<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" standalone="yes"?>
  <rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">
    <channel>
      <title>Dernières actualités</title>
      <link>https://eccap.fr/?</link>
      <description>eccap.fr</description>
      <language>fr-FR</language>
      <copyright>Copyright (c) 2026 eccap.fr</copyright>
      <lastBuildDate>Mon, 16 Mar 2026 00:31:26 +0100</lastBuildDate>
      <docs>http://www.stervinou.com/projets/rss/</docs>
      <category>Economie Sociale et Solidaire</category>
      <managingEditor>contact@yeswiki.net (Mr YesWiki)</managingEditor>
      <webMaster>contact@yeswiki.net (Mr YesWiki)</webMaster>
      <ttl>60</ttl>
      <image>
        <title>Dernières actualités</title>
        <url>https:#yeswiki.net/themes/margot/images/favicon.png</url>
        <link>https://eccap.fr/?</link>
      </image>
    <atom:link href="https://eccap.fr/?BazaR/rss&amp;id=5" rel="self" type="application/rss+xml" />
      <item>
        <title>Dispositif numérique</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?DispositifNumerique]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?DispositifNumerique]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Dispositif numérique</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?OliveriNicolas/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Olivéri Nicolas">Olivéri Nicolas</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3><img style="width: 474px;" src="files/DispositifNumerique_7e1df0f15119eb4d7ac8_20260313170951_20260313180951.png"><br></h3><h3>Definition simple et courte</h3><p>Le dispositif numérique peut être défini comme un ensemble structuré qui articule des éléments humains et non-humains autour d’une finalité de communication ou d’information, à travers des technologies numériques configurant des cadres d’expérience, de pouvoir et de sens. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Définition plus fouillée</h3><p>Dans le sillage de Michel Foucault, le terme de dispositif renvoie d’abord à un ensemble hétérogène de composantes (acteurs, règles, espaces, objets matériels, discours), mises en relation de manière stratégique, pour produire certaines conduites, certains savoirs ou certains rapports de pouvoir. Un dispositif n’est donc pas seulement un outil ou une infrastructure technique, mais un montage d’éléments disparates qui se stabilisent dans une forme relativement cohérente, au service d’objectifs explicites ou implicites (contrôler, éduquer, divertir, organiser, etc.). Dans cette perspective, la dimension stratégique est centrale : le dispositif configure des positions (celui qui voit, celui qui est vu, celui qui parle, celui qui est silencieux) et distribue un « régime de visibilité » (Deleuze, 1986) et d’énonciation, pour reprendre la formule deleuzienne. Les SIC ont largement repris et reconfiguré cette notion, en l’appliquant à des objets variés : dispositifs médiatiques, pédagogiques, organisationnels, techniques, numériques. Dans ce champ, parler de dispositif revient à mettre l’accent sur les agencements d’éléments humains et non-humains, sur les relations de pouvoir qu’ils instaurent mais aussi et surtout sur les dynamiques communicationnelles qu’ils rendent possibles ou impossibles. Le dispositif devient ainsi une sorte d’opérateur d’analyse des conditions de production, de circulation et d’interprétation des informations, en tenant ensemble les dimensions matérielles, symboliques, institutionnelles et interactionnelles. L’expression « dispositif numérique » marque l’inscription de ces agencements dans un environnement associé aux technologies de l’information et de la communication (TIC), fondées sur le numérique (réseaux informatiques, interfaces logicielles, plateformes, objets connectés, etc.). Un dispositif numérique ne se réduit donc pas à un ensemble de machines ou de codes : il comprend également les pratiques d’usage, les compétences mobilisées, les normes d’appropriation, les modèles économiques ainsi que les imaginaires qui entourent ces technologies. Il s’agit d’un espace de relations configuré par des choix de conception (architecture informationnelle, ergonomie, options de paramétrage, formats de données), qui orientent les parcours possibles des usagers et encadrent leurs marges d’action et de réflexivité. Dans une approche communicationnelle, les dispositifs numériques sont envisagés comme des scènes (au sens de Goffman) où se rejouent, à travers des médias variés, les questions de pouvoir, de contrôle, d’autonomie et de participation. Les structures sociotechniques de ces dispositifs comme le design d’une plateforme sociale, les algorithmes de recommandation ou les modalités d’inscription et d’authentification, contribuent à définir qui peut prendre la parole, qui peut voir quoi, comment les traces sont conservées et exploitées. Les SIC s’intéressent alors aux tensions entre les promesses d’ouverture, de coopération ou de créativité associées au numérique et les logiques de surveillance, de normalisation ou de marchandisation qui se cristallisent dans les dispositifs. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Invitation aux dèbats</h3><p>Ainsi, les dispositifs numériques sont à la fois des instruments de traitement de l’information, des environnements cognitifs et des formes de médiation symbolique. Ils participent à l’organisation des connaissances, à la transformation des formes d’expression et à la reconfiguration des pratiques culturelles et professionnelles. Cette triple dimension (cognitive, instrumentale, sémiotique), conduit à penser les dispositifs numériques comme des milieux de vie et de travail, traversés par des enjeux sociétaux tels que l’inclusion, l’accessibilité, l’éducation, l’émancipation ou au contraire, la dépendance et les inégalités. Finalement, un dispositif numérique est un écosystème sociotechnique hétérogène, inscrit dans un cadre institutionnel et historique, qui tente d’articuler technologies numériques, acteurs, normes et discours, afin d’organiser des situations de communication et d’information par la distribution de positions, de possibilités d’action ou de régimes de visibilité. Cette définition insiste sur l’indissociabilité de la technique et du social, du matériel et du symbolique, de l’architecture logicielle et des usages situés. Elle invite en outre à analyser chaque dispositif numérique à partir des relations qu’il configure et des transformations qu’il opère sur les pratiques d’information-communication, plutôt qu’à partir de ses seules caractéristiques fonctionnelles ou technologiques, vision trop étriquée et déterministe de la réalité sociale.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Agamben, G. (2007). Qu’est-ce qu’un dispositif ?, Payot & Rivages.<br>Appel, V., Boulanger, H., & Massou, L. (dir.). (2010). Les dispositifs d’information et de communication. Concepts, usages et objets. De Boeck.<br>Collet, L. (2016). Dispositifs numériques de formation et transformation socio-économique de l’école : de la fiction portée par l’éducation nationale à la science pratique des enseignants, Revue française des sciences de l’information et de la communication, 9.<br><br>Beuscart, O., & Peerbaye, A. (2006). Histoires de dispositifs. Terrain et Travaux, 2, 3‑15.<br>Cardon, D. (2010). La démocratie Internet. Promesses et limites. Seuil.<br>Dalbavie, J., Da Lage, É., & Gellereau, M. (2016). Faire l’expérience de dispositifs numériques de visite et en suivre l’appropriation publique : vers de nouveaux rapports aux œuvres et aux lieux de l’expérience ?, Études de communication, 46, 109-128.<br>Jacquinot‑Delaunay, G., & Monnoyer, L. (dir.). (1999). Le dispositif. Entre usage et concept. Hermès, 25. CNRS Éditions.<br>Kovacs, S. (2023). Analyses dispositives en Sciences de l’information et de la communication. Le cas de la culture informationnelle. Approches Théoriques en Information‑Communication, 7, 67‑80.<br>Larroche, V. (2018). Le dispositif. Un concept pour les sciences de l’information et de la communication. ISTE Éditions.<br>Proulx, S. (2015). La sociologie des usages, et après ? Revue française des sciences de l’information et de la communication, 6.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?DictatureDuNumerique/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Dictature du numérique">Dictature du numérique</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EconomieNumeriqueDeLattentionEtManipulati/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Economie numérique de l’attention et manipulation">Economie numérique de l’attention et manipulation</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?DispositifNumerique">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 13 Mar 2026 18:09:51 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Risques Technosociaux (RTS)</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?RisquesTechnosociauxRts]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?RisquesTechnosociauxRts]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Risques Technosociaux (RTS)</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?OliveriNicolas/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Olivéri Nicolas">Olivéri Nicolas</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3><img style="width: 240px;" src="files/RisquesTechnosociauxRts_d634be1c4a965287df67_20260313172032_20260313182032.png"><br></h3><h3>Définition simple et courte</h3><p>Les risques technosociaux (RTS) désignent, l’ensemble des atteintes physiques, psychiques et relationnelles susceptibles d’affecter un collaborateur lorsque son activité professionnelle se déploie dans un environnement de travail fortement imprégné par les technologies de l’information et de la communication (TIC). </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Définition plus fouillée</h3><p>Ancrés dans la filiation des risques psychosociaux, les RTS mettent en lumière la manière dont les dispositifs numériques, devenus centraux dans l’organisation contemporaine du travail, configurent de nouvelles formes de contraintes, de vulnérabilités et de souffrances au sein des collectifs. Dans la continuité des travaux sur les risques psychosociaux, les RTS prolongent l’idée que la santé au travail ne peut être pensée indépendamment des conditions concrètes d’exercice de l’activité, des modes de management et des régimes de prescription qui pèsent sur les salariés. Alors que les risques psychosociaux ont contribué à rendre visibles le stress, le harcèlement, le burnout ou la violence au travail, les RTS proposent de déplacer le regard vers l’écosystème numérique dans lequel ces phénomènes se recomposent, s’intensifient ou prennent de nouvelles formes. Ce déplacement n’abolit pas la responsabilité managériale, mais souligne que celle-ci s’exerce désormais à travers des dispositifs techniques qui organisent les rythmes, les flux d’information et les modalités de contrôle de l’activité. Les RTS renvoient ainsi à des troubles qui trouvent leur origine dans l’articulation spécifique entre organisation du travail et médiations numériques : interruption permanente des tâches par les notifications, surcharge informationnelle, injonction à la disponibilité continue, renforcement du contrôle à distance, brouillage des frontières entre sphère professionnelle et sphère privée, isolement relationnel lié à la médiation par écran. Ces phénomènes se traduisent à la fois par des atteintes physiques déjà identifiées (fatigue visuelle, troubles musculo-squelettiques, troubles du sommeil) mais également par des atteintes psychologiques (technostress, sentiment d’urgence permanent, perte de sens, épuisement professionnel). Les RTS s’inscrivent donc au croisement des dimensions matérielles, cognitives et symboliques des TIC, en soulignant la manière dont celles-ci structurent la charge mentale et émotionnelle des travailleurs. Du point de vue des SIC, les TIC au travail ne sont pas de simples outils neutres, mais des dispositifs sociotechniques porteurs de normes, d’idéologies et de promesses d’efficacité, de flexibilité ou d’autonomie. La diffusion massive de ces dispositifs dans les organisations est accompagnée de discours qui valorisent l’innovation, la mobilité et la collaboration, tout en minimisant les effets de saturation, de fragmentation et de contrôle qu’ils induisent dans les pratiques ordinaires. Les RTS permettent précisément de problématiser cette dimension idéologique du numérique, en montrant comment la valorisation sociale de la connectivité permanente peut masquer une forme de violence numérique : injonction à répondre vite, à être joignable partout, à intégrer sans cesse de nouveaux outils et interfaces. Les RTS ne doivent cependant pas être réduits à une essence technique des technologies car ils renvoient à des configurations d’usage contextuelles, façonnées par des décisions organisationnelles, des politiques de ressources humaines ou encore, par des dispositifs de régulation plus ou moins explicites. Autrement dit, si les TIC constituent le milieu d’émergence des RTS, ces derniers résultent d’une coproduction entre architectures techniques, cadres réglementaires, cultures managériales et pratiques des acteurs.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Invitation aux débats</h3><p>Cette approche invite à dépasser l’alternative entre technophobie et technophilie, en pensant les dispositifs numériques comme des opérateurs de structuration du travail qui peuvent autant soutenir l’activité et la coopération que générer une surcharge et un épuisement technologique. Dans cette perspective, les risques technosociaux désignent un champ d’analyse et d’action qui vise à rendre visibles les effets parfois invisibilisés de la numérisation intensive du travail et à interroger les conditions d’un usage éthique et soutenable des TIC en organisation. Ils appellent à la mise en place de cadres de régulation et de formation permettant aux managers comme aux collaborateurs de comprendre les mécanismes de la surcharge numérique, d’identifier les limites acceptables de disponibilité, de préserver des espaces de déconnexion et de reconstituer des collectifs de travail au‑delà des seules médiations via écrans. On peut ainsi proposer la définition suivante : les risques technosociaux (RTS) sont l’ensemble des troubles physiques, psychiques et relationnels qui émergent des configurations sociotechniques de travail où les dispositifs numériques occupent une place structurante, lorsque leur conception, leur pilotage et leurs usages ne sont pas encadrés par une réflexion éthique et organisationnelle garantissant la soutenabilité de l’activité et la qualité de vie au travail. Enfin, à l’heure du déferlement abrupt et massif de l’IA dans le monde du travail, les questionnements sur la réception de cette technologie de rupture et les nouvelles formes de vulnérabilité qui en découlent, n’ont jamais été aussi saillants. Aussi, face aux transformations des pratiques professionnelles (plateformisation, télétravail, coworking, etc.), des besoins de formation et d’adaptation aux nouveaux outils, des politiques managériales dites « responsables » ou encore, des processus décisionnels de la gouvernance, c’est toute l’organisation qui chaque jour, risque un peu plus la désorganisation en contexte numérique, réifiant et actualisant in situ le concept de risques technosociaux (RTS), trop souvent dilué par les usages, parfois verbalisé par les collaborateurs mais rarement traité par les services RH.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Benedetto-Meyer M. & Klein N. (2017), Du partage de connaissances au travail collaboratif : portées et limites des outils numériques, Sociologie Pratiques, 1 (34), 28-38.<br>Bobillier Chaumon, M.-É., & Dubois, M. (2009). L’adoption des technologies en situation professionnelle : quelles articulations possibles entre acceptabilité et acceptation ? Le Travail Humain, 72(4), 355‑382.<br>Carayol, V., Laborde, A., & Cousserand-Blin, I. (dir.). (2025). Fabrique des vulnérabilités et communication organisationnelle. Communication & Professionnalisation, 17.<br>Carayol, V., & Laborde, A. (dir.) (2019). Les organisations malades du numérique. Communication & Organisation, 56.<br>Casilli, A. (2019). En attendant les robots. Enquête sur le travail du clic. Seuil.<br>Oliveri, N. (2025). Dispositifs numériques des organisations et risques technosociaux (RTS). Pour une éthique des TIC au travail. Journal international de bioéthique et d’éthique des sciences, 36(3), 89-100.<br>Oliveri, N. & Augé, L. (2022) Les risques technosociaux. Comprendre le syndrome d’épuisement technologique au travail. L’Harmattan.<br>Oliveri, N. (2022). De la violence symbolique à la violence numérique. Les collaborateurs à l’épreuve des risques technosociaux (RTS). Communication & Professionnalisation, 13, 161-177.<br>Oliveri, N. & Pélissier, N. (2019). Repenser les dispositifs numériques des organisations au prisme des risques technosociaux (RTS). Identification, évaluation, prévention. Les Cahiers du Numérique, 15(4), 87-111.<br>Popovic, N., & Galibert, O. (2025). Vulnérabilité et inégalités numériques au travail : le cas d’une collectivité territoriale. Communication & Professionnalisation, 17, 89-110.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?DictatureDuNumerique/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Dictature du numérique">Dictature du numérique</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EconomieNumeriqueDeLattentionEtManipulati/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Economie numérique de l’attention et manipulation">Economie numérique de l’attention et manipulation</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?LanthropoTechnocene/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche L’anthropo-technocène">L’anthropo-technocène</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RefaireLeMondeDeDemainCestSeDefaireDe/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Refaire le monde de demain, c’est se défaire des habitudes numériques d’aujourd’hui">Refaire le monde de demain, c’est se défaire des habitudes numériques d’aujourd’hui</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?VersUnNouvelImaginaireTechnique/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Vers un nouvel imaginaire technique">Vers un nouvel imaginaire technique</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?RisquesTechnosociauxRts">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 13 Mar 2026 17:48:01 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Co-construction</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?CoConstruction]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?CoConstruction]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Co-construction</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?VolatGeoffrey/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Volat Geoffrey">Volat Geoffrey</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><img style="width: 50%;" src="files/CoConstruction_f194654040e0d7bd385e_20260313194013_20260313204013.png"><br></p><p>La co-construction désigne un processus démocratique par lequel plusieurs acteurs — institutionnels, professionnels, citoyens, usagers — élaborent conjointement un diagnostic, des orientations ou des décisions relatives à une action collective. Elle implique un déplacement du centre de gravité de la décision, d’un modèle vertical vers une dynamique délibérative et coopérative.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Définition courte et simple</h3><p>Dans son acception la plus générale, la co-construction renvoie à une modalité d’action collective fondée sur la production conjointe de sens et de perspectives d’action. Elle dépasse des formes plus limitées d’interactions, comme la consultation ou la concertation. Il ne s’agit pas seulement de recueillir des avis, mais d’intégrer différents acteurs sociaux au sein d’un processus délibératif commun. Elle suppose ainsi une interaction structurée entre des acteurs porteurs de ressources hétérogènes — savoirs d’expertise, savoirs d’usage, légitimité élective, capacité d’action, ancrage territorial etc.</p><h3>Définition plus fouillée</h3><p>Plus spécifiquement, dans le champ de l’action publique, la co-construction s’inscrit dans le prolongement des travaux sur la démocratie participative. Elle peut désigner des réalités variées, allant de dispositifs formalisés (conventions citoyennes, conseils de développement, budgets participatifs) à des pratiques plus informelles de travail partenarial (élaboration d’une feuille de route, comité de suivi d’une action publique, élaboration d’un appel à manifestation d’intérêt etc.). Ainsi, selon les contextes, elle peut être mobilisée comme méthode de gestion de projet, comme principe normatif de démocratisation ou comme instrument d’innovation publique.<br>Trois dimensions permettent d’en saisir la complexité.<br>Premièrement, la dimension épistémique : la co-construction repose sur l’idée que la connaissance pertinente pour l’action n’est pas exclusivement détenue par l’expertise scientifique ou administrative. Elle émerge de l’interaction entre différents registres de savoirs. Dans cette perspective, le processus vise autant la production d’actions et de solutions que l’élaboration d’un cadre partagé d’interprétation des enjeux et des problèmes.<br>Deuxièmement, la dimension politique : la co-construction implique une redistribution démocratique des capacités d’influence sur la décision. Elle interroge les rapports de pouvoir, les formes de légitimité et les frontières entre représentants et représentés. Cette redistribution peut être substantielle — lorsque les participants disposent d’un pouvoir réel d’arbitrage — ou symbolique, lorsque la participation demeure consultative. La co-construction ne constitue donc pas en soi une garantie d’émancipation démocratique ; elle peut aussi être instrumentalisée à des fins de légitimation, en particulier dans le champ de l’action publique.<br>Troisièmement, la dimension organisationnelle et relationnelle : la co-construction requiert des dispositifs, des règles du jeu, des médiations. Elle suppose un travail de traduction entre des univers professionnels et culturels distincts, ainsi qu’un cadre sécurisant permettant l’expression des désaccords. <br>Sans ingénierie communicationnelle et sans confiance minimale entre acteurs, la co-construction tend à se réduire à une juxtaposition de points de vue ou à se réduire à une forme d’homogénéité de points de vue -on parle alors de co-construction corporatiste.<br>Il convient enfin de distinguer la co-construction d’autres notions proches. Elle se différencie de la co-production, qui renvoie davantage à la mise en œuvre conjointe d’un service ou d’une politique, et de la concertation demeure consultative et asymétrique. Elle se rapproche en revanche de la notion de gouvernance collaborative, tout en conservant une dimension normative plus marquée : celle d’un idéal de partage de la définition même de l’intérêt général.<br>En somme, la co-construction peut être définie comme un processus structuré d’élaboration collective de l’action, reposant sur la reconnaissance de la pluralité des savoirs et des légitimités, et visant la production de décisions plus robustes, plus légitimes et potentiellement plus adaptées aux contextes territoriaux.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Invitation aux débats</h3><p>La co-construction ne se décrète pas : elle se construit dans la durée, au croisement de dispositifs formels et de relations interpersonnelles. Elle ouvre ainsi une série de questions décisives : jusqu’où partager le pouvoir de définir l’action publique ? Comment articuler légitimité élective et légitimité participative ? Quels garde-fous instituer pour éviter l’instrumentalisation ? Autant d’interrogations qui invitent à considérer la co-construction non comme un modèle stabilisé, mais comme un chantier démocratique permanent.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>NSELL Chris & GASH Alison, 2008, « Collaborative Governance in Theory and Practice », Journal of Public Administration Research and Theory, vol. 18, n°4, p. 543-571.<br>CALLON Michel, LASCOUMES Pierre & BARTHE Yannick, 2001, Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris, Seuil.<br>DEWEY John, 1927, The Public and Its Problems, New York, Henry Holt.<br>FRAISSE Laurent, 2018, La co-construction de l’action publique : définitions, enjeux, discours et pratiques, Paris, Fondation Maison des Sciences de l’Homme, 69 p.<br>GASH Alison & ANSELL Chris, 2008, voir ANSELL & GASH 2008.<br>OCDE, 2020, Innovative Citizen Participation and New Democratic Institutions: Catching the Deliberative Wave, Paris, OECD Publishing.<br>OSTROM Elinor, 1990, Governing the Commons: The Evolution of Institutions for Collective Action, Cambridge, Cambridge University Press.<br>ROSANVALLON Pierre, 2008, La légitimité démocratique. Impartialité, réflexivité, proximité, Paris, Seuil.<br>VAILLANCOURT Yves, 2019, « De la co-construction des connaissances et des politiques publiques », SociologieS, Dossiers.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?DemocratieLocaleAKingersheim/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Démocratie locale à Kingersheim">Démocratie locale à Kingersheim</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?DemocratieLocaleASaillans/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Démocratie locale à Saillans">Démocratie locale à Saillans</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?LeCollectifNosServicesPublicsRenoveLaRef/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Le Collectif Nos Services Publics rénove la réflexion sur le fonctionnement des services publics">Le Collectif Nos Services Publics rénove la réflexion sur le fonctionnement des services publics</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?CoConstruction">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Wed, 04 Mar 2026 11:35:41 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Ménager</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?MenageR]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?MenageR]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Ménager</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PacquotThierry/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Paquot Thierry">Paquot Thierry</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><img style="width: 50%;" src="files/MenageR_42c841630be4e26bb3b9_20260313193751_20260313203751.png"><br></p><p>Ce verbe provient du vieux verbe « manoir » dorénavant inusité. Il signifie « prendre soin ». Nous connaissons tous l’adage « Qui veut voyager loin, ménage sa monture » que Jean Racine reprend dans Les plaideurs. Il ne faut donc pas épuiser son cheval par une course effrénée, mais accepter son rythme afin qu’il nous mène à destination. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Il en va de même pour ménager quelqu’un, soi-même ou un lieu. À dire vrai, il s’agit de ménager les gens, les choses, les lieux et le vivant. Un tel ménagement réclame une disposition à la disponibilité qui se cultive, qui ne va pas de soi, qui se révèle exigeante, tant elle s’alimente d’attentions intentionnées. </p><h3>Un verbe qui contribue à écologiser nos manières de penser</h3><p>« Ménager » revient à contribuer à écologiser nos manières de faire et de penser. Ainsi, par exemple, « ménager » une place dans un village ou une ville, consiste à étudier ses usages temporalisés (chronotopie) et genrés, à observer le vivant qui s’y déploie, à questionner les gens qui y viennent, à proposer un mobilier qui convienne aux activités qui s’y dérouleront, de jour comme de nuit, selon les saisons, et aux populations qui s’y installeront, etc. Ces observations, qui demandent du temps et de la réflexion, ne sont que rarement intégrées au processus du projet et conséquemment ne sont pas budgetées, or, elles sont indispensables pour imaginer une réponse de qualité, singulière et originale. Le ménagement en architecture, urbanisme, paysagisme, design, se doit de pratiquer le cas par cas, le sur-mesure et le avec les habitants et le vivant. Les trois simultanément. Les trois qui s’enrichissent mutuellement. Les trois qui font « ensemble ». Les trois qui s’inscrivent dans leurs temporalités et dans celles qu’elles refaçonnent ou produisent. </p><p>Ménager m’a toujours paru une évidence, alors que l’aménagement relevait de lois, règlements, techniques administratives, protocoles bureaucratiques, visant à standardiser une réalisation, à normaliser une décision, sans jamais, précisément, tenir compte du lieu où elles intervenaient, des gens auxquels elles se destinaient, des choses qui les environnaient et qu’elles environneraient à leur tour... Ménager relève d’une attitude souple, ouverte, discrète, adaptable, efficace, soucieuse d’accroitre l’autonomie des habitants, humains et non humains (sans trop m’aventurer dans ce voudrait dire « autonomie » pour un animal ou une plante, mais en acceptant le principe d’un quelque chose qui leur appartient au point où le perdant ils ne sont plus eux-mêmes), et le respect du déjà-là en privilégiant les interrelations entre les éléments constitutifs d’un même ensemble... </p><p><br></p><h3>Prendre soin, un acte politique</h3><p>La politologue et féministe américaine Joan Tronto rappelle que l’architecture est toujours l’expression du pouvoir (qu’il soit religieux, politique ou économique), d’un pouvoir qui est masculin et méprise l’impact du bâtiment sur les gens qui y travaillent et le vivant qui doit cohabiter avec. Ainsi, pour elle, le super-stade en verre de Minneapolis représente un véritable danger pour les oiseaux, sans pour autant émouvoir ses promoteurs ! Elle n’en conclut pas que tous les hommes architectes et urbanistes sont indifférents aux gens et au vivant, mais qu’ils sont maladroits à leur endroit, ne sachant pas comment les « ménager ». Elle est persuadée qu’il ne faut plus regarder un bâtiment comme un objet entier, complet, terminé, mais comme une pelote de relations et d’interrelations qui ne cessent d’agir et de réagir entre elles. </p><p>Avec Berenice Fisher, dans Un monde vulnérable (La Découverte, 2009), elles écrivaient : « Dans son sens le plus général, nous suggérons que le care soit considéré comme une activité générique qui comprend tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer et réparer notre ‘monde’, de sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible. Ce monde comprend nos corps, nous-mêmes et notre environnement, tous éléments que nous cherchons à relier en un réseau complexe, en soutien à la vie. » À partir de cette définition du care, elles énumèrent quatre principes fondamentaux : « faire attention », « prendre soin de », « donner » et « recevoir ». Plus tard, Joan Tronto en ajoute un cinquième : « rendre », comme pour clore le cycle du don, à la manière de Marcel Mauss, pour qui celui-ci se déroule en trois temps : donner-recevoir-rendre, pas nécessairement synchronisés entre eux.</p><p><br>Le mot care ne vient pas du latin cura, mais du vieux haut allemand Kara, « souci, chagrin, peine ». Il désigne aussi l’anticipation d’un danger, afin de s’en prémunir, dans ce cas, care peut être traduit par « sollicitude » et « assistance ». À nous de pratiquer ce care, ce « ménagement », dans nos actes ordinaires et mieux encore dans nos manières de faire de l’architecture, du « ménagement urbain » (je préfère éviter le néologisme « urbanisme » qui correspond, pour moi, à la fabrication de la ville productiviste conçue et réalisée par les hommes), du design social ou du biorégionalisme. Le choix du site, des matériaux, du calendrier du chantier, des compétences des ouvriers, de l’organisation du travail, de la prise en considération des riverains et de la faune et de la flore, etc., des conséquences de telle forme, de telle couleur, de tel revêtement sur les écosystèmes et sur le travail des ouvriers comme sur le quotidien des voisins et des futurs habitants, sur le recyclage et le futur réemploi, etc. Le ménagement ne se substitue pas à l’aménagement, il est d’une autre nature et appartient à une autre logique qui se fonde sur une éthique, celle de la Terre que propose Aldo Leopold, pour qui : « Une chose est juste lorsqu’elle tend à préserver l’intégrité, la stabilité et la beauté de la communauté biotique. Elle est injuste lorsqu’elle tend à l’inverse. »</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Pour de nombreux professionnels et décideurs, « ménager » est contraire à l’efficacité qu’ils prônent et aux normes qu’ils imposent en même temps que leur pouvoir. Aussi, continuent-ils à vouloir « aménager », en cela ils confortent un système hiérarchisé incapable d’accueillir la mésentente, le conflit et l’expérimentation.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Paquot Thierry (2025), L’Amour des lieux. Topophilie, topophobie, topocide, Paris, PUF. J’y consacre de nombreux pages à « ménager » et aussi à « ménagère » et « ménagement »...<br>Tronto Joan (2020), « Caring Architecture » est paru dans Critical Care, Architecture and Urbanism for a Broken Planet, sous la direction d’Angelika Fitz et Elke Krasky, Cambridge, MIT Press, 2020, « Vers une architecture du ménagement », traduit en français par Joanne Massoubre et Martin Paquot, Topophile, revue numérique, 31 janvier 2021. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?DeverrouillerLaConceptionUrbaineVersDeN/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Déverrouiller la conception urbaine (2) - Vers de nouvelles pratiques d’urbanisme et de gouvernance territoriale">Déverrouiller la conception urbaine (2) - Vers de nouvelles pratiques d’urbanisme et de gouvernance territoriale</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PourUnDeveloppementTerritorialInnovant/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Pour un développement territorial innovant">Pour un développement territorial innovant</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?MenageR">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Sun, 22 Feb 2026 11:40:06 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Zader</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?ZadeR]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?ZadeR]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Zader</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PacquotThierry/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Paquot Thierry">Paquot Thierry</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Ce nouveau verbe  est issue des luttes autour des ZAD  « zone à défendre », comme celle de Notre-Dame-des-Landes qui s’est opposée avec succès  à la création d’un nouvel aéroport au nord de Nantes. Il signifie critiquer une décision tout en revendiquant une contre-proposition</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>A l&apos;origine de ce verbe le néologisme ZAD</h3><p>La ZAD est une « zone à défendre », à l’instar de celle de Notre-Dame-des-Landes qui s’oppose à la création d’un nouvel aéroport au nord de Nantes dès 2009. Ce néologisme détourne l’acronyme « ZAD », « zone d’aménagement différé », qui désignait en 1974 la réserve foncière de 1 225 hectares destiné au futur aéroport. </p><p><br>    Des militants écologistes, des agriculteurs et des habitants locaux, des activistes anticapitalistes ou altermondialistes, entre 200 et 300, s’installent sur le terrain convoité par les décideurs de ce projet pour empêcher sa construction. Un village hétéroclite sort de terre - avec des cabanes, des tentes, des roulottes, des maisons retapées, etc. -, des « zadistes » s’y installent, cultivent la terre, expérimentent une autre manière de vivre, en se partageant les tâches et en refusant toute autorité imposée d’en-haut. C’est en 2014 que l’ancien maire de Quelneuc, René Leblanc, dépose à l’INPI les mots « ZAD » et « Zadistes », qui entrent dans Le Petit Robert l’année suivante. Ces « zadistes », jeunes pour la plupart, renouent, sans nécessairement le savoir et le vouloir, avec les contestataires de l’extension du camp militaire du Larzac (1971-1981), l’esprit pacifiste de Lanza del Vasto, la contre-culture des communautés hippies, la détermination des pourfendeurs des centrales nucléaires...</p><p><br></p><h3>Contester et proposer</h3><p>    Ainsi la ZAD est à la fois un mode de contestation et un art de vivre. Il s’agit d’une nouvelle culture politique qui allie le refus du productivisme et sa logique du toujours plus à une alternative émancipatrice et sa logique du toujours mieux. C’est ce qu’exprime le verbe zader : non pas seulement critiquer une décision mais revendiquer une contre-proposition. Refuser ce qui parait déraisonnable d’un point de vue, écologique, économique, social, tout en suggérant un autre possible. Zader ne revient pas simplement à dénoncer un choix considéré absurde (une bretelle autoroutière, une bassine, la destruction de haies pour remembrer des terres agricoles, l’usage d’un insecticide toxique pour les humains et des espèces animales et végétales, l’ouverture d’un parc de loisirs à l’emplacement d’une forêt riche en biodiversité, etc.) mais à œuvrer pour la préservation de la nature, son entretien et son amélioration... </p><p><br>    De nombreuses ZAD ont été démantelées par la police et les zadistes expulsés, comme celles du lieu-dit le Gabarn qui s’oppose au projet d’autoroute E7 (Bordeaux-Valence), de Bure contre l’enfouissement des déchets nucléaires ou encore celles contre un transformateur à haute tension à Saint-Victor-et-Melvieu, contre le barrage de Sivens, contre EuropaCity au Triangle de Gonesse, contre l’A69 dans le Tarn, etc. Décisions de justice, pressions politiques des gouvernements successifs, interventions souvent musclées - pour ne pas dire d’une violence disproportionnée - de la police, viennent contrecarrer l’expression populaire, le débat public. Quelques-unes ont conduit à l’arrêt des travaux comme à Notre-Dame-des-Landes et dans la forêt de Roybon où la société « Pierre et Vacances » renonce en 2020 à implanter un nouveau Center Parcs...D’autres ZAD ont essaimé en Suisse, en Belgique, en Allemagne, elles participent d’une forme d’engagement in situ qui « occupe » un lieu pour le protéger d’une intervention qui lui serait fatale...</p><p><br></p><p>Le verbe « zader » commence juste à être conjugué, il faut lui laisser le temps de se diffuser. Il correspond bien à une nouvelle attente militante : ne pas dénoncer sans proposer ! Sans proposer une alternative aux vertus émancipatrices, un contre-projet qui démultiplie les possibilités d’accroître l’autonomie des participants le temps nécessaire à son éclosion...Aucune ZAD n’est identique, chacune invente son chemin, c’est pour cela que toute récupération politicienne se révèle difficile. Quant aux zadistes, ils apprennent en luttant que toute idée est un combat...</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Un tel verbe irrite les représentants de l’ordre néolibéral qui s’insurgent de toute dérogation au sacro-saint marché et à la croissance pour la croissance qui le stimule. Pour eux, il n’y a pas à zader mais à se soumettre aux diktats de l’hubris et tant pis si la planète y perd son habitabilité, si la biodiversité s’appauvrit, si chaque humain se fragilise en perdant le peu d’autonomie qu’il possède... Zader est donc un verbe clivant dont l’usage clarifie les oppositions, d’un côté celles et ceux qui trouvent dans la société de consommation de quoi se satisfaire et d’un autre, celles et ceux, qui préfèrent être des « consommactrices » et « consommacteurs » de leur propre existence en harmonie avec le vivant et les autres humains. Zader est du côté de la coopération et non pas de la compétition. Zader est un verbe créatif, qui appelle l’aurore...