand nombre de personnes » et <strong>le besoin de</strong> <strong>reconnaissance sociale,</strong> par le biais de likes, commentaires, messages, etc. ».</p>    <p>« Les plateformes jouent aussi sur le principe de <strong>« l’apprentissage par conditionnement opérant »</strong> qui consiste à créer artificiellement des habitudes comportementales en misant sur différents types de récompenses. Premièrement, on trouve les « récompenses de soi », à savoir le besoin de se sentir unique, de posséder des compétences remarquables, etc. Deuxièmement, les « récompenses de chasse » visent à satisfaire le désir de conquête ou de victoire, comme c’est notamment le cas dans les jeux vidéo, au travers de différents trophées ou médailles. Enfin, les « récompenses de la tribu » satisfont le désir d’appartenance sociale et de popularité, au sein d’un groupe. (..) recevoir un like est reçu par le cerveau comme une récompense et génère la sécrétion de dopamine dans le cerveau, hormone du plaisir, de la motivation et de l’addiction. Le like crée une boucle de rétroaction de validation sociale : on est validé par le groupe et on se sent obligé en retour de liker le contenu des autres. Cela crée une boucle sans fin.</p>    <p>Le like s’est diversifié en différents types de réactions, permettant à la plateforme de jouer sur nos émotions. Il existe six émotions universelles : la joie, la surprise, la tristesse, la colère, le dégoût et la peur. Autant d’émotions que l’on retrouve dans les boutons proposés par Facebook et symbolisés par des emojis simplistes. Pour Facebook, ce dispositif est aussi un moyen de collecter des données encore plus précises, qui lui demeuraient jusque-là inaccessibles : les émotions. Ces données permettent d’optimiser le ciblage comportemental et d’ajuster encore plus le fil d’actualité de chaque utilisation pour susciter la bonne émotion et accroître le temps passé sur le réseau social».</p>    <p>« Les plateformes empruntent certaines de leurs stratégies à l’univers du jeu. On parle de « gamification » pour désigner l’utilisation des mécanismes du jeu dans d’autres domaines, en particulier des situations d’apprentissage, de travail, de la vie quotidienne : l’utilisation de dispositifs « gamifiés » par les applications ou les objets connectés permet d’augmenter leur acceptabilité et leur usage en s’appuyant sur la prédisposition humaine au jeu. À travers la « gamification », le jeu se voit néanmoins souvent réduit à un ensemble de « mécaniques pavloviennes » visant à stimuler les réflexes des utilisateurs, mais dépourvues de toute signification. La gamification nous promet, en guise de monde plus fun, un univers de traces, de points, de récompenses numériques et de progression sur le modèle des jeux en ligne;».</p>    <h3><strong>Économie de l’attention ou économie de la manipulation ?</strong></h3>    <p>Le rapport du CNN propose de définir l’économie de l’attention mise en œuvre par les GAFAM comme : « un ensemble de dispositifs mis en œuvre afin d’extraire une valeur marchande à partir de la captation de l’attention des utilisateurs».</p>    <p>Certains chercheurs pensent que ce terme d’économie de l’attention, en donnant l’impression de parler d’une réalité unifiée, serait source de confusion. Pour les auteurs du rapport du CNN, le terme d’« économie de la manipulation » serait sans doute plus approprié. « Les plateformes ont acquis une telle finesse dans le profilage des utilisateurs qu’il leur est quasiment possible d’anticiper leurs intérêts, leurs conduites, leurs envies, et de les manipuler». « L’enjeu de la captation de notre attention n’est pas qu’un enjeu de temps passé devant un écran, mais aussi et surtout un enjeu de sensibilisation au fonctionnement et à la motivation des acteurs qui cherchent à accaparer cette ressource par le biais du numérique».</p>    <p>Et de conclure « quel que soit le terme que nous choisissons pour aborder la problématique de l’économie de l’attention, l’enjeu consiste à comprendre les modèles économiques et les infrastructures technologiques visant à capter l’attention des individus, afin d’envisager leurs <strong>effets en termes d’écologie mentale, d’écologie sociale et d’écologie environnementale</strong>»<a href="#_ftn5">[5]</a>.</p>    <p><br /></p><hr class="wp-block-separator" /><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Parmi ces ouvrages notons celui coordonné par Yves Citton, L’économie de l’attention, Editions La Découverte,2014<br /><br />[2] Le présent article fait la synthèse que de la première partie du rapport du CNN.<br /><br />[3] Félix Guattari, Les trois écologies, Paris, Galilée, 1989<br /><br />[4] Un algorithme est la description d&apos;une suite d&apos;étapes permettant d&apos;obtenir un résultat à partir d&apos;éléments fournis en entrée (une recette de cuisine, par exemple). « Le PageRank est sans aucun doute l&apos;algorithme numérique le plus utilisé dans le monde. Il est le fondement du classement des pages sur le moteur de recherche de Google;».<br /><br />[5] Ces effets sont développés dans la partie II (Pourquoi l’économie numérique de l’attention et les technologies persuasives peuvent s’avérer néfastes pour le vivant;?) et la partie III (Comment mettre le numérique au service d’une attention psychique, sociale et environnementale) du rapport du CNN</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EconomieNumeriqueDeLattentionEtManipulati">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2019-03-04" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="IlFautRompreAvecLaTheorieEconomiqueDomin" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,une_autre_economie" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-date_maj_fiche="2025-09-08 12:12:28" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_6_IlFautRompreAvecLaTheorieEconomiqueDomin"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Il faut rompre avec la théorie économique dominante </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_6_IlFautRompreAvecLaTheorieEconomiqueDomin" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>04/03/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Il faut rompre avec la théorie économique dominante </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_autre_economie">
                      Repenser la science économique 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><br /><div align="center"><i>Le « prix de marché », veau d’or des économistes, ne reflète pas la valeur réelle d’un bien pour la collectivité, estime l’économiste Jacques Perrin.</i> <br /></div><br /><h3> Un litre de gazole et un litre de Coca-Cola ont aujourd’hui quasiment le même prix, mais ont-ils la même valeur économique ?</h3></div><div> Après le premier étonnement suscité par la question, et sachant que les conséquences économiques et humaines d’une pénurie de pétrole ne sont pas les mêmes que celles d’une pénurie de Coca-Cola, la plupart des personnes que l’on interroge ainsi répondent assez spontanément qu’un litre de gazole n’a pas la même valeur économique qu’un litre de Coca. En revanche, pour la pensée économique dominante, qui enseigne que la valeur économique des biens et des services est donnée par leur prix, le litre de gazole et le litre de Coca ont bien la même valeur économique. <br /> <br />Cette affirmation théorique repose sur plusieurs croyances. La première est de croire que la valeur économique d’un bien ou d’un service peut être identifiée à sa seule valeur d’échange (son prix), gommant ainsi les aspects d’utilité et de valeur d’usage. La révolte des « gilets jaunes » témoigne avec force qu’un litre de gazole n’a pas la même valeur économique pour chacun d’entre nous : par exemple, il a plus de valeur pour une personne payée au smic et qui n’a pas d’autres moyens de transport que sa voiture que pour une personne ayant le même revenu mais pouvant utiliser des transports en commun. <br /> <br />La deuxième croyance est de nous considérer tous comme des Homo economicus, c’est-à-dire comme des agents cherchant à satisfaire individuellement leurs besoins en ayant à leur disposition toutes les informations pour faire des choix rationnels. <br /> <br /><h3><strong>Un monde de plus en plus interdépendant </strong></h3><br />Dans un monde de plus en plus interdépendant, on ne peut plus penser la valeur économique à l’échelle d’un individu et par rapport à un seul bien ou service pris isolément, surtout lorsqu’il s’agit d’un bien comme l’énergie. Comme le rappellent les économistes institutionnalistes, ce qui est décisif, ce n’est pas que l’individu ait des besoins, mais que des hommes, liés socialement, aient des besoins. <br /> <br />Il faut rappeler que le pétrole, ressource énergétique non renouvelable et productrice de gaz à effet de serre, a structuré depuis des décennies nos modes de production et d’organisation de la division du travail au niveau international, et qu’il a aussi structuré nos façons de consommer, de se loger, de se déplacer, et plus généralement d’organiser nos territoires. Depuis des décennies, le prix du pétrole sur le marché international n’a jamais traduit la place structurante et grandissante qu’il prenait dans les économies des pays développés, il n’a jamais permis de prendre en compte sa valeur économique sociétale. <br /> <br />Un certain nombre d’initiatives récentes montrent que la notion de valeur économique sociétale d’un produit – c’est-à-dire prenant en compte sa valeur d’usage et son coût non plus seulement pour des individus pris isolément mais pour la société – commence à émerger. Citons notamment les travaux du Centre d’analyse stratégique pour fixer une valeur tutélaire du carbone en France. Une valeur tutélaire est une valeur fixée par les pouvoirs publics, mais elle est surtout le fruit d’un compromis entre plusieurs acteurs, organisé à l’initiative de ces mêmes pouvoirs publics. La COP21 a reconnu la valeur sociale et environnementale du carbone  même si aucun prix de référence n’a été retenu, cette valeur du carbone est différente d’un prix de marché. <br /> <br /><h3><strong>Remettre la notion de valeur au centre de nos travaux </strong></h3><br />Soulignons que même s’il est possible de construire à un moment donné la valeur économique sociétale d’un produit, tel que le gazole, cette valeur ne sera pas pour autant une valeur objective : elle sera évaluée et ressentie différemment en fonction de l’importance relative de ce produit dans la consommation des personnes concernées et en fonction de leurs niveaux de revenus. <br /> <br />Comme le montre aussi le mouvement des « gilets jaunes », dans une société donnée, la valeur économique sociétale d’un produit sera d’autant mieux acceptée que les inégalités de pouvoir d’achat seront faibles et que les différentes « parties prenantes » de la société auront été associées à sa définition. <br /> <br />Il est de plus en plus difficile de soutenir qu’un litre de gazole et un litre de Coca-Cola ayant quasiment le même prix ont la même valeur économique. En rappelant que toute théorie est construite à partir d’une certaine conception de ce qu’est la valeur, il est urgent qu’en tant qu’économistes nous remettions la notion de valeur au centre de nos travaux de recherche. C’est sans doute une des meilleures contributions que nous pouvons apporter pour comprendre aujourd’hui le mouvement des « gilets jaunes », et pour assurer un avenir aux générations futures.<br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p><br />Article paru dans Le Monde du 12 janvier 2019, Rubriques idées</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?IlFautRompreAvecLaTheorieEconomiqueDomin">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="definition" data-bf_date_publication="2021-03-21" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="IndividualismeEtIndividuation" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,une_autre_economie" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-date_maj_fiche="2025-09-15 09:57:19" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_6_IndividualismeEtIndividuation"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Individualisme et individuation : deux manières différentes d’être au monde [1] </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_6_IndividualismeEtIndividuation" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>21/03/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Individualisme et individuation : deux manières différentes d’être au monde [1] </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_autre_economie">
                      Repenser la science économique 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h3><br /><strong>L’individualisme</strong></h3><div></div><div><strong></strong></div><div><strong></strong></div><div>Une des difficultés pour comprendre ce qu’est l’individualisme, est que ce terme recouvre deux acceptions différentes. L’individualisme désigne à la fois une attitude, un comportement qui relèvent de la morale et un courant de la philosophie politique. Au sens moral, l’individualisme caractérise le comportement d’un individu qui manifeste une indépendance, « une tendance à ne penser qu’à soi ». Au sens politique, l’individualisme désigne « une doctrine selon laquelle l’individu précède la société »<a href="#_ftn2">[2]</a>. Force est de reconnaître que ces deux acceptations différentes de l’individualisme ne sont pas étanches. L’individualisme en tant que philosophie politique a prôné et à cultivé l’indépendance des individus et a en conséquence souvent contribué à développer le repli sur soi  et les pourfendeurs de l’individualisme, en tant que pensée politique l’ont la plupart du temps dénoncé pour ses conséquences comportementales.</div><div></div><div>Une autre difficulté pour comprendre ce qu’est l’individualisme est que le mot est relativement récent  d’une manière assez étonnante, il n’a été créé qu’au début du XIXè siècle bien que l’individualisme comme comportement et comme philosophie politique existaient bien auparavant. </div><div></div><div>Malgré les difficultés pour comprendre ce qu’est l’individualisme, il est très important pour nous occidentaux de connaître les convictions, les représentations mentales qui ont fondé et structuré l’individualisme en tant que philosophie politique. En effet, dans son ouvrage Histoire de l’individualisme<a href="#_ftn3"><strong>[3]</strong></a>, livre de référence sur ce thème, Alain Laurent affirme que : <strong>« l’individualisme représente à la fois le propre de la civilisation occidentale et l’épicentre de la modernité ».</strong></div><div><strong></strong></div><div>Pour Alain Laurent, l’individualisme, comme pensée politique, repose avant tout sur une double conviction :</div><div>-« L’humanité est composée, non pas d’abord d’ensembles sociaux (nations, classes, ..) mais d’individus : d’êtres vivants indivisibles et irréductibles les uns aux autres ». </div><div>-Ce sont les propriétés internes et <strong>naturelles</strong> de l’individu, qui constituent « l’essentiel de la définition » (l’essence même) de l’individualisme. Et de préciser, l’individu a <strong>une aspiration naturelle à l’indépendance</strong>. « Cette aspiration à l’indépendance est vue par l’individualisme comme l’expression la plus achevée de la nature humaine ».</div><div></div><div>Cette double conviction de l’individualisme est souvent explicitée par une image, une métaphore celle de l’atome. « L’individu, comme l’atome, est une unité (indivisible)<a href="#_ftn4">[4]</a>, déjà faite (ready-made) et isolée qui précède la société et ses interactions ». D’où souvent le qualificatif d’atomiste accolé au mot d’individualisme pour qualifier le principal courant de cette philosophie politique. Les convictions ou les croyances sur lesquelles reposent l’individualisme atomiste ont contribué à une définition bien précise de ce qu’est un individu : <strong>« L’individu est un être autonome dont la vocation est l’indépendance »</strong></div><h3><strong><br /></strong><strong>Un individualisme démocratique et socialisant ?</strong></h3><div></div><div></div><div>A la fin du XIXè siècle un mouvement d’idée s’est formé pour repenser un individualisme démocratique et social et qui sera appelé l’âge d’or du libéralisme par Joël Roucloux, auteur d’ « une histoire des idées » du libéralisme<a href="#_ftn5">[5]</a>. En Angleterre, l’écrivain Oscar Wilde, dans L’âme humaine et le socialisme (1891), a fait l’apologie de la liberté individuelle, libérée de la propriété privée et en affirmant que « l’individualisme est ce que nous voulons atteindre par le socialisme ». En France, entre 1890 et 1910, l’usage positif du mot individualisme s’est répandu et une floraison de livres paraît soudain pour le célébrer comme l’éminente expression de l’humanisme démocratique issu des Lumières et des Droits de l’homme. Nombre de ceux qui l’avaient jusqu’alors boudé ou rejeté multiplient les prises de position publiques en sa faveur (en particulier de grandes figures du socialisme comme Jaurès, Durkheim) et lui découvre des vertus voisines de celles que lui reconnaissaient déjà les libéraux</div><div></div><div>Pour l’historien des idées, J. Recloux, il existe donc deux formes différentes d’individualisme : « l’individualisme social » ou démocratique et « l’individualisme atomiste », appelé aussi individualisme économique en référence à l’homo économicus. Ces deux formes d’individualisme se retrouveront dans les débats qui ont opposé le philosophe américain John Dewey et Walter Lippmann, lors de la création du néolibéralisme durant la première moitié du XXè siècle.