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      <category>Economie Sociale et Solidaire</category>
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        <title>Agriculture ou agribashing</title>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>11/07/2020</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Agriculture ou agribashing </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?BerqueAugustin/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Berque Augustin">Berque Augustin</a></li>
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                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
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                 <span class=" cadre thema de_la_terre_a_l_assiette">
                      De la terre à l&apos;assiette 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><strong>En ce temps où s’impose la recouvrance de nos liens avec la Terre, c’est donc, concrètement, par la terre que nous devons commencer : par l’agriculture, qui a cessé d’être une </strong><strong>culture </strong><strong>– un élevage, une élévation – de la terre/de la Terre pour devenir une industrie déterrestrante et mortifère, qui décompose les sols par ses intrants chimiques et les écrase par sa machinerie lourde, assassine les écosystèmes par ses biocides, torture les animaux, décime la paysannerie non seulement parce qu’elle la ruine, la chasse de la terre ou la pousse au suicide, mais aussi l’empoisonne avec ces mêmes biocides, et pour finir, cerise par-dessus le marché, intoxique tous les consommateurs. Ce qui mérite le cogne-plouc (</strong><strong>agribashing</strong><strong>), c’est bien ça, mais c’est justement le contraire de la vraie agri</strong><strong>culture</strong><strong> !</strong></div>        
 
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
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            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Thu, 27 Feb 2025 13:46:37 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Un milliard et moi, et moi et moi…des alliances essentielles pour bifurquer !</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?1MilliardEtMoiEtMoiEtMoidesAlliances]]></link>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>14/07/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Un milliard et moi, et moi et moi…des alliances essentielles pour bifurquer ! </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema la_possibilite_d_une_renaissance">
                      Pratiquer une autre économie  
                     </span>
                 <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema renforcer_les_solidarites">
                      Renforcer les solidarités 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    En avril dernier, Bastien Sibille, fondateur de la SCIC Mobicoop et coprésident des Licoornes, avait lancé un appel pour la création d’un fonds d’un milliard d’euros pour accélérer la transition et permettre aux acteurs déjà engagés de s’organiser. 3 mois et un millier de signataires plus tard, un premier rendez-vous a été fixé le 6 juillet dernier à Paris. Rentré à Marseille, je vous en propose un retour à chaud;!    <p>Nous avons commencé des centaines éparpillées, nous nous sommes retrouvés près de 500 personnes à assister à cette journée, accueillis au sein du collège des Bernardins ou bien en mode visio !</p>    <p>La journée a démarré par une séquence inspirante, la lecture d’une lettre de Claude Alphandéry. Claude nous a rappelé dans quelles conditions Jean Moulin lui demanda, en 1943, d’organiser pour la Drôme un travail de réunification des réseaux de la Résistance. C’est aussi le moment d’accueil et formation de centaines de jeunes, décidés à rejoindre la résistance en refusant le Service de travail obligatoire. Ce moment particulier de notre histoire a démontré qu’il a été possible de s’allier et de s’accepter malgré des histoires personnelles, des cultures politiques ou des croyances différentes. Cela a été possible car de nombreux jeunes étaient réunis dans un même lieu et avec beaucoup de temps pour échanger, partager, s’organiser, apprendre ensemble, et surtout vivre ensemble;!</p>    <p>Cet espace-temps de quelques mois a forgé des amitiés, des combats et des convictions qui se sont retrouvés dans le programme national de la Résistance, « Les Jours Heureux;». Cette histoire est la nôtre, elle a rassemblé des communistes et des intégristes catholiques, des militants politiques comme des personnes qui ne s’étaient jamais engagés dans un cadre collectif. Claude, en nous rappelant cela dans sa lettre introductive à nos travaux, a mis la barre très haute, et à poser une exigence pour les nouvelles générations. Il a été possible durant cette période de débattre et de travailler nos désaccords quand une vision, une urgence, une force de vie deviennent essentielles.</p>    <h3><strong>« Qu’est ce qui est essentiel ? » </strong></h3>    <p>Cette question traverse nos générations.<strong> </strong>Les conditions sont différentes mais la période que nous traversons doit questionner notre capacité de nous allier, non pour se lever face à l’occupant, mais pour bifurquer face à un système capitaliste et financier qui tue à grande échelle notre écosystème terrien.</p>    <p>Bastien dans son ouverture des travaux, rappelle que les fumées des grands feux canadiens sont arrivées chez nous, au moment où d’autres feux se sont allumés dans des quartiers périphériques suite à l’assassinat du jeune Nahel. Ce lien permet de rappeler qu’il n’y aura pas de transition écologique et climatique sans justice sociale. Cette première alliance est une exigence, elle est aujourd’hui portée par les nouvelles générations. Comment alors créer les conditions de ces alliances qui permettront de faire levier. Le milliard d’euros du fonds est un appel pour démontrer que nos savoir-faire et expériences sont aujourd’hui en mesure de relever le défi mais cette aventure s’inscrit bien au-delà.</p>    <h3><strong>Elle est une aventure qui ne sait pas exactement où elle va, et c’est tant mieux !</strong></h3><p>Elle est construite, pas après pas, en articulant projet, vision et actions. Après des témoignages inspirants en matinée, 8 ateliers de travail ont pu s’exercer en 1h30 à produire des propositions. Ces ateliers ont permis à la fois de découvrir la diversité des participants et d’articuler des approches pour porter des propositions de chaque groupe. Un compte rendu détaillé sera partagé durant l’été et un second rendez-vous sera programmé à l’automne afin de fixer ensemble une méthode, une gouvernance et des premières actions.</p>    <p>Nous avons co-animé avec Patrick Viveret et Vaia Tuuhia l’atelier 6 : <strong>« Comment expérimenter les formes économiques, écologiques et démocratiques que nous réclamons ?</strong> ». Un atelier qui a pu rassembler plus d’une vingtaine de personne très diverses et se connaissant peu.<a> </a>« Il y a au bas mot 2 millions de personnes qui adhèrent à la transition juste mais cela ne fait pas système et levier de transformation ». Nous sommes partis des expériences qui existent déjà. « Il y a quantités de choses qui se font mais comment cela constitue un ensemble articulé qui permettrait au milliard de renforcer ces initiatives ? » : que ce soit sur le forum des indicateurs de richesses, la comptabilité care en triple capital, le DONUT d’Oxfam, les monnaies locales avec le Mouvement Sol, les monnaies-temps avec les Accorderies, la monnaie-fiscale, les Licoornes comme les associations et SCIC sur nos territoires. </p>    <p>Un milliard, pour faire quoi et comment ? Quels liens avec l&apos;économie de marché et comment la dynamique de ce milliard permet de soutenir des initiatives en dehors de l&apos;économie marchande ? Cela passe nécessairement par résister à la novlangue. Patrick Viveret rappelle les définitions que nous devrions défendre de termes aujourd’hui transformés : Valeur, force de vie ou valor is money ? Bénéfices comme activités bénéfiques et bénévolat, comme orientation bénéfique de la volonté ? Ces mots peuvent appuyer la création d’un nouveau récit, contribuent à un langage commun et nourrissent des alliances. Par exemple, un participant exprime le fait que l’on « ne cherche pas 1 milliard, mais on a déjà 100 milliards si on raconte une nouvelle histoire ! ». Des difficultés pour s’allier au sein de l’ESS « souvent dans des guerres de chapelle » ? Animer des polarités et faire vivre des controverses qui nous renforcent en assumant nos tensions comme autant de richesses ?</p>    <h3><strong>Quelle stratégie pour dépasser l’approche uniquement monétaire du milliard ?</strong></h3>    <p>Sur cette question, les participants sont revenus sur les expériences issues d’une analyse critique des règles comptables actuelles : Mieux reconnaitre <a>l</a>es externalités négatives car, en les transformant, elles deviennent des sources considérables sur les budgets de nombreuses organisations publiques ou privées.<a> </a>Un autre participant nous partage son expérience des marchés financiers et propose d’Hacker le système financier, ni plus, ni moins ! Cela nous démontre que s’allier avec des personnes et des mondes si peu « familiers » peut nous ouvrir de nouvelles pistes et de nouveaux imaginaires. Il faut penser un autre système fondé sur un « retraitement de notre comptabilité » affirme Patrick Viveret : pourquoi ne pas imaginer des points verts et des points noirs pour qualifier de nouveaux indicateurs en différenciant ce qui est « bénéfique » et ce qui est « destructeur » ?</p>    <p><strong>Cela devient alors un enjeu de délibération démocratique.</strong> Qu&apos;est ce qui a de la valeur dans notre comptabilité actuelle ? Qui et comment fixer ces points et ces choix ? Quelle dimension concrète et visible pour chaque citoyen ? C’est le sens du projet d’une nouvelle carte vitale prenant en compte la dimension globale de la santé au sens de la définition de l’OMS : « un état de complet bien-être physique, mental et social ». Chaque citoyen prendrait la mesure de ce que cette carte lui permettrait de faire, de reconnaître mais aussi de simplement « être ».</p>    <h3><strong>Une partie du milliard en monnaie locale pour faire levier et soutenir l’écosystème territorial</strong></h3>    <p>Nous devions retenir une proposition à remettre dans la synthèse de la séance plénière : Il a été choisi de renforcer les monnaies locales en demandant à ce qu’une partie du milliard mobilisé puisse être distribué en monnaie locale afin de renforcer les écosystèmes locaux. Une étude a été menée qui démontre que 1000 euros sous forme de monnaie locale déploie entre 1,25 à 1,55 fois plus de ressources sur le territoire en infusant les réseaux de commerce et de services de proximité. De plus, pour appuyer la cohérence de nos pratiques et de nos discours, il est demandé aux SCIC et associations engagées dans notre processus de payer leurs salariés, sur une part, en monnaie locale si elle existe bien sûr ! Il reste alors au Mouvement Sol de développer l’inter-opérabilité des monnaies locales afin de pouvoir les utiliser sur tout le territoire. Là encore, Guillaume, cofondateur de l’Assemblée virtuelle, a rappelé qu’ils ont pu développer des systèmes numériques en soutien à ces acteurs, du Transiscope au réseau social décentralisé, bientôt Archipelago. Sur ce sujet des monnaies et bien d’autres, les alliances entre acteurs se fondent aussi sur des compétences complémentaires qui, ensemble, démontrent la puissance et l’innovation de notre réseau.</p>    <h3><strong>Des nouvelles alliances entre territoires populaires, urbains et ruraux</strong></h3>    <p>La première contribution que nous souhaitons apporter à ce tissage est le lien entre acteurs des quartiers urbains populaires et des quartiers plus ruraux, tous marqués par les inégalités. Il n’y aura pas de transition écologique sans lutte contre les inégalités. Notre prochain pas est de diffuser auprès des réseaux d’acteurs associatifs et institutionnels, des bénévoles comme de nombreux professionnels, cet appel et cet enjeu de sortir de nos « espaces de représentation;» ou les silos façonnés par une approche techniciste de nos métiers ou de nos engagements. Les Colibris, le Collectif de la transition citoyenne, le Mouvement pour l’économie solidaire (MES), le Collectif des associations citoyennes (CAC) le font déjà. Il faut poursuivre vers des réseaux plus institutionnels mais tout autant engagés, par exemple, l’UNADEL comme l’IRDSU qui travaillent déjà ensemble doivent se relier à cette dynamique (et non se rallier).</p>    <p>« Ce qui se fait sans nous, se fait contre nous;», nous devons aussi créer les conditions de la rencontre pour tisser les liens avec les associations et collectifs issus des quartiers populaires qui doivent porter par eux-mêmes leur voix. A l’approche de la signature des nouveaux contrats de ville à la fin de 2023, il faut que la question écologique et sociale en deviennent la colonne vertébrale. De nouvelles alliances, comme de nouvelles conditions de la rencontre et de la délibération, permettraient de donner un autre horizon à une société qui se transforme déjà mais qui se fissure tout autant.</p>    <h3><strong>Le 6 juillet marque le début d’une aventure, une aventure qui doit tenir dans le temps</strong></h3>    <p>Pour cela, elle a besoin de rythme : le rythme de nos rencontres comme des occasions de faire ensemble, de transmettre entre générations, de partager des expériences. Le 6 juillet a été ce premier temps;et il y en aura d’autres avant le prochain grand rendez-vous fixé à l’automne.</p>    <p>Inscrire nos actions dans la durée, c’est aussi les rythmer par des pettes actions individuelles. La première proposée est d’élargir le cercle à 3 personnes de notre entourage;! Nous sommes près de 1000 premiers signataires, nous devons être 3000 après la période estivale. Pour signer c’est ici : <a href="https://0yhgi.mjt.lu/lnk/AVMAAB3iK-AAAckEjoQAASajvl8AAYCtl0IAnaKkACSGHgBkq7YSNmULJWblQoW4U6h30Ey3UgAiLGc/3/ZLB2NxmzmrcrJGAMJ6fVTQ/aHR0cHM6Ly9mcmFtYWZvcm1zLm9yZy8xLW1pbGxpYXJkLWRldXJvcy1wb3VyLWxhLXRyYW5zaXRpb24tanVzdGUtMTY4ODIyMjAzNg" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://framaforms.org/1-milliard-deuros-pour-la-transition-juste-1688222036</a></p>    <p>Du rythme, des rencontres, des petites actions, nous avons besoin aussi d’espaces et de lieux pour le rendre possible. Un atelier a travaillé à cet enjeu et a commencé à repérer des alliances avec plusieurs dizaines de lieux sur les territoires pour le permettre.</p>    <p>Des temps pour se voir, des lieux, de l’énergie, autant de belles ressources rassemblées pour poursuivre et se relier. L’Eccap y contribuera comme l’Archipel des confluences :<strong> </strong>être au service des acteurs et des espaces où se tissent les liens, et nourrissent la confiance pour changer de cap.</p>         
 
 
</div>




	 


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            <span>Voir la fiche</span>
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    </div>
  </div>
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        <pubDate>Tue, 26 Nov 2024 01:43:17 +0100</pubDate>
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        <title>La vie large-manifeste écosocialiste</title>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/11/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">La vie large-manifeste écosocialiste </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema repondre_a_nos_besoins_essentiels_en_prenant_soin_de_nos_territoires">
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                      Pour des transitions énergétique 
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    </div>


 



<div class="article">
    <div style="text-align:center;"><strong>« La vie large - manifeste écosocialiste » est le titre d’un livre écrit par Paul Magnette, qui a été Ministre de l’Energie et du Climat au sein du gouvernement fédéral belge et ministre-président de la Wallonie et depuis 2019 Président du Parti socialiste belge.</strong></div><div><strong><br /></strong></div><div><h3><strong>Une lueur d’espoir.</strong></h3><br /></div><div> Ce livre remarquablement documenté et de lecture facile vient donc d’un professeur de théorie politique à l’Université libre de Bruxelles qui est aussi un homme politique. Autrement dit, un livre à lire si l’on veut reprendre espoir, avoir un projet politique crédible et ne pas être paralysé par l’analyse de la situation actuelle. Celle-ci est désespérante, puisque les accords de Paris en 2015 avaient retenu l’objectif de ne pas dépasser 1,5 °C d’augmentation des émanations carbone à la fin du siècle par rapport à l’ère préindustrielle. Alors que les engagements climatiques actuels des différents Etats du monde mettent notre planète sur une trajectoire de réchauffement catastrophique de 2,5°C. Cet été, avec les inondations, les incendies et la canicule, nous avons eu un avant-gout de ce que serait un avenir catastrophique, alors que nous en sommes seulement à une augmentation de 1,2°C par rapport à l’ère préindustrielle. <br /><br /></div><div>On peut douter que la COP 27, réunie actuellement en Egypte, puisse dégager l’horizon. Sont présents plus de 6OO lobbyistes favorables aux énergies fossiles et en face les militants écologistes pèsent bien peu. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Gutterez a été clair, l’humanité a un choix : soit un pacte de solidarité climatique, soit un pacte de suicide collectif. <br /><h3><br /><strong>Pour un compte carbone</strong>. </h3></div><div><br /></div><div>« Les 10% les plus riches de la population mondiale sont responsables à eux seuls de près de la moitié des émissions (de gaz à effet de serre), alors que la moitié la plus pauvre de l’humanité ne produit que 12% des émissions globales ». Quant à une toute petite minorité de 1%, elle émet à elle seule plus de carbone que la moitié la plus pauvre du monde. Et en France le 1% le plus riche émet quarante fois plus que les 10% les plus pauvres. Il n’y aura pas de lutte contre le réchauffement climatique sans lutte contre les inégalités. <br /><br /></div><div>Pour répondre au défi climatique, Pierre Calame nous a envoyé le message suivant : « Avec les alliés, de plus en plus nombreux de « compte carbone », <a href="https://comptecarbone.cc/">https://comptecarbone.cc/</a>, nous sommes arrivés à la conviction que seule l’allocation à tous d’un quota égal d’émissions annuelles de gaz à effet de serre répondait au défi climatique ». Pour que chacun comprenne ce dont il s’agit, nous reproduisons son texte : « A question radicale, solution radicale »<a href="https://eccap.fr/#_ftn1">[1]<br /></a><h3><br /><strong>« Nous ne sommes pas des ascètes. Il nous faut la vie large ».</strong></h3></div><div><br /></div><div>C’est cette citation de Jean Jaurès que Paul Magnette met en exergue de son livre. Il écrit notamment : « Soumettre la sphère de la production et de la consommation à la délibération démocratique, n’est-ce pas la manière de se poser enfin les questions trop longtemps éludées, « que produire et comment produire » pour répondre aux besoins humains<a href="https://eccap.fr/#_ftn2">[2]</a>, tout en respectant les limites physiologiques des humains et les limites de notre environnement naturel ?<a href="https://eccap.fr/#_ftn3">[3]</a>». Pour nous inciter à consommer toujours davantage les moyens sont énormes : « aux Etats-Unis, le budget annuel alloué par les entreprises à la publicité commerciale équivaut au double des dépenses d’enseignement »<a href="https://eccap.fr/#_ftn4">[4]</a>. <br /><br /></div><div>Au contraire, « Il nous faut la vie large ! Toute perspective de transition climatique devrait démontrer que le monde à venir améliorera le bien-être et le plaisir d’une immense majorité de la population. Plutôt que de faire le portrait des cercles de l’enfer où nous plongera le réchauffement climatique, il faut dépeindre…les plaisirs et la beauté d’un monde sans carbone, un monde apaisé, où l’insécurité de l’existence recule sans cesse, où chacun accède à la santé, à l’éducation, à une alimentation et un logement sains, où la jouissance de la nature n’est plus un privilège… »<a href="https://eccap.fr/#_ftn5">[5]</a>. <br /><br /></div><div>A condition de mener une autre politique, il s’agit de convaincre une partie de la population tentée aujourd’hui par un repli identitaire mortifère qu’un autre avenir est possible avec la « vie large ». Paul Magnette pour ouvrir le dialogue fait quelques propositions. L’ECCAP, avec d’autres, s’engage dans les mois à venir à ouvrir des débats sur ce que pourrait être une autre politique. </div><div><br /><br /></div><div><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Voir dans l’ECCAP, Pierre Calame : A question radicale, solution radicale.
<div>[2] Questions souvent posées par différents articles de l’ECCAP : voir par exemple Guy Roustang : Esquisse sur les besoins.
</div><div>[3] P.188 du livre. Nous recommandons vivement également l’interview de Paul Magnette à France Inter le 11 octobre 2022.
</div><div>[4] P. 78 du livre. Dans un article du Monde des 6/7 nov. 2022, intitulé « Régulons enfin la publicité » un économiste et un politiste écrivent : « Alors qu’Emmanuel Macron annonce « la fin de l’abondance », les quelque 34 milliards d’euros de dépenses annuelles en publicité et marketing promotionnel - un montant comparable à l’effort des entreprises françaises en matière de recherche et développement - continuent de doper des modèles économiques fondés sur la surconsommation et incompatibles avec les limites planétaires ».
</div><div>[5] P. 256</div>        
 
</div>




	 