</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Fougier Eddy (2016), Les Zadistes, 2 volumes, Paris, Fondation pour l’innovation politique.<br>Laurens Christophe (dir) (2018), Notre-Dame-des-Landes ou le métier de vivre, Paris, Loco.<br>Collectif Comm’un (2019), Habiter en lutte. Zad de Notre-Dame-des-Landes, 40 ans de résistance, Paris, Le Passager clandestin.<br>Denet Anaïs (2024), ZAD, une histoire de la violence, l’évacuation de Notre-Dame-des-Landes, Paris, Denoël.</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ZadeR">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Sun, 22 Feb 2026 11:27:27 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Ecoféminisme</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?EcofeminismE]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?EcofeminismE]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Ecoféminisme</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CombesJosette/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Combes Josette">Combes Josette</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>L’écoféminisme est un courant de pensée critique de l’économie dominante qui rassemble les pensées féministes et écologistes.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Le mouvement écoféministe repose sur trois piliers. Tout d’abord il est né de la mobilisation contre les dégâts causés par l&apos;androcapitalocène (Catherine Albertini, 2021, p. 14). Le capitalisme s&apos;est imposé grâce à une privatisation généralisée des biens communs (les enclosures en Angleterre), transformant les paysans et artisans autonomes en employés d&apos;entreprises. C&apos;est une manière de marchandiser le vivant. Pour les écoféministes, c&apos;est le premier pilier.<br></p><p>Le deuxième pilier est l&apos;esclavage et la prédation des ressources des pays du Sud, avec un discours méprisant et un comportement destructeur envers les cultures indigènes. <br>Le troisième est l&apos;exploitation du travail des femmes, qu&apos;il soit gratuit dans la sphère privée ou sous-payé dans la sphère publique. C&apos;est pourquoi les femmes refusent d&apos;être tenues responsables du désastre qui a été prédit, puisqu&apos;elles n&apos;ont pas eu voix au chapitre depuis leur exclusion de la scène politique à la Renaissance. À cette époque, les femmes étaient brûlées comme sorcières afin de les écarter de leurs fonctions, de vaincre leur résistance ou de punir une liberté jugée contraire aux bonnes mœurs (Le sexocide, D&apos;Eaubonne 1999).</p><p><br>Françoise d&apos;Eaubonne est considérée comme l&apos;inventrice du terme écoféminisme avec un titre radical « L&apos;écoféminisme ou la mort » (1974), mais le terme a été utilisé à la fois en Inde, notamment par Vandana Shiva et Maria Mies (1998), et aux États-Unis, d&apos;où il est revenu en Europe,  voir en particulier le recueil Reclaim (Hache, 2016), une compilation de textes d’écrivaines écoféministes.</p><p><br></p><p>En France, l&apos;œuvre de Françoise d&apos;Eaubonne n&apos;a pas été reprise par le mouvement féministe matérialiste (Delphy, 1975) ni par le mouvement universaliste, qui considéraient que le recours à la référence « nature » constituait un retour en arrière vers la sanctification de la mère et l&apos;écologie radicale, un danger pour les droits des femmes. Les matérialistes sont essentiellement orientées vers le « rattrapage » de la situation sociale des hommes (salaires, accès à l&apos;emploi, partage du fardeau mental des activités reproductives, etc).</p><p><br></p><h3>Réviser les valeurs virilistes</h3><p>Les écoféministes veulent réviser les paradigmes qui définissent l&apos;être humain et souhaitent organiser un monde où les valeurs dites « viriles » telles que l&apos;usage de la force, les luttes de pouvoir, l&apos;extractivisme et la domestication de la vie sont toxiques et devenues obsolètes. Cette « viriarchie » (Gazalé, 2017) a un coût social extrêmement élevé : en France, (Peytavin, Haes 2025) les hommes sont responsables de la grande majorité des comportements asociaux : ils représentent 84 % des auteurs d&apos;accidents mortels de la route, 92 % des élèves sanctionnés pour des actes de violence contre les biens et les personnes dans le secondaire, 90 % des personnes condamnées par les tribunaux, 86 % des suspects de meurtre, 97 % des auteurs de violences sexuelles, etc.</p><p><br>Il en coûte 95,2 milliards d&apos;euros chaque année pour compenser la virilité (toxique) masculine, en services policiers, judiciaires, médicaux et éducatifs pour y faire face. Sans compter le coût indirect pour la société, qui doit répondre aux souffrances physiques et psychologiques des victimes, et subit des pertes de productivité et des destructions matérielles. </p><p><br></p><h3>L&apos;action avant tout</h3><p>Les coalitions de femmes qui se reconnaissent sous ce terme défendent soit des territoires pour empêcher leur pillage, soit développent des terres pour promouvoir l&apos;autonomie alimentaire, soit s&apos;opposent à des projets extractivistes et bellicistes, soit encore créent des communautés de vie comme le faisaient les Béguines dès la fin du XIIe siècle en Europe (Panciera, 2021). </p><p><br>L&apos;écoféminisme se préoccupe avant tout d&apos;actions pragmatiques visant à mettre en œuvre une autre façon d&apos;organiser la vie quotidienne, en donnant la priorité à la souveraineté alimentaire, à la prise en charge des enfants et des organismes vivant sur leur territoire, et à la promotion de relations dépourvues de combativité et de compétition au profit de l&apos;entraide et de la coopération. Certaines  écoféministes développent une spiritualité déconnectée des dogmes patriarcaux qu’on peut apparenter à des pratiques panthéistes, réhabilitant la figure de la sorcière maîtrisant des connaissances sur le soin par les plantes médicinales. Ainsi  Vandana Shiva a créé en Inde une banque de semences pour restaurer la richesse qui préexistait avant que la colonisation anglaise n’interdise et éradique les plantes que les Indiens utilisaient dans leur médecine traditionnelle. Elle dirige la Fondation de la recherche pour la science, les technologies et les ressources naturelles. Les écoféministes luttent pour empêcher le pillage des ressources phytologiques et le brevetage du vivant.  </p><p><br>L&apos;écoféminisme ne désigne pas tous les hommes comme coupables (certains le sont évidemment), mais comme des personnes envahies par l&apos;idéologie patriarcale, au même titre que les femmes qui peuvent elles-mêmes encourager la figure du père, du mari/compagnon, du fils dans les injonctions d&apos;un modèle qui présente la violence masculine comme une caractéristique incontournable de la virilité. </p><p><br></p><h3>Que faire ?</h3><p>Ainsi, les paramètres suivants devraient intervenir dans la définition de l&apos;approche économique :<br>Quels besoins (biologiques, sociologiques, individuels, collectifs) sont des nécessités (survie) par rapport à leur légitimité (éthique) ?<br>Quelles contraintes sont supportables (nécessaires, acceptables) ?<br>Quels équilibres faut-il rechercher dans la définition et la mise en œuvre des dimensions suivantes : <br>1. l&apos;articulation de la satisfaction des besoins et de la place du travail dans le système de production; <br>2. les modes de régulation et de répartition des systèmes de production;<br>3. la fonction de l&apos;autonomie dans le maintien du désir, et donc de la vitalité, et le respect de l&apos;intériorité des personnes ; <br>4. le rôle de l&apos;interaction dans le système des relations sociales et de la vigilance collective;<br>5. En politique, remplacer la figure de l&apos;homme providentiel au profit d&apos;assemblées délibératives où les projets d&apos;intérêt collectif sont élaborés avec les citoyens et où s&apos;effectue une réflexion sur ce qui relève du public et du privé (Dacheux, Goujon, 2020). <br>6. Reconnaître le rôle fondamentale de l’économie reproductive, revoir l&apos;échelle des valeurs, la hiérarchie des tâches dites « nobles » par opposition à celles qui seraient dégradantes, assurées par une population sous estimée, en particulier les soins aux autres confiés aux femmes. Avec, bien sûr, une révision de l&apos;échelle des salaires.<br>7. La situation climatique, si préoccupante, exige que les décisions n&apos;appartiennent plus à un club de décideurs principalement masculins, mais à l&apos;ensemble des citoyens. <br>8. S&apos;opposer à l&apos;hypercroissance, à l&apos;extractivisme et à la destruction des terres arables. <br>Ce sont tous ces paramètres qui doivent être modifiés pour faire évoluer le monde, et en particulier celui de la démocratie économique. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Les écoféministes postulent que le monde ne peut évoluer que si les hommes comprennent qu&apos;ils sont eux-mêmes prisonniers d&apos;un modèle qui les prive de leur partie dite « féminine », tout comme il empêche les femmes d&apos;accéder à leur partie dite « masculine ». Ce dualisme sert le capitalisme en associant l&apos;argent, le prestige et la dépense d&apos;énergie aux valeurs viriles, adossés à la compétition  et la modestie, l&apos;effacement de soi et la gestion du quotidien aux valeurs féminines, la compétition portant cette fois sur le façonnage du corps dont les normes sont édictées pour convenir aux dictats masculins.<br>L’écoféminisme s’inscrit dans un ensemble plus vaste d’alternatives au capitalisme patriarcal. En effet, les mouvements de lutte contre le capitalisme associent en général la recherche d’égalité entre les humains et la lutte contre les discriminations. Au sein même de l’écoféminisme existe l’approche intersectionnelle qui souligne que les femmes racisées ont une vision du féminisme différente de celle des femmes blanches. Par ailleurs l’économie solidaire inclut le féminisme dans son approche voire en fait une condition absolue pour la définition de l’ESS (c’est le cas du REAS espagnol https://reas.red. Les alternatives en général telles que le mouvement des communs ou de la transition écologique considèrent l’égalité femme homme comme un incontournable, même s’ils ne focalisent pas leur action sur cet aspect. Enfin il existe une commission Egalité Femmes Hommes au sein d’ESS France qui a émis un rapport sur l’égalité femmes hommes dans l’ESS.<br>Le capitalisme est à la fois,  un système et un gaspillage qui engendre la violence contre les êtres dits « faibles », compensant les frustrations générées par le sentiment de ne rien décider réellement dans sa vie. Le capitalisme exploite le travail en réduisant les possibilités d&apos;action et d&apos;emploi. Il s&apos;agit désormais de redonner à chacun la plénitude de son potentiel dans un élan de solidarité qui n&apos;est pas une injonction pieuse, mais une observation pure et simple de notre interdépendance.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>CHOLLET, M., Sorcières. La puissance invaincue des femmes, Zones.<br>D&apos;EAUBONNE, F., (1974), Le féminisme ou la mort, Pierre Horay. <br>D’Eaubonne, F.,(1999), Le sexocide des sorcières, L’esprit frappeur.<br>FEDERICI, Silvia.,(2016) Caliban et la sorcière Entremonde <br>GAZALE, Olivia, (2019), Le mythe de la virilité. Un piège pour les deux sexes, Pocket Agora.<br>GUERIN, I., HERSENT, M., FRAISSE, L., (2011), Femmes , économie et développement. Entre résistance et justice sociale, Erès / IRD <br>HACHE,E., Reclaim. recueil de textes écoféministes, Cambourakis editions <br>MIES, M., SHIVA,V., (1993), Ecoféminisme, l&apos;Harmatan, <br>PANCIERA, S.,(2021), Les Béguines, une communauté de femmes libres, Almora<br>PEYTAVIN,L. HAES F. (2025) , Le coût de la virilité, Michel Lafon<br>STARHAWK (2015) Rêver l&apos;obscur. Femmes, Magie et Politique. Cambourakis. </p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?FeminismeQuelquesCitations/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Féminisme. Quelques citations.">Féminisme. Quelques citations.</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?LeFuturDuTravailDesFemmes/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Le futur du travail des femmes">Le futur du travail des femmes</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EcofeminismE">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 13 Feb 2026 09:33:21 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Alliance</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?AlliancE]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?AlliancE]]></guid>
        <dc:creator>GarlotFlorine</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Alliance</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?LukacsPhilippe/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Lukacs Philippe">Lukacs Philippe</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>L’alliance, c’est le partage avec un autre différent de soi où du commun est crée. C’est la logique du vivant.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Les actions nécessaires pour réussir l’urgente transition entraîneront des réductions matérielles douloureuses. Elles ne pourront être acceptées, et donc menées, que si elles peuvent être immédiatement mises en regard d’une contrepartie affectivement gratifiante.<b> Chercher à adapter notre économie ne suffira donc pas</b>. Il nous faut, plus largement, chercher à avancer vers une <i>oikonomia</i>, une « logique selon laquelle nous construisons notre maison », qui puisse être vécue comme souhaitable. A ce jour, nous avons « construit notre maison » sur une logique d’échange. Tout y devient marchandise. Notre aveuglement à ce qui est au delà des marchandises, notamment au climat, à la biodiversité, en est une conséquence.</p><p>Au lieu de chercher à augmenter les biens, cherchons à favoriser les alliances [ndlr : le partage avec un autre différent de soi où du commun est crée]. Voilà un cap en rupture avec la logique mortifère actuelle et qui offre des perspectives attirantes. Ce cap invite à développer des relations d’alliance sur l’ensemble de ce qui constituerait une « maison souhaitable » : à l’intérieur de chaque personne, entre les individus et les groupes, avec tout ce qui nous entoure. D’une part, à favoriser l’épanouissement des personnes en permettant à chacun d’allier et de déployer les multiples dimensions qui le constituent. D’autre part à favoriser les relations de partage entre les personnes et les groupes. Enfin à partager avec la nature, ce qui est tout autre que seulement la préserver, et à favoriser la sensibilité à ce qui est au delà des chiffres et du clic de l’instant présent. Ces trois axes d’action forment système, se soutiennent mutuellement. Ce cap, c’est en fait ce qui est au cœur des multiples mouvements qui, dans des domaines différents, dans et hors l’entreprise, émergent aujourd’hui pour aller vers un futur souhaitable : RSE, Entreprise régénérative, Économie Sociale et Solidaire, innovations « open source », permaculture … Cette simultanéité est le signe, à la fois, de la nécessité et de la possibilité de cette évolution. Avoir conscience de ce cap commun permet de mieux faire converger les actions, permet de réaliser des alliances entre acteurs différents, donne ainsi plus de force à l’action collective.</p><p><br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Ce cap peut aussi guider l’action que chaque femme ou homme en position de responsabilité, dans une entreprise, une association, un organisme public, peut mener dans son activité professionnelle. Chacun peut être à l’origine d’une initiative qui va dans cette direction, donnant ainsi plus de sens à son travail. Les actions contribuant à la mutation en sont démultipliées. Par ailleurs, l’alliance, c’est aussi le moyen sur lequel s’appuyer pour avancer dans cette direction. Car pour réussir la nécessaire mutation, avancer au plus vite sur un chemin qui nous est nouveau, il ne suffira plus de gérer, de passer des contrats. Il nous faut créer des dynamiques autour de buts partagés.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>LUKACS Philippe, 2024<i>. Vers une économie de l&apos;alliance pour déjouer les dérèglements du monde</i>, Erès. </p><p>Définition de l&apos;Alliance, publiée dans BONNIFET Fabrice (dir), 2024, <i>Les 101 mots de la responsabilité sociale des entreprises à l&apos;usage de tous</i>, Archibook.</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?AlliancE">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Sun, 16 Nov 2025 10:39:31 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Fiscalité : quel nouveau cap pour la politique fiscale ?</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?QuelNouveauCapPourLaPolitiqueFiscaleNbsp]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?QuelNouveauCapPourLaPolitiqueFiscaleNbsp]]></guid>
        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Fiscalité : quel nouveau cap pour la politique fiscale ?</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>La fiscalité est un moyen tout à la fois d’orienter la production et la consommation, et de lutter contre les inégalités. La lutte contre les évasions fiscales doit être renforcée et constitue une ressource indispensable pour réduire les déficits publics en France et dans les pays développés. Dans les pays du Sud elle dégagera des ressources pour l’amélioration du bien-être. Les mesures fiscales et budgétaires des premiers mois de la présidence Macron vont à l’encontre d’une politique de lutte contre les inégalités.  </p><h3><strong>Moyen d’orienter la production et la consommation</strong></h3><p><strong><br /></strong> C’est bien ce que fait N.Hulot, ministre de la transition énergétique et de la solidarité en 2017  lorsque par exemple il veut augmenter le malus des gros 4x4 les plus polluants. C’est le moyen préconisé par  Philippe Madinier (1) , ancien rapporteur général du Centre d’étude des revenus et des coûts (CERC) quand il plaide pour une discrimination positive en faveur des services.  C’est ainsi que la réparation des logements dispose d’un taux réduit de TVA, qui stimule l’emploi dans ce secteur. En accordant un taux de TVA plus faible à « l’ensemble des activités de réparation, on contribuerait efficacement à l’allongement, si souhaitable, de la durée de vie des biens ». Cela impliquerait une hausse compensatrice sur les biens. « Pourvu que cette divergence soit progressive et programmée, elle serait éminemment favorable à la fois au rétablissement du plein emploi et au freinage de la consommation d’énergie et de ressources naturelles don on reconnait de mieux en mieux la nécessité ».  Mais Philippe Madinier s’empresse d’ajouter « Cependant une activité de service particulière devrait être exemptée de ces faveurs fiscales : la publicité. Son développement démesuré n’est pas pour rien dans la frénésie de consommation…Elle pousse les consommateurs à remplacer prématurément les biens « durables » et « semi-durables ». Bref elle s’oppose à la sobriété qu’appellent impérieusement des menaces écologiques grandissantes. Il faudrait faire taire la publicité, en tous cas l’obliger à baisser le ton. Objectif ambitieux ? Utopique ? Peut-être. Il suppose d’affronter un lobby puissant, celui qui a mis sous sa dépendance la quasi-totalité des moyens d’information ». </p><h3> <strong>Lutte contre les inégalités</strong> <strong>de revenus et de patrimoine</strong></h3><p><strong><br /></strong>En septembre 2017, l’observatoire des inégalités en France (<a href="http://WWW.inegalites.fr">WWW.inegalites.fr</a>) constate :  « Depuis une vingtaine d’années, les inégalités de revenus augmentent. Les plus aisés s’enrichissent alors que le niveau de vie des plus pauvres stagne ». Comme l’écrit Jean Gadrey, il s’agit d’en finir avec des inégalités indécentes qui minent la société. Ce qui devrait amener à agir à la fois sur les minima  sociaux et à réduire les inégalités de revenus et de patrimoine.  « Plus personne ne devrait vivre avec les minima sociaux actuels, qui ont décroché de 25% par rapport au Smic horaire depuis 1990. Il faut réévaluer ces minima, ou les remplacer par un revenu de base nettement supérieur au montant actuel du revenu de solidarité active (RSA) par exemple 600 ou 700 euros mensuels pour une personne seule » (2).  Les écarts de rémunération entre salariés ont atteint à l’heure actuelle des proportions inadmissibles, avec des rémunérations parfois extravagantes.  Le salaire de Carlos Ghosn président de l’alliance Renault-Nissan sera en 2017 de 7 millions d’euros pour Renault et à peu près autant de Nissan. </p><p>En attendant un changement de la réglementation, Alain Caillé et les convivialistes souhaitent « jouer sur le ressort moral, et encourager vivement grands patrons ou vedettes du sport ou du show-biz à renoncer d’eux-mêmes à des rémunérations extravagantes, comme certains le font déjà ». Ils souhaitent que les autorités religieuses, spirituelles, morales, humanistes et scientifiques mondiales s’accordent pour déclarer que toute personne qui prétend mériter cent fois par exemple le salaire ou revenu de base dans son pays « s’exclut des normes de la commune humanité…et mérite opprobre à ce titre ».  Thomas Piketty interviewé en janvier 2015, auquel on faisait remarquer qu’il fallait bien rémunérer les talents et la réussite, répondait : « Je n’ai pas de problème avec l’inégalité…tant qu’elle reste dans des limites raisonnables … J’ai effectué des recherches avec des données d’entreprises. Quand vous payez un dirigeant 10 millions d’euros par an au lieu d’un million ou de 500.000 euros, obtenez-vous davantage de performances, de créations d’emplois ? Je n’ai pas pu le prouver. Il faut rémunérer les dirigeants correctement, mais vous n’avez pas besoin de les payer 50, 100 ou 200 fois le salaire moyen ».</p><p>  La loi sur l’économie sociale et solidaire de 2014 prévoit que des entreprises capitalistes peuvent demander un agrément Esus (Entreprise solidaire d’utilité sociale) pour bénéficier d’aides et de financement spécifique. Cet agrément ne leur sera donné que si l’une ou l’autre des deux conditions suivantes est satisfaite (voir décret du 25 juin 2014 article 2) :  - La somme moyenne versée, y compris les primes, aux cinq salariés ou dirigeants les mieux payés n’excède pas, sur une année et pour un temps complet, 7 fois la rémunération annuelle d’un salarié au smic ou au salaire minimum de branche si ce dernier est plus élevé   - La somme moyenne versée, y compris les primes, au salarié ou dirigeant le mieux payé n’excède pas, sur une année et pour un temps complet, 10 fois la rémunération annuelle d’un salarié au smic ou au salaire minimum de branche si ce dernier est plus élevé.  Mais les associations, fondations, coopératives et mutuelles ne sont pas concernées par cet agrément puisqu&apos;elles sont de droit dans l&apos;ESS, de par leur statut, Ce qui veut dire qu&apos;il s&apos;écoulera encore du temps avant que les mutuelles, les banques coopératives et les coopératives agricoles appliquent ce genre de règle…  </p><p>En définitive, pour réduire les inégalités, une majoration du taux de l’impôt sur les revenus élevés est indispensable, tout en sachant que la progressivité de l’impôt sur les revenus est en partie illusoire compte tenu des nombreuses niches fiscales.  En ce qui concerne <strong>les inégalités de patrimoine</strong>, il est surtout question en 2017 dans les débats publics de  l’impôt sur la fortune (ISF), alors qu’il faut élargir le débat. En effet l’ISF ne rapporte que 5 milliards à l’Etat alors que la taxe foncière rapporte 25 milliards. Le patrimoine total peut être estimé à 10 000 milliards, net de dettes. La moitié de la population française la plus pauvre en possède 5% et les 10% les plus riches en possèdent 60%. Quant au 1% de la population la plus riche elle en possède 25%.  (T.Piketty Le Monde 12 et 13 juin 2016 ). Les 10.000 milliards de patrimoine se composent ainsi : 5.000 milliards revenant à l’immobilier … 4.500 sont des actifs financiers et 500 sont des actifs liés à l’activité professionnelle des indépendants.  L’impôt sur l’ISF (5 milliards) et les taxes foncières (25 milliards) représentent respectivement   0,05% et 0,25% du patrimoine total, aussi ces deux impôts ne peuvent avoir qu’un effet très faible sur la répartition des patrimoines.  </p><p>Pour Philippe Madinier, c’est surtout l’impôt sur les successions qui peut avoir « un effet d’égalisation notable, tout en étant économiquement supportable…pourvu évidemment qu’il comporte des taux bien différents de ceux qui sont actuellement en vigueur en France ». A condition de prévoir un abattement à la base assez substantiel et à condition de ne pas imposer fortement les biens qui sont à usage personnel comme le logement ou qui sont à usage professionnel personnel comme une exploitation agricole ou une entreprise artisanale, les taux d’imposition pourraient croître « progressivement jusqu’à atteindre 100% sur la tranche la plus élevée ».  Michel Sapin ancien ministre des finances en déclarant « Ce n’est pas parce qu’on prend des « risques » qu’on devient riche mais d’abord et avant tout parce qu’on a hérité » (Libération 18 oct. 2017) justifie l’idée qu’il est juste de taxer les successions.  </p><p>La preuve qu’un impôt fortement progressif est possible, c’est que les E.U. l’ont fait à une certaine époque. Voici ce que rappelait T.Piketty dans Le Monde du  10 06 2017 : « Afin de contrer la montée des inégalités et la concentration excessive des fortunes (alors perçue comme contraire à l’esprit démocratique américain)…les Etats-Unis mettent en place dans les années 1910 et 1920 un niveau de progressivité fiscale inconnu dans l’histoire. Ce grand mouvement de compression des inégalités implique à la fois l’impôt sur le revenu (le taux appliqué aux revenus les plus élevés fut en moyenne de 82 % entre 1930 et 1980) et sur les successions (avec des taux atteignant 70 % sur les transmissions de patrimoines les plus importants).  <strong> </strong></p><h3><strong>Evasion fiscale</strong></h3><p><strong><br /></strong>  Grâce à l’OCDE, des progrès dans la lutte contre l’évasion fiscale ont été faits au niveau mondial après la crise financière de 2008. Beaucoup reste à faire.  Pour la France, « Une lutte efficace contre l’évasion fiscale illégale dans les paradis fiscaux permettrait de récupérer… une partie des trente à cinquante milliards qu’elle représente » (2).  Pour les pays du Sud, On estime que l’évasion fiscale des entreprises multinationales représente un manque à gagner de 125 milliards d’euros (voir les études du CCFD-Terre solidaire sur les paradis fiscaux).  Le directeur du Monde Jerôme Fenoglio écrivait le 7 novembre 2017 à propos des révélations des Paradise Papers : En France l&apos;histoire récente a montré...que l&apos;on pouvait supprimer un impôt sur la fortune en arguant du risque d&apos;exode du capital, sans suffisamment s&apos;attaquer aux paradis fiscaux qui nourrissent la tentation d&apos;évasion. C&apos;est à toutes ces formes de complaisance qu&apos;il faudra renoncer si l&apos;on veut mettre fin à ces pratiques qui conduisent nos démocraties à leur perte.  </p><h3><strong>Cadeau aux riches de monsieur Macron</strong></h3><p><strong><br /></strong>Guillaume Duval écrivait dans son éditorial d’Alternatives économiques d’octobre 2017, après quelques mois de la présidence d’E.Macron : « Du côté de la fiscalité, il a choisi de rendre en priorité 7 milliards d’euros aux plus riches en vidant l’ISF de sa substance et en baissant fortement l’impôt sur les revenus du capital. Rejoignant ainsi la théorie des adeptes de la théorie du ruissellement : si on laisse les riches devenir plus riches, ça finira bien par profiter aux pauvres...Une politique dont on a vu, en particulier aux Etats-Unis, qu’elle aggravait surtout les inégalités, minant la cohésion sociale et donc l’efficacité économique ».  Au cours de son interview à TFI  le 15 octobre 2017, E.Macron tout en affirmant qu’il ne partageait pas la théorie du ruissellement (3) a confirmé qu’il pensait que les riches allaient utiliser les milliards qu’ils allaient encaisser pour investir dans l’économie, ce qui serait favorable à la croissance, à l’emploi et en définitive à tous.  Il a même osé affirmer « La condition pour ne plus être dans l’ISF, c’est d’investir dans l’économie française », ce qui est faux dans la mesure où aucune condition n’a été mise pour bénéficier des milliards de cadeaux.  Un autre argument avancé pour justifier les nouveaux cadeaux aux riches est d’affirmer que l’ISF a fait fuir des Français riches à l’étranger.  Ce qui a fait dire à Michel Sapin, ministre des finances de François Hollande : « On connaît ce refrain. Certains contribuables partent, d’autres reviennent. Les derniers chiffres connus montrent un équilibre entre les deux mouvements ». (Libération du 18 oct. 2017).  </p><p>Michel Sapin avec 120 députés et sénateurs a demandé de rendre publics l’impact des mesures fiscales et budgétaires sur les contribuables les plus aisés, notamment les 0,1% et les 1% des Français qui concentrent le patrimoine français le plus important, ou sur les 100 français les plus riches. Ce ne serait pas enfreindre le secret fiscal puisque cette demande ne concerne pas les données individuelles. Faute de réponse précise de la part du gouvernement,  Vincent Eblé, président de la commission des finances du Sénat (Parti socialiste) estime que le gain cumulé de l&apos;instauration d&apos;un prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30% sur les revenus du capital et de la transformation de l&apos;impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI) peut être estimé à environ 1,5 millions d&apos;euros par an pour les cent premiers contribuables.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p><br />    [1] Philippe Madinier. Une économie de services sans servilité. Préface de Jean Gadrey. L’Harmattan 2013.<br />    [2]Alain Caillé/Les convivialistes. Eléments d’une politique convivialiste. Ed. Le bord de l’eau 2016.<br />    [3]Voir Gaël Giraud in La Croix du 1er août 2017 : « Le mythe du ruissellement économique » et Zygmunt Bauman. Les riches font-ils le bonheur de tous ? Ed.Armand Colin  2013, notamment pp 61 et ss. .<br /><br /></p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?QuelNouveauCapPourLaPolitiqueFiscaleNbsp">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Tue, 14 Oct 2025 14:53:39 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Le délibéralisme : une proposition pour penser le monde d&apos;après</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?LeDeliberalismeUnePropositionPourPenser2]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?LeDeliberalismeUnePropositionPourPenser2]]></guid>
        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Le délibéralisme : une proposition pour penser le monde d&apos;après</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?DacheuxEric/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Dacheux Eric">Dacheux Eric</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?GoujonDaniel/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Goujon Daniel">Goujon Daniel</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <div>Le délibéralisme est une proposition pour un modèle de société post croissance. Il s&apos;agit de sortir du libéralisme pour entrer dans la délibération.</div><div><br></div><br>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Défaire le capitalisme, repenser la démocratie</h3><p>La crise du covid-19 a permis à nos dirigeants de prendre conscience de ce que chacun sait déjà depuis le choc pétrolier de 1974 : nous sommes dans une impasse. Les crises économique, écologique, démocratique n’ont jamais été aussi patentes. Elles invitent au changement de société. Pourtant nous restons prisonniers de cadres de pensée hérités du XVIIIesiècle. Or ces cadres doivent être préservés et dépassés. Préservés, car l’humanisme des Lumières est le socle sur lequel repose l’autonomie de la science et la liberté démocratique. Dépassés, car les Lumières s’ancrent dans une croyance en la toute-puissance de la raison qui est erronée. Autrement dit, pour changer de cap, pour bifurquer vers un nouveau système économique qui ne détruise plus la planète, il convient, de faire deux choses:<br>- déconstruire les principes économiques du capitalisme (régime de vérité du système économique actuel) qui menacent l’existence même de l’humanité construire des principes d’économie solidaire menant vers une société post-capitaliste.<br>- déconstruire le libéralisme (1) (régime de justification du capitalisme) construire un nouveau régime de justification : un nouveau cadre théorique permettant de comprendre l&apos;économie sans passer par la fiction du marché auto-régulateur.<br>Comment articuler ces deux fronts ? C&apos;est l&apos;objet du délibéralisme. Ce terme nouveau est, tout d’abord, un jeu de mot qui renvoie aussi bien à la nécessité de se défaire de la pensée libérale, qu&apos;à l&apos;idée de remplacer le marché par la délibération comme meilleur facteur de répartition des ressources. Il ne s&apos;agit donc pas d&apos; une énième tentative de réforme d’un système à bien des égards « extrêmement déplaisant » selon les mot de Keynes. C’est, plus profondément, une invitation à une révolution intellectuelle qui s&apos;appuie sur les réponses en actes aux maux du capitalismes que sont, les systèmes d&apos;échanges locaux, les budgets participatifs, l’autoproduction accompagnée etc. Ces initiatives solidaires révèlent qu’un autre monde est, non seulement possible, mais qu’il existe déjà. Cette révolution, montre aussi que la liberté peut, et selon nous, doit être pensée, en dehors du paradigme libéral. La force de ce dernier est d’articuler une théorie économique (le laisser faire), une théorie politique (les liberté négatives) et une conception symbolique (le positivisme) en un tout très cohérent. C&apos;est pourquoi, par symétrie, le délibéralisme réunit ces trois dimensions pour incarner un nouveau paradigme économique, une exigence politique de démocratie radicale et une conception scientifique inscrite dans la complexité.<br><br></p><h3>Délibéralisme : une autre économie, une démocratie radicale, une nouvelle méthode scientifique</h3><p><br>- En tant que paradigme économique, le délibéralisme revendique deux sources d’inspiration : les initiatives solidaires et les critiques du marché. Les premières (associations pour le maintien d&apos;une agriculture paysanne, monnaies sociales, zone de gratuité, etc.) ont un point commun : la création d’intelligence collective par la délibération. Les secondes (marxisme, keynésianisme, sociologie économique, etc.) montrent que l’idée d’un marché autorégulateur est contraire aux faits. Le « marché faiseur de prix » n’existe pas (2). Autrement dit, le meilleur facteur d’allocation des ressources n’est pas une abstraction (le marché), mais un processus concret (la délibération) (3).<br>- En tant que théorie renouvelée de la démocratie, le délibéralisme s’ancre dans une perspective de démocratie radicale mise en lumière par J. Dewey : un effort continu vers l’émancipation de chacun par la contribution de tous. C’est en délibérant collectivement que les citoyens constituent un public qui va résoudre les problèmes rencontrés. Cette délibération collective n’est pas considérée comme un échange rationnel construisant le consensus. C’est, au contraire, une communication politique qui vise à construire des désaccords féconds. Ainsi définie, la délibération est, d’ores et déjà, très ancrée dans nos sociétés : sur le plan économique, elle est présente dans les initiatives solidaires. Sur le plan politique, elle irrigue la vie associative et se trouve convoquée quand le torchon brûle entre les citoyens et leurs représentants (4). Sur le plan symbolique, elle est au cœur des débats scientifiques et alimente l’utopie. La démocratie délibérative ne consiste donc pas à faire table rase du passé, mais à généraliser certaines pratiques contemporaines.<br>- En tant que proposition épistémologique, le délibéralisme est une approche interdisciplinaire qui se démarque radicalement du positivisme. Il s’inscrit pleinement dans l’épistémologie de la complexité portée par E. Morin. Dans cette perspective, le délibéralisme est un cadre conceptuel permettant un changement d’échelle. Dans la conceptualisation libérale, le marché joue le rôle d’intermédiaire entre le micro et le macro. Dans le cadre épistémologique du délibéralisme, c’est la délibération qui est le principe commun unifiant les initiatives locales, nationales et internationales.<br>Ainsi conçu, le délibéralisme est le régime de justification d’une société démocratique radicale solidaire et écologique. Cette utopie n’est pas déconnectée du réel. Au contraire, elle s’ancre dans les pratiques militantes concrètes. Il ne s&apos;agit pas de tout détruire avant de tout reconstruire, mais de généraliser des pratiques qui ont montré, sur le terrain leur capacité à concilier écologie et démocratie. Le délibéralisme est donc un outil intellectuel de lutte contre la représentation dominante : entre la poursuite de la course folle de la mondialisation et le retour au nationalisme identitaire autoritaire, il existe une troisième voie : favoriser les initiatives citoyennes solidaires.<br><br></p><h3>Dans l&apos;idéal d&apos;une société démocratique tout y compris l&apos;économie peut être délibéré</h3><p>Par contre, ce n’est certainement pas un mode d’emploi permettant de construire, à coup sûr, une société plus juste. Pour le dire autrement, notre propos n’est pas d’affirmer qu’il faille délibérer de tout et tout le temps. Notre intention est plutôt de proposer un principe normatif expliquant, d’une manière simplifiée, l’idéal d’une société démocratique : tout, y compris l’économie, peut-être, à tout moment, soumis à la délibération des personnes concernées. Une telle société n’est pas une société marquée par l’urgence et les décisions de court terme. C’est, au contraire, une société qui prend tout le temps nécessaire à l’autodétermination individuelle et collective des acteurs. À l’opposé de nos sociétés capitalistes, le délibéralisme s’inscrit dans la durée : prendre le temps de se former à la construction des désaccords, prendre le temps de vérifier l’information, prendre le temps de définir ensemble les problèmes, prendre le temps d’expérimenter de manière collective des actions permettant de remédier à ces problèmes, prendre le temps d’évaluer démocratiquement les solutions, prendre le temps de débattre de leurs éventuelles généralisations législatives, réglementaires ou normatives. Ce temps nécessaire à une démocratie renouvelée, réclame une nouvelle distribution des revenus. C’est pourquoi le délibéralisme propose l’attribution d’une allocation universelle – Revenu d’Existence par CREation monétaire, RECRE - offrant à tous et à toutes un revenu primaire déconnecté de l’activité. Une telle allocation, fondée sur le droit de vivre dans la dignité ne peut être que le fruit d’une décision collective. En effet, le problème central est moins celui de son financement que celui de son acceptabilité sociale. En tout cas, dans le cadre de pensée qui est le nôtre où la monnaie n’est ni un voile neutre ni une réalité exogène, mais un système de comptabilité sociale. Il est donc techniquement possible de créditer chaque habitant d’une somme lui permettant de vivre comme il l’entend . Cette allocation universelle par création monétaire est ainsi étroitement corrélée à une réappropriation démocratique de la monnaie. A contrario, sans démocratisation de la monnaie, sans monnaie délibérée, l’avènement d’une société post-capitaliste reste illusoire.<br><br></p><br>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Conclusion : délibérer pour changer de cap, changer de cap pour délibérer</h3><p><br>Le délibéralisme est une construction intellectuelle ambitieuse et modeste. Ambitieuse puisque, nous venons de le voir, elle vise à provoquer une révolution intellectuelle. Modeste puisque le délibéralisme n’est qu’une synthèse de travaux théoriques hétérodoxes et de recherches empiriques sur les initiatives solidaires. Il n’invente rien, il assemble des éléments épars. Cette synthèse pluridisciplinaire rejoint alors d’autres synthèses du même type voulant accélérer la transition vers une société post capitaliste, plus solidaire, plus démocratique et plus écologique. Nous pensons au <a href="https://eccap.fr/?LeConvivialismeEnQuelquesMots2" target="_blank">convivialisme</a>, à la décroissance, au mouvement des communs, à celui de la transition, à l’alter-mondialisme, etc. Au-delà des différences théoriques et des divergences politiques, toutes ces approches cherchent la même chose : un cadre de pensée alternatif qui s’inscrit dans des pratiques concrètes. Il convient alors de comprendre le délibéralisme moins comme une construction théorique achevée que comme un cadre intellectuel ouvert à tous ceux cherchant à penser une société démocratique post-capitaliste. Il ne s’agit pas de faire converger toutes les radicalités dans un seul et unique projet, mais d’offrir un cadre permettant la confrontation de notions et de théories différentes de manière à faire émerger un désaccord fécond. Délibérer pour changer de cap, changer de cap pour délibérer.</p><p><b>Notes</b></p><p><b>1 et ses variantes actuelles, le néo-libéralisme qui inspire la gouvernance des institutions et des organisations, et l’ordo-libéralisme au cœur de la doctrine économique de l’Union européenne.<br><br>2 Plus précisément, nous pensons que l’idée d’un marché autorégulateur, d’un système auto régulé qui ajuste automatiquement l’offre à la demande n’est qu’une vue de l’esprit. Par contre, nous ne nions pas qu’il existe des lieux d’échanges économiques - des places de marché disait K. Polanyi (1944), ou des dispositifs de calcul selon M. Callon et F. Muniesa (2003) – comme la criée, la bourse, ou les marchés couverts de nos centres-villes. Cependant, nous pensons que ces lieux ne sont pas soumis aux mécanismes mystérieux de la main invisible : ce sont des lieux institués par des acteurs qui mettent en place des règles précises. Rien n’interdit que ces règles soient le fruit d’une délibération publique.<br><br>3 Cette vision orthodoxe masque la réalité empirique à savoir les rapports de force mis en avant les travaux de P. Jorion (2010). Il montre que le rapport des prix reflète les positions sociales. La monnaie délibérée avec le financement de l’allocation universelle pourrait justement casser le rapport hiérarchique lié à l’emploi et ainsi générer des rapports plus égalitaires, débouchant sur une formation des prix plus égalitaire.<br><br>4 On le voit avec le « dialogue européen » lancé, en 2017, par les institutions européennes pour tenter de combler le fossé qui se creuse entre les citoyens et l’UE. On le voit également avec l’instauration d’un débat public national par le président E. Macron, pour essayer, en 2019, de sortir de la crise provoquée par le mouvement des gilets jaunes.</b></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Callon M., Muniesa F. (2003), « Les marchés économiques comme dispositifs collectifs de calcul », Réseaux, N° 122<br>Jorion P. (2010), Le prix, Paris, éditions du Croquant.<br>Keynes J.M. (2002), La pauvreté dans l’abondance, Paris, Gallimard.<br>Morin E. (1994), La complexité humaine, Paris, Flammarion.<br>Polanyi K. (1944), La grande transformation : Aux origines politiques et économiques de notre temps, Paris, Gallimard, [1983].<br><br></p><p><br></p><p><br></p><br>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Lien avec des expériences existantes</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?EccapEtEconomieSocialeEtSolidaire/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Eccap et Economie sociale et solidaire">Eccap et Economie sociale et solidaire</a></li>