</div><div><br /></div><div> </div><div><strong></strong></div><h3><strong>L’individuation</strong></h3><div><strong></strong></div><div>La crise économique des années 1930 a suscité un mouvement critique du libéralisme et un nouveau courant de pensée, le néolibéralisme s’est imposé après la deuxième guerre mondiale, à la fois dans le champ économique et politique. La naissance du néolibéralisme a été marquée par un fameux colloque qui s’est tenu à Paris en août 1938 autour de l’œuvre de Walter Lippmann (1889-1974), diplomate, journaliste et essayiste américain. La pensée de Lippmann et des néolibéraux a été fortement critiquée par à un des plus grands penseurs américains du XXe siècle, le philosophe pragmatiste John Dewey (1859-1952). Lippmann et Dewey<a href="#_ftn6">[6]</a> ont eu tous deux l’ambition de reconstruire le libéralisme sur des bases nouvelles, d’inventer un nouveau libéralisme et chacun l’a fait à partir d’une représentation mentale de l’individu différente. L’individu lippmannien est compris, comme dans le libéralisme classique, à partir d’une vision atomiste  on retrouve ici le modèle de l’homo économicus de l’individualisme économique. Pour penser un nouveau libéralisme Dewey découvre à partir de la biologie une autre représentation mentale de l’individu : l’individu, comme tout organisme vivant, est tout au long de son existence, le produit des relations passives et actives qu’il entretient avec un environnement (humain et naturel) et ceci au sein de différentes formes d’associations. Rejetant l’individualisme atomiste, le nouveau libéralisme de Dewey est pensé à partir d’un « individualisme relationnel ».</div><div></div><div><br /></div><div>C’est au philosophe Gilbert Simondon (1924-1989) que l’on doit la contribution la plus importante à la notion d’individuation<a href="#_ftn7">[7]</a>. Selon Simondon « pour comprendre l’individu, il faut en décrire la genèse au lieu de la présupposer » et il appelle cette genèse l’individuation de l’individu. L’individuation n’est jamais un produit fini  les êtres s’adaptent et changent en fonction du milieu. L’individuation est un processus permanent et l’individu est un être en perpétuel devenir. L’individuation de l’individu ne donne pas seulement naissance à un individu, mais aussi à son milieu associé. On doit donc considérer la totalité indivisible comme étant celle de l’individu et du milieu, et non celle de l’individu seul. En plaçant comme proposition centrale de sa pensée que « l’être est relation » ou encore que « toute réalité est relationnelle » Simondon a produit dans l’histoire de la philosophie quelque chose de proche d’un ébranlement dont on n&apos;a pas encore compris toutes les implications.</div><div><strong></strong></div><div>Depuis l’époque de Dewey, les connaissances et notre compréhension de l’évolution du monde vivant ont progressé et confirment la démarche du philosophe pragmatiste  on a découvert que l’évolution est à la fois le résultat de relations de compétition et de coopération et que ces dernières jouent un rôle de plus en plus important en fonction de la complexité croissante des organismes vivants. Si nous voulons continuer à approfondir la démarche naturaliste de Dewey pour repenser le libéralisme et l’individualisme, il nous faut intégrer les nouvelles connaissances du monde vivant qui sont actuellement disponibles et notamment les processus de symbiose<a href="#_ftn8">[8]</a>. Si nous voulons changer le monde, il nous faut savoir que la conception de l’individu prônée par le libéralisme et le néolibéralisme ne correspond pas aux découvertes récentes de la biologie et des sciences humaines. L’individualisme atomiste est de plus en plus une idéologie n’ayant aucun support objectif, contrairement à l’individualisme relationnel.</div><div></div><div>Pour comprendre ce qu’est l’être humain en tant qu’organisme vivant en symbiose avec différents milieux, nous avons besoin d’ « une anthropologie générale à l’âge de la science écologique », pour reprendre le titre de l’ouvrage de F. Flahaut<a href="#_ftn9">[9]</a> Pour ce philosophe et anthropologue « Notre je est le fruit d’une symbiose complexe entre biologie, société et culture ».</div><div><br /></div><div></div><div><br /></div><div><br /><br /><br /></div><div><br /><br /></div><div><br /><br /><br /></div><div></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Cet article présente quelques idées développées dans mon ouvrage : Jacques Perrin, Peut-on changer notre vision du monde ? De l’individualisme néolibéral à l’individuation, Editions Librinova, mars 2021
</p><p>[2] Individualisme, Grand dictionnaire de la philosophie, Larousse, CNRS Editions 2003, p.549
</p><p>[3] Alain Laurent, Histoire de l’individualisme, Presse Universitaire de France, 1993
</p><p>[4] Le mot individu vient du latin individuum, ce qui est indivisible
</p><p>[5] Joël Roucloux, Les cinq périodes de l’individualisme savant, Revue du Mauss, 2006/1 (N°27)
</p><p>[6] Sur le débat Lippmann / Dewey, voir Barbara Stiegler, Il faut s’adapter. Sur un nouvel impératif politique, Gallimard, 2019.
</p><p>[7] Gilbert Simondon, L’individuation à la lumière de la notion de forme et d’information, Million, 2005.
</p><p>[8] Voir notamment Marc-André Selosse, Jamais Seul, ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations, Actes Sud, 2017
</p><p>[9] François Flahault, « L’homme, une espèce déboussolée Anthropologie générale à l’âge de l’écologie », Fayard, 2018</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?IndividualismeEtIndividuation">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-date_maj_fiche="2025-09-15 09:57:19" data-statut_fiche="1" data-id_fiche="IndividualismeEtIndividuationDeuxManieres" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_5_IndividualismeEtIndividuationDeuxManieres"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Individualisme et individuation : deux manières différentes d’être au monde [1] </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_5_IndividualismeEtIndividuationDeuxManieres" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Individualisme et individuation : deux manières différentes d’être au monde [1]</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3><br /><strong>L’individualisme</strong></h3><div></div><div><strong></strong></div><div><strong></strong></div><div>Une des difficultés pour comprendre ce qu’est l’individualisme, est que ce terme recouvre deux acceptions différentes. L’individualisme désigne à la fois une attitude, un comportement qui relèvent de la morale et un courant de la philosophie politique. Au sens moral, l’individualisme caractérise le comportement d’un individu qui manifeste une indépendance, « une tendance à ne penser qu’à soi ». Au sens politique, l’individualisme désigne « une doctrine selon laquelle l’individu précède la société »<a href="#_ftn2">[2]</a>. Force est de reconnaître que ces deux acceptations différentes de l’individualisme ne sont pas étanches. L’individualisme en tant que philosophie politique a prôné et à cultivé l’indépendance des individus et a en conséquence souvent contribué à développer le repli sur soi  et les pourfendeurs de l’individualisme, en tant que pensée politique l’ont la plupart du temps dénoncé pour ses conséquences comportementales.</div><div></div><div>Une autre difficulté pour comprendre ce qu’est l’individualisme est que le mot est relativement récent  d’une manière assez étonnante, il n’a été créé qu’au début du XIXè siècle bien que l’individualisme comme comportement et comme philosophie politique existaient bien auparavant. </div><div></div><div>Malgré les difficultés pour comprendre ce qu’est l’individualisme, il est très important pour nous occidentaux de connaître les convictions, les représentations mentales qui ont fondé et structuré l’individualisme en tant que philosophie politique. En effet, dans son ouvrage Histoire de l’individualisme<a href="#_ftn3"><strong>[3]</strong></a>, livre de référence sur ce thème, Alain Laurent affirme que : <strong>« l’individualisme représente à la fois le propre de la civilisation occidentale et l’épicentre de la modernité ».</strong></div><div><strong></strong></div><div>Pour Alain Laurent, l’individualisme, comme pensée politique, repose avant tout sur une double conviction :</div><div>-« L’humanité est composée, non pas d’abord d’ensembles sociaux (nations, classes, ..) mais d’individus : d’êtres vivants indivisibles et irréductibles les uns aux autres ». </div><div>-Ce sont les propriétés internes et <strong>naturelles</strong> de l’individu, qui constituent « l’essentiel de la définition » (l’essence même) de l’individualisme. Et de préciser, l’individu a <strong>une aspiration naturelle à l’indépendance</strong>. « Cette aspiration à l’indépendance est vue par l’individualisme comme l’expression la plus achevée de la nature humaine ».</div><div></div><div>Cette double conviction de l’individualisme est souvent explicitée par une image, une métaphore celle de l’atome. « L’individu, comme l’atome, est une unité (indivisible)<a href="#_ftn4">[4]</a>, déjà faite (ready-made) et isolée qui précède la société et ses interactions ». D’où souvent le qualificatif d’atomiste accolé au mot d’individualisme pour qualifier le principal courant de cette philosophie politique. Les convictions ou les croyances sur lesquelles reposent l’individualisme atomiste ont contribué à une définition bien précise de ce qu’est un individu : <strong>« L’individu est un être autonome dont la vocation est l’indépendance »</strong></div><h3><strong><br /></strong><strong>Un individualisme démocratique et socialisant ?</strong></h3><div></div><div></div><div>A la fin du XIXè siècle un mouvement d’idée s’est formé pour repenser un individualisme démocratique et social et qui sera appelé l’âge d’or du libéralisme par Joël Roucloux, auteur d’ « une histoire des idées » du libéralisme<a href="#_ftn5">[5]</a>. En Angleterre, l’écrivain Oscar Wilde, dans L’âme humaine et le socialisme (1891), a fait l’apologie de la liberté individuelle, libérée de la propriété privée et en affirmant que « l’individualisme est ce que nous voulons atteindre par le socialisme ». En France, entre 1890 et 1910, l’usage positif du mot individualisme s’est répandu et une floraison de livres paraît soudain pour le célébrer comme l’éminente expression de l’humanisme démocratique issu des Lumières et des Droits de l’homme. Nombre de ceux qui l’avaient jusqu’alors boudé ou rejeté multiplient les prises de position publiques en sa faveur (en particulier de grandes figures du socialisme comme Jaurès, Durkheim) et lui découvre des vertus voisines de celles que lui reconnaissaient déjà les libéraux</div><div></div><div>Pour l’historien des idées, J. Recloux, il existe donc deux formes différentes d’individualisme : « l’individualisme social » ou démocratique et « l’individualisme atomiste », appelé aussi individualisme économique en référence à l’homo économicus. Ces deux formes d’individualisme se retrouveront dans les débats qui ont opposé le philosophe américain John Dewey et Walter Lippmann, lors de la création du néolibéralisme durant la première moitié du XXè siècle.</div><div><br /></div><div> </div><div><strong></strong></div><h3><strong>L’individuation</strong></h3><div><strong></strong></div><div>La crise économique des années 1930 a suscité un mouvement critique du libéralisme et un nouveau courant de pensée, le néolibéralisme s’est imposé après la deuxième guerre mondiale, à la fois dans le champ économique et politique. La naissance du néolibéralisme a été marquée par un fameux colloque qui s’est tenu à Paris en août 1938 autour de l’œuvre de Walter Lippmann (1889-1974), diplomate, journaliste et essayiste américain. La pensée de Lippmann et des néolibéraux a été fortement critiquée par à un des plus grands penseurs américains du XXe siècle, le philosophe pragmatiste John Dewey (1859-1952). Lippmann et Dewey<a href="#_ftn6">[6]</a> ont eu tous deux l’ambition de reconstruire le libéralisme sur des bases nouvelles, d’inventer un nouveau libéralisme et chacun l’a fait à partir d’une représentation mentale de l’individu différente. L’individu lippmannien est compris, comme dans le libéralisme classique, à partir d’une vision atomiste  on retrouve ici le modèle de l’homo économicus de l’individualisme économique. Pour penser un nouveau libéralisme Dewey découvre à partir de la biologie une autre représentation mentale de l’individu : l’individu, comme tout organisme vivant, est tout au long de son existence, le produit des relations passives et actives qu’il entretient avec un environnement (humain et naturel) et ceci au sein de différentes formes d’associations. Rejetant l’individualisme atomiste, le nouveau libéralisme de Dewey est pensé à partir d’un « individualisme relationnel ».</div><div></div><div><br /></div><div>C’est au philosophe Gilbert Simondon (1924-1989) que l’on doit la contribution la plus importante à la notion d’individuation<a href="#_ftn7">[7]</a>. Selon Simondon « pour comprendre l’individu, il faut en décrire la genèse au lieu de la présupposer » et il appelle cette genèse l’individuation de l’individu. L’individuation n’est jamais un produit fini  les êtres s’adaptent et changent en fonction du milieu. L’individuation est un processus permanent et l’individu est un être en perpétuel devenir. L’individuation de l’individu ne donne pas seulement naissance à un individu, mais aussi à son milieu associé. On doit donc considérer la totalité indivisible comme étant celle de l’individu et du milieu, et non celle de l’individu seul. En plaçant comme proposition centrale de sa pensée que « l’être est relation » ou encore que « toute réalité est relationnelle » Simondon a produit dans l’histoire de la philosophie quelque chose de proche d’un ébranlement dont on n&apos;a pas encore compris toutes les implications.</div><div><strong></strong></div><div>Depuis l’époque de Dewey, les connaissances et notre compréhension de l’évolution du monde vivant ont progressé et confirment la démarche du philosophe pragmatiste  on a découvert que l’évolution est à la fois le résultat de relations de compétition et de coopération et que ces dernières jouent un rôle de plus en plus important en fonction de la complexité croissante des organismes vivants. Si nous voulons continuer à approfondir la démarche naturaliste de Dewey pour repenser le libéralisme et l’individualisme, il nous faut intégrer les nouvelles connaissances du monde vivant qui sont actuellement disponibles et notamment les processus de symbiose<a href="#_ftn8">[8]</a>. Si nous voulons changer le monde, il nous faut savoir que la conception de l’individu prônée par le libéralisme et le néolibéralisme ne correspond pas aux découvertes récentes de la biologie et des sciences humaines. L’individualisme atomiste est de plus en plus une idéologie n’ayant aucun support objectif, contrairement à l’individualisme relationnel.</div><div></div><div>Pour comprendre ce qu’est l’être humain en tant qu’organisme vivant en symbiose avec différents milieux, nous avons besoin d’ « une anthropologie générale à l’âge de la science écologique », pour reprendre le titre de l’ouvrage de F. Flahaut<a href="#_ftn9">[9]</a> Pour ce philosophe et anthropologue « Notre je est le fruit d’une symbiose complexe entre biologie, société et culture ».</div><div><br /></div><div></div><div><br /></div><div><br /><br /><br /></div><div><br /><br /></div><div><br /><br /><br /></div><div></div>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>[1] Cet article présente quelques idées développées dans mon ouvrage : Jacques Perrin, Peut-on changer notre vision du monde ? De l’individualisme néolibéral à l’individuation, Editions Librinova, mars 2021
</p><p>[2] Individualisme, Grand dictionnaire de la philosophie, Larousse, CNRS Editions 2003, p.549
</p><p>[3] Alain Laurent, Histoire de l’individualisme, Presse Universitaire de France, 1993
</p><p>[4] Le mot individu vient du latin individuum, ce qui est indivisible
</p><p>[5] Joël Roucloux, Les cinq périodes de l’individualisme savant, Revue du Mauss, 2006/1 (N°27)
</p><p>[6] Sur le débat Lippmann / Dewey, voir Barbara Stiegler, Il faut s’adapter. Sur un nouvel impératif politique, Gallimard, 2019.