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    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
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            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
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        <title>Intentions et engagements partagés vers un archipel des confluences ?</title>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
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<h4>02/11/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Intentions et engagements partagés vers un archipel des confluences ? </h1>
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                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div></div><h3><strong>Intentions et engagements</strong></h3><div>Une cinquantaine de personnes réunies à Sète du 20 au 23 octobre 2022 durant l’Université d’Utopia, issues de nombreux réseaux et collectifs ont partagé durant 3 jours leurs expériences et enjeux. </div><div>Elles ont décidé d’adresser une invitation à créer un nouvel archipel dont voici le premier texte martyr, qu’elles proposent de partager et mettre au débat. </div><div><br /><h3><strong>Notre raison d’être</strong></h3></div><div>Face aux urgences du monde, multiples et inquiétantes, nous avons besoin que la société civique s&apos;organise pour rendre visible les multiples initiatives et leur donner force et puissance, les faire confluer, opérer une bascule en faisant système. </div><div><br /><h3><strong>Un nom provisoire et des premières confluences</strong></h3></div><div>Nous proposons de reconnaître un Archipel des confluences. </div><div>Des membres issus de l’archipel citoyen Osons les jours heureux, les convivialistes, l&apos;archipel de l&apos;écologie et des solidarités, le mouvement Utopia, et l’archipel des lucioles, s’engagent à lancer ce processus au sein de nos mouvements comme auprès d’autres collectifs, organisations, associations. </div><p>Nous sommes prêts à composer un premier équipage et à y accueillir des bonnes volontés dans chaque port. </p><div><br /><h3><strong>Pour faire quoi ? </strong></h3></div><div>Notre Archipel souhaite intervenir en tant que facilitateur, plutôt qu’organisateur, des confluences transformatrices de notre modèle de société. </div><div>Et d&apos;abord transmettre. </div><div>Transmettre nos savoirs, académiques, techniques ou expérientiels. </div><div>Transmettre nos retours d&apos;expériences singuliers et collectifs. </div><div>Transmettre enfin les liens et les relations que nous avons dans de nombreux réseaux d&apos;acteurs, internationaux, nationaux ou locaux. </div><div>Et se mettre à la disposition des nouvelles générations qui vivront et porteront demain un changement radical. </div><div>Inscrit dans une démarche d’éducation populaire, transmettre et recevoir permettront d’amplifier les confluences et de renforcer nos identités-relations comme nos identités-racines. Nous nous reconnaissons comme des tisserands, des explorateurs ou des catalyseurs. </div><div>Investis dans de nombreuses expériences, nous souhaitons soutenir et développer les initiatives qui procèdent d’une rationalité nouvelle fondée sur la préservation de l’habitabilité de la planète, une prospérité sobre et le développement humain équitable (féminisme, éco-syndicaliste, économie plurielle, défense du vivant et de la biodiversité, agroécologie et alimentation saine, nouvel imaginaire politique, dialogues en humanité et altermondialisme…). </div><div><br /></div><div>Les tisserands peuvent être à titre individuel investis dans des partis, des syndicats, des organisations de l’ESS, ou tout autre collectif. L&apos;Archipel des confluences en tant que tel, son lagon et son voilier-atelier n&apos;ont pas vocation à être un acteur direct de plus dans le champ des partis et des associations de terrain. </div><div>Nous contribuons au renforcement de la société civique, à sa visibilisation comme acteur politique animant des relations inscrites dans un récit partagé d&apos;écologie et de solidarités. </div><div>Ces confluences de pratiques citoyennes nourrissent localement des expérimentations anticipatrices de la société que nous voulons, questionnent des pratiques professionnelles et contribuent à des enjeux électoraux. </div><div>Elles contribueront à produire des stratégies de transformation, de conquête et d’exercice de tous pouvoirs y compris institutionnel. </div><div>Elles visent à faire circuler entre toutes les générations et tous les territoires, des expériences permettant d’être à la hauteur des enjeux pressants et dramatiques de la mutation civilisationelle que nous vivons. </div><div><br /><h3><strong>Comment ? </strong></h3></div><div>Nous proposons la forme d&apos;un archipel, un nouvel imaginaire pour nous organiser. </div><div>Il se situe dans un océan où affluent des courants d&apos;idées, de cultures, de savoirs. Ces confluences irriguent nos histoires, nos expériences, et nos luttes. </div><div>Cet archipel des confluences, ce sont des îles, des voiliers-ateliers et des pirogues. </div><div>Des personnes s’engagent à tisser les liens pour nourrir les identités relations, certains explorent pour connaître et reconnaître ces initiatives quand d&apos;autres souhaitent les catalyser pour les renforcer. </div><div>Tisserands, explorateurs et catalyseurs sont les premières fonctions nécessaires à animer cet Archipel des confluences. </div><div>Nos principes d&apos;action s’inspirent de ceux décrits dans le Second Manifeste convivialiste. </div><div>- Le principe de commune naturalité</div><div>- Le principe de légitime individuation</div><div>- Le principe de commune socialité</div><div>- Le principe de commune humanité</div><div>- Le principe d’opposition maîtrisée et constructive</div><div></div><div>Ces principes sont subordonnés à un impératif catégorique de lutte contre la démesure, l’hubris. </div><div><br /><h3><strong>Premiers engagements</strong></h3></div><div>A Sète, nous nous engageons dans le début d’un processus de confluence. </div><div>Nous nous engageons dans un état d’esprit fondé sur : </div><div>- L’écoute, le respect réciproque et la bienveillance</div><div>- L’équilibre des rapports de genre dans nos travaux</div><div>- L’utilisation d’un langage accessible à tous et empreint d’un nouvel imaginaire autour de l’Archipel. En s’appuyant sur la pensée d’Edouard Glissant, la poésie est un chemin qui donne aux mots à la fois un ancrage corporel et un horizon imaginaire, à la fois fois singulier et universel. </div><div></div><div>Pour nous donner de la puissance, nous nous engageons à contribuer à la cartographie de l&apos;ensemble de nos ressources, du quartier à la planète afin de créer notre premier commun. </div><div>A partir de ces liens, nous faisons apparaitre au sein de l&apos;Archipel de nouvelles îles ou lagons, de nouvelles organisations ou de nouvelles alliances. </div><div>A partir de ces alliances, nous lançons une pirogue pour imaginer une campagne autour de Cahiers d&apos;espérance en y invitant nos mouvements comme bien d’autres, le mouvement des Colibris, le Labo de l&apos;ESS, le Collectif de la transition citoyenne, le Pacte du pouvoir de vivre, l’Alliance écologique et sociale, la Fabrique des transitions, l’Association des maires ruraux de France…</div><div>Pour rendre possible cette intention, nous lançons un processus permettant la confluence de nos ressources et de nos moyens humains, juridiques et financiers. Même si notre objectif est de révéler l’existence d&apos;autres formes économiques que celle du marché, l&apos;argent n&apos;est pas pour nous un tabou. Il peut être un levier, parmi d&apos;autres, pour concrétiser notre raison d&apos;être. </div><div>En questionnant le rapport moyens objectifs, nous prenons l&apos;initiative de mettre à l&apos;eau nos premières pirogues : </div><div>- Nos retours d&apos;expériences</div><div>- Points aveugles</div><div>- Les risques nucléaires civils et militaires</div><div>- L&apos;écosystème</div><div>- La question européenne</div><div>- L&apos;Encyclopédie du changement de cap</div><div></div><h3><strong>A Sète, qui prend la mer ? </strong></h3><div>A Sète, le 23 octobre 2022, un premier navire atelier prend la mer, composé de tisserands, d’explorateurs et de catalyseurs, qui souhaitent intégrer l’équipage ? </div><div><br />Venez nous rejoindre en nous contactant sur</div><div><strong>contact@archipel-confluences.org<br /></strong><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
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            <span>Voir la fiche</span>
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
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      <item>
        <title>Retour de Sète : L’Eccap prend la mer  au sein de l’Archipel des confluences !</title>
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      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/11/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Retour de Sète : L’Eccap prend la mer  au sein de l’Archipel des confluences ! </h1>
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                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <h3><strong>Retour de Sète : L’Eccap prend la mer au sein de l’Archipel des confluences !</strong></h3><div>Durant le long week-end du 20 au 23 octobre à Sète, s’est tenue l’Université d’été du Mouvement d’Utopia<a href="https://eccap.fr/#_ftn1">[1]</a> sur le thème : Agir pour un monde habitable. Cette année, pour répondre à l’appel d’Edgar Morin, adhérent d’honneur d’Utopia, à créer une convergence entre les acteurs de la société civique, plus de 200 participant∙es, de nombreuses personnalités, des associations comme des réseaux ont décidé de co-organiser avec Utopia des temps de travail afin de partager leurs réflexions, leurs propositions sur des mesures basculantes et d’imaginer la forme que pourrait prendre cette « convergence »<a href="https://eccap.fr/#_ftn2">[2]</a>. L’Archipel citoyen Osons les jours heureux<a href="https://eccap.fr/#_ftn3">[3]</a>, l’Archipel de l’écologie et des solidarités<a href="https://eccap.fr/#_ftn4">[4]</a> et le mouvement convivialiste<a href="https://eccap.fr/#_ftn5">[5]</a> ont contribué. Ce processus a commencé par le partage par certaines personnalités de leurs retours d’expériences, forcément singuliers et liés à la nature de leur engagement, mais après une analyse croisée, peuvent devenir des enseignements pour l’avenir. </div><div>Nous mesurons tout à la fois l’urgence de la situation de la planète et des besoins de bascule dans un autre système de valeurs mais aussi les difficultés de nos mouvements à provoquer un changement radical. Isolés, polarisés et souvent épuisés, pourtant ces mouvements travaillent la société en profondeur. Et au sein du mouvement Utopia, depuis plus de 20 ans, nous voulons aussi affirmer que cette société est de plus en plus à l’écoute des formes alternatives de transformation. Le premier objectif de ces journées a été de prendre le temps nécessaire à cette analyse croisée de nos expériences pour lancer un processus désirable, ambitieux dans sa vision, modeste dans son organisation et humble dans son animation. Serait-ce les conditions pour faire levier et bascule ?<br />Une cinquantaine de participant∙es aux ateliers ont pu ainsi contribuer et des premières personnalités ont partagé leurs expériences dès la première séance du jeudi 20 octobre. Parmi elles, Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS, Laetitia Delahaies, coordinatrice stratégique des Colibris, Patrick Viveret, philosophe et initiateur de l’Archipel Osons les jours heureux et parrain de la campagne Nouvelle R&apos; des Colibris, Alain Caillé, fondateur de la Revue du MAUSS et initiateur du mouvement convivialiste, Mathilde Imer, animatrice de la Primaire Populaire, Martin Rieussec-Fournier investi aussi au sein de la Primaire populaire, Thierry Salomon, fondateur de Negawatt, Didier Fradin, de la Belle Démocratie et engagé depuis des années sur les dynamiques de reliance entre archipel et monde des communs.</div><div><br /></div><div><h3><strong>Des échanges sur des premiers retours d’expériences</strong><br /><strong></strong></h3><strong>Alain Caillé</strong> rappelle le contexte dangereux entre néolibéralisme et extrême droite, accompagné par une atomisation de nos réseaux. « Pouvons-nous avancer dans la mise en place d&apos;un mouvement plus large mais pour faire quoi ? Cette bascule historique peut être accompagnée par un processus long d’Etats généraux et de cahiers d’espérances pour mettre en discussion des sujets transversaux ». Durant les échanges, cette idée s’est transformée en Cahiers d&apos;avenir partagé (CAP). A partir d’expressions recueillies au niveau local, une synthèse évolutive sur la base de ces expériences de terrains permettraient d’identifier ce qui dysfonctionnent et proposer des mesures basculantes à diffuser au niveau national. Ce projet a reçu un accueil favorable des représentants d’un certain nombre de réseaux comme le mouvement des Colibris, le Labo de l&apos;ESS, l’association des maires ruraux de France, à confirmer bientôt. Il pourrait être relayé par le Collectif de la transition citoyenne, le Pacte du pouvoir de vivre ou la Fabrique des transitions.</div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>Thierry Salomon</strong> rappelle le contexte de crise énergétique et la difficulté d&apos;entrer dans le détail sans s&apos;opposer. La dynamique se fait autour d&apos;individualités, avec des formes d’expertises très pointues donc reconnues, mais comment alors créer les conditions d’un dialogue des savoirs ? Comment dépasser ces premiers cercles souvent très engagés mais aussi vite épuisés et assez peu représentatifs des nouvelles générations comme des nouvelles formes d’engagement ? Il présente alors les 3 fonctions au sein de l’Archipel qui sont d’abord au service des liens et des interactions entre les îles et les projets : les explorateurs qui découvrent et reconnaissent des initiatives transformatrices, les tisserands qui relient et entretiennent les relations et les catalyseurs qui peuvent appuyer des projets et leur permettre d’accéder à des ressources pour les enrichir. </div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>Patrick Viveret</strong> évoque la nécessité de se situer aussi à l’échelle de la planète et de s’appuyer sur les ODD<a href="https://eccap.fr/#_ftn6">[6]</a> (Objectifs de développement durables de l’ONU). Il présente deux cartographies qui peuvent se relier et se nourrir : le site Inform-e.net<a href="https://eccap.fr/#_ftn7">[7]</a> et le site Transiscope<a href="https://eccap.fr/#_ftn8">[8]</a>.</div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>Hugues Sibille</strong>, président du Labo de l’ESS<a href="https://eccap.fr/#_ftn9">[9]</a> témoigne qu’il voit chaque jour des initiatives qui transforment la société mais cela ne fait pas système au niveau local et au niveau national. « L&apos;ESS ne transforme pas le système, il y a des enjeux de régulation et de retour du politique ». « Comment co-construire les politiques publiques ? Il faut questionner le retour de la planification et comment les citoyens peuvent s&apos;en saisir ? ». Investi dans la Fabrique de la transition qui rassemble des élus, des techniciens et des acteurs de la société civile, cet espace a vocation à questionner les nouvelles formes de production des politiques publiques.</div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>Laetitia Delahaies</strong>, coordinatrice stratégique des Colibris, a présenté la nouvelle campagne du mouvement appelé Nouvelle R’ et dont le parrain est Patrick Viveret. Après avoir développé le concept d’Oasis, à l’échelle d’une petite communauté autour des enjeux de l’habitat partagé, de l’éducation et d’une autonomie énergétique, la nouvelle orientation du mouvement est d’appuyer des projets de territoires, plus large, plus collectif et avec une dimension pluri-acteurs très forte.</div><div>Les 6 « territoires en expérimentation »<a href="https://eccap.fr/#_ftn10">[10]</a> initiées depuis 1 an permettent de tester cette approche pluri-partenaire. Il y a un enjeu de capitalisation/mise en récit afin d’analyser et de valoriser l’approche et la méthode : comment font les acteurs pour faire ensemble ?<br /><br /></div><div>Enfin pour conclure ces premiers échanges, <strong>Mathilde Imer et Martin Rieussec-Fournier</strong>, ont croisé leurs retours sur la Primaire populaire dont ils ont été les principaux animateurs. La première a insisté sur le fait qu’ils ont « surestimé la volonté de gagner des partis politiques ou plutôt de ne pas perdre leur organisation, leur identité et leur économie. Cela est devenu pour ces partis un enjeu de survie ». Elle a aussi interrogé la place du pouvoir : « Quelle relation doit-on construire avec ces partis et comment questionner la place des pouvoirs dans notre démocratie ? « Le parti n&apos;est pas un astre mort ». « C&apos;est maintenant qu&apos;il faut préparer les échéances à venir mais se projeter en 2027, là aujourd’hui, j&apos;ai du mal ! » Elle conclut en retenant aussi des points positifs : « Il y a eu de belles choses quand même avec une mobilisation exceptionnelle en quelques mois à peine, et une équipe qui avait une moyenne d’âge de 25 ans. Ce fut aussi un espace où les militants FI/PS/EELV ont bossé ensemble au niveau local et enfin, nous avons levé 1 million d&apos;euros pour mener cette campagne ». En reconnaissant avoir manqué de temps et d’espace pour écouter des personnes plus expérimentées, elle évoque la nécessité de la transmission intergénérationnelle. « Pour l’avenir, il n&apos;y a pas qu&apos;une stratégie, créer un mouvement avec des alliés dans les partis et bosser sur le fond avec les acteurs politiques notamment sur trois points aveugles : le travail, le logement (l’habitat et l’habiter) et la sécurité ». Son ex-collègue Martin a insisté lui sur les moyens et la nécessité d’être décomplexés avec les questions d’organisation et d’argent. « L’argent ne doit plus être un tabou ». </div><div><h3>Une première synthèse pour avancer de nouveau ensemble ?<strong></strong><br /><strong></strong></h3>Le lendemain matin, Patrick Viveret a présenté une première synthèse : « On semble être d&apos;accord sur une vision de la transformation, avec quelques différences sur les moyens et les temporalités. » Bataille culturelle pour certains, bataille partisane et électorale pour d’autres, très vite les participant∙es ont pu exprimer leurs polarités mais les conditions de leur articulation est devenue pour toutes et tous un marqueur.</div><div>C’est pourquoi la forme d&apos;archipel avec son trépied : tisser, explorer et catalyser, a été reconnu comme une condition de la qualité de ces liens. Sa déclinaison sémantique (pirogues, lagon, voilier-atelier…) suscite encore quelques questionnements. La mutualisation des moyens logistiques devient aussi une évidence avec la nuance de ne pas devenir des « organisateurs et organisatrices ». Enfin, l’urgence de rester accueillant et de s’ouvrir à d’autres groupes d&apos;acteurs comme le Collectif pour la transition citoyenne<a href="https://eccap.fr/#_ftn11">[11]</a>, la Fabrique des transitions<a href="https://eccap.fr/#_ftn12">[12]</a>, le Pacte Pouvoir de vivre<a href="https://eccap.fr/#_ftn13">[13]</a>. <br /><br /></div><div>Ce qui semble être encore la source de doutes est la question du rapport moyen-objectif. Nous avons listé le nombre d’intentions nombreuses et légitimes sur le fond, cohérentes avec notre raison d’être mais malheureusement pas à la mesure de nos moyens actuels. Par exemple, ont été cités, les projets d’archipel citoyen planétaire ou de parlement citoyen mondial. Autre question centrale dans les échanges et qui demeure une « tension » créatrice : la relation à la prise de pouvoir, et sous quelle forme. Le fait de gagner les élections est une perspective même si la dynamique de l’Archipel ne peut l’organiser directement. Elle peut contribuer à créer des relations permettant de dépasser notamment des logiques concurrentielles entre appareils politiques mais sous quelle forme ? Enfin, « le plus gros impensé » selon Patrick Viveret est le fait de pouvoir prétendre contribuer à un changement de politique au moment où « le degré de régression sera tel que même au pouvoir, il sera nécessaire de devoir « gérer » des pandémies et faire des choix plus complexes ». Après ces premiers échanges, la richesse de ces retours d’expérience a été telle qu’il est apparu nécessaire de le poursuivre et d’inviter de nouvelles personnes à y contribuer. Cette étape peut nous permettre de faire émerger un processus inscrit dans la durée. <br /><br /></div><div><h3><strong>Un texte, un nom, un prochain rendez-vous et un premier équipage.</strong><br /><strong></strong></h3>A partir du vendredi, le groupe s’est fixé alors des objectifs atteignables pour le week-end : un texte commun précisant les intentions collectives, une forme à définir avec un nom provisoire et un calendrier avec une prochaine date et une liste de personnes volontaires. <br /><br /></div><div>Le travail a pu ainsi se concentrer sur le vendredi et le samedi sur la co-écriture d’un texte martyr qui affirme la forme de l’archipel comme un nouvel imaginaire, qui ne souhaite pas « organiser » une coordination ou une fédération des initiatives existantes. Un imaginaire issu de la pensée d’Edouard Glissant<a href="https://eccap.fr/#_ftn14">[14]</a> qui valorise plus les identités-relations, les individus ou mouvements dont l’énergie est plus relationnelle qu’identitaire. </div><div>Et c’est bien dans cette « tension » créatrice entre relation et identité que l’archipel trouve sa force. Chaque île, chaque organisation, chaque personne est reconnue dans ses identités et la nécessité de les conserver comme de les questionner. Cela n’est possible que si, tout autant, chaque île, chaque organisation, chaque personne s’investit dans la relation, tout aussi nécessaire, qu’elle tisse avec d’autres pour nourrir une raison d’être et un projet politique, coconstruire des alliances et mettre en œuvre des stratégies, à toutes les échelles, du local au planétaire.</div><div>Un texte a pu ainsi être validé samedi matin et présenté en assemblée plénière le samedi après-midi<a href="https://eccap.fr/#_ftn15">[15]</a>. Il a reçu un accueil favorable même si la sémantique autour de l’imaginaire de l’archipel doit encore être mieux partagé et accessible.</div><div>Ce nouvel archipel se nomme donc aujourd’hui <strong>l’Archipel des confluences</strong>. Des confluences comme autant de courants d’idées et d’expériences se croisant. Un prochain rendez-vous a été fixé le 17 décembre pour une rencontre à Paris afin de préciser sa raison d’être et ses premiers engagements mais aussi accueillir de nouvelles énergies.<br /></div><h3><strong>Un enjeu de confluences des savoirs</strong></h3><div>D’abord mieux se connaître en partageant les textes fondateurs des mouvements et collectifs déjà présents, repérer les polarités pour les mettre en travail et en relations. Ce travail est d’abord un enjeu de circulation des savoirs, savoirs froids comme savoirs chauds, théoriques, techniques ou d’usages, ces savoirs circulent dans l’archipel. </div><div><strong>La transmission</strong> de ces savoirs devient alors le premier objectif des personnes initiatrices considérant, après les interventions de Mathidle Imer, Laetitia Delahaies et Hugues Sibille que ce groupe est principalement composé d’hommes âgés et qu’il doit être au service des nouvelles générations. </div><div>Enfin, la question de <strong>l’articulation entre initiatives locales et mobilisation nationale</strong> pour les rendre visible et les renforcer devient le second objectif de cet archipel.</div><div>Comment croiser réflexions, propositions de mesures basculantes et expériences concrètes ? Imaginer des espaces physiques et numériques où des liens se tissent et des controverses s’animent ? Cela résonne alors avec la nouvelle orientation de l’Encyclopédie du changement de cap.<br /></div><div>L’équipe de l’Encyclopédie du changement de cap a pris une place importante dans l’animation de par le fait qu’elle demeurait un peu extérieure aux expériences passées et aux relations interpersonnelles. Cette posture de tiers-facilitatrice a permis de trouver une animation croisant la prise de note en direct via l’usage de la carte heuristique, permettant la reconnaissance de chacun et la mise en visibilité des polarités comme des communs tout en proposant des chemins communs. Nous avons proposé d’animer un atelier pratique le samedi matin afin de créer une première cartographie des initiatives présentes et des acteurs mobilisés pour les rendre ainsi plus lisibles. </div><div>En ce sens, l’Encyclopédie du changement de cap a été reconnu comme un espace de travail utile au sein de l’Archipel. Notre nouvelle orientation<a href="https://eccap.fr/#_ftn16">[16]</a> imaginée depuis quelques mois entre en résonnance avec les enjeux des mouvements et personnalités présentes à Sète.<br /><br /></div><div>L’Eccap s’inscrit pleinement dans l’Archipel des confluences et son outil numérique devient un objet de travail partagé avec le monde des communs du numérique que nous allons bientôt mobiliser. De nouveaux alliés nous rejoignent et ce rendez-vous à Sète nous a permis de prendre la mer avec beaucoup d’énergie et la volonté de rejoindre un équipage pour explorer, tisser et catalyser.<br /><br /></div><div>Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à nous contacter pour rejoindre l’équipage.<br /><br /></div><div>Courriel Encyclopédie du changement de cap : <a href="mailto:lettre@eccap.fr">lettre@eccap.fr<br /></a><br /></div><div>Courriel Archipel des confluences : contact@archipel-confluences.org</div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Le Mouvement Utopia est une coopérative citoyenne d’éducation populaire : https://mouvementutopia.org/<br />[2] https://mouvementutopia.org/site/wp-content/uploads/2022/10/Programme-Universite-Utopia-2022-13.10.22.pdf<br />[3] http://osonslesjoursheureux.net/<br />[4] https://archipel.ecolosolidaire.org/<br />[5] https://convivialisme.org/<br />[6] https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/<br />[7] https://www.inform-e.net/fr/accueil/<br />[8] https://transiscope.org/<br />[9] https://www.lelabo-ess.org/<br />[10] http://territoires-dexperimentations.org/<br />[11] https://transition-citoyenne.org/<br />[12] https://fabriquedestransitions.net/index_fr.html<br />[13] https://www.pactedupouvoirdevivre.fr/<br />[14] http://osonslesjoursheureux.net/archipel-oljh/un-peu-dhistoire<br />[15] Le projet de texte présenté dimanche en clôture de l’Université d’été d’Utopia (lien)<br />[16] https://eccap.fr/qui-sommes-nous        
 
</div>




	 