					</ul>
	</span>
</div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LeDeliberalismeUnePropositionPourPenser2">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Sun, 21 Sep 2025 16:47:45 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Convivialisme</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?LeConvivialismeEnQuelquesMots2]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?LeConvivialismeEnQuelquesMots2]]></guid>
        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Convivialisme</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?CailleAlain/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Caillé Alain">Caillé Alain</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <div><br /></div><div><h3>        Pourquoi le convivialisme ? </h3><br /></div><div>        Parce que le monde part à la dérive et qu’aucune action collective visant à y remédier ne peut aboutir si tous ceux qui s’y engagent ne sont pas animés par un ensemble de valeurs communes clairement partagées. Les doctrines politiques héritées (libéralisme, socialisme, communisme, anarchisme) ne sont plus des guides suffisants aujourd’hui parce qu’elles ne nous disent rien de décisif ni sur la finitude des ressources naturelles, ni sur la mondialité et la pluralité des cultures, ni, enfin, sur la bonne manière de juguler l’aspiration infantile à la toute-puissance (ce que les Grecs anciens appelaient l’hubris) inhérente au désir humain. Il nous faut donc innover.<br /><br /></div><div><br /><br /></div><div><h3>        Abrégé de convivialisme</h3><br /></div><div>        Le convivialisme, philosophie politique de la vie en commun (de la convivance), de l’art de coopérer en s’opposant sans s’entretuer, explicite les valeurs ultimes qui animent tous ceux, de provenances idéologiques très diverses, qui ne se résignent à abandonner la maîtrise, et donc la survie du monde, ni aux chantres de la globalisation néolibérale, ni aux prophètes d’un nationalisme fascisant (les deux allant parfois, voire souvent de pair). Les premiers, qui œuvrent à l’extension planétaire d’un capitalisme rentier et spéculatif, aspirent à la toute-puissance économique, à toujours plus de richesse. Ils saccagent la planète. Les seconds mobilisent le désir de toute-puissance politique et identitaire. Ils secrètent la haine et les pulsions meurtrières. <br /><h3><br />Cinq principes + un impératif catégorique</h3></div><div><br /></div><div>        Les personnalités intellectuelles, associatives et politiques (300 de 33 pays différents) qui sont co-signé le Second manifeste convivialiste se sont accordé sur cinq principes. : <br /><br /></div><div>        - Le principe de commune naturalité affirme que nous ne sommes pas « maîtres et possesseurs de la nature » mais faisons destin commun avec elle. Il est au cœur de la pensée écologique.<br /><br /></div><div>        - Le principe de commune humanité (qui évoque le communisme) condamne toutes les discriminations, de sexe, de couleur de peau, de croyance ou de religion.<br /><br /></div><div>        - Le principe de commune socialité (cher au socialisme) affirme que la richesse pour les humains est d’abord celle de leurs rapports sociaux. <br /><br /></div><div>        - Le principe de légitime individuation (particulièrement revendiqué par l’anarchisme) pose que la motivation première des humains est la quête de reconnaissance. <br /><br /></div><div>        - Le principe d’opposition créatrice est celui qui animait le premier libéralisme. C’est lui qui a permis d’en finir avec les monarchies absolutistes et avec les despotismes. <br /><br /></div><div>        Ces cinq principes doivent être tempérés et équilibrés les uns par les autres, dans le respect premier de l’impératif catégorique de lutte contre l’hubris, contre la folie des grandeurs. <br /><br /></div><div><br /></div><div><h3>        Quatre implications politiques minimales</h3><br /></div><div>        De ces cinq principes et de cet impératif découlent quatre orientations générales minimales pour une politique inspirée du convivialisme : <br /><br /></div><div>        - Viser à l’horizon 2040-2050 un objectif écologique triple zéro : zéro émission nette de gaz à effet de serre  zéro consommation d’énergies fossiles  zéro déchets hautement toxiques et à risques majeurs.<br /><br /></div><div>        - Mener une lutte résolue en faveur d’une réduction significative des inégalités. Ce qui implique l’instauration inconditionnelle d’un revenu minimum et la fixation tendancielle d’un plafond de revenu et de patrimoine, aussi élevé puisse-t-il être, dès lors que leur montant serait majoritairement perçu comme moralement (ou socialement) inacceptable.<br /><br /></div><div>        - Redonner vie à l’idéal démocratique en articulant systématiquement démocratie représentative parlementaire, démocratie d’opinion et démocratie directe et participative (via des conférences de citoyens et des référendums d’initiative citoyenne, et en instaurant une démocratie effective dans l’entreprise. <br /><br /></div><div>        - Promouvoir un universalisme pluriel (un « pluriversalisme ») qui permette aux différentes, cultures, religions ou philosophies de dialoguer en s’opposant sans s’entretuer. <br /><br /></div><div><br /><h3>Comment</h3></div><div><br /></div><div>        Une société convivialiste, post-néolibérale ne pourra naître pleinement que si une majorité de personnes voient clairement ce qu’elles ont à y gagner, comment elles y vivraient mieux. C’est à elles de déterminer ce qu’elles veulent rejeter de la société actuelle, ce qu’elles désirent en conserver, et en quoi il faut innover. Ces discussions peuvent s’opérer partout : sur les lieux de travail  dans les associations  dans les entreprises de l’économie sociale et solidaire  dans les partis politiques. Rappelons que sous la Restauration (1815-1830), et sous la Monarchie de Juillet (1830-1848) s’organisaient des banquets républicains ou citoyens. Ce sont eux qui ont entraîné la chute de Charles X en 1830, puis celle de Louis-Philippe en 1848, donnant ainsi naissance à la Deuxième République. Pourquoi en écho à ces banquets républicains, ne pas organiser aujourd’hui des banquets convivialistes dans lesquels pourraient s’exprimer effectivement les aspirations et les suggestions de tous les citoyens soucieux de la chose publique et de l’avenir de l’humanité ? Chacun des réseaux associatifs, civiques et politiques qui se reconnaissent dans un tel projet pourrait en être l’organisateur là où il est suffisamment implanté. À charge pour lui, simplement, de rédiger un compte rendu synthétique et de le porter à la connaissance de tous.<br /><br /></div><div><br /><br /></div><div>        N. B. Le convivialisme n’est en rien une doctrine prétendant avoir réponse à tout et fournir des recettes politiques qui vaudraient à tout coup. Mais il permet de poser les questions dans un cadre théorique partagé et de tester la cohérence et la recevabilité des mesures politiques qui seraient proposées par tel ou tel acteur civique ou politique. <br /><br /></div>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LeConvivialismeEnQuelquesMots2">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Sun, 21 Sep 2025 16:17:40 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Associationnisme</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?AssociationnismE]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?AssociationnismE]]></guid>
        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Associationnisme</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?LavilleJeanLouis/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Laville Jean-Louis">Laville Jean-Louis</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <div>Si on leur rend rituellement hommage pour leur contribution au lien social, les associations ne sont pas vraiment prises en compte dans les débats économiques et politiques. Comprendre l’ostracisme qui s’exerce à leur égard suppose de revenir à l’histoire et en particulier à un phénomène qui a été oublié, l’associationnisme. Celui-ci, est apparu dès le début du XIXe siècle en s’appuyant sur des actions collectives menées par des citoyens se référant à un même bien commun  autrement dit il s’agissait de mettre en œuvre un rapport social rendu possible par les principes de liberté et d’égalité, la solidarité démocratique. Toutes les formes d’auto-organisation avaient pour objectif de concrétiser les aspirations émancipatrices par les débats et les pratiques communes.</div><div></div>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Retrouver l’associationnisme</h3><p>Cet associationnisme pionnier s’est caractérisé par le fait qu’il redessine les contours des sphères politique et économique sans opérer aucune coupure entre les deux.<br>Dans sa perspective la sphère politique n’est pas confinée à la démocratie représentative, elle inclut le pouvoir d’élaborer des règles de la vie en société à partir de la délibération et de la décision collectives. Le domaine politique ne se réduit pas à la politique, il englobe donc l’espace public reposant sur l’action commune et le dialogue des citoyens au sujet de la cité.<br>Quant à la sphère économique, elle n’est pas bornée par la confusion entre économie et marché. « La dépendance manifeste de l’homme par rapport à la nature et à ses semblables pour obtenir sa subsistance comme le dit Polanyi (2011, p. 56-58) amène à envisager l’économie dans un sens substantiel. Dans ce sens le marché coexiste avec la réciprocité qui advient par la symétrie entre groupes, la redistribution qui nécessite un pouvoir central, le partage domestique qui renvoie aux relations familiales dans le groupe de base. Il n’y a donc pas une seule mais plusieurs formes d’intégration économique ce qui permet de sortir du sophisme économiste qui assimile économie et marché.<br>L’invention solidaire inhérente à l’associationnisme réside dans la faculté de dépasser les tutelles traditionnelles. Avant la partition entre économie marchande et Etat social, son originalité repose sur l’imbrication entre l’exigence de libre accession à l’espace public d’une part, la mise en place d’activités économiques sur la base d’une réciprocité égalitaire d’autre part. Elle montre que la solidarité démocratique est née avant l’Etat protecteur, ce que les approches liant invention du social et intervention de l’Etat ignorent. L&apos;associationnisme solidaire témoigne d’expériences combinant la protection et l&apos;émancipation. Depuis l’œuvre pionnière de Thompson (1988) de nombreuses relectures de l&apos;histoire mettent désormais en scène ces actions collectives synonymes d&apos;extension du pouvoir d&apos;agir dans le premier XIXe siècle, en Angleterre, en Espagne, en France (Riot-Sarcey, 2016), en Italie, au Portugal.<br>La réappropriation de la mémoire oubliée de l’associationnisme pionnier s&apos;avère importante. Elle désamorce en effet l’étatisme implicite qui imprègne beaucoup d’approches de la question sociale. Mais elle ne s’arrête pas à la déconstruction des idées reçues, elle autorise une reconstruction qui rend concevable une démocratisation de l’Etat redistributif, grâce à son articulation avec une réciprocité égalitaire activée par des instances de démocratie participative. L’associationnisme foisonnant du premier XIXe siècle promeut une économie et une politique populaires à forte dimension morale, que Scott (1976) identifie également dans le monde paysan. Ses caractéristiques peuvent être résumées de la façon suivante. D’abord, en réaction contre la charité et la bienveillance, il est basé sur une acception démocratique de la solidarité qui suppose une égalité de droits entre les personnes qui s’y engagent. Axé sur l’entraide mutuelle autant que sur l’expression revendicative, il combine l’auto-organisation avec un mouvement plus large. Ensuite, il relie étroitement le recours à l’expérience sociale et l’importance d’une transformation politique loin de s’en remettre à la vertu d’expériences isolées, il reconnaît la nécessité de se regrouper pour peser en faveur de changements dans les institutions et les actions publiques. La redécouverte récente de ce phénomène multiforme interroge également sur la longue éclipse dont il a fait l&apos;objet depuis le « second XIXe siècle ».</p><h3>Revenir sur les raisons d’un oubli</h3><p>Après 1848, date symbolique en Europe, la répression se double d’une dépréciation des pratiques populaires. L’idéologie du progrès se prévaut du marché et de la société de capitaux pour annoncer la richesse des nations et de leurs populations. En conséquence, la pauvreté n’est plus qu’un problème transitoire, l’efficacité productive du capitalisme est censée l’éradiquer à terme. Logiquement la solidarité s’en trouve redéfinie. Cantonnée à la nécessité d&apos;endiguer le paupérisme, elle fait confiance à la sollicitude des riches pour soulager les pauvres, avant que le développement économique ne leur apporte ses bienfaits. L’horizon d’égalité s’estompe au fur et à mesure que le paternalisme réintroduit les tutelles notabiliaires limitant les secours aux plus méritants. Auparavant les sociétés philanthropiques empruntaient pêle-mêle au christianisme, à la fraternité et à « l’homme social ». Une régression s’opère et la solidarité philanthropique devient une arme contre la solidarité démocratique.<br><br>Les pouvoirs établis s’emploient à délégitimer toute référence à l’associationnisme qu’ils accusent d’irréalisme. Effrayés par l’audace populaire qui a osé une contestation des lois et des règles établies par la tradition, les conservateurs font valoir le risque qui émanerait d’un excès de démocratie, bousculant les valeurs garantes d’une sécurité procurée par les hiérarchies immuables. Quant aux libéraux, ils renvoient la parole ouvrière à l’archaïsme, arguant de sa méconnaissance de l’individu moderne et de son incompatibilité avec l’idéologie du progrès économique. Dès lors la meilleure façon de « gouverner la misère » (Procacci, 1993) est celle proposée par le patronage et le paternalisme qui deviennent indissociables d’une invalidation symbolique et d’une répression continue des formes autonomes de l’organisation ouvrière. A l’économie morale de l’associationnisme succède une entreprise de moralisation des pauvres.<br>Le message de l’associationnisme a été caricaturé à partir d’une distinction, aussi fallacieuse que célèbre entre le socialisme utopique qu’il aurait représenté et le socialisme scientifique qui lui aurait succédé. L’idée de socialisme naît bien dans les regroupements qu’amorcent les prolétaires confrontés à l’écart entre la reconnaissance politique qu’ils viennent d’obtenir et les contraintes économiques qu’ils continuent à subir. Mais ce socialisme originel ne peut pas être vu comme un simple balbutiement, expression immature d’un mouvement social en devenir ne prenant sens que dans une étape ultérieure. Si les mobilisations populaires du premier XIXe siècle ont été inspirées par les écrivains utopistes, elles se sont détournées de toute référence à une société réconciliée. Mis en œuvre par des ouvriers et paysans immergés dans des relations sociales conflictuelles, l’associationnisme ne prétend nullement initier un homme et un monde nouveaux. La triangulation plus modeste qu’il prône relie traditions de métier, pratiques égalitaires et actions publiques. Les appartenances professionnelles sont mobilisées pour être transférées dans un univers postulant l’égalité. Les expériences qui rejettent volontairement les discriminations permettent de formuler des demandes en faveur de changements institutionnels. Ce ne sont donc pas des égoïsmes de groupe qui se constituent mais des essais ardus de maintien des modes de vie qui cohabitent avec leur débordement par la démocratisation des actions collectives, elles-mêmes conditionnées par la teneur des lois et règlements édictés par les pouvoirs publics. La nécessité conjointe de pratiques sociales transformatrices et de nouveaux cadres législatifs est affirmée pour une transition vers une société plus juste.<br><br>En somme, l’associationnisme pionnier interpelle par la différence entre l’image dont il a été affublé et son contenu réel. Une fois débarrassé d’une lecture superficielle l’accusant de naïveté, il révèle un contenu qui n’a pas perdu son actualité. Partant de la liberté d’accès à l’espace public de tous les citoyens, il s’efforce de prolonger la démocratie politique dans la vie sociale et il va à l’encontre de la séparation entre politique et économie.<br><br>La marginalisation de l’associationnisme entérine la perte d’un ensemble de normes et d’obligations réciproques que la collectivité ouvrière défendait comme l’expression d’un mode de vie partagé et d’une fierté commune, susceptibles de relier les métiers et de promouvoir les droits humains. Ce patrimoine collectif, ancré dans la tradition mais transformé par l’implantation en son sein de finalités démocratiques, témoignait d’une volonté d’émancipation établissant des interactions entre idées, expériences et changement institutionnel. Il était d’autant plus précieux qu’il abordait de plain-pied la question de la transition vers une société plus égalitaire. Mais actions et pensées ouvrières sont attaquées, les détenteurs du pouvoir optent pour une solidarité philanthropique respectueuse de l’ordre établi et éludant toute référence politique.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>Renouer avec l’associationnisme ?</h3><p>Ces constats ne sont pas seulement historiques. En effet, il existe aujourd’hui un regain du fait associatif. A l’heure où nombre d’institutions (partis, syndicats, …) sont en proie à une crise, l’engagement dans les entités de la société civile connaît un essor spectaculaire. Les chiffres pour la France ne fournissent qu’un exemple parmi d’autres de cette réactualisation sensible sur tous les continents : les associations étaient 700 000 en 1990 avec 8 millions de bénévoles, elles sont 1,5 millions dans la deuxième décennie du XXIe siècle pour 22 millions de bénévoles auxquels s’ajoutent 1,8 millions de salariés.<br>La mise en perspective de cette émergence contemporaine avec l’associationnisme d’hier peut s’avérer pertinente pour mieux en saisir les enjeux. Toutefois, c&apos;est loin d&apos;être facile parce que les deux pôles du service public et de l&apos;entreprise privée ont tellement dominé les débats du XXe siècle que la plupart des commentateurs rabattent l&apos;association sur un désengagement étatique ou sur un déficit entrepreneurial. Les images de précarité et d&apos;amateurisme s&apos;impriment dans les têtes des acteurs associatifs qui intériorisent une dévalorisation culturelle comme si leur légitimité était indexée au rapprochement d&apos;un de ces deux pôles d&apos;attraction, Etat ou marché. Pendant la période d’expansion dite des Trente glorieuses le mimétisme s’est avant tout exercé par rapport à l’Etat transformant nombre d’associations en organisations para publiques, aujourd’hui le mimétisme concerne principalement l’entreprise privée. Il existe en particulier de nombreux cabinets de consultants qui se proposent de moderniser les associations. Dans leurs textes l&apos;évocation de l&apos;originalité associative se fait sous une forme édulcorée qui lui consent une place limitée dans un univers où c&apos;est l&apos;entreprise qui constitue le référentiel central.<br><br>Afin d’éviter ces écueils, le rapport aux institutions ne peut donc être éludé, ni dans sa nécessité, ni dans sa difficulté. Inutile de le nier, il pose problème. L’inventivité en actes se heurte à une ignorance de la part des pouvoirs publics. Si la société résiste et propose, les politiques suivies par la plupart des gouvernements sont obnubilées par l’approbation des marchés. Le drame actuel réside dans le gouffre séparant société et politiques publiques. Les initiatives citoyennes se défient de la récupération politicienne tout autant que les partis négligent les émanations de la société civile, ce qui paralyse la construction d’un rapport de forces susceptible de contrecarrer la démesure du nouveau capitalisme.<br><br>Sortir de cette méfiance mutuelle est d’autant plus important que la volonté de participation accrue des citoyens s&apos;exprime sous une multiplicité de formes. Si celle-ci n&apos;est pas écoutée, comme en écho aux années 1930 le risque est un tournant autoritaire émanant soit des démagogies extrémistes, soit des élitismes bien-pensants. Comme l&apos;a établi Santos (2016), face à la quête de certitude inhérente à la modernité et qui est désormais en mesure de sous-tendre des manipulations régressives, l&apos;antidote réside non pas dans l&apos;atténuation de la solidarité au profit des marchés mais dans la réaffirmation du pari démocratique. Des issues réalistes se présentent dans cette optique à travers l&apos;approfondissement de la dimension associationniste des initiatives citoyennes. Contre l&apos;idéologie partenariale, il importe en tout cas d&apos;assumer les vertus de la conflictualité sociale nécessaire à une démocratie vivante. Nous ne vivons pas un épuisement démocratique mais nous sommes à la croisée des chemins : soit une perte de confiance en la démocratie lourde de menaces, soit la revendication d&apos;une forme de vie démocratique qui passe par la prise en compte d’un associationnisme réactualisé.<br><br>Cette seconde éventualité est d’autant plus pertinente que la véritable question posée par la transition écologique et solidaire est celle d’une nouvelle génération d’action publique basée sur la coopération conflictuelle entre réseaux citoyens et pouvoirs publics. Ce qui se dessine dans cette direction, par exemple à travers certaines formes de municipalisme, c’est une possibilité d’opposition concrète à un néolibéralisme profondément uniformisateur (Juan, Laville, Subirats, 2020). Aussi nécessaire que la biodiversité, c&apos;est bien la pluralité économique et politique qui est en mesure d&apos;entamer une construction institutionnelle redonnant l&apos;opportunité de délibérations démocratiques sur l&apos;avenir économique, aux antipodes du fantasme hayékien d&apos;une constitutionnalisation de l&apos;économie la réservant aux experts. Si le regain associationniste est perceptible, il est à confirmer pour ne pas se diluer dans la normalisation ou la marginalisation.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Les lecteurs intéressés pourront trouver plus de détails dans Réinventer l’association, Desclée de Brouwer, 2019</p><p>Références<br>Juan, M., Laville, J-L., Subirats, J., 2020, Du social business à l’économie solidaire. Critique de l’innovation sociale, Toulouse, Erès<br>Polanyi, K., 2011, La subsistance de l&apos;homme. La place de l&apos;économie dans l&apos;histoire et la société, (traduit et présenté par B. Chavance), Paris, Flammarion<br>Procacci, G.,1998, Gouverner la misère. La question sociale en France (1789-1848), Paris, Le Seuil<br>Riot-Sarcey, M., 2016, Le procès de la liberté. Une histoire souterraine du XIXe siècle en France, Paris, Albin Michel<br>Santos, B. de Sousa, 2016, Epistémologies du Sud, Paris, Desclée de Brouwer<br>Scott, J.C., 1976, The Moral Economy of the Peasant, New Haven and London, Yale University Press<br>Thompson, EP., 1988, La formation de la classe ouvrière anglaise, Paris, Seuil, Gallimard</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?AssociationnismE">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 15 Sep 2025 11:31:11 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Allocation universelle</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?LallocationUniverselleChangementDeCapRa2]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?LallocationUniverselleChangementDeCapRa2]]></guid>
        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Allocation universelle</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?DacheuxEric/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Dacheux Eric">Dacheux Eric</a></li>
							<li><a href="https://eccap.fr/?GoujonDaniel/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Goujon Daniel">Goujon Daniel</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <div></div><div>      L’allocation universelle n’est qu’une des quatre <a href="https://eccap.fr/article/revenu-minimum-impot-negatif-revenu-de-base-allocation-universelle-les-multiples-visages-du-revenu-dexistence/6169b73f79bda80016f4f104">conceptions du revenu d’existence</a>. C’est la seule formule qui libère réellement le bénéficiaire de l’obligation d’avoir une activité productive pour obtenir un revenu monétaire, c’est donc une rupture profonde avec la norme du travailler pour vivre. Là où les choses se compliquent, c’est que cette conception particulière du revenu d’existence poursuit deux ambitions différentes. Nous trouvons, d’une part, les projets d’Allocation universelle visant la sortie du capitalisme productiviste (ce qui va du capitalisme vert à une société post-capitaliste) et, d’autre part, ceux reposant sur une conception classique de redistribution des revenus.</div>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>L’allocation universelle comme outil de régulation</h3><p>Il s’agit de tenir compte d’une réalité empirique : on ne peut pas être tout à fait libre dans une société de marché si on n’a pas de revenu. Mais il s’agit aussi de revenir aux fondements du néo-libéralisme : instaurer une allocation universelle permet de supprimer toute protection sociale et assurance chômage. L’État est ainsi réduit et le marché du travail flexibilisé.</p><h3>L’allocation universelle comme outil de justice sociale</h3><p>Le but est de lutter contre le chômage et la précarité sans avoir besoin d’accélérer la croissance. L’allocation universelle permet d’échapper au productivisme (le travail et la consommation ne sont plus centraux) tout en favorisant l’extension d’une sphère des activités autonomes (bénévolat) propice à l’épanouissement individuel.</p><h3>L’allocation universelle comme outil de régulation de l’économie de marché</h3><p> Ici, l’allocation universelle devient un revenu à part entière résultant d’une création monétaire. Par exemple, les défenseurs du quantitative easing for the people[3] qui pour relancer l’activité économique proposent que soit distribué aux européens l’argent que la banque centrale européenne met à disposition des banques privées.</p><h3>L’allocation universelle comme outil de sortie du capitalisme </h3><p>Conception d’André Gorz lorsqu’il parle d’une allocation universelle qui offre un revenu suffisant, c’est-à-dire d’un revenu qui doit permettre : « de refuser le travail et les conditions de travail « indignes » […] l’allocation universelle d’un revenu suffisant ne doit pas être comprise comme une forme d’assistance, ni même de protection sociale, plaçant les individus dans la dépendance de l’État-providence. Il faut la comprendre au contraire comme le type même de ce qu’Anthony Giddens appelle une “politique générative (generative policy). Elle doit donner aux individus les moyens accrus de se prendre en charge, des pouvoirs accrus sur leur vie et leurs conditions de vie.” (Gorz, 2002, p.4). Cette approche est clairement progressiste puisqu’elle vise le droit de vivre dans la dignité quelle que soit l’activité ou la non-activité. Dans cette perspective, mais uniquement dans cette perspective qui est la nôtre, l’allocation universelle devient un outil de sortie du capitalisme et donc du changement de cap.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>C’est en 1795 que Thomas Paine fait, pour la première fois, des propositions sur le revenu d’existence. Cependant derrière cette notion se cache aujourd&apos;hui des noms voisins (revenu minimum, impôt négatif, revenu de base, allocation universelle …) mais qui recouvrent des conceptions très différentes identifiées dans l’article<a href="https://eccap.fr/?RevenuMinimumImpotNegatifRevenuDeBase2" target="_blank"> les multiples visages du revenu d’existence</a>. L’idée de ce texte est de montrer la spécificité de l’allocation universelle.</p><p><br></p><p>[1] Nous sommes déjà dans une économie de marché, mais pas encore dans une société de marché. Une société de marché au sens de Karl Polanyi est une société dans laquelle la politique a disparu et où les seules relations sociales sont des relations de concurrence.<br>[2] Cet économiste hétérodoxe a lancé, en 2015, un appel pour que l’Euro zone développe un Quantitative easing for people (distribution directe aux citoyens de la monnaie actuellement distribuée aux banques par la BCE pour inciter à l’octroi de crédit et au redémarrage de l’économie). Appel qui a été signé par 65 économistes.<br>[3] En réponse au projet de la Banque Centrale Européenne (BCE) d’injecter 60 milliards d’euros par mois dans le système financier, des économistes ont signé une lettre au Financial Times appelant la BCE à distribuer directement cette somme aux citoyens.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <div>Brittan S. (2017), « Le mythe du travail rémunéré », Books, N° 83.<br>Dacheux E., Goujon D., (2020), Défaire le capitalisme refaire la démocratie, Tououse, Eres.<br>Gadreau M., Goujon, D. (2000), « Le Revenu Minimum d’Insertion et les figures de la justice », in A. Alcouffe, B. Fourcade, JM. Plassard et G. Tahar (dir), Efficacité versus Équité en Économie Sociale, tome 1, chap.4, L’Harmattan.<br>Gorz A. (2002), « Pour un revenu inconditionnel suffisant », Transversales, N° 3.<br>Mylondo B. (2014), « Le revenu de citoyenneté un facteur de décroissance ? », L’inconditionnel, N° 1.<br>Swaton S. (2018), Pour un revenu de transition écologique, Paris, PUF.<br>Stiegler B. (2016), Le revenu contributif et le revenu universel, multitudes, N°63.<br>Van Parijs P. (2015), Qu’est-ce qu’une société juste ?, Paris, Seuil.</div>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?LallocationUniverselleChangementDeCapRa2">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 15 Sep 2025 10:54:46 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Espace public</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?EspacePublic]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?EspacePublic]]></guid>
        <dc:creator>DacheuxEric</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Espace public</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?DacheuxEric/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Dacheux Eric">Dacheux Eric</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            L’espace public est le cœur de la démocratie. C’est un espace de médiation entre la société civile et l’État qui favorise, par le débat contradictoire, l’émergence d’une opinion publique. Comprendre la notion d’’espace public est une tâche complexe autant que nécessaire. Complexe car ce terme désigne à la fois : les lieux ouverts au public (restaurants, cinémas, etc.), les espaces aménagés au cœurs des villes pour accueillir les foules (places, jardins, etc.), les médias de masse (qui rendent publique l’information), les endroits dans lesquels les citoyens se réunissent pour manifester, etc . Nécessaire, car éclairer ce qu’est l’espace public, c’est permettre à tous les citoyens de mieux comprendre la société démocratique dans laquelle ils vivent.        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            ======**L’origine du concept d’espace public : Kant relu par Habermas**======
Les prémices de la définition originelle de l’espace public se trouvent dans deux textes d&apos;Emmanuel Kant parus en 1784. Dans le premier, « Idée d&apos;une histoire universelle au point de vue cosmopolitique », Kant affirme que : « Chez l&apos;homme (en tant que seule créature raisonnable sur terre) les dispositions naturelles qui visent à l&apos;usage de sa raison ne devaient être développées complètement que dans l&apos;espèce, mais non dans l&apos;individu » (Kant, 1985, p. 189). C&apos;est pourquoi, afin d&apos;atteindre le « dessein suprême de la nature », à savoir établir une « constitution civile parfaitement juste » (Kant, 1985, p. 194), l&apos;homme doit être libre de raisonner publiquement avec ses semblables. C&apos;est, en tout cas, la thèse qu&apos;il défend dans Réponse à la question, qu&apos;est-ce que les lumières. En effet, l&apos;individu « ne peut s&apos;arracher tout seul à la minorité [...]. En revanche, la possibilité qu&apos;un public s&apos;éclaire de lui-même est plus réelle ; cela est même à peu prés inévitable pourvu qu&apos;on lui en laisse la liberté » (Kant, 1784, p. 210). Cet usage public de la raison qui permet aux hommes de se dégager « eux-mêmes peu à peu de leur grossièreté » influe sur « la mentalité du peuple (ce qui le rend peu à peu plus apte à agir librement) et finalement sur les principes même du gouvernement [...] ». L&apos;espace public moderne, issu des Lumières, serait donc un espace de médiation entre l&apos;État et la sphère privée où les citoyens délibèrent publiquement des questions politiques. Ou, pour le dire dans les termes de Claude Lefort (1986), l&apos;espace public est l&apos;espace, spécifique à la démocratie, qui sépare les gouvernés des gouvernants en faisant du pouvoir, un lieu vide, qui n&apos;appartient à personne. 
Dans son ouvrage, L’Espace public (1978), Jürgen Habermas développe l’idée de Kant. Pour ce faire, il décrit comment des régimes autoritaires ont laissé place à la démocratie. Il analyse ainsi comment, en Angleterre et en France, entre un État monarchique marqué par le secret et l’arbitraire et le foyer de tout un chacun, surgit, peu à peu, une sphère intermédiaire où des personnes privées font un usage public de leur raison, ce qui contribue à la formation d’une opinion publique capable d’influencer les lois. Cette sphère intermédiaire, qu’il nomme « espace public bourgeois », est tout d’abord constitué par des salons, des loges maçonniques, des cafés, etc. (Paquot 2024). Puis, grâce à la révolution, par la presse qui devient la caisse de résonance des débats publics. Ainsi, le processus de publicisation de l’information permet à chacun de se former une opinion rationnelle qui, confrontée aux autres opinions rationnelles, favorise peu à peu la formation d’une opinion commune, permettant aux gouvernants de prendre des décisions légitimes car résultant de l’intelligence citoyenne. Toutefois, note Habermas, cet espace public bourgeois a peu à peu dégénéré, car la publicité commerciale a remplacé la publicité politique. L’opinion publique n’est plus le fruit de la confrontation d’arguments rationnels, mais celui de la fabrique du consentement par les agences de marketing.

