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      <title>Dernières actualités</title>
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      <description>eccap.fr</description>
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      <copyright>Copyright (c) 2026 eccap.fr</copyright>
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      <category>Economie Sociale et Solidaire</category>
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        <title>Médias</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?MediaS]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?MediaS]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Médias</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?GuaaybessTourya/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Guaaybess Tourya">Guaaybess Tourya</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><img style="width: 474px;" src="files/_b16132b8c679343adbc4_20260615171851_20260615171851.png"><br></p><p>Les médias désignent l&apos;ensemble des dispositifs qui permettent la production et la diffusion de l&apos;information dans une société. Ils jouent un rôle central dans la formation des représentations collectives et dans l&apos;organisation de l&apos;espace public.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Plus précisément, les médias peuvent être définis comme des dispositifs socio-techniques, institutionnels et discursifs qui assurent la production, la circulation et la mise en visibilité de l&apos;information dans l&apos;espace social. Ils englobent à la fois les infrastructures de communication (presse, radio, télévision, plateformes numériques) et les organisations productrices de contenus.</p><p><br></p><h3>Deux manières de classer les médias</h3><p>Parmi la diversité des classifications proposées pour définir les médias, il convient de retenir deux typologies complémentaires. La première classe les médias selon leur support matériel et leur canal de transmission technique : presse écrite, radio, télévision, cinéma et médias numériques (Internet, sites d&apos;information, réseaux sociaux, podcasts) (Balle, 2008). La seconde, de nature socio-discursive, les catégorise selon leur contenu éditorial et leur positionnement dans le champ journalistique : médias dominants, médias publics, médias indépendants, médias alternatifs, militants et communautaires (Rieffel, 2010 ; McQuail, 2014 ; Granjon 2020). Cette approche bidimensionnelle permet d&apos;articuler support technique et positionnement éditorial : un média numérique n&apos;étant pas nécessairement alternatif, et un média alternatif n&apos;étant pas limité à Internet (Downing, 2001). Enfin, la polarisation politique et éditoriale des médias constitue un enjeu central pour comprendre les dynamiques contemporaines de l&apos;information et de la formation de l&apos;opinion publique dans les démocraties européennes et au-delà (Sciences Po Médialab, 2023).</p><p><br></p><h3>Les médias des institutions participant à la construction du monde social</h3><p>En sciences sociales, et notamment en sciences de l&apos;information et de la communication, les médias sont envisagés comme des institutions sociales inscrites dans des configurations historiques, économiques et politiques spécifiques. Ils font partie de l&apos;espace public, entendu comme un espace de mise en débat et de formation de l&apos;opinion (Habermas, 1978). Dans cette perspective, les médias remplissent une fonction normative, mais celle-ci est aujourd&apos;hui discutée. Les transformations contemporaines des médias se caractérisent à la fois par des dynamiques de concentration - tendance lourde du secteur - et par des phénomènes de fragmentation des offres et des publics. Leur intégration dans des logiques économiques globalisées et leur dépendance à des modèles marchands contribuent à transformer les conditions de production de l&apos;information. L&apos;économie politique des médias met ainsi en évidence des filtres structurels - propriété, dépendance à la publicité, relations aux sources, rapports de pouvoir - qui orientent la production de contenus médiatiques (Chomsky et Herman, 1988 ; Schiller, 1976 ; Mattelart , 1992). Ces contraintes s&apos;articulent avec les logiques propres au champ journalistique (Bourdieu, 1996 ; Champagne, 1990) et avec les dynamiques de standardisation associées à l&apos;industrie culturelle (Adorno et Horkheimer, 1974).<br>Les médias contribuent par ailleurs à la construction symbolique du monde social : les individus accèdent à la réalité à travers des représentations médiatisées plutôt que de manière directe (Lippmann, 1922). Cette dimension symbolique est indissociable de la matérialité des dispositifs techniques, qui influencent les formes de perception et d&apos;attention (McLuhan, 1968).</p><p>Ces approches critiques ne suffisent pas à définir pleinement les médias. Les recherches sur la réception insistent sur le rôle actif des publics (Hall, 1980). Les médias ne produisent donc pas des effets univoques, mais s&apos;inscrivent dans des processus d&apos;appropriation. Cette attention portée aux usages est particulièrement pertinente pour comprendre les mutations actuelles du paysage médiatique. En effet, les transformations contemporaines s&apos;inscrivent dans un processus de « plateformisation ». Les médias contemporains, structurés par les grandes entreprises du numérique, voient l&apos;accès à l&apos;information réorganisé par des mécanismes algorithmiques de sélection et de hiérarchisation, redéfinissant les conditions de visibilité (Cardon, 2015 ; Guibert, Rebillard, et Rochelandet, 2017 ; Van Dijck, 2018). Ces évolutions s&apos;accompagnent d&apos;une concentration du pouvoir économique et informationnel, qui réactive la pertinence des approches en économie politique des médias (Smyrnaios, 2017).</p><p>Dans ce contexte, le passage d&apos;un modèle de médias de masse à des environnements informationnels plus fragmentés et personnalisés a conduit à populariser la notion de « bulles informationnelles », désignant des formes de filtrage et de hiérarchisation des contenus. Ces transformations invitent plus largement à considérer les médias non seulement comme des vecteurs d&apos;information, mais comme des dispositifs participant à la production des discours et à la définition des régimes de vérité (Foucault, 1971).<br><br><br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Ainsi, les médias apparaissent comme des opérateurs centraux de la vie sociale, à l&apos;intersection de logiques économiques, politiques et symboliques. Leur évolution contemporaine, marquée par la plateformisation et la fragmentation des publics, ne se traduit pas par la disparition des médias antérieurs, mais par leur recomposition et leur articulation avec les dispositifs numériques, dans des logiques de confluence médiatique. Dans ce contexte, la question demeure de savoir si les médias peuvent encore constituer un espace commun de délibération, ou s&apos;ils participent à une différenciation accrue des expériences et des formes de visibilité sociale.<br><br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Adorno, T. W. et Horkheimer, M. (1974). La dialectique de la raison : fragments philosophiques (É. Kaufholz, Trad.). Gallimard. (Ouvrage original publié en 1944).<br>Bourdieu, P. (1996). Sur la télévision. Raisons d’agir.<br>Cardon, D. (2015). À quoi rêvent les algorithmes : nos vies à l’heure des big data. Seuil.<br>Champagne, P. (1990). Faire l’opinion : le nouveau jeu politique. Éditions de Minuit.<br>Chomsky, N. et Herman, E. S. (1988). Manufacturing Consent: The Political Economy of the Mass Media. Pantheon Books.<br>Foucault, M. (1971). L’ordre du discours. Paris : Gallimard.<br>Granjon, F. (2020). Médias. Dans O. Fillieule, L. Mathieu et C. Péchu Dictionnaire des mouvements sociaux : 2e édition mise à jour et augmentée (2e éd., p. 378-385). Presses de Sciences Po. <br>Habermas, J. (1978). L’espace public : archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise (M. B. de Launay, Trad.). Payot. (Ouvrage original publié en 1962).<br>Hall, S. (1980). Encoding/decoding. In S. Hall, D. Hobson, A. Lowe, et P. Willis (Eds.), Culture, media, language (pp. 128-138). Hutchinson<br>Lippmann, W. (1922). Public Opinion. Harcourt, Brace and Co.<br>Mattelart, A. (1992). La communication-monde : Histoire des idées et des stratégies. Paris : La Découverte.<br>McLuhan, M. (1968). Pour comprendre les médias : Les prolongements technologiques de l’homme. Seuil. <br>McQuail, D. (2014). Théorie des communications de masse (2e éd.). De Boeck Supérieur.<br>Guibert, G., Rebillard, F. et Rochelandet, F. (2016). Médias, culture et numérique : Approches socioéconomiques. Armand Colin. <br>Schiller, H. I. (1976). Communication and Cultural Domination. M.E. Sharpe.<br>Smyrnaios, N. (2017). Les GAFAM contre l’internet : l’emprise des géants du numérique. INA Éditions.<br>Van Dijck, J., Poell, T., et De Waal, M. (2018). The platform society: Public values in a connective world. Oxford University Press.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ContreLeMarketingPourUneCommunicationSol/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Contre le marketing, pour une communication solidaire">Contre le marketing, pour une communication solidaire</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?MediaS">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 15 Jun 2026 17:18:51 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Action citoyenne</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?ActionCitoyenne]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?ActionCitoyenne]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Action citoyenne</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PlanasFlorent/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Planas Florent">Planas Florent</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><br></p><p><br></p><p><img style="width: 474px; float: left;" src="files/ActionCitoyenne_fbed106a49d72b985e63_20260603194924_20260603194924.png"><br></p><p><br></p><p>L’action citoyenne  désigne l’ensemble des initiatives individuelles ou collectives par lesquelles des personnes cherchent à agir sur la société au nom d’une certaine conception du bien commun, de la justice ou de l’intérêt général. Elle renvoie à la capacité des citoyen·ne·s à ne pas se limiter à un rôle passif ou électoral, mais à participer activement à la vie et à la transformation de leur environnement social, politique, économique ou écologique.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><br></p><p><br></p><p>L’action citoyenne se situe à la croisée de plusieurs notions proches : l’engagement citoyen, la citoyenneté active, la participation citoyenne ou encore la démocratie participative. Elle suppose qu’un individu, seul ou avec d’autres, décide d’intervenir dans l’espace public afin de répondre à des besoins, défendre des droits, alerter sur une injustice, promouvoir une cause ou expérimenter des formes alternatives d’organisation collective. Elle peut prendre des formes extrêmement diverses : bénévolat associatif, mobilisation militante, participation à une concertation publique, pétition, entraide locale, manifestation, action de sensibilisation, interpellation des pouvoirs publics, boycott, occupation d’un lieu, voire désobéissance civile.<br><br>La notion d’action citoyenne repose sur une conception active de la citoyenneté. Être citoyen ne signifie pas seulement bénéficier de droits civiques et politiques, comme le droit de vote, mais également participer à la vie collective et assumer une responsabilité vis-à-vis de la société. Cette conception s’est progressivement imposée au cours des XIXe et XXe siècles avec le développement des libertés publiques, de la liberté d’association, du syndicalisme et des formes modernes de participation démocratique. Dans cette perspective, la démocratie ne se réduit pas aux institutions représentatives : elle implique également l’existence d’une société civile capable de s’organiser, de débattre et d’agir.<br><br>L’action citoyenne se distingue ainsi de la seule participation institutionnelle. La participation citoyenne désigne généralement les dispositifs organisés par les pouvoirs publics afin d’associer les habitant·e·s et citoyen·ne·s à certaines décisions : consultations, budgets participatifs, conseils de quartier, conventions citoyennes, enquêtes publiques, etc. L’action citoyenne possède un périmètre plus large. Elle peut s’inscrire dans un cadre institutionnel, mais aussi émerger de manière autonome lorsque des individus ou des groupes considèrent que les institutions ne répondent pas — ou insuffisamment — à certains enjeux sociaux, démocratiques ou environnementaux.<br><br>Cette dimension explique que l’action citoyenne entretienne parfois une certaine ambivalence vis-à-vis du pouvoir ou de la légalité. Dans son acception la plus habituelle, elle désigne des pratiques respectant les règles démocratiques, cherchant par exemple à influencer les décisions publiques par le dialogue, la mobilisation ou le plaidoyer, ou à répondre directement aux besoins de la population. Mais certains mouvements considèrent également que l’action citoyenne peut inclure des formes d’action directe ou de désobéissance civile lorsque les voies institutionnelles apparaissent inefficaces ou injustes. Des mouvements pour les droits civiques, l’égalité, la justice sociale ou encore pour le climat ont ainsi revendiqué la légitimité d’actions transgressives au nom d’un impératif moral ou démocratique supérieur.<br><br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3><br></h3><h3>Conclusion visant à ouvrir le débat</h3><p>L’action citoyenne ne peut cependant pas être uniquement définie par les intentions affichées de ses auteurs : toute mobilisation menée au nom du « peuple » ou d’une certaine moralité n’est pas nécessairement démocratique ou émancipatrice. Les discours sur la citoyenneté active s’accompagnent généralement d’un certain nombre de principes : respect des droits fondamentaux, non-violence, pluralisme, solidarité, recherche d’une amélioration collective des conditions de vie. Les formes d’action citoyenne peuvent également produire des tensions : entre expertise et spontanéité, entre engagement ponctuel et engagement durable, entre indépendance citoyenne et instrumentalisation politique, ou encore entre efficacité immédiate et transformation structurelle.<br><br>Le développement actuel de l’action citoyenne s’inscrit enfin dans un contexte paradoxal. D’un côté, les crises sociales, écologiques et démocratiques favorisent l’engagement citoyen et l’émergence de nouvelles formes d’action pour tenter d’y répondre. De l’autre, les restrictions croissantes des libertés publiques, l’érosion des sources de financement associatifs ou encore la défiance envers les institutions peuvent fragiliser les capacités d’action de la société civile. L’action citoyenne apparait ainsi à la fois comme un symptôme des insuffisances démocratiques et comme l’une des conditions, souvent fragile, du renouvèlement démocratique.<br>L’action citoyenne pose finalement une question centrale : est-il nécessaire que des individus essaient d’agir, souvent collectivement, sur le monde qui les entoure sans abandonner entièrement cette responsabilité à des représentant·e·s, des institutions ou encore des expert·e·s ? Et si c’est le cas, quelles sont les manières efficaces d’agir ? Entre participation, contestation, solidarité et transformation sociale, l’action citoyenne interroge en permanence les frontières entre engagement civique, pouvoir démocratique et capacité réelle des peuples à exercer leur souveraineté.</p><p><br></p><p><br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Chenoweth Erica  et Stephan Maria J. , « Why civil resistance works », Columbia University press, 2011<br>Commission nationale du débat public : www.debatpublic.fr<br>D-HUB, www.dhub.org <br>Dion Cyril, « Petit manuel de résistance contemporaine », Actes Sud, 2018<br>Durieux Sarah, « Changer le monde », First, 2021<br>Etude de la Fondation pour l’Ecologie Politique de 2023, « L’écologie depuis les ronds-points »<br>Etude de la Fondation Jean Jaurès / BVA de juillet 2021, « Les Français et l’engagement »<br>France Bénévolat : www.francebenevolat.org <br>Hessel Stéphane , « Indignez-vous ! », Indigène éditions, 2010<br>Hopkins Rob  et Astruc Lionel  « Le pouvoir d’agir ensemble, ici et maintenant », Actes Sud, 2015<br>Monbiot George, « Reconstruire sur les ruines du capitalisme », Actes Sud, 2021<br>Ogien Albert , « Emancipations », Les éditions Textuel, 2023, et « Pourquoi désobéir en démocratie ? » (avec Sandra Laugier), La Découverte, 2010<br>The MobLab Collective, www.mobilisationlab.org <br>Rosanvallon Pierre , « La Contre-Démocratie. La politique à l&apos;âge de la défiance », Seuil, 2006</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?DeRetourDutopiaASeteVersUneSocieteCi/iframe"
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		 	title="Voir la fiche De retour d’Utopia à Sète : Vers une société civique en mouvement, donnons-nous du pouvoir !">De retour d’Utopia à Sète : Vers une société civique en mouvement, donnons-nous du pouvoir !</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
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            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Wed, 03 Jun 2026 19:43:30 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Plaidoyer</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?PlaidoyeR]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?PlaidoyeR]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Plaidoyer</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?VerckenNicolas/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Vercken Nicolas">Vercken Nicolas</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><img style="width: 474px;" src="files/PlaidoyeR_0b202d357cd0fee6939e_20260603193114_20260603193114.png"><br></p><p><br></p><p>Le fait de développer un argumentaire étayé pour défendre une cause ou une catégorie d’intérêts en particulier, et de porter cet argumentaire dans l’espace public et auprès de différents acteurs institutionnels pertinents (institutions internationales, gouvernements, collectivités territoriales, entreprises, etc.).</p><p><br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>L’origine du terme provient du champ juridique : « parler ou plaider pour le compte d’une autre personne » afin d’obtenir justice. De fait, le terme anglais équivalent d’« advocacy » a la même étymologie latine que « avocat ». Le plaidoyer (porté par la société civile au sens large : associations, syndicats, entreprises, et.) se distingue néanmoins de la plaidoirie juridique : il s’agit avant tout d’une action d’ordre politique plus que juridique (même si le contentieux stratégique peut constituer un élément important d’une stratégie de plaidoyer). <br></p><h3>Bref historique</h3><p>Aux Etats-Unis, le droit de pétition est garanti dès 1791 par le 1er amendement à la constitution américaine (Bill of rights) : « Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l&apos;établissement ou interdise le libre exercice d&apos;une religion, ni qui restreigne la liberté de la parole ou de la presse, ou le droit qu&apos;a le peuple de s&apos;assembler paisiblement et d&apos;adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des torts dont il a à se plaindre ».<br>Dans la seconde moitié du XIXème siècle, les abus de la révolution industrielle engendrent un mouvement revendicatif ouvrier dont le syndicalisme va devenir l’expression publique après avoir conquis sa reconnaissance légale (loi Waldeck-Rousseau de 1884). En 1901, la loi sur la liberté d’association étend à la sphère non professionnelle cette reconnaissance du droit des citoyens à se regrouper pour la défense d’intérêts communs.<br>Il faut attendre la fin du 2nd conflit mondial et la naissance de l’Organisation des Nations-Unies en 1945 pour qu’émergent parallèlement une reconnaissance officielle de la société civile comme partie prenante de la gouvernance et la promotion des droits humains comme fondement universel (théorique) de cette gouvernance. Au sein des différentes instances de l’ONU qui traitent de développement, d’éducation, d’alimentation, de santé, d’environnement, les organisations associatives et professionnelles vont disposer de sièges d’observateurs et, par là, d’une capacité d’influence politique.<br></p><h3>Acception et périmètre du plaidoyer</h3><p>Dans sa définition restreinte, le plaidoyer va porter exclusivement sur les démarches institutionnelles (rédaction de courriers, d’amendements, de notes, demandes de rendez-vous, participation à des tables rondes) qui, en réalité, recouvre ce qu’on appelle les pratiques de « lobbying », c’est-à-dire littéralement l’interaction directe avec les décideurs dans l’antichambre des lieux de pouvoirs formels. Selon certains le terme de « lobbying » est négativement connoté, car porteur d’opacité (voire d’illégalité) et forcément au service d’intérêts particuliers, là où le « plaidoyer » serait forcément vertueux et au service de la défense de l’intérêt général.<br>Par ailleurs, certains intègrent dans le champ du plaidoyer également les activités de communication stratégique (relations presse, réseaux sociaux, etc.) et de mobilisation citoyenne (signature de pétitions, interpellation d’élu-e-s, manifestations, etc.) en soutien de la cause défendue.<br>Le plaidoyer se caractérise par une approche « réformiste » plutôt que « révolutionnaire » puisqu’on vise à infléchir / influer sur la pratique d’un pouvoir, et non pas à conquérir celui-ci. La capacité à effectivement déployer une stratégie globale de plaidoyer présuppose un environnement politique (relativement) favorable à la liberté d’expression et d’association, une pluralité de la presse, et une pratique et un pouvoir politique enclin à entendre et prendre en compte les attentes et revendications de différents (ou au moins certains) groupes d’intérêt : la montée de l’extrême droite et des pratiques illibérales et répressives menacent directement la capacité de la société civile à mener des activités de plaidoyer, quelle que soit la cause que l’on défend.<br><br></p><h3>Les limites légales et éthiques au plaidoyer</h3><p>Alors que les actions de plaidoyer sont fortement encadrées depuis de nombreuses années aux États-Unis ou au niveau de l’Union européenne, en France ce n’est qu’avec l’entrée en vigueur de la loi « Sapin 2 » et la mise en place de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique que ces pratiques ont commencé à être règlementées pour tous les représentants d’intérêts, même si cela reste encore très superficiel, au regard de la faible standardisation des données et informations à rendre publiques, et de leur difficile exploitation.