</p><p>[7] Gilbert Simondon, L’individuation à la lumière de la notion de forme et d’information, Million, 2005.
</p><p>[8] Voir notamment Marc-André Selosse, Jamais Seul, ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations, Actes Sud, 2017
</p><p>[9] François Flahault, « L’homme, une espèce déboussolée Anthropologie générale à l’âge de l’écologie », Fayard, 2018</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?IndividualismeEtIndividuationDeuxManieres">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-id_fiche="IndividuatioN" data-date_creation_fiche="2025-01-07 10:18:16" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-date_maj_fiche="2025-11-16 13:28:03" data-owner="GarlotFlorine" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_5_IndividuatioN"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Individuation </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_5_IndividuatioN" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Individuation</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            L’individuation est le processus par lequel un individu se constitue comme un être singulier au sein d’interactions permanentes avec son environnement plutôt que de façon isolée. Contrairement à l’idée d’un individu indépendant et « déjà fait », le processus d’individuation montre que nous sommes toujours en devenir, façonnés par nos relations.        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Parmi les philosophes, c’est à Gilbert Simondon (1924-1989) qu’on doit les réflexions les plus novatrices sur les individus humains que nous sommes. Selon Simondon, l’individu ne peut se survivre et se définir que dans une relation, une interaction, une symbiose avec un milieu, un collectif. Par son « principe d’inséparabilité » de l’individu il affirme qu’ « aucun individu n’est isolable comme tel, il doit être compris comme emporté dans un processus permanent d’individuation qui se joue toujours à la limite entre lui-même et son milieu ». « L’être est relation ». </p><p>En définitif, « pour comprendre l’individu, il faut en décrire la genèse » et il appelle cette genèse l’individuation de l’individu.

Les difficultés pour utiliser la notion d’individuation selon Simondon sont de deux ordres :
</p><p>    • L’individuation est souvent confondue en sociologie et en psychologie avec l’individualisation, c’est-à-dire comme processus d’autonomisation par lequel l’individu devient maître de ses choix, sans avoir à obéir aux prescriptions sociales ou morales d’un groupe.
    </p><p>• L’individuation est définie dans les dictionnaires de la langue française, comme étant « le processus par lequel un individu se constitue comme un être singulier » (Dictionnaire de l’Académie française) sans que soit précisée la nature de ce processus.
</p><p>
Pour comprendre les enjeux d’utiliser, aujourd’hui, le concept d’individuation selon Simondon, il est important de rappeler que l’individualisme (en tant qu’idéologie et philosophie politique) « représente à la fois le propre de la civilisation occidentale et l’épicentre de la modernité ». Il nous faut aussi savoir que la notion d’individualisme, tout en ayant connu de longues phases de gestation dans la pensée occidentale européenne, ne s’est vraiment imposée qu’au début du XIXè siècle : « l’individualisme a commencé d’exister avant d’être pensé et voulu » (Laurent).
</p><p>
L’individualisme s’est construit à partir d’une vision du monde bien spécifique reposant sur une double conviction : 
</p><p>    • L’humanité est composée, non pas d’ensembles sociaux (nations, classes, ..) mais d’individus.
    </p><p>• L’individu est un être autonome, un être de raison, dont la vocation est l’indépendance.

</p><p>Cette double conviction est souvent explicitée par une image, une métaphore celle de l’atome. « L’individu, comme l’atome, est une unité (indivisible) déjà faite et isolée qui précède la société et ses interactions ». Cette compréhension de l’individu qui est à l’origine du concept d’« l’homo économicus » des théories économiques néo-classiques et néo-libérales est, depuis plusieurs décennies, la forme dominante de l’individualisme, elle est souvent nommée « l’individualisme atomiste ou économique ».

A côté ou en débat avec l’individualisme atomiste, se sont manifestées d’autres formes d’individualisme ayant la préoccupation de comprendre l’individu dans ses interactions avec ses milieux. </p><p>Dans les années 1890 -1914, des philosophes tels que Pierre Leroux, Pierre-Joseph Proudhon, de grandes figures du socialisme comme Jaurès se sont faits les défenseurs d’un individualisme social ou socialisant. 
En 1938, s’est tenu à Paris un fameux colloque autour de l’œuvre de Walter Lippmann (journaliste et essayiste américain) qui a marqué la naissance du néo-libéralisme. La pensée de Lippmann et des néolibéraux a été fortement critiquée par un des plus grands penseurs américains, le philosophe pragmatiste John Dewey (1859-1952). S’inspirant de la biologie et de la pensée de Darwin, Dewey découvre que « l’individu, comme tout organisme vivant, est tout au long de son existence, le produit des relations passives et actives qu’il entretien avec un environnement (humain et naturel) et au sein de différentes formes d’associations ».

Bien que ne se référant pas à Dewey, la pensée de Simondon sur l’individuation fait écho à celle du philosophe américain : « L’individuation n’est jamais un produit fini. Les êtres s’adaptent et changent en fonction du milieu. L’individuation est un processus permanent et l’individu est un être en perpétuel devenir ».</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Aujourd’hui, si nous voulons apporter une réponse aux crises écologiques (réchauffement climatique, perte de la biodiversité), à l’accroissement des inégalités au sein des nations et au niveau mondial, il nous faut changer notre vision du monde et notre manière d’être au monde qui sont fortement marquées par l’individualisme. Pour nous Occidentaux, la diffusion de pratiques et de réflexions se référant explicitement à la notion d’individuation pourrait contribuer à nous aider à concevoir une vision du monde et une philosophie politique alternative à l’individualisme atomique et donc aussi au néo-libéralisme.</p><p>(1) On reconnaîtra ici l’influence de la pensée de Descartes, « Je pense donc je suis ».</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>John Dewey, L’influence de Darwin sur la philosophie et autres essais de philosophie, traduction, Paris Gallimard, 2016
Alain Laurent, Histoire de l’individualisme, PUF, 1993
</p><p>Jacques Perrin, Peut-on changer notre vision du monde ? De l’individualisme néolibéral à l’individuation, Librinova 2021</p><p>
Joël Recloux, Les cinq périodes de l’individualisme savant, Revue du Mauss, 2006/1
</p><p>Gilbert Simondon, L’individuation à la lumière de la notion de forme et d’information, Million 2005
</p><p>Barbara Stiegler, Il faut s’adapter. Sur un nouvel impératif politique, Gallimard, 2019</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?IndividuatioN">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="definition" data-bf_date_publication="2023-04-02" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LanthropoTechnocene" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle,quel_capitalisme_en_crise" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-date_maj_fiche="2025-09-15 11:10:51" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_6_LanthropoTechnocene"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              L’anthropo-technocène </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_6_LanthropoTechnocene" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/04/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">L’anthropo-technocène </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema quel_capitalisme_en_crise">
                      Capitalisme(s) en crise  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <br /><p>Le terme Anthropocène - théorisé et popularisé au début des années 2000 par le prix Nobel de chimie néerlandais Paul Crutzen - a été proposé pour désigner l&apos;époque dans laquelle l&apos;action des hommes a commencé à provoquer des changements biogéophysiques à l&apos;échelle planétaire. Le début de l&apos;anthropocène correspondrait à la révolution industrielle du XIXe siècle. Les différents problèmes et enjeux auxquels les humains de la planète Terre doivent désormais faire face: changements climatiques, perte de biodiversité, accélération de l’érosion et de l’artificialisation des sols, la croissance démographiques, les montées des inégalités sont trop souvent présentés d’une manière séparée. C’est le mérite des cartographies l’Atlas de l’Anthropocène publié, par les Presses de Sciences Po, de montrer les co-évolutions des phénomènes, et des boucles d’interaction.</p>    <p>Pour les auteurs de l’Atlas de l’Anthropocène, cette nouvelle ère géologique pose un défi considérable à la philosophie politique et aux théories politiques dominantes qui tendent « à considérer le monde humain comme une entité distincte de la Terre; l’un régi par les lois des sciences sociales, l’autre par celles des sciences naturelles;». L’anthropocène nous dit que cette distinction n’est plus valide. Il nous faut donc « inventer de nouveaux paradigmes si nous voulons comprendre l’état actuel du monde : littéralement, il nous faut concevoir une géo-politique, où la Terre soit pensée comme un sujet de politiques et non plus comme un objet – ou comme la simple toile de fond des affaires humaines» [<a href="#sdfootnote1sym">1</a>].</p>    <p>Pour mieux appréhender les multiples changements que les humains ont provoqués sur la Terre et sur eux-mêmes, le philosophe camerounais Achille Mbembe nous invite, dans son livre « La communauté terrestre» [<a href="#sdfootnote2sym">2</a>] à appréhender la Terre dans son unité comme un corps organique, mais aussi social et politique qui accueille la vie, toutes les vies, humaines et autres qu’humaines. A partir de ses réflexions sur le concept d’anthropo-technocène, son principal apport est de nous aider, à comprendre comment la biosphère et la technosphère sont désormais inséparables. Et « pour rendre compte de cette inséparabilité, nous avons besoin d’une conception élargie de la vie, de la communauté et du soin qui intégrerait non seulement les évènements typiquement écologiques, mais aussi les phénomènes technologiques. Cela suppose que soient réconciliés deux grandes familles de pensée, celle de la critique écologique et celle de la critique de la technologie et des objets» [<a href="#sdfootnote3sym">3</a>].</p>    <p>L’une des caractéristiques majeures de l’ère anthropo-technocène est la proximité radicale entre les êtres, les personnes et les objets. Pour nous faire découvrir cette proximité Achille Mbembe s’inspire des travaux de l’ethnologue et historien Leroi-Gourhan, du philosophe des techniques Gilbert Simondon mais aussi, et surtout, il a recours aux pensées animistes africaines qui servent de soubassement à son approche du vivant.</p>    <p>Pour Achille Mbembe, « prendre l’Afrique comme point de départ d’une enquête concernant les devenirs de la Terre et de la technique présente de nombreux avantages. L’Afrique est en effet l’une des régions du monde où auront émergé une théorie du vivant, une théorie de la parole et une théorie de l’ontogénèse dont nous n’avons pas assez exploité les potentialités» [<a href="#sdfootnote4sym">4</a>].</p>    <p>Dans les savoirs ancestraux africains, « l’humanité ne se pense pas en propriétaire et maîtresse régnant sur la Terre. Il n’existe pas de hiérarchie entre les différentes formes de vie puisque toute forme de vie, ainsi que le montre en particulier les contes, est supposée être dépositaire d’une intelligence spécifique;». Dans le pensée africaine, l’histoire ne se déroule pas sur un mode linéaire allant du plus simple au plus complexe. « Ce qui compte le plus ce sont les réseaux de relations que tissent les actants  l’association des réseaux se fait selon des codes destinés à produire vibration et résonance;». Et plus fondamentalement, « les grands ressorts de la vie sont insondables et incalculables et inappropriables; et il y a une part de mystère dans le vivant;»<a href="#sdfootnote5sym">5</a>. Au cœur de cette « écologie générale;» où l’humain entre en communauté avec l’ensemble du vivant, « les deux activités, à savoir le façonnage des artefacts et la production des symboles et des images ont toujours procédé d’une seule et même chair, la chair du langage. Images et symboles d’un côté, outils et instruments de l’autre ont en commun d’être des ustensiles de la vie» [<a href="#sdfootnote6sym">6</a>].</p>    <p>Animé de la pensée africaine, l’auteur de la Communauté Terrestre nous invite à penser le technologique « non seulement comme une assemblée d’objets, outils, machines et instruments, mais aussi comme une institution et un imaginaire qui s’étendent jusque dans les périphéries les plus invisibles du monde» [<a href="#sdfootnote7sym">7</a>]. Et de préciser : « En l’objet technique l’humain délègue une part de son humanité. Investi d’une part de l’humanité de l’humain, l’objet se transforme en un être à part entière; il est désormais investi d’intention, il est animé. Bien que l’humain lui ait prêté une part de sa propre individualité d’être vivant, l’objet n’acquiert pas moins une existence autonome» [<a href="#sdfootnote8sym">8</a>]. Si par l’innovation technologique les objets techniques se transforment en êtres à part entière, l’innovation a aussi un potentiel de transformation des humains en autre chose que ce qu’ils étaient auparavant.</p>    <p>Désormais la technosphère est devenue une dimension structurante de la biosphère. « Si, hier, une grande partie de la rencontre de l’humain et de la matière s’est jouée autour de la main, du feu et de sa domestication, aujourd’hui, le projet de libération vis-à- vis du milieu naturel se joue autour du computationnel;». Aujourd’hui la logique informatique et algorithmique conditionne la manière dont nous percevons le monde. Le computationnel [<a href="#sdfootnote9sym">9</a>] ou l’explosion du numérique « est en passe de devenir notre nouvel appareil physiologique, la pièce maitresse du nouvel assemblage général que sont la Terre et le vivant» [<a href="#sdfootnote10sym">10</a>]. Comme il n’existe pas d’un côté un monde de symboles et du langage et, de l’autre un monde des activités techniques, l’humain d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir par exemple avec celui de la préhistoire ou de l’âge des Lumières; notamment la faculté de symbolisation n’est plus la propriété exclusive du cerveau humain.</p>    <p>Et Mbembe de nous avertir que dans l’ère de l’anthropo-technosphère « nous sommes à un moment du dédoublement aussi bien des humains que des objets, voire des mondes. Aux cerveaux naturels sont en train de se superposer des cerveaux de plus en plus artificiels, une mémoire individuelle et sociale de plus en plus extériorisée.» [<a href="#sdfootnote11sym">11</a>] A travers ces doubles, c’est le « fantôme d’un langage pur » qui plane sur la Terre, une langue adossée au principe de la raison, de la pensée calculante, transformée en pure information entrainant l’éradication de la parole et du sens [<a href="#sdfootnote12sym">12</a>].