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            <span>Voir la fiche</span>
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    </div>
  </div>
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Contribution citoyenne au projet urbain</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?ContributionCitoyenneAuProjetUrbain]]></link>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/11/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Contribution citoyenne au projet urbain </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div><strong>Entre projet politique urbain et contraintes techniques,</strong></div><div><strong>quelle est la place de la contribution citoyenne ?</strong></div><div><br /></div><div>Suite aux articles précédents sur l’histoire des dernières mobilisations sur le quartier de Noailles<a href="https://eccap.fr/#_ftn1">[1]</a> et sur la mise en place récente d’un projet partenarial d’aménagement (PPA) dont l’enjeu est la réhabilitation de l’habitat indigne à Marseille à l’échelle du centre ville<a href="https://eccap.fr/#_ftn2">[2]</a>, nous interrogeons les conditions de mobilisation des premiers concernés dans la Fabrique de la ville.</div><div>Commençons par préciser notre définition de cette Fabrique. Elle n’est pas uniquement la fabrique urbaine d’un territoire avec les outils normatifs, juridiques et politiques. Richard Trapitzine en a bien expliqué les ressorts et les limites dans ces deux articles dans l’Eccap<a href="https://eccap.fr/#_ftn3">[3]</a>. Elle est d’abord une fabrique de la démocratie.</div><div>La ville est un espace de relation entre des personnes qui y logent, qui y travaillent, ou qui y sont seulement de passage. Leurs interactions contribuent déjà à la transformation de leur territoire par leurs usages et initiatives.</div><div>Comment une transformation urbaine institutionnelle prend-elle en compte ces usages, vertueux ou en conflit ? Peut-on alors penser en processus de transformation et pas uniquement en dispositif (Un problème = un dispositif = une solution).</div><div>Comment alors permettre au plus grand nombre de contribuer à ce processus ?</div><div>L’opportunité actuelle d’un grand projet urbain à l’échelle de l’ensemble du centre ville de Marseille (PPA – Plan partenarial d’aménagement) nous permet de questionner la façon de fabriquer la ville. Le fonctionnement en silo de nos politiques publiques comme de nos administrations est souvent critiquée, mais jamais réellement questionnée au-delà d’un discours convenu sur l’innovation. Mobiliser les premiers concernés nécessite d’abord de questionner les manières de fabriquer la ville au sein des institutions.</div><div><br /></div><h3><strong>Comment penser autrement les pouvoirs ?</strong></h3><div>Ces dernières années, au sein des institutions locales, nous avons pu découvrir nombre d’expérimentations mobilisant le design de service, l’intelligence collective ou des approches transversales ayant vocation à transformer « les pratiques des institutions ». Si elles sont utiles pour appuyer des agents publics à penser autrement leur relation entre eux, elles ne questionnent que des pratiques et des postures professionnelles mais pas « les pratiques des institutions ».</div><div>Nos institutions sont fondées sur la conception d’un « pouvoir sur » : sur la capacité de décider, d’exercer une action sur les autres, de produire de la norme pour la légitimer. Ce pouvoir est autant source de transformation que de domination.</div><div>Ne pas questionner l’organisation du pouvoir, et ne pas reconnaître la présence de pouvoirs au pluriel, c’est refuser fondamentalement de questionner le principal levier de transformation et donc, in fine, de ne faire que de la communication, ou bien transformer une domination dans une forme d’autoritarisme masqué derrière des normes et des « obligations » légales.</div><div>Depuis presque 20 ans, une autre dimension commence à apparaître, le pouvoir d’agir<a href="https://eccap.fr/#_ftn4">[4]</a>. Le « pouvoir de », c’est le pouvoir de faire par soi-même, de sortir d’une dépendance. Il devient un pouvoir génératif qui permet de s’exprimer puis de transformer, soi-même puis les autres. Le « pouvoir de » est lié au « pouvoir avec ».</div><div>Ces deux pouvoirs permettent ainsi de donner corps à la notion de pouvoir d’agir. En Amérique latine, les acteurs parlent de puissance d’agir.</div><div>Afin que cette puissance transforme collectivement une situation, il est indispensable d’ouvrir des espaces de délibération pour animer ce processus. C’est ce que nous appelons des Tiers Espaces<a href="https://eccap.fr/#_ftn5">[5]</a>, en s’inspirant de la pensée du Tiers paysage de Gilles Clément et de la symbolique du Tiers-Etat.</div><div>Ces espaces permettent d’articuler et de réguler ces trois pouvoirs afin de les mettre au service d’une vision collective. Selon Hugues Bazin : « Le tiers-espace aménage des formes écosystémiques : diversité (écodéveloppement), interdépendance (transaction), régulation (micropolitique). La forme écosystémique indique que la réponse est dans le système, dans sa capacité à créer du lien en termes d’intelligence sociale. »<a href="https://eccap.fr/#_ftn6"><strong>[6]</strong></a></div><div>Ces espaces doivent permettre d’accueillir autant des techniciens dans leurs diversité de métiers (et d’usage de la ville, certains y habitent) que des habitants et des habitués, dans leur diversité d’usages (mais aussi techniques, la plupart y travaillent). Ce sont les conditions de ces dialogues des savoirs qui peuvent permettre de transformer des regards, accéder à de l’analyse plus complexe et commencer à transformer.</div><div>Enfin, exprimer son pouvoir d’agir, le confronter aux autres savoirs dans un Tiers-Espace permet de coproduire de la stratégie pour coconstruire des politiques publiques.</div><div><br /></div><h3><strong>Un contexte et un moment marseillais qui permet de coconstruire</strong></h3><div>Le pouvoir d’agir est une notion diffusée dans de nombreux champs professionnels notamment les acteurs de l’intervention sociale et de l’éducation populaire. C’est pourquoi, il est utile de mobiliser cette notion afin de mobiliser ces acteurs à contribuer à la Fabrique de la ville.</div><div>Depuis quelques années au sein des quartiers du centre-ville de Marseille, cette culture commune se diffuse autour d’une nouvelle posture des acteurs. Chacun mesurant les limites de son intervention, de sa place, de son pouvoir, et de sa posture. Souvent professionnel, dans des associations ou des institutions, et de nombreux habitants du centre ville, s’investissent ensemble pour articuler leurs savoirs et coproduire des stratégies.</div><div>Ainsi la Fabrique de la ville s’est créée dans le faire et sans le dire. Le tiers-espace s’est ouvert sans le nommer et même l’instituer. Et le processus est déjà en cours sans pouvoir en dater son origine, ses sources sont nombreuses. L’image des confluences peut être utile pour penser cette forme émergente qui se révèle peu à peu. Elle agit d’abord en souterrain, par des liens aussi fins que des cheveux. Peu à peu, par capillarité les relations se tissent et à un moment, une forme apparaît, une conscience qu’il existe une puissance d’agir, une conscience qu’il peut être possible de travailler, de penser et de produire des politiques publiques sans être obligatoirement, ni technicien, ni élu, à l’image de la Charte pour le relogement votée par le conseil municipal de Marseille à l’unanimité le 17 juin 2019. Aujourd’hui, cette fabrique de la ville se révèle dans les travaux en cours autour du CoMU.</div><h3><br /></h3><h3><strong>Le collège des maîtrises d’usage (CoMU), un espace en/de transformation</strong></h3><div>Au sein du PPA, le collège des maîtrises d’usage (CoMU) est un espace de mobilisation, d’expression et de transformation, autonome et animé par un collectif regroupant, activistes, associations et habitant.e.s non organisé.e.s.</div><div>Il se construit sur deux échelles. La première est au niveau macro, de l’ensemble du PPA et en lien avec les techniciens, l’AMO (assistance à maîtrises d’ouvrage) et les élus au sein du comité de pilotage. L’autre échelle se situe au niveau des quartiers. Cette échelle est une priorité car elle déterminera la capacité du CoMU à rester ancrer sur les territoires, en lien constant avec les premiers concernés et dans l’exigence de les accueillir régulièrement au sein du CoMU.</div><h3><br /></h3><h3><strong>Une mobilisation des premiers concernés facilitée par des espaces de proximité</strong></h3><div>A l’échelle du quartier, la mobilisation des premiers concernés est à la fois plus simple mais aussi plus riche en interaction. Simple, car en proximité des sujets et des questions exprimées par les habitants. Ils sont autant locataires de rares bailleurs sociaux du centre-ville ou souvent de marchands de sommeil que propriétaires « de bonne foi », terme qui les différencie de ces multi-propriétaires de taudis marseillais. Leur mobilisation part de leur situation singulière, souvent de leur colère ou exaspération. Leur mobilisation est donc plus simple à mener mais vers quoi ?</div><div>Riche en interaction car leurs intérêts sont divergents et touchent, en partie, des domaines de l’intime : le rapport à son logement révèle des dimensions affectives, psychologiques, financières ou simplement utilitaristes, en proximité de son travail. Comment alors reconnaître que le premier intérêt est d’abord un intérêt personnel et même pécunier ? Cela étant dit, comment alors passer d’un légitime intérêt personnel à un intérêt collectif et comment cette question d’intérêt peut être un levier et non un frein. Première tension à mettre en travail face à des institutions qui invoquent souvent, en préalable, la nécessité de ne reconnaître que la dimension d’intérêt général. </div><h3><br /></h3><h3><strong>Passer du légitime intérêt individuel à un intérêt collectif</strong></h3><div>Commençons alors par questionner le processus qui permettra à des habitants ou habitués, de passer de la défense d’un intérêt individuel à une dimension collective. C’est l’un des premiers enjeux du Collège des Maîtrises d’Usages. Le CoMU est un espace ouvert, délibératif où l’animation des relations en son sein est le premier moteur de la dynamique. Cette animation est fragile comme la difficulté de créer les conditions d’un dialogue des savoirs, entre des savoirs académiques et techniques et des savoirs expérienciels et d’usages. Nous avons donc initié une première démarche pour rendre visible les ressources et savoirs que chacun peut partager.</div><div><br /></div><h3><strong>Un dialogue des savoirs qui reconnaît d’abord les savoirs expérientiels</strong></h3><div>La fabrique de la ville s’inscrit nécessairement dans une dimension où la norme a une place prépondérante. Comment créer un processus où l’approche technique n’écrase pas tout ? <br /></div><div>Il y a donc des enjeux d’espace et de temps pour animer ces processus afin de ne pas laisser le dernier mot aux techniciens, qui au final, « ont notre confiance ! ». Or, malheureusement, dans les projets actuels ce temps manque cruellement. </div><div>Arrive ici, le second enjeu qui est aujourd’hui un frein plus qu’un levier : le temps et notre disponibilité. Questionner le temps, les interactions, les espaces, les relations et les savoirs permettront de transformer ces possibles freins en leviers et en puissance d’agir.</div><div>Le CoMU sollicite des moyens matériels pour faciliter le travail, et tente de mieux s’organiser pour « optimiser » les disponibilités. Il travaille avec des écoles et universités pour s’appuyer sur des savoirs permettant de comprendre les enjeux et produire des rendus de qualités afin de mieux interpeler les institutions.</div><div>Tout cela est en cours et il est nécessaire de conserver une démarche réflexive.</div><div>Les premiers risques sont de tomber soit dans le syndrome du « con-craie » (faire, et souvent faire-faire, par ce qu’il y a des urgences et plus le temps à faire de al philosophie, faire avec de la craie, et voir disparaître très vite les premiers écrits) ou du « des faits » (lister les actions comme des ré-actions, chacun dans son champ de « savoirs » et ne pas prendre le temps de les relier pour penser une stratégie).</div><h3><br /></h3><h3><strong>Vers une démarche de capitalisation</strong></h3><div>Le CoMU est une illustration d’une manière de fabriquer la ville, c’est à la fois une ambition démocratique, une innovation technique, et nous allons consacrer du temps à en analyser la boîte noire. Le processus est en cours. Il est passionnant car l’ensemble des parties prenantes, les institutions et maîtrises d’ouvrage, maîtrises d’œuvres et les nombreux partenaires sont conscients qu’il faut entrer vite dans une démarche de capitalisation où les savoirs de cette expérience sont les ressources de la transformation en cours. </div><div>A suivre donc, dans les prochains épisodes.</div><div><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] https://eccap.fr/article/noailles-entre-ombres-et-lumieres/625af6897e1e7c00167ce5bc<br />[2] https://eccap.fr/article/le-projet-partenarial-damenagement-ppa-en-centre-ville-de-marseille-une-opportunite-pour-coconstruire-la-ville-avec-ses-habitants/62c2fd54534a400016e6a2f4<br />[3] https://eccap.fr/article/deverrouiller-la-conception-urbaine/62c2fe92534a400016e6a2f7<br />[4] Bacqué, Marie-Hélène, et Carole Biewener. L’empowerment, une pratique émancipatrice ? La Découverte, 2015<br />[5] Hugues Bazin, Les figures du tiers-espace : contre-espace, tiers-paysage, tiers-lieu, Edifier le Commun, https://revues.mshparisnord.fr:443/filigrane/index.php?id=717<br />[6] Ibid</p>        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
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      <item>
        <title>Pour garder la terre habitable, il nous faut intégrer le vivant dans les comptabilités</title>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/10/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Pour garder la terre habitable, il nous faut intégrer le vivant dans les comptabilités </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?BrowaeysDorothee/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Browaeys Dorothée">Browaeys Dorothée</a></li>
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	</div>

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                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
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                      Repenser la science économique 
                     </span>
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                       <a href=?politiser-la-technique-et-nos-pratiques>Politiser la technique et nos pratiques </a>
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    </div>


 