<br>Le plaidoyer peut contribuer à redéfinir des rapports et modes de fonctionnement du pouvoir dans la mesure où il peut aboutir à interagir avec certains acteurs plutôt que d’autres, à leur donner davantage d’informations, voire davantage de crédit auprès de l’opinion. Il importe dès lors de<br>    • Demeurer redevable / transparent vis-à-vis de ceux en faveur desquels nous plaidons, et de la société en général (vs opacité de notre action) <br>    • Utiliser le recours aux sondages d’opinion avec parcimonie : ne pas prétendre que le soutien (ou l’opposition) de l’opinion à une politique publique donnée éteint tout débat sur sa pertinence ou sa légitimité (sinon, par exemple, la peine de mort n’aurait pas été supprimée en 1981) <br>    • Veiller à ne pas affaiblir les institutions démocratiques : dans une Vème république historiquement très présidentialisée, où le Parlement ne joue qu’un rôle secondaire (a fortiori depuis 2017), les acteurs de plaidoyer pourraient être tentés de concentrer leurs actions d’influence sur l’exécutif, en particulier les cabinets de l’Élysée et de Matignon : en pratique cela ne contribuera qu’à marginaliser davantage le rôle des parlementaires dans l’exercice du pouvoir</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Conclusion invitant au débat</h3><p>Dans le monde réel, de nombreux acteurs, en particulier du monde économique ( ou certaines puissances étrangères) intègrent régulièrement dans leurs stratégies de plaidoyer des pratiques que s’interdisent touts les défenseurs de l’intérêt général car elles sont le plus souvent proscrites par la loi : financement de partis / campagnes électorales, achat de voix, corruption, menaces / intimidation, achat d’organes de presse, campagnes de désinformation. En revanche, il existe un débat qui divise la communauté des défenseurs de l’intérêt général concerne la légitimité (à défaut de légalité) de la désobéissance civile, voire d’actions violentes : dans certains cas son usage peut créer un rapport de force complémentaire aux autres leviers d’influence ; dans d&apos;autres, elle peut aussi être contre-productive et « braquer » un interlocuteur institutionnel, voire certains segments de l’opinion publique (ainsi de nombreuses études et sondages montrent que le jet de peinture ou de confiture sur certaines œuvres d’art pour dénoncer l’inaction climatique a plutôt tendance à délégitimer globalement l’action des défenseurs de l’environnement auprès de la grande majorité du public qu’à permettre de sensibiliser effectivement). </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>HATVP-synthese-RA-2024-web.pdf<br>Le poids du lobbying dans l&apos;Union européenne par Jean Comte | vie-publique.fr<br>Lobbying in the United States - Wikipedia<br>Lobbys : les secrets d&apos;une France sous influence<br>guide_plaidoyer.pdf</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ContreLeMarketingPourUneCommunicationSol/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Contre le marketing, pour une communication solidaire">Contre le marketing, pour une communication solidaire</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?LesCantinesEtCafesCulturelsAssociatifsD/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Les cantines et cafés culturels associatifs : des espaces publics de proximité favorisant la résistance et l’autonomie démocratique">Les cantines et cafés culturels associatifs : des espaces publics de proximité favorisant la résistance et l’autonomie démocratique</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?PlaidoyeR">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Wed, 03 Jun 2026 19:26:22 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Economie citoyenne</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?EconomieCitoyenne]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?EconomieCitoyenne]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Economie citoyenne</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ParraCarmen/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Parra Carmen">Parra Carmen</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p align="justify"><img style="width: 25%; float: left;" src="files/EconomieCitoyenne_8188ef1e45a7d565da83_20260603190446_20260603190446.png" class="note-float-left"></p><p align="justify"><br></p><p align="justify">L’économie citoyenne vise à autonomiser la population en plaçant les personnes et leurs besoins au centre, en promouvant la participation active, la durabilité, l’équité et la solidarité face à la recherche du profit individuel.</p><p align="justify"><br></p><p align="justify"><br></p><p align="justify"><br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>L’économie citoyenne repose sur une approche systémique permettant d’analyser l’impact des relations économiques sur les transformations de l’économie, des institutions et de la vie quotidienne. La mondialisation a favorisé l’intégration des marchés et l’augmentation des capacités productives, tout en générant des phénomènes de délocalisation, de concentration du capital et de pouvoir économique, ainsi qu’un affaiblissement relatif des mécanismes de régulation démocratique. Ce processus a produit à la fois des opportunités et des déséquilibres, notamment en termes d’inégalités, de dépendances et d’exclusion.</p><p><br>Dans ce contexte, les structures sociales évoluent : une élite globalisée coexiste avec des classes moyennes et populaires davantage ancrées localement, tandis qu’une part croissante de la population se trouve en situation de précarité. Cette dernière est caractérisée par une insécurité économique persistante, liée à l’instabilité de l’emploi et à des perspectives limitées de mobilité sociale, ce qui met en évidence une augmentation des inégalités.</p><p><br>Par ailleurs, le modèle de croissance actuel présente des limites importantes. La croissance économique ne garantit ni une répartition équitable des richesses ni une prise en compte suffisante des contraintes environnementales. Les villes concentrent la création de valeur, mais également les inégalités socio-spatiales et les pressions écologiques, avec un risque accru de fragmentation urbaine si des politiques adaptées ne sont pas mises en œuvre.</p><p><br>Dans ce cadre, il est essentiel d’intégrer la dimension « glocale » de l’économie urbaine  dotant  aux villes des stratégies économiques territoriales propres. Il ne s’agit ni de s’en remettre exclusivement aux mécanismes du marché ni de se limiter à en corriger les effets, mais de développer une capacité d’action publique, une gouvernance stratégique et une vision intégrée du développement urbain. Cela suppose également un usage rigoureux des concepts, afin d’éviter que certaines notions (compétitivité, flexibilité, gouvernance, participation, soutenabilité) ne soient mobilisées de manière imprécise ou instrumentale.</p><p><br>La mise en œuvre d’une économie citoyenne implique l’élaboration d’un projet stratégique de ville, à la fois cohérent, transversal et partagé. Ce projet doit articuler les politiques économiques, sociales, urbaines, éducatives et environnementales, et reposer sur une coopération étroite entre acteurs publics, privés et société civile. L’économie citoyenne ne constitue pas une politique sectorielle, mais un cadre d’ensemble pour orienter le développement territorial.</p><p><br>Un levier central de cette approche réside dans le capital humain, le capital social et le capital intellectuel, quant à eux, constituent  un facteur clé de cohésion et d’efficacité collective, sans pour autant se substituer à la responsabilité de l’action publique.</p><p><br>Au-delà des infrastructures et des incitations économiques, le développement repose sur la confiance, la qualité des réseaux sociaux, l’accès à l’éducation et à la formation, ainsi que sur la capacité de coopération  qui doit être considérée comme un investissement stratégique, contribuant à la productivité, à l’autonomie individuelle et à la qualité du fonctionnement démocratique. </p><p><br>À côté de cette économie, les politiques d’infrastructure, d’urbanisme et de développement économique doivent s’inscrire dans une logique d’intérêt général, favorisant un modèle urbain compact, mixte et inclusif orienté vers le bien commun.</p><p><br>Pour atteindre cet objectif, la ville doit être conçue comme un espace de production de biens publics et d’opportunités. À ce titre, il convient de soutenir l’initiative entrepreneuriale, y compris dans ses formes collectives, ainsi que l’économie sociale et solidaire, les coopératives, la finance éthique et les modèles économiques générateurs de valeur collective.</p><h3>Conclusion invitant au débat</h3><p>La transition vers une économie citoyenne suppose également un renforcement des capacités de gouvernance publique. Cela implique un leadership institutionnel, la coordination des acteurs, la transparence, la lutte contre la corruption, la régulation des groupes d’intérêt et le développement de pratiques telles que la commande publique responsable. Ces éléments contribuent à renforcer la légitimité et l’efficacité de l’action publique.<br>En bref, les villes constituent des espaces privilégiés pour expérimenter des modèles économiques plus inclusifs et durables. L’enjeu est de réaffirmer l’économie comme un instrument au service de la société, de renforcer les capacités collectives de décision et de garantir que la création de richesse s’accompagne de la production de cohésion sociale et de soutenabilité environnementale.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Dans ce contexte, l&apos; économie doit-elle être orientée  vers la satisfaction des besoins collectifs et la production de biens communs? Quel rôle joue la société civile pour promouvoir un modèle de développement plus équitable, démocratique et soutenable?  Les villes peuvent-elles élaborer des stratégies propres afin d’en orienter les effets et de mettre l’activité économique au service de l’intérêt général?</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Álvarez Sainz, M. (2014), “La ciudad en la economía de la experiencia y el rol de los ciudadanos. Necesidad de participación ciudadana en Bilbao”, Revista Electrónica de Geografía y Ciencias Sociales Vol. XVIII, 493 (10). <br>Arnstein, S. R. (1969). “Citizen Participation is citizen power,” Journal of the American Institute of Planners, 35 (4), 216-224. Disponible en: https://doi. org/10.1080/01944366908977225.<br>Chuquisapon-Salas, O.J Recalde-Gracey, A.E., Rodríguez-Briceño, J.A. (2025), <br> “Gobierno abierto y participación ciudadana en Latinoamérica: revisión sistemática”, Iustitia Socialis. Revista Arbitrada de Ciencias Jurídicas  Año X, (18) Enero - Junio .<br>Collado, C. C. (2026), “La economía, al servicio de la ciudadanía”. Alternativas económicas, (142), 12-13.<br>Dantzig, G.  &, Saaty, T. ( 1973) , Compact city: Plan for a liveable urban environment. San Francisco, CA: W.H. Freeman, 1973.<br>Désert, M. (2014), “ La consommation collaborative: une révolution citoyenne?”. Pour la solidarité. https://pourlasolidarite.eu/wpcontent/uploads/2014/08/2014_06_consommation_collaborative.pdf<br>Fernández Casadevane, J.L., Ramos, A. y Jerez, A. (2009), “Economía solidaria y participación ciudadana: un balance de la innovación iberoamericana”, Papeles de relaciones ecosociales y cambio global, (110), 161-167.<br>Glass, J. (1979), “ Citizen Participation in Planning: The Relationship Between Objectives and Techniques”,  Journal of the American Planning Association, 45 (2), 180-189.<br>Huayra Romero, O., & Contreras Rivera, R. J. (2026),  “Participación ciudadana digital y transparencia organizacional en gobiernos locales: una revisión sistemática de plataformas, impacto y barreras” Revista InveCom, 6(2), 1-13.<br> Marí, A. y Cramaschi, A.  (2025) Participación ciudadana en la gestión de los recursos naturales y la transformación territorial sostenible, serie Desarrollo Territorial, (25) (LC/TS.2025/5/Corr.1), Santiago, Comisión Económica para América Latina y el Caribe (CEPAL).<br>Molina, J. (2016) “El impulso de la economía desde la participación ciudadana”. Encuentros Multidisciplinares  (51), 1-11. <br>Piron, F. (2010). “La citoyenneté scientifique contre l’économie marchande du savoir. Un enjeu d’éthique publique. Éthique publique”, Revue internationale d’éthique sociétale et gouvernementale, 12(1), 79-104.<br>Squella Soto, R. (2021), “Conflicto socioambiental, participación ciudadana y disputa territorial: La mirada de la Psicología Ambiental Comunitaria”, Psicoperspectivas. Individuo y Sociedad, 20(2). https://doi.org/10.5027/ psicoperspectivas-Vol20-Issue2-fulltext-2211.<br>Sunyer i Tacher, R. (2015), Hacia una economía ciudadana, Ed. UOC.<br>Thorpe,J . and Gaventa, J. (2020), Democratising Economic Power: The Potential for Meaningful Participation in Economic Governance and Decision-Making. Institute of Development Studies.<br>Utray, J. F. (2024). Economía, política y ciudadanía: reformas estructurales para una década de progreso. Ed. Los libros de la Catarata.<br>Vallés Ferrer, J. (2024),” Por una economía al servicio de la sociedad” Alternativas económicas, 124 (mayo), 54-55<br>Wang, X. (2001), “Assessing Public Participation in U.S. Cities”. Public Performance & Management Review, 24, 322-336. https://doi.org/10.2307/3381222.<br>Zazo Moratalla, A. (2018), “De la participación ciudadana al poder ciudadano real”<br>Urbano,  21 (37), Mayo-Octubre, 5-6.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RefonderNosModelesDeProductionPourReussi/iframe"
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		 	title="Voir la fiche  Refonder nos modèles de production pour réussir notre renaissance industrielle"> Refonder nos modèles de production pour réussir notre renaissance industrielle</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?LExempleDesJardinsDeLaCiteDesAubiersA/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Auto-production accompagnée : l&apos;exemple des jardins de la cité des Aubiers à Bordeaux">Auto-production accompagnée : l&apos;exemple des jardins de la cité des Aubiers à Bordeaux</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?LaCocotteSolidaireUnTiersLieuDeLEssI/iframe"
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		 	title="Voir la fiche La Cocotte Solidaire : un tiers-lieu de l’ESS inspirant pour la transition écologique en Pays de la Loire">La Cocotte Solidaire : un tiers-lieu de l’ESS inspirant pour la transition écologique en Pays de la Loire</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?Le20000LieuxLeTiersEspaceDesHabitantes/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Le 20000 lieux : le tiers espace des habitantes et habitants d’Encagnane !">Le 20000 lieux : le tiers espace des habitantes et habitants d’Encagnane !</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EconomieCitoyenne">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Wed, 03 Jun 2026 18:56:23 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Interdépendance</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?InterdependancE]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?InterdependancE]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Interdépendance</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?HumbertMarc2/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Humbert Marc">Humbert Marc</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><img style="width: 1000px;" src="files/InterdependancE_1ff3fdad29ef293ff630_20260603184127_20260603184127.jpeg"><br></p><p>L&apos;arbre à mains</p><p><br></p><p>Selon le CNRTL1 : l’interdépendance est une « relation de dépendance réciproque (entre deux ou plusieurs choses ou ensembles de choses, de phénomènes ou de personnes) ». <br><br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Des notions différentes peuvent être sollicitées là où des analyses emploient la notion d’interdépendance : symbiose, complémentarité (Zask, 2022, p. 114), coopération, solidarité (Dacheux, 2024), en liaison avec des considérations scientifiques, politiques, idéologiques. <br></p><h3>La complexité du terme</h3><p>L’interdépendance est en même temps assortie d’éléments de dépendance et d’éléments d’indépendance. Cela heurte la logique de non-contradiction. Jusqu’à un certain point, les phénomènes ou objets dits en interdépendance sont à la fois dépendants et indépendants mais sont aussi à la fois non-dépendants et non-indépendants. <br>Ainsi, chaque être humain dépend d’autres êtres humains pour exister, mais en reste différent et en devient indépendant, et par conséquent en est non-dépendant, toutefois aucun être humain, même après de nombreuses années de vie, ne peut se passer des autres et il en reste non-indépendant.<br></p><h3>Écologie ou biologie</h3><p>La relation de l’espèce humaine avec la Nature a été marquée à l’âge moderne par le discours de Descartes confortant l’enseignement biblique de primat et de supériorité de l’espèce humaine. L’émergence de l’écologie et des connaissances en biologie ont montré les interdépendances de fait et même les dépendances de l’espèce. Jusqu’à ce que chaque être humain doive reconnaître qu’il héberge en son corps des bactéries dont le nombre est dix fois grand que celui des cellules dont son corps est composé.<br></p><h3>Anthropologie et sociologie politique</h3><p>La modernité et la philosophie libérale ont apporté l’idée (déjà présente dans le principe chrétien du libre-arbitre) que chaque être humain doit pouvoir décider librement, de manière indépendante de ce qu’il fait. Cela impose une forme démocratique de société où l’interdépendance entre individus indépendants permet de dégager de leurs interactions une loi visant l’intérêt général, loi à laquelle chaque individu est soumis sans être subordonné à un autre individu particulier. Overstreet (1937, p. 266) appelait les Américains à dépasser leur individualisme exacerbé tout en évitant le communisme et le fascisme pour « construire une société dans l’esprit d’une interdépendance essentielle des vies ». Dans le même esprit, le sous-titre du premier manifeste convivialistes (Alphandéry, 2013) était : « déclaration d’interdépendance ».<br></p><h3>Économie et gestion</h3><p>Pendant longtemps les théories et pratiques du management ont privilégié l’obéissance des travailleurs de base et la mise en compétition des talents des travailleurs plus qualifiés. Aujourd’hui les gestionnaires veulent capitaliser sur les interdépendances, sur les coopérations entre tous les travailleurs (Solutions and Co), « seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ».<br>A l’échelon du fonctionnement d’ensemble de l’économie, les coordinations sont organisées par les marchés qui ont envahi peu à peu tous les champs d’activité. Ils permettent une coordination idéale selon la théorie conçue Walras (1874) d’un équilibre dans l’interdépendance générale.<br>Géopolitique<br>Après la seconde guerre mondiale, la mise en place de l’ONU a soutenu la lutte pour leur indépendance des peuples encore sous le joug colonial. La paix et le respect des souverainetés nationales se sont cependant trouvés peu à peu menacées. Humanist International (1988) a proclamé l’idéal d’interdépendance et le Collegium international (2005) éthique, scientifique et politique a proposé à l’ONU de proclamer une « Déclaration Universelle d’Interdépendance »<br>Dans le domaine économique des mesures favorisant le libre échange ont été promues par des institutions : le Gatt, puis l’OMC et des accords bilatéraux de commerce et d’investissement international. Cela a tissé une interdépendance planétaire dite mondialisation surtout après un rapport commandé en 1975 à l’OCDE à l’initiative du Japon pour étudier « l’évolution future des sociétés industrielles avancées en harmonie avec celle des pays en développement » (Hérault, 2008).</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>En guise de conclusion invitant au débat</h3><p>Employer le terme d’interdépendance pour qualifier une relation entre deux « objets » ne suffit pas à la caractériser suffisamment pour la comprendre et en déduire une compréhension complète des objets. Toutefois cela permet d’éviter de considérer chacun des « objets » comme isolés, sans influences subies de la part de, et exercées sur, d’autres « objets ». Il reste pour aller plus loin dans la connaissance, à étudier toutes ces influences.</p><p><br></p><h3>Notes</h3><p>Centre national de Ressources Textuelles et Lexicales. Créé en 2005 par le CNRS, le CNRTL fédère au sein d’un portail unique, un ensemble de ressources linguistiques informatisées et d’outils de traitement de la langue. https://www.cnrtl.fr/. Pour interdépendance voir: CNRTL https://www.cnrtl.fr/definition/interdépendance</p><p><br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><br></p><p>Claude Alphandéry (2013) Manifeste convivialiste -Déclaration d’interdépendance, Lormont, Le Bord de l’Eau.<br>Collégium international (2005) Déclaration universelle d’interdépendance : https://www.collegium-international.org/<br>Éric Dacheux (2024) « Point de vue : Critique de la notion d’interdépendance », Mondes en décroissance [En ligne], 3 | 2024, consulté le 28 avril 2026. URL : http://revues-msh.uca.fr/revue-opcd/index.php?id=452<br>Écolohumanistes, « Écologistes et interdépendance » consulté le  28 avril 2026 : https://lesecolohumanistes.fr/interdependance/<br>Bruno Hérault (2008) « Interfuturs : une prospective de la mondialisation » Horizons stratégiques, 1 n° 7 , p. 151-158.<br>Humanist International (association avec un site en 9 langues) (1988) Déclaration d&apos;interdépendance : une nouvelle éthique mondiale : https://humanists.international/<br>Solutions and Co « Interdépendance en management, consulté le 28 avril 2026 : https://solutionsandco.com/linterdependance-conjuguer-les-forces-pour-atteindre-un-objectif-commun/<br>Harry Allen Overstreet (1937) A Declaration of Interdependence, New York, Norton & Company.<br>Léon Walras (1874) Éléments d’économie politique pure ou théorie de la richesse sociale, Lausanne, Corbaz & Cie.<br>Joëlle Zask (2022) Écologie et démocratie, Paris, Premier Parallèle.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PrefererLesSolidaritesChoisiesAuxInterdep/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Préférer les solidarités choisies  aux interdépendances imposées">Préférer les solidarités choisies  aux interdépendances imposées</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?InterdependancE">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Wed, 03 Jun 2026 18:38:23 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Démocratie en santé</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?DemocratieEnSante]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?DemocratieEnSante]]></guid>