</p>    <p>Pour réaliser l’utopie de « la communauté terrestre;» à la l’époque de l’anthropo-technocène, Mbembe nous avertit qu’il nous faudra surmonter deux paradoxes :</p>    <ol> <li>« La technologie en tant qu’expression des forces du devenir est de plus en plus coupée de l’interrogation politique concernant le sens du devenir (..). Portée en particulier par la quête du profit, la raison instrumentale s’est émancipée de tout jugement» [<a href="#sdfootnote13sym">13</a>]. Le technologique devra donc, avec l’écologique, devenir le terrain privilégié des nouvelles luttes politiques</li>    <li>« La technologie tend désormais à absorber toute seule les attributs de la pensée religieuse, de la raison magique ou animiste et de l’activité esthétique;». Habiter le monde, s’est transformé en « s’investir de manière ininterrompue dans la matière, les formes et les objets (..) L’humain contemporain vit dans une relative connaturalité avec la technologie;». Et l’insatiable besoin de fables et de mythes a été pris en charge non plus par la parole mais par la technologie. « L’histoire de la parole se clôt peut-être sous nos yeux, voilà l’évènement historial par excellence». Voilà ce que risque de devenir l’anthropo-technocène.</li> </ol>    <p><br /></p>    <p><a href="#sdfootnote1anc">1</a> François Gemenne, Aleksandar Rankovic, Atlas de l’anthropocène, Presses de Sciences Po, 2021, p.11</p>    <p><a href="#sdfootnote2anc">2</a> Achille Mbembe, La communauté terrestre, La Découverte, 2023</p>    <p><a href="#sdfootnote3anc">3</a> Achille Mbembe, « Réinventer la démocratie à partir du vivant;», propos recueillis par Séverine Kodjo-Granvaux, Le Monde, 05 mars 2023</p>    <p><a href="#sdfootnote4anc">4</a> Achille Mbembe, op. cit., p.39</p>    <p><a href="#sdfootnote5anc">5</a> Cette vision du monde vivant est étonnement proche de celle proposée par le biologiste Marc-André Selosse dans son ouvrage « Jamais seul, ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations;» Actes Sud, 2017</p>    <p><a href="#sdfootnote6anc">6</a> Achille Mbembe, op. cit., p.43</p>    <p><a href="#sdfootnote7anc">7</a> Achille Mbembe,, op. cit., p.31</p>    <p><a href="#sdfootnote8anc">8</a> Achille Mbembe, op. cit., p.32</p>    <p><a href="#sdfootnote9anc">9</a> « Ce terme sert généralement à désigner un système technique dont la fonction consiste à capturer, extraire et traiter de manière automatique un ensemble de données qui doivent être identifiées, sélectionnées, triées, classées, recombinées, codées et activées. Pour fonctionner, il nécessite des emprises spatiales toujours plus plus vastes, toujours plus d’électricité, de nouveaux câblages sous-marins, de fibres optiques, des centres de données;» Achille Mbembe, op. cit. p.130</p>    <p><a href="#sdfootnote10anc">10</a> Achille Mbembe, op. cit.p.73</p>    <p><a href="#sdfootnote11anc">11</a> Achille Mbembe,, Le Monde, 05 mars 2023</p>    <p><a href="#sdfootnote12anc">12</a> Achille Mbembe, op. cit., p.37</p>    <p><a href="#sdfootnote13anc">13</a> Achille Mbembe, op. cit., p.33</p>         
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LanthropoTechnocene">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-date_maj_fiche="2025-09-15 11:10:51" data-statut_fiche="1" data-id_fiche="LanthropoTechnocene2" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_5_LanthropoTechnocene2"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              L’anthropo-technocène </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_5_LanthropoTechnocene2" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">L’anthropo-technocène</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <br /><p>Le terme Anthropocène - théorisé et popularisé au début des années 2000 par le prix Nobel de chimie néerlandais Paul Crutzen - a été proposé pour désigner l&apos;époque dans laquelle l&apos;action des hommes a commencé à provoquer des changements biogéophysiques à l&apos;échelle planétaire. Le début de l&apos;anthropocène correspondrait à la révolution industrielle du XIXe siècle. Les différents problèmes et enjeux auxquels les humains de la planète Terre doivent désormais faire face: changements climatiques, perte de biodiversité, accélération de l’érosion et de l’artificialisation des sols, la croissance démographiques, les montées des inégalités sont trop souvent présentés d’une manière séparée. C’est le mérite des cartographies l’Atlas de l’Anthropocène publié, par les Presses de Sciences Po, de montrer les co-évolutions des phénomènes, et des boucles d’interaction.</p>    <p>Pour les auteurs de l’Atlas de l’Anthropocène, cette nouvelle ère géologique pose un défi considérable à la philosophie politique et aux théories politiques dominantes qui tendent « à considérer le monde humain comme une entité distincte de la Terre; l’un régi par les lois des sciences sociales, l’autre par celles des sciences naturelles;». L’anthropocène nous dit que cette distinction n’est plus valide. Il nous faut donc « inventer de nouveaux paradigmes si nous voulons comprendre l’état actuel du monde : littéralement, il nous faut concevoir une géo-politique, où la Terre soit pensée comme un sujet de politiques et non plus comme un objet – ou comme la simple toile de fond des affaires humaines» [<a href="#sdfootnote1sym">1</a>].</p>    <p>Pour mieux appréhender les multiples changements que les humains ont provoqués sur la Terre et sur eux-mêmes, le philosophe camerounais Achille Mbembe nous invite, dans son livre « La communauté terrestre» [<a href="#sdfootnote2sym">2</a>] à appréhender la Terre dans son unité comme un corps organique, mais aussi social et politique qui accueille la vie, toutes les vies, humaines et autres qu’humaines. A partir de ses réflexions sur le concept d’anthropo-technocène, son principal apport est de nous aider, à comprendre comment la biosphère et la technosphère sont désormais inséparables. Et « pour rendre compte de cette inséparabilité, nous avons besoin d’une conception élargie de la vie, de la communauté et du soin qui intégrerait non seulement les évènements typiquement écologiques, mais aussi les phénomènes technologiques. Cela suppose que soient réconciliés deux grandes familles de pensée, celle de la critique écologique et celle de la critique de la technologie et des objets» [<a href="#sdfootnote3sym">3</a>].</p>    <p>L’une des caractéristiques majeures de l’ère anthropo-technocène est la proximité radicale entre les êtres, les personnes et les objets. Pour nous faire découvrir cette proximité Achille Mbembe s’inspire des travaux de l’ethnologue et historien Leroi-Gourhan, du philosophe des techniques Gilbert Simondon mais aussi, et surtout, il a recours aux pensées animistes africaines qui servent de soubassement à son approche du vivant.</p>    <p>Pour Achille Mbembe, « prendre l’Afrique comme point de départ d’une enquête concernant les devenirs de la Terre et de la technique présente de nombreux avantages. L’Afrique est en effet l’une des régions du monde où auront émergé une théorie du vivant, une théorie de la parole et une théorie de l’ontogénèse dont nous n’avons pas assez exploité les potentialités» [<a href="#sdfootnote4sym">4</a>].</p>    <p>Dans les savoirs ancestraux africains, « l’humanité ne se pense pas en propriétaire et maîtresse régnant sur la Terre. Il n’existe pas de hiérarchie entre les différentes formes de vie puisque toute forme de vie, ainsi que le montre en particulier les contes, est supposée être dépositaire d’une intelligence spécifique;». Dans le pensée africaine, l’histoire ne se déroule pas sur un mode linéaire allant du plus simple au plus complexe. « Ce qui compte le plus ce sont les réseaux de relations que tissent les actants  l’association des réseaux se fait selon des codes destinés à produire vibration et résonance;». Et plus fondamentalement, « les grands ressorts de la vie sont insondables et incalculables et inappropriables; et il y a une part de mystère dans le vivant;»<a href="#sdfootnote5sym">5</a>. Au cœur de cette « écologie générale;» où l’humain entre en communauté avec l’ensemble du vivant, « les deux activités, à savoir le façonnage des artefacts et la production des symboles et des images ont toujours procédé d’une seule et même chair, la chair du langage. Images et symboles d’un côté, outils et instruments de l’autre ont en commun d’être des ustensiles de la vie» [<a href="#sdfootnote6sym">6</a>].</p>    <p>Animé de la pensée africaine, l’auteur de la Communauté Terrestre nous invite à penser le technologique « non seulement comme une assemblée d’objets, outils, machines et instruments, mais aussi comme une institution et un imaginaire qui s’étendent jusque dans les périphéries les plus invisibles du monde» [<a href="#sdfootnote7sym">7</a>]. Et de préciser : « En l’objet technique l’humain délègue une part de son humanité. Investi d’une part de l’humanité de l’humain, l’objet se transforme en un être à part entière; il est désormais investi d’intention, il est animé. Bien que l’humain lui ait prêté une part de sa propre individualité d’être vivant, l’objet n’acquiert pas moins une existence autonome» [<a href="#sdfootnote8sym">8</a>]. Si par l’innovation technologique les objets techniques se transforment en êtres à part entière, l’innovation a aussi un potentiel de transformation des humains en autre chose que ce qu’ils étaient auparavant.</p>    <p>Désormais la technosphère est devenue une dimension structurante de la biosphère. « Si, hier, une grande partie de la rencontre de l’humain et de la matière s’est jouée autour de la main, du feu et de sa domestication, aujourd’hui, le projet de libération vis-à- vis du milieu naturel se joue autour du computationnel;». Aujourd’hui la logique informatique et algorithmique conditionne la manière dont nous percevons le monde. Le computationnel [<a href="#sdfootnote9sym">9</a>] ou l’explosion du numérique « est en passe de devenir notre nouvel appareil physiologique, la pièce maitresse du nouvel assemblage général que sont la Terre et le vivant» [<a href="#sdfootnote10sym">10</a>]. Comme il n’existe pas d’un côté un monde de symboles et du langage et, de l’autre un monde des activités techniques, l’humain d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir par exemple avec celui de la préhistoire ou de l’âge des Lumières; notamment la faculté de symbolisation n’est plus la propriété exclusive du cerveau humain.</p>    <p>Et Mbembe de nous avertir que dans l’ère de l’anthropo-technosphère « nous sommes à un moment du dédoublement aussi bien des humains que des objets, voire des mondes. Aux cerveaux naturels sont en train de se superposer des cerveaux de plus en plus artificiels, une mémoire individuelle et sociale de plus en plus extériorisée.» [<a href="#sdfootnote11sym">11</a>] A travers ces doubles, c’est le « fantôme d’un langage pur » qui plane sur la Terre, une langue adossée au principe de la raison, de la pensée calculante, transformée en pure information entrainant l’éradication de la parole et du sens [<a href="#sdfootnote12sym">12</a>].</p>    <p>Pour réaliser l’utopie de « la communauté terrestre;» à la l’époque de l’anthropo-technocène, Mbembe nous avertit qu’il nous faudra surmonter deux paradoxes :</p>    <ol> <li>« La technologie en tant qu’expression des forces du devenir est de plus en plus coupée de l’interrogation politique concernant le sens du devenir (..). Portée en particulier par la quête du profit, la raison instrumentale s’est émancipée de tout jugement» [<a href="#sdfootnote13sym">13</a>]. Le technologique devra donc, avec l’écologique, devenir le terrain privilégié des nouvelles luttes politiques</li>    <li>« La technologie tend désormais à absorber toute seule les attributs de la pensée religieuse, de la raison magique ou animiste et de l’activité esthétique;». Habiter le monde, s’est transformé en « s’investir de manière ininterrompue dans la matière, les formes et les objets (..) L’humain contemporain vit dans une relative connaturalité avec la technologie;». Et l’insatiable besoin de fables et de mythes a été pris en charge non plus par la parole mais par la technologie. « L’histoire de la parole se clôt peut-être sous nos yeux, voilà l’évènement historial par excellence». Voilà ce que risque de devenir l’anthropo-technocène.</li> </ol>    <p><br /></p>    <p><a href="#sdfootnote1anc">1</a> François Gemenne, Aleksandar Rankovic, Atlas de l’anthropocène, Presses de Sciences Po, 2021, p.11</p>    <p><a href="#sdfootnote2anc">2</a> Achille Mbembe, La communauté terrestre, La Découverte, 2023</p>    <p><a href="#sdfootnote3anc">3</a> Achille Mbembe, « Réinventer la démocratie à partir du vivant;», propos recueillis par Séverine Kodjo-Granvaux, Le Monde, 05 mars 2023</p>    <p><a href="#sdfootnote4anc">4</a> Achille Mbembe, op. cit., p.39</p>    <p><a href="#sdfootnote5anc">5</a> Cette vision du monde vivant est étonnement proche de celle proposée par le biologiste Marc-André Selosse dans son ouvrage « Jamais seul, ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations;» Actes Sud, 2017</p>    <p><a href="#sdfootnote6anc">6</a> Achille Mbembe, op. cit., p.43</p>    <p><a href="#sdfootnote7anc">7</a> Achille Mbembe,, op. cit., p.31</p>    <p><a href="#sdfootnote8anc">8</a> Achille Mbembe, op. cit., p.32</p>    <p><a href="#sdfootnote9anc">9</a> « Ce terme sert généralement à désigner un système technique dont la fonction consiste à capturer, extraire et traiter de manière automatique un ensemble de données qui doivent être identifiées, sélectionnées, triées, classées, recombinées, codées et activées. Pour fonctionner, il nécessite des emprises spatiales toujours plus plus vastes, toujours plus d’électricité, de nouveaux câblages sous-marins, de fibres optiques, des centres de données;» Achille Mbembe, op. cit. p.130</p>    <p><a href="#sdfootnote10anc">10</a> Achille Mbembe, op. cit.p.73</p>    <p><a href="#sdfootnote11anc">11</a> Achille Mbembe,, Le Monde, 05 mars 2023</p>    <p><a href="#sdfootnote12anc">12</a> Achille Mbembe, op. cit., p.37</p>    <p><a href="#sdfootnote13anc">13</a> Achille Mbembe, op. cit., p.33</p>         </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LanthropoTechnocene2">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2021-06-15" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="LincarnationDuDivinDansToutEtreHumainLe" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="ne_sais_pas" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-date_maj_fiche="2025-09-23 08:40:55" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_6_LincarnationDuDivinDansToutEtreHumainLe"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              L’incarnation du divin dans tout être humain Le point de vue de l’hindouisme </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_6_LincarnationDuDivinDansToutEtreHumainLe" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/06/2021</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">L’incarnation du divin dans tout être humain Le point de vue de l’hindouisme </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema ne_sais_pas">