<div class="article">
    <div align="center"><i><b>Il y a 3 ans, en septembre 2019, TEK4life a organisé un Tribunal très particulier intitulé « Changer de comptabilité pour sauver le vivant ? ». Plus de 350 personnes ont assisté à la mise en accusation de Jacques Richard, professeur de gestion à l’Université Paris Dauphine, pour subversion de l’ordre mondial, manipulation de la comptabilité et tentative de marchandisation de la nature.<br />Ce procès fictif a permis de comprendre qu’il y a véritablement un bug dans les rouages économiques. Et ce bug provient d’une ignorance délibérée : nos opérations comptables - censées refléter nos activités - ignorent les facteurs de production que sont la Nature et le tissu social et humain (sans lesquels aucune usine ne pourrait tourner). Dès lors, elles sont aveugles aux destructions induites par l’extraction, la transformation, le transport de nos produits. Ainsi, nous sabordons nos conditions d’existence et nos outils de pilotage ne nous l’indiquent pas !</b></i></div><div><strong></strong></div><div><strong><br /></strong></div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>"Nous devons décider la paix entre nous pour sauvegarder le monde, et la paix avec le monde afin de nous sauvegarder". </strong>Michel Serres, Le Contrat naturel, 1987.</div><div><strong></strong></div><h3><br /></h3><h3><strong>Se doter de systèmes de mesure d’impacts</strong></h3><div>Cette fuite en avant ne peut pas être stoppée sans un changement radical des outils de pilotage des dirigeants. C’est d’abord un enjeu de survie du business. Les dérèglements climatique et écologique exposent les entreprises à des risques systémiques : il est donc vital de quitter les activités, d’abandonner les actifs dont la valeur va s’effondrer. Plus fondamentalement, les entrepreneurs sont sommés de faire baisser leurs impacts. Cela requiert une batterie d’outils de mesure, apte à renseigner les décideurs sur les émissions de gaz à effets de serre (GES), les dégradations de l’eau, des sols, de la biodiversité liées à leurs propres activités. Ainsi, le business de demain ne se nourrira plus seulement de performances financières : il faudra attester attester de performances environnementales et sociales. </div><div>Déjà, les quota carbone poussent à réduire les émissions de CO2 qui réchauffent le climat. Toutes les notations d’entreprises (ESG, extrafinancier…), les scores sur les produits (Nutriscore, EcoScore Planetscore… les réglementations liées au Green Deal (CSRD, Taxonomie, SFDR…) contribuent à valoriser les performances écologiques et sociales des organisations. </div><div><br /></div><div></div><h3><strong>Faire de la comptabilité un sujet politique</strong></h3><div>Mais ce mouvement déjà amorcé par le « développement durable » prôné par le rapport Brundtland (1987) ne pourra réorienter le système productif que s’il atteint les finances de l’entreprise. Traduire comptablement les empreintes écologiques sera le gage d’une nouvelle économie apte à prendre en compte les limites des écosystèmes et à prévoir leur régénération. De même que l’on prévoit un amortissement des actifs financiers, il est ici question de provisionner les moyens pour maintenir les actifs naturels. En conséquence, nous pourrions stopper les « logiques d’externalisation » qui font peser sur des tiers les « dégâts collatéraux » des activités industrielles.</div><div><br /></div><div></div><h3><strong>La Comptabilité permet de responsabiliser les acteurs</strong></h3><div>Dans notre époque où la résilience va devenir vitale, la comptabilité « augmentée » (écologique et sociale) peut traduire l’alignement des entreprises avec cet enjeu. Elle permet d’intégrer l’extra-financier (les impacts) dans le pilotage et l’évaluation des entreprises. Mais cela inquiète car les entreprises comprennent bien qu’elles vont demain devoir payer des « coûts cachés » qu’elles n’assumaient pas : perte de biodiversité, dégradation de l’eau, pollutions… Des initiatives comme celle d’Axylia avec son indice Vérité50 montrent que les entreprises du CAC40 se retrouvent avec des dettes considérables dès lors qu’on leur impute le prix de leurs émissions carbone (avec la TeqCO2 à 100€).</div><h3><br /></h3><h3><strong></strong></h3><h3><strong>La comptabilité est une grammaire</strong></h3><div>La comptabilité n’est pas une simple affaire technique. C’est un langage, un système d’orchestration qui décrit les créations et les destructions de valeur. Ce rôle ne peut pas seulement concerner les acteurs économiques, mais doit pouvoir impliquer tout citoyen soucieux de dire « ce qui compte pour lui ». </div><div>On peut distinguer 4 grandes fonctions de la comptabilité : </div><div>- la première peut se traduire par la question « Que prendre en compte ? »  elle concerne les représentations, les catégories qui organisent pour chacun la valeur des choses. </div><div>- La seconde fonction a trait aux engagements et aux responsabilités et peut aussi se résumer par l’interrogation : « Que prendre en compte ? ». </div><div>- La troisième fonction cible le « contrat social », la raison d’être de la comptabilité en interrogeant : « A qui rendre compte et de quoi ? ». </div><div>- Enfin en quatrième lieu, la comptabilité sert enregistrer les données monétaires mais elle peut dorénavent « tenir compte » des capitaux naturels : il oblige à répondre à la question : « Que compter et comment ? »</div><h3><br /></h3><h3><strong>Modèles alternatifs</strong></h3><div>Les pratiques comptables sont normées et leur évolution va être longue si l’on veut qu’elles intègrent des valeurs monétarisées liées aux données climatiques et environnementales. En France des modèles alternatifs ont été élaborés et sont en phase de tests auprès d’entreprises cobayes. Le modèle Care-TDL (Comprehensive Accounting in Respect of Ecology) conçu par Jacques Richard et Alexandre Rambaud (Chaire de comptabilité écologique, AgroParisTech, Université Paris Dauphine) redéfinit les capitaux et généralise le principe d’amortissement aux capitaux naturels et sociaux. Il ne permet pas de compenser un capital par un autre en référence à la soutenabilité forte. Le modèle Lifts mit au point par Audencia Business School est conçu à partir des limites planétaires : il établit un quota pour chaque impact (carbone, biodiversité…) qu’il ne faut pas dépasser. </div><div><br /></div><div></div><h3><strong>Passons à l’action</strong></h3><div>Pour se repérer dans ce paysage en évolution rapide, TEK4life a publié en mars 2021 une <a href="https://tek4life.eu/index.php/comptabilite-ecologique/telechargez-la-cartographie">Cartographie des Enjeux, des Acteurs et des controverses d’une comptabilité multi-capitaux pour l’Anthropocène</a>. Elle a créé <a href="https://tek4life.eu/index.php/comptabilite-ecologique/alliance-comptaregeneration2020">l’Alliance ComptaRegeneration</a> quiréalise une veille, une acculturation, des expérimentations pour saisir les outils d’évaluation environnementale et les nouveaux modèles comptables. Au sein des sept collèges, on trouve des représentants de Danone, Veolia, La Poste, In Vivo, Mirova, Grant Thornton, Cerfrance… des acteurs académiques pouvoirs publics et ONG. Un parcours original de formation sur les comptabilités écologiques a été inauguré en 2022.</div><h3><br /></h3><h3><strong>Vers une conditionnalité du business</strong></h3><div>La perspective d’une comptabilité écologique converge avec d’autres tendances. On recherche un peu partout dans le monde de nouveaux référentiels de <strong>mesure du progrès </strong>au-delà du PIB : IDH<strong>, </strong>Nouveaux indicateurs de richesse de la loi Eva Sas (avril 2015), Rapport 2002 <strong>Reconsidérer la richesse</strong>, Patrick Viveret, conseiller référendaire à la Cour des Comptes. </div><div>Par ailleurs, on sent monter un mouvement pour installer durablement la « préférence écologique » qui donne de la valeur à qualité de vie, à la qualité agricole (aliments et sols vivant), à la santé des gens, à la biodiversité (équilibres). Des entreprises cherchent à devenir « contributives<a href="https://eccap.fr/#_ftn1">[1]</a> » (ou à mission) en recherchant des business models régénérateurs. Avec le Green Deal et les logiques d’alignement aux trajectoires zéro carbone (Taxonomie), les entreprises vont devoir de plus en plus conditionner leurs activités à leurs performances écologiques. </div><div><br /></div><div><br /></div><div></div><h3><strong>Publications sur la question abordée</strong></h3><div><strong><br /></strong>- <a href="https://www.notre-environnement.gouv.fr/actualites/breves/article/integrer-l-environnement-dans-la-comptabilite-des-entreprises-3-questions-a?type-ressource=indispensable&lien-ressource=5209&theme-ressource=435&type-liaison=indispensable&ancreretour=ressources">Intégrer l&apos;environnement dans la comptabilité des entreprises</a>, Interview de Dorothée Browaeys sur le site RSE du Ministère de la transition écologique, 18 février 2022</div><div>- <a href="https://www.ladn.eu/entreprises-innovantes/parole-expert/comptables-services-financiers-changer-maniere-compter/?utm_source=newsletter_ladn&utm_medium=email&utm_campaign=news_ladn&utm_content=20191113">Pourquoi comptables et services financiers vont devoir changer leur manière de compter,</a> par Dorothée Browaeys dansL’ADN 13 novembre 2019.</div><div>- <a href="https://up-magazine.info/index.php/economie-de-linnovation-4/25713-soyons-comptables-du-vivant-face-aux-generations-futures/">Soyons comptables du vivant face aux générations futures, p</a>ar Dorothée Browaeys, UP’Magazine, 28 août 2019</div><div>- <a href="https://up-magazine.info/index.php/economie-de-linnovation-4/8404-pas-de-transition-ecologique-sans-transformation-comptable/">Pas de transition écologique sans transformation comptable,</a> par Alexandre Rambaud, Clement Feger, JP Karsenty et D. Browaeys, UP Magazine, 6 février 2019.</div><div>- <a href="https://www.linkedin.com/pulse/adoptez-la-comptabilit%25C3%25A9-%25C3%25A9cologique-pour-en-finir-avec-browaeys/?trackingId=Nq5htHevQqKh4uJWylT7Uw%3D%3D">Adoptez la comptabilité écologique pour en finir avec les coûts cachés, jamais réglés !</a> par Dorothée Browaeys, 7 mars 2022</div><div><strong><br /></strong><br /></div><div><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <br />[1] L’entreprise contributive, Fabrice Bonnifet et Celine Puff Ardichvili, Decitre, 2021.        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?PourGarderLaTerreHabitableIlNousFautIn">
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            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
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    </div>
  </div>
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>L’école de la réconciliation</title>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/10/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">L’école de la réconciliation </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
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                       <a href=?repondre-a-nos-besoins-essentiels-en-prenant-soin-de-nos-territoires>Répondre à nos besoins essentiels en prenant soin de nos territoires </a>
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                 <span class=" cadre thema eduquer_et_enseigner_autrement">
                      Eduquer et enseigner autrement 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div style="text-align:center;"><b><i>Nous parlons  d’une réalisation impressionnante relatée par son promoteur Jérémie Fontanier dans le livre « L’école de la réconciliation »<a href="https://eccap.fr/#_ftn1" style="background-color:rgb(255,255,255);">[1]</a>. L’ECCAP a eu déjà l’occasion de souligner la nécessité de changer l’école pour sauver notre démocratie dans un article de F.Dubet, dans les articles de B.Viard</i></b>.</div><div><br /></div><div>Les différentes étapes de cette réalisation impressionnante sont analysées par l’auteur. Impressionnante parce que les progrès sont remarquables dans un quartier défavorisé où les élèves ont souvent intériorisé qu’ils ne sont pas capables de réussir. Alors que dans le lycée, de 2002 à 2012, un tiers des élèves de Terminale Economique et Social échouait au bac, il y a eu de 2018 à 2022, 100% de réussite, cinq années de suite. De tels résultats ne se sont pas faits sans mal. L’auteur nous décrit les différentes étapes de la méthode qu’il a lui-même progressivement découverte et élaborée. <br /><br /></div><div>Il commence par un état des lieux de l’école dans les quartiers populaires et rappelle quelques faits. « Au lycée, le taux de bacheliers est aujourd’hui de 50% chez les enfants d’ouvriers, alors qu’il est de 90% chez les enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures… Il souligne la sous-dotation en moyens humains des départements les plus modestes de France : « en Seine St Denis…il y a « moins de tout » (policiers, magistrats ou, à l’école, médecins et enseignants) et le sous-investissement public est tel qu’il est possible d’affirmer que l’Etat fait des économies « sur le dos » des élèves et des familles des quartiers populaires »<a href="https://eccap.fr/#_ftn2">[2]</a>. Les enseignants qui accueillent les élèves les plus défavorisés sont aussi les plus jeunes et les moins expérimentés et plus souvent des contractuels. Autrement dit c’est « la faute du système » constate l’auteur<a href="https://eccap.fr/#_ftn3">[3]</a>. Mais il n’en reste pas là et parle tout d’abord de Gaëlle qui avait la volonté de bien faire mais dont les prises de note étaient incohérentes. Le professeur a alors pris conscience qu’il avait « trop souvent fait des sous-entendus et eu recours à des raccourcis dans les connexions logiques ». Constatant la bonne volonté de Gaëlle et avec l’accord de sa mère, le professeur a consacré bien des heures à travailler avec elle à la médiathèque de Gagny pour « tout recommencer, revenir sur les idées, réexpliquer les liens logiques…Gaëlle ne subissait plus, elle devenait capable de compréhension fine du cour…Gaelle retrouvait le goût d’apprendre, l’envie ». « Me voici donc du haut de mes six semaines d’expérience dans l’Education Nationale, rejoignant la grande famille « des profs qui font des choses en plus » ». <br /><h3><br /><strong>Les étapes pour assurer la réussite de tous</strong></h3></div><div><br /></div><div>« Si un monde nouveau s’était ouvert avec Gaëlle, alors pourquoi n’en irait-il pas de même pour Hugo, Asna, Jayson, Clémentine, Hilem ou Sidrah ? » Il est impossible de résumer en quelques lignes le cheminement et la prise de conscience progressive de l’auteur du livre « L’école de la réconciliation », mais il est possible de rappeler sèchement quelques étapes de ce qui a permis la réussite de tous au baccalauréat. L’auteur a pris conscience que si les élèves « ne voulaient pas et semblaient ne pas pouvoir travailler plus que cela, peut-être fallait-il les brusquer un peu. Alors je suis devenu sévère ». Au lieu de faire un contrôle par mois il a fait un contrôle tous les mardis avec 20 questions dans un Questionnaire à Choix Multiple portant sur la semaine qui précédait. « La consigne était clair : 30 à 45 minutes par jour de relecture à la maison ». <br /><br /></div><div>Puis l’auteur a décidé un jour une nouvelle règle : « en dessous de 4/10 au QCM j’appelle les parents ». C’était du jamais vu, compte tenu des relations habituellement très lâches de l‘école avec les parents. N’était-ce pas un coup de bluff très risqué ? Il s’est avéré que « de l’autre côté de ces froids numéros de téléphone se trouvaient de nouveaux alliés que j’allais pouvoir rencontrer…J’avais l’impression de découvrir un nouveau continent ». <br /><br /></div><div>Au sein de l’Education Nationale, non seulement la coopération avec les familles est habituellement limitée, elle l’est aussi entre les professeurs. Avec David, professeur de mathématiques, qui voyait les progrès des élèves avec son collègue Jérémie, une collaboration a commencé à s’instaurer. Chacun assistait parfois au cours de l’autre. David est devenu « un frère d’armes ». « Echanger régulièrement entre collègues, c’était s’obliger à rompre avec la posture confortable et même flatteuse…de l’enseignant qui travaille de façon isolée…Plus nous unissions nos efforts, plus nous étions forts ». Progressivement la collaboration avec les autres professeurs et les familles s’est affirmée et alors « rien ne pouvait plus nous empêcher de faire réussir tous les élèves ». <br /><br /></div><div>Le terme « réconciliation » s’est imposé à l’auteur. Tout d’abord réconciliation des élèves avec eux-mêmes. « David et moi avons le sentiment de n’être que de simples miroirs, plaçant les élèves face à leur propre puissance intellectuelle, morale, esthétique. « Monsieur, j’y arrive ! » » Réconciliation aussi entre membres de la même équipe pédagogique et entre l’école et les familles. Enfin une quatrième grande réconciliation « celle des professeurs avec l’école, celle des enseignants avec eux-mêmes » et fiers du métier d’enseignant. <br /><br /></div><div><h3><strong>Est-ce généralisable ? </strong></h3><br /></div><div>La médiatisation de cette réalisation a commencé. Et « durant l’année scolaire 2021-2022, une dizaine de collègues ont décidé de s’inspirer de la méthode élaborée à Drancy…Pour les collègues qui nous rejoignent les débuts sont forcément chronophages ». Mais l’auteur nous dit qu’en période de croisière, ni lui, ni son collègue David ne travaillent plus que leurs collègues.<br /><br /></div><div>L’auteur écrit : « si nous avons eu besoin de dix ans afin d’élaborer la méthode et de la rendre suffisamment efficace pour la faire connaître, une décennie supplémentaire semble nécessaire afin de constituer un groupe de collègues partants pour expérimenter la co-éducation telle que nous l’avons imaginée à Drancy. D’une dizaine de collègues en 2021, nous pensons qu’il est possible d’être une centaine dans quelques mois et un millier à l’horizon 2030 ». <br /><br /></div><div>Quel sera l’impact du Conseil national de la refondation (CNR) lancé par le gouvernement le 3 octobre ? Pour le ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye, l’objectif est de « donner plus de liberté d’innovation aux équipes » et de « créer dans chaque territoire, une dynamique autour de l’école en associant les parties prenantes ». Il souhaite insuffler « une nouvelle culture » et mise sur un « effet d’entraînement » entre les établissements lorsque les premiers projets verront le jour<a href="https://eccap.fr/#_ftn4">[4]</a>. Terrible question devant nous : le renforcement de l’autonomie va-t-il entraîner une aggravation des inégalités, au nom de l’idée que « quand on veut, on peut » comme si la méritocratie n’était pas une chimère dans le système actuel<a href="https://eccap.fr/#_ftn5">[5]</a>, ou au contraire va-t-on faire de l’école de la réconciliation un exemple à suivre ? <br /><br /></div><div><br /></div><div></div><div><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] La réconciliation. Un professeur à Drancy. Ed. Les liens qui libèrent, 2022.
<div>[2] « Evaluation de l’action de l’Etat dans l’exercice de ses missions régaliennes en Seine St Denis » rapport de l’Assemblée nationale, 2018.
</div><div>[3] L’auteur s’inquiète du risque d’instrumentalisation politique possible : puisque des professeurs sans moyens supplémentaires réussissent, pourquoi ne pas poursuivre « la politique d‘austérité budgétaire touchant l’école en France ». Voir p.167.
</div><div>[4] Le Monde du 6 oct.2022, p.16.
</div><div>[5] Voir « La Croix-l’hebdo, 24/25 sept. p.34 ». Jérémie Fontanieu interviewé déclare : « les éléments de langage du gouvernement continuent d’entretenir le mythe du « quand on veut, on peut » ».</div>        
 
</div>




	 


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    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
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            <span>Voir la fiche</span>
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    </div>
  </div>
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
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      <item>
        <title>Forces et faiblesses d’un renouveau nécessaire</title>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/09/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Forces et faiblesses d’un renouveau nécessaire </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
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                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
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                      Une démocratie représentative en question 
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    </div>


 



<div class="article">
    <div>C’étaient les derniers mots de notre lettre d‘avant les vacances. Depuis, La canicule de l’été a apporté son lot de désastres en France et dans le monde : sécheresse et feux de forêt, inondations…Espérons que maintenant la prise de conscience des dangers que nous fait courir le <strong>changement climatique</strong> est bien devenue générale. D’autant plus que les mauvaises nouvelles s’accumulent. Tout récemment une équipe internationale de chercheurs a souligné que même au niveau actuel de réchauffement (+ 1,1° C par rapport à l’ère préindustrielle), le monde risque de passer certains points de basculement. Un point de basculement est un seuil critique au-delà duquel un système se réorganise, souvent brutalement et/ou de manière irréversible. Selon la définition du Groupe d&apos;experts climat de l&apos;ONU (GIEC), ce sont des phénomènes « qui déclenchent de manière indépendante et inéluctable d&apos;autres conséquences en cascade »<a href="https://eccap.fr/#_ftn1">[1]</a>. Cinq points de basculement seraient déjà probables, par exemple la disparition des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique de l’Ouest.<br /><br /></div><div>Indépendamment du réchauffement climatique, un renouveau de notre démocratie s’impose compte tenu des menaces que fait peser <strong>la montée du Rassemblement National</strong> de Marine Le Pen. Ses progrès entre les élections présidentielles de 2017 et 2022 sont spectaculaires et les 89 députés du Rassemblement National à l’Assemblée lui permettent un ancrage dans les territoires. La question est sérieuse : Marine Le Pen ne risque-t-elle pas de l’emporter en 2029 ? Bien des départements qui votaient majoritairement pour les partis socialistes ou communistes votent maintenant pour le Rassemblement national. C’est ce que rappelait Léa Salamé à France Inter<a href="https://eccap.fr/#_ftn2">[2]</a> en invitant François Ruffin pour son dernier livre « Je vous écris du Front de la Somme ». Celui-ci écrit : « Le front de la Somme a craqué ». Bien sûr, F.Ruffin est fier d’avoir fait exception : « Et de toute la France, je suis l’insoumis qui relève le mieux le score de la gauche, médaille d’or toutes catégories, +11% comparées aux présidentielles ». Ruffin précise bien qu’il doit ce succès à une « campagne de feu et de fou » et sa crainte c’est que la gauche ne soit pas convaincue de la nécessité de reconquérir ceux qui votent Rassemblement National et qui sont « fâchés » mais pas « fachos ». Il en veut au think-tank Terra nova qui conseillait au parti socialiste à l’automne 2011 une stratégie centrée sur les valeurs avec « 1.les diplômés. 2.les jeunes.3.les minorités » en laissant les ouvriers au Front National. <a href="https://eccap.fr/#_ftn3">[3]</a><br /><br /></div><div><strong>Dans la mesure où les hommes et les femmes soucieux d’égalité sont nombreux parmi les électeurs du Rassemblement National, alors que le RN n’en parle jamais, il y a selon Ruffin « une faille où nous pouvons nous engouffrer »</strong>. Même si aujourd’hui les inégalités sont moins apparentes qu’autrefois : lorsque les ouvriers sortaient de l’usine, ils voyaient les châteaux des riches, alors qu’aujourd’hui les propriétés de B.Arnault sont loin, à Courchevel ou à New-York… Avec le débat sur les jets privés la question des inégalités est venue sur le devant de la scène avec le constat qu’ils aggravent les émissions de CO2. Ceux qui ne la prennent pas au sérieux ont beau jeu de répondre que ces émissions sont négligeables puisque de l’ordre de 0,1 % des émissions totales. Mais comme le rappellent des chercheurs, les humains coopèrent à condition que les autres coopèrent. « Si certains sont autorisés à émettre dix fois plus de carbone pour des raisons de confort, alors pourquoi limiter sa consommation de viande, baisser la température de son thermostat ou limiter les achats de produits neufs ». <a href="https://eccap.fr/#_ftn4">[4]</a> La question des inégalités tellement occultée par notre Président devrait être mise sur le devant de la scène, d’autant plus qu’elle est renouvelée par la prise en compte du changement climatique. En effet comme le rappelle Oxfam France : « 50% des émissions de CO2 sont produites par les 10% les plus riches de la planète, tandis que la moitié la plus pauvre de la population n’en émet que 10% ». <br /><br /></div><div>Le <strong>Conseil national de la refondation</strong>, initié par notre Président, qui s’est réuni le jeudi 8 septembre, permettra-t-il le dialogue entre personnes qui ne se parlent jamais comme l’Association des maires de France, la FNSEA , ou la Fondation Abbé Pierre ? Certains pourront être sceptiques, douchés par les médiocres résultats du grand débat national qui a suivi le mouvement des gilets jaunes ou par ceux de la Convention Citoyenne pour le Climat. Sur les 52 personnes invitées, 40 étaient présentes et en sont ressorties avec des avis mitigés. Laurent Berger, Secrétaire Général de la CFDT aurait dit : « C’était utile, exigeant, agaçant parfois, parce qu’on n&apos;est pas d’accord. Mais mine de rien, ça a avancé ». <br /><br /></div><div>On peut imaginer qu’E.Macron n’est plus du tout dans l’attitude triomphante qui a été la sienne en arrivant au pouvoir en 2017. Il n’a plus de majorité « godillot » à l’Assemblée, il ne pourra pas se présenter une troisième fois, il sait que plusieurs piaffent déjà de prendre sa place  rêvons alors qu’il veuille laisser le souvenir du rassembleur, loin de l’image de Président des riches qui lui colle à la peau pour de bonnes raisons. <br /><br /></div><div>Toujours est-il que <strong>l’ECCAP</strong>, pour sa très modeste part, va s’efforcer de donner la parole et de faire dialoguer tous ceux qui sont conscients de la nécessité de changer radicalement de cap. C’est à une nouvelle étape plus collaborative que nous voulons inviter ceux qui nous suivent et ceux qui ne nous connaissent pas encore et qui voudront bien inventer la gouvernance d’un outil numérique au service du changement radical qui s’impose au service de tous. <br /><br /></div><div><br /><br /><br /></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    [1] Voir dans google « Seuil critique dans Science du 8 septembre » et Le Monde du 10 septembre, page 11.<br />[2] France Inter, 6 septembre.<br />[3] Page 25 de « Je vous écris du front de la Somme ». Voir in Le Monde,13 sept. 2022, p.14 « la sortie du Secrétaire National du PCF sur « la gauche des travailleurs » face « à la gauche des allocations et des minima sociaux » aura alimenté les débats entre les membres de la Nupes tout le w.e. à la fête de l’Humanité. Preuve que ce débat pas toujours très clair est d’actualité !<br />[4] « L’impact environnemental des jets privés est largement sous- In Le Monde,13 sept. 2022, p.34 « la sortie du Secrétaire National du PCF sur « la gauche des travailleurs » face « à la gauche des allocations et des minima sociaux » aura alimenté tout le w.e. à la fête de l’humanité estimé ».         
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
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            <span>Voir la fiche</span>
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    </div>
  </div>
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        <title>Un revenu d&apos;existence du niveau du RSA  serait-il un « changement de cap » ?</title>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
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<h4>15/09/2022</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Un revenu d&apos;existence du niveau du RSA  serait-il un « changement de cap » ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
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		 	title="Voir la fiche Régent Léon">Régent Léon</a></li>
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                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
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                      Redistribuer les richesses 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <div>Léon Régent, ingénieur X-Télécom en retraite, marié et père de quatre enfants, a mené l&apos;essentiel de sa carrière professionnelle à France Telecom. Il l&apos;a terminée place Beauvau, où il a retrouvé, impuissant, les rigidités de gestion des PTT de 1970… en pire !</div><div>Il découvre le revenu d’existence en 2012 par la thèse de Marc de Basquiat. Pragmatique et non pas idéologue ou politique, il est séduit par la solidité et la simplicité de ce projet. Il adhère à l’AIRE en 2014. Il cherche concrètement comment, techniquement, le mettre en œuvre, et arrive à la conclusion qu’il faut commencer par les enfants pour éviter l’ambition trop grande de tout changer en même temps.</div><div>Il publie début 2018 « La face cachée des prestations familiales. Projet de simplification » aux éditions de l’AIRE. Site web : <a href="https://leonregent.fr/">leonregent.fr</a></div><div></div><div></div><div>A l’évidence, un revenu d’existence de 1000 € par mois financé par création monétaire serait un vrai changement de cap, une rupture. Mais que penser de la <a href="https://revenudexistence.org/wp/2ru/">proposition de l’AIRE</a> (Association pour l’Instauration d’un Revenu d’Existence) d’un montant d’environ 500 € par adulte financé classiquement par l’impôt : 30 % du revenu, remplaçant l’IR ?</div><div></div><div>Précision d’importance : les aides au logement demeurent, ainsi que d’autres avantages, comme la complémentaire santé. Un locataire inactif touche et continuera à toucher beaucoup plus que 500 €.</div><div></div><div>La redistribution financière actuelle prend des formes diverses : aides (RSA, prime d’activité…), allocations (familiales, handicap…) et impôts (sur le revenu, sur le patrimoine). Ces dispositifs, bardés de conditions et d’effets de seuils, gérés par différents ministères, produisent un résultat total auquel on s’intéresse rarement. Bien sûr, l’État majore le revenu des plus pauvres (aides) et réduit celui des plus aisés (impôts), mais de combien ? Voici le montant total de son action selon le salaire du foyer, hors APL et avantages divers, dans trois cas simples : un célibataire, un couple, un couple avec quatre enfants.<br /><br />;­<br /><img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2023/01/6321aeddec06a0394a0af0f7.png" width="496" height="318" alt="6321aeddec06a0394a0af0f7.png" /><br />­</div><div><br /></div><div>Pour un célibataire, la courbe noire ressemble fort à une droite, figurée en pointillés. Elle commence à 520 € (RSA et prime de Noël), et sa pente moyenne est de 30 %. Les irrégularités sont la conséquence de la multiplicité et de la complexité des dispositifs accumulés au fil du temps.</div><div>Pour les couples aisés sans enfants, la courbe est aussi une quasi droite, mais il y a un décrochement pour les couples pauvres : ils touchent un RSA bien inférieur à celui de deux célibataires. Cette injustice leur barre l’accès au mariage, ou les conduit à cacher un lien conjugal – l’administration traque les « tricheurs » par des questionnaires intrusifs et des enquêtes.</div><div>Pour un couple avec quatre enfants, on constate que l’État ajoute environ 900 € quel que soit le niveau de revenu. Cette somme (200 à 250 € par enfant) est l’addition d’une dizaine de causes : RSA et prime d’activité familialisés, allocations familiales, complément familial, prestation d’accueil du jeune enfant, allocation de rentres scolaire, quotient familial, décote de l’impôt sur le revenu…</div><div></div><div>La proposition de l’AIRE est une simplification radicale : passer des courbes en trait plein aux pointillés : 520 € par adulte dès 18 ans, 200 à 250 € par enfant selon l’âge, et un impôt de 30 % sur tous les revenus nets, remplaçant l’impôt sur le revenu.</div><div>Cette proposition n’engendre donc pas de coût supplémentaire, sauf pour les « oubliés » d’aujourd’hui : principalement les couples pauvres (le revenu d’existence est individualisé), les 18-25 ans, et bien sûr les « non-recours ».</div><div>Le champ de cette réforme est volontairement limité : on ne touche pas au logement, aux retraites, à la santé, au chômage, aux gardes d’enfants... L’AAH (handicapés) et l’ASPA (ex-minimum vieillesse) sont remplacés par un complément au revenu d’existence pour un effet équivalent.<br /><br /><a href="https://leonregent.fr/Pdf/La_Face_Cachee_Des_Prestations_Familiales.pdf"><strong>TOME 1 : ENFANTS</strong></a><img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2023/01/6321b0354d4a9f5d2428ecaf.png" width="85" height="123" alt="6321b0354d4a9f5d2428ecaf.png" /><br /><a href="https://leonregent.fr/Pdf/La"><strong>­TOME 2 : ADULTES</strong></a><img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2023/01/6321b08e2f84b951c302532f.png" width="85" height="123" alt="6321b08e2f84b951c302532f.png" /><br /> Concrètement, on pourrait procéder en deux étapes : d’abord remplacer les prestations familiales par une allocation familiale unique, puis passer aux adultes. <a href="https://leonregent.fr/Revenu_de_Base.htm">Deux livres librement téléchargeables</a> décrivent en détails chacune de ces étapes. Ils braquent volontairement le projecteur sur les points délicats et des variantes possibles.</div><div></div><div></div><div></div><div></div><div>Pourquoi changer, si la situation financière de la plupart des foyers ne s’en trouve quasi pas modifiée ? Pour deux raisons au moins !</div><div>Tout d’abord, le nouveau système coûterait à terme infiniment moins cher à gérer, côté administration mais aussi côté administrés : moins de démarches, moins de recours à des conseils.</div><div>Surtout, il y aurait un vrai changement : le passage de l’opacité à la transparence. Illustrons-le à partir du cas réel d’une personne qui s’est trouvée brutalement sans ressources. Il lui a fallu des heures pour faire et refaire sa demande de RSA. Une vingtaine de justificatifs ont été exigés !</div><div>Ce qu’elle touche enfin lui est notifié... avec des libellés incompréhensibles :</div><div><img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2023/01/6321b0be105a7d373132626e.png" width="369" height="164" alt="6321b0be105a7d373132626e.png" /><br />­<br /> Quel rapport entre ces montants et le chiffre d’affaire d’auto-entrepreneur de 604 € déclaré le trimestre précédent ? A quoi doit-elle s’attendre si son chiffre d’affaire change ? Il lui est impossible de le savoir. Les simulateurs officiels en ligne, eux-mêmes dépassés, sont en pratique inutilisables.</div><div>La CAF n’est pas responsable de cette maltraitance administrative. Pour expliquer, il lui faudrait remplacer ce relevé par trois pages de calculs !</div><div></div><div>Chacun ne peut connaître qu’un peu de ce qui le concerne. S’agissant par exemple des enfants, les familles pauvres sont sensibles à l’allocation de rentrée scolaire, et les familles aisées aux réductions d’impôts. Chacun défend ce qu’il connaît : l’opacité du système dresse les classes sociales les unes contre les autres.</div><div></div><div>Le gouvernement et les députés sont dépassés eux aussi. Quand il faut calmer des manifestations, ils votent une rustine de plus dans l’urgence. Ils multiplient ainsi les incohérences que l’administration cache dans des algorithmes opaques.</div><div></div><div>L’enjeu majeur du revenu d’existence de l’AIRE pourrait être la fraternité :<br />;un même dispositif pour tous, simple et transparent.</div><div></div><div></div><div></div><div>S’agit-il d’un « changement de cap » révolutionnaire ? Oui. En effet, ce projet réaliste, relativement facile à financer et à mettre en œuvre, est beaucoup plus radical qu’un rêve plus ambitieux qui ne verrait jamais le jour. Cette radicalité peut être perçue comme une menace, puisque le revenu d’existence menace les organisations dont la raison d’être est de gérer la complexité. Il menace les élus, qui ne pourront plus faire de promesses démagogiques ciblées sur leur électorat.</div><div></div><div>Où trouver le courage d’affronter ces obstacles ?</div><div>Dans la prise de conscience qu’on est arrivé au bout du bout de ce que le fonctionnement actuel peut produire de bon. Un système illisible condamne en effet les acteurs à des manifestations violentes pour réclamer plus, sans conscience ni de la faisabilité, ni des conséquences. L’exaspération est nourrie par la complexité et l’ineptie croissantes des lois et décrets. Si l’on ne change pas pacifiquement de cap, une « explosion » va se produire. Le résultat sera infiniment loin des rêves des utopistes : tous seront perdants.</div><div></div><div>Comment expliquer que la voie vers une société plus fraternelle aujourd’hui en France est la simplification et la transparence, et non plus une « générosité » plus grande ? Par la pratique ! Avec une « allocation familiale unique » ne dépendant ni des revenus du foyer, ni de sa composition, chacun pourrait voir, dans son quotidien, l’utilité d’une telle mesure.</div><div></div><div>Le succès de cette première réforme montrera la vraie place de l’État national : non pas traiter tous les cas particuliers avec des bases de données inquisitrices, mais fixer un cadre financier simple, universel, individuel et inconditionnel à l’intérieur duquel les acteurs locaux pourront agir de manière personnalisée. Il permettra de poursuivre avec d’autres réformes, plus sensibles : le revenu d’existence pour les adultes, les retraites, les cotisations sociales…</div><div></div><div>Libéré d’une bureaucratie étouffante, chacun pourra mieux vivre selon ses souhaits.</div><div></div><div></div><div></div>        
 