        <dc:creator>Patricia Floric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Démocratie en santé</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?FloricPatricia2/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Floric Patricia">Floric Patricia</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p align="justify">Il aura fallu une prise de conscience de l’invisibilisation du patient et de ces droits pour qu’émerge le besoin de penser la démocratie en santé. De la revendication de citoyens à la création de cadres normatifs, peu à peu se dessine un espace de soin dans lequel le patient est considéré comme un sujet-pensant capable de devenir acteur de son parcours de soin. Les dynamiques relationnels patients-soignants sont ainsi à repenser de manière plus horizontale et l’ensemble du système de soin doit répondre à de nouveaux paradigmes. La démocratie en santé vise ainsi à associer l’ensemble des acteurs du système de santé (usagers, professionnels, institutionnels).</p><p align="justify"><img style="width: 1062px;" src="files/DemocratieEnSante_09abbbe1b47e26c58ddb_20260622114406_20260622114406.jpeg"><br><a href="https://democratiesanitaire.org/wp-content/uploads/2022/02/schema_la-democratie-en-sante-1.pdf" target="_blank">Schéma sur la démocratie en santé ©Université des Patient.e.s Sorbonne université 2025.</a></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3><b>L’humain d’abord</b></h3><p align="justify">Afin de juger les crimes commis contre l’humanité par des médecins du troisième Reich, le tribunal militaire américain en charge du procès a listé dix critères permettant de déterminer des préceptes déontologiques qualifiant le caractère licite ou illicite des actes médicaux expérimentaux prodigués sur des êtres humains. Connue sous le nom de « code de Nuremberg », cette liste s’inscrit dans une jurisprudence pénale internationale livrant les bases permettant de reconnaitre le patient comme sujet. Ainsi, on retrouve dans les articles du code de 1947 clairement stipulé que « Le consentement volontaire du sujet humain est absolument essentiel », que celui-ci doit être « éclairé » – c’est-à-dire que la personne concernée doit être clairement informée –, et qu’il peut être retiré à tout moment. En 1948, la Déclaration universelle des droits de l’Homme, insiste sur la reconnaissance et le respect de la dignité de chaque être humain tout en promulguant les droits fondamentaux des individus. En 1950, le Conseil de l’Europe intègre les décisions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme votée par les Nations-Unies en 1948, et inscrit dans sa Convention de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, que les droits humains sont au-dessus des droits de chaque nation. La multiplication de textes de loi internationaux reconnaissant des droits humains inaliénables marque ce que nous considérons comme un outil normatif pouvant autoriser les revendications de toutes les personnes minorisées et invisibilisées.</p><h3 align="justify"><br></h3><h3><b>La démocratie comme principe d’émancipation</b></h3><p align="justify">Catherine Tourette-Turgis, professeure et fondatrice de l’Université des Patient.es (Sorbonne, Paris) fait observer que c’est, conjointement aux autres grands mouvements sociaux (droits civiques, féminismes, self-help) qui ont favorisé l’autoformation et l’autonomie des individus, qu’émergent dans les années 70, des associations de malades fondées par les patients eux-mêmes. Ces mouvements revendiquaient le droit à l’information et le libre choix des traitements, ce qui a conduit à l’émergence de nouvelles figures, comme « le patient-expert, le patient-ressource, l’usager-formateur et le patient-chercheur » et ont transformé la place du malade dans le système de santé. Ces dynamiques se sont accentuées avec l’épidémie de SIDA. Face à l’absence de dépistage, de traitements efficaces et à la discrimination sociale, les premiers malades du SIDA ont dû organiser eux-mêmes leur prise en charge. Ils ont créé de nombreuses associations et développé un « activisme thérapeutique », contribuant à l’émergence de la démocratie sanitaire. À partir de leurs propres expériences, ils ont documenté la maladie, participé à des essais cliniques et parfois initié des recherches pour faire avancer la médecine. Catherine Tourette-Turgis explique que la légitimité de l’expertise des malades, comme celle des femmes dans d’autres luttes, n’a pas pu être niée, car leurs revendications s’inscrivaient dans des combats d’intérêt général contribuant à des réformes sociales bénéfiques pour l’ensemble de la société : droits des enfants, santé sexuelle et reproductive, réduction des risques liés à la toxicomanie, conditions en psychiatrie et en prison, droits et santé des migrants ou encore dépénalisation de l’homosexualité (Catherine Tourette-Turgis, 2019).<br></p><p align="justify"><br></p><h3><b>Les cadres normatifs français pour la démocratie en santé</b><br></h3><p align="justify">Le champ de la santé a ainsi envahi l’espace public et sous la pression sociale ont démarré les chantiers de réforme de la santé en France.<br>En 1991, la loi du 31 juillet insère les droits du patient dans le Code de la santé publique.<br>En avril 1996 sont signées les ordonnances Juppé sur la régulation médico-économique de l’assurance maladie. Un sujet sensible tant la Sécurité sociale concerne l’opinion publique. Rappelons qu’en 1947 sont organisées les premières élections des administrateurs des caisses de sécurité sociale, qui font des représentants des syndicats de salariés la force majoritaire jusqu’en 1967. De 1967 à 1982 est ensuite instauré le paritarisme, puis de nouveau des élections jusqu’au ordonnances Juppé qui réinstaure le paritarisme tout en demandant que chaque année le Parlement se prononce sur le financement de la Sécurité sociale. Un plan qualifié par Juppé de plus démocratique : « Il s&apos;agit de plus de démocratie pour plus de progrès social.» (Juppé, 1996).<br>Il faut toutefois attendre les États généraux de la santé entre 1998-1999 pour qu’apparaisse le terme de « démocratie sanitaire ». Bernard Kouchner, médecin et secrétaire d&apos;État à la santé et à l&apos;action sociale, utilisera l’expression en décembre 1998 pour justifier la mise en place d’un espace démocratique via l’organisation des États généraux sur la santé en région : « c&apos;est la démocratie sanitaire qui s&apos;installe à travers deux types de manifestations. Plus de 230 réunions publiques sont d&apos;ores et déjà prévues, et j&apos;en veux 1 000. Les organisateurs, élus, maires, syndicats et associations choisissent les thèmes de ces discussions. Chacun peut ensuite y participer librement. ». La démocratie sanitaire, comme elle est décrite peut alors prendre la forme d’expression dans laquelle un jury de citoyen participe aux débats sur la santé. </p><p align="justify"><br></p><h3><b>Le patient, un acteur, un citoyen</b></h3><p align="justify">En 2002, avec les lois dites Kouchner, c’est le patient qui est placé au centre de la réforme de santé. En inscrivant dans les lois du 2 janvier et du 4 mars 2002 la reconnaissance des droits individuels et collectifs du patient s’ouvre ce qu’on appelle l’An I de la démocratie en santé (Perrot, 2022) qui sera complétée en 2005, par la loi pour l’égalité des droits et des chances pour la participation et la citoyenneté des patients dans le secteur médico-social, puis en 2009, par la loi dite HPST (Loi hôpital, patients santé et territoire) où, finalement, on reconnait une participation dans la gouvernance des établissements de santé ainsi que dans les centres médico-sociaux des usagers. L’idée d’une démocratie en santé garantit juridiquement le consentement éclairé, l’accès au dossier médical et la reconnaissance du patient comme sujet de droit, mais aussi marque un tournant dans la gouvernance des espaces de soins, avec la création des agences régionales de santé (ARS), la territorialisation de la santé, ainsi que la structuration de la participation institutionnelle.<br>L’AN II de la démocratie sanitaire amplifie les secteurs dans lesquels le patient est acteur et commence à faire reconnaître son expertise, notamment grâce à la création de l’Université des Patient.es créée en 2010 à la Sorbonne, qui permet aux patients atteints de maladies chroniques de passer un diplôme universitaire attestant de leur expertise. On parle officiellement de démocratie en santé et l’expression sera préférée à démocratie sanitaire. Le service public d’information est renforcé et on consolide les droits des patients et la présence des représentants des usagers.<br></p><p align="justify"><br></p><h3><b>Quelques dates :</b></h3><p align="justify">•    2015 : loi de l’adaptation de la société au vieillissement (LASV) décret 2022<br>•    2016 : loi relative à la modernisation du système de santé (LMSS)<br>•    2016 : loi relative à la protection de l’enfance<br>•    2019 : renforcement de la démocratie en santé, avec la loi sur l’organisation et la transformation du système de santé (OTSS)<br>•    2021 : la loi dite Ségur, qui vient encore renforcer ce mouvement vers la démocratie en santé. Loi pour améliorer le système de santé par la confiance et la simplification (PPL RIST)<br><br>Entre l’an 1 et l’an II de la démocratie en santé, on est passé de la reconnaissance des droits du malade, à l’instauration, puis au renforcement d’une démocratie sanitaire, puis en santé, tant dans le champ sanitaire que médico-social (Perrot, 2022).<br><br>Et l’An III de la démocratie en santé ? Pour le président de France Assos Santé, Gérard Raymond, en 2019, il n’y a pas de doute, l’An III de la démocratie en santé doit être celui du partenariat offrant un statut clair de patient-partenaire.</p><p align="justify"><br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3><b>Conclusion : La COVID une parenthèse douloureuse pour la démocratie en santé ?</b></h3><p align="justify">Avec un renforcement du rôle de l’État et des institutions de soins au détriment des questionnements citoyens, on a assisté lors de la crise de la Covid 19 à un recul démocratique dénoncé ouvertement par la philosophe Barbara Stiegler et un collectif de 14 soignants, chercheurs et enseignants : « Le “consentement éclairé du patient” hérité du Code de Nuremberg, le respect de “l’autonomie” et la construction d’une “démocratie sanitaire” conquises de haute lutte grâce à la crise du VIH apparaissent brutalement, en Pandémie, obsolètes et hors de propos. Les patients qui apprennent le diagnostic d’une maladie grave, ceux qui meurent ou qui donnent la vie doivent désormais mettre leurs “préférences” et leur “autonomie” en suspens, sans que l’on sache très bien quand va s’arrêter ce “régime d’exception” – puisque c’est le statut juridique de “l’état d’urgence sanitaire”. Et ce qui vaut pour les patients vaut aussi pour tous les autres » (Stiegler, 2021).  La période est marquée par une posture paternaliste justifiée par une urgence sanitaire freinant l’évolution et les démarches entreprises pour plus de démocratie en santé. Il aura fallu beaucoup d’énergie pour relancer la machine et certains, à l’instar d’Emmanuelle Simon, posent la question suivante : « La démocratie sanitaire peut-elle guérir de l’épidémie de Covid-19 ? » (Simon, 2022).<br><br></p><h4><b>Une démocratie en santé : réellement possible ?</b></h4><p align="justify">Pour concrétiser et rendre possible l’instauration d’un système plus horizontal souhaité par les associations de patients et dont les contours sont dessinés dans les lois citées plus haut, il reste à poursuivre la restructuration du système de santé, reconnaître non seulement les droits, mais aussi les devoirs de chaque acteur de soin, et permettre la mise en place d’un partenariat en santé dans lequel apparaît les notions de responsabilité et de singularité. La reconnaissance de l’expérience patient, la co-construction d’un système de soin plus démocratique passe également par une transformation de la formation des soignants et plus généralement des citoyens pour garantir une participation de chacun à chaque niveau du parcours de soin micro, méso et macro. Et seule l’utilisation du terme de démocratie paraîtra justifiée.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Amiel P., « “Code de Nuremberg” : texte original en anglais, traductions et adaptations en français », in Des cobayes et des hommes : expérimentation sur l’être humain et justice, Paris, Belles Lettres, 2011, appendice électronique http://descobayesetdeshommes.fr/Docs/NurembergTradConsentement <br>Cordier, A. (2013). Démocratie sanitaire : les patients au cœur du système de santé. Ministère des Affaires sociales et de la Santé.<br>Conférence nationale de santé. (2022). Rapport annuel sur les droits des usagers du système de santé. https://solidarites-sante.gouv.fr <br>France. (2002, 4 mars). Loi n° 2002-303 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. Journal officiel de la République française. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000227015 <br>France. (2009, 21 juillet). Loi n° 2009-879 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (HPST). Journal officiel de la République française.<br>France. (2016, 26 janvier). Loi n° 2016-41 de modernisation de notre système de santé. Journal officiel de la République française.<br>France. (2026). Code de la santé publique (version consolidée). Journal officiel de la République française. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGITEXT000006072665 <br>Juppé, A. (1997, 25 mars). Déclaration de M. Alain Juppé, Premier ministre, sur la réforme de la Sécurité sociale, notamment les mécanismes de régulation des dépenses de santé dans le cadre de la convention médicale et le travail d&apos;explication nécessaire des parlementaires sur le terrain. Vie publique. https://www.vie-publique.fr/discours/134939-declaration-de-m-alain-juppe-premier-ministre-sur-la-reforme-de-la-se <br>Kouchner, B. (1998, 17 décembre). Interview de M. Bernard Kouchner, secrétaire d&apos;État à la santé et à l&apos;action sociale, dans « La Vie », sur les forums régionaux des états généraux de la santé. Vie-publique.fr. https://www.vie-publique.fr/discours/226455-bernard-kouchner-17121998-etats-generaux-de-la-sante<br>Perrot, S. et Tourette-Turgis, C. (2022, 29 septembre). Les 20 ans de la démocratie en santé [Intervention dans un webinaire organisé par Université des Patient.e.s (Paris)] Partie I : regards croisés. https://youtu.be/twjsLylhvss<br>Simon, E. (2022). La démocratie sanitaire peut-elle guérir de l’épidémie de Covid-19 ? Questions de communication, 41(1), 151-158. https://doi.org/10.4000/questionsdecommunication.28385.<br>Stiegler, B. (2021). De la démocratie en pandémie. Santé, recherche, éducation (Coll. « Tracts », no 23). Gallimard.<br>Tourette-Turgis, C. (2019). Les apports de la lutte contre le sida à la démocratie en santé. Soins, 2019, 64 (836), pp.58-61         </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EugeneEnriquezEtLaDemocratieTroisAvert/iframe"
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		 	title="Voir la fiche  Eugène Enriquez et la démocratie : trois avertissements"> Eugène Enriquez et la démocratie : trois avertissements</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?DeuxApprochesPermettantAuxCitoyensDePrend/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Deux approches permettant aux citoyens de prendre un recul critique sur leurs pratiques démocratiques">Deux approches permettant aux citoyens de prendre un recul critique sur leurs pratiques démocratiques</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DemocratieEnSante">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Tue, 19 May 2026 10:39:55 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Éthique</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?EthiquE]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?EthiquE]]></guid>
        <dc:creator>Patricia Floric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Éthique</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p align="justify">L’éthique peut se comprendre comme la forme impliquée de l’être qui inscrirait la subjectivité de chacun dans son environnement. Ainsi, l’éthique, c’est l’implication responsable d’un individu qui se tourne vers le collectif. C’est l’idée que la relation aux autres et au monde implique une responsabilité qui ne doit pas être pensée du point de vue de la moralité et de l’ordre établi, mais de l’intention bonne que nourrit naturellement chaque être. L’éthique, c’est cette capacité de l’individu à penser et à agir en accord avec un code moral implicite, qui l’anime de l’intérieur et qui le relie au monde extérieur. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p align="justify"><b>L’éthique : une puissance d’agir à activer</b><br>Pour formuler une pensée éthique, il faut parvenir à réactiver cette capacité d’être engagé dans le monde qui malheureusement parfois, a appris à se taire. Pour le philosophe hollandais, Baruch Spinoza, l’existence est une expérimentation où le corps et l’esprit rencontrent des affects. L’affect pouvant être défini comme toute modification d’un mode, quelle qu’il soit. Il y a des affections de l’âme et des affections du corps qui vont augmenter ou diminuer la puissance d’agir des individus. Toutefois, quand bien même cette puissance d’agir ou force de l’existence serait amoindrie, ce qui persiste – tant qu’on est vivant – c’est la capacité ou la possibilité d’agir. Pour Spinoza, l’affect permettant de renforcer cette puissance vitale, c’est la joie, celle qui nous apporte du bon. C’est pourquoi on peut parler d’une éthique de la joie chez Spinoza. Ainsi, ce qui importe, c’est à la fois de faire le bien et d’être bien, car la joie – nous dit Spinoza – nous oriente dans le bon sens en même temps qu’elle nous fait persévérer dans notre être et c’est en cela que l’éthique peut être définie comme la vie bonne.</p><p align="justify"><br><b>L’éthique via l’agir communicationnel</b><br>Pour Jürgen Habermas, le sujet se constitue dans l’intersubjectivité, dans la relation aux autres, et celle-ci n’est possible que grâce à la communication. Ainsi, Jürgen Habermas développe ce que Karl-Otto Apel avait nommé « l’éthique de la discussion ». Il rejette l’idée d’une solitude possible pour l’humain et l’invite à participer à l’agir communicationnel. C’est-à-dire à rechercher un consensus qui serait légitimé par des règles de discussion éthique qu’il ne faut pas entendre comme des règles fixes à respecter, mais qui s’inscrivent dans le « lien (intime) existant entre langage et locuteur » (Jaffro, 2001). Celles-ci permettraient à chacun d’exprimer des désaccords sans chercher un compromis ni l’unanimité, mais plutôt dans le but d’obtenir un consentement collectif qui aboutit lorsqu’il n’y a plus de nouveaux désaccords prononcés (Urfalino 2007). La pratique de la discussion permettrait alors la formation de la personnalité. Habermas, ainsi envisage un dialogue idéal, libre – car non imposé – et rationalisé – puisque inscrit dans un processus délibératif, un parcours collectif – où l’éthique pourrait être comprise comme une manière d’élaborer des normes communes acceptées collectivement par quatre principes de validité : l‘intelligibilité, la logique, la justesse vis-à-vis de la communauté sociale, et par la sincérité des expériences vécues (ROWE, 2009). On retiendra que, pour Jürgen Habermas, ce n’est pas une subjectivité en soi-même qu’il faut s’efforcer de trouver, mais c’est en entrant dans l’intersubjectivité, dans un exercice communicationnel de sociabilité que le sujet se constitue. « Le soi de la vision éthique dépend de la reconnaissance par des destinataires, et ce, dans la mesure où il ne se développe qu’en tant que réponse aux exigences d’un vis-à-vis. » (Habermas, 1988)</p><p align="justify"><br><b>L’éthique de la relation : le visage d&apos;autrui</b><br>Pour Emmanuel Lévinas, l’éthique se rencontre dans le visage d’autrui (Lévinas, 1982). Ce que transmet d’emblée la rencontre en vis-à-vis, c’est la reconnaissance d’un autre que je ne peux ignorer et qui ainsi me rend responsable éthiquement de ma manière de me comporter avec lui. « Le visage s’impose à moi sans que je puisse rester sourd à son appel ni l’oublier, je veux dire sans que je puisse cesser d’être responsable de sa misère. » (Lévinas 1972) Ainsi, dans le discours de Lévinas, c’est bien cette vulnérabilité de l’autre qui m’assigne un rôle : celui d’aidant, de responsable d’autrui. Pour le philosophe, il est important de penser ce qu’il nomme « l’asymétrie du visage ». En effet, pour lui, il ne faut pas chercher dans la relation avec autrui à rencontrer un semblable. Il n’est pas non plus question de penser la réciprocité. Il faudrait même éviter de la formuler pour ne pas tomber dans le piège de l’échange, du commerce de l’égalité.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p align="justify"><b>L’éthique de la subversion : d’autres voix</b><br>Chez Lévinas encore, l’éthique, c’est aussi cette capacité à formuler une pensée subversive. C’est-à-dire une pensée qui s’affranchit des codes et règles morales imposées par la société pour se responsabiliser en tant qu’individu face à autrui et être en mesure d’interroger les lois pour se prémunir du conformisme, de la propagande et du totalitarisme. On retrouve dans l’œuvre de Carol Gilligan une éthique de la résistance à travers l’éthique du care, qui propose une alternative au patriarcat en écoutant les voix des invisibilisés. En valorisant la relation et le prendre soin, le collectif au détriment du pouvoir individuel et du désir de domination, l’éthique du care permet de changer de paradigmes. Les conséquences de ce que nous faisons doivent être pensées, non pas d’un point de vue individuel, mais bien aussi d’un point de vue collectif, voire plus largement chez Hans Jonas, du point de vue de notre environnement : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur Terre ». Ainsi, l’éthique serait ce qui nous permet de nous tenir responsables de nos actions et d’inscrire celles-ci dans une responsabilité écologique et une logique durable. Chez Hans Jonas, l’éthique est ce qui nous permet de préserver l’humanité et plus précisément notre vie sur Terre. <br></p><p align="justify">L’éthique, c’est donc cette capacité intrinsèque à chaque être humain de s’engager au monde, d’écouter, de voir, de ressentir et d’agir en en<i>visage</i>ant l’autre et en se responsabilisant à une vie meilleure pour soi et pour autrui.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Brugère, F. (2025). L’éthique du care (éd. revue). Presses Universitaires de France. (Œuvre originale publiée en 2011).<br>Gilligan, C. (2024). Une voix humaine : L’éthique du care revisitée. Flammarion.<br>Gilligan, C. (2025, 16 mai). Carol Gilligan, fondatrice du care : « J’écoute les voix de celles et ceux qui n’étaient pas entendues ». Les Midis de Culture, France Culture. France Culture<br>Habermas, J. (1991/1992). De l’éthique de la discussion (M. Hunyadi, Trad.). Cerf.<br>Habermas, J. (1993). La pensée postmétaphysique (R. Rochlitz, Trad.). Armand Colin. (Œuvre originale publiée en 1988).<br>Habermas, J. (1970-1971). Sociologie et théorie du langage (conférences, p. 73).<br>Jaffro, L. (2001). Habermas et le sujet de la discussion. Cités, 5(1), 71-85. https://doi.org/10.3917/cite.005.0071<br>Jonas, H. (1990). Le principe responsabilité (pp. 30-31). Cerf.<br>Levinas, E. (1972). Humanisme de l’autre homme. Fata Morgana.<br>Levinas, E. (1982). Éthique et infini. Fayard.<br>Levinas, E. (1986). Asymétrie du visage [Entretien].<br>Rowe, F. (2009). Les approches critiques en systèmes d’information : De la sociologie de la domination à l’éthique de l’émancipation.<br>Urfalino, P. (2007). La décision par consensus apparent : Nature et propriétés. Revue européenne des sciences sociales, 45(136). https://doi.org/10.4000/ress.86<br><br></p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
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            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
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    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Sat, 16 May 2026 12:18:13 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Tiers lieu de l&apos;économie sociale et solidaire (ESS)</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?TiersLieuDeLEconomieSocialeEtSolidaire]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?TiersLieuDeLEconomieSocialeEtSolidaire]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Tiers lieu de l&apos;économie sociale et solidaire (ESS)</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