                       <a href=?ne-sais-pas>Je ne sais pas </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Le mystère de l’incarnation du divin n’est pas spécifique au christianisme, il est aussi très présent dans d’autres religions comme, par exemple, dans l’hindouisme. A la fin de mes cours de yoga, au moment de Noël, il m’arrive très souvent de proposer une vieille légende hindoue qui raconte à sa manière ce mystère de l’incarnation.</div><div></div><div>Une vieille légende hindoue raconte qu’il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, décida de leur ôter le pouvoir divin et de la cacher en un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.</div><div></div><div>Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : « Enterrons la divinité de l’homme dans la terre ». Mais Brahma répondit : « Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera et la trouvera ».</div><div>Alors les dieux répliquèrent : « Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans ». Mais Brahma répondit à nouveau : « Non, car tôt ou tard, l’homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu’un jour, il trouvera et la remontera à la surface ».</div><div></div><div>Alors les dieux mineurs conclurent : « Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d’endroit où l’homme ne puisse l’atteindre un jour ».</div><div></div><div>Alors Brahma dit : « Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher ».</div><div></div><div>Depuis ce temps conclut la légende, l’homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de ce qui se trouve en lui …<a href="#_ftn1"><strong>[1]</strong></a></div><div></div><div></div><div>Et souvent je complète la lecture de cette légende hindoue par quelques pensées inspirées par d’autres religions et qui entre en résonance avec ce texte, comme :</div><div></div><div>·   Une pensée de Saint Augustin : « Beauté, je t’ai cherché partout, je ne savais pas que tu étais à l’intérieur de moi, et je ne t’ai pas rencontré parce que je n’étais pas chez moi ».</div><div>·   Une pensée du poète et soufi turque Yunis Emre (1241-1320) : « Quand tu cherches Dieu, cherche le dans ton cœur. Il n’est pas à Jérusalem, ni à la Mecque, ni dans le Hadj »</div><div></div><div><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Source : Clara Truchot, Hata Yoga, Science de santé physique et mentale, Le Courrier du Livre, 1996        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LincarnationDuDivinDansToutEtreHumainLe">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2024-09-02" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="PlaidoyerPourUneIaHumaniste" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="politiser_la_technique_et_nos_pratiques" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-date_maj_fiche="2025-02-28 14:12:35" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_6_PlaidoyerPourUneIaHumaniste"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Plaidoyer pour une IA humaniste </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_6_PlaidoyerPourUneIaHumaniste" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/09/2024</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Plaidoyer pour une IA humaniste </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema politiser_la_technique_et_nos_pratiques">
                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2024/09/image-IA-1024x672.jpeg" alt="class=wp-image-2506" />    <p>Au lendemain de la dernière guerre mondiale, le photocopieur n’existait pas encore. Venaient d’apparaître les premières calculettes, les plans et les cartes se dessinaient au tire-ligne avec de l’encre de Chine sur du calque transparent, et leurs reproductions s’effectuaient sur du papier ozalid émulsionné, exposé au soleil sur des châssis, avant d’être révélées à la vapeur d’ammoniac. Sur les machines à écrire, les duplicatas des lettres étaient réalisés avec des feuilles de papier carbone. En France la télévision en noir et blanc commençait à envahir nos foyers. La radio et la presse écrite quotidienne constituaient les principaux moyens d’information.</p>    <p>Depuis lors, les techniques d’Information et de communication n’ont cessé d’évoluer jusqu’à ce que le numérique ne vienne, récemment, révolutionner les moyens d’information et les vitesses de communication.</p>    <p>En un demi-siècle nos modes de vie et nos rapports aux autres ont changé. La génération née dans les années trente est certainement celle qui a connu le plus grand nombre de progrès matériels, techniques et scientifiques, présentés comme libérateurs de tâches harassantes à l’image des robots ménagers.</p>    <p>De nos jours, l’intelligence artificielle constitue probablement une phase inaboutie de ce que l’on a coutume d’appeler « le progrès;». Dès 2018 cependant, certains auteurs comme l’écrivain - philosophe Eric SADIN ou le mathématicien et Député Cédric VILLANI nous alertaient sur de possibles dérives sociétales susceptibles d’être engendrées par ces évolutions d’apparence libératrices.</p>    <p>Depuis un peu plus d’un an, en France comme à l’étranger, le thème de l’IA fait la une des grands quotidiens et de l’ensemble des médias.<a href="#_ftn1">[1]</a></p>    <p>La presse régionale n’échappe pas à cet effet de mode.</p>    <p>Dans leur ensemble, toutes les publications vantent unanimement les incontestables progrès techniques, scientifiques et économiques, ainsi que les retombées financières générées à l’échelle mondiale par ce nouveau vecteur de connaissance et de profit.</p>    <p>Toutefois, rares sont les media qui se hasardent à anticiper les conséquences sociétales de ces évolutions et les risques qu’elles font encourir à nos démocraties.</p>    <p>Depuis peu, l’intelligence artificielle de seconde génération, dite « générative;» ne se contente plus de gérer de l’information, elle tente de remplacer l’intelligence humaine. Permettra-t-elle demain de préserver l’égalité des citoyens ? Cette question renvoie à la notion d’éthique. Elle nous demande de réfléchir aux engagements à promouvoir afin d’éviter un risque d’asservissement des individus au profit des intérêts de quelques grands décideurs du numérique, manipulateurs d’algorithmes, en association avec le monde politique. Pareille alliance imposerait des choix de société au prétexte que l’IA serait seule capable de traiter un nombre de données bien supérieures à celles captées par un cerveau humain. De là à conclure que l’IA serait beaucoup plus performante devient une évidence. La question se pose alors de savoir si cette alliance du numérique et du politique, en court-circuitant l’avis des citoyens, ne risquerait pas d’annihiler les valeurs fondamentales de nos démocraties que sont : le libre-arbitre, l‘ouverture d’esprit, la tolérance et l’acceptation de l’autre.</p>    <p>D’ores et déjà, l’IA générative s’implante massivement dans le monde. Elle sera demain accessible à toute personne détentrice d’un smartphone, autrement dit à la majorité des terriens. La question est alors de savoir si cette IA générative, qui prétend remplacer l’intelligence humaine, serait « ouverte;» ou bien « contrainte;», pour l’intérêt commun;ou seulement celui d’une poignée de décideurs principalement regroupés actuellement, au sein des GAFAM<a href="#_ftn2">[2]</a>;?</p>    <p>A ce jour, si aucune régulation (ou autorégulation) n’est mise en œuvre par les États et leurs institutions, la réponse à ces questions restera entre les mains de cette même poignée de personnes dont la puissance, en particulier financière, ne facilitera pas l’entendement.</p>    <p>A l’origine, les concepteurs - détenteurs des algorithmes prétendaient donner accès à une IA pouvant améliorer la vie du plus grand nombre. A la vue des concurrences et des récentes querelles internes, des incommensurables intérêts financiers et des emprises qui en découlent, il devient légitime d’en douter. Un contre-pouvoir doit en conséquence rapidement être mis en place, afin d’imposer l’accès à une IA « bienveillante;», que les populations pourront utiliser et exploiter à leur guise, sans contrainte, ni malveillance, une IA dotée d’une éthique, qui pour l’heure reste à définir.</p>    <p>Les démocrates, les humanistes ont dès lors un rôle à jouer. Cela, sur la base de nos valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité. Valeurs qui doivent rester garantes d’une exploitation altruiste, bienveillante et bénéfique des nouveaux outils issus de l’IA, par une population qui soit avisée, libre, consciente et responsable.</p>    <p>Aussi, tant que l’IA ne sera pas contrôlée démocratiquement, un fossé inégalitaire ne pourra que se creuser. Rester passifs devant les risques sociaux que fait peser l’IA serait faillir à la mission que nous ont léguée les générations passées depuis le siècle des lumières.</p>    <p>Comment alors parvenir à maîtriser les conséquences sociétales de l’IA;? C’est bien là toute la question que nous pose « l’Homme augmenté;» afin que moralement et socialement il ne devienne pas un « Homme diminué;»<a href="#_ftn3">[3]</a></p>    <p><strong>Dès lors, le devoir des gouvernants dans les pays démocratiques, ne consisterait-t-il pas à maintenir une approche critique des relations entre les citoyens et l’Intelligence Artificielle Générative;?</strong></p>    <p>L’IA générative constitue le second niveau de l’intelligence artificielle. Elle ne se contente plus de capter, stocker, traiter et émettre de l’information, elle donne des solutions aux problèmes en se substituant à l’intelligence humaine. Elle acquiert ainsi un pouvoir subjectif d’information de conviction et de persuasion d’une extrême puissance à des fins que l&apos;on peut légitimement questionner. Avec cette IA de seconde génération, les modes et les vitesses de communications ont changé. On observe une multiplication des « fake news;» (fausses nouvelles) et des « deepfakes;» (mimétisme audio-visuel de discours ou de déclarations mensongères de personnalités)<a href="#_ftn4">[4]</a>. Celles-ci font désormais partie des stratégies du monde de l’entreprise, de l’information et de la communication, mais surtout du monde politique au plan national comme au plan international. Le travail pédagogique des enseignants est contesté par des élèves robotisés par des réponses fruits de l’IA et non plus de leur propre réflexion. Le monde de l’entreprise devient disruptif, des pans entiers d’emplois deviennent obsolètes et sont remplacés par de nouveaux métiers. Toute information tend à devenir suspecte, en particulier dans les domaines politique, commercial, et celui de la défense. Cette suspicion à propos de l’information a des conséquences sur les relations internationales, la vie en société, dans les relations entre parents, enfants et enseignants, entre les citoyens eux-mêmes et ceux qui les gouvernent. Elle est à la source du manque de confiance dans les institutions, comme en atteste les pourcentages élevés d’abstentions lors des élections. Fort heureusement le sursaut citoyen manifesté lors des dernières élections législatives des 30 juin et 7 juillet 2024 nous procure une lueur d’espoir pour la défense des valeurs fondamentales de la République, de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité. Toutefois, les résultats de ces élections nous incitent à rester vigilants. La préservation de ces valeurs demeure fragile, en raison justement des évolutions des nouveaux moyens d’information ou de désinformation générés par l’IA.</p>    <p><strong>Comment alors accompagner cette « nouvelle intelligence » pour la rendre compatible avec les valeurs démocratiques de la République, afin;d’endiguer les possibles dérives sociétales qu’elle serait susceptible de créer;?</strong></p>    <p>Jusqu’à présent la gouvernance résultait d’une alliance entre le matériel et le spirituel. Elle était décidée par les pouvoirs politiques et/ou religieux, puis imposée par le Droit dans les pays démocratiques ou par des dictats dans les régimes totalitaires. Désormais, avec l’IA un troisième acteur, anonyme celui-là, vient s’inviter dans la préparation des décisions, sans avoir de compte à rendre, car cet acteur est censé être infaillible en raison de la puissance de ses algorithmes, bien supérieure aux capacités des cerveaux humains. En éloignant ainsi l’humain des instances de décisions, l’IA expose la société à des dérives antidémocratiques que nous devons chercher à anticiper.</p>    <p>Jusqu’à nos jours effectivement, la gouvernance consistait à répondre aux besoins de la société par des actions principalement matérialisables physiquement sur l’espace et dûment encadrées par le Droit. Or, bien que nécessaire le Droit, fige la règle et l’empêche de s’adapter aux besoins des populations. Nous observons tout particulièrement ce phénomène dans le domaine de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme. Ce faisant, le Droit privilégie le contenant, sur un contenu non matérialisable par nature. Mais celui-ci, laissé au bon vouloir des décideurs (politiques et/ou religieux), permettait, jusqu’ici à ces derniers, d’apprécier le degré de satisfaction des personnes et de le corriger en conséquence au bénéfice des citoyens dans les pays démocratiques, ou à leur profit dans les régimes totalitaires.</p>    <p>Désormais, en dictant des décisions formelles aux responsables politiques, en préalable à la décision, l’IA condamne le contenu à devoir s’adapter à un contenant non discutable qu’elle impose. Ainsi, elle réduit d’autant les marges de manœuvres laissées aux Politiques pour la satisfaction des usagers. Il en résulte incontestablement un risque antidémocratique et en même temps à l’inverse, un renforcement des pouvoirs de caractère dictatoriaux. Il n’est donc pas étonnant de constater, à l’occasion des élections présidentielles américaines, un rapprochement, voire une collaboration entre de grands patrons du Web et certains candidats aux élections présidentielles de novembre prochain. De même en Russie la messagerie Telegram dirigée par Pavel Durov agit notamment au service du pouvoir dans les mains de Vladimir Poutine, pour interférer dans les politiques des pays étrangers<a href="#_ftn5">[5]</a>.</p>    <p>Comment alors convaincre les grands manitous du Web, manipulateurs des algorithmes, d’accepter de mettre leurs données au service de l’intérêt général et du bien commun et non au seul bénéfice de leurs sociétés et de leurs partenaires;?</p>    <p>Plutôt que de nous condamner à subir ces évolutions, devenues inéluctables, l’IA ne pourrait-elle pas se doter d’une autorégulation pour dominer et corriger ses dérives;?</p>    <p>Il s’agirait d’une part de reconnecter les citoyens entre eux et avec leurs gouvernants, et d’autre part de permettre aux populations d’en exploiter l’extraordinaire puissance à leur propre avantage. Pour préserver la démocratie, nous ne devons pas abandonner l’IA dans les mains de quelques grands manitous d’une alliance politico - numérique, comme cela se passe de nos jours lors des campagnes électorales et dans les pays aux régimes totalitaires.