======Une vision contemporaine plus complexe======
Ce livre va avoir un succès immense, il va irriguer l’ensemble des sciences sociales, de l’histoire à la science politique en passant par la sociologie et les sciences de la communication. Du coup, il va être aussi critiqué sur de nombreux points (le caractère sexué et discriminatoire de l’espace public bourgeois, l’existence d’espace public populaire, la capacité de la société civile à influencer les gouvernements, etc.). Avec une honnêteté intellectuelle qu&apos;il convient de souligner, Habermas, dans un texte écrit en 1990 pour la préface d&apos;une réédition de L&apos;Espace public, reconnut les faiblesses de son analyse et intégra la plupart de ces six critiques (Habermas, 1990). De ce fait, pour décrire l’espace public contemporain, il propose une nouvelle analyse dans son livre majeur Droit et démocratie (1997). Malgré un système politique qui cherche à se maintenir au pouvoir et des systèmes fonctionnels – en premier lieu le système économique - qui transforment la publicité politique en propagande, les citoyens peuvent encore parvenir à générer les règles qui les gouvernent en participant à la formation de l’opinion publique.

======**La double dimension de l&apos;espace public contemporain**======
L’espace public est donc, selon Habermas, toujours un espace de médiation, mais c’est un espace où se confrontent les communications des partis politiques, des groupes d’intérêts privés, des sondeurs et des groupes d’intérêts généraux issus de la société civile. L’opinion publique n’est plus obligatoirement le fruit de la volonté rationnelle des citoyens, mais elle n’est pas non plus uniquement le reflet des intérêts économiques. Des mouvements comme l’écologie ou le féminisme peuvent parvenir à faire entendre leurs revendications, à condition d’accéder à l’espace médiatique qui est le centre de l’espace public contemporain. On le voit, dans cette vision d’Habermas, les médias ont un rôle clef, pourvu qu’ils remplissent deux conditions : être indépendants des pouvoirs systémiques et être ouverts aux revendications de la société civile. Il est toutefois nécessaire de compléter cette définition car l’espace public n’est pas uniquement un espace abstrait, symbolique, qui permet de légitimer la norme juridique et qui rend visible les problèmes politiques, c’est aussi un espace concret, physique, un espace d’engagement. En effet, trois raisons justifient que l&apos;on ne limite pas l&apos;espace public à une instance de médiation. La première est que l’espace public institutionnel engendre des dispositifs singuliers (conférences de citoyens, budget participatif, etc.) qui autorisent et contraignent l’action des élus et des citoyens. La deuxième est que l&apos;espace public est territorialisé (Bussière, 2019). Or le territoire, quel qu’il soit, est un espace vécu, arpenté, ce n’est pas un espace purement cognitif. H. Rosa dit que l’espace public possède une dimension « viscérale » qui signifie « l’implication corporelle et affective des personnes dans des processus continus de rencontre au cours desquels leurs opinions et identités évoluent et se transforment de manière dynamique » (Rosa, 2022, p. 79). La troisième raison de faire de l’espace public un espace d’engagement est que, comme le rappelle H. Arendt, la politique ne se réduit pas à la communication : « De toutes les activités nécessaires existant dans les sociétés humaines, deux seulement passaient pour politique et pour constituer ce que Aristote nommait Bios politikos : à savoir l&apos;action (praxis) et la parole (lexis) [...] » (Arendt, 1983, p.62) ». L&apos;action politique est un engagement physique dans l&apos;espace public, c&apos;est-à-dire, le plus souvent, dans des lieux publics1 (Paquot, 2024) - des lieux physiques donc - dans lesquels les citoyens déploient diverses activités dont certaines (défilés, occupations de locaux, etc.) mettent en jeu leur intégrité physique.
Cette double dimension imbriquée (médiation et engagement) de l’espace public en fait le cœur d’une démocratie entendue comme autogouvernement des citoyens, tant qu’une condition fondamentale est remplie : « la volonté des citoyens de se reconnaître mutuellement comme des concitoyens et des colégislateurs démocratiques sur un pied d’égalité […] » (Habermas, 2022 p. 30)
        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            ======**Espace public et connexion numérique**======
Pour de nombreux auteurs, l&apos;avénement d&apos;Internet et des réseaux sociaux numériques (RSN) modifie en profondeur l&apos;espace public qui deviendrait un "espace public digital"(Davatos, 2018). Or, pour nous, souligner l&apos;impact des RSN et affirmer que l&apos;espace public devient numérique sont deux choses tout à fait différentes. Pour le dire très clairement, nous pensons que la notion d&apos;espace public digital est un non sens théorique qui empéche de comprendre combien les RSN menancent la démocratie (Dacheux, 2020). 