  <h3>Notes</h3>
    Que penser de la proposition de l’AIRE (Association pour l’Instauration d’un Revenu d’Existence) d’un revenu d’existence d’un montant d’environ 500 € ?        
 
</div>




	 


      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?UnRevenuDExistenceDuNiveauDuRsaSerait">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Economie numérique de l’attention et manipulation</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?EconomieNumeriqueDeLattentionEtManipulati]]></link>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>19/02/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Economie numérique de l’attention et manipulation </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
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			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema quel_capitalisme_en_crise">
                      Capitalisme(s) en crise  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p></p>    <p>Plusieurs ouvrages<a href="https://eccap.fr/#_ftn1">[1]</a> ont tenté de rendre compte des enjeux de l’économie de l’attention telle qu’elle est organisée actuellement par quelques entreprises numériques principalement américaines, les GAFAM. Dans le présent article on a fait le choix de présenter les principales conclusions<a href="https://eccap.fr/#_ftn2">[2]</a> d’un travail collectif réalisé dans le cadre du Conseil National du Numérique (CNN) et qui a donné lieu au rapport «Votre attention, s’il vous plait! Quels leviers face à l’économie de l’attention? » (Janvier 2022). Ce document est malheureusement peu connu.</p>    <h3><strong>Les enjeux de l’économie de l’attention</strong></h3>    <p>Le premier mérite du rapport du CNN est, dans son introduction, de présenter d’une manière claire les différents enjeux et les différents dangers de l’économie de l’attention en rappelant les deux dimensions de la notion d’attention : «une <strong>dimension psychique ou mentale</strong> tout d’abord (l’attention qu’on l’oppose à la distraction) et une <strong>dimension sociale</strong> ensuite (l’attention à l’autre ou à son environnement, telle qu’on l’associe au soin et qu’on l’oppose à la négligence - on peut alors parler d’attention conjointe, pour désigner cette dimension relationnelle de l’attention». Cette dimension sociale de l’attention est souvent oubliée ou minimisée.</p>    <table><tr><td><p></p><h3><strong>Le triple enjeu de l’économie numérique de l’attention :</strong> <strong>nos capacités psychiques, nos relations sociales, nos relations à l’environnement</strong> </h3><blockquote><strong> </strong> « Dès lors, poser la question de l’attention dans le contexte actuel revient à s’interroger sur un triple enjeu : qu’en est-il, dans les sociétés de plus en plus soumises à des dispositifs numériques au service d’une « économie de l’attention », de nos capacités psychiques, de nos relations sociales, et plus généralement, de nos relations à l’environnement ? Autrement dit, quelles sont les conséquences de l’économie numérique de l’attention pour l’«écologie», au sens très large que lui accordait Félix Guattari<a href="https://eccap.fr/#_ftn3">[3]</a>, à savoir l’écologie mentale, l’écologie sociale et l’écologie environnementale ? En effet, pour le philosophe français, « les perturbations écologiques de l’environnement ne sont que la partie visible d’un mal plus profond et plus considérable, relatif <strong>aux façons de vivre et d’être en société</strong> sur cette planète ».  </blockquote></td></tr></table>    <h3><strong>L’économie numérique de l’attention : quels modèles économiques ?</strong></h3>    <p><br />Les GAFAM et autres géants du numérique ont fait de la captation de l’attention un modèle économique. « De fait, ce n’est pas celui qui est attentif qui détient le pouvoir, mais celui qui capte l’attention;» à partir principalement de plateformes numériques. Le terme de<strong> plateforme</strong> désigne « un service occupant une fonction d’intermédiaire dans l’accès aux informations, contenus, services ou bien édités ou fournis par des tiers;» Ainsi, une plateforme est un marché bi-voire multiface qui met en relation différents groupes d’utilisateurs, permettant ainsi à l’offre et à la demande d’un bien ou d’un service de se rencontrer. « Face à la masse exponentielle de contenus proposés sur les plateformes, celles-ci ont également acquis un rôle d’ordonnancement : elles influencent voire déterminent la façon dont le contenu est hiérarchisé et présenté aux utilisateurs par le biais d’outils algorithmiques<a href="https://eccap.fr/#_ftn4">[4]</a>. Ces algorithmes sont nourris par les données collectées auprès des différents groupes d’utilisateurs. »</p>    <p><br />Les plateformes tirent leur valeur économique d’<strong>effets de réseau</strong>, c’est-à-dire que leur utilité croît avec le nombre des utilisateurs (exemple du réseau téléphonique). Ces effets de réseau ont pour conséquence la concentration des marchés dans lesquels les entreprises du numérique s’implantent, ainsi <strong>« un petit nombre de très grandes entreprises contrôle une énorme partie de l’attention mondiale et la convertit en profit»</strong>.</p>    <p>Le principal modèle économique des plateformes numériques est basé sur <strong>la publicité</strong> : le contenu est fourni à l’utilisateur sans contrepartie monétaire, grâce au financement d’espaces publicitaires par des annonceurs. « Loin d’être nouveau, ce modèle d’affaires était déjà utilisé par de nombreux médias, comme la presse écrite ou la télévision. Par rapport aux journaux, radios ou chaînes de télévision, les plateformes numériques ont la capacité de personnaliser les publicités affichées en fonction des données collectées sur la base des traces laissées par les consommateurs. On parle de « <strong>publicité ciblée</strong> ». Ce modèle économique en proposant un service gratuit facilite l’acquisition d’une masse critique d’utilisateurs déclenchant les effets de réseau. Le rapport du CNN donne une évaluation de ce que cette captation de l’attention peut représenter en termes de revenus pour les plateformes fonctionnant sur le modèle publicitaire. « Si l’on prend le réseau social Facebook, au deuxième trimestre 2018, le revenu moyen par utilisateur était d’environ 6 dollars au niveau mondial et, plus précisément, de 8,76 dollars en Europe;».</p>    <p>Dans le modèle économique dit « Freemium » : la plateforme laisse le choix à l’utilisateur soit de consommer le service gratuitement, ce qui l’expose en contrepartie à des publicités, soit de payer afin d’avoir accès à un service sans publicité. « En Europe, la mise en application du règlement sur la protection des données à caractère personnel (RGPD) a entraîné une augmentation des offres hybrides. « On voit ainsi se multiplier les bandeaux nous proposant soit d’accepter les cookies tels quels, soit de s’abonner au site ou de payer pour accéder au contenu. Certaines plateformes ont d’ailleurs fait le choix de ne reposer que sur un modèle payant, sous la forme d’abonnements hebdomadaires, mensuels ou annuels».</p>    <p>Le rapport du CNN souligne que « les jeux vidéo - bien que ne pouvant le plus souvent pas être considérés comme des « plateformes numériques » au sens économique du terme - jouent un rôle majeur dans l’économie numérique de l’attention. En effet, certains jeux vidéo sont proposés gratuitement, notamment sur les magasins d’applications de smartphones. Dans ce cas-ci, leur modèle économique repose sur une abondante publicité». </p>    <h3><strong>La « Captologie;» : La science des technologies persuasives</strong></h3>    <p>L’objectif des plateformes est de maximiser le nombre de leurs utilisateurs et, plus encore, l’engagement de ces derniers, c’est-à-dire qu’ils soient les plus actifs possibles.: « Tout l’enjeu de cette lutte pour capter le temps de cerveau disponible consiste à réduire à l’extrême les hésitations et les arbitrages conscients, pour créer une forme de naturalité qui ne pose pas de problème, qui semblera très économique sur le plan cognitif ». « Afin d’atteindre ces objectifs, les plateformes ont mis en place de nombreux dispositifs qui exploitent les mécanismes cognitifs et cérébraux les plus primaires ainsi que nos émotions « comme le montre la websérie « Dopamine » (Arte, 2019)».</p>    <p>Des technologies spécifiques ont été conçues (par exemple le «design digital comportemental») et « elles sont regroupées sous le terme de « captologie » ou science des technologies persuasives» c’est-à-dire « l’étude de l’informatique et des technologies numériques comme outil d’influence ou de persuasion des individus". Cette discipline est notamment enseignée « au Behavior Design Lab de l’université de Stanford, autrefois baptisé Persuasive Lab, où ont étudié de nombreux concepteurs de services numériques et qu’ils ont ensuite mise à profit pour créer des interfaces exploitant nos biais cognitifs, maximiser notre engagement en ligne et nous inciter à y revenir le plus vite et le plus rapidement possible».</p>    <h4><strong>« La captologie;» : exploiter les biais cognitifs humains</strong></h4>    <p>Pour stimuler la compulsion à consulter nos écrans, plusieurs mécanismes psychocognitifs sont mobilisés qui répondent à différents besoins de l’être humain. « En premier lieu : <strong>le besoin de popularité</strong> défini comme le « besoin d’être aimé et reconnu par le plus grand nombre de personnes » et <strong>le besoin de</strong> <strong>reconnaissance sociale,</strong> par le biais de likes, commentaires, messages, etc. ».</p>    <p>« Les plateformes jouent aussi sur le principe de <strong>« l’apprentissage par conditionnement opérant »</strong> qui consiste à créer artificiellement des habitudes comportementales en misant sur différents types de récompenses. Premièrement, on trouve les « récompenses de soi », à savoir le besoin de se sentir unique, de posséder des compétences remarquables, etc. Deuxièmement, les « récompenses de chasse » visent à satisfaire le désir de conquête ou de victoire, comme c’est notamment le cas dans les jeux vidéo, au travers de différents trophées ou médailles. Enfin, les « récompenses de la tribu » satisfont le désir d’appartenance sociale et de popularité, au sein d’un groupe. (..) recevoir un like est reçu par le cerveau comme une récompense et génère la sécrétion de dopamine dans le cerveau, hormone du plaisir, de la motivation et de l’addiction. Le like crée une boucle de rétroaction de validation sociale : on est validé par le groupe et on se sent obligé en retour de liker le contenu des autres. Cela crée une boucle sans fin.</p>    <p>Le like s’est diversifié en différents types de réactions, permettant à la plateforme de jouer sur nos émotions. Il existe six émotions universelles : la joie, la surprise, la tristesse, la colère, le dégoût et la peur. Autant d’émotions que l’on retrouve dans les boutons proposés par Facebook et symbolisés par des emojis simplistes. Pour Facebook, ce dispositif est aussi un moyen de collecter des données encore plus précises, qui lui demeuraient jusque-là inaccessibles : les émotions. Ces données permettent d’optimiser le ciblage comportemental et d’ajuster encore plus le fil d’actualité de chaque utilisation pour susciter la bonne émotion et accroître le temps passé sur le réseau social».</p>    <p>« Les plateformes empruntent certaines de leurs stratégies à l’univers du jeu. On parle de « gamification » pour désigner l’utilisation des mécanismes du jeu dans d’autres domaines, en particulier des situations d’apprentissage, de travail, de la vie quotidienne : l’utilisation de dispositifs « gamifiés » par les applications ou les objets connectés permet d’augmenter leur acceptabilité et leur usage en s’appuyant sur la prédisposition humaine au jeu. À travers la « gamification », le jeu se voit néanmoins souvent réduit à un ensemble de « mécaniques pavloviennes » visant à stimuler les réflexes des utilisateurs, mais dépourvues de toute signification. La gamification nous promet, en guise de monde plus fun, un univers de traces, de points, de récompenses numériques et de progression sur le modèle des jeux en ligne;».</p>    <h3><strong>Économie de l’attention ou économie de la manipulation ?</strong></h3>    <p>Le rapport du CNN propose de définir l’économie de l’attention mise en œuvre par les GAFAM comme : « un ensemble de dispositifs mis en œuvre afin d’extraire une valeur marchande à partir de la captation de l’attention des utilisateurs».</p>    <p>Certains chercheurs pensent que ce terme d’économie de l’attention, en donnant l’impression de parler d’une réalité unifiée, serait source de confusion. Pour les auteurs du rapport du CNN, le terme d’« économie de la manipulation » serait sans doute plus approprié. « Les plateformes ont acquis une telle finesse dans le profilage des utilisateurs qu’il leur est quasiment possible d’anticiper leurs intérêts, leurs conduites, leurs envies, et de les manipuler». « L’enjeu de la captation de notre attention n’est pas qu’un enjeu de temps passé devant un écran, mais aussi et surtout un enjeu de sensibilisation au fonctionnement et à la motivation des acteurs qui cherchent à accaparer cette ressource par le biais du numérique».</p>    <p>Et de conclure « quel que soit le terme que nous choisissons pour aborder la problématique de l’économie de l’attention, l’enjeu consiste à comprendre les modèles économiques et les infrastructures technologiques visant à capter l’attention des individus, afin d’envisager leurs <strong>effets en termes d’écologie mentale, d’écologie sociale et d’écologie environnementale</strong>»<a href="https://eccap.fr/#_ftn5">[5]</a>.</p>    <p><br /></p><hr class="wp-block-separator" /><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Parmi ces ouvrages notons celui coordonné par Yves Citton, L’économie de l’attention, Editions La Découverte,2014<br /><br />[2] Le présent article fait la synthèse que de la première partie du rapport du CNN.<br /><br />[3] Félix Guattari, Les trois écologies, Paris, Galilée, 1989<br /><br />[4] Un algorithme est la description d&apos;une suite d&apos;étapes permettant d&apos;obtenir un résultat à partir d&apos;éléments fournis en entrée (une recette de cuisine, par exemple). « Le PageRank est sans aucun doute l&apos;algorithme numérique le plus utilisé dans le monde. Il est le fondement du classement des pages sur le moteur de recherche de Google;».<br /><br />[5] Ces effets sont développés dans la partie II (Pourquoi l’économie numérique de l’attention et les technologies persuasives peuvent s’avérer néfastes pour le vivant;?) et la partie III (Comment mettre le numérique au service d’une attention psychique, sociale et environnementale) du rapport du CNN</p>        
 
</div>




	 