</p>    <p>Pour prévenir ces possibles dérives, nous devrons faire preuve plus que jamais d’esprit critique et nous conduire en observateur attentif. Il ne s’agit plus seulement de nous contenter de nous indigner et de les dénoncer, mais également de proposer de nouveaux comportements sociétaux dès le plus jeune âge, par l’éducation, l’acquisition et la transmission des connaissances et par une nouvelle démarche de vie, toujours en quête de vérités pour le progrès humain et moral de nos sociétés.</p>    <p>Il est permis de se poser la question de savoir si l’Etat de droit, guide de la gouvernance dans les pays démocratiques, est bien préparé à relever les défis de l’IA.</p>    <p>Les États de l&apos;Union;Européenne;(UE) ont semble-t-il pris conscience des risques que font peser ces évolutions technologiques sur la société. Ils ont approuvé le 21 mai 2024, un règlement européen sur l&apos;intelligence artificielle (IA), avec pour objectifs de :</p>    <ul class="wp-block-list"> <li>Veiller à ce que les systèmes d’IA mis sur le marché soient sûrs et respectent la législation en vigueur en matière de droits fondamentaux, les valeurs de l’UE, l&apos;État de droit et la durabilité environnementale </li>    <li>Garantir la sécurité juridique afin de faciliter les investissements et l’innovation dans le domaine de l’IA </li>    <li>Renforcer la gouvernance et l’application effective de la législation existante en matière d&apos;exigence de sécurité applicable aux systèmes d’IA et de droits fondamentaux </li>    <li>Faciliter le développement d’un marché unique pour des applications d’IA légales et sûres, et empêcher la fragmentation du marché.</li> </ul>    <p>La cohérence devant être assurée avec la<a href="https://www.vie-publique.fr/node/20322">Charte des droits fondamentaux de l&apos;UE</a>, mais aussi avec le droit dérivé de l&apos;UE en matière de<a href="https://www.vie-publique.fr/node/19588">protection des données</a>, de;protection des consommateurs, de;non-discrimination;et d&apos;égalité entre les femmes et les hommes. La proposition complète le droit existant en matière de non-<a href="https://www.vie-publique.fr/questions-reponses/292157-intelligence-artificielle-le-cadre-juridique-europeen-en-6-questions">discrimination</a>;en prévoyant des exigences qui visent à réduire au minimum le risque de discrimination algorithmique, assorties d’obligations concernant les;essais, la;gestion des risques, la;documentation;et le;contrôle humain;tout au long du cycle de vie des systèmes d’IA.</p>    <p>Une telle complexité juridique laisse toutefois perplexe quant à son efficacité, et ce pour plusieurs raisons;liées aux :</p>    <ul class="wp-block-list"> <li>Mode de gouvernance d
s 27 pays de l’union, compte tenu de leur diversité politique, mais aussi de leur instabilité.</li>    <li>Délais d’application imposés qui nécessiteront des arbitrages avec les pays membres</li>    <li>Concurrences internationales entre Etats (La Chine et la Russie ne sont pas liées par cette loi).</li>    <li>Et surtout par les réticences des opérateurs, à l’image de Mark Zuckerberg le patron du géant du web américain META, lequel, a refusé de communiquer ses données à l’Union Européenne, sous prétexte de réglementions qu’il juge incertaines, mais qui en réalité craint de perdre une partie de son pouvoir et de ses profits.</li> </ul>    <p>Ces mesures vertueuses de l’Union Européenne se heurtent à l’évidence aux intérêts financiers des grands responsables du numérique. De plus elles ne s’attaquent principalement qu’aux aspects pratiques, techniques, juridiques et politiques posés par l’IA, donc davantage à la forme de sa mise en œuvre qu’à ses conséquences au regard de la société.</p>    <p>En premier lieu l’IA, doit être accompagnée d’une éthique humaniste afin de replacer l’homme au centre des évolutions sociétales et ne pas laisser les machines algorithmiques prendre sa place pour guider le devenir de l’humanité. Cette éthique accompagnatrice de l’IA serait ainsi appelée à devenir, pour tous les hommes de bonne volonté, un nouvel outil de gouvernance capable de rééquilibrer dans le cœur des hommes les notions indissociables, à la fois antagonistes et complémentaires, que sont le matériel et le spirituel.</p>    <p>Ce grand bouleversement qu&apos;impose actuellement l&apos;IA à l&apos;humanité s&apos;impose également au monde de la Recherche. La quantité considérable de métadonnées prédictives, générées quasi instantanément par des outils de plus en plus puissants dopés par l’IA, oblige désormais cette communauté à s’engager dans une profonde réflexion d’éthique scientifique. Il est, d’une part, impératif que chaque chercheur garde le contrôle et le libre arbitre sur l’analyse et l’interprétation des données issues de l’IA. Celles-ci ne doivent jamais être prises pour argent comptant, même si elles semblent on ne peut plus évidentes. Elles doivent impérativement être confrontées et validées par d’autres données expérimentales indépendantes, consécutives ou non. D’autre part, des limitations s’imposent de manière évidente, non seulement dans la quantité de données générées mais aussi dans la nature des questionnements scientifiques. En d&apos;autres termes, l&apos;explosion inexorable des avancées scientifiques permises par l&apos;IA dans tous les domaines, déjà largement perceptible aujourd&apos;hui, doit définitivement conduire la communauté scientifique à faire des choix dans ses champs d’exploration, afin de rechercher en permanence, le bonheur de l’humanité, non par une quête infinie de connaissances, mais désormais, au travers d’une amélioration constante des choix algorithmiques. Ces considérations éthiques méritent d&apos;être réexaminées à la même cadence que l’évolution vertigineuse de ces nouvelles technologies afin de maintenir une Science continuellement sous contrôle, que ce soit dans sa réalisation mais aussi dans ses orientations. Comme pour la société, l&apos;IA doit être et rester au service de la Science et du chercheur.</p>    <p>En complément, face aux risques sociétaux engendrés par l’IA, les manipulateurs d’algorithmes, en particulier ceux des IA génératives, devront accepter de se laisser habiter par le doute, et vérifier la portée de leurs découvertes et des orientations qu’ils préconisent. Ils devront également s’efforcer d’anticiper les dérives possibles dans les rapports humains et la société en général, et accompagner leurs prédictions de mécanismes autorégulateurs dûment validés et rendus opposables par les institutions étatiques et des gouvernances démocratiques.</p>    <p>Quant aux citoyens, qu’ils prennent garde de ne pas se laisser aveugler par des éclats trompeurs des feux de l’IA. Prenons dans l’IA, cette langue d’Esope, le bon pour la société, le progrès technique et scientifique, la préservation des équilibres environnementaux. Dotons-nous de nouvelles règles morales capables de maîtriser la révolution sociétale à l’échelle mondiale provoquée par l’IA. N’oublions pas que le véritable progrès pour l’humanité réside dans la recherche inlassable du bonheur pour les humains. Celui-ci passe par l’immatériel, le spirituel, le sensible, le ressenti avant le matériel, le profit et l’appas du gain, c’est-à-dire par l’Etre avant l’Avoir, ce que présentement l’IA semble un peu trop délaisser à en croire certaines publications citées précédemment.<strong></strong></p>    <p>Cette remise en question des relations humaines par l’IA devrait mobiliser tous ceux qui sont conscients des risques qu’elle fait peser sur les équilibres du monde. Seul un grand courant humaniste et démocrate fort à l’échelle de la France et des autres pays démocratiques pourrait s’avérer capable de relever ce challenge. La maîtrise des conséquences de l’IA sur la société ne deviendra réalité qu’à la condition de replacer l’humain à sa juste place dans la révolution sociétale actuelle générée par l’IA.</p>    <p><strong>Le train de cette révolution sociétale est en marche. Ne nous contentons pas de le regarder passer. A la lumière des évolutions du numérique, revisitons notre système d’enseignement des connaissances, leur diffusion sur les réseaux sociaux à l’adresse des moins de 30 ans et plus particulièrement des 10 à 20 ans. Créons des lieux d’échanges (réels et virtuels), des écoles comparatives de courants philosophiques, afin de permettre à chacun de choisir à l’âge adulte son propre chemin de vie en homme libre et responsable de son destin, avec pour finalité la recherche permanente du bonheur des individus dans le respect et la sauvegarde des équilibres environnementaux. Objectif dans lequel une IA au service des populations, aurait toute sa place et serait susceptible de devenir réalité. Car, le vivre ensemble ne se décrète pas, il se prépare, s’apprend, s’accepte par le dialogue, l’échange, la concertation et la participation citoyenne.</strong></p>    <p><strong>Ce vœu direz-vous, relève de l’utopie dans le cadre des gouvernances actuelles basées sur la performance et encadrées par le droit. A bien y regarder, le droit qui dirige les institutions dans les pays démocratiques prend racine sur des critères matériels, donc faciles à encadrer physiquement, car ils touchent directement le quotidien des personnes. Ce droit laisse de côté le spirituel, le sensible, le ressenti, qui mesurent l’état de satisfaction des individus.</strong></p>    <p><strong>En privilégiant le matériel par rapport à l’immatériel, l’Avoir au détriment de l’Etre, le droit délègue ce faisant la dimension spirituelle de la gouvernance au bon vouloir des responsables politiques et religieux dont les pouvoirs se trouvent désormais fortement confortés par l’intelligence artificielle générative.</strong></p>    <p><strong>L’alliance du Politique et du Religieux (du matériel et du spirituel), qui domine le monde depuis 6000 ans et qui continuera de le dominer, doit à présent s’adapter à la révolution numérique générée par l’IA. Elle a su le faire dans le passé pour d’autres révolutions technologiques, lors de la découverte de l’écriture chez les Egyptiens voilà plus de 5000 ans, de l’imprimerie par Gutenberg en 1450 et plus récemment au siècle dernier, de l’atome et de l’audio-visuel.</strong></p>    <p><strong>Si l’on y prend garde, en asservissant les personnes aux décisions prises par un pouvoir représentatif soumis à l’influence des machines algorithmiques sans que ces mêmes personnes y soient associées, nous fabriquons insidieusement un nouvel esclavage;annonciateur de la fin des régimes démocratiques dans le monde;!</strong></p>    <p><strong>Prenons en conscience et agissons.</strong></p>    <p><strong>François Rabelais au XVIème siècle écrivait : « Science sans conscience ne serait que ruine de l’âme;». S’il revenait, il pourrait écrire : « IA sans conscience ne serait que ruine morale de l’humanité;».</strong></p>    <p><strong>Alors ne nous contentons pas de regarder passer le train de la révolution sociétale générée par l’IA. Proposons en ce domaine un changement de Cap, en replaçant l’Homme au cœur de la gouvernance des États.</strong></p>    <p class="has-text-align-center">*</p><br /><hr class="wp-block-separator" /><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Ci-après quelques publications françaises relatives à l’IA au cours de 2024:<br />- Hors-série du Courrier international de février – mars 2024,<br />- Hors-série du Point de février 2024,<br />- Les Echos, chaque vendredi publie un podcast sur l’IA<br />- Le trimestriel « La Recherche » d’avril à juin 2024, Challenge du 15 février 2024,<br />- Science et Avenir de janvier à mars 2024,<br />- Le journal Le Monde des 3 novembre 2023 et 14 mars 2024,<br />- Le bimensuel Harvard Business Review de février – mars 2024,<br />- Le trimestriel Actu IA,<br />- Le n° 18 du magazine « Innovation en éducation »<br /><br />[2] GAFAM est un acronyme reprenant l&apos;initiale des « géants du net », représentant les plus puissantes multinationales des technologies de l&apos;information et de la communication. Ces lettres font référence aux cinq plus grosses entreprises du secteur, Google, Apple, Facebook, Amazon, et Microsoft.<br /><br />[3] « L’homme augmenté » de Raphaël GAILLARD – Editions Grasset - janvier 2024<br />« L’homme diminué » de Marius BERTOLUCCI – Editions Harmann – octobre 2023<br /><br />[4] Lire à ce sujet le rapport d la commission d’enquête du Sénat sur les influences étrangères publié le 10 avril 2024.<br /><br />[5] Récemment Elon Musk le patron de Tesla à la tête d’une grande société manipulatrice d’algorithmes s’est déclaré en faveur de Donald Trump, allant même jusqu’à diffuser sur les réseaux sociaux des deepfakes à l’encontre de ses adversaires. Le patron de Telegram Pavel Durov a récemment été mis en examen en France, pour refus de communiquer les informations nécessaires aux interceptions autorisées par la loi, telles que : complicité de délits et de crimes qui organisent sur Instagram, trafic de stupéfiants, pédocriminalité, escroquerie et blanchiment en bande organisée.</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?PlaidoyerPourUneIaHumaniste">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-id_typeannonce="5" data-id_fiche="ProletarisationALEreDeLIa" data-date_creation_fiche="2025-03-14 18:45:15" data-statut_fiche="1" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-date_maj_fiche="2025-09-08 12:02:06" data-owner="GarlotFlorine" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_5_ProletarisationALEreDeLIa"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Prolétarisation (à l&apos;ère de l&apos;IA) </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_5_ProletarisationALEreDeLIa" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Prolétarisation (à l&apos;ère de l&apos;IA)</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            « La prolétarisation est, d’une manière générale, ce qui consiste à priver un sujet (producteur, consommateur, concepteur) de ses savoirs (savoir-faire, savoir-vivre, savoir concevoir et théoriser) » 1.
Est-il pertinent, aujourd’hui, de faire référence au terme de prolétariat, à la classe des prolétaires qui a été proposé par Marx pour rendre compte de l’exploitation des travailleurs par le capitalisme au XIXe siècle ? Rappelons que le prolétariat est inséparable du concept marxiste d’aliénation : le prolétaire est aliéné parce que le produit de son travail ne lui appartient pas, mais aussi parce que son activité de travail lui est imposée par les bureaux d&apos;étude, perdant ainsi une partie de son savoir-faire de production et surtout sa capacité à en produire de nouveaux.        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Précisons que l’expression de processus de prolétarisation a très peu été employée par Marx et les auteurs marxistes, sauf par le philosophe Bernard Stiegler (1952-2020) et le collectif Internation qu’il a animé. Selon ce collectif, le prolétariat n’est pas ce que croit la pensée marxiste en général : le prolétariat est constitué non pas par la classe ouvrière ou laborieuse en général, mais par la « mise en extériorité du savoir par rapport au sachant ».