En effet, toute expression publique partagée par un public ne crée pas un espace public. L’espace public est, nous l&apos;avons vu, un espace de médiation et d’engagement où l’on définit  de manière contradictoire ce qu’est l’intérêt général. Il faut donc deux conditions minimales pour que les espaces d’expression publique puissent être considérés comme des espaces publics : un, que l’expression soit politique, c’est-à-dire concerne la vie de la cité, le vivre ensemble ; deux que cette expression soit contradictoire, sinon on ne parle pas de communication politique mais de persuasion militante. Mais ces deux conditions nécessaires ne sont pas suffisantes, il faut, en effet, préciser également ce que vise l’expression publique politique : former une communauté (religieuse, ethnique, etc.)précise, ou transcender les appartenances communautaires singulières pour s’adresser à l’ensemble des citoyens ? Le phislosphe E. Tassin (1992)a écrit un texte important qui rappelle cette distinction entre espaces communautaires propres à des communautés singulières, et espace public qui permet de transcender les appartenaces communautaires particulières pour former une société politique. Il convient donc, selon nous, de distinguer trois types d’espace :
-Les espaces d’expressions où il s’agit d’exprimer publiquement son avis. Ces espaces peuvent être soit des dispositifs permettant à des personnes de donner publiquement leurs sentiments sans forcément vouloir délivrer un message militant ; soit des espaces militants visant à diffuser une vérité politique.
-Les espaces communs, des espaces de médiation et d’engagement où se déploient des expressions publiques politiques au service d’une communauté clairement identifiée.
-Les espaces publics, des espaces de médiation et d’engagement où se développent des communications politiques contradictoires concernant l’ensemble des citoyens.
Cette clarification est essentielle, puisque la nature des algorithmes régissant les RSN est de créer des bulles de filtres qui permettent de rassembler des personnes qui se ressemblent. Autrement dit de créer des communautés. La connexion numérique a donc permis de diversifier les expressions publiques, mais cette diversification ne pluralise pas l’espace public, elle multiplie les espaces communs.