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            <span>Voir la fiche</span>
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>La Réforme des retraites</title>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>17/02/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">La Réforme des retraites </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PicardRobert/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Picard Robert">Picard Robert</a></li>
					</ul>
	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema reactions_actualites_passees">
                       <a href=?reactions-actualites-passees>Réactions actualités passées </a>
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>« La question des retraites est l’une des plus grosses bombes à retardement cachées de la société française, tant le nombre d’actifs contribuant à les financer décroît lentement mais régulièrement. Les enfants du baby-boom arrivant aujourd’hui à l’âge du départ, il n’y a que trois solutions : augmenter le montant des cotisations retraite, allonger la durée de la période pendant laquelle on cotise, ou baisser les retraites. »</p>    <p>Michel Rocard dans;« Si ça vous amuse »;Flammarion 2010 p.194</p>    <p>Celui-ci, Premier Ministre avait engagé une mission de dialogue sur le problème. Il a été contraint à démissionner le 15 mai 1991 et le processus n’a pas été repris par ses successeurs. </p>    <p>Mais, ce sont les événements tumultueux qui accompagnent la procédure de réforme en cours qui nous préoccupent. </p>    <p>Le commentaire du pacte civique (27 janvier 2023) est, à mon avis, l’un des meilleurs textes, parmi les nombreux qui ont été publiés. </p>    <p>Je partage notamment le sentiment que le moment a été très mal choisi. </p>    <p>Les diverses réactions, leur violence (sans parler d’un débat indigne, honteux, à l’Assemblée Nationale), amènent à se poser quelques questions et aussi à tenter la recherche de pistes pour essayer d’y voir clair.</p><p><br /></p><p> </p>    <h3>1 Trois questions</h3>    <p><b>1.1 Pourquoi tant de passions pour les retraites, alors que bien d’autres injustices mériteraient notre indignation ? </b>C’est par exemple : </p>    <p>Les mesures radicales indispensables et urgentes pour limiter le réchauffement climatique et l’érosion de la bio-diversité, toujours remises à plus tard. (1)</p>    <p>Le mal logement. Quatre millions de mal logés en France. Selon la Fondation abbé Pierre, il faudrait y ajouter 12 millions de personnes en situation de fragilité quant au logement. </p>    <p>La pauvreté : 5 millions de personnes qui perçoivent des revenus inférieurs au seuil de pauvreté (940€/mois pour une personne seule). Il est vrai que la France n’est pas, de ce point de vue, le pire des pays européens. Notons quand même que la Finlande fait sensiblement mieux que nous.(2)</p>    <p>Le chômage : Un peu plus de 7% de la population active. Il y a eu pire. Est-ce une raison pour s’en satisfaire ? </p>    <p>La galère quotidienne des transports pour les franciliens. </p>    <p>Liste non limitative…</p>    <p>On pourrait avoir l’impression que l’âge de la retraite fonctionne comme un abcès de fixation qui permet de mettre le reste entre parenthèses. </p>    <p><b>1.2 Pourquoi est-ce un drame pour les français de devoir travailler jusqu’à 64 ans, alors que pour les allemands, les danois et les italiens, l’âge de la retraite est fixé à 67 ans ?</b> Le seul pays de l’UE à avoir la retraite à 62 ans est la Slovaquie. Tous les autres vont au-delà. </p>    <p><b>1.3 Une question beaucoup plus générale. </b></p>    <p>La France, champion de la dépense publique (59% du PIB L’Allemagne et le Danemark dépassent à peine 51%)</p>    <p>Comment s’y prend notre pays pour être en même temps celui d’Europe qui paye le plus mal ses enseignants ? Qui paye mal ses infirmières ? </p>    <p>Un pays dont le système hospitalier ne parvient pas à traiter correctement les urgences (mais ce n’est pas uniquement un problème financier)</p>    <p>Un pays qui ne parvient pas à entretenir convenablement les rails de son réseau ferré. </p>    <p>L’excès des dépenses liées aux retraites serait-il responsable de ces carences ?</p><p><br /></p><p> </p>    <h3><strong>2</strong><strong>Tentatives pour essayer d’y voir clair</strong></h3>    <p><b>2.1 Les français ne veulent plus travailler ? </b></p>    <p>Une mentalité qui pourrait être illustrée par un slogan affiché lors d’une manifestation : « On me vole deux ans de ma vie ». Comme si le travail ce n’était pas aussi la vie !</p>    <p>Le travail ne serait que l’instrument pénible qui permet d’accéder aux congés et surtout à la retraite. La vraie vie commencerait à la retraite ? </p>    <p>Qu’il y ait un peu de cette illusion dans nos mentalités plus ou moins conscientes  on ne peut pas l’éliminer totalement, mais la réalité est plus complexe. </p>    <p><b>2.2 Le travail a changé</b></p>    <p>Il n’est plus évident que le travail ait un sens. Pour peu qu’ils soient conscients de la gravité de la crise climatique, tous ceux qui travaillent à construire des véhicules à moteur thermique doivent avoir un peu de mal à trouver un sens à leur activité. </p>    <p>C’est un fait nouveau, certains jeunes exigent que leur travail ait un sens et renoncent à des emplois bien rémunérés pour des situations moins lucratives dans des espaces où ils ont le sentiment d’œuvrer pour la sauvegarde de la planète ou pour renforcer le lien social. </p>    <p>L’illusion du toujours plus a perdu de son attrait. Travailler plus pour gagner plus n’est plus à l’ordre du jour. Les français ne refusent pas l’effort, mais ils veulent qu’il soit compatible avec une vie personnelle et familiale. </p>    <p>Ce n’est pas un refus du travail, mais la place de celui-ci qui est discutée. Il n’est plus le centre de la vie. </p>    <p>Les conditions de travail ont évolué aussi, mais pas suffisamment. Nos organisations sont restées très tayloriennes, les hiérarchies sont souvent restées lourdes et tatillonnes  les relations entre collègues trop souvent conflictuelles. </p>    <p>Les français qui ont vécu des expériences professionnelles dans des pays voisins sont à peu près unanimes à relater des ambiances de travail plus agréables, plus détendues, plus coopératives. </p>    <p>Ceci expliquerait-il que nos voisins acceptent de travailler jusqu’à un âge plus avancé ? </p>    <p><b>2.3 L’ambiguïté et la brutalité de la réforme en cours</b></p>    <p>Celle-ci poursuit trois objectifs : </p>    <p>Sauvegarder le système de retraites par répartition. Objectif consensuel. </p>    <p>Augmenter le taux d’emploi des séniors beaucoup plus faible en France que dans la plupart des pays de l’UE. (un sénior qui travaille, non seulement ne perçoit pas de retraite, mais aussi contribue au financement du système par ses cotisations retraite)</p>    <p>Le troisième objectif n’est pas clairement avoué. Il s’agit de dépenser moins pour les retraites. </p>    <p>Le raisonnement implicite serait le suivant : </p>    <p>La dépense publique atteint en France un niveau qui ne peut pas être dépassé sous peine de mettre notre économie en péril (discutable, mais soutenable)</p>    <p>Les retraités français sont privilégiés. La France est le seul pays de l’UE où le revenu moyen des retraités est à peu près égal au revenu moyen des actifs. Il y a moins de retraités pauvres que d’actifs pauvres. </p>    <p>En diminuant la dépense pour les retraites nous pourrions mieux financer des besoins prioritaires (par exemple, mieux payer les profs, mieux rémunérer les médecins généralistes en secteur 1, etc…)</p>    <p>Un tel choix est concevable, mais c’est un choix de société qui doit être clairement énoncé et doit faire l’objet d’une réelle concertation impliquant tous les acteurs de la société civile (syndicats, patronat, associations de retraités…)</p>    <p>En plus de cette ambiguïté, il y a aussi la brutalité de la réforme. Dès le départ, ce que l’on savait être un chiffon rouge, l’âge de la retraite est présenté comme non négociable. On peut avoir le sentiment que, de part et d’autre on se déchire pour un symbole, l’âge légal de la retraite qui n’est même pas toujours l’âge effectif de la cessation d’activité. </p>    <p>Et les symboles sont souvent plus meurtriers que la réalité. </p>    <p>Peu importe que les oppositions reposent souvent sur de l’irrationnel (et aussi sur des calculs politiciens). Il est plus efficace de contourner l’irrationnel que de l’affronter brutalement. </p>    <h3>Conclusion</h3>    <p>La réforme des retraites, un désastre, un beau gâchis. Non pas que le texte (en son état actuel) soit radicalement inacceptable. Aucun régime de retraite n’est sans défaut. Celui-ci est essentiellement critiquable pour être rejeté par une forte majorité de la population et pour avoir déchainé des passions dévastatrices. </p>    <p>Une réforme était nécessaire  son urgence était de l’ordre du moyen terme, alors que deux priorités devraient s’imposer au quinquennat  deux priorités de très court terme : Rendre la France exemplaire dans la lutte pour le climat et la bio-diversité. (elle en est loin) Gérer au mieux, avec un souci d’équité, les retombées (l’inflation notamment) de notre soutien à l’Ukraine qui nous coutera très cher  mais c’est le prix de notre liberté. </p>    <p>Dans les deux cas, ça impliquera des bouleversements de nos modes de vie bien plus radicaux que la perte de deux ans de retraite. </p>    <p>Pour autant, la réforme des retraites ne doit pas être oubliée, mais elle doit être menée en prenant le temps nécessaire pour obtenir un consensus minimum. Pourquoi ne s’être pas inspiré du processus initié par Michel Rocard ? </p>    <p>Une première étape consistait à obtenir un consensus des partenaires sociaux sur un diagnostic étayé par un document élaboré par l’INSEE. </p>    <p>Il estimait à deux ans le temps nécessaire pour parvenir à ce consensus…</p>    <p>Une troisième étape serait celle d’une négociation tripartite, État, patronat, syndicats, destinée à aboutir à un accord négocié. </p>    <p>Michel Rocard n’a disposé que du temps nécessaire pour faire élaborer le document de base par l’INSEE. </p>    <p>Emmanuel Macron a quatre ans devant lui… !</p>    <p>Quelle que soit l’issue de ce psychodrame, le Président de la République en ressortira affaibli. Il sera fortement handicapé pour mener à bien des actions d’envergure. </p>    <p>Un beau gâchis, car il est permis de craindre que bien avant la fin du quinquennat, des situations critiques exigent l’intervention d’un pouvoir lucide, courageux et bénéficiant du soutien de la population. ;</p>    <p><br /></p>         
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>(1) Il est paradoxal de déplorer le passage du départ en retraite à 64 ans, alors que nous ne savons pas si, en raison notamment du dérèglement climatique, l’espérance de vie ne sera pas inférieure à 62 ans, d’ici quelques années.
</p><p>(2) Qu’il s’agisse de mal logement ou de revenus insuffisants, les chiffres ne disent pas tout. Il faut aussi entendre les bénévoles des associations caritatives ou des épiceries sociales. Ce qu’ils rencontrent, ce n’est pas la pauvreté, c’est la misère.</p><p>
</p>        
 
</div>




	 


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            <span>Voir la fiche</span>
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
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      <item>
        <title>Une encyclopédie en commun ?</title>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/03/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Une encyclopédie en commun ? </h1>
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		 	title="Voir la fiche ECCAP ">ECCAP </a></li>
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                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
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    </div>


 



<div class="article">
    <p>Pour mener plus loin l&apos;encyclopédie du changement de cap, notre petite équipe s&apos;étoffe pour contribuer à l&apos;élaboration d&apos;une encyclopédie en commun. Cette présentation a été rédigée par des personnes impliquées dans le monde associatif, en particulier l&apos;éducation populaire et/ou les communs numériques..</p>    <p></p>    <p>Les incertitudes d’ordre écologique et économique, la perte de confiance continue dans nos institutions, l’infobésité, les fake news… sont facteurs d’instabilité et génèrent des antagonismes, comme en témoignent la violence qui s’installe jour après jour dans nos échanges, et l&apos;entre-soi amplifié par le fonctionnement en algorithmes des réseaux sociaux. Cependant ce contexte peut aussi être le déclencheur d’une bifurcation nécessaire, nous ramenant à la nature complexe du monde auquel nous appartenons.<br /><br />Une telle rupture demande que la place du politique devienne centrale, en particulier face aux pouvoirs économiques et financiers. Des expériences existantes montrent l&apos;intérêt d&apos;un élargissement du « pouvoir politique » au-delà du corps des élus (et des institutions), c’est à dire à l’ensemble du corps social organisé reliant tous les acteurs et actrices qui contribuent à faire et à penser la société. Et pour que ce corps social puisse créer les conditions d’une transformation de la société, il va en premier lieu devoir s&apos;attaquer aux « objets en tension » auquel il est confronté.<br /><br />A partir de l&apos;expérience de l’Encyclopédie du Changement de Cap, nous nous proposons de contribuer à nourrir, en relation avec l’ensemble des agrégateurs de connaissance existants, les conditions d’un dialogue des savoirs, intergénérationnel, hors des binarités politiciennes, tenant compte de la place de l’individu, des collectifs de travail, des organisations et institutions.<br />Se dégagent quatre intentions, correspondant à des niveaux d’investissement :<br /><br />1. Collecter, organiser, éventuellement accompagner la création de contenus (articles, podcast, vidéos), sur un serveur ouvert à l’interopérabilité des données.<br />2. Mettre en évidence les tensions et interactions entre les contenus collectés pour alimenter des échanges contradictoires : <strong>des controverses</strong>, qui ne sont ni des polémiques, ni des pugilats, ni des clash.<br />3. Donner à voir des méthodologies de mise en controverses expérimentées dans les différents espaces et/ou théorisées<br />4. Tisser des relations vivantes entre auteurs, initiatives, lectorat, en concevant une architecture et une sémantique des liens en relation avec les autres acteurs du secteur, une façon de créer le « désir d’archipel », en le rendant visible.<br /><br /><strong>Il s’agit de constituer ensemble un espace contributif de ressources et de partage des savoirs, dans la diversité des points de vue, de façon à faciliter pour chacun la construction de ses opinions, et de se saisir de moyens d’agir individuels et collectifs.</strong></p>    <p>Une association et un fonds de dotation en cours de construction pourront servir de supports à cette encyclopédie en commun. </p>         
 
 
</div>




	 


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            <span>Voir la fiche</span>
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>« Comprendre pourquoi on ne se comprend pas »</title>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>01/03/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">« Comprendre pourquoi on ne se comprend pas » </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
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                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <a href="https://www.cnrseditions.fr/catalogue/sciences-politiques-et-sociologie/comprendre-pourquoi-on-ne-se-comprend-pas/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><img src="https://www.cnrseditions.fr/wp-content/uploads/2023/01/9782271145307.jpg.webp" alt="width=250" /></a>    <p>Cet article est une recension du livre d&apos;Eric Dacheux[1] intitulé Comprendre pourquoi on ne se comprend pas.</p>    <p>La communication entre personnes ne va-t-elle pas de soi? Pourquoi se compliquer la vie et faire appel aux « sciences de l’information et de la communication » comme le fait Eric Dacheux dans ce 260ème petit volume de la collection Biblis du Centre National de la Recherche Scientifique<a href="https://eccap.fr/#_ftn2">[2]</a>?</p>    <p>Est-il bien nécessaire de se « compliquer la vie » en utilisant des termes abscons comme « communication phatique » qui obligent à consulter le dictionnaire? ou en ergotant pour confronter la communication à d’autre formes de mises en lien : persuasion, diffusion, transmission etc.</p>    <p>Ce livre de vulgarisation demande un effort. Mais le jeu en vaut la chandelle si l’on reconnaît l’ambition qui est derrière. Ni plus, ni moins que «refaire la démocratie » pour reprendre une partie du titre d’un autre livre d’Eric Dacheux et Daniel Goujon : «Défaire le capitalisme, refaire la démocratie – les enjeux du délibéralisme »<a href="https://eccap.fr/#_ftn3">[3]</a>. Dans cet autre texte, le délibéralisme est défini comme nouvelle conception du vivre ensemble. Autrement dit : « nous serons véritablement en démocratie quand les personnes concernées par un problème auront la possibilité de le résoudre elles-mêmes<a href="https://eccap.fr/#_ftn4">[4]</a> ». Ce qui est le point commun des initiatives d’économie solidaire : « ce sont toutes des organisations démocratiques qui agissent suite à une délibération interne ».<a href="https://eccap.fr/#_ftn5">[5]</a></p>    <p>Pour « Comprendre pourquoi on ne se comprend pas » il est alors fructueux d’entrer dans les distinctions subtiles auxquelles nous engage ce petit livre. Alors que la communication est « une mise en lien qui vise la co-construction de sens entre altérités libres et égales » (p.46), elle n’est jamais à l’abri de l’ambivalence avec d’autres manières de mettre en lien les humains : la persuasion, la transmission de connaissances etc. Alors que la communication est « le fruit incertain d’une élaboration humaine complexe qui sera interprétée de manière différente d’un individu à l’autre », elle « est aussi une danse relationnelle, la recherche de la bonne distance entre le même et l’autre…régie par des règles culturelles et sociales qui offrent un cadre sécurisant permettant aux danseurs de rentrer en contact sans se heurter violemment »(p. 148).</p>    <p>Le dernier chapitre explique pourquoi les outils numériques sont « un remède pire que le mal ». Les outils numériques « sont de formidables machines permettant de nous connecter à distance, d’accéder à un potentiel quasi infini d’informations…ce ne sont pas des machines à communiquer. Communiquer en effet, nous l’avons montré tout au long de cet ouvrage, réclame du temps et de l’espace » (p.179).</p>    <p>« Les outils numériques que nous utilisons appartiennent à des multinationales regroupées sous le titre de GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) » (p.180). Ces outils, «<strong> loin de tenir les promesses d’une compréhension plus forte entre les hommes, représentent un danger pour nos sociétés démocratiques »</strong>. Les GAFAM plus puissantes que bien des États utilisent nos données personnelles et nous incitent à rester dans notre bulle de confort. « Or, … communiquer ce n’est pas rester chacun dans sa bulle, c’est prendre le risque de bâtir une bulle commune. De même construire une démocratie, ce n’est pas simplement laisser chacun explorer sa manière de voir le monde, c’est construire à partir des singularités, une vision commune, un intérêt général qui n’est pas réductible à la somme des intérêts particuliers » (p.184).</p>    <hr class="wp-block-separator" /><br />        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Eric Dacheux. Comprendre pourquoi on ne se comprend pas. CNRS Editions. Coll. « Biblis;». Paris 2023. Avec en exergue la citation suivante de Dominique Wolton :: «Royaume du malentendu, des quiproquos, des mélancolies, la communication n’est jamais assurée d’être efficace. Impossible de s’en passer; difficile d’en être heureux ! »<br /><br />[2] Cette petite collection de vulgarisation aborde tous les sujets.<br /><br />[3] Eric Dacheux, Daniel Goujon. Défaire le capitalisme, refaire la démocratie. Les enjeux du délibéralisme. Ed. Erès, février 2020.<br /><br />[4] E.Dacheux se réfère au philosophe John Dewey<br /><br />[5] Sous la direction de Josette Combes, Bruno Lasnier, Jean-Louis Laville. L’économie solidaire en mouvement. Ed. Erès. Nov. 2022, p.64.</p>        
 
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Avec le débat sur les retraites, un immense gâchis et le Rassemblement national aux aguets.</title>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>15/03/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Avec le débat sur les retraites, un immense gâchis et le Rassemblement national aux aguets. </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
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	</div>

<div class="meta-info">  
    </div>


 



<div class="article">
    <img src="https://changement-de-cap.fr/wp-content/uploads/2023/03/Le-FN-et-la-societe-francaise.jpeg" alt="class=wp-image-1805" width="248" />    <p>Le Pacte civique, association de citoyens prudente et mesurée, affirmait dans son flash info de fin janvier intitulé Conflit sur les retraites, quelle issue? qu’on assistait à un immense gâchis. Depuis, avec les débats dans les Assemblées, ce diagnostic n’a fait qu’empirer et le Pacte civique propose une analyse qui donne une synthèse bien utile pour tous ceux qui se perdent dans les controverses et qui veulent y voir clair <a href="https://eccap.fr/#sdfootnote1sym">1</a>.</p>    <h3 class="has-large-font-size"><strong>Maître des horloges ou garçon d’ascenseur ?</strong></h3>    <p>Mais pourquoi donc le Président Macron s’entête et refuse de recevoir les syndicats unanimes, au risque comme le dit Laurent;Berger d’un déni de démocratie. C’est que le président veut être le maître des horloges, celui qui décide et qui, quoi qu’il en coûte, veut faire passer sa réforme en tenant bon, en l’imposant à une société qui n’en veut pas. Au risque d’être un apprenti sorcier et d’être le garçon d’ascenseur qui fait monter Marine;Le;Pen dans les étages, c’est-à-dire dans les différentes étapes du suffrage universel.</p>    <p>Car comme le rappelle à nouveau E. Plenel dans son dernier livre : « L’appel à la vigilance;»<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote2sym">2</a>, c’est bien par les urnes que Mussolini puis Hitler sont arrivés au pouvoir. Or André;Koulberg dans son livre;Le FN et la société française;- L’extrême droite banalisée paru en 2017, aux éditions Utopia, montre comment la progression du Front national, devenu le Rassemblement national, dépend des vicissitudes de la société française.</p>    <p>Le 6 mai 1987, Jean-Marie;Le;Pen à l’Heure de vérité devant des millions de téléspectateurs dénonce les « sidaïques;» accusés de propager la maladie. La campagne menée par ce qui était alors le Front national a complètement échoué parce que « toutes les voix qui comptaient;» ont manifesté leur désaccord. « Ainsi, lorsque les frontistes ne trouvent aucun relais à leur discours de peur et à leurs fantasmes autoritaires ils échouent lamentablement;». « En septembre 1987, la déclaration sur les chambres à gaz, « point de détail de l’histoire de la guerre mondiale;», suscite de nouveau une désapprobation unanime;». C’est justement ce genre de déclaration que Marine Le Pen s’efforce d’éviter pour banaliser le Rassemblement National, supprimer le plafond de verre et l’emporter aux prochaines élections.</p>    <p>Malheureusement sur les thèmes de l’immigration et de l’insécurité, le Front national aujourd’hui Rassemblement national trouve des relais auprès de nombreux hommes politiques, médias, essayistes et pamphlétaires et cela explique ses succès électoraux<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote3sym">3</a>. La pléthore de textes législatifs ces dernières années sur ces questions est l’illustration de cette agitation autour des idées du RN.</p>    <p>Citons encore André Koulberg : « Les succès du Front national ne sont, pour l’essentiel, pas imputables à celui-ci, mais aux dysfonctionnements qui touchent la société française dans son ensemble…Le Front national est notre créature;». Et l’analyse qu’il fait de la montée des votes des Le Pen est éclairante : « Les variations des résultats frontistes à des moments où les espérances politiques s’infléchissent brusquement (confortées ou déçues) sont souvent observables;».</p>    <p>Est-il encore possible d’espérer un sursaut d’Emmanuel;Macron, qui ne serait ni maître des horloges, ni garçon d’ascenseur, mais Président des Français, dont l’écrasante majorité est opposée au projet actuel sur les retraites;? Il pourrait alors ouvrir une large négociation non seulement sur les retraites mais sur des sujets autrement plus urgents et importants comme le réchauffement climatique.</p>    <h3 class="has-large-font-size"><strong>Nécessité d’un projet écologiste et socialiste</strong>.</h3>    <p>Si l’on prend au sérieux le constat d’André Koulberg : ;« les succès du Front national (aujourd’hui Rassemblement national) sont dus aux dysfonctionnements de la société française dans son ensemble;», alors il est urgent de montrer aux électeurs du RN et aux abstentionnistes qu’un autre avenir est possible. C’est à quoi s’emploiera l’ECCAP avec bien d’autres.</p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote1anc">1</a> Voir sur le site du Pacte Civique : « Retraites, une réforme nécessaire mais pas nécessairement urgente;».</p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote2anc">2</a> E.Plenel. L’appel à la vigilance. Face à l’extrême droite. Ed. La Découverte 2023.</p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote3anc">3</a> Les clarifications de François Héran, professeur au Collège de France, sur l&apos;immigration sont très importantes et l’ECCAP s’efforcera d’en parler.</p>         
 
 
</div>




	 


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            <span>Voir la fiche</span>
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Sur le fonctionnement des communs fonciers : biens des communautés villageoises (fiche 2)</title>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/04/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Sur le fonctionnement des communs fonciers : biens des communautés villageoises (fiche 2) </h1>
<div class="auteur"><ul>
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		 	title="Voir la fiche Garrigues Bernard">Garrigues Bernard</a></li>
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                      Pratiquer une autre économie  
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    </div>


 