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		 	title="Voir la fiche Billaudeau Valérie">Billaudeau Valérie</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?DenosGuillaume/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Denos Guillaume">Denos Guillaume</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>En France : 7 tiers-lieux sur 10 sont inscrits dans l’économie sociale et solidaire (ESS). Les tiers-lieux de l’économie sociale et solidaire (ESS) rassemblent une diversité d’acteurs – habitants, bénévoles, salariés, entrepreneurs sociaux, associations ou collectivités – qui coopèrent autour de projets collectifs visant l’utilité sociale et la transformation des territoires dans des espaces hybrides. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Les caractéristiques d’un « faire tiers-lieu » de l’ESS</h3><p>Les recherches récentes montrent que ces lieux peuvent être compris à partir d’un ensemble de pratiques et de principes d’action plutôt que d’une définition unique. Au-delà de bâtiments souvent réinvestis par les collectifs et d’une fragilité du modèle économique, ils sont analysés comme des dispositifs de production de communs mis en partage au service d’un projet collectif (Helfrich et Bollier, 2017 ; Mariotti, Tagliaro et Rafaj, 2025) avec sept dimensions récurrentes pour « faire tiers-lieux solidaires » (Tehel, 2024). </p><h4>Des pratiques de commoning</h4><p>Les tiers-lieux de l’ESS reposent sur des pratiques de gestion collective de ressources, de savoirs ou d’espaces qualifiées de commoning (Helfrich et Bollier, 2017) à travers la mutualisation d’outils, d’équipements ou de compétences, ainsi que par la co-production de connaissances. Ces dynamiques contribuent à faire émerger des formes de communs territorialisés dans lesquels les ressources sont produites et gouvernées collectivement (Mariotti, Tagliaro et Rafaj, 2025). Cette logique implique des enjeux de coordination et de régulation, notamment lorsque les usages se diversifient ou que des contraintes économiques apparaissent (Besson, 2017).</p><h4>Une démarche expérimentale et réflexive</h4><p>Les tiers-lieux fonctionnent comme des laboratoires d’innovation sociale où les activités et les modes d’organisation sont testés, ajustés et réinventés dans une logique itérative. Cette capacité d’expérimentation contribue à renouveler les pratiques de coopération et à faire émerger des solutions territoriales inédites (Richez-Battesti et al., 2024). Ce cadre flexible est nécessaire au renouvellement des publics mais aussi et surtout pour permettre le développement de leur pouvoir d’agir. Elle peut cependant entrer en tension avec la nécessité de stabiliser certaines activités ou modèles économiques afin d’assurer la pérennité du lieu.<br></p><h4>Le croisement de publics et d’acteurs hétérogènes</h4><p>Les tiers-lieux de l’ESS cherchent explicitement à accueillir une pluralité de publics (rencontre entre individus issus d’horizons sociaux, professionnels et culturels différents) afin de favoriser les interactions et les dynamiques d’apprentissage collectif. Cette mixité sociale représente un levier d’innovation et de création de liens et suppose un travail constant de médiation afin de maintenir l’équilibre entre ouverture à tous et cohésion du collectif (Tehel, 2024).<br></p><h4>Une hybridité d’activités et d’enjeux</h4><p>Les tiers-lieux rassemblent dans un même espace des activités diverses : coworking, ateliers de fabrication, actions culturelles, projets de sensibilisation, etc. Cette pluralité d’usages reflète la volonté d’articuler différentes dimensions de l’action collective – économique, sociale, culturelle ou écologique – au sein d’un même lieu. Ainsi l’hybridité constitue une ressource pour l’innovation et la coopération et amène parfois à des arbitrages entre des logiques d’action hétérogènes (Besson, 2017).<br></p><h4>Des engagements sociaux et politiques</h4><p>Les tiers-lieux de l’ESS portent fréquemment des objectifs explicites de transformation sociale. Ils s’inscrivent dans des dynamiques de transition écologique, de solidarité ou de revitalisation territoriale et contribuent à renouveler les modes de développement local en associant initiatives citoyennes, organisations de l’ESS et acteurs publics (Richez-Battesti et al., 2024). Cette dimension peut toutefois susciter des tensions entre engagement militant, ouverture du lieu et recherche de reconnaissance institutionnelle.<br></p><h4>Des formes de gouvernance participatives</h4><p>Beaucoup de tiers-lieux expérimentent des modes de décision collectifs inspirés de la sociocratie ou s’inscrivent dans une gouvernance démocratique associative et coopérative (avec la Société Coopérative d’Intérêt Collectif notamment). Ces dispositifs visent à associer usagers, salariés, bénévoles et partenaires à la définition des orientations du lieu. Cette participation renforce l’appropriation collective du projet et sa pérennité même si elle est exigeante en termes de coordination (Tehel, 2024).<br></p><h4>Un rôle d’interface territoriale</h4><p>Enfin, les tiers-lieux jouent un rôle de médiation entre acteurs locaux, institutions publiques et initiatives citoyennes. Ils contribuent à identifier des besoins territoriaux et à mettre en relation des acteurs susceptibles de construire des réponses collectives. Dans cette perspective, ils participent à la structuration d’écosystèmes territoriaux d’innovation et de coopération (Mariotti, Tagliaro et Rafaj, 2025). Cette position d’interface les place au croisement d’attentes multiples – sociales, économiques et institutionnelles – parfois difficiles à concilier.</p><p><br></p><br>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Des laboratoires territoriaux de transformation sociale</h3><p>Ces projets du « faire ensemble » favorisent la création de liens sociaux, notamment pour des personnes en situation d’isolement. Les compétences d’accueil, d’écoute et de mise en relation des coordinateurs et animateurs de tiers-lieux apparaissent déterminantes pour maintenir la convivialité et soutenir les interactions qui fondent la dynamique collective de ces espaces (Denos et Billaudeau, 2025). Les tiers-lieux de l’ESS apparaissent donc comme des infrastructures sociales hybrides permettant d’expérimenter de nouvelles formes de coopération et de production du commun. Leur diversité organisationnelle et fonctionnelle rend toute définition stabilisée difficile, mais elle constitue également une source de créativité institutionnelle.</p><h3>Note</h3><p>1) Chiffre 2021-rapport France Tiers-lieux</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Besson, R., 2017. Les tiers-lieux, des espaces hybrides en quête de modèle économique. Paris : FYP Éditions.<br>Bourbousson, C. et Richez-Battesti, N., 2023. « Caractériser les rôles de l’innovation sociale et de l’innovation responsable dans les initiatives locales de transition : le cas d’un réseau de tiers-lieux ». Innovations. Revue d’économie et de management de l’innovation. <br>Denos, G. et Billaudeau, V., 2025. « Tiers-lieux de l’ESS et évaluation : enjeux méthodologiques avec la méthode Q ». HAL – Archive ouverte.<br>France Tiers-Lieux, 2021. Nos territoires en action : rapport national sur les tiers-lieux. Paris : Agence nationale de la cohésion des territoires.<br>Helfrich, S. et Bollier, D., 2017. Free, Fair and Alive: The Insurgent Power of the Commons. Gabriola Island : New Society Publishers.<br>Idelon, A., 2018. Les tiers-lieux : sociologie d’un phénomène urbain. Paris : Presses universitaires.<br>Mariotti, I., Tagliaro, C., & Rafaj, O. (2025). Les effets des tiers-lieux sur les individus, les organisations et les territoires. In TIERS-LIEUX EN EUROPE ET PUISSANCE (S) PUBLIQUE (S) (pp. 12-17). ANCT.<br>Oldenburg, R., 1989. The Great Good Place. New York : Paragon House.<br>Richez-Battesti, N., Maisonnasse, J. et Besson, R., 2024. « Le tiers-lieu comme trajectoire territorialisée d’innovation sociale : le cas d’un territoire rural ». Revue d’économie régionale et urbaine, 2024/2, p. 257-278. <br>Richez-Battesti, N. et Bidet, É., 2024. L’innovation sociale : expérimenter et transformer à partir des territoires. Paris : Les Petits Matins.<br>Tehel, F., 2024. Les tiers-lieux solidaires : pratiques, gouvernance et communs. Rapport de recherche.<br><br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
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		 	title="Voir la fiche La Cocotte Solidaire : un tiers-lieu de l’ESS inspirant pour la transition écologique en Pays de la Loire">La Cocotte Solidaire : un tiers-lieu de l’ESS inspirant pour la transition écologique en Pays de la Loire</a></li>
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		 	title="Voir la fiche Les cantines et cafés culturels associatifs : des espaces publics de proximité favorisant la résistance et l’autonomie démocratique">Les cantines et cafés culturels associatifs : des espaces publics de proximité favorisant la résistance et l’autonomie démocratique</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
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            <span>Voir la fiche</span>
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    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 15 May 2026 18:07:00 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Epistocratie</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?EpistocratiE]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?EpistocratiE]]></guid>
        <dc:creator>BenaventJean</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Epistocratie</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?BenaventJeanLouis/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Benavent Jean-Louis">Benavent Jean-Louis</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Dans <i>Gouverner : loi, pouvoir et domination</i>, Hannah Arendt présente, à la suite de Kant et de Montesquieu, trois formes pures de gouvernement : l’aristocratie, la démocratie et la monarchie. Elle précise ensuite (Arendt, 2025:33) que ces trois configurations existent sous une forme pervertie : l’aristocratie devient oligarchie, la démocratie se mute en ochlocratie, la monarchie en tyrannie. Il est aussi selon nous une version pervertie de la démocratie représenta<span style="color: var(--main-text-color); font-family: var(--main-text-fontfamily); font-size: var(--main-text-fontsize); -webkit-text-size-adjust: 100%;">tive : l’épistocratie. </span></p><p>L’épistocratie, mot formé par les termes <i>épistémè</i> – connaissance, et <i>kratos</i> – pouvoir, force, est un régime politique qui destine au pouvoir des individus issus d’une élite intellectuelle possédant des connaissances singulières. Ces connaissances les rend aptes et légitimes à diriger : elles sont  liées à la compréhension du monde contemporain (les sciences humaines en général). L’épistocratie se distingue de la technocratie car elle se base sur une élite ayant des compétences intellectuelles et non seulement techniques. L’épistocratie est, en revanche, une forme d’oligarchie en ce sens qu’elle est constituée d’un petit groupe d’individus qui ont un pouvoir sur un groupe plus grand (la société). Mais elle ne peut émerger comme régime qu’à la condition préalable d’une configuration démocratique.<br>L’épistocratie se caractérise par un rapport singulier entre trois notions : autorité, pouvoir et savoir, liées entre-elles par trois formes de vérités. <br>La finalité de l’épistocratie est de produire un bon gouvernement, un gouvernement basé sur le Vrai, le Beau, le Bon, comme l’avait exprimé Platon, notamment dans <i>La République</i>. <br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3><b>1. Un régime à mi chemin entre la démocratie et l’aristocratie</b></h3><p>La justification de cette épistocratie viendrait du fait que le savoir peut seul amener vers la vérité et le bon gouvernement. <br>L’idée d’un bon gouvernement mené par une élite concentrant des savoirs singuliers est loin d’être novatrice : Platon dans <i>La République</i> construit système politique idéal au sein de la cité de Callipolis avec l’aide d’un gouvernement aristocratique de philosophes-rois (VII, 540d) qui seuls savent distinguer le Bien (VII, 534c-d). <br>On retrouve cette idée au XIXe siècle avec Tocqueville qui, tout en vantant les capacités délibératives de la démocratie américaine du premier tiers du XIXe siècle, alerte quant à la tyrannie de la majorité (opinion publique). L’idée de méfiance envers la masse se retrouve également chez Schumpeter (<i>Capitalisme, socialisme et démocratie</i>), qui voit dans la démocratie un moyen d’infléchir la volonté des masses plutôt que d’en extirper une politique collective. John Stuart Mill, pourtant cité comme un des pères du libéralisme, revendique la tradition de la gouvernance par l’élite, et prétend que le consentement à l’autorité naît du savoir et de l’expertise. Mill va jusqu’à proposer un suffrage capacitaire, où les citoyens jugés les plus compétents ont droit à un vote surnuméraire en raison justement de leur expertise. </p><h4><b>1.1 la condition démocratique</b></h4><p>L’idée même d’épistocratie est liée à la condition démocratique, c’est-à-dire à l’expansion de la citoyenneté – des parts de pouvoir dévolues aux individus qui composent la société. Un régime épistocratique n’est pas pertinent pour qualifier des systèmes monarchiques, par exemple, puisque ceux-ci ont des moyens différents de justifier leur autorité : religion, mythes fondateurs (transcendance), violence, force (immanence) etc. L’épistocratie est une forme dévoyée du gouvernement démocratique représentatif en cela qu’elle propose une justification de la domination d’un groupe sur un autre par le biais de la connaissance. La connaissance devient, dans l’épistocratie, un moyen d’accéder à la finalité de la vie humaine : l’établissement prospère d’une communauté menée par la vérité. </p><h4><b>1.2 la disqualification du citoyen</b></h4><p>Le régime épistocratique se justifie par la disqualification d’une large partie de la population (individus ou citoyens) qui n’a pas accès aux connaissances requises pour faire partie intégrante des cercles du pouvoir. Elle est une perversion de la démocratie représentative parce que le transfert de compétences opéré dans ce régime n’est justement plus représentatif. L’élite au pouvoir n’est plus élue, mais (auto)sélectionnée selon des critères intellectuels singuliers. <br>Dans des régimes autoritaires, autocratiques, tyranniques ou totalitaires, si l’individu disparaît dans la masse et se trouve aggloméré au sein d’une entité informe, c’est pour mieux s’identifier in fine au leader : telle n’est pas la condition de l’individu dans le régime épistocratique. L’objectif de l’épistocratie est non pas de détruire l’individu, comme les régimes totalitaires ont pu le faire, mais plutôt d’écarter scientifiquement une majeure partie des citoyens au prétexte qu’ils ne sont pas qualifiés à pratiquer le pouvoir. <br>En revanche, comme l’affirme Schumpeter, la démocratie devient un marché des idées au sein duquel le citoyen choisit (et ne propose pas) une action ou une orientation politique préalablement produite par l’élite. Le citoyen devient simple consommateur du politique. Il n’est pas entièrement réduit à l’impuissance, mais se trouve limité dans son pouvoir. </p><h4><b>1.3 outils de disqualification</b></h4><p>Pour être en mesure de créer une épistocratie, il faut, au niveau institutionnel comme au niveau factuel, créer les conditions de l’émergence d’une élite intellectuelle. Tel est le rôle dévolu à l’école, en tant qu’institution et dans son sens le plus large. La constitution d’une élite culturelle (qui va souvent de pair avec l’élite financière et industrielle) est la condition sine qua non de l’épistocratie. Aucun régime ne peut exister s’il ne met en place (avant ou pendant sa domination) les conditions de sa reproductibilité. Et c’est en restreignant progressivement l’accès aux connaissances nécessaires à l’exercice du pouvoir que l&apos;épistocratie s’affermit. Cette restriction peut être dissuasive (privatisation de l’enseignement supérieur, complexification des accès aux formations), ou bien persuasive (l’échec scolaire et les formations courtes présentées comme la fin d’un parcours citoyen). La restriction d’accès à l’élite finit par se faire de manière implicite, avec la reproduction sociale qui sclérose la société et fige les rôles sociaux (à quelques exceptions près : l’on nomme « méritocratie » ces exceptions). </p><h3><b>2. Fonctionnement : le triptyque  pouvoir, savoir, autorité</b></h3><p>Le régime épistocratique s’appuie sur trois principes : pouvoir, savoir, autorité. Nous en proposons une présentation.</p><h4><b>2.1 Trois principes de l’épistocratie</b></h4><p>Premier principe, celui de pouvoir. Le pouvoir est un ensemble de capacités qui permettent à un individu, un groupe ou une institution d’exercer une pression morale, physique ou symbolique sur d’autres individus pour les contraindre à agir ou penser d’une certaine façon. Le pouvoir, c’est à dire la capacité d’organiser, de gérer (lau sens de l’<i>oecomonia</i> d’Agemben), d’édicter des règles et des lois, de nommer les choses et de les faire exister. Selon le principe du pouvoir, l’élite épistocratique est la seule apte à organiser, gérer, édicter et nommer l’ensemble des éléments d’une société. <br><br>Deuxième principe : le principe d’autorité. Selon ce principe, seuls les individus capables de distinguer le chemin qui mène à la vérité politique auraient la capacité d’y mener le genre humain, par le biais de la politique, c’est à dire l’organisation de la Polis. Ce principe d’autorité pourrait être contesté en régime démocratique. En effet, l’autorité, fondée sur un principe de légitimité, pourrait être contestée dans le cadre de la construction d’un consensus démocratique, où c’est la persuasion rationnelle qui créé la délibération, la décision. Mais on va le voir justement, le régime épistocratique dépasse les conditions démocratiques.<br><br>Troisième et dernier principe : le principe du savoir. Ce principe du savoir est lié, dans notre étude, à celui du pouvoir, puisque ce sont le ou les détenteurs du savoir qui obtiennent légitimité et donc autorité pour mener la Cité vers le Bien, le Vrai, le Beau. Le savoir devient donc une condition essentielle de la réalisation de la destinée politique. L’acquisition du savoir dévient ainsi un instrument du pouvoir. Si l’on sélectionne selon des critères précis les personnes qui doivent recevoir le savoir, c’est bel et bien la formation d’une élite intellectuelle destinée à imposer son autorité sur le reste des citoyens qui est en jeu. <br><br>Détailler les principes est une chose, mais les relier entre eux en est une autre. C’est ce que nous proposons de faire dans cette deuxième partie. Pour ce faire, il faut se figurer l’épistocratie comme un triptyque au sein duquel les trois principes sont équidistants. Figurons-nous un triangle équilatéral et plaçons en haut le savoir, à gauche le pouvoir et à droite l&apos;autorité. Où se trouve la vérité politique ? Pour qu’une épistocratie se mette en place, il faut considérer en premier lieu qu’il existe une vérité politique. C’est à dire qu’il existe une seule et bonne décision à prendre de manière systématique au sein de ce que Arendt appelle « la communauté et la réciprocité d’êtres différents », c’est à dire la politique. Il n’existe qu’un chemin pour aller dans un sens sotériologique (science sur le salut de l’humanité), vers l’accomplissement de l’humanité. S’en écarter menacerait la finalité de la vérité de la place de l’Homme au sein de l’univers tout entier. <br>Nous proposons une articulation de ces principes autour de la vérité, car nous pensons qu’en régime épistocratique, trois types de vérités sont à l’oeuvre.</p><h4><b>2.2 Vérité prospective</b><br></h4><p>Dans un régime épistocratique, les détenteurs de l’autorité et du savoir ont la mission de mener la cité vers un accomplissement sotériologique. C’est par le truchement de ce terme théologique que l’on peut, nous semble-t-il, interpréter au mieux la logique épistocratique. La bonne décision politique est celle qui mène vers le Bien, le Beau, le Vrai. Elle est une des étapes qui mène les citoyens tous entiers vers une forme idéalisée de l’humanité. Pour ce faire, la décision politique doit anticiper sur le chemin à prendre, et connaître toutes les étapes et les embûches qui pourraient jaillir sur le chemin de la réalisation de cet idéal. Ainsi, il existe une dimension prospective dans la réciprocité entre autorité et savoir. Ceux qui savent savent non seulement le réel présent, mais connaissent aussi l’avenir. Le choix politique de la bonne décision surgit donc d’une forme oraculaire, c’est à dire que les détenteurs de l’autorité usent de leur savoir afin de projeter la société vers un avenir glorieux. <br></p><h4><b>2.3 Vérité énonciatrice</b></h4><p>La vérité énonciatrice est en quelque sorte la modalité du discours employé par les élites épistocratiques dans le but de persuader, convaincre ou soumettre les décisions qu’ils savent être les bonnes pour arriver à leurs fins, c’est à dire la constitution d’une forme de société idéale.<br>Cette vérité, pour être énoncée, doit se parer d’atours particuliers dans le but d’apparaître à tous comme telle. C’est ici, notamment, que la forme scientifique prend tout son sens. De la même manière qu’il existe des vérités scientifiques, il doit exister des vérités politiques. Seuls les êtres dotés et éduqués à la débusquer et à la mettre en forme ont la capacité du pouvoir. C’est par le <i>logos</i> que cette vérité se fait réelle. <br>Ainsi, pour les individus qui ne sont pas éduqués et qui ne font pas partie d’une élite particulière, s’applique une forme d’injustice épistémique. Ce n’est pas la capacité de ces individus de saisir la vérité politique qui est en jeu, mais plutôt, pensons-nous, l’incapacité de ceux-ci de trouver les moyens d’y accéder.</p><h4><b>2.4 Vérité performative</b><br></h4><p>La vérité performative est la capacité d’action, la « puissance d’agir » des individus dotés des capacités (par l’éducation, par la naissance ou autre) de révéler et mettre en discours cette vérité dans le but de l’appliquer qui entre ici en jeu. Ce n’est pas la volonté populaire qui est en mesure de mettre en pratique ces vérités politiques, mais seulement une portion d’individus. C’est, peu ou prou, ce qui apparaît par exemple dans la fresque du <i>Buon Governo</i> peinte par Lorenzetti pour représenter l’oligarchie à Sienne en 1382. <br>Les travaux de Barbara Stiegler (2019) sur « un nouvel impératif politique » signalent également une mutation exigée de la part de l’élite épistocratique envers la population qui doit se plier aux exigences d’une société post-industrielle et ordolibérale acquise aux théories distordues de l’adaptation darwinienne. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>La formulation épistocratique met en avant un type de gouvernement des experts. Cette axiologie instaure et désigne, avec un triptyque autorité-pouvoir-savoir, une élite non-élue comme porteuse d’une vérité politique. Pour reprendre une nouvelle fois Hannah Arendt, il ne peut y avoir de vérité en politique, puisque celle-ci doit être une discussion permanente, dont les décisions sont prise en libre accord et dans un consentement collectif. L’idée de vérité détruit l’existence même de la politique, et transforme un régime démocratique en épistocratie. <br>Comme le rappelle Stiegler (2019:61), au sein de la configuration actuelle d’une démocratie basée sur un néolibéralisme – et teintée d’épistocratie, « les décisions doivent se prendre à un tout autre niveau, se soustrayant par principe à tout contrôle démocratique : celui de la transmission du savoir par les experts non-élus, qui échappent à toute validation élective, vers le pouvoir des dirigeants, court-circuitant systématiquement la souveraineté populaire ». <br>Certes, l’épistocratie, comme nous l’avons signalé, est une version « pervertie » de la démocratie représentative et elle transforme le citoyen en consommateur d’idées, mais celui-ci a tout de même une capacité d’action (celle de choisir quoi consommer à défaut de participer à la création de ces idées). Si l’épistocratie peut être un régime autoritaire, voire despotique (la vérité est despotique pour Arendt), elle n’est pour le moment qu’une tendance oligarchique des démocraties représentatives. Cette tendance est plus ou moins visible et plus ou moins active selon les périodes. Qu’est-ce qui la fait émerger dans le continuum politique d’un pays ? Est-ce le désengagement (relatif) des citoyens dans l’agora ? Est-ce une volonté idéologique de réfuter la notion même de citoyenneté et de réduire le peuple à une concrétion d’individus ? Ou est-ce la manœuvre d’une (nouvelle) aristocratie pour se maintenir au pouvoir coûte que coûte ? Ou les trois à la fois ?<br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Arendt, H. (2024). <i>Qu&apos;est-ce que la politique?</i>. Seuil.<br>Arendt, H. (2025) <i>Gouverner. Loi, pouvoir, domination</i>. Petite bibliothèque Payot<br>Boucheron, P. (2015). <i>Conjurer la peur. Essai sur la force politique des images</i>. Points Seuil<br>Bourdieu, P. (1979). <i>La distinction. Critique sociale du jugement</i>. Paris, éditions de Minuit.<br>Bourdieu, P.(2012). <i>Sur l&apos;Etat. Cours au collège de France (1989-1992)</i>. Seuil.<br>Dewey J (2015).<i> Le public et ses problèmes</i>. Folio <br>Donegani, Sadoun (1994). <i>La démocratie imparfaite</i>. Folio<br>Estlund, D. (2011) <i>L’autorité de la démocratie</i>. Hermann<br>Gaxie, D. (1993). <i>Le cens caché: inégalités culturelles et ségrégation politique</i>. Seuil.<br>Giroux, J. (2013). Le spectre épistocratique. <i>Philosophiques</i>, 40(2), 301–319. https://doi.org/10.7202/1023699ar <br>Frinault, Karila-Cohen, Neveu, (2023) <i>Qu’est-ce que l’opinion publique? Dynamiques, matérialités, conflits</i>. Paris, Gallimard, coll.«Folio Essais»<br>Manin, B. (2012) <i>Principe du gouvernement représentatif</i>. GF Flammarion<br>Romano, J. (2015). Des sciences sociales pour gouverner?. <i>Genèses</i>, 99(2), 113-130.<br>Schumpeter, J. A., & Fain, G. (1951). <i>Capitalisme, socialisme et démocratie</i>. Paris: Payot.<br>Stiegler, B (2019). <i>Il faut s’adapter. Sur un nouvel impératif politique</i>. Gallimard.<br>Viala, « De Sieyès à John Stuart Mill : les prémisses d’une épistocratie libérale », <i>Revue d’études benthamiennes</i> [En ligne], 28 | 2025, mis en ligne le 01 décembre 2025, consulté le 14 décembre 2025. URL : http://journals.openedition.org/etudes-benthamiennes/13092 ; DOI : https:// doi.org/10.4000/15ccz <br></p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EpistocratiE">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Wed, 22 Apr 2026 16:10:48 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Cadrage médiatique</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?CadrageMediatique]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?CadrageMediatique]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Cadrage médiatique</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?GuaaybessTourya/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Guaaybess Tourya">Guaaybess Tourya</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p align="justify"><img style="width: 474px;" src="files/CadrageMediatique_06e1b357083bcd48df9a_20260422095937_20260422115937.png"><br></p><p align="justify">Le cadrage médiatique désigne les processus par lesquels les médias sélectionnent des aspects de la réalité et les organisent selon des angles spécifiques, orientant ainsi l’interprétation des faits et des enjeux par le public. Il renvoie à des points de vue construits, issus de choix à la fois professionnels, culturels et parfois stratégiques, plus ou moins conscients.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p align="justify">La notion de cadrage trouve ses origines dans l’analyse des « cadres » comme structures d’interprétation permettant de donner sens à l’expérience (Goffman, 1974). Appliquée aux médias, cette approche souligne que l’information n’est pas un simple reflet du réel, mais le résultat d’une mise en forme qui en oriente la compréhension.