        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Arendt, H., La Condition de l&apos;homme moderne, Paris, Calmann-Levy, 1983.
Bussière A., Les territoires de l’espace public, Paris, L’Harmattan, 2019.
Dacheux E. L’espace public éclaté, Paris, CNRS éditions, 2024.
Dacheux, E. (2020). « La connexion numérique ne favorise pas la délibération, elle menace la démocratie ». Terminal, N°128, https://doi.org/10.4000/terminal.6347
Dacheux E., Goujon D. (2020). Défaire le capitalisme, refaire la démocratie. Les enjeux du délibéralisme, Toulouse, Eres.
Davatos A. (2018). « From Public Space to Public Sphere: Discerning the Public Value of the Internet ». Social Ethics Society Journal of Applied Philosophy, Volume 4, Number 2.No
Habermas J. « Un nouveau changement structurel de l’espace public politique ». in F. Albertini, L. Corchia [dir.], Habermas en terrain insulaire. Pise. Pisa university Press, 2022.
Habermas J., « Political communication in Média Society ». Dresden, ICA Annual Convention, 2006.
Habermas, J., Droit et démocratie, Paris, Gallimard, 1997.
Habermas, J., L&apos;Espace public, Paris, Payot, 1978.
Lefort, C., Essai sur le politique, Paris, Seuil, 1986.
Negt, O., L’Espace public oppositionnel, Paris, Payot, 2007.
Paquot, T., L&apos;espace public, Paris, La découverte, 2024.
Rancière J., Le partage du sensible. Esthétique et politique, Paris, La Fabrique, 2000.
Tassin E., « Espace commun ou espace public ? », Hermès, N°10, 1992.        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?EspacePublic">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Mon, 08 Sep 2025 11:38:15 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Transition (écologique)</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?TransitionEcologique]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?TransitionEcologique]]></guid>
        <dc:creator>GarlotFlorine</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Transition (écologique)</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?GarlotFlorine2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Garlot Florine">Garlot Florine</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            La transition est un trajet. Terme issu du verbe latin //transire// qui désigne le passage, le franchissement, puis sous l’influence chrétienne, le grand passage, la mort. Il est repris durant la Renaissance pour exprimer « la manière habile de passer d’une idée à une autre ». Elle prend ensuite son autre sens « une évolution graduelle menant à une situation nouvelle, qu&apos;elle soit meilleure ou pire ». 