<div class="article">
    <img src="http://garriguesbernard.fr/garde_guerin/1.jpg" alt="/" />    <p align="center"><b><i>Bernard Garrigues présente sa vision des communs, qui résulte deson expérience des biens des communautés villageoises, sa formation en systémique ainsi que sa thèse de doctorat de géographie consacrée au développement local.</i></b></p><h3 align="center"><b><i><br /></i></b></h3>    <h3><strong>Retour sur expérience : le fonctionnement visible d’une communauté</strong></h3>    <p>J’ai été accueilli par mariage, en 1964, dans une communauté villageoise, vieille d’un millier d’années, qui possédait de grands biens immobiliers bâtis et agricoles, une carrière, une mine d’argent, des droits d’eau d’irrigation, des ressources halieutiques et cynégétiques, etc … Alors, la section de commune fonctionnait plutôt bien et avait recruté un berger pour le gardiennage du troupeau commun. Les conditions furent favorables à mon intégration dans la communauté, d’autant plus facile que, sortant de l’École Nationale d’Élevage Ovin de Rambouillet, je fus une personne ressources pour elle, au même titre que l’instituteur, le curé ou la sage-femme. La communauté fut créée à la fin du 10ème siècle sous forme de <strong>parerie</strong> par Anduze, de chevaliers égaux en droit et en devoirs que le comte d’Anduze avait chargé de la gendarmerie, moyennent péage, du chemin de Regordane à la limite de son administration.</p>    <p>À cette époque, beaucoup de travaux agricoles se faisaient en commun : fenaison, moisson et battage des céréales, blanchissage des châtaignes, charcuterie du porc, prestations [<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote1sym">1</a>], etc. il suffisait de suivre et de participer suivant ses compétences, rapidement repérées par la communauté. Aucune décision ne semblait prise, ni par délibération en commun, ni par un leader de la communauté. Étonnant pour quelqu’un qui a l’habitude de travailler à partir de protocoles stricts et d’ordres clairement énoncés; mais naturel pour des gens dont la pratique découle directement des activités du ménage et de se connaître par cœur pour avoir été à l’école ensemble. Pour quelqu’un comme moi, formaté aux principes démocratiques de gauche, j’avais quelques difficultés à comprendre un tel fonctionnement et à accepter qu’il soit supérieur au fonctionnement démocratique[<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote2sym">2</a>].</p>    <h3><strong>Le fonctionnement des communs absent des textes juridiques</strong></h3>    <p>Lors de mes recherches doctorales de géographe du développement local, 40 ans plus tard, j’ai utilisé mes connaissances des biens des communautés villageoises afin de jauger la manière dont les pouvoirs administratif et politique traitaient les plus humbles citoyens de la République. Ce qui me permit de découvrir que (1) le droit est une variable lourde de l’environnement local (Sarah Vanuxem) : il permet de détecter les bifurcations sociétales; (2) qu’à peu près depuis le Code Justinien (529 après JC), existait un flux continu très progressiste entre le droit positif et le droit coutumier et (3) le principe assez intangible que, pour être légale, la loi ne doit pas nuire, ré-énoncé dans les principes généraux du droit constitutionnel français : la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Le fonctionnement des communs restait incompréhensible, sauf à le constater comme celui d’un ménage<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote3sym"> [3</a> ] augmenté.</p>    <h3><strong>Les communs : un fonctionnement biomimétique…</strong></h3>    <p>D’une interview de Catherine Larrère, paru en décembre 2021 sous le titre L’écologie ne peut se contenter d’être scientifique, j’extrais une phrase qui justifie à elle seule ma prétention de traiter les communs traditionnels d’organismes biomimétiques devant être approchés comme tels : « Le début du 20ème siècle est marqué, avec Frédéric Clements, par l’émergence d’une écologie organique qui assimile la communauté formée des êtres vivants dans leur milieu de vie à un superorganisme, qui naît, se développe et atteint sa maturité au stade du « climax<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote4sym">[4]</a>» .. Certes « super;» semble de trop : en se référant à Théodore Monod, une oasis saharienne est un écosystème local naturel. L’aventure des Garamantes représentant le contrexemple technique<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote6sym"> [5]</a>. Ceci pour pouvoir écrire avec une certaine autorité que les communs français, les Biens des Communautés Villageoises, représentent des organismes biomimétiques stricto sensu, pas des institutions au sens néo-institutionnaliste d’Élinor Ostrom. Les scientifiques qui travaillent sur les communs doivent acquérir cette connaissance écologique s’ils désirent diffuser le modèle de communs modernes.</p>    <h3>… <strong>sans tutelle, ni chef</strong></h3>    <p>L’analyse néo-institutionnaliste d’Ostrom, extrêmement fine et claire, fixe un cadre d’analyse robuste au géographe systémicien intéressé à la question. En particulier : (1) entre la firme et l’État, la remarquable efficience économique des communs; <strong>(2) un ensemble de règles maintenues par leurs membres, sans tutelle ni chef, par opposition aux normes imposées par l’État</strong>; (3) pas de notions de bénéfices à l’infini; (4) une analyse a-historique : un commun ostromien est un objet actuel<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote7sym">[6]</a>, résultat de son histoire plus ou moins inconnue. Ostrom estime nécessaires des travaux de même ampleur que ceux de son analyse institutionnelle afin de savoir le fonctionnement des communs.</p>    <p>Les premiers modèles qui viennent à l’esprit lorsque nous étudions les organismes sociaux sans chef et sans décision préalable à l’action sont les communautés d’insectes sociaux : ruches et fourmilières. Elles apportent une explication fondamentale à leur fonctionnement : le partage entre toutes les fourmis ou abeilles des informations utiles au fonctionnement de leur communauté. Plus le constat que, contrairement aux idées reçues, une partie des insectes de la communauté glande, dans le sens sémantique « ramasser des glands;», c’est-à-dire, n’ont pas une activité correspondante à leurs fonctions « assignées;». Forces de réserve;? Repos;? Cependant la communauté les traite égalitairement, voire équitablement du point de vue biomimétique<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote8sym">[7]</a>, alors qu’elle élimine systématiquement les membres devenus inutiles (mâles et, probablement, malades). Retenons que ces communautés fonctionnent correctement avec 100;000 membres (abeilles) ou plusieurs millions (fourmis). Le constat est que les sociétés d’insectes fonctionnent à l’information et nous émettons l’hypothèse que les membres des BCV partagent aussi;de l’information utile, par les relations de voisinage.</p><p>En conclusion, les Biens des Communautés Villageoises représentent chacun un organisme biomimétique singulier capable de s’adapter en temps (presque) réel aux variations de son environnement; de faire au mieux avec l’incertitude. Ils sont, comme l’a constaté Elinor Ostrom, prix de la Banque de Suède, dit Nobel d’économie, l’entreprise humaine la plus efficace comparée à la firme privée ou à l’entreprise d’intérêt public; de plus, porteur d’une logique progressiste qui se perpétue depuis des siècles. Il vaut la peine de concevoir des communs actuels intégrant les progrès techniques de l’information et de l’énergie naturelle (renouvelable).</p><br /><p></p>    <p></p>    <p></p>         
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] L’article 2 de la loi du 21 mai 1836 dispose : « En cas d’insuffisance des ressources ordinaires des communes, il sera pourvu à l’entretien des chemins vicinaux à l’aide de prestations dont le maximum est fixé à trois journées de travail. »<br />[2] Fonctionnement démocratique : les décisions sont prises par délibération à la majorité. Ce n’est pas le cas des BCV.<br />[3] D’après l’INSEE, un ménage, au sens du recensement de la population, désigne l&apos;ensemble des personnes qui partagent la même résidence principale, sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté. Un ménage peut être constitué d&apos;une seule personne.<br />[4] État optimal d&apos;équilibre écologique.<br />[5] La singularité de l’économie Garamantes repose sur un réseau de canaux souterrains de captage de l’eau destinée à l’irrigation des cultures exportables (blé, orge), totalement contraire aux écosystèmes oasis qui repose sur un recyclage au pas journalier de l’eau ressource.<br />[6] Actuel, comme antonyme de virtuel<br />[7] Cette loi biomimétique justifie amplement la logique du revenu de subsistance</p>        
 
</div>




	 


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            <span>Voir la fiche</span>
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Le Transiscope, une cartographie des alternatives</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?LeTransiscopeUneCartographieDesAlternativ]]></link>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/04/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">Le Transiscope, une cartographie des alternatives </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
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	</div>

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    </div>


 



<div class="article">
    <h3><strong>Rendre visible les alternatives pour les relier</strong></h3>    <p>Depuis des décennies, et peut être même des siècles, les dynamiques de coopération amènent les communautés à tisser des liens et des réseaux. Ces liens sont rendus visibles par des dessins, des schémas et de la cartographie. Avec l’arrivée des outils numériques et notamment de leurs usages coopératifs, sur un fond de carte google ou libre comme <a href="https://www.openstreetmap.fr/">OpenStreetMap</a>, les cartographies d’acteurs commencent à se multiplier.</p>    <p>Chaque association crée sa carte des partenaires et des réseaux nationaux et rendent visibles leurs adhérents ou alliés. Le Mouvement des Colibris par exemple lance la carte <a href="https://presdecheznous.fr/"><strong>Près de chez vous</strong></a><strong>.</strong></p>    <p>A l’échelle des territoires, certains collectifs ont tenté d’y répondre en mutualisant une cartographie des outils numériques. Une tentative a eu lieu à Marseille en 2015 mais elle n’a pas trouvé les ressources et disponibilités humaines nécessaires pour se concrétiser.</p>    <p>En 2017, un collectif de 10 associations et réseaux partage le constat que la multiplication des cartes peut donner le sentiment de dispersion des forces et énergies au service pourtant d’une même ambition: recenser et rendre visible les alternatives citoyennes.</p>    <p>Son projet politique est clair : « Transiscope est un projet politique dont la finalité est l&apos;engagement du plus grand nombre dans des alternatives au système actuel écocide, climaticide et inégalitaire issue d&apos;une société thermo-industrielle, productiviste et capitaliste. Pour transformer nos sociétés, il faut que ces alternatives soient accessibles, reliées, crédibles et fortes, c&apos;est en ce sens que Transiscope veut agir. »</p>    <h3><strong>Transiscope est un archipel d’acteurs et de sources</strong></h3>    <p>C’est d’abord un collectif de 10 associations ou réseaux nationaux (<a href="https://alternatiba.eu/">Alternatiba</a>, <a href="https://www.colibris-lemouvement.org/">les Colibris</a>, <a href="https://www.virtual-assembly.org/lassemblee-virtuelle-quelques-mots/">l’Assemblée virtuelle</a>, le <a href="https://animacoop.net/">réseau Animacoop</a>, le <a href="https://www.ripess.org/">RIPESS- Réseau intercontinental de promotion de l’économie sociale solidaire</a>, <a href="https://mouvementutopia.org/site/">le Mouvement Utopia</a>, <a href="http://www.associations-citoyennes.net/">le CAC-Collectif des associations citoyennes</a>, <a href="https://www.le-mes.org/">le MES-Mouvement de l’économie solidaire</a> et <a href="https://www.asterya.eu/">Asterya</a>) qui ont décidé de s’allier en 2017 autour d’un objet de coopération concret : faciliter les liens entre les cartes. En langage technique, cela s’appelle l’inter-opérabilité ! Cet objectif de les rassembler sur une même carte a été possible en s’appuyant sur des outils numériques libres et grâce à ces technologies, rassembler sur une seule carte ne signifie plus forcément fusionner.</p>    <p>Transiscope est un projet politique au-delà de l’outil mis en place. Cette communauté tente de « tenir » une cohérence entre son organisation, sa gouvernance et les étapes nécessaires à une culture coopérative et son objectif initial : être au service de la visibilité des alternatives citoyennes avec l’appui d’une technologie numérique qu’elle expérimente.</p>    <p>Cette communauté est un archipel au sens de l’imaginaire d’Édouard Glissant. Un archipel d’îles comme autant d’initiatives dont le principe d’action est de respecter l’identité racine de chacune et en l’état, leur propre cartographie mais de permettre de faire vivre les liens, l’identité relation, afin que cet archipel devienne une communauté au service de la coopération et non, le symbole d’un éclatement des forces et donc des énergies.</p>    <h3><strong>Des alternatives citoyennes qui fabriquent du Commun</strong></h3>    <p>Nourrie de cet imaginaire, les initiateurs de Transiscope fabrique de la coopération à partir de la fabrique d’un outil. Ils ont écrit ensemble une <a href="https://transiscope.org/charte/">charte</a> qui inscrit la raison d’être, les objectifs, les principes de fonctionnement au sein de cette communauté et pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent la rejoindre. Cette communauté de sources cartographiques des alternatives qui acceptent de s’inter-connecter.</p>    <p>Dans la Charte, il est défini ce que nous attendons par le sens de cette notion d’« alternative : « Ces alternatives constituent des;réponses concrètes à une crise systémique, que ce soit au niveau local ou au niveau global. Qu’il s’agisse de manière non-exhaustive du changement climatique, des crises sociales ou de solidarités ou encore de la crise du modèle économique capitaliste, ces enjeux sont envisagés comme interconnectés. Elles;cherchent à;réaliser un ou plusieurs communs. Elles doivent témoigner par leur gouvernance, leur modèle économique, leur organisation du travail ou leurs choix d’investissement qu’elles visent l’intérêt commun et non la réalisation d’un intérêt particulier.» </p>    <h3><strong>Concrètement, des Transiscothon pour se voir et faire ensemble !</strong></h3>    <p>La semaine dernière, le 24 et 25 mars à Paris s’est tenu un Transiscothon. Ce format permet des rencontres en présentiel pour se voir en vrai après trop d’usages de la visio et ouvrir des espaces d’échanges sur le projet aux contributeur·ices ne faisant pas partie du comité de pilotage.</p>    <p>Aujourd’hui, cette communauté rassemble une cinquantaine de sources et recense 36000 données visibles sur la carte.</p>    <p>Lors de ces journées, il a été question des 3 axes de la stratégie 2021-2023 pour en faire le bilan et définir la suite.</p>    <ul> <li>Dynamiser des alternatives sur les territoires</li>    <li>Renforcement du projet</li>    <li>Renforcement de la coopération</li> </ul>    <p>Nous étions présents avec Olivier Picot, mobilisé au CAC, pour partager aussi l’expérience en cours de l’Eccap en commun. Cette évolution du projet vers son articulation auprès des acteurs du numérique des communs nous permet de vérifier notre intuition : il y a un enjeu d’inter-opérabilité entre nos sites, ressources et données.</p>    <p>Aujourd’hui le projet Transiscope se donne deux nouveaux objectifs :</p>    <ol> <li>Tisser des liens entre les sources pour mutualiser des ressources, les soutenir et les aider à se développer afin de continuer la visibilisation des initiatives citoyennes</li>    <li>Lancer l’agrégation d’un nouveau type de données : les événements. Le but est de donner des RDVs pour rencontrer toutes ces initiatives, afin d’aider ces alternatives à se développer.</li> </ol>    <p>Loin de vouloir développer « dans notre coin » l’Eccap, nous nous connectons à Transiscope pour partager leur expérience numérique et sur les agrégations de ressources sémantiques. Ainsi, nous contribuons à la dynamique des confluences.</p>    <p>Son prochain développement autour du projet Archipelago permettrait d’outiller les territoires et les acteurs pour connecter les personnes, les événements et d’autre ressources et faciliter leur lien.</p><p>A partir de ces liens, comment imaginer possible la création d’un « espace;» où les controverses peuvent se clarifier, en mobilisant notamment des outils de cartographie pour les rendre visibles et en « tension » ? C’est un enjeu pour demain.</p>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>1 https://presdecheznous.fr/<br /><br />2 La Charte de transiscope : TRANSISCOPE agrège des alternatives citoyennes. Elles sont à l’initiative d’individus ou de groupes d’individus qui prennent leurs décisions indépendamment de toute administration, parti politique ou institution religieuse.<br /><br />3 https://transiscope.org/charte/</p>        
 
</div>




	 


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    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
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            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>L’anthropo-technocène</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?LanthropoTechnocene]]></link>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>02/04/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">L’anthropo-technocène </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
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	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
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                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
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                 <span class=" cadre thema quel_capitalisme_en_crise">
                      Capitalisme(s) en crise  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <br /><p>Le terme Anthropocène - théorisé et popularisé au début des années 2000 par le prix Nobel de chimie néerlandais Paul Crutzen - a été proposé pour désigner l&apos;époque dans laquelle l&apos;action des hommes a commencé à provoquer des changements biogéophysiques à l&apos;échelle planétaire. Le début de l&apos;anthropocène correspondrait à la révolution industrielle du XIXe siècle. Les différents problèmes et enjeux auxquels les humains de la planète Terre doivent désormais faire face: changements climatiques, perte de biodiversité, accélération de l’érosion et de l’artificialisation des sols, la croissance démographiques, les montées des inégalités sont trop souvent présentés d’une manière séparée. C’est le mérite des cartographies l’Atlas de l’Anthropocène publié, par les Presses de Sciences Po, de montrer les co-évolutions des phénomènes, et des boucles d’interaction.</p>    <p>Pour les auteurs de l’Atlas de l’Anthropocène, cette nouvelle ère géologique pose un défi considérable à la philosophie politique et aux théories politiques dominantes qui tendent « à considérer le monde humain comme une entité distincte de la Terre; l’un régi par les lois des sciences sociales, l’autre par celles des sciences naturelles;». L’anthropocène nous dit que cette distinction n’est plus valide. Il nous faut donc « inventer de nouveaux paradigmes si nous voulons comprendre l’état actuel du monde : littéralement, il nous faut concevoir une géo-politique, où la Terre soit pensée comme un sujet de politiques et non plus comme un objet – ou comme la simple toile de fond des affaires humaines» [<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote1sym">1</a>].</p>    <p>Pour mieux appréhender les multiples changements que les humains ont provoqués sur la Terre et sur eux-mêmes, le philosophe camerounais Achille Mbembe nous invite, dans son livre « La communauté terrestre» [<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote2sym">2</a>] à appréhender la Terre dans son unité comme un corps organique, mais aussi social et politique qui accueille la vie, toutes les vies, humaines et autres qu’humaines. A partir de ses réflexions sur le concept d’anthropo-technocène, son principal apport est de nous aider, à comprendre comment la biosphère et la technosphère sont désormais inséparables. Et « pour rendre compte de cette inséparabilité, nous avons besoin d’une conception élargie de la vie, de la communauté et du soin qui intégrerait non seulement les évènements typiquement écologiques, mais aussi les phénomènes technologiques. Cela suppose que soient réconciliés deux grandes familles de pensée, celle de la critique écologique et celle de la critique de la technologie et des objets» [<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote3sym">3</a>].</p>    <p>L’une des caractéristiques majeures de l’ère anthropo-technocène est la proximité radicale entre les êtres, les personnes et les objets. Pour nous faire découvrir cette proximité Achille Mbembe s’inspire des travaux de l’ethnologue et historien Leroi-Gourhan, du philosophe des techniques Gilbert Simondon mais aussi, et surtout, il a recours aux pensées animistes africaines qui servent de soubassement à son approche du vivant.</p>    <p>Pour Achille Mbembe, « prendre l’Afrique comme point de départ d’une enquête concernant les devenirs de la Terre et de la technique présente de nombreux avantages. L’Afrique est en effet l’une des régions du monde où auront émergé une théorie du vivant, une théorie de la parole et une théorie de l’ontogénèse dont nous n’avons pas assez exploité les potentialités» [<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote4sym">4</a>].</p>    <p>Dans les savoirs ancestraux africains, « l’humanité ne se pense pas en propriétaire et maîtresse régnant sur la Terre. Il n’existe pas de hiérarchie entre les différentes formes de vie puisque toute forme de vie, ainsi que le montre en particulier les contes, est supposée être dépositaire d’une intelligence spécifique;». Dans le pensée africaine, l’histoire ne se déroule pas sur un mode linéaire allant du plus simple au plus complexe. « Ce qui compte le plus ce sont les réseaux de relations que tissent les actants  l’association des réseaux se fait selon des codes destinés à produire vibration et résonance;». Et plus fondamentalement, « les grands ressorts de la vie sont insondables et incalculables et inappropriables; et il y a une part de mystère dans le vivant;»<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote5sym">5</a>. Au cœur de cette « écologie générale;» où l’humain entre en communauté avec l’ensemble du vivant, « les deux activités, à savoir le façonnage des artefacts et la production des symboles et des images ont toujours procédé d’une seule et même chair, la chair du langage. Images et symboles d’un côté, outils et instruments de l’autre ont en commun d’être des ustensiles de la vie» [<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote6sym">6</a>].</p>    <p>Animé de la pensée africaine, l’auteur de la Communauté Terrestre nous invite à penser le technologique « non seulement comme une assemblée d’objets, outils, machines et instruments, mais aussi comme une institution et un imaginaire qui s’étendent jusque dans les périphéries les plus invisibles du monde» [<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote7sym">7</a>]. Et de préciser : « En l’objet technique l’humain délègue une part de son humanité. Investi d’une part de l’humanité de l’humain, l’objet se transforme en un être à part entière; il est désormais investi d’intention, il est animé. Bien que l’humain lui ait prêté une part de sa propre individualité d’être vivant, l’objet n’acquiert pas moins une existence autonome» [<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote8sym">8</a>]. Si par l’innovation technologique les objets techniques se transforment en êtres à part entière, l’innovation a aussi un potentiel de transformation des humains en autre chose que ce qu’ils étaient auparavant.</p>    <p>Désormais la technosphère est devenue une dimension structurante de la biosphère. « Si, hier, une grande partie de la rencontre de l’humain et de la matière s’est jouée autour de la main, du feu et de sa domestication, aujourd’hui, le projet de libération vis-à- vis du milieu naturel se joue autour du computationnel;». Aujourd’hui la logique informatique et algorithmique conditionne la manière dont nous percevons le monde. Le computationnel [<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote9sym">9</a>] ou l’explosion du numérique « est en passe de devenir notre nouvel appareil physiologique, la pièce maitresse du nouvel assemblage général que sont la Terre et le vivant» [<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote10sym">10</a>]. Comme il n’existe pas d’un côté un monde de symboles et du langage et, de l’autre un monde des activités techniques, l’humain d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir par exemple avec celui de la préhistoire ou de l’âge des Lumières; notamment la faculté de symbolisation n’est plus la propriété exclusive du cerveau humain.</p>    <p>Et Mbembe de nous avertir que dans l’ère de l’anthropo-technosphère « nous sommes à un moment du dédoublement aussi bien des humains que des objets, voire des mondes. Aux cerveaux naturels sont en train de se superposer des cerveaux de plus en plus artificiels, une mémoire individuelle et sociale de plus en plus extériorisée.» [<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote11sym">11</a>] A travers ces doubles, c’est le « fantôme d’un langage pur » qui plane sur la Terre, une langue adossée au principe de la raison, de la pensée calculante, transformée en pure information entrainant l’éradication de la parole et du sens [<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote12sym">12</a>].</p>    <p>Pour réaliser l’utopie de « la communauté terrestre;» à la l’époque de l’anthropo-technocène, Mbembe nous avertit qu’il nous faudra surmonter deux paradoxes :</p>    <ol> <li>« La technologie en tant qu’expression des forces du devenir est de plus en plus coupée de l’interrogation politique concernant le sens du devenir (..). Portée en particulier par la quête du profit, la raison instrumentale s’est émancipée de tout jugement» [<a href="https://eccap.fr/#sdfootnote13sym">13</a>]. Le technologique devra donc, avec l’écologique, devenir le terrain privilégié des nouvelles luttes politiques</li>    <li>« La technologie tend désormais à absorber toute seule les attributs de la pensée religieuse, de la raison magique ou animiste et de l’activité esthétique;». Habiter le monde, s’est transformé en « s’investir de manière ininterrompue dans la matière, les formes et les objets (..) L’humain contemporain vit dans une relative connaturalité avec la technologie;». Et l’insatiable besoin de fables et de mythes a été pris en charge non plus par la parole mais par la technologie. « L’histoire de la parole se clôt peut-être sous nos yeux, voilà l’évènement historial par excellence». Voilà ce que risque de devenir l’anthropo-technocène.</li> </ol>    <p><br /></p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote1anc">1</a> François Gemenne, Aleksandar Rankovic, Atlas de l’anthropocène, Presses de Sciences Po, 2021, p.11</p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote2anc">2</a> Achille Mbembe, La communauté terrestre, La Découverte, 2023</p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote3anc">3</a> Achille Mbembe, « Réinventer la démocratie à partir du vivant;», propos recueillis par Séverine Kodjo-Granvaux, Le Monde, 05 mars 2023</p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote4anc">4</a> Achille Mbembe, op. cit., p.39</p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote5anc">5</a> Cette vision du monde vivant est étonnement proche de celle proposée par le biologiste Marc-André Selosse dans son ouvrage « Jamais seul, ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations;» Actes Sud, 2017</p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote6anc">6</a> Achille Mbembe, op. cit., p.43</p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote7anc">7</a> Achille Mbembe,, op. cit., p.31</p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote8anc">8</a> Achille Mbembe, op. cit., p.32</p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote9anc">9</a> « Ce terme sert généralement à désigner un système technique dont la fonction consiste à capturer, extraire et traiter de manière automatique un ensemble de données qui doivent être identifiées, sélectionnées, triées, classées, recombinées, codées et activées. Pour fonctionner, il nécessite des emprises spatiales toujours plus plus vastes, toujours plus d’électricité, de nouveaux câblages sous-marins, de fibres optiques, des centres de données;» Achille Mbembe, op. cit. p.130</p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote10anc">10</a> Achille Mbembe, op. cit.p.73</p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote11anc">11</a> Achille Mbembe,, Le Monde, 05 mars 2023</p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote12anc">12</a> Achille Mbembe, op. cit., p.37</p>    <p><a href="https://eccap.fr/#sdfootnote13anc">13</a> Achille Mbembe, op. cit., p.33</p>         
 