</p><p align="justify"><br>Le cadrage médiatique résulte de plusieurs opérations. D’abord, une sélection des faits : certains éléments sont retenus tandis que d’autres sont écartés, contribuant ainsi à leur invisibilisation - terme désormais courant pour désigner ces processus d’exclusion symbolique. Cette sélection est tributaire de critères qui président à la « valeur d’information » (news values) (Galtung & Ruge, 1965) comme la proximité ou l’importance des acteurs impliqués. Ces critères orientent ce qui est jugé digne d’être couvert par les médias. Ensuite, une hiérarchisation détermine ce qui sera mis en avant ou relégué au second plan de l’agenda. Enfin, une mise en forme intervient à travers le choix des mots, des images - au sens propre comme au sens figuré, car cadrer revient à délimiter un champ du visible et à rejeter hors champ ce qui ne l’est pas - des sources et des formats narratifs. Cadrer consiste ainsi à « sélectionner certains aspects d’une réalité perçue et les rendre plus saillants dans un texte communicatif » (Entman, 1993, p. 52). Cette opération permet, toujours selon Entman, de définir un problème, d’en attribuer les causes, de porter un jugement et de suggérer des solutions.</p><p align="justify"><br>Ces actions ne relèvent pas nécessairement de choix pleinement conscients ou stratégiques. En effet, les cadrages médiatiques s’inscrivent dans des logiques sociales plus larges. Les journalistes sont des acteurs situés, dont les pratiques dépendent de leur socialisation professionnelle, de leur formation, de leur trajectoire et de leur position dans le champ journalistique (Neveu, 2001 ; Ruellan, 1997). Dans cette perspective, le cadrage apparaît comme le produit de contraintes structurelles (rapports de concurrence, dépendances économiques, hiérarchies rédactionnelles) mais aussi de schèmes de perception et de jugement intériorisés au fil de la socialisation professionnelle (Bourdieu, 1996 ; Charon, 1991). </p><p align="justify"><br>Ainsi, dans le champ journalistique, le cadrage est lié aux routines professionnelles. La « routine de l’angle » désigne ces schémas stabilisés qui orientent le traitement de l’actualité (Ruellan, 1993). L’angle constitue une forme opératoire du cadrage : il organise le récit en privilégiant une perspective particulière (politique, économique, sociale, humaine, etc.). Cette routinisation facilite la production de l’information dans des contextes contraints (temps, concurrence, formats), et contribue également à homogénéiser les couvertures médiatiques et à limiter la diversité des points de vue.</p><p align="justify">De façon générale, le cadrage médiatique constitue un enjeu de pouvoir. Tous les acteurs sociaux ne disposent pas des mêmes ressources pour imposer leurs cadres d’interprétation. Les institutions politiques, les experts ou les groupes dominants bénéficient généralement d’un accès privilégié à la parole médiatique et d’une capacité accrue à définir les termes du débat public. Cette question est cruciale dans un contexte marqué par la concentration des médias entre les mains d’acteurs privés. À l’inverse, d’autres acteurs cherchent à contester ces cadrages dominants en proposant des interprétations alternatives, notamment dans les espaces numériques et participatifs. Dans quelle mesure ces espaces permettent-ils réellement l’émergence de cadrages concurrents et la redéfinition des hiérarchies de visibilité (Granjon, 2012) ?</p><p align="justify"><br>Enfin, le cadrage ne se limite pas à la production de l’information. Il résulte d’interactions complexes entre journalistes, contraintes organisationnelles, formats médiatiques et publics. À l’ère numérique, ces derniers ne se contentent plus de recevoir les cadres proposés : ils peuvent les discuter, les reformuler, voire en produire de nouveaux, participant ainsi à la circulation et à la transformation des interprétations de l’actualité. Le cadrage médiatique apparait dès lors comme un processus dynamique, situé au croisement de logiques de production, de circulation et de réception.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Bourdieu, P. (1996). Sur la télévision. Liber-Raisons d’agir.<br>Charon, J.-M. (1991). La presse quotidienne. La Découverte.<br>Entman, R. M. (1993). Framing: Toward clarification of a fractured paradigm. Journal of Communication, 43(4), 51–58. <br>Galtung, J., et Ruge, M. H. (1965). The structure of foreign news. Journal of Peace Research, 2(1), 64–91.<br>Goffman, E. (1991). Les cadres de l’expérience. Les Éditions de Minuit. (publié en 1974)<br>Granjon, F. (2012). Médias, mobilisations et transformations des espaces publics. Presses des Mines.<br>Neveu, E. (2001). Sociologie du journalisme. La Découverte.<br>Ruellan, D. (1993). L’angle ou la règle du jeu. Réseaux, (60), 11–40.<br>Ruellan, D. (1997). Les « pros » du journalisme. De l’état au statut, la construction d’un espace professionnel. Presses universitaires de Rennes.</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?CadrageMediatique">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Wed, 22 Apr 2026 11:59:37 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Dispositif numérique</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?DispositifNumerique]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?DispositifNumerique]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Dispositif numérique</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?OliveriNicolas/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Oliveri Nicolas">Oliveri Nicolas</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3><img style="width: 474px;" src="files/DispositifNumerique_7e1df0f15119eb4d7ac8_20260313170951_20260313180951.png"><br></h3><h3>Definition simple et courte</h3><p>Le dispositif numérique peut être défini comme un ensemble structuré qui articule des éléments humains et non-humains autour d’une finalité de communication ou d’information, à travers des technologies numériques configurant des cadres d’expérience, de pouvoir et de sens. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Définition plus fouillée</h3><p>Dans le sillage de Michel Foucault, le terme de dispositif renvoie d’abord à un ensemble hétérogène de composantes (acteurs, règles, espaces, objets matériels, discours), mises en relation de manière stratégique, pour produire certaines conduites, certains savoirs ou certains rapports de pouvoir. Un dispositif n’est donc pas seulement un outil ou une infrastructure technique, mais un montage d’éléments disparates qui se stabilisent dans une forme relativement cohérente, au service d’objectifs explicites ou implicites (contrôler, éduquer, divertir, organiser, etc.). Dans cette perspective, la dimension stratégique est centrale : le dispositif configure des positions (celui qui voit, celui qui est vu, celui qui parle, celui qui est silencieux) et distribue un « régime de visibilité » (Deleuze, 1986) et d’énonciation, pour reprendre la formule deleuzienne. Les sciences de l&apos;information et la de la communication (SIC) ont largement repris et reconfiguré cette notion, en l’appliquant à des objets variés : dispositifs médiatiques, pédagogiques, organisationnels, techniques, numériques. Dans ce champ, parler de dispositif revient à mettre l’accent sur les agencements d’éléments humains et non-humains, sur les relations de pouvoir qu’ils instaurent mais aussi et surtout sur les dynamiques communicationnelles qu’ils rendent possibles ou impossibles. Le dispositif devient ainsi une sorte d’opérateur d’analyse des conditions de production, de circulation et d’interprétation des informations, en tenant ensemble les dimensions matérielles, symboliques, institutionnelles et interactionnelles. L’expression « dispositif numérique » marque l’inscription de ces agencements dans un environnement associé aux technologies de l’information et de la communication (TIC), fondées sur le numérique (réseaux informatiques, interfaces logicielles, plateformes, objets connectés, etc.). Un dispositif numérique ne se réduit donc pas à un ensemble de machines ou de codes : il comprend également les pratiques d’usage, les compétences mobilisées, les normes d’appropriation, les modèles économiques ainsi que les imaginaires qui entourent ces technologies. Il s’agit d’un espace de relations configuré par des choix de conception (architecture informationnelle, ergonomie, options de paramétrage, formats de données), qui orientent les parcours possibles des usagers et encadrent leurs marges d’action et de réflexivité. Dans une approche communicationnelle, les dispositifs numériques sont envisagés comme des scènes (au sens de Goffman) où se rejouent, à travers des médias variés, les questions de pouvoir, de contrôle, d’autonomie et de participation. Les structures sociotechniques de ces dispositifs comme le design d’une plateforme sociale, les algorithmes de recommandation ou les modalités d’inscription et d’authentification, contribuent à définir qui peut prendre la parole, qui peut voir quoi, comment les traces sont conservées et exploitées. Les SIC s’intéressent alors aux tensions entre les promesses d’ouverture, de coopération ou de créativité associées au numérique et les logiques de surveillance, de normalisation ou de marchandisation qui se cristallisent dans les dispositifs. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Invitation aux débats</h3><p>Ainsi, les dispositifs numériques sont à la fois des instruments de traitement de l’information, des environnements cognitifs et des formes de médiation symbolique. Ils participent à l’organisation des connaissances, à la transformation des formes d’expression et à la reconfiguration des pratiques culturelles et professionnelles. Cette triple dimension (cognitive, instrumentale, sémiotique), conduit à penser les dispositifs numériques comme des milieux de vie et de travail, traversés par des enjeux sociétaux tels que l’inclusion, l’accessibilité, l’éducation, l’émancipation ou au contraire, la dépendance et les inégalités. Finalement, un dispositif numérique est un écosystème sociotechnique hétérogène, inscrit dans un cadre institutionnel et historique, qui tente d’articuler technologies numériques, acteurs, normes et discours, afin d’organiser des situations de communication et d’information par la distribution de positions, de possibilités d’action ou de régimes de visibilité. Cette définition insiste sur l’indissociabilité de la technique et du social, du matériel et du symbolique, de l’architecture logicielle et des usages situés. Elle invite en outre à analyser chaque dispositif numérique à partir des relations qu’il configure et des transformations qu’il opère sur les pratiques d’information-communication, plutôt qu’à partir de ses seules caractéristiques fonctionnelles ou technologiques, vision trop étriquée et déterministe de la réalité sociale.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Agamben, G. (2007). Qu’est-ce qu’un dispositif ?, Payot & Rivages.<br>Appel, V., Boulanger, H., & Massou, L. (dir.). (2010). Les dispositifs d’information et de communication. Concepts, usages et objets. De Boeck.</p><p>Beuscart, O., & Peerbaye, A. (2006). Histoires de dispositifs. Terrain et Travaux, 2, 3‑15.<br>Cardon, D. (2010). La démocratie Internet. Promesses et limites. Seuil.</p><p>Collet, L. (2016). Dispositifs numériques de formation et transformation socio-économique de l’école : de la fiction portée par l’éducation nationale à la science pratique des enseignants, Revue française des sciences de l’information et de la communication, 9.<br>Dalbavie, J., Da Lage, É., & Gellereau, M. (2016). Faire l’expérience de dispositifs numériques de visite et en suivre l’appropriation publique : vers de nouveaux rapports aux œuvres et aux lieux de l’expérience ?, Études de communication, 46, 109-128.<br>Jacquinot‑Delaunay, G., & Monnoyer, L. (dir.). (1999). Le dispositif. Entre usage et concept. Hermès, 25. CNRS Éditions.<br>Kovacs, S. (2023). Analyses dispositives en Sciences de l’information et de la communication. Le cas de la culture informationnelle. Approches Théoriques en Information‑Communication, 7, 67‑80.<br>Larroche, V. (2018). Le dispositif. Un concept pour les sciences de l’information et de la communication. ISTE Éditions.<br>Proulx, S. (2015). La sociologie des usages, et après ? Revue française des sciences de l’information et de la communication, 6.</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DispositifNumerique">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 13 Mar 2026 18:09:51 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Risques Technosociaux (RTS)</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?RisquesTechnosociauxRts]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?RisquesTechnosociauxRts]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Risques Technosociaux (RTS)</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?OliveriNicolas/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Oliveri Nicolas">Oliveri Nicolas</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3><img style="width: 240px;" src="files/RisquesTechnosociauxRts_d634be1c4a965287df67_20260313172032_20260313182032.png"><br></h3><h3>Définition simple et courte</h3><p>Les risques technosociaux (RTS) désignent, l’ensemble des atteintes physiques, psychiques et relationnelles susceptibles d’affecter un collaborateur lorsque son activité professionnelle se déploie dans un environnement de travail fortement imprégné par les technologies de l’information et de la communication (TIC). </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Définition plus fouillée</h3><p>Ancrés dans la filiation des risques psychosociaux, les RTS mettent en lumière la manière dont les dispositifs numériques, devenus centraux dans l’organisation contemporaine du travail, configurent de nouvelles formes de contraintes, de vulnérabilités et de souffrances au sein des collectifs. Dans la continuité des travaux sur les risques psychosociaux, les RTS prolongent l’idée que la santé au travail ne peut être pensée indépendamment des conditions concrètes d’exercice de l’activité, des modes de management et des régimes de prescription qui pèsent sur les salariés. Alors que les risques psychosociaux ont contribué à rendre visibles le stress, le harcèlement, le burnout ou la violence au travail, les RTS proposent de déplacer le regard vers l’écosystème numérique dans lequel ces phénomènes se recomposent, s’intensifient ou prennent de nouvelles formes. Ce déplacement n’abolit pas la responsabilité managériale, mais souligne que celle-ci s’exerce désormais à travers des dispositifs techniques qui organisent les rythmes, les flux d’information et les modalités de contrôle de l’activité. Les RTS renvoient ainsi à des troubles qui trouvent leur origine dans l’articulation spécifique entre organisation du travail et médiations numériques : interruption permanente des tâches par les notifications, surcharge informationnelle, injonction à la disponibilité continue, renforcement du contrôle à distance, brouillage des frontières entre sphère professionnelle et sphère privée, isolement relationnel lié à la médiation par écran. Ces phénomènes se traduisent à la fois par des atteintes physiques déjà identifiées (fatigue visuelle, troubles musculo-squelettiques, troubles du sommeil) mais également par des atteintes psychologiques (technostress, sentiment d’urgence permanent, perte de sens, épuisement professionnel). Les RTS s’inscrivent donc au croisement des dimensions matérielles, cognitives et symboliques des TIC, en soulignant la manière dont celles-ci structurent la charge mentale et émotionnelle des travailleurs. Du point de vue des SIC, les TIC au travail ne sont pas de simples outils neutres, mais des dispositifs sociotechniques porteurs de normes, d’idéologies et de promesses d’efficacité, de flexibilité ou d’autonomie. La diffusion massive de ces dispositifs dans les organisations est accompagnée de discours qui valorisent l’innovation, la mobilité et la collaboration, tout en minimisant les effets de saturation, de fragmentation et de contrôle qu’ils induisent dans les pratiques ordinaires. Les RTS permettent précisément de problématiser cette dimension idéologique du numérique, en montrant comment la valorisation sociale de la connectivité permanente peut masquer une forme de violence numérique : injonction à répondre vite, à être joignable partout, à intégrer sans cesse de nouveaux outils et interfaces. Les RTS ne doivent cependant pas être réduits à une essence technique des technologies car ils renvoient à des configurations d’usage contextuelles, façonnées par des décisions organisationnelles, des politiques de ressources humaines ou encore, par des dispositifs de régulation plus ou moins explicites. Autrement dit, si les TIC constituent le milieu d’émergence des RTS, ces derniers résultent d’une coproduction entre architectures techniques, cadres réglementaires, cultures managériales et pratiques des acteurs.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Invitation aux débats</h3><p>Cette approche invite à dépasser l’alternative entre technophobie et technophilie, en pensant les dispositifs numériques comme des opérateurs de structuration du travail qui peuvent autant soutenir l’activité et la coopération que générer une surcharge et un épuisement technologique. Dans cette perspective, les risques technosociaux désignent un champ d’analyse et d’action qui vise à rendre visibles les effets parfois invisibilisés de la numérisation intensive du travail et à interroger les conditions d’un usage éthique et soutenable des TIC en organisation. Ils appellent à la mise en place de cadres de régulation et de formation permettant aux managers comme aux collaborateurs de comprendre les mécanismes de la surcharge numérique, d’identifier les limites acceptables de disponibilité, de préserver des espaces de déconnexion et de reconstituer des collectifs de travail au‑delà des seules médiations via écrans. On peut ainsi proposer la définition suivante : les risques technosociaux (RTS) sont l’ensemble des troubles physiques, psychiques et relationnels qui émergent des configurations sociotechniques de travail où les dispositifs numériques occupent une place structurante, lorsque leur conception, leur pilotage et leurs usages ne sont pas encadrés par une réflexion éthique et organisationnelle garantissant la soutenabilité de l’activité et la qualité de vie au travail. Enfin, à l’heure du déferlement abrupt et massif de l’IA dans le monde du travail, les questionnements sur la réception de cette technologie de rupture et les nouvelles formes de vulnérabilité qui en découlent, n’ont jamais été aussi saillants. Aussi, face aux transformations des pratiques professionnelles (plateformisation, télétravail, coworking, etc.), des besoins de formation et d’adaptation aux nouveaux outils, des politiques managériales dites « responsables » ou encore, des processus décisionnels de la gouvernance, c’est toute l’organisation qui chaque jour, risque un peu plus la désorganisation en contexte numérique, réifiant et actualisant in situ le concept de risques technosociaux (RTS), trop souvent dilué par les usages, parfois verbalisé par les collaborateurs mais rarement traité par les services RH.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Benedetto-Meyer M. & Klein N. (2017), Du partage de connaissances au travail collaboratif : portées et limites des outils numériques, Sociologie Pratiques, 1 (34), 28-38.<br>Bobillier Chaumon, M.-É., & Dubois, M. (2009). L’adoption des technologies en situation professionnelle : quelles articulations possibles entre acceptabilité et acceptation ? Le Travail Humain, 72(4), 355‑382.<br>Carayol, V., Laborde, A., & Cousserand-Blin, I. (dir.). (2025). Fabrique des vulnérabilités et communication organisationnelle. Communication & Professionnalisation, 17.<br>Carayol, V., & Laborde, A. (dir.) (2019). Les organisations malades du numérique. Communication & Organisation, 56.<br>Casilli, A. (2019). En attendant les robots. Enquête sur le travail du clic. Seuil.<br>Oliveri, N. (2025). Dispositifs numériques des organisations et risques technosociaux (RTS). Pour une éthique des TIC au travail. Journal international de bioéthique et d’éthique des sciences, 36(3), 89-100.<br>Oliveri, N. & Augé, L. (2022) Les risques technosociaux. Comprendre le syndrome d’épuisement technologique au travail. L’Harmattan.<br>Oliveri, N. (2022). De la violence symbolique à la violence numérique. Les collaborateurs à l’épreuve des risques technosociaux (RTS). Communication & Professionnalisation, 13, 161-177.<br>Oliveri, N. & Pélissier, N. (2019). Repenser les dispositifs numériques des organisations au prisme des risques technosociaux (RTS). Identification, évaluation, prévention. Les Cahiers du Numérique, 15(4), 87-111.<br>Popovic, N., & Galibert, O. (2025). Vulnérabilité et inégalités numériques au travail : le cas d’une collectivité territoriale. Communication & Professionnalisation, 17, 89-110.</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?RisquesTechnosociauxRts">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 13 Mar 2026 17:48:01 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Co-construction</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?CoConstruction]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?CoConstruction]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Co-construction</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?VolatGeoffrey/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Volat Geoffrey">Volat Geoffrey</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><img style="width: 50%;" src="files/CoConstruction_f194654040e0d7bd385e_20260313194013_20260313204013.png"><br></p><p>La co-construction désigne un processus démocratique par lequel plusieurs acteurs — institutionnels, professionnels, citoyens, usagers — élaborent conjointement un diagnostic, des orientations ou des décisions relatives à une action collective. Elle implique un déplacement du centre de gravité de la décision, d’un modèle vertical vers une dynamique délibérative et coopérative.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Définition courte et simple</h3><p>Dans son acception la plus générale, la co-construction renvoie à une modalité d’action collective fondée sur la production conjointe de sens et de perspectives d’action. Elle dépasse des formes plus limitées d’interactions, comme la consultation ou la concertation. Il ne s’agit pas seulement de recueillir des avis, mais d’intégrer différents acteurs sociaux au sein d’un processus délibératif commun. Elle suppose ainsi une interaction structurée entre des acteurs porteurs de ressources hétérogènes — savoirs d’expertise, savoirs d’usage, légitimité élective, capacité d’action, ancrage territorial etc.</p><h3>Définition plus fouillée</h3><p>Plus spécifiquement, dans le champ de l’action publique, la co-construction s’inscrit dans le prolongement des travaux sur la démocratie participative. Elle peut désigner des réalités variées, allant de dispositifs formalisés (conventions citoyennes, conseils de développement, budgets participatifs) à des pratiques plus informelles de travail partenarial (élaboration d’une feuille de route, comité de suivi d’une action publique, élaboration d’un appel à manifestation d’intérêt etc.). Ainsi, selon les contextes, elle peut être mobilisée comme méthode de gestion de projet, comme principe normatif de démocratisation ou comme instrument d’innovation publique.<br>Trois dimensions permettent d’en saisir la complexité.<br>Premièrement, la dimension épistémique : la co-construction repose sur l’idée que la connaissance pertinente pour l’action n’est pas exclusivement détenue par l’expertise scientifique ou administrative. Elle émerge de l’interaction entre différents registres de savoirs. Dans cette perspective, le processus vise autant la production d’actions et de solutions que l’élaboration d’un cadre partagé d’interprétation des enjeux et des problèmes.<br>Deuxièmement, la dimension politique : la co-construction implique une redistribution démocratique des capacités d’influence sur la décision. Elle interroge les rapports de pouvoir, les formes de légitimité et les frontières entre représentants et représentés. Cette redistribution peut être substantielle — lorsque les participants disposent d’un pouvoir réel d’arbitrage — ou symbolique, lorsque la participation demeure consultative. La co-construction ne constitue donc pas en soi une garantie d’émancipation démocratique ; elle peut aussi être instrumentalisée à des fins de légitimation, en particulier dans le champ de l’action publique.<br>Troisièmement, la dimension organisationnelle et relationnelle : la co-construction requiert des dispositifs, des règles du jeu, des médiations. Elle suppose un travail de traduction entre des univers professionnels et culturels distincts, ainsi qu’un cadre sécurisant permettant l’expression des désaccords. <br>Sans ingénierie communicationnelle et sans confiance minimale entre acteurs, la co-construction tend à se réduire à une juxtaposition de points de vue ou à se réduire à une forme d’homogénéité de points de vue -on parle alors de co-construction corporatiste.<br>Il convient enfin de distinguer la co-construction d’autres notions proches. Elle se différencie de la co-production, qui renvoie davantage à la mise en œuvre conjointe d’un service ou d’une politique, et de la concertation demeure consultative et asymétrique. Elle se rapproche en revanche de la notion de gouvernance collaborative, tout en conservant une dimension normative plus marquée : celle d’un idéal de partage de la définition même de l’intérêt général.<br>En somme, la co-construction peut être définie comme un processus structuré d’élaboration collective de l’action, reposant sur la reconnaissance de la pluralité des savoirs et des légitimités, et visant la production de décisions plus robustes, plus légitimes et potentiellement plus adaptées aux contextes territoriaux.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Invitation aux débats</h3><p>La co-construction ne se décrète pas : elle se construit dans la durée, au croisement de dispositifs formels et de relations interpersonnelles. Elle ouvre ainsi une série de questions décisives : jusqu’où partager le pouvoir de définir l’action publique ? Comment articuler légitimité élective et légitimité participative ? Quels garde-fous instituer pour éviter l’instrumentalisation ? Autant d’interrogations qui invitent à considérer la co-construction non comme un modèle stabilisé, mais comme un chantier démocratique permanent.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>NSELL Chris & GASH Alison, 2008, « Collaborative Governance in Theory and Practice », Journal of Public Administration Research and Theory, vol. 18, n°4, p. 543-571.<br>CALLON Michel, LASCOUMES Pierre & BARTHE Yannick, 2001, Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris, Seuil.<br>DEWEY John, 1927, The Public and Its Problems, New York, Henry Holt.<br>FRAISSE Laurent, 2018, La co-construction de l’action publique : définitions, enjeux, discours et pratiques, Paris, Fondation Maison des Sciences de l’Homme, 69 p.<br>GASH Alison & ANSELL Chris, 2008, voir ANSELL & GASH 2008.<br>OCDE, 2020, Innovative Citizen Participation and New Democratic Institutions: Catching the Deliberative Wave, Paris, OECD Publishing.<br>OSTROM Elinor, 1990, Governing the Commons: The Evolution of Institutions for Collective Action, Cambridge, Cambridge University Press.<br>ROSANVALLON Pierre, 2008, La légitimité démocratique. Impartialité, réflexivité, proximité, Paris, Seuil.<br>VAILLANCOURT Yves, 2019, « De la co-construction des connaissances et des politiques publiques », SociologieS, Dossiers.</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?CoConstruction">