Quant à l’expression transition écologique, elle a la spécificité de traverser **trois** milieux : les sciences dites naturelles (biologie, écologie, éthologie, etc.)(1), les mouvements sociaux (2), et le champ politicien-médiatique (3).         </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            **Premièrement**, dans le domaine de l’écologie, Dominique Bourg la définit comme « un processus de transformation au cours duquel un système passe d’un régime d’équilibre à un autre ». Ensuite appliquée au monde social, elle désigne la situation terrestre des sociétés humaines qui ont à « aller au-delà » des catastrophes qui les menacent.

**Deuxièmement**, la société civile se saisit de l’expression dans les années 2000, avec la création par Rob Hopkins du mouvement des Transitions. Considérant qu’une société indépendante du pétrole est inéluctable, l’enjeu est la résilience des communautés, c’est à dire la capacité d’un système (une communauté) à résister à un choc externe (la rareté du pétrole) . Des citoyens s’engagent, s’organisent et agissent à l’échelle locale « pour répondre aux défis majeurs de notre époque. En se rassemblant, ils parviennent à inventer des solutions » : pour réduire la consommation énergétique, relocaliser la production, renforcer la solidarité, réhabiliter des savoir-faire vernaculaires indépendants du pétrole. Par exemple, des initiatives bien connues sont déployées dans ces communautés : 
    • pour relocaliser les échanges : les AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), les monnaies locales et complémentaires, les SEL (systèmes d’échange locaux) et les banques de temps ou les « ressourceries » (lieux où sont collectés des objets inutilisés ou des déchets pour être réemployés ou recyclés)
    • pour réintroduire l’agriculture dans les villes : les jardins partagés, les composteurs, les plantations comestibles dans l’espace public, les toits en ville utilisés pour l’agriculture.
    
En écho aux recherches de Geels et Loorbach sur les dynamiques de transition, ces niches (les initiatives locales) seraient appelées à se généraliser pour contribuer à enclencher une transition. Rob Hopkins note qu’il existe désormais « 1400 initiatives dans 50 pays du monde entier ». Sa force tient à son approche inclusive et participative.

Le déploiement des groupes locaux de transitions a sans doute participé à la médiatisation de la transition écologique et à son entrée dans les instances gouvernementales. C’est la **troisième approche**. En 2017, en France, le ministère de l’écologie, du développement durable et de l&apos;énergie devient le ministère de la transition écologique et solidaire, tandis que le 14 octobre 2021, l’État français est condamné par le tribunal administratif de Paris pour inaction climatique, grâce à [l’Affaire du siècle](https://laffairedusiecle.net/). Médiatisation qui semble avoir accentué sa dépolitisation en même temps qu’elle devenait pourtant un enjeu politicien.         </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Michel Lepesant (2013), philosophe et décroissant-chercheur rappelle « (qu’)entre le rejet du monde d’hier et le projet de celui de demain, c’est d’un trajet dont nous avons besoin, pour ici et maintenant ». Autrement dit, d’une transition. Transition, comme le rappelle Arturo Escobar, portée par des mouvements de la société civile qui peuvent être au service de transformations radicales.         </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Le mot de l’année : « transition ». Le Monde.fr [Internet]. 30 mai 2014; Disponible sur: https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2014/05/30/le-mot-de-l-annee-transition_4428073_4497186.html

Bourg D. & Papaux A. (dir.), Dictionnaire de la pensée écologique, Article ‘Transition’, 2015.

Hopkins R. & al, Le guide essentiel de la transition, 2016

Hopkins, R. (2022). Mouvement de la Transition. In Plurivers : Un dictionnaire du post-développement (p. 364‑367). Wildproject.

Oudot, J., & de l’Estoile, É. (2020). La transition écologique, de Rob Hopkins au ministère. Regards croisés sur l’économie, 26(1), 14‑19. https://doi.org/10.3917/rce.026.0014

Krauz, A. (2014). Les villes en transition, l’ambition d’une alternative urbaine. Métropolitiques. https://metropolitiques.eu/Les-villes-en-transition-l.html

Chatterton, P., & Cutler, A. (2013). Un écologisme apolitique ? Débat autour de la transition. les Éd. Écosociété DG diff.

Escobar, A. (2022). Transitions civilisationnelles. In Plurivers : Un dictionnaire du post-développement (p. 467‑470). Wildproject. (p.467).

Escobar, A. (2018). Sentir-penser avec la Terre. Le Seuil.

Lepesant, M. (2013).Politique(s) de la décroissance : Propositions pour penser et faire la transition. Utopia.         </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?TransitionEcologique">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 09 May 2025 16:02:53 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Autoproduction</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?AutoproductioN]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?AutoproductioN]]></guid>
        <dc:creator>GarlotFlorine</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Autoproduction</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?RoustangGuy/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Roustang Guy">Roustang Guy</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            L’Autoproduction renvoie à des pratiques de la vie quotidienne : cuisiner, bricoler, cultiver des légumes dans son jardin etc.         </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            L’autoproduction, qui ne donne pas lieu à des échanges monétaires, n’est pas prise en compte dans le produit intérieur brut (PIB), qui prétend mesurer les richesses produites au cours d’une année. Actuellement, l’évolution du PIB et sa croissance tendent à monopoliser toute l’attention des politiques et de l’opinion comme mesure du bien-être, au risque d’occulter complètement le rôle de l’autoproduction. Pourtant lorsqu’on a cherché à estimer la valeur de cette autoproduction en affectant un prix aux heures consacrées à des activités d’autoproduction, on a constaté qu’il faudrait augmenter le PIB de 35 à 75% selon les conventions de calcul retenues. L’enquête budget-temps de 1974 considérait en effet que 48 milliards d’heures ont été consacrées au travail domestique et 41 milliards au travail rémunéré. L’écart entre 35% et 75% s’explique par les différences de valeurs affectées au travail domestique, selon qu’on choisit pour évaluer le travail domestique le prix d’un manœuvre ou celui d’une personne qualifiée. 

« La production domestique ne corrige pas la faiblesse des ressources monétaires des plus pauvres, elle semble plutôt améliorer le niveau de consommation des classes moyennes. En effet, ceux qui en ont les moyens, s&apos;ils en ont envie, s’engagent dans des pratiques d’autoproduction. Ils produisent des légumes ou des fleurs, bricolent dans leur logement pour le rendre plus confortable et plus agréable. » (Extrait de l’article de D.Cérézuelle et G.Roustang dans livre //L’économie solidaire en mouvement// Ed.Erès 2022). C’est pourquoi nous proposons de développer l’autoproduction accompagnée pour aider les personnes qui n’ont pas l’outillage voulu et les moyens de se le procurer, ou le savoir-faire nécessaire. Actuellement il est beaucoup question de mieux isoler les logements pour faire des économies d’énergie, mais les objectifs d’isoler quelques centaines de milliers de logements chaque année ne sont jamais atteints, faute d’accompagner les propriétaires ou locataires.

Cela suppose que l’on sorte l’autoproduction accompagnée du cadre très social qui est actuellement le sien pour faire de l’autoproduction accompagnée « tous publics » un outil ordinaire de la politique du logement, comme le recommandent le Conseil d’Etat et le Conseil Général du Développement Durable. Mais on attend toujours l’application de ces recommandations.

Faire avec les gens ne s’improvise pas. Intégrer les personnes qui n’ont pas appris à jardiner dans un jardin familial suppose de les accompagner. Pour améliorer ou isoler son logement, tout le monde ne dispose pas de l’outillage, des savoir-faire ou de la confiance en soi nécessaires. C’est pourquoi il faut mettre en place au niveau des territoires des programmes d&apos;accompagnement à l&apos;autoproduction ou des ateliers de quartier. Ceux-ci doivent proposer un soutien technique et parfois social non seulement aux ménages en difficulté, mais aussi à tous ceux qui sont désireux d’acquérir ou de consolider des savoir-faire pratiques. Ainsi ils pourront développer un mode de vie plus autonome et participer aux échanges économiques et sociaux locaux.        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            C’est un retournement de perspective qui s’impose. F.Braudel  dans son œuvre « Civilisation matérielle, économie et Capitalisme » distingue trois niveaux : l’économie du rez-de-chaussée, au 1er étage le secteur concurrentiel de l’économie de marché, au 2ème étage les grandes entreprises et institutions financières capables de s’abstraire de la concurrence. Des produits standardisés se sont substitués à ce que précédemment les gens fabriquaient par eux-mêmes, encouragés aussi bien par des régimes politiques opposés par ailleurs comme le capitalisme ou le communisme soviétique (Illich, 1977, pp 16/17). Peut-être assistera-t-on à un retournement, car, comme le dit Bernard Perret : « En matière d’alimentation (jardins familiaux) et de logement (auto-réhabilitation accompagnée) le recours à l’autoproduction offre des possibilités encore largement ignorées. Du point de vue écologique, son intérêt est de développer des réflexes de parcimonie, d’autosuffisance, de recherche de durabilité et d’entretien en rupture avec le réflexe pavlovien qui consiste à répondre à un besoin par la production d’un bien ou la fourniture d’une prestation ». De plus les échanges sociaux dans l’économie du rez-de-chaussée se font sur la base de la réciprocité, des dons et contre-dons, si bien qu’une société « qui pousserait jusqu’au bout la logique de la marchandisation des échanges s’exposerai à un énorme déficit éducatif ».        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            In J. Combes, B.Lasnier, J.L.Laville L’économie sociale en mouvement. Eres 2022.  D.Cérézuelle et G.Roustang : L’autoproduction (PP. 87 à 90)

D.Cérézuelle et G.Roustang L’auotproduction accompagnée. Ed Erès. 2010, 208 pages.

In Dictionnaire de l’autre économie. Sous la direction de J.L.Laville et A.D.Cattani. Desclée de Brouwer, 2005.  Article Economie non-monétaire de Guy Roustang	

B.Perret. Pour une raison écologique. Paris, Flammarion, 2011.

F.Braudel, 1980, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, tome 1, 2011 p.8. 

D.Cérézuelle. 2000, p.179.

Conseil D’Etat : Droit au logement, droit du logement. La documentation française 2009. P255 à 257.

Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable : Contribution de l’auto réhabilitation accompagnée au plan de rénovation énergétique de l’habitat. Rapport établi par Hervé Berrier. Juin 2014.        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?AutoproductioN">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 09 May 2025 15:33:19 +0200</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Prolétarisation (à l&apos;ère de l&apos;IA)</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?ProletarisationALEreDeLIa]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?ProletarisationALEreDeLIa]]></guid>
        <dc:creator>GarlotFlorine</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Prolétarisation (à l&apos;ère de l&apos;IA)</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            « La prolétarisation est, d’une manière générale, ce qui consiste à priver un sujet (producteur, consommateur, concepteur) de ses savoirs (savoir-faire, savoir-vivre, savoir concevoir et théoriser) » 1.
Est-il pertinent, aujourd’hui, de faire référence au terme de prolétariat, à la classe des prolétaires qui a été proposé par Marx pour rendre compte de l’exploitation des travailleurs par le capitalisme au XIXe siècle ? Rappelons que le prolétariat est inséparable du concept marxiste d’aliénation : le prolétaire est aliéné parce que le produit de son travail ne lui appartient pas, mais aussi parce que son activité de travail lui est imposée par les bureaux d&apos;étude, perdant ainsi une partie de son savoir-faire de production et surtout sa capacité à en produire de nouveaux.        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Précisons que l’expression de processus de prolétarisation a très peu été employée par Marx et les auteurs marxistes, sauf par le philosophe Bernard Stiegler (1952-2020) et le collectif Internation qu’il a animé. Selon ce collectif, le prolétariat n’est pas ce que croit la pensée marxiste en général : le prolétariat est constitué non pas par la classe ouvrière ou laborieuse en général, mais par la « mise en extériorité du savoir par rapport au sachant ».
Dans Le Capital, Marx rappelle que la division du travail des artisans, au sein de la manufacture, a précédé le machinisme et « a créé par cela même une des conditions matérielles de l’emploi des machines, lesquelles consistent en une combinaison d’instruments simples » 2. L’artisan a dû être d’abord « machinisé » en quelque mesure, son travail parcellisé pour que son savoir-faire soit « extériorisé » et réintroduit dans les machines par les bureaux d’étude. Pour Marx, les machines industrielles étaient du savoir extériorisé et que ce savoir n’était pas réapproprié par les ouvriers qui, au contraire, devenaient eux-mêmes une pièce de la machine et subissaient les technologies qu’ils étaient censés utiliser.
Par la suite, le processus d’extériorisation des savoirs des producteurs par le capitalisme s’est généralisé et notamment en dehors de la sphère productive. « Le capitalisme consumériste du XXe siècle se caractérise quant à lui par la perte des savoir-vivre des consommateurs, remplacés et désintégrés par des comportements standardisés prescrits par les médias de masse » 3. Dans un système économique différent, on peut penser que la construction des machines puisse se réaliser dans le cadre d’une division du travail différente entre les producteurs, les consommateurs et les concepteurs, avec sans doute des mieux-être importants pour les uns et les autres.
Aujourd’hui, avec l’explosion du nombre d’ordinateurs, des téléphones portables, des réseaux sociaux, des caméras de surveillance, des technologies de l’IA, le capitalisme computationnel du XXIe siècle capte et « extériorise », avec une puissance sans pareille, les informations de nos comportements, nos savoir-vivre et nos savoir-être, pour les stocker dans des datas-centers. En retour, les entreprises d’IA, par leurs plateformes numériques et leurs algorithmes financés par des messages publicitaires, diffusent de nouveaux comportements consuméristes, mais aussi de nouvelles manières très individualistes d’être en société. On découvre que lorsque le service numérique est gratuit, le produit c’est nous. Depuis plus d’un siècle, la finalité du capitalisme n’est plus seulement de faire du profit, mais de transformer les individus en imposant, d’une manière masquée et souvent invisible, l’idéologie néolibérale 4. Il nous faut savoir que le néolibéralisme s’est construit à partir d’une vision du monde et d’une manière d’être au monde bien spécifiques : un individualisme égo centré et consumériste 5.        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Se rappeler du processus de prolétarisation, tel qu’il a eu lieu au début de l’ère industrielle, permet de mieux expliciter, et de mieux comprendre aujourd’hui, les différentes formes d’aliénation qui sont produites par le capitalisme computationnel au sein des processus d’extériorisation, dans les centre de données, de nos savoir-être en société et des processus de leur reformatage par les algorithmes de l’IA. C’est l’avenir de nos démocraties qui est actuellement le principal enjeu de la « mise en extériorité du savoir par rapport au sachant ».        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            1. B. Stiegler,// États de choc. Bêtise et savoir au XXIe siècle//, Paris, Mille et Une nuits, 2012.
2. K. Marx,// Le Capital//, Livre premier, tome II,  Editions Sociales, 1973.
3. A. Alombert, //Du prolétariat à la prolétarisation//, Implications Philosophiques, 18 octobre 2018.
4. G. Montbiot, P. Hutchison, La doctrine invisible, L’histoire secrète du néolibéralisme, (et comment il est arrivé à contrôler nos vies). Editions du Faubourg, 2025 
5. J. Perrin, P//eut-on changer notre vision du monde ? De l’individualisme néolibéral à l’individuation//, Librinova,  2025        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?ProletarisationALEreDeLIa">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 14 Mar 2025 18:45:15 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>« Solidarité philanthropique » et « solidarité démocratique »</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?SolidaritePhilanthropiqueEtSolidarite2]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?SolidaritePhilanthropiqueEtSolidarite2]]></guid>
        <dc:creator>YesWikiProAdmin</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">« Solidarité philanthropique » et « solidarité démocratique »</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?GarlotFlorine2/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Garlot Florine">Garlot Florine</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <div>Alors même que le vocable solidarité a été introduit par Pierre Leroux (1840) en philosophie politique pour rompre avec la charité et la philanthropie, la confusion reste présente <a href="#_ftn1">[1]</a>. En effet, les représentations tout comme les pratiques de solidarité tendent à être réduites à un lien vertical reposant sur l’aide. Les deux racines latines du terme solidarité en sont pourtant bien éloignées.<i> In solidum</i> signifie «pour le tout», tandis que <i>Solidus</i> est ce qui est solide, massif, compact. En d’autres mots, la solidarité des éléments confère au tout sa solidité. Cela fait écho à des proverbes tels que «Un pour tous et tous pour un» ou encore «l’union fait la force». La solidarité est alors une relation de réciprocité où il est question «d’être et d’agir ensemble». Cette double vision de la solidarité, l’une plutôt réciprocitaire et l’autre plutôt caritative a été conceptualisée par le sociologue Jean-Louis Laville (Laville, 2010  Chanial, Laville, 2002) qui emploie les termes de solidarité philanthropique (1) et de solidarité démocratique (2). Ces deux formes modernes de solidarité «construites» <a href="#_ftn2"><strong>[2]</strong></a>, coexistent dès le début des mouvements associationnistes européens.</div><br>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <h3>1- La solidarité philanthropique</h3><p>La solidarité philanthropique se caractérise par un engagement volontaire de citoyen·nes, en vue de venir en aide à autrui. L’éthique de cette solidarité repose sur la conscience de la charge citoyennedes personnes « qui ont » vis-à-vis de celles « qui n’ont pas ». Elle est qualifiée d’individualiste et libérale (Freyss, 2004 Gotovitch, Morelli, 2003) puisqu’il s’agit de se préoccuper des conséquences des détresses sociales sur l’individu et non de ses causes sociétales. Autrement dit, les causes de cette détresse sont considérées comme étant individuelles, pour la résoudre il faut agir sur la personne qui en souffre. Elle résulte alors des individus qui n’ont pas su saisir les opportunités du système (Laville, 2010). Pour Jean Freyss (2004) et Jean-Louis Laville (2010), la solidarité philanthropique a accompagné le libéralisme puisqu’elle a permis de répondre aux failles du système sans le remettre en question : il ne s’agit pas de réduire les inégalités, mais de lutter contre la pauvreté.<br><br>Au-delà de l’absence de remise en cause de la société, puisque chacun est responsable de son sort, la solidarité réduite à une seule dimension philanthropique entretient des relations de domination. En effet, cette aide bienveillante, ce don citoyen porte «la menace d’un don sans réciprocité, ne permettant comme seul retour qu’une gratitude sans limites et créant une dette qui ne peut jamais être honorée par les bénéficiaires. Les liens de dépendance personnelle qu’elle favorise risquent d’enfermer les donataires dans leur situation d’infériorité» (Chanial, Laville, 2002, p. 12). Ainsi, le don sans contrepartie est humiliant pour celui qui le reçoit, c’est en tout cas le sens du propos de l’anthropologue Marcel Mauss : «le don non rendu rend inférieur celui qui l’a accepté, surtout quand il est reçu sans esprit de retour. […]. La charité est encore blessante pour celui qui l’accepte, et tout effort de notre morale tend à supprimer le patronage inconscient et injurieux du riche “aumônier”». De plus, si cette solidarité est construite et choisie, elle l’est principalement par les donateur·rices. Les donataires n’ont pas voix au chapitre.<br><br>La solidarité philanthropique a vocation à être réparatrice. Dans les faits, elle est aussi conservatrice et risque d’entretenir des relations de domination lorsque les rôles des donataires et des donateur·rices sont statiques. Quant à la solidarité démocratique, elle est davantage transformatrice.</p><h3>2- La solidarité démocratique</h3><p>La solidarité démocratique se caractérise par une action collective visant l’entraide mutuelle et des revendications communes : les inégalités, les injustices doivent être visibles dans l’espace public et des solutions doivent y être collectivement trouvées. Les personnes agissent donc ensemble et sont égales. L’éthique de la solidarité n’est plus déléguée aux classes dominantes - comme c’est le cas dans la solidarité philanthropique - mais est l’objet «d’une délibération et d’une négociation collective» (Laville, Cattani, 2008, p. 617). La solidarité démocratique repose sur deux piliers : la redistribution - les normes et prestations établies par l’État pour corriger les inégalités et la réciprocité - «le lien volontaire entre citoyens libres et égaux» (Laville, 2010, p. 90).<br><br>Le premier pilier, la redistribution, est tiré de la doctrine solidariste développé par Léon Bourgeois (1896) : chaque personne appartenant à la société est en dette vis-à-vis de celle-ci. Il ne s’agit plus d’un engagement vis-à-vis d’autrui, mais d’un engagement vis-à-vis de la collectivité, dont l’État assure le respect par l’obligation : l’impôt. Le solidarisme va à l’encontre de l’idéologie libérale selon laquelle l’État-providence (les services publics, le droit du travail) n’est qu’un obstacle, au nom de l’égalité, à la liberté d’entreprendre et à la croissance. Le solidarisme est aussi une réponse aux révoltes du 19e siècle montrant que la philanthropie ne suffit pas à résoudre le problème des inégalités et au contraire le prolonge. Si le politicien prône néanmoins le devoir d’assistance des plus favorisés envers les plus démunis, ce n’est pas par compassion, mais du fait d’une solidarité légale. « L’homme vivant dans la société, et ne pouvant vivre sans elle, est à toute heure un débiteur envers elle. Là est la base de ses devoirs, la charge de sa liberté. […] L’obéissance au devoir social n’est que l’acceptation d’une charge en échange d’un profit. C’est la reconnaissance d’une dette » (Bourgeois, 1896). Cette approche fait écho à la communauté d’intérêts et aux intérêts collectifs sur lesquels la solidarité s’appuie, en opposition à la générosité.<br><br>Le deuxième pilier, la réciprocité, découle de l’associationnisme ouvrier. Elle relève donc de la société civile, plus précisément, de «l’auto-organisation et du mouvement social» (Laville, Cattani, 2008, p. 610). Ce mouvement transformateur vise à contrecarrer les effets de la misère engendrés par l’industrialisation et l’organisation du travail. Ce courant répond aux inégalités d’une tout autre manière que la charité-philanthropie : il vise plus à agir sur l’ordre établi qu’à corriger ses effets, il est porteur d’un questionnement politique de l’économie et il institue des rapports sociaux égalitaires (Laville, 2010). Il est ainsi éminemment politique et s’appuie sur une idéologie sociale et égalitaire. Sociale, parce que le traitement individuel de la misère par la charité-philanthropie est contesté, le mouvement associationniste ne voit plus en l’autre le pauvre, mais l’exploité. Ce changement de vocabulaire n’est pas anodin. Alors que la pauvreté est un état de fait incombant à celui qui en souffre, l’exploitation est, au contraire, un processus impliquant une responsabilité dépassant l’individu, c’est le système sociétal qui est alors mis en cause. Égalitaire, parce qu’elle désigne un mouvement social auto-organisé regroupant des personnes égales en droit.<br><br></p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>En résumé, la solidarité, telle que conceptualisée ici, est tantôt de l’ordre de la philanthropie et de la réparation, tantôt de l’ordre de la réciprocité et de la transformation. Ces deux formes ne s’excluent pas et peuvent être menées en complémentarité. Mais, quand l’ordre philanthropique prend le pas, focalisé sur l’urgence, il peut étouffer la conscience politique citoyenne tout comme le pouvoir d’agir. Ainsi, plutôt qu’un agir pour ou sur autrui, tout l’enjeu est de privilégier l’action collective, passant par un « agir avec » (se sentir concerné par les injustices subies par autrui) et surtout par un « agir ensemble » pour ce qu’on a de commun.</p><p>[1] C’est ce que montrent mes recherches sur les représentations sociales de la solidarité internationale (Garlot, 2020).<br>[2] Émile Durkheim (1893) avait identifié, quant à lui, deux formes de solidarité « héritées »et créatrices de lien social - la solidarité mécanique et la solidarité organique.</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>BLAIS, Marie-Claude, 2007. <i>La solidarité : histoire d’une idée</i>. Paris : Gallimard. Bibliothèque des idées.<br>CHANIAL, Philippe et LAVILLE, Jean-Louis, 2002.<i> L’économie solidaire : une question politique</i>. In : Mouvements [en ligne]. 2002. Vol. no19, n° 1, p. 11‑20. [Consulté le 21 avril 2019]. Disponible à l’adresse : http://www.cairn.info/revue-mouvements-2002-1-page-11.html.<br>FREYSS, Jean, 2004. "La solidarité internationale, une profession ?" In : <i>Revue Tiers Monde</i> [en ligne]. 2004. n° 180, p. 735‑772. Disponible à l’adresse : http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=RTM_180_0735.<br>GOTOVITCH, José et MORELLI, Anne, 2003. <i>Les solidarités internationales : histoire et perspectives</i>. Bruxelles : Labor. La noria.<br>LAVILLE, Jean-Louis et CATTANI, Antonio David, 2008.<i> Dictionnaire de l’autre économie</i>. Paris : Gallimard.<br>LAVILLE, Jean-Louis, 2010. <i>Politique de l’association</i>. Paris : Seuil. Economie humaine.</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?SolidaritePhilanthropiqueEtSolidarite2">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 07 Mar 2025 15:40:10 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Société civile/Société civique</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?SocieteCivileSocieteCivique]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?SocieteCivileSocieteCivique]]></guid>
        <dc:creator>GarlotFlorine</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Société civile/Société civique</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ViveretPatrick/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Viveret Patrick">Viveret Patrick</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            La « société civile » est un ensemble très large et composite qui inclut l’ensemble des acteurs n&apos;appartenant ni à la « société militaire » ni à la « société politique », cette dernière entendue au sens restreint du terme (partis politiques, élus, État). Ainsi, la société civile comprend aussi bien les entreprises que des associations qui n’ont ni objectifs transformateurs, ni intégration des enjeux politiques (au sens global du terme) dans leurs projets. Dans l’ordre politique (entendu au sens de l’organisation de la délibération et des choix d’orientation et de gouvernance des sociétés), il est donc vain d’opposer société civile et société politique. En revanche il est essentiel de caractériser ce que l’on peut appeler une « société civique» qui allie potentiellement trois composantes : la société civile transformatrice (a), la société politique qui porte une démocratie continue (b), la société médiatique (c).        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            **a) la société civile transformatrice** : la partie du mouvement syndical, des associations, des entreprises, des mouvements culturels et éducatifs qui inscrivent leur projet et leur action dans une perspective transformatrice (de mutation écologique, de justice sociale, de développement démocratique) et prend en compte les enjeux politiques dans cette perspective. Il s’agit d’un rapport au pouvoir qui est en « pouvoir de » création démultiplié par la coopération, plutôt qu’un « Pouvoir sur» de conquête et de domination qui génère de la dépression. 
A ce titre une bonne partie des ONG de type Cimade, Singa, Attac, Oxfam etc. font partie de cette société civique, ainsi que des grandes plateformes collaboratives telles que le Pacte du pouvoir de vivre initié par la CFDT et la Fondation pour la Nature et l’Homme ou l’alliance écologique et sociale (suite de « Plus jamais ça » initié à l’origine par la CGT et Greenpeace) ou le « Collectif des Transitions citoyennes », initié à l’origine par Colibris et Attac. On peut aussi y inclure la partie transformatrice de l’économie et des entreprises (par exemple l’économie sociale et solidaire). Les Archipels tels que hier « osons les Jours heureux », ou aujourd’hui l’archipel des Confluences (avec en leur sein Utopia, le mouvement des convivialistes, Ecosol)  en font bien sûr partie. 
Il est clair que cette « société civique » est traversée par des divergences tout comme la société politique classique mais son rapport différent au pouvoir peut lui permettre de dépasser un certain nombre de contradictions liées à la société politique organisée autour de la compétition et d’un pouvoir à prendre lors de temps discontinus (élections le plus souvent , parfois révolutions ou coups d’état.)