Dans Le Capital, Marx rappelle que la division du travail des artisans, au sein de la manufacture, a précédé le machinisme et « a créé par cela même une des conditions matérielles de l’emploi des machines, lesquelles consistent en une combinaison d’instruments simples » 2. L’artisan a dû être d’abord « machinisé » en quelque mesure, son travail parcellisé pour que son savoir-faire soit « extériorisé » et réintroduit dans les machines par les bureaux d’étude. Pour Marx, les machines industrielles étaient du savoir extériorisé et que ce savoir n’était pas réapproprié par les ouvriers qui, au contraire, devenaient eux-mêmes une pièce de la machine et subissaient les technologies qu’ils étaient censés utiliser.
Par la suite, le processus d’extériorisation des savoirs des producteurs par le capitalisme s’est généralisé et notamment en dehors de la sphère productive. « Le capitalisme consumériste du XXe siècle se caractérise quant à lui par la perte des savoir-vivre des consommateurs, remplacés et désintégrés par des comportements standardisés prescrits par les médias de masse » 3. Dans un système économique différent, on peut penser que la construction des machines puisse se réaliser dans le cadre d’une division du travail différente entre les producteurs, les consommateurs et les concepteurs, avec sans doute des mieux-être importants pour les uns et les autres.
Aujourd’hui, avec l’explosion du nombre d’ordinateurs, des téléphones portables, des réseaux sociaux, des caméras de surveillance, des technologies de l’IA, le capitalisme computationnel du XXIe siècle capte et « extériorise », avec une puissance sans pareille, les informations de nos comportements, nos savoir-vivre et nos savoir-être, pour les stocker dans des datas-centers. En retour, les entreprises d’IA, par leurs plateformes numériques et leurs algorithmes financés par des messages publicitaires, diffusent de nouveaux comportements consuméristes, mais aussi de nouvelles manières très individualistes d’être en société. On découvre que lorsque le service numérique est gratuit, le produit c’est nous. Depuis plus d’un siècle, la finalité du capitalisme n’est plus seulement de faire du profit, mais de transformer les individus en imposant, d’une manière masquée et souvent invisible, l’idéologie néolibérale 4. Il nous faut savoir que le néolibéralisme s’est construit à partir d’une vision du monde et d’une manière d’être au monde bien spécifiques : un individualisme égo centré et consumériste 5.        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Se rappeler du processus de prolétarisation, tel qu’il a eu lieu au début de l’ère industrielle, permet de mieux expliciter, et de mieux comprendre aujourd’hui, les différentes formes d’aliénation qui sont produites par le capitalisme computationnel au sein des processus d’extériorisation, dans les centre de données, de nos savoir-être en société et des processus de leur reformatage par les algorithmes de l’IA. C’est l’avenir de nos démocraties qui est actuellement le principal enjeu de la « mise en extériorité du savoir par rapport au sachant ».        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            1. B. Stiegler,// États de choc. Bêtise et savoir au XXIe siècle//, Paris, Mille et Une nuits, 2012.
2. K. Marx,// Le Capital//, Livre premier, tome II,  Editions Sociales, 1973.
3. A. Alombert, //Du prolétariat à la prolétarisation//, Implications Philosophiques, 18 octobre 2018.
4. G. Montbiot, P. Hutchison, La doctrine invisible, L’histoire secrète du néolibéralisme, (et comment il est arrivé à contrôler nos vies). Editions du Faubourg, 2025 
5. J. Perrin, P//eut-on changer notre vision du monde ? De l’individualisme néolibéral à l’individuation//, Librinova,  2025        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ProletarisationALEreDeLIa">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2019-03-04" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="QueSignifieEtreEnYoga" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="enchanter_nos_mondes" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-date_maj_fiche="2025-10-14 14:56:27" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_6_QueSignifieEtreEnYoga"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Que signifie être en Yoga </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_6_QueSignifieEtreEnYoga" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>04/03/2019</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Que signifie être en Yoga </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema enchanter_nos_mondes">
                       <a href=?enchanter-nos-mondes>Enchanter nos mondes </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>On a souvent de fausses d&apos;idées sur la pratique du Yoga : pour certains c&apos;est être capable de rester zen dans la posture du lotus ou des jambes en tailleur, les yeux fermés, pour d&apos;autres c&apos;est rechercher la souplesse et tenir des postures (asanas) plus ou moins acrobatiques. Etre en yoga c&apos;est à la fois plus simple et bien plus complexe. C&apos;est d&apos;abord ressentir, habiter son corps, à partir de la pratique de postures simples, et en adoptant peu à peu cette attitude dans la vie de tous les jours. C&apos;est apprendre à gérer nos émotions par la respiration. Etre en yoga, nous permet d&apos;accéder à une autre vision de l&apos;homme et de sa place dans le monde que celle diffusée par la culture occidentale moderne. Etre en yoga&apos; c&apos;est donc aussi une manière de vivre ensemble en société et de gérer nos rapports avec la nature, avec notre planète Terre. Enfin et surtout, être en yoga c&apos;est être dans un état de conscience qui nous permet de nous relier au souffle de vie, qui anime tout être vivant et toute chose, c&apos;est une démarche spirituelle. <br />Ce qui est commun à toutes les spiritualités c’est la reconnaissance que la vie ne se limite pas à la matérialité des choses et des êtres. Au sein de cette matérialité des choses et de la nature, et au sein de notre corporalité humaine, de notre psychisme humain, de nos émotions, il y a une énergie, une présence qui dépasse l’individualité de chaque chose et de chaque être. La spécificité de la démarche du Yoga est d’amener chaque individu à découvrir qu’au plus profond de lui-même se trouve le Soi, le purusha. <br />Si vous souhaitez approfondir ces quelques réflexions sur le Yoga, je vous invite à lire mon livre Etre en yoga, c&apos;est être relié à son corps, à son intériorité, à la nature et aux autres <br /><br /><br /></div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?QueSignifieEtreEnYoga">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="point-de-vue" data-bf_date_publication="2023-09-30" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="RanimerLeDesirDeDemocratieResonnerEtRai" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:42" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble,une_democratie_representative_en_question" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-date_maj_fiche="2025-10-14 15:01:38" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_6_RanimerLeDesirDeDemocratieResonnerEtRai"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Ranimer le désir de démocratie. Résonner et raisonner </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_6_RanimerLeDesirDeDemocratieResonnerEtRai" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>30/09/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Ranimer le désir de démocratie. Résonner et raisonner </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_representative_en_question">
                      Une démocratie représentative en question 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Aujourd’hui nous avons l’habitude, le réflexe, d’analyser le capitalisme à partir d’une critique de l’idéologie néolibérale qui structure son expansion depuis les années 1980. Cette démarche privilégie les aspects de production : les nouvelles relations qui se tissent entre les entreprises et les Etats, la vision des individus comme entrepreneur de leur propre vie, la marchandisation des différents aspects de la vie et plus généralement la domination progressive de l’économique sur le politique. Nos critiques du capitalisme néolibéral masquent ce qui se passe du côté de la demande, des consommateurs, des citoyens qui sont de plus en plus sollicités et enfermés dans des imaginaires et des émotions suscités et diffusés par le développement du capitalisme.</p>    <p>Il est important de rappeler que le capitalisme n’aurait sans doute pas pu émerger et se développer sans la constitution et la diffusion en Europe d’une philosophie politique – c’est à dire d’une vision du monde et de la place de l’humain dans le monde et dans la société - bien spécifique qu’est l’individualisme. Pour Alain Laurent, auteur de l’Histoire de l’individualisme (1993), « l’individualisme représente à la fois le propre de la civilisation occidentale et l’épicentre de la modernité;». L’individualisme en tant que philosophie politique a connu dans son histoire des controverses importantes entre un « individualisme atomiste;»<a href="#_ftn1">[1]</a> et « un individualisme relationnel;» ou « individualisme social;». L’individualisme atomiste, dit aussi individualisme économique, parce que promu par la création et l’expansion du capitalisme, est la forme dominante depuis près de deux siècles. L’individualisme relationnel s’intéresse à la genèse de l’individu, à partir des différents liens et relations que l’être humain est amené à tisser tout au long de sa vie au sein de son milieu de vie, et appelé processus d’individuation<a href="#_ftn2">[2]</a>. Aujourd’hui, avec le développement des plateformes numériques et la captation organisée de l’attention<a href="#_ftn3">[3]</a> des individus par ces plateformes, l’individualisme atomiste devient de plus en plus un individualisme égo centré et consumériste. Le livre La culture du Narcissisme;du sociologue américain Christopher Lasch, qui a analysé la crise de la culture occidentale dans les années 1970, n’a jamais autant d’actualité. « Le Narcisse moderne terrifié par l’avenir, vit dans le culte de l’instant; il se soumet à l’aliénation consumériste et aux conseils infantilisants des experts en tout genre;». D’où la question comment lutter contre l’individualisme égo centré et consumériste, promu par l’expansion du capitalisme et qui sape les fondements de la démocratie;?</p>    <h3><strong>« Spinoza avait raison»</strong></h3>    <p>Pour répondre à ce défi, il semble opportun de se tourner vers un philosophe tel que Spinoza qui a marqué une rupture profonde avec la tradition philosophique et religieuse classique à partir de sa conception du désir et de l’affectivité. Pour Spinoza, la seule force qui peut véritablement nous faire changer, c’est le désir. Le désir mobilise la totalité de notre être (corps et esprit), quand la raison et la volonté ne mobilise que notre esprit. Il ne faut pas supprimer ou diminuer le désir, mais l’orienter par la raison. Et de préciser « Un sentiment ne peut être contrarié ou supprimé que par un sentiment plus fort que le sentiment à contrarier;» ainsi on ne supprimera pas une haine, un chagrin ou une peur simplement en raisonnant, mais en faisant surgir un amour, une joie, un espoir. On ne combattra pas l’individualisme égo centré et consumériste uniquement par la raison mais en élaborant une conception de l’être humain plus pertinente que celle d’aujourd’hui, qui prenne en compte les émotions et les sentiments, comme le propose le neurobiologiste Antonio Damasio à la lumière de la pensée de Spinoza</p>    <h4><strong>Prendre en compte la place et le rôle des émotions dans les comportements humains</strong></h4>    <p>Dans son livre, Spinoza avait raison. Joie et tristesse, le cerveau des émotions<a href="#_ftn4"><strong>[4]</strong></a>, Antonio R. Damasio, nous avertit :« Comprendre ce que sont les sentiments, comment ils fonctionnent et ce qu’ils signifient, est indispensable pour édifier demain une <strong>conception de l’être humain plus pertinente</strong> que celle d’aujourd’hui : cette conception prendrait en compte les avancées des sciences sociales, des sciences cognitives et de la biologie. La réussite ou l’échec de l’humanité dépend dans une large mesure de la façon dont le public et les institutions en charge de gouverner la vie publique intégreront cette conception revue de l’être humain dans leurs principes et leurs politiques;»<a href="#_ftn5">[5]</a>. </p>    <p>Pour Damasio, les émotions se manifestent sur le théâtre du corps, les sentiments sur celui de l’esprit<a href="#_ftn6">[6]</a> et les émotions précédent les sentiments : nous avons d’abord des émotions puis des sentiments parce que l’évolution à fait d’abord émerger les émotions puis les sentiments. « Elucider la neurobiologie des sentiments et leurs antécédents les émotions, apporte beaucoup à notre façon d’envisager le problème de l’âme et du corps, lequel est central pour comprendre ce que nous sommes. Etudier comment les pensées déclenchent les émotions et comment les émotions corporelles deviennent des pensées du type que nous appelons des sentiments donnent une vision privilégiée de l’esprit et du corps. Emotions et sentiments sont des manifestations en apparence disparates d’un seul et même organisme humain imbriqué;»<a href="#_ftn7">[7]</a></p>    <p>Par ses travaux en neurobiologie, Antonio Damasio a confirmé la loi universelle de la vie, mise en avant par Spinoza :« Chaque chose s’efforce de persévérer dans son être;» Cet effort (conatus en latin) s’applique également à l’être humain, et comme toute chose il est soumis au « conatus;». La joie est l’affect fondamental qui accompagne toute augmentation de notre puissance d’agir, comme la tristesse est l’affect fondamental qui accompagne toute diminution de notre puissance d’agir. L’objectif de l’éthique spinoziste consiste dès lors, à organiser sa vie grâce à la raisonpour diminuer la tristesse et augmenter la joie. Et Damasio de nous avertir : « Nos démocraties seront d’autant plus solides, vigoureuse et ferventes, que les individus qui les composent seront capables de dominer leurs passions tristes – la peur, la colère, le ressentiment, l’envie, etc. – et qu’ils mèneront leur existence selon la raison;»<a href="#_ftn8">[8]</a>. Il est frappant de constater que ce sont ces mêmes passions tristes qui ont été analysées par la sociologue Eva Illouz, pour expliquer la montée du populisme nationaliste, notamment dans l’Israël de Netanyahou<a href="#_ftn9">[9]</a>. Ce sont ces passions tristes que les mouvements populistes s’emploient à attiser afin de mieux les instrumentaliser.</p>    <h4><strong>Une nouvelle éthique immanente et rationnelle</strong></h4>    <p>Pour le philosophe Frédérique Lenoir, Spinoza nous propose une révolution de la conscience morale. « La vraie morale ne consiste plus à chercher à suivre des règles extérieures, mais à comprendre les lois de la nature universelle et de notre nature singulière afin d’augmenter notre puissance d’agir et notre joie;»<a href="#_ftn10">[10]</a> Et de citer l’Ethique de Spinoza : « Nous appelons bon ou mauvais ce qui est utile ou nuisible à la conservation de notre être, c’est-à-dire ce qui augmente ou diminue, aide ou contrarie notre puissance d’agir. Selon que nous percevons qu’une chose nous affecte de joie ou de tristesse nous l’appelons bonne ou mauvaise ». Pour Lenoir, l’éthique immanente et rationnelle du bon et du mauvais remplace la morale transcendante et irrationnelle du bien et du mal.