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            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Wed, 04 Mar 2026 11:35:41 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Ménager</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?MenageR]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?MenageR]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Ménager</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PacquotThierry/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Paquot Thierry">Paquot Thierry</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><img style="width: 50%;" src="files/MenageR_42c841630be4e26bb3b9_20260313193751_20260313203751.png"><br></p><p>Ce verbe provient du vieux verbe « manoir » dorénavant inusité. Il signifie « prendre soin ». Nous connaissons tous l’adage « Qui veut voyager loin, ménage sa monture » que Jean Racine reprend dans Les plaideurs. Il ne faut donc pas épuiser son cheval par une course effrénée, mais accepter son rythme afin qu’il nous mène à destination. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Il en va de même pour ménager quelqu’un, soi-même ou un lieu. À dire vrai, il s’agit de ménager les gens, les choses, les lieux et le vivant. Un tel ménagement réclame une disposition à la disponibilité qui se cultive, qui ne va pas de soi, qui se révèle exigeante, tant elle s’alimente d’attentions intentionnées. </p><h3>Un verbe qui contribue à écologiser nos manières de penser</h3><p>« Ménager » revient à contribuer à écologiser nos manières de faire et de penser. Ainsi, par exemple, « ménager » une place dans un village ou une ville, consiste à étudier ses usages temporalisés (chronotopie) et genrés, à observer le vivant qui s’y déploie, à questionner les gens qui y viennent, à proposer un mobilier qui convienne aux activités qui s’y dérouleront, de jour comme de nuit, selon les saisons, et aux populations qui s’y installeront, etc. Ces observations, qui demandent du temps et de la réflexion, ne sont que rarement intégrées au processus du projet et conséquemment ne sont pas budgetées, or, elles sont indispensables pour imaginer une réponse de qualité, singulière et originale. Le ménagement en architecture, urbanisme, paysagisme, design, se doit de pratiquer le cas par cas, le sur-mesure et le avec les habitants et le vivant. Les trois simultanément. Les trois qui s’enrichissent mutuellement. Les trois qui font « ensemble ». Les trois qui s’inscrivent dans leurs temporalités et dans celles qu’elles refaçonnent ou produisent. </p><p>Ménager m’a toujours paru une évidence, alors que l’aménagement relevait de lois, règlements, techniques administratives, protocoles bureaucratiques, visant à standardiser une réalisation, à normaliser une décision, sans jamais, précisément, tenir compte du lieu où elles intervenaient, des gens auxquels elles se destinaient, des choses qui les environnaient et qu’elles environneraient à leur tour... Ménager relève d’une attitude souple, ouverte, discrète, adaptable, efficace, soucieuse d’accroitre l’autonomie des habitants, humains et non humains (sans trop m’aventurer dans ce voudrait dire « autonomie » pour un animal ou une plante, mais en acceptant le principe d’un quelque chose qui leur appartient au point où le perdant ils ne sont plus eux-mêmes), et le respect du déjà-là en privilégiant les interrelations entre les éléments constitutifs d’un même ensemble... </p><p><br></p><h3>Prendre soin, un acte politique</h3><p>La politologue et féministe américaine Joan Tronto rappelle que l’architecture est toujours l’expression du pouvoir (qu’il soit religieux, politique ou économique), d’un pouvoir qui est masculin et méprise l’impact du bâtiment sur les gens qui y travaillent et le vivant qui doit cohabiter avec. Ainsi, pour elle, le super-stade en verre de Minneapolis représente un véritable danger pour les oiseaux, sans pour autant émouvoir ses promoteurs ! Elle n’en conclut pas que tous les hommes architectes et urbanistes sont indifférents aux gens et au vivant, mais qu’ils sont maladroits à leur endroit, ne sachant pas comment les « ménager ». Elle est persuadée qu’il ne faut plus regarder un bâtiment comme un objet entier, complet, terminé, mais comme une pelote de relations et d’interrelations qui ne cessent d’agir et de réagir entre elles. </p><p>Avec Berenice Fisher, dans Un monde vulnérable (La Découverte, 2009), elles écrivaient : « Dans son sens le plus général, nous suggérons que le care soit considéré comme une activité générique qui comprend tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer et réparer notre ‘monde’, de sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible. Ce monde comprend nos corps, nous-mêmes et notre environnement, tous éléments que nous cherchons à relier en un réseau complexe, en soutien à la vie. » À partir de cette définition du care, elles énumèrent quatre principes fondamentaux : « faire attention », « prendre soin de », « donner » et « recevoir ». Plus tard, Joan Tronto en ajoute un cinquième : « rendre », comme pour clore le cycle du don, à la manière de Marcel Mauss, pour qui celui-ci se déroule en trois temps : donner-recevoir-rendre, pas nécessairement synchronisés entre eux.</p><p><br>Le mot care ne vient pas du latin cura, mais du vieux haut allemand Kara, « souci, chagrin, peine ». Il désigne aussi l’anticipation d’un danger, afin de s’en prémunir, dans ce cas, care peut être traduit par « sollicitude » et « assistance ». À nous de pratiquer ce care, ce « ménagement », dans nos actes ordinaires et mieux encore dans nos manières de faire de l’architecture, du « ménagement urbain » (je préfère éviter le néologisme « urbanisme » qui correspond, pour moi, à la fabrication de la ville productiviste conçue et réalisée par les hommes), du design social ou du biorégionalisme. Le choix du site, des matériaux, du calendrier du chantier, des compétences des ouvriers, de l’organisation du travail, de la prise en considération des riverains et de la faune et de la flore, etc., des conséquences de telle forme, de telle couleur, de tel revêtement sur les écosystèmes et sur le travail des ouvriers comme sur le quotidien des voisins et des futurs habitants, sur le recyclage et le futur réemploi, etc. Le ménagement ne se substitue pas à l’aménagement, il est d’une autre nature et appartient à une autre logique qui se fonde sur une éthique, celle de la Terre que propose Aldo Leopold, pour qui : « Une chose est juste lorsqu’elle tend à préserver l’intégrité, la stabilité et la beauté de la communauté biotique. Elle est injuste lorsqu’elle tend à l’inverse. »</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Pour de nombreux professionnels et décideurs, « ménager » est contraire à l’efficacité qu’ils prônent et aux normes qu’ils imposent en même temps que leur pouvoir. Aussi, continuent-ils à vouloir « aménager », en cela ils confortent un système hiérarchisé incapable d’accueillir la mésentente, le conflit et l’expérimentation.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Paquot Thierry (2025), L’Amour des lieux. Topophilie, topophobie, topocide, Paris, PUF. J’y consacre de nombreux pages à « ménager » et aussi à « ménagère » et « ménagement »...<br>Tronto Joan (2020), « Caring Architecture » est paru dans Critical Care, Architecture and Urbanism for a Broken Planet, sous la direction d’Angelika Fitz et Elke Krasky, Cambridge, MIT Press, 2020, « Vers une architecture du ménagement », traduit en français par Joanne Massoubre et Martin Paquot, Topophile, revue numérique, 31 janvier 2021. </p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?MenageR">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Sun, 22 Feb 2026 11:40:06 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Zader</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?ZadeR]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?ZadeR]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Zader</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PacquotThierry/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Paquot Thierry">Paquot Thierry</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><img style="width: 500px;" src="files/ZadeR_2d2399e849b0519656a6_20260401185727_20260401205727.png"><br></p><p>Ce nouveau verbe est issu des luttes autour des ZAD  « zone à défendre », comme celle de Notre-Dame-des-Landes qui s’est opposée avec succès à la création d’un nouvel aéroport au nord de Nantes. Il signifie critiquer une décision tout en revendiquant une contre-proposition.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>A l&apos;origine de ce verbe le néologisme ZAD</h3><p>La ZAD est une « zone à défendre », à l’instar de celle de Notre-Dame-des-Landes qui s’oppose à la création d’un nouvel aéroport au nord de Nantes dès 2009. Ce néologisme détourne l’acronyme « ZAD », « zone d’aménagement différé », qui désignait en 1974 la réserve foncière de 1 225 hectares destiné au futur aéroport. </p><p>Des militants écologistes, des agriculteurs et des habitants locaux, des activistes anticapitalistes ou altermondialistes, entre 200 et 300, s’installent sur le terrain convoité par les décideurs de ce projet pour empêcher sa construction. Un village hétéroclite sort de terre - avec des cabanes, des tentes, des roulottes, des maisons retapées, etc. -, des « zadistes » s’y installent, cultivent la terre, expérimentent une autre manière de vivre, en se partageant les tâches et en refusant toute autorité imposée d’en-haut. C’est en 2014 que l’ancien maire de Quelneuc, René Leblanc, dépose à l’INPI les mots « ZAD » et « Zadistes », qui entrent dans Le Petit Robert l’année suivante. Ces « zadistes », jeunes pour la plupart, renouent, sans nécessairement le savoir et le vouloir, avec les contestataires de l’extension du camp militaire du Larzac (1971-1981), l’esprit pacifiste de Lanza del Vasto, la contre-culture des communautés hippies, la détermination des pourfendeurs des centrales nucléaires...</p><h3>Contester et proposer</h3><p>Ainsi la ZAD est à la fois un mode de contestation et un art de vivre. Il s’agit d’une nouvelle culture politique qui allie le refus du productivisme et sa logique du toujours plus à une alternative émancipatrice et sa logique du toujours mieux. C’est ce qu’exprime le verbe zader : non pas seulement critiquer une décision mais revendiquer une contre-proposition. Refuser ce qui parait déraisonnable d’un point de vue, écologique, économique, social, tout en suggérant un autre possible. Zader ne revient pas simplement à dénoncer un choix considéré absurde (une bretelle autoroutière, une bassine, la destruction de haies pour remembrer des terres agricoles, l’usage d’un insecticide toxique pour les humains et des espèces animales et végétales, l’ouverture d’un parc de loisirs à l’emplacement d’une forêt riche en biodiversité, etc.) mais à œuvrer pour la préservation de la nature, son entretien et son amélioration... </p><p>De nombreuses ZAD ont été démantelées par la police et les zadistes expulsés, comme celles du lieu-dit le Gabarn qui s’oppose au projet d’autoroute E7 (Bordeaux-Valence), de Bure contre l’enfouissement des déchets nucléaires ou encore celles contre un transformateur à haute tension à Saint-Victor-et-Melvieu, contre le barrage de Sivens, contre EuropaCity au Triangle de Gonesse, contre l’A69 dans le Tarn, etc. Décisions de justice, pressions politiques des gouvernements successifs, interventions souvent musclées - pour ne pas dire d’une violence disproportionnée - de la police, viennent contrecarrer l’expression populaire, le débat public. Quelques-unes ont conduit à l’arrêt des travaux comme à Notre-Dame-des-Landes et dans la forêt de Roybon où la société « Pierre et Vacances » renonce en 2020 à implanter un nouveau Center Parcs...D’autres ZAD ont essaimé en Suisse, en Belgique, en Allemagne, elles participent d’une forme d’engagement in situ qui « occupe » un lieu pour le protéger d’une intervention qui lui serait fatale...</p><p>Le verbe « zader » commence juste à être conjugué, il faut lui laisser le temps de se diffuser. Il correspond bien à une nouvelle attente militante : ne pas dénoncer sans proposer ! Sans proposer une alternative aux vertus émancipatrices, un contre-projet qui démultiplie les possibilités d’accroître l’autonomie des participants le temps nécessaire à son éclosion...Aucune ZAD n’est identique, chacune invente son chemin, c’est pour cela que toute récupération politicienne se révèle difficile. Quant aux zadistes, ils apprennent en luttant que toute idée est un combat...</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Un tel verbe irrite les représentants de l’ordre néolibéral qui s’insurgent de toute dérogation au sacro-saint marché et à la croissance pour la croissance qui le stimule. Pour eux, il n’y a pas à zader mais à se soumettre aux diktats de l’hubris et tant pis si la planète y perd son habitabilité, si la biodiversité s’appauvrit, si chaque humain se fragilise en perdant le peu d’autonomie qu’il possède... Zader est donc un verbe clivant dont l’usage clarifie les oppositions, d’un côté celles et ceux qui trouvent dans la société de consommation de quoi se satisfaire et d’un autre, celles et ceux, qui préfèrent être des « consommactrices » et « consommacteurs » de leur propre existence en harmonie avec le vivant et les autres humains. Zader est du côté de la coopération et non pas de la compétition. Zader est un verbe créatif, qui appelle l’aurore...</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Fougier Eddy (2016), Les Zadistes, 2 volumes, Paris, Fondation pour l’innovation politique.<br>Laurens Christophe (dir) (2018), Notre-Dame-des-Landes ou le métier de vivre, Paris, Loco.<br>Collectif Comm’un (2019), Habiter en lutte. Zad de Notre-Dame-des-Landes, 40 ans de résistance, Paris, Le Passager clandestin.<br>Denet Anaïs (2024), ZAD, une histoire de la violence, l’évacuation de Notre-Dame-des-Landes, Paris, Denoël.</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ZadeR">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Sun, 22 Feb 2026 11:27:27 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Ecoféminisme</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?EcofeminismE]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?EcofeminismE]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Ecoféminisme</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CombesJosette/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Combes Josette">Combes Josette</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>L’écoféminisme est un courant de pensée critique de l’économie dominante qui rassemble les pensées féministes et écologistes.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Le mouvement écoféministe repose sur trois piliers. Tout d’abord il est né de la mobilisation contre les dégâts causés par l&apos;androcapitalocène (Catherine Albertini, 2021, p. 14). Le capitalisme s&apos;est imposé grâce à une privatisation généralisée des biens communs (les enclosures en Angleterre), transformant les paysans et artisans autonomes en employés d&apos;entreprises. C&apos;est une manière de marchandiser le vivant. Pour les écoféministes, c&apos;est le premier pilier.<br></p><p>Le deuxième pilier est l&apos;esclavage et la prédation des ressources des pays du Sud, avec un discours méprisant et un comportement destructeur envers les cultures indigènes. <br>Le troisième est l&apos;exploitation du travail des femmes, qu&apos;il soit gratuit dans la sphère privée ou sous-payé dans la sphère publique. C&apos;est pourquoi les femmes refusent d&apos;être tenues responsables du désastre qui a été prédit, puisqu&apos;elles n&apos;ont pas eu voix au chapitre depuis leur exclusion de la scène politique à la Renaissance. À cette époque, les femmes étaient brûlées comme sorcières afin de les écarter de leurs fonctions, de vaincre leur résistance ou de punir une liberté jugée contraire aux bonnes mœurs (Le sexocide, D&apos;Eaubonne 1999).</p><p><br>Françoise d&apos;Eaubonne est considérée comme l&apos;inventrice du terme écoféminisme avec un titre radical « L&apos;écoféminisme ou la mort » (1974), mais le terme a été utilisé à la fois en Inde, notamment par Vandana Shiva et Maria Mies (1998), et aux États-Unis, d&apos;où il est revenu en Europe,  voir en particulier le recueil Reclaim (Hache, 2016), une compilation de textes d’écrivaines écoféministes.</p><p><br></p><p>En France, l&apos;œuvre de Françoise d&apos;Eaubonne n&apos;a pas été reprise par le mouvement féministe matérialiste (Delphy, 1975) ni par le mouvement universaliste, qui considéraient que le recours à la référence « nature » constituait un retour en arrière vers la sanctification de la mère et l&apos;écologie radicale, un danger pour les droits des femmes. Les matérialistes sont essentiellement orientées vers le « rattrapage » de la situation sociale des hommes (salaires, accès à l&apos;emploi, partage du fardeau mental des activités reproductives, etc).</p><p><br></p><h3>Réviser les valeurs virilistes</h3><p>Les écoféministes veulent réviser les paradigmes qui définissent l&apos;être humain et souhaitent organiser un monde où les valeurs dites « viriles » telles que l&apos;usage de la force, les luttes de pouvoir, l&apos;extractivisme et la domestication de la vie sont toxiques et devenues obsolètes. Cette « viriarchie » (Gazalé, 2017) a un coût social extrêmement élevé : en France, (Peytavin, Haes 2025) les hommes sont responsables de la grande majorité des comportements asociaux : ils représentent 84 % des auteurs d&apos;accidents mortels de la route, 92 % des élèves sanctionnés pour des actes de violence contre les biens et les personnes dans le secondaire, 90 % des personnes condamnées par les tribunaux, 86 % des suspects de meurtre, 97 % des auteurs de violences sexuelles, etc.</p><p><br>Il en coûte 95,2 milliards d&apos;euros chaque année pour compenser la virilité (toxique) masculine, en services policiers, judiciaires, médicaux et éducatifs pour y faire face. Sans compter le coût indirect pour la société, qui doit répondre aux souffrances physiques et psychologiques des victimes, et subit des pertes de productivité et des destructions matérielles. </p><p><br></p><h3>L&apos;action avant tout</h3><p>Les coalitions de femmes qui se reconnaissent sous ce terme défendent soit des territoires pour empêcher leur pillage, soit développent des terres pour promouvoir l&apos;autonomie alimentaire, soit s&apos;opposent à des projets extractivistes et bellicistes, soit encore créent des communautés de vie comme le faisaient les Béguines dès la fin du XIIe siècle en Europe (Panciera, 2021). </p><p><br>L&apos;écoféminisme se préoccupe avant tout d&apos;actions pragmatiques visant à mettre en œuvre une autre façon d&apos;organiser la vie quotidienne, en donnant la priorité à la souveraineté alimentaire, à la prise en charge des enfants et des organismes vivant sur leur territoire, et à la promotion de relations dépourvues de combativité et de compétition au profit de l&apos;entraide et de la coopération. Certaines  écoféministes développent une spiritualité déconnectée des dogmes patriarcaux qu’on peut apparenter à des pratiques panthéistes, réhabilitant la figure de la sorcière maîtrisant des connaissances sur le soin par les plantes médicinales. Ainsi  Vandana Shiva a créé en Inde une banque de semences pour restaurer la richesse qui préexistait avant que la colonisation anglaise n’interdise et éradique les plantes que les Indiens utilisaient dans leur médecine traditionnelle. Elle dirige la Fondation de la recherche pour la science, les technologies et les ressources naturelles. Les écoféministes luttent pour empêcher le pillage des ressources phytologiques et le brevetage du vivant.  </p><p><br>L&apos;écoféminisme ne désigne pas tous les hommes comme coupables (certains le sont évidemment), mais comme des personnes envahies par l&apos;idéologie patriarcale, au même titre que les femmes qui peuvent elles-mêmes encourager la figure du père, du mari/compagnon, du fils dans les injonctions d&apos;un modèle qui présente la violence masculine comme une caractéristique incontournable de la virilité. </p><p><br></p><h3>Que faire ?</h3><p>Ainsi, les paramètres suivants devraient intervenir dans la définition de l&apos;approche économique :<br>Quels besoins (biologiques, sociologiques, individuels, collectifs) sont des nécessités (survie) par rapport à leur légitimité (éthique) ?<br>Quelles contraintes sont supportables (nécessaires, acceptables) ?<br>Quels équilibres faut-il rechercher dans la définition et la mise en œuvre des dimensions suivantes : <br>1. l&apos;articulation de la satisfaction des besoins et de la place du travail dans le système de production; <br>2. les modes de régulation et de répartition des systèmes de production;<br>3. la fonction de l&apos;autonomie dans le maintien du désir, et donc de la vitalité, et le respect de l&apos;intériorité des personnes ; <br>4. le rôle de l&apos;interaction dans le système des relations sociales et de la vigilance collective;<br>5. En politique, remplacer la figure de l&apos;homme providentiel au profit d&apos;assemblées délibératives où les projets d&apos;intérêt collectif sont élaborés avec les citoyens et où s&apos;effectue une réflexion sur ce qui relève du public et du privé (Dacheux, Goujon, 2020). <br>6. Reconnaître le rôle fondamentale de l’économie reproductive, revoir l&apos;échelle des valeurs, la hiérarchie des tâches dites « nobles » par opposition à celles qui seraient dégradantes, assurées par une population sous estimée, en particulier les soins aux autres confiés aux femmes. Avec, bien sûr, une révision de l&apos;échelle des salaires.