 
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>L’industrie est à la racine de la crise systémique contemporaine et peut en être la solution</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?LindustrieEstALaRacineDeLaCriseSystemi]]></link>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>30/04/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">L’industrie est à la racine de la crise systémique contemporaine et peut en être la solution </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?VignesRenaud/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Vignes Renaud">Vignes Renaud</a></li>
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<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema travailler_dans_et_pour_une_economie_plurielle">
                       <a href=?travailler-dans-et-pour-une-economie-plurielle>Une société post-capitaliste </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema la_possibilite_d_une_renaissance">
                      Pratiquer une autre économie  
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p> </p><p>Personne ne pourra échapper aux conséquences du changement climatique, de l’effondrement de la biodiversité, ou des pollutions de toutes natures. Mais, ce sont les populations pauvres qui seront les plus touchées alors qu’elles sont les moins responsables de ces bouleversements. Dans le même temps, le marché de l’emploi se polarise, la distribution des revenus primaires creuse les inégalités et l’endettement de notre pays explose. Il n’y a pas trois crises, l’une environnementale, l’autre économique et la troisième sociale, mais une seule, une crise systémique dont l’une des causes principales est à rechercher dans les mutations industrielles observées depuis les quarante dernières années.</p>    <br /><h3><strong>1 La vraie nature des changements en cours</strong></h3>    <p>Au cours du 20e siècle, l’industrie s’est profondément transformée et ce, en trois grandes étapes. La standardisation des produits et la spécialisation des tâches ouvrit la porte à l’éclatement des chaînes de valeur et à la consommation de masse. L’obsolescence planifiée fit son apparition dans les années 1920 avec l’apparition du sloanisme chez General Motors. Enfin, la révolution numérique dans laquelle les facteurs clés sont la connaissance, l’innovation et la vitesse permit à l’industrie de s’émanciper en grande partie des notions d’espace et de temps. Aux pays développés d’assurer les services à haute valeur ajoutée et aux pays du Sud de prendre en charge la fabrication en exploitant au maximum les acquis de l’organisation taylorienne du travail. Les conséquences de la crise du COVID-19 en matière de tensions commerciales entre grandes zones économiques ont remis cette répartition des tâches au centre du débat public. Le rôle des capacités productives nationales sur l’économie, l’emploi, les ressources fiscales, le commerce extérieur, l’aménagement du territoire ou encore l’environnement fait de moins en moins débat. C’est ainsi que l’industrie se retrouve au centre des questions macroéconomiques, sociales et environnementales posées à nos sociétés développées.</p>    <p>La France est devenue un pays de consommation qui importe des produits fabriqués et les conséquences sur notre empreinte carbone ne sont pas négligeables. À titre d’exemple, et comme le montre le graphique ci-dessous, une tonne d’acier fabriquée en Inde est deux fois plus émettrice de GES qu’une même tonne fabriquée en France (sans compter le coût en GES du transport).</p>    <br /><p>Une étude réalisée en région Picardie montre que la désindustrialisation est la principale cause de la précarisation territoriale<a href="https://eccap.fr/#_ftn1">[1]</a>. Dans cette région industrielle, la part d’ouvriers dans sa population active a été divisée par 2 en 40 ans. Conséquence directe, dans les territoires touchés le taux de chômage a augmenté fortement (plus de 12% à la même époque). À l’inverse, d’autres espaces voisins ont vu se concentrer les populations soit non touchées par ce phénomène, soit bénéficiant des mutations industrielles avec un taux de chômage beaucoup plus faible. C’est ce phénomène de polarisation de l’emploi que Daniel Cohen appelle la smile economy. Ajoutons que le manque d’emplois dans ces territoires désindustrialisés a entraîné une «émigration;» des jeunes et, en conséquence, une baisse de la natalité.</p>    <p>Le cas de Marseille est aussi très représentatif des conséquences d’une désindustrialisation accélérée. Entre 1975 et 2017, l’emploi productif a baissé de 29% pour ne représenter plus que quart de l’emploi total<a href="https://eccap.fr/#_ftn2">[2]</a>. L’impact social de cette désindustrialisation est majeur : selon l’Observatoire des inégalités, le taux de pauvreté de ces arrondissements anciennement industriels a explosé pour atteindre jusqu’à 55% dans le 3ème arrondissement, soit plus que Roubaix, commune qui arrive en première position des 100 villes les plus pauvres. Les 2ème, 14ème et 15ème arrondissements (tous anciennement industriels) ayant des taux de pauvreté eux aussi très élevés (compris entre 42 et 44%)<a href="https://eccap.fr/#_ftn3">[3]</a>.</p>    <p>Une étude récente<a href="https://eccap.fr/#_ftn4">[4]</a> compare les conséquences sur le parcours professionnel des ouvriers ayant subi un plan social avec leur « jumeau;» qui sont restés en poste. Les résultats mettent en évidence l’ampleur des conséquences sociales subies par les premiers. L’illusion selon laquelle la disparition des entreprises (ou des secteurs) les moins productives devait permettre une réallocation des ressources vers des entreprises (des secteurs) plus performantes s’est révélée fausse.</p>    <p>Ainsi, il serait vain de vouloir lutter contre les inégalités sociales et territoriales, rétablir nos équilibres macroéconomiques tout en réduisant notre empreinte carbone si l’on ignore que la désindustrialisation en est une cause première et si l’on ne voit pas son inverse (la réindustrialisation) comme une condition incontournable de cet indispensable rééquilibrage.</p>    <h3><strong>2 Redevenir un pays fabricant passe par l’invention d’un nouveau modèle industriel</strong></h3>    <p>Cette innovation industrielle que certains appelle « industrie low-tech;» vise à repenser l’innovation pour l’orienter vers la sobriété et la simplicité, et à favoriser son appropriation par le plus grand nombre. Si cette démarche se veut critique vis-à-vis du techno-solutionnisme, elle peut l’être tout autant par rapport à ceux qui rêvent d’un monde sans technologie. De fait, ce qui importe c’est que ce modèle soit fondamentalement utile, plus résilient, plus sobre, plus robuste et plus autonome. Économe en capital technique (et donc financier), cette profonde évolution s’appuie sur un rééquilibrage du rapport Capital-Travail au profit de ce dernier. Croisant les apports des démarches low-tech, d’écologie industrielle territorialisée, ou encore d’économie de la contribution, l’industrie de la durabilité vise à augmenter de manière significative la résilience de la production et ce, à tous les niveaux et à toutes les étapes du cycle productif.</p>    <p>Ce modèle réinterroge les fondements des processus d’innovation jusqu’ici essentiellement limités aux problématiques technoscientifiques. La performance de cette nouvelle forme industrielle impose une ouverture forte aux innovations sociales et organisationnelles. Dans cette perspective, trois principes paraissent particulièrement prometteurs pour faire émerger de nouveaux écosystèmes industriels durables.</p>    <p><strong>- Le principe de circularité</strong>. L’économie circulaire vise à limiter le gaspillage des ressources et l’impact environnemental des activités de transformation tout en augmentant leur efficacité.</p>    <p>- <strong>Le </strong><strong>principe de décélération.</strong> Cette décélération concerne non seulement les flux, mais aussi les cycles de vie des biens et la stabilité des organisations. Elle introduit une forme de gouvernance moins impactée par les exigences de vitesse, caractéristiques de la financiarisation de l’économie moderne.</p>    <p><a></a>-<strong>L</strong><strong>e principe de proximité</strong>. Ce dernier principe favorisera les coopérations entre acteurs et ce que les concepteurs des pôles technologiques nomment la « fertilisation croisée;». Cette proximité favorisera aussi la simplicité, à rebours de la tendance à la complexification de notre monde.</p>    <p>Comme point de départ, et dans le cadre d’une étude en cours pour l’ADEME, l’association Amerma propose d’expérimenter cette nouvelle approche dans le secteur des machines industrielles qui, comme pour les biens de consommation, voit son taux de remplacement s’accélérer continuellement. Ces machines irriguent l’ensemble des activités fabricantes (y compris le secteur agricole d’ailleurs), ce secteur pourrait être un levier clé de la conversion de l’ensemble de notre appareil productif vers un schéma plus sobre, résilient et souverain. C’est dans ce secteur que pourraient se déployer sans doute le plus facilement les concepts principaux du modèle de la durabilité industrielle : l’éco-conception des machines et systèmes, le réemploi des machines d’occasion, la remanufacture (ou retrofit), la logistique inversée des pièces de rechange et la maintenance.</p>    <br /><h3><strong>3 Développer des éco-systèmes industriels de la durabilité, un véritable projet de territoire</strong></h3>    <p>Cette industrie de la durabilité apparaît comme un élément important de la nécessaire bifurcation systémique et low-tech dont l’industrie a besoin pour dépasser les déséquilibres économiques, sociaux et environnementaux qu’elle a participé à créer. Pour faire émerger ces éco-systèmes, le concept de milieu innovateur<a href="https://eccap.fr/#_ftn5">[5]</a> forme un cadre théorique d’une grande pertinence. Dans un milieu innovateur, les ressources cognitives de l’environnement complètent systématiquement les capacités des agents. Ce concept part du principe suivant : si un agent dont les capacités sont limitées parvient à réaliser ses fins dans un environnement complexe, c’est parce qu’il va exploiter les ressources cognitives de son environnement<a href="https://eccap.fr/#_ftn6">[6]</a>. Ainsi, la rationalité ne découlera plus seulement des agents; elle résultera conjointement des capacités des agents et des ressources de leur milieu. La diversité des ressources présentes ouvre la perspective de favoriser, dans un même environnement, la rencontre et le dialogue entre les trois formes économiques qui interviendront dans le champ de la durabilité industrielle : la forme capitaliste, la forme coopérative, et la forme associative<a href="https://eccap.fr/#_ftn7">[7]</a>. C’est parce qu’il favorise cette diversité qu’un milieu innovateur est potentiellement profondément transformateur. C’est aussi cette diversité qui assurera l’équilibre entre ces différentes formes économiques comme le suggère la métaphore de l’arche de Gilbert K. Chesterton : « Ce qui maintient une arche, c’est l’égalité de pression de pierres individuelles les unes sur les autres. Cette égalité est à la fois une aide mutuelle et une obstruction mutuelle. » Cette dialectique que Chesterton appelle de ses vœux rejoint ainsi le principe d’opposition créatrice prôné par les convivialistes.</p>    <p>C’est donc lorsque ce modèle deviendra un projet de territoire qu’il pourra devenir une alternative crédible à notre modèle techno industriel. Et ces projets de territoire doivent être au centre des politiques visant à rétablir notre souveraineté industrielle.</p>    <p>Apparue au 19ème siècle avec la révolution industrielle, la désynchronisation de notre économie avec le monde vivant a pris de l’ampleur avec l’avènement de l’accélération techno-industrielle dans les années 1980 jusqu’à engendrer une crise systémique de grande ampleur. Avec l’entrée dans ce que John Stuart Mill appelait un « état stationnaire;», cette désynchronisation est en train de prendre fin et cette issue sera brutale ou harmonieuse selon les choix industriels qui seront les nôtres. C’est dans cette perspective que ce modèle nouveau apparaît comme une alternative à considérer par les pouvoirs publics. Plus simple, moins rapide, plus proche le concept de durabilité industrielle se veut global et systémique et apte à être un élément majeur de la réconciliation entre les enjeux écologique, la performance économique et le progrès social.</p>    <hr class="wp-block-separator" />    <p><br /></p>         
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Venet T., (2019), La désindustrialisation comme vecteur de vulnérabilité territoriale, Populations vulnérables
</p><p>[2] AGAM, La ville productive, AGAM Regards, 2021
</p><p>[3] Observatoire des Inégalités, Rapport sur les inégalités en France, édition 2021
</p><p>[4] Arquié A. &amp Grjebine T. (2023), Vingt ans de plans sociaux dans l’industrie : quels enseignements pour la transition écologique ?, La lettre du CEPII, n°435
</p><p>[5] Aydalot P., (1986), « L’aptitude des milieux locaux à promouvoir l’innovation;» in FEDERWISCH J., ZOLLER H.G., (dir.), Technologie nouvelle et ruptures régionales, ed. Economica, Paris, pp. 41-58.
</p><p>[6] Laville F. (2000), « La cognition située. Une nouvelle approche de la rationalité limitée;», Revue économique 51, no 6 : 1301-1331.
</p><p>[7] Vignes R. (2021), L’accélération technocapitaliste du temps. Essai sur les fondements d’une économie des communs, ed. R&N</p><p>
</p><p>
</p><p>
</p><p>
</p><p>
</p><p>
</p>        
 
</div>




	 


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            <span>Voir la fiche</span>
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>L’Encyclopédie du changement de cap en Commun : où en sommes-nous ?</title>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id6">
    
  





<h4>18/05/2023</h4>
<h1 class="BAZ_fiche_titre">L’Encyclopédie du changement de cap en Commun : où en sommes-nous ? </h1>
<div class="auteur"><ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CardonaPierreAlain2/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Cardona Pierre-Alain">Cardona Pierre-Alain</a></li>
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	</div>

<div class="meta-info">  
     
        
                         <span class=" cadre thema une_democratie_pour_vivre_ensemble">
                       <a href=?une-democratie-pour-vivre-ensemble>Une démocratie pour vivre ensemble </a>
                     </span>
                 <span class=" cadre thema une_democratie_participative_en_progression">
                      Une démocratie participative en progression 
                     </span>
               
    </div>


 



<div class="article">
    <p>Depuis l’automne, et particulièrement les rencontres initiées lors de l’Université d’été d’Utopia et des convivialistes à Sète en octobre 2022, l’Archipel des Confluences[1] a été lancé. Au sein de cette dynamique, une équipe de travail s’est mise à l’œuvre afin de questionner comment notre projet de l’Eccap pourrait s’articuler avec cette volonté de tisser des liens et catalyser des initiatives.</p>    <h3><strong>Un projet inscrit dans les Confluences et les Communs<strong>[2]</strong>!</strong></h3>    <p>En novembre, un groupe de travail composé des animateurs de l’Eccap, Guy Roustang, Florine Garlot et Pierre-Alain Cardona en lien avec des acteurs investis dans le champ des Communs numériques, dont Didier Fradin et Claude Henry s’est lancé. Premier réflexe de tout processus autour de la construction d’un Commun : documenter toutes les étapes du processus. Un site wiki a été lancé<a href="https://eccap.fr/#_ftn3">[3]</a>. Il est en « construction;» et n’a pas vocation à devenir un site internet vitrine.</p>    <p>Cela permet de rendre compte de l’avancement du projet et de son processus. Cette approche est une dimension importante des Communs : permettre à chaque nouvelle personne de pouvoir rejoindre le projet, de le rendre ainsi accueillant à toutes nouvelles énergies.</p>    <p>A l’origine, Guy Roustang avait évoqué l’Eccap comme un Wikipedia du changement de cap. Un Site internet permettant de relier et connecter de la connaissance et donc des contributeurs, au service d’un dessein bien plus ambitieux : la nécessité de changer de cap, de modèle économique comme d’imaginaire institutionnel pour faire une référence à un auteur inspirant, Cornelius Castoriadis[4]. Ce changement de cap ne peut s’inscrire uniquement dans le cadre d’un espace numérique unique mais bien dans un archipel d’initiatives déjà à l’œuvre.</p>    <h3><strong>Un texte rédigé à plusieurs mains présente de manière synthétique notre intention !</strong></h3>    <p>« Les incertitudes d’ordre écologiques et économiques, la perte de confiance continue dans nos institutions, l’infobésité, les fake news… sont facteurs d’instabilité et génèrent des antagonismes, comme en témoignent la violence qui s’installe jour après jour dans nos échanges, et l&apos;entre-soi amplifié par le fonctionnement en algorithmes des réseaux sociaux. Cependant ce contexte peut aussi être le déclencheur d’une bifurcation nécessaire, nous ramenant à la nature complexe du monde auquel nous appartenons.<br /><br />Une telle rupture demande que la place du politique devienne centrale, en particulier face aux pouvoirs économiques et financiers. Des expériences existantes montrent l&apos;intérêt d&apos;un élargissement du « pouvoir politique » au-delà du corps des élus (et des institutions), c’est à dire à l’ensemble du corps social organisé reliant toustes les act.eurs|rices qui contribuent à faire et à penser la société. Et pour que ce corps social puisse créer les conditions d’une transformation de la société, il va en premier lieu devoir s&apos;attaquer aux « objets en tension » auquel il est confronté.<br /><br />A partir de l&apos;expérience de l’Encyclopédie du Changement de Cap, nous nous proposons de contribuer à nourrir, en relation avec l’ensemble des agrégateurs de connaissance existants, les conditions d’un dialogue des savoirs, intergénérationnel, hors des binarités politiciennes, tenant compte de la place de l’individu, des collectifs de travail, des organisations et institutions.</p><p><br /></p><h3>Nos quatre intentions correspondants à des niveaux d’investissement :</h3><p><br />1. Collecter, organiser, éventuellement accompagner la création de contenus (articles, podcast, vidéos), sur un serveur ouvert à l’interopérabilité des données.<br />2. Mettre en évidence les tensions et interactions entre les contenus collectés pour alimenter des échanges contradictoires : <strong>des controverses</strong>, qui ne sont ni des polémiques, ni des pugilats, ni des clash.<br />3. Donner à voir des méthodologies de mise en controverses expérimentées dans les différents espaces et/ou théorisées<br />4. Tisser des relations vivantes entre auteurs, initiatives, lectorat, en concevant une architecture et une sémantique des liens en relation avec les autres acteurices du secteur, une façon de créer le « désir d’archipel », en le rendant visible.<br /><br /><strong>Il s’agit de constituer ensemble un espace contributif de ressources et de partage des savoirs, dans la diversité des points de vue, de façon à faciliter pour chacun la construction de ses opinions, et de se saisir de moyens d’agir individuels et collectifs.</strong></p>    <p>Les contributeurs de ce texte (Claude Henry, Florine Garlot, Pierre-Alain Cardona, Didier Fradin, Olivier Picot et Guy Roustang) souhaitent élargir ainsi la mission de l’Eccap pour initier des premières alliances.</p>    <h3><strong>Une première alliance : le Collectif des associations citoyennes<strong>[5]</strong>.</strong></h3>    <p>Ce Collectif appelé le CAC, est une plateforme de mobilisation des associations citoyennes qui se reconnaissent dans leur dimension de transformation sociale. Olivier Picot, l’un de ses animateurs actifs et spécialiste des outils numériques au sein du CAC a rejoint l’équipe de l’Eccap en Commun. Il devient le « connecteur » avec le monde des outils numériques libres et en communs.</p>    <p>La relation avec le CAC nous permet de mettre en œuvre aujourd’hui un objet important : rendre visible et audible des controverses. Le prochain exercice s’organise autour du Service national universel. Mais d’autres contreverses sont en préparation : non-lucrativité et néolibéralisme, travail, revenu d&apos;existence…</p>    <p>Nous avons repéré aussi des liens à tisser avec d’autres plateformes ou réseaux avec qui nous aimerions pouvoir travailler : Transiscope, le Collectif de la transition citoyenne, Rispostes Creatives, Alternatiba, le Mouvement des Colibris, Remix the Commons, le Pacte du Pouvoir de vivre…</p>    <h3><strong>Une initiative intéressante à soutenir : l’appel de Bastien Sibille du réseau des Licoornes</strong><strong>[6]</strong><strong>.</strong><strong></strong></h3>    <p>Il y a quelques semaines, Bastien Sibille, fondateur de la SCIC Mobicoop et coprésident des Licoornes, a lancé un appel mobilisant les forces vives de la Transition et le grand public pour s’engager dans une dynamique de transformation avec comme levier la création d’un fonds d’un milliard d’euros pour accélerer la transition et le modèle des 9 coopératives, plateforme numérique, alternatives des grandes plateformes numériques et structurant des offres dans le domaine de la mobilité, de l’énergie, des télécommunications ou de l’achat local et les circuits courts. Cet appel<a href="https://eccap.fr/#_ftn7">[7]</a> est à relayer et un plan d’action est en cours de création.</p>    <p>Si vous le souhaitez, n’hésitez pas à rejoindre la dynamique de l’Eccap en Commun !</p>        
 
  <h3>Notes</h3>
    <p>[1] Un site wiki permet de voir l’avancement du projet : https://archipel-confluences.org/WikiAdC/?PagePrincipale<br /><br />[2] Le monde des Communs se relie dans le cadre d’Assemblée : https://assemblee.lescommuns.org/<br /><br />[3] https://ferme.yeswiki.net/ProtoWiki2ECCAP/?PagePrincipale<br /><br />[4] Cornelius Castoriadis, l’Institution imaginaire de la société. Editions du Seuil, 1975.<br /><br />[5] Collectif des Associations Citoyennes. http://www.associations-citoyennes.net/<br /><br />[6] Les Liccornes sont le rassemblement de 9 coopératives ayant le statut de SCIC engagées dans le champ de la transition : https://www.licoornes.coop/<br /><br />[7] https://www.linkedin.com/posts/bastien-sibille_appel-innovationsociale-transformation-activity-7053962873609310208-3UVe/?utm_source=share&utm_medium=member_desktop</p>        
 
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        <pubDate>Mon, 25 Nov 2024 13:18:42 +0100</pubDate>
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