</p>    <p>Il nous faut ;aujourd’hui préciser ce que pourrait être cette nouvelle éthique immanente et rationnelle. Pour cela, laissons la parole à Alain Damasio écrivain de science-fiction et poète français, à ne pas confondre avec le neurobiologiste Antonio Damasio;cité précédemment. Dans « Les furtifs» (2019) un de ses derniers romans, il dresse le portrait futuriste et glaçant d’une société régie par la finance, l’hyper connexion, et l’auto aliénation, et c’est d’aujourd’hui qu’il nous parle. Dans cette société, « les furtifs sont là, parmi nous, jamais où on regarde, à circuler dans les angles morts de nos quotidiens; ils sont des êtres de chair et de sons, aux facultés inouïes de métamorphoses, qui nous ouvrent la possibilité précieuse, à nous autres humains, de renouer avec le vivant».</p>    <table><tr><td><p></p><h3><strong>Etre vivant, c’est accroître notre capacité à être affecté …</strong>   </h3><br />«  Le vivant n’est pas une propriété, un bien qu’on pourrait acquérir ou protéger. C’est-à-dire ? c’est un chant qui nous traverse dans lequel nous sommes immergés, fondus, électrisés, si bien que, s’il existe <strong>une éthique</strong> en tant qu’êtres humains, c’est d’être digne de ce don sublime d’être vivant et d’en incarner, d’en déployer autant que faire se peut les puissances. Qu’est-ce qu’une puissance ? Une puissance de vie est le volume de liens, de relations qu’un être est capable de tisser et d’entrelacer, sans se porter atteinte, ou encore c’est la gamme chromatique des affects dont nous sommes capables  vivre revient alors à accroître notre capacité à être affectés ou notre amplitude à être touchés, changés, émus. Contracter une sensation, contempler, habiter un instant ou un lieu, ce sont des liens élus. A l’inverse, faire face à des stimulus et y répondre sans cesse pollue nos disponibilités. L’économie de l’attention ne nous affecte pas, elle nous infecte, elle encrasse ces filtres subtiles sans lesquels il n’est pas de discriminations saines entre les liens qui libèrent et ceux qui aliènent. Nos puissances de vivre relèvent d’un art du lien qui est déjà en soi une politique : celle de l’hospitalité au neuf qui surgit, si bien qu’il devient crucial d’aller à la rencontre, à la rencontre aussi bien d’un enfant, d’un groupe, d’une femme, que de choses plus étranges comme rencontrer une musique qui te touche, un livre intranquille, un chat qui ne s’apprivoise pas, une falaise, rencontrer une lumière, la mer, un jeu vidéo, une heure de la journée, la neige faire terreau pour que les liens vivent, liens amicaux ou amoureux, collectifs ou communautaires bien sûr, et au-delà, et avec plus d’attention encore, les liens avec le dehors, le « pas de chez soi », « l’autre soi »,  avec l’étranger, d’où qu’il vienne, et plus encore, hors de l’humain qui nous rassure, les liens avec la forêt, le maquis, la terre, avec le végétal comme l’animal, les autres espèces, les autres  formes de vie,  se composer avec, les accepter, nouer avec elles, s’emberlificoter. C’est un alliage et c’est une alliance »<a href="#_ftn11">[11]</a>.<p><br /></p></td></tr></table>    <p>Ce texte sur l’éthique selon Alain Damasio fait écho au concept de résonance proposé par le sociologue allemand Hartmut Rosa notamment dans son livre « Résonance, une sociologie de la relation au monde;» (2018). Faisant le constat que les sociétés modernes ne peuvent se perpétuer qu’en accélérant les mouvements qui les caractérisent, notamment l’innovation et la croissance, le sociologue nous propose, pour faire face à l’accélération de nos vies, ;de changer notre relation au monde et de « laisser vibrer le monde en nous;». « La résonance, c’est être relié avec le monde, les autres et soi-même […] être affecté par un fragment du monde que vous rencontrez – une musique, un paysage, une personne  […] C’est une des expériences palpitantes qui donne le sentiment d’être vivant »<a href="#_ftn12">[12]</a>. Pour Hartmut Rosa « La démocratie a besoin de résonance pour fonctionner. Mais la politique se fait sur le mode de l’agressivité, rendant les institutions actuelles opposées à la démocratie et s’inscrivant dans la logique de mise en disponibilité du monde»<a href="#_ftn13">[13]</a>.</p>    <p>La démocratie a besoin de programmes politiques qui sont du domaine de la raison, mais la démocratie a d’abord besoin, actuellement, de nouveaux récits, de nouvelles institutions et organisations, qui renforcent nos désirs de vivre ensemble avec les autres humains et avec l’ensemble du monde vivant, en d’autres termes, qui fassent vibrer les puissances de vie qui sont en chacun des êtres humains. On oppose trop souvent résonance et raison; mais pour ranimer le désir de démocratie dans nos sociétés capitalistes - qui visent en priorité à promouvoir le comportement d’un individualisme égo centré et consumériste - il nous faut développer en chacun d’entre nous nos capacités de résonner (d’être en résonance avec les différentes formes de vie) et de raisonner.</p><hr class="wp-block-separator" /><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Pour ce courant de pensée, l’individu comme l’atome est une unité déjà faite, il est l’atome à partir duquel se construit le social, l’individu précède la société.<br /><br />[2] Pour plus de détails voir mon article dans l’eccap : https://www.eccap.fr/article/individualisme-et-individuation<br /><br />[3] ;https://www.eccap.fr/article/economie-numerique-de-lattention-et-manipulation<br /><br />[4] Antonio Damasio, Spinoza avait raison. Joie et tristesse, le cerveau des émotions, Odile Jacob 2003<br /><br />[5] op. cit. p.14<br /><br />[6] Dans son concept d’affects, Spinoza inclut les émotions et les sentiments, pour lui l’esprit et le corps sont une seule et même chose<br /><br />[7] Op. cit. p;.14<br /><br />[8] Frédérique Lenoir, Le Miracle Spinoza, Editions Fayard, 2017, p.110<br /><br />[9] Eva Illouz, Les émotions contre la démocratie, Editions Premier Parallèle,2022<br /><br />[10] Op.cit, p.176<br /><br />[11] Texte inédit d’Alain Damasio lu par lui-même, à la fin de l’émission Boomerang d’Augustin Trapenard sur France Inter le lundi 13 Mai 2019. (Texte transcrit par Michèle Perrin).<br /><br />[12] Hartmut Rosa : “Pour résonner, il faut admettre que les choses nous échappent”;», propos recueillis par Martin Legros, Philo Magazine, 14janvier 2020<br /><br />[13] Hartmut Rosa; « l’accélération conduit à un état d’agressivité, particulièrement sensible chez les individus des société occidentales;» Propos recueillis par Youness Boussenna, Le Monde, 10 septembre 2023</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?RanimerLeDesirDeDemocratieResonnerEtRai">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
                <div class="bazar-entry panel panel-default collapsed" data-Categorie="lecture" data-bf_date_publication="2022-05-19" data-id_typeannonce="6" data-id_fiche="SouveraineteEtDemocratieALepreuveDeLeur" data-date_creation_fiche="2024-11-25 13:18:41" data-statut_fiche="1" data-Intention="une_democratie_pour_vivre_ensemble" data-bf_auteur="PerrinJacques" data-date_maj_fiche="2025-10-22 12:14:41" data-owner="YesWikiProAdmin" >
          <button class="panel-heading collapsed" aria-expanded="false"
            data-target="#collapse20_6_SouveraineteEtDemocratieALepreuveDeLeur"
            data-toggle="collapse">
            <h4 class="panel-title">
              
              Souveraineté et démocratie à l’épreuve de l’Europe </h4>
                                      </button>
          <div id="collapse20_6_SouveraineteEtDemocratieALepreuveDeLeur" class="panel-collapse collapse">
            <div class="panel-body">
              <div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>19/05/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Souveraineté et démocratie à l’épreuve de l’Europe </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div align="center"><b><i>Les élections législatives amènent à craindre que la position dominante de la France Insoumise dans la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (NUPES) affaiblisse l’Europe. L’article de Jacques Perrin montre que Céline Spector nous permet de sortir des faux débats.</i></b></div><div><br /></div><div>La construction européenne n’a pas été un des thèmes les plus abordés lors de la présentation des programmes politiques proposés par les différents candidats aux dernières élections présidentielles. Et pourtant les mots de souveraineté et de démocratie ont souvent été évoqués ou abordés dans les débats et souvent d’une manière péremptoire sans que les enjeux soient clairement explicités par rapport aux défis (politiques, économiques, écologiques, culturels) que la France a à relever. Dans son livre « No Demos ? » [1], Céline Spector, philosophe politique, nous propose de revisiter, de renouveler nos conceptions de la souveraineté et de la démocratie à l’épreuve de l’Union Européenne. En s’appuyant sur l’exemple historique de la formation de la fédération des Etats Américains, de L’Esprit des lois de Montesquieu, et de la conception du peuple selon le philosophe Habermas, ce livre fait le pari qu’une République fédéraliste européenne est possible.</div><div><br /></div><div>L’auteure nous rappelle que l’idée de souveraineté a été d’abord une réponse à la barbarie des guerres de religions et que cette idée s’est imposée plus généralement dans une volonté d’apaisement des conflits intérieurs (entre les seigneurs féodaux) et de protection des pouvoirs extérieurs (Papautés, Empire romain germanique, ..). La souveraineté a été au départ celle des monarques, des royautés pour affirmer leur autonomie de décision (faire la guerre, la paix, battre monnaie, ..). <br /><br /></div><div>Ce livre souligne que l’histoire de la constitution des Nations n’a pas toujours été un processus démocratique (luttes contre des minorités ethniques). Il nous propose une conception non figée de la Nation et ceci pour éviter de s’enfermer dans différentes formes de nationalisme, qui visent à sanctifier un patrimoine spirituel et à sacraliser ses frontières. Pas plus qu’il n’existe de frontières naturelles, ou de langue pure, il n’existe de patrimoine qui mérite d’être sauvegardé du fait de sa seule existence : les traditions guerrières ou oppressives (pour les femmes ou les minorités) n’ont pas à être conservées. La ferveur jadis investie dans la religion fut pour une part translatée dans l’admiration de la nation. Reprenant les propos de Karl Popper, l’auteure de Demos nous avertit que les conception naturalistes et historicistes de la nation engendrent très souvent l’intolérance et la persécution, voire des tentatives d’épuration.</div><div><br /></div><div>Aujourd’hui force est de constater que la souveraineté de l’Etat Nation est une illusion : « A l’heure où les mécanismes qui entretiennent l’injustice fiscale, sociale et environnementale ignorent les frontières, le repli stato-national serait dévastateur. La déterritorialisation et la financiarisation de l’économie ont des conséquences politiques et juridiques d’envergure : cantonnée à l’Etat nation, la volonté générale est devenue un mythe sans effectivité politique ». <br /><br /></div><div>La souveraineté, en tant qu’un assemblage de droits, de compétences, et de pouvoirs, « n’est pas pour autant obsolète, elle doit être pluralisée »<strong>. </strong>Il y a des problèmes qui peuvent être résolus au niveau européen, national, régional, local. Et la répartition des compétences aux différents niveaux doit résulter d’un débat démocratique. Il faut concilier le principe démocratique et le principe de subsidiarité (traiter les problèmes au plus près des citoyens). Il y a des problèmes qui ne peuvent être traités qu’au niveau européens, d’où la nécessité de penser la souveraineté européenne.</div><div><br /></div><div>Les opposants à la reconnaissance d’une possible souveraineté européenne s’appuient sur l’argument qu’il n’y a pas de peuple européen et que l’avènement d’une telle idée est impossible à envisager : no démos européen, donc pas de souveraineté du peuple, pas de démocratie (demo-kratos) possible au niveau européen. Pour dépasser cette argumentation, Céline Spector nous invite à ne pas prendre le modèle nationaliste du peuple, constitué par une tradition nationale intangible, une langue, une culture, une tradition historique et à penser l’idée de peuple comme « une identité variable, historique, non figée ». Il nous faut passer d’un modèle ethnique du peuple à un modèle civique dans lequel le peuple est conçu comme une association d’individus libres et égaux unis par des liens de solidarité et reposant sur un contrat social. Dans cette approche l’Europe est au départ l’association libre et volontaire d’un ensemble de démos qui composent cette entité d’un genre nouveau qu’est l’UE.</div><div><br /></div><div>Pour faire advenir un peuple européen il est nécessaire de promouvoir une culture politique européenne à partir d’une histoire critique sur les conflits, les guerres, les périodes coloniales, les périodes de réconciliation qu’ont vécus les différents demos européens mais aussi en promouvant des manifestations culturelles et artistiques. Il ne faut pas laisser la culture, la mémoire, l’histoire aux seuls souverainistes.</div><div><br /></div><div>Céline Spector propose de construire la citoyenneté européenne autour du concept de solidarité (entre les individus et entre les peuples) et autour d’un contrat social. La solidarité doit être la finalité de l’Europe en faisant émerger des biens publiques européens ( transitions écologique et énergétique, politique industrielle, protection de l’emploi, défense,…). Le contrat social doit protéger les individus des effets pervers de la mondialisation mais aussi ceux de la construction européenne (concurrence salariale engendrée par la libre circulation des travailleurs et des capitaux par exemples).</div><div><br /></div><div>Ces réflexions de philosophie politique de Céline Spector nous permettent de sortir du dilemme dans lesquels les débats sur l’Europe essaient trop souvent de nous enfermer entre un libre-échangiste débridé de l’Europe ou la restauration de l’Etat-Nation. La construction d’une République fédéraliste européenne est possible et plus encore incontournable pour répondre aux défis écologiques, sociaux-économiques et culturelles des années à venir.</div><div><br /></div><div><br /></div><div><br /></div><div><br /></div><div><br /></div><br /><div><br /></div><div><br /></div><div><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] « No Demos ? Souveraineté et démocratie à l’épreuve de l’Europe », Editions du Seuil, 2021. Avant de se plonger dans le livre, il est conseillé de visionner la vidéo (43 minutes) de présentation de l&apos;ouvrage par son auteure : https://www.youtube.com/watch?v=GrRry7S6Wsg<br /><br /><br /><br />        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?SouveraineteEtDemocratieALepreuveDeLeur">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
            </div>
          </div>
        </div>
            </div>
        </div>
</div>
    </div>


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?PerrinJacques">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 18 Nov 2024 16:50:15 +0100</pubDate>
      </item>
    </channel>
  </rss>