<br>7. La situation climatique, si préoccupante, exige que les décisions n&apos;appartiennent plus à un club de décideurs principalement masculins, mais à l&apos;ensemble des citoyens. <br>8. S&apos;opposer à l&apos;hypercroissance, à l&apos;extractivisme et à la destruction des terres arables. <br>Ce sont tous ces paramètres qui doivent être modifiés pour faire évoluer le monde, et en particulier celui de la démocratie économique. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Les écoféministes postulent que le monde ne peut évoluer que si les hommes comprennent qu&apos;ils sont eux-mêmes prisonniers d&apos;un modèle qui les prive de leur partie dite « féminine », tout comme il empêche les femmes d&apos;accéder à leur partie dite « masculine ». Ce dualisme sert le capitalisme en associant l&apos;argent, le prestige et la dépense d&apos;énergie aux valeurs viriles, adossés à la compétition  et la modestie, l&apos;effacement de soi et la gestion du quotidien aux valeurs féminines, la compétition portant cette fois sur le façonnage du corps dont les normes sont édictées pour convenir aux dictats masculins.<br>L’écoféminisme s’inscrit dans un ensemble plus vaste d’alternatives au capitalisme patriarcal. En effet, les mouvements de lutte contre le capitalisme associent en général la recherche d’égalité entre les humains et la lutte contre les discriminations. Au sein même de l’écoféminisme existe l’approche intersectionnelle qui souligne que les femmes racisées ont une vision du féminisme différente de celle des femmes blanches. Par ailleurs l’économie solidaire inclut le féminisme dans son approche voire en fait une condition absolue pour la définition de l’ESS (c’est le cas du REAS espagnol https://reas.red. Les alternatives en général telles que le mouvement des communs ou de la transition écologique considèrent l’égalité femme homme comme un incontournable, même s’ils ne focalisent pas leur action sur cet aspect. Enfin il existe une commission Egalité Femmes Hommes au sein d’ESS France qui a émis un rapport sur l’égalité femmes hommes dans l’ESS.<br>Le capitalisme est à la fois,  un système et un gaspillage qui engendre la violence contre les êtres dits « faibles », compensant les frustrations générées par le sentiment de ne rien décider réellement dans sa vie. Le capitalisme exploite le travail en réduisant les possibilités d&apos;action et d&apos;emploi. Il s&apos;agit désormais de redonner à chacun la plénitude de son potentiel dans un élan de solidarité qui n&apos;est pas une injonction pieuse, mais une observation pure et simple de notre interdépendance.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>CHOLLET, M., Sorcières. La puissance invaincue des femmes, Zones.<br>D&apos;EAUBONNE, F., (1974), Le féminisme ou la mort, Pierre Horay. <br>D’Eaubonne, F.,(1999), Le sexocide des sorcières, L’esprit frappeur.<br>FEDERICI, Silvia.,(2016) Caliban et la sorcière Entremonde <br>GAZALE, Olivia, (2019), Le mythe de la virilité. Un piège pour les deux sexes, Pocket Agora.<br>GUERIN, I., HERSENT, M., FRAISSE, L., (2011), Femmes , économie et développement. Entre résistance et justice sociale, Erès / IRD <br>HACHE,E., Reclaim. recueil de textes écoféministes, Cambourakis editions <br>MIES, M., SHIVA,V., (1993), Ecoféminisme, l&apos;Harmatan, <br>PANCIERA, S.,(2021), Les Béguines, une communauté de femmes libres, Almora<br>PEYTAVIN,L. HAES F. (2025) , Le coût de la virilité, Michel Lafon<br>STARHAWK (2015) Rêver l&apos;obscur. Femmes, Magie et Politique. Cambourakis. </p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EcofeminismE">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 13 Feb 2026 09:33:21 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Alliance</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?AlliancE]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?AlliancE]]></guid>
        <dc:creator>GarlotFlorine</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Alliance</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?LukacsPhilippe/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Lukacs Philippe">Lukacs Philippe</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><img style="width: 361px; float: left;" src="files/AlliancE_4d3562a179dafd7926c9_20260603200117_20260603200117.png"><br></p><p>L’alliance, c’est le partage avec un autre différent de soi où du commun est crée. C’est la logique du vivant.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Les actions nécessaires pour réussir l’urgente transition entraineront des réductions matérielles douloureuses. Elles ne pourront être acceptées, et donc menées, que si elles peuvent être immédiatement mises en regard d’une contrepartie affectivement gratifiante.<b> Chercher à adapter notre économie ne suffira donc pas</b>. Il nous faut, plus largement, chercher à avancer vers une <i>oikonomia</i>, une « logique selon laquelle nous construisons notre maison », qui puisse être vécue comme souhaitable. A ce jour, nous avons « construit notre maison » sur une logique d’échange. Tout y devient marchandise. Notre aveuglement à ce qui est au delà des marchandises, notamment au climat, à la biodiversité, en est une conséquence.</p><p>Au lieu de chercher à augmenter les biens, cherchons à favoriser les alliances [ndlr : le partage avec un autre différent de soi où du commun est crée]. Voilà un cap en rupture avec la logique mortifère actuelle et qui offre des perspectives attirantes. Ce cap invite à développer des relations d’alliance sur l’ensemble de ce qui constituerait une « maison souhaitable » : à l’intérieur de chaque personne, entre les individus et les groupes, avec tout ce qui nous entoure. D’une part, à favoriser l’épanouissement des personnes en permettant à chacun d’allier et de déployer les multiples dimensions qui le constituent. D’autre part à favoriser les relations de partage entre les personnes et les groupes. Enfin à partager avec la nature, ce qui est tout autre que seulement la préserver, et à favoriser la sensibilité à ce qui est au delà des chiffres et du clic de l’instant présent. Ces trois axes d’action forment système, se soutiennent mutuellement. Ce cap, c’est en fait ce qui est au cœur des multiples mouvements qui, dans des domaines différents, dans et hors l’entreprise, émergent aujourd’hui pour aller vers un futur souhaitable : RSE, Entreprise régénérative, Économie Sociale et Solidaire, innovations « open source », permaculture … Cette simultanéité est le signe, à la fois, de la nécessité et de la possibilité de cette évolution. Avoir conscience de ce cap commun permet de mieux faire converger les actions, permet de réaliser des alliances entre acteurs différents, donne ainsi plus de force à l’action collective.</p><p><br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion invitant au débat</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Conclusion pour inviter au débat</h3><p>Ce cap peut aussi guider l’action que chaque femme ou homme en position de responsabilité, dans une entreprise, une association, un organisme public, peut mener dans son activité professionnelle. Chacun peut être à l’origine d’une initiative qui va dans cette direction, donnant ainsi plus de sens à son travail. Les actions contribuant à la mutation en sont démultipliées. Par ailleurs, l’alliance, c’est aussi le moyen sur lequel s’appuyer pour avancer dans cette direction. Car pour réussir la nécessaire mutation, avancer au plus vite sur un chemin qui nous est nouveau, il ne suffira plus de gérer, de passer des contrats. Il nous faut créer des dynamiques autour de buts partagés.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>LUKACS Philippe, 2024<i>. Vers une économie de l&apos;alliance pour déjouer les dérèglements du monde</i>, Erès. </p><p>Définition de l&apos;Alliance, publiée dans BONNIFET Fabrice (dir), 2024, <i>Les 101 mots de la responsabilité sociale des entreprises à l&apos;usage de tous</i>, Archibook.</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?AlliancE">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Sun, 16 Nov 2025 10:39:31 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Fiscalité : quel nouveau cap pour la politique fiscale ?</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?QuelNouveauCapPourLaPolitiqueFiscaleNbsp]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?QuelNouveauCapPourLaPolitiqueFiscaleNbsp]]></guid>
        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Fiscalité : quel nouveau cap pour la politique fiscale ?</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
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		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
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	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>La fiscalité est un moyen tout à la fois d’orienter la production et la consommation, et de lutter contre les inégalités. La lutte contre les évasions fiscales doit être renforcée et constitue une ressource indispensable pour réduire les déficits publics en France et dans les pays développés. Dans les pays du Sud elle dégagera des ressources pour l’amélioration du bien-être. Les mesures fiscales et budgétaires des premiers mois de la présidence Macron vont à l’encontre d’une politique de lutte contre les inégalités.  </p><h3><strong>Moyen d’orienter la production et la consommation</strong></h3><p><strong><br /></strong> C’est bien ce que fait N.Hulot, ministre de la transition énergétique et de la solidarité en 2017  lorsque par exemple il veut augmenter le malus des gros 4x4 les plus polluants. C’est le moyen préconisé par  Philippe Madinier (1) , ancien rapporteur général du Centre d’étude des revenus et des coûts (CERC) quand il plaide pour une discrimination positive en faveur des services.  C’est ainsi que la réparation des logements dispose d’un taux réduit de TVA, qui stimule l’emploi dans ce secteur. En accordant un taux de TVA plus faible à « l’ensemble des activités de réparation, on contribuerait efficacement à l’allongement, si souhaitable, de la durée de vie des biens ». Cela impliquerait une hausse compensatrice sur les biens. « Pourvu que cette divergence soit progressive et programmée, elle serait éminemment favorable à la fois au rétablissement du plein emploi et au freinage de la consommation d’énergie et de ressources naturelles don on reconnait de mieux en mieux la nécessité ».  Mais Philippe Madinier s’empresse d’ajouter « Cependant une activité de service particulière devrait être exemptée de ces faveurs fiscales : la publicité. Son développement démesuré n’est pas pour rien dans la frénésie de consommation…Elle pousse les consommateurs à remplacer prématurément les biens « durables » et « semi-durables ». Bref elle s’oppose à la sobriété qu’appellent impérieusement des menaces écologiques grandissantes. Il faudrait faire taire la publicité, en tous cas l’obliger à baisser le ton. Objectif ambitieux ? Utopique ? Peut-être. Il suppose d’affronter un lobby puissant, celui qui a mis sous sa dépendance la quasi-totalité des moyens d’information ». </p><h3> <strong>Lutte contre les inégalités</strong> <strong>de revenus et de patrimoine</strong></h3><p><strong><br /></strong>En septembre 2017, l’observatoire des inégalités en France (<a href="http://WWW.inegalites.fr">WWW.inegalites.fr</a>) constate :  « Depuis une vingtaine d’années, les inégalités de revenus augmentent. Les plus aisés s’enrichissent alors que le niveau de vie des plus pauvres stagne ». Comme l’écrit Jean Gadrey, il s’agit d’en finir avec des inégalités indécentes qui minent la société. Ce qui devrait amener à agir à la fois sur les minima  sociaux et à réduire les inégalités de revenus et de patrimoine.  « Plus personne ne devrait vivre avec les minima sociaux actuels, qui ont décroché de 25% par rapport au Smic horaire depuis 1990. Il faut réévaluer ces minima, ou les remplacer par un revenu de base nettement supérieur au montant actuel du revenu de solidarité active (RSA) par exemple 600 ou 700 euros mensuels pour une personne seule » (2).  Les écarts de rémunération entre salariés ont atteint à l’heure actuelle des proportions inadmissibles, avec des rémunérations parfois extravagantes.  Le salaire de Carlos Ghosn président de l’alliance Renault-Nissan sera en 2017 de 7 millions d’euros pour Renault et à peu près autant de Nissan. </p><p>En attendant un changement de la réglementation, Alain Caillé et les convivialistes souhaitent « jouer sur le ressort moral, et encourager vivement grands patrons ou vedettes du sport ou du show-biz à renoncer d’eux-mêmes à des rémunérations extravagantes, comme certains le font déjà ». Ils souhaitent que les autorités religieuses, spirituelles, morales, humanistes et scientifiques mondiales s’accordent pour déclarer que toute personne qui prétend mériter cent fois par exemple le salaire ou revenu de base dans son pays « s’exclut des normes de la commune humanité…et mérite opprobre à ce titre ».  Thomas Piketty interviewé en janvier 2015, auquel on faisait remarquer qu’il fallait bien rémunérer les talents et la réussite, répondait : « Je n’ai pas de problème avec l’inégalité…tant qu’elle reste dans des limites raisonnables … J’ai effectué des recherches avec des données d’entreprises. Quand vous payez un dirigeant 10 millions d’euros par an au lieu d’un million ou de 500.000 euros, obtenez-vous davantage de performances, de créations d’emplois ? Je n’ai pas pu le prouver. Il faut rémunérer les dirigeants correctement, mais vous n’avez pas besoin de les payer 50, 100 ou 200 fois le salaire moyen ».</p><p>  La loi sur l’économie sociale et solidaire de 2014 prévoit que des entreprises capitalistes peuvent demander un agrément Esus (Entreprise solidaire d’utilité sociale) pour bénéficier d’aides et de financement spécifique. Cet agrément ne leur sera donné que si l’une ou l’autre des deux conditions suivantes est satisfaite (voir décret du 25 juin 2014 article 2) :  - La somme moyenne versée, y compris les primes, aux cinq salariés ou dirigeants les mieux payés n’excède pas, sur une année et pour un temps complet, 7 fois la rémunération annuelle d’un salarié au smic ou au salaire minimum de branche si ce dernier est plus élevé   - La somme moyenne versée, y compris les primes, au salarié ou dirigeant le mieux payé n’excède pas, sur une année et pour un temps complet, 10 fois la rémunération annuelle d’un salarié au smic ou au salaire minimum de branche si ce dernier est plus élevé.  Mais les associations, fondations, coopératives et mutuelles ne sont pas concernées par cet agrément puisqu&apos;elles sont de droit dans l&apos;ESS, de par leur statut, Ce qui veut dire qu&apos;il s&apos;écoulera encore du temps avant que les mutuelles, les banques coopératives et les coopératives agricoles appliquent ce genre de règle…  </p><p>En définitive, pour réduire les inégalités, une majoration du taux de l’impôt sur les revenus élevés est indispensable, tout en sachant que la progressivité de l’impôt sur les revenus est en partie illusoire compte tenu des nombreuses niches fiscales.  En ce qui concerne <strong>les inégalités de patrimoine</strong>, il est surtout question en 2017 dans les débats publics de  l’impôt sur la fortune (ISF), alors qu’il faut élargir le débat. En effet l’ISF ne rapporte que 5 milliards à l’Etat alors que la taxe foncière rapporte 25 milliards. Le patrimoine total peut être estimé à 10 000 milliards, net de dettes. La moitié de la population française la plus pauvre en possède 5% et les 10% les plus riches en possèdent 60%. Quant au 1% de la population la plus riche elle en possède 25%.  (T.Piketty Le Monde 12 et 13 juin 2016 ). Les 10.000 milliards de patrimoine se composent ainsi : 5.000 milliards revenant à l’immobilier … 4.500 sont des actifs financiers et 500 sont des actifs liés à l’activité professionnelle des indépendants.  L’impôt sur l’ISF (5 milliards) et les taxes foncières (25 milliards) représentent respectivement   0,05% et 0,25% du patrimoine total, aussi ces deux impôts ne peuvent avoir qu’un effet très faible sur la répartition des patrimoines.  </p><p>Pour Philippe Madinier, c’est surtout l’impôt sur les successions qui peut avoir « un effet d’égalisation notable, tout en étant économiquement supportable…pourvu évidemment qu’il comporte des taux bien différents de ceux qui sont actuellement en vigueur en France ». A condition de prévoir un abattement à la base assez substantiel et à condition de ne pas imposer fortement les biens qui sont à usage personnel comme le logement ou qui sont à usage professionnel personnel comme une exploitation agricole ou une entreprise artisanale, les taux d’imposition pourraient croître « progressivement jusqu’à atteindre 100% sur la tranche la plus élevée ».  Michel Sapin ancien ministre des finances en déclarant « Ce n’est pas parce qu’on prend des « risques » qu’on devient riche mais d’abord et avant tout parce qu’on a hérité » (Libération 18 oct. 2017) justifie l’idée qu’il est juste de taxer les successions.  </p><p>La preuve qu’un impôt fortement progressif est possible, c’est que les E.U. l’ont fait à une certaine époque. Voici ce que rappelait T.Piketty dans Le Monde du  10 06 2017 : « Afin de contrer la montée des inégalités et la concentration excessive des fortunes (alors perçue comme contraire à l’esprit démocratique américain)…les Etats-Unis mettent en place dans les années 1910 et 1920 un niveau de progressivité fiscale inconnu dans l’histoire. Ce grand mouvement de compression des inégalités implique à la fois l’impôt sur le revenu (le taux appliqué aux revenus les plus élevés fut en moyenne de 82 % entre 1930 et 1980) et sur les successions (avec des taux atteignant 70 % sur les transmissions de patrimoines les plus importants).  <strong> </strong></p><h3><strong>Evasion fiscale</strong></h3><p><strong><br /></strong>  Grâce à l’OCDE, des progrès dans la lutte contre l’évasion fiscale ont été faits au niveau mondial après la crise financière de 2008. Beaucoup reste à faire.  Pour la France, « Une lutte efficace contre l’évasion fiscale illégale dans les paradis fiscaux permettrait de récupérer… une partie des trente à cinquante milliards qu’elle représente » (2).  Pour les pays du Sud, On estime que l’évasion fiscale des entreprises multinationales représente un manque à gagner de 125 milliards d’euros (voir les études du CCFD-Terre solidaire sur les paradis fiscaux).  Le directeur du Monde Jerôme Fenoglio écrivait le 7 novembre 2017 à propos des révélations des Paradise Papers : En France l&apos;histoire récente a montré...que l&apos;on pouvait supprimer un impôt sur la fortune en arguant du risque d&apos;exode du capital, sans suffisamment s&apos;attaquer aux paradis fiscaux qui nourrissent la tentation d&apos;évasion. C&apos;est à toutes ces formes de complaisance qu&apos;il faudra renoncer si l&apos;on veut mettre fin à ces pratiques qui conduisent nos démocraties à leur perte.  </p><h3><strong>Cadeau aux riches de monsieur Macron</strong></h3><p><strong><br /></strong>Guillaume Duval écrivait dans son éditorial d’Alternatives économiques d’octobre 2017, après quelques mois de la présidence d’E.Macron : « Du côté de la fiscalité, il a choisi de rendre en priorité 7 milliards d’euros aux plus riches en vidant l’ISF de sa substance et en baissant fortement l’impôt sur les revenus du capital. Rejoignant ainsi la théorie des adeptes de la théorie du ruissellement : si on laisse les riches devenir plus riches, ça finira bien par profiter aux pauvres...Une politique dont on a vu, en particulier aux Etats-Unis, qu’elle aggravait surtout les inégalités, minant la cohésion sociale et donc l’efficacité économique ».  Au cours de son interview à TFI  le 15 octobre 2017, E.Macron tout en affirmant qu’il ne partageait pas la théorie du ruissellement (3) a confirmé qu’il pensait que les riches allaient utiliser les milliards qu’ils allaient encaisser pour investir dans l’économie, ce qui serait favorable à la croissance, à l’emploi et en définitive à tous.  Il a même osé affirmer « La condition pour ne plus être dans l’ISF, c’est d’investir dans l’économie française », ce qui est faux dans la mesure où aucune condition n’a été mise pour bénéficier des milliards de cadeaux.  Un autre argument avancé pour justifier les nouveaux cadeaux aux riches est d’affirmer que l’ISF a fait fuir des Français riches à l’étranger.  Ce qui a fait dire à Michel Sapin, ministre des finances de François Hollande : « On connaît ce refrain. Certains contribuables partent, d’autres reviennent. Les derniers chiffres connus montrent un équilibre entre les deux mouvements ». (Libération du 18 oct. 2017).  </p><p>Michel Sapin avec 120 députés et sénateurs a demandé de rendre publics l’impact des mesures fiscales et budgétaires sur les contribuables les plus aisés, notamment les 0,1% et les 1% des Français qui concentrent le patrimoine français le plus important, ou sur les 100 français les plus riches. Ce ne serait pas enfreindre le secret fiscal puisque cette demande ne concerne pas les données individuelles. Faute de réponse précise de la part du gouvernement,  Vincent Eblé, président de la commission des finances du Sénat (Parti socialiste) estime que le gain cumulé de l&apos;instauration d&apos;un prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30% sur les revenus du capital et de la transformation de l&apos;impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI) peut être estimé à environ 1,5 millions d&apos;euros par an pour les cent premiers contribuables.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><br />    [1] Philippe Madinier. Une économie de services sans servilité. Préface de Jean Gadrey. L’Harmattan 2013.<br />    [2]Alain Caillé/Les convivialistes. Eléments d’une politique convivialiste. Ed. Le bord de l’eau 2016.<br />    [3]Voir Gaël Giraud in La Croix du 1er août 2017 : « Le mythe du ruissellement économique » et Zygmunt Bauman. Les riches font-ils le bonheur de tous ? Ed.Armand Colin  2013, notamment pp 61 et ss. .<br /><br /></p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
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            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
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        <pubDate>Tue, 14 Oct 2025 14:53:39 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Entreprises à mission ???</title>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Entreprises à mission ???</h1>
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    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
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		 	title="Voir la fiche Cateau Bernadette">Cateau Bernadette</a></li>
					</ul>