**b)** au sein de **la société politique** traditionnelle (partis, élus, État) il existe un nombre croissant d’acteurs qui comprennent que le politique ne peut plus répondre aux grands défis de la période s’il s’organise principalement en vue de la compétition pour le Pouvoir entendu comme Pouvoir de domination générant des comportements de soumission (ou de dépression) chez les autres acteurs. Cette approche d’un « Pouvoir sur » génère une « démocratie discontinue » (le plus souvent réduit aux temps de compétition électoraux,  et faible en participation citoyenne et en qualité de délibération.
C’est avec les actrices et acteurs de la société politique qui comprennent cet enjeu et sont prêts à s’inscrire dans une vision d’exigence écologique et de justice sociale mais aussi de transformation démocratique telle qu’une démocratie continue, à haut niveau de participation et de délibération qu’une alliance privilégiée est possible et souhaitable. 

**c)** un troisième acteur clef est celui de « **la société médiatique** » où se joue un conflit majeur non seulement d’opinions et de projets (aujourd’hui par exemple les médias soutenus par les courants d’extrême droite) mais aussi de statuts (public en recul face aux privatisations croissantes) et de comportements (appui à l’information et la délibération ou réduction à la manipulation comme ce peut être le cas par exemple dans nombre de réseaux sociaux).        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Cette alliance ne recouvre que partiellement celle des partis politiques de la gauche et de l’écologie. D’abord parce que ces partis, en tant que tels, peuvent avoir un rapport d’indifférence ou, pire, d’instrumentation à l’égard de cette société civique.  Ensuite parce que nombre de leurs dirigeants ou élus restent centrés sur un rapport de pouvoir à prendre et à conserver et non un pouvoir de création. Cette contradiction s’exprime par la faible qualité démocratique d’organisations politiques qui se prétendent par ailleurs transformatrices. Il est donc important de mettre en évidence d’autres concepts et distinctions pour approfondir la nature de cette alliance.        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?SocieteCivileSocieteCivique">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 07 Mar 2025 15:33:21 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Brutalisme</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?BrutalismE]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?BrutalismE]]></guid>
        <dc:creator>GarlotFlorine</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Brutalisme</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?ViveretPatrick/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Viveret Patrick">Viveret Patrick</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Le brutalisme dépasse la seule critique du capitalisme (dans les courants socialistes ou communistes) ou de l’Etat (par exemple dans les courants libéraux ou anarchistes) ou du productivisme (par exemple dans les courants écologistes). En fait on peut caractériser un élément commun à ces systèmes fondés sur la domination et la discrimination. Cet élément c’est la brutalité sociale dans le cas du capitalisme, la brutalité politique dans le cas des formes autoritaires ou totalitaires du pouvoir, la brutalité à l’égard de la nature et du vivant dans le cas du productivisme.         </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Cette brutalité se constate aussi dans d’autres domaines. Le racisme et l’antisémitisme qui récuse autrui du fait de son origine ou de sa couleur de peau, mais aussi les dominations et discriminations liées à la sexualité et au genre, aux croyances (religieuses, animistes, athées, agnostiques) et dans les comportements mêmes (sectarisme, dogmatisme, arrogance…).
Le terme de « brutalisme » est né en architecture mais repris et élargi par Achille Membe (cf « le Brutalisme ») puis par Julie Chabaud et Patrick Viveret (cf « la Traversée »). Il permet de rassembler ces différentes formes de domination, d’exploitation ou de brutalité et d’éviter de ne se focaliser que sur l’une d’entre elles. C’est ainsi que nombre de mouvements anticapitalistes et anti-impérialistes ont pu se montrer complaisants à l’égard de pouvoirs despotiques (ou le devenir eux mêmes lors de révolutions) ; que des luttes anti coloniales ont pu être menées par des hommes masculins défendant le patriarcat ou que des courants communistes ou socialistes ont pu être aussi productivistes que le capitalisme qu’ils combattaient.        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            L’alternative au brutalisme peut être celle portée par le convivialisme et ses principes de commune naturalité, commune humanité , commune socialité , légitime individuation et d’opposition maîtrisée face aux logiques de démesure. Elle recoupe en grande partie la notion défendue par Edgar Morin d’un « humanisme régénéré » et peut être précisée, afin d’en montrer l’importance écologique, par le terme d’éco-convivialime proposé par Julie Chabaud et Patrick Viveret.        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            Mbembe Achille, //Brutalisme//, La découverte, 2020.
Chabaud Julie, Viveret Patrique, //La Traversée//, Les liens qui libèrent, 2023        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?BrutalismE">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Fri, 21 Feb 2025 20:01:55 +0100</pubDate>
      </item>
      <item>
        <title>Individuation</title>
        <link><![CDATA[https://eccap.fr/?IndividuatioN]]></link>
        <guid><![CDATA[https://eccap.fr/?IndividuatioN]]></guid>
        <dc:creator>GarlotFlorine</dc:creator>
      <description><![CDATA[<div class="BAZ_cadre_fiche id5">
    <h1 class="BAZ_fiche_titre">Individuation</h1>
<div class="BAZ_rubrique field-checkboxfiche" >
    <span class="BAZ_label">Auteur</span>
        	<span class="BAZ_texte">
		<ul>
							<li><a href="https://eccap.fr/?PerrinJacques/iframe"
			class="modalbox" data-size="modal-lg"
			
			data-header="false" data-iframe="1"
		 	title="Voir la fiche Perrin Jacques">Perrin Jacques</a></li>
					</ul>
	</span>
</div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Introduction synthétique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            L’individuation est le processus par lequel un individu se constitue comme un être singulier au sein d’interactions permanentes avec son environnement plutôt que de façon isolée. Contrairement à l’idée d’un individu indépendant et « déjà fait », le processus d’individuation montre que nous sommes toujours en devenir, façonnés par nos relations.        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Développement didactique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Parmi les philosophes, c’est à Gilbert Simondon (1924-1989) qu’on doit les réflexions les plus novatrices sur les individus humains que nous sommes. Selon Simondon, l’individu ne peut se survivre et se définir que dans une relation, une interaction, une symbiose avec un milieu, un collectif. Par son « principe d’inséparabilité » de l’individu il affirme qu’ « aucun individu n’est isolable comme tel, il doit être compris comme emporté dans un processus permanent d’individuation qui se joue toujours à la limite entre lui-même et son milieu ». « L’être est relation ». </p><p>En définitif, « pour comprendre l’individu, il faut en décrire la genèse » et il appelle cette genèse l’individuation de l’individu.

Les difficultés pour utiliser la notion d’individuation selon Simondon sont de deux ordres :
</p><p>    • L’individuation est souvent confondue en sociologie et en psychologie avec l’individualisation, c’est-à-dire comme processus d’autonomisation par lequel l’individu devient maître de ses choix, sans avoir à obéir aux prescriptions sociales ou morales d’un groupe.
    </p><p>• L’individuation est définie dans les dictionnaires de la langue française, comme étant « le processus par lequel un individu se constitue comme un être singulier » (Dictionnaire de l’Académie française) sans que soit précisée la nature de ce processus.
</p><p>
Pour comprendre les enjeux d’utiliser, aujourd’hui, le concept d’individuation selon Simondon, il est important de rappeler que l’individualisme (en tant qu’idéologie et philosophie politique) « représente à la fois le propre de la civilisation occidentale et l’épicentre de la modernité ». Il nous faut aussi savoir que la notion d’individualisme, tout en ayant connu de longues phases de gestation dans la pensée occidentale européenne, ne s’est vraiment imposée qu’au début du XIXè siècle : « l’individualisme a commencé d’exister avant d’être pensé et voulu » (Laurent).
</p><p>
L’individualisme s’est construit à partir d’une vision du monde bien spécifique reposant sur une double conviction : 
</p><p>    • L’humanité est composée, non pas d’ensembles sociaux (nations, classes, ..) mais d’individus.
    </p><p>• L’individu est un être autonome, un être de raison, dont la vocation est l’indépendance.

</p><p>Cette double conviction est souvent explicitée par une image, une métaphore celle de l’atome. « L’individu, comme l’atome, est une unité (indivisible) déjà faite et isolée qui précède la société et ses interactions ». Cette compréhension de l’individu qui est à l’origine du concept d’« l’homo économicus » des théories économiques néo-classiques et néo-libérales est, depuis plusieurs décennies, la forme dominante de l’individualisme, elle est souvent nommée « l’individualisme atomiste ou économique ».

A côté ou en débat avec l’individualisme atomiste, se sont manifestées d’autres formes d’individualisme ayant la préoccupation de comprendre l’individu dans ses interactions avec ses milieux. </p><p>Dans les années 1890 -1914, des philosophes tels que Pierre Leroux, Pierre-Joseph Proudhon, de grandes figures du socialisme comme Jaurès se sont faits les défenseurs d’un individualisme social ou socialisant. 
En 1938, s’est tenu à Paris un fameux colloque autour de l’œuvre de Walter Lippmann (journaliste et essayiste américain) qui a marqué la naissance du néo-libéralisme. La pensée de Lippmann et des néolibéraux a été fortement critiquée par un des plus grands penseurs américains, le philosophe pragmatiste John Dewey (1859-1952). S’inspirant de la biologie et de la pensée de Darwin, Dewey découvre que « l’individu, comme tout organisme vivant, est tout au long de son existence, le produit des relations passives et actives qu’il entretien avec un environnement (humain et naturel) et au sein de différentes formes d’associations ».

Bien que ne se référant pas à Dewey, la pensée de Simondon sur l’individuation fait écho à celle du philosophe américain : « L’individuation n’est jamais un produit fini. Les êtres s’adaptent et changent en fonction du milieu. L’individuation est un processus permanent et l’individu est un être en perpétuel devenir ».</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Conclusion dialogique</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>Aujourd’hui, si nous voulons apporter une réponse aux crises écologiques (réchauffement climatique, perte de la biodiversité), à l’accroissement des inégalités au sein des nations et au niveau mondial, il nous faut changer notre vision du monde et notre manière d’être au monde qui sont fortement marquées par l’individualisme. Pour nous Occidentaux, la diffusion de pratiques et de réflexions se référant explicitement à la notion d’individuation pourrait contribuer à nous aider à concevoir une vision du monde et une philosophie politique alternative à l’individualisme atomique et donc aussi au néo-libéralisme.</p><p>(1) On reconnaîtra ici l’influence de la pensée de Descartes, « Je pense donc je suis ».</p>        </span>
    </div><div class="BAZ_rubrique field-textelong" >
    <span class="BAZ_label">Bibliographie</span>
                <span class="BAZ_texte">
            <p>John Dewey, L’influence de Darwin sur la philosophie et autres essais de philosophie, traduction, Paris Gallimard, 2016
Alain Laurent, Histoire de l’individualisme, PUF, 1993
</p><p>Jacques Perrin, Peut-on changer notre vision du monde ? De l’individualisme néolibéral à l’individuation, Librinova 2021</p><p>
Joël Recloux, Les cinq périodes de l’individualisme savant, Revue du Mauss, 2006/1
</p><p>Gilbert Simondon, L’individuation à la lumière de la notion de forme et d’information, Million 2005
</p><p>Barbara Stiegler, Il faut s’adapter. Sur un nouvel impératif politique, Gallimard, 2019</p>        </span>
    </div>
      <div class="clearfix"></div>
    <div class="BAZ_fiche_info">
      
      <div class="BAZ_actions_fiche">
                          <a class="btn btn-entry-action btn-sm btn-default" href="https://eccap.fr/?IndividuatioN">
            <i class="fa fa-eye"></i>
            <span>Voir la fiche</span>
          </a>
                                                        </div>
      
    </div>
  </div>
]]></description>
        <pubDate>Tue, 07 Jan 2025 10:18:16 +0100</pubDate>
      </item>
    </channel>
  </rss>