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</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3><br /></h3><div><br /><img src="https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F5272f991a71554b39790f98a7eb56f4adcc442b854e298463404ef33a756c605.jpg%3Fe%3DPzaC9Zoxl2jc2AmhshW_NcrnE0-kpThPsEOfMy4H_EMud2Y4EjSqxlpMgQ3iKPW4UIQzBfd2JAsAKgzMWcN46axeBJ7gWi_Dp17klkyWVTie4Ebcf-rQMMzj3YOE0onxOf1f8okrlN34vKQmW741MU0-3FmINGuR106TCQNxie42hFLBC1Il3swTPlW7ZyJ3EciXvy3jHtN0q524PEIDvvO_w2Nl3LLfv-K-kw&t=1593546874&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f4f-3f003401fa00&sig=erb2TwaLd.nn2yckvEbdBg--~D" width="502" height="362" alt="mail?url=http%3A%2F%2F4e08x.img.a.d.sendibm1.com%2Fim%2F2576229%2F5272f991a71554b39790f98a7eb56f4adcc442b854e298463404ef33a756c605.jpg%3Fe%3DPzaC9Zoxl2jc2AmhshW_NcrnE0-kpThPsEOfMy4H_EMud2Y4EjSqxlpMgQ3iKPW4UIQzBfd2JAsAKgzMWcN46axeBJ7gWi_Dp17klkyWVTie4Ebcf-rQMMzj3YOE0onxOf1f8okrlN34vKQmW741MU0-3FmINGuR106TCQNxie42hFLBC1Il3swTPlW7ZyJ3EciXvy3jHtN0q524PEIDvvO_w2Nl3LLfv-K-kw&t=1593546874&ymreqid=0cd5bad2-9432-6300-2f4f-3f003401fa00&sig=erb2TwaLd.nn2yckvEbdBg--~D" /><br /> <br /><br /><h3><strong>Les Entreprises à Mission : Une hirondelle ferait-elle le printemps ?</strong></h3>.<br />La sortie de la pandémie sera-t-elle l’occasion d’interroger la finalité des entreprises ?<br /><br /><h4><strong>Petite histoire de l’entreprise à mission</strong></h4><br />En 2018 est paru le rapport ‘’ l’entreprise, objet d’intérêt collectif ‘’ produit par Nicole Notat (ancienne secrétaire générale de la CFDT) et Jean-Dominique Senard (alors président du groupe Michelin), qui visait à souligner qu’au-delà de la recherche du profit, l’entreprise a un rôle social et environnemental. Le rapport voulait encourager le comportement responsable des actionnaires et faire reconnaître dans la loi, la notion d’« entreprises à mission ». Il était prévu d’inscrire la raison d’être d’une entreprise dans les statuts, de créer un comité d’impact doté de moyens, de vérifier ces bonnes intentions par un tiers et par des organes gouvernementaux. Etait prévue également une déclaration de performance extra-financière.<br /><br />La loi PACTE ( Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation de l’Entreprise ) du 22 mai 2019, publiée en ce début d’année, a pour objet d’aider les PME à grandir, innover, exporter et créer des emplois. Elle vise à mieux associer les salariés à la vie et aux résultats de l’entreprise.<br />Elle reprend une grande partie des propositions du rapport Notat-Sénard. La mesure phare de cette loi est la création des entreprises à mission (EAM). Ce terme désigne les nouvelles sociétés commerciales qui se définissent statutairement, en plus du but lucratif, par une finalité d’ordre social ou environnemental.<br />La RSE (responsabilité sociale des entreprises) qui date de mai 2001 devient obligatoire pour toutes les entreprises. Elle offre aux sociétés volontaires la possibilité de devenir EAM en répondant à plusieurs obligations :<br />-formuler une raison d’être qui a un impact social, sociétal, ou environnemental positif<br />-définir des engagements, des objectifs chiffrés, les parties prenantes et les moyens à mettre en œuvre.<br />Les engagements et objectifs sont évalués en interne par un comité de mission et en externe par un organisme tiers indépendant. L’EAM est libre mais contrôlée. Elle affirme haut et fort qu’entreprendre ce n’est pas que faire du profit, c’est aussi s’inscrire dans la Société.<br />Être une EAM ce n’est pas un ‘label’ mais un dispositif légal qui s’inscrit dans la continuité de la RSE et qui permet d’afficher ses ambitions.<br /><br />Elisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire a adressé le 24 Mai 2020, une lettre à 90 chefs d’entreprises de grands groupes les sommant d’agir davantage pour l’environnement : « Engagez-vous avec des mesures concrètes .... opposer écologie et économie est complètement dépassé ».<br /><br /><h4><strong>Qu’en est-il sur le terrain ?</strong></h4><br />Emmanuel Faber, a développé le projet de Danone comme EAM (100.000 salariés dans le monde et 25,3 milliards de chiffre d’affaires en 2019) notamment dans une interview sur France Inter le 21 mai dernier. Lors de la crise, Danone a puisé dans sa trésorerie pour assurer emploi et maintien des salaires, parce qu’il a estimé pouvoir le faire. E Faber reconnaît que cette période de confinement s’est accompagnée d’une profonde réflexion personnelle (« la crise fait vaciller les équilibres personnels »). Lorsque le journaliste Demorand lui pose la question : que répondre à ceux qui voient dans votre volonté de devenir EAM du marketing et une couche de peinture verte ? Faber répond : la couche de peinture verte va coûter aux actionnaires deux milliards d’euros dans les trois ans qui viennent. C’est ce qui a été proposé, discuté et approuvé par les actionnaires les 26 février dernier pour réduire les émissions de carbone, remplacer les emballages plastiques issus du pétrole, basculer pour Evian et Volvic dans des emballages entièrement recyclables etc. Dès maintenant le carton et le papier font leur apparition dans les rayons de manière importante.<br />Et quand un agriculteur interroge E.Faber sur l’agriculture industrielle, qui alimente les industries laitières de Danone et importe du soja avec destruction des forêts amazoniennes, E.Faber indique qu’il faut « arrêter d’importer du soja d’Amérique Latine » et qu’une note a été envoyée à la commission européenne pour rechercher une politique agricole intégrée commune qui assure l’autonomie en protéines. En réponse à une autre question, E.Faber affirme que « la concentration actuelle des richesses est une bombe à retardement » etc.<br /><br />Quand le journaliste demande à E.Faber s’il ne se sent pas bien seul parmi les entreprises qui figurent à l’indice boursier du CAC/40 (soit les 40 plus grosses capitalisations boursières des grandes entreprises françaises) E.Faber répond que non et qu’il y a une prise de conscience et qu’il y a « une génération de patrons qui ont compris que les choses doivent complètement changer ».<br /><br />Outre Danone, beaucoup de groupes se bousculent au portillon pour être reconnus EAM : Camif, Maif, Les Échos , le groupe d’aide à la personne Alenvi, le groupe Rocher ....<br />Quelques déclarations attirent particulièrement l’attention :<br />-Alenvi : vient de prendre l’engagement de limiter sa rentabilité et d’utiliser les gains pour revaloriser les salaires.<br />-Les Échos : s’engage à favoriser l’émergence d’une nouvelle société responsable en informant, mobilisant, accompagnant les citoyens et les entreprises, en multipliant les articles sur les initiatives à impact et en diminuant son empreinte carbone.<br />-Makesense, entrepreneur du social avec 15000 membres qui cogitent en réseau (téléphone pour sourds, usine à imprimer itinérante ...)<br />-Michelin (autre pionnier de l’EAM ) qui, entre autres, invente des pneus biodégradables. Ce qui malheureusement n’empêche pas Michelin de devoir fermer son usine de la Roche sur Yon et de supprimer 620 emplois d’ici la fin de l’année.<br /><br /><h4><strong>Quel est l’intérêt d’être une EAM ?</strong></h4><br />Comme dit Y Le Gall ( groupe Rocher ) ‘’le statut d’EAM ne fait pas forcément la vertu mais on se met dans une seringue et on ne peut plus reculer ‘’<br /><br />Donner du sens à tous les acteurs, stimuler la créativité, des critères intéressants dans les appels d’offre ....Formaliser une mission constitue un avantage compétitif majeur.<br /><br />Et aussi : attirer les jeunes diplômés qui rêvent d’un autre monde que celui des 50 dernières années et qui ne sont pas forcément attirés par la finance après avoir fait des études d’ingénieurs ou de sciences humaines.<br /><br />Pour les 32 000 jeunes qui ont signé le manifeste étudiant « pour un réveil écologique » et qui veulent rebâtir notre société sur des impératifs écologiques, sociaux et sanitaires, prendre leur avenir en mains, c’est un appel à leur futur employeur à un réveil écologique. Ils veulent mobiliser les écoles et les universités, pour mieux se former et aider les jeunes diplômés à choisir un employeur suffisamment engagé dans la transition écologique. Ceux-là n’hésiteront pas à interpeller les DRH lors des entretiens d’embauche, sur la mission et la raison d’être de l’entreprise qui recrute.<br /><br /><h3><strong>Mais si Wall Street s’en fiche ?</strong></h3><br />Mais quid de la finance, des lobbies industriels, des grands groupes, des manœuvres de l’agriculture industrielle et de la FNSEA, de la grande distribution, des tentatives du Medef de mettre un moratoire sur les dispositions environnementales ?<br />Quel va être le jeu de la finance ? Les actionnaires vont-ils être partie prenante ?<br />Ne faut-il pas douter quand Larry Fink, patron de la plus grosse société de gestion d’actifs et d’investissements au monde avec près de 7000 milliards de dollars sous gestion, veut user de son pouvoir pour écrire le bréviaire du capitalisme nouveau, tout en se targuant de panser les plaies causées par l’ancien (creusement des inégalités et paupérisation des plus fragiles) ? Qui prétend vouloir exhorter les entreprises dont il est actionnaire à ‘’ œuvrer pour le bien commun ‘’? [1]<br />Pour le milliardaire Samuel Zell , Larry Fink est « extraordinairement hypocrite ».<br />Et il est normal d’être dubitatif devant ces déclarations quand Jeremy Grantham, milliardaire qui a dédié 98% de sa fortune à l’environnement et stratège en chef des investissements Mayo et Van Otterloo (GMO ) société de gestion d’actifs qui a plus de 100 milliards de dollars sous gestion , dit : « le risque environnemental est le seul qui a 100% de chance d’arriver et c’est le seul dont Wall Street se fiche » !<br /><br />Mais des pétitions circulent partout, y compris signées de grands patrons  les industriels se rendent bien compte que si on ne lance pas la reconstruction écologique du continent européen, nous allons nous trouver en très mauvaise posture. [2]<br /><br />Avec les EAM nous sommes dans une évolution pas dans une révolution. Même si cela ne comble pas nos aspirations à un monde nouveau, c’est toutefois une démarche importante de changement dans le monde de l’entreprise appréhendée dans un contexte élargi et renouvelé.<br /><br /><h3><strong>L’entreprise altruiste</strong></h3><br />Si l’on veut aller plus loin dans une utopie qui a pris corps, on doit lire le livre d’Isaac Getz et Laurent Marbacher « l’entreprise altruiste » paru en octobre 2019 chez Albin Michel.<br />Pendant 5 ans ils sont partis à la recherche d’entreprises qui agissent avec un respect profond de leurs fournisseurs, clients, employés, territoire. Et ils en ont trouvé : au cœur de la Lozère, au Japon, en Norvège ... Elles sont de toute taille et de tout secteur d’activité. Ce sont des entreprises altruistes qui partagent deux grandes idées :<br />-elles considèrent que le résultat économique est le «fruit d’un service authentique de tous ceux avec qui elles interagissent » et pas la simple application de modèles de profit<br /><br />-les relations ne sont plus de simples transactions économiques mais « des liens profondément authentiques (qualifiées parfois d’amitié) avec toutes les personnes avec qui elles sont en rapport ».<br /><br />Ces entreprises ont été amenées à transformer leurs activités de cœur de métier afin que l’intérêt financier ne l’emporte pas sur le service authentique des interlocuteurs.<br /><br />Peter Drucker avait écrit en 1990 « comment devenir millionnaire et aller tout de même au paradis ».I Getz et L Marbacher ont prouvé qu’on peut, tout en équilibrant ses comptes, mener à un monde meilleur. En ce sens l’entreprise peut être force de progrès social, en conjuguant performance économique et intérêt général.<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /></div>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>[1] Voir sur Arte « Ces financiers qui dirigent le monde : Black Rock » sur l’omniprésence préoccupante et indécente des grands argentiers dans la vie politique et économique mondiale. Voir également sur YouTube le film de Michael More et Jeff Gibbs « La planète des humains » qui pose des questions importantes sur les énergies renouvelables, leurs technologies et leurs liens avec la finance.<br />[2] Voir Gaël Giraud interviewé par Mediapart le 1er juin 2020 sur la reconstruction écologique. </p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">    
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LesEntreprisesAMission">
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            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                          </div>
      
    </div>
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        <pubDate>Mon, 29 Sep 2025 10:42:18 +0200</pubDate>
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        <title>Communs, des jardins partagés à Wikipédia</title>
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        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Communs, des jardins partagés à Wikipédia</h1>
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    <span class="BAZ_label">Autorat</span>
        	<span class="BAZ_texte">
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		 	title="Voir la fiche Zimmermann Jean-Benoît">Zimmermann Jean-Benoît</a></li>
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    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <div>Un commun, c’est un mode d’action collective autour d’une ressource partagée, pour la gérer efficacement au bénéfice de chacun et la préserver contre la dégradation ou une appropriation abusive.
</div><div><br /></div><div>A l’heure de la mondialisation économique et financière qui s’est inexorablement affirmée et renforcée au cours des dernières décennies, le devenir des territoires et des citoyens qui les habitent se trouve de plus en plus dépendant de contingences qui leur échappent. Le modèle de l’État-Providence lui-même peine à remplir ses fonctions tant l’État, aspiré dans la spirale néo-libérale, se trouve incapable d’assumer pleinement ses fonctions.</div><div><br /></div><div>En réponse à cet effondrement on assiste à une multiplication des initiatives de solidarité et de mutualisation de ressources qui manifestent une volonté d’un nombre croissant de citoyens, de reprendre en main leur destin. Le concept de commun, comme troisième voie, hors de la dualité État / marché, permet d’analyser ce phénomène et d’envisager son devenir.<br /><br /></div><div>Le monde réel donne à voir de plus en plus de signes que l’action collective peut, sous certaines conditions, dépasser les barrières des opportunismes individuels, que les structures sociales peuvent permettre la mise en place de mécanismes de coordination à travers lesquels l’efficacité collective sera assurée, renvoyant en retour un meilleur niveau de satisfaction individuelle.</div><div><br /></div><div>Les illustrations qui fourmillent dans de nombreux domaines, aussi bien dans l’histoire récente que dans celle plus ancienne (des prés communaux des Midlands à l’atmosphère industrielle des districts marshalliens …), montrent que l’intérêt commun peut prendre le pas sur les intérêts particuliers pour, au final, permettre une gestion collective au bénéfice de chacun.<br /><br /></div><div><h3><strong>La tragédie des communs ?</strong></h3><br /></div><div>Pourtant, dans la littérature, le débat a été relancé à la fin des années 60, par la publication dans la revue Science du fameux article de Garret Hardin sur « la tragédie des communs » dans lequel il décrit les comportements de prédation et de surexploitation qui résultent du libre accès à une ressource naturelle, conduisant à sa dégradation, voire à sa disparition. Face à ce dilemme, les droits de propriété et la régulation par le marché apparaissent comme la solution proposée par l’économie standard. C’est la justification du principe des enclosures qui a marqué la naissance du capitalisme dans les Midlands et qui s’étend aujourd’hui dans un contexte où la connaissance est au cœur de l’innovation et de la croissance économique.<br /><br /></div><div>Or les travaux empiriques que Elinor Ostrom a pu mener, dans les années 80 et 90 principalement, montrent que, sous certaines conditions, la gestion de ressources naturelles dans le contexte de groupes de taille limitée peut conduire à l’efficacité et la bonne gestion de la ressource, dans l’intérêt durable du groupe et de ses membres. La viabilité de ces communs dépend alors de la mise en place de formes adaptées de gouvernance qui assurent l’existence de mécanismes efficaces de coordination et leur respect par chacun des membres. Elle entraîne des formes d’asymétrie qui<br /><br /></div><div>traduisent les rôles différenciés des membres du groupe dans leurs droits et responsabilités à l’égard de ce commun. Elle conduit aussi à une remise en cause d’une vision intégrée de la propriété qui situe les biens communs comme une alternative au dualisme entre biens publics et biens privés et leur gestion comme une alternative au dualisme Etat vs marché.<br /><br /></div><div><h3><strong>Le renforcement de la logique propriétaire</strong></h3><br /></div><div>Évidemment la recrudescence contemporaine de ce mode d’action collective ne se déroule pas dans un contexte pacifié. Bien au contraire, la logique propriétaire qui se revendique comme une réponse à la supposée tragédie de communs, cherche clairement à étendre son emprise, à la fois en termes de champs d’application et d’étendue géographique.<br /><br /></div><div>C’est l’instauration de mécanismes de marché dans le domaine de l’environnement avec la délivrance de permis à polluer échangeables et de la taxe carbone. C’est aussi la privatisation d’un certain nombre de services publics, motivée par le poids de la dette publique, dans un mouvement de retrait de l’État sur ses prérogatives régaliennes. C’est encore le retrait de l’État d’un certain nombre d’entreprises et la vente de pans entiers du patrimoine public au plan immobilier et des infrastructures, comme les ports ou les aéroports. Ce sont les directives de dérégulation imposées par le Commission Européenne, le FMI et la Banque Mondiale. C’est aussi l’innovation organisationnelle et financière que constituent les partenariats publics-privés.<br /><br /></div><div>C’est encore et de manière essentielle, à l’ère de l’économie de la connaissance, l’extension du champ de la propriété intellectuelle (notamment l’évolution vers une brevetabilité du logiciel et du vivant), le durcissement des régimes de protection et l’exigence de sa reconnaissance à l’échelle mondiale (accords ADPIC). <br /><br /></div><div><h3><strong>La propriété comme faisceau de droits</strong></h3><br /></div><div>Ces offensives sur tous les fronts et sous toutes les frontières de la logique propriétaire ont renforcé, a contrario, le camp de ceux qui pensent qu’un régime de propriété intellectuelle trop contraignant bride la dynamique de l’innovation et les fondements de la concurrence au profit de firmes au fort pouvoir monopolistique. Au-delà de la seule résistance au mouvement propriétaire et à ses manifestations notamment dans le champ des brevets, les opposants au durcissement ont inventé de multiples façons de contredire la prophétie de la tragédie des communs et de prouver que de nouvelles formes de communs pouvaient, sous des conditions appropriées, montrer une efficacité économique et sociale supérieure à celle escomptée du renforcement de la propriété.<br /><br /></div><div>Le phénomène des communs se construit donc en opposition avec l’idée que la propriété ne pourrait n’être que privée et exclusive. Elinor Ostrom reprend une conception de la propriété comme faisceau de droits distribués, développée par les juristes réalistes et penseurs progressistes américains de la fin du XIXème et début du XXème siècle. <br /><br /></div><div>A l’opposé de la propriété privée exclusive, l’approche de la propriété comme faisceau de droits permet le fonctionnement d’un commun sur la base d’une répartition non-uniforme d’un ensemble de droits au sein d’une communauté. Cette distribution permet de spécifier le rôle et la place de chacun des commoners. Leurs droits, attribués dans le cadre d’un but commun de bénéfice de la ressource, restent indissociables de règles qui les régissent et les assortissent de devoirs en vue de sa préservation. <br /><br /></div><div>Autrement dit, cette conception de la propriété comme faisceau de droits est inséparable de l’existence d’une gouvernance autogérée qui en assure la définition, la mise en place et l’évolution.<br /><br /></div><div><h3><strong>Une variété de communs autour d’une même notion</strong></h3><br /></div><div>Si les travaux d’Elinor Ostrom ont principalement porté sur des communs fonciers ou naturels, il a vite été clair toutefois qu’ils partageaient des fondements analogues avec une variété d&apos;autres phénomènes fondés eux aussi sur le partage et la collaboration. Logiciel libre, Wikipedia, jardins partagés, magasins solidaires… toutes ces initiatives parfois locales, voire micro-locales, parfois globales, ouvertes sur le monde entier, donnent toutes le sentiment d&apos;avoir quelque chose à voir avec les communs. <br /><br /></div><div>Bien sûr la mode qui s&apos;est fait jour autour de ce qu&apos;il est convenu d&apos;appeler l&apos;économie collaborative, va bien au-delà et englobe des modes de production ou de consommation qui ne peuvent pas être rattachés à la notion de commun. Il faut faire en particulier attention à distinguer parmi ceux-ci des modèles qui sont en quelque sorte des formes de prédation de production collective en vue de la réalisation de profits privés considérables, telles qu’on en retrouve sur le Web 2.0. <br /><br /></div><div>En repartant des principes constitutifs de la notion de commun, nous pouvons discuter de ses possibles élargissements mais aussi de leurs limites, afin de mieux nous y retrouver dans le foisonnement des initiatives collaboratives qui se sont fait jour. Il est alors possible de construire une classification analytique des différents types de communs qui nous permette de rapprocher celles de ces initiatives qui partagent les mêmes fondements et de mieux comprendre les conditions de leur développement ainsi que de leur ancrage dans l&apos;économie et, plus largement, dans la société.<br /><br /></div><div>Cette classification s’organise en six grandes catégories : communs fonciers ou naturels, communs de la connaissance, communs culturels, communs territoriaux, communs sociaux et communs urbains. Certes les frontières entre ces catégories ne sont pas strictes  certains communs pourraient participer de l’un ou de l’autre type ou être à cheval sur plusieurs catégories. Ainsi la frontière entre communs de la connaissance et communs culturels est sujette à discussion. Quant au thème des communs urbains, fréquemment mobilisé depuis les années 2010, il recouvre certains communs qui sont de l’ordre des communs sociaux et d’autres des communs territoriaux. Mais certaines initiatives lui sont propres et s’intègrent à l’ensemble des actions collectives qui ont pour objet le vivre ensemble dans la cité. Enfin il existe des catégories pertinentes de communs qui sont transversales à notre classification. C’est le cas des communs numériques qui se définissent moins par leur finalité que par les technologies numériques sur lesquelles ils reposent.<br /><br /></div><div><h3><strong>Vers une République des communs ?</strong></h3><br /></div><div>Reste la question fondamentale de savoir dans quelle mesure les communs peuvent « faire société », peuvent constituer la base d’un changement ou d’une évolution profonde de nos sociétés sur le plan économique, social, juridique et politique. Dans quelle mesure leur multiplication amorce-t-elle une mutation profonde susceptible de se substituer à un capitalisme en bout de course ? Ou constitue-t-elle une forme de renouvellement, de régénérescence de ce capitalisme dont elle parvient à pallier les imperfections et les défaillances du marché tout comme de l’action publique ?<br /><br /></div><div>Se pose tout d’abord la question des relations entre intérêt général et intérêt commun. Dans quelle mesure l’action collective portée par un groupe d’individus reste-t-elle compatible avec la poursuite de l’intérêt général ? Quand cette action vise à pallier les limites ou les défaillances de l’État-Providence, n’y a-t-il pas un risque de fractionnement de l’intérêt général et de la cohésion sociale ?<br /><br /></div><div>La pérennité des communs nécessite dans bien des cas une évolution du contexte juridique qui leur permette de ne pas se trouver en situation d’enfreindre la loi, mais qui leur ouvre aussi la possibilité de se déployer à l’abri d’une législation favorable, fondée sur des arguments d’ordre plus large, dans une visée de l’intérêt général. <br /><br /></div><div>Que les communs soient un moteur de changement et de renouveau en profondeur de nos sociétés en ce début de XXIème siècle, cela ne fait aucun doute. Il peut paraître prématuré d’annoncer le passage à une nouvelle société post-capitaliste, fondée sur le partage et l’action collective. Penser une transition vers une société du commun interroge sur les principes mêmes de l’intérêt général et ne peut se concevoir sans un débat démocratique qui ait pour objectif de définir les conditions et limites institutionnelles d’exercice et de développement des communs. <br /><br /></div><div>A défaut de basculement radical, la multiplication des communs de toute nature et leur implication dans des réseaux susceptibles de mailler nos sociétés toutes entières constitue l’émergence d’un contre-pouvoir citoyen susceptible de contrebalancer les excès d’un capitalisme mondial débridé et de poser les bases d’une nouvelle démocratie.</div>        </span>
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        <pubDate>Mon, 22 Sep 2025 11:31:59 +0